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	<title>bernard-guetta &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
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	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "bernard-guetta"</description>
	<pubDate>Sat, 26 Dec 2009 19:38:17 +0000</pubDate>

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<title><![CDATA[Conversations sur le Bosphore]]></title>
<link>http://acturca.wordpress.com/2009/10/24/conversations-sur-le-bosphore/</link>
<pubDate>Sat, 24 Oct 2009 22:35:42 +0000</pubDate>
<dc:creator>acturca</dc:creator>
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<description><![CDATA[Le Temps (Suisse), 24 octobre 2009 Bernard Guetta La scène se passe à Istanbul, fenêtres ouvertes su]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>Le Temps (Suisse), 24 octobre 2009</p>
<p>Bernard Guetta</p>
<p>La scène se passe à Istanbul, fenêtres ouvertes sur le Bosphore. La Tusiad, l’organisation du patronat turc, y organisait, hier, une journée de discussions sur les relations entre la France et la Turquie, sujet brûlant depuis que Nicolas Sarkozy s’est fait l’adversaire le plus déterminé de l’entrée des Turcs dans l’Union européenne.<!--more--> Le débat vole haut, histoire, géopolitique, civilisations, et soudain une philosophe, professeure à l’Université Galatasaray, s’adresse aux invités français: «Le problème, leur dit-elle, est que vos sociétés sont beaucoup moins sécularisées que la société turque.»</p>
<p>Aussi bien disposés qu’ils soient vis-à-vis de la Turquie, les Français en restent cois mais cette dame poursuit, dans un français comme on n’en parle plus à Paris. «Les Turcs, dit-elle, ne voient aucune difficulté à s’intégrer à un monde chrétien alors que beaucoup d’Européens ont le plus grand mal à envisager qu’un pays musulman entre dans leur Union.» Que répondre à cela? Rien.</p>
<p>Rien parce que c’est vrai et cette philosophe en rajoute, d’une voix égale: «L’Europe ne peut pas être européenne sans la Turquie», conclut-elle dans une seconde provocation qu’un Français approuve aussitôt. Rappelant la présence turque dans les Balkans et le poids politique que les hommes qui en venaient avaient pris dans l’ancien Empire ottoman, il lance, lui: «On ne peut pas imaginer l’Europe sans cette ville, l’ancienne Constantinople, où se mêlaient la philosophie grecque, le droit romain et la chrétienté.»</p>
<p>On a, alors, envie d’ajouter qu’on le pourrait d’autant moins que la conquête de Constantinople n’avait rien changé à cela; qu’il y a un siècle et demi que l’Empire ottoman s’était tourné vers les capitales et la technologie européennes; que le XIXe siècle appelait cet empire «l’homme malade de l’Europe» – de l’Europe et pas de l’Asie – et que la laïcité turque passe victorieusement l’épreuve d’un gouvernement islamiste qui ne la remet pas en cause et ferraille, aux côtés des élites modernistes de ce pays, en faveur de l’adhésion à l’Union.</p>
<p>Il y a des instants qu’on ne regrette pas d’avoir vécus, mais revenons aux temps présents. Pourquoi le refus de la Turquie est-il pratiquement le seul point sur lequel Nicolas Sarkozy n’ait pas varié entre ses discours de campagne et sa présidence?</p>
<p>Parce que c’est la manière la plus consensuelle, dira-t-on, de s’attacher l’électorat du Front national. C’est, en effet, une partie de la réponse. En disant «non» à la Turquie au nom de la géographie et de la nécessité de fixer des frontières à une Union dont les capacités d’extension ne sont pas illimitées, le président français revêt d’habits décents le rejet des musulmans par une extrême droite qui lui en sait gré. C’est électoralement efficace, encore plus que la brutalité des expulsions de sans-papiers qui finit par choquer beaucoup de gens, mais cette politique a une autre explication, bien plus profonde.</p>
<p>«France d’en bas» et «France d’en haut», la France n’a jamais vibré pour aucun des élargissements de l’Union parce qu’elle a toujours vu dans l’Europe une super France, à même de lui conserver le poids qu’elle n’a plus dans le monde et que, plus l’Union a de membres, plus l’influence française y devient relative. L’argument est tout sauf vil, mais le paradoxe est que la France ne sait pas voir que la Turquie a la même ambition qu’elle et que son adhésion, celle d’une puissance militaire, politiquement influente au Proche-Orient et en Asie centrale, en pleine expansion économique, contribuerait de façon décisive à faire de l’Union un acteur de la scène internationale. Il serait temps que la France s’intéresse aux atlas.</p>
</div>]]></content:encoded>
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<title><![CDATA[Pourquoi gifler les Turcs ? ]]></title>
<link>http://acturca.wordpress.com/2008/06/04/pourquoi-gifler-les-turcs/</link>
<pubDate>Wed, 04 Jun 2008 23:26:08 +0000</pubDate>
<dc:creator>acturca</dc:creator>
<guid>http://acturca.wordpress.com/2008/06/04/pourquoi-gifler-les-turcs/</guid>
<description><![CDATA[Libération (France), mercredi 4 juin 2008 Par Bernard Guetta * On pourrait dire qu’elle «se trompe» ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>Libération (France), mercredi 4 juin 2008</p>
<p>Par Bernard Guetta *</p>
<p>On pourrait dire qu’elle «se trompe» ou «s’aveugle», mais non. Ces mots seraient trop faibles. La France débloque sur la Turquie, ardemment, obstinément, passionnément, mais pourquoi ?<!--more--> Comment expliquer qu’elle mette tant de zèle à contrer l’adhésion de ce pays à l’Union européenne alors que l’un des grands défis de ce siècle, le plus pressant, sera d’éviter que l’Islam ne se coalise contre l’Occident dans un désir de revanche historique ? Comment comprendre, surtout, que la France aille sacrifier ainsi l’amitié d’un pays qui s’était reconstruit, dans les années vingt, en lui empruntant ses lois et sa laïcité, qui l’admirait, la révérait même, et voulait marcher sur ses traces ?</p>
<p>L’intérêt de la France serait de se faire l’avocat de la Turquie. Sa présence et son rayonnement en seraient renforcés dans un pays dont les élites demeurent francophones et dont la croissance est l’une des plus fortes du continent. La France contribuerait, par là, à montrer au monde musulman que sa renaissance n’est pas à chercher dans une fuite éperdue vers un passé mythifié mais dans un rapprochement avec ce pôle de libertés et de bien-être qu’est l’Europe, ce voisin auquel le lient inextricablement l’histoire et la géographie. Avec cette adhésion, avec l’entrée de la Turquie en Europe ou, plutôt, de l’Europe en Turquie, la France et l’Union créeraient une vitrine occidentale aux portes du Proche-Orient. Par la paix, elles réussiraient, à Ankara, ce que l’Amérique a échoué à faire, à Bagdad, par la guerre. Tout plaide pour l’adhésion turque mais sa seule éventualité révulse si profondément les Français que Jacques Chirac avait fait inscrire dans la Constitution l’obligation de soumettre à référendum tout nouvel élargissement de l’Union.</p>
<p>Bien que cela n’ait pas empêché le «non» de l’emporter en 2005, le candidat Sarkozy avait fait de ce rejet un thème de campagne. D’une amie, la France s’était fait une ennemie et voilà qu’elle enfonce le clou. Sitôt élu, le président Sarkozy avait réalisé que, Turquie ou pas, l’évolution des frontières européennes ne pouvait pas dépendre des moments de la politique intérieure française. Il s’était résigné à profiter des modifications institutionnelles pour passer la disposition Chirac à la trappe mais un amendement de sa majorité la rétablit, désormais, en bien pire. Ce n’est plus toute nouvelle adhésion qui demanderait référendum. C’est uniquement celle d’un pays dont la population représente plus de 5 % de celle de l’Union &#8211; autrement dit, la Turquie.</p>
<p>La France s’apprête à constitutionnaliser son hostilité à un pays, si ce n’est nommé, parfaitement bien décrit. C’est du jamais vu et, tout cela, pour quelle raison ? Parce que la Turquie ne serait «pas située en Europe» ? C’est oublier que l’Europe, contrairement à l’Amérique, n’a pas de frontières naturelles, que la Turquie était considérée, au XIXe siècle, comme «l’homme malade de l’Europe», pas de l’Asie, et qu’on ne s’était pas embarrassé de telles arguties géographiques lorsqu’on l’avait fait entrer dans l’Alliance atlantique.</p>
<p>Serait-ce donc parce qu’elle est musulmane, comme on ne le dit pas ? Elle l’est, en effet, mais elle est, avant tout, laïque, tellement laïque que l’autorisation du voile à l’université, incontestée en France, y provoque, ce printemps, une crise politique sans précédent. Est-ce alors, car on le dit, parce qu’elle pourrait devenir le pays ayant le plus de députés au Parlement européen ? C’est vrai mais, outre que les députés européens ne siègent pas en groupes nationaux mais politiques, la Turquie serait bien minoritaire si la ligne de fracture devenait religieuse à Strasbourg.</p>
<p>Non. Si la France donne d’elle-même une si pauvre image et se tire si bien dans le pied, c’est pour une tout autre raison. La peur de l’islam joue, bien sûr, mais la France, en l’affaire, a peur de l’Europe. Une majorité de Français ne se reconnaît plus dans une Union que la France et l’Allemagne ne peuvent plus piloter à elles seules. Les Français craignent que l’Union ne devienne le cheval de Troie de la mondialisation au lieu d’être l’instrument de sa régulation. Ils veulent qu’elle devienne gouvernable et démocratique avant qu’un élargissement indéfini ne la rende définitivement ingouvernable. Très bien.</p>
<p>Ces raisons-là sont légitimes mais, plutôt que de craindre la puissance de l’Europe, plutôt que de refuser de la projeter là où elle est appelée, il s’agit de l’organiser, de resserrer ses membres fondateurs autour de politiques communes, de jeter ainsi les bases d’une Europe fédérale &#8211; de savoir répondre aux défis de l’époque plutôt que de gifler les Turcs.</p>
<p><em>* Bernard Guetta est membre du Conseil de surveillance de Libération.</em></p>
</div>]]></content:encoded>
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<title><![CDATA[Grandes manœuvres au Proche-Orient]]></title>
<link>http://acturca.wordpress.com/2008/05/24/grandes-manoeuvres-au-proche-orient/</link>
<pubDate>Sat, 24 May 2008 17:10:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>acturca</dc:creator>
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<description><![CDATA[Le Temps (Suisse), 24 mai 2008 Bernard Guetta Tout bouge au Proche-Orient. Tout y change à vue d]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>Le Temps (Suisse),  24 mai 2008</p>
<p>Bernard Guetta</p>
<p>Tout bouge au Proche-Orient. Tout y change à vue d&#8217;œil, mais reste à savoir dans quelle direction. Au premier regard, tout semble sourire au «croissant chiite», à l&#8217;Iran, à la Syrie et au Hezbollah libanais qui marquent des points puisque le Hezbollah a fini par obtenir tout ce qu&#8217;il exigeait depuis dix-huit mois.<!--more--> Ses ministres disposeront d&#8217;un droit de veto sur les décisions du gouvernement. Ils y siégeront donc à nouveau et rien ne pourra plus se faire au Liban sans l&#8217;accord d&#8217;un mouvement chiite soutenu par l&#8217;Iran et la Syrie.</p>
<p>Plus spectaculaire encore, le Hezbollah n&#8217;a pas eu à renoncer à ses armements, contrairement à ce que se demandait la majorité libanaise constituée par les chrétiens et les sunnites. Le seul engagement qu&#8217;il ait eu à prendre est de ne pas les utiliser au Liban même, dans les déchirements politiques de ce pays, mais seulement en cas d&#8217;affrontements avec Israël.</p>
<p>En lutte depuis trois décennies pour sortir de leur statut de minoritaires sans poids politique institutionnel, les chiites viennent, autrement dit, de s&#8217;imposer en force incontournable à Beyrouth. Tous les équilibres internes du Liban en sont modifiés et, régionalement parlant, l&#8217;Iran gagne, sur toute la ligne, puisqu&#8217;il est le grand protecteur du Hezbollah.</p>
<p>Si l&#8217;on dépasse, en revanche, le seul Liban, les choses sont beaucoup plus complexes. Au moment même où se concluait cet accord libanais, Israël et la Syrie ont confirmé la tenue de conversations bilatérales, sous l&#8217;égide de la Turquie. Elles étaient amorcées depuis plusieurs mois mais il est maintenant officiel, absolument clair en tout cas, qu&#8217;Israéliens et Syriens explorent les possibilités d&#8217;un accord de paix fondé sur des concessions d&#8217;ampleur.</p>
<p>Les premiers rétrocéderaient aux seconds le plateau du Golan qu&#8217;ils avaient conquis en 1967 et annexé en 1981. Les seconds s&#8217;engageraient auprès des premiers à arrêter le transit par leur territoire des armes iraniennes livrées au Hezbollah; à retirer leur soutien aux islamistes palestiniens du Hamas dont ils hébergent la direction et à rompre, surtout, leur alliance privilégiée avec l&#8217;Iran.</p>
<p>L&#8217;histoire est jalonnée de tentatives de paix entre Jérusalem et Damas. Toutes ont échoué. Tout peut encore faire capoter ces discussions mais, outre qu&#8217;elles ne semblent pas si mal parties, qu&#8217;Israël parle des «concessions douloureuses» qu&#8217;il envisagerait de faire et que les Syriens confirment l&#8217;offre de restitution du Golan, le fait est que la paix serait aujourd&#8217;hui dans l&#8217;intérêt des deux parties.</p>
<p>Les Syriens y trouveraient l&#8217;occasion de renouer avec les puissances occidentales et de réaffirmer leur influence au Liban. Leur régime en serait consolidé sur la scène internationale. La récupération du Golan lui redonnerait même un certain prestige intérieur. Quant aux Israéliens, l&#8217;avantage militaire qu&#8217;ils perdraient en abandonnant ces hauteurs stratégiques serait très largement compensé par les bénéfices politiques qu&#8217;ils en retireraient.</p>
<p>D&#8217;un coup, d&#8217;un seul, ils relativiseraient l&#8217;influence iranienne; s&#8217;assureraient de la sécurité de leur frontière avec le Liban; couperaient le Hezbollah de l&#8217;Iran et le réduiraient à une force politique libanaise parmi d&#8217;autres; se feraient reconnaître par un nouveau pays arabe; isoleraient le Hamas dans son bastion de Gaza et faciliteraient ainsi les difficiles pourparlers de paix qu&#8217;ils mènent avec le président palestinien. Nul ne sait encore si l&#8217;Iran sortira gagnant ou perdant de ce grand jeu. La certitude est qu&#8217;il en est au cœur.</p>
</div>]]></content:encoded>
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