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	<title>11-septembre-2001 &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
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	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "11-septembre-2001"</description>
	<pubDate>Thu, 24 Dec 2009 20:07:02 +0000</pubDate>

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<title><![CDATA[Les messages pager du 11 Septembre publiés par Wikileaks]]></title>
<link>http://911truth-sherbrooke.org/2009/11/30/les-messages-pager-du-11-septembre-publies-par-wikileaks/</link>
<pubDate>Mon, 30 Nov 2009 15:42:02 +0000</pubDate>
<dc:creator>blogkungfuhist</dc:creator>
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<description><![CDATA[Article de reopen911.info Plus d’un demi-million de SMS [en fait des messages de pager, NDLR] datant]]></description>
<content:encoded><![CDATA[Article de reopen911.info Plus d’un demi-million de SMS [en fait des messages de pager, NDLR] datant]]></content:encoded>
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<title><![CDATA[Décrypter les mécanismes du « Nouvel Ordre Mondial »]]></title>
<link>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/25/decrypter-les-mecanismes-du-%c2%ab-nouvel-ordre-mondial-%c2%bb/</link>
<pubDate>Wed, 25 Nov 2009 23:03:41 +0000</pubDate>
<dc:creator>Bao</dc:creator>
<guid>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/25/decrypter-les-mecanismes-du-%c2%ab-nouvel-ordre-mondial-%c2%bb/</guid>
<description><![CDATA[Par Régis Mex, pour Mecanopolis article rédigé le 16 mars 2009 G20, sommet de l’OTAN… La crise écono]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><em>Par Régis Mex, pour Mecanopolis</em></p>
<p>article rédigé le 16 mars 2009</p>
<p><strong>G20, sommet de l’OTAN… La crise économique mondiale accélère un processus entamé il y a déjà fort longtemps. La pression sur les États va encore s’accentuer, dans les prochaines semaines, afin qu’ils participent à de nouveaux « <em>plans de sauvetages</em> », aussi inutiles qu’onéreux. Lorsqu’ils crouleront sous le poids des dettes et seront menacé de faillite, le « <em>nouvel ordre mondial</em> » pourra s’imposer de lui même. L’histoire du monde nous démontre que les mécanismes de la manipulation sont toujours les mêmes et qu’ils s’étalent presque au grand jour, pour ceux qui se donnent la peine de garder les yeux ouverts.<br />
</strong></p>
<p><a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/nwo.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2644" title="nwo" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/nwo.jpg" alt="" width="445" height="336" /></a></p>
<p><strong>DIALOGUES AUX ENFERS ENTRE MACHIAVEL ET MONTESQUIEU</strong></p>
<p>Dans le Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu (1864), Maurice Joly (1829-1878) décrit – sous couvert d’une discussion philosophique entre Machiavel et Montesquieu, personnages qu’il a réuni de manière fictive, sur les fins de la politique – comment Napoléon III a manipulé les milieux économiques, la presse, l’opinion publique, les syndicats, les milieux ouvriers, le peuple, etc, pour établir les bases solides d’un pouvoir qu’on pourrait qualifier de totalitaire. Selon l’auteur, l’empereur a fait du peuple français un peuple d’esclaves, oublieux de sa liberté et consentant à tous les asservissements.</p>
<p>Puisque je trouve les caractéristiques d’un gouvernement totalitaire admirablement décrites dans cette oeuvre, je vous propose ce recueil d’extraits que j’ai commenté. Vous serez sans doute surpris de voir à quel point de nombreux critères correspondent à merveille avec notre société actuelle, et à quel point les mécanismes du despotisme sont intemporels et ne changent que par la forme à travers le temps, jamais en substance. D’où l’intérêt de connaître le passé pour comprendre le présent.</p>
<p><strong>Prologue:</strong></p>
<p><strong>« Machiavel :</strong></p>
<p>L’instinct mauvais chez l’homme est plus puissant que le bon. L’homme a plus d’entraînement vers le mal que vers le bien ; la crainte et la force ont sur lui plus d’empire que la raison. Les hommes aspirent tous à la domination, et il n’en est point qui ne fût oppresseur, s’il le pouvait ; tous ou presque tous sont prêts à sacrifier les droits d’autrui à leurs intérêts. Qui contient entre eux ces animaux dévorants qu’on appelle les hommes ? A l’origine des sociétés, c’est la force brutale et sans frein ; plus tard, c’est la loi, c’est-à-dire encore la force, réglée par des formes.</p>
<p>Sous certaines latitudes de l’Europe, il y a des peuples incapables de modération dans l’exercice de la liberté. Si la liberté s’y prolonge, elle se transforme en licence ; la guerre civile ou sociale arrive, et l’État est perdu, soit qu’il se fractionne et se démembre par l’effet de ses propres convulsions, soit que ses divisions le rendent la proie de l’étranger. Dans des conditions pareilles, les peuples préfèrent le despotisme à l’anarchie ; ont-ils tort ? Les États une fois constitués ont deux sortes d’ennemis : les ennemis du dedans et les ennemis du dehors. Quelles armes emploieront-ils en guerre contre les étrangers ? Les deux généraux ennemis se communiqueront-ils réciproquement leurs plans de campagne pour se mettre mutuellement en état de se défendre ? S’interdiront-ils les attaques nocturnes, les pièges, les embuscades, les batailles en nombre de troupes inégal ? Non, sans doute, n’est-ce pas ? et de pareils combattants apprêteraient à rire. Et ces pièges, ces artifices, toute cette stratégie indispensable à la guerre, vous ne voulez pas qu’on l’emploie contre les ennemis du dedans, contre les factieux ?</p>
<p>Sans doute, on y mettra moins de rigueur ; mais, au fond, les règles seront les mêmes. Est-il possible de conduire par la raison pure des masses violentes qui ne se meuvent que par des sentiments, des passions et des préjugés ? Je vous l’ai dit tout à l’heure, et je le maintiens, même en présence de l’histoire contemporaine : tous les pouvoirs souverains ont eu la force pour origine, ou, ce qui est la même chose, la négation du droit. Ce mot de droit lui-même, d’ailleurs, ne voyez-vous pas qu’il est d’un vague infini ? Où commence-t-il, où finit-il ? Quand le droit existera-t-il, et quand n’existera-t-il pas ? Dans les États, le principe du droit est dominé par celui de l’intérêt. Abstraitement parlant, la violence et l’astuce sont-elles un mal ? Oui ; mais il faudra bien les employer pour gouverner les hommes, tant que les hommes ne seront pas des anges.</p>
<p>Tout est bon ou mauvais, suivant l’usage qu’on en fait et le fruit que l’on en tire ; la fin justifie les moyens : et maintenant si vous me demandez pourquoi, moi républicain, je donne partout la préférence au gouvernement absolu, je vous dirai que, témoin dans ma patrie de l’inconstance et de la lâcheté de la populace, de son goût inné pour la servitude, de son incapacité à concevoir et à respecter les conditions de la vie libre ; c’est à mes yeux une force aveugle qui se dissout tôt ou tard, si elle n’est dans la main d’un seul homme ; je réponds que le peuple, livré à lui-même, ne saura que se détruire ; qu’il ne saura jamais administrer, ni juger, ni faire la guerre. Je vous dirai que la Grèce n’a brillé que dans les éclipses de la liberté ; que sans le despotisme de l’aristocratie romaine, et que, plus tard, sans le despotisme des empereurs, l’éclatante civilisation de l’Europe ne se fût jamais développée.Chercherai-je mes exemples dans les États modernes ? Ils sont si frappants et si nombreux…</p>
<p><strong>Montesquieu : </strong></p>
<p><a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/illuminati_remix_2_by_keepinschtum.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2646" title="illuminati by Keepinschtum" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/illuminati_remix_2_by_keepinschtum.jpg?w=300" alt="" width="300" height="300" /></a>Vous conviendrez cependant que, quand il s’agit de gouvernement, il faut aboutir à des principes. Vous ne faites aucune place, dans votre politique, ni à la morale, ni à la religion, ni au droit ; vous n’avez à la bouche que deux mots : la force et l’astuce. Si votre système se réduit à dire que la force joue un grand rôle dans les affaires humaines, que l’habileté est une qualité nécessaire à l’homme d’État, vous comprenez bien que c’est là une vérité qui n’a pas besoin de démonstration ; mais ; si vous érigez la violence en principe, l’astuce en maxime de gouvernement ; si vous ne tenez compte dans vos calculs d’aucune des lois de l’humanité, le code de la tyrannie n’est plus que le code de la brute, car les animaux aussi sont adroits et forts, et il n’y a, en effet, parmi eux d’autre droit que celui de la force brutale. Ce n’est pas seulement au nom de l’intérêt, c’est au nom du devoir qu’agissent tous les oppresseurs. Ils le violent, mais ils l’invoquent ; la doctrine de l’intérêt est donc aussi impuissante à elle seule que les moyens qu’elle emploie. »</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>Cet extrait des Dialogues issu du prologue met les choses à leur place d’une manière objective: si le gouvernement est coupable de bien des vices, ses fondations reflètent la nature de peuples. En effet, comme le dit le proverbe, « <em>on a les politiciens que l’on mérite</em> », et il me semble particulièrement intéressant de constater, lorsque l’on remonte aux sources des causes de la perversité de nos gouvernements, que beaucoup de mesures moralement contestables que ces derniers sont forcés de mettre en place sont dues à l’irresponsabilité et à la méchanceté des peuples. Il me semble, d’ailleurs, que l’extrait est suffisamment éloquent à ce sujet. Le problème est que, comme le souligne Montesquieu, les gouvernements auront tendance à s’égarer dans la force, à négliger le bien de ses sujets, et à ne favoriser que les intérêts du « <em>prince</em> » (souverain) et ses proches. La solution ne se trouverait donc pas dans un système, puisque tous devront user de moyens douteux à un instant ou à un autre de leur existence, mais bien dans l’attitude des dirigeants; il ne faut pas qu’ils s’égarent sur la voie de la facilité et estiment leurs citoyens comme un troupeau de bétail qui n’a d’autre utilité que celle d’être exploité. Ils doivent, au contraire, être conscients que si les peuples manquent de responsabilité, ils doivent être ceux qui les guideront pour les amener à s’améliorer, comme un parent bienveillant éduque son enfant. Hélas, nous savons tous que les gouvernements de notre temps (et ceux d’une écrasante majorité à travers l’histoire, d’ailleurs) empruntent la voie inverse, et ont bien peu de scrupules moraux et philosophiques. Mais il n’empêche que nous ne devons pas être aveugle et ne voir que leurs fautes; nous devons aussi avoir un regard introspectif et admettre la responsabilité de la collectivité, ce qui, je pense, se fait bien trop rarement de notre temps, alors que l’on ne peut arriver à un vision juste des choses en l’absence de la considération de ce point.</p>
<p>« <strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Ici, je vous arrête ; vous faites une part à l’intérêt, cela suffit pour justifier toutes les nécessités politiques qui ne sont pas d’accord avec le droit.</p>
<p><strong>Montesquieu:</strong></p>
<p>C’est la raison d’État que vous invoquez. Remarquez donc que je ne puis pas donner pour base aux sociétés précisément ce qui les détruit. Au nom de l’intérêt, les princes et les peuples, comme les citoyens, ne commettront que des crimes. L’intérêt de l’État, dites-vous ! Mais comment reconnaîtrai-je s’il lui est réellement profitable de commettre telle ou telle iniquité ? Ne savons-nous pas que l’intérêt de l’État, c’est le plus souvent l’intérêt du prince en particulier, ou celui des favoris corrompus qui l’entourent ?</p>
<p>Vous ne songez donc pas qu’avec des maximes pareilles, il n’y a pas de société qui puisse vivre ; vous croyez que le sujet tiendra longtemps ses serments quand il verra le souverain les trahir ; qu’il respectera les lois quand il saura que celui qui les lui a données les a violées, et qu’il les viole tous les jours ; vous croyez qu’il hésitera dans la voie de la violence, de la corruption et de la fraude, quand il y verra marcher sans cesse ceux qui sont chargés de le conduire ? Détrompez-vous ; sachez que chaque usurpation du prince dans le domaine de la chose publique autorise une infraction semblable dans la sphère du sujet ; que chaque perfidie politique engendre une perfidie sociale ; que chaque violence en haut légitime une violence en bas. Voilà pour ce qui regarde les citoyens entre eux.</p>
<p>Pour ce qui les regarde dans leurs rapports avec les gouvernants, je n’ai pas besoin de vous dire que c’est la guerre civile introduite à l’état de ferment, au sein de la société. Le silence du peuple n’est que la trêve du vaincu, pour qui la plainte est un crime. Attendez qu’il se réveille : vous avez inventé la théorie de la force ; soyez sûr qu’il l’a retenue. Au premier jour, il rompra ses chaînes ; il les rompra sous le prétexte le plus futile peut-être, et il reprendra par la force ce que la force lui a arraché.</p>
<p>La maxime du despotisme, c’est le perinde ac cadaver des jésuites ; tuer ou être tué : voilà sa loi ; c’est l’abrutissement aujourd’hui, la guerre civile demain.</p>
<p>Sans doute, les orages de la liberté existeront toujours, et il se commettra encore bien des crimes en son nom : mais le fatalisme politique n’existe plus. Si vous avez pu dire, dans votre temps, que le despotisme était un mal nécessaire, vous ne le pourriez pas aujourd’hui, car, dans l’état actuel des mœurs et des institutions politiques chez les principaux peuples de l’Europe, le despotisme est devenu impossible. »</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>Ici, nous retrouvons ce que nous avons laissé entendre précédemment en plus approfondi; les citoyens créent une entité qui leur ressemble par sa nature, l’État, qui constitue l’autorité. Mais l’autorité influence toujours, voire façonne entièrement, le caractère de ce qui dépend d’elle. Donc, si l’autorité est vertueuse, la morale des citoyens aura tendance à s’améliorer, et inversément si elle est vicieuse. De là découle toute l’importance de ce que les dirigeants assument les mauvais aspects qui existent naturellement, et tentent d’améliorer la situation, plutôt que de se complaire égoïste dans l’état imparfait des choses, en ne se souciant guère du bien commun.</p>
<p><a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/illuminati-papercraft.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2657" title="presse-papier Illuminati" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/illuminati-papercraft.jpg?w=300" alt="" width="300" height="247" /></a>« <strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Impossible ?… Si vous parvenez à me prouver cela, je consens à faire un pas dans le sens de vos idées.</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Je vais vous le prouver très-facilement, si vous voulez bien me suivre encore.</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Très-volontiers, mais prenez garde ; je crois que vous vous engagez beaucoup. Je me propose de démolir, pièce à pièce, toutes les belles choses que vous venez de dire, et de vous démontrer que ce sont mes doctrines seules qui l’emportent même aujourd’hui, malgré les nouvelles idées, malgré les nouvelles mœurs, malgré vos prétendus principes de droit public, malgré toutes les institutions dont vous venez de me parler.</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>En écoutant vos théories sur la division des pouvoirs et sur les bienfaits que lui doivent les peuples de l’Europe, je ne pouvais m’empêcher d’admirer, Montesquieu, à quel point l’illusion des systèmes peut s’emparer des plus grands esprits. A la première occasion, le mouvement se produira par la rupture d’un des ressorts que vous avez si soigneusement forgés. Croyez-vous que les pouvoirs resteront longtemps dans les limites constitutionnelles que vous leur avez assignées, et qu’ils ne parviendront pas à les franchir ? Quelle est l’assemblée législative indépendante qui n’aspirera pas à la souveraineté ? Quelle est la magistrature qui ne fléchira pas au gré de l’opinion ? Quel est le prince, surtout, souverain d’un royaume ou chef d’une république, qui acceptera sans réserve le rôle passif auquel vous l’aurez condamné ; qui, dans le secret de sa pensée, ne méditera pas le renversement des pouvoirs rivaux qui gênent son action ? En réalité, vous aurez mis aux prises toutes les forces contraires, suscité toutes les entreprises, donné des armes à tous les partis. Vous aurez livré le pouvoir à l’assaut de toutes les ambitions, et fait de l’État une arène où se déchaîneront les factions. Dans peu de temps, ce sera le désordre partout ; d’intarissables rhéteurs transformeront en joutes oratoires les assemblées délibérantes ; d’audacieux journalistes, d’effrénés pamphlétaires attaqueront tous les jours la personne du souverain, discréditeront le gouvernement, les ministres, les hommes en place…</p>
<p>Dans vos calculs, vous n’avez compté qu’avec des minorités sociales. Il y a des populations gigantesques rivées au travail par la pauvreté, comme elles l’étaient autrefois par l’esclavage. Qu’importent, je vous le demande, à leur bonheur toutes vos fictions parlementaires ? Votre grand mouvement politique n’a abouti, en définitive, qu’au triomphe d’une minorité privilégiée par le hasard comme l’ancienne noblesse l’était par la naissance. Qu’importe au prolétaire courbé sur son labeur, accablé sous le poids de sa destinée, que quelques orateurs aient le droit de parler, que quelques journalistes aient le droit d’écrire ? Vous avez créé des droits qui resteront éternellement pour la masse du peuple à l’état de pure faculté, puisqu’il ne saurait s’en servir. Ces droits, dont la loi lui reconnaît la jouissance idéale et dont la nécessité lui refuse l’exercice réel, ne sont pour lui qu’une ironie amère de sa destinée. Je vous réponds qu’un jour il les prendra en haine, et qu’il les détruira de sa main pour se confier au despotisme. Le tempérament de vos institutions est de donner plus de force à l’aristocratie qu’au peuple, plus de force au prince qu’à l’aristocratie, proportionnant ainsi les pouvoirs à la capacité politique de ceux qui doivent les exercer.</p>
<p>Le peuple, par une conséquence absolument inévitable, s’emparera, un jour ou l’autre, de tous les pouvoirs dont on a reconnu que le principe était en lui. Sera-ce pour les garder ? Non. Après quelques jours de folie, il les jettera, par lassitude, au premier soldat de fortune qui se trouvera sur son chemin. Dans votre pays, vous avez vu, en 1793, comment les coupe-têtes français ont traité la monarchie représentative : le peuple souverain s’est affirmé par le supplice de son roi, puis il a fait litière de tous ses droits ; il s’est donné à Robespierre, à Barras, à Bonaparte.</p>
<p>Vous êtes un grand penseur, mais vous ne connaissez pas l’inépuisable lâcheté des peuples ; je ne dis pas de ceux de mon temps, mais de ceux du vôtre ; rampants devant la force, sans pitié devant la faiblesse, implacables pour des fautes, indulgents pour des crimes, incapables de supporter les contrariétés d’un régime libre, et patients jusqu’au martyre pour toutes les violences du despotisme audacieux, brisant les trônes dans des moments de colère, et se donnant des maîtres à qui ils pardonnent des attentats pour le moindre desquels ils auraient décapité vingt rois constitutionnels.</p>
<p>Cherchez donc la justice ; cherchez le droit, la stabilité, l’ordre, le respect des formes si compliquées de votre mécanisme parlementaire avec des masses violentes, indisciplinées, incultes, auxquelles vous avez dit : Vous êtes le droit, vous êtes les maîtres, vous êtes les arbitres de l’État !<a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/structure-franc-maconnerie.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-2647" title="les 33 degrés de la Franc-Maçonnerie" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/structure-franc-maconnerie.jpg?w=206" alt="" width="206" height="300" /></a> Ce que vous savez, ainsi que moi, du passé, m’autorise, dès à présent, à dire que le principe de la souveraineté populaire est destructif de toute stabilité, qu’il consacre indéfiniment le droit des révolutions. Il met les sociétés en guerre ouverte contre tous les pouvoirs humains et même contre Dieu ; il est l’incarnation même de la force. Il fait du peuple une brute féroce qui s’endort quand elle est repue de sang, et qu’on enchaîne ; et voici la marche invariable que suivent alors les sociétés dont le mouvement est réglé sur ce principe : la souveraineté populaire engendre la démagogie, la démagogie engendre l’anarchie, l’anarchie ramène au despotisme. Le despotisme, pour vous, c’est la barbarie. Eh bien, vous voyez que les peuples retournent à la barbarie par le chemin de la civilisation.</p>
<p>Mais ce n’est pas tout, et je prétends qu’à d’autres points de vue encore le despotisme est la seule forme de gouvernement qui soit réellement appropriée à l’état social des peuples modernes, car, avec vos grands États, qui ne vivent plus que par l’industrie ; avec vos populations sans Dieu et sans foi, dans des temps où les peuples ne se satisfont plus par la guerre, et où leur activité violente se reporte nécessairement au dedans, la liberté, avec les principes qui lui servent de fondement, ne peut être qu’une cause de dissolution et de ruine. De la lassitude des idées et du choc des révolutions sont sorties des sociétés froides et désabusées qui sont arrivées à l’indifférence en politique comme en religion, qui n’ont plus d’autre stimulant que les jouissances matérielles, qui ne vivent plus que par l’intérêt, qui n’ont d’autre culte que l’or, dont les moeurs mercantiles le disputent à celles des juifs qu’ils ont pris pour modèles. Croyez-vous que ce soit par amour de la liberté en elle-même que les classes inférieures essayent de monter à l’assaut du pouvoir ? C’est par haine de ceux qui possèdent ; au fond, c’est pour leur arracher leurs richesses, instrument des jouissances qu’ils envient.</p>
<p>Ceux qui possèdent implorent de tous les côtés un bras énergique, un pouvoir fort ; ils ne lui demandent qu’une chose, c’est de protéger l’État contre des agitations auxquelles sa constitution débile ne pourrait résister, de leur donner à eux-mêmes la sécurité nécessaire pour qu’ils puissent jouir et faire leurs affaires. Quelles formes de gouvernement voulez vous appliquer à des sociétés où la corruption s’est glissée partout, où la fortune ne s’acquiert que par les surprises de la fraude, où la morale n’a plus de garantie que dans les lois répressives, où le sentiment de la patrie lui-même s’est éteint dans je ne sais quel cosmopolitisme universel ? Je ne vois de salut pour ces sociétés, véritables colosses aux pieds d’argile, que dans l’institution d’une centralisation à outrance, qui mette toute la force publique à la disposition de ceux qui gouvernent « </p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>Il y a peu à redire là-dessus, si ce n’est que, après 145 ans, ce texte reste d’une grande actualité. Il est effectivement saisissant de constater à quel point des passages tels que ceux qui sont surlignés restent valables, et sont sans doute même bien plus vrai qu’à l’époque; les masses de travaux qui ont continué à écraser bien des hommes malgré l’abolition de l’esclavage sont effectivement une poursuite de ce dernier dans une autre forme, surtout aujourd’hui où tout est si bien réglementé et où tant de personnes sont assommées par le crédit que l’on n’a d’autre choix que de suivre une route toute tracée et qui se présente en simulacre de liberté.</p>
<p>La propension qu’ont les hommes à se reposer sur la force de quelqu’un d’autre, et ainsi à leur confier tant de responsabilités qu’ils rendent pour ainsi dire quelqu’un d’autre maître de leur vie, est aussi très bien illustrée dans ce dernier extrait. Mais l’élément le plus frappant est encore, à mon sens, ces sociétés indifférentes aux valeurs essentielles et obsédées par les jouissances matérielles dont parle Maurice Joly, presque prophétiquement, lorsqu’on voit à quel point ces aspects se sont développés et empirés aujourd’hui. Les moeurs ont effectivement été très bousculées, au point que tout ce qui pourrait s’opposer vertueusement aux dérives matérialistes, comme l’idée même de Dieu, est systématiquement renié sans un semblant de réflexion, ce qui engendre un extrême avilissement des peuples occidentaux consommateurs, et les poussent dans l’acception systématique de leurs pulsions primaires et animales, ce qui ne les rend que bien plus simples à contrôler et manipuler, puisque leurs facultés intellectuelles tombent en désuétude.</p>
<p><strong>« Machiavel :</strong></p>
<p>Avec des sociétés nouvelles, il faut employer des procédés nouveaux. Il ne s’agit pas aujourd’hui, pour gouverner, de commettre des iniquités violentes, de décapiter ses ennemis, de dépouiller ses sujets de leurs biens, de prodiguer les supplices ; non, la mort, la spoliation et les tourments physiques ne peuvent jouer qu’un rôle assez secondaire dans la politique intérieure des États modernes. Il s’agit moins aujourd’hui de violenter les hommes que de les désarmer, de comprimer leurs passions politiques que de les effacer, de combattre leurs instincts que de les tromper, de proscrire leurs idées que de leur donner le change en se les appropriant.</p>
<p>Le principal secret du gouvernement consiste à affaiblir l’esprit public, au point de le désintéresser complétement des idées et des principes avec lesquels on fait aujourd’hui les révolutions. Dans tous les temps, les peuples comme les hommes se sont payés de mots. Les apparences leur suffisent presque toujours ; ils n’en demandent pas plus. On peut donc établir des institutions factices qui répondent à un langage et à des idées également factices ; il faut avoir le talent de ravir aux partis cette phraséologie libérale, dont ils s’arment contre le gouvernement. Il faut en saturer les peuples jusqu’à la lassitude, jusqu’au dégoût. On parle souvent aujourd’hui de la puissance de l’opinion, je vous montrerai qu’on lui fait exprimer ce qu’on veut quand on connaît bien les ressorts cachés du pouvoir. Mais avant de songer à la diriger, il faut l’étourdir, la frapper d’incertitude par d’étonnantes contradictions, opérer sur elle d’incessantes diversions, l’éblouir par toutes sortes de mouvements divers, l’égarer insensiblement dans ses voies. Un des grands secrets du jour est de savoir s’emparer des préjugés et des passions populaires, de manière à introduire une confusion de principes qui rend toute entente impossible entre ceux qui parlent la même langue et ont les mêmes intérêts.</p>
<p>Le prince devra s’attacher avant tout à détruire les partis, à dissoudre les forces collectives partout où elles existent, à paralyser dans toutes ses manifestations l’initiative individuelle ; ensuite le niveau des caractères descendra de lui-même, et tous les bras molliront bientôt contre la servitude. Le pouvoir absolu ne sera plus un accident, il deviendra un besoin. Les moyens d’action du despotisme, les plus puissants peut-être, seront précisément ceux que l’on aura le talent d’emprunter à ce même régime industriel qui fait votre admiration. »</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>Nous retrouvons ici la concrétisation de ce que je laissais présager précédemment: l’esprit public est affaibli, malléable, et si désintéressé de la nature de son monde qu’il se contentera de croire ce que les autorités présenteront comme la vérité. Ainsi, le citoyen moyen d’aujourd’hui aime croire qu’il vit dans un système réellement démocratique et respectueux des valeurs humaines en s’extasiant devant les discours officiels incohérents et grossièrement simplistes relayés par son poste télévisé. Il serait si malheureux que l’on tente de le sortir de la béatitude qu’engendre son inconscience qu’il occultera sa réflexion encore plus qu’il ne le fait d’habitude si jamais il entend quelqu’un essayer de lui faire prendre conscience de la véritable réalité des choses; n’écoutant pas, se voilant derrière ses impressions et ses sentiments irrationnels, il continuera d’être un mouton trop occupé par les futilités de son existence et trop égoïste pour réfléchir aux problèmes que connait le monde. Il est alors effectivement extrêmement simple de le manier dans le sens où on l’entend, du moment que l’on lui promettre de pouvoir demeurer dans sa prison dorée d’inconscience. Outre cette actualisation de l’extrait, ce dernier s’exprime si bien de lui-même que je n’ai rien de plus à ajouter.</p>
<p><strong>« Machiavel :</strong></p>
<p>A l’aide du seul pouvoir réglementaire, j’instituerais, par exemple, d’immenses monopoles financiers, réservoirs de la fortune publique, dont dépendrait si étroitement le sort de toutes les fortunes privées, qu’elles s’engloutiraient avec le crédit de l’État le lendemain de toute catastrophe politique. Vous êtes un économiste, Montesquieu, pesez la valeur de cette combinaison. Voici une autre combinaison empruntée a l’ordre industriel : Dans le temps actuel, l’aristocratie, en tant que force politique, a disparu ; mais la bourgeoisie territoriale est encore un élément de résistance dangereux pour les gouvernements, parce qu’elle est d’elle-même, indépendante ; il peut être nécessaire de l’appauvrir ou même de la ruiner complétement. Il suffit, pour cela, d’aggraver les charges qui pèsent sur la propriété foncière, de maintenir l’agriculture dans un état d’infériorité relative, de favoriser à outrance le commerce et l’industrie, mais principalement la spéculation ; car la trop grande prospérité de l’industrie peut elle-même devenir un danger, en créant un nombre trop considérable de fortunes indépendantes. Il faut arriver à ce qu’il n’y ait plus, dans l’État, que des prolétaires, quelques millionnaires et des soldats. »</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>Quoi de plus actuel, à nouveau, que la mainmise des immenses monopoles financiers sur le système ? Il y a cependant ici une inversion; dans l’État imaginé par Machiavel, ces fortunes sont à la solde de l’État et le public domine le privé. Dans les temps actuels, c’est le contraire.</p>
<p>Pour ce qui est de ruiner toute force indépendante, il est aisé de constater à quel point les supermarchés et autres organismes de centralisations, véritables monopoles aux mains de l’État (et une centralisation aussi puissante de biens essentiels dans une seule paire de mains est toujours <a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/2003817320.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-2658" title="2003817320" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/2003817320.jpg?w=226" alt="" width="226" height="300" /></a>une des caractéristiques terribles du despotisme), ont aidé à rendre très difficile toute réussite magistrale dans le commerce ou l’artisanat indépendants. Le despotisme doit rendre ses citoyens dépendants de son gouvernement, et n’aura de cesse de les appauvrir, tant matériellement qu’intellectuellement et spirituellement, pour s’assurer la longévité. En effet, moins les citoyens sont riches, moins ils ont de possibilités de se révolter… Comme le dit Machiavel: « <em>Il faut arriver à ce qu’il n’y ait plus, dans l’État, que des prolétaires et quelques millionnaires</em> ». On devine de quel côté seront les millionnaires.</p>
<p>Remarquons également, à propos de la spéculation, à quel point cette dernière a explosé aujourd’hui et que le danger que voit Machiavel dans les fortunes indépendantes a eu raison des gouvernements, puisque la richesse du secteur privé dépasse de loin celle du public. Á titre d’exemple, les 500 plus grosses entreprises des États-Unis possèdent 80% du PIB du pays; le mot du gouvernement a donc bien moins à dire que celui des multinationales…</p>
<p>De plus, les plus puissantes personnes des secteurs de pouvoir, qui ne sont soumis à aucune censure démocratique, désignent le plus souvent leur successeur parmi leurs enfants ou leur entourage, ce qui est relativement conforme à la dynastie royale que voudrait imposer Machiavel après son coup d’État despotique.</p>
<p><strong>« Machiavel :</strong></p>
<p>Le pouvoir que je rêve, bien loin, comme vous le voyez, d’avoir des moeurs barbares, doit attirer à lui toutes les forces et tous les talents de la civilisation au sein de laquelle il vit. Il devra s’entourer de publicistes, d’avocats, de jurisconsultes, d’hommes de pratique et d’administration, de gens qui connaissent à fond tous les secrets, tous les ressorts de la vie sociale, qui parlent tous les langages, qui aient étudié l’homme dans tous les milieux. Il faut les prendre partout, n’importe où, car ces gens-là rendent des services étonnants par les procédés ingénieux qu’ils appliquent à la politique. Il faut, avec cela, tout un monde d’économistes, de banquiers, d’industriels, de capitalistes, d’hommes à projets, d’hommes à millions, car tout au fond se résoudra par une question de chiffres.</p>
<p>L’usurpateur d’un État est dans une situation analogue à celle d’un conquérant. Il est condamné à tout renouveler, à dissoudre l’État, à détruire la cité, à changer la face des moeurs.</p>
<p>C’est là le but, mais dans les temps actuels il n’y faut tendre que par des voies obliques, des moyens détournés, des combinaisons habiles, et, autant que possible, exemptes de violence. Je ne détruirai donc pas directement les institutions, mais je les toucherai une à une par un trait de main inaperçu qui en dérangera le mécanisme. Ainsi je toucherai tour à tour à l’organisation judiciaire, au suffrage, à la presse, à la liberté individuelle, à l’enseignement.</p>
<p>Je vous disais, il y a peu d’instants, que les peuples étaient comme les hommes, qu’ils tenaient plus aux apparences qu’à la réalité des choses ; c’est là, en politique, une règle dont je suivrais scrupuleusement les indications ; veuillez me rappeler les principes auxquels vous tenez le plus et vous verrez que je n’en suis pas aussi embarrassé que vous paraissez le croire. Vous ne manqueriez sans doute pas de me parler du principe de la séparation des pouvoirs, de la liberté de la parole et de la presse, de la liberté religieuse, de la liberté individuelle, du droit d’association, de l’égalité devant la loi, de l’inviolabilité de la propriété et du domicile, du droit de pétition, du libre consentement de l’impôt, de la proportionnalité des peines, de la non rétroactivité des lois. Je ne vois nul inconvénient à proclamer ces principes ; j’en ferai même, si vous le voulez, le préambule de ma constitution.</p>
<p>Les gouvernés seront toujours contents du prince, lorsqu’il ne touchera ni à leurs biens, ni à leur honneur, et dès lors il n’a plus à combattre que les prétentions d’un petit nombre de mécontents, dont il vient facilement à bout.</p>
<p><strong>Montesquieu : </strong></p>
<p>On pourrait vous répondre que les droits politiques aussi sont des biens ; qu’il importe aussi à l’honneur des peuples de les maintenir, et qu’en y touchant vous portez en réalité atteinte à leurs biens comme à leur honneur.</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Vous semblez toujours croire que les peuples modernes sont affamés de liberté. Avez-vous prévu le cas où ils n’en veulent plus, et pouvez-vous demander aux princes d’avoir pour elle plus de passion que n’en ont les peuples ? Or, dans vos sociétés si profondément relâchées, où l’individu ne vit plus que dans la sphère de son égoïsme et de ses intérêts matériels, interrogez le plus grand nombre, et vous verrez si, de tous côtés, on ne vous répond pas : Que me fait la politique ? Que m’importe la liberté ? Est-ce que tous les gouvernements ne sont pas les mêmes ? Est-ce qu’un gouvernement ne doit pas se défendre ?</p>
<p>Remarquez-le bien, d’ailleurs, ce n’est même pas le peuple qui tiendra ce langage ; ce seront les bourgeois, les industriels, les gens instruits, les riches, les lettrés, tous ceux qui sont en état d’apprécier vos belles doctrines de droit public. Ils me béniront, ils s’écrieront que je les ai sauvés, qu’ils sont en état de minorité, qu’ils sont incapables de se conduire. Tenez, les nations ont je ne sais quel secret amour pour les vigoureux génies de la force. A tous les actes violents marqués du talent de l’artifice, vous entendrez dire avec une admiration qui surmontera le blâme : Ce n’est pas bien, soit, mais c’est habile, c’est bien joué, c’est fort ! »</p>
<h2>La presse</h2>
<p><strong>« Machiavel :</strong></p>
<p><a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/21_illuminati.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2649" title="Divers logos de sociétés secrètes différentes allant tous vers le même objectif : le Nouvel Ordre Mondial" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/21_illuminati.jpg?w=225" alt="" width="225" height="300" /></a>Puisque c’est une si grande force que le journalisme, savez-vous ce que ferait mon gouvernement ? Il se ferait journaliste, ce serait le journalisme incarné. Je compterai le nombre de journaux qui représenteront ce que vous appelez l’opposition. S’il y en a dix pour l’opposition, j’en aurai vingt pour le gouvernement ; s’il y en a vingt, j’en aurai quarante ; s’il y en a quarante, j’en aurai quatre-vingts. Voilà à quoi me servira, vous le comprenez à merveille maintenant, la faculté que je me suis réservée d’autoriser la création de nouvelles feuilles politiques. Il ne faut pas que la masse du public puisse soupçonner cette tactique ; la combinaison serait manquée et l’opinion se détacherait d’elle-même des journaux qui défendraient ouvertement ma politique.</p>
<p>Je diviserai en trois ou quatre catégories les feuilles dévouées à mon pouvoir. Au premier rang je mettrai un certain nombre de journaux dont la nuance sera franchement officielle, et qui, en toutes rencontres, défendront mes actes à outrance. Ce ne sont pas ceux-là, je commence par vous le dire, qui auront le plus d’ascendant sur l’opinion. Au second rang je placerai une autre phalange de journaux dont le caractère ne sera déjà plus qu’officieux et dont la mission sera de rallier à mon pouvoir cette masse d’hommes tièdes et indifférents qui acceptent sans scrupule ce qui est constitué, mais ne vont pas au delà dans leur religion politique.</p>
<p>C’est dans les catégories de journaux qui vont suivre que se trouveront les leviers les plus puissants de mon pouvoir. Ici, la nuance officielle ou officieuse se dégrade complétement, en apparence, bien entendu, car les journaux dont je vais vous parler seront tous rattachés par la même chaîne à mon gouvernement, chaîne visible pour les uns, invisible à l’égard des autres. Je n’entreprends point de vous dire quel en sera le nombre, car je compterai un organe dévoué dans chaque opinion, dans chaque parti ; j’aurai un organe aristocratique dans le parti aristocratique, un organe républicain dans le parti républicain, un organe révolutionnaire dans le parti révolutionnaire, un organe anarchiste, au besoin, dans le parti anarchiste. Comme le dieu Wishnou, ma presse aura cent bras, et ces bras donneront la main à toutes les nuances d’opinion quelconque sur la surface entière du pays. On sera de mon parti sans le savoir. Ceux qui croiront parler leur langue parleront la mienne, ceux qui croiront agiter leur parti agiteront le mien, ceux qui croiront marcher sous leur drapeau marcheront sous le mien.</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Je me demande seulement, comment vous pourrez diriger et rallier toutes ces milices de publicité clandestinement embauchées par votre gouvernement.</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Ce n’est là qu’une affaire d’organisation, vous devez le comprendre ; j’instituerai, par exemple, sous le titre de division de l’imprimerie et de la presse, un centre d’action commun où l’on viendra chercher la consigne et d’où partira le signal. Alors, pour ceux qui ne seront qu’à moitié dans le secret de cette combinaison, il se passera un spectacle bizarre ; on verra des feuilles, dévouées à mon gouvernement, qui m’attaqueront, qui crieront, qui me susciteront une foule de tracas.</p>
<p>Remarquez bien que jamais les bases ni les principes de mon gouvernement ne seront attaqués par les journaux dont je vous parle ; ils ne feront jamais qu’une polémique d’escarmouche, qu’une opposition dynastique dans les limites les plus étroites. Le résultat, vraiment considérable déjà, sera de faire dire, par le plus grand nombre : Mais vous voyez bien qu’on est libre, qu’on peut parler sous ce régime, qu’il est injustement attaqué, qu’au lieu de comprimer, comme il pourrait le faire, il souffre, il tolère ! Un autre résultat, non moins important, sera de provoquer, par exemple, des observations comme celles-ci : Voyez à quel point les bases de ce gouvernement, ses principes, s’imposent au respect de tous ; voilà des journaux qui se permettent les plus grandes libertés de langage, eh bien, jamais ils n’attaquent les institutions établies. Il faut qu’elles soient au-dessus des injustices des passions, puisque les ennemis mêmes du gouvernement ne peuvent s’empêcher de leur rendre hommage.</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Voilà, je l’avoue, qui est vraiment machiavélique.</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Vous me faites beaucoup d’honneur, mais il y a mieux : A l’aide du dévouement occulte de ces feuilles publiques, je puis dire que je dirige à mon gré l’opinion dans toutes les questions de politique intérieure ou extérieure. J’excite ou j’endors les esprits, je les rassure ou je les déconcerte, je plaide le pour et le contre, le vrai et le faux. Je fais annoncer un fait et je le fais démentir suivant les circonstances ; je sonde ainsi la pensée publique, je recueille l’impression produite, j’essaie des combinaisons, des projets, des déterminations soudaines, enfin ce que vous appelez, en France, des ballons d’essai. Je combats à mon gré mes ennemis sans jamais compromettre mon pouvoir, car, après avoir fait parler ces feuilles, je puis leur infliger, au besoin, les désaveux les plus énergiques ; je sollicite l’opinion à de certaines résolutions, je la pousse ou je la retiens, j’ai toujours le doigt sur ses pulsations, elle reflète, sans le savoir, mes impressions personnelles, et elle s’émerveille parfois d’être si constamment d’accord avec son souverain. On dit alors que j’ai la fibre populaire, qu’il y a une sympathie secrète et mystérieuse qui m’unit aux mouvements de mon peuple. »</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>Il n’est pas aisé, au premier abord, de se douter de combien les médias d’aujourd’hui sont reliés aux intérêts des gouvernements et/ou des grands empires financiers. En effet, les chaînes de télévision, de radio, les journaux, les maisons d’édition de livres, etc., qui n’appartiennent pas directement au gouvernement sont les biens de grandes entreprises privées. Ainsi, Europe 1 et Hachette appartiennent à Lagardère, l’actionnaire principal de TF1 est Bouygues, RTL Group appartient à Bertelsmann, etc… Parce que toute entreprise de communication qui sera écoutée et popularisée ne pourra qu’être financée par un ou des puissants groupes qui ont tous de nombreux intérêts communs avec leurs semblables, il est toujours vital de rechercher qui donne les subsides de quelle entreprise ou de quel institut. C’est parce que l’on ignore souvent ces sources que l’on peut être leurré par tel moyen de communication d’opposition, qui en fait, pourrait très bien être relié aux intérêts du poivoir, tout comme dans le gouvernement imaginé par Machiavel. Il est alors aussi facile de diriger la pensée de ceux qui se laisseront tromper que de piéger ceux qui participeront à des manifestations ou autres activités d’opposition qui seraient, en fait, également liées au pouvoir. Dans ces cas-là, par exemple, quelques agitateurs infiltrés se débrouillent parfaitement bien pour discréditer toute l’optique de manifestants. De même, un candidat à une élection, quelle qu’elle soit, jouera peut-être le mécontent du système, le grand réformateur, mais s’avérera souvent être un pion d’intérêts financiers qui auront misé sur la confiance et l’enthousiasme qu’il aura suscités chez les gens pour mieux les tromper. Les vraies forces d’opposition indépendantes, les vrais hommes rebelles qui ne répondent pas d’intérêts oligarchiques, sont discrédités par une propagande abondante, dans le cas où ils auraient réussi à se rallier un certain nombre d’adeptes. Dans la plupart des cas, peu popularisés, ils ne constituent pas une menace digne d’être écartée.</p>
<p>En outre, les médias populaires, prétendument objectifs, qui font de la soi-disante opposition ne remettront jamais en question les bases du système. Comme le dit si bien Machiavel, les gens penseront alors que le fait qu’il y ait une critique signifiera qu’il y a de la liberté, mais que les fondations mêmes du système sont trop parfaites pour pouvoir être critiquées, infaillibles. Nous remarquons parfaitement la même chose lorsque nous sommes longuement bassinés par telle ou telle injure qu’aurait prononcée le président Sarkozy, appelés à s’indigner sur le prix exorbitant de ses dernières vacances, sur tel scandale de détournement de fonds qui pourtant, s’empresserait-on d’ajouter ou de sous-entendre, serait un cas isolé,… Ce ton critique, agressif, osé, donne l’impression d’une opposition, mais ces choses sont d’une frivolité telle qu’elles ne serviront qu’à en maintenir l’illusion, car jamais l’essentiel ne sera mis en cause; au contraire, la multitude des informations insignifiantes que l’on préférera dispenser massivement au lieu de cela empêcheront de s’en apercevoir.</p>
<p>« <strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Ces diverses combinaisons me paraissent d’une perfection idéale. Je vous soumets cependant encore une observation, mais très-timide cette fois : Si vous sortez du silence de la Chine, si vous permettez à la milice de vos journaux de faire, au profit de vos desseins, l’opposition postiche dont vous venez de me parler, je ne vois pas trop, en vérité, comment vous pourrez empêcher les journaux non affiliés de répondre, par de véritables coups, aux agaceries dont ils devineront le manége. Ne pensez-vous pas qu’ils finiront par lever quelques-uns des voiles qui couvrent tant de ressorts mystérieux ? Quand ils connaîtront le secret de cette comédie, pourrez-vous les empêcher d’en rire ? Le jeu me paraît bien scabreux.</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Pas du tout ; je vous dirai que j’ai employé, ici, une grande partie de mon temps à examiner le fort et le faible de ces combinaisons, je me suis beaucoup renseigné sur ce qui touche aux conditions d’existence de la presse dans les pays parlementaires. Vous devez savoir que le journalisme est une sorte de franc-maçonnerie : ceux qui en vivent sont tous plus ou moins rattachés les uns aux autres par les liens de la discrétion professionnelle ; pareils aux anciens augures, ils ne divulguent pas aisément le secret de leurs oracles. Ils ne gagneraient rien à se trahir, car ils ont pour la plupart des plaies plus ou moins honteuses. Il est assez probable, j’en conviens, qu’au centre de la capitale, dans un certain rayon de personnes, ces choses ne seront pas un mystère ; mais, partout ailleurs, on ne s’en doutera pas, et la grande majorité de la nation marchera avec la confiance la plus entière sur la trace des guides que je lui aurai donnés.</p>
<p>Vous savez avec quelle discrétion et quels ménagements ingénieux doivent être rédigés les documents de l’autorité, dans les conjonctures importantes : le problème à résoudre en pareil cas est de donner une sorte de satisfaction à tous les partis. Eh bien, chacun de mes journaux, suivant sa nuance, s’efforcera de persuader à chaque parti que la résolution que l’on a prise est celle qui le favorise le plus. Ce qui ne sera pas écrit dans un document officiel, on l’en fera sortir par voie d’interprétation ; ce qui ne sera qu’indiqué, les journaux officieux le traduiront plus ouvertement, les journaux démocratiques et révolutionnaires le crieront par dessus les toits ; et tandis qu’on se disputera, qu’on donnera les interprétations les plus diverses à mes actes, mon gouvernement pourra toujours répondre à tous et à chacun : Vous vous trompez sur mes intentions, vous avez mal lu mes déclarations ; je n’ai jamais voulu dire que ceci ou que cela.</p>
<p>Ce sont les paroles bien plus que les actes qu’il s’agit de faire accorder. Comment voulez-vous que la grande masse d’une nation puisse juger si c’est la logique qui mène son gouvernement ? Il suffit de le lui dire. Je veux donc que les diverses phases de ma politique soient présentées comme le développement d’une pensée unique se rattachant à un but immuable. Chaque événement prévu ou imprévu sera un résultat sagement amené, les écarts de direction ne seront que les différentes faces de la même question, les voies diverses qui conduisent au même but, les moyens variés d’une solution identique poursuivie sans relâche à travers les obstacles. Le dernier événement sera donné comme la conclusion logique de tous les autres.</p>
<p>Je n’oublierais pas que je vis dans une époque où l’on croit pouvoir résoudre, par l’industrie, tous les problèmes de la société, où l’on s’occupe sans cesse de l’amélioration du sort des classes ouvrières. Je m’attacherais d’autant plus à ces questions, qu’elles sont un dérivatif très-heureux pour les préoccupations de la politique intérieure. Chez les peuples méridionaux, il faut que les gouvernements paraissent sans cesse occupés ; les masses consentent à être inactives, mais à une condition, c’est que ceux qui les gouvernent leur donnent le spectacle d’une activité incessante, d’une sorte de fièvre ; qu’ils attirent constamment leurs yeux par des nouveautés, par des surprises, par des coups de théâtre ; cela est bizarre peut-être, mais, encore une fois, cela est.</p>
<p>Je me conformerais de point en point à ces indications ; en conséquence, je ferais, en matière de commerce, d’industrie, d’arts et même d’administration, étudier toutes sortes de projets, de plans, de combinaisons, de changements, de remaniements, d’améliorations dont le retentissement dans la presse couvrirait la voix des publicistes les plus nombreux et les plus féconds. L’économie politique a, dit-on, fait fortune chez vous, eh bien, je ne laisserais rien à inventer, rien à publier, rien à dire même à vos théoriciens, à vos utopistes, aux déclamateurs les plus passionnés de vos écoles. Le bien-être du peuple serait l’objet unique, invariable, de mes confidences publiques. Soit que je parle moi-même, soit que je fasse parler par mes ministres ou mes écrivains, on ne tarirait jamais sur la grandeur du pays, sur la prospérité, sur la majesté de sa mission et de ses destinées ; on ne cesserait de l’entretenir des grands principes du droit moderne, des grands problèmes qui agitent l’humanité. Le libéralisme le plus enthousiaste, le plus universel, respirerait dans mes écrits. »</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p><a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/not_illuminati.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-2650" title="I can't believe. It's not the Illuminati" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/not_illuminati.jpg?w=300" alt="" width="300" height="277" /></a>Á nouveau, Machiavel parle de la facilité avec laquelle il est facile de tromper l’opinion publique en arguant de bonnes intentions, et du peu d’importance qu’auront les quelques rares esprits, incompris et raillés, qui auront percé la ruse à jour. Il confirme également ce que nous avons dit précédemment lorsqu’il dit qu’il faut donner des préoccupations à l’opinion publique, occuper son esprit, par toute une foule de choses qui occulteront des informations plus essentielles. Pendant ce temps, il pourra continuer de régner tranquillement, voire même faire passer l’une ou l’autre mesure qui aurait soi-disant pour but d’aider à accomplir telle ou telle grande oeuvre sur laquelle la société s’échine. Il est effectivement facile de constater que lorsque l’esprit public est occupé ou choqué, comme cela s’est passé lors du 11 septembre ou de quelque grand autre événement comme un cataclysme naturel, des mesures passent en force et, si elles ne sont pas présentées comme garantes d’une amélioration de la situation, dans l’ignorance et l’indifférence générales.</p>
<p><strong>« Machiavel :</strong></p>
<p>Il serait très-important de mettre en relief les fautes de ceux qui m’ont précédé, de montrer que j’ai su les éviter toujours. On entretiendrait ainsi, contre les régimes auxquels mon pouvoir a succédé, une sorte d’antipathie, d’aversion même, qui finirait par devenir irréparable comme une expiation.</p>
<p>Dans les pays les plus avancés de l’Europe en civilisation, l’invention de l’imprimerie a fini par donner naissance à une littérature folle, furieuse, effrénée, presque immonde, c’est un grand mal. Eh bien, cela est triste à dire, mais il suffira presque de ne pas la gêner, pour que cette rage d’écrire, qui possède vos pays parlementaires, soit à peu près satisfaite.</p>
<p>Cette littérature pestiférée dont on ne peut empêcher le cours, la platitude des écrivains et des hommes politiques qui seraient en possession du journalisme, ne manquerait pas de former un contraste repoussant avec la dignité du langage qui tomberait des marches du trône, avec la dialectique vivace et colorée dont on aurait soin d’appuyer toutes les manifestations du pouvoir. Vous comprenez, maintenant, pourquoi j’ai voulu environner le prince de cet essaim de publicistes, d’hommes d’administration, d’avocats, d’hommes d’affaires et de jurisconsultes qui sont essentiels à la rédaction de cette quantité de communications officielles dont je vous ai parlé, et dont l’impression serait toujours très-forte sur les esprits. »</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>Encore une fois, on compte sur <em>l’effet</em> ménagé par toute cette panoplie « d’experts » dont regorge le gouvernement pour impressionner les gens, qui, espère t-on, seront plus tentés de remettre leur confiance en ces personnes qu’en qui que ce soit d’autre. L’apparence joue donc un grand rôle, à nouveau.</p>
<h2>Les sociétés secrètes</h2>
<p><strong>« Machiavel :</strong></p>
<p>Le monde souterrain des sociétés secrètes est rempli de cerveaux vides, dont je ne fais pas le moindre cas, mais il y a là des directions à donner, des forces à mouvoir. S’il s’y agite quelque chose, c’est ma main qui remue ; s’il s’y prépare un complot, le chef c’est moi : je suis le chef de la ligue.</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Et vous croyez que ces cohortes de démocrates, ces républicains, ces anarchistes, ces terroristes vous laisseront approcher et rompre le pain avec eux ; vous pouvez croire que ceux qui ne veulent point de domination humaine accepteront un guide qui sera autant dire un maître !</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p><a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/salle-franc-maconnique.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2651" title="salle franc-maçonnique" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/salle-franc-maconnique.jpg?w=300" alt="" width="300" height="238" /></a>C’est que vous ne connaissez pas, ô Montesquieu, ce qu’il y a d’impuissance et même de niaiserie chez la plupart des hommes de la démagogie européenne. Ces tigres ont des âmes de mouton, des têtes pleines de vent ; il suffit de parler leur langage pour pénétrer dans leur rang. Leurs idées ont presque toutes, d’ailleurs, des affinités incroyables avec les doctrines du pouvoir absolu. Leur rêve est l’absorption des individus, dans une unité symbolique. Ils demandent la réalisation complète de l’égalité, par la vertu d’un pouvoir qui ne peut être en définitive que dans la main d’un seul homme. Vous voyez que je suis encore ici le chef de leur école ! Et puis il faut dire qu’ils n’ont pas le choix. Les sociétés secrètes existeront dans les conditions que je viens de dire ou elles n’existeront pas. »</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>Peu de chose à ajouter par rapport à ce que nous avons déjà dit, mais cet extrait renforce la présence du gouvernement dans ce qui pourrait constituer une opposition potentielle, pour la dévier de son but et être au courant des éventuels complots qui se trament. Cela ne fait que rejoindre ce que j’ai dit à propos des gens qui penseront se diriger vers quelque forme d’opposition, et que l’on piégera.</p>
<h2>Législatif et judiciaire</h2>
<p><strong>« Machiavel :</strong></p>
<p>La cour de cassation est plus qu’un corps judiciaire : c’est, en quelque sorte, un quatrième pouvoir dans l’État, parce qu’il lui appartient de fixer en dernier ressort le sens de la loi. Aussi vous répéterai-je ici ce que je crois vous avoir dit à propos du Sénat et de l’Assemblée législative : une semblable cour de justice qui serait complétement indépendante du gouvernement pourrait, en vertu de son pouvoir d’interprétation souverain et presque discrétionnaire, le renverser quand elle voudrait. Il lui suffirait pour cela de restreindre ou d’étendre systématiquement, dans le sens de la liberté, les dispositions de lois qui règlent l’exercice des droits politiques.</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Et c’est apparemment le contraire que vous allez lui demander ?</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Je ne lui demanderai rien, elle fera d’elle-même ce qu’il conviendra de faire. Car c’est ici que concourront le plus puissamment les différentes causes d’influence dont je vous ai parlé plus haut. Plus le juge est près du pouvoir, plus il lui appartient. L’esprit conservateur du règne se développera là à un plus haut degré que partout ailleurs, et les lois de haute police politique recevront, dans le sein de cette grande assemblée, une interprétation si favorable à mon pouvoir, que je serai dispensé d’une foule de mesures restrictives qui, sans cela, deviendraient nécessaires.</p>
<p>Il faut maintenant donner au gouvernement le moyen de résister à l’influence de l’opposition, d’empêcher qu’elle ne fasse déserter les rangs de ceux qui veulent le défendre. Au moment des élections, les partis ont pour habitude de proclamer leurs candidats et de les poser en face du gouvernement ; je ferai comme eux, j’aurai des candidats déclarés et je les poserai en face des partis. J’irai jusqu’à fermer les yeux sur les agissements de quelques candidatures populaires qui s’agiteront bruyamment au nom de la liberté ; seulement, il est bon de vous dire que ceux qui crieront le plus fort seront des hommes à moi.</p>
<p>L’essentiel est bien moins de ne commettre aucune faute, que d’en supporter la responsabilité avec une attitude d’énergie qui impose aux détracteurs. Quand même l’opposition parviendrait à introduire dans ma chambre quelques déclamateurs, que m’importerait ? Je ne suis pas de ceux qui veulent compter sans les nécessités de leur temps.</p>
<p>Un de mes grands principes est d’opposer les semblables. De même que j’use la presse par la presse, j’userais la tribune par la tribune ; j’aurais autant qu’il en faudrait d’hommes dressés à la parole et capables de parler plusieurs heures sans s’arrêter. L’essentiel est d’avoir une majorité compacte et un président dont on soit sûr. Il y a un art particulier de conduire les débats et d’enlever le vote. Aurais-je besoin d’ailleurs des artifices de la stratégie parlementaire ? Les dix-neuf vingtièmes de la Chambre seraient des hommes à moi qui voteraient sur une consigne, tandis que je ferais mouvoir les fils d’une opposition factice et clandestinement embauchée ; après cela, qu’on vienne faire de beaux discours : ils entreront dans les oreilles de mes députés comme le vent entre dans le trou d’une serrure. »</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>Bien qu’un bon nombre de précautions conseillées par Machiavel dans les Dialogues aux Enfers n’existent pas aujourd’hui (c’est pourquoi je ne les ai pas extraites), il semble que le même effet de domination du pouvoir sur des organes tels que l’Assemblée Nationale, le Sénat, et les institutions judiciaires, aient pu se faire avec nettement plus de facilité que ce qu’il imaginait. On peut effectivement se douter que le député, le juge et le sénateur, faisant partie d’un corps social privilégié, aient une tendance naturelle à aider les intérêts des « riches », de même que, pour accéder à leur fonction, ils doivent sans doute avoir assuré de jouer le jeu. En tout cas, il est clair que, dans la réalité des choses, ces forces sont bel et bien sous influence. Ainsi, l’UMP est censé faire opposition au PS en France, et inversément; mais il faudrait être bien dupe pour croire qu’il existe des différences réelles entre les deux partis. Il n’y a effectivement pas de ligne réellement définie; ils servent les mêmes intérêts. Le PS a souvent plus privatisé qu’il n’a nationalisé, et ses membres s’entendent généralement bien avec l’UMP pour faire avancer les intérêts d’un amour qu’ils ont le plus particulièrement en commun: celui de l’argent. Donc, aucune loi et aucune décision judiciaire ne pourront gêner réellement l’ordre établi.</p>
<h2>L’éducation</h2>
<p><strong>« Machiavel :</strong></p>
<p>En ce qui touche l’Université, l’ordre de choses actuel me satisfait à peu près. Vous n’ignorez pas, en effet, que ces grands corps d’enseignement ne sont plus organisés, aujourd’hui, comme ils l’étaient autrefois. Ils ont presque partout, m’assure-t-on, perdu leur autonomie et<a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/nwogun.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-2652" title="arme gravée du Nouvel Ordre Mondial" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/nwogun.jpg?w=300" alt="" width="300" height="225" /></a> ne sont plus que des services publics à la charge de l’État. Or, ainsi que je vous l’ai dit plus d’une fois, là où est l’État, là est le prince ; la direction morale des établissements publics est entre ses mains ; ce sont ses agents qui inspirent l’esprit de la jeunesse. Les chefs comme les membres des corps enseignants de tous les degrés sont nommés par le gouvernement, ils y sont rattachés, ils en dépendent, cela suffit ; s’il reste çà et là quelques traces d’organisation indépendante dans quelque école publique ou Académie que ce soit, il est facile de la ramener au centre commun d’unité et de direction. C’est l’affaire d’un règlement ou même d’un simple arrêté ministériel. Il faut que les générations qui naissent sous mon règne soient élevées dans le respect des institutions établies, dans l’amour du prince ; aussi ferais-je un usage assez ingénieux du pouvoir de direction qui m’appartient sur l’enseignement : je crois qu’en général dans les écoles on a un grand tort, c’est de négliger l’histoire contemporaine. Il est au moins aussi essentiel de connaître son temps que celui de Périclès »</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>Voilà bien un secteur où l’ordre établi ne risquera pas non plus d’être remis sérieusement en cause, avec toute la sincérité des professeurs, si ce n’est l’une ou l’autre exception qui bénéficiera d’assez de lucidité et d’indépendance. Il est aussi intéressant de constater que comme le dit Machiavel, on y néglige à tort l’histoire comtemporaine. La tendance est plutôt dans la diabolisation des temps anciens et la vénération du système présent, ce que j’aime appeler le culte du présent. En effet, les régimes absolutistes d’autrefois n’étaient-ils pas si laids, et notre démocratie si merveilleuse d’aujourd’hui n’est-elle pas si belle ? Il n’y a malheureusement que trop peu de gens qui se rendent compte que ce que l’on fait aujourd’hui n’est que ce que l’on faisait hier dans une forme différente…</p>
<h2>Les complots</h2>
<p><strong>« Machiavel :</strong></p>
<p>Je voudrais avoir un prince de ma maison, assis sur les marches de mon trône, qui jouerait au mécontent. Sa mission consisterait à se poser en libéral, en détracteur de mon gouvernement et à rallier ainsi, pour les observer de plus près, ceux qui, dans les rangs les plus élevés de mon royaume, pourraient faire un peu de démagogie. A cheval sur les intrigues intérieures et extérieures, le prince auquel je confierais cette mission ferait ainsi jouer un jeu de dupe à ceux qui ne seraient pas dans le secret de la comédie.</p>
<p>Il y aura des complots sous mon règne : il faut qu’il y en ait.</p>
<p>Il y aura peut-être des complots vrais, je n’en réponds pas ; mais à coup sûr il y aura des complots simulés. A de certains moments, ce peut être un excellent moyen pour exciter la sympathie du peuple en faveur du prince, lorsque sa popularité décroît. En intimidant l’esprit public on obtient, au besoin, par là, les mesures de rigueur que l’on veut, ou l’on maintient celles qui existent. Les fausses conspirations, dont, bien entendu, il ne faut user qu’avec la plus grande mesure, ont encore un autre avantage : c’est qu’elles permettent de découvrir les complots réels, en donnant lieu à des perquisitions qui conduisent à rechercher partout la trace de ce qu’on soupçonne.</p>
<p>Avec le système que j’organiserai, je serai si complétement renseigné, que je pourrai tolérer même des agissements coupables, parce qu’à chaque minute du jour j’aurai le pouvoir de les arrêter. »</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>La meilleure preuve contemporaine que l’on peut prendre des mesures extraordinaires grâce à un complot simulé me semble être le 11 septembre; comme nous en avons déjà parlé, le choc de cet événement a permis de faire passer toute une série de mesures sous prétexte d’empêcher que cela se reproduise. Mais quoi de pire que la perspective que l’événement ait été créé de toute pièces ? Face à l’absurdité de la version officielle et aux analyses minutieuses qui ont été faites à ce sujet, nous savons malheureusement que cela a d’ailleurs bien été le cas…</p>
<p><strong>« Montesquieu :</strong></p>
<p>Les tolérer, et pourquoi ?</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Parce que dans les États européens le monarque absolu ne doit pas indiscrètement user de la force ; parce qu’il y a toujours, dans le fond de la société, des activités souterraines sur lesquelles on ne peut rien quand elles ne se formulent pas ; parce qu’il faut éviter avec grand soin d’alarmer l’opinion sur la sécurité du pouvoir ; parce que les partis se contentent de murmures, de taquineries inoffensives, quand ils sont réduits à l’impuissance et que prétendre désarmer jusqu’à leur mauvaise humeur, serait une folie. On les entendra donc se plaindre, çà et là, dans les journaux, dans les livres ; ils essaieront des allusions contre le gouvernement dans quelques discours ou dans quelques plaidoyers ; ils feront, sous divers prétextes, quelques petites manifestations d’existence ; tout cela sera bien timide, je vous le jure, et le public s’il en est informé, ne sera guère tenté que d’en rire. On me trouvera bien bon de supporter cela, je passerai pour trop débonnaire ; voilà pourquoi je tolérerai ce qui, bien entendu, me paraîtra pouvoir l’être sans aucun danger : je ne veux pas même que l’on puisse dire que mon gouvernement est ombrageux. »</p>
<h2>La manipulation de la religion</h2>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Il n’est que trop vrai que l’on peut prêter aux mesures les plus détestables, le langage de la raison ! Mais voyons, qu’allez-vous faire maintenant à <a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/illuminati_detail.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2653" title="symboles maçonniques de l'Ordre du Grand Orient" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/illuminati_detail.jpg?w=299" alt="" width="299" height="300" /></a>l’égard du clergé ? Voilà une institution qui ne dépend de l’État que par un côté et qui relève d’une puissance spirituelle, dont le siége est ailleurs que chez vous. Je ne connais rien de plus dangereux pour votre pouvoir, je vous le déclare, que cette puissance qui parle au nom du ciel et dont les racines sont partout sur la terre : n’oubliez pas que la parole chrétienne est une parole de liberté. Sans doute, les lois de l’État ont établi une démarcation profonde entre l’autorité religieuse et l’autorité politique ; sans doute, la parole des ministres du culte ne se fera entendre qu’au nom de l’Évangile ; mais le spiritualisme divin qui s’en dégage est la pierre d’achoppement du matérialisme politique. C’est ce livre si humble et si doux qui a détruit, à lui seul, et l’empire Romain, et le césarisme, et sa puissance. Les nations franchement chrétiennes échapperont toujours au despotisme, car le christianisme élève la dignité de l’homme trop haut pour que le despotisme puisse l’atteindre, car il développe des forces morales sur lesquelles le pouvoir humain n’a pas de prise[10]. Prenez garde au prêtre : il ne dépend que de Dieu, et son influence est partout, dans le sanctuaire, dans la famille, dans l’école. Vous ne pouvez rien sur lui : sa hiérarchie n’est pas la vôtre, il obéit à une constitution qui ne se tranche ni par la loi, ni par l’épée. Si vous régnez sur une nation catholique et que vous ayez le clergé pour ennemi, vous périrez tôt ou tard, quand bien même le peuple entier serait pour vous.</p>
<p>[10] <em>Esp. des lois</em>, p. 371, liv. XXIV, ch. I et suiv.</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Je ne sais pas trop pourquoi il vous plaît de faire du prêtre un apôtre de liberté. Je n’ai jamais vu cela, ni dans les temps anciens, ni dans les temps modernes ; j’ai toujours trouvé dans le sacerdoce un appui naturel du pouvoir absolu.</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>L’histoire démontre que Machiavel a amplement raison ; la religion a toujours été un prétexte à la mise en place d’un pouvoir temporel déguisé et despotique. Bien qu’elle joue un bien moindre rôle aujourd’hui, il n’empêche qu’il subsiste un bon nombre de « <em>fidèles</em> » loyaux à la parole du pape et des autres personnages haut placés du Vatican. À partir du moment où l’on contrôle l’opinion publique par tous les stratagèmes que nous avons abordés, il est logique de souhaiter dominer également le Vatican de sorte à ce que le pouvoir de manipulation des esprits soit complet. Malheureusement, cette vérité est elle aussi réalité, comme le démontrent les extraits suivants, qui utilisent honteusement le message religieux pour promouvoir, de façon plus ou moins subliminale, le mondialisme.</p>
<p>Le 24 décembre 2005, Benoît XVI a délivré son message de Noël<em> : « La force vivifiante de sa lumière (de Dieu) t’encourage à t’engager dans l’édification d’un Nouvel Ordre Mondial, fondé sur de justes relations éthiques et économiques. Que son amour guide les peuples et éclaire leur conscience commune d’être une famille appelée à construire des relations de confiance et de soutien mutuel. L’humanité unie pourra affronter les problèmes nombreux et préoccupants du monde présent.</em> »</p>
<p>« Peter-Hans Kolvenbach, supérieur général de l’Ordre des Jésuites. Dans un discours tenu en 1997, ce prince de l’Église a réaffirmé la nécessité de l’unité dans des termes proches de l’Être suprême : « <em>L’homme de foi est intimement convaincu que l’histoire de l’union humaine peut être écrite en collaboration avec le Seigneur de l’Histoire. L’échec de la tour de Babel n’est pas fatal. Le monde se meut vers un nouveau phénomène pentecostal où chacun, avec ses particularités, se fait communion avec l’esprit.</em> »</p>
<p>« <em>Dès que possible, nous devons arriver à élaborer un gouvernement mondial et une religion mondiale dirigées par un leader mondial</em> » <strong>Robert Muller (ancien assistant au secrétaire général de l’ONU)</strong></p>
<p>Cette dernière citation montre que la religion n’a pas cessé d’être perçu comme un outil de manipulation utile et efficace par ceux qui se trouvent dans les plus hautes sphères du pouvoir.</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Ce serait un coup de maître, si vous teniez à Rome une garnison perpétuelle, car vous disposeriez presque du Saint-Siége, comme s’il résidait dans quelque province de votre royaume. Mais enfin, si au lieu de trouver dans la chaire de Saint-Pierre un Borgia ou un Dubois, comme vous paraissez y compter, vous aviez en face de vous un pape qui résistât à vos intrigues et bravât votre colère, que feriez-vous ?</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Alors, il faudrait bien s’y résoudre, sous prétexte de défendre le pouvoir temporel, je déterminerais sa chute.</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Vous avez ce que l’on appelle du génie !</p>
<h2>Les finances</h2>
<p> <strong>« Montesquieu:</strong></p>
<p>Oui, mais c’est ici que commence la difficulté. Je sais comment les gouvernements représentatifs pourvoient à leurs besoins financiers, mais je n’ai aucune idée des moyens d’existence du pouvoir absolu dans les sociétés modernes. Si j’interroge le passé, je vois très-clairement qu’il ne peut subsister qu’aux conditions suivantes : il faut, en premier lieu, que le monarque absolu soit un chef militaire, vous le reconnaissez sans doute.</p>
<p><strong>Machiavel:</strong></p>
<p>Oui.</p>
<p><strong>Montesquieu:</strong></p>
<p>Il faut, de plus, qu’il soit conquérant, car c’est à la guerre qu’il doit demander les principales ressources qui lui sont nécessaires pour entretenir son faste et ses armées. S’il les demandait à l’impôt, il écraserait ses sujets. Vous voyez par là que ce n’est pas, parce que le monarque absolu dépense moins, qu’il doit ménager les tributs, mais parce que la loi de sa subsistance est ailleurs. »</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>Il n’est pas utile de s’étendre sur ce point, car je pense que tout le monde aura fait le rapprochement avec le comportement belliqueux des États-Unis, plus grande « <em>démocratie absolutiste</em> » du monde, et qui, avec 400 milliards de $ attribués chaque année au secteur militaire, dépendent de guerres chroniques pour suivre la logique de leur économie. Outre les deux conflits mondiaux, quand ils ne sont pas en Corée (1951), au Vietnam (1964-1973), au Panama (1989), en Irak (1991), en Serbie (1999), en Afghanistan (2001), encore en Irak (2003), ils trouvent toujours bien l’un ou l’autre pays à qui vendre des armes, un camp à aider contre un autre, comme Taïwan ou plusieurs pays africains.</p>
<p><strong>« Machiavel :</strong></p>
<p>Il y a une manière particulière de présenter le budget, d’en dissimuler, au besoin, l’élévation croissante. Il n’est pas de gouvernement qui ne soit dans la nécessité d’en agir ainsi.</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Puisque vos dépenses augmentent, il faut bien que vos ressources croissent dans la même proportion. Trouverez-vous, comme Jules César, une valeur de deux milliards de francs dans les coffres de l’État, ou découvrirez-vous les sources du Potose ?</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Vos traits sont fort ingénieux ; je ferai ce que font tous les gouvernements possibles, j’emprunterai.</p>
<p>Quelquefois il y a, vous le savez, en finances des mots tout faits, des phrases stéréotypées, qui font beaucoup d’effet sur le public, le calment, le rassurent.</p>
<p>Ainsi, en présentant avec art telle ou telle dette passive, on dit : ce chiffre n’a rien d’exorbitant ; – il est normal, il est conforme aux antécédents budgétaires ; – le chiffre de la dette flottante n’a rien que de très-rassurant. Il y a une foule de locutions semblables dont je ne vous parle pas parce qu’il est d’autres artifices pratiques, plus importants, sur lesquels je dois appeler votre attention.</p>
<p>D’abord, dans tous les documents officiels il est nécessaire d’insister sur le développement de la prospérité, de l’activité commerciale et du progrès toujours croissant de la consommation.</p>
<p>Le contribuable s’émeut moins de la disproportion des budgets, quand on lui répète ces choses, et on peut les lui répéter à satiété, sans que jamais il s’en défie, tant les écritures authentiques produisent un effet magique sur l’esprit des sots bourgeois. Lorsque l’équilibre des budgets est rompu et que l’on veut, pour l’année suivante, préparer l’esprit public à quelque mécompte, on dit à l’avance, dans un rapport, l’année prochaine le découvert ne sera que de tant.</p>
<p>Si le découvert est inférieur aux prévisions, c’est un véritable triomphe ; s’il est supérieur, on dit : « <em>le déficit a été plus grand qu’on ne l’avait prévu, mais il s’était élevé à un chiffre supérieur l’année précédente ; de compte fait, la situation est meilleure, car on a dépensé moins et cependant on a traversé des circonstances exceptionnellement difficiles : la guerre, la disette, les épidémies, des crises de subsistances imprévues, etc.</em> »</p>
<p>« <em>Mais, l’année prochaine, l’augmentation des recettes permettra, suivant toute probabilité, d’atteindre un équilibre depuis si longtemps désiré : la dette sera réduite, le budget convenablement balancé. Ce progrès continuera, on peut l’espérer, et, sauf des événements extraordinaires, l’équilibre deviendra l’habitude de nos finances, comme il en est la règle.</em> »</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Mais ne vous préoccuperez-vous pas de payer enfin ?</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>A cet égard les moyens sont très-variés : il y a d’abord l’impôt.</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Il y a d’autres moyens : il y a ce que l’on appelle la conversion. Ceci est relatif à la dette que l’on appelle consolidée, c’est-à-dire à celle qui provient de l’émission des emprunts. On dit aux rentiers de l’État, par exemple : jusqu’à ce jour je vous ai payé 5 p.c. de votre argent ; c’était le taux de votre rente. J’entends ne plus vous payer que le 4 1/2 ou le 4 p.c. Consentez à cette réduction ou recevez le remboursement du capital que vous m’avez prêté.</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Mais si l’on rend réellement l’argent, je trouve le procédé encore assez honnête.</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Sans doute on le rend, si on le réclame ; mais très-peu s’en soucient ; les rentiers ont leurs habitudes ; leurs fonds sont placés ; ils ont confiance dans l’État ; ils aiment mieux un revenu moindre et un placement sûr. Si tout le monde demandait son argent il est évident que le Trésor serait pris au lacet. Cela n’arrive jamais et l’on se débarrasse par ce moyen d’un passif de plusieurs centaines de millions. Voici une autre combinaison relative à un autre genre de dette. Je vous disais tout à l’heure que l’État avait à sa disposition les fonds des caisses de prévoyance et qu’il s’en servait en payant le loyer, sauf à les rendre à première réquisition. Si, après les avoir longtemps maniés, il n’est plus en mesure de les rendre, il consolide la dette qui flotte dans ses mains.</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Je sais ce que cela signifie ; l’État dit aux déposants : Vous voulez votre argent, je ne l’ai plus ; voilà de la rente.</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Précisément, et il consolide de la même manière toutes les dettes auxquelles il ne peut plus suffire. Il consolide les bons du Trésor, les dettes contractées envers les villes, envers les banques, enfin toutes celles qui forment ce que l’on appelle très-pittoresquement la dette flottante, parce qu’elle se compose de créances qui n’ont point d’assiette déterminée et qui sont à une échéance plus ou moins rapprochée. Je ne vous indique seulement pas la millième partie des combinaisons que l’on peut employer. Loin de redouter l’accroissement des rentes perpétuelles, je voudrais que la fortune publique entière fût en rentes ; je ferais en sorte que les villes, les communes, les établissements publics convertissent en rentes leurs immeubles ou leurs capitaux mobiliers. C’est l’intérêt même de ma dynastie qui me commanderait ces mesures financières. Il n’y aurait pas dans mon royaume un écu qui ne tînt par un fil à mon existence.</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Mais à ce point de vue même, à ce point de vue fatal, atteindrez-vous votre but ? Ne marchez-vous pas, de la manière la plus directe, à votre ruine à travers la ruine de l’État ? Ne savez-vous pas que chez toutes les nations de l’Europe il y a de vastes marchés de fonds publics, où la prudence, la sagesse, la probité des gouvernements est mise à l’enchère ? A la manière dont vous dirigez vos finances, vos fonds seraient repoussés avec perte des marchés étrangers et ils tomberaient aux plus bas cours, même à la Bourse de votre royaume.</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>C’est une erreur flagrante. Un gouvernement glorieux, comme serait le mien, ne peut que jouir d’un grand crédit à l’extérieur. A l’intérieur, sa vigueur dominerait les appréhensions. Au surplus je ne voudrais pas que le crédit de mon État dépendît des transes de quelques marchands de suif ; je dominerais la Bourse par la Bourse.</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Qu’est-ce encore ?</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>J’aurais de gigantesques établissements de crédit institués en apparence pour prêter à l’industrie, mais dont la fonction la plus réelle consisterait à soutenir la rente. Capables de jeter pour 400 ou 500 millions de titres sur la place, ou de raréfier le marché dans les mêmes proportions, ces monopoles financiers seraient toujours maîtres des cours.</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>Outre les discours visant à rassurer le public sur la situation des finances, et les méthodes visant à cacher cette même situation, nous connaissons tous à quel point la situation de la dette est catastrophique et Ô combien son montant est exponentiel. Cette dette permet au gouvernement de vivre au-dessus de ses moyens, et condamne le contribuable à être pris dans un système d’esclavage où il devra toujours s’échiner à rembourser une dette qui ne fera qu’augmenter, paradoxalement.</p>
<p>Quant aux gigantesques établissements de crédits, maîtres des cours, le plus frappant est sans doute la Réserve Fédérale des États-Unis (La FED, banque centrale), qui, par la gestion de la masse monétaire et donc des cours de l’argent, détermine également la valeur de ce dernier.</p>
<h2>Conclusion</h2>
<p><strong>« Montesquieu :</strong></p>
<p>La souveraineté du pouvoir humain correspond à une idée profondément subversive, la souveraineté du droit humain ; c’est cette doctrine matérialiste et athée, qui a précipité la Révolution française dans le sang, et lui a infligé l’opprobre du despotisme après le délire de l’indépendance. Il n’est pas exact de dire que les nations sont maîtresses absolues de leurs destinées, car leur souverain maître c’est Dieu lui-même, et elles ne seront jamais hors de sa puissance. Si elles possédaient la souveraineté absolue, elles pourraient tout, même contre la justice éternelle, même contre Dieu ; qui oserait aller jusque-là ? Mais le principe du droit divin, avec la signification qui s’y trouve communément attachée, n’est pas un principe moins funeste, car il voue les peuples à l’obscurantisme, à l’arbitraire, au néant, il reconstitue logiquement le régime des castes, il fait des peuples un troupeau d’esclaves, conduits, comme dans l’Inde, par la main des prêtres, et tremblant sous la verge du maître. Comment en serait-il autrement ? Si le souverain est l’envoyé de Dieu, s’il est le représentant même de la Divinité sur la terre, il a tout pouvoir sur les créatures humaines soumises à son empire, et ce pouvoir n’aura de frein que dans des règles générales d’équité, dont il sera toujours facile de s’affranchir.</p>
<p>C’est dans le champ qui sépare ces deux opinions extrêmes, que se sont livrées les furieuses batailles de l’esprit de parti ; les uns s’écrient : Point d’autorité divine ! les autres : Point d’autorité humaine ! O Providence suprême, ma raison se refuse à accepter l’une ou l’autre de ces alternatives ; elles me paraissent toutes deux un égal blasphème contre ta sagesse ! Entre le droit divin qui exclut l’homme et le droit humain qui exclut Dieu, il y a la vérité, Machiavel ; les nations comme les individus sont libres entre les mains de Dieu. Elles ont tous les droits, tous les pouvoirs, à la charge d’en user suivant les règles de la justice éternelle. La souveraineté est humaine en ce sens qu’elle est donnée par les hommes, et que ce sont les hommes qui l’exercent ; elle est divine en ce sens qu’elle est instituée par Dieu, et qu’elle ne peut s’exercer que suivant les préceptes qu’il a établis. »</p>
<p>Cette formule de Maurice Joly me semble parfaitement synthétiser ce qui a toujours prévalu au cours de l’histoire des civilisations : « <em>Il ne s’agit que de mettre le despotisme en harmonie avec les mœurs modernes.</em> »</p>
<p>En outre, la politique du juste milieu est la seule qui puisse être valable; écoeurés par les abus d’un clergé ecclésiastique, nous avons sombré dans l’autre extrême, les abus d’un groupe privilégié de matérialistes. Nous sommes passés de l’obscurantisme religieux à l’obscurantisme matériel. Espérons qu’un jour, les peuples seront capables de la maturité qui leur permettra d’établir un système qui puisse enfin être subtil et nuancé, ce qui le rendra juste.</p>
<p><a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/obey-giant-hostile-takeover.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2655" title="obey-giant-hostile-takeover" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/obey-giant-hostile-takeover.jpg" alt="" width="400" height="400" /></a></p>
<p>Les Dialogues aux enfers entre Machiavel et Montesquieu peuvent être consultés en lecture sur <a href="http://fr.wikisource.org/wiki/Dialogue_aux_enfers_entre_Machiavel_et_Montesquieu" target="_blank">Wikisource</a></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Stratégie impériale pour un nouvel ordre mondial: les origines de la Troisième Guerre mondiale]]></title>
<link>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/20/strategie-imperiale-pour-un-nouvel-ordre-mondial-les-origines-de-la-troisieme-guerre-mondiale/</link>
<pubDate>Fri, 20 Nov 2009 22:59:01 +0000</pubDate>
<dc:creator>Bao</dc:creator>
<guid>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/20/strategie-imperiale-pour-un-nouvel-ordre-mondial-les-origines-de-la-troisieme-guerre-mondiale/</guid>
<description><![CDATA[Par Andrew Gavin Marshall Introduction Face à l’effondrement économique mondial, les perspectives d’]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><em>Par Andrew Gavin Marshall</em></p>
<p><a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/lanneau-dasie-centrale.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2488" title="l'anneau d'Asie Centrale" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/lanneau-dasie-centrale.jpg" alt="" width="450" height="300" /></a></p>
<p><strong>Introduction</strong></p>
<p>Face à l’effondrement économique mondial, les perspectives d’une guerre à l’échelle internationale s’intensifient. Historiquement, les périodes de déclin impérial et de crises économiques sont marquées par la guerre et une violence accrue. La chute des grands empires européens a été stigmatisée par les Première et Seconde Guerres mondiales, et par la Grande dépression qui a eu lieu entre ces deux guerres.</p>
<p>Le monde assiste actuellement au déclin de l’Empire étatsunien, en soi un produit de la Seconde Guerre mondiale. En tant que toute-puissance d’après-guerre, les États-Unis ont dirigé le système monétaire international et ont régné en champion et arbitre de l’économie politique mondiale.</p>
<p>Afin de gérer cette dernière, les États-Unis ont créé la plus grande et la plus puissante force militaire de l’histoire. Le contrôle permanent de l’économie mondiale nécessite une activité et une présence militaire permanentes.</p>
<p>Maintenant que l’empire étatsunien et l’économie politique mondiale sont en déclin et s’effondrent, les perspectives d’une fin violente de l’ère impériale étatsunienne augmentent dramatiquement.</p>
<p>Cet essai se divise en trois parties. La première couvre la stratégie géopolitique des États-Unis et de l’OTAN depuis la fin de la guerre froide, au début du nouvel ordre mondial, en dressant les grandes lignes de la stratégie impériale occidentale ayant mené à la guerre en Yougoslavie et à la « <em>guerre au terrorisme</em> ». La seconde partie est une analyse de la nature des « <em>révolutions des fleurs</em> » ou « <em>révolutions de couleur</em> » dans la stratégie impériale étatsunienne et met l’accent sur l’instauration d’une hégémonie en Europe de l’Est et en Asie centrale. La troisième partie examine l’aspect de la stratégie impériale qu’est la construction d’un nouvel ordre mondial, en se penchant sur les conflits grandissants en Afghanistan, au Pakistan en Iran, en Amérique latine, en Europe de l’Est et en Afrique, ainsi que le potentiel qu’ont ces conflits de déclencher une nouvelle guerre mondiale contre la Chine et la Russie.</p>
<h2>Définir une nouvelle stratégie impériale</h2>
<p>En 1991, avec la chute de l’Union soviétique, les États-Unis et l’OTAN on dû réinventer le rôle joué par leur politique étrangère dans le monde. La Guerre froide servait de justification à l’expansion impérialiste des États-Unis à travers le monde, ayant pour objectif d’« <em>endiguer</em> » la menace soviétique. L’OTAN a elle-même été créée et a existé uniquement dans les but de forger une alliance antisoviétique. Avec la disparition de l’URSS, l’OTAN n’avait plus de raisons d’exister et les États-Unis devaient trouver une nouvelle raison pour leur stratégie impérialiste dans le monde.</p>
<p>En 1992, le département de la Défense, sous la direction du secrétaire à la Défense Dick Cheney [futur vice-président sous George Bush Jr] a demandé au secrétaire adjoint à la Défense du Pentagone (Under Secretary of Defense for Policy) Paul Wolfowitz [futur secrétaire adjoint de George Bush Jr et président de la Banque mondiale] de rédiger un document sur la défense pour guider la politique étrangère du pays dans l’ère post-guerre froide, appelée communément « nouvel ordre mondial ».</p>
<p>Le document Defense Planning Guidance a été coulé en 1992 et a révélé ceci : « <em>Dans une nouvelle déclaration générale à l’étape finale d’écriture, le département de la Défense affirme que la mission politique et militaire des États-Unis dans l’ère post-guerre froide sera de s’assurer qu’aucune autre superpuissance rivale ne soit autorisée à émerger en Europe de l’Ouest, en Asie ou dans les territoires de l’ancienne Union Soviétique. Le document confidentiel défend un monde dominé par une superpuissance, dont la position peut être perpétuée par un comportement constructif et une force militaire suffisant à dissuader tout pays ou groupe de défier la primauté des États-Unis.</em> »</p>
<p>En outre, « <em>la nouvelle ébauche dépeint un monde dans lequel il y a une puissance militaire dominante, dont les leaders “doivent conserver les mécanismes visant même à décourager les compétiteurs potentiels d’aspirer à un rôle régional ou mondial supérieur”</em> ». Parmi les défis nécessaires à la suprématie étatsunienne, le texte « <em>réclamait des guerres régionales contre l’Irak et la Corée du Nord</em> » et identifiait la Chine et la Russie comme ses plus grandes menaces. Par ailleurs, il « suggère que les États-Unis pourraient aussi considérer l’élargissement des engagements de sécurité aux pays d’Europe de l’Est et de l’Ouest, semblablement à ceux de l’Arabie Saoudite, du Koweït et d’autres États arabes le long du Golfe persique ». [1]</p>
<h2>L’OTAN et la Yougoslavie</h2>
<p>Les guerres en Yougoslavie dans les années 1990 ont servi de justification au maintien de l’existence de l’OTAN dans le monde et à étendre les intérêts impériaux étatsuniens en Europe de l’Est.</p>
<p>La Banque mondiale et le FMI ont préparé le terrain pour la déstabilisation de la Yougoslavie. Après la mort de son dictateur de longue date, Josip Tito, en 1980, une crise de leadership s’est développée dans l’État. En 1982, des officiels de la politique étrangère étatsunienne ont organisé un ensemble de prêts du FMI et de la Banque mondiale, sous le nouveau Programme d’ajustement structurel (PAS), afin de faire face à la crise de la dette de 20 milliards de dollars US. Les prêts du PAS ont eu pour effet de « <em>dévaster l’économie et la politique […] La crise économique menaçait la stabilité politique […] et risquaient d’aggraver les tensions ethniques latentes</em> ». [2]</p>
<p>En 1989 Slobodan Milosevic est devenu président de la Serbie, la république la plus grande et la plus puissante des républiques yougoslaves. En 1989 toujours, le premier ministre yougoslave est allé aux États-Unis rencontrer le président George H.W. Bush afin de négocier un autre plan d’aide financière. En 1990, le programme de la Banque mondiale et du FMI est entré en vigueur et les dépense de l’État yougoslave allaient au paiement de la dette. En conséquence, les programmes sociaux ont été démantelés, la monnaie a été dévaluée, on a gelé les salaires et les prix ont augmenté. Les « <em>réformes ont attisé les tendances sécessionnistes nourris par les facteurs économiques aussi bien que par les divisions ethniques, assurant pratiquement la sécession de facto de la république</em> » et menant à la sécession de la Croatie et de la Slovénie en 1991. [3]</p>
<p>En 1990, la communauté du renseignement des États-Unis a publié un rapport de synthèse du renseignement (National Intelligence Estimate) prédisant le démantèlement de la Yougoslavie, l’éclatement d’une guerre civile, en rejetant par la suite le blâme de la future déstabilisation sur le président serbe Milosevic. [4]</p>
<p>En 1991, un conflit a éclaté entre le Yougoslavie et la Croatie lorsqu’elle a, elle-aussi, déclaré son indépendance. Un cessez-le-feu a été conclu en 1992. Pourtant, les Croates ont poursuivi de petites offensives militaires jusqu’en 1995 et ont également participé à la guerre en Bosnie. En 1995, la Croatie a entrepris l’opération Tempête dans le but de récupérer la région de Krajina. Un général croate a récemment été traduit en justice à La Haye pour crimes de guerre durant cette bataille, un affrontement clé dans l’expulsion des Serbes de la Croatie et qui a « <em>cimenté l’indépendance croate</em> ». Les États-Unis ont soutenu l’opération et la CIA a activement fourni des renseignements aux forces croates, ce qui a conduit au déplacement de 150 000 à 200 000 Serbes, en grande partie par le biais du meurtre, du pillage, de villages incendiés et du nettoyage ethnique. [5] L’armée croate a été entraînée par des conseillers étatsuniens et le général en procès a même été personnellement soutenu par la CIA. [6]</p>
<p>L’administration Clinton a donné le feu vert à l’Iran pour qu’il arme les musulmans bosniaques et « <em>de 1992 à janvier 1996, il y a eu un afflux d’armes et de conseillers iraniens en Bosnie</em> ». Qui plus est, « <em>l’Iran et d’autres États musulmans ont aidé à amener des moudjahidin en Bosnie pour livrer la bataille avec les musulmans contre les Serbes, des “saints combattants”  d’Afghanistan, de Tchétchénie, du Yémen et d’Algérie, parmi lesquels certains avaient des liens soupçonnés avec les camps d’entraînement d’Oussama ben Laden en Afghanistan</em> ».</p>
<p>C’est « <em>l’intervention occidentale dans les Balkans [qui] a exacerbé les tensions et a aidé à entretenir les hostilités. En reconnaissant les revendications des groupes et des républiques séparatistes en 1990-1991, les élites occidentales – étatsuniennes, britanniques, françaises et allemandes – ont sapé les structures gouvernementales en Yougoslavie, ont accru l’insécurité, ont attisé le conflit et amplifié les tensions ethniques. Et en offrant un soutien logistique aux différentes parties pendant la guerre, l’intervention occidentale a soutenu le conflit jusqu’au milieu des années 1990. On doit voir sous cet angle le choix qu’a fait M. Clinton de défendre les musulmans bosniaques pour se faire le champion sur la scène internationale, ainsi que les demandes de son administration pour que les Nations Unies lèvent l’embargo sur les armes afin d’armer les musulmans et les Croates contre les Serbes.</em> » [7]</p>
<p>Pendant la guerre en Bosnie, il y « <em>avait une vaste voie de passage secrète pour le trafic d’armes par la Croatie. Elle avait été constituée par les agences clandestines des États-Unis, de la Turquie et de l’Iran, avec la collaboration d’un éventail de groupes islamistes radicaux, incluant des moudjahidin afghans et le Hezbollah pro-iranien</em>. » De plus, « <em>les services secrets de l’Ukraine, de la Grèce et d’Israël s’affairaient à armer les Serbes bosniaques</em> ». [8] L’agence de renseignement allemande, la BND, a également envoyé des cargaisons d’armes aux musulmans bosniaques et à la Croatie pour la lutte contre les Serbes. [9]</p>
<p>Les États-Unis avaient influencé la guerre dans la région de diverses façons. Comme le rapportait <em>The Observer </em>en 1995, un pan important de leur implication se faisait par le biais de « <em>Military Professional Resources Inc (MPRI), une société privée étatsunienne de généraux et d’agents du renseignement à la retraite, située en Virginie. L’ambassade étatsunienne à Zagreb a admis que MPRI entraînait les Croates, avec la permission du gouvernement des États-Unis.</em> » Aussi, les Néerlandais « <em>étaient convaincus que les forces spéciales étatsuniennes étaient impliquées dans l’entraînement de l’armée bosniaque et de l’armée croate de Bosnie (HVO).</em> » [10]</p>
<p>Dès 1988, le leader de la Croatie a rencontré le chancelier allemand Helmut Kohl afin de créer « <em>une politique conjointe pour désunir la Yougoslavie</em> » et amener la Slovénie et la Croatie dans la « <em>zone économique allemande</em> ». Des officiers de l’Armée étatsunienne ont donc été envoyés en Croatie, en Bosnie, en Albanie et en Macédoine en tant que « <em>conseillers</em> » et ont fait appel aux Forces spéciales des États-Unis pour les aider. [11] Durant le cessez-le-feu de neuf mois dans la guerre de Bosnie-Herzégovine, six généraux étatsuniens ont rencontré des dirigeants de l’armée bosniaque pour planifier l’offensive bosniaque qui a mis fin au cessez-le-feu. [12]</p>
<p>En 1996, la mafia albanaise, avec collaboration avec l’Armée de libération du Kosovo (ALK), une organisation de guérilleros militants, a pris le contrôle du gigantesque itinéraire de trafic de drogue des Balkans. L’ALK était liée à d’anciens moudjahidin en Afghanistan, dont Oussama ben Laden. [13]</p>
<p>En 1997, l’ALK a commencé à se battre contre les forces serbes, [14] et en 1998, le département d’État états-unien a enlevé l’ALK de sa liste d’organisations terroristes. [15] Avant et après 1998, l’ALK recevait des armes, de l’entraînement et du soutien des États-Unis et de l’OTAN, et la secrétaire d’État de M. Clinton, Madeleine Albright entretenait une relation  politique étroite avec Hashim Thaci, le dirigeant de l’ALK.</p>
<p>À la fois la CIA et le renseignement allemand, la BND, ont soutenu les terroristes de l’ALK en Yougoslavie avant et après qu’elle ne soit bombardée par l’OTAN en 1999. La BND avait des contacts avec l’ALK depuis le début des années 1990, au moment où l’ALK établissait des contacts avec Al-Qaïda. [17] Les membres de l’ALK étaient entraînés par Oussama ben Laden dans les camps d’entraînement en Afghanistan. Même l’ONU a affirmé que la violence provenait en majorité des membres de l’ALK « <em>particulièrement des alliés de Hashim Thaci</em> ». [18]</p>
<p>Le bombardement de l’OTAN au Kosovo en mars 1999 a été justifié par le faux-semblant suivant : mettre un terme à l’oppression des Albanais du Kosovo par les Serbes, qualifiée de génocide. L’administration Clinton a déclaré qu’au moins 100 000 Albanais du Kosovo étaient portés disparus et qu’ils avaient « <em>peut-être été tués</em> » par les Serbes. Bill Clinton a personnellement comparé les événements du Kosovo avec l’Holocauste. Le département d’État avait avoué craindre que près de 500 000 Albanais étaient mort. Finalement, l’évaluation officielle a réduit ce nombre à 10 000, toutefois, des enquêtes exhaustives ont révélé que moins de 2 500 des décès albanais pouvaient être attribués aux Serbes. Pendant la campagne de bombardements de l’OTAN, entre 400 et 1500 civils serbes ont été tués et l’OTAN a commis des crimes de guerres, dont le bombardement d’une station de télévision serbe et d’un hôpital. [19]</p>
<p>En 2000, le département d’État des États-Unis, en coopération avec la American Enterprise Institute, AEI, a tenu une conférence en Slovaquie sur l’intégration euro-atlantique. Parmi les participants, il y avait des chefs d’État, des officiels des Affaires étrangères et des ambassadeurs de divers États européens, ainsi que des représentants de l’ONU et de l’OTAN. [20] Un correspondance entre un politicien allemand présent à la rencontre et le chancelier allemand a révélé la vraie nature de la campagne de l’OTAN au Kosovo. On y apprenait que les conférenciers ont réclamé une déclaration hâtive de l’indépendance du Kosovo, que la guerre en Yougoslavie était menée dans le but d’élargir l’OTAN, que la Serbie serait exclue indéfiniment du développement européen afin de justifier une présence militaire états-unienne dans la région et que l’expansion était ultimement conçue pour endiguer la Russie. [21]</p>
<p>Élément important, « <em>la guerre créait une raison d’être pour la perpétuité de l’OTAN dans un monde d’après-guerre froide, alors que l’organisation tentait désespérément de justifier son existence et son désir d’expansion</em> ». En outre, « <em>les Russes avaient assumé que l’OTAN se dissoudrait à la fin de la Guerre froide. Au contraire, non seulement l’OTAN s’est élargie, elle est allée en guerre en raison d’une dispute interne dans un pays slave d’Europe de l’Est</em> ». Cela a été vu comme une grande menace. Ainsi, « <em>la guerre de 1999 contre la Yougoslavie est à l’origine de bien des tensions entre les États-Unis et la Russie au cours de la dernière décennie</em> ». [22]</p>
<h2>La guerre au terrorisme et le Project for the New American Century (PNAC)</h2>
<p>Lorsque Bill Clinton est devenu président, les faucons néoconservateurs de l’administration de George H.W. Bush on formé un cercle de réflexion appelée <em>Project for the New American Century</em> <strong>(Projet pour un nouveau siècle états-unien)</strong> ou PNAC. En 2000, ils ont publié un rapport intitulé Rebuilding America’s Defenses: Strategy, Forces, and Resources for a New Century. (Reconstruire la défense des États-Unis : stratégie, forces et ressources pour un nouveau siècle). En se basant sur le document Defense Policy Guidance (Guide de la politique de défense) ils ont déclaré que «<em> les États-Unis doivent conserver suffisamment de forces capables de se déployer rapidement et de gagner de multiples guerres de grande échelle à la fois</em> [23] ». On ajoute, qu’« <em>il est nécessaire de conserver suffisamment de forces de combat pour mener et gagner de nombreuses guerres de théâtre presque simultanées [et que] le Pentagone a besoin de commencer à calculer la force nécessaire pour protéger, indépendamment et en tout temps, les intérêts états-uniens en Europe, en Asie de l’Est et dans le Golfe</em> ». [25]</p>
<p>Fait intéressant, le document indiquait que « <em>depuis des décennies, les États-Unis ont cherché à jouer un rôle davantage permanent en matière de sécurité dans la région du Golfe. Alors que le conflit irrésolu avec l’Irak fournit une justification immédiate, la nécessité d’une force états-unienne substantielle dans le Golfe transcende la question du régime de Saddam Hussein</em> [26] ». Cependant, en préconisant une importante augmentation des dépenses en défense ainsi que l’expansion de l’empire états-unien autour du globe, incluant la puissante destruction de nombreux pays par de grandes guerres de théâtre, le rapport mentionnait qu’« <em>en outre, le processus de transformation, même s’il apporte des changements révolutionnaires, sera probablement de longue durée s’il ne se produit pas d’événement catastrophique et catalyseur, comme un nouveau Pearl Harbor</em> [27] ». Cet événement s’est produit un an plus tard, lors des attentats du 11 septembre. De nombreux auteurs du rapport et membres du PNAC étaient devenus des représentants de l’administration Bush et étaient en position convenable pour mettre leur « <em>projet</em> » à exécution après l’avènement de leur « <em>nouveau Pearl Harbor</em> ».</p>
<p>Les plans pour la guerre étaient « <em>déjà en développement par les boîtes de réflexion d’extrême-droite dans les années 1990, des organisations au sein desquelles des combattants de la Guerre froide issus du cénacle des services secrets, des églises évangéliques et des compagnies de pétrole et d’armement formulaient des plans consternants pour un nouvel ordre mondial</em> ». Afin d’y arriver, « <em>les États-Unis auraient besoin d’utiliser tous les moyens – diplomatiques, économiques et militaires, même des guerres d’agression – pour avoir le contrôle à long terme des ressources de la planète et la capacité d’assurer la faiblesse de tout rival potentiel</em> ».</p>
<p>Parmi les personnes impliquées dans le PNAC et les plans impériaux on trouve “Dick Cheney – vice-président; Lewis Libby – chef d’état-major de M. Cheney; Donald Rumsfeld – secrétaire à la Défense; Paul Wolfowitz – secrétaire de M. Rumsfeld; Peter Rodman – chargé des Affaires de Sécurité mondiale; John Bolton – secrétaire d’État pour le contrôle des armements; Richard Armitage – adjoint du secrétaire d’État; Richard Perle – ancien adjoint du secrétaire à la Défense sous Reagan, aujourd’hui à la tête du Defense Policy Board (conseil des politiques de Défense); William Kristol – directeur du PNAC et conseiller de M. Bush, connu comme le cerveau du président et Zalmay Khalilzad », qui est devenu ambassadeur et en Afghanistan et en Irak après les changements de régimes [28].</p>
<h2>Le « <em>grand échiquier</em> » de Brzezinski </h2>
<p><a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/ancien-conseiller-a-la-securite-nationale-des-etats-unis-zbigniew-brzezinski.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2490" title="Ancien conseiller à la sécurité nationale des États-Unis : Zbigniew Brzezinski" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/ancien-conseiller-a-la-securite-nationale-des-etats-unis-zbigniew-brzezinski.jpg?w=300" alt="" width="300" height="210" /></a>Le stratégiste faucon par excellence, Zbigniew Brzezinski, co-fondateur de la Commission trilatérale avec David Rockefeller, ancien conseiller à la Sécurité nationale et architecte clé de la politique étrangère sous Jimmy Carter, est également l’auteur d’un livre sur la géostratégie états-unienne. M. Brzezinski est par ailleurs membre du Council on Foreign Relations, du groupe Bilderberg et a aussi été membre du conseil d’administration d’Amnistie internationale, du Conseil de l&#8217;Atlantique et de National Endowment for Democracy (NED). À l’heure actuelle, il est administrateur et conseiller au Center for Strategic and International Studies (CSIS), un important cercle de réflexion états-unien.</p>
<p>Dans son livre <em>Le grand échiquier</em>, paru en 1997, Brzezinski a tracé les grandes lignes  d’une stratégie pour les États-Unis dans le monde. Il a écrit : « <em>Pour les États-Unis, le grand prix politique est l’Eurasie. Depuis un demi-millénaire, les affaires mondiales ont été dominées par les pouvoirs eurasiens et les peuples qui se sont battus entre eux pour la domination régionale et ont aspiré au pouvoir mondial.</em> » Il ajoute, « la façon dont les États-Unis “s’y prennent” avec l’Eurasie est critique. L’Eurasie constitue le plus grand continent du globe et représente un axe géopolitique. Un pouvoir dominant l’Eurasie contrôlerait deux des trois régions du monde les plus avancées et les plus productives sur le plan économique. Un simple coup d’œil sur la carte suggère également que la domination de l’Eurasie impliquerait presque systématiquement la subordination de l’Afrique [29].</p>
<p>Il poursuit l’élaboration d’une stratégie pour l’empire états-unien en affirmant qu’« il est impératif qu’aucun opposant eurasien n’émerge, et soit capable de dominer l’Eurasie et, par conséquent, de défier les États-Unis. L’objectif de ce livre est donc de formuler une géostratégie eurasienne approfondie et intégrée [30] ». Il explique : « <em>Deux étapes fondamentales sont donc requises : premièrement, identifier les États eurasiens dynamiques sur le plan géostratégique ayant le pouvoir de provoquer un changement potentiellement important dans la distribution internationale du pouvoir et de déchiffrer les principaux objectifs extérieurs de leurs élites politiques respectives et les conséquences probables de ces aspirations; deuxièmement, formuler des politiques spécifiquement états-uniennes pour compenser, coopter et/ou contrôler ce qui précède</em> [31]. »</p>
<p>Cela signifie qu’il est primordial d’identifier les États qui seraient de potentiels pivots sur lesquels l’équilibre des puissances de la région mettrait fin à la sphère d’influence états-unienne, et qu’il faut ensuite « <em>compenser, coopter et/ou contrôler</em> » de tels États et de telles circonstances. L’Iran serait un exemple : il est l’un des plus grands producteurs de pétrole du monde et détient une position stratégique significative dans l’axe de l’Europe, de l’Asie et du Moyen-Orient. L’Iran pourrait détenir la capacité de modifier l’équilibre des puissances en Eurasie s’il s’alliait étroitement à la Russie ou à la Chine, ou les deux, en leur offrant un important approvisionnement en pétrole de même qu’une sphère d’influence dans le Golfe, rivalisant ainsi l’hégémonie états-unienne dans la région.</p>
<p>M. Brzezinski a supprimé toute subtilité de ses penchants impérialistes et écrit : « <em>Afin de l’exprimer dans une terminologie rappelant l’âge davantage brutal des anciens empires, les trois grands impératifs de la géostratégie sont : prévenir la collusion et maintenir la dépendance sécuritaire entre les vassaux, préserver la protection des tributaires et leur caractère influençable, et finalement empêcher les barbares de s’unir</em> [32]. »</p>
<p>Brzezinski fait référence aux républiques d’Asie centrale sous le nom « <em>Balkans eurasiens</em> » en écrivant : « <em>De plus, d’un point de vue sécuritaire et sur le plan des ambitions historiques elles [républiques d’Asie centrale] sont importantes pour au moins trois de leurs voisins immédiats les plus puissants, à savoir, la Russie, la Turquie et l’Iran, ainsi que pour la Chine, qui démontre un intérêt politique accru envers la région. Mais les Balkans eurasiens constituent un trésor économique potentiel et sont infiniment plus importants pour cette raison : une énorme concentration de gaz naturel et de réserves de pétrole se trouve dans cette région, en plus d’importants minéraux, dont l’or</em> [33]. » Il ajoute :« <em>Il s’ensuit que l’intérêt principal des États-Unis est d’aider à s’assurer qu’aucun pouvoir à lui seul arrive à contrôler cet espace géopolitique et que la communauté internationale y ait accès économiquement et financièrement, sans entraves</em> [34] ». Voilà un illustre exemple du rôle des États-Unis en tant qu’engin impérial : le pays pratique une politique étrangère impériale conçue pour maintenir ses positions stratégiques, mais dont le but « <em>infiniment plus important</em> » est d’abord, de sécuriser le « <em>trésor économique</em> » pour la « <em>communauté internationale</em> ». En d’autres termes, les États-Unis constituent une hégémonie impériale œuvrant pour les intérêts financiers internationaux.</p>
<p>Brzezinski a également avertit que « <em>les États-Unis pourraient devoir déterminer la façon de composer avec les coalitions régionales qui cherchent à évincer le pays de l’Eurasie, menaçant ainsi son statut de puissance mondiale</em> [35] ». Il « <em>met au premier plan la tactique et la manipulation afin de prévenir l’émergence d’une coalition hostile qui pourrait tôt ou tard chercher à défier la primauté états-unienne</em> ». Ainsi, « <em>la tâche la plus urgente consiste à s’assurer qu’aucun État ou ensemble d’États acquière la capacité d’expulser les États-Unis de l’Eurasie ou même de diminuer de manière significative son rôle décisif d’arbitre</em> [36] ».</p>
<h2>La guerre au terrorisme et l’impérialisme excessif</h2>
<p>En 2000, le Pentagone a publié un document appelé Joint Vision 2020, qui expose brièvement un projet destiné à accomplir ce qu’ils nomment « <em>Full Spectrum Dominance</em> » (domination sous tous ses aspects), en tant que modèle pour le département de la Défense dans le futur. « <em>La domination sous tous ses aspects signifie la capacité des forces états-uniennes, agissant seules ou avec des alliés, de vaincre n’importe quel adversaire et de contrôler n’importe quelle situation pour l’ensemble des opérations militaires.</em> » Le rapport «  <em>aborde la domination sous tous ses aspects dans l’ensemble des conflits, de la guerre nucléaire aux grandes guerres de théâtre, en passant par les contingences de plus petite échelle. Il touche également aux situations imprécises comme le maintien de la paix et l’aide humanitaire n’impliquant pas de combat</em> ». On mentionne également «<em> le développement d’un réseau d’informations mondial offrant un environnement propice à la supériorité décisionnelle</em> [37] ».</p>
<p>Comme l’expliquait l’économiste politique Ellen Wood, « <em>la domination sans frontières de l’économie mondiale et des nombreux États qui l’administrent nécessite une action militaire sans fin, dans l’intention ou dans le temps</em> [38] ». Elle ajoute : « <em>La domination impériale dans une économie capitaliste mondiale requière un équilibre délicat et contradictoire entre l’abolition de la compétition et le maintien des conditions qui génèrent des marchés et des profits dans les économies en compétition. Il s’agit des contradictions les plus fondamentales du nouvel ordre mondial</em> [39]. »</p>
<p>Après le 11 septembre, la « <em>doctrine Bush</em> » a été mise en place. Elle réclamait « <em>un droit exclusif et unilatéral à l’attaque préventive, partout et en tout temps, libre de tout accord international, afin de s’assurer que</em> <em>leurs forces seront assez fortes pour dissuader des adversaires potentiels de se développer militairement dans l’espoir de surpasser ou d’égaler la puissance des États-Unis</em> [40] ».</p>
<p>L’OTAN a entrepris la première invasion terrestre de toute son histoire avec l’invasion et l’occupation de l’Afghanistan en octobre 2001. En réalité, la guerre afghane avait été planifiée avant les événements du 11 septembre, avec la rupture d’un important marché de pipeline entre des compagnies pétrolières occidentales et les talibans. La guerre en soi a été orchestrée en été 2001, avec le plan fonctionnel pour aller en guerre à la mi-octobre [41].</p>
<p>D’un point de vu géopolitique, l’Afghanistan est extrêmement important, car « <em>le transport de tout le combustible fossile du bassin de la mer Caspienne à travers la Russie ou l’Azerbaïdjan accroîtrait énormément le contrôle politique et économique de la Russie sur les républiques d’Asie centrale, ce que l’Ouest a précisément tenté de prévenir pendant 10 ans. Le faire passer par l’Iran enrichirait un régime que les États-Unis cherchent à isoler. Envoyer le combustible par le long chemin de la Chine, en passant complètement à côté des considérations stratégiques, se ferait à un coût prohibitif. Si les pipelines passaient toutefois par l’Afghanistan, cela permettrait aux États-Unis de poursuivre à la fois son objectif de “diversification de l’approvisionnement énergétique” et de pénétrer les marchés les plus lucratifs du monde</em> [42] ».</p>
<p>Comme le soulignait le San Francisco Chronicle, à peine deux semaines après les attaques du 11 septembre, « <em>au-delà de la détermination états-unienne de se venger des auteurs de l’attentat, au-delà de la probabilité de batailles interminables provoquant davantage de pertes civiles dans les mois et les années à venir, les enjeux cachés dans la guerre au terrorisme peuvent se résumer en un seul mot : pétrole</em> ». Le quotidien explique en outre que « <em>la carte des sanctuaires de terroristes et des cibles au Moyen-Orient et en Asie centrale est également, dans une mesure extraordinaire, la carte des principales sources d’énergie mondiales au 21<sup>e</sup> siècle. La défense de ces ressources énergétiques, au lieu d’être une simple confrontation entre l’Islam et l’Ouest – sera la première étincelle du conflit mondial qui perdurera dans les prochaines décennies</em> ».</p>
<p>Au nombre des multiples États notables où il y a un croisement entre le terrorisme, le pétrole et les réserves de gaz, et qui sont d’une importance capitale pour les États-Unis et l’Ouest, on trouve l’Arabie Saoudite, la Lybie, le Bahreïn, les Émirats du Golfe, l’Iran, l’Irak, l’Égypte, le Soudan, l’Algérie, le Turkménistan, le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan, la Tchétchénie, la Géorgie et l’est de la Turquie. Fait marquant, « <em>cette région compte plus de 65 % de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel</em> ». Aussi, « <em>inévitablement, bien des gens verront la guerre contre le terrorisme comme une guerre pour le compte des états-uniennes Chevron, ExxonMobil et Arco, de la française TotalFinaElf; de la britannique British Petroleum et de la et néerlandaise Royal Dutch Shell et d’autres géantes multinationales, lesquelles ont investi des centaines de milliards de dollars dans la région</em> [43] ».</p>
<p>Ce n’est pas un secret que la guerre en Irak était étroitement liée au pétrole. À l’été 2001, Dick Cheney a organisé une Energy Task Force (unité d’intervention sur l’énergie), qui constituait une série de rencontres extrêmement secrètes, où l’on déterminait la politique énergétique des États-Unis. Lors de ces rencontres, ainsi que par divers moyens de communication, M. Cheney et ses assistants se sont entretenus avec de hauts représentants et des dirigeants de Shell Oil, British Petroleum (BP), Exxon Mobil, Chevron, et Conoco [44]. Lors de la réunion qui s’est tenue avant le 11 septembre et avant que l’on ne mentionne une guerre en Irak, des documents traitant des champs pétrolifères, des pipelines, des raffineries et des terminaux ont été présentés et ont fait l’objet de discussions. « <em>Sur des documents saoudiens et émiratis figurait également une carte de tous les champs pétrolifères, pipelines, raffineries et terminaux pétroliers de chaque pays</em> [45]. » Depuis, Royal Dutch Shell et British Petroleum ont toutes deux reçu d’importants contrats pour développer les champs pétrolifères iraquiens [46]. </p>
<p>La guerre en Irak, tout comme la guerre en Afghanistan, servent des intérêts stratégiques dans cette région : en grande partie, des intérêts spécifiquement états-uniens, et, en général, des intérêts impériaux de l’Occident. Ces guerres ont été particulièrement conçues pour éliminer, menacer ou endiguer les pouvoirs régionaux, ainsi que pour y instaurer directement plusieurs douzaines de bases militaires, établissant ainsi, de manière ferme, une présence impériale. Le but de cette entreprise vise largement les joueurs important de la région et tend spécifiquement à encercler la Russie et la Chine et à menacer leur accès aux réserves régionales de pétrole et de gaz. L’Iran est désormais cerné, par l’Irak d’un côté et l’Afghanistan de l’autre.</p>
<h2>Conclusion</h2>
<p>La première partie de cet essai a tracé les grandes lignes de la stratégie impériale des États-Unis et de l’OTAN visant à entrer dans le nouvel ordre mondial après le démantèlement de l’Union Soviétique. Le but principal visait à encercler la Russie et la Chine et à prévenir l’émergence d’une nouvelle superpuissance. Les États-Unis devaient agir à titre d’hégémonie impériale, servant les intérêts financiers internationaux dans l’imposition d’un nouvel ordre mondial. La prochaine partie de cet essai examine les « <em>révolutions de couleur</em> » à travers l’Europe de l’Est et l’Asie centrale, lesquelles perpétuent la politique d’endiguement de la Russie et de la Chine, en contrôlant l’accès aux principales réserves de gaz naturel et leurs voies de transport. Les « <em>révolutions de couleur</em> » ont été une force cruciale de la stratégie géopolitique, et leur analyse est  essentielle à la compréhension du nouvel ordre mondial.</p>
<p><em><object width="425" height="254"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/x86fy4"></param><param name="allowfullscreen" value="true"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/x86fy4" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="334" allowfullscreen="true"></embed></object> </p>
<p></em>Article original en anglais: <a href="http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&#38;aid=15686" target="_new">An Imperial Strategy for a New World Order</a>, publié le 16 octobre 2009.</p>
<p><strong>Notes</strong></p>
<p>[1]           Tyler, Patrick E. U.S. Strategy Plan Calls for Insuring No Rivals Develop: A One Superpower World. The New York Times: March 8, 1992. <a href="http://work.colum.edu/~amiller/wolfowitz1992.htm">http://work.colum.edu/~amiller/wolfowitz1992.htm</a></p>
<p>[2]           Louis Sell, Slobodan Milosevic and the Destruction of Yugoslavia. Duke University Press, 2002: Page 28. Michel Chossudovsky, Dismantling Former Yugoslavia, Recolonizing Bosnia-Herzegovina. Global Research: February 19, 2002: <a href="http://globalresearch.ca/index.php?context=va&#38;aid=370">http://globalresearch.ca/index.php?context=va&#38;aid=370</a></p>
<p>[3]           Michel Chossudovsky, Dismantling Former Yugoslavia, Recolonizing Bosnia-Herzegovina. Global Research: February 19, 2002: <a href="http://globalresearch.ca/index.php?context=va&#38;aid=370">http://globalresearch.ca/index.php?context=va&#38;aid=370</a></p>
<p>[4]           David Binder, Yugoslavia Seen Breaking Up Soon. The New York Times: November 28, 1990</p>
<p>[5]           Ian Traynor, Croat general on trial for war crimes. The Guardian: March 12, 2008: <a href="http://www.guardian.co.uk/world/2008/mar/12/warcrimes.balkans">http://www.guardian.co.uk/world/2008/mar/12/warcrimes.balkans</a></p>
<p>[6]           Adam LeBor, Croat general Ante Gotovina stands trial for war crimes. The Times Online: March 11, 2008: <a href="http://www.timesonline.co.uk/tol/news/world/europe/article3522828.ece">http://www.timesonline.co.uk/tol/news/world/europe/article3522828.ece</a></p>
<p>[7]           Brendan O’Neill, &#8216;You are only allowed to see Bosnia in black and white&#8217;. Spiked: January 23, 2004: <a href="http://www.spiked-online.com/Articles/0000000CA374.htm">http://www.spiked-online.com/Articles/0000000CA374.htm</a></p>
<p>[8]           Richard J. Aldrich, America used Islamists to arm the Bosnian Muslims. The Guardian: April 22, 2002: <a href="http://www.guardian.co.uk/world/2002/apr/22/warcrimes.comment/print">http://www.guardian.co.uk/world/2002/apr/22/warcrimes.comment/print</a></p>
<p>[9]           Tim Judah, German spies accused of arming Bosnian Muslims. The Telegraph: April 20, 1997: <a href="http://www.serbianlinks.freehosting.net/german.htm">http://www.serbianlinks.freehosting.net/german.htm</a></p>
<p>[10]         Charlotte Eagar, Invisible US Army defeats Serbs. The Observer: November 5, 1995: <a href="http://charlotte-eagar.com/stories/balkans110595.shtml">http://charlotte-eagar.com/stories/balkans110595.shtml</a></p>
<p>[11]         Gary Wilson, New reports show secret U.S. role in Balkan war. Workers World News Service: 1996: <a href="http://www.workers.org/ww/1997/bosnia.html">http://www.workers.org/ww/1997/bosnia.html</a></p>
<p>[12]         IAC, The CIA Role in Bosnia. International Action Center: <a href="http://www.iacenter.org/bosnia/ciarole.htm">http://www.iacenter.org/bosnia/ciarole.htm</a></p>
<p>[13]         History Commons, Serbia and Montenegro: 1996-1999: Albanian Mafia and KLA Take Control of Balkan Heroin Trafficking Route. The Center for Cooperative Research: <a href="http://www.historycommons.org/topic.jsp?topic=country_serbia_and_montenegro">http://www.historycommons.org/topic.jsp?topic=country_serbia_and_montenegro</a></p>
<p>[14]         History Commons, Serbia and Montenegro: 1997: KLA Surfaces to Resist Serbian Persecution of Albanians. The Center for Cooperative Research: <a href="http://www.historycommons.org/topic.jsp?topic=country_serbia_and_montenegro">http://www.historycommons.org/topic.jsp?topic=country_serbia_and_montenegro</a></p>
<p>[15]         History Commons, Serbia and Montenegro: February 1998: State Department Removes KLA from Terrorism List. The Center for Cooperative Research: <a href="http://www.historycommons.org/topic.jsp?topic=country_serbia_and_montenegro">http://www.historycommons.org/topic.jsp?topic=country_serbia_and_montenegro</a></p>
<p>[16]         Marcia Christoff Kurop, Al Qaeda&#8217;s Balkan Links. The Wall Street Journal: November 1, 2001: <a href="http://www.freerepublic.com/focus/fr/561291/posts">http://www.freerepublic.com/focus/fr/561291/posts</a></p>
<p>[17]         Global Research, German Intelligence and the CIA supported Al Qaeda sponsored Terrorists in Yugoslavia. Global Research: February 20, 2005: <a href="http://globalresearch.ca/index.php?context=va&#38;aid=431">http://globalresearch.ca/index.php?context=va&#38;aid=431</a></p>
<p>[18]         Michel Chossudovsky, Kosovo: The US and the EU support a Political Process linked to Organized Crime. Global Research: February 12, 2008: <a href="http://globalresearch.ca/index.php?context=va&#38;aid=8055">http://globalresearch.ca/index.php?context=va&#38;aid=8055</a></p>
<p>[19]         Andrew Gavin Marshall, Breaking Yugoslavia. Geopolitical Monitor: July 21, 2008: <a href="http://www.geopoliticalmonitor.com/content/backgrounders/2008-07-21/breaking-yugoslavia/">http://www.geopoliticalmonitor.com/content/backgrounders/2008-07-21/breaking-yugoslavia/</a></p>
<p>[20]         AEI, Is Euro-Atlantic Integration Still on Track? Participant List. American Enterprise Institute: April 28-30, 2000: <a href="http://www.aei.org/research/nai/events/pageID.440,projectID.11/default.asp">http://www.aei.org/research/nai/events/pageID.440,projectID.11/default.asp</a></p>
<p>[21]         Aleksandar Pavi, Correspondence between German Politicians Reveals the Hidden Agenda behind Kosovo&#8217;s &#8220;Independence&#8221;. Global Research: March 12, 2008: <a href="http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&#38;aid=8304">http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&#38;aid=8304</a></p>
<p>[22]         Stephen Zunes, The War on Yugoslavia, 10 Years Later. Foreign Policy in Focus: April 6, 2009: <a href="http://www.fpif.org/fpiftxt/6017">http://www.fpif.org/fpiftxt/6017</a></p>
<p>[23]         PNAC, Rebuilding America’s Defenses. Project for the New American Century: September 2000, page 6: <a href="http://www.newamericancentury.org/publicationsreports.htm">http://www.newamericancentury.org/publicationsreports.htm</a></p>
<p>[24]         Ibid. Page 8</p>
<p>[25]         Ibid. Page 9</p>
<p>[26]         Ibid. Page 14</p>
<p>[27]         Ibid. Page 51</p>
<p>[28]         Margo Kingston, A think tank war: Why old Europe says no. The Sydney Morning Herald: March 7, 2003: <a href="http://www.smh.com.au/articles/2003/03/07/1046826528748.html">http://www.smh.com.au/articles/2003/03/07/1046826528748.html</a></p>
<p>[29]         Brzezinski, Zbigniew. The Grand Chessboard: American Primacy and its Geostrategic Imperatives. Basic Books, 1997: Pages 30-31</p>
<p>[30]         Brzezinski, Zbigniew. The Grand Chessboard: American Primacy and its Geostrategic Imperatives. Basic Books, 1997: Page xiv</p>
<p>[31]         Brzezinski, Zbigniew. The Grand Chessboard: American Primacy and its Geostrategic Imperatives. Basic Books, 1997: Page 41</p>
<p>[32]         Brzezinski, Zbigniew. The Grand Chessboard: American Primacy and its Geostrategic Imperatives. Basic Books, 1997: Page 40</p>
<p>[33]         Brzezinski, Zbigniew. The Grand Chessboard: American Primacy and its Geostrategic Imperatives. Basic Books, 1997: Page 124</p>
<p>[34]         Brzezinski, Zbigniew. The Grand Chessboard: American Primacy and its Geostrategic Imperatives. Basic Books, 1997: Page 148</p>
<p>[35]         Brzezinski, Zbigniew. The Grand Chessboard: American Primacy and its Geostrategic Imperatives. Basic Books, 1997: Page 55</p>
<p>[36]         Brzezinski, Zbigniew. The Grand Chessboard: American Primacy and its Geostrategic Imperatives. Basic Books, 1997: Page 198</p>
<p>[37]         Jim Garamone, Joint Vision 2020 Emphasizes Full-spectrum Dominance. American Forces Press Service: June 2, 2000:<br />
 <a href="http://www.defenselink.mil/news/newsarticle.aspx?id=45289">http://www.defenselink.mil/news/newsarticle.aspx?id=45289</a></p>
<p>[38]         Ellen Wood, Empire of Capital. Verso, 2003: page 144</p>
<p>[39]         Ellen Wood, Empire of Capital. Verso, 2003: page 157</p>
<p>[40]         Ellen Wood, Empire of Capital. Verso, 2003: page 160</p>
<p>[41]         Andrew G. Marshall, Origins of Afghan War. Geopolitical Monitor: September 14, 2008:<br />
<a href="http://www.geopoliticalmonitor.com/content/backgrounders/2008-09-14/origins-of-the-afghan-war/">http://www.geopoliticalmonitor.com/content/backgrounders/2008-09-14/origins-of-the-afghan-war/</a></p>
<p>[42]         George Monbiot, America&#8217;s pipe dream. The Guardian: October 23, 2001:<br />
<a href="http://www.guardian.co.uk/world/2001/oct/23/afghanistan.terrorism11">http://www.guardian.co.uk/world/2001/oct/23/afghanistan.terrorism11</a></p>
<p>[43]         Frank Viviano, Energy future rides on U.S. war. San Francisco Chronicle: September 26, 2001:<br />
<a href="http://www.sfgate.com/cgi-bin/article.cgi?file=/chronicle/archive/2001/09/26/MN70983.DTL">http://www.sfgate.com/cgi-bin/article.cgi?file=/chronicle/archive/2001/09/26/MN70983.DTL</a></p>
<p>[44]         Dana Milbank and Justin Blum, Document Says Oil Chiefs Met With Cheney Task Force. Washington Post: November 16, 2005:<br />
<a href="http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2005/11/15/AR2005111501842_pf.html">http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2005/11/15/AR2005111501842_pf.html</a></p>
<p>[45]         Judicial Watch, CHENEY ENERGY TASK FORCE DOCUMENTS FEATURE MAP OF IRAQI OILFIELDS. Commerce Department: July 17, 2003: <a href="http://www.judicialwatch.org/printer_iraqi-oilfield-pr.shtml">http://www.judicialwatch.org/printer_iraqi-oilfield-pr.shtml</a></p>
<p>[46]         TERRY MACALISTER, Criticism as Shell signs $4bn Iraq oil deal. Mail and Guardian: September 30, 2008: <a href="http://www.mg.co.za/article/2008-09-30-criticism-as-shell-signs-4bn-iraq-oil-deal">http://www.mg.co.za/article/2008-09-30-criticism-as-shell-signs-4bn-iraq-oil-deal</a></p>
<p> Al-Jazeera, BP group wins Iraq oil contract. Al Jazeera Online: June 30, 2009: <a href="http://english.aljazeera.net/news/middleeast/2009/06/200963093615637434.html">http://english.aljazeera.net/news/middleeast/2009/06/200963093615637434.html</a></p>
<p>&#160;</p>
<p>Source : Mondialisation.ca</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[Le 11 septembre 2001 : un alibi pour sortir du traité ABM (+ vidéo)]]></title>
<link>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/16/le-11-septembre-2001-un-alibi-pour-sortir-du-traite-abm-video/</link>
<pubDate>Mon, 16 Nov 2009 14:43:51 +0000</pubDate>
<dc:creator>Bao</dc:creator>
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<description><![CDATA[En 2000, les futurs conseillers de l’administration Bush II, réunis au sein du groupe de réflexion «]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a rel="attachment wp-att-2403" href="http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/16/le-11-septembre-2001-un-alibi-pour-sortir-du-traite-abm-video/lancement-dun-missile-nucleaire/"><img class="aligncenter size-full wp-image-2403" title="lancement d'un missile nucléaire" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/lancement-dun-missile-nucleaire.jpg" alt="lancement d'un missile nucléaire" width="357" height="500" /></a></p>
<p>En 2000, les futurs conseillers de l’administration Bush II, réunis au sein du groupe de réflexion « <em>Project for the New American Century</em> », rendent un rapport intitulé « <em>Reconstruire les Défenses de l’Amérique</em> » (1). Ce projet décrit la stratégie des forces armées américaines nécessaires pour la « <em>Pax Americana</em> » (2). Leur ambition est de créer une armée spatiale et de poursuivre le développement du bouclier anti-missile afin d’établir l’hégémonie des Etats-Unis.</p>
<p>Albert Wohlstetter (1913-1997) était professeur à l’université de Chicago et conseiller de la Rand Corporation. Il fut l’inspirateur du néo-conservatisme (4). En 1958 il préconise The Delicate Balance of Terror (5) l’utilisation d’armes nucléaires tactiques en liaison avec d’autres armes de précisions téléguidées suffisamment précises pour éviter les dommages collatéraux sur les populations civiles. (6) Ce faisant, il était un adversaire du traité de désarmement nucléaire signé entre l’Union soviétique et le gouvernement américain lequel restreignaient selon lui la créativité technologique des États-Unis tout en maintenant un équilibre artificiel avec l’URSS.</p>
<p>Le traité ABM (7), conclu en 1972 entre Nixon et Brejnev, force les américains à stopper officiellement la militarisation de l’espace. Le 8 mars 1983, en pleine « <em>guerre froide</em> » Reagan qualifia l’Union soviétique d’« <em>Empire du mal</em> » (25). Sa politique en matière de défense s’articulait autour de la doctrine « <em>Paix dans la force</em> ». Ainsi naquit « <em>Star War</em> » qui désigne le programme américain de défense antimissiles nommé « <em>Initiative de défense stratégique</em> » (IDS) (8) . Son lancement intervient le 23 mars 1983 . Il s’agit d’un projet de réseau de satellites pour détecter et détruire des missiles balistiques lancés contre les États-Unis.</p>
<p>Dix sept ans plus tard, en 2000, les néoconservateurs du PNAC (1) réclament la maîtrise de l’espace et constatent que leur programme, nécessitant une forte augmentation du budget de défense du Pentagone, ne pourra se réaliser qu’à l’occasion d’un événement d’une exceptionnelle gravité, tel qu’un nouveau Pearl Harbor. Donald Rumsfeld alors qu’il était administrateur de la Rand Corporation et juste avant qu’il ne devienne secrétaire à la Défense, a théorisé l’arme spatiale (9) . Son ambition était de créer un nouveau type d’armée et le fameux bouclier anti-missiles. Rumsfeld s’est demandé si le seul événement capable de galvaniser les énergies de la Nation et de forcer le gouvernement à agir serait une attaque destructrice contre le pays : un « <em>Pearl Harbor spatial</em> ». (10)</p>
<p>Delmart Vreland, agent des services secrets de la Navy (11), détaillera ce programme lors d’un entretien avec Mike Ruppert. Vreeland envoya en août 2001 une lettre aux autorités canadiennes dans laquelle il donne les détails concernant les attaques du 11 septembre.</p>
<p>Mike Ruppert : « <em>Pourquoi étiez-vous à Moscou et en Russie fin 2000 ?</em> » Vreeland : « <em>J’avais été envoyé là-bas par le gouvernement des États-Unis et par l’ONI</em> [Office of Naval Intelligence]. <em>J’ai reçu mes ordres entre le 4 et le 7 septembre 2000. C’était pour travailler à l’ambassade canadienne sur des diagrammes et des projets concernant un système d’armes défensives</em> [weapons defense system]. » Le nom de ce système de défense est SSST [Stealth Satellite System Terminator - Système de satellite furtif Terminator]. (12) . « <em>La seule partie dont j’ai parlé publiquement est un élément relatif à des satellites réellement en orbite actuellement, qui ne sont pas à ce jour la propriété du gouvernement des Etats-Unis. Sur conseil de mon avocat je ne peux pas parler des autres composants.</em> »</p>
<p>Vreeland donne une description du système ABM américain et précise que les satellites utilisés sont de type civil. Il rapporte ces informations pour donner du crédit à ses révélations sur le 11 Septembre. Ce qu’il a voulu nous dire c’est : « <em>Vérifiez ce que je dis sur l’ABM et que personne n’a dit avant moi, et vous verrez que je dis la vérité sur l’affaire du 11 Septembre.</em> »</p>
<h3>Les attentats du 11 Septembre ont été le bon de sortie du traité ABM de 1972.</h3>
<p>En juin 2001, eut lieu un exercice de simulation militaire appelé Amalgam Virgo (13). le visage de ben Laden apparaissait déjà sur le document d’état-major (14) Cet exercice impliquait l’hypothétique scénario d’une frappe d’un missile de croisière et ressemblait en tous points à l’attaque du Pentagone. Il sera cité lors de la commission d’enquête des attentats en 2004 mais aucune investigation ne sera menée (15) Autre coîncidence, le jour des attentats du 11 septembre se déroulait aussi un exercice de simulation de guerre nucléaire appelé « <em>Global Guardian</em> »(16). La marine faisait partie de cette opération et avait la capacité d’envoyer un missile sur le Pentagone grâce au système AEGIS (17). Venant de subir une agression terroriste inédite sur son propre sol et se considérant en guerre , les États-Unis réclament l’aval de la légitime défense. (18)</p>
<p>L’annonce du retrait du traité ABM est rendue publique dès le 13 décembre 2001. Le mardi 12 juin 2002, à Madrid, George W. Bush affirme qu’il est désormais « <em>un vestige du passé</em> ». Le lendemain, les Etats-Unis sont officiellement désengagés de ce traité. Ce retrait unilatéral fait sauter le verrou qui empêchait le développement du bouclier spatial. Non seulement ce programme retrouve une actualité, mais désormais c’est l’US Navy qui est en position centrale dans ce qui succède au programme IDS : la « <em>National Missile Defense</em> »(19) mise en œuvre par la « <em>Missile Defense Agency</em> » (MDA).</p>
<p>Cette attaque venue du ciel est vraiment une aubaine pour les va-t-en guerre néoconservateurs. En faisant voter au Congrès américain le plus gros budget de défense militaire (20), la guerre au terrorisme peut commencer en Afghanistan, fief des Talibans de Ben Laden et d’Al Qaida. La traque de ben Laden fut inefficace pendant 7 ans et étrangement, il n’est toujours pas inculpé par le FBI pour le crime des attentats du 11 septembre. (21)</p>
<h3>Conclusion.</h3>
<p>Au mois de mai 2008, le PNAC arrête la diffusion de son site internet. La doctrine des néoconservateurs est reprise par l’ « <em>American Commitee for a Strong Europe</em> » (22). Celui ci prévoit de reconstruire les forces armées européennes par l’intermédiaire de l’Otan et par l’adoption de la politique de défense commune du mini traité de Nicolas Sarkozy. Le projet de bouclier anti missile qui était une arme défensive devient maintenant offensif et nous rappelle les terribles heures de la crise des missiles de Cuba. (23)</p>
<p>Comme le dit Noam Chomsky : (24) « <em>En isolant le pays (USA) des représailles, la défense anti-missiles garantira la capacité et la disponibilité des Etats-Unis à modeler l’environnement dans d’autres régions du monde. [...] La défense anti-missiles ne sert pas à protéger l’Amérique. C’est un outil visant à la domination mondiale. [...] L’installation d’un système de défense anti-missiles en Europe orientale est pratiquement une déclaration de guerre.</em> »</p>
<p>1.<a href="http://www.reopen911.info/11-septembre/reconstruire-les-defenses-de-lamerique-traduit-par-reopen911/">http://www.reopen911.info/11-septem&#8230;</a> 2 <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pax_Americana">http://fr.wikipedia.org/wiki/Pax_Am&#8230;</a> 3 <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Wohlstetter">http://fr.wikipedia.org/wiki/Albert&#8230;</a> 4 <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9o-conservatisme">http://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A&#8230;</a> 5 <a href="http://www.rand.org/publications/classics/wohlstetter/P1472/P1472.html">www.rand.org/publications/classics/&#8230;</a> 6 <a href="http://www.rand.org/publications/classics/wohlstetter/P1472/P1472.html">www.rand.org/publications/classics/&#8230;</a> 7 <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_ABM">http://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%&#8230;</a> 8 <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Guerre_des_%C3%A9toiles_">http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Gue&#8230;</a>(politique) 9 <a href="http://fas.org/irp/congress/1998_cr/s980731-rumsfeld.htm">http://fas.org/irp/congress/1998_cr&#8230;</a> 10 <a href="http://www.voltairenet.org/article7624.html?var_recherche=bouclier%20spatial?var_recherche=bouclier%20spatial">www.voltairenet.org/article7624.htm&#8230;</a> 11 <a href="http://www.fromthewilderness.com/free/ww3/092602_vreeland_gnn.html">www.fromthewilderness.com/free/ww3/&#8230;</a> 12 <a href="http://www.tldm.org/News4/satellite.htm">www.tldm.org/News4/satellite.htm</a> 13 <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Amalgam_Virgo">http://en.wikipedia.org/wiki/Amalga&#8230;</a> 14 <a href="http://www.ratical.org/ratville/CAH/linkscopy/AmalgumVirgo.pdf">www.ratical.org/ratville/CAH/linksc&#8230;</a> 15 <a href="http://www.dailymotion.com/Ashoka_lc/video/x317j7_colonel-scott-amalgan-virgo-01_news">www.dailymotion.com/Ashoka_lc/video&#8230;</a> 16 <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Global_Guardian">http://fr.wikipedia.org/wiki/Global&#8230;</a> 17 <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Syst%C3%A8me_de_combat_Aegis">http://fr.wikipedia.org/wiki/Syst%C&#8230;</a> 18 <a href="http://www.aidh.org/attacks/d01.htm">www.aidh.org/attacks/d01.htm</a> 19 <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/National_missile_defense">http://fr.wikipedia.org/wiki/Nation&#8230;</a> 20 <a href="http://www.voltairenet.org/article12253.html">www.voltairenet.org/article12253.html</a> 21 <a href="http://www.voltairenet.org/article140501.html">www.voltairenet.org/article140501.html</a> 22 <a href="http://libe-usa.blogs.com/CSE.html">http://libe-usa.blogs.com/CSE.html</a> 23 <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_des_missiles_de_Cuba">http://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_&#8230;</a> 24 <a href="http://contreinfo.info/article.php3?id_article=105025">http://contreinfo.info/article.php3&#8230;</a> 25 <a href="http://www.pbs.org/wgbh/amex/presidents/vi...">www.pbs.org/wgbh/amex/presidents/vi&#8230;</a></p>
<p>Source : Geopolintel</p>
<p><strong>Reportage sur le bouclier anti-missiles des USA</strong></p>
<p><object width="425" height="254"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/x5p10u"></param><param name="allowfullscreen" value="true"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/x5p10u" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="334" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[La certitude du doute...]]></title>
<link>http://souklaye.wordpress.com/2009/11/11/la-certitude-du-doute-275/</link>
<pubDate>Wed, 11 Nov 2009 21:30:10 +0000</pubDate>
<dc:creator>souklaye</dc:creator>
<guid>http://souklaye.wordpress.com/2009/11/11/la-certitude-du-doute-275/</guid>
<description><![CDATA[Je n&#8217;arrive pas à choisir entre le plan B et 2 millions à 5 millions de Français (Afghanistan ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-3839" title="stratego" src="http://souklaye.wordpress.com/files/2009/11/stratego.jpg" alt="stratego" width="499" height="526" /></p>
<p style="text-align:center;">Je n&#8217;arrive pas à choisir entre le plan B et 2 millions à 5 millions de Français<br />
(Afghanistan 0 &#8211; Précarité énergétique 1)<br />
<img class="aligncenter size-full wp-image-3838" title="chauffage" src="http://souklaye.wordpress.com/files/2009/11/chauffage.jpg" alt="chauffage" width="500" height="375" /></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Le président des seigneurs de guerre]]></title>
<link>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/11/le-president-des-seigneurs-de-guerre/</link>
<pubDate>Wed, 11 Nov 2009 17:19:22 +0000</pubDate>
<dc:creator>Bao</dc:creator>
<guid>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/11/le-president-des-seigneurs-de-guerre/</guid>
<description><![CDATA[Par Erik Ruder À l&#8217;Encontre Hamid Karzai s’est assuré un deuxième mandat en tant que président]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><em>Par Erik Ruder</em></p>
<p><a rel="attachment wp-att-2277" href="http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/11/le-president-des-seigneurs-de-guerre/hamid-karzai-2/"><img class="aligncenter size-full wp-image-2277" title="Hamid Karzaï" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/hamid-karzai1.jpg" alt="Hamid Karzaï" width="450" height="356" /></a></p>
<div><a href="http://www.alencontre.org/">À l&#8217;Encontre</a></div>
<div>
<p>Hamid Karzai s’est assuré un deuxième mandat en tant que président de l’Afghanistan. Au début novembre le président sortant Hamid Karzai a été déclaré vainqueur, après que son rival, Abdullah Abdullah se soit retiré d’un deuxième tour fixé au 7 novembre 2009, mettant ainsi un terme grotesque à la farce électorale afghane.</p>
<p>Karzai a tenté de voler le résultat des élections qui se sont tenues en août 2009 et cela au moyen d’une fraude massive des suffrages. Cette fraude était tellement grossière – plus d’un million de votes en sa faveur au cours du premier tour ont été disqualifiés – que les observateurs internationaux ont fait pression pour qu’il admette qu’il n’avait pas la majorité requise. Le deuxième tour devait se tenir début novembre, mais Abdullah s’est retiré une semaine avant cette échéance.</p>
<p>Il semble que dans un premier temps Karzai ait voulu s’opposer à l’annulation du deuxième tour, dans l’espoir qu’une victoire, même dans une élection sans opposant, aiderait à redonner un semblant de légitimité à son règne soutenu par les Etats-Unis.</p>
<p>Mais les officiels états-uniens se sont rapidement déclarés satisfaits du résultat, apparemment dans l’espoir d’éviter une nouvelle opération de fraude électorale et d’échapper à la difficile tâche d’assurer la sécurité pour les électeurs et observateurs dans les lointaines provinces afghanes. Karzai a finalement cédé et a accepté la victoire.</p>
<p>Dans un discours larmoyant, Abdullah a expliqué que sa décision de se retirer était dictée par des raisons personnelles en lien avec sa préoccupation au sujet de la fraude. Mais ce vernis émotionnel cachait un froid calcul politique.</p>
<p>Abdullah avait exigé le remplacement d’Azizullah Ludin, le président de la Commission Indépendante électorale choisi par Karzai ainsi qu’une série de réformes électorales que Karzai a catégoriquement refusé d’appliquer. Mais Abdullah a sans doute estimé qu’il conserverait mieux ses chances pour une prise de pouvoir ultérieure en se retirant qu’en perdant le deuxième tour.</p>
<p>Abdullah, qui avait été ministre des affaires étrangères après le gouvernement afghan «intérimaire» en décembre 2001 et qui est resté à ce<a rel="attachment wp-att-2278" href="http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/11/le-president-des-seigneurs-de-guerre/dostom/"><img class="alignright size-medium wp-image-2278" title="Dostom" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/dostom.jpg?w=300" alt="Dostom" width="300" height="207" /></a> poste après la première élection de Karzai en 2004, n’a pas jugé utile d’appeler ses partisans à boycotter l’élection ni à protester.</p>
<p>Abdullah a également annoncé qu’il ne se joindrait pas au gouvernement de Karzai, mais dans un système politique marqué par des allégeances très mouvantes parmi les seigneurs de guerre, les trafiquants de drogue et les différents dirigeants ethniques et religieux, les ennemis sont rarement irréconciliable à jamais.</p>
<p>Par exemple: les différents seigneurs de la guerre qui formaient l’Alliance du Nord ont servi d’opposition parlementaire à Karzai jusqu’à ce qu’ils fassent la paix avec lui – et lui aident à réunir les votes, à la fois réels et faux – le 20 août.</p>
<p>Il est possible qu’Abdullah tente de remplir le vide d’opposition laissé par les seigneurs de la guerre. Ou peut-être devra-t-il conclure un accord avec Karzai ou avec les Etats-Unis, même s’il insiste sur le fait qu’il n’a rien reçu de leur part pour sa décision de ne pas contester l’élection.</p>
<p>*****</p>
<p>Les nouvelles des derniers rebondissements de l’élection présidentielle sont  arrivées au moment où la guerre que mènent les Etats-Unis en Afghanistan s’intensifiait: le mois d’octobre a amené le bilan le plus élevé de militaires états-uniens tués, entraîné notamment par des attentats à la voiture piégée et deux accidents d’hélicoptère qui ont coûté la vie à 22 membres du personnel états-unien dans les derniers jours du mois.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-2279" href="http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/11/le-president-des-seigneurs-de-guerre/ismael-khan-le-lion-dherat/"><img class="alignleft size-medium wp-image-2279" title="Ismaël Khan, le Lion d'Hérat" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/ismael-khan-le-lion-dherat.jpg?w=235" alt="Ismaël Khan, le Lion d'Hérat" width="235" height="300" /></a>L’intensification de la lutte entre les forces états-uniennes et de l’OTAN d’une part et les rebelles insurgés d’autre part a entraîné non seulement un pic dans le nombre des troupes tuées au cours des combats mais également une forte augmentation du nombre des militaires blessées. Selon le <em>Washington Post:</em> «<em>Plus de 1000 troupes américaines ont été blessées au combat au cours des trois derniers mois en Afghanistan, et ce nombre correspond à un quart des blessés au combat depuis l’invasion de 2001 dirigée par les Etats-Unis»</em>.</p>
<p>Les engins explosifs improvisés (Improvised Explosive Device – IED) sont actuellement l’arme de choix pour les combattants talibans, et certains sont tellement puissants qu’ils peuvent détruire des véhicules ultra-modernes censés pouvoir résister aux mines que le Pentagone avait déployées pour protéger les troupes. Le <em>Washington Post</em> rapporte que:«<em>L’unité 57 du Centre Médical Walter Reed (du Centre Médical de l’Armée) fournit une preuve déchirante de l’efficacité dévastatrice des bombes, avec des patients souffrant d’amputations, de lésions de la moelle épinière, des traumatismes du cerveau et des fractures»</em>.</p>
<p>Or, le Président Barack Obama est en train d’examiner une demande du Général Stanley McChrystal, le plus haut gradé du Pentagone responsable en Afghanistan, d’envoyer entre 40&#8242;000 et 80&#8242;000 troupes états-uniennes supplémentaires qui viendraient s’ajouter aux 68&#8242;000 hommes déjà sur place. On peut donc s’attendre à ce que le nombre de victimes augmente encore davantage.</p>
<p>En même temps, la guerre menée par les Etats-Unis et l’OTAN continue à infliger un nombre fort grand de victimes afghanes, mais ce n’est que rarement que les grands médias s’intéressent à cette réalité.</p>
<p>David Kilcullen, un ex-officier de l’armée australienne – qui est actuellement un consultant pour les Etats-Unis et d’autres pays de l’OTAN sur les questions des tactiques contre-insurrectionnelles – a indiqué que dans les attaques aériennes récentes, les Etats-Unis avaient tué 98 civils pour deux «insurgés». Des enquêtes fondées sur un ensemble d’indicateurs donnent des résultats différents.</p>
<p>Une enquête par sur la base d’indicateurs multiples effectuée pour les neuf premiers mois de l’invasion et de l’occupation a estimé que 10&#8242;000 civils avaient été tués, dont la plupart au cours d’attaques aériennes. Si une enquête similaire était effectuée aujourd’hui, elle montrerait les effets réels (élevés) d’une campagne aérienne beaucoup plus intense au cours d’une guerre qui dure maintenant depuis huit ans. Il paraît évident que l’utilisation en forte hausse de bombes à fragmentation, de «<em>daisy cutters</em>» [littéralement: faucheuse de marguerites], des missiles «intelligents» dirigés contre des rassemblements lors de mariages, l’artillerie dirigée par des drones et les habituelles munitions non-explosées, auront moissonné davantage qu’un nombre négligeable de victimes ?</p>
<p>*****</p>
<p>Le nombre croissant de victimes de sa guerre, ainsi que la crédibilité ternie du gouvernement Karzai a mis le gouvernement états-unien d’Obama dans une situation difficile.</p>
<p>Il avait misé sur la capacité de Karzai de construire un gouvernement central viable qui soit capable de commander une armée pour obtenir un<a rel="attachment wp-att-2280" href="http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/11/le-president-des-seigneurs-de-guerre/gulbuddin-hekmatyar/"><img class="alignright size-medium wp-image-2280" title="Gulbuddin Hekmatyar" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/gulbuddin-hekmatyar.jpg?w=199" alt="Gulbuddin Hekmatyar" width="199" height="300" /></a> Afghanistan stable, amical envers les Etats-Unis. Mais la dépendance de Karzai par rapport aux seigneurs de la guerre, honnis par la population, pour cimenter son règne, a fait que la mise en place d’un gouvernement central légitime est devenue au mieux une hypothèse lointaine.</p>
<p>Comme si la situation n’était pas déjà suffisamment mauvaise, <em>le New York Times</em> a révélé à la fin octobre que le frère de Karzai – Ahmed Wali Karzai, qui est connu pour avoir largement profité du commerce et de la distribution d’opium qu’il dirigeait d’une main de fer dans une vaste région au Dud de l’Afghanistan, autour de Kandahar – avait été à la solde de la CIA pour une bonne partie des huit dernières années.</p>
<p>Le frère de Karzai non seulement fournit des renseignements aux Etats-Unis mais aide aussi la CIA à diriger la Kandahar Strike Force, un groupe paramilitaire. Il est également propriétaire d’un grand local dans les environs de Kandahar ­ l’ancienne maison du mollah Mohammed Omar, le fondateur des Talibans – qu’il loue aux forces spéciales états-uniennes. «<em>Il est notre propriétaire»</em> a expliqué un officiel américain.</p>
<p>Les liens de Karzai avec la CIA aident [son frère] à éviter les raids et les arrestations qui menacent les autres barons de la drogue afghans, et cela a presque certainement renforcé son contrôle sur le lucratif trafic de drogue.</p>
<p>Ces révélations arrivent à un très mauvais moment pour les forces états-uniennes qui auraient espéré apparaître comme des protecteurs des civils en Afghanistan. Le major général Michael Flynn, responsable des renseignements militaires états-uniens en Afghanistan a noté: «<em>Si nous voulons mener une stratégie centrée sur la population civile en Afghanistan et que nous sommes perçus comme donnant notre soutien à des voyous, nous sommes simplement en train de nous déconsidérer</em>».</p>
<p>L’administration Obama insiste sur le fait que les Etats-Unis sont en train de mener «une guerre nécessaire» en Afghanistan. Toutes sortes de justifications ont été mises en avant: la protection des Américains, la protection des civils afghans, la libération des femmes afghanes, l’écrasement de l’insurrection talibane, le fait d’empêcher al-Qaida d’utiliser l’Afghanistan comme base d’opérations.</p>
<p>Mais la collaboration entre les militaires états-uniens et les services de renseignements d’une part et les seigneurs de la guerre, les trafiquants de drogue et les groupes paramilitaires d’autre part, montre bien que ces justifications servent qu’à dissimuler la vraie raison pour laquelle les Etats-Unis ne vont pas retirer leurs troupes d’un pays qui a pourtant rejeté leur présence.</p>
<p>Les Etats-Unis voulaient la guerre en Afghanistan parce qu’ils ont vu les attaques du 11 septembre comme une possibilité de poursuivre leurs ambitions impériales en Asie Centrale. L’objectif premier de Washington n’a jamais été d’abord de vaincre les Talibans. D’ailleurs, avant le 11 septembre les Etats-Unis considéraient la montée des Talibans en Afghanistan &#8211; avec leur focalisation sur la loi et l’ordre et l’éradication du trafic de drogue – comme une aubaine pour la stabilité régionale.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-2281" href="http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/11/le-president-des-seigneurs-de-guerre/mohammad-fahim/"><img class="alignleft size-medium wp-image-2281" title="Mohammad Fahim" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/mohammad-fahim.jpg?w=232" alt="Mohammad Fahim" width="232" height="300" /></a>Si les Etats-Unis avaient vraiment voulu capturer les membres d’al-Qaida responsables du 11 septembre, pourquoi les officiels états-uniens ont-ils rejeté – d’après le Rapport de la Commission du 11 septembre – l’offre de Mullah Omar qui proposait de livrer Osama Ben Laden si les Etats-Unis renonçaient à l’invasion ?</p>
<p>La réponse est que le projet d’établir une occupation militaire dans une région riche en pétrole et en gaz naturel était plus important pour les décideurs de la politique étrangère états-unienne que le fait de capturer les dirigeants d’al-Qaida.</p>
<p>Maintenant que les Etats-Unis ont dépensé des milliers de milliards de dollars dans des efforts futiles pour occuper à la fois l’Irak et l’Afghanistan, ces décisions apparaissent comme stupides. Mais au début des années 2000, la vision néoconservatrice du remodelage du Moyen-Orient selon les souhaits des Etats-Unis était soutenue de manière écrasante aussi bien par les Démocrates que les Républicains au Congrès. Et aujourd’hui, l’administration Obama reste dans le même registre que Bush en ce qui concerne l’Afghanistan.</p>
<p>Il est temps d’en finir avec ce gaspillage tragique de vies et d’argent en Afghanistan, et de retirer nos troupes maintenant.</p>
<p>&#160;</p>
<p><em><strong>Erik Ruder</strong> a écrit cet article dans l’hebdomadaire de l’ISO (International Socialist Organization), Chicago.</em></p>
<p>Source : Mondialisation.ca</p>
</div>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[La France et la politique de l’OTAN en Afghanistan]]></title>
<link>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/05/la-france-et-la-politique-de-l%e2%80%99otan-en-afghanistan/</link>
<pubDate>Thu, 05 Nov 2009 13:10:25 +0000</pubDate>
<dc:creator>Bao</dc:creator>
<guid>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/05/la-france-et-la-politique-de-l%e2%80%99otan-en-afghanistan/</guid>
<description><![CDATA[Par Jacques Sapir Au vu de l’enlisement de l’OTAN, « il est clair désormais qu’il nous faut repenser]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><em>Par Jacques Sapir</em></p>
<p><strong>Au vu de l’enlisement de l’OTAN, « <em>il est clair désormais qu’il nous faut repenser la question des buts comme celle des alliances,</em> » constate Jacques Sapir, qui suggère de rechercher une implication des puissances voisines, la Russie, la Chine et l’Iran, dans la résolution du conflit, mouvement qui selon lui pourrait préfigurer un rapprochement entre l’Alliance Atlantique et l’Organisation de Coopération de Shanghaï. Cette redéfinition des objectifs et de la stratégie requiert que le « <em>scénario de cette guerre ne [soit] écrit uniquement, ou même principalement, par les États-Unis</em> ». « <em>La principale faute du gouvernement français et de son Président actuel ne fut pas de rejoindre le commandement intégré de l’OTAN mais de ne pas avoir usé de ce prétexte pour forcer les Américains à discuter de ces questions, dans notre intérêt comme dans le leur</em> », estime Jacques Sapir, qui s’interroge : la France fera-t-elle preuve du courage nécessaire pour impulser ces remises en cause ?</strong></p>
<p><a rel="attachment wp-att-2073" href="http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/05/la-france-et-la-politique-de-l%e2%80%99otan-en-afghanistan/les-fronts-de-linsurrection/"><img class="aligncenter size-full wp-image-2073" title="Afghanistan : les fronts de l'insurrection" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/les-fronts-de-linsurrection.jpg" alt="Afghanistan : les fronts de l'insurrection" width="450" height="364" /></a></p>
<p>La seconde guerre d’Afghanistan dure maintenant depuis plus de sept ans. C’est l’age de la maturité, mais c’est aussi celui des bilans. C’est une guerre discrète, qui a le bon goût de ne pas venir envahir la une de nos quotidiens ni des journaux télévisés, sauf en cas de pertes importantes, comme en 2008. C’est une guerre que l’on pourrait presque oublier. D’ailleurs, à ne voir que les images que l’on veut bien nous montrer, l’Afghanistan n’est présent dans notre quotidien que très épisodiquement, et sous la forme d’un hôpital que l’on inaugure un jour en présence de personnalités du monde des arts et du spectacle, d’une ferme modèle ou d’une école un autre jour.</p>
<p>Qui croirait que dans cette guerre se jouent des équilibres internationaux ? Le retour de la France au sein du commandement intégré de l’OTAN a pourtant été justifié par ce conflit. C’est dire tout le mérite de ce livre et de ses auteurs, qui ont remis sur le devant de la scène cette guerre pour tenter d’en tirer les leçons avant qu’il ne soit trop tard. Car, cette guerre, nous pourrions bien la perdre, et avec elle l’ensemble de notre crédibilité de « <em>démocratie occidentale</em> ».</p>
<p>Qui parle de guerre dit les morts et les blessés, les estropiés et les victimes civiles, ici bien plus nombreuses que les victimes militaires. Il n’est pas de guerre sans victimes, en dépit de ce que l’on veut nous faire croire. Faire la guerre implique de tuer, souvent, et de mourir, parfois. On ne fait donc pas la guerre innocemment, et l’on ne la fait pas par hasard ; du moins ne le devrait-on pas.</p>
<p>Pourtant, cette guerre a quelque chose de clandestin. C’est une guerre faite en fraude, par une alliance, l’OTAN, dont ce n’était ni le but ni la fonction, et qui a été véritablement détournée de son objectif premier. Elle ne devait pas prendre d’ailleurs la figure d’une guerre initialement, tout au plus d’une mission de maintien de l’ordre faisant suite à l’offensive américaine de l’hiver 2001-2002.</p>
<p>Alors, nous l’oublions, jusqu’à ce qu’un événement, en général tragique, la propulse pour un instant à la première page. Nous avons alors droit à des discours, mi-ronflants mi-larmoyants, sur la nécessité de cette guerre et sur l’indispensable union nationale qu’elle devrait impliquer. Puis, toute cette émotion retombe et l’on oublie l’Afghanistan jusqu’au prochain incident, à la prochaine catastrophe. Est-ce parce que nous ne savons pas vraiment pourquoi sommes-nous en Afghanistan ? Est-ce par ce que notre présence est inadéquate ? Est-ce enfin parce que cette guerre que nous menons sans la diriger, et dont nous avons honte dans certains milieux, est une guerre que nous sommes en train de perdre ?</p>
<p>Ces questions dérangent, mais il faut les poser.</p>
<p>Les interventions militaires des puissances occidentales semblent aujourd’hui provoquer plus de chaos que d’ordre. Il faut s’interroger sur ce paradoxe. L’application de la force armée devait nous donner plus de sécurité. Elle n’a réussi qu’à étendre l’insécurité, à contaminer un autre pays (le Pakistan), tout comme il y a quelques années de cela une autre intervention contre le pouvoir des « <em>tribunaux islamiques</em> » de Somalie a donné un nouveau développement à la Piraterie sur la façade est de l’Afrique. Est-ce parce que ces guerres sont inutiles ou parce qu’elles sont mal menées ?</p>
<p>Plus profondément, c’est la question de la « <em>guerre à distance</em> » qui est posée. Cette théorie de la guerre est en train de gagner progressivement tous les pays occidentaux, à l’imitation des États-Unis. Mais, la « <em>guerre à distance</em> », avec sa promesse de pertes nulles (du moins pour celui qui la pratique&#8230;), s’avère un piège redoutable qui se referme sur celui qui s’y abandonne.</p>
<p>Dans le même temps, on assiste à un retour du concept de guerre « <em>anti-insurrectionnelle</em> ». Ce dernier, plus réaliste en apparence, n’est pas non plus sans défauts. Il oblige dans tous les cas à repenser l’articulation des moyens militaires et des moyens civils (parfois mis en oeuvre par des militaires ou d’anciens militaires) nécessaire pour que ces opérations apportent une sécurité durable.</p>
<p>Enfin, se pose la question de l’ordre que nous voulons établir. Comment créer un Etat alors que nous sommes en train, au nom de l’idéologie néo-libérale, partout de les affaiblir et de les démanteler ? Cela est vrai aussi en Afghanistan où des sociétés de sécurité privées, avec leurs propres règles d’engagement, se développent et prolifèrent en parallèle à l’action publique, et où l’on a voulu imposer de toutes forces la privatisation d’une agriculture aux dépens des structures collectives qui existaient dans les villages.</p>
<p>On aboutit à reformuler le paradoxe par lequel nous avons commencé. Cherchons-nous réellement à produire de l’ordre ou, au contraire, sommes nous engagés, volens nolens, dans une production de chaos à grande échelle ? Peut-il y avoir un ordre néo-libéral ou bien ce dernier concept est-il si radicalement étranger à la notion d’ordre qu’il ne peut que produire du chaos ? Cette question est loin d’être académique. De la réponse que nous lui apporterons dépendra le sort de l’Afghanistan mais aussi, d’une certaine manière, le nôtre.</p>
<h2>Sommes-nous en train de répéter les erreurs des Soviétiques ?</h2>
<p>Ce n’est pas un mystère que la guerre a pris pour les forces de l’OTAN une mauvaise tournure. Ceci nous est confirmé de manière quasiment quotidienne par l’allongement sinistre de la liste des pertes humaines. Encore faut-il signaler que, dans ces pertes, nos ministres et nos journalistes ont le bon goût de ne pas ajouter celles de la population civile qui sont, et de loin, nettement plus considérables.</p>
<p>La montée en puissance des Talibans, l’insécurité qui règne dans les villes, et ce alors que, au départ, elles étaient relativement sures, sont ici autant de signes indéniables d’une dégradation de la situation sur le terrain. Il faut y ajouter la déstabilisation du Pakistan, dont les « <em>zones tribales</em> » ont été un refuge pour ces mêmes Talibans et qui, aujourd’hui doit faire face à une double offensive de ces derniers, la première sur le terrain directement militaire et la seconde, peut-être plus dangereuse encore, qui a pris la forme d’une pénétration des administrations et des forces de sécurité. Dans un pays brutalement fragilisé par la crise économique depuis 2008, et confronté au reflux des capitaux en provenance du Golfe, la combinaison de l’insécurité économique et de l’insécurité politique pose un redoutable double défi.</p>
<p>L’OTAN est entrée en Afghanistan, à la suite des Américains, escomptant une guerre courte qui serait suivie d’une période d’opérations de maintien de l’ordre. Si, effectivement, les forces des Talibans n’ont pu empêcher les Américains et les Forces de l’OTAN de se saisir des principales villes, c’est dès ce moment qu’une grave erreur a été commise. En poussant Hamid Karzaï au pouvoir, les Américains se sont peut-être assurés de la fiabilité du gouvernement de Kaboul, mais certainement pas de sa légitimité. Les accords passés avec divers chefs de guerre ont certes permis une avancée rapide des troupes de la coalition, mais au prix d’une fragmentation du pouvoir. Confiant dans des accords qu’ils ont signés avec le commandement militaire, ces chefs de guerre n’ont pas perdu de temps pour renforcer leur pouvoir en leurs fiefs. La corruption éhontée du gouvernement central, qui trouve son origine dans la famille du Président et qui a été favorisée au départ par les Américains qui y ont vu un moyen simple de s’assurer des fidélités, n’a fait que renforcer le manque de légitimité du gouvernement en place à Kaboul. La consternante mascarade de l’élection présidentielle, qui a vu Hamid Karzaï déclaré vainqueur par défaut, son concurrent s’étant retiré devant l’ampleur des fraudes, ne vient pas redorer le blason de ce pouvoir.</p>
<p>On connaît la suite des événements. La corruption est donc devenue endémique, aboutissant à une dilution de l’aide et à son inefficacité. On estime aujourd’hui que 20% de l’aide internationale atteint ses destinataires. Les infrastructures, à l’exception de celles qui ont un intérêt militaire, sont toujours en ruines. La politique de la Banque Mondiale, qui a poussé à la privatisation de terres en propriété collective villageoise (car dépendant des systèmes d’irrigation) a provoqué un effondrement des cultures tant vivrières que commerciales. Cette catastrophe s’est accompagnée de la reprise de la culture du pavot, qui avait été sérieusement limitée par les Talibans. Ce qui avait d’ailleurs été un des très rares gestes positifs qu’ils aient faits durant leur période au pouvoir.</p>
<p>Dès lors s’est mis en place un cercle vicieux infernal. L’appauvrissement de la majorité de la population conduit au recours aux cultures anciennement interdites, ce que favorisent les pouvoirs locaux. Ces derniers reprennent alors le cycle des exactions et du trafic qui leur avaient valu d’être supplantés par les commandants Talibans. La nostalgie pour l’ancien ordre ne fait que croître et entraîne une répression largement aveugle de la part des troupes de l’OTAN, tandis qu’à Kaboul se développe une économie de la rente et de la prédation. Tout cela contribue alors à faire à nouveau le jeu des Talibans, et entraîne de nouvelles attaques des troupes de l’OTAN avec des dommages importants dans les populations civiles. Par ailleurs, poussée au désespoir par les conditions matérielles et l’absence totale de perspectives, la fraction « <em>moderne</em> » de la population ne voit pas d’autres solutions que l’exil et vient grossir le flot qui s’accumule à Calais.</p>
<p>Le fait est que si le régime des Talibans était incroyablement arriéré et sanguinaire, les puissances occidentales ont plongé l’Afghanistan dans un chaos qui s’est avéré, à certains égards, pire encore pour la population, à l’exception de quelques rares microrégions et de quelques privilégiés. La puissance de feu des troupes de l’OTAN s’avère dès lors incapable de gagner la guerre. Dans un certain nombre de cas, elle contribue même aux problèmes évoqués plus haut.</p>
<p>On peut ici faire la comparaison avec la guerre que menèrent les forces soviétiques. L’inadaptation des moyens et des forces a été patente durant toute la première période du conflit. Ceci avait conduit à de lourdes pertes. Le processus d’apprentissage qui s’est alors produit a conduit à accorder une importance particulière aux progrès sociaux de la population civile, du moins dans les parties que les Soviétiques considéraient comme utiles, et à appliquer une politique de la terre brûlée et du combat à outrance dans le reste de l’Afghanistan. On oublie un peu vite que le gouvernement, que les Soviétiques avaient mis en place sur la base d’une partie de leurs partisans locaux, a réussi à survivre trois ans au départ de leurs troupes. Combien de semaines le gouvernement Karzaï tiendrait-il si les Américains et l’OTAN devait quitter soudainement le pays ?</p>
<p>Or, il faut être bien conscient que c’est à cette aune-là qu’il nous faudra mesurer le succès ou l’échec de notre présence. Les conditions de notre départ seront aussi les conditions de notre succès.</p>
<p>Pour l’instant, non seulement avons-nous été dans l’incapacité de sécuriser ne serait-ce qu’une partie de l’Afghanistan, mais nos méthodes de guerre, qui sont en train de ruiner la société afghane ont profondément déstabilisé le Pakistan voisin. Nous voici confrontés à une crise de sécurité globale dans la région, et dans laquelle est impliqué un pays qui dispose de l’arme nucléaire. Ce problème est en réalité bien plus important que celui de l’Iran. Il fait réellement de l’Afghanistan un enjeu stratégique et politique majeur.</p>
<h2>La nature et les buts de la guerre.</h2>
<p>Cette guerre est aussi déterminée par ce que furent, et ce que sont, ses buts. La décision de « <em>libérer</em> » l’Afghanistan de la domination cruelle des talibans a été présentée au monde occidental comme une évidence, que renforçait la complicité de ses derniers dans les attentats du 11 septembre 2001. Mais, rapidement, la réalité de la guerre a divergé de ce qu’elle était censée être.</p>
<p>Si les talibans ont été chassés de Kaboul dans les provinces nombreux sont les chefs de guerre qui furent leurs alliés et qui survivent aujourd’hui, sur la base d’accords passés soit directement avec les Américains soit indirectement par le biais du gouvernement Karzaï. La population de l’Afghanistan a par ailleurs fort peu profité de cette « <em>libération</em> ». Aussi est-on est en droit de se demander si l’on n’a pas sacrifié l’avenir dans la manière dont ont installé un nouveau pouvoir. Au-delà, c’est bien l’esprit même de cette guerre que l’on a trahi en tolérant au mieux une version molle de la dictature des talibans, au pire (dans certaines régions) une reprise à l’identique de cette même dictature, pourvu qu’elle soutienne les forces de l’OTAN. Ainsi peut s’expliquer le manque de vigueur des protestations des pays occidentaux face au trucage des élections présidentielles de 2009. Il contraste fortement avec ce à quoi l’on est habitué par ailleurs, et en particulier quand ces élections se déroulent dans des pays dont les politiques sont contradictoires aux nôtres. Mais, ce faisant, on enfonce encore un peu plus le clou dans le sentiment, aujourd’hui très répandu, que la « <em>démocratie</em> » et les « <em>valeurs occidentales</em> » ne sont que des prétextes. Nous participons ici à une instrumentalisation des valeurs démocratiques dont nous serons, à terme, les premières victimes.</p>
<p>Au-delà, cette politique révèle un dangereux paradoxe : pour protéger nos soldats, nous sommes désormais conduits à pactiser, ou à chercher à pactiser, avec les néo-talibans. Mais nos soldats sont en théorie en Afghanistan pour se défaire de ce régime. Ainsi se révèle une stratégie doublement perdante. Pour les ultras, tout gouvernement ayant l’aval des occidentaux sera illégitime. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les talibans ont rejeté la main tendue par le gouvernement Karzaï. Pour les autres, et qui devraient être nos alliés, à quoi bon s’engager derrière les occidentaux si ces derniers sont prêts à passer des compromis pour obtenir le ralliement des talibans ?</p>
<p>Qui donc aujourd’hui peut croire que nous sommes réellement en Afghanistan pour y défendre les « <em>droits de l’homme</em> » (et ceux des femmes en particulier) ? Ainsi s’inscrit le cercle de la désespérance qui pousse une partie de l’élite intellectuelle afghane dans l’émigration. La politique stupide de notre Ministre de l’Intégration, Éric Besson, vient alors conforter la politique absurde de notre Ministre des Affaires Étrangères, Bernard Kouchner. Le premier veut renvoyer dans leur pays ceux qui ont fuit la situation mise en place par le second. Il leur dénie, contre toute évidence, le statut de réfugiés. Quant au second, l’aveuglement criminel dont il fait preuve quant à la politique américaine, et dont il a déjà donné des exemples que ce soit au Kosovo ou au sujet de l’Irak, le conduit à apporter la caution de la France à une situation chaque jour plus désastreuse.</p>
<p>Cependant, cet écart désormais palpable entre les buts proclamés et la réalité nous révèle aussi la possibilité qu’il y ait des buts de guerre inavoués car inavouables. On peut en dresser une courte liste.</p>
<p>Il y a tout d’abord la volonté américaine de trouver aux hydrocarbures d’Asie Centrale une voie de sortie qui ne soit dépendante ni du bon vouloir des Russes ni des Iraniens. Tel fut, ne l’oublions pas, le sens de la diplomatie américaine du temps du Président Clinton.</p>
<p>Il y a ensuite la volonté de s’installer dans ce qui est l’un des pivots géostratégiques d’une région à haut risque.</p>
<p>Il y a enfin la volonté délibérée de faire une démonstration de puissance à l’usage des voisins, qu’il s’agisse de la Chine ou de l’Iran, et de s’attirer les bonnes grâces de l’Inde.</p>
<p>Disons le tout net, si telles étaient les raisons de la présence de l’OTAN, c’est bien à un échec tout aussi patent que l’on est confronté. La démonstration de force a tourné court. La présence géostratégique est d’ailleurs dépendante largement de cette démonstration de force. Elle est au mieux contestable dans les circonstances actuelles. Quant aux intérêts pétroliers, il est clair aujourd’hui que pour au moins une décennie, si ce n’est plus, nulle compagnie n’investira dans la région, sauf peut-être une compagnie Russe&#8230;</p>
<p>Reste donc l’argument qui nous est aujourd’hui présenté. L’Afghanistan est l’un des foyers du terrorisme et cela exige notre présence pour combattre ce dernier. Mais, il n’y a rien de terroriste par nature dans un peuple, et le pouvoir des talibans d’ailleurs ne fut pas la seule source de ce dit terrorisme. La meilleure des réponses au terrorisme serait de permettre à l’Afghanistan d’évoluer vers une situation, si ce n’est de liberté, du moins de progrès social. Il faut alors noter qu’une telle stratégie implique une rupture nette à la fois avec tout ce que compte l’Afghanistan de néo-talibans et aussi avec ce que charrie l’idéologie néo-libérale. Nous n’en prenons pas le chemin.</p>
<p>Faudra-t-il alors s’accommoder de la litanie des pertes, et ce jusqu’au moment où les opinions publiques, à juste titre lassées, nous obligerons à nous retirer ?</p>
<p>Nous voici donc dans une guerre qui ne dit pas son nom, dont les buts sont aujourd’hui suffisamment brouillés et obscurcis pour devenir indéchiffrables, et dont le coût, humain et matériel, ne cesse de monter. Les options qui nous sont offertes ne sont pas illimitées et le temps qui nous est imparti n’est pas indéfiniment extensible. C’est pourquoi les problèmes des alliances, et du fonctionnement de l’Alliance atlantique, sont aujourd’hui posés, même si peu nombreux sont ceux de nos dirigeants politiques qui veulent bien l’admettre.</p>
<h2>Les alliances.</h2>
<p>Il est donc clair désormais qu’il nous faut repenser la question des buts comme celle des alliances. La principale faute du gouvernement français et de son Président actuel ne fut pas de rejoindre le commandement intégré de l’OTAN mais de ne pas avoir usé de ce prétexte pour forcer les Américains à discuter de ces questions, dans notre intérêt comme dans le leur. Nous ne saurons jamais qu’elle eut été la réaction américaine à un ultimatum de Paris : soit nous quittons l’Afghanistan, soit nous rentrons dans le commandement intégré, mais pour cela nous exigeons que soit posée à nouveau la question des alliances et qu’un bilan soit tiré des errements passés. Nous ne le saurons jamais parce qu’une telle alternative n’a pas été présentée à Washington. Pourtant, nul n’est obligé de suivre les bêtises d’autrui. Cette faute, nous la payons au prix du sang.</p>
<p>La première question qu’il nous faudra trancher, et ce dans un proche avenir, est celle d’un élargissement de l’alliance. Pour dire les choses crûment, faut-il pousser encore plus loin l’internationalisation de la guerre, et y intégrer la Russie et la Chine, et peut-être l’Iran ?</p>
<p>Ceci est moins absurde qu’il n’y paraît. La Russie est directement préoccupée par le devenir de l’Afghanistan, que ce soit de manière indirecte pour la sécurité de l’Asie Centrale ou même de manière directe en raison du développement du trafic de drogue sur son territoire en provenance d’Afghanistan. Elle participe dès aujourd’hui à la formation de la police afghane. Elle pourrait contribuer à celle de l’Armée dans les mois à venir. S’il est pour l’heure exclu que la Russie déploie des troupes en Afghanistan (hors les unités de SpetsNaz qui opèrent le long de la frontière du Tadjikistan), sa contribution économique pourrait être relativement importante dans le domaine des infrastructures publiques.</p>
<p>La Chine est, elle aussi, inquiète du développement de l’activisme religieux issu d’Afghanistan, et aujourd’hui du Pakistan, qui se manifeste sur son territoire. Si la Chine a pour l’instant une politique de non-intervention, en particulier dans le domaine militaire, elle pourrait participer plus largement aux opérations de sécurité par le biais de l’Organisation de Coopération et de Sécurité. Quant à l’Iran, son contentieux avec les Talibans est ancien, et avait laissé planer la possibilité d’une intervention iranienne dans ce pays en 1999/2000. On mesure ici toute l’absurdité qu’il y a à vouloir à tout prix construire ce pays en ennemi alors qu’il détient en partie l’une des clés de la sécurité au niveau régional.</p>
<p>Mais, pour élargir l’alliance, il faut alors résoudre d’autres problèmes d’ordre géopolitique. Ils concernent la Russie en premier lieu mais aussi la Chine et surtout l’Iran. Il n’est donc pas possible de traiter la question de l’élargissement de l’alliance en dehors d’une révision de la politique américaine au Moyen-orient pris dans son sens le plus large. Or, si l’arrivée du Président Obama a bien mis fin aux excès de l’administration précédente, nous sommes néanmoins très loin d’une révision globale. Sous la férule d’Hillary Clinton, c’est plus à une adaptation qu’a un véritable changement que les Etats-Unis ont consenti pour ce qui concerne leur politique étrangère.</p>
<p>Pourtant, l’Afghanistan pourrait être l’occasion d’un rapprochement entre l’OTAN et l’OCS, dont la Russie et la Chine sont parties prenantes et où l’Iran a le statut d’observateur. Cette « <em>alliance des Alliances</em> » est très certainement de toutes les possibilités celle qui possède le plus gros potentiel pour une stabilisation de l’ensemble de la région.</p>
<p>Une seconde question qui sera elle aussi à trancher dans un très proche avenir concerne les équilibres dans l’alliance actuelle. Elle est à l’évidence liée à la première, mais elle possède aussi sa dynamique propre. Pour dire les choses brutalement, le scénario de cette guerre ne peut être écrit uniquement, ou même principalement, par les Etats-Unis. Soit ces derniers acceptent que leurs partenaires aient leur mot à dire au plus haut niveau et que la question des buts de guerre soit à nouveau posée, soit l’alliance connaîtra des jours sombres. Comment pourrions-nous rester dans une alliance où notre voix ne serait pas entendue ? Les combats de l’été 2009 ne font en réalité que préfigurer ce qui nous attend en Afghanistan et l’hiver s’annonce sous de biens sombres augures. Ce n’est donc pas faire preuve d’un chauvinisme cocardier que d’affirmer que le débat doit avoir lieu au sein de l’OTAN, et ce pour le bien de tous. Ce n’est pas, non plus, faire preuve du même chauvinisme cocardier que de penser que, si cela ne pouvait être, si les Etats-Unis et leurs clients traditionnels (Grande-Bretagne, Canada) se refusaient à des révisions générales, il nous faudrait en tirer les conséquences quant à notre présence dans l’OTAN.</p>
<p>On peut, à partir de ces deux questions, imaginer trois scénarios pour le futur.</p>
<p>Le premier est donc celui d’un élargissement de l’alliance accompagné d’une révision profonde des buts de guerre. À une montée des effectifs présents sur le terrain répondrait alors un programme beaucoup plus volontariste (et réellement appliqué) de reconstruction de l’Afghanistan faisant la part belle à l’action publique. Ce programme prendrait en charge les infrastructures, mais aussi l’équipement des zones rurales en respectant les logiques collectives qui prédominent dans les villages. Il s’appuierait sur une politique de prix garantis pour les ressources agricoles rendant immédiatement tangibles les effets positifs de cette politique. Il s’agirait alors de rallier les franges de la population afghane qui sont porteuses de modernité à la fois par le développement d’une économie urbaine qui ne soit pas basée sur les rentes de toutes sortes et par une opposition claire aux « <em>ultras</em> » et aux « <em>neo-Talibans</em> ». Le processus de démocratisation serait relancé, ce qui implique très probablement le remplacement d’Hamid Karzaï et de certains de ses alliés. Un tel scénario implique nécessairement une présence durable en Afghanistan, que pourrait garantir « <em>l’alliance des Alliances</em> », mais il offre en définitive le plus de chances de transformer en profondeur les structures sociales de ce pays et de lui fournir le cadre économique et politique d’un gouvernement stable.</p>
<p>Le second scénario est celui de l’enlisement, marqué par la prédominance américaine dans l’alliance et les pathologies qui lui sont liées, que ce soit en matière opérationnelle ou dans le domaine de l’action civile. Les opérations de contre-guérilla ne peuvent aboutir ici qu’à des succès limités et transitoires. Elles sont porteuses d’un lourd passif avec les populations civiles qui, le plus souvent, sont les plus touchées. La structure politique du pays resterait inchangée, et avec elle la corruption et les trafics divers qui découragent une large partie de la population urbaine. L’élargissement, ou l’escalade horizontale, de la guerre apparaît alors comme extrêmement probable. La question de la stabilité du Pakistan sera posée de manière de plus en plus visible, et avec elle celle des armes nucléaires que ce pays détient. Il s’agit, ici, d’un problème bien plus réel et bien plus immédiat que la très hypothétique bombe iranienne.</p>
<p>Le troisième scénario est celui du retrait, opéré soit dans le désordre le plus total soit à la suite d’accords passés avec les « <em>neo-Talibans</em> ». Cette dernière option perd cependant chaque jour de sa crédibilité. Il y a fort à parier que ce retrait se ferait dans la confusion la plus totale, exposant par ailleurs les quelques fractions de la population qui ont exprimé des sympathies pour le nouveau régime à des représailles sanglantes qui feraient gonfler le flot des réfugiés.</p>
<p>Il est d’ailleurs parfaitement possible que l’on passe du second au troisième scénario. Dans le cas d’un retrait qui serait le produit d’un accord passé avec les « <em>neo-Talibans</em> », il faut bien mesurer ce qu’il coûterait aux pays de l’alliance, à la fois sur le plan interne et externe. Le reniement des buts de guerre tels qu’ils ont été formulés pour nos populations s’accompagnerait alors d’une « <em>perte de face</em> » durable et prolongée dans la région. L’intégrisme islamique aurait alors remporté sa première victoire indiscutable, redonnant à ce mouvement toute son agressivité à la fois en Orient et en Europe.</p>
<p>Nous sommes aujourd’hui, il faut bien le dire, calé sur le second scénario. C’est en partie par la faute du gouvernement français qui n’a pas voulu se saisir de l’opportunité que représentait le possible retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN pour obtenir une réouverture du débat sur les buts de guerre. Il est cependant possible que nous évoluions dans le futur vers une variante du premier. On peut espérer que les pressions pour une révision globale de la stratégie de l’OTAN se fassent jour chez les différents membres de cette alliance. On peut même souhaiter, à défaut de pouvoir raisonnablement l’espérer, que ce mouvement soit impulsé à partir de notre pays.</p>
<p>Mais, la probabilité la plus forte reste l’enlisement dans la durée et le basculement, toute honte bue, vers le troisième scénario.</p>
<p>Nul ne peut se satisfaire d’une telle solution. Outre le prix à payer, qui sera considérable tant du point de vue matériel que politique, il y a, bien entendu, le prix moral. Lui aussi sera élevé, qu’il s’agisse des soldats, qui pourront demander à juste titre pourquoi ont-ils combattus et au nom de quoi sont morts leurs camarades, ou des populations des pays du sud confrontés une nouvelle fois aux incohérences de notre action. Qui pourra croire désormais en notre engagement pour la démocratie ?</p>
<p>Pourtant, les seuls malheurs inévitables sont bien ceux que l’on n’a pas voulu éviter et auxquels on s’est résigné. Il n’est pas trop tard pour se donner les moyens, plus politiques que militaires d’ailleurs, de « <em>gagner</em> » la guerre en Afghanistan. Mais, ceci impose que l’on remette en débat et les buts de la guerre, et la méthode que l’on utilise, pour ne pas parler du système d’alliances. Alors que se prépare un hiver dramatique sur le terrain, en aurons-nous le courage ?</p>
<p>&#160;</p>
<p><em>Ce texte correspond à la version mise à jour de la postface écrite en juillet dernier au livre du Chef de bataillon (TA) Olivier Entraygues (édit.) Afghanistan 1979-2009, publié avec une préface du Général Druart, commandant la Task-Force Lafayette et un avant-propos du Colonel Baulain, chef de corps du CEPC de l’Armée Française.</em></p>
<p><em>Cet ouvrage, qui résulte d’un réel travail collectif mené sous la direction d’Olivier Entraygues, résume l’expérience des différentes forces, y compris l’Armée soviétique, qui ont eu à combattre en Afghanistan. De cet ouvrage, deux tirages ont déjà été faits, pour un total de 2000 exemplaires, et l’on peut espérer qu’il sera bientôt disponible sous une forme révisée pour toutes et tous qui veulent comprendre la situation.</em></p>
<p><em>Je veux ici remercier le coordinateur de cet ouvrage de m’avoir donné la liberté de publier cette version améliorée de mon premier texte. Les analyses contenues dans ce livre et dans ma postface ont été tragiquement confirmées par les évolutions, tant militaires que politiques, du début de cet automne. C’est pourquoi il m’a semblé nécessaire de publier une version mise à jour, et de la mettre à la disposition du grand public.</em></p>
<p><em>Il va sans dire que j’assume seul la responsabilité des opinions contenues dans le présent texte.</em></p>
<p>&#160;</p>
<p><em>Source : Contre Info</em></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[The Corporation (vidéo)]]></title>
<link>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/04/the-corporation-video/</link>
<pubDate>Wed, 04 Nov 2009 13:43:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>Bao</dc:creator>
<guid>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/04/the-corporation-video/</guid>
<description><![CDATA[Sous-titré français, le documentaire de Jennifer Abbott et Mark Achbar (Canada &#8211; 2003) est bas]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a rel="attachment wp-att-2046" href="http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/04/the-corporation-video/the-corporation/"><img class="aligncenter size-full wp-image-2046" title="The Corporation" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/the-corporation.jpg" alt="The Corporation" width="449" height="600" /></a></p>
<p>Sous-titré français, le documentaire de Jennifer Abbott et Mark Achbar (Canada &#8211; 2003) est basé sur le livre &#8221; <em>The corporation, the pathological pursuit of profit and power</em> &#8221; (Joel Bakan). Le documentaire fait intervenir plusieurs personnalités parmi lesquelles, Michael Moore, Noam Chomsky, Naomi Klein et Milton Friedman. Après une distribution réduite en salles, Mark Achbar décide de rendre le film disponible au téléchargement via BitTorrent, mais uniquement en version non sous-titrée. Merci de faire une donation sur le site officiel : http://www.thecorporation.com</p>
<p><span style='text-align:center;display:block;'><object width='400' height='330' type='application/x-shockwave-flash' data='http://video.google.com/googleplayer.swf?docId=1643050067177891440'><param name='allowScriptAccess' value='never' /><param name='movie' value='http://video.google.com/googleplayer.swf?docId=1643050067177891440'/><param name='quality' value='best'/><param name='bgcolor' value='#ffffff' /><param name='scale' value='noScale' /><param name='wmode' value='window'/></object></span></p>
<p>Pour voir le film en grand format : <a title="The Corporation" href="http://video.google.fr/videoplay?docid=1643050067177891440&#38;ei=MX_xStnVD9bB-AbFmaWoCg&#38;q=the+corporation+francais#">[url]http://video.google.fr/videoplay?docid=1643050067177891440&#38;ei=MX_xStnVD9bB-AbFmaWoCg&#38;q=the+corporation+francais#[/url]</a></p>
<p>Source : le blog de Ferlinpimpim</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Chomsky &amp; Compagnie (vidéo)]]></title>
<link>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/04/chomsky-compagnie-video/</link>
<pubDate>Wed, 04 Nov 2009 03:32:36 +0000</pubDate>
<dc:creator>Bao</dc:creator>
<guid>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/04/chomsky-compagnie-video/</guid>
<description><![CDATA[Chomsky &amp; Compagnie est un documentaire français de Daniel Mermet et Giv Anquetil, filmé par Oli]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a rel="attachment wp-att-2038" href="http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/04/chomsky-compagnie-video/chomsky-cie/"><img class="aligncenter size-full wp-image-2038" title="Chomsky &#38; Cie" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/chomsky-cie.jpg" alt="Chomsky &#38; Cie" width="300" height="428" /></a></p>
<p><strong>Chomsky &#38; Compagnie</strong> est un documentaire français de Daniel Mermet et Giv Anquetil, filmé par Olivier Azam, réalisé d&#8217;après une série de reportages de l&#8217;émission radio <em>Là-bas si j’y suis</em> diffusée sur France Inter.</p>
<p>De Paris à Boston, de Montréal à Toronto en passant par Bruxelles, à l’heure où impuissance et résignation l’emportent, le travail de Chomsky est un antidote radical. « <em>Le pouvoir ne souhaite pas que les gens comprennent qu’ils peuvent provoquer des changements</em> » dit Chomsky. Avec des dizaines de livres, des milliers d’articles et de conférences, à bientôt 80 ans « <em>l’auteur le plus cité au monde</em> » poursuit la mise à nu des mécanismes de domination. Un intellectuel, c’est quelqu’un qui veut que nous pensions comme lui. Chomsky veut que nous pensions par nous-même. Il ne veut pas nous amener à le croire, il veut nous amener à nous emparer par nous mêmes des connaissances et des informations qui nous permettent d’agir pour que cesse la domination de quelques-uns qui monopolisent le pouvoir de décision sur l’immense masse des autres. Chomsky affirme que le capitalisme et la démocratie sont incompatibles. Pour celles et ceux qui refusent de baisser les bras, Chomsky est une ressource fondamentale mais dans quel courant de pensées s&#8217;inscrit l&#8217;intellectuel engagé Noam Chomsky ?</p>
<p>Sur un fond de diabolisation de l&#8217;Islam aujourd&#8217;hui, le communisme hier, l&#8217;odyssée commence par la propagande médiatique et le contrôle de l&#8217;opinion publique à l&#8217;aide de la manipulation par la peur, l&#8217;insécurité et la violence. Par la suite, le documentaire aborde le débat sur les limites de la liberté d&#8217;expression et l&#8217;implication de l&#8217; État, en reprenant le cas de l&#8217;affaire Faurisson ayant opposé jadis Noam Chomsky à l&#8217;historien français Pierre Vidal-Naquet, pour se pencher sur les guerres d&#8217;Indochine, le génocide au Cambodge par les Khmers Rouges de Pol Pot aux massacres d&#8217;un autre conflit oublié de l&#8217;histoire entre l&#8217;Indonésie de Soeharto et le Timor Oriental financé par les États-Unis, le Canada, le Royaume Uni, la France et les Pays-Bas. Comparant le militantisme contre la guerre du Vietnam à l&#8217;opposition à la guerre d&#8217;Irak, le documentaire donne brièvement la parole à des déserteurs de ces deux guerres qui se sont réfugiés au Canada. Le voyage se termine en s&#8217;intéressant au mouvement altermondialiste contre le système capitaliste global et à la naissance d&#8217;une conscience internationale pour le progrès social.</p>
<p><strong>Première partie</strong></p>
<p><object width="425" height="254"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/x8rgx4"></param><param name="allowfullscreen" value="true"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/x8rgx4" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="334" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p><strong>Deuxième partie</strong></p>
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<p><strong>Troisième partie</strong></p>
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<p><strong>Quatrième partie</strong></p>
<p><object width="425" height="254"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/x8rhly"></param><param name="allowfullscreen" value="true"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/x8rhly" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="334" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p><strong>Cinquième partie</strong></p>
<p><object width="425" height="254"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/x8rhrx"></param><param name="allowfullscreen" value="true"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/x8rhrx" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="334" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p><strong>Sixième partie</strong></p>
<p><object width="425" height="254"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/x8ri0t"></param><param name="allowfullscreen" value="true"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/x8ri0t" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="334" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p><strong>Septième partie</strong></p>
<p><object width="425" height="254"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/x8ri7t"></param><param name="allowfullscreen" value="true"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/x8ri7t" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="334" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p><strong>Huitième partie</strong></p>
<p><object width="425" height="254"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/x8rihq"></param><param name="allowfullscreen" value="true"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/x8rihq" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="334" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p><strong>Neuvième partie</strong></p>
<p><object width="425" height="254"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/x8riiu"></param><param name="allowfullscreen" value="true"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/x8riiu" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="334" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Le nouveau désordre mondial (vidéo)]]></title>
<link>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/03/le-nouveau-desordre-mondial-video/</link>
<pubDate>Tue, 03 Nov 2009 19:35:09 +0000</pubDate>
<dc:creator>Bao</dc:creator>
<guid>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/03/le-nouveau-desordre-mondial-video/</guid>
<description><![CDATA[« L&#8217;idéal des Nations Unies est un idéal Juif. » David Ben Gourion, Time, le 16 août 1948. L]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a rel="attachment wp-att-2004" href="http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/03/le-nouveau-desordre-mondial-video/drapeau-israel-armes/"><img class="aligncenter size-full wp-image-2004" title="Israël, l'état d'apartheid" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/drapeau-israel-armes.jpg" alt="Israël, l'état d'apartheid" width="420" height="278" /></a></p>
<p style="text-align:center;">« <strong>L&#8217;idéal des Nations Unies est un idéal Juif.</strong> » David Ben Gourion, Time, le 16 août 1948.</p>
<p>L&#8217;éminent Roger Garaudy nous présente dans ce documentaire de Néant Prod intitulé <strong>Le nouveau désordre mondial</strong> (2006) une vaste fresque historique de la menace omniprésente du lobby sioniste internationale à travers diverses époques allant de la Déclaration de Balfour en 1917 aux nombreuses guerres énergétiques américaines du Moyen-Orient, &#8221; <em>le lieu stratégique le plus important du monde</em> &#8221; selon le général Eisenhower, jusqu&#8217;au lancement par le 43ième président des États-Unis et criminel de guerre George W. Bush de leur dernière croisade contre la terreur des groupes islamistes, officiellement.</p>
<p>Appuyant sa thèse à l&#8217;aide notamment d&#8217;ouvrages de référence mondialement célèbres tels que <strong>La Fin de l&#8217;Histoire et le Dernier Homme</strong> de Francis Fukuyama ou <strong>le Choc des Civilisations</strong> de Samuel Huntington, le philosophe et écrivain français Roger Garaudy, catalogué parmi les négationnistes de la Shoah, passe en revue <strong></strong> l&#8217;expansionnisme israélien dans le monde depuis la création de l&#8217;État juif en Palestine demeurant à ce jour comme étant le plus grave scandale politique de l&#8217;ONU.</p>
<p><strong>Première partie</strong></p>
<p><object width="425" height="254"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/x8g9rq"></param><param name="allowfullscreen" value="true"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/x8g9rq" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="334" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p><strong>Deuxième partie</strong></p>
<p><object width="425" height="254"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/x8ga4x"></param><param name="allowfullscreen" value="true"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/x8ga4x" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="334" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Repenser l’art de la guerre]]></title>
<link>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/02/repenser-l%e2%80%99art-de-la-guerre/</link>
<pubDate>Mon, 02 Nov 2009 19:35:22 +0000</pubDate>
<dc:creator>Bao</dc:creator>
<guid>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/02/repenser-l%e2%80%99art-de-la-guerre/</guid>
<description><![CDATA[Par Gregory Mailly « Le bon général a gagné la bataille avant de l’engager. » Sun Tzu Les attentats ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><em>Par Gregory Mailly</em></p>
<p><strong>« <em>Le bon général a gagné la bataille avant de l’engager.</em> » Sun Tzu</strong></p>
<p><a rel="attachment wp-att-1974" href="http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/02/repenser-l%e2%80%99art-de-la-guerre/afghanistan/"><img class="aligncenter size-full wp-image-1974" title="Afghanistan" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/afghanistan.jpg" alt="Afghanistan" width="450" height="337" /></a></p>
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<div>
<p>Les attentats du 11 Septembre 2001 ont montré combien la première menace qu’ont à affronter les nations est « <em>l’invisible, l’insensible, l’indétecté</em> ». New York, Madrid, Londres, Bombay rappellent la nécessité pour chaque grande puissance de repenser sa défense stratégique, soit l’art de conduire la guerre même quand elle n’est pas militaire. Car il ne suffit pas d’avoir les moyens de la force, il faut être capable d’intégrer celle-ci dans une véritable politique, savoir convertir cette force en stratégie de puissance. Cette complexité accrue de la stratégie impose un effort de réflexion sans précédent. Pour la France, il s’agit ainsi de choisir entre rester à la table des grands ou devenir une simple force supplétive. Pour cocher la première option, il nous faut comprendre un peu plus vite et un peu mieux ce qui nous menace de l’autre côté de la montagne.</p>
<h2><strong>Les carences du tandem dissuasion nucléaire/diplomatie</strong></h2>
<p>En France, pendant 50 ans, la dissuasion nucléaire a été la réponse à tout, la réponse du faible au fort. Seulement cette réponse unique, sanctuarisée, a éteint le débat stratégique français. Or, si l’arme nucléaire constituait effectivement une protection efficace jusqu’à la chute du mur de Berlin, ce n’est plus le cas aujourd’hui. L’annonce de la déclaration de guerre à l’Amérique a constitué un évènement nouveau : le rapport du faible au fort est devenu la réponse du fort au fou. Depuis lors, nul ne peut répliquer à une attaque terroriste en bombardant nucléairement une base supposée de ceux-ci et nul n’a pensé fort heureusement à nucléariser l’Afghanistan parce que les alliés de Ben Laden étaient proches du pouvoir. En outre, ces dernières années, la diplomatie a été la valeur dominante en matière de politique étrangère, en suivant un cheminement immuable : désarmement des belligérants, progression de la guerre froide vers la paix armée, puis de la paix armée vers la coexistence pacifique, etc. Cependant, si la diplomatie n’est pas un élément négatif en soi, loin s’en faut, « <em>il faut à la fois la force et la ruse</em> », selon le stratège Perse Ardashir. La carence des nations occidentales a été d’ignorer la force, et surtout l’adaptation à la force. A nouveau, si la dissuasion nucléaire est un outil parfait pour faire face à un Etat structuré et organisé, il existe a contrario de plus en plus d’Etats échoués ou d’espaces qui sont hors contrôle, qui signent une dégradation et une désagrégation des relations internationales _le retour des Pirates au large de la Somalie, que l’on avait cru oublié depuis 2 ou 3 siècles, en est un exemple parmi d’autres. De ce point de vue, la restructuration de la pensée stratégique nécessite une réadaptation à la réalité, car le principe de réalité gagne toujours, c’est juste plus ou moins long.</p>
<h2><strong>Evolution de la pensée stratégique occidentale</strong></h2>
<p>La recherche stratégique française s’est arrêtée avec les années soixante aux Généraux de premier rang Gallois, Poirier, et Raymond Aron. Depuis, ce sont les Américains qui donnent le « <em>la</em> ». Ce sont eux qui définissent les concepts, les méthodes, le vocabulaire, et qui les diffusent à travers le monde. Rares sont ceux qui essaient encore d’y résister. Hélas, les think-tanks Américains sont d’abord des tanks : ils servent à véhiculer la pensée officielle, pas à l’éclairer. D’ailleurs, beaucoup d’Américains eux-mêmes sont en demande de pensées différentes et divergentes pour reconstruire des stratégies efficaces après s’être totalement embourbés en Irak. La situation Afghane n’est du reste pas un exemple de réussite et celle à la frontière avec le Mexique, où la drogue a tué beaucoup plus que tous les soldats américains tombés en Irak et Afghanistan, mériterait que les Américains s’attaquent en profondeur à ce fléau.</p>
<h2><strong>La recherche stratégique actuelle à travers les Think-Tanks</strong></h2>
<p>Aujourd’hui, le paysage de la recherche stratégique en France est essentiellement animé par les quatre think-tanks suivants : − L’organisme le plus important est la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS). Elle se livre à des recherches sur contrat, mais publie peu ; − L’Institut français des relations internationales (IFRI) conserve un département stratégique, mais celui-ci n’a plus son activité d’antan. L’IFRI travaille sur les questions stratégiques de manière ponctuelle, mais se tourne en priorité vers les questions d’économie et de politique internationales ; − L’Institut de recherches internationales et stratégiques (IRIS). Son activité proprement stratégique était, jusqu’à présent, faible et il était plutôt un institut de relations internationales ; − Le Groupe de recherches interdisciplinaire sur la sécurité et sur la paix (GRISP), publie une intéressante lettre d’information, Le Débat stratégique.</p>
<p>L’impression générale qui se dégage de ce panorama est qu’a succédé à la pensée des années soixante une pléthore d’organismes qui se font concurrence et qui témoignent d’une incontestable vitalité, sans forcément un réel dynamisme de la recherche. Si les recherches sont certainement plus abondantes, il n’est pas certain que leur qualité rivalise avec celles des grandes signatures des années soixante. S’il existe de nombreux analystes de qualité aujourd’hui, rares sont les théoriciens capables d’exercer une influence réelle sur la formulation de la politique de défense.</p>
<h2><strong>Comprendre l’ennemi pour pouvoir le combattre : l’exemple d’Al-Qaïda</strong></h2>
<p>L’organisation dite Al-Qaïda est en fait le « <em>Front islamique international de lutte contre les Juifs et les croisés</em> ». Al-Qaïda est un nom dont ses leaders ne se sont jamais donnés, il leur a été affublé par les Occidentaux par facilité de dénomination et pour radicaliser encore un peu plus Oussama Ben Laden vis-à-vis de l’opinion. Car l’organisation de Ben Laden n’est pas ce que nous aurions aimé, à savoir une organisation du type de celle de Dr. No dans James Bond : un chef (Dr. No), une organisation pyramidale avec des râteaux, un quartier général, des lumières qui clignotent, des missiles anti-missiles, des souterrains, un jacuzzi… En effet, l’ancien quartier général de Ben Laden à Tora Bora n’est qu’une succession de grottes sans rien autour. L’ennemi ne correspond donc pas à ce qu’il devrait être. En fait, c’est une nébuleuse du crime, une mutuelle du crime, une franchise du terrorisme organisée de façon informelle et qui vise simplement à mettre en commun un certain nombre de moyens. Et comme ce mode de développement n’est en rien compréhensible par rapport au notre, on est face à un dispositif protéiforme, devant lequel le médicament habituel ne peut pas agir car le virus continue à muter. Al-Qaïda n’était pas ce qu’on croyait il y a dix ans, et Al-Qaïda continue à évoluer, à changer de nature.</p>
<p>Lorsqu’on demande à l’adversaire de bien vouloir avoir la gentillesse de faire la même chose que précédemment à la même heure et au même endroit, on est évidemment surpris quand l’adversaire décide de faire différemment, ailleurs et pas à la même heure. Ce travers est assimilable au syndrome d’Azincourt, où une puissante chevalerie montée, lourde et lente, fut décimée par des archers rapides et efficaces.</p>
<p>Il n’est pas impossible qu’Al-Qaïda se soit rapprochée pour des raisons pratiques d’un certain nombre d’Etats qui lui fournissent, par intérêt, un certain nombre de moyens. Tout le monde s’est rappelé assez rapidement que Ben Laden a été un produit inventé par les Occidentaux au moment de la campagne de libération de l’Afghanistan contre les Soviétiques, financé et armé par la CIA. Le problème c’est ce qu’il est devenu après. Finalement, Ben Laden est une sorte de « <em>golem</em> » pour les Américains. Dans la mystique juive, le golem, créé une nuit pour libérer le peuple juif, échappe à ses créateurs et devient leur propre bourreau.</p>
<h2><strong>L’utilité des Think-Tanks face à la difficulté d’annoncer les menaces de demain</strong></h2>
<p>A force d’être obnubilé par le terrorisme, on n’a pas vu le crime organisé, à force d’être obnubilé par le crime organisé, on n’a pas vu les subprimes, et c’est à force d’être obnubilé par les subprimes qu’on risque de ne pas voir venir le prochain épisode, de la même manière qu’on n’avait pas vu venir la canicule ou la maladie de Creutzfeld-Jacob… Le risque est de s’enfermer dans une problématique de petites cases, d’immédiateté, comme durant l’épisode qui a vu s’écrouler les tours jumelles en 2001, qui a commencé en fait dès 1996, à une époque où personne n’avait lu ni même traduit la déclaration de guerre d’Al-Qaïda à l’Amérique. Et depuis, le crime organisé s’est professionnalisé, et fonctionne désormais selon les règles de l’économie de marché. C’est même la première organisation globalisée du monde, qui constitue pour les criminologues un étalon du développement économique : intégration verticale, horizontale, rémunération « <em>incentive</em> », département R&#38;D… on ne peut guère leur reprocher qu’une gestion de la concurrence un peu définitive !</p>
<p>Aujourd’hui, 20 à 30 % des dépôts dans le monde sont de l’argent gris, mi-sale, mi-sali, noirci parfois, blanchi souvent. Ce canal de financement sert pour beaucoup à de la rétro-commission, au trafic, au racket, et petitement au financement du terrorisme car c’est ce qui est le moins cher de l’ensemble, même si ca représente des sommes considérables. Adam Smith avait raison : <em>la main invisible en économie existe. Il avait juste oublié qu’elle est criminelle !</em> L’entreprise criminelle est la première entreprise globalisée du monde. Le crime n’est pas en récession.</p>
<p>L’exemple terroriste n’est pas le seul qui illustre parfaitement la difficulté à appréhender les crises de demain. Force est de constater qu’Harry Markopolos, qui a dénoncé les agissements frauduleux de Bernard Madoff dès 2005 n’a pas été écouté, pas plus que ceux comme Georges Soros, Nouriel Roubini ou Jean-Marie Messier qui annoncent aujourd’hui ce que sera le monde financier de demain. Il est assez compliqué de se retrouver dans la position de Cassandre. La vraie difficulté est de ne pas confondre le télescope et le microscope, car la confusion de celui qui veut regarder loin et celui qui veut regarder près, ce n’est pas tellement sa volonté, mais l’outil qu’il utilise et sa capacité à l’accepter. Car si l’on considère les phénomènes qui se sont passés au cours des 20 dernières années : dans 90% des cas, ils ont été annoncés, précisés ; des moyens d’informations permettaient de comprendre ce qui allait arriver, parfois où, parfois quand. Et il y a toujours quelqu’un qui a refusé d’y croire. Pour entendre ces signaux, l’un des axes de travail serait de donner une caisse de résonnance beaucoup plus forte aux organes de réflexion comme les think-tanks qui mènent un travail suffisamment poussé pour évoquer les pistes non seulement de ce que sera demain mais aussi sur ce qu’il serait possible de faire pour l’améliorer. D’autant que la crise actuelle offre les conditions de marché pour que s’ouvre une nouvelle redistribution des cartes de l’information.</p>
<h2><strong>Conclusion</strong></h2>
<p>La crise, c’est ce qui rompt un ronronnement, une monotonie, une habitude. En matière stratégique, ne pas anticiper, prévoir les crises, c’est se condamner systématiquement à perdre soit des batailles, soit des guerres. Il y a une difficulté naturelle dans nos systèmes à imaginer ce qui est différent. Pour prendre un exemple simple, quand vous voyagez le 11 septembre, depuis 2001, il existe une collective obsession d’une célébration potentielle des attentats. Ceci est parfait dans un monde avec un calendrier solaire, mais dans un espace avec un calendrier lunaire, et où on ne souhaite pas son propre anniversaire, surtout pas celui du prophète, l’idée même qu’il puisse se passer quelque chose de régulier le 11 septembre n’a aucun sens, sauf pour nous. Et une idée essentielle de ce que nous construisons pour lutter, résister contre les adversaires, se fait en fonction de critères culturels qui sont les nôtres et pas les leurs. Le sujet est finalement d’essayer de comprendre ces différences, de faire comprendre ces différences ; bref d’avoir l’esprit ouvert.</p>
<p>&#160;</p>
<p>Source : Observatoire Français des Think Tanks</p>
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</div>]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[Semaine de Merde]]></title>
<link>http://lagene.wordpress.com/2009/10/30/semaine-de-merde/</link>
<pubDate>Fri, 30 Oct 2009 15:55:55 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&#39;Arabe</dc:creator>
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<description><![CDATA[Je sais pas pour vous, mais moi je suis content d&#8217;être vendredi soir. Vraiment. D&#8217;abord ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:justify;"><img class="alignleft" src="http://www.chinaski.fr/wp-content/uploads/2008/10/bigard.jpg" alt="" width="200" height="200" />Je sais pas pour vous, mais moi je suis content d&#8217;être vendredi soir. Vraiment. D&#8217;abord parce que demain, c&#8217;est mon premier jour de repos depuis 21 jours (Workaholic? Hein? Quoi?), et ensuite parce que la semaine dernière nous a encore apporté son lot crispant de non-nouvelles, de mauvaises nouvelles, et de fausses bonnes-nouvelles. Et aussi parce qu&#8217;il fait froid et que j&#8217;ai peur d&#8217;attraper la Grippe A, mais ça, tout le monde s&#8217;en fout. Non, vraiment, je suis content d&#8217;être en week-end parce que j&#8217;ai décidé de ne pas lire les infos jusqu&#8217;à Lundi, c&#8217;est mon médecin, chez lequel je suis allé pour la 4ème fois en 3 jours hier (Hypocondriaque? Hein? Quoi?), qui me l&#8217;a conseillé. Les infos, ça fait monter ma tension. D&#8217;après lui, je suis incapable de rester détaché face aux idioties crasses de ce monde. D&#8217;après lui, j&#8217;ai aussi un problème avec mon père, mais en même temps, mon médecin il est généraliste, alors les remarques Freudiennes d&#8217;un médecin généraliste, j&#8217;ai tendance à m&#8217;en méfier. Mais quand je vois ce qui s&#8217;est passé cette semaine, je comprends que mon coeur ne tienne plus très longtemps:</p>
<ul style="text-align:justify;">
<li style="text-align:justify;">On l&#8217;a déjà assez dit sur ce blog, Kassovitz et Bigard, au sujet du 11 Septembre, sont ridiculissimes. Ils ont pourtant réussi l&#8217;exploit de dépasser le mur du con à force d&#8217;argumentaire bidon, mercredi soir, dans L&#8217;Objet du Scandale sur France 2. Le vrai scandale, n&#8217;est-ce pas ici pour Guillaume Durand de se prostituer en alimentant un débat creux et &#8220;sulfureux&#8221; comme il le dit lui-même, par des tenants d&#8217;une théorie du vide? Comme <strong>La Meuf</strong> me le remarquait l&#8217;autre jour <strong><em>&#8220;Durand, il pourrait aller vendre son cul Place Dauphine à ce point là, il n&#8217;y a plus aucune différence&#8221;</em></strong>. Outre cette recherche effrénée de sensationnalisme, moi, ce qui m&#8217;a frappé, c&#8217;est l&#8217;impression de déjà vu lorsque Bigard se lance dans l&#8217;<a href="http://www.dailymotion.com/video/xayqai_kassovitz-bigard-11-septembre-1-cla_news" target="_blank">exposé chronologique</a> des événements du 11 Septembre 2001 en le ponctuant de divers &#8220;admettons&#8221; sentencieux. Ca m&#8217;a titillé la mémoire un moment, et puis la lumière s&#8217;est faite&#8230; Le mec raconte une des plus grandes tragédies de ce début de 21ème siècle comme il raconte son sketch de la <a href="http://www.dailymotion.com/video/x3exwu_jeanmarie-bigard-la-chauvesouris_fun" target="_blank">&#8220;Chauve Souris&#8221;</a>. Mais ce n&#8217;est pas tout. En revoyant le sketch sus-cité, je réalise avec effroi que le gros beauf en question s&#8217;y moque exactement de ce dont il est coupable aujourd&#8217;hui. A l&#8217;époque, il dit: <em><strong>&#8220;Moi j&#8217; dis qu&#8217; c&#8217;est un peu facile de foutre les jetons à tout l&#8217;monde, avec, finalement, la SEULE chance qu&#8217;on a de s&#8217;faire mordre, en occultant volontairement &#8211; excusez moi du peu &#8211; les 9 millions 999 mille 999 autres chances qu&#8217;on a de PAS se faire mordre.&#8221;</strong></em>. Et maintenant, hein? Tu trouves pas ça un peu facile de fanfaronner avec ta théorie sans pour autant n&#8217;avoir aucune autre version à proposer alors qu&#8217;il y a 9 999 999 chances pour que tu aies tort? Hein? Quand les journalistes leur demandent tout les deux s&#8217;ils savent ce qui s&#8217;est passé, ils répondent <em><strong>&#8220;Ah mais nous, on ne sait pas, on ne croit juste pas à la version officielle&#8221;</strong></em>. Et bien moi je dis comme ma maîtresse de CM2: <strong><em>&#8220;SI TU SAIS PAS TU FERMES TA GUEULE&#8221;</em></strong>, une fois pour toute. MERDE!!!</li>
<li>Dieudonné a été (Alléluia) condamné à 10 000 euros pour &#8220;injures antisémites&#8221; lors de son passage remarqué sur la scène du Zénith avec Robert Faurisson. Une <a href="http://kamerunscoop.wordpress.com/2009/10/27/honteux-dieudonne-condamne/" target="_blank">partie</a> douteuse de la blogosphère, dont la plupart se retrouvent sur la plateforme que nous aimons appeler Maison (on se demande<img class="alignright" src="http://www.agoravox.fr/local/cache-vignettes/L250xH307/dieudonne001-f9ad0.jpg" alt="" width="250" height="307" /> d&#8217;ailleurs ce qui fait qu&#8217;un bon nombre de blogs les plus nauséabonds de la blogosphère française se retrouvent sur WordPress.com) s&#8217;est enflammée à cette annonce, lançant du <em><strong>&#8220;acharnement&#8221;</strong></em>, du <strong><em>&#8220;injustice&#8221;</em></strong> et du <strong><em>&#8220;ils bafouent la sacrosainte liberté d&#8217;expression&#8221;</em></strong>. L&#8217;un d&#8217;eux, c&#8217;est <strong>Allain Jule</strong><strong>s</strong>, un &#8220;pseudo&#8221; journaliste dont le fond de commerce sont ce qu&#8217;il appelle les &#8220;bombes&#8221;, les coups de gueule et les &#8220;scoops&#8221;. On passera sur le fait que ses scoops et ses coups de gueule sont systématiquement les mêmes que les nôtres, parce que ça fait aigri, et puis surtout que l&#8217;actualité n&#8217;appartient à personne. Par contre, ce que je ne laisse pas passer, c&#8217;est <a href="http://allainjules.wordpress.com/2009/10/26/il-faut-defendre-la-liberte-dexpression-de-dieudonne/" target="_blank">ça</a>: Allain, mon chaton (tu permets que je t&#8217;appelle mon chaton? C&#8217;est ridicule et ça me fait bien plaisir de t&#8217;appeler par un nom ridicule), LA LIBERTE D&#8217;EXPRESSION ANTISEMITE ET RACISTE N&#8217;EXISTE PAS! NON mais SANS DECONNER! Tu te lances dans des tartines législativo-républicaines alors que le fond du problème, ce n&#8217;est pas si Dieudonné a le droit ou non de s&#8217;exprimer, mais s&#8217;il a le droit, ou non, d&#8217;exprimer un point de vue raciste et antisémite. LA LOI DIT QUE NON. Et puis c&#8217;est tout. Arrêtez donc de crier au bâillon de la liberté, Dieudonné, par ses prises de position et son discours est un délinquant (En plus d&#8217;être un malade mental), un point c&#8217;est tout. Et le défendre bec et ongle me conforte dans ce que je pense de vous et de votre liberté d&#8217;expression. Vous avez un grand point commun: la nuisance.</li>
</ul>
<p style="text-align:justify;">Ah et puis je m&#8217;arrête là parce que je vais me sentir mal&#8230;</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Des guérillas " accidentelles " ?]]></title>
<link>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/28/des-guerillas-accidentelles/</link>
<pubDate>Wed, 28 Oct 2009 17:02:41 +0000</pubDate>
<dc:creator>Bao</dc:creator>
<guid>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/28/des-guerillas-accidentelles/</guid>
<description><![CDATA[Par Stéphane Taillat Dans l’imbroglio décisionnel que représente l’actuel débat sur la stratégie à a]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><em>Par<em><a href="http://coinenirak.wordpress.com/"> Stéphane Taillat</a></em></em></p>
<p><strong>Dans l’imbroglio décisionnel que représente l’actuel débat sur la stratégie à adopter en Afghanistan au sein de l’Administration de Barack Obama, il semble que certains aspects soient peu ou pas discutés. C’est le cas surtout de la question des causes des insurrections dans le pays.</strong></p>
<p><a rel="attachment wp-att-1866" href="http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/28/des-guerillas-accidentelles/taliban-guerrilla-leader/"><img class="aligncenter size-full wp-image-1866" title="taliban-guerrilla-leader" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/10/taliban-guerrilla-leader.jpg" alt="taliban-guerrilla-leader" width="450" height="500" /></a></p>
<p><strong>Une nouvelle stratégie se dessinerait-elle?</strong></p>
<p>Hier, des officiels proches du président américain ont décrit <a href="http://www.nytimes.com/2009/10/28/world/asia/28policy.html?_r=1&#38;hp">la nouvelle approche que pourrait prendre l’implication occidentale en Afghanistan dans les mois à venir</a>. Rappelons en effet que depuis début Septembre et un rapport controversé du général McChrystal, l’Administration envisage plusieurs options pour poursuivre l’éradication des extrémistes d’Al Qaeda.</p>
<p>La première est la recommandation du général McChrystal d’augmenter les effectifs de 40 000 militaires américains afin de mettre en oeuvre une stratégie de contre-insurrection visant à séparer, par une présence permanente et des actions économiques et diplomatiques, la population des insurgés taliban. Plus précisément, il s’agirait de s’installer au coeur des zones contestés de la vallée de Helmand et des grandes villes afghanes, tout en accélérant la formation de l’Armée Nationale Afghane en la confiant à une brigade spécialement taillée à cet effet. Tactiquement, l’accent mis sur la protection de la population permettrait d’éviter les actions indiscriminées souvent commises lors des opérations visant la destruction des bandes rebelles.</p>
<p>La seconde vient du Vice-Président Joseph Biden qui propose une stratégie ciblée de contre-terrorisme visant l’arrestation ou la neutralisation des principaux responsables d’Al Qaeda et des mouvements taliban. Cette option reviendrait à n’accroître les forces sur place que de 13 000 militaires, essentiellement des forces spéciales. Son présupposé principal tient dans l’idée que les Taliban ne sauraient réellement revenir au pouvoir ou que, du moins, cela ne signifierait pas forcément le retour d’Al Qaeda. Par ailleurs, elle s’apparente beaucoup à la “<em>doctrine de l’anticorps</em>” développée par les généraux Abizaid et Casey au sujet de l’Irak en 2004-2006.</p>
<p>L’approche révélée hier ressemble à s’y méprendre à une option mixte: “<em>du McChrystal pour les cités, du Biden pour le reste du pays</em>“, comme le résume un des officiels anonymes cité par le <em>New York Times</em>. Le gouvernement entreprendrait de protéger 10 villes du pays par une présence permanente au plus près des populations, tout en maintenant <a href="http://coinenirak.wordpress.com/2008/10/02/la-pression-dissuasive-procede-tactique-de-contre-rebellion/">une pression dissuasive</a> sur la hiérarchie insurgée par des raids SF/Drones. Plusieurs interrogations demeurent. Tout d’abord, le général McChrystal n’a pas fait mystère qu’il emploierait les brigades supplémentaires dans le Sud et dans le Sud Est (Kandahar, “<em>fief spirituel</em>” des Taliban). Ensuite, il reste la question des zones agricoles d’Helmand et des axes de communication majeurs: s’agira-t-il d’un contrôle des axes ou d’un véritable “<em>contrôle de surface de l’Afghanistan utile</em>”? Bref, il s’agirait d’une stratégie qui avantagerait quand même l’option McChrystal (ou “<em>contre-insurrectionnelle</em>”) par rapport à celle du VP Biden (ou “<em>contre-terroriste</em>”), tout en poursuivant l’abandon de <a href="http://coinenirak.wordpress.com/2009/05/18/cop-ou-fob-la-contre-rebellion-francaise-en-afghanistan/">la politique couteuse et contre-productive </a>des avant-postes (trop) isolés comme celui de <a href="http://ricks.foreignpolicy.com/posts/2009/01/28/inside_an_afghan_battle_what_happened_at_wanat_last_july_i">Wanat</a>.</p>
<p><strong>Infection-contagion-intervention-rejet: le cycle vicieux des “guérillas accidentelles”</strong></p>
<p>Toutefois, ces options ont un défaut majeur: elles sont avant tout des réponses techniques et non le fruit d’une véritable réflexion politique. Certes, on peut accorder à Stanley McChrystal de vouloir changer la manière dont les Américains conçoivent leur présence depuis 2001 (non plus une chasse à Al Qaeda mais une stabilisation de l’Afghanistan) et, par ailleurs, l’option de Joseph Biden contient en soi une réflexion sur le “pourquoi” de la présence américaine, la réduisant à une approche indirecte.</p>
<p>Cependant, si la seconde option est clairement marquée par ce que les Américains appellent le <em>wishful thinking</em> (puisqu’en effet l’approche “<em>indirecte</em>” repose sur des substituts afghans crédibles, légitimes et efficaces), la première est problématique car elle néglige un peu trop rapidement (du moins pour ce qui ressort du débat public bien sur) les causes des insurrections.</p>
<p>Un détour par la théorisation effectuée par <a href="http://www.amazon.fr/Accidental-Guerrilla-Fighting-Small-Midst/dp/0195368347/ref=sr_1_1?ie=UTF8&#38;s=english-books&#38;qid=1256742504&#38;sr=8-1">David Kilcullen </a>me semble utile à ce point de la réflexion. L’officier australien-anthropologue-conseillers spécial COIN y bâtit une réflexion qui a le mérite de la clarté à défaut d’avoir celle de la réelle originalité (même si on peut penser qu’il fait œuvre de sédimentation quand on voit le foisonnement et la dispersion de la littérature sur le sujet des “<em>nouvelles guerres</em>”). Il voit dans les guérillas d’Irak et d’Afghanistan la combinaison de 2 facteurs:</p>
<p>-une insurrection globale menée par une minorité d’extrémiste au sein d’Al Qaeda. Elle prône une vision théologico-politique (dans laquelle la religion est instrumentalisée à des fins politiques) que l’on pourrait qualifier “<em>d’altermondialiste</em>” car contestant la globalisation “<em>occidentalo-centrée</em>” qui serait en cours actuellement, touchant le monde arabo-musulman de plein fouet.</p>
<p>-des guérillas locales (parfois à l’échelle du patriotisme au sein d’une vallée) rejetant toute intrusion étrangère vue comme une perturbation grave des coutumes, des traditions et de l’ordre social. Ce sont les fameuses “<em>guérillas accidentelles</em>”.</p>
<p>Cette association fonctionne selon un cycle infection (cellules jihadistes)-contagion (attentats, montée en puissance, contestation des structures informelles de l’autorité)-intervention (occidentale ou menée par des alliés objectifs des Occidentaux)-rejet (car cette intervention suscite lesdites “<em>guérillas accidentelles</em>”). Selon ce modèle, la solution reviendrait à réconcilier les guérillas locales et à pourchasser les minorités extrémistes. Il s’agirait donc de nuancer entre les groupes insurgés et de mener une politique sélective d’alliances reposant soit sur la construction de la légitimité de la présence de la force, soit sur la conjonction ponctuelle d’intérêts communs entre les sociétés locales et les forces intervenantes.</p>
<p>Bien entendu, ce modèle mérite d’être passé au crible falsificateur des études de cas pour être affiné, modifié ou bien rejeté.</p>
<p><strong>L’Afghanistan est-elle “<em>gagnable</em>”?</strong></p>
<p>Dans l’option McChrystal, le modèle est ignoré en partie et repose sur un autre postulat: les populations locales cherchent aussi la sécurité, le bien-être matériel et une gouvernance légitime. Notons dès l’abord que ce n’est pas forcément incompatible avec un bien-être spirituel (respect des coutumes et des modes de vie). Par ailleurs, l’idée selon laquelle les populations seraient aliénées par les actions indiscriminées des forces occidentales est assez similaire à celle qui assimile lesdites forces à des corps étrangers. Mais elle s’en distingue par l’accent mis sur la <strong>qualité de la présence</strong> des militaires occidentaux au sein des population.</p>
<p>En réalité, l’option McChrystal semble donner une importance moindre au facteur du patriotisme local. C’est du moins ce qu’illustre <a href="http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2009/10/26/AR2009102603394.html?hpid=topnews&#38;sid=ST2009102804746">la récente publicité donnée à la démission de l’administrateur civil américain de la province de Zabul</a>. L’homme, un officier des Marines ayant combattu en Irak puis ayant été versé dans le corps des fonctionnaires du Département d’État -au sein  duquel il a dirigé des opérations de reconstruction en Irak comme en Afghanistan-, pose la question des objectifs politiques du président Obama. Bien plus, il insiste sur le facteur du patriotisme local pour dénoncer ce qu’il voit comme l’inanité d’une intervention aggravant encore plus le syndrome des “<em>guérillas accidentelles</em>”. Son évaluation, peut-être en partie influencée par une expérience traumatisante en Irak (c’est du moins ce que suggère l’article du <em>Washington Post</em>), repose sur les difficultés rencontrées dans cette province dans laquelle la centaine de groupes insurgés se bat pour des raisons micro-locales tout en étant financée par les Talibans. Pour faire court: <strong>comment protéger une population… contre elle-même</strong>?</p>
<p>Plusieurs conséquences découlent de ce qui précède:</p>
<p>-il est certainement plus efficace de nouer des alliances d’intérêts avec les détenteurs locaux du pouvoir plutôt que de chercher à “<em>gagner les esprits et les coeurs des populations</em>”. Cependant, c’est une solution éphémère qui nécessite de faire le lien avec le gouvernement afghan, qu’il s’agit de légitimer.</p>
<p>-s’interroger sur les causes des insurrections revient non seulement à identifier des griefs originaux mais aussi à retracer toutes les évolutions de ces derniers à partir des actions et réactions des multiples acteurs impliqués. Autant dire que cela demande du temps et beaucoup de renseignements.</p>
<p>-la question de l’option à suivre en Afghanistan est certainement essentielle, mais elle doit être relativisée. En effet, tout ceci apparaît plutôt comme une querelle interne complexe entre les divers acteurs américains concernés par le processus décisionnel. A tout prendre l’option McChrystal est plus réaliste sur le court terme mais ne résout pas le moyen ou le long terme. Le principal intéressé le reconnaît lui-même: ce n’est qu’une solution technique. Au fond, elles est certainement la plus compatible avec le modèle des “guérillas accidentelles”…. même si elle laisser courir le risque, en cas d’échec y compris local, d’une recrudescence de ces dernières.</p>
<p>&#160;</p>
<p>Source : Allaince Géostratégique</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[La guerre d'Obama]]></title>
<link>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/24/la-guerre-dobama/</link>
<pubDate>Sat, 24 Oct 2009 21:50:28 +0000</pubDate>
<dc:creator>Bao</dc:creator>
<guid>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/24/la-guerre-dobama/</guid>
<description><![CDATA[Par Hugues Poulin Le président des États-Unis, Barack Obama, doit annoncer dans les prochaines semai]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><em>Par Hugues Poulin</em></p>
<p><em><a rel="attachment wp-att-1763" href="http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/24/la-guerre-dobama/obama_afghanistan_vietnam/"><img class="aligncenter size-full wp-image-1763" title="obama_afghanistan_vietnam" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/10/obama_afghanistan_vietnam.jpg" alt="obama_afghanistan_vietnam" width="450" height="299" /></a></em></p>
<p>Le président des États-Unis, Barack Obama, doit annoncer dans les prochaines semaines la nouvelle stratégie américaine en Afghanistan. Ce conflit, commencé sous George W. Bush dans la foulée des attentats du 11 septembre, dure depuis maintenant huit ans sans certitude sur son issue. <br />
 <br />
C&#8217;est maintenant la guerre de Barack Obama. Durant la campagne électorale, le candidat Obama avait beaucoup critiqué l&#8217;intervention américaine en Irak, et il avait promis de faire du conflit afghan sa grande priorité. Devenu président, Barack Obama fait face à des choix redoutables. <br />
 <br />
Il a multiplié les consultations avec son conseil national de sécurité, ses principaux ministres et ses généraux. Le fiasco frauduleux de la dernière élection présidentielle afghane est venu compliquer encore davantage la réflexion du chef de la Maison-Blanche. <br />
 <br />
Avant de dévoiler sa starégie, le président Obama devrait normalement attendre après le second tour de scrutin du 7 novembre entre le président sortant Hamid Karzaï et l&#8217;ancien ministre des Affaires Étrangères Abdullah Abdullah. <br />
 <br />
La Maison-Blanche exige que le futur gouvernement afghan commence enfin à combattre la corruption et soit perçu comme une administration légitime et crédible pour les Afghans et le reste du monde.  <br />
 <br />
<strong>Renforts demandés</strong> <br />
 <br />
Dans un document secret qui a filtré, le chef des forces américaines en Afghanistan, le général Stanley McChrystal, voudrait obtenir des renforts de 80 000 soldats, même s&#8217;il s&#8217;est dit prêt à un compromis de 40 000 militaires supplémentaires. <br />
 <br />
Selon le général McChrystal, sans ces renforts qui porteraient le contingent américain à 108 000 soldats, la coalition armée risque de perdre la guerre d&#8217;ici un an. <br />
 <br />
Mais dans ce même document secret, le général McChrystal reconnaît que si la corruption actuelle du gouvernement Karzaï continue, il sera impossible d&#8217;envisager une victoire militaire contre les talibans et Al-Qaïda. <br />
 <br />
L&#8217;impopularité du gouvernement Karzaï, miné par la corruption, est du grain à moudre pour les insurgés. <br />
 <br />
<strong>Des talibans modérés</strong> <br />
 <br />
Serait-on, du côté américain, déjà à la recherche de « talibans modérés » pour former un gouvernement de coalition, voire éventuellement prendre le pouvoir en Afghanistan? <br />
 <br />
Certains commentateurs américains soulignent que les talibans n&#8217;ont jamais attaqué les États-Unis; ce sont plutôt les disciples d&#8217;Oussama ben Laden qui avaient fait de l&#8217;Afghanistan leur sanctuaire. <br />
 <br />
Peu avant les attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis négociaient secrètement avec les talibans en vue de la construction d&#8217;un oléoduc pour transporter le pétrole de la mer Caspienne jusqu&#8217;à l&#8217;océan Indien, via l&#8217;Afghanistan et le Pakistan. <br />
 <br />
<strong>Le Pakistan, un allié inquiétant</strong> <br />
 <br />
D&#8217;autres voix, comme celle du vice-président Joe Biden, commencent aussi à s&#8217;interroger sur l&#8217;implication américaine en Afghanistan. Le vice-président préconise de cibler davantage le réseau Al-Qaïda, plutôt que les talibans. Cependant, les membres d&#8217;Al-Qaïda se trouvent surtout dans les zones tribales du Pakistan. <br />
 <br />
Mais l&#8217;allié pakistanais n&#8217;est guère plus fiable que le gouvernement afghan actuel pour l&#8217;administration Obama. On soupçonne toujours les services secrets pakistanais d&#8217;avoir des liens privilégiés avec les talibans et Al-Qaïda. <br />
 <br />
L&#8217;armée pakistanaise, sous pression américaine, et après de nombreux attentats meurtriers de la mouvance Al-Qaïda sur son sol, a entrepris une grande opération dans les zones tribales. <br />
 <br />
Cette offensive sera-t-elle vraiment efficace et soutenue longtemps par les autorités d&#8217;Islamabad ? <br />
 <br />
Le président Obama a donc des décisions extrêmement difficiles à prendre, et aucune <em>a priori</em> ne semble garantie de succès. Le chef de la Maison-Blanche est aussi confronté à une opposition grandissante de l&#8217;opinion publique devant une guerre sans fin, alors que des soldats américains continuent de mourir. <br />
 <br />
Quelle devrait être la stratégie du président Obama en Afghanistan ?  <br />
 <br />
L&#8217;envoi de nouveaux renforts, le <em>statu quo</em> ou l&#8217;amorce d&#8217;un retrait des forces de l&#8217;OTAN et des États-Unis ?</p>
<p> </p>
<p>Source : Radio-Canada</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Missing Links (vidéo)]]></title>
<link>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/23/missing-links-video/</link>
<pubDate>Fri, 23 Oct 2009 16:32:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>Bao</dc:creator>
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<description><![CDATA[De l&#8217;opération Susannah dans les années 1950 aux attentats du 11 septembre 2001, Missing Links]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>De l&#8217;opération Susannah dans les années 1950 aux attentats du 11 septembre 2001, <strong>Missing Links</strong> (Chainons Manquants) est un long documentaire sous-titré qui aborde notamment l&#8217;organisation du terrorisme international à travers des opérations <em>false flag </em>(sous fausse bannière) impliquant principalement les réseaux juifs criminels pro-sionistes d&#8217;Israël, des États-Unis et d&#8217;Europe tirant les ficelles dans les coulisses du pouvoir socio-politico-économique, les lobbys d&#8217;armement et du pétrole ainsi que les think tanks.</p>
<p><strong>Première partie</strong></p>
<p><object width="425" height="254"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/xaf9o2"></param><param name="allowfullscreen" value="true"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/xaf9o2" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="334" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p> </p>
<p><strong>Deuxième partie</strong></p>
<p><object width="425" height="254"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/xafacf"></param><param name="allowfullscreen" value="true"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/xafacf" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="334" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p> </p>
<p><strong>Troisième partie</strong></p>
<p><object width="425" height="254"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/xapbdc"></param><param name="allowfullscreen" value="true"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/xapbdc" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="334" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p> </p>
<p><strong>Quatrième partie</strong></p>
<p><object width="425" height="254"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/xafymd"></param><param name="allowfullscreen" value="true"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/xafymd" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="334" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p> </p>
<p><strong>Cinquième partie</strong></p>
<p><object width="425" height="254"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/xahhot"></param><param name="allowfullscreen" value="true"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/xahhot" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="334" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p> </p>
<p><strong>Sixième partie</strong></p>
<p><object width="425" height="254"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/xakrod"></param><param name="allowfullscreen" value="true"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/xakrod" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="334" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p> </p>
<p><strong>Septième partie</strong></p>
<p><object width="425" height="254"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/xalu4k"></param><param name="allowfullscreen" value="true"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/xalu4k" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="334" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p> </p>
<p><strong>Huitième partie</strong></p>
<p><object width="425" height="254"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/xapahl"></param><param name="allowfullscreen" value="true"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/xapahl" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="334" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p> </p>
<p><strong>Neuvième partie</strong></p>
<p><object width="425" height="254"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/xapbtr"></param><param name="allowfullscreen" value="true"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/xapbtr" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="334" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Oussama Ben Laden est-il mort il y a sept ans – et la Grande-Bretagne et les USA ne cachent-ils pas ce fait pour continuer la guerre contre la terreur ?]]></title>
<link>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/20/oussama-ben-laden-est-il-mort-il-y-a-sept-ans-%e2%80%93-et-la-grande-bretagne-et-les-usa-ne-cachent-ils-pas-ce-fait-pour-continuer-la-guerre-contre-la-terreur/</link>
<pubDate>Tue, 20 Oct 2009 18:29:39 +0000</pubDate>
<dc:creator>Bao</dc:creator>
<guid>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/20/oussama-ben-laden-est-il-mort-il-y-a-sept-ans-%e2%80%93-et-la-grande-bretagne-et-les-usa-ne-cachent-ils-pas-ce-fait-pour-continuer-la-guerre-contre-la-terreur/</guid>
<description><![CDATA[Par Sue Reid, Daily Mail (UK) 11 septembre 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri (son blog) La dern]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><em>Par Sue Reid, <a href="http://www.dailymail.co.uk/news/article-1212851/Has-Osama-Bin-Laden-dead-seven-years--U-S-Britain-covering-continue-war-terror.html" target="_blank">Daily Mail</a> (UK) 11 septembre 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri <em>(son </em><a href="http://mounadil.blogspot.com/2009/09/elvis-presley-est-plus-vivant.html" target="_blank"><em>blog</em></a>)</em></p>
<p><em><a rel="attachment wp-att-1654" href="http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/20/oussama-ben-laden-est-il-mort-il-y-a-sept-ans-%e2%80%93-et-la-grande-bretagne-et-les-usa-ne-cachent-ils-pas-ce-fait-pour-continuer-la-guerre-contre-la-terreur/ben-laden/"><img class="aligncenter size-full wp-image-1654" title="Ben Laden" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/10/ben-laden.jpg" alt="Ben Laden" width="350" height="300" /></a></em></p>
<p>La dernière fois que nous l’avons entendu grincer des dents, c’était le 3 juin de cette année.</p>
<p>Le plus célèbre des terroristes internationaux avait damé le pion à l’Amérique en diffusant un message de menaces au moment où <em>Air Force One</em> atterrissait sur le sol d’Arabie Saoudite pour le début de la première tournée tant applaudie de Barack Obama au Moyen-Orient.</p>
<p>Avant même que le nouveau président ne pose le pied sur l’aéroport de Riad pour serrer la main du Prince Abdullah, les paroles de Ben Laden étaient retransmises à la radio, à la télévision et par internet sur tous les continents.</p>
<p>C’était un nouvel effet de propagande pour le chef d’al-Qaïda, âgé de 52 ans. Dans la bande audio transmise à la chaîne d’informations arabe Al Jazeera, Ben Laden expliquait que l’Amérique et ses alliés occidentaux étaient en train de semer les germes de la haine dans le monde musulman et méritaient d’en subir les conséquences désastreuses.</p>
<p>C’est le genre de diatribe que nous avions déjà entendue de sa part, et la réponse des services de renseignements britanniques et étatsuniens était tout aussi prévisible.</p>
<p>Ils mettaient l’accent sur le fait que des détails de l’enregistrement, sur la visite présidentielle et d’autres événements contemporains, prouvaient que le cerveau du 11 Septembre, la pire atrocité terroriste jamais subie par les USA, était encore vivant – et que sa traque devait continuer.</p>
<p>Ben Laden a toujours été accusé d’avoir orchestré l’horrible attentat – qui a coûté la vie à près de 3000 personnes – depuis huit années cette semaine. Le président George W. Bush avait fait de sa capture une priorité nationale, promettant honteusement comme à la belle époque du &#8220;Far West&#8221; de le prendre « mort ou vif. »</p>
<p>Le Département d’État US offrait une récompense de 50 millions de dollars pour connaître son repaire. Le FBI l’avait désigné comme un des dix fugitifs les « plus recherchés », demandant à la population de faire attention à un homme à la barbe grisonnante, gaucher et qui marche avec une canne.</p>
<p>Ce maître du terrorisme reste pourtant insaisissable. Il a échappé à la plus vaste et coûteuse chasse à l’homme de l’histoire, qui s’est déroulée à travers tou le Waziristan, ces 1500 miles de terres montagneuses inhospitalières aux confins de l’Afghanistan et du Pakistan.</p>
<p>Sans se décourager, Barack Obama a lancé une nouvelle opération pour le trouver. Travaillant avec l’armée pakistanaise, des unités d’élite étatsuniennes et des forces spéciales britanniques ont été envoyées au Waziristan cet été pour « traquer et tuer » ce personnage flou que ces agents du Renseignement désignent toujours comme « le principal objectif » de la guerre contre la terreur.</p>
<p>Cette nouvelle offensive est basée, bien entendu, sur le postulat que le terroriste du 11 Septembre est bien vivant. Après tout, il y pléthore « d’enregistrements de Ben Laden» pour le prouver.</p>
<p><strong>Et si ce n’était pas le cas ? S’il était mort depuis des années et que les services secrets britanniques et étasuniens nous jouaient en réalité un double bluff ?</strong></p>
<p>Et si tout ce que nous avons vu ou entendu de lui sur des bandes sonores ou vidéos depuis les premiers jours d’après le 11 Septembre était faux – et que les alliés occidentaux le maintenaient en « vie » pour encourager le soutien à la guerre contre la terreur ?</p>
<p>C’est incroyable, mais c’est la théorie ahurissante qui gagne du terrain parmi les commentateurs politiques, chez de respectables universitaires et même auprès de spécialistes du terrorisme.</p>
<p>Certes, il y a eu plusieurs théories conspirationnistes au sujet du 11 septembre, et cela pourrait bien en être une de plus.</p>
<p>Mais le poids des opinions qui penchent maintenant pour l’hypothèse que Ben Laden soit mort – et l’accumulation des indices qui la soutiennent – rend cette hypothèse digne d’examen.</p>
<p>La théorie avait d’abord été rendue publique au début de cette année par le magazine <em>American Spectator </em>et l’affirmation sans appel d’Angelo M. Codevilla, le rédacteur en chef, professeur de relations internationales à l’université de Boston et ancien officier du Renseignement : « <em>Tout suggère qu’Elvis Presley est plus vivant aujourd’hui qu’Oussama Ben Laden</em>. »</p>
<p>Le professeur Codevilla soulignait des incohérences dans les vidéos et affirmait qu’il n’existait aucun élément d’observation fiable sur Ben Laden depuis des années (par exemple, toutes les interceptions de communications du chef d’al-Qaïda ont soudainement cessé en 2001).</p>
<p>Le professeur Codevilla assurait : « Les bandes sonores et vidéos attribuées à Oussama n’ont jamais convaincu l’observateur impartial. Le type [sur les vidéos, NdT] ne ressemble tout simplement pas à Oussama. Certaines vidéos le montrent avec un nez sémitique, aquilin, tandis que d’autres le montrent avec un nez plus court et plus large. À côté de ça, les différences de couleurs et de styles de barbes ne sont que des broutilles. »</p>
<p>Il y a d’autres sceptiques. Le professeur Bruce Lawrence Head, chef du département d’études religieuses de l’université Duke et plus grand spécialiste de Ben Laden, soutient que le langage de plus en plus profane dans les bandes sonores et vidéos d’Oussama (ses premières étaient truffées de références à Dieu et au prophète Mohamed) ne cadre pas avec le caractère strict de son Islam, le Wahhabisme.</p>
<p>Il note que, dans une vidéo, Ben Laden porte des bagues en or sur les doigts, un ornement prohibé chez les adeptes du wahhabisme.</p>
<p>De nouvelles questions ont été soulevées cette semaine avec la publication aux États-Unis et en Grande-Bretagne d’un livre intitulé <em>Oussama Ben Laden : mort ou vivant ?</em></p>
<p>Écrit par le professeur David Ray Griffin (1), philosophe et essayiste politique, ancien professeur émérite à la faculté de théologie de Claremont en Californie, il provoque une onde de choc – car il examine dans tous ses détails la mort supposée de Ben Laden et suggère qu’il y a eu dissimulation par l’Occident.</p>
<p>Le livre affirme que Ben Laden est mort d’une défaillance rénale ou d’une affection en rapport avec cette défaillance, le 13 décembre 2001 alors qu’il vivait dans les montagnes afghanes de Tora Bora près de la frontière avec le Waziristan.</p>
<p>Son enterrement a eu lieu dans les 24 heures, conformément au rite musulman, dans une tombe anonyme, comme le veut la coutume wahhabite.</p>
<p>L’auteur insiste pour dire que de nombreux enregistrements de Ben Laden réalisés depuis cette date ont été concoctés par l’Occident pour que le monde croie que Ben Laden est vivant. Le but ? Relancer un soutien déclinant à la guerre contre la terreur en Irak et en Afghanistan.</p>
<p>Pour comprendre la thèse de Griffin, nous devons nous remémorer la réaction de l’Occident au 11 Septembre, cette fatidique journée ensoleillée de 2001. En l’espace d’un mois, les USA et le Royaume-Uni avaient lancé des représailles aériennes massives dans la région de Tora Bora où, selon eux, ben Laden vivait en tant qu’« invité de l’Afghanistan ».</p>
<p>Cette offensive militaire ignorait le fait que Ben Laden avait auparavant dit nettement et à quatre reprises dans des déclarations officielles d’al-Qaïda à la presse arabe qu’il n’avait joué aucun rôle dans le 11 Septembre.</p>
<p>En fait, à la quatrième occasion, le 28 septembre, une quinzaine de jours après cette événement atroce, il avait déclaré avec force : « <em>J’ai déjà dit ne pas être impliqué. En tant que musulman, je fais de mon mieux pour éviter de dire un mensonge. Je n’en ai pas eu connaissance… je ne considère pas non plus le fait de tuer des enfants, des femmes et d’autres humains innocents comme un acte digne d’estime.</em> »</p>
<p>Dans les heures du 7 octobre marquées par les bombardements US sur Tora Bora, Ben Laden fit, pour la première fois, son apparition sur une bande vidéo. Habillé en treillis militaire et portant une coiffe islamique, un fusil d’assaut était posé derrière lui, dans une cache montagnarde bien éclairée. Fait significatif, il avait l’air pâle et amaigri.</p>
<p>Même s’il avait qualifié le président George W. Bush de « chef des infidèles » et avait vilipendé les États-Unis, il avait une fois encore rejeté toute responsabilité pour le 11 Septembre.</p>
<p>« <em>L’Amérique a été frappée par Dieu dans un de ses points les plus sensibles. L’Amérique est emplie de crainte, du nord au sud, d’est en ouest. Dieu en soit remercié</em> »</p>
<p>puis vint une nouvelle bande vidéo le 3 novembre 2001. À nouveau, un Ben Laden affaibli fustigeait les États-Unis. Il demandait instamment aux vrais musulmans de célébrer les attentats – mais ne reconnaissait à aucun moment avoir été impliqué dans cette atrocité.</p>
<p>Puis ce fut le silence jusqu’au 13 décembre 2001 – date à laquelle Ben Laden est décédé selon Griffin. Le même jour, le gouvernement US diffusait une nouvelle vidéo du chef terroriste. Dans l’enregistrement, Ben Laden contredisait ses dénégations précédentes et admettait soudain son implication dans les atrocités du 11 Septembre.</p>
<p>On rapporte que l’enregistrement avait été trouvé par des soldats US au domicile d’un particulier à Jalalabad en Afghanistan après la prise de la ville par des forces anti talibans. Une étiquette fixée dessus la datait du 9 novembre 2001.</p>
<p>La bande montre Ben Laden en conversation avec un cheikh de passage. Il y affirme clairement que non seulement il était au courant à l’avance des atrocités du 11 Septembre, mais qu’il en avait planifié les moindres détails personnellement.</p>
<p>Quelle aubaine pour les autorités occidentales ! Le terroriste se repositionnait dans le schéma du 11 Septembre. Le <em>Washington Post</em> citait des officiels étatsuniens qui affirmaient que la vidéo « <em>apporte la preuve la plus convaincante d’un lien entre Ben Laden et les attentats du 11 septembre.</em> »</p>
<p>Un président Bush euphorique ajoutait : « <em>Quant à ceux qui voient cet enregistrement, ils réalisent que non seulement il est coupable d’un meurtre incroyable, mais qu’il est dépourvu de conscience et d’âme</em>. »</p>
<p>À Londres, Downing Street affirmait que la vidéo était une « preuve concluante de son implication. » Le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Jack Straw, ajoutait : « <em>Nul doute que c’est la pure vérité. Les gens peuvent y voir Ben Laden reconnaître absolument froidement sa culpabilité pour l’organisation des atrocités du 11 Septembre </em>».</p>
<p>Pourtant, le professeur Griffin affirme que cette vidéo « confession » pose plus de questions qu’elle n’apporte de réponses. Pour commencer, Ben Laden dans ce témoignage filmé capital a l’air différent.</p>
<p>C’est un homme corpulent à la barbe noire, pas grisonnante. Son teint pâle est devenu tout à coup plus mat, et son nez a une forme différente. Ses mains d’artiste aux doigts effilés se sont transformées en celles d’un boxeur. Il a l’air en trop bonne santé.</p>
<p>En outre, on peut y voir Ben Laden écrire un mot de la main droite alors qu’il est gaucher. Tout aussi bizarre, il fait des déclarations sur le 11 Septembre qui, selon Griffin, n’auraient jamais pu sortir de la bouche du véritable Ben Laden – un homme diplôme en ingénierie qui a fait fortune (avant d’évoluer vers le terrorisme) dans l’industrie du bâtiment au Moyen-Orient.</p>
<p>Par exemple, le chef d’al-Qaïda claironne que beaucoup plus de personnes ont péri le 11 Septembre qu’il ne l’avait prévu. Il poursuit : « A la lumière de mon expérience dans ce domaine, je pensais que l’explosion du carburant de l’avion ferait fondre la structure de fer de l’immeuble et s’effondrer seulement la zone d’impact de l’avion et les étages situés au dessus. C’était tout ce que nous espérions. » (En réalité, les Tours Jumelles se sont complètement effondrées).</p>
<p>Des paroles du vrai Ben Laden ? Non, déclare Griffin. « <em>Compte tenu de son expérience dans le BTP, il aurait dû savoir que les Tours Jumelles avaient une structure en acier, pas en fer</em> », dit-il.</p>
<p>« <em>Il aurait dû aussi savoir que l’acier et le fer ne fondent pas à moins de 1538 degrés Celsius. Et encore qu’un incendie d’immeuble alimenté par du carburant d’avion est un feu hydrocarbonique qui ne pourrait pas atteindre plus de 982 degrés Celsius.</em> »</p>
<p>Dans son livre explosif, Griffin affirme que cet enregistrement est un faux, et il va encore plus loin.</p>
<p>« U<em>ne raison pour soupçonner que tous les enregistrements post-2001 de Ben Laden sont des fabrications est qu’elles sont souvent apparues à des moments qui redonnaient du tonus à la présidence de Bush ou renforçaient une déclaration du premier Ministre britannique Tony Blair, son allié dans la guerre contre le terrorisme</em> ».</p>
<p>« <em>L’enregistrement-confession était arrivé juste au moment où Bush et Blair avaient échoué à prouver la responsabilité de Ben Laden pour le 11 septembre alors que les deux hommes tentaient de rallier le soutien de l’opinion publique internationale, notamment dans le monde musulman, à la campagne anti-terroriste </em>».</p>
<p>Griffin suggère que les gouvernements occidentaux ont utilisé des technologies d’effets spéciaux très sophistiqués pour mettre en séquences des images et des enregistrements sonores de Ben Laden.</p>
<p>Mais alors, si ce sont des faux, pourquoi al-Qaïda est-elle restée silencieuse à ce sujet ? Et qu’est-il arrivé exactement au véritable Ben Laden ?</p>
<p>La réponse à la première question peut être que l’organisation terroriste informe est heureuse de mener sa propre guerre de propagande alors que ses soutiens déclinent – et profite du mythe selon lequel son dirigeant charismatique est encore vivant pour encourager des ralliements à sa cause.</p>
<p>Quant à ce qu’il est advenu de lui, des allusions à l’insuffisance rénale de ben Laden ou à l’éventualité qu’il soit mort apparurent le 19 janvier 2002, quatre mois après le 11 Septembre.</p>
<p>C’était quand le président pakistanais Pervez Musharraf a déclaré sur la chaîne américaine d’informations CNN : « <em>Franchement, je pense maintenant qu’il est mort, car il est malade des reins. Les images le montrent extrêmement affaibli.</em> »</p>
<p>Dans son livre, le professeur Griffin approuve également cette théorie. Il explique que Ben Laden avait été soigné pour une infection urinaire, souvent associée à une maladie rénale, à l’hôpital américain de Dubaï en juillet 2001, deux mois avant le 11 Septembre. Dans le même temps, il avait commandé une machine de dialyse à livrer en Afghanistan.</p>
<p>Comment Ben Laden, en fuite dans des grottes au milieu de montagnes enneigées, aurait-il pu utiliser la machine que beaucoup s’accordent à considérer comme essentielle pour le maintenir en vie ? Des médecins cités par Griffin sur ce sujet pensent que ce devait être impossible.</p>
<p>Il aurait fallu qu’il reste dans un lieu avec une équipe médicale, des conditions d’hygiène et un programme de maintenance régulier pour l’unité de dialyse elle-même.</p>
<p>Et quid de cette information, une brève parue le 26 décembre 2001 dans le journal égyptien Al-Wafd ? Elle disait qu’un haut responsable du gouvernement taliban afghan avait annoncé qu’Oussama Ben Laden avait été enterré le 13 décembre ou vers cette date.</p>
<p>« I<em>l souffrait de graves complications et il est décédé d’une mort naturelle et paisible. Il a été enterré à Tora Bora, en présence de trente miliciens d’al-Qaïda, de proches parents et d’amis talibans. Selon la coutume wahhabite, aucun signe distinctif n’a été laissé sur la tombe, </em>» disait l’article.</p>
<p>Le responsable taliban, dont le nom n’était pas cité, déclarait triomphalement avoir vu le visage de Ben Laden dans son linceul. « <em>Il avait l’air pâle, mais calme, détendu et confiant. </em>»</p>
<p>C’était Noël à Washington et à Londres et l’article fut à peine mentionné. Depuis, des enregistrements de ben Laden sont sortis avec la régularité d’un métronome et des centaines de millions de dollars ont été dépensés et beaucoup de sang versé dans la traque dont il fait l’objet.</p>
<p>Ben Laden a été l’élément central de la &#8221; <em>guerre [de l'occident] contre la terreur </em>&#8220;. Serait-il possible que, depuis des années, il n’ait été qu’un écran de fumée ?</p>
<p> </p>
<p><strong>Notes ReOpenNews : </strong></p>
<p>(1) L’article du <em>Daily Mail</em> cite et s’appuie largement le nouvel ouvrage de David Ray Griffin consacré à Ben Laden, sans pour autant préciser à ses lecteurs que Griffin est l’un des fers de lance du &#8220;Mouvement pour la Vérité sur le 11 Septembre&#8221;. Griffin a notamment écrit de nombreux ouvrages de référence sur le 11 Septembre (dont certains <a href="http://www.editionsdemilune.com/resistances-c-3.html?zenid=9ae84492450692affa39d5da975b7c54" target="_blank">disponibles en français</a>), qui lui ont valu d’être <a href="http://www.reopen911.info/News/2009/09/27/new-statesman-reconnait-limportance-du-mouvement-pour-la-verite-sur-le-11-septembre/" target="_blank">désigné par le magazine <em>New Statesman</em></a> comme faisant partie des 50 personnalités les plus influentes dans le monde.</p>
<p>(2) L’article d’Angelo M. Codevilla a été traduit et publié dans une <a href="http://www.reopen911.info/News/2009/05/31/oussama-ben-elvis/" target="_blank">précédente ReOpenNews</a></p>
<p>Source : ReOpen911</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[La guerre en Afghanistan vécue par les Talibans]]></title>
<link>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/17/la-guerre-en-afghanistan-vecue-par-les-talibans/</link>
<pubDate>Sat, 17 Oct 2009 16:32:44 +0000</pubDate>
<dc:creator>Bao</dc:creator>
<guid>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/17/la-guerre-en-afghanistan-vecue-par-les-talibans/</guid>
<description><![CDATA[Par Romain Mielcarek   Newsweek publiait il y a deux semaines d’intéressants témoignages de Talibans]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><em><span style="color:#cc99ff;">Par Romain Mielcarek</span></em></p>
<p><em><a rel="attachment wp-att-1604" href="http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/17/la-guerre-en-afghanistan-vecue-par-les-talibans/talibans31/"><span style="color:#c0c0c0;"><img class="aligncenter size-full wp-image-1604" title="talibans" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/10/talibans31.jpg" alt="talibans" width="450" height="336" /></span></a></em></p>
<div><span style="color:#c0c0c0;"> </span></div>
<div><span style="color:#c0c0c0;"><em>Newsweek</em> publiait il y a deux semaines d’intéressants témoignages de Talibans. Le document est une occasion rare de percevoir ce conflit particulièrement difficile pour les troupes de l’OTAN, pour les habitants du pays mais également pour ceux qui combattent en face. Six insurgés ont raconté leurs histoires à un correspondant du magazine américain, Sami Yousafzai.</span></div>
<p><span style="color:#c0c0c0;">Les combattants islamistes se confient rarement, encore moins à des journalistes. Ils communiquent malgré tout énormément, conscients de l’impact de cet outil sur l’opinion occidentale comme sur celle du monde musulman. Sami Yousafzai a cependant pu rencontré plusieurs insurgés au cours des huit années qu’il a passé à couvrir le conflit afghan. Les témoignages reçus auprès d’une douzaine d’entre eux se sont révélés sincères et pertinents pour analyser l’actualité. Aidé par le journaliste Ron Moreau, il a passé un mois à retracer avec quelques uns de ces hommes leur parcours dans la guerre.</span></p>
<p><span style="color:#c0c0c0;">Il est intéressant de lire de quelle manière ces combattants ont perçu le conflit et son évolution. Si la chronologie identifiée est la même que celle de l’Occident, les motivations pour le combat et le rapport à certains points restent difficiles à analyser pour les habitants de l’ouest. Si l’on retrouve la peur et la souffrance ressentie du fait de l’éloignement de la famille proches de notre culture, le rapport à la mort, le sens du sacrifice et le sentiment d’injustice semblent inaccessibles à notre vision du monde.</span></p>
<p><span style="color:#c0c0c0;">Les combats sont également vécus avec une grande intensité. Les Talibans romancent toujours leurs batailles en exagérant leurs réussites et en taisant leurs souffrances. Dans ce document, ils racontent la violence des affrontements dans lesquels les hommes se croisent rarement. Tout comme les militaires de l’OTAN subissent la menace constante des IEDs et des attentats suicides sans parvenir à affronter directement les Talibans, ces derniers passent une grande partie de leurs temps à subir les tirs d’artillerie et les bombardements aériens, loin de leurs adversaires. Le soldat américain plutôt qu’occidental est identifié au travers de ses hélicoptères et de ses obus, être mécanique plutôt qu’humain.</span></p>
<p><span style="color:#c0c0c0;">Sur le plan tactique, les combattants interrogés dévoilent de nombreux indices sur les moyens dont ils ont pu disposer pour préparer puis investir le champ de bataille. L’importance de la formation, de la réorganisation des hommes face à l’arrivée des troupes occidentales est parfaitement racontée. Plusieurs passages décrivent des attaques ou des opérations en précisant l’armement dont les insurgés disposent. Une place est accordée aux combattants étrangers arrivés en nombre en 2001 et qui ont largement contribué à l’élan du <em>Djihad</em> dans ce pays.</span></p>
<p><span style="color:#c0c0c0;">2001 a été un grand choc dans l’environnement des Talibans qui n’ont alors pas compris qu’une partie de la population s’éloigne d’eux et ne les soutienne pas. Face à la violence de la police et des nouvelles administrations, le sentiment d’injustice et de résistance s’est amplifié. On comprend là toute l’importance de mettre en place des représentants populaires dignes de ce nom. La corruption de la police et des proches du Président Karzai ont fait beaucoup de mal à la cause de l’OTAN en donnant des arguments aux Talibans. Ces derniers semblent avoir vécu tout cela avec la sincérité de ceux qui pensent résister contre des hommes indignes avides de pouvoir et d’argent.</span></p>
<p><span style="color:#c0c0c0;">Les six Talibans racontent aussi comment ils sont entrés en <em>Djihad</em> à partir de leurs parcours personnels et des épreuves auxquelles ils ont été confrontés. Au fil de leur récit, la rédaction de <em>Newsweek</em> rappelle les nombreux intervenants, chefs de guerre et spécialistes du combat cités en référence qui ont été abattus notamment par les drones américains. Des pertes en haut de la hiérarchie qui n’ont pas réussi à endiguer l’effort de l’insurrection.</span></p>
<p><span style="color:#c0c0c0;">Ces récits ne doivent pas excuser ni faire admettre les méthodes employées par les Talibans ou la vision de l’Islam qu’ils souhaitent imposer. Ils ont pourtant l’intérêt de rappeler que derrière les combats et les attaques se trouvent des hommes avec leurs histoires. Ces histoires aident à relier certains faits et d’ajouter de nouvelles pièces au puzzle afghan. Elles permettent de comprendre la pertinence de la &#8220;guerre des coeurs et des esprits&#8221; chère aux généraux Petraeus et McChrystal ainsi que l’ensemble de la stratégie mise en place au fil des années. Ce document est aussi un outil utile pour étudier les erreurs commises au début du conflit.</span></p>
<p><span style="color:#c0c0c0;"> </span></p>
<p><span style="color:#c0c0c0;">Le document en anglais sur le site de Newsweek : <a rel="nofollow" href="http://www.newsweek.com/id/216235">http://www.newsweek.com/id/216235</a><br />
</span><span style="color:#c0c0c0;">Un article tiré de <a rel="nofollow" href="http://www.actudefense.com">www.actudefense.com</a></span></p>
<div> </div>
<div>Source : AgoraVox</div>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Afghanistan : faux enjeux pour une vraie guerre]]></title>
<link>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/16/afghanistan-faux-enjeux-pour-une-vraie-guerre/</link>
<pubDate>Fri, 16 Oct 2009 15:15:42 +0000</pubDate>
<dc:creator>Bao</dc:creator>
<guid>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/16/afghanistan-faux-enjeux-pour-une-vraie-guerre/</guid>
<description><![CDATA[Par Eric Margolis Les motifs avancés pour justifier la poursuite de la guerre en Afghanistan ne rési]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><em>Par Eric Margolis</em></p>
<p><strong>Les motifs avancés pour justifier la poursuite de la guerre en Afghanistan ne résistent pas à l’examen, affirme Eric Margolis. L’objectif initial, détruire les bases d’Al-Qaïda, a été accompli en 2001. La traque des restes épars de l’organisation, aujourd’hui réfugiés dans les zones tribales pakistanaises, ne saurait légitimer l’occupation d’un pays. Cette guerre, avec son cortège d’horreurs et de victimes civiles, renforce chaque jour un peu plus les rangs d’insurgés dont la motivation principale est de chasser les troupes étrangères. Pensée uniquement en termes militaires, l’opération punitive contre Ben Laden s’est transformée au fil du temps en une guerre contre les talibans, puis contre l’ensemble des pachtounes de part et d’autre de la frontière, et elle enflamme aujourd’hui le Pakistan. Il est temps désormais de réévaluer à l’aune du politique et de la géostratégie cette aventure promise à l’échec. Qui peut croire que les droits des femmes afghanes seront promus à coup de raids en armes et de bombardements ? Après les fraudes massives organisées par le pouvoir installé par l’occident, qui peut croire que ses soldats combattent pour la démocratie ? Qui peut imaginer que ce conflit devenu transfrontalier sera gagné par les garnisons de quelques fortins isolés aux confins des imprenables montagnes afghanes ? Cette guerre qui ravage l’Afghanistan et déstabilise dangereusement le Pakistan en y exacerbant le sentiment anti-américain n’a que trop duré. La France, tout comme les USA, doit planifier au plus tôt son départ, et consulter sans plus attendre la représentation nationale.</strong></p>
<p><strong><a rel="attachment wp-att-1588" href="http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/16/afghanistan-faux-enjeux-pour-une-vraie-guerre/obama-afghanistan/"><img class="aligncenter size-full wp-image-1588" title="Obama &#38; Afghanistan" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/10/obama-afghanistan.jpg" alt="Obama &#38; Afghanistan" width="450" height="319" /></a></strong></p>
<p>La vérité est la première victime des guerres. Le plus gros mensonge au sujet de la guerre en Afghanistan s’énonce ainsi : « nous devons combattre les terroristes là-bas pour éviter d’avoir à les combattre sur le sol national. »</p>
<p>Nombre d’Américains du Nord continuent de croire à ce mensonge, convaincus que les attaques du 11 septembre provenaient directement d’Al-Qaïda et des mouvements talibans basés en Afghanistan.</p>
<p>C’est faux. Les attentats du 11 septembre ont été planifiés en Allemagne et en Espagne, et menés principalement par des Saoudiens vivant aux USA, voulant punir l’Amérique pour son soutien à Israël.</p>
<p>Les talibans &#8211; mouvement tribal pachtoune formé de religieux anticommunistes &#8211; ont été totalement surpris par le 11 septembre. Ils ont reçu une aide américaine jusqu’en mai 2001. La CIA avait l’intention d’utiliser Ossama ben Laden et Al-Qaïda pour attiser la révolte des Ouïgours musulmans contre la domination chinoise, et les talibans contre les alliés de la Russie en Asie centrale.</p>
<p>Al-Qaïda ne comptait que 300 membres. La plupart ont été tués. Une poignée d’entre eux se sont enfuis au Pakistan. Seuls quelques-uns demeurent en Afghanistan. Pourtant, le président Barack Obama affirme que 68000 soldats américains ou plus doivent rester en Afghanistan pour combattre Al-Qaïda et empêcher les extrémistes de rouvrir des « camps d’entraînement terroristes. »</p>
<p>Cette affirmation, tout comme celles au sujet des armes de destruction massive non-existantes de Saddam Hussein, fournit un slogan utile pour vendre cette guerre à l’opinion publique. Aujourd’hui, la moitié de l’Afghanistan est sous contrôle taliban. Des militants anti-américains pourraient plus facilement agir depuis la Somalie, l’Indonésie, le Bangladesh, l’Afrique de l’Ouest et du Nord, ou le Soudan. Ils n’ont pas besoin des terres lointaines de l’Afghanistan. Les attentats du 11 septembre ont été planifiés dans des appartements, pas dans des camps.</p>
<p>Les États-Unis ne devraient pas faire la guerre aux talibans. Tout aussi arriérés et rustiques qu’ils soient, ces hommes des tribus pachtounes n’ont aucun désir ni aucun intérêt à attaquer l’Amérique, et encore moins le Canada.</p>
<p>Les talibans sont les successeurs des moudjahidines soutenus par les USA qui ont vaincu les Soviétiques dans les années 1980. Comme je l’ai toujours affirmé depuis le 11 septembre, les talibans n’ont jamais été les ennemis de l’Amérique. Au lieu d’envahir l’Afghanistan en 2001, les États-Unis auraient dû payer les talibans pour se débarrasser d’Al-Qaïda.</p>
<p>Les tribus pachtounes veulent mettre fin à l’occupation étrangère et chasser les [anciens - ndt] communistes afghans, qui dominent actuellement le régime installé par les USA à Kaboul. Mais les Etats-Unis se sont lancés dans une guerre à grande échelle, non seulement contre les talibans, mais aussi contre la plupart des tribus pachtounes insoumises d’Afghanistan, qui représentent plus de la moitié de la population.</p>
<p>Obama est confronté à la perspective d’une escalade. Après huit années d’opérations militaires qui ont coûté 236 milliards de dollars, le commandant des forces américaines en Afghanistan vient récemment de mettre en garde contre la menace d’un « échec », autrement dit, une défaite. Le Canada a dépensé jusqu’à présent 16 milliards de dollars canadiens pour la guerre. Les forces occidentales d’occupation sont condamnées si jamais la résistance afghane reçoit des armes anti-aériennes et des missiles anti-char modernes.</p>
<p>Les États-Unis s’enfoncent toujours plus dans le bourbier d’Asie du Sud. Washington tente de contraindre le Pakistan à être plus obéissant et à étendre la guerre menée contre ses tribus pachtounes rebelles &#8211; appelées à tort « Taliban ».</p>
<p>Les tentatives incroyablement maladroites de Washington pour soudoyer l’armée et le gouvernement corrompus du Pakistan avec 7,5 milliards de dollars US, de contrôler les promotions des militaires et d’avoir une droit de regard sur l’arsenal nucléaire du Pakistan, ont poussé les soldats pakistanais au bord de la révolte.</p>
<p>Obama subit une pression intense de la part des républicains, de la plupart des médias, et des faucons de l’appareil de sécurité nationale, pour qu’il accroisse l’effort de guerre. Les partisans d’Israël, y compris de nombreux Démocrates du Congrès, veulent voir les Etats-Unis se saisir des armes nucléaires pakistanaises et étendre la guerre d’Afghanistan en Iran.</p>
<p>Obama devrait admettre que les talibans ne sont pas et n’ont jamais été une menace pour l’Occident, que Al-Qaïda &#8211; dont la force est très exagérée &#8211; a été en grande partie éradiquée et que la guerre menée par les USA en Afghanistan provoque plus de dégâts pour les intérêts américains dans le monde musulman &#8211; soit aujourd’hui un quart de toute l’humanité &#8211; que Ben Laden et ses alliés en haillons. Les attentats de Madrid et Londres et le complot de Toronto, sont tous des manifestations aberrantes motivées par la protestation de jeunes musulmans contre la guerre en Afghanistan.</p>
<p>Nous n’allons pas changer la façon dont les Afghans traitent leurs femmes en leur faisant la guerre, ou apporter la démocratie par des élections truquées.</p>
<p>Je souhaite qu’Obama puisse simplement proclamer la victoire en Afghanistan, puis retire les forces occidentales, et transfère le maintien de la sécurité à une force multi-nationale de stabilisation, composée de nations musulmanes. Les bons présidents, comme les bons généraux, doivent savoir lorsque le moment est venu de se retirer.</p>
<p> </p>
<p>Publication originale Toronto Sun via <a href="http://www.commondreams.org/view/2009/10/11-4">Common Dreams</a>, traduction Contre Info</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[9/11 - Le Mythe et la Réalité (vidéo)]]></title>
<link>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/16/911-le-mythe-et-la-realite-video/</link>
<pubDate>Fri, 16 Oct 2009 14:37:32 +0000</pubDate>
<dc:creator>Bao</dc:creator>
<guid>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/16/911-le-mythe-et-la-realite-video/</guid>
<description><![CDATA[&#8221; Bien que je sois philosophe des religions et théologien, j’ai passé le plus clair de mon tem]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>&#8221; <em>Bien que je sois philosophe des religions et théologien, j’ai passé le plus clair de mon temps, ces 3 dernières années, à travailler sur le 11 Septembre : à l’étudier, à écrire dessus, et à en parler. Dans cette lecture, j’essaierai de rendre claire la raison pour laquelle j’ai consacré à ce sujet tant de temps et d’énergie. Je le ferai en termes de distinction entre <strong>Mythe et Réalité</strong>.</em> &#8221; David R. Griffin.</p>
<p>S&#8217;appuyant sur un argumentaire extrêmement précis et structuré, ainsi que sur de très nombreuses sources, David Ray Griffin déconstruit avec application neuf des mythes les plus criants sur lesquels repose la version &#8221; <em>officielle</em> &#8221; des événements du 11 Septembre 2001. Ne dédaignant pas le recours à l&#8217;humour pour mieux faire ressortir les incohérences et les absurdités de la &#8221; <em>théorie conspirationniste du gouvernement américain</em> &#8220;, comme il l&#8217;appelle judicieusement, sa lecture est de bout en bout brillante, captivante et&#8230; implacable.</p>
<p> </p>
<p><span style='text-align:center;display:block;'><object width='400' height='330' type='application/x-shockwave-flash' data='http://video.google.com/googleplayer.swf?docId=1285294628247431875'><param name='allowScriptAccess' value='never' /><param name='movie' value='http://video.google.com/googleplayer.swf?docId=1285294628247431875'/><param name='quality' value='best'/><param name='bgcolor' value='#ffffff' /><param name='scale' value='noScale' /><param name='wmode' value='window'/></object></span></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[La Longue Nuit (vidéo)]]></title>
<link>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/15/la-longue-nuit-video/</link>
<pubDate>Thu, 15 Oct 2009 15:52:46 +0000</pubDate>
<dc:creator>Bao</dc:creator>
<guid>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/15/la-longue-nuit-video/</guid>
<description><![CDATA[Cette vidéo est un montage de deux vidéos &#8221; The Long Night &#8221; et &#8221; AmeriKa &#8220;,]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>Cette vidéo est un montage de deux vidéos &#8221; <strong>The Long Night &#8221; </strong>et<strong> &#8221; AmeriKa </strong>&#8220;, petits documentaires de Ferran Brooks, David Monparler, Jon Alonsso, Levon Minassian et Ander Kuriaki.</p>
<p>Ce documentaire expose un sombre chapitre de ce monde post-11 Septembre 2001, caractérisé par la guerre en Irak, la barbarie et le meurtre de masse, les tortures dans les goulags du XXIème siècle, comme Guantanamo, ainsi que la montée en puissance d&#8217;un Etat Policier aux Etats-Unis. Les néocons, comme G.W.Bush et Donald Rumsfeld, y défendent avec froideur leur doctrine. Au milieu de toute cette folie, des hommes et des femmes, irakiens et militaires américains, témoignent de ce qu&#8217;ils ont vécu dans ce conflit qui n&#8217;a aucune raison d&#8217;être.</p>
<p>Mi-Avril 2009, Barack Obama dévoile les pratiques de tortures de la CIA, dont tout le monde suspectait l&#8217;existence depuis de très nombreuses années.  Ces mémos secrets de l&#8217;agence de renseignement américaine décrivent les méthodes violentes de la CIA dans sa lutte antiterroriste.<br />
L&#8217;administration du nouveau président américain a toutefois assuré que les personnels ayant mené ces interrogatoires ne seront pas poursuivis.<br />
Selon les organisations de défense des droits humains, les prisons clandestines se trouveraient au Maroc, en Irak, en Afghanistan, en Europe centrale et orientale, notamment en Pologne, en Roumanie et sur le territoire de l’ex-Yougoslavie de même que dans la Corne de l’Afrique et sur des navires (blog.puppetgov.com).<br />
<a rel="nofollow" href="http://www.reopen911.info/News/2009/04/19/la-fermeture-des-prisons-clandestines-le-secret-reste-entier/">http://www.reopen911.info/News/2009/04/19/la-fermeture-des-prisons-clandestines-le-secret-reste-entier/</a></p>
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<p><object width="425" height="254"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/x9122w"></param><param name="allowfullscreen" value="true"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/x9122w" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="334" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Trois arguments sur les opérations en Afghanistan]]></title>
<link>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/12/trois-arguments-sur-les-operations-en-afghanistan/</link>
<pubDate>Mon, 12 Oct 2009 17:19:25 +0000</pubDate>
<dc:creator>Bao</dc:creator>
<guid>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/12/trois-arguments-sur-les-operations-en-afghanistan/</guid>
<description><![CDATA[Par Romain Lalanne   L’idée de ce double argumentaire m’est venue à la lecture des différentes contr]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><em>Par Romain Lalanne</em></p>
<p> <a rel="attachment wp-att-1520" href="http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/12/trois-arguments-sur-les-operations-en-afghanistan/us_10th_mountain_division_soldiers_in_afghanistan1-1024x660-2/"><img class="aligncenter size-full wp-image-1520" title="us_10th_mountain_division_soldiers_in_afghanistan1-1024x660" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/10/us_10th_mountain_division_soldiers_in_afghanistan1-1024x6601.jpg" alt="us_10th_mountain_division_soldiers_in_afghanistan1-1024x660" width="450" height="290" /></a></p>
<p>L’idée de ce double argumentaire m’est venue à la lecture des différentes contributions au débat qui anime depuis quelques jours le site de <a href="http://smallwarsjournal.com/">Small Wars Journal</a>. Trois sujets sont abordés : l’intérêt national américain, la question du soutien de la population et les opérations sur la frontière afghano-pakistanaise.</p>
<p><span id="more-1364"> </span></p>
<h2>1. L’intérêt national américain</h2>
<p>C’est la question que l’on devrait prioritairement se poser dans la mesure ou elle conditionne l’ensemble des fondements stratégiques des opérations en Afghanistan. Mais il faut être réaliste : l’intérêt national de la Grande-Bretagne, du Canada ou de la France ne compte pas vraiment. Si les États-Unis décidaient de se désengager, les autres forces en présence n’auraient d’autres choix que de suivre tout simplement parce qu’elles ne disposeraient pas des effectifs pour poursuivre les opérations. Aussi la question de l’intérêt des opérations en Afghanistan doit prioritairement être centrée sur l’intérêt américain.</p>
<p><em>Pour les partisans du maintien des opérations de contre-insurrection</em>, l’intérêt national américain n’a pas changé depuis le 11 septembre 2001. Les Taliban ont accueilli Al-Qaeda et lui ont fourni un soutien. Or rien ne permet de dire que le retour d’un régime taliban ne réactualisera pas ce scénario. D’autre part, quitter l’Afghanistan, c’est permettre le retour d’un régime taliban alors que ce même mouvement est une menace au sein même du Pakistan voisin. Or les États-Unis ne peuvent se permettre une poussée de ce mouvement au Pakistan car la sécurisation de son arsenal nucléaire serait compromise. Rappelons simplement que l’argument du dilemme de sécurité trouverait ici toute sa justesse puisqu’il conduirait vraisemblablement à une inflation nucléaire en Inde et, de là, en Chine, avec un risque de perturbation des équilibres stratégiques est-asiatiques.</p>
<p><em>Pour les partisans du retrait</em>, l’argument d’une réminiscence d’Al-Qaeda ne fonctionne pas pour trois raisons. D’abord, Al-Qaeda n’est plus vraiment une réalité organisationnelle mais un concept que l’on revendique pour légitimer une certaine ligne d’action, en l’occurrence des attentats terroristes commis sur des motifs essentiellement religieux. La lutte passe donc essentiellement par des outils de sécurité intérieure. Ensuite, la structure organisationnelle d’Al-Qaeda a fortement souffert des opérations américaines, ce que <a href="http://abonnes.lemonde.fr/organisations-internationales/article/2009/09/08/marc-sageman-la-guerre-en-afghanistan-n-a-pas-de-sens_1237294_3220.html">Marc Sageman</a> rappelait au journal Le Monde il y a quelques jours. Enfin, ce qui reste d’Al-Qaeda s’est déplacé au Pakistan. Or partant de la thèse que sans Al-Qaeda, les Taliban ne représentent pas une menace terroriste, les opérations  en Afghanistan ne défendent donc pas les intérêts américains, si ce n’est d’entretenir la fibre patriotique face à une menace construire. Et encore, cette approche est beaucoup moins pertinente à mesure que grandit l’opposition de l’opinion publique américaine au maintien de ses forces en Afghanistan.</p>
<h2>2. Soutien de la population</h2>
<p>La présence en Afghanistan alimente un débat dans deux directions : 1) quelle est la dynamique d’une insurrection et donc, quel est l’enjeu fondamental pour les forces de la contre-insurrection ? 2) Qu’est-ce qu’un centre de gravité dans le cas d’une insurrection ?</p>
<p><em>Pour les partisans du maintien des opérations de contre-insurrection</em>, les enseignements théoriques de la pensée contre-insurrectionnelle classique (1950-70) trouvent encore toute leur justesse : la force d’une insurrection, c’est sa capacité à conquérir le soutien de la population, peu importe que ce soutien soit volontaire ou fait sous la contrainte. L’insurrection est donc avant tout une affaire de contrôle social et par mimétisme, la contre-insurrection doit également obtenir le soutien de la population, ce qui suppose plus de troupes et une présence constante sur le terrain. S’appuyant sur l’exemple du <em>surge </em>conduit en Irak en 2007, 21 000 soldats supplémentaires ont été envoyés cette année en Afghanistan. On parle généralement d’un impératif de 50 000 soldats de plus.</p>
<p><em>Pour les partisans du retrait</em>, la question d’un <em>surge </em>afghan est hors sujet car elle demanderait l’envoi d’effectifs beaucoup trop importants. <a href="http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2009/08/31/AR2009083102912.html">George F. Will</a>, par exemple, parle de centaines de milliers d’hommes. Outre que les Taliban sont en train de gagner stratégiquement cette guerre, l’accroissement des effectifs nécessiterait un nombre d’hommes qu’aucune armée ne peut supporter. D’autre part, la force de l’insurrection ne réside pas tant dans son approche populo-centrée que dans sa capacité à exister de façon réseau-centrée et régionale. On arrive ainsi au troisième argument : les opérations sur la frontière afghano-pakistanaise.</p>
<h2>3. Les opérations sur la frontière afghano-pakistanaise</h2>
<p>Les nouvelles considérations stratégiques de l’administration Obama se sont notamment traduites par une interprétation régionale du conflit afghan. L’enjeu de la contre-insurrection a été étendu au Pakistan : on parle désormais de l’”Afpak” pour qualifier l’ensemble régional. Cette évolution concrétise ainsi la thèse d’un système de conflit, pour reprendre les termes de Roland Marchal, où le conflit se joue des frontières et s’alimente par l’existence d’un sanctuaire frontalier pour les insurgés.</p>
<p><em>Pour les partisans du retrait</em>, l’enjeu stratégique est bien sur la frontière afghano-pakistanaise dont il convient de traiter la menace insurgée par le renseignement, les frappes aériennes et les opérations spéciales. Le Général américain à la retraite Chuck Krulak prône ainsi la mise en place de “<a href="http://smallwarsjournal.com/documents/krulakwill.pdf">hunter-killer teams</a>“. D’autre part, la menace étant suffisamment importante, les règles d’engagement doivent être minimales.</p>
<p><em>Pour les partisans du maintien des opérations de contre-insurrection</em>, il faut au contraire se garder de ne pas retomber dans le piège d’une contre-insurrection cinétique basée sur la puissance aérienne. Outre qu’elle ne maximalise pas l’élimination des insurgés, elle est contre-productive car source de pertes civiles. À cela s’ajoute la tension existante entre ces opérations et la souveraineté pakistanaise même si, pour le moment, Islamabad a donné son accord.</p>
<p>Bien entendu, chacun de ces arguments à ses faiblesses, tandis que d’autres éléments pourraient être considérés. Le débat est donc ouvert ici même…</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Des couleurs, des drones et le néocolonialisme]]></title>
<link>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/11/des-couleurs-des-drones-et-le-neocolonialisme/</link>
<pubDate>Sun, 11 Oct 2009 01:41:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>Bao</dc:creator>
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<description><![CDATA[Par Saïd Ahmiri De l&#8217;éclatement de la Yougoslavie depuis 1991 à la proclamation d&#8217;indépe]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><em>Par Saïd Ahmiri</em></p>
<p><strong>De l&#8217;éclatement de la Yougoslavie depuis 1991 à la proclamation d&#8217;indépendance du Kosovo le 17 février 2008 est ce que l&#8217;on nomme une balkanisation, une stratégie qui se définit par un processus politico-militaire de fragmentation territoriale en vue d&#8217;élaborer des états autonomes pour diminuer la puissance d&#8217;une nation et profiter des divisions inter-ethniques, ou inversement, afin par exemple d&#8217;y installer des bases militaires étrangères dans le cadre d&#8217;opérations futures de plus grande envergure n&#8217;impliquant pas forcément la nation balkanisée. En ces heures sombres pour les uns, glorieuses pour les autres, de la fin du capitalisme, la balkanisation n&#8217;a pas évolué en une nouvelle forme de morcellement du territoire mais a cédé l&#8217;aspect purement politique à la révolution colorée ou révolution des fleurs afin entre autre d&#8217;instaurer ou de faire instaurer au pays nouvellement pro-atlantiste une démocratie de marché, infiniment néolibérale, et n&#8217;impliquant plus seulement que les politiciens de l&#8217;opposition au régime en place mais qui en appele à la participation massive de jeunes activistes.</strong></p>
<h2><a rel="attachment wp-att-1469" href="http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/11/des-couleurs-des-drones-et-le-neocolonialisme/iran-moussavi_16/"><img class="aligncenter size-full wp-image-1469" title="les Révolutions de Couleur/Fleurs" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/10/iran-moussavi_16.jpg" alt="les Révolutions de Couleur/Fleurs" width="450" height="329" /></a></h2>
<h2>Le millénaire des guerres énergétiques</h2>
<p>Bien que la Guerre Froide soit officiellement terminée, un nouvel acteur au premier plan de ce monde multipôlaire, la Chine, s&#8217;est invité en force dans la rivalité mythique entre les États-Unis à la tête de l&#8217;OTAN et la Russie soutenue par la CEI. La concurrence rude des trois blocs demeure omniprésente dans les coulisses du pouvoir des pays post-soviétiques du Caucase à l&#8217;Asie Centrale, deux vastes régions eurasiennes aux ressources très riches en hydrocarbures où plusieurs révolutions de couleur/de fleurs majoritairement anti-communiste ont éclaté et ont réussi après la révolution originelle de la Serbie en septembre 2000 grâce notamment à <em>Optor</em>, le mouvement d&#8217;activistes serbes anti-Milosevic :</p>
<ul>
<li>la <strong>Révolution des Roses</strong> en Georgie le 23 novembre 2003 qui a vu la démission du président Edouard Chevardnaze et l&#8217;arrivée de Mikhaïl Saakachvili formé dans les universités américaines et soutenu par le mouvement de résistance civique <em>Kmara</em> (Assez !).</li>
<li>la <strong>Révolution Orange</strong> en Ukraine a débuté le 22 novembre 2004 après l&#8217;annulation des résultats frauduleux du second tour des votes présidentiels entre le Premier ministre sortant Viktor Ianoukovytch et son rival Viktor Iouchtchenko soutenu par le mouvement <em>Pora</em> (Il est temps !).</li>
<li>la <strong>Révolution des Tulipes</strong> au Kyrgyzstan le 24 mars 2005, plus complexe et nettement plus violente que les précédentes, a vu le renversement du président Askar Akaïev et la chute de son régime puis l&#8217;instauration du nouveau gouvernement de l&#8217;ancien Premier ministre Kourmanbek Bakiev qui n&#8217;était pas directement soutenu par le mouvement de résistance des jeunes <em>Kel-Kel</em>.</li>
</ul>
<p>« <em>Ces révolutions se sont toutes déroulées suivant le même mécanisme : au moment où le pouvoir en place tentait de se renouveler, les partis d&#8217;opposition, soutenues par de puissantes ONG locales, ont contesté le résultat des élections et bloqué le pays par des manifestations pacifiques. Cette dynamique des sociétés civiles a débouché sur la chute du pouvoir et son remplacement par des équipes gouvernementales <a rel="attachment wp-att-1458" href="http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/11/des-couleurs-des-drones-et-le-neocolonialisme/birmanie-la-revolution-safran/"><img class="size-full wp-image-1458 alignright" title="Birmanie, la Révolution Safran" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/10/birmanie-la-revolution-safran.jpg" alt="Birmanie, la Révolution Safran" width="209" height="139" /></a>proaméricaines.</em> » Aymeric Chauprade, Chronique du choc des civilisations, page 90. Et les nombreuses autres tentatives avortées ou échouées, parfois sous la répression meurtrière de la police, par l&#8217;intervention implacable de l&#8217;armée ou au moyen d&#8217;assassinat planifié<a rel="attachment wp-att-1457" href="http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/11/des-couleurs-des-drones-et-le-neocolonialisme/iran-vote-mousavi/"><img class="size-medium wp-image-1457 alignleft" title="Iran, la Révolution de Velours" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/10/iran-la-revolution-de-velours.jpg?w=208" alt="IRAN-VOTE-MOUSAVI" width="146" height="210" /></a> par les services secrets comme en Azerbaïdjan dès mars 2005 [1], en Ouzbékistan en mai 2005 [2], la <strong>Révolution Safran</strong> en Birmanie en août 2007 [3], en Mongolie en juillet 2008 [4], en Moldavie en avril 2009 [5] ainsi que la très médiatique <strong>Révolution de Velours</strong> en Iran du 12 juin 2009 au lendemain du premier tour des élections présidentielles remportées par l&#8217;antisioniste président conservateur sortant Mahmoud Ahmadinejad sur le candidat de l&#8217;Occident libéral, le réformiste Mir Hossein Moussavi surnommé le Boucher de Beyrouth [6].</p>
<h2>ONG à but conflictuel</h2>
<p>Dans un contexte initial légèrement différent des enjeux énergétiques, face à la montée en puissance des radicaux islamistes partout au Moyen-Orient, et plus globalement dans tout le monde musulman, en Tchétchénie, au Dagestan, en Ingouchie jusque dans l&#8217;Indonésie du Jemaah Islamiyah, suite aux sanglantes guerres d&#8217;agression en Afghanistan et en Irak ainsi que les convois d&#8217;armes et moyens financiers au Hezbollah des deux bêtes noires de Washington, l&#8217;Iran et la Syrie, nous pouvons également citer la réussite de la <strong>Révolution du Cèdre</strong> au Liban après l&#8217;assassinat de Rafiq Hariri dans un attentat-suicide commis par camionnette contenant une seule charge explosive de 1800 kg le 14 février 2005, commandité soit par les <a rel="attachment wp-att-1463" href="http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/11/des-couleurs-des-drones-et-le-neocolonialisme/dick-cheney-membre-du-pnac/"><img class="alignleft size-medium wp-image-1463" title="Dick Cheney, membre du PNAC" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/10/dick-cheney-membre-du-pnac.jpg?w=300" alt="Dick Cheney, membre du PNAC" width="180" height="128" /></a>Syriens pour la communauté internationale ou par un commando des forces spéciales américaines sous les ordres de l&#8217;ancien vice-président Dick Cheney selon la piste du journaliste d&#8217;investigation Wayne Madsen [7] mais dont les événements qui ont suivi ont ainsi poussé le peuple libanais à descendre dans la rue pour demander l&#8217;arrêt des ingérences de la Syrie dans la politique de leur pays autant que le rejet de la présence des troupes syriennes sur leur territoire. Hormis cette dernière insurrection au cheminement classique différent, chacune des autres révolutions de couleur/de fleurs non-violentes visant à remplacer l&#8217;ancien système communiste pro-russe dans le but de servir les intérêts occidentaux a vu l&#8217;implication directe des États-Unis. Parfois soutenant l&#8217;opposition ou organisant directement la révolution par le biais de structures indépendantes financées par le budget américain dont USAID (United States Agency for International Developpement), NED (National Endowment for Democracy) étant un organe du CFR, International Republican Institute présidé par John McCain, National Democratic Institute for International Affairs présidé par Madeleine Albright, Albert Einstein Institution étant une vitrine de la CIA, la fondation Soros et Freedom House qui a notamment compté parmi les membres de son conseil, les néoconservateurs Steve Forbes, Donald<a rel="attachment wp-att-1466" href="http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/11/des-couleurs-des-drones-et-le-neocolonialisme/logo_pnac-2/"><img class="alignright size-medium wp-image-1466" title="Project for the New American Century" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/10/logo_pnac1.gif?w=300" alt="Project for the New American Century" width="300" height="40" /></a> Rumsfeld, Paul Wolfowitz et Zbigniew Brzezinski que l&#8217;on ne présentent plus. Tous des signataires du dangereux manifeste des principes impérialistes du think tank Project for the New American Century (PNAC) fondé au printemps 1997 par William Kristol et Robert Kagan.</p>
<h2>Chine-USA : une réévaluation géostratégique mondiale</h2>
<p><a rel="attachment wp-att-1472" href="http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/11/des-couleurs-des-drones-et-le-neocolonialisme/yes-we-can-invade-you/"><img class="alignleft size-medium wp-image-1472" title="Yes, we can invade you" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/10/yes-we-can-invade-you.jpg?w=300" alt="Yes, we can invade you" width="300" height="279" /></a>« <em>Pour les États-Unis, la donne internationale actuelle crée une nouvelle grille de lecture géostratégique à plusieurs échelons. Au premier échelon, nous retrouvons la relation entre la superpuissance et les grandes puissances. Le deuxième échelon se caractérise par la relation entre Washington et les États voyous. Le troisième, enfin se détermine par la relation entre les États-Unis et les États effondrés, lesquels sont souvent dirigés par des clans, des ethnies ou des tribus et forment un refuge pour de nombreux acteurs transnationaux.</em> » Tanguy Struye de Swielande. Le lobby PNAC, le groupuscule obscur derrière la guerre d&#8217;Irak, a concocté ce projet néocolonialiste typiquement anglo-saxon, visant une soixantaine de pays et étroitement placé sous l&#8217;égide de l&#8217;OTAN, pour garantir la continuité du leadership mondial de l&#8217;hyperpuissance américaine en ce nouveau millénaire bien entamé. Sans partage sur la distribution des recettes mais surtout pour assouvir la domination planétaire politico-militaro-économique des faucons de Washington principalement sur tous les derniers grands gisements de gaz et de pétrole répertoriés dans le sol des nations post-soviétiques de l&#8217;Eurasie pour en faire bénéficier en priorité le gros consommateur américain au devant de la menace pesante du pic pétrolier annoncé entre 2010 et 2015 par les plus éminents spécialistes et afin de réduire leur très grande interdépendance vis-à-vis des énormes importations d&#8217;or noir de la péninsule arabique, l&#8217;Arabie Saoudite en tête, le Bahreïn, le Koweït, le Qatar et les Émirats arabes unis réunissant Abou Dabi, Ajman, Charjah, Dubaï, Fujaïrah, Ras el Khaïmah et Oumm al Qaïwaïn. Des ressources importantes du coeur continental de la masse terrestre eurasiatique « <em>Heartland</em> » dont dépendent inévitablement la consommation sans cesse croissante des superpuissances eurasiennes de Bruxelles, Moscou, New Dehli et Pékin.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>La carte des pays exportateurs du pétrole</strong> <em>(cliquer pour agrandir)</em></p>
<p><a rel="attachment wp-att-1475" href="http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/11/des-couleurs-des-drones-et-le-neocolonialisme/payx-exportateurs-de-petrole/"><img class="aligncenter size-full wp-image-1475" title="les pays exportateurs de pétrole" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/10/payx-exportateurs-de-petrole.png" alt="les pays exportateurs de pétrole" width="450" height="248" /></a></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>La carte des principaux flux pétroliers dans le monde</strong></p>
<p><a rel="attachment wp-att-1479" href="http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/11/des-couleurs-des-drones-et-le-neocolonialisme/principaux-flux-petrolier-dans-le-monde-2/"><img class="aligncenter size-full wp-image-1479" title="les principaux flux pétroliers dans le monde" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/10/principaux-flux-petrolier-dans-le-monde1.jpg" alt="les principaux flux pétroliers dans le monde" width="450" height="307" /></a></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>La carte de production et consommation de pétrole dans le monde</strong></p>
<p><a rel="attachment wp-att-1482" href="http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/11/des-couleurs-des-drones-et-le-neocolonialisme/production-et-consommation-de-petrole/"><img class="aligncenter size-full wp-image-1482" title="production et consommation de pétrole" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/10/production-et-consommation-de-petrole.jpg" alt="production et consommation de pétrole" width="450" height="349" /></a></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>La carte des réserves mondiales de pétrole</strong></p>
<p><strong><a rel="attachment wp-att-1485" href="http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/11/des-couleurs-des-drones-et-le-neocolonialisme/reserves-mondiales-de-petrole/"><img class="aligncenter size-full wp-image-1485" title="réserves mondiales de pétrole" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/10/reserves-mondiales-de-petrole.jpg" alt="réserves mondiales de pétrole" width="450" height="394" /></a></strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Inutile de rappeler que la Chine comme la Russie sont déjà toutes deux très solidement ancrées en Asie Centrale, dans le Caucase, les pourtours de la Mer Noire et l&#8217;Afrique qui n&#8217;est pas en reste en matière de néocolonialisme alors que le taux de pauvreté de l&#8217;Afrique subsaharienne qui n&#8217;a pas diminué depuis vingt-cinq ans augmente inéxorablement avec sa démographie et explosera d&#8217;ici 2015, comme cela a été le cas après l&#8217;effondrement du bloc soviétique en 1990, avec plus d&#8217;un tiers du milliard de pauvres dans le monde. Un facteur-clé de l&#8217;essor économique chinois qui n&#8217;est pas resté inaperçu aux yeux des néocolonialistes venus de Hong Kong, Pékin et Shanghaï. « <em>Les réseaux d&#8217;ONG, directement au contact de la population auraient le rôle non avoué de galvaniser le peuple contre certains régimes despotiques des pays en développement. (&#8230;) Ceux qui soutiennent que le néocolonialisme a historiquement remplacé ou complémenté le colonialisme, mettent en avant le fait que l&#8217;Afrique aujourd&#8217;hui paie chaque année (en paiement des intérêts sur prêts) au FMI et à la BM cinq fois plus qu&#8217;elle n&#8217;en reçoit sous forme d&#8217;aide au développement sous forme de prêts, privant souvent, de ce fait, les habitants de ces pays des nécessités de base.</em> » Wikipedia. En ce qui concerne les nombreux chantiers chinois en Afrique : « <em>l&#8217;argent investi ne profite pas aux économies domestiques » déplore le chercheur sud-africain Tsidiso Disenyana rajoutant que : « La Chine amène ses propres ingénieurs et ouvriers.</em> » Une nouvelle ère de colonialisme étant loin de bénéficier au foyer de la famille africaine comme de résoudre les plus graves problèmes de l&#8217;Afrique noire &#8211; l&#8217;alphabétisation, le braconnage, la sécheresse, les seigneurs de la guerre &#8211; qui n&#8217;est pas sans rappeler le pillage des empires britannique et français durant la seconde partie du XIXe siècle. M. Moumouni insiste sur le fait que : « <em>Nous les Africains devons sortir de ce type de rêverie d&#8217;une puissance, toute bénévole, qui vient pour nos beaux yeux ou parce que nous nous prévalons de notre pauvreté. Aujourd&#8217;hui on parle de la Chine, mais demain ce sera l&#8217;Inde ou le Brésil qui mènent beaucoup d&#8217;offensives en Afrique selon le même schéma.</em> »</p>
<h2>PNAC, une doctrine militariste</h2>
<p>« <em>Connaissez-vous le PNAC ? Non ? C’est dommage et c’est une erreur. Car si vous ne vous intéressez pas au PNAC, lui, il nous concerne. Nous, c’est-à-dire tous ceux qui ne sont pas citoyens des Etats-Unis d’Amérique.</em> » Raoul Marc Jennar, chercheur altermondialiste.</p>
<p><object width="425" height="254"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/x3dlpx"></param><param name="allowfullscreen" value="true"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/x3dlpx" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="334" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p> En 2000, le PNAC a publié un rapport intitulé « Reconstruire les défenses de l’Amérique ». On peut y lire ceci : « <em>À l’heure actuelle, les Etats-Unis ne sont confrontés à aucun rival global. L’objectif d’une stratégie américaine ambitieuse devrait être de préserver et d’étendre cette position avantageuse aussi loin que possible dans le futur.</em> » Une stratégie territoriale intercontinentale argumentant l&#8217;augmentation des effectifs militaires en passant de 1,4 millions à 1,6 millions de soldats déployés rapidement depuis leurs bases situées aux quatre coins du globe ou les autres postes d’opération avancés permettant des facilités d’accès dans certains pays. « <em>L’US Navy de demain s’appuie, en définitive, sur trois grands principes : <strong>Sea Basing</strong> (bases en mer, forces expédition­naires), <strong>Sea Strike</strong> (projection de la puissance maritime), <strong>Sea Shield<a rel="attachment wp-att-1488" href="http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/11/des-couleurs-des-drones-et-le-neocolonialisme/090712-n-0000g/"><img class="size-medium wp-image-1488 alignleft" title="USS-Independance LCS-2" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/10/uss-independance-lcs-2.jpg?w=251" alt="USS-Independance LCS-2" width="251" height="294" /></a></strong> (bouclier par défense anti-aérienne, anti-missiles, anti-sous-marine, défense du littoral, démi­nage, etc.)</em> » Tanguy Struye de Swielande. Une stratégie technologique avant-gardiste axée essentiellement sur le cyberespace et l&#8217;espace qui nécessite toutefois la modernisation des équipements militaires actuels pour en limiter à l&#8217;avenir le coût humain car je cite Jean-Pierre Petit : « <em>Un soldat coûte cher. Il faut le nourrir, le soigner, lui payer une pension, une retraite. Il a des états d&#8217;âme, des scrupules.</em> » Une rénovation générale s&#8217;appuyant sur un usage massive des nouvelles armes de haute technologie telle que la nouvelle génération de drones tactiques aérien<a rel="attachment wp-att-1498" href="http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/11/des-couleurs-des-drones-et-le-neocolonialisme/drone-naval/"><img class="alignright size-thumbnail wp-image-1498" title="drone naval" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/10/drone-naval.jpg?w=150" alt="drone naval" width="150" height="95" /></a> pour la reconnaissance, la surveillance et l&#8217;élimination, naval dans la lutte anti-mine principalement, sous-marin pour la reconnaissance de submersible et défense des pipelines sous-marins, terrestre dans le cadre des missions secrètes des forces spéciales et spatial, tel que le modèle Ikhana dérivé du meurtrier Predator B, officiellement <a rel="attachment wp-att-1491" href="http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/11/des-couleurs-des-drones-et-le-neocolonialisme/071104-f-2185f-031-jpg-2/"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1491" title="drone tactique MQ-9 Reaper" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/10/mq-9-reaper1.jpg?w=150" alt="drone tactique MQ-9 Reaper" width="150" height="83" /></a>pour mieux lutter contre les incendies et la progression des feux de forêt [8]. Outre les micro-drone, drone-mouche, drone-hélicoptère, parmi les plus récents avions de combat sans pilote multirôles comme le General Atomics MQ-9 Reaper adaptables aux portes-avions, bâtiments amphibies et nouvelles frégates classe LCS-2 ainsi que les prototypes de drones furtifs à vitesse supersonique de haute altitude, longue autonomie, ayant la capacité d&#8217;être ravitaillé en vol et interconnectés les uns aux autres comme le Northrop Grumman X-47 Pegasus pour notamment rivaliser avec les concurrents européen<a rel="attachment wp-att-1494" href="http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/11/des-couleurs-des-drones-et-le-neocolonialisme/xin_616b5d863cec46f8b4f2678ff67ade64/"><img class="size-medium wp-image-1494 alignright" title="drone furtif supersonique An Jian" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/10/xin_616b5d863cec46f8b4f2678ff67ade64.jpg?w=232" alt="drone furtif supersonique An Jian" width="232" height="300" /></a> Dassault nEUROn ou chinois An Jian, certains portent en eux les espoirs au DARPA de transporter une mini-nuke à guidage GPS dotée d&#8217;une ogive thermonucléaire de faible puissance et d&#8217;autres d&#8217;être équipé d&#8217;un réacteur nucléothermique similaire à celui du programme NERVA ou encore d&#8217;un système de propulsion à générateur MHD (magnétohydrodynamique) atteignant facilement les Mach 15 (19000 km/h). Et pour les drones spatiaux de demain, un propulseur MPD (magnétoplasmadynamique) parcourant la centaine de kilomètres en une seconde qui est déjà exploité par le MIT (Massachusetts Institute of Technology) et la NASA dans l&#8217;élaboration des futurs vaisseaux interplanétaires habités vers Mars ainsi que pour les lunes de Jupiter et Saturne. Des concepts bien réels qui ne font plus partie de la science-fiction des années 1960 où commença le développement des premiers UAV auxquels il faut rajouter l&#8217;arme à antimatière dont quelques grammes suffisent à remplacer les plusieurs kilogrammes de plutonium d&#8217;une charge nucléaire. Ce qui réduit fortement la taille de l&#8217;ogive comme son poids et sa capacité à être déployée depuis une imposante plate-forme mobile tel que le sous-marin lanceur d&#8217;engins tout en gardant une haute puissance nominale de destruction exempte de retombées radioactives. « <em>En fait, en 1950, deux ans avant l&#8217;explosion de la première bombe H, l&#8217;allumage par l&#8217;antimatière d&#8217;un mélange de deutérium et de tritium était à l&#8217;étude.</em> » André Gsponer et Jean-Pierre Hurni [9]. « <em>Hollywood a le même code génétique que le Pentagone.</em> » Le film Anges &#38; Démons réalisé par Ron Howard d&#8217;après le roman de Dan Brown dévoile l&#8217;existence des armes à antimatière. Un message à caractère propagandiste de la part des américains destiné précisément aux autres grandes puissances technocratiques eurasiennes, la France, la Chine et la Russie qui planchent également sur ce nouveau type d&#8217;armement non-conventionnel pendant que la communauté internationale s&#8217;acharne sur le programme nucléaire iranien. Qu&#8217;il soit civil ou militaire, la presse occidentale ferait mieux de regarder dans les placards de ses propres gouvernements. D&#8217;inévitables scandales au sein du complexe militaro-industriel craint d&#8217;Eisenhower qui ferait du Watergate un banal fait divers. Des programmes noirs du Département de la Défense plus que certainement classés Secret Défense inconnus même de la Maison Blanche qui offriraient le prix Pulitzer à un véritable journalisme d&#8217;investigation.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Notes</strong></p>
<p>[1] : <a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2006/02/CHETERIAN/13165">http://www.monde-diplomatique.fr/2006/02/CHETERIAN/13165</a></p>
<p>[2] : <a href="http://www.colisee.org/article.php?id_article=2017">http://www.colisee.org/article.php?id_article=2017</a></p>
<p>[3] : <a href="http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2238/articles/a355272-birmanie__la_r%C3%A9volution_safran.html">http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2238/articles/a355272-birmanie__la_r%C3%A9volution_safran.html</a></p>
<p>[4] : <a href="http://asie21.com/asie/index.php?option=com_content&#38;view=article&#38;id=60:le-soubresaut&#38;catid=58:mongolie&#38;Itemid=86">http://asie21.com/asie/index.php?option=com_content&#38;view=article&#38;id=60:le-soubresaut&#38;catid=58:mongolie&#38;Itemid=86</a></p>
<p>[5] : <a href="http://www.courrierinternational.com/article/2009/04/10/une-caricature-de-revolution-coloree">http://www.courrierinternational.com/article/2009/04/10/une-caricature-de-revolution-coloree</a></p>
<p>[6] : <a href="http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=692">http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=692</a></p>
<p>[7] : <a href="http://www.reopen911.info/News/2009/05/13/l%E2%80%99ombre-de-dick-cheney-plane-sur-le-meurtre-de-lex-premier-ministre-libanais-rafic-hariri/">http://www.reopen911.info/News/2009/05/13/l%E2%80%99ombre-de-dick-cheney-plane-sur-le-meurtre-de-lex-premier-ministre-libanais-rafic-hariri/</a></p>
<p>[8] : <a href="http://newsoftomorrow.org/spip.php?article1888">http://newsoftomorrow.org/spip.php?article1888</a></p>
<p>[9] : <a href="http://cui.unige.ch/isi/sscr/phys/LaRecherche.html">http://cui.unige.ch/isi/sscr/phys/LaRecherche.html</a></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[Quelle stratégie en Afghanistan ?]]></title>
<link>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/10/quelle-strategie-en-afghanistan/</link>
<pubDate>Sat, 10 Oct 2009 12:09:29 +0000</pubDate>
<dc:creator>Bao</dc:creator>
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<description><![CDATA[Un débat s&#8217;est &#8211; enfin &#8211; ouvert au niveau opératif et stratégique sur le conflit A]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a rel="attachment wp-att-1429" href="http://mecanoblog.wordpress.com/2009/10/10/quelle-strategie-en-afghanistan/22759_vignette_afghanistan_avancee_taliban/"><img class="aligncenter size-full wp-image-1429" title="territoires ISAF-Taliban" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/10/22759_vignette_afghanistan_avancee_taliban.jpg" alt="territoires ISAF-Taliban" width="450" height="253" /></a></p>
<p>Un débat s&#8217;est &#8211; enfin &#8211; ouvert au niveau opératif et stratégique sur le conflit Afghan. Comme annoncé dans le <a href="http://mecanoblog.wordpress.com/index.php?post/2009/09/13/Quelle-strat%C3%A9gie-pour-l-Afghanistan">billet précédent</a>, ce débat, en gestation depuis plusieurs semaines, est notamment relayé dans les colonnes du <a href="http://smallwarsjournal.com/">&#8221;Small Wars Journal&#8221;</a>. Romain Lalanne fait <a href="http://www.alliancegeostrategique.org/2009/09/19/contre-insurrection-afghanistan-arguments/">sur AGS</a> le point sur les arguments avancés jusqu&#8217;ici respectivement en faveur ou de la mise en œuvre d&#8217;une campagne de contre-insurrection &#8211; sur le &#8220;modèle&#8221; irakien -, ou d&#8217;un retrait des forces conventionnelles, remplacées par une combinaison de frappes à distance &#8211; sur le modèle des frappes de drones au Pakistan &#8211; et d&#8217;opérations spéciales. Ce débat, qui survient quelques mois après la nomination du général McChrystal à la tête de l&#8217;ISAF (<em>International Security and Assistance Force</em>, force de l&#8217;OTAN en Afghanistan), répond à ce qui ressemble de plus en plus à de l&#8217;indécision de la part de l&#8217;administration Obama &#8211; et de la plupart des gouvernements des nations participant à l&#8217;ISAF &#8211; quant à la stratégie à adopter en Afghanistan. Alors que le président Obama a annoncé <a href="http://smallwarsjournal.com/blog/2009/09/this-week-at-war/">n&#8217;avoir pas encore arrêté de stratégie définitive</a> sur l&#8217;Afghanistan &#8211; et ce bien qu&#8217;il en ait officiellement adopté une en mars dernier -, il n&#8217;est plus exagéré de parler d&#8217;une crise de la stratégie de la coalition en Afghanistan.</p>
<p>Cette crise en gestation trouve son origine dans une incapacité à fixer des buts stratégiques <em>positifs</em> à l&#8217;action de la force. Les buts stratégiques annoncés par les partisans du maintien des forces de la coalition en Afghanistan, à savoir empêcher que l&#8217;Afghanistan ne redevienne un abri pour le terrorisme islamiste d&#8217;une part, et empêcher la déstabilisation du Pakistan d&#8217;autre part, sont des objectifs <em>négatifs</em>, c&#8217;est-à-dire des possibilités que l&#8217;on ne veut pas voir se réaliser. Mais rien n&#8217;est dit sur les possibilités que l&#8217;on veut voir se réaliser, l&#8217;émergence d&#8217;un Afghanistan démocratique étant davantage à prendre comme de la propagande que comme un objectif crédible, en tout cas à moyen terme. Résoudre la crise stratégique doit commencer par la détermination d&#8217;un ou plusieurs buts positifs. L&#8217;importance de buts de ce type est en effet capitale. Le conflit afghan n&#8217;est en effet aujourd&#8217;hui pas tant l&#8217;affrontement de deux idéologies &#8211; les Talibans sont moins idéologues qu&#8217;on ne veut bien le penser &#8211; mais celui de deux projets politiques non seulement pour l&#8217;Afghanistan en tant que pays, mais aussi par le haut pour la zone Af-Pak (Afghanistan-Pakistan) et par le bas pour l&#8217;ethnie pachtoune. Or pour l&#8217;heure seuls les Talibans sont en mesure de proposer un projet pour chacun de ces niveaux, ce qui leur donne un avantage stratégique majeur. En l&#8217;absence de projet politique susceptible d&#8217;emporter l&#8217;adhésion &#8211; autrement dit en l&#8217;absence de buts stratégiques positifs &#8211; les forces de la coalition en Afghanistan sont condamnées à &#8220;stabiliser&#8221; indéfiniment (et avec de moins en moins de succès) le pays, et ne pourront ni vaincre les Talibans, ni susciter durablement l&#8217;adhésion à la fois des peuples afghans (le pluriel est ici volontaire) et pakistanais et celle des opinions nationales des pays engagés sur le théâtre. A court terme, le risque est grand de voir le soutien &#8211; déjà largement étiolé &#8211; pour la guerre s&#8217;évaporer dans la plupart des pays de la coalition, conduisant ainsi à des retraits en série d&#8217;alliés y compris parmi les plus fidèles, comme la Grande-Bretagne. Si les pays membres de l&#8217;ISAF, et en premier lieu les États-Unis, veulent parvenir à rétablir la situation stratégique en Afghanistan, il leur faut donc de toute urgence affirmer des buts de guerre à la fois pragmatiques et suffisamment ambitieux pour constituer un projet politique capable de susciter l&#8217;adhésion.</p>
<p>Une stratégie pour l&#8217;Afghanistan devra commencer par proposer un projet politique admissible à la fois par les Afghans eux-mêmes et par les opinions des pays de la coalition, dont le soutien conditionnera la poursuite de l&#8217;engagement. Ce projet devra être décliné à la fois en objectifs visant l&#8217;ensemble de la zone Af-Pak, en objectifs concernant l&#8217;Afghanistan dans son ensemble, et en objectifs visant plus spécifiquement les Pachtounes, tout en étant formulé de manière à permettre la poursuite du soutien des opinions nationales des pays engagés (et plus particulièrement des opinions des &#8220;grands&#8221; pays : États-Unis, Royaume-Unie, France, Pologne, Espagne, etc.). Sur ce dernier point, il sera sans doute plus pertinent de raisonner en termes d&#8217;intérêt national et de présenter clairement les choses de cette manière aux opinions que de chercher à présenter l&#8217;intervention de nos forces comme un combat &#8220;pour des valeurs&#8221; qui outre qu&#8217;il accroît la méfiance des peuples locaux à l&#8217;égard de nos intentions n&#8217;est plus une justification suffisante aux pertes de nos forces. Les peuples, contrairement à ce que semblent penser nombre de communicants officiels, sont adultes et moins naïfs qu&#8217;on ne le pense. S&#8217;ils doivent soutenir une intervention encore longue dans un pays lointain, l&#8217;intérêt national &#8211; et non la défense des droits de la femme afghane<sup>[<a id="rev-pnote-77-1" href="http://mecanoblog.wordpress.com/wp-admin/#pnote-77-1">1</a>]</sup> &#8211; est sans doute la seule justification raisonnable.</p>
<p>Déterminer le visage exact d&#8217;une stratégie en Afghanistan est une entreprise complexe. N&#8217;étant pas spécialiste de la région, je ne me hasarderais pas à en proposer un. Mais il est clair qu&#8217;aucune campagne militaire, de contre-insurrection ou autre, ne réussira en Afghanistan en l&#8217;absence d&#8217;objectifs stratégiques positifs clairs et réalistes. Elle ne pourra au mieux qu&#8217;obtenir un résultat similaire au <em>surge</em> irakien, à savoir une stabilisation temporaire de la situation sécuritaire débouchant sur un échec stratégique. Et ce n&#8217;est pas à l&#8217;aune des succès tactiques que l&#8217;Histoire détermine les vainqueurs d&#8217;un conflit.</p>
<div>
<h4>Notes</h4>
<p>[<a id="pnote-77-1" href="http://mecanoblog.wordpress.com/wp-admin/#rev-pnote-77-1">1</a>] Il ne s&#8217;agit pas ici de dire que ces droits ne sont pas importants, ni qu&#8217;ils ne doivent pas être promus et défendus. Mais ils ne peuvent constituer seuls la base d&#8217;une stratégie.</p>
<p> </p>
<p>Source : la Plume et le Sabre</p>
</div>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[]]></title>
<link>http://jmkleinblog.wordpress.com/2009/10/09/273/</link>
<pubDate>Fri, 09 Oct 2009 18:40:39 +0000</pubDate>
<dc:creator>jmkleinblog</dc:creator>
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<description><![CDATA[Barrack Obama, récompensé du prix Nobel de la paix.. Le prix Nobel n&#8217;a vraiment plus aucune lé]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><img class="alignnone size-full wp-image-297" title="006" src="http://jmkleinblog.wordpress.com/files/2009/10/006.jpg" alt="006" width="470" height="141" /><br />
Barrack Obama, récompensé du prix Nobel de la paix.. Le prix Nobel n&#8217;a vraiment plus aucune légitimité. Annuler le bouclier antimissile, très simple puisque le bouclier n&#8217;a été qu&#8217;un leurre pour ruiner la Russie.</p>
<p>Quant à régler le &#8220;conflit&#8221; israëlo-palestinien(massacre de civils = conflit ?), il n&#8217;a fait que traîner, tout comme notre dégénéré de président-people, le temps de laisser les &#8220;gentils&#8221; finir leur petit carnage teinté de  phosphore blanc sur cibles humaines.</p>
<p>Barrack Obama, choisi par Wall Street avant même que le peuple ne vote, pantin de l&#8217;oligarchie, qui continue son avancée absurde vers l&#8217;est, poursuivant l&#8217;&#8221;oeuvre&#8221; de G.W. Bush et trouvant des talibans et des terroristes là où ça l&#8217;arrange, tout ça grâce à la démolition bien propre et droite de 2 tours ( 3 en fait), soigneusement orchestrée par son propre pays [ contrairement à Fredéric Taddei, je ne risque pas de lynchage médiatique].<br />
Le 11 Septembre, l&#8217;occasion de constater que la liberté d&#8217;expression se meurt en France (contrairement aux autres pays, États-Unis y compris). Au même moment Dieudonné est condamné à 1 an de prison pour un sketch provocateur..</p>
<p>Enfin, aux informations de france 3, on vente les bénéfices du travail en prison à moindre coût, véritable exploitation sous payée et très rentable pour les entreprises;  ça n&#8217;est pas comme ça que le chômage va baisser, à moins d&#8217;envoyer la moitié des français en prison biensûr (probablement un rêve caressé par nos élites libérales-sécuritaires).</p>
<p><span style='text-align:left;display:block;'><p><object type='application/x-shockwave-flash' data='http://wordpress.com/wp-content/plugins/audio-player/player.swf' width='290' height='24' id='audioplayer1'><param name='movie' value='http://wordpress.com/wp-content/plugins/audio-player/player.swf' /><param name='FlashVars' value='&amp;bg=0xf8f8f8&amp;leftbg=0xeeeeee&amp;lefticon=0x666666&amp;rightbg=0xcccccc&amp;rightbghover=0x999999&amp;righticon=0x666666&amp;righticonhover=0xffffff&amp;text=0x666666&amp;slider=0x666666&amp;track=0xFFFFFF&amp;border=0x666666&amp;loader=0x9FFFB8&amp;soundFile=http%3A%2F%2Fsd-1.archive-host.com%2Fmembres%2Fplaylist%2F46918126449493303%2F10-once.mp3%26%23124%3Bbg%3D0x000000%26%23124%3Brighticon%3D0x000000' /><param name='quality' value='high' /><param name='menu' value='false' /><param name='bgcolor' value='#FFFFFF' /></object></p></span></p>
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