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	<title>cannibales &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
	<link>http://en.wordpress.com/tag/cannibales/</link>
	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "cannibales"</description>
	<pubDate>Tue, 08 Dec 2009 06:03:08 +0000</pubDate>

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<title><![CDATA[Cannibales]]></title>
<link>http://psycheinhell.wordpress.com/2008/11/17/cannibales/</link>
<pubDate>Mon, 17 Nov 2008 21:22:40 +0000</pubDate>
<dc:creator>psycheinhell</dc:creator>
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<description><![CDATA[Cannibales Recueil thématique Auteur : Yael Assia Publication : Books on Demand Année : 2008 Photogr]]></description>
<content:encoded><![CDATA[Cannibales Recueil thématique Auteur : Yael Assia Publication : Books on Demand Année : 2008 Photogr]]></content:encoded>
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<title><![CDATA[Divagations sur fond de FOOOORE]]></title>
<link>http://jackdrew.wordpress.com/2008/08/20/divagations-sur-fond-de-foooore/</link>
<pubDate>Thu, 21 Aug 2008 00:51:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>Drew</dc:creator>
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<description><![CDATA[Si les légumes, les fruits et le tofu avaient une bouche&#8230; C&#8217;est quoi qu&#8217;ils feraie]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><img style="margin:5px;" src="http://www.sheratonsandkey.com/gallery/album6/high/Sand-Trap.jpg" alt="" width="185" height="135" align="left" /> Si les légumes, les fruits et le tofu avaient une bouche&#8230; C&#8217;est quoi qu&#8217;ils feraient les végétariens??? Ils tomberaient dans les vapes après chaque bouchée où le dit aliment sus-mentionné crierait: &#8220;AYOYE TABARNAK!!!! T&#8217;es en train de me tuer!!!!&#8221; Ou si la bouchée aurait été trop grosse: &#8220;OSTI DE CAVE!!!! T&#8217;aurais pu enlever ton dentier!!!&#8221; La viande au moins elle ne crie pas.</p>
<p>Je peux pas croire qu&#8217;en ce moment&#8230; J&#8217;écoute la poule aux oeufs d&#8217;or comme bruit de fond! Z&#8217;avez même pas idée combien je donnerais pour me retrouver dans un ascenseur avec de la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Muzak" target="_blank">Muzak</a>. Mais bon&#8230; Un gars apprends de ses erreurs, faut pas contredire la Reine quand elle est en <a href="http://marcobergeron.blogspot.com/2008/08/montreal-nord.html">SPM</a>&#8230;</p>
<p>Les voisins sont en pleine troisième guerre mondiale de qui aura le plus beau terrain&#8230; Z&#8217;ont juste pas compris que sur la rue où nous sommes le concours c&#8217;est le terrain le plus laid! Pis que c&#8217;est nous qui gagnons le jackpot ouais!!!!!! <img src='http://s.wordpress.com/wp-includes/images/smilies/icon_cool.gif' alt=':cool:' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Pis le gars là&#8230; Y&#8217;a du talent pas à peu près!</p>
<div id="scid:5737277B-5D6D-4f48-ABFC-DD9C333F4C5D:5e8dd887-e62e-42b2-8365-29923ccb8625" class="wlWriterSmartContent" style="display:inline;margin:0;padding:0;">
<div><span style='text-align:center; display: block;'><object width='425' height='350'><param name='movie' value='http://www.youtube.com/v/QQlzX7EyIwU&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' /><param name='allowfullscreen' value='true' /><param name='wmode' value='transparent' /><embed src='http://www.youtube.com/v/QQlzX7EyIwU&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' type='application/x-shockwave-flash' allowfullscreen='true' width='425' height='350' wmode='transparent'></embed></object></span></div>
</div>
<p>Tellement pris de temps à finir ce billet là que <a href="http://www.canoe.com/infos/societe/archives/2008/08/20080820-091701.html">la poule est finie</a> <img src='http://s.wordpress.com/wp-includes/images/smilies/icon_sad.gif' alt=':(' class='wp-smiley' />  Pis là je me tappe le show de Jean-Michel Anctil&#8230; Y&#8217;est pire que Peter McLeod lui! La moitié du show c&#8217;était de l&#8217;entendre rire de ses jokes <img src='http://s.wordpress.com/wp-includes/images/smilies/icon_mad.gif' alt=':mad:' class='wp-smiley' />  Il devrait <a href="http://www.youtube.com/watch?v=1l1WyvWA6-Q">boire de l&#8217;eau</a> plus souvent!</p>
<p>Je dédie ce billet à <a href="http://www.sylvainmarcoux.com/blogue/">Sylvain Marcoux</a></p>
<div id="scid:0767317B-992E-4b12-91E0-4F059A8CECA8:2dca622a-db59-4d9a-98fd-f7b3ebd1a365" class="wlWriterSmartContent" style="display:inline;margin:0;padding:0;">Mots clés Technorati : <a rel="tag" href="http://technorati.com/tags/Voisins">Voisins</a>,<a rel="tag" href="http://technorati.com/tags/Youtube">Youtube</a>,<a rel="tag" href="http://technorati.com/tags/V%c3%a9g%c3%a9tariens">Végétariens</a>,<a rel="tag" href="http://technorati.com/tags/Cannibales">Cannibales</a>,<a rel="tag" href="http://technorati.com/tags/Talent">Talent</a></div>
</div>]]></content:encoded>
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<title><![CDATA[Hommes de zoo au temps des colonies]]></title>
<link>http://ethnolyceum.wordpress.com/2008/04/22/zoos-humains-au-temps-des-colonies/</link>
<pubDate>Tue, 22 Apr 2008 13:26:57 +0000</pubDate>
<dc:creator>Fred</dc:creator>
<guid>http://ethnolyceum.wordpress.com/2008/04/22/zoos-humains-au-temps-des-colonies/</guid>
<description><![CDATA[Article de Sylvie BRIET publié dans Libération en 2002 à l’occasion de la parution aux Editions La D]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:justify;"><span style="color:#00ff00;">Article de Sylvie BRIET publié dans <a href="http://www.liberation.fr/" target="_blank">Libération</a> en 2002 à l’occasion de la parution aux Editions La Découverte de <em>Zoos humains</em>, un ouvrage réalisé par des ethnologues et des historiens sur les exhibitions d’ «indigènes» en Europe à la fin du XIXe et au début du XXe siècle.</span></p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://ethnolyceum.files.wordpress.com/2008/04/ashanti.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-241" src="http://ethnolyceum.wordpress.com/files/2008/04/ashanti.jpg?w=216" alt="" width="216" height="300" /></a></p>
<p style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:35.4pt;"><span style="font-size:9pt;font-family:Verdana;">Qui se souvient de 1931, pas de la grande exposition coloniale mais de l’exhibition des Kanaks venus pour l’occasion, parqués au jardin d’Acclimatation du bois de Boulogne et pour qui les visiteurs payaient 5F supplémentaires ? Le prospectus titrait alors « cannibales ». Ensuite ils furent envoyés en tournée en Allemagne. Cette exposition fut la dernière du genre en France. Mettant un terme à soixante ans de shows ethniques qui eurent lieu dans toute l’Europe et aux Etats-Unis et connurent leur heure de gloire à la fin du XIXème siècle. […]</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:35.4pt;"><span style="font-size:9pt;font-family:Verdana;">Au XIXème siècle, la France et d’autres pays européens consolident leurs empires coloniaux. Mais qui a vu en chair et en os l’Africain, l’Indien, le Kanak, l’inconnu, l’indigène ? En 1875, Carl Hagenbeck, commerçant de Hambourg à la tête d’un commerce d’animaux sauvages sans doute inspiré par l’Américain Barnum qui présentait des phénomènes, inaugure un ethno-show avec des Lapons. Succès foudroyant. Les années suivantes, il présente des Nubiens du Soudan égyptien, d’abord en Allemagne, puis à Londres et à Paris. Napoléon III a inauguré le jardin d’acclimatation du bois de Boulogne conçu pour accueillir des animaux exotiques : végétation luxuriante, girafes, ours, kangourous… Et en 1877, pour la 1<sup>ère</sup> fois, des hôtes humains ainsi décrits par un membre de la société d’anthropologie : « <em>Toute cette ménagerie africaine était escortée par 14 grands gaillards drapés de blanc, au corps de bronze, à la chevelure bizarre… On conçoit aisément que la curiosité du public fut vivement excitée à la vue de tous ces êtres étranges…</em> » Les chameliers indigènes suscitent une curiosité bien plus grande que les animaux qu’ils sont venus accompagner. Et la fréquentation du jardin zoologique d’Acclimatation double cette année-là. […] On met alors l’accent sur le côté primitif ou exotique : si l’indigène exposé est cannibale, il mange de la viande crue devant les spectateurs et prend l’air féroce. Mais il est facilement qualifié de doux et frêle, habile et gracieux s’il vient d’Inde, considéré comme moins barbare qu’un Fuégien ou un Peau-Rouge. Quant aux Africains, Arabes, Indochinois, Polynésiens, Kanaks, on en exhibe un, puis des groupes entiers, puis on reconstitue des villages. Ils sont payés, volontaires, car on leur fait miroiter un voyage et de l’argent. Certains retournent dans leur pays, d’autres meurent en Europe. « <em>C’est, au cœur de l’Europe, une façon de valider l’entreprise coloniale puisque ces gens n’étaient que des sauvages. L’identité du Blanc se fait en fonction de ce qu’il n’est pas. C’est le regard que l’on porte sur l’autre. Et nous sommes imbibés de ça</em> », explique Pascal Blanchard.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:35.4pt;"><span style="font-size:9pt;font-family:Verdana;">Au départ, les scientifiques se réjouissent de cette opportunité. Cinquante ans plus tôt, la Vénus hottentote a été la première concilier les intérêts du monde du spectacle et de la science. Cette femme, originaire d’Afrique du Sud, exhibée en Angleterre et en France dans des conditions dégradantes à cause de ses particularités physiques, a été disséquée par Cuvier en 1816. Dans son rapport Cuvier exprime un concentré de théorie raciste et montre comment la Vénus était plus proche de l’animal que de l’homme. Lorsque les expositions commencent, les scientifiques sont contents. Ils ont leur spécimens à domicile. Ils demeurent convaincus de l’inégalité entre les races, persuadés pour la plupart que ces peuples inférieurs étaient condamnés à disparaître, qu’il était donc intéressant d’étudier les spécimens restants. De fait, les scientifiques n’ont rien à redire. Ils valident ces exhibitions puisqu’elles présentent un intérêt scientifique. « <em>On leur demandait d’expliquer le monde, de le classer. La science, à l’époque, c’était la mesure. On pensait que les différences physiques étaient la clé qui permettrait de classifier les races humaines. On se posait des questions telles que : un Esquimau et une Africaine peuvent-ils avoir des enfants ensembles, a priori non, mais d’après eux, il aurait fallu essayer</em> », explique Gilles Boëtsch, anthropologue (CNRS Université de la Méditerranée). […]</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:35.4pt;"><span style="font-size:9pt;font-family:Verdana;">De fait, la Première Guerre mondiale donne un coup d’arrêt aux exhibitions : ces Africains qui versent leur sang pour la France méritent quelque considération. 1931 sera la dernière grande date avec l’Exposition coloniale internationale. Le ton officiel a changé : le ministre des Colonies déplore la curiosité malsaine du public qui se presse pour voir des types inférieurs d’humanité.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:right;" align="right"><span style="font-size:9pt;font-family:Verdana;">Sylvie BRIET,<em> Libération</em>, 26 mars 2002. </span></p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://ethnolyceum.files.wordpress.com/2008/04/zoo_humain1.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-242" src="http://ethnolyceum.wordpress.com/files/2008/04/zoo_humain1.jpg?w=200" alt="" width="200" height="198" /></a> <a href="http://ethnolyceum.files.wordpress.com/2008/04/zoo_humain2.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-243" src="http://ethnolyceum.wordpress.com/files/2008/04/zoo_humain2.jpg?w=155" alt="" width="155" height="198" /></a></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#00ff00;">Un article          &#8220;<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2000/08/BANCEL/14145" target="_blank"><em>Ces zoos humains de la République coloniale</em></a>&#8221; a été          publié par le <a href="http://www.monde-diplomatique.fr/" target="_blank"><strong>Monde Diplomatique</strong></a> et réédité dans le n° spécial de          <em>Manière de voir</em> de l&#8217;été 2001.</span></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Michel de MONTAIGNE : Des cannibales]]></title>
<link>http://ethnolyceum.wordpress.com/?p=130</link>
<pubDate>Sat, 19 Apr 2008 14:09:40 +0000</pubDate>
<dc:creator>Fred</dc:creator>
<guid>http://ethnolyceum.wordpress.com/?p=130</guid>
<description><![CDATA[Étude de documents. . Après une carrière politique qui l’a mené au Parlement de Bordeaux, MONTAIGNE ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><div class="Section1"><strong><span style="color:#ff9900;">Étude de documents.</span></strong></div>
<div class="Section1"><span style="color:#000000;">.</span></div>
<div class="Section1"><span style="color:#00ff00;">Après une carrière politique qui l’a mené au Parlement de Bordeaux, MONTAIGNE (1533-1592) se retire de la vie publique et commence à rédiger les <em>Essais</em> dès 1572.</span></div>
<div class="Section1"><span style="color:#00ff00;">Ce grand livre, dont la première édition paraît à Bordeaux en 1580, est davantage qu’un auto-portrait: il nous renseigne sur nous-mêmes et sur la nature humaine en général. Dans l’extrait ci-dessous, MONTAIGNE parle des habitants de ce Nouveau-Monde que l&#8217;on vient de découvrir. Il se demande notamment si ces indigènes du Brésil sont aussi sauvages qu&#8217;on le prétend:</span></div>
<div class="Section1">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;padding-left:60px;">Il n&#8217;y a rien de barbare et de sauvage en cette nation, à ce qu&#8217;on m&#8217;en a rapporté, sinon que chacun appelle barbarie ce qui n&#8217;est pas de son usage; comme de vray, il semble que nous n&#8217;avons autre mire de la vérité et de la raison que l&#8217;exemple et idée des opinions et usances du païs où nous sommes. (&#8230;) Ces nations me semblent doncq barbares, pour avoir receu fort peu de façon de l&#8217;esprit humain, et estre encore fort voisines de leur naifveté originelle. Les loix naturelles leur commandent encores, fort peu abastardies par les nostres, mais c&#8217;est en telle pureté, qu&#8217;il me prend quelque fois desplaisir dequoy la cognoissance n&#8217;en soit venuë plustost, du temps qu&#8217;il y avoit des hommes qui en eussent sceu mieux juger que nous. (&#8230;) C&#8217;est une nation en laquelle il n&#8217;y a aucune espece de trafique; nul cognoissance de lettres; nulle science de nombres; nul nom de magistrat, ny de supériorité politique; nul usage de service, de richesse ou de pauvreté; nuls contrats; nulles successions; nuls partages; nulles occupations qu&#8217;oysives; nul respect de parenté que commun, nuls vestemens; nulle agriculture; nul metal; nul usage de vin ou de bled. (&#8230;)</p>
</div>
<div class="Section3">
<p style="text-align:justify;text-indent:35.4pt;"><span style="color:#00ff00;">Un peu plus loin, MONTAIGNE décrit les mœurs et les habitudes de ces Indiens telles qu&#8217;elles ont été rapportées par Jean de LÉRY, un jeune cordonnier calviniste qui a passé l’année 1557 sur la côte brésilienne, dans un endroit que l&#8217;on appelait à l’époque la « <em>France Antarctique</em> » :</span></p>
</div>
<div class="Section4">
<p style="text-align:justify;text-indent:35.4pt;padding-left:60px;">Au demeurant ils vivent en une contrée de païs très plaisante et bien tempérée. Ils ont grande abondance de poissons et de chairs, qui n&#8217;ont aucune ressemblance aux nostres , et les mangent sans autre artifice que de les cuire. Leurs bastimens sont forts longs, et capables de deux ou trois cents ames. Leurs lits sont d&#8217;un tissu de coton, suspenduz contre le toict, comme ceux de nos navires, à chacun le sien; car les femmes couchent à part des maris. Ils se levent avec le soleil, et mangent soudain apres s&#8217;estre levez, pour toute la journée; car ils ne font autre repas que celuy-là. Ils boivent à plusieurs fois par jour, et d&#8217;autant. Leur breuvage est faict de quelque racine, et est de la couleur de nos vins clairets. Au lieu du pain, ils usent d&#8217;une certaine matiere blanche, comme du coriandre confit. J&#8217;en ay tasté: le goust en est doux et un peu fade. Toute la journée se passe à dancer. Les plus jeunes vont à la chasse des bestes à tout des arcs. Une partie des femmes s&#8217;amusent cependant à chauffer leur breuvage, qui est leur principal office. Il y a quelqu&#8217;un des vieillards qui, le matin, avant qu&#8217;ils se mettent à manger, presche en commun toute la grangée, en se promenant d&#8217;un bout à l&#8217;autre et redisant une mesme clause à plusieurs fois. Il ne leur recommande que deux choses: la vaillance contre les ennemis et l&#8217;amitié à leurs femmes. Ils sont ras par tout, et se font le poil beaucoup plus nettement que nous, sans autre rasouër que de bois ou de pierre. Ils croyent les ames éternelles, et celles qui ont bien mérité des dieux, estre logées à l&#8217;endroit du ciel où le soleil se leve; les maudites, du costé de l&#8217;Occident. Ils ont leurs guerres contre les nations qui sont au-delà de leurs montaignes, plus avant en la terre ferme, ausquelles ils vont tous nuds, n&#8217;ayant d&#8217;autres armes que des arcs ou des espées en bois, apointées par un bout, à la mode des langues de nos espieuz. Chacun rapporte pour son trophée la teste de l&#8217;ennemy qu&#8217;il a tué, et l&#8217;attache à l&#8217;entrée de son logis. Après avoir long temps bien traité leurs prisonniers, ils l&#8217;assomment à coups d&#8217;épée. Cela faict, ils le rotissent et en mangent en commun. Je ne suis pas marry que nous remerquons l&#8217;horreur barbaresque qu&#8217;il y a en une telle action, mais ouy bien dequoy, jugeans bien de leurs fautes, nous soyons si aveuglez aux nostres. Je pense qu&#8217;il y a plus de barbarie à manger un homme vivant qu&#8217;à le manger mort, à deschirer par tourmens et par geénes un corps encore plein de sentiment, le faire rotir par le menu, le faire mordre et meurtrir aux chiens et aux pourceaux (comme nous l&#8217;avons non seulement leu, mais veu de fresche memoire, non entre des ennemis anciens, mais entre des voisins et concitoyens, et, qui pis est, sous pretexte de pieté et de religion) que de le rostir et manger après qu&#8217;il est trespassé. (&#8230;)</p>
</div>
<div class="Section5">
<p style="text-align:justify;text-indent:35.4pt;"><span style="color:#00ff00;">Enfin, Montaigne raconte qu&#8217;il a lui-même vu trois de ces « Cannibales » à Rouen, en octobre 1562, où on les avait présentés au roi Charles IX, alors âgé de 12 ans :</span></p>
</div>
<div class="Section6">
<p style="text-align:justify;text-indent:35.4pt;padding-left:60px;">Trois d&#8217;entre eux furent à Roüan, du temps que le feu Roy Charles neufiesme y estoit. Le Roy parla à eux long temps; on leur fit voir nostre façon, nostre pompe, la forme d&#8217;une belle ville. Après cela, quelqu&#8217;un en demanda leur advis, et voulut sçavoir d&#8217;eux ce qu&#8217;ils avoient trouvé de plus admirable. Ils dirent qu&#8217;ils trouvoient en premier lieu fort estrange que tant de grands hommes, portans barbes, forts et armez, qui estoient autour du Roy (il est vray-semblable que ils parloient des Suisses de sa garde) se soumissent à obeyr à un enfant, et qu&#8217;on ne choississoit pas plus tost quelqu&#8217;un d&#8217;entr&#8217;eux pour commander; secondairement qu&#8217;ils avoyent aperçeu qu&#8217;il y avoit parmy nous des hommes pleins et gorgez de toutes sortes de commoditez, et que leurs moitiez estoient mendians à leurs portes, décharnez de faim et de pauvreté; et trouvoient estrange comme ces moitiez icy nescessiteuses pouvoient souffrir une telle injustice, qu&#8217;ils ne prinsent les autres à la gorge ou missent le feu à leurs maisons.</p>
</div>
<p style="text-align:right;"><strong><em>Essais</em>, Livre I, chapitre XXXI, Des cannibales.</strong></p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#00ff00;"><span style="text-decoration:underline;">QUESTIONS:</span></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#00ff00;">1/ Lorsqu’il décrit les mœurs des Indiens, Montaigne ne peut s’empêcher de les comparer avec celles des Européens. Vous relèverez ces points de comparaison qu’il établit entre « nous » et les « sauvages ».</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#00ff00;">2/ Selon Montaigne, pourquoi est-il abusif de dire des Indiens qu&#8217;ils sont des « sauvages » ou des « barbares »? Argumentez votre réponse.</span></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>

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