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	<title>bon-lait &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
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	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "bon-lait"</description>
	<pubDate>Sun, 03 Jan 2010 18:06:37 +0000</pubDate>

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<title><![CDATA[Je me souviens de ma banlieue à Bron]]></title>
<link>http://philippelazare.wordpress.com/2008/02/09/je-me-souviens-de-ma-banlieue-a-bron/</link>
<pubDate>Sat, 09 Feb 2008 08:00:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>philippelazare</dc:creator>
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<description><![CDATA[Ah les rouages complexes du souvenir ! Un édito à écrire sur les banlieues. L&#8217;envie de parler ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><div style="text-align:justify;"><font size="4"><span style="font-family:Verdana,Arial,Helvetica,sans-serif;">Ah les rouages complexes du souvenir ! Un édito à écrire sur les banlieues. L&#8217;envie de parler de mon enfance dans une cité à Bron. Elle s&#8217;appelait &#8220;La Caravelle&#8221;, en face des bâtiments bleus. Je la revois comme un grand ensemble craignos dans sa construction mais pas comme un lieu de violence. C&#8217;était de la fin des années 1960 à 1971. Sur le chemin de l&#8217;école, il y avait encore une ferme où mon père allait acheter des produits. Le fermier nous offrait des bonbons en forme de lune. Je me souviens qu&#8217;un jour, sa femme a été écrasé par une camionnette. Ensuite il y avait le stade et sa piste en mâchefer et l&#8217;hébergement d&#8217;urgence pour des gitans qui est resté là jusque dans les années 1980. Je sais qu&#8217;à l&#8217;école, je faisais des rédactions sur des animaux africains ou sur des matchs qui se terminaient sur un score nul et c&#8217;était très bien pour tout le monde. J&#8217;avais de bonnes notes. Les profs nous soutenaient bien. Au bout de la cour et des installations sportives -nous réinventions un panneau de basket en sous-marin- il y avait un champ où nous ramassions des silex pour faire des étincelles quand la nuit tombait, l&#8217;hiver. J&#8217;avais un copain arabe avec qui je m&#8217;entendais bien. Un jour, je lui ai dit que mon père, Gilbert, était raciste. A l&#8217;époque, il était CRS, il avait encore une R10 avec laquelle il a eu ensuite un accident à la sortie de &#8220;La Caravelle&#8221;. En 1968, avec ses collègues, il était sur le front des manifs. Ma mère passait ses journées à la fenêtre à se demander s&#8217;il allait rentrer. Les &#8220;mao spontex&#8221; n&#8217;étaient pas des tendres à Lyon. Quand elle buvait le café avec une autre femme de CRS qui habitait le bloc voisin je crois, ma mère se moquait avec elle de leurs maris &#8220;qui ressemblent à Obélix avec leur gros bouclier rond&#8221;. Je crois qu&#8217;elles faisaient erreur. Je n&#8217;ai jamais vu le héros d&#8217;Uderzoo avec un bouclier. Dans la cuisine, il y avait une volière avec des tourterelles. J&#8217;adore toujours ces oiseaux mais les entendre chanter dès 5h 30, c&#8217;était un tout petit peu casse-couille.</span></font><font size="4"><span style="font-family:Verdana,Arial,Helvetica,sans-serif;">Le soir, quand je m&#8217;endormais dans la petite alcôve attenante à la salle à manger avec mon frère dans l&#8217;autre lit à côté, je cherchais un trésor. Ma stratégie était très particulière puisque j&#8217;avais planqué une petite cuillère et je creusais dans le mur de plâtre. Comme dans ces cités, les cloisons n&#8217;étaient guère épaisses, j&#8217;ai dû faire un beau trou à force de rêver et de m&#8217;obstiner. Je n&#8217;aurais pas pu jouer dans &#8220;Prison Break&#8221;. Une cuillère ne fait pas une évasion ni un scénario.</span></font><font size="4"><span style="font-family:Verdana,Arial,Helvetica,sans-serif;">En face de notre bloc, au milieu de la cité, il y avait une tour avec une route circulaire autour. Nous faisions du patin autour et nous tournions toujours dans le même sens puisque je revois les roues usées d&#8217;un seul côté. Je ne sais plus quel jour, il y avait un marchand de glace qui venait à &#8220;La Caravelle&#8221;. Il s&#8217;annonçait à grands coups de klaxon, c&#8217;était un joli camion avec ses frigos derrière et nous laissions tout tomber pour ses multiples parfums de crème glacée.</span></font></p>
<p><font size="4"><span style="font-family:Verdana,Arial,Helvetica,sans-serif;">A la sortie de la cité, il y avait un &#8220;Bon Lait&#8221;, une supérette. Je me souviens du regard interrogatif de la marchande lorsque je lui avais demandé pour ma mère Angèle qui m&#8217;envoyait faire les courses &#8220;un hecto de râpé&#8221;. Les Lyonnais ne parlaient pas comme les Marseillais. C&#8217;est drôle, en écrivant cela, je me souviens aussi que, confiante, ma mère me laissait aller aux commissions et à l&#8217;école. Je devais avoir huit ans. Est-ce qu&#8217;aujourd&#8217;hui, c&#8217;est possible dans des banlieues un peu dures de Lyon? </span></font></div>
</div>]]></content:encoded>
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