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	<title>al-qaida &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
	<link>http://en.wordpress.com/tag/al-qaida/</link>
	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "al-qaida"</description>
	<pubDate>Sat, 28 Nov 2009 06:45:24 +0000</pubDate>

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<title><![CDATA[Conflit(s) au Yémen]]></title>
<link>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/27/conflits-au-yemen/</link>
<pubDate>Fri, 27 Nov 2009 17:09:56 +0000</pubDate>
<dc:creator>Bao</dc:creator>
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<description><![CDATA[Après la mort, le 3 novembre dernier, d’un garde-frontière et l’incursion de rebelles yéménites sur ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><strong>Après la mort, le 3 novembre dernier, d’un garde-frontière et l’incursion de rebelles yéménites sur son territoire, l’Arabie  saoudite est désormais impliquée militairement dans les problèmes sécuritaire du Yémen. Voici quelques éléments pour mieux en  comprendre les enjeux :</strong></p>
<p><a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/les-forces-saoudiennes-aux-prises-avec-les-rebelles-yemenites.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2684" title="les forces saoudiennes aux prises avec les rebelles yéménites" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/les-forces-saoudiennes-aux-prises-avec-les-rebelles-yemenites.jpg" alt="" width="390" height="310" /></a></p>
<h2><em>Des divisions du passé qui ressurgissent</em></h2>
<p>L’existence du Yémen que l’on connaît actuellement est en fait toute récente. Au XIXe siècle, le pays était divisé en deux  parties, le Nord étant sous la domination de l’empire Ottoman et le Sud étant contrôlé par les Britanniques.</p>
<p>En 1918, la région septentrionale accède à l’indépendance et devient le royaume mutawakkilite du Yémen, gouverné par Yahya  Muhammad Hamid ed-Din, l’imam des zaïdites, une branche de l’islam chiite. En 1962, cette monarchie chiite est renversée par  un coup d’Etat mené par les sunnites et la province prend le nom de République arabe du Yémen (ou Yémen du Nord).</p>
<p>De son côté, la région méridoniale devient la République démocratique populaire du Yémen du Sud après le départ des  Britanniques en 1967 et adopte la doctrine marxiste.</p>
<p>En 1990, les deux entités finissent par fusionner pour former la République du Yémen, présidée par Ali Abdullah Saleh, qui  dirigeait auparavant le Yémen du Nord. Cependant, cette réunification n’est pas synonyme de stabilité. En 1994, le sud du  pays a tenté de faire sécession, sans succès. Puis, à partir de 2004, c’est un mouvement rebelle de la minorité chiite  zaïdite qui commence à faire parler de lui dans le nord, et plus précisement dans la province de Saada.</p>
<h2>
<em>La rebellion Houthiste</em></h2>
<p>Economiquement sous-développée, la province de Saada est un bastion des chiites d’obédience zaïdite. En 1997, Cheikh Hussein  Badr Eddine Al-Houthi fonde un mouvement appelé « <em>Jeunesses croyantes</em> » (shabab al-mu’min). S’estimant opprimés par le régime  du président Saleh, ceux qui se font appeler les « <em>houthistes</em> » prennent les armes en juin 2004.</p>
<p>La mort de son chef, trois mois plus tard, aurait pu porter un coup fatal à la rébellion. Or, il n’en a rien été, bien au  contraire : elle compterait quelques milliers de combattants actuellement, contre seulement 400 il y a cinq ans. Jusqu’à  présent, les combats avec les forces gouvernementales et les insurgés avaient été sporadiques. Mais depuis le mois d’août,  Sanaa est décidé à en finir avec les houthistes, en lançant une vaste offensive militaire.</p>
<p>Ainsi, soi-disant pour éviter d’être encerclés par l’armée yéménites, des rebelles zaïdites sont entrés en Arabie saoudite.  Au cours de cette incursion, un garde-frontière saoudien est tué. Et c’est cet incident qui va ainsi pousser Riadh à  s’impliquer dans ce conflit interne au Yémen, notamment en bombardant les positions houthistes.</p>
<h2><em>Le rôle de l’Iran</em></h2>
<p><a href="http://www.egeablog.net/dotclear/index.php?post/2009/10/27/Y%C3%A9men-%3A-ne-pas-se-laisser-abuser-par-la-g%C3%A9opolitique" target="_blank">Comme l’a souligné le géopolitologue Olivier Kempf,</a> il n’y a pas de preuves d’un éventuel soutien à la rébellion houthiste de la part de l’Iran  chiite. Seulement des présomptions, sur la base de la proximité confessionnelle entre les dirigeants iraniens et les insurgés  zaïdites. Encore que, le chiisme de ces derniers présentent quelques différences dogmatiques avec celui qui est pratiqué à  Téhéran.</p>
<p>Cependant, plusieurs déclarations de responsables du pays des mollahs montrent leur intérêt pour les opérations militaires en  cours contre les houthistes, comme celle du chef d’état-major iranien, le général Hassan Firouzabadi, qui a qualifié  l’intervention saoudienne de « <em>terrorisme d’Etat</em> » susceptible de mettre en danger la région et d’alimenter l’extrémisme dans  le monde musulman. Et même si Maouchehr Mottaki, le ministre iranien des Affaires étrangères a proposé, le 11 novembre, une  coopération avec Sanaa, cela n’a pas empêché un journal ultraconservateur de Téhéran d’assimiler le conflit yéménite à une  attaque « <em>des Arabes contre les chiites</em> ».</p>
<p>Reste que le Yémen et l’Arabie Saoudite accusent l’Iran de soutenir les rebelles. Le 28 octobre dernier, soit quelques jours  avant l’intervention saoudienne, les autorités yéménites avaient annoncé la prise, au large des côtes du nord du pays, d’un  bateau présenté comme étant iranien et chargé d’armes.</p>
<p>Mais si les preuves d’un soutien de Téhéran à la rébellion houthiste ne sont pas formellement établies, il n’en reste pas  moins que ce conflit sert les intérêts iraniens. Depuis la chute de Saddam Hussein et la venue au pouvoir de chiites à  Bagdad, l’Arabie Saoudite et d’autres monarchies du golfe Persique ont une obsession : l’émergence d’un « <em>Croissant chiite</em> »,  qui serait au service d’un possible hégémonie de l’Iran dans la région.</p>
<p>Cette crainte est d’autant plus justifiée qu’une forte minorité chiite (10% de la population) est présente dans la péninsule  arabique. Et l’on ne peut pas dire que les revendications de cette dernière aient souvent été prises en compte dans un pays  où le wahhabisme, c’est à dire l’interprétation rigoriste de l’islam sunnite, est la doctrine officielle. Et le conflit qui  oppose les houthistes au pouvoir central yéménite pourrait bien inspirer les chiites saoudiens, ou du moins. D’où un possible  effet de contagion.</p>
<p>Par ailleurs, il se trouve que les chiites représentent près de 30% de la population de la province saoudienne du Hasa. Or,  le sous-sol de cette dernière recèle une grande partie des réserves pétrolières du royaume… Par conséquent, des troubles  dans cette région affaibliraient Riyad, ce qui pourrait affecter la production d’or noir du pays , au grand bénéfice de l’Iran,  dont les exportations de bruts pourraient être menacées par d’éventuelles sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU en  fonction de son attitude sur la question de son programme nucléaire.</p>
<p>Cette menace de « <em>Croissant chiite</em> » fait que les membres du Conseil de coopération du Golfe (Arabie Saoudite, Koweit, Bahreïn,  Oman et les Emirats arabes unis), ainsi que la Jordanie et l’Egypte, soutiennent le Yémen dans sa lutte contre les rebelles  houthistes.</p>
<h2><em>En toile de fond : al-Qaïda</em></h2>
<p>Le réseau al-Qaïda est très actif au Yémen. N’oublions pas que c’est dans le port d’Aden que le destroyer américain USS Cole  avait été la cible d’un attentat attribué à la nébuleuse terroriste, en octobre 2000. Plusieurs attaques et enlèvements  (notamment contre l’ambassade américaine en 2008) ont été revendiqués par les djihadistes locaux.</p>
<p>Récemment, les branches saoudiennes et yéménites d’al-Qaïda ont fusionné en un seul groupe, appelé « <em>Al Qaïda dans la  péninsule arabique</em> » (AQAP). En fait, il semblerait que les fidèles saoudiens d’Oussama ben Laden aient décidé de faire du  Yémen leur base arrière à partir de laquelle ils peuvent mener des actions contre Riyad. C’est de ce pays qu’est venu  l’auteur de la tentative d’attentat d’août dernier, contre le prince saoudien Mohammed Ben Nayef Al-Saoud, le chef de la  lutte antiterroriste.</p>
<p>Bien qu’engagé aux côtés des Etats-Unis dans ce qui est appelé « <em>la guerre contre le terrorisme</em> » depuis le 11 septembre 2001,  le Yémen n’a pas vraiment les moyens pour lutter contre al-Qaïda sur son sol. Et ceci est d’autant plus vrai que vient  s’ajouter le conflit contre les houthites. L’armée yéménite, qui bénéficie d’un budget qui représente 6% du PIB et 40% des  dépenses de l’Etat, ne dispose pas d’effectifs suffisants et d’armements assez modernes pour mener une lutte sur deux fronts. Aussi, c’est la raison pour laquelle les militants d’al-Qaïda sont relativement en sécurité au Yémen.</p>
<p>Par ailleurs, même si c’est pour des raisons différentes, le gouvernement central et les combattants islamistes partagent le  même combat contre les houthistes. C’est sans doute pour cela que le président Saleh aurait recruté des djihadistes  « <em>repentis</em> » pour mener des opérations contre les rebelles zaïdites, mais aussi contre les « <em>ennemis de l’Etat</em> », c’est à dire  les militants marxistes nostalgiques de la République démocratique populaire du Yémen Sud, dont le marxisme en fait des  athées.</p>
<p>Enfin, le 10 novembre, un des responsables de l’AQAP, Mohammed ben Abdel Rahman al-Rachid, s’en était pris aux chiites,  considérés comme hérétiques, et donc aux Iraniens. « <em>La menace (ndlr: des chiites) contre l’islam et son peuple est bien plus  importante que celle des juifs et des chrétiens</em> » avait-il affirmé dans un enregistrement sonore repéré par SITE Intelligence,  le groupe américain spécialisé dans la surveillance des activités islamistes sur Internet.</p>
<p>« <em>Nous appelons la nation à être aux côtés des (ndlr: sunnites) avec tous leurs moyens contre le danget de l’Iran et des  fidèles à la foi chiite dans la région</em> » avait-il poursuivi. « <em>Ne voyez-vous ni n’entendez-vous les aspirations des houthis au  Yémen et leur incursion contre les sunnites ?</em> » avait-il aussi demandé.</p>
<p>Cependant, al-Qaïda continue de s’en prendre aux autorités yéménites. En effet, Bassam Tarbush, un haut responsable  anti-terroriste, a été assassiné par des membres du réseau terroriste. Enlevé en juin dernier, il aurait payé son implication  dans l’élimination d’Ali Qaed Sunian al-Harithi, alias Abu Ali, lors d’une frappe aérienne réalisée par un drone américain en  2002. Enfin, le 5 novembre dernier, l’AQAP-Yémen a revendiqué une embuscade qui avait fait six tués parmi les forces de  sécurité yéménites.</p>
<p>&#160;</p>
<p>Source : <a href="http://www.opex360.com/2009/11/27/conflits-au-yemen/">http://www.opex360.com/2009/11/27/conflits-au-yemen/</a></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[Die neue Afghanistanstrategie: Balkanisierung statt "Demokratisierung"]]></title>
<link>http://islamicrevolutionservice.wordpress.com/2009/11/27/die-neue-afghanistanstrategie-balkanisierung-statt-demokratisierung/</link>
<pubDate>Fri, 27 Nov 2009 16:55:30 +0000</pubDate>
<dc:creator>islamicrevolutionservice</dc:creator>
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<description><![CDATA[Die USA und ihre Verbündeten planen eine massive Eskalation des Kriegs in Afghanistan. US-Präsident ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[Die USA und ihre Verbündeten planen eine massive Eskalation des Kriegs in Afghanistan. US-Präsident ]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[IHT: O femeie din Belgia conduce razboiului Al-Qaida pe web]]></title>
<link>http://resurseislamice.wordpress.com/2009/11/26/iht-o-femeie-din-belgia-conduce-razboiului-al-qaida-pe-web/</link>
<pubDate>Thu, 26 Nov 2009 16:24:38 +0000</pubDate>
<dc:creator>responder777</dc:creator>
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<description><![CDATA[Pe strada, Malika El Aroud este o anonima. Un val islamic ii acopera totul, cu exceptia ochilor. Bel]]></description>
<content:encoded><![CDATA[Pe strada, Malika El Aroud este o anonima. Un val islamic ii acopera totul, cu exceptia ochilor. Bel]]></content:encoded>
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<title><![CDATA[Décrypter les mécanismes du « Nouvel Ordre Mondial »]]></title>
<link>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/25/decrypter-les-mecanismes-du-%c2%ab-nouvel-ordre-mondial-%c2%bb/</link>
<pubDate>Wed, 25 Nov 2009 23:03:41 +0000</pubDate>
<dc:creator>Bao</dc:creator>
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<description><![CDATA[Par Régis Mex, pour Mecanopolis article rédigé le 16 mars 2009 G20, sommet de l’OTAN… La crise écono]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><em>Par Régis Mex, pour Mecanopolis</em></p>
<p>article rédigé le 16 mars 2009</p>
<p><strong>G20, sommet de l’OTAN… La crise économique mondiale accélère un processus entamé il y a déjà fort longtemps. La pression sur les États va encore s’accentuer, dans les prochaines semaines, afin qu’ils participent à de nouveaux « <em>plans de sauvetages</em> », aussi inutiles qu’onéreux. Lorsqu’ils crouleront sous le poids des dettes et seront menacé de faillite, le « <em>nouvel ordre mondial</em> » pourra s’imposer de lui même. L’histoire du monde nous démontre que les mécanismes de la manipulation sont toujours les mêmes et qu’ils s’étalent presque au grand jour, pour ceux qui se donnent la peine de garder les yeux ouverts.<br />
</strong></p>
<p><a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/nwo.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2644" title="nwo" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/nwo.jpg" alt="" width="445" height="336" /></a></p>
<p><strong>DIALOGUES AUX ENFERS ENTRE MACHIAVEL ET MONTESQUIEU</strong></p>
<p>Dans le Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu (1864), Maurice Joly (1829-1878) décrit – sous couvert d’une discussion philosophique entre Machiavel et Montesquieu, personnages qu’il a réuni de manière fictive, sur les fins de la politique – comment Napoléon III a manipulé les milieux économiques, la presse, l’opinion publique, les syndicats, les milieux ouvriers, le peuple, etc, pour établir les bases solides d’un pouvoir qu’on pourrait qualifier de totalitaire. Selon l’auteur, l’empereur a fait du peuple français un peuple d’esclaves, oublieux de sa liberté et consentant à tous les asservissements.</p>
<p>Puisque je trouve les caractéristiques d’un gouvernement totalitaire admirablement décrites dans cette oeuvre, je vous propose ce recueil d’extraits que j’ai commenté. Vous serez sans doute surpris de voir à quel point de nombreux critères correspondent à merveille avec notre société actuelle, et à quel point les mécanismes du despotisme sont intemporels et ne changent que par la forme à travers le temps, jamais en substance. D’où l’intérêt de connaître le passé pour comprendre le présent.</p>
<p><strong>Prologue:</strong></p>
<p><strong>« Machiavel :</strong></p>
<p>L’instinct mauvais chez l’homme est plus puissant que le bon. L’homme a plus d’entraînement vers le mal que vers le bien ; la crainte et la force ont sur lui plus d’empire que la raison. Les hommes aspirent tous à la domination, et il n’en est point qui ne fût oppresseur, s’il le pouvait ; tous ou presque tous sont prêts à sacrifier les droits d’autrui à leurs intérêts. Qui contient entre eux ces animaux dévorants qu’on appelle les hommes ? A l’origine des sociétés, c’est la force brutale et sans frein ; plus tard, c’est la loi, c’est-à-dire encore la force, réglée par des formes.</p>
<p>Sous certaines latitudes de l’Europe, il y a des peuples incapables de modération dans l’exercice de la liberté. Si la liberté s’y prolonge, elle se transforme en licence ; la guerre civile ou sociale arrive, et l’État est perdu, soit qu’il se fractionne et se démembre par l’effet de ses propres convulsions, soit que ses divisions le rendent la proie de l’étranger. Dans des conditions pareilles, les peuples préfèrent le despotisme à l’anarchie ; ont-ils tort ? Les États une fois constitués ont deux sortes d’ennemis : les ennemis du dedans et les ennemis du dehors. Quelles armes emploieront-ils en guerre contre les étrangers ? Les deux généraux ennemis se communiqueront-ils réciproquement leurs plans de campagne pour se mettre mutuellement en état de se défendre ? S’interdiront-ils les attaques nocturnes, les pièges, les embuscades, les batailles en nombre de troupes inégal ? Non, sans doute, n’est-ce pas ? et de pareils combattants apprêteraient à rire. Et ces pièges, ces artifices, toute cette stratégie indispensable à la guerre, vous ne voulez pas qu’on l’emploie contre les ennemis du dedans, contre les factieux ?</p>
<p>Sans doute, on y mettra moins de rigueur ; mais, au fond, les règles seront les mêmes. Est-il possible de conduire par la raison pure des masses violentes qui ne se meuvent que par des sentiments, des passions et des préjugés ? Je vous l’ai dit tout à l’heure, et je le maintiens, même en présence de l’histoire contemporaine : tous les pouvoirs souverains ont eu la force pour origine, ou, ce qui est la même chose, la négation du droit. Ce mot de droit lui-même, d’ailleurs, ne voyez-vous pas qu’il est d’un vague infini ? Où commence-t-il, où finit-il ? Quand le droit existera-t-il, et quand n’existera-t-il pas ? Dans les États, le principe du droit est dominé par celui de l’intérêt. Abstraitement parlant, la violence et l’astuce sont-elles un mal ? Oui ; mais il faudra bien les employer pour gouverner les hommes, tant que les hommes ne seront pas des anges.</p>
<p>Tout est bon ou mauvais, suivant l’usage qu’on en fait et le fruit que l’on en tire ; la fin justifie les moyens : et maintenant si vous me demandez pourquoi, moi républicain, je donne partout la préférence au gouvernement absolu, je vous dirai que, témoin dans ma patrie de l’inconstance et de la lâcheté de la populace, de son goût inné pour la servitude, de son incapacité à concevoir et à respecter les conditions de la vie libre ; c’est à mes yeux une force aveugle qui se dissout tôt ou tard, si elle n’est dans la main d’un seul homme ; je réponds que le peuple, livré à lui-même, ne saura que se détruire ; qu’il ne saura jamais administrer, ni juger, ni faire la guerre. Je vous dirai que la Grèce n’a brillé que dans les éclipses de la liberté ; que sans le despotisme de l’aristocratie romaine, et que, plus tard, sans le despotisme des empereurs, l’éclatante civilisation de l’Europe ne se fût jamais développée.Chercherai-je mes exemples dans les États modernes ? Ils sont si frappants et si nombreux…</p>
<p><strong>Montesquieu : </strong></p>
<p><a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/illuminati_remix_2_by_keepinschtum.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2646" title="illuminati by Keepinschtum" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/illuminati_remix_2_by_keepinschtum.jpg?w=300" alt="" width="300" height="300" /></a>Vous conviendrez cependant que, quand il s’agit de gouvernement, il faut aboutir à des principes. Vous ne faites aucune place, dans votre politique, ni à la morale, ni à la religion, ni au droit ; vous n’avez à la bouche que deux mots : la force et l’astuce. Si votre système se réduit à dire que la force joue un grand rôle dans les affaires humaines, que l’habileté est une qualité nécessaire à l’homme d’État, vous comprenez bien que c’est là une vérité qui n’a pas besoin de démonstration ; mais ; si vous érigez la violence en principe, l’astuce en maxime de gouvernement ; si vous ne tenez compte dans vos calculs d’aucune des lois de l’humanité, le code de la tyrannie n’est plus que le code de la brute, car les animaux aussi sont adroits et forts, et il n’y a, en effet, parmi eux d’autre droit que celui de la force brutale. Ce n’est pas seulement au nom de l’intérêt, c’est au nom du devoir qu’agissent tous les oppresseurs. Ils le violent, mais ils l’invoquent ; la doctrine de l’intérêt est donc aussi impuissante à elle seule que les moyens qu’elle emploie. »</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>Cet extrait des Dialogues issu du prologue met les choses à leur place d’une manière objective: si le gouvernement est coupable de bien des vices, ses fondations reflètent la nature de peuples. En effet, comme le dit le proverbe, « <em>on a les politiciens que l’on mérite</em> », et il me semble particulièrement intéressant de constater, lorsque l’on remonte aux sources des causes de la perversité de nos gouvernements, que beaucoup de mesures moralement contestables que ces derniers sont forcés de mettre en place sont dues à l’irresponsabilité et à la méchanceté des peuples. Il me semble, d’ailleurs, que l’extrait est suffisamment éloquent à ce sujet. Le problème est que, comme le souligne Montesquieu, les gouvernements auront tendance à s’égarer dans la force, à négliger le bien de ses sujets, et à ne favoriser que les intérêts du « <em>prince</em> » (souverain) et ses proches. La solution ne se trouverait donc pas dans un système, puisque tous devront user de moyens douteux à un instant ou à un autre de leur existence, mais bien dans l’attitude des dirigeants; il ne faut pas qu’ils s’égarent sur la voie de la facilité et estiment leurs citoyens comme un troupeau de bétail qui n’a d’autre utilité que celle d’être exploité. Ils doivent, au contraire, être conscients que si les peuples manquent de responsabilité, ils doivent être ceux qui les guideront pour les amener à s’améliorer, comme un parent bienveillant éduque son enfant. Hélas, nous savons tous que les gouvernements de notre temps (et ceux d’une écrasante majorité à travers l’histoire, d’ailleurs) empruntent la voie inverse, et ont bien peu de scrupules moraux et philosophiques. Mais il n’empêche que nous ne devons pas être aveugle et ne voir que leurs fautes; nous devons aussi avoir un regard introspectif et admettre la responsabilité de la collectivité, ce qui, je pense, se fait bien trop rarement de notre temps, alors que l’on ne peut arriver à un vision juste des choses en l’absence de la considération de ce point.</p>
<p>« <strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Ici, je vous arrête ; vous faites une part à l’intérêt, cela suffit pour justifier toutes les nécessités politiques qui ne sont pas d’accord avec le droit.</p>
<p><strong>Montesquieu:</strong></p>
<p>C’est la raison d’État que vous invoquez. Remarquez donc que je ne puis pas donner pour base aux sociétés précisément ce qui les détruit. Au nom de l’intérêt, les princes et les peuples, comme les citoyens, ne commettront que des crimes. L’intérêt de l’État, dites-vous ! Mais comment reconnaîtrai-je s’il lui est réellement profitable de commettre telle ou telle iniquité ? Ne savons-nous pas que l’intérêt de l’État, c’est le plus souvent l’intérêt du prince en particulier, ou celui des favoris corrompus qui l’entourent ?</p>
<p>Vous ne songez donc pas qu’avec des maximes pareilles, il n’y a pas de société qui puisse vivre ; vous croyez que le sujet tiendra longtemps ses serments quand il verra le souverain les trahir ; qu’il respectera les lois quand il saura que celui qui les lui a données les a violées, et qu’il les viole tous les jours ; vous croyez qu’il hésitera dans la voie de la violence, de la corruption et de la fraude, quand il y verra marcher sans cesse ceux qui sont chargés de le conduire ? Détrompez-vous ; sachez que chaque usurpation du prince dans le domaine de la chose publique autorise une infraction semblable dans la sphère du sujet ; que chaque perfidie politique engendre une perfidie sociale ; que chaque violence en haut légitime une violence en bas. Voilà pour ce qui regarde les citoyens entre eux.</p>
<p>Pour ce qui les regarde dans leurs rapports avec les gouvernants, je n’ai pas besoin de vous dire que c’est la guerre civile introduite à l’état de ferment, au sein de la société. Le silence du peuple n’est que la trêve du vaincu, pour qui la plainte est un crime. Attendez qu’il se réveille : vous avez inventé la théorie de la force ; soyez sûr qu’il l’a retenue. Au premier jour, il rompra ses chaînes ; il les rompra sous le prétexte le plus futile peut-être, et il reprendra par la force ce que la force lui a arraché.</p>
<p>La maxime du despotisme, c’est le perinde ac cadaver des jésuites ; tuer ou être tué : voilà sa loi ; c’est l’abrutissement aujourd’hui, la guerre civile demain.</p>
<p>Sans doute, les orages de la liberté existeront toujours, et il se commettra encore bien des crimes en son nom : mais le fatalisme politique n’existe plus. Si vous avez pu dire, dans votre temps, que le despotisme était un mal nécessaire, vous ne le pourriez pas aujourd’hui, car, dans l’état actuel des mœurs et des institutions politiques chez les principaux peuples de l’Europe, le despotisme est devenu impossible. »</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>Ici, nous retrouvons ce que nous avons laissé entendre précédemment en plus approfondi; les citoyens créent une entité qui leur ressemble par sa nature, l’État, qui constitue l’autorité. Mais l’autorité influence toujours, voire façonne entièrement, le caractère de ce qui dépend d’elle. Donc, si l’autorité est vertueuse, la morale des citoyens aura tendance à s’améliorer, et inversément si elle est vicieuse. De là découle toute l’importance de ce que les dirigeants assument les mauvais aspects qui existent naturellement, et tentent d’améliorer la situation, plutôt que de se complaire égoïste dans l’état imparfait des choses, en ne se souciant guère du bien commun.</p>
<p><a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/illuminati-papercraft.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2657" title="presse-papier Illuminati" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/illuminati-papercraft.jpg?w=300" alt="" width="300" height="247" /></a>« <strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Impossible ?… Si vous parvenez à me prouver cela, je consens à faire un pas dans le sens de vos idées.</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Je vais vous le prouver très-facilement, si vous voulez bien me suivre encore.</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Très-volontiers, mais prenez garde ; je crois que vous vous engagez beaucoup. Je me propose de démolir, pièce à pièce, toutes les belles choses que vous venez de dire, et de vous démontrer que ce sont mes doctrines seules qui l’emportent même aujourd’hui, malgré les nouvelles idées, malgré les nouvelles mœurs, malgré vos prétendus principes de droit public, malgré toutes les institutions dont vous venez de me parler.</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>En écoutant vos théories sur la division des pouvoirs et sur les bienfaits que lui doivent les peuples de l’Europe, je ne pouvais m’empêcher d’admirer, Montesquieu, à quel point l’illusion des systèmes peut s’emparer des plus grands esprits. A la première occasion, le mouvement se produira par la rupture d’un des ressorts que vous avez si soigneusement forgés. Croyez-vous que les pouvoirs resteront longtemps dans les limites constitutionnelles que vous leur avez assignées, et qu’ils ne parviendront pas à les franchir ? Quelle est l’assemblée législative indépendante qui n’aspirera pas à la souveraineté ? Quelle est la magistrature qui ne fléchira pas au gré de l’opinion ? Quel est le prince, surtout, souverain d’un royaume ou chef d’une république, qui acceptera sans réserve le rôle passif auquel vous l’aurez condamné ; qui, dans le secret de sa pensée, ne méditera pas le renversement des pouvoirs rivaux qui gênent son action ? En réalité, vous aurez mis aux prises toutes les forces contraires, suscité toutes les entreprises, donné des armes à tous les partis. Vous aurez livré le pouvoir à l’assaut de toutes les ambitions, et fait de l’État une arène où se déchaîneront les factions. Dans peu de temps, ce sera le désordre partout ; d’intarissables rhéteurs transformeront en joutes oratoires les assemblées délibérantes ; d’audacieux journalistes, d’effrénés pamphlétaires attaqueront tous les jours la personne du souverain, discréditeront le gouvernement, les ministres, les hommes en place…</p>
<p>Dans vos calculs, vous n’avez compté qu’avec des minorités sociales. Il y a des populations gigantesques rivées au travail par la pauvreté, comme elles l’étaient autrefois par l’esclavage. Qu’importent, je vous le demande, à leur bonheur toutes vos fictions parlementaires ? Votre grand mouvement politique n’a abouti, en définitive, qu’au triomphe d’une minorité privilégiée par le hasard comme l’ancienne noblesse l’était par la naissance. Qu’importe au prolétaire courbé sur son labeur, accablé sous le poids de sa destinée, que quelques orateurs aient le droit de parler, que quelques journalistes aient le droit d’écrire ? Vous avez créé des droits qui resteront éternellement pour la masse du peuple à l’état de pure faculté, puisqu’il ne saurait s’en servir. Ces droits, dont la loi lui reconnaît la jouissance idéale et dont la nécessité lui refuse l’exercice réel, ne sont pour lui qu’une ironie amère de sa destinée. Je vous réponds qu’un jour il les prendra en haine, et qu’il les détruira de sa main pour se confier au despotisme. Le tempérament de vos institutions est de donner plus de force à l’aristocratie qu’au peuple, plus de force au prince qu’à l’aristocratie, proportionnant ainsi les pouvoirs à la capacité politique de ceux qui doivent les exercer.</p>
<p>Le peuple, par une conséquence absolument inévitable, s’emparera, un jour ou l’autre, de tous les pouvoirs dont on a reconnu que le principe était en lui. Sera-ce pour les garder ? Non. Après quelques jours de folie, il les jettera, par lassitude, au premier soldat de fortune qui se trouvera sur son chemin. Dans votre pays, vous avez vu, en 1793, comment les coupe-têtes français ont traité la monarchie représentative : le peuple souverain s’est affirmé par le supplice de son roi, puis il a fait litière de tous ses droits ; il s’est donné à Robespierre, à Barras, à Bonaparte.</p>
<p>Vous êtes un grand penseur, mais vous ne connaissez pas l’inépuisable lâcheté des peuples ; je ne dis pas de ceux de mon temps, mais de ceux du vôtre ; rampants devant la force, sans pitié devant la faiblesse, implacables pour des fautes, indulgents pour des crimes, incapables de supporter les contrariétés d’un régime libre, et patients jusqu’au martyre pour toutes les violences du despotisme audacieux, brisant les trônes dans des moments de colère, et se donnant des maîtres à qui ils pardonnent des attentats pour le moindre desquels ils auraient décapité vingt rois constitutionnels.</p>
<p>Cherchez donc la justice ; cherchez le droit, la stabilité, l’ordre, le respect des formes si compliquées de votre mécanisme parlementaire avec des masses violentes, indisciplinées, incultes, auxquelles vous avez dit : Vous êtes le droit, vous êtes les maîtres, vous êtes les arbitres de l’État !<a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/structure-franc-maconnerie.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-2647" title="les 33 degrés de la Franc-Maçonnerie" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/structure-franc-maconnerie.jpg?w=206" alt="" width="206" height="300" /></a> Ce que vous savez, ainsi que moi, du passé, m’autorise, dès à présent, à dire que le principe de la souveraineté populaire est destructif de toute stabilité, qu’il consacre indéfiniment le droit des révolutions. Il met les sociétés en guerre ouverte contre tous les pouvoirs humains et même contre Dieu ; il est l’incarnation même de la force. Il fait du peuple une brute féroce qui s’endort quand elle est repue de sang, et qu’on enchaîne ; et voici la marche invariable que suivent alors les sociétés dont le mouvement est réglé sur ce principe : la souveraineté populaire engendre la démagogie, la démagogie engendre l’anarchie, l’anarchie ramène au despotisme. Le despotisme, pour vous, c’est la barbarie. Eh bien, vous voyez que les peuples retournent à la barbarie par le chemin de la civilisation.</p>
<p>Mais ce n’est pas tout, et je prétends qu’à d’autres points de vue encore le despotisme est la seule forme de gouvernement qui soit réellement appropriée à l’état social des peuples modernes, car, avec vos grands États, qui ne vivent plus que par l’industrie ; avec vos populations sans Dieu et sans foi, dans des temps où les peuples ne se satisfont plus par la guerre, et où leur activité violente se reporte nécessairement au dedans, la liberté, avec les principes qui lui servent de fondement, ne peut être qu’une cause de dissolution et de ruine. De la lassitude des idées et du choc des révolutions sont sorties des sociétés froides et désabusées qui sont arrivées à l’indifférence en politique comme en religion, qui n’ont plus d’autre stimulant que les jouissances matérielles, qui ne vivent plus que par l’intérêt, qui n’ont d’autre culte que l’or, dont les moeurs mercantiles le disputent à celles des juifs qu’ils ont pris pour modèles. Croyez-vous que ce soit par amour de la liberté en elle-même que les classes inférieures essayent de monter à l’assaut du pouvoir ? C’est par haine de ceux qui possèdent ; au fond, c’est pour leur arracher leurs richesses, instrument des jouissances qu’ils envient.</p>
<p>Ceux qui possèdent implorent de tous les côtés un bras énergique, un pouvoir fort ; ils ne lui demandent qu’une chose, c’est de protéger l’État contre des agitations auxquelles sa constitution débile ne pourrait résister, de leur donner à eux-mêmes la sécurité nécessaire pour qu’ils puissent jouir et faire leurs affaires. Quelles formes de gouvernement voulez vous appliquer à des sociétés où la corruption s’est glissée partout, où la fortune ne s’acquiert que par les surprises de la fraude, où la morale n’a plus de garantie que dans les lois répressives, où le sentiment de la patrie lui-même s’est éteint dans je ne sais quel cosmopolitisme universel ? Je ne vois de salut pour ces sociétés, véritables colosses aux pieds d’argile, que dans l’institution d’une centralisation à outrance, qui mette toute la force publique à la disposition de ceux qui gouvernent « </p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>Il y a peu à redire là-dessus, si ce n’est que, après 145 ans, ce texte reste d’une grande actualité. Il est effectivement saisissant de constater à quel point des passages tels que ceux qui sont surlignés restent valables, et sont sans doute même bien plus vrai qu’à l’époque; les masses de travaux qui ont continué à écraser bien des hommes malgré l’abolition de l’esclavage sont effectivement une poursuite de ce dernier dans une autre forme, surtout aujourd’hui où tout est si bien réglementé et où tant de personnes sont assommées par le crédit que l’on n’a d’autre choix que de suivre une route toute tracée et qui se présente en simulacre de liberté.</p>
<p>La propension qu’ont les hommes à se reposer sur la force de quelqu’un d’autre, et ainsi à leur confier tant de responsabilités qu’ils rendent pour ainsi dire quelqu’un d’autre maître de leur vie, est aussi très bien illustrée dans ce dernier extrait. Mais l’élément le plus frappant est encore, à mon sens, ces sociétés indifférentes aux valeurs essentielles et obsédées par les jouissances matérielles dont parle Maurice Joly, presque prophétiquement, lorsqu’on voit à quel point ces aspects se sont développés et empirés aujourd’hui. Les moeurs ont effectivement été très bousculées, au point que tout ce qui pourrait s’opposer vertueusement aux dérives matérialistes, comme l’idée même de Dieu, est systématiquement renié sans un semblant de réflexion, ce qui engendre un extrême avilissement des peuples occidentaux consommateurs, et les poussent dans l’acception systématique de leurs pulsions primaires et animales, ce qui ne les rend que bien plus simples à contrôler et manipuler, puisque leurs facultés intellectuelles tombent en désuétude.</p>
<p><strong>« Machiavel :</strong></p>
<p>Avec des sociétés nouvelles, il faut employer des procédés nouveaux. Il ne s’agit pas aujourd’hui, pour gouverner, de commettre des iniquités violentes, de décapiter ses ennemis, de dépouiller ses sujets de leurs biens, de prodiguer les supplices ; non, la mort, la spoliation et les tourments physiques ne peuvent jouer qu’un rôle assez secondaire dans la politique intérieure des États modernes. Il s’agit moins aujourd’hui de violenter les hommes que de les désarmer, de comprimer leurs passions politiques que de les effacer, de combattre leurs instincts que de les tromper, de proscrire leurs idées que de leur donner le change en se les appropriant.</p>
<p>Le principal secret du gouvernement consiste à affaiblir l’esprit public, au point de le désintéresser complétement des idées et des principes avec lesquels on fait aujourd’hui les révolutions. Dans tous les temps, les peuples comme les hommes se sont payés de mots. Les apparences leur suffisent presque toujours ; ils n’en demandent pas plus. On peut donc établir des institutions factices qui répondent à un langage et à des idées également factices ; il faut avoir le talent de ravir aux partis cette phraséologie libérale, dont ils s’arment contre le gouvernement. Il faut en saturer les peuples jusqu’à la lassitude, jusqu’au dégoût. On parle souvent aujourd’hui de la puissance de l’opinion, je vous montrerai qu’on lui fait exprimer ce qu’on veut quand on connaît bien les ressorts cachés du pouvoir. Mais avant de songer à la diriger, il faut l’étourdir, la frapper d’incertitude par d’étonnantes contradictions, opérer sur elle d’incessantes diversions, l’éblouir par toutes sortes de mouvements divers, l’égarer insensiblement dans ses voies. Un des grands secrets du jour est de savoir s’emparer des préjugés et des passions populaires, de manière à introduire une confusion de principes qui rend toute entente impossible entre ceux qui parlent la même langue et ont les mêmes intérêts.</p>
<p>Le prince devra s’attacher avant tout à détruire les partis, à dissoudre les forces collectives partout où elles existent, à paralyser dans toutes ses manifestations l’initiative individuelle ; ensuite le niveau des caractères descendra de lui-même, et tous les bras molliront bientôt contre la servitude. Le pouvoir absolu ne sera plus un accident, il deviendra un besoin. Les moyens d’action du despotisme, les plus puissants peut-être, seront précisément ceux que l’on aura le talent d’emprunter à ce même régime industriel qui fait votre admiration. »</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>Nous retrouvons ici la concrétisation de ce que je laissais présager précédemment: l’esprit public est affaibli, malléable, et si désintéressé de la nature de son monde qu’il se contentera de croire ce que les autorités présenteront comme la vérité. Ainsi, le citoyen moyen d’aujourd’hui aime croire qu’il vit dans un système réellement démocratique et respectueux des valeurs humaines en s’extasiant devant les discours officiels incohérents et grossièrement simplistes relayés par son poste télévisé. Il serait si malheureux que l’on tente de le sortir de la béatitude qu’engendre son inconscience qu’il occultera sa réflexion encore plus qu’il ne le fait d’habitude si jamais il entend quelqu’un essayer de lui faire prendre conscience de la véritable réalité des choses; n’écoutant pas, se voilant derrière ses impressions et ses sentiments irrationnels, il continuera d’être un mouton trop occupé par les futilités de son existence et trop égoïste pour réfléchir aux problèmes que connait le monde. Il est alors effectivement extrêmement simple de le manier dans le sens où on l’entend, du moment que l’on lui promettre de pouvoir demeurer dans sa prison dorée d’inconscience. Outre cette actualisation de l’extrait, ce dernier s’exprime si bien de lui-même que je n’ai rien de plus à ajouter.</p>
<p><strong>« Machiavel :</strong></p>
<p>A l’aide du seul pouvoir réglementaire, j’instituerais, par exemple, d’immenses monopoles financiers, réservoirs de la fortune publique, dont dépendrait si étroitement le sort de toutes les fortunes privées, qu’elles s’engloutiraient avec le crédit de l’État le lendemain de toute catastrophe politique. Vous êtes un économiste, Montesquieu, pesez la valeur de cette combinaison. Voici une autre combinaison empruntée a l’ordre industriel : Dans le temps actuel, l’aristocratie, en tant que force politique, a disparu ; mais la bourgeoisie territoriale est encore un élément de résistance dangereux pour les gouvernements, parce qu’elle est d’elle-même, indépendante ; il peut être nécessaire de l’appauvrir ou même de la ruiner complétement. Il suffit, pour cela, d’aggraver les charges qui pèsent sur la propriété foncière, de maintenir l’agriculture dans un état d’infériorité relative, de favoriser à outrance le commerce et l’industrie, mais principalement la spéculation ; car la trop grande prospérité de l’industrie peut elle-même devenir un danger, en créant un nombre trop considérable de fortunes indépendantes. Il faut arriver à ce qu’il n’y ait plus, dans l’État, que des prolétaires, quelques millionnaires et des soldats. »</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>Quoi de plus actuel, à nouveau, que la mainmise des immenses monopoles financiers sur le système ? Il y a cependant ici une inversion; dans l’État imaginé par Machiavel, ces fortunes sont à la solde de l’État et le public domine le privé. Dans les temps actuels, c’est le contraire.</p>
<p>Pour ce qui est de ruiner toute force indépendante, il est aisé de constater à quel point les supermarchés et autres organismes de centralisations, véritables monopoles aux mains de l’État (et une centralisation aussi puissante de biens essentiels dans une seule paire de mains est toujours <a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/2003817320.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-2658" title="2003817320" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/2003817320.jpg?w=226" alt="" width="226" height="300" /></a>une des caractéristiques terribles du despotisme), ont aidé à rendre très difficile toute réussite magistrale dans le commerce ou l’artisanat indépendants. Le despotisme doit rendre ses citoyens dépendants de son gouvernement, et n’aura de cesse de les appauvrir, tant matériellement qu’intellectuellement et spirituellement, pour s’assurer la longévité. En effet, moins les citoyens sont riches, moins ils ont de possibilités de se révolter… Comme le dit Machiavel: « <em>Il faut arriver à ce qu’il n’y ait plus, dans l’État, que des prolétaires et quelques millionnaires</em> ». On devine de quel côté seront les millionnaires.</p>
<p>Remarquons également, à propos de la spéculation, à quel point cette dernière a explosé aujourd’hui et que le danger que voit Machiavel dans les fortunes indépendantes a eu raison des gouvernements, puisque la richesse du secteur privé dépasse de loin celle du public. Á titre d’exemple, les 500 plus grosses entreprises des États-Unis possèdent 80% du PIB du pays; le mot du gouvernement a donc bien moins à dire que celui des multinationales…</p>
<p>De plus, les plus puissantes personnes des secteurs de pouvoir, qui ne sont soumis à aucune censure démocratique, désignent le plus souvent leur successeur parmi leurs enfants ou leur entourage, ce qui est relativement conforme à la dynastie royale que voudrait imposer Machiavel après son coup d’État despotique.</p>
<p><strong>« Machiavel :</strong></p>
<p>Le pouvoir que je rêve, bien loin, comme vous le voyez, d’avoir des moeurs barbares, doit attirer à lui toutes les forces et tous les talents de la civilisation au sein de laquelle il vit. Il devra s’entourer de publicistes, d’avocats, de jurisconsultes, d’hommes de pratique et d’administration, de gens qui connaissent à fond tous les secrets, tous les ressorts de la vie sociale, qui parlent tous les langages, qui aient étudié l’homme dans tous les milieux. Il faut les prendre partout, n’importe où, car ces gens-là rendent des services étonnants par les procédés ingénieux qu’ils appliquent à la politique. Il faut, avec cela, tout un monde d’économistes, de banquiers, d’industriels, de capitalistes, d’hommes à projets, d’hommes à millions, car tout au fond se résoudra par une question de chiffres.</p>
<p>L’usurpateur d’un État est dans une situation analogue à celle d’un conquérant. Il est condamné à tout renouveler, à dissoudre l’État, à détruire la cité, à changer la face des moeurs.</p>
<p>C’est là le but, mais dans les temps actuels il n’y faut tendre que par des voies obliques, des moyens détournés, des combinaisons habiles, et, autant que possible, exemptes de violence. Je ne détruirai donc pas directement les institutions, mais je les toucherai une à une par un trait de main inaperçu qui en dérangera le mécanisme. Ainsi je toucherai tour à tour à l’organisation judiciaire, au suffrage, à la presse, à la liberté individuelle, à l’enseignement.</p>
<p>Je vous disais, il y a peu d’instants, que les peuples étaient comme les hommes, qu’ils tenaient plus aux apparences qu’à la réalité des choses ; c’est là, en politique, une règle dont je suivrais scrupuleusement les indications ; veuillez me rappeler les principes auxquels vous tenez le plus et vous verrez que je n’en suis pas aussi embarrassé que vous paraissez le croire. Vous ne manqueriez sans doute pas de me parler du principe de la séparation des pouvoirs, de la liberté de la parole et de la presse, de la liberté religieuse, de la liberté individuelle, du droit d’association, de l’égalité devant la loi, de l’inviolabilité de la propriété et du domicile, du droit de pétition, du libre consentement de l’impôt, de la proportionnalité des peines, de la non rétroactivité des lois. Je ne vois nul inconvénient à proclamer ces principes ; j’en ferai même, si vous le voulez, le préambule de ma constitution.</p>
<p>Les gouvernés seront toujours contents du prince, lorsqu’il ne touchera ni à leurs biens, ni à leur honneur, et dès lors il n’a plus à combattre que les prétentions d’un petit nombre de mécontents, dont il vient facilement à bout.</p>
<p><strong>Montesquieu : </strong></p>
<p>On pourrait vous répondre que les droits politiques aussi sont des biens ; qu’il importe aussi à l’honneur des peuples de les maintenir, et qu’en y touchant vous portez en réalité atteinte à leurs biens comme à leur honneur.</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Vous semblez toujours croire que les peuples modernes sont affamés de liberté. Avez-vous prévu le cas où ils n’en veulent plus, et pouvez-vous demander aux princes d’avoir pour elle plus de passion que n’en ont les peuples ? Or, dans vos sociétés si profondément relâchées, où l’individu ne vit plus que dans la sphère de son égoïsme et de ses intérêts matériels, interrogez le plus grand nombre, et vous verrez si, de tous côtés, on ne vous répond pas : Que me fait la politique ? Que m’importe la liberté ? Est-ce que tous les gouvernements ne sont pas les mêmes ? Est-ce qu’un gouvernement ne doit pas se défendre ?</p>
<p>Remarquez-le bien, d’ailleurs, ce n’est même pas le peuple qui tiendra ce langage ; ce seront les bourgeois, les industriels, les gens instruits, les riches, les lettrés, tous ceux qui sont en état d’apprécier vos belles doctrines de droit public. Ils me béniront, ils s’écrieront que je les ai sauvés, qu’ils sont en état de minorité, qu’ils sont incapables de se conduire. Tenez, les nations ont je ne sais quel secret amour pour les vigoureux génies de la force. A tous les actes violents marqués du talent de l’artifice, vous entendrez dire avec une admiration qui surmontera le blâme : Ce n’est pas bien, soit, mais c’est habile, c’est bien joué, c’est fort ! »</p>
<h2>La presse</h2>
<p><strong>« Machiavel :</strong></p>
<p><a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/21_illuminati.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2649" title="Divers logos de sociétés secrètes différentes allant tous vers le même objectif : le Nouvel Ordre Mondial" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/21_illuminati.jpg?w=225" alt="" width="225" height="300" /></a>Puisque c’est une si grande force que le journalisme, savez-vous ce que ferait mon gouvernement ? Il se ferait journaliste, ce serait le journalisme incarné. Je compterai le nombre de journaux qui représenteront ce que vous appelez l’opposition. S’il y en a dix pour l’opposition, j’en aurai vingt pour le gouvernement ; s’il y en a vingt, j’en aurai quarante ; s’il y en a quarante, j’en aurai quatre-vingts. Voilà à quoi me servira, vous le comprenez à merveille maintenant, la faculté que je me suis réservée d’autoriser la création de nouvelles feuilles politiques. Il ne faut pas que la masse du public puisse soupçonner cette tactique ; la combinaison serait manquée et l’opinion se détacherait d’elle-même des journaux qui défendraient ouvertement ma politique.</p>
<p>Je diviserai en trois ou quatre catégories les feuilles dévouées à mon pouvoir. Au premier rang je mettrai un certain nombre de journaux dont la nuance sera franchement officielle, et qui, en toutes rencontres, défendront mes actes à outrance. Ce ne sont pas ceux-là, je commence par vous le dire, qui auront le plus d’ascendant sur l’opinion. Au second rang je placerai une autre phalange de journaux dont le caractère ne sera déjà plus qu’officieux et dont la mission sera de rallier à mon pouvoir cette masse d’hommes tièdes et indifférents qui acceptent sans scrupule ce qui est constitué, mais ne vont pas au delà dans leur religion politique.</p>
<p>C’est dans les catégories de journaux qui vont suivre que se trouveront les leviers les plus puissants de mon pouvoir. Ici, la nuance officielle ou officieuse se dégrade complétement, en apparence, bien entendu, car les journaux dont je vais vous parler seront tous rattachés par la même chaîne à mon gouvernement, chaîne visible pour les uns, invisible à l’égard des autres. Je n’entreprends point de vous dire quel en sera le nombre, car je compterai un organe dévoué dans chaque opinion, dans chaque parti ; j’aurai un organe aristocratique dans le parti aristocratique, un organe républicain dans le parti républicain, un organe révolutionnaire dans le parti révolutionnaire, un organe anarchiste, au besoin, dans le parti anarchiste. Comme le dieu Wishnou, ma presse aura cent bras, et ces bras donneront la main à toutes les nuances d’opinion quelconque sur la surface entière du pays. On sera de mon parti sans le savoir. Ceux qui croiront parler leur langue parleront la mienne, ceux qui croiront agiter leur parti agiteront le mien, ceux qui croiront marcher sous leur drapeau marcheront sous le mien.</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Je me demande seulement, comment vous pourrez diriger et rallier toutes ces milices de publicité clandestinement embauchées par votre gouvernement.</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Ce n’est là qu’une affaire d’organisation, vous devez le comprendre ; j’instituerai, par exemple, sous le titre de division de l’imprimerie et de la presse, un centre d’action commun où l’on viendra chercher la consigne et d’où partira le signal. Alors, pour ceux qui ne seront qu’à moitié dans le secret de cette combinaison, il se passera un spectacle bizarre ; on verra des feuilles, dévouées à mon gouvernement, qui m’attaqueront, qui crieront, qui me susciteront une foule de tracas.</p>
<p>Remarquez bien que jamais les bases ni les principes de mon gouvernement ne seront attaqués par les journaux dont je vous parle ; ils ne feront jamais qu’une polémique d’escarmouche, qu’une opposition dynastique dans les limites les plus étroites. Le résultat, vraiment considérable déjà, sera de faire dire, par le plus grand nombre : Mais vous voyez bien qu’on est libre, qu’on peut parler sous ce régime, qu’il est injustement attaqué, qu’au lieu de comprimer, comme il pourrait le faire, il souffre, il tolère ! Un autre résultat, non moins important, sera de provoquer, par exemple, des observations comme celles-ci : Voyez à quel point les bases de ce gouvernement, ses principes, s’imposent au respect de tous ; voilà des journaux qui se permettent les plus grandes libertés de langage, eh bien, jamais ils n’attaquent les institutions établies. Il faut qu’elles soient au-dessus des injustices des passions, puisque les ennemis mêmes du gouvernement ne peuvent s’empêcher de leur rendre hommage.</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Voilà, je l’avoue, qui est vraiment machiavélique.</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Vous me faites beaucoup d’honneur, mais il y a mieux : A l’aide du dévouement occulte de ces feuilles publiques, je puis dire que je dirige à mon gré l’opinion dans toutes les questions de politique intérieure ou extérieure. J’excite ou j’endors les esprits, je les rassure ou je les déconcerte, je plaide le pour et le contre, le vrai et le faux. Je fais annoncer un fait et je le fais démentir suivant les circonstances ; je sonde ainsi la pensée publique, je recueille l’impression produite, j’essaie des combinaisons, des projets, des déterminations soudaines, enfin ce que vous appelez, en France, des ballons d’essai. Je combats à mon gré mes ennemis sans jamais compromettre mon pouvoir, car, après avoir fait parler ces feuilles, je puis leur infliger, au besoin, les désaveux les plus énergiques ; je sollicite l’opinion à de certaines résolutions, je la pousse ou je la retiens, j’ai toujours le doigt sur ses pulsations, elle reflète, sans le savoir, mes impressions personnelles, et elle s’émerveille parfois d’être si constamment d’accord avec son souverain. On dit alors que j’ai la fibre populaire, qu’il y a une sympathie secrète et mystérieuse qui m’unit aux mouvements de mon peuple. »</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>Il n’est pas aisé, au premier abord, de se douter de combien les médias d’aujourd’hui sont reliés aux intérêts des gouvernements et/ou des grands empires financiers. En effet, les chaînes de télévision, de radio, les journaux, les maisons d’édition de livres, etc., qui n’appartiennent pas directement au gouvernement sont les biens de grandes entreprises privées. Ainsi, Europe 1 et Hachette appartiennent à Lagardère, l’actionnaire principal de TF1 est Bouygues, RTL Group appartient à Bertelsmann, etc… Parce que toute entreprise de communication qui sera écoutée et popularisée ne pourra qu’être financée par un ou des puissants groupes qui ont tous de nombreux intérêts communs avec leurs semblables, il est toujours vital de rechercher qui donne les subsides de quelle entreprise ou de quel institut. C’est parce que l’on ignore souvent ces sources que l’on peut être leurré par tel moyen de communication d’opposition, qui en fait, pourrait très bien être relié aux intérêts du poivoir, tout comme dans le gouvernement imaginé par Machiavel. Il est alors aussi facile de diriger la pensée de ceux qui se laisseront tromper que de piéger ceux qui participeront à des manifestations ou autres activités d’opposition qui seraient, en fait, également liées au pouvoir. Dans ces cas-là, par exemple, quelques agitateurs infiltrés se débrouillent parfaitement bien pour discréditer toute l’optique de manifestants. De même, un candidat à une élection, quelle qu’elle soit, jouera peut-être le mécontent du système, le grand réformateur, mais s’avérera souvent être un pion d’intérêts financiers qui auront misé sur la confiance et l’enthousiasme qu’il aura suscités chez les gens pour mieux les tromper. Les vraies forces d’opposition indépendantes, les vrais hommes rebelles qui ne répondent pas d’intérêts oligarchiques, sont discrédités par une propagande abondante, dans le cas où ils auraient réussi à se rallier un certain nombre d’adeptes. Dans la plupart des cas, peu popularisés, ils ne constituent pas une menace digne d’être écartée.</p>
<p>En outre, les médias populaires, prétendument objectifs, qui font de la soi-disante opposition ne remettront jamais en question les bases du système. Comme le dit si bien Machiavel, les gens penseront alors que le fait qu’il y ait une critique signifiera qu’il y a de la liberté, mais que les fondations mêmes du système sont trop parfaites pour pouvoir être critiquées, infaillibles. Nous remarquons parfaitement la même chose lorsque nous sommes longuement bassinés par telle ou telle injure qu’aurait prononcée le président Sarkozy, appelés à s’indigner sur le prix exorbitant de ses dernières vacances, sur tel scandale de détournement de fonds qui pourtant, s’empresserait-on d’ajouter ou de sous-entendre, serait un cas isolé,… Ce ton critique, agressif, osé, donne l’impression d’une opposition, mais ces choses sont d’une frivolité telle qu’elles ne serviront qu’à en maintenir l’illusion, car jamais l’essentiel ne sera mis en cause; au contraire, la multitude des informations insignifiantes que l’on préférera dispenser massivement au lieu de cela empêcheront de s’en apercevoir.</p>
<p>« <strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Ces diverses combinaisons me paraissent d’une perfection idéale. Je vous soumets cependant encore une observation, mais très-timide cette fois : Si vous sortez du silence de la Chine, si vous permettez à la milice de vos journaux de faire, au profit de vos desseins, l’opposition postiche dont vous venez de me parler, je ne vois pas trop, en vérité, comment vous pourrez empêcher les journaux non affiliés de répondre, par de véritables coups, aux agaceries dont ils devineront le manége. Ne pensez-vous pas qu’ils finiront par lever quelques-uns des voiles qui couvrent tant de ressorts mystérieux ? Quand ils connaîtront le secret de cette comédie, pourrez-vous les empêcher d’en rire ? Le jeu me paraît bien scabreux.</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Pas du tout ; je vous dirai que j’ai employé, ici, une grande partie de mon temps à examiner le fort et le faible de ces combinaisons, je me suis beaucoup renseigné sur ce qui touche aux conditions d’existence de la presse dans les pays parlementaires. Vous devez savoir que le journalisme est une sorte de franc-maçonnerie : ceux qui en vivent sont tous plus ou moins rattachés les uns aux autres par les liens de la discrétion professionnelle ; pareils aux anciens augures, ils ne divulguent pas aisément le secret de leurs oracles. Ils ne gagneraient rien à se trahir, car ils ont pour la plupart des plaies plus ou moins honteuses. Il est assez probable, j’en conviens, qu’au centre de la capitale, dans un certain rayon de personnes, ces choses ne seront pas un mystère ; mais, partout ailleurs, on ne s’en doutera pas, et la grande majorité de la nation marchera avec la confiance la plus entière sur la trace des guides que je lui aurai donnés.</p>
<p>Vous savez avec quelle discrétion et quels ménagements ingénieux doivent être rédigés les documents de l’autorité, dans les conjonctures importantes : le problème à résoudre en pareil cas est de donner une sorte de satisfaction à tous les partis. Eh bien, chacun de mes journaux, suivant sa nuance, s’efforcera de persuader à chaque parti que la résolution que l’on a prise est celle qui le favorise le plus. Ce qui ne sera pas écrit dans un document officiel, on l’en fera sortir par voie d’interprétation ; ce qui ne sera qu’indiqué, les journaux officieux le traduiront plus ouvertement, les journaux démocratiques et révolutionnaires le crieront par dessus les toits ; et tandis qu’on se disputera, qu’on donnera les interprétations les plus diverses à mes actes, mon gouvernement pourra toujours répondre à tous et à chacun : Vous vous trompez sur mes intentions, vous avez mal lu mes déclarations ; je n’ai jamais voulu dire que ceci ou que cela.</p>
<p>Ce sont les paroles bien plus que les actes qu’il s’agit de faire accorder. Comment voulez-vous que la grande masse d’une nation puisse juger si c’est la logique qui mène son gouvernement ? Il suffit de le lui dire. Je veux donc que les diverses phases de ma politique soient présentées comme le développement d’une pensée unique se rattachant à un but immuable. Chaque événement prévu ou imprévu sera un résultat sagement amené, les écarts de direction ne seront que les différentes faces de la même question, les voies diverses qui conduisent au même but, les moyens variés d’une solution identique poursuivie sans relâche à travers les obstacles. Le dernier événement sera donné comme la conclusion logique de tous les autres.</p>
<p>Je n’oublierais pas que je vis dans une époque où l’on croit pouvoir résoudre, par l’industrie, tous les problèmes de la société, où l’on s’occupe sans cesse de l’amélioration du sort des classes ouvrières. Je m’attacherais d’autant plus à ces questions, qu’elles sont un dérivatif très-heureux pour les préoccupations de la politique intérieure. Chez les peuples méridionaux, il faut que les gouvernements paraissent sans cesse occupés ; les masses consentent à être inactives, mais à une condition, c’est que ceux qui les gouvernent leur donnent le spectacle d’une activité incessante, d’une sorte de fièvre ; qu’ils attirent constamment leurs yeux par des nouveautés, par des surprises, par des coups de théâtre ; cela est bizarre peut-être, mais, encore une fois, cela est.</p>
<p>Je me conformerais de point en point à ces indications ; en conséquence, je ferais, en matière de commerce, d’industrie, d’arts et même d’administration, étudier toutes sortes de projets, de plans, de combinaisons, de changements, de remaniements, d’améliorations dont le retentissement dans la presse couvrirait la voix des publicistes les plus nombreux et les plus féconds. L’économie politique a, dit-on, fait fortune chez vous, eh bien, je ne laisserais rien à inventer, rien à publier, rien à dire même à vos théoriciens, à vos utopistes, aux déclamateurs les plus passionnés de vos écoles. Le bien-être du peuple serait l’objet unique, invariable, de mes confidences publiques. Soit que je parle moi-même, soit que je fasse parler par mes ministres ou mes écrivains, on ne tarirait jamais sur la grandeur du pays, sur la prospérité, sur la majesté de sa mission et de ses destinées ; on ne cesserait de l’entretenir des grands principes du droit moderne, des grands problèmes qui agitent l’humanité. Le libéralisme le plus enthousiaste, le plus universel, respirerait dans mes écrits. »</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p><a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/not_illuminati.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-2650" title="I can't believe. It's not the Illuminati" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/not_illuminati.jpg?w=300" alt="" width="300" height="277" /></a>Á nouveau, Machiavel parle de la facilité avec laquelle il est facile de tromper l’opinion publique en arguant de bonnes intentions, et du peu d’importance qu’auront les quelques rares esprits, incompris et raillés, qui auront percé la ruse à jour. Il confirme également ce que nous avons dit précédemment lorsqu’il dit qu’il faut donner des préoccupations à l’opinion publique, occuper son esprit, par toute une foule de choses qui occulteront des informations plus essentielles. Pendant ce temps, il pourra continuer de régner tranquillement, voire même faire passer l’une ou l’autre mesure qui aurait soi-disant pour but d’aider à accomplir telle ou telle grande oeuvre sur laquelle la société s’échine. Il est effectivement facile de constater que lorsque l’esprit public est occupé ou choqué, comme cela s’est passé lors du 11 septembre ou de quelque grand autre événement comme un cataclysme naturel, des mesures passent en force et, si elles ne sont pas présentées comme garantes d’une amélioration de la situation, dans l’ignorance et l’indifférence générales.</p>
<p><strong>« Machiavel :</strong></p>
<p>Il serait très-important de mettre en relief les fautes de ceux qui m’ont précédé, de montrer que j’ai su les éviter toujours. On entretiendrait ainsi, contre les régimes auxquels mon pouvoir a succédé, une sorte d’antipathie, d’aversion même, qui finirait par devenir irréparable comme une expiation.</p>
<p>Dans les pays les plus avancés de l’Europe en civilisation, l’invention de l’imprimerie a fini par donner naissance à une littérature folle, furieuse, effrénée, presque immonde, c’est un grand mal. Eh bien, cela est triste à dire, mais il suffira presque de ne pas la gêner, pour que cette rage d’écrire, qui possède vos pays parlementaires, soit à peu près satisfaite.</p>
<p>Cette littérature pestiférée dont on ne peut empêcher le cours, la platitude des écrivains et des hommes politiques qui seraient en possession du journalisme, ne manquerait pas de former un contraste repoussant avec la dignité du langage qui tomberait des marches du trône, avec la dialectique vivace et colorée dont on aurait soin d’appuyer toutes les manifestations du pouvoir. Vous comprenez, maintenant, pourquoi j’ai voulu environner le prince de cet essaim de publicistes, d’hommes d’administration, d’avocats, d’hommes d’affaires et de jurisconsultes qui sont essentiels à la rédaction de cette quantité de communications officielles dont je vous ai parlé, et dont l’impression serait toujours très-forte sur les esprits. »</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>Encore une fois, on compte sur <em>l’effet</em> ménagé par toute cette panoplie « d’experts » dont regorge le gouvernement pour impressionner les gens, qui, espère t-on, seront plus tentés de remettre leur confiance en ces personnes qu’en qui que ce soit d’autre. L’apparence joue donc un grand rôle, à nouveau.</p>
<h2>Les sociétés secrètes</h2>
<p><strong>« Machiavel :</strong></p>
<p>Le monde souterrain des sociétés secrètes est rempli de cerveaux vides, dont je ne fais pas le moindre cas, mais il y a là des directions à donner, des forces à mouvoir. S’il s’y agite quelque chose, c’est ma main qui remue ; s’il s’y prépare un complot, le chef c’est moi : je suis le chef de la ligue.</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Et vous croyez que ces cohortes de démocrates, ces républicains, ces anarchistes, ces terroristes vous laisseront approcher et rompre le pain avec eux ; vous pouvez croire que ceux qui ne veulent point de domination humaine accepteront un guide qui sera autant dire un maître !</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p><a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/salle-franc-maconnique.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2651" title="salle franc-maçonnique" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/salle-franc-maconnique.jpg?w=300" alt="" width="300" height="238" /></a>C’est que vous ne connaissez pas, ô Montesquieu, ce qu’il y a d’impuissance et même de niaiserie chez la plupart des hommes de la démagogie européenne. Ces tigres ont des âmes de mouton, des têtes pleines de vent ; il suffit de parler leur langage pour pénétrer dans leur rang. Leurs idées ont presque toutes, d’ailleurs, des affinités incroyables avec les doctrines du pouvoir absolu. Leur rêve est l’absorption des individus, dans une unité symbolique. Ils demandent la réalisation complète de l’égalité, par la vertu d’un pouvoir qui ne peut être en définitive que dans la main d’un seul homme. Vous voyez que je suis encore ici le chef de leur école ! Et puis il faut dire qu’ils n’ont pas le choix. Les sociétés secrètes existeront dans les conditions que je viens de dire ou elles n’existeront pas. »</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>Peu de chose à ajouter par rapport à ce que nous avons déjà dit, mais cet extrait renforce la présence du gouvernement dans ce qui pourrait constituer une opposition potentielle, pour la dévier de son but et être au courant des éventuels complots qui se trament. Cela ne fait que rejoindre ce que j’ai dit à propos des gens qui penseront se diriger vers quelque forme d’opposition, et que l’on piégera.</p>
<h2>Législatif et judiciaire</h2>
<p><strong>« Machiavel :</strong></p>
<p>La cour de cassation est plus qu’un corps judiciaire : c’est, en quelque sorte, un quatrième pouvoir dans l’État, parce qu’il lui appartient de fixer en dernier ressort le sens de la loi. Aussi vous répéterai-je ici ce que je crois vous avoir dit à propos du Sénat et de l’Assemblée législative : une semblable cour de justice qui serait complétement indépendante du gouvernement pourrait, en vertu de son pouvoir d’interprétation souverain et presque discrétionnaire, le renverser quand elle voudrait. Il lui suffirait pour cela de restreindre ou d’étendre systématiquement, dans le sens de la liberté, les dispositions de lois qui règlent l’exercice des droits politiques.</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Et c’est apparemment le contraire que vous allez lui demander ?</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Je ne lui demanderai rien, elle fera d’elle-même ce qu’il conviendra de faire. Car c’est ici que concourront le plus puissamment les différentes causes d’influence dont je vous ai parlé plus haut. Plus le juge est près du pouvoir, plus il lui appartient. L’esprit conservateur du règne se développera là à un plus haut degré que partout ailleurs, et les lois de haute police politique recevront, dans le sein de cette grande assemblée, une interprétation si favorable à mon pouvoir, que je serai dispensé d’une foule de mesures restrictives qui, sans cela, deviendraient nécessaires.</p>
<p>Il faut maintenant donner au gouvernement le moyen de résister à l’influence de l’opposition, d’empêcher qu’elle ne fasse déserter les rangs de ceux qui veulent le défendre. Au moment des élections, les partis ont pour habitude de proclamer leurs candidats et de les poser en face du gouvernement ; je ferai comme eux, j’aurai des candidats déclarés et je les poserai en face des partis. J’irai jusqu’à fermer les yeux sur les agissements de quelques candidatures populaires qui s’agiteront bruyamment au nom de la liberté ; seulement, il est bon de vous dire que ceux qui crieront le plus fort seront des hommes à moi.</p>
<p>L’essentiel est bien moins de ne commettre aucune faute, que d’en supporter la responsabilité avec une attitude d’énergie qui impose aux détracteurs. Quand même l’opposition parviendrait à introduire dans ma chambre quelques déclamateurs, que m’importerait ? Je ne suis pas de ceux qui veulent compter sans les nécessités de leur temps.</p>
<p>Un de mes grands principes est d’opposer les semblables. De même que j’use la presse par la presse, j’userais la tribune par la tribune ; j’aurais autant qu’il en faudrait d’hommes dressés à la parole et capables de parler plusieurs heures sans s’arrêter. L’essentiel est d’avoir une majorité compacte et un président dont on soit sûr. Il y a un art particulier de conduire les débats et d’enlever le vote. Aurais-je besoin d’ailleurs des artifices de la stratégie parlementaire ? Les dix-neuf vingtièmes de la Chambre seraient des hommes à moi qui voteraient sur une consigne, tandis que je ferais mouvoir les fils d’une opposition factice et clandestinement embauchée ; après cela, qu’on vienne faire de beaux discours : ils entreront dans les oreilles de mes députés comme le vent entre dans le trou d’une serrure. »</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>Bien qu’un bon nombre de précautions conseillées par Machiavel dans les Dialogues aux Enfers n’existent pas aujourd’hui (c’est pourquoi je ne les ai pas extraites), il semble que le même effet de domination du pouvoir sur des organes tels que l’Assemblée Nationale, le Sénat, et les institutions judiciaires, aient pu se faire avec nettement plus de facilité que ce qu’il imaginait. On peut effectivement se douter que le député, le juge et le sénateur, faisant partie d’un corps social privilégié, aient une tendance naturelle à aider les intérêts des « riches », de même que, pour accéder à leur fonction, ils doivent sans doute avoir assuré de jouer le jeu. En tout cas, il est clair que, dans la réalité des choses, ces forces sont bel et bien sous influence. Ainsi, l’UMP est censé faire opposition au PS en France, et inversément; mais il faudrait être bien dupe pour croire qu’il existe des différences réelles entre les deux partis. Il n’y a effectivement pas de ligne réellement définie; ils servent les mêmes intérêts. Le PS a souvent plus privatisé qu’il n’a nationalisé, et ses membres s’entendent généralement bien avec l’UMP pour faire avancer les intérêts d’un amour qu’ils ont le plus particulièrement en commun: celui de l’argent. Donc, aucune loi et aucune décision judiciaire ne pourront gêner réellement l’ordre établi.</p>
<h2>L’éducation</h2>
<p><strong>« Machiavel :</strong></p>
<p>En ce qui touche l’Université, l’ordre de choses actuel me satisfait à peu près. Vous n’ignorez pas, en effet, que ces grands corps d’enseignement ne sont plus organisés, aujourd’hui, comme ils l’étaient autrefois. Ils ont presque partout, m’assure-t-on, perdu leur autonomie et<a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/nwogun.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-2652" title="arme gravée du Nouvel Ordre Mondial" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/nwogun.jpg?w=300" alt="" width="300" height="225" /></a> ne sont plus que des services publics à la charge de l’État. Or, ainsi que je vous l’ai dit plus d’une fois, là où est l’État, là est le prince ; la direction morale des établissements publics est entre ses mains ; ce sont ses agents qui inspirent l’esprit de la jeunesse. Les chefs comme les membres des corps enseignants de tous les degrés sont nommés par le gouvernement, ils y sont rattachés, ils en dépendent, cela suffit ; s’il reste çà et là quelques traces d’organisation indépendante dans quelque école publique ou Académie que ce soit, il est facile de la ramener au centre commun d’unité et de direction. C’est l’affaire d’un règlement ou même d’un simple arrêté ministériel. Il faut que les générations qui naissent sous mon règne soient élevées dans le respect des institutions établies, dans l’amour du prince ; aussi ferais-je un usage assez ingénieux du pouvoir de direction qui m’appartient sur l’enseignement : je crois qu’en général dans les écoles on a un grand tort, c’est de négliger l’histoire contemporaine. Il est au moins aussi essentiel de connaître son temps que celui de Périclès »</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>Voilà bien un secteur où l’ordre établi ne risquera pas non plus d’être remis sérieusement en cause, avec toute la sincérité des professeurs, si ce n’est l’une ou l’autre exception qui bénéficiera d’assez de lucidité et d’indépendance. Il est aussi intéressant de constater que comme le dit Machiavel, on y néglige à tort l’histoire comtemporaine. La tendance est plutôt dans la diabolisation des temps anciens et la vénération du système présent, ce que j’aime appeler le culte du présent. En effet, les régimes absolutistes d’autrefois n’étaient-ils pas si laids, et notre démocratie si merveilleuse d’aujourd’hui n’est-elle pas si belle ? Il n’y a malheureusement que trop peu de gens qui se rendent compte que ce que l’on fait aujourd’hui n’est que ce que l’on faisait hier dans une forme différente…</p>
<h2>Les complots</h2>
<p><strong>« Machiavel :</strong></p>
<p>Je voudrais avoir un prince de ma maison, assis sur les marches de mon trône, qui jouerait au mécontent. Sa mission consisterait à se poser en libéral, en détracteur de mon gouvernement et à rallier ainsi, pour les observer de plus près, ceux qui, dans les rangs les plus élevés de mon royaume, pourraient faire un peu de démagogie. A cheval sur les intrigues intérieures et extérieures, le prince auquel je confierais cette mission ferait ainsi jouer un jeu de dupe à ceux qui ne seraient pas dans le secret de la comédie.</p>
<p>Il y aura des complots sous mon règne : il faut qu’il y en ait.</p>
<p>Il y aura peut-être des complots vrais, je n’en réponds pas ; mais à coup sûr il y aura des complots simulés. A de certains moments, ce peut être un excellent moyen pour exciter la sympathie du peuple en faveur du prince, lorsque sa popularité décroît. En intimidant l’esprit public on obtient, au besoin, par là, les mesures de rigueur que l’on veut, ou l’on maintient celles qui existent. Les fausses conspirations, dont, bien entendu, il ne faut user qu’avec la plus grande mesure, ont encore un autre avantage : c’est qu’elles permettent de découvrir les complots réels, en donnant lieu à des perquisitions qui conduisent à rechercher partout la trace de ce qu’on soupçonne.</p>
<p>Avec le système que j’organiserai, je serai si complétement renseigné, que je pourrai tolérer même des agissements coupables, parce qu’à chaque minute du jour j’aurai le pouvoir de les arrêter. »</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>La meilleure preuve contemporaine que l’on peut prendre des mesures extraordinaires grâce à un complot simulé me semble être le 11 septembre; comme nous en avons déjà parlé, le choc de cet événement a permis de faire passer toute une série de mesures sous prétexte d’empêcher que cela se reproduise. Mais quoi de pire que la perspective que l’événement ait été créé de toute pièces ? Face à l’absurdité de la version officielle et aux analyses minutieuses qui ont été faites à ce sujet, nous savons malheureusement que cela a d’ailleurs bien été le cas…</p>
<p><strong>« Montesquieu :</strong></p>
<p>Les tolérer, et pourquoi ?</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Parce que dans les États européens le monarque absolu ne doit pas indiscrètement user de la force ; parce qu’il y a toujours, dans le fond de la société, des activités souterraines sur lesquelles on ne peut rien quand elles ne se formulent pas ; parce qu’il faut éviter avec grand soin d’alarmer l’opinion sur la sécurité du pouvoir ; parce que les partis se contentent de murmures, de taquineries inoffensives, quand ils sont réduits à l’impuissance et que prétendre désarmer jusqu’à leur mauvaise humeur, serait une folie. On les entendra donc se plaindre, çà et là, dans les journaux, dans les livres ; ils essaieront des allusions contre le gouvernement dans quelques discours ou dans quelques plaidoyers ; ils feront, sous divers prétextes, quelques petites manifestations d’existence ; tout cela sera bien timide, je vous le jure, et le public s’il en est informé, ne sera guère tenté que d’en rire. On me trouvera bien bon de supporter cela, je passerai pour trop débonnaire ; voilà pourquoi je tolérerai ce qui, bien entendu, me paraîtra pouvoir l’être sans aucun danger : je ne veux pas même que l’on puisse dire que mon gouvernement est ombrageux. »</p>
<h2>La manipulation de la religion</h2>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Il n’est que trop vrai que l’on peut prêter aux mesures les plus détestables, le langage de la raison ! Mais voyons, qu’allez-vous faire maintenant à <a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/illuminati_detail.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2653" title="symboles maçonniques de l'Ordre du Grand Orient" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/illuminati_detail.jpg?w=299" alt="" width="299" height="300" /></a>l’égard du clergé ? Voilà une institution qui ne dépend de l’État que par un côté et qui relève d’une puissance spirituelle, dont le siége est ailleurs que chez vous. Je ne connais rien de plus dangereux pour votre pouvoir, je vous le déclare, que cette puissance qui parle au nom du ciel et dont les racines sont partout sur la terre : n’oubliez pas que la parole chrétienne est une parole de liberté. Sans doute, les lois de l’État ont établi une démarcation profonde entre l’autorité religieuse et l’autorité politique ; sans doute, la parole des ministres du culte ne se fera entendre qu’au nom de l’Évangile ; mais le spiritualisme divin qui s’en dégage est la pierre d’achoppement du matérialisme politique. C’est ce livre si humble et si doux qui a détruit, à lui seul, et l’empire Romain, et le césarisme, et sa puissance. Les nations franchement chrétiennes échapperont toujours au despotisme, car le christianisme élève la dignité de l’homme trop haut pour que le despotisme puisse l’atteindre, car il développe des forces morales sur lesquelles le pouvoir humain n’a pas de prise[10]. Prenez garde au prêtre : il ne dépend que de Dieu, et son influence est partout, dans le sanctuaire, dans la famille, dans l’école. Vous ne pouvez rien sur lui : sa hiérarchie n’est pas la vôtre, il obéit à une constitution qui ne se tranche ni par la loi, ni par l’épée. Si vous régnez sur une nation catholique et que vous ayez le clergé pour ennemi, vous périrez tôt ou tard, quand bien même le peuple entier serait pour vous.</p>
<p>[10] <em>Esp. des lois</em>, p. 371, liv. XXIV, ch. I et suiv.</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Je ne sais pas trop pourquoi il vous plaît de faire du prêtre un apôtre de liberté. Je n’ai jamais vu cela, ni dans les temps anciens, ni dans les temps modernes ; j’ai toujours trouvé dans le sacerdoce un appui naturel du pouvoir absolu.</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>L’histoire démontre que Machiavel a amplement raison ; la religion a toujours été un prétexte à la mise en place d’un pouvoir temporel déguisé et despotique. Bien qu’elle joue un bien moindre rôle aujourd’hui, il n’empêche qu’il subsiste un bon nombre de « <em>fidèles</em> » loyaux à la parole du pape et des autres personnages haut placés du Vatican. À partir du moment où l’on contrôle l’opinion publique par tous les stratagèmes que nous avons abordés, il est logique de souhaiter dominer également le Vatican de sorte à ce que le pouvoir de manipulation des esprits soit complet. Malheureusement, cette vérité est elle aussi réalité, comme le démontrent les extraits suivants, qui utilisent honteusement le message religieux pour promouvoir, de façon plus ou moins subliminale, le mondialisme.</p>
<p>Le 24 décembre 2005, Benoît XVI a délivré son message de Noël<em> : « La force vivifiante de sa lumière (de Dieu) t’encourage à t’engager dans l’édification d’un Nouvel Ordre Mondial, fondé sur de justes relations éthiques et économiques. Que son amour guide les peuples et éclaire leur conscience commune d’être une famille appelée à construire des relations de confiance et de soutien mutuel. L’humanité unie pourra affronter les problèmes nombreux et préoccupants du monde présent.</em> »</p>
<p>« Peter-Hans Kolvenbach, supérieur général de l’Ordre des Jésuites. Dans un discours tenu en 1997, ce prince de l’Église a réaffirmé la nécessité de l’unité dans des termes proches de l’Être suprême : « <em>L’homme de foi est intimement convaincu que l’histoire de l’union humaine peut être écrite en collaboration avec le Seigneur de l’Histoire. L’échec de la tour de Babel n’est pas fatal. Le monde se meut vers un nouveau phénomène pentecostal où chacun, avec ses particularités, se fait communion avec l’esprit.</em> »</p>
<p>« <em>Dès que possible, nous devons arriver à élaborer un gouvernement mondial et une religion mondiale dirigées par un leader mondial</em> » <strong>Robert Muller (ancien assistant au secrétaire général de l’ONU)</strong></p>
<p>Cette dernière citation montre que la religion n’a pas cessé d’être perçu comme un outil de manipulation utile et efficace par ceux qui se trouvent dans les plus hautes sphères du pouvoir.</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Ce serait un coup de maître, si vous teniez à Rome une garnison perpétuelle, car vous disposeriez presque du Saint-Siége, comme s’il résidait dans quelque province de votre royaume. Mais enfin, si au lieu de trouver dans la chaire de Saint-Pierre un Borgia ou un Dubois, comme vous paraissez y compter, vous aviez en face de vous un pape qui résistât à vos intrigues et bravât votre colère, que feriez-vous ?</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Alors, il faudrait bien s’y résoudre, sous prétexte de défendre le pouvoir temporel, je déterminerais sa chute.</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Vous avez ce que l’on appelle du génie !</p>
<h2>Les finances</h2>
<p> <strong>« Montesquieu:</strong></p>
<p>Oui, mais c’est ici que commence la difficulté. Je sais comment les gouvernements représentatifs pourvoient à leurs besoins financiers, mais je n’ai aucune idée des moyens d’existence du pouvoir absolu dans les sociétés modernes. Si j’interroge le passé, je vois très-clairement qu’il ne peut subsister qu’aux conditions suivantes : il faut, en premier lieu, que le monarque absolu soit un chef militaire, vous le reconnaissez sans doute.</p>
<p><strong>Machiavel:</strong></p>
<p>Oui.</p>
<p><strong>Montesquieu:</strong></p>
<p>Il faut, de plus, qu’il soit conquérant, car c’est à la guerre qu’il doit demander les principales ressources qui lui sont nécessaires pour entretenir son faste et ses armées. S’il les demandait à l’impôt, il écraserait ses sujets. Vous voyez par là que ce n’est pas, parce que le monarque absolu dépense moins, qu’il doit ménager les tributs, mais parce que la loi de sa subsistance est ailleurs. »</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>Il n’est pas utile de s’étendre sur ce point, car je pense que tout le monde aura fait le rapprochement avec le comportement belliqueux des États-Unis, plus grande « <em>démocratie absolutiste</em> » du monde, et qui, avec 400 milliards de $ attribués chaque année au secteur militaire, dépendent de guerres chroniques pour suivre la logique de leur économie. Outre les deux conflits mondiaux, quand ils ne sont pas en Corée (1951), au Vietnam (1964-1973), au Panama (1989), en Irak (1991), en Serbie (1999), en Afghanistan (2001), encore en Irak (2003), ils trouvent toujours bien l’un ou l’autre pays à qui vendre des armes, un camp à aider contre un autre, comme Taïwan ou plusieurs pays africains.</p>
<p><strong>« Machiavel :</strong></p>
<p>Il y a une manière particulière de présenter le budget, d’en dissimuler, au besoin, l’élévation croissante. Il n’est pas de gouvernement qui ne soit dans la nécessité d’en agir ainsi.</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Puisque vos dépenses augmentent, il faut bien que vos ressources croissent dans la même proportion. Trouverez-vous, comme Jules César, une valeur de deux milliards de francs dans les coffres de l’État, ou découvrirez-vous les sources du Potose ?</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Vos traits sont fort ingénieux ; je ferai ce que font tous les gouvernements possibles, j’emprunterai.</p>
<p>Quelquefois il y a, vous le savez, en finances des mots tout faits, des phrases stéréotypées, qui font beaucoup d’effet sur le public, le calment, le rassurent.</p>
<p>Ainsi, en présentant avec art telle ou telle dette passive, on dit : ce chiffre n’a rien d’exorbitant ; – il est normal, il est conforme aux antécédents budgétaires ; – le chiffre de la dette flottante n’a rien que de très-rassurant. Il y a une foule de locutions semblables dont je ne vous parle pas parce qu’il est d’autres artifices pratiques, plus importants, sur lesquels je dois appeler votre attention.</p>
<p>D’abord, dans tous les documents officiels il est nécessaire d’insister sur le développement de la prospérité, de l’activité commerciale et du progrès toujours croissant de la consommation.</p>
<p>Le contribuable s’émeut moins de la disproportion des budgets, quand on lui répète ces choses, et on peut les lui répéter à satiété, sans que jamais il s’en défie, tant les écritures authentiques produisent un effet magique sur l’esprit des sots bourgeois. Lorsque l’équilibre des budgets est rompu et que l’on veut, pour l’année suivante, préparer l’esprit public à quelque mécompte, on dit à l’avance, dans un rapport, l’année prochaine le découvert ne sera que de tant.</p>
<p>Si le découvert est inférieur aux prévisions, c’est un véritable triomphe ; s’il est supérieur, on dit : « <em>le déficit a été plus grand qu’on ne l’avait prévu, mais il s’était élevé à un chiffre supérieur l’année précédente ; de compte fait, la situation est meilleure, car on a dépensé moins et cependant on a traversé des circonstances exceptionnellement difficiles : la guerre, la disette, les épidémies, des crises de subsistances imprévues, etc.</em> »</p>
<p>« <em>Mais, l’année prochaine, l’augmentation des recettes permettra, suivant toute probabilité, d’atteindre un équilibre depuis si longtemps désiré : la dette sera réduite, le budget convenablement balancé. Ce progrès continuera, on peut l’espérer, et, sauf des événements extraordinaires, l’équilibre deviendra l’habitude de nos finances, comme il en est la règle.</em> »</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Mais ne vous préoccuperez-vous pas de payer enfin ?</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>A cet égard les moyens sont très-variés : il y a d’abord l’impôt.</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Il y a d’autres moyens : il y a ce que l’on appelle la conversion. Ceci est relatif à la dette que l’on appelle consolidée, c’est-à-dire à celle qui provient de l’émission des emprunts. On dit aux rentiers de l’État, par exemple : jusqu’à ce jour je vous ai payé 5 p.c. de votre argent ; c’était le taux de votre rente. J’entends ne plus vous payer que le 4 1/2 ou le 4 p.c. Consentez à cette réduction ou recevez le remboursement du capital que vous m’avez prêté.</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Mais si l’on rend réellement l’argent, je trouve le procédé encore assez honnête.</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Sans doute on le rend, si on le réclame ; mais très-peu s’en soucient ; les rentiers ont leurs habitudes ; leurs fonds sont placés ; ils ont confiance dans l’État ; ils aiment mieux un revenu moindre et un placement sûr. Si tout le monde demandait son argent il est évident que le Trésor serait pris au lacet. Cela n’arrive jamais et l’on se débarrasse par ce moyen d’un passif de plusieurs centaines de millions. Voici une autre combinaison relative à un autre genre de dette. Je vous disais tout à l’heure que l’État avait à sa disposition les fonds des caisses de prévoyance et qu’il s’en servait en payant le loyer, sauf à les rendre à première réquisition. Si, après les avoir longtemps maniés, il n’est plus en mesure de les rendre, il consolide la dette qui flotte dans ses mains.</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Je sais ce que cela signifie ; l’État dit aux déposants : Vous voulez votre argent, je ne l’ai plus ; voilà de la rente.</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Précisément, et il consolide de la même manière toutes les dettes auxquelles il ne peut plus suffire. Il consolide les bons du Trésor, les dettes contractées envers les villes, envers les banques, enfin toutes celles qui forment ce que l’on appelle très-pittoresquement la dette flottante, parce qu’elle se compose de créances qui n’ont point d’assiette déterminée et qui sont à une échéance plus ou moins rapprochée. Je ne vous indique seulement pas la millième partie des combinaisons que l’on peut employer. Loin de redouter l’accroissement des rentes perpétuelles, je voudrais que la fortune publique entière fût en rentes ; je ferais en sorte que les villes, les communes, les établissements publics convertissent en rentes leurs immeubles ou leurs capitaux mobiliers. C’est l’intérêt même de ma dynastie qui me commanderait ces mesures financières. Il n’y aurait pas dans mon royaume un écu qui ne tînt par un fil à mon existence.</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Mais à ce point de vue même, à ce point de vue fatal, atteindrez-vous votre but ? Ne marchez-vous pas, de la manière la plus directe, à votre ruine à travers la ruine de l’État ? Ne savez-vous pas que chez toutes les nations de l’Europe il y a de vastes marchés de fonds publics, où la prudence, la sagesse, la probité des gouvernements est mise à l’enchère ? A la manière dont vous dirigez vos finances, vos fonds seraient repoussés avec perte des marchés étrangers et ils tomberaient aux plus bas cours, même à la Bourse de votre royaume.</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>C’est une erreur flagrante. Un gouvernement glorieux, comme serait le mien, ne peut que jouir d’un grand crédit à l’extérieur. A l’intérieur, sa vigueur dominerait les appréhensions. Au surplus je ne voudrais pas que le crédit de mon État dépendît des transes de quelques marchands de suif ; je dominerais la Bourse par la Bourse.</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Qu’est-ce encore ?</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>J’aurais de gigantesques établissements de crédit institués en apparence pour prêter à l’industrie, mais dont la fonction la plus réelle consisterait à soutenir la rente. Capables de jeter pour 400 ou 500 millions de titres sur la place, ou de raréfier le marché dans les mêmes proportions, ces monopoles financiers seraient toujours maîtres des cours.</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>Outre les discours visant à rassurer le public sur la situation des finances, et les méthodes visant à cacher cette même situation, nous connaissons tous à quel point la situation de la dette est catastrophique et Ô combien son montant est exponentiel. Cette dette permet au gouvernement de vivre au-dessus de ses moyens, et condamne le contribuable à être pris dans un système d’esclavage où il devra toujours s’échiner à rembourser une dette qui ne fera qu’augmenter, paradoxalement.</p>
<p>Quant aux gigantesques établissements de crédits, maîtres des cours, le plus frappant est sans doute la Réserve Fédérale des États-Unis (La FED, banque centrale), qui, par la gestion de la masse monétaire et donc des cours de l’argent, détermine également la valeur de ce dernier.</p>
<h2>Conclusion</h2>
<p><strong>« Montesquieu :</strong></p>
<p>La souveraineté du pouvoir humain correspond à une idée profondément subversive, la souveraineté du droit humain ; c’est cette doctrine matérialiste et athée, qui a précipité la Révolution française dans le sang, et lui a infligé l’opprobre du despotisme après le délire de l’indépendance. Il n’est pas exact de dire que les nations sont maîtresses absolues de leurs destinées, car leur souverain maître c’est Dieu lui-même, et elles ne seront jamais hors de sa puissance. Si elles possédaient la souveraineté absolue, elles pourraient tout, même contre la justice éternelle, même contre Dieu ; qui oserait aller jusque-là ? Mais le principe du droit divin, avec la signification qui s’y trouve communément attachée, n’est pas un principe moins funeste, car il voue les peuples à l’obscurantisme, à l’arbitraire, au néant, il reconstitue logiquement le régime des castes, il fait des peuples un troupeau d’esclaves, conduits, comme dans l’Inde, par la main des prêtres, et tremblant sous la verge du maître. Comment en serait-il autrement ? Si le souverain est l’envoyé de Dieu, s’il est le représentant même de la Divinité sur la terre, il a tout pouvoir sur les créatures humaines soumises à son empire, et ce pouvoir n’aura de frein que dans des règles générales d’équité, dont il sera toujours facile de s’affranchir.</p>
<p>C’est dans le champ qui sépare ces deux opinions extrêmes, que se sont livrées les furieuses batailles de l’esprit de parti ; les uns s’écrient : Point d’autorité divine ! les autres : Point d’autorité humaine ! O Providence suprême, ma raison se refuse à accepter l’une ou l’autre de ces alternatives ; elles me paraissent toutes deux un égal blasphème contre ta sagesse ! Entre le droit divin qui exclut l’homme et le droit humain qui exclut Dieu, il y a la vérité, Machiavel ; les nations comme les individus sont libres entre les mains de Dieu. Elles ont tous les droits, tous les pouvoirs, à la charge d’en user suivant les règles de la justice éternelle. La souveraineté est humaine en ce sens qu’elle est donnée par les hommes, et que ce sont les hommes qui l’exercent ; elle est divine en ce sens qu’elle est instituée par Dieu, et qu’elle ne peut s’exercer que suivant les préceptes qu’il a établis. »</p>
<p>Cette formule de Maurice Joly me semble parfaitement synthétiser ce qui a toujours prévalu au cours de l’histoire des civilisations : « <em>Il ne s’agit que de mettre le despotisme en harmonie avec les mœurs modernes.</em> »</p>
<p>En outre, la politique du juste milieu est la seule qui puisse être valable; écoeurés par les abus d’un clergé ecclésiastique, nous avons sombré dans l’autre extrême, les abus d’un groupe privilégié de matérialistes. Nous sommes passés de l’obscurantisme religieux à l’obscurantisme matériel. Espérons qu’un jour, les peuples seront capables de la maturité qui leur permettra d’établir un système qui puisse enfin être subtil et nuancé, ce qui le rendra juste.</p>
<p><a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/obey-giant-hostile-takeover.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2655" title="obey-giant-hostile-takeover" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/obey-giant-hostile-takeover.jpg" alt="" width="400" height="400" /></a></p>
<p>Les Dialogues aux enfers entre Machiavel et Montesquieu peuvent être consultés en lecture sur <a href="http://fr.wikisource.org/wiki/Dialogue_aux_enfers_entre_Machiavel_et_Montesquieu" target="_blank">Wikisource</a></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Deciphering the Mohammed Trial]]></title>
<link>http://afrospear.wordpress.com/2009/11/25/deciphering-the-mohammed-trial/</link>
<pubDate>Wed, 25 Nov 2009 20:19:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>asabagna</dc:creator>
<guid>http://afrospear.wordpress.com/2009/11/25/deciphering-the-mohammed-trial/</guid>
<description><![CDATA[This article: Deciphering the Mohammed Trial by STRATFOR, is the most indepth commentary I have read]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>This article: <a href="http://www.stratfor.com/weekly/20091116_postsept_11_legal_dilemma?utm_source=GWeekly&#38;utm_medium=email&#38;utm_campaign=091116&#38;utm_content=GIRtitle" target="_blank">Deciphering the Mohammed Trial</a> by STRATFOR, is the most indepth commentary I have read so far on the issues surrounding the decision by U.S. Attorney General Eric Holder to have the 5 terrorists involved in the 9/11 plot, including the mastermind Khalid Sheikh Mohammed, moved from Guantanamo to New York for a civilian criminal trial. </p>
<p><strong>Added note:</strong> Let&#8217;s all agree that this will be nothing more than a political <em>&#8220;show trial&#8221;</em>, in<em> </em>the tradition of what occurs in places around the world where the system of justice is a farce, such as Russia, China, Iran, Sudan, Zimbabwe, etc. When one listens to the comments of Holder and to a lesser extent Obama, these <em>&#8220;defendants&#8221;</em> are not afforded the right of being <em>&#8220;presumed innocent until proven guilty&#8221;</em>, the foundation of the American judicial system. In fact it has already been stated by the administration that not only are they guilty, but if by the remotest of possibilities they are acquitted, they will be re-arrested on other charges or held on immigration warrants!</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Pundita: How the U.S. government built a perpetual-motion war machine in Afghanistan and sacrificed American values in the process]]></title>
<link>http://therealbarackobama.wordpress.com/2009/11/25/pundita-how-the-u-s-government-built-a-perpetual-motion-war-machine-in-afghanistan-and-sacrificed-american-values-in-the-process/</link>
<pubDate>Wed, 25 Nov 2009 16:12:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>Brenda J. Elliott</dc:creator>
<guid>http://therealbarackobama.wordpress.com/2009/11/25/pundita-how-the-u-s-government-built-a-perpetual-motion-war-machine-in-afghanistan-and-sacrificed-american-values-in-the-process/</guid>
<description><![CDATA[It&#8217;s too bad everything doesn&#8217;t work as smoothly as this does: Pundita writes on her blo]]></description>
<content:encoded><![CDATA[It&#8217;s too bad everything doesn&#8217;t work as smoothly as this does: Pundita writes on her blo]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Bombay : pourquoi le Pakistan n'est pas près de punir les coupables]]></title>
<link>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/25/bombay-pourquoi-le-pakistan-nest-pas-pres-de-punir-les-coupables/</link>
<pubDate>Wed, 25 Nov 2009 14:48:03 +0000</pubDate>
<dc:creator>Bao</dc:creator>
<guid>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/25/bombay-pourquoi-le-pakistan-nest-pas-pres-de-punir-les-coupables/</guid>
<description><![CDATA[Par Marie-France Calle Un an après les massacres de novembre 2008, les Indiens s&#8217;interrogent. ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><em>Par Marie-France Calle</em></p>
<p><strong>Un an après les massacres de novembre 2008, les Indiens s&#8217;interrogent. Certains se demandent comment dix terroristes ont pu envahir la capitale économique et financière du pays, la prendre en otage trois jours durant et y tuer près de 200 personnes. La presse regorge d&#8217;analyses sur la capacité des gouvernements, central et régionaux, à éviter une nouvelle tragédie de cette ampleur. Enfin, quelques-uns s&#8217;inquiètent de voir qu&#8217;en un an, le Pakistan n&#8217;a toujours rien fait pour mettre un terme aux activités du Lashkar-e-Taiba (LeT). Il y a de bonnes raisons à cela.</strong></p>
<p><a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/jouets-representant-les-commandos-indiens-lors-des-attaques-de-lan-dernier-ils-sont-vendu-devant-lhotel-taj-mahal.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2629" title="Jouets représentant les commandos indiens lors des attaques de l'an dernier. Ils sont vendu devant l'hôtel Taj Mahal" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/jouets-representant-les-commandos-indiens-lors-des-attaques-de-lan-dernier-ils-sont-vendu-devant-lhotel-taj-mahal.jpg" alt="" width="450" height="337" /></a></p>
<p>Au lendemain des attentats de Bombay, l&#8217;Inde a certes bénéficié de la sympathie de la communauté internationale. Pas pour longtemps. Bien que montré du doigt en raison des groupes djihadistes qu&#8217;il héberge, <strong>le Pakistan s&#8217;est vite posé en victime potentielle de l&#8217;Inde,</strong> criant haut et fort qu&#8217;il redoutait des frappes de l&#8217;armée indienne sur son territoire. Le message s&#8217;adressait bien évidemment aux Etats-Unis. A Delhi, les partisans d&#8217;une action militaire contre le Pakistan étaient loin de faire l&#8217;unanimité. Cela n&#8217;a pas empêché les médias pakistanais de relayer les informations les plus alarmistes, ravivant auprès de l&#8217;opinion publique pakistanaise un fort sentiment anti-indien. Rien de plus facile.</p>
<p><strong>La réaction des Etats-Unis est plus alarmante.</strong>  Même si l&#8217;on peut parler de &#8221; <em>realpolitik</em> &#8220;. Engluée dans la guerre afghane, la nouvelle administration Obama n&#8217;avait aucune envie de voir le Pakistan déplacer ses troupes des régions frontalières de l&#8217;Afghanistan, où elles sont supposées combattre les rebelles islamistes, pour les positionner le long de la frontière indienne. C&#8217;est pourtant ce qu&#8217;a fait l&#8217;armée pakistanaise. Washington n&#8217;avait plus qu&#8217;une solution : pousser Delhi à reprendre le dialogue avec le Pakistan, gelé au lendemain des attaques de Bombay, et lui demander de relâcher la pression sur Islamabad.</p>
<p>Il est intéressant, un an après Bombay, de faire le point de la situation sur l&#8217;axe Inde-Pakistan-Afghanistan-USA.</p>
<ul>
<li><strong>Au Pakistan,</strong> sept personnes suspectées d&#8217;avoir participé à l&#8217;organisation des attentats de Bombay ont été arrêtées. <a href="http://www.hindu.com/2009/11/23/stories/2009112354991100.htm">Leur procès </a>est remis de jour en jour. <strong>Hafiz Saeed</strong>, le fondateur du Jamaat-ud-Dawa, l&#8217;avatar humanitaire derrière lequel se cache le Lashkar-e-Taiba depuis qu&#8217;il a été officiellement interdit, <strong>a été relâché, faute de preuves</strong>. Islamabad accuse régulièrement l&#8217;Inde de financer et de soutenir les talibans, dans la Vallée de Swat et au Sud-Waziristan (ceux qui organisent des attentats au Pakistan). Il l&#8217;accuse aussi de fomenter la rébellion au Baloutchistan. Enfin, le Pakistan se plaint de l&#8217;influence grandissante de Delhi en Afghanistan, se jugeant menacé.</li>
<li><strong>Aux Etats-Unis</strong>, l&#8217;idée que l&#8217;Inde est devenue &#8221; <em>encombrante </em>&#8221; dans la guerre contre le terrorisme version américaine fait son chemin. Au point que dans son rapport d&#8217;évaluation sur la situation en Afghanistan, le général Stanley <a href="http://blog.lefigaro.fr/inde/2009/09/linfluence-de-linde-en-afghani.html">McChrystal</a>, commandant des troupes de la coalition en Afghanistan, relève : <strong>&#8221; <em>l&#8217;influence croissante de l&#8217;Inde dans ce pays ne manquera pas d&#8217;exacerber les tensions régionales</em> &#8220;</strong>&#8230;. Obama ne vient-il pas de demander à la Chine de veiller à ce que l&#8217;Inde et le Pakistan reprennent langue ? Une sacrée bourde quelques jours avant la visite du Premier ministre indien, Manmohan Singh, à Washington, où il se trouve actuellement.</li>
</ul>
<p>Bref, comme le souligne l&#8217;analyste politique <a href="http://www.hindu.com/2009/11/23/stories/2009112354850900.htm">Frédéric Grare </a>dans une libre opinion publiée par The Hindu, &#8221; <em>il est triste de constater que l&#8217;incapacité de la communauté internationale à répondre de manière appropriée aux attaques de Bombay a concédé </em><strong><em>la victoire, même par défaut, aux terroristes qui ont attaqué la ville </em>&#8220;</strong>.</p>
<p>&#8221; <em>S&#8217;il est un mot pour qualifier la réponse internationale aux attaques de Bombay, c&#8217;est bien celui de confusion. D&#8217;un côté, tous les principaux protagonistes ont compris la nature du problème. Beaucoup reconnaissent la responsabilité, au bas mot indirecte, que le Pakistan assume dans les brutales attaques terroristes contre l&#8217;Inde. De surcroît, toutes les grandes puissances ont fait pression sur le Pakistan pour qu&#8217;il sévisse contre les groupes de militants qui opèrent de son territoire. Dans le même temps, cependant, les objectifs antiterroristes internationaux se heurtaient aux objectifs plus larges de la contre-insurrection dans la guerre en Afghanistan. Certains acteurs de la communauté internationale, et pas des moindres, ont commencé à demander à l&#8217;Inde de faire preuve de retenue dans sa réaction. Il a été demandé à l&#8217;Inde de faire des concessions, notamment en acceptant de reprendre au plus tôt le dialogue avec le Pakistan </em>&#8220;, explique Grare.</p>
<p>à lire également : <a href="http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/23/un-an-apres-bombay-un-terrorisme-de-plus-en-plus-global/">http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/23/un-an-apres-bombay-un-terrorisme-de-plus-en-plus-global/</a></p>
<p>Source : <a href="http://blog.lefigaro.fr/inde/2009/11/bombay-pourquoi-le-pakistan-ne.html?xtor=RSS-24">http://blog.lefigaro.fr/inde/2009/11/bombay-pourquoi-le-pakistan-ne.html?xtor=RSS-24</a></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Afghanistan: pour gagner la guerre, il faut s'allier aux milices]]></title>
<link>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/25/afghanistan-pour-gagner-la-guerre-il-faut-sallier-aux-milices/</link>
<pubDate>Wed, 25 Nov 2009 12:13:38 +0000</pubDate>
<dc:creator>Bao</dc:creator>
<guid>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/25/afghanistan-pour-gagner-la-guerre-il-faut-sallier-aux-milices/</guid>
<description><![CDATA[Par Fred Kaplan La société afghane a toujours été structurée par les tribus. Il n&#8217;y a jamais e]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><em>Par Fred Kaplan</em></p>
<p><strong>La société afghane a toujours été structurée par les tribus. Il n&#8217;y a jamais eu de pouvoir central fort.</strong></p>
<p><strong><a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/milices-afghanes.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2618" title="milices afghanes" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/milices-afghanes.jpg" alt="" width="432" height="300" /></a></strong></p>
<p>«<a href="http://www.nytimes.com/2009/11/22/world/asia/22militias.html?_r=1" target="_blank"><em>Les milices afghanes combattent les talibans avec l&#8217;aide des Etats-Unis</em></a>». Tel est le titre de l&#8217;article de Dexter Filkins, paru le 21 novembre 2009 dans le <em>New York Times</em>. Ce papier ne prétend pas percer les intentions d&#8217;Obama; pour autant il pourrait bien lever un coin du voile sur l&#8217;examen stratégique du président et ses projets pour l&#8217;Afghanistan.</p>
<p>Présentons les choses autrement: si Obama décide de renforcer l&#8217;engagement américain en Afghanistan, et si sa stratégie ne ressemble en rien à l&#8217;approche présentée par Filkins&#8230; l&#8217;échec de notre armée sera alors presque inévitable.</p>
<p>Selon Filkins, qui compte parmi les plus intrépides correspondants de guerre, les forces spéciales américaines viennent depuis peu en aide aux milices antitalibanes dans le sud et l&#8217;ouest de l&#8217;Afghanistan, où sont concentrés la majorité les insurgés. Ces milices se sont constituées d&#8217;elles-mêmes au sein de certaines tribus; les commandants de l&#8217;armée américaine espèrent pouvoir user de l&#8217;exemple de telles révoltes pour «<em>encourager la naissance de groupes armés similaires au cœur des terres talibanes</em>.»</p>
<p>De fait cette situation éveille l&#8217;intérêt &#8211; on peut même parler d&#8217;enthousiasme &#8211; des Américains pour deux raisons. Tout d&#8217;abord, ces évènements rappellent ceux de «<em>l&#8217;Eveil d&#8217;Anbar</em>», en 2006-2007, quand des chefs de tribus sunnites de l&#8217;ouest irakien s&#8217;étaient alliés aux forces américaines (qui se faisaient tirer dessus par ces mêmes sunnites quelques mois auparavant) pour venir à bout d&#8217;un acteur plus menaçant encore: Al-Qaïda. D&#8217;autre part, ces évènements ont poussé l&#8217;armée à s&#8217;intéresser de plus près à<a href="http://blog.stevenpressfield.com/2009/10/one-tribe-at-a-time-4-the-full-document-at-last/" target="_blank"> un rapport de 45 pages</a> rédigé par le major Jim Gant, l&#8217;ancien chef d&#8217;un détachement de forces spéciales stationné dans la province de Kunar. L&#8217;auteur du document (intitulé «<em>Une tribu à la fois: quelle stratégie adopter pour vaincre en Afghanistan</em>») y raconte comment il a constitué des «<em>tribal engagement teams</em>» (équipes d&#8217;engagement auprès des tribus) pour aider les combattants de la région à repousser les talibans; il y expose ensuite sa stratégie visant à constituer des équipe de ce type dans le reste du pays.</p>
<p>Le rapport de Jim Gant a sans aucun doute éveillé l&#8217;intérêt de sa hiérarchie: au lieu d&#8217;être envoyé en Irak &#8211; comme prévu -, le major a été redéployé en Afghanistan pour aider à la création d&#8217;autres équipes d&#8217;engagement.</p>
<p>Dans son introduction, il affirme que l&#8217;Afghanistan «<em>n&#8217;a jamais été un Etat au pouvoir central fort, et ne le sera jamais</em>». La société du pays et sa hiérarchie politique ont toujours été organisées autour du système tribal; si les Etats-Unis et l&#8217;OTAN espèrent vaincre les talibans, il leur faudra donc passer par les tribus.</p>
<p>L&#8217;approche adoptée par les Etats-Unis depuis maintenant sept ans (se concentrer sur Kaboul et sur la formation d&#8217;une armée et d&#8217;une police&#8230; nationales) est donc vouée à l&#8217;échec. Gant ne nie pas que l&#8217;approche tribale comporte elle aussi un bon nombre de risques. Le jeu en vaut néanmoins la chandelle, selon lui. Et pour cause: «<em>rien d&#8217;autre ne marchera</em>».</p>
<p>Certains signes laissent penser qu&#8217;Obama caresse l&#8217;idée d&#8217;une stratégie similaire. Le président a rencontré sept fois ses conseillers militaires; lors de l&#8217;une de ces réunions, il a demandé un rapport sur les provinces afghanes, afin de savoir quelles régions du pays étaient en mesure d&#8217;assurer leur propre défense, et dans quelles proportions. Dans une interview récente accordée à Jake Tapper, de la chaîne ABC, il a déclaré que ses conseillers et lui-même avaient cessé de «<em>se consacrer au seul gouvernement national de Kaboul», </em>pour s&#8217;intéresser également<em> «aux acteurs des gouvernements provinciaux, qui sont légitimes dans l&#8217;immédiat</em>».</p>
<p>Obama a toutes les raisons d&#8217;opter pour une stratégie reposant sur le système tribal. Cela permettrait tout d&#8217;abord de placer le peuple afghan &#8211; et non plus l&#8217;occupant américain &#8211; au centre des opérations. Dans ce cas de figure, le soldat américain vit près des tribus, gagne leur confiance, les entraîne, les approvisionne en vivres et en matériel, obtient des renseignements, et combat à leurs côtés. L&#8217;Américain était un chef; il devient un allié.</p>
<p>Deuxième avantage: ces équipes de soldats américains fonctionnent par petits groupes. Cette approche, comme l&#8217;explique Gant, prend énormément de temps (plusieurs mois pour créer le contact, des années pour établir un lien durable) mais réclame un nombre limité de soldats. Si Obama cherche à contrer les talibans et à assurer la sécurité de l&#8217;Afghanistan sans avoir à mobiliser le renfort de 40.000 hommes demandé par le général Stanley McChrystal, il pourrait s&#8217;engager dans cette voie.</p>
<p>Troisième point: cette stratégie permet à l&#8217;armée américane de moins dépendre des succès politiques du président afghan <a href="http://www.slate.fr/story/12501/afghanistan-corruption-karzai-perdre-guerre-allies" target="_blank">Hamid Karzaï</a>. Le succès des campagnes anti-insurrection dépend souvent du comportement des autorités locales: si ces dernières ont la réputation d&#8217;être corrompues, la campagne échouera. Karzaï a promis des réformes, ce qui pourrait redorer son blason et le rendre plus légitime aux yeux du peuple afghan. Mais même s&#8217;il ne tenait pas ses engagements, ou si ses efforts ne rencontraient pas le succès escompté, la stratégie de Gant n&#8217;en pâtirait pas vraiment: les chefs de tribus sont les seules autorités qui comptent.</p>
<p>Gant est parfaitement lucide quant aux difficultés que pourrait poser ce rapprochement tribal. Le risque principal serait, selon lui, de se retrouver impliqué dans on ne sait quelles luttes intestines. En 2001, pendant l&#8217;invasion américaine en Afghanistan, il arrivait que nos alliés dans la guérilla locale signalent à l&#8217;aviation et à l&#8217;artillerie américaines des «<em>cibles talibanes</em>» devant être détruites &#8211; en fait de talibans, ces cibles s&#8217;avéraient parfois être des camps de tribus rivales.</p>
<p>L&#8217;un des objectifs les plus transparents &#8211; et les plus essentiels &#8211; de la stratégie de Gant consiste à créer un réseau de tribus indépendantes, en commençant par celles d&#8217;une même province, puis d&#8217;une même région, avant de passer à la nation entière; réseau lié au gouvernement de Kaboul par un système d&#8217;échanges de bons procédés (défense mutuelle, approvisionnement). Le major n&#8217;explique pas comment cette approche « <em>ascendante</em> » de l&#8217;unité nationale afghane pourrait concrètement prendre forme, mais il est sûr d&#8217;une chose: si cette stratégie n&#8217;est pas mise en place, les talibans conserveront l&#8217;avantage en jouant sur les rivalités tribales.</p>
<p>Il précise également qu&#8217;une telle stratégie ne pourra pas, à elle seule, vaincre les talibans. Les officiers qui ont fait circuler le rapport de Gant, et qui en discutent lors de réunions en huis clos, sont de toute manière loin d&#8217;être optimistes.</p>
<p>Il y a deux semaines, lorsqu&#8217;un journaliste lui a demandé où en étaient les longues discussions en interne sur le sujet, le secrétaire à la Défense Robert Gates a répondu que le président Obama était en train d&#8221;« <em>associer les meilleurs éléments des différentes idées</em> » avancées par ses conseillers.</p>
<p>Lorsque Obama fera connaître sa décision &#8211; quelle stratégie adopter, combien de renforts envoyer -, il nous faudra étudier son projet avec soin. Et répondre à cette question cruciale: quel rôle aura-t-il donné aux tribus afghanes ?</p>
<p>&#160;</p>
<p>Lire également sur la guerre en Afghanistan: <a href="http://www.slate.fr/story/12501/afghanistan-corruption-karzai-perdre-guerre-allies" target="_blank">Afghanistan: la corruption des Karzaï fera perdre la guerre</a>, <a href="http://www.slate.fr/story/9841/lafghanistan-un-nouveau-vietnam-maj" target="_blank">L&#8217;Afghanistan, un nouveau Vietnam</a> et<a href="http://www.slate.fr/story/10057/il-faut-rester-en-afghanistan" target="_blank"> Il faut rester en Afghanistan.</a></p>
<p>Source : Slate <a href="http://www.slate.fr/story/13497/afghanistan-pour-gagner-la-guerre-il-faut-sallier-aux-milices">http://www.slate.fr/story/13497/afghanistan-pour-gagner-la-guerre-il-faut-sallier-aux-milices</a></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[AL-Qaida face legea: Femeile din Irak nu mai au voie la castraveti]]></title>
<link>http://resurseislamice.wordpress.com/2009/11/25/al-qaida-face-legea-femeile-din-irak-nu-mai-au-voie-la-castraveti/</link>
<pubDate>Wed, 25 Nov 2009 07:22:03 +0000</pubDate>
<dc:creator>responder777</dc:creator>
<guid>http://resurseislamice.wordpress.com/2009/11/25/al-qaida-face-legea-femeile-din-irak-nu-mai-au-voie-la-castraveti/</guid>
<description><![CDATA[Irakienii au inceput sa se sature de al-Qaida, dupa ce, in afara de crimele fanaticilor, gruparea a ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[Irakienii au inceput sa se sature de al-Qaida, dupa ce, in afara de crimele fanaticilor, gruparea a ]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Jeramy Scahill on Blackwater's Covert War in Pakistan (Video)]]></title>
<link>http://littlealexinwonderland.wordpress.com/2009/11/24/jeramy-scahill-on-blackwaters-covert-war-in-pakistan-video/</link>
<pubDate>Tue, 24 Nov 2009 23:15:29 +0000</pubDate>
<dc:creator>Editors</dc:creator>
<guid>http://littlealexinwonderland.wordpress.com/2009/11/24/jeramy-scahill-on-blackwaters-covert-war-in-pakistan-video/</guid>
<description><![CDATA[Jeremy Scahill, leading journalist on Blackwater/Xe, broke the story at The Nation. He discussed it ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:justify;"><strong>Jeremy Scahill, leading journalist on Blackwater/Xe, broke the story at <em>The Nation</em>. He discussed it at <em><a title="http://www.democracynow.org/2009/11/24/blackwaters_secret_war_in_pakistan_jeremy" href="http://www.democracynow.org/2009/11/24/blackwaters_secret_war_in_pakistan_jeremy" target="_blank">Democracy Now!</a></em> and on &#8220;Morning Joe&#8221; at msnbc this morning (8:05):</strong></p>
<p style="text-align:justify;"><span style='text-align:center; display: block;'><object width='425' height='350'><param name='movie' value='http://www.youtube.com/v/OQgH9NV5mwA&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' /><param name='allowfullscreen' value='true' /><param name='wmode' value='transparent' /><embed src='http://www.youtube.com/v/OQgH9NV5mwA&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' type='application/x-shockwave-flash' allowfullscreen='true' width='425' height='350' wmode='transparent'></embed></object></span></p>
<p style="text-align:justify;"><!--more-->From Jeremy Scahill&#8217;s &#8220;<a title="http://www.thenation.com/doc/20091207/scahill" href="http://www.thenation.com/doc/20091207/scahill" target="_blank">Blackwater&#8217;s Secret War in Pakistan</a>&#8221; &#8211; 23 Nov 09:</p>
<blockquote><p>At a covert forward operating base run by the US Joint Special Operations Command (JSOC) in the Pakistani port city of Karachi, <strong>members of an elite division of Blackwater are at the center of a secret program in which they plan targeted assassinations of suspected Taliban and Al Qaeda operatives, &#8220;snatch and grabs&#8221; of high-value targets and other sensitive action inside and outside Pakistan</strong>, an investigation by <em>The Nation</em> has found. <strong>The Blackwater operatives also assist in gathering intelligence and help direct a secret US military drone bombing campaign that runs parallel to the well-documented CIA predator strikes</strong>, according to a well-placed source within the US military intelligence apparatus&#8230;.</p>
<p>According to the source, <strong>Blackwater has effectively marketed itself as a company whose operatives have &#8220;conducted lethal direct action missions and now, for a price, you can have your own planning cell. JSOC just ate that up,&#8221;</strong> he said, adding, &#8220;They have a sizable force in Pakistan&#8211;not for any nefarious purpose if you really want to look at it that way&#8211;but to support a legitimate contract that&#8217;s classified for JSOC.&#8221; <strong>Blackwater&#8217;s Pakistan JSOC contracts are secret and are therefore shielded from public oversight, he said. The source is not sure when the arrangement with JSOC began, but he says that a spin-off of Blackwater SELECT &#8220;was issued a no-bid contract for support to shooters for a JSOC Task Force and they kept extending it.&#8221;</strong> Some of the Blackwater personnel, he said, work undercover as aid workers. &#8220;Nobody even gives them a second thought.&#8221;&#8230;</p>
<p>In addition to planning drone strikes and operations against suspected Al Qaeda and Taliban forces in Pakistan for both JSOC and the CIA, t<strong>he Blackwater team in Karachi also helps plan missions for JSOC inside Uzbekistan</strong> against the Islamic Movement of Uzbekistan, according to the military intelligence source. Blackwater does not actually carry out the operations, he said, which are executed on the ground by JSOC forces. &#8220;That piqued my curiosity and really worries me because I don&#8217;t know if you noticed but I was never told we are at war with Uzbekistan,&#8221; he said. &#8220;So, did I miss something, did Rumsfeld come back into power?&#8221;&#8230;</p>
<p>The former Blackwater executive, when asked for confirmation that Blackwater forces were not actively killing people in Pakistan, said, &#8220;that&#8217;s not entirely accurate.&#8221; While he concurred with the military intelligence source&#8217;s description of the JSOC and CIA programs, he pointed to another role Blackwater is allegedly playing in Pakistan, not for the US government but for Islamabad. According to the executive, Blackwater works on a subcontract for Kestral Logistics, a powerful Pakistani firm, which specializes in military logistical support, private security and intelligence consulting. It is staffed with former high-ranking Pakistani army and government officials. While Kestral&#8217;s main offices are in Pakistan, it also has branches in several other countries.</p></blockquote>
<p style="text-align:justify;">Counterterrorism operations have been dubbed by human rights groups and military officials as “death from above”, as strikes have killed <a title="http://littlealexinwonderland.wordpress.com/2009/10/19/escalted-airstrikes-fuel-rise-in-terrorist-recruiting-among-westerners/" href="../2009/10/19/escalted-airstrikes-fuel-rise-in-terrorist-recruiting-among-westerners/" target="_blank">49 civilians for every terrorist leader</a> assassinated. It’s uncontroversial such civilian casualties are counter-intuitive to “winning the hearts of minds of the population”, as Gen McChrystal reported to the president was crucial to avoid “mission failure”.</p>
<p style="text-align:justify;">Mr. Scahill, adding that the Obama Administration &#8220;has now surpassed the number of Bush-era strikes in Pakistan and has faced fierce criticism from Pakistan and some US lawmakers over civilian deaths&#8221; and cites the June drone attack of a funeral where as many as 60 were killed, continues:</p>
<blockquote><p>The military intelligence source also confirmed that <strong>Blackwater continues to work for the CIA on its drone bombing program in Pakistan, as previously reported in the <em>New York Times</em>, but added that Blackwater is working on JSOC&#8217;s drone bombings as well</strong>. &#8220;It&#8217;s Blackwater running the program for both CIA and JSOC,&#8221; said the source. When civilians are killed, &#8220;people go, &#8216;Oh, it&#8217;s the CIA doing crazy shit again unchecked.&#8217; Well, at least 50 percent of the time, that&#8217;s JSOC [hitting] somebody they&#8217;ve identified through HUMINT [human intelligence] or they&#8217;ve culled the intelligence themselves or it&#8217;s been shared with them and they take that person out and that&#8217;s how it works.&#8221;</p>
<p>The military intelligence source says that the <strong>CIA operations are subject to Congressional oversight, unlike the parallel JSOC bombings</strong>. &#8220;Targeted killings are not the most popular thing in town right now and the CIA knows that,&#8221; he says. &#8220;Contractors and especially JSOC personnel working under a classified mandate are not [overseen by Congress], so they just don&#8217;t care. If there&#8217;s one person they&#8217;re going after and there&#8217;s thirty-four people in the building, thirty-five people are going to die. That&#8217;s the mentality.&#8221; He added, &#8220;They&#8217;re not accountable to anybody and they know that. It&#8217;s an open secret, but what are you going to do, shut down JSOC?&#8221;</p>
<p>In addition to working on covert action planning and drone strikes, <strong>Blackwater SELECT also provides private guards to perform the sensitive task of security for secret US drone bases, JSOC camps and Defense Intelligence Agency camps inside Pakistan</strong>, according to the military intelligence source&#8230;.</p>
<p>The military intelligence source said that when Rumsfeld was defense secretary, <strong>JSOC was deployed to commit some of the &#8220;darkest acts&#8221; in part to keep them concealed from Congress.</strong> &#8220;Everything can be justified as a military operation versus a clandestine intelligence performed by the CIA, which has to be informed to Congress,&#8221; said the source. &#8220;They were aware of that and they knew that, and they would exploit it at every turn and they took full advantage of it. <strong>They knew they could act extra-legally and nothing would happen</strong> because A, it was sanctioned by DoD at the highest levels, and B, who was going to stop them? They were preparing the battlefield, which was on all of the PowerPoints: &#8216;Preparing the Battlefield.&#8217;&#8221;&#8230;</p>
<p><strong>The use of private companies like Blackwater for sensitive operations such as drone strikes or other covert work undoubtedly comes with the benefit of plausible deniability that places an additional barrier in an already deeply flawed system of accountability. When things go wrong, it&#8217;s the contractors&#8217; fault, not the government&#8217;s. But the widespread use of contractors also raises serious legal questions, particularly when they are a part of lethal, covert actions. &#8220;We are using contractors for things that in the past might have been considered to be a violation of the Geneva Convention,&#8221; said Lt. Col. Addicott, who now runs the Center for Terrorism Law at St. Mary&#8217;s University School of Law in San Antonio, Texas. &#8220;In my opinion, we have pressed the envelope to the breaking limit, and it&#8217;s almost a fiction that these guys are not in offensive military operations.&#8221; Addicott added, &#8220;If we were subjected to the International Criminal Court, some of these guys could easily be picked up, charged with war crimes and put on trial. That&#8217;s one of the reasons we&#8217;re not members of the International Criminal Court.&#8221;</strong></p></blockquote>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://www.addthis.com/bookmark.php"><img src="http://s7.addthis.com/static/btn/sm-share-en.gif" border="0" alt="" width="83" height="16" /></a></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Obama's Secret War on the American Taxpayer]]></title>
<link>http://prayerdance.wordpress.com/2009/11/24/obamas-secret-war-on-the-american-taxpayer/</link>
<pubDate>Tue, 24 Nov 2009 21:44:15 +0000</pubDate>
<dc:creator>prayerdance</dc:creator>
<guid>http://prayerdance.wordpress.com/2009/11/24/obamas-secret-war-on-the-american-taxpayer/</guid>
<description><![CDATA[Obama&#8217;s war policy is unrealistic (read stupid) President Obama, the 2009 Nobel Peace Prize wi]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><strong>Obama&#8217;s war policy is unrealistic (read stupid)</strong></p>
<p>President Obama, the 2009 Nobel Peace Prize winner, stated on November 24, 2009, &#8220;I feel very confident that when the American people hear a clear rationale for what we&#8217;re doing there and how we intend to achieve our goals, that they will be supportive,&#8221; he said, speaking at a White House news conference.&#8221; It is my intention to finish the job,&#8221; he said of the war in Afghanistan. (AP 11/24/09)</p>
<p>In case the Nobel Peace prize Committee is listening to reality, this is the same illegal war that GW Bush inaugurated without UN Security Council approval upon the soil of a sovereign nation, Afghanistan, in 2001.</p>
<p>In case that the American people are listening, since the majority of Afghani people want the US to leave, and the Taliban have more support than Mr. Obama does, one may ask what are the realistic goals that can be realized in Afghanistan? Can the US kill all the Afghanis or at least the Taliban? If so, should he be given the Nobel Peace prize for that dastardly crime? As for al-Qaida and Osama bin Laden, they are in Pakistan, not Afghanistan, according to the CIA.</p>
<p>The stated aim of the invasion was to find Osama bin Laden and other high-ranking Al-Qaida members and put them on trial, to destroy the whole organization of Al-Qaida, and to remove the Taliban regime, which supported and gave safe harbor to Al-Qaida. Since then, Al Qaida has moved and Osama bin Laden is believed to not be in Afghanistan. Hence, one must ask the president, finish what job? Not that the US media will ask that basic question. That is, if we care about our children&#8217;s future.</p>
<p>Despite these obvious facts, which are readily available, the president said at the same news conference: &#8220;It is in our strategic interests, in our national security interest to make sure that al-Qaida and its extremist allies cannot operate effectively in those areas &#8230; We are going to dismantle and degrade their capabilities and ultimately dismantle and destroy their networks.&#8221; (AP 11/24/09)</p>
<p>No wonder the Afghan people are increasingly rebelling (call them insurgents if you like). They see the US as foreign invaders, which give domestic demagogues a common target to unite against.</p>
<p>This is political suicide for President Obama, as he is bound to lose, because the will of the Afghani people to throw off foreign invaders is a well-proven historical fact. Although there is much to win for the Belgian, Russian, and US arms dealers (read the military, industrial, police state, and media conglomerate), what is there to win for American taxpayers, homeowners, and consumers?</p>
<p>America is more insecure than ever because of such rogue, loutish, and oppressive centralized heavyhandedness, which masquerade as &#8220;foreign policy&#8221;, while appalling the civilized world. American popularity abroad reflects this view, and I dare say that it is accurate. Certainly the taxpayer has to look forward to an increased American troop casualties, skyrocketing veteran entitlements, increased GI suicides and domestic violence, increased military budgets, more deficits and debt, less money left over for infra-structure rebuilding, vocational education, health, energy independence, and human services for elderly Americans.</p>
<p>This conveniently puts such issues as campaign/electoral reform, human rights, ocean acidification, global warming, health care, government spying, and education on the backburner. An $11 trillion federal debt, an increasing deficit of trade with China, and our addiction to oil devoid of a realistic energy plan is a catastrophe in waiting. The best president Obama can hope for is that the chickens come home to roost, after his administration is over, but I don&#8217;t think so.</p>
<p>The president has blown it. It&#8217;s &#8220;too bad and too late&#8221; for those who voted for him and the other warmongers. America has been left raped, and is slowly dying, while China is arising. This has all been self-created.</p>
<p>Also today, November 24, 2009 on the &#8220;Guardian&#8221;</p>
<p><em>Tony Blair&#8217;s government knew that prominent members of the Bush administration wanted to topple Saddam Hussein years before the invasion but initially distanced itself from the prospect knowing it would be unlawful, it was disclosed at the Iraq inquiry today.</em></p>
<p>For the entire article:<em> </em><a href="http://www.guardian.co.uk/uk/2009/nov/24/iraq-war-chilcot-inquiry">http://www.guardian.co.uk/uk/2009/nov/24/iraq-war-chilcot-inquiry</a></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Spiegel interview with US Special Envoy Richard Holbrooke: 'We're Not in Afghanistan to Build a Perfect Democracy']]></title>
<link>http://sjpaderborn.wordpress.com/2009/11/24/spiegel-interview-with-us-special-envoy-richard-holbrooke-were-not-in-afghanistan-to-build-a-perfect-democracy/</link>
<pubDate>Tue, 24 Nov 2009 19:50:43 +0000</pubDate>
<dc:creator>paderbornersj</dc:creator>
<guid>http://sjpaderborn.wordpress.com/2009/11/24/spiegel-interview-with-us-special-envoy-richard-holbrooke-were-not-in-afghanistan-to-build-a-perfect-democracy/</guid>
<description><![CDATA[The US special envoy to Afghanistan and Pakistan, Richard Holbrooke, spoke to SPIEGEL about Washingt]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p id="spIntroTeaser"><strong>The US special envoy to Afghanistan and Pakistan, Richard Holbrooke, spoke to SPIEGEL about Washington&#8217;s goals in Afghanistan, President Obama&#8217;s new war strategy and the prospects of handing over responsibility to the government in Kabul.</strong></p>
<p><strong>SPIEGEL:</strong> You were part of President Johnson&#8217;s Vietnam team, you even wrote some parts of the Pentagon Papers, which uncovered the real history of the Vietnam War. What have you learnt from that experience and can you draw it in your current job?</p>
<p>Read more at <a title="Spiegel International..." href="http://www.spiegel.de/international/world/0,1518,662787,00.html#ref=nlint"><strong>Spiegel International</strong>&#8230;</a></p>
<p style="text-align:center;">-&#62;&#62;&#62;&#62;&#62;&#60;&#60;&#60;&#60;&#60;-</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[La " course aux passes ", un siècle après... ]]></title>
<link>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/24/la-course-aux-passes-un-siecle-apres/</link>
<pubDate>Tue, 24 Nov 2009 12:48:50 +0000</pubDate>
<dc:creator>Bao</dc:creator>
<guid>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/24/la-course-aux-passes-un-siecle-apres/</guid>
<description><![CDATA[Mise en perspective historique par Alexandre Guérin de l&#8217;enjeu des voies logistiques en Afghan]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><strong>Mise en perspective historique par Alexandre Guérin de l&#8217;enjeu des voies logistiques en Afghanistan (</strong><a href="http://www.egeablog.net/dotclear/index.php?post/2009/11/12/La-logistique-%3A-la-fonction-op%C3%A9rationnelle-oubli%C3%A9e"><strong>importance rappelée par Olivier Kempf</strong></a><strong> à qui je prépare une réponse sur l&#8217;oubli relatif de cette fonction).</strong></p>
<p><a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/attaque-dun-convoi-italien-de-lisaf.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2583" title="attaque d'un convoi italien de l'ISAF le 17 septembre 2009" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/attaque-dun-convoi-italien-de-lisaf.jpg" alt="" width="450" height="342" /></a></p>
<p>S&#8217;il est une constante de l&#8217;Asie Centrale vis-à-vis des conquérants et des armées en campagne, c&#8217;est bien son hostilité intrinsèque à tout élément exogène. Hostilité des hommes tout d&#8217;abord, puisqu&#8217;il ne fait pas bon être &#8221; <em>infidèle</em> &#8221; en ces contrées. Certes un occidental s&#8217;y aventurant aujourd&#8217;hui ne risque plus, comme au XIXème siècle d&#8217;être décapité sur le caprice d&#8217;un Khan, tué par des brigands ou capturé puis vendu comme esclave par des Turcomans. Néanmoins, il ne peut échapper à la méfiance des habitants, tout particulièrement des montagnards Afghans immortalisés par Kessel et si prompts à partir en guerre contre tout &#8221; <em>envahisseur</em> &#8220;, qu&#8217;il soit Britannique, Soviétique ou Américain. Hostilité du terrain, puisqu&#8217;aux déserts d&#8217;Asie Centrale succèdent des chaînes de montagnes franchissables en de rares endroits. Lorsque le &#8221; <em>Tournoi des Ombres</em> &#8221; battait son plein, aventuriers Russes et Britanniques se livrèrent une compétition acharnée pour cartographier ces passes et s&#8217;arroger la loyauté des monarques les contrôlant. Leur importance résidait dans le fait qu&#8217;une armée lancée à la conquête des Indes devait impérativement les emprunter. A mi-chemin entre l&#8217;Asie Centrale soumise au Tzar et le Joyau de la Couronne Britannique, l&#8217;Afghanistan était bien au premier plan de cette lutte d&#8217;influence.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, l&#8217;Afghanistan a remplacé l&#8217;Inde comme objet de l&#8217;attention des grandes puissances, mais l&#8217;hostilité du milieu demeure. Si elle ne pose plus des problèmes aussi épineux que par le passé[1], elle pèse néanmoins de tout son poids sur la logistique. Les flux des forces internationales transitant jusqu’alors par le Pakistan, la pression insurgée sur le ravitaillement s&#8217;est logiquement portée au Sud. Les convois entre Karachi et Kaboul traversant l&#8217;Hindou Kouch ont payé le prix fort face aux coups de main des Taliban et autres insurgés. Face aux pertes croissantes de leurs convois, sans parler des &#8221; <em>emprunts de matériels</em> &#8221; par quelques insurgés, les stratèges de l&#8217;OTAN considèrent de plus en plus sérieusement l&#8217;ouverture d&#8217;un axe supplémentaire au Nord, traversant l&#8217;ex-URSS, espace tenu dans une certaine mesure par la Russie.</p>
<p>L’ouverture de cet axe alternatif pose cependant des problèmes de plusieurs ordres.</p>
<ul>
<li>Au niveau politique, tout d’abord, puisque tous les pays de la zone n’ont semble-t-il pas le même empressement à apporter leur soutien à ce projet. De plus, si la Russie semble décidée à ne pas couper cet axe, elle compte bien obtenir un maximum de concessions de la part des Américains dans d’autres domaines (Europe ou Caucase).</li>
<li>Au niveau technique, il est possible que les infrastructures de transport vieillissantes doivent être restaurées et remises à niveau afin de supporter un trafic important et régulier.</li>
<li>Au niveau sécuritaire, enfin, l’ouverture d’une nouvelle route nord semble inciter les insurgés à ouvrir un front nord. Ces derniers sont en effet conscients du talon d’Achille que constituent pour les forces internationales des lignes logistiques étirées à l’extrême, et semblent décidés à faire tout leur possible <a href="http://www.military.com/news/article/northern-afghan-supply-route-threatened.html">pour perturber le ravitaillement de l’ISAF</a>. En conséquence, la situation dans le Nord de l’Afghanistan s’est dégradée depuis quelques mois.</li>
</ul>
<p>Par ailleurs, ce même Nord et le Tadjikistan voisin pourraient faire les frais d’une conséquence imprévue de l’offensive de l’Armée pakistanaise. En effet, chassés des zones tribales, de nombreux jihadistes internationaux ont commencé à fuir vers le Nord. Parmi eux se trouvent sans doute des vétérans du Mouvement Islamique d’Ouzbékistan[2], certains ayant une expérience du combat remontant à la Guerre Civile au Tadjikistan (1992-1996). Transitant par les mêmes itinéraires clandestins que l’opium et le cannabis, ces combattants revenant au pays après une décennie d’exil pourraient à nouveau semer le désordre. D’autant plus que les convois de la coalition sont une cible attirante et que la situation socio-politique de l’Ouzbékistan et du Tadjikistan n’a guère changé depuis l’apparition de ces mouvements.</p>
<p><strong>Notes<br />
</strong>[1] On se réfèrera par exemple à la fin tragique de la première aventure Britannique en Afghanistan et du <span style="font-style:italic;">44th Regiment of Foot</span> qui connut au village de Gandamak son Dien-Bien-Phu ou son Kerbala, c&#8217;est selon.<br />
[2] Ce mouvement islamiste combattant, fondé en 1999 par Juma Namangani (ancien spetznaz, vétéran de la Guerre Civile au Tadjikistan), a été virtuellement anéanti en 2001 alors qu’il combattait aux côtés des Taliban.</p>
<p>Source : Mars attaque <a href="http://mars-attaque.blogspot.com/2009/11/la-course-aux-passes-un-siecle-apres.html">http://mars-attaque.blogspot.com/2009/11/la-course-aux-passes-un-siecle-apres.html</a></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Un an après Bombay, un terrorisme de plus en plus global]]></title>
<link>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/23/un-an-apres-bombay-un-terrorisme-de-plus-en-plus-global/</link>
<pubDate>Mon, 23 Nov 2009 21:09:55 +0000</pubDate>
<dc:creator>Bao</dc:creator>
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<description><![CDATA[Par Marie-France Calle Bombay commémore le premier anniversaire des attaques du 26 novembre 2008. D]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><em>Par Marie-France Calle</em></p>
<p><strong>Bombay commémore le premier anniversaire des attaques du 26 novembre 2008. D&#8217;un caractère sans précédent, préparées avec minutie et d&#8217;une incroyable cruauté, elles ont coûté la vie à près de 200 personnes. A l&#8217;heure où la capitale économique et financière de l&#8217;Inde se souvient, les Etats-Unis viennent d&#8217;arrêter à Chicago deux hommes d&#8217;origine pakistanaise. Liés au Lashkar-e-Taiba, un groupe islamiste basé au Pakistan, ils auraient aidé à orchestrer les attentats de Bombay. Selon le FBI, ils étaient en train d&#8217;en préparer de nouveaux. En Inde, mais aussi au Danemark. Le terrorisme se fait de plus en plus global, et c&#8217;est loin d&#8217;être rassurant. </strong></p>
<p><a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/affiche-de-l-hotel-the-taj-mahal-palace.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2571" title="affiche de l'hôtel The Taj Mahal Palace" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/affiche-de-l-hotel-the-taj-mahal-palace.jpg" alt="" width="450" height="337" /></a> </p>
<p>L&#8217;arrestation, il y a trois semaines, de David Coleman Headley, Daood Gilani de son vrai nom, et de son comparse Tahawwur Hussain Rana, remet en perspective le modus operandi du terrorisme dans le sous-continent indien et, à vrai dire, dans le monde entier. Comme le soulignait récemment le Washington Post, nous sommes désormais en présence d&#8217;un &#8221; <em>terrorisme transatlantique </em>&#8220;. Non seulement les opérations visant à tuer le maximum de gens en des lieux très précis de la planète, peuvent être fomentées n&#8217;importe où, y compris en Amérique, mais elles deviennent de plus en plus sophistiquées. Effrayant, relève le quotidien. [1]</p>
<p>&#8221; <em>Headley et le businessman de Chicago Tahawwur Hussain Rana sont suspectés d&#8217;être des militants islamistes. Ils ne sont pas accusés d&#8217;avoir tenté d&#8217;attaquer les Etats-Unis, mais de monter des opérations à l&#8217;étranger, bénéficiant d&#8217;un relatif anonymat sur le territoire américain. Le profil des deux hommes a quelque chose de nouveau, et les autorités américaines observent cette évolution avec inquiétude</em><strong> </strong>&#8220;, relève le Post dans son édition du 20 novembre. Poursuivant : &#8221; <em>Un responsable (américain) du contre-terrorisme a qualifié de véritable révélation (&#8220;eye-opening&#8221;) les résultats de l&#8217;enquête, qui affirment que les deux hommes travaillaient avec deux organisations terroristes basées au Pakistan liées à Al-Qaïda, le Lashkar-e-Taiba et le Harkat-e-Jihad-e-Islami. Pour d&#8217;autres, cela rappelle qu&#8217;Al-Qaïda et ses émules continuent d&#8217;essayer de construire un réseau opérationnel aux Etats-Unis</em> &#8220;.</p>
<p>Une fois encore, hélas, <a href="http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2009/11/19/AR2009111900336.html">la filière remonte au Pakistan</a>. Le New York Times allant, pour sa part, jusqu&#8217;à affirmer que Headley et Rana avaient le <a href="http://www.samaylive.com/news/pakistans-former-military-officer-coconspirator-of-headley-nyt/668299.html">soutien d&#8217;une section de l&#8217;establishment militaire pakistanais</a>. Dans la foulée, des militaires à la retraite auraient d&#8217;ailleurs été arrêtés au Pakistan.</p>
<p>Selon les premières enquêtes menées en Inde, Headley aurait non seulement aidé à orchestrer les attentats du 26/11/2008 à Bombay, mais, au cours des derniers mois, il en aurait préparé d&#8217;autres. A Bombay, à Pune (150 kms au sud-est de Bombay), voire à Delhi. &#8221; <em>Nous passons au peigne fin toutes les villes indiennes où s&#8217;est rendu Headley, et enquêtons auprès de toutes les personnes qu&#8217;il a rencontrées</em> &#8220;, a déclaré Palaniappan Chidambaram, le ministre indien de l&#8217;Intérieur.</p>
<p><strong>Reste que pour Headley et Rana, l&#8217;Inde n&#8217;était pas la seule cible. Il y avait aussi le Danemark. </strong></p>
<p>&#8221; <em>David Coleman Headley, 49 ans, et Tahawwur Hussain Rana, 48 ans, sont accusés d&#8217;avoir prémédité un attentat contre le quotidien danois Jyllands-Posten. Le but était de tuer un rédacteur et un caricaturiste du journal pour avoir publié, en 2005, 12 caricatures du Prophète Mahommet, ce qui avait enflammé une bonne partie du monde musulman</em> &#8220;, relève l&#8217;agence <a href="http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2009/11/19/AR2009111900336.html">Associated Press</a>.</p>
<p>Ces révélations alarmantes ne manqueront pas de peser sur les commémorations du 26 novembre. A Pune, Headley se serait fait passer pour Juif afin d&#8217;infiltrer la Chabad House (le Centre Loubavitch) de la ville. Or, il y a un an, la Chabad House de Bombay a été prise d&#8217;assaut par les <a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/impacts-de-balles-du-cafe-leopold.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-2572" title="impacts de balles du Café Léopold" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/impacts-de-balles-du-cafe-leopold.jpg?w=300" alt="" width="300" height="224" /></a>terroristes. Le rabbin Gavriel Holtzberg et son épouse Rivka, ainsi que plusieurs hôtes, on été tués. Le petit Moshe, leur fils âgé de deux ans à l&#8217;époque, a été miraculeusement épargné grâce au courage de sa nourrice indienne, Sandra Samuel. J&#8217;y reviendrai dans une nouvelle note et dans Le Figaro. Pour l&#8217;heure, je vous livre une ou deux photos, prises à Bombay, où je me trouve actuellement. Outre celle de l&#8217;affiche placardée sur une palissade de l&#8217;Hôtel Taj Mahal (en haut), il y a celles des impacts de balles au Café Léopold, où les terroristes ont tiré à la cantonnade.</p>
<p>&#8230; Et où le garde de sécurité ne laisse entrer aucun client sans l&#8217;avoir soumis à son détecteur de métaux &#8221; <em>made in Israël</em> &#8220;. &#8221; <em>Super efficace !</em> &#8220; lance-t-il. Preuve de la coopération entre l&#8217;Inde et Israël dans la lutte contre le terrorisme.</p>
<p><a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/detecteur-de-metaux-israelien.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2574" title="détecteur de métaux israélien" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/detecteur-de-metaux-israelien.jpg" alt="" width="450" height="337" /></a></p>
<p>Une chose est sûre, si tous mes interlocuteurs, ici, affirment qu&#8217;il faut aller de l&#8217;avant, ne pas se laisser intimider par &#8221; <em>une poignée de terroristes venus du Pakistan</em> &#8220;, selon les termes de l&#8217;un d&#8217;entre eux, tout le monde sait aussi que l&#8217;Inde n&#8217;est pas à l&#8217;abri de nouvelles attaques. L&#8217;affaire Headley-Rana vient de le mettre cruellement en lumière. A point nommé.</p>
<p>&#160;</p>
<p>[1] : <a href="http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2009/11/19/AR2009111904061.html">http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2009/11/19/AR2009111904061.html</a></p>
<p>Source : le Figaro <a href="http://blog.lefigaro.fr/inde/2009/11/un-terrorisme-de-plus-en-plus.html">http://blog.lefigaro.fr/inde/2009/11/un-terrorisme-de-plus-en-plus.html</a></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Al-Qaida, decimata de.... ciuma]]></title>
<link>http://resurseislamice.wordpress.com/2009/11/23/al-qaida-decimata-de-ciuma/</link>
<pubDate>Mon, 23 Nov 2009 08:39:40 +0000</pubDate>
<dc:creator>responder777</dc:creator>
<guid>http://resurseislamice.wordpress.com/2009/11/23/al-qaida-decimata-de-ciuma/</guid>
<description><![CDATA[Peste 40 de membri ai gruparii teroriste al-Qaida au avut parte de o moarte infioratoare, fiind dobo]]></description>
<content:encoded><![CDATA[Peste 40 de membri ai gruparii teroriste al-Qaida au avut parte de o moarte infioratoare, fiind dobo]]></content:encoded>
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<title><![CDATA[Klein: Syria accused of aiding al-Qaida attacks against U.S. While Obama continues overtures to Damascus leadership]]></title>
<link>http://therealbarackobama.wordpress.com/2009/11/23/klein-syria-accused-of-aiding-al-qaida-attacks-against-u-s-while-obama-continues-overtures-to-damascus-leadership/</link>
<pubDate>Mon, 23 Nov 2009 05:25:08 +0000</pubDate>
<dc:creator>Brenda J. Elliott</dc:creator>
<guid>http://therealbarackobama.wordpress.com/2009/11/23/klein-syria-accused-of-aiding-al-qaida-attacks-against-u-s-while-obama-continues-overtures-to-damascus-leadership/</guid>
<description><![CDATA[Aaron Klein, Jerusalem bureau chief for World Net Daily, reports: While America&#8217;s top commande]]></description>
<content:encoded><![CDATA[Aaron Klein, Jerusalem bureau chief for World Net Daily, reports: While America&#8217;s top commande]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Mourir pour Hamid Karzaï ?]]></title>
<link>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/22/mourir-pour-hamid-karzai/</link>
<pubDate>Sun, 22 Nov 2009 17:10:14 +0000</pubDate>
<dc:creator>Bao</dc:creator>
<guid>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/22/mourir-pour-hamid-karzai/</guid>
<description><![CDATA[Par Serge Halimi Après avoir présenté les combats en Afghanistan comme une « guerre nécessaire », le]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><em>Par Serge Halimi</em></p>
<p><a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/un-soldat-canadien-marche-dans-un-champ-d-opium-dans-le-district-de-zharey-au-sud-de-l-afghanistan-le-21-mai-2008.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2543" title="un soldat canadien marche dans un champ d'opium dans le district de Zharey au sud de l'Afghanistan, le 21 mai 2008" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/un-soldat-canadien-marche-dans-un-champ-d-opium-dans-le-district-de-zharey-au-sud-de-l-afghanistan-le-21-mai-2008.jpg" alt="" width="450" height="327" /></a></p>
<p>Après avoir présenté les combats en Afghanistan comme une <em>« guerre nécessaire »,</em> le président Barack Obama est pressé par le général Stanley McChrystal, qu’il a lui-même nommé à la tête des forces américaines dans ce pays, d’y déployer quarante mille soldats supplémentaires. La guerre dure depuis huit ans.</p>
<p>En Indochine, les Etats-Unis appuyèrent une pléiade de gouvernements corrompus, illégitimes, perçus comme fantoches par la population. Sans succès. En Afghanistan, ni les Britanniques ni les Soviétiques ne purent s’imposer en dépit des moyens qu’ils engagèrent. Aujourd’hui, bien que les pertes militaires américaines demeurent relativement modestes (huit cent quatre-vingts morts depuis 2001, contre mille deux cents <em>par mois</em> au Vietnam en 1968), et le mouvement antiguerre atone, quelles perspectives de « victoire » peuvent escompter des armées occidentales perdues dans les montagnes afghanes, les trafics de drogue (<a id="nh1" title="L’Afghanistan produirait 93 % de l’héroïne mondiale. Cf. Ahmed Rashid, « The (...)" rel="footnote" href="/2009/11/HALIMI/18370#nb1">1</a>), et suspectées de guerroyer contre l’islam ?</p>
<p>Ministre français des affaires étrangères, M. Bernard Kouchner espère toutefois <em>« gagner les cœurs avec un gilet pare-balles ».</em> De son côté, le général McChrystal prétend : <em>« Notre affaire, ce n’est pas de tuer le maximum de talibans, mais de protéger la population »</em> (<a id="nh2" title="Respectivement Canal+, 18 octobre 2009, et Le Figaro, Paris, 29 septembre (...)" rel="footnote" href="/2009/11/HALIMI/18370#nb2">2</a>). Une idée commune sous-tend de telles proclamations, au-delà du cynisme : celle que le développement social et les opérations de guerre peuvent être menés de front dans un territoire où, pourtant, il est impossible de distinguer les insurgés des civils. Au Vietnam, le journaliste américain Andrew Kopkind avait résumé d’une formule assassine ce genre de « contre-insurrection » : <em>« Bonbons le matin, napalm l’après-midi. »</em></p>
<p>A défaut d’espérer vaincre un jour des combattants nationalistes dont Washington a pu apprécier la pugnacité quand, avec son concours, ils s’employaient à saigner à blanc l’Union soviétique, les Etats-Unis aimeraient que se distendent les liens, déjà fragiles, entre les talibans et les militants d’Al-Qaida (<a id="nh3" title="Lire Syed Saleem Shahzad, « Al-Qaida contre les talibans », Le Monde (...)" rel="footnote" href="/2009/11/HALIMI/18370#nb3">3</a>). Car, au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, c’est pour anéantir les seconds que Washington a déployé en Asie centrale ses soldats et ses drones, pas par souci de scolariser les petites Afghanes.</p>
<p>S’il refuse l’escalade militaire que réclament les néoconservateurs, le nouveau Prix Nobel de la paix va donc devoir bientôt expliquer à son opinion publique qu’on réalise rarement le bonheur des peuples en les soumettant à une occupation armée ; que les disciples de M. Oussama Ben Laden ne comptent plus qu’une poignée de rescapés en Afghanistan ; enfin, qu’un éventuel compromis avec une fraction des talibans, moins hallucinée <em>(lire « <a href="/2009/11/PORTER/18432">Surprenante souplesse tactique des talibans en Afghanistan</a> »),</em> ne menace pas la sécurité nationale des Etats-Unis. La Russie, la Chine, l’Inde, le Pakistan, qui ont plutôt intérêt à ce que ce foyer de tension régional s’apaise, pourraient œuvrer dans le sens d’un règlement négocié. Engager sa vie pour la « démocratie » en terre étrangère constitue déjà un pari singulier ; faut-il vraiment mourir pour M. Hamid Karzaï ? Et s’y résoudre alors que, de l’aveu même du général McChrystal, le « maire de Kaboul », maintenu en place par la fraude électorale, a réalisé la prouesse incroyable de rendre une partie du peuple afghan <em>« nostalgique de la sécurité et de la justice du régime taliban »&#8230;</em></p>
<p>Bien que près de trente et un mille soldats britanniques, allemands, français, italiens, etc., affrontent les insurgés aux côtés des militaires américains, toutes ces questions paraissent ne pas concerner les dirigeants européens. Les choix de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) sont plus que jamais arrêtés à Washington. A Paris, le président Nicolas Sarkozy vient d’annoncer qu’il n’enverrait <em>« pas un soldat de plus »</em> combattre les talibans. Mais il a ajouté : <em>« Faut-il rester en Afghanistan ? Je réponds “oui”. Et rester pour gagner</em>  (<a id="nh4" title="Le Figaro, Paris, 16 octobre 2009. Mme Ségolène Royal a fait chorus : « La (...)" rel="footnote" href="/2009/11/HALIMI/18370#nb4">4</a>). <em> »</em> Noyée dans un entretien de deux pages, cette déclaration n’a suscité aucune réaction. C’était également la manière la plus généreuse de la commenter.</p>
<p><strong>Notes</strong>&#60;!&#8211; document.write(&#039;<a href="/imprimer/18370/6207a6429d"><img src="/squelettes/picto/ico_imp.gif" border="0" alt="imprimer" title="Imprimer cette page" width="22" height="22"> Imprimer&#8217;); // &#8211;&#62;</p>
<div>
<div id="footnotes">
<div>
<p>(<a id="nb1" title="Notes 1" rev="footnote" href="/2009/11/HALIMI/18370#nh1">1</a>) L’Afghanistan produirait 93 % de l’héroïne mondiale. <em>Cf.</em> Ahmed Rashid, « <a href="http://www.nybooks.com/articles/23113">The Afghanistan impasse</a> », <em>The New York Review of Books,</em> 8 octobre 2009. <em>Cf.</em> aussi sur notre site la carte « <a href="/cartes/afghanopium2009">L’opium, principale production afghane</a> ».</p>
<p>(<a id="nb2" title="Notes 2" rev="footnote" href="/2009/11/HALIMI/18370#nh2">2</a>) Respectivement Canal+, 18 octobre 2009, et <em>Le Figaro,</em> Paris, 29 septembre 2009.</p>
<p>(<a id="nb3" title="Notes 3" rev="footnote" href="/2009/11/HALIMI/18370#nh3">3</a>) Lire Syed Saleem Shahzad, « <a href="/2007/07/SHAHZAD/14902">Al-Qaida contre les talibans</a> », <em>Le Monde diplomatique,</em> juillet 2007.</p>
<p>(<a id="nb4" title="Notes 4" rev="footnote" href="/2009/11/HALIMI/18370#nh4">4</a>) <em>Le Figaro,</em> Paris, 16 octobre 2009. Mme Ségolène Royal a fait chorus : <em>« La guerre en Afghanistan doit être gagnée et elle le sera. »</em></p>
<p><em> </em></p>
<p>Source : le Monde Diplomatique <a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2009/11/HALIMI/18370">http://www.monde-diplomatique.fr/2009/11/HALIMI/18370</a></p>
</div>
</div>
</div>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Pakistan : l'étau des talibans (vidéo)]]></title>
<link>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/22/pakistan-letau-des-talibans-video/</link>
<pubDate>Sun, 22 Nov 2009 15:04:09 +0000</pubDate>
<dc:creator>Bao</dc:creator>
<guid>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/22/pakistan-letau-des-talibans-video/</guid>
<description><![CDATA[Pour répondre à la violente actualité du Pakistan, où les combats entre armée pakistanaise et taliba]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/la-burqa-le-symbole-du-mouvement-des-talibans.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2539" title="la Burqa, le symbole occidental du mouvement des Talibans" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/la-burqa-le-symbole-du-mouvement-des-talibans.jpg?w=300" alt="" width="300" height="277" /></a>Pour répondre à la violente actualité du Pakistan, où les combats entre armée pakistanaise et talibans ont entraîné près d’1,5 millions de personnes à quitter leurs habitations, Arte a choisi de déprogrammer La Nef Des Damnés pour proposer un documentaire inédit. <strong>Pakistan, l’étau des talibans</strong> est le fruit du travail d’une journaliste pakistanaise, Sharmeen Obaid-Chinoy, qui tente de comprendre les raisons pour lesquelles les talibans continuent à avoir autant d’influence, en particulier sur la jeunesse.</p>
<p>Depuis 2001, la région de la Vallée du Swat vit au rythme des combats menés en Afghanistan par l&#8217;ISAF et doit s’organiser autour des alliances entre les pays. En constatant l’échec du gouvernement pakistanais, Sharmeen Obaid-Chinoy propose une plongée au cœur de la réalité quotidienne au Pakistan.</p>
<p><strong>Avertissement</strong> : <em>Mecanoblog ne partage pas forcément les opinions et considérations des intervenants, ni la propagande contre les talibans par les mass médias au service de certains intérêts occidentaux. Mecanoblog a pour mission d&#8217;informer et de permettre à chacun d&#8217;avoir un avis. </em></p>
<p><strong>Première partie</strong></p>
<p><object width="425" height="254"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/xa6dbe"></param><param name="allowfullscreen" value="true"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/xa6dbe" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="334" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p><strong>Deuxième partie</strong></p>
<p><object width="425" height="254"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/xa6ji1"></param><param name="allowfullscreen" value="true"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/xa6ji1" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="334" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p><strong>Troisième partie</strong></p>
<p><object width="425" height="254"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/xa6kiz"></param><param name="allowfullscreen" value="true"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/xa6kiz" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="334" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p>&#160;</p>
<p>Source : La Némésis du Nouvel Ordre Mondial</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Penembakan Fort Hood, Nidal Hasan Muslim Radikal?]]></title>
<link>http://erensdh.wordpress.com/2009/11/22/penembakan-fort-hood-nidal-hasan-muslim-radikal/</link>
<pubDate>Sat, 21 Nov 2009 22:46:11 +0000</pubDate>
<dc:creator>erensdh</dc:creator>
<guid>http://erensdh.wordpress.com/2009/11/22/penembakan-fort-hood-nidal-hasan-muslim-radikal/</guid>
<description><![CDATA[Sebuah surat-kabar Amerika melaporkan bahwa surat-menyurat dengan menggunakan surat elektronik (emai]]></description>
<content:encoded><![CDATA[Sebuah surat-kabar Amerika melaporkan bahwa surat-menyurat dengan menggunakan surat elektronik (emai]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[An Interview with Matthew Hoh]]></title>
<link>http://returngood.com/2009/11/21/an-interview-with-matthew-hoh/</link>
<pubDate>Sat, 21 Nov 2009 19:40:01 +0000</pubDate>
<dc:creator>dcrowe</dc:creator>
<guid>http://returngood.com/2009/11/21/an-interview-with-matthew-hoh/</guid>
<description><![CDATA[Note: Derrick Crowe is the Afghanistan blog fellow for Brave New Foundation / The Seminal. Learn how]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><em>Note:</em> <em>Derrick Crowe is the Afghanistan blog fellow for <a href="http://www.bravenewfoundation.org/">Brave New Foundation</a> / <a href="http://seminal.firedoglake.com//">The Seminal</a>. Learn how the war in Afghanistan undermines U.S. security: watch <a href="http://rethinkafghanistan.com/blog/?p=702">Rethink Afghanistan (Part Six)</a>, &#38; visit <a href="http://rethinkafghanistan.com/blog">http://rethinkafghanistan.com/blog</a>.</em></p>
<p>If Matthew Hoh could tell you one thing to help you understand the U.S.&#8217;s predicament in Afghanistan, he&#8217;d tell you:</p>
<blockquote><p>The presence of our ground combat troops is not doing anything to defeat al-Qaida.</p></blockquote>
<p>Think about that for a moment. <a href="http://www.google.com/url?sa=t&#38;source=web&#38;ct=res&#38;cd=1&#38;ved=0CAcQFjAA&#38;url=http%3A%2F%2Fthehill.com%2Fblogs%2Fblog-briefing-room%2Fnews%2F63121-crs-calculates-cost-of-us-troop-presence-in-afghanistan&#38;rct=j&#38;q=%241+million+per+troop+afghanistan&#38;ei=9ufjSpS7KMbV8AbOu6yIBw&#38;usg=AFQjCNFUL_vo6fw6Isvo7PYuClME_rSSHw&#38;sig2=pRZ_B1cuxnVXPGcn_NKy3A">We are paying roughly $1 million per troop, per year in Afghanistan</a>. That&#8217;s roughly twice the per-troop cost in Iraq. <a href="http://www.icasualties.org/OEF/index.aspx">We&#8217;ve suffered well more than 800 deaths in Afghanistan</a>. And yet here is the former top civilian official in Afghanistan&#8217;s Zabul province, a former Marine who served in Anbar province in Iraq, telling us that the presence of our ground forces does <em>nothing</em> to defeat the organization that&#8217;s supposedly the target of our operations in that country.</p>
<p>So, if we&#8217;re not going about the business of defeating al-Qaida in Afghanistan, what <em>are</em> we doing?</p>
<blockquote><p>We&#8217;re involved in a civil war in Afghanistan. We&#8217;re only taking one side in that civil war. And, our presence there is only encouraging the civil war to go on.</p></blockquote>
<p>Hmm. This is all sounding very familiar.</p>
<p>I spoke to Matthew on Friday afternoon by phone from the front seat of my car. My first call to him went straight to voicemail, where I learned that apparently he&#8217;d had so many press calls about <a href="http://www.washingtonpost.com/wp-srv/hp/ssi/wpc/ResignationLetter.pdf?sid=ST2009102603447">his resignation letter</a> that his voicemail message directed inquiries on that topic to his email address. If you recall, <a href="http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2009/10/26/AR2009102603394_pf.html">the State Department took his letter seriously enough that it prompted job offers from Ambassadors Eikenberry and Holbrooke to get him to stay</a>. Since then, Hoh has been the focus of a great deal of media attention, and for good reasons:</p>
<ul>
<li>With all the rhetoric about the &#8220;success&#8221; of the so-called &#8220;surge&#8221; in Iraq and its supposed lessons for Afghanistan, the opinion of a person with experience with both has a lot of heft.</li>
<li>The fact that his feelings about the situation were strong enough to provoke a resignation and a subsequent rejection of a position in Washington gave him moral authority.</li>
<li>And, Hoh was the beneficiary of good timing: his resignation came at a time when the media and policymakers had been cajoled into a willingness to entertain views outside the Washington, D.C. conventional wisdom that failure to send more troops immediately would lead to disaster.</li>
</ul>
<p>Over the course of the past year, groups opposed to deepening U.S. military involvement in Afghanistan (such as <a href="http://www.rethinkafghanistan.com">Brave New Foundation&#8217;s Rethink Afghanistan project</a>, the <a href="http://www.getafghanistanright.com">Get Afghanistan Right coalition</a> and many other groups and individuals) worked relentlessly to keep a critical perspective on the war in Afghanistan in the public debate. These escalation opponents relentlessly hammered the proponents of a counterinsurgency (COIN) effort for their inconsistencies and self-contradictions, especially with regard to the COIN doctrine&#8217;s need for a legitimate host-nation partner. By the time the Afghan presidential elections exploded into<a href="http://returngood.com/2009/10/21/the-winner-of-the-afghan-election-electoral-fraud/"> a showcase of abject corruption and illegitimacy</a>, these activists had laid the groundwork that helped the American people interpret the events of late August 2009 as a serious blow to the assumptions underlying the rationale for a deep military involvement. At the same time, President Obama refused to be rushed into a second troop increase in Afghanistan by an increasingly abrasive Pentagon whisper campaign, allowing the nation to take a collective breath and widen the debate about options. These factors, combined with <a href="http://www.gallup.com/poll/124238/Americans-Split-Afghanistan-Troop-Increase-Decrease.aspx">cratering public support for the war effort</a>, pushed policymakers and the media into a willingness to entertain views dissenting from those presented by General Stanley McChrystal. Enter Matthew Hoh.</p>
<p>Matthew&#8217;s letter is a four-page punch in the gut to the rhetoric of pro-counterinsurgency factions. It wrecks the idea that the U.S. will ever have a legitimate partner (referred to by the COIN field manual as a &#8220;north star&#8221;) in Afghanistan or that our strategy will lead to the destruction of al-Qaida. He ends the letter with regret that assurances can no longer be given that those who died in Afghanistan gave their lives in a mission worth the cost in &#8220;futures lost, love vanished, and promised dreams unkept.&#8221;</p>
<p>Hoh sees our presence driving the conflict in at least two ways. On one hand, our military support for the corrupt Government of the Islamic Republic of Afghanistan assures the Kabul cartel that we will not allow them to be overrun by insurgents. Because of that perception, the GoIRA is not willing to work out a political settlement with their opponents to form a true national government. The support we have given thus far (which is very close to the maximum possible support we can give), however, is not enough to allow the GoIRA to crush the insurgency totally. Thus, within the constraints on U.S. and Afghan national power, the only possible solution to the conflict other than strategic failure is a political solution negotiated between GoIRA and it&#8217;s opponents&#8211;and that&#8217;s precisely what the GoIRA won&#8217;t seek as long as they can be assured of our continued military support.</p>
<blockquote><p>[T]he only way to end this civil war is through political reconciliation, through some kind of political negotiation reaching to some kind of settlement. &#8230;The Afghan officials who are on our side have no interest in doing that. &#8230;They have no interest in giving up the position they have right now. And our presence there keeps them in power that way. I don&#8217;t really see them having any interest in taking Afghanistan into, you know, a modern age or a progressive country, all of the things we believed we were doing there for the past 8 years.</p></blockquote>
<p>On the other hand, the U.S. presence fuels the ever-expanding insurgency, pulling people who resent our support for a corrupt, predatory government and who intensely resent outside interference in their lives into conflict with coalition troops.</p>
<blockquote><p>In both the east and the south, where our troops were heavily engaged in combat&#8230;on a daily basis, those are areas populated by rural Pashtuns&#8230;The bulk of those people were fighting us just because we&#8217;re occupying them&#8211;not out of any ideology, not out of any real ties to the Taliban, not out of any hatred for the West. It was just because they did not want foreign troops, or, for that matter, the Afghan national army or Afghan national police, which do not represent them, in their valleys and villages.</p></blockquote>
<blockquote><p>&#8230;If you take the Korengal Valley, for example, which is well-known to the American people as &#8220;The Valley of Death,&#8221; &#8230;it&#8217;s 15-20 miles long, it only has about 10,000 residents, they speak Korengali&#8230;these are people who are not interested in things outside their valley. They prefer to be left alone. Of course, putting more troops in their valley is something they&#8217;re going to rebel against, especially troops from the central government, which does not represent them. &#8230;It&#8217;s really a question of these people wanting to determine their own existence and &#8230;govern themselves. For every Korengal we&#8217;re in, there&#8217;s a hundred that we&#8217;re not in, and if we were in [them], it would be the same issue of us having to fight them only because we&#8217;re occupying them.</p></blockquote>
<p>On the topic of that corrupt, unrepresentative government, Hoh offered a couple of anecdotal examples of the corruption that permeates every level of government in Afghanistan:</p>
<blockquote><p>I know a USAID official who got into a plane&#8230;with the governor of his province, and the governor had about $300,000 in a duffel bag with him. &#8230;The governor that I worked with had been removed from another province as the governor because he had been caught red-handed in a fairly extreme corruption case. Now this governor, Governor Sari, has been a friend of President Karzai for 35 years. So, after the U.S. embassy exposed this and complained about it, all Karzai did was move this governor&#8230;from one province to another province&#8230;.To believe that the vast majority of Afghan officials that you&#8217;re working with have any allegiance to what we&#8217;re trying to do other than to enrich themselves or to make out in some manner is wrong.</p></blockquote>
<p>I asked Hoh about the recent report on the quadrupling of the insurgency since 2006. According to at least one estimate, 10 percent of the estimated <a href="http://returngood.com/2009/10/11/utterly-predictable-yet-still-debated/">25,000-man-strong insurgency were hardcore religious extremists, while the rest accepted training and funds from the &#8220;Taliban,&#8221; but lacked ties to their ideology or broader agenda beyond throwing out the invaders</a>.</p>
<blockquote><p>I completely agree. The number I&#8217;ve seen is that there are 25,000 &#8220;Taliban&#8221; (which I believe is an incorrect term to apply to the people who are fighting us because it makes a reference to the Taliban regime of pre-September 11, 2001, and I think that misleads people and causes confusion, particularly among the American public about who we are actually fighting there.). But if you go with that 25,000 number&#8230;only a few thousand of those are actual hardcore &#8220;Taliban&#8221; with a capital &#8220;T.&#8221; The majority of the rest of those groups are local fighters who are pretty independent of one another, just primarily concerned with their local areas, their valleys, their village, and who are tied to the Taliban with a capital &#8220;T&#8221; only through monetary or funding allegiances, and through a desire not to be occupied by a foreign power or by the other side in a civil war.</p>
<p>&#8230;But, if there are 25,000 troops now, Derrick&#8230;if we put more troops into the south, if we put 20,000 or 30,000 or 40,000 troops into the south, next year there will be 30,000, 35,000 or 40,000 enemies fighting us. As we move into more valleys and more villages&#8230;people are going to rebel against us.</p></blockquote>
<p>So, the continued presence of massive numbers of U.S. troops removes the incentives for the GoIRA to negotiate a political settlement while providing the fuel for the growth of the insurgency. Hoh&#8217;s advice to policymakers? End combat operations and sharply reduce U.S. troop levels. Doing so would pull U.S. troops out of areas where locals fight us just because we are there and would compel the GoIRA to negotiate with their opponents. Otherwise the U.S. presence will continue to fuel an unsustainable dynamic whereby the GoIRA has a near-term upper hand but cannot decisively defeat their opponents while the opponents use our presence as a recruiting tool for the resistance movement.</p>
<blockquote><p>You&#8217;re either characterized as all in our all out, and that&#8217;s wrong. I don&#8217;t think anyone is calling for us to completely wash our hands of Afghanistan and just walk away. When I call for withdrawal I call for stopping combat operations because it just doesn&#8217;t make any sense; all it does it just prolong the conflict. I call for some kind of political reconciliation to end the fighting there. So a withdrawal would have to be somewhat gradual while negotiations were going on.</p></blockquote>
<p>But wait, one might ask: what about al-Qaida? Hoh&#8217;s policy prescription deals mainly with settling the civil war between the &#8220;Taliban&#8221; and the GoIRA. How does al-Qaida fit into this? Aren&#8217;t they the reason we&#8217;re in Afghanistan in the first place? Wouldn&#8217;t our withdraw allow them to reestablish &#8220;safe havens&#8221; and allow them to keep the ones they have in Pakistan?</p>
<blockquote><p>I don&#8217;t believe al-Qaida needs or wants safe havens [like they had in 2001]. They just don&#8217;t operate that way. they recruit worldwide. They are really an ideological force that exists on the Internet. They influence individuals or their operations are carried out by these small, independent, autonomous cells that really don&#8217;t require much to operate other than a couple of rooms and a satellite phone or an internet connection. and if you look at the vast majority of attacks that have happened over the last decade regarding al-Qaida, they&#8217;ve been carried out by people not from the Afghanistan/Pakistan region, but residents of North Africa, residents of the gulf states or citizens of Europe or citizens and residents of the United States who do their preparation and their training in countries where the attacks occur. So this idea of a safe haven and their requirement for it is not borne out by any evidence of the way al-Qaida has operated for at least the last decade. After 2001, they evolved. They don&#8217;t need a safe haven. It would be great for the United States if they did have safe havens because then we could bomb them. So we have to attack al-Qaida as the organization as it exists and not as we want it to exist.</p>
<p>The concern that our presence their encourages people to respond to their ideology is a valid one. We&#8217;re currently occupying two Muslim countries, and we have to understand that lends credence to al-Qaida&#8217;s argument that it is defending the Muslim world from Western invasion.</p>
<p>How many recruits do they [al-Qaida] get per year? A hundred? Two hundred? The Muslim population is over a billion. You&#8217;re talking about such a small fraction. It&#8217;s really associated with such a fringe movement that we have to attack using human intelligence and using law enforcement techniques. Army brigade combat teams do not affect al-Qaida. Having 60,00 troops in Afghanistan is not affecting al-Qaida. &#8230;[T]he destruction of al-Qaida should be our priority&#8230;but we need to go after that organization as it exists and not with ground combat troops in Afghanistan.</p></blockquote>
<p>Matthew said he&#8217;s pleased with the state of debate following his resignation and return to the United States.</p>
<blockquote><p>I can tell you that one of the things that pushed me to resign was this feeling that I had, and I think most people had, or a lot of people had, particularly guys I was serving with in Afghanistan, that an escalation of troops and an open-ended commitment to supporting the Karzai regime seemed almost like a done deal all throughout the summer&#8230;There was no discussion of any other type of strategy&#8230;it seemed almost like a guarantee&#8230;I got home in September and that&#8217;s when I first heard there were debates on this within the administration&#8230;I&#8217;m very pleased the way the debates have been going. I&#8217;m not sure what&#8217;s going that&#8217;s going to happen with [the troop ]increase&#8211;I&#8217;m sure we&#8217;re going to get one. The best thing though &#8230;is that we&#8217;re going to get some kind of withdrawal date, which is what we need.  If we can get a withdrawal date within a year or two I&#8217;ll be very happy, because that&#8217;s so much better, so infinitely better, than some type of open-ended commitment or some type of 4- or 5-year plan. My thoughts are hopefully we can get some type of commitment to withdraw and stop combat operations within the next year or two.</p>
<p>I guess that&#8217;s being a realist. I&#8217;d like to see it stop tomorrow.</p></blockquote>
<p><a href="http://bravenewconversations.com/"><br />
Brave New Conversations</a> recently filmed a conversation between Hoh and Daniel Ellsberg. Here&#8217;s a clip: <span style='text-align:center; display: block;'><object width='425' height='350'><param name='movie' value='http://www.youtube.com/v/I0bQ7IeiU3M&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' /><param name='allowfullscreen' value='true' /><param name='wmode' value='transparent' /><embed src='http://www.youtube.com/v/I0bQ7IeiU3M&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' type='application/x-shockwave-flash' allowfullscreen='true' width='425' height='350' wmode='transparent'></embed></object></span></p>
<p>You can find the full episode on the <a href="http://bravenewconversations.com/index.php/episodes/">Brave New Conversations website</a>. </p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Stratégie impériale pour un nouvel ordre mondial: les origines de la Troisième Guerre mondiale]]></title>
<link>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/20/strategie-imperiale-pour-un-nouvel-ordre-mondial-les-origines-de-la-troisieme-guerre-mondiale/</link>
<pubDate>Fri, 20 Nov 2009 22:59:01 +0000</pubDate>
<dc:creator>Bao</dc:creator>
<guid>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/20/strategie-imperiale-pour-un-nouvel-ordre-mondial-les-origines-de-la-troisieme-guerre-mondiale/</guid>
<description><![CDATA[Par Andrew Gavin Marshall Introduction Face à l’effondrement économique mondial, les perspectives d’]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><em>Par Andrew Gavin Marshall</em></p>
<p><a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/lanneau-dasie-centrale.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2488" title="l'anneau d'Asie Centrale" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/lanneau-dasie-centrale.jpg" alt="" width="450" height="300" /></a></p>
<p><strong>Introduction</strong></p>
<p>Face à l’effondrement économique mondial, les perspectives d’une guerre à l’échelle internationale s’intensifient. Historiquement, les périodes de déclin impérial et de crises économiques sont marquées par la guerre et une violence accrue. La chute des grands empires européens a été stigmatisée par les Première et Seconde Guerres mondiales, et par la Grande dépression qui a eu lieu entre ces deux guerres.</p>
<p>Le monde assiste actuellement au déclin de l’Empire étatsunien, en soi un produit de la Seconde Guerre mondiale. En tant que toute-puissance d’après-guerre, les États-Unis ont dirigé le système monétaire international et ont régné en champion et arbitre de l’économie politique mondiale.</p>
<p>Afin de gérer cette dernière, les États-Unis ont créé la plus grande et la plus puissante force militaire de l’histoire. Le contrôle permanent de l’économie mondiale nécessite une activité et une présence militaire permanentes.</p>
<p>Maintenant que l’empire étatsunien et l’économie politique mondiale sont en déclin et s’effondrent, les perspectives d’une fin violente de l’ère impériale étatsunienne augmentent dramatiquement.</p>
<p>Cet essai se divise en trois parties. La première couvre la stratégie géopolitique des États-Unis et de l’OTAN depuis la fin de la guerre froide, au début du nouvel ordre mondial, en dressant les grandes lignes de la stratégie impériale occidentale ayant mené à la guerre en Yougoslavie et à la « <em>guerre au terrorisme</em> ». La seconde partie est une analyse de la nature des « <em>révolutions des fleurs</em> » ou « <em>révolutions de couleur</em> » dans la stratégie impériale étatsunienne et met l’accent sur l’instauration d’une hégémonie en Europe de l’Est et en Asie centrale. La troisième partie examine l’aspect de la stratégie impériale qu’est la construction d’un nouvel ordre mondial, en se penchant sur les conflits grandissants en Afghanistan, au Pakistan en Iran, en Amérique latine, en Europe de l’Est et en Afrique, ainsi que le potentiel qu’ont ces conflits de déclencher une nouvelle guerre mondiale contre la Chine et la Russie.</p>
<h2>Définir une nouvelle stratégie impériale</h2>
<p>En 1991, avec la chute de l’Union soviétique, les États-Unis et l’OTAN on dû réinventer le rôle joué par leur politique étrangère dans le monde. La Guerre froide servait de justification à l’expansion impérialiste des États-Unis à travers le monde, ayant pour objectif d’« <em>endiguer</em> » la menace soviétique. L’OTAN a elle-même été créée et a existé uniquement dans les but de forger une alliance antisoviétique. Avec la disparition de l’URSS, l’OTAN n’avait plus de raisons d’exister et les États-Unis devaient trouver une nouvelle raison pour leur stratégie impérialiste dans le monde.</p>
<p>En 1992, le département de la Défense, sous la direction du secrétaire à la Défense Dick Cheney [futur vice-président sous George Bush Jr] a demandé au secrétaire adjoint à la Défense du Pentagone (Under Secretary of Defense for Policy) Paul Wolfowitz [futur secrétaire adjoint de George Bush Jr et président de la Banque mondiale] de rédiger un document sur la défense pour guider la politique étrangère du pays dans l’ère post-guerre froide, appelée communément « nouvel ordre mondial ».</p>
<p>Le document Defense Planning Guidance a été coulé en 1992 et a révélé ceci : « <em>Dans une nouvelle déclaration générale à l’étape finale d’écriture, le département de la Défense affirme que la mission politique et militaire des États-Unis dans l’ère post-guerre froide sera de s’assurer qu’aucune autre superpuissance rivale ne soit autorisée à émerger en Europe de l’Ouest, en Asie ou dans les territoires de l’ancienne Union Soviétique. Le document confidentiel défend un monde dominé par une superpuissance, dont la position peut être perpétuée par un comportement constructif et une force militaire suffisant à dissuader tout pays ou groupe de défier la primauté des États-Unis.</em> »</p>
<p>En outre, « <em>la nouvelle ébauche dépeint un monde dans lequel il y a une puissance militaire dominante, dont les leaders “doivent conserver les mécanismes visant même à décourager les compétiteurs potentiels d’aspirer à un rôle régional ou mondial supérieur”</em> ». Parmi les défis nécessaires à la suprématie étatsunienne, le texte « <em>réclamait des guerres régionales contre l’Irak et la Corée du Nord</em> » et identifiait la Chine et la Russie comme ses plus grandes menaces. Par ailleurs, il « suggère que les États-Unis pourraient aussi considérer l’élargissement des engagements de sécurité aux pays d’Europe de l’Est et de l’Ouest, semblablement à ceux de l’Arabie Saoudite, du Koweït et d’autres États arabes le long du Golfe persique ». [1]</p>
<h2>L’OTAN et la Yougoslavie</h2>
<p>Les guerres en Yougoslavie dans les années 1990 ont servi de justification au maintien de l’existence de l’OTAN dans le monde et à étendre les intérêts impériaux étatsuniens en Europe de l’Est.</p>
<p>La Banque mondiale et le FMI ont préparé le terrain pour la déstabilisation de la Yougoslavie. Après la mort de son dictateur de longue date, Josip Tito, en 1980, une crise de leadership s’est développée dans l’État. En 1982, des officiels de la politique étrangère étatsunienne ont organisé un ensemble de prêts du FMI et de la Banque mondiale, sous le nouveau Programme d’ajustement structurel (PAS), afin de faire face à la crise de la dette de 20 milliards de dollars US. Les prêts du PAS ont eu pour effet de « <em>dévaster l’économie et la politique […] La crise économique menaçait la stabilité politique […] et risquaient d’aggraver les tensions ethniques latentes</em> ». [2]</p>
<p>En 1989 Slobodan Milosevic est devenu président de la Serbie, la république la plus grande et la plus puissante des républiques yougoslaves. En 1989 toujours, le premier ministre yougoslave est allé aux États-Unis rencontrer le président George H.W. Bush afin de négocier un autre plan d’aide financière. En 1990, le programme de la Banque mondiale et du FMI est entré en vigueur et les dépense de l’État yougoslave allaient au paiement de la dette. En conséquence, les programmes sociaux ont été démantelés, la monnaie a été dévaluée, on a gelé les salaires et les prix ont augmenté. Les « <em>réformes ont attisé les tendances sécessionnistes nourris par les facteurs économiques aussi bien que par les divisions ethniques, assurant pratiquement la sécession de facto de la république</em> » et menant à la sécession de la Croatie et de la Slovénie en 1991. [3]</p>
<p>En 1990, la communauté du renseignement des États-Unis a publié un rapport de synthèse du renseignement (National Intelligence Estimate) prédisant le démantèlement de la Yougoslavie, l’éclatement d’une guerre civile, en rejetant par la suite le blâme de la future déstabilisation sur le président serbe Milosevic. [4]</p>
<p>En 1991, un conflit a éclaté entre le Yougoslavie et la Croatie lorsqu’elle a, elle-aussi, déclaré son indépendance. Un cessez-le-feu a été conclu en 1992. Pourtant, les Croates ont poursuivi de petites offensives militaires jusqu’en 1995 et ont également participé à la guerre en Bosnie. En 1995, la Croatie a entrepris l’opération Tempête dans le but de récupérer la région de Krajina. Un général croate a récemment été traduit en justice à La Haye pour crimes de guerre durant cette bataille, un affrontement clé dans l’expulsion des Serbes de la Croatie et qui a « <em>cimenté l’indépendance croate</em> ». Les États-Unis ont soutenu l’opération et la CIA a activement fourni des renseignements aux forces croates, ce qui a conduit au déplacement de 150 000 à 200 000 Serbes, en grande partie par le biais du meurtre, du pillage, de villages incendiés et du nettoyage ethnique. [5] L’armée croate a été entraînée par des conseillers étatsuniens et le général en procès a même été personnellement soutenu par la CIA. [6]</p>
<p>L’administration Clinton a donné le feu vert à l’Iran pour qu’il arme les musulmans bosniaques et « <em>de 1992 à janvier 1996, il y a eu un afflux d’armes et de conseillers iraniens en Bosnie</em> ». Qui plus est, « <em>l’Iran et d’autres États musulmans ont aidé à amener des moudjahidin en Bosnie pour livrer la bataille avec les musulmans contre les Serbes, des “saints combattants”  d’Afghanistan, de Tchétchénie, du Yémen et d’Algérie, parmi lesquels certains avaient des liens soupçonnés avec les camps d’entraînement d’Oussama ben Laden en Afghanistan</em> ».</p>
<p>C’est « <em>l’intervention occidentale dans les Balkans [qui] a exacerbé les tensions et a aidé à entretenir les hostilités. En reconnaissant les revendications des groupes et des républiques séparatistes en 1990-1991, les élites occidentales – étatsuniennes, britanniques, françaises et allemandes – ont sapé les structures gouvernementales en Yougoslavie, ont accru l’insécurité, ont attisé le conflit et amplifié les tensions ethniques. Et en offrant un soutien logistique aux différentes parties pendant la guerre, l’intervention occidentale a soutenu le conflit jusqu’au milieu des années 1990. On doit voir sous cet angle le choix qu’a fait M. Clinton de défendre les musulmans bosniaques pour se faire le champion sur la scène internationale, ainsi que les demandes de son administration pour que les Nations Unies lèvent l’embargo sur les armes afin d’armer les musulmans et les Croates contre les Serbes.</em> » [7]</p>
<p>Pendant la guerre en Bosnie, il y « <em>avait une vaste voie de passage secrète pour le trafic d’armes par la Croatie. Elle avait été constituée par les agences clandestines des États-Unis, de la Turquie et de l’Iran, avec la collaboration d’un éventail de groupes islamistes radicaux, incluant des moudjahidin afghans et le Hezbollah pro-iranien</em>. » De plus, « <em>les services secrets de l’Ukraine, de la Grèce et d’Israël s’affairaient à armer les Serbes bosniaques</em> ». [8] L’agence de renseignement allemande, la BND, a également envoyé des cargaisons d’armes aux musulmans bosniaques et à la Croatie pour la lutte contre les Serbes. [9]</p>
<p>Les États-Unis avaient influencé la guerre dans la région de diverses façons. Comme le rapportait <em>The Observer </em>en 1995, un pan important de leur implication se faisait par le biais de « <em>Military Professional Resources Inc (MPRI), une société privée étatsunienne de généraux et d’agents du renseignement à la retraite, située en Virginie. L’ambassade étatsunienne à Zagreb a admis que MPRI entraînait les Croates, avec la permission du gouvernement des États-Unis.</em> » Aussi, les Néerlandais « <em>étaient convaincus que les forces spéciales étatsuniennes étaient impliquées dans l’entraînement de l’armée bosniaque et de l’armée croate de Bosnie (HVO).</em> » [10]</p>
<p>Dès 1988, le leader de la Croatie a rencontré le chancelier allemand Helmut Kohl afin de créer « <em>une politique conjointe pour désunir la Yougoslavie</em> » et amener la Slovénie et la Croatie dans la « <em>zone économique allemande</em> ». Des officiers de l’Armée étatsunienne ont donc été envoyés en Croatie, en Bosnie, en Albanie et en Macédoine en tant que « <em>conseillers</em> » et ont fait appel aux Forces spéciales des États-Unis pour les aider. [11] Durant le cessez-le-feu de neuf mois dans la guerre de Bosnie-Herzégovine, six généraux étatsuniens ont rencontré des dirigeants de l’armée bosniaque pour planifier l’offensive bosniaque qui a mis fin au cessez-le-feu. [12]</p>
<p>En 1996, la mafia albanaise, avec collaboration avec l’Armée de libération du Kosovo (ALK), une organisation de guérilleros militants, a pris le contrôle du gigantesque itinéraire de trafic de drogue des Balkans. L’ALK était liée à d’anciens moudjahidin en Afghanistan, dont Oussama ben Laden. [13]</p>
<p>En 1997, l’ALK a commencé à se battre contre les forces serbes, [14] et en 1998, le département d’État états-unien a enlevé l’ALK de sa liste d’organisations terroristes. [15] Avant et après 1998, l’ALK recevait des armes, de l’entraînement et du soutien des États-Unis et de l’OTAN, et la secrétaire d’État de M. Clinton, Madeleine Albright entretenait une relation  politique étroite avec Hashim Thaci, le dirigeant de l’ALK.</p>
<p>À la fois la CIA et le renseignement allemand, la BND, ont soutenu les terroristes de l’ALK en Yougoslavie avant et après qu’elle ne soit bombardée par l’OTAN en 1999. La BND avait des contacts avec l’ALK depuis le début des années 1990, au moment où l’ALK établissait des contacts avec Al-Qaïda. [17] Les membres de l’ALK étaient entraînés par Oussama ben Laden dans les camps d’entraînement en Afghanistan. Même l’ONU a affirmé que la violence provenait en majorité des membres de l’ALK « <em>particulièrement des alliés de Hashim Thaci</em> ». [18]</p>
<p>Le bombardement de l’OTAN au Kosovo en mars 1999 a été justifié par le faux-semblant suivant : mettre un terme à l’oppression des Albanais du Kosovo par les Serbes, qualifiée de génocide. L’administration Clinton a déclaré qu’au moins 100 000 Albanais du Kosovo étaient portés disparus et qu’ils avaient « <em>peut-être été tués</em> » par les Serbes. Bill Clinton a personnellement comparé les événements du Kosovo avec l’Holocauste. Le département d’État avait avoué craindre que près de 500 000 Albanais étaient mort. Finalement, l’évaluation officielle a réduit ce nombre à 10 000, toutefois, des enquêtes exhaustives ont révélé que moins de 2 500 des décès albanais pouvaient être attribués aux Serbes. Pendant la campagne de bombardements de l’OTAN, entre 400 et 1500 civils serbes ont été tués et l’OTAN a commis des crimes de guerres, dont le bombardement d’une station de télévision serbe et d’un hôpital. [19]</p>
<p>En 2000, le département d’État des États-Unis, en coopération avec la American Enterprise Institute, AEI, a tenu une conférence en Slovaquie sur l’intégration euro-atlantique. Parmi les participants, il y avait des chefs d’État, des officiels des Affaires étrangères et des ambassadeurs de divers États européens, ainsi que des représentants de l’ONU et de l’OTAN. [20] Un correspondance entre un politicien allemand présent à la rencontre et le chancelier allemand a révélé la vraie nature de la campagne de l’OTAN au Kosovo. On y apprenait que les conférenciers ont réclamé une déclaration hâtive de l’indépendance du Kosovo, que la guerre en Yougoslavie était menée dans le but d’élargir l’OTAN, que la Serbie serait exclue indéfiniment du développement européen afin de justifier une présence militaire états-unienne dans la région et que l’expansion était ultimement conçue pour endiguer la Russie. [21]</p>
<p>Élément important, « <em>la guerre créait une raison d’être pour la perpétuité de l’OTAN dans un monde d’après-guerre froide, alors que l’organisation tentait désespérément de justifier son existence et son désir d’expansion</em> ». En outre, « <em>les Russes avaient assumé que l’OTAN se dissoudrait à la fin de la Guerre froide. Au contraire, non seulement l’OTAN s’est élargie, elle est allée en guerre en raison d’une dispute interne dans un pays slave d’Europe de l’Est</em> ». Cela a été vu comme une grande menace. Ainsi, « <em>la guerre de 1999 contre la Yougoslavie est à l’origine de bien des tensions entre les États-Unis et la Russie au cours de la dernière décennie</em> ». [22]</p>
<h2>La guerre au terrorisme et le Project for the New American Century (PNAC)</h2>
<p>Lorsque Bill Clinton est devenu président, les faucons néoconservateurs de l’administration de George H.W. Bush on formé un cercle de réflexion appelée <em>Project for the New American Century</em> <strong>(Projet pour un nouveau siècle états-unien)</strong> ou PNAC. En 2000, ils ont publié un rapport intitulé Rebuilding America’s Defenses: Strategy, Forces, and Resources for a New Century. (Reconstruire la défense des États-Unis : stratégie, forces et ressources pour un nouveau siècle). En se basant sur le document Defense Policy Guidance (Guide de la politique de défense) ils ont déclaré que «<em> les États-Unis doivent conserver suffisamment de forces capables de se déployer rapidement et de gagner de multiples guerres de grande échelle à la fois</em> [23] ». On ajoute, qu’« <em>il est nécessaire de conserver suffisamment de forces de combat pour mener et gagner de nombreuses guerres de théâtre presque simultanées [et que] le Pentagone a besoin de commencer à calculer la force nécessaire pour protéger, indépendamment et en tout temps, les intérêts états-uniens en Europe, en Asie de l’Est et dans le Golfe</em> ». [25]</p>
<p>Fait intéressant, le document indiquait que « <em>depuis des décennies, les États-Unis ont cherché à jouer un rôle davantage permanent en matière de sécurité dans la région du Golfe. Alors que le conflit irrésolu avec l’Irak fournit une justification immédiate, la nécessité d’une force états-unienne substantielle dans le Golfe transcende la question du régime de Saddam Hussein</em> [26] ». Cependant, en préconisant une importante augmentation des dépenses en défense ainsi que l’expansion de l’empire états-unien autour du globe, incluant la puissante destruction de nombreux pays par de grandes guerres de théâtre, le rapport mentionnait qu’« <em>en outre, le processus de transformation, même s’il apporte des changements révolutionnaires, sera probablement de longue durée s’il ne se produit pas d’événement catastrophique et catalyseur, comme un nouveau Pearl Harbor</em> [27] ». Cet événement s’est produit un an plus tard, lors des attentats du 11 septembre. De nombreux auteurs du rapport et membres du PNAC étaient devenus des représentants de l’administration Bush et étaient en position convenable pour mettre leur « <em>projet</em> » à exécution après l’avènement de leur « <em>nouveau Pearl Harbor</em> ».</p>
<p>Les plans pour la guerre étaient « <em>déjà en développement par les boîtes de réflexion d’extrême-droite dans les années 1990, des organisations au sein desquelles des combattants de la Guerre froide issus du cénacle des services secrets, des églises évangéliques et des compagnies de pétrole et d’armement formulaient des plans consternants pour un nouvel ordre mondial</em> ». Afin d’y arriver, « <em>les États-Unis auraient besoin d’utiliser tous les moyens – diplomatiques, économiques et militaires, même des guerres d’agression – pour avoir le contrôle à long terme des ressources de la planète et la capacité d’assurer la faiblesse de tout rival potentiel</em> ».</p>
<p>Parmi les personnes impliquées dans le PNAC et les plans impériaux on trouve “Dick Cheney – vice-président; Lewis Libby – chef d’état-major de M. Cheney; Donald Rumsfeld – secrétaire à la Défense; Paul Wolfowitz – secrétaire de M. Rumsfeld; Peter Rodman – chargé des Affaires de Sécurité mondiale; John Bolton – secrétaire d’État pour le contrôle des armements; Richard Armitage – adjoint du secrétaire d’État; Richard Perle – ancien adjoint du secrétaire à la Défense sous Reagan, aujourd’hui à la tête du Defense Policy Board (conseil des politiques de Défense); William Kristol – directeur du PNAC et conseiller de M. Bush, connu comme le cerveau du président et Zalmay Khalilzad », qui est devenu ambassadeur et en Afghanistan et en Irak après les changements de régimes [28].</p>
<h2>Le « <em>grand échiquier</em> » de Brzezinski </h2>
<p><a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/ancien-conseiller-a-la-securite-nationale-des-etats-unis-zbigniew-brzezinski.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2490" title="Ancien conseiller à la sécurité nationale des États-Unis : Zbigniew Brzezinski" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/ancien-conseiller-a-la-securite-nationale-des-etats-unis-zbigniew-brzezinski.jpg?w=300" alt="" width="300" height="210" /></a>Le stratégiste faucon par excellence, Zbigniew Brzezinski, co-fondateur de la Commission trilatérale avec David Rockefeller, ancien conseiller à la Sécurité nationale et architecte clé de la politique étrangère sous Jimmy Carter, est également l’auteur d’un livre sur la géostratégie états-unienne. M. Brzezinski est par ailleurs membre du Council on Foreign Relations, du groupe Bilderberg et a aussi été membre du conseil d’administration d’Amnistie internationale, du Conseil de l&#8217;Atlantique et de National Endowment for Democracy (NED). À l’heure actuelle, il est administrateur et conseiller au Center for Strategic and International Studies (CSIS), un important cercle de réflexion états-unien.</p>
<p>Dans son livre <em>Le grand échiquier</em>, paru en 1997, Brzezinski a tracé les grandes lignes  d’une stratégie pour les États-Unis dans le monde. Il a écrit : « <em>Pour les États-Unis, le grand prix politique est l’Eurasie. Depuis un demi-millénaire, les affaires mondiales ont été dominées par les pouvoirs eurasiens et les peuples qui se sont battus entre eux pour la domination régionale et ont aspiré au pouvoir mondial.</em> » Il ajoute, « la façon dont les États-Unis “s’y prennent” avec l’Eurasie est critique. L’Eurasie constitue le plus grand continent du globe et représente un axe géopolitique. Un pouvoir dominant l’Eurasie contrôlerait deux des trois régions du monde les plus avancées et les plus productives sur le plan économique. Un simple coup d’œil sur la carte suggère également que la domination de l’Eurasie impliquerait presque systématiquement la subordination de l’Afrique [29].</p>
<p>Il poursuit l’élaboration d’une stratégie pour l’empire états-unien en affirmant qu’« il est impératif qu’aucun opposant eurasien n’émerge, et soit capable de dominer l’Eurasie et, par conséquent, de défier les États-Unis. L’objectif de ce livre est donc de formuler une géostratégie eurasienne approfondie et intégrée [30] ». Il explique : « <em>Deux étapes fondamentales sont donc requises : premièrement, identifier les États eurasiens dynamiques sur le plan géostratégique ayant le pouvoir de provoquer un changement potentiellement important dans la distribution internationale du pouvoir et de déchiffrer les principaux objectifs extérieurs de leurs élites politiques respectives et les conséquences probables de ces aspirations; deuxièmement, formuler des politiques spécifiquement états-uniennes pour compenser, coopter et/ou contrôler ce qui précède</em> [31]. »</p>
<p>Cela signifie qu’il est primordial d’identifier les États qui seraient de potentiels pivots sur lesquels l’équilibre des puissances de la région mettrait fin à la sphère d’influence états-unienne, et qu’il faut ensuite « <em>compenser, coopter et/ou contrôler</em> » de tels États et de telles circonstances. L’Iran serait un exemple : il est l’un des plus grands producteurs de pétrole du monde et détient une position stratégique significative dans l’axe de l’Europe, de l’Asie et du Moyen-Orient. L’Iran pourrait détenir la capacité de modifier l’équilibre des puissances en Eurasie s’il s’alliait étroitement à la Russie ou à la Chine, ou les deux, en leur offrant un important approvisionnement en pétrole de même qu’une sphère d’influence dans le Golfe, rivalisant ainsi l’hégémonie états-unienne dans la région.</p>
<p>M. Brzezinski a supprimé toute subtilité de ses penchants impérialistes et écrit : « <em>Afin de l’exprimer dans une terminologie rappelant l’âge davantage brutal des anciens empires, les trois grands impératifs de la géostratégie sont : prévenir la collusion et maintenir la dépendance sécuritaire entre les vassaux, préserver la protection des tributaires et leur caractère influençable, et finalement empêcher les barbares de s’unir</em> [32]. »</p>
<p>Brzezinski fait référence aux républiques d’Asie centrale sous le nom « <em>Balkans eurasiens</em> » en écrivant : « <em>De plus, d’un point de vue sécuritaire et sur le plan des ambitions historiques elles [républiques d’Asie centrale] sont importantes pour au moins trois de leurs voisins immédiats les plus puissants, à savoir, la Russie, la Turquie et l’Iran, ainsi que pour la Chine, qui démontre un intérêt politique accru envers la région. Mais les Balkans eurasiens constituent un trésor économique potentiel et sont infiniment plus importants pour cette raison : une énorme concentration de gaz naturel et de réserves de pétrole se trouve dans cette région, en plus d’importants minéraux, dont l’or</em> [33]. » Il ajoute :« <em>Il s’ensuit que l’intérêt principal des États-Unis est d’aider à s’assurer qu’aucun pouvoir à lui seul arrive à contrôler cet espace géopolitique et que la communauté internationale y ait accès économiquement et financièrement, sans entraves</em> [34] ». Voilà un illustre exemple du rôle des États-Unis en tant qu’engin impérial : le pays pratique une politique étrangère impériale conçue pour maintenir ses positions stratégiques, mais dont le but « <em>infiniment plus important</em> » est d’abord, de sécuriser le « <em>trésor économique</em> » pour la « <em>communauté internationale</em> ». En d’autres termes, les États-Unis constituent une hégémonie impériale œuvrant pour les intérêts financiers internationaux.</p>
<p>Brzezinski a également avertit que « <em>les États-Unis pourraient devoir déterminer la façon de composer avec les coalitions régionales qui cherchent à évincer le pays de l’Eurasie, menaçant ainsi son statut de puissance mondiale</em> [35] ». Il « <em>met au premier plan la tactique et la manipulation afin de prévenir l’émergence d’une coalition hostile qui pourrait tôt ou tard chercher à défier la primauté états-unienne</em> ». Ainsi, « <em>la tâche la plus urgente consiste à s’assurer qu’aucun État ou ensemble d’États acquière la capacité d’expulser les États-Unis de l’Eurasie ou même de diminuer de manière significative son rôle décisif d’arbitre</em> [36] ».</p>
<h2>La guerre au terrorisme et l’impérialisme excessif</h2>
<p>En 2000, le Pentagone a publié un document appelé Joint Vision 2020, qui expose brièvement un projet destiné à accomplir ce qu’ils nomment « <em>Full Spectrum Dominance</em> » (domination sous tous ses aspects), en tant que modèle pour le département de la Défense dans le futur. « <em>La domination sous tous ses aspects signifie la capacité des forces états-uniennes, agissant seules ou avec des alliés, de vaincre n’importe quel adversaire et de contrôler n’importe quelle situation pour l’ensemble des opérations militaires.</em> » Le rapport «  <em>aborde la domination sous tous ses aspects dans l’ensemble des conflits, de la guerre nucléaire aux grandes guerres de théâtre, en passant par les contingences de plus petite échelle. Il touche également aux situations imprécises comme le maintien de la paix et l’aide humanitaire n’impliquant pas de combat</em> ». On mentionne également «<em> le développement d’un réseau d’informations mondial offrant un environnement propice à la supériorité décisionnelle</em> [37] ».</p>
<p>Comme l’expliquait l’économiste politique Ellen Wood, « <em>la domination sans frontières de l’économie mondiale et des nombreux États qui l’administrent nécessite une action militaire sans fin, dans l’intention ou dans le temps</em> [38] ». Elle ajoute : « <em>La domination impériale dans une économie capitaliste mondiale requière un équilibre délicat et contradictoire entre l’abolition de la compétition et le maintien des conditions qui génèrent des marchés et des profits dans les économies en compétition. Il s’agit des contradictions les plus fondamentales du nouvel ordre mondial</em> [39]. »</p>
<p>Après le 11 septembre, la « <em>doctrine Bush</em> » a été mise en place. Elle réclamait « <em>un droit exclusif et unilatéral à l’attaque préventive, partout et en tout temps, libre de tout accord international, afin de s’assurer que</em> <em>leurs forces seront assez fortes pour dissuader des adversaires potentiels de se développer militairement dans l’espoir de surpasser ou d’égaler la puissance des États-Unis</em> [40] ».</p>
<p>L’OTAN a entrepris la première invasion terrestre de toute son histoire avec l’invasion et l’occupation de l’Afghanistan en octobre 2001. En réalité, la guerre afghane avait été planifiée avant les événements du 11 septembre, avec la rupture d’un important marché de pipeline entre des compagnies pétrolières occidentales et les talibans. La guerre en soi a été orchestrée en été 2001, avec le plan fonctionnel pour aller en guerre à la mi-octobre [41].</p>
<p>D’un point de vu géopolitique, l’Afghanistan est extrêmement important, car « <em>le transport de tout le combustible fossile du bassin de la mer Caspienne à travers la Russie ou l’Azerbaïdjan accroîtrait énormément le contrôle politique et économique de la Russie sur les républiques d’Asie centrale, ce que l’Ouest a précisément tenté de prévenir pendant 10 ans. Le faire passer par l’Iran enrichirait un régime que les États-Unis cherchent à isoler. Envoyer le combustible par le long chemin de la Chine, en passant complètement à côté des considérations stratégiques, se ferait à un coût prohibitif. Si les pipelines passaient toutefois par l’Afghanistan, cela permettrait aux États-Unis de poursuivre à la fois son objectif de “diversification de l’approvisionnement énergétique” et de pénétrer les marchés les plus lucratifs du monde</em> [42] ».</p>
<p>Comme le soulignait le San Francisco Chronicle, à peine deux semaines après les attaques du 11 septembre, « <em>au-delà de la détermination états-unienne de se venger des auteurs de l’attentat, au-delà de la probabilité de batailles interminables provoquant davantage de pertes civiles dans les mois et les années à venir, les enjeux cachés dans la guerre au terrorisme peuvent se résumer en un seul mot : pétrole</em> ». Le quotidien explique en outre que « <em>la carte des sanctuaires de terroristes et des cibles au Moyen-Orient et en Asie centrale est également, dans une mesure extraordinaire, la carte des principales sources d’énergie mondiales au 21<sup>e</sup> siècle. La défense de ces ressources énergétiques, au lieu d’être une simple confrontation entre l’Islam et l’Ouest – sera la première étincelle du conflit mondial qui perdurera dans les prochaines décennies</em> ».</p>
<p>Au nombre des multiples États notables où il y a un croisement entre le terrorisme, le pétrole et les réserves de gaz, et qui sont d’une importance capitale pour les États-Unis et l’Ouest, on trouve l’Arabie Saoudite, la Lybie, le Bahreïn, les Émirats du Golfe, l’Iran, l’Irak, l’Égypte, le Soudan, l’Algérie, le Turkménistan, le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan, la Tchétchénie, la Géorgie et l’est de la Turquie. Fait marquant, « <em>cette région compte plus de 65 % de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel</em> ». Aussi, « <em>inévitablement, bien des gens verront la guerre contre le terrorisme comme une guerre pour le compte des états-uniennes Chevron, ExxonMobil et Arco, de la française TotalFinaElf; de la britannique British Petroleum et de la et néerlandaise Royal Dutch Shell et d’autres géantes multinationales, lesquelles ont investi des centaines de milliards de dollars dans la région</em> [43] ».</p>
<p>Ce n’est pas un secret que la guerre en Irak était étroitement liée au pétrole. À l’été 2001, Dick Cheney a organisé une Energy Task Force (unité d’intervention sur l’énergie), qui constituait une série de rencontres extrêmement secrètes, où l’on déterminait la politique énergétique des États-Unis. Lors de ces rencontres, ainsi que par divers moyens de communication, M. Cheney et ses assistants se sont entretenus avec de hauts représentants et des dirigeants de Shell Oil, British Petroleum (BP), Exxon Mobil, Chevron, et Conoco [44]. Lors de la réunion qui s’est tenue avant le 11 septembre et avant que l’on ne mentionne une guerre en Irak, des documents traitant des champs pétrolifères, des pipelines, des raffineries et des terminaux ont été présentés et ont fait l’objet de discussions. « <em>Sur des documents saoudiens et émiratis figurait également une carte de tous les champs pétrolifères, pipelines, raffineries et terminaux pétroliers de chaque pays</em> [45]. » Depuis, Royal Dutch Shell et British Petroleum ont toutes deux reçu d’importants contrats pour développer les champs pétrolifères iraquiens [46]. </p>
<p>La guerre en Irak, tout comme la guerre en Afghanistan, servent des intérêts stratégiques dans cette région : en grande partie, des intérêts spécifiquement états-uniens, et, en général, des intérêts impériaux de l’Occident. Ces guerres ont été particulièrement conçues pour éliminer, menacer ou endiguer les pouvoirs régionaux, ainsi que pour y instaurer directement plusieurs douzaines de bases militaires, établissant ainsi, de manière ferme, une présence impériale. Le but de cette entreprise vise largement les joueurs important de la région et tend spécifiquement à encercler la Russie et la Chine et à menacer leur accès aux réserves régionales de pétrole et de gaz. L’Iran est désormais cerné, par l’Irak d’un côté et l’Afghanistan de l’autre.</p>
<h2>Conclusion</h2>
<p>La première partie de cet essai a tracé les grandes lignes de la stratégie impériale des États-Unis et de l’OTAN visant à entrer dans le nouvel ordre mondial après le démantèlement de l’Union Soviétique. Le but principal visait à encercler la Russie et la Chine et à prévenir l’émergence d’une nouvelle superpuissance. Les États-Unis devaient agir à titre d’hégémonie impériale, servant les intérêts financiers internationaux dans l’imposition d’un nouvel ordre mondial. La prochaine partie de cet essai examine les « <em>révolutions de couleur</em> » à travers l’Europe de l’Est et l’Asie centrale, lesquelles perpétuent la politique d’endiguement de la Russie et de la Chine, en contrôlant l’accès aux principales réserves de gaz naturel et leurs voies de transport. Les « <em>révolutions de couleur</em> » ont été une force cruciale de la stratégie géopolitique, et leur analyse est  essentielle à la compréhension du nouvel ordre mondial.</p>
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<p></em>Article original en anglais: <a href="http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&#38;aid=15686" target="_new">An Imperial Strategy for a New World Order</a>, publié le 16 octobre 2009.</p>
<p><strong>Notes</strong></p>
<p>[1]           Tyler, Patrick E. U.S. Strategy Plan Calls for Insuring No Rivals Develop: A One Superpower World. The New York Times: March 8, 1992. <a href="http://work.colum.edu/~amiller/wolfowitz1992.htm">http://work.colum.edu/~amiller/wolfowitz1992.htm</a></p>
<p>[2]           Louis Sell, Slobodan Milosevic and the Destruction of Yugoslavia. Duke University Press, 2002: Page 28. Michel Chossudovsky, Dismantling Former Yugoslavia, Recolonizing Bosnia-Herzegovina. Global Research: February 19, 2002: <a href="http://globalresearch.ca/index.php?context=va&#38;aid=370">http://globalresearch.ca/index.php?context=va&#38;aid=370</a></p>
<p>[3]           Michel Chossudovsky, Dismantling Former Yugoslavia, Recolonizing Bosnia-Herzegovina. Global Research: February 19, 2002: <a href="http://globalresearch.ca/index.php?context=va&#38;aid=370">http://globalresearch.ca/index.php?context=va&#38;aid=370</a></p>
<p>[4]           David Binder, Yugoslavia Seen Breaking Up Soon. The New York Times: November 28, 1990</p>
<p>[5]           Ian Traynor, Croat general on trial for war crimes. The Guardian: March 12, 2008: <a href="http://www.guardian.co.uk/world/2008/mar/12/warcrimes.balkans">http://www.guardian.co.uk/world/2008/mar/12/warcrimes.balkans</a></p>
<p>[6]           Adam LeBor, Croat general Ante Gotovina stands trial for war crimes. The Times Online: March 11, 2008: <a href="http://www.timesonline.co.uk/tol/news/world/europe/article3522828.ece">http://www.timesonline.co.uk/tol/news/world/europe/article3522828.ece</a></p>
<p>[7]           Brendan O’Neill, &#8216;You are only allowed to see Bosnia in black and white&#8217;. Spiked: January 23, 2004: <a href="http://www.spiked-online.com/Articles/0000000CA374.htm">http://www.spiked-online.com/Articles/0000000CA374.htm</a></p>
<p>[8]           Richard J. Aldrich, America used Islamists to arm the Bosnian Muslims. The Guardian: April 22, 2002: <a href="http://www.guardian.co.uk/world/2002/apr/22/warcrimes.comment/print">http://www.guardian.co.uk/world/2002/apr/22/warcrimes.comment/print</a></p>
<p>[9]           Tim Judah, German spies accused of arming Bosnian Muslims. The Telegraph: April 20, 1997: <a href="http://www.serbianlinks.freehosting.net/german.htm">http://www.serbianlinks.freehosting.net/german.htm</a></p>
<p>[10]         Charlotte Eagar, Invisible US Army defeats Serbs. The Observer: November 5, 1995: <a href="http://charlotte-eagar.com/stories/balkans110595.shtml">http://charlotte-eagar.com/stories/balkans110595.shtml</a></p>
<p>[11]         Gary Wilson, New reports show secret U.S. role in Balkan war. Workers World News Service: 1996: <a href="http://www.workers.org/ww/1997/bosnia.html">http://www.workers.org/ww/1997/bosnia.html</a></p>
<p>[12]         IAC, The CIA Role in Bosnia. International Action Center: <a href="http://www.iacenter.org/bosnia/ciarole.htm">http://www.iacenter.org/bosnia/ciarole.htm</a></p>
<p>[13]         History Commons, Serbia and Montenegro: 1996-1999: Albanian Mafia and KLA Take Control of Balkan Heroin Trafficking Route. The Center for Cooperative Research: <a href="http://www.historycommons.org/topic.jsp?topic=country_serbia_and_montenegro">http://www.historycommons.org/topic.jsp?topic=country_serbia_and_montenegro</a></p>
<p>[14]         History Commons, Serbia and Montenegro: 1997: KLA Surfaces to Resist Serbian Persecution of Albanians. The Center for Cooperative Research: <a href="http://www.historycommons.org/topic.jsp?topic=country_serbia_and_montenegro">http://www.historycommons.org/topic.jsp?topic=country_serbia_and_montenegro</a></p>
<p>[15]         History Commons, Serbia and Montenegro: February 1998: State Department Removes KLA from Terrorism List. The Center for Cooperative Research: <a href="http://www.historycommons.org/topic.jsp?topic=country_serbia_and_montenegro">http://www.historycommons.org/topic.jsp?topic=country_serbia_and_montenegro</a></p>
<p>[16]         Marcia Christoff Kurop, Al Qaeda&#8217;s Balkan Links. The Wall Street Journal: November 1, 2001: <a href="http://www.freerepublic.com/focus/fr/561291/posts">http://www.freerepublic.com/focus/fr/561291/posts</a></p>
<p>[17]         Global Research, German Intelligence and the CIA supported Al Qaeda sponsored Terrorists in Yugoslavia. Global Research: February 20, 2005: <a href="http://globalresearch.ca/index.php?context=va&#38;aid=431">http://globalresearch.ca/index.php?context=va&#38;aid=431</a></p>
<p>[18]         Michel Chossudovsky, Kosovo: The US and the EU support a Political Process linked to Organized Crime. Global Research: February 12, 2008: <a href="http://globalresearch.ca/index.php?context=va&#38;aid=8055">http://globalresearch.ca/index.php?context=va&#38;aid=8055</a></p>
<p>[19]         Andrew Gavin Marshall, Breaking Yugoslavia. Geopolitical Monitor: July 21, 2008: <a href="http://www.geopoliticalmonitor.com/content/backgrounders/2008-07-21/breaking-yugoslavia/">http://www.geopoliticalmonitor.com/content/backgrounders/2008-07-21/breaking-yugoslavia/</a></p>
<p>[20]         AEI, Is Euro-Atlantic Integration Still on Track? Participant List. American Enterprise Institute: April 28-30, 2000: <a href="http://www.aei.org/research/nai/events/pageID.440,projectID.11/default.asp">http://www.aei.org/research/nai/events/pageID.440,projectID.11/default.asp</a></p>
<p>[21]         Aleksandar Pavi, Correspondence between German Politicians Reveals the Hidden Agenda behind Kosovo&#8217;s &#8220;Independence&#8221;. Global Research: March 12, 2008: <a href="http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&#38;aid=8304">http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&#38;aid=8304</a></p>
<p>[22]         Stephen Zunes, The War on Yugoslavia, 10 Years Later. Foreign Policy in Focus: April 6, 2009: <a href="http://www.fpif.org/fpiftxt/6017">http://www.fpif.org/fpiftxt/6017</a></p>
<p>[23]         PNAC, Rebuilding America’s Defenses. Project for the New American Century: September 2000, page 6: <a href="http://www.newamericancentury.org/publicationsreports.htm">http://www.newamericancentury.org/publicationsreports.htm</a></p>
<p>[24]         Ibid. Page 8</p>
<p>[25]         Ibid. Page 9</p>
<p>[26]         Ibid. Page 14</p>
<p>[27]         Ibid. Page 51</p>
<p>[28]         Margo Kingston, A think tank war: Why old Europe says no. The Sydney Morning Herald: March 7, 2003: <a href="http://www.smh.com.au/articles/2003/03/07/1046826528748.html">http://www.smh.com.au/articles/2003/03/07/1046826528748.html</a></p>
<p>[29]         Brzezinski, Zbigniew. The Grand Chessboard: American Primacy and its Geostrategic Imperatives. Basic Books, 1997: Pages 30-31</p>
<p>[30]         Brzezinski, Zbigniew. The Grand Chessboard: American Primacy and its Geostrategic Imperatives. Basic Books, 1997: Page xiv</p>
<p>[31]         Brzezinski, Zbigniew. The Grand Chessboard: American Primacy and its Geostrategic Imperatives. Basic Books, 1997: Page 41</p>
<p>[32]         Brzezinski, Zbigniew. The Grand Chessboard: American Primacy and its Geostrategic Imperatives. Basic Books, 1997: Page 40</p>
<p>[33]         Brzezinski, Zbigniew. The Grand Chessboard: American Primacy and its Geostrategic Imperatives. Basic Books, 1997: Page 124</p>
<p>[34]         Brzezinski, Zbigniew. The Grand Chessboard: American Primacy and its Geostrategic Imperatives. Basic Books, 1997: Page 148</p>
<p>[35]         Brzezinski, Zbigniew. The Grand Chessboard: American Primacy and its Geostrategic Imperatives. Basic Books, 1997: Page 55</p>
<p>[36]         Brzezinski, Zbigniew. The Grand Chessboard: American Primacy and its Geostrategic Imperatives. Basic Books, 1997: Page 198</p>
<p>[37]         Jim Garamone, Joint Vision 2020 Emphasizes Full-spectrum Dominance. American Forces Press Service: June 2, 2000:<br />
 <a href="http://www.defenselink.mil/news/newsarticle.aspx?id=45289">http://www.defenselink.mil/news/newsarticle.aspx?id=45289</a></p>
<p>[38]         Ellen Wood, Empire of Capital. Verso, 2003: page 144</p>
<p>[39]         Ellen Wood, Empire of Capital. Verso, 2003: page 157</p>
<p>[40]         Ellen Wood, Empire of Capital. Verso, 2003: page 160</p>
<p>[41]         Andrew G. Marshall, Origins of Afghan War. Geopolitical Monitor: September 14, 2008:<br />
<a href="http://www.geopoliticalmonitor.com/content/backgrounders/2008-09-14/origins-of-the-afghan-war/">http://www.geopoliticalmonitor.com/content/backgrounders/2008-09-14/origins-of-the-afghan-war/</a></p>
<p>[42]         George Monbiot, America&#8217;s pipe dream. The Guardian: October 23, 2001:<br />
<a href="http://www.guardian.co.uk/world/2001/oct/23/afghanistan.terrorism11">http://www.guardian.co.uk/world/2001/oct/23/afghanistan.terrorism11</a></p>
<p>[43]         Frank Viviano, Energy future rides on U.S. war. San Francisco Chronicle: September 26, 2001:<br />
<a href="http://www.sfgate.com/cgi-bin/article.cgi?file=/chronicle/archive/2001/09/26/MN70983.DTL">http://www.sfgate.com/cgi-bin/article.cgi?file=/chronicle/archive/2001/09/26/MN70983.DTL</a></p>
<p>[44]         Dana Milbank and Justin Blum, Document Says Oil Chiefs Met With Cheney Task Force. Washington Post: November 16, 2005:<br />
<a href="http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2005/11/15/AR2005111501842_pf.html">http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2005/11/15/AR2005111501842_pf.html</a></p>
<p>[45]         Judicial Watch, CHENEY ENERGY TASK FORCE DOCUMENTS FEATURE MAP OF IRAQI OILFIELDS. Commerce Department: July 17, 2003: <a href="http://www.judicialwatch.org/printer_iraqi-oilfield-pr.shtml">http://www.judicialwatch.org/printer_iraqi-oilfield-pr.shtml</a></p>
<p>[46]         TERRY MACALISTER, Criticism as Shell signs $4bn Iraq oil deal. Mail and Guardian: September 30, 2008: <a href="http://www.mg.co.za/article/2008-09-30-criticism-as-shell-signs-4bn-iraq-oil-deal">http://www.mg.co.za/article/2008-09-30-criticism-as-shell-signs-4bn-iraq-oil-deal</a></p>
<p> Al-Jazeera, BP group wins Iraq oil contract. Al Jazeera Online: June 30, 2009: <a href="http://english.aljazeera.net/news/middleeast/2009/06/200963093615637434.html">http://english.aljazeera.net/news/middleeast/2009/06/200963093615637434.html</a></p>
<p>&#160;</p>
<p>Source : Mondialisation.ca</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Imamer anklagas för att ha våldtagit 500 barn- ائمة متهمون باغتصاب 500 طفل]]></title>
<link>http://motmittsverige.wordpress.com/2009/11/20/imamer-anklagas-for-att-ha-valdtagit-500-barn-%d8%a7%d8%a6%d9%85%d8%a9-%d9%85%d8%aa%d9%87%d9%85%d9%88%d9%86-%d8%a8%d8%a7%d8%ba%d8%aa%d8%b5%d8%a7%d8%a8-500-%d8%b7%d9%81%d9%84/</link>
<pubDate>Fri, 20 Nov 2009 21:39:30 +0000</pubDate>
<dc:creator>The truth</dc:creator>
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<description><![CDATA[En riktig och sällsynta fall i världen dess hjältar är några imamer och lärare i islamiska skolor, a]]></description>
<content:encoded><![CDATA[En riktig och sällsynta fall i världen dess hjältar är några imamer och lärare i islamiska skolor, a]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[L'Irak est encore loin d'une normalisation, selon Denis Bauchard]]></title>
<link>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/20/lirak-est-encore-loin-dune-normalisation-selon-denis-bauchard/</link>
<pubDate>Fri, 20 Nov 2009 20:36:32 +0000</pubDate>
<dc:creator>Bao</dc:creator>
<guid>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/20/lirak-est-encore-loin-dune-normalisation-selon-denis-bauchard/</guid>
<description><![CDATA[Par George Malbrunot Le Figaro s’est procuré le « papier » que Denis Bauchard, ancien diplomate et s]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><em>Par George Malbrunot</em></p>
<p><strong>Le Figaro s’est procuré le « <em>papier</em> » que Denis Bauchard, ancien diplomate et spécialiste du Moyen-Orient à l’Institut français des relations internationales, vient de rédiger à l’issue de son séjour à Bagdad, pour le compte, notamment, des autorités françaises. Il m’a paru intéressant de vous livrer les conclusions tirées par cet analyste, bon connaisseur de l’Irak.</strong></p>
<p> <a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/un-jeune-garcon-apprend-le-violon-pres-de-bagdad.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2485" title="un jeune garçon apprend le violon près de Bagdad" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/un-jeune-garcon-apprend-le-violon-pres-de-bagdad.jpg" alt="" width="450" height="315" /></a></p>
<p><strong>Bagdad est méconnaissable</strong> avec ses multiples check points gardés conjointement par des militaires irakiens et des forces de protection fournies par les contractors et ses murs anti-déflagration qui enlaidissent encore une ville ingrate.</p>
<p>Chaque bâtiment officiel est une forteresse fortement gardée et protégée. Ainsi Bagdad a toutes les apparences d’une ville en état de guerre même si l’ennemi reste invisible.</p>
<p>Cependant derrière ce quadrillage pesant, la vie continue, le pays recommence à retrouver une certaine normalité, la réalité irakienne apparaît dans toute sa complexité.</p>
<p>Après plus de trente ans de régime baathiste, huit ans de guerre meurtrière ave l’Iran et treize ans de sanctions internationales particulièrement rudes, l’Irak reste encore un pays sinistré même si, l’optimisme aidant, il a touché le fond de la détresse et apparaît de nouveau sur une pente ascendante de réconciliation politique et de reconstruction économique.</p>
<div id="more-more">
<div><strong>1 &#8211; Une situation sécuritaire en voie d’amélioration.</strong></div>
<div>
<p>Après l’enfer des années 2006 et 2007, la combinaison du &#8220;<em>surge</em>&#8221; (sursaut), une certaine lassitude chez les insurgents, et l’affirmation de l’autorité du premier ministre, Nouri al-Maliki, ont permis d’améliorer les conditions de sécurité. Selon les chiffres officiels, le nombre d’incidents, qui a atteint son niveau le plus élevé entre juin 2006 et septembre 2007, a été ramené en septembre 2009 au niveau mensuel le plus bas enregistré depuis l’intervention américaine en 2003.</p>
<p>Cependant les chiffres pour ce même mois &#8211; 125 morts civils et 198 hostile incidents – montrent que cette sécurité est relative et que le risque présenté par les IED – improvised explosive device – reste présent. Les deux attentats spectaculaires du 19 août et du 25 octobre derniers à Bagdad ont touché sciemment des bâtiments publics, symboles du pouvoir, et les personnes qui se trouvaient à proximité : le bilan dans chaque cas &#8211; plus de cent morts et près de six cents blessés- remet-il en cause les progrès constatés par ailleurs ?</p>
<p>Officiellement on veut croire que ces attentats meurtriers, dont les auteurs n’ont pas été identifiés, ne sont que les derniers soubresauts de mouvements terroristes sur la défensive, voire en voie d’éradication. Le &#8220;<em>surge</em>&#8221; en combinant des actions militaires avec des mesures à caractère politique visant notamment à la réconciliation entre les communautés chiites et sunnites a permis de réduire de façon spectaculaire le niveau des violences et a contribué à démanteler le réseau d’Al Qaïda dont la capacité de nuisance a fortement diminuée.</p>
<p>Il n’en reste pas moins que d’autres groupes hostiles existent encore : des insurgés baathistes irréductibles, certaines milices chiites hostiles au gouvernement, des groupes liés à la brigade Al Qods, troupe d’élite des Gardiens de la Révolution, ou aux services de renseignements iraniens.</p>
<p>L’Iran a joué dans les derniers mois un rôle d’apaisement, notamment auprès des partisans de Moqtada al Sadr, comme du Conseil supérieur islamique en Irak. Il n’est pas impossible qu’il modifie son attitude dans la perspective de sauver d’une défaite électorale ces mouvements, voire pour répondre à de nouvelles menaces de sanctions qui seraient suscitées par les Etats-Unis dans le cadre de l’ONU.</p>
<p>Les mois qui viennent verront à la fois l’accélération du retrait des troupes américaines – en août 2010, il ne restera plus que 50.000 hommes &#8211; et la tenue des élections législatives. Ils représentent une période très sensible pour le gouvernement irakien. En toute hypothèse l’agglomération de Bagdad et la région de Kirkouk sont deux zones où les risques de violences demeurent. Comme l’a déclaré à plusieurs reprises le général Petraeus, les progrès constatés restent encore « <em>fragiles et réversibles</em> ».</p>
<p><strong> 2- Une normalisation de la vie politique.</strong></p>
<p>Les Irakiens semblent s’adapter aux règles du jeu très nouveau pour eux de la démocratie, même si son fonctionnement reste quelque peu chaotique et relève d’un régime d’assemblée, méfiante à l’égard de l’exécutif.</p>
<p>La perspective des prochaines élections législatives, qui devraient déboucher sur la formation d’un nouveau gouvernement, se prête aux grandes manœuvres politiques. Le premier ministre Maliki bénéficie d’une réelle popularité auprès de la population, qui lui sait gré d’avoir rétabli la souveraineté du pays vis à vis des Etats-Unis en signant le SOFA, accord sur le retrait des troupes américaines, et d’avoir contribué à rétablir une certaine sécurité. Aux yeux de l’opinion, son bilan est positif. Il ne cache pas sa volonté de se succéder à lui-même. La coalition qu’il met en place, bien nommée « <em>Etat de droit</em> », vise à élargir son assise électorale en y incluant des notables sunnites influents et à marginaliser les partis ou factions les plus proches de l’Iran, comme les Sadristes et le Conseil supérieur islamique d’Irak.</p>
<p>En fait, le jeu est encore très ouvert entre plusieurs coalitions qui essaient d’émerger. Il est probable qu’aucune d’entre elles n’aura la majorité au parlement et qu’il faudra mettre sur pied un gouvernement multipartite ou une multi-coalition. Dans ce contexte les grands dossiers en suspens ne seront pas réglés avant les élections (de janvier), et devront l’être par le futur gouvernement. Il en est ainsi notamment de la révision de la Constitution, réclamée par les sunnites, de la création d’une compagnie pétrolière nationale et de la répartition des revenus du pétrole entre le gouvernement fédéral et les provinces, du statut de la région de Kirkuk revendiquée par les Kurdes qui remettent en cause la politique d’arabisation menée par Saddam Hussein.</p>
<p>Le système politique irakien, avec un parlement élu à la représentation proportionnelle intégrale, relève donc d’un régime d’assemblée avec lequel le gouvernement est en perpétuel dialogue. La longueur des débats, leur caractère confus, la défense des intérêts communautaires et claniques, et la volonté de tout contrôler témoignent du rôle grandissant du parlement et des difficultés du gouvernement à faire prévaloir des solutions de compromis.</p>
<p>Cependant, par delà ses divisions, l’objectif de la majorité chiite de la population reste de conserver un pouvoir dont elle était écartée depuis la création de l’Irak. C’est un acquis qu’elle entend préserver avec détermination.</p>
<p><strong>3 – Une économie en cours de reconstruction.</strong></p>
<p>L’économie irakienne et les infrastructures publiques sont à reconstruire. Six ans après la chute du régime baathiste, le pays reste sinistré, comme en témoigne l’ampleur des besoins : à titre d’exemples, seulement 11 % de la population a accès à l’eau potable ; plus de la moitié de la population n’a d’électricité que de façon intermittente ; plus de deux millions de logements sont nécessaires pour répondre à l’afflux de la population dans les grands centres urbains.</p>
<p>A l’ampleur des besoins en équipements, il faut ajouter la désorganisation des services publics, et la fuite des élites essentiellement vers la Jordanie et la Syrie. On évalue à trois cent mille le nombre de cadres dont le retour est souhaité par les autorités.</p>
<p>Certes l’Irak, qui a bénéficié d’une annulation de sa dette à l’égard du Club de Paris à hauteur de 80 %, dispose de ressources financières importantes et connaît actuellement une phase de croissance soutenue. Malgré la crise mondiale, l’Irak aura en 2009 un taux de croissance de l’ordre de 8 % ; sa balance des paiements dégage un large excédent, de l’ordre de 15 Mds/$ en 2008, lui permettant d’accumuler des réserves de change (plus de 15 mois d’importations).</p>
<p>Cependant la forte dépendance de l’Irak à l’égard des hydrocarbures, qui représentent la quasi-totalité des recettes d’exportation comme des recettes budgétaires, rend cette économie très sensible à l’évolution des quantités produites et à celle des prix du pétrole sur le marché mondial. La production de pétrole continue de stagner à 2 M/bj, soit au niveau atteint avant 2003. L’objectif est de la tripler sur une période de six ans, pour qu’elle atteigne 6 M/bj.</p>
<p>Certes, l’Irak est une éponge imbibée d’hydrocarbures et les réserves prouvées sont considérables.Ceci suppose cependant à la fois une rénovation des installations existantes qui sont vétustes et des investissements massifs dans ce secteur. Cet objectif paraît très ambitieux compte tenu de la lourdeur des procédures d’appel d’offre, des conditions de sécurité encore précaires et de l’évolution du marché pétrolier.</p>
<p>En fait, le principal point de blocage reste un système économique obsolète, encore fortement étatisé et qui est resté à l’écart de la mondialisation. Le programme de privatisation régulièrement annoncé n’est toujours pas mis en œuvre à quelques exceptions près, notamment dans le secteur bancaire. Un programme de modernisation de l’Etat, débouchant sur une bonne gouvernance est en cours.</p>
<p>On peut s’interroger toutefois sur la bonne volonté des ministres qui entendent gérer leur administration de façon autonome pour leur propre bénéfice ou celui de leur clan. Parmi les handicaps, il convient également de souligner l’ampleur de la corruption, à tous les niveaux, qui a conduit Transparency International à inscrire l’Irak parmi les pays les plus corrompus du monde.</p>
<p>S’agissant de la reconstruction du pays, un premier programme de l’ordre de 400 Mds/$ est en cours d’élaboration, avec comme secteur prioritaire : celui des ressources hydrauliques (eau potable, irrigation) et les infrastructures de transport (Port d’Oumm Qasr, chemin de fer, métro de Bagdad). L’impression demeure cependant qu’il s’agit plus d’une shopping list que d’un véritable plan de reconstruction dérivant d’une stratégie à moyen terme.</p>
<p>Face à des ministres très jaloux de leur domaine de compétences et d’un ministère du Plan à faible autorité, il n’est pas sûr que le Higher Monitoring Committee présidé par un proche collaborateur du Premier ministre, qui doit assurer la coordination de l’ensemble de projets d’équipement, puisse imposer son autorité.</p>
<p>Ainsi l’évolution, qui devrait conduire l’Etat failli actuel à un Etat fonctionnant normalement en bonne gouvernance, sera-t-elle très lente. Ce constat contribue à expliquer une réelle prudence des entreprises et des investisseurs étrangers.</p>
<p><strong>4- Un pays qui entretient des relations difficiles avec ses voisins.</strong></p>
<p>La normalisation des relations de l’Irak avec les pays du Moyen-Orient, notamment ses voisins, est lente et assortie de nombreuses crispations.</p>
<p>L’Arabie saoudite, qui a du mal à accepter l’apparition dans son voisinage immédiat d’un pays à gouvernement chiite, n’a pas normalisé ses relations avec l’Irak : elle n’a toujours pas nommé d’ambassadeur à Bagdad. Les brimades dont est victime l’importante communauté chiite des provinces orientales de l’Arabie, la suspicion que Riyad apporte non seulement son soutien à la minorité sunnite irakienne mais apporte aussi aux insurgents un appui politique et financier voire en armements, entretiennent un contentieux et un climat de méfiance.</p>
<p>Quant à la Syrie, le gouvernement Maliki reste persuadé qu’elle continue à appuyer et à servir de base arrière à des groupes sunnites armés et hostiles au gouvernement légal.</p>
<p>La relation avec l’Iran est placée sous le signe de l’ambiguïté. Même si les principaux responsables du nouvel Irak sont chiites et ont vécu en exil en Iran, une certaine distance existe également. Certes la personnalité de l’ayatollah Sistani, qui a la nationalité iranienne, est respectée : sa volonté de calmer le jeu et son opposition passée à l’égard de l’ayatollah Khomeiny et au velayat-e-faqi sont connues. Mais l’influence pour ne pas dire l’ingérence iranienne en Irak est à la fois économique, politique et humaine. A l’évidence la brigade Al Qods, est active en Irak. Ses liens avec des milices ou groupes hostiles au gouvernement sont avérés. Officiellement, l’Iran est un pays ami et le président Talabani comme le premier ministre Maliki ont mis en garde les Etats-Unis contre toute intervention militaire en Iran. Mais la méfiance prévaut ne serait-ce que pour des raisons historiques. La solidarité entre chiites est contrebalancée par la relation conflictuelle qu’Arabes et Persans ont entretenue au cours des siècles. On observe que l’Iran joue un jeu subtil, ménageant un gouvernement ami mais entretenant des relations étroites avec des groupes qui entendent affaiblir un gouvernement jugé trop fort ou trop proche des Etats-Unis.</p>
<p>Il n’y a guère que la Turquie avec laquelle les relations politiques sont bonnes. La raison en est simple : les deux pays ont une approche très convergente du problème kurde et entendent brider toute velléité de création d’un Kurdistan indépendant. C’est pourquoi la coopération notamment militaire entre les deux pays est étroite, comme est forte la présence économique et commerciale de la Turquie qui est de fait le premier fournisseur de l’Irak.</p>
<p>En définitive, le contexte dans lequel évolue l’Irak restera difficile encore pendant plusieurs années, même si on peut espérer que la normalisation des conditions de sécurité s’affirmera progressivement. Ce pays aura encore besoin de l’appui des Etats-Unis pour se reconstruire comme pour lutter contre la violence, y compris après le retrait des troupes américaines prévu normalement pour fin 2011. Les Américains sont là et, pour reprendre les termes d’un de nos interlocuteurs, « <em>ils ne sont pas près de partir</em> ». La construction d’une ambassade-forteresse dans la zone verte où travaillent plus de 1.400 personnes en est le témoignage.</p>
</div>
</div>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Condamné à mort parce qu’il est chiite]]></title>
<link>http://mplbelgique.wordpress.com/2009/11/25/condamne-a-mort-parce-qu%e2%80%99il-est-chiite/</link>
<pubDate>Wed, 25 Nov 2009 21:51:50 +0000</pubDate>
<dc:creator>jeunempl</dc:creator>
<guid>http://mplbelgique.wordpress.com/2009/11/25/condamne-a-mort-parce-qu%e2%80%99il-est-chiite/</guid>
<description><![CDATA[Frenchy Cécile Hennion, correspondante du quotidien Le Monde, nous fait part d’une affaire non média]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://blog.libnanews.com/frenchy/2009/11/25/condamne-a-mort-parce-quil-est-chiite/" target="_blank">Frenchy</a></p>
<p><strong><a href="http://mplbelgique.wordpress.com/files/2009/11/carte-mo-religion.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-7151" title="Carte - Moyen Orient - Religions" src="http://mplbelgique.wordpress.com/files/2009/11/carte-mo-religion.jpg?w=286" alt="" width="286" height="300" /></a>Cécile Hennion, correspondante du quotidien Le Monde, nous fait part d’une affaire non médiatisée au Liban, celle de la condamnation à mort d&#8217;un ressortissant libanais <a href="http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2009/11/19/condamne-a-mort-en-arabie-saoudite-pour-avoir-dit-la-bonne-aventure-au-liban_1269293_3218.html"></a>originaire du Akkar, en Arabie Saoudite. Son tord, celui d’avoir présenté une émission de télévision au Liban, émission de voyance, genre Madame Soleil. Son autre tord, selon l’article, citant le propre frère de la victime, </strong></p>
<blockquote><p><strong>“C’est parce qu’il s’appelle Ali, pense son frère Mehdi. Il est chiite avec un nom chiite et il avait un visa iranien sur son passeport.”</strong></p></blockquote>
<p>Ali Hussein Sbat est donc condamné à la peine capitale, divisant également les autorités libanaises:</p>
<blockquote><p>“Cette étrange affaire embarrasse les autorités libanaises, elles-mêmes divisées entre sunnites et chiites, alors que l’Arabie saoudite est un “parrain” très influents au Liban.”</p></blockquote>
<p>Nous touchons ainsi le fond de l’Histoire, celui des antagonismes historiques entre sunnites et chiites, des chocs de civilisations entres musulmans et chrétiens.</p>
<p>Une autre information, cette fois-ci des confidences du Magazine, nous fait part d’une autre nouvelle inquiétante, celle de la cause des dernières attaques contre les chrétiens du Liban par le mufti du Mont Liban, le fameux Jouzou. Ce dernier, doit-on encore le rappeler, appelait justement à égorger les chrétiens, considérés comme infidèles durant<!--more--> la guerre civile. Il recevrait, selon le Magazine, des fonds de Pays du Golfe pour financer des groupuscules islamistes et notamment dans le Akkar, décidément région maudite pour les non-sunnites. L’objectif de ces groupuscules seraient de sauver les prérogatives du premier ministre -sunnite au Liban également-, estimant que le retour du Général Aoun, en 2005, son accord avec le Hezbollah en 2006 et aujourd’hui les amendements proposés pour le renforcement des prérogatives de la Présidence de la République nuisent aux sunnites libanais. On comprendra alors mieux ses dernières paroles, refusant que “les sunnites puissent être dirigés par un Président Maronite”, ou appelant encore les maronites à l’exil en Syrie, mettant dans l’embarras également les Saad Hariri et les autres Fouad Saniora.</p>
<p>Mais la question n’est pas là, il s’agit du rôle que jouent ces pétro-monarchies, pour ne pas nommer l’Arabie Saoudite dans la déstabilisation du Liban. Des ressortissants saoudiens du groupe terroriste du Fatah al Islam, souvenons-nous, ont été rapatriés à la demande de Riad et cela continue encore aujourd&#8217;hui. Le Fatah al Islam est accusé des meurtres de Pierre Gemayel, Eido, du caporal Eid, du général Francois el Hajj et qui sait de combien d’autres victimes?</p>
<p>Il faut rappeler ici qu’un des anciens ministres de l’intérieur saoudien avant les attentats du 11 septembre 2001, était un proche d’Al Qaida. Le fils de son prédécesseur lui, a été visé par un suppositoire explosif. Il faut rappeler que Ben Laden lui-même avait dit s’être inspiré de Beyrouth en feu lors de l’invasion israélienne de 1982 pour le World Trade Center. Il faut rappeler que les islamistes au Liban ont tenté une première fois d’établir un émirat islamique au Nord Liban en 1984. Il faut ensuite se souvenir que certains dirigeants libanais soutenaient ouvertement l’arrivée d’une coalition hétérogène en Syrie après l’attentat visant Rafic Hariri, coalition composée de Khaddam, ancien vice-roi du Liban sous Hafez el Assad et bourreau de Hama et Frères Musulmans, eux également à Hama mais de l’autre coté.</p>
<p>Aucune nouvelle des islamistes de Nahr Bared, du moins officiellement, les autorités judiciaires libanaises semblent les avoir oubliés, comme elles oublient d’ailleurs le cas d’Ali Hussein Sbat, alors que certains se targuent d’être dans les bons papiers du roi Abdallah d’Arabie Saoudite.</p>
<p><a href="http://www.lefigaro.fr/international/2006/04/17/01003-20060417ARTFIG90169-au_koweit_les_chiites_relevent_la_tete.php"></a>Koweït, Yémen, où rebelles Houtis se font bombarder par l&#8217;Arabie Saoudite, guerre par procuration comme le qualifie le Colonel Français Jean Louis Dufour, interpellation de chiites à Bahrein en 2007, voir en Arabie Saoudite même, certains analystes estiment qu’il s’agit avant tout d&#8217;une confirmation entre croissant chiite et sunnite, l’Égypte ou Moubarak parle d’une 5ème colonne chiite, les régimes traditionnels arabes, eux soutenus par les USA et pas vraiment démocratiques se sentent menacés par des minorités chiites, accusées alors d’être soutenues par l’Iran.</p>
<p>Une carte de la répartition des religions au Moyen-Orient ne peut que nous convaincre que la plupart des conflits actuels dans la région est avant tout d’origine religieuse comme au Yémen, en Irak, voir dans les zones pétrolifères saoudiennes et les pays du Golfe, et le Liban est mal placé en cela, puisqu’il s’agit d’un pays de minorités dans un environnement globalement sunnite.</p>
<p>Peut être que certaines monarchies, face à des minorités religieuses dans leur propre pays, veulent exporter “la menace chiite” vers le Liban sous des couverts électoraux, comme le dénonçait Walid Joumblatt après les élections législatives de 2009, qualifiées de sectaires et voulant aujourd’hui ouvertement éviter un conflit “inter-musulman” sans toutefois en dire plus. Et cela, Ali Hussein Sbat en paye peut-être le prix.</p>
<p><em>PS: Ce billet traite de l’Arabie Saoudite et non de l’Iran. L’Iran est un sujet par lui-même qui pourra être traité ultérieurement.</em></p>
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