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	<title>chavisme &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
	<link>http://en.wordpress.com/tag/chavisme/</link>
	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "chavisme"</description>
	<pubDate>Sun, 29 Nov 2009 04:32:40 +0000</pubDate>

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	<language>en</language>

<item>
<title><![CDATA[Un soldat rebelle à Elorza]]></title>
<link>http://venezuelatina.com/2009/11/01/hugo-chavez-soldat-rebelle-a-elorza/</link>
<pubDate>Mon, 02 Nov 2009 00:45:25 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Luc Crucifix</dc:creator>
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<description><![CDATA[Je me trouvais l&#8217;autre jour à Elorza, petite localité des llanos du Venezuela, située à quelqu]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/11/chavez_elorza.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1879" title="Hugo Chávez à Elorza en 1986" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/11/chavez_elorza.jpg" alt="Hugo Chávez à Elorza en 1986" width="450" height="284" /></a><br />
Je me trouvais l&#8217;autre jour à Elorza, petite localité des <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Llanos" target="_blank"><em>llanos</em></a> du Venezuela, située à quelques encablures seulement de la frontière colombienne. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir, dans le petit musée local, une photo (ou plutôt la mauvaise copie d&#8217;une photo) d&#8217;un jeune Hugo Chávez souriant à pleines dents (ci-dessus). Le document en question était l&#8217;œuvre du photographe de la localité, Saúl León Borjas Ávila, et comportait la légende suivante :</p>
<p style="padding-left:30px;"><em>Hugo Rafael Chávez Frias, président des fêtes d&#8217;Elorza (1986)</em></p>
<p>Wow! Ce n&#8217;est pas n&#8217;importe quoi. Les fêtes d&#8217;Elorza –localité considérée comme la « capitale folklorique du Venezuela »– figurent parmi les plus importantes du pays. Les plus grands chanteurs de musique <em>llanera</em> s&#8217;y donnent rendez-vous le 9 mars de chaque année pour des concerts mémorables qui se prolongent jusqu&#8217;au petit matin. Présider ces fêtes représente donc un honneur particulier.</p>
<p><strong>Conspiration</strong></p>
<p>Je savais que le commandant Hugo Chávez avait été en poste dans cette région frontalière éloignée, mais de là à devenir président de fêtes aussi prestigieuses, il y a un pas énorme qui nous fait penser qu&#8217;il n&#8217;était pas un militaire comme les autres, du genre à rester enfermé dans sa caserne. Au contraire, cela nous indique qu&#8217;il se frottait (déjà) à la population et aux autorités locales et que, loin de passer inaperçu, il connaissait déjà la recette pour se rendre populaire.</p>
<p>Il est intéressant de savoir qu&#8217;à cette époque, le jeune commandant Chávez, derrière sa carrière militaire officielle, avait déjà des activités politiques clandestines. Avec quelques autres militaires, il avait formé dès 1983 l&#8217;<em>Ejercito</em><em> Bolivariano</em><em> Revolucionario </em>[EBR-200 — "Armée bolivarienne révolutionnaire"] dont l&#8217;objectif politique n&#8217;était autre que celui d&#8217;instaurer le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Bolivarisme" target="_blank">bolivarisme</a> par le biais d&#8217;une révolution. Déjà !</p>
<p>Depuis son poste d&#8217;instructeur à l&#8217;Académie militaire, Hugo Chávez faisait –non sans un certain succès– un travail de conscientisation (d&#8217;agitation, diraient d&#8217;autres) auprès des cadets de l&#8217;institution. En juillet 1984, le directeur de l&#8217;Académie militaire, le général Carlos Julio Peñaloza, mis au courant de cette situation par quelques parents de cadets, en avise ses supérieurs. Décision est prise de retirer les militaires suspects de l&#8217;Académie pour les disperser aux quatre coins du pays.</p>
<p><strong>&#8220;Exil&#8221; à Elorza</strong></p>
<p>C&#8217;est alors qu&#8217;Hugo Chávez est &#8220;exilé&#8221; dans le poste éloigné d&#8217;<a href="http://maps.google.com/maps?hl=fr&#38;safe=off&#38;client=firefox-a&#38;q=Elorza,+Venezuela&#38;ie=UTF8&#38;cd=1&#38;geocode=FS-YawAdn0bb-w&#38;split=0&#38;sll=37.0625,-95.677068&#38;sspn=23.875,57.630033&#38;hq=&#38;hnear=Elorza,+Venezuela&#38;ll=7.536764,-67.939453&#38;spn=8.90015,21.643066&#38;t=p&#38;z=6" target="_blank">Elorza</a>, dans l&#8217;état d&#8217;Apure, à plusieurs heures de route du centre du pays. Il y restera plus de trois ans. Dans un premier temps, de 1985 à 1986, il commande l&#8217;escadron de cavalerie motorisée Francisco Farfán.</p>
<p>Isolé aux confins du pays, il lui est maintenant plus difficile de conserver le contact avec les autres membres de la conspiration. Toutefois, en mars 1986, l&#8217;EBR-200 parvient à tenir son troisième congrès dans la ville de San Cristóbal. Neuf personnes y participent : six militaires et trois civils. Francisco Arias, l&#8217;autre leader du groupe conspirateur, se déplace depuis Bogotá, tandis qu&#8217;Hugo Chávez, prétextant un entraînement, se lance dans un périple de 300 kilomètres à la tête d&#8217;une colonne de chars d&#8217;assaut ! Pour cette manœuvre à la fois audacieuse et imprudente, il ne recevra, curieusement, aucune remontrance de la part de ses supérieurs.</p>
<p><strong>Nouvelles responsabilités</strong></p>
<p>À Elorza, Chávez reçoit au contraire de nouvelles responsabilités : il est chargé de commander une toute nouvelle structure, le noyau  civico-militaire de développement frontalier Arauca-Meta. Inaugurant le poste, il profite de son autorité pour mettre en place de 1986 à 1988  divers programmes expérimentaux de coopération civico-militaire. Ceux-ci visent notamment à orienter les actions de l&#8217;armée en faveur des populations locales, par le biais d&#8217;initiatives de développement socio-économique. Il s&#8217;occupe en particulier des communautés indigènes Pumé et Cuiba.</p>
<p>Combinant ses qualités de chef militaire et de leader social, le commandant Chávez devient de plus en plus populaire à Elorza, ce qui lui vaudra d&#8217;être appelé à présider les festivités de la localité.</p>
<p>De son propre aveu, les trois années passées à Elorza lui ont permis d&#8217;acquérir une vision intégrale de son pays. Nul doute qu&#8217;elles ont aussi fortement influencé sa vision des relations entre militaires et société civile. Plusieurs clés de son actuelle politique ont donc pour origine son exil dans le Venezuela profond des <em>llanos</em>.</p>
<p>Les fêtes d&#8217;Elorza mènent décidément à tout.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Monsieur l'instituteur Chávez]]></title>
<link>http://venezuelatina.com/2009/10/04/monsieur-l-instituteur-chavez/</link>
<pubDate>Sun, 04 Oct 2009 22:27:33 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Luc Crucifix</dc:creator>
<guid>http://venezuelatina.com/2009/10/04/monsieur-l-instituteur-chavez/</guid>
<description><![CDATA[Hugo Chávez dans son émission &quot;Aló Presidente&quot; Même ses adversaires politiques, lorsqu]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><div id="attachment_1787" class="wp-caption aligncenter" style="width: 447px"><img class="size-full wp-image-1787" title="Chavez_Alo_presidente" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/10/chavez_alo_presidente.jpg" alt="Hugo Chávez dans son émission &#34;Aló Presidente&#34;" width="437" height="332" /><p class="wp-caption-text">Hugo Chávez dans son émission &#34;Aló Presidente&#34;</p></div>
<p>Même ses adversaires politiques, lorsqu&#8217;ils ne sont pas de mauvaise foi, le reconnaissent : Hugo Chávez est un grand communicateur. S&#8217;il irrite, ce n&#8217;est pas parce qu&#8217;il est mauvais, mais parce qu&#8217;il est trop bon! Ses ennemis ont peine à le concurrencer sur ce terrain-là, et cela les met en rogne. Car en politique, être un bon communicateur fait gagner des votes, des centaines de milliers de votes.</p>
<p>La carrière de communicateur d&#8217;Hugo Chávez a débuté publiquement au matin d&#8217;un certain 4 février 1992, dans une circonstance très spéciale.</p>
<p><span style='text-align:center; display: block;'><object width='425' height='350'><param name='movie' value='http://www.youtube.com/v/VBUo-pYeVfQ&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' /><param name='allowfullscreen' value='true' /><param name='wmode' value='transparent' /><embed src='http://www.youtube.com/v/VBUo-pYeVfQ&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' type='application/x-shockwave-flash' allowfullscreen='true' width='425' height='350' wmode='transparent'></embed></object></span></p>
<p>Face à l&#8217;échec du coup d&#8217;État qu&#8217;il dirigeait, Hugo Chávez demande à ses compagnons d&#8217;armes de se rendre. Il le fait avec un aplomb et une confiance en soi remarquable, assumant personnellement la responsabilité entière de ce qui s&#8217;est produit. En moins d&#8217;une minute, il fait devant les caméras du pays une prestation mémorable. Beaucoup retiendront de ces quelques paroles deux petits mots : <em>por ahora</em> (pour le moment), par lesquels il laissait entendre qu&#8217;il avait certes perdu une bataille, mais pas la guerre. Bref, grâce à ce don presqu&#8217;inné pour la communication, le vaincu du jour se transforme pratiquement en vainqueur.</p>
<p><strong>Producteur et animateur</strong></p>
<p>Arrivé au pouvoir, Hugo Chávez a tout loisir de mettre à profit ses qualités de communicateur. Il ne s&#8217;en prive pas, utilisant tous les moyens à sa portée. Pour la télévision, le média le plus populaire, il crée sa propre émission hebdomadaire, <a href="http://www.alopresidente.gob.ve/" target="_blank"><em>Aló Presidente</em></a>, dont il est à la fois le producteur et l&#8217;animateur. Chaque dimanche, en direct depuis un lieu différent du pays (et parfois de l&#8217;étranger), il tient  le micro et l&#8217;écran pendant plusieurs heures pour traiter des sujets les plus divers. À la radio, les nombreuses <em>cadenas</em> (diffusion en chaîne obligatoire pour toutes les radios du pays) viennent régulièrement perturber les programmations normales. Dans la presse écrite, il tient une espèce de blogue, <a href="http://venezuelatina.com/2009/07/27/le-blog-de-chavez/" target="_blank"><em>Las Líneas de Chávez</em></a>, publié dans plus d&#8217;une vingtaine de publications nationales et régionales et repris sur Internet.</p>
<p>Bref, l&#8217;homme est omniprésent dans les médias, cherchant à contrebalancer ainsi la machine anti-Chávez des médias dominants &#8211;laquelle est  plus omniprésente encore, faut-il le préciser? S&#8217;il irrite ses opposants, il charme ses partisans, utilisant un langage à leur portée &#8211;leur langage&#8211; pour leur dire des choses qu&#8217;ils n&#8217;ont pas l&#8217;habitude d&#8217;entendre.</p>
<p><strong>L&#8217;instit</strong></p>
<p>Chávez se transforme ainsi en un véritable professeur, ou mieux, un instituteur &#8211;c&#8217;est-à-dire une sorte de guide complice dont on respecte non seulement l&#8217;enseignement, mais aussi l&#8217;attitude. En d&#8217;autres termes, il dépasse le simple savoir pour arriver à l&#8217;être. Et là se trouve sans doute le secret de son indéniable succès auprès des millions de laissés-pour-compte de la Venezuela pré-Chávez : paysans, ouvriers, marginaux aux petits emplois précaires, etc.</p>
<p>Cela nous vaut quelques « leçons » à la fois simples et profondes &#8211;une mixture pas vraiment facile à obtenir. Des leçons destinées en priorité à ces laissés-pour-compte qui, grâce à l&#8217;effort de pédagogie populaire de leur président, se sentent enfin devenir « quelqu&#8217;un ». Mais des leçons que ne devraient pas négliger pour autant (comme ils le font trop souvent) les gens « cultes », les élites, car elles véhiculent des valeurs sociales universelles qui devraient être internalisées par tous : solidarité, respect, fraternité, ouverture à l&#8217;autre&#8230;</p>
<p>Voici quelques exemples, sous-titrés en français, de ces interventions opportunes d&#8217;Hugo Chávez (remercions au passage <a href="http://www.dailymotion.com/librepenseur007" target="_blank">Librepenseur007</a> qui les publie sur Dailymotion) :</p>
<p><strong>Sur la morale et l&#8217;éthique sociale</strong> (juin 2009):</p>
<p><object width="425" height="254"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/xaip6j"></param><param name="allowfullscreen" value="true"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/xaip6j" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="334" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p><strong>Sur la liberté d&#8217;expression</strong> (interview au festival de cinéma de Venise le 6 septembre 2009):</p>
<p><object width="425" height="254"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/xagciv"></param><param name="allowfullscreen" value="true"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/xagciv" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="334" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p><strong>Sur les classes sociales et la relation de la bourgeoisie avec la démocratie et l&#8217;éducation</strong> (<em>Aló Presidente</em> du 13 septembre 2009):</p>
<p><object width="425" height="254"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/xajg7o"></param><param name="allowfullscreen" value="true"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/xajg7o" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="334" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p>Il est plutôt étonnant, n&#8217;est-ce pas, d&#8217;entendre un président parler de la sorte ? Combien voudrait-on que d&#8217;autres suivent l&#8217;exemple et soient également des « instituteurs » au service de leur peuple.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Le bal du curé]]></title>
<link>http://venezuelatina.com/2009/07/22/le-bal-du-cure/</link>
<pubDate>Thu, 23 Jul 2009 00:58:05 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Luc Crucifix</dc:creator>
<guid>http://venezuelatina.com/2009/07/22/le-bal-du-cure/</guid>
<description><![CDATA[Bal au village J&#8217;ai été plutôt absent de ce blogue depuis quelque temps. Et pour cause : l]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><div id="attachment_1612" class="wp-caption aligncenter" style="width: 444px"><a rel="attachment wp-att-1612" href="http://venezuelatina.com/2009/07/22/le-bal-du-cure/mucuchachi_bal/"><img class="size-full wp-image-1612" title="mucuchachi_bal" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/07/mucuchachi_bal.jpg" alt="Bal au village" width="434" height="326" /></a><p class="wp-caption-text">Bal au village</p></div>
<p>J&#8217;ai été plutôt absent de ce blogue depuis quelque temps. Et pour cause : l&#8217;avant-dernier dimanche (comme les lecteurs assidus l&#8217;auront remarqué, j&#8217;écris surtout les fins de semaine), panne de courant toute la journée dans mon quartier. Pas de bol! Et ce dernier week-end, voyage dans les <a href="http://pueblosdelsur.wordpress.com/" target="_blank">Pueblos del Sur</a> de l&#8217;état de Mérida, pour des raisons professionnelles.</p>
<p>Professionnelles? Entre autres! Car le soir tombé, je suis allé au bal. Au bal du curé !</p>
<p>Explication : le village de Mucuchachí organisait samedi des festivités au profit de son curé. L&#8217;argent recueilli devait permettre de payer la réparation de la vieille Toyota du <em>padre</em>, déjà bien malmenée par les années. Le curé étant censé quitter bientôt le village pour s&#8217;occuper d&#8217;une autre paroisse, c&#8217;eut été, en quelque sorte, un beau cadeau d&#8217;adieu.</p>
<p>Car on l&#8217;aime bien à Mucuchachí, le curé. Toujours à l&#8217;écoute des gens, jeune, dynamique, il joue à la perfection le rôle social que l&#8217;on attend de lui. Et puis ses messes sont loin d&#8217;être ennuyeuses : tel un pasteur évangélique, ses prêches sont vibrants et, entre deux prières, il joue lui-même de la guitare depuis l&#8217;autel.</p>
<p><strong>Le cadeau du gouverneur</strong></p>
<p>Mais revenons au bal, un « p&#8217;tit bal de village », version vénézuélienne. Il avait lieu à l&#8217;air libre, sur la place Bolívar, à quelques enjambées de l&#8217;église. La population –la jeunesse surtout,  évidemment, mais aussi les « huiles » locales– avait répondu présent. La bière coulait à flot. Les groupes de <em>merengue campesino</em> invitaient à la danse. Du bon temps pour tout le monde.</p>
<p>Seulement voilà : entretemps le gouverneur de l&#8217;état de Mérida (chaviste) avait eu vent de l&#8217;état pitoyable de la Toyota du curé. Et ne voilà-t-il pas qu&#8217;il déniche un véhicule (une gageure par les temps qui courent au Venezuela) et l&#8217;offre au curé de Mucuchachí? Et pas n&#8217;importe quel véhicule : une Toyota Landcruiser 4.5, un modèle qui n&#8217;est plus disponible sur le marché pour le commun des mortels depuis que le gouvernement a interdit la commercialisation de véhicules de plus de 3 litres de cylindrée. Seules les institutions gouvernementales y ont accès. Merci, monsieur le Gouverneur!</p>
<p>Du coup, l&#8217;argent recueilli lors du bal devra être utilisé à autre chose. Pas de problème : il servira à l&#8217;entretien de l&#8217;église, ainsi en a décidé spontanément le village.</p>
<p><strong>Le diable sous la soutane</strong></p>
<div id="attachment_1614" class="wp-caption alignright" style="width: 160px"><a rel="attachment wp-att-1614" href="http://venezuelatina.com/2009/07/22/le-bal-du-cure/mucuchachi/"><img class="size-thumbnail wp-image-1614" title="Mucuchachí" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/07/mucuchachi.jpg?w=150" alt="Le village de Mucuchachí" width="150" height="112" /></a><p class="wp-caption-text">Le village de Mucuchachí</p></div>
<p>L&#8217;histoire pourrait paraître banale. Elle ne l&#8217;est pourtant pas tellement dans un pays qui se targue de construire le socialisme bolivarien, et dont le chef d&#8217;État n&#8217;entretient pas de bonnes relations –c&#8217;est le moins que l&#8217;on puisse dire– avec l&#8217;Église catholique. Hugo Chávez –c&#8217;est évidemment de lui qu&#8217;il s&#8217;agit– a été jusqu&#8217;à dire de l&#8217;archevêque de Mérida qu&#8217;il avait le diable sous la soutane !</p>
<p>Dans le pays profond (Mucuchachí se trouve à quatre heures de route de Mérida), tout cela ne tient pas. Les <em>Pueblos del Sur</em> ont voté démocrate-chrétien depuis des dizaines d&#8217;années. Les curés se sont érigés en véritables leaders dans les villages. Ce sont eux, notamment, qui ont été à l&#8217;origine de la construction des premières routes de la région, dans les années 50 et 60 du siècle dernier.</p>
<p>Ce n&#8217;est pas le chavisme qui va changer cela en profondeur. Bien sûr, tous les villages votent rouge (chaviste) et suivent le grand mouvement social qui secoue le Venezuela depuis dix ans. Et pour cause : depuis que Hugo Chávez est en place, ils bénéficient de plus d&#8217;écoles, de dispensaires, de télécommunications, d&#8217;aides directes ou indirectes&#8230; Mais on ne peut s&#8217;empêcher de penser que cette adhésion reste superficielle, parfois même carrément opportuniste. Car le curé vaut plus, là-bas, que n&#8217;importe quel homme politique.</p>
<p>C&#8217;est cela sans doute qu&#8217;a compris le gouverneur. En offrant une voiture au curé, il s&#8217;assurait de la fidélité du peuple de Mucuchachí pour les mois et les années à venir&#8230; Pas mal joué !</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Simón Bolívar à toutes les sauces]]></title>
<link>http://venezuelatina.com/2009/06/21/simon-bolivar-a-toutes-les-sauces/</link>
<pubDate>Mon, 22 Jun 2009 00:11:16 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Luc Crucifix</dc:creator>
<guid>http://venezuelatina.com/2009/06/21/simon-bolivar-a-toutes-les-sauces/</guid>
<description><![CDATA[S&#8217;il est un héros national au Venezuela, c&#8217;est bien Simón Bolívar. Né à Caracas en 1783,]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a rel="attachment wp-att-1542" href="http://venezuelatina.com/2009/06/21/simon-bolivar-a-toutes-les-sauces/simon_bolivar_bd/"><img class="aligncenter size-full wp-image-1542" title="simon_bolivar_BD" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/06/simon_bolivar_bd.jpg" alt="simon_bolivar_BD" width="400" height="566" /></a></p>
<p>S&#8217;il est un héros national au Venezuela, c&#8217;est bien <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Simon_Bolivar" target="_blank">Simón Bolívar</a>. Né à Caracas en 1783, il prit part et dirigea la guerre d&#8217;émancipation des colonies espagnoles d&#8217;Amérique du Sud, rêva de l&#8217;unité latino-américaine, mourut rejeté par presque tous.</p>
<p>Doté du titre de <em>Libertador</em>, il est devenu l&#8217;emblême par excellence du Venezuela, où il a donné son nom à toutes les places principales des villes et villages du pays, à la monnaie nationale, à de multiples institutions et même à un <a href="http://venezuelatina.com/2008/10/30/le-venezuela-s-envoie-dans-lespace/" target="_blank">satellite</a>! Bref, il vaut mieux ne pas toucher à cette icône nationale!</p>
<p>Effectivement, rares sont ceux qui y touchent, même pour simplement l&#8217;analyser à la lumière de la critique historique. Car il n&#8217;est pas un homme, il est un <em>superman</em>! Aussi est-il, sans le moindre scrupule, conjugué à toutes les sauces.  Tout discours politiquement correct au Venezuela doit faire référence au <em>Libertador</em>. Il n&#8217;est pas un président vénézuélien qui ne se soit dit inspiré par sa pensée et son action. Tout le monde le veut pour lui!</p>
<p><strong>Le gendarme nécessaire</strong></p>
<p><a href="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/06/simon_bolivar_chevalblanc.jpg"><img class="alignright size-thumbnail wp-image-1545" title="simon_bolivar_chevalblanc" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/06/simon_bolivar_chevalblanc.jpg?w=112" alt="simon_bolivar_chevalblanc" width="112" height="150" /></a>C&#8217;est la droite qui, la première, s&#8217;est emparée de Simón Bolívar pour en faire le mentor de sa politique. En octobre 1911, <a href="http://es.wikipedia.org/wiki/Laureano_Vallenilla_Lanz" target="_blank">Laureano Vallenilla Lanz</a>, intellectuel organique de la dictature de <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Juan_Vicente_G%C3%B3mez" target="_blank">Juan Vicente Gómez</a>, publie un article intitulé <em>El gendarme necesario</em> [Le gendarme nécessaire]. Dans celui-ci, s&#8217;inspirant du conservateur français <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Hippolyte_Taine" target="_blank">Hippolyte Taine</a>, il expose sa thèse de l&#8217;inévitabilité de l&#8217;homme fort dans les sociétés hispano-américaines. Il invoque pour ce faire les textes de Simón Bolívar, dont il extrait les éléments qui le servent, notamment les figures de président à vie et d&#8217;exécutif fort inscrites dans la constitution de la Bolivie qu&#8217;a rédigée le <em>Libertador</em>.</p>
<p>Cette interprétation de Bolívar est reprise par la droite colombienne qui voit en lui le fondateur de la doctrine conservatrice. Dans les années trente, la droite internationale pousse la balle plus loin encore. Dans l&#8217;Italie fasciste, on commémore le centenaire de la mort de Bolívar en affirmant que Mussolini était « l&#8217;incarnation historique » dans laquelle se reproduisaient « quelques aspects de l&#8217;esprit bolivarien ». Dans cette conception, le <em>Libertador</em> apparaît pratiquement comme un précurseur lointain du fascisme. Dans l&#8217;Espagne franquiste du début des années 1970, il se produit quelque chose de similaire. On n&#8217;hésite pas à faire de Franco –chef d&#8217;État nommé à vie et créateur d&#8217;un sénat contrôlé– «l&#8217;authentique interprète de la pensée bolivarienne ».</p>
<p><strong>Coup de théâtre</strong></p>
<p>En face, la gauche n&#8217;est pas restée de marbre. Dès 1923, le Cubain Julio Antonio Mella invoque l&#8217;idéal du <em>Libertador</em> comme source inspiratrice des luttes émancipatrices du continent américain. De même , le Péruvien José Carlos Mariátegui mentionne dans ses écrits « l&#8217;actualité révolutionnaire du génie de Bolívar ».</p>
<p><strong> </strong></p>
<p>En 1935, c&#8217;est le coup de théâtre : les éditeurs soviétiques des <em>Œuvres complètes</em> de Marx et Engels découvrent un <a href="http://www.marxists.org/archive/marx/works/1858/01/bolivar.htm" target="_blank">texte</a> de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Marx" target="_blank">Karl Marx</a> à propos de Simón Bolívar, écrit en 1857-1858. L&#8217;auteur du <em>Capital</em> n&#8217;y est pas tendre du tout envers le <em>Libertador</em>, qu&#8217;il présente comme un homme politique sans envergure, un piètre militaire, un couard, voire un traître! À la décharge de Marx, il faut dire qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un simple texte de commande, alimentaire, rédigé pour la <em>New American Cyclopedia</em>. Utilisant des sources douteuses, Marx y donne libre cours à des préjugés anti-hispaniques et tombe aisément dans la mesquinerie. Il en arrive ainsi à démolir en bonne et due forme Simón Bolívar, qu&#8217;il accuse de bonapartisme, sa bête noire politique du moment. Incontestablement, ce texte de qualité très médiocre est indigne du Marx historien, sociologue et économiste.</p>
<p><strong>Bolívar démocrate et antiimpérialiste</strong></p>
<p><a href="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/06/simon_bolivar_petit.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1546" title="simon_bolivar_petit" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/06/simon_bolivar_petit.jpg" alt="simon_bolivar_petit" width="90" height="105" /></a>L&#8217;écrit n&#8217;en est pas moins embarrassant pour les marxistes orthodoxes, lesquels ont tendance à suivre à la lettre leur maître à penser. Dans un premier temps, le marxiste argentin <a href="http://es.wikipedia.org/wiki/An%C3%ADbal_Ponce" target="_blank">Aníbal Ponce</a> traduit le texte en espagnol et, dans une préface, défend aveuglément tous les arguments de Marx. Mais une première réplique vient de Colombie lorsque Gilberto Vieira, secrétaire général du Parti communiste colombien, publie un ouvrage dans lequel il réhabilite l&#8217;héritage démocratique de Bolívar et sa condition de révolutionnaire. De son côté, en 1939, le marxiste vénézuélien Carlos Irazábal récuse point par point la thèse du « gendarme nécessaire » et récupère l&#8217;idéal démocratique de Bolívar.</p>
<p>Plus tard, en 1977, l&#8217;historien cubain Francisco Pividal, dans son livre <em>Bolívar, pensamiento precursor del antiimperialismo</em>, revendique la signification révolutionnaire de la pensée et de l&#8217;action de Bolívar, en qui il voit le promoteur de l&#8217;unité latino-américaine contre les tendances hégémoniques des États-Unis. D&#8217;autres efforts de réhabilitation suivront, y compris en Union soviétique, où l&#8217;historien Anatoli Shulgovski publie en 1983 un article qui fait de Simón Bolívar, vu en libérateur des esclaves et combattant de la liberté, un symbole et un guide pour les révolutionnaires d&#8217;Amérique latine.</p>
<p><strong>Socialisme bolivarien</strong></p>
<p>Avec l&#8217;arrivée d&#8217;Hugo Chávez au pouvoir au Venezuela, en 1998, Simón Bolívar revient directement à l&#8217;avant-plan des luttes politiques. Le fringant président vénézuélien en fait son inspirateur direct : le socialisme qu&#8217;il projette de construire sera bolivarien ou ne sera pas.</p>
<p>Face à cette nouvelle réalité, la droite est divisée. Traditionnellement, elle avait délibérément choisi Bolívar comme une arme contre le socialisme, en faisant de lui un conservateur. Mais voici qu&#8217;avec Chávez, ceux qui se revendiquent du socialisme se revendiquent aussi de Bolívar ! Les jeux sont donc brouillés. S&#8217;il reste encore quelques conservateurs pour invoquer Bolívar en répétant <em>ad infinitum</em> le rituel du culte sacralisateur, il en est d&#8217;autres qui se prennent à détester le Bolívar qu&#8217;ils adoraient!</p>
<p><strong>Bataille à coup de citations</strong></p>
<p><a href="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/06/simon_bolivar_pistola.jpg"><img class="alignright size-thumbnail wp-image-1547" title="simon_bolivar_pistola" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/06/simon_bolivar_pistola.jpg?w=117" alt="simon_bolivar_pistola" width="117" height="150" /></a>Plus que jamais, voici donc Simón Bolívar placé au centre des enjeux politiques du moment. Il n&#8217;est pas rare que l&#8217;on se batte <a href="http://venezuelatina.com/2009/02/15/pour-qui-votera-simon-bolivar/" target="_blank">à coup de citations</a> du grand homme. On le fait quelquefois avec les mêmes extraits de discours, retirés de leur contexte, auquel on fait dire ce que l&#8217;on veut qu&#8217;il disent. Une constante dans tout cela : le héros est instrumentalisé à des fins politiques sans qu&#8217;on analyse ses textes à la lumière des circonstances et du moment historique dans lesquels ils ont été écrits. D&#8217;une façon générale, l&#8217;histoire, dans le sens de «science historique », a peu à voir dans ce débat qui est avant tout idéologique.</p>
<p>Le plus amusant de la chose, c&#8217;est que Simón Bolívar avait prévu cet usage indu que l&#8217;on ferait de sa pensée. Dans une lettre à Leocadio Guzmán, écrite un an avant sa mort, il disait :</p>
<blockquote><p>Si des personnes interprètent ma façon de penser et fondent sur cette interprétation leurs erreurs, cela ne m&#8217;est pas insensible, mais c&#8217;est inévitable. En utilisant mon nom, on veut faire en Colombie le bien et le mal, et beaucoup l&#8217;invoquent comme un texte pour leurs sottises.</p></blockquote>
<h5><img class="aligncenter size-full wp-image-1548" title="simon-bolivar-yeux" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/06/simon-bolivar-yeux.jpg" alt="simon-bolivar-yeux" width="450" height="190" />__________________</h5>
<h5>Source : <em>El Bolívar de Marx. Estudios críticos de Inés Quintero y Vladimir Acosta</em>. Editorial Alfa, colección Tropicos, Caracas, 2007.</h5>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Du bien et du moins bien au pays du dictateur sanguinaire]]></title>
<link>http://blaaah.wordpress.com/2009/04/28/du-bien-et-du-moins-bien-au-pays-du-dictateur-sanguinaire/</link>
<pubDate>Tue, 28 Apr 2009 01:28:50 +0000</pubDate>
<dc:creator>rastanarko</dc:creator>
<guid>http://blaaah.wordpress.com/2009/04/28/du-bien-et-du-moins-bien-au-pays-du-dictateur-sanguinaire/</guid>
<description><![CDATA[Le sommet des Amériques, la poignée de main entre Chavez et Obama. Et le livre les veines ouvertes d]]></description>
<content:encoded><![CDATA[Le sommet des Amériques, la poignée de main entre Chavez et Obama. Et le livre les veines ouvertes d]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Pour qui votera Simón Bolívar?]]></title>
<link>http://venezuelatina.com/2009/02/15/pour-qui-votera-simon-bolivar/</link>
<pubDate>Sun, 15 Feb 2009 19:54:29 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Luc Crucifix</dc:creator>
<guid>http://venezuelatina.com/2009/02/15/pour-qui-votera-simon-bolivar/</guid>
<description><![CDATA[La signature de Simón Bolívar sur les affiches du Sí Le Libertador Simón Bolívar, héros national vén]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><div id="attachment_1015" class="wp-caption aligncenter" style="width: 394px"><img class="size-full wp-image-1015" title="enmienda_si_bolivar" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/02/enmienda_si_bolivar.jpg" alt="La signature de Simón Bolivar sur les affiches du Si" width="384" height="480" /><p class="wp-caption-text">La signature de Simón Bolívar sur les affiches du Sí</p></div>
<p>Le <em>Libertador</em> <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Simon_Bolivar" target="_blank">Simón Bolívar</a>, héros national vénézuélien s&#8217;il en est, s&#8217;est trouvé malgré lui au cœur de la <a href="http://venezuelatina.com/2009/02/07/la-poupee-qui-dit-oui-la-poupee-qui-dit-non/" target="_blank">campagne référendaire</a> qui vient de se terminer.</p>
<p>Du côté du oui, on a joué dans le subliminal : l&#8217;affiche principale de la campagne montre un énorme <strong>Sí</strong> rouge sur fond de signatures : un échantillon des signatures de personnes qui ont appuyé la convocation de ce référendum, en décembre dernier. Et puis, ô surprise!,  parmi ces signatures de citoyens apparaît, bien en évidence, celle de Simón Bolívar.</p>
<div id="attachment_1020" class="wp-caption alignright" style="width: 138px"><a rel="attachment wp-att-1020" href="http://venezuelatina.com/2009/02/15/pour-qui-votera-simon-bolivar/p1070569/"><img class="size-thumbnail wp-image-1020" title="bolivar_dijo_no" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/02/p1070569.jpg?w=128" alt="&#34;Bolivar a déjà dit non&#34;" width="128" height="96" /></a><p class="wp-caption-text">&#34;Bolívar a déjà dit non&#34;</p></div>
<p>Du côté du non, l&#8217;argument est que « Bolívar a déjà dit non », et de citer, re-citer et rere-citer certaine petite phrase du fameux <a href="http://www.ensayistas.org/antologia/XIXA/bolivar/bolivar2.htm" target="_blank">discours de Angostura</a> que Bolívar a prononcé le 15 février 1819 (tiens, c&#8217;en est aujourd&#8217;hui, jour du référendum, le 190<sup>e</sup> anniversaire, ce n&#8217;est certainement pas un hasard non plus! ) :</p>
<blockquote><p><em>Nada es tan peligroso como dejar permanecer largo tiempo en un mismo ciudadano el poder. El pueblo se acostumbra a obedecerle y él se acostumbra a mandarlo; de donde se origina la usurpación y la tiranía. </em></p>
<p><em>[Rien n’est aussi dangereux que de laisser longtemps le pouvoir aux mains d’un même citoyen. Le peuple s’accoutume à lui obéir et lui s’accoutume à le commander; en découlent l’usurpation et la tyrannie.</em></p></blockquote>
<p>OK, on a compris où ils veulent en venir. Cependant, il y a un petit hic... La première phrase est tronquée et dit textuellement :</p>
<blockquote><p><em>Las repetidas elecciones son esenciales en los sistemas populares, porque nada es tan peligroso como dejar permanecer largo tiempo en un mismo ciudadano el poder. (...)</em></p>
<p><em>[Les élections répétées sont essentielles dans les systèmes populaires, parce que rien n’est aussi dangereux que de laisser longtemps le pouvoir aux mains d’un même citoyen. (...)]</em></p></blockquote>
<p>Vous aurez sans doute perçu la petite différence. Du coup, Hugo Chávez y va d&#8217;une autre citation tirée du même discours :</p>
<blockquote><p><span style="font-style:italic;">¡Dichoso el ciudadano que bajo el escudo de las armas de su mando ha convocado la soberanía nacional para que ejerza su voluntad absoluta!</span></p>
<p><em>[Heureux le citoyen qui sous le bouclier des armes de son commandement a convoqué la souveraineté nationale pour qu’elle exerce sa volonté absolue!]</em></p></blockquote>
<p>Et l&#8217;on se bat ainsi à coup de citations du Libertador, lesquelles, prises hors de leur contexte historique, veulent dire tout et n&#8217;importe quoi.</p>
<p><strong>Référence ultime</strong></p>
<p>Il faut dire qu&#8217;au Venezuela, Simón Bolívar a toujours été la référence ultime des hommes politiques, quels qu&#8217;ils soient –de gauche ou de droite, dictateurs ou démocrates&#8230; Déjà, en 1969, l&#8217;historien <a href="http://openlibrary.org/a/OL295495A" target="_blank">Germán Carrera Damas</a> publiait un essai intitulé <em>El culto a Bolívar</em>, dans lequel il se proposait de « comprendre une forme idéologique d&#8217;une importance capitale dans la vie historique du Venezuela ».  Et de préciser :</p>
<blockquote><p><em>Par </em><em>culte à Bolívar, nous entendons la complexe formation historico-idéologique qui a permis de projeter les valeurs de la figure du Héros sur tous les aspects de la vie d&#8217;un peuple.</em></p></blockquote>
<p>Comme quoi le « bolivarianisme », comme facteur d&#8217;unité nationale, comme facteur de gouvernement et comme facteur de dépassement national, n&#8217;est pas né avec Hugo Chávez. Autant le savoir.</p>
<p>Cela dit, la question reste entière : pour qui va voter Simón Bolívar dans le référendum de ce jour? La partie semble si serrée que c&#8217;est son fantôme omniprésent qui, peut-être, va décider du résultat&#8230;</p>
<p>_____________________</p>
<h5>Pour qui voudrait approfondir la question, signalons l&#8217;article de Frédérique Langue, <a href="http://nuevomundo.revues.org/index29012.html?lang=fr" target="_blank"><em>Les cendres des héros, Mémoires et histoires du temps présent vénézuélien</em></a> paru dans la revue universitaire <a href="http://nuevomundo.revues.org/index.html" target="_blank">Nuevo Mundo-Mundos Nuevos</a>.</h5>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[La poupée qui dit oui, la poupée qui dit non]]></title>
<link>http://venezuelatina.com/2009/02/07/la-poupee-qui-dit-oui-la-poupee-qui-dit-non/</link>
<pubDate>Sun, 08 Feb 2009 02:28:51 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Luc Crucifix</dc:creator>
<guid>http://venezuelatina.com/2009/02/07/la-poupee-qui-dit-oui-la-poupee-qui-dit-non/</guid>
<description><![CDATA[Tel un boxeur, Hugo Chávez met son titre en jeu dimanche prochain 15 février. Il lance un référendum]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><img class="aligncenter size-full wp-image-1010" title="chavez_no_se_va1" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/02/chavez_no_se_va1.jpg" alt="chavez_no_se_va1" width="440" height="268" /></p>
<p>Tel un boxeur, Hugo Chávez met son titre en jeu dimanche prochain 15 février. Il lance un référendum qui concerne rien de moins que son avenir politique. Et celui du Venezuela.</p>
<p>L&#8217;enjeu consiste à amender l&#8217;actuelle constitution, qui limite le nombre de mandats présidentiels à deux périodes. Sans cet amendement, Hugo Chávez devrait nécessairement laisser sa place à quelqu&#8217;un d&#8217;autre en 2012, à la fin de son actuel mandat. Trop limitatif à son goût. Aussi se lance-t-il une nouvelle fois dans l&#8217;arène pour poser aux Vénézuéliens une question simple : êtes-vous d&#8217;accord de ne plus limiter le nombre de mandats à deux et de permettre au président de se représenter aux élections autant de fois qu&#8217;il le juge utile?</p>
<p>Il ne s&#8217;agit donc pas, comme le présentent les mal-intentionnés, de permettre à Hugo Chávez d&#8217;être président à vie, puisque, si l&#8217;amendement est accepté, il devra continuer à se présenter aux élections&#8230; et les gagner! Cela dit, reconnaissons qu&#8217;en Amérique latine comme ailleurs (plus qu&#8217;ailleurs&#8230;), il existe un certain avantage à se trouver aux commandes au moment de se présenter à des élections (1). Mais l&#8217;emporter contre le pouvoir en place n&#8217;est pas impossible non plus, même dans le Venezuela de Chávez, comme l&#8217;a bien montré le <a href="http://venezuelatina.com/2007/12/03/une-lecon-pour-chavez-une-lecon-pour-lopposition/" target="_blank">référendum de 2007</a>, gagné par l&#8217;opposition.</p>
<p><strong>Denrée rare</strong></p>
<p>Hugo Chávez veut se défaire de la limitation constitutionnelle des deux mandats. Pour quelle raison? Parce qu&#8217;il a absolument besoin d&#8217;une denrée particulièrement rare en politique : le temps. En effet, il faut bien se rendre compte que le Venezuela se trouve au cœur d&#8217;un processus qui se veut révolutionnaire, dont l&#8217;objectif est de transformer radicalement les structures politiques, économiques et sociales du pays, rien de moins. Vaste programme qui touche à l&#8217;utopie (on peut discuter <em>ad infinitum</em> de la factibilité des révolutions), mais qui, en toute hypothèse, a besoin de beaucoup de TEMPS pour se réaliser. On ne transforme pas les tréfonds d&#8217;une société, on ne change pas l&#8217;humain (car au fond, c&#8217;est de cela qu&#8217;il s&#8217;agit) en cinq ans, en dix ans, en vingt ans. Chávez le sait : il veut donc du temps.</p>
<p><img class="size-full wp-image-989 alignright" title="hugo_chavez_caricatura" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/02/hugo_chavez_caricatura.jpg" alt="hugo_chavez_caricatura" width="229" height="253" />Et il le veut pour lui, pour sa personne. Car le processus en cours au Venezuela, contrairement à d&#8217;autres du genre, est extrêmement focalisé autour d&#8217;une personne, d&#8217;un leader : Chávez!  C&#8217;est comme si la révolution française avait commencé directement avec Napoléon&#8230; C&#8217;est d&#8217;ailleurs l&#8217;une des principales faiblesses de cette révolution bolivarienne : on ne sent pas, autour de Chávez, la présence d&#8217;une équipe, d&#8217;un collectif. C&#8217;est lui le leader, point c&#8217;est tout, et tout le monde l&#8217;accepte ainsi. Le PSUV (P<em>artido Socialista Unificado de Venezuela</em>), créé pour institutionnaliser quelque peu le processus en cours, reste politiquement effacé. Il n&#8217;est essentiellement qu&#8217;un appareil de transmission de directives venues du haut, c&#8217;est-à-dire du président. Aussi a-t-on parfois l&#8217;impression qu&#8217;en bon militaire, Chávez dirige son parti (ou même dirige son peuple, ce qui est plus grave!) comme on dirige une armée.</p>
<p><strong>Nouveaux espaces démocratiques</strong></p>
<p>Dans le contexte révolutionnaire qui est le sien, le Venezuela n&#8217;est déjà plus une démocratie comme les autres. À savoir une belle démocratie parlementaire toute propre dans laquelle les différents partis se trouvent dans une supposée égalité sur la case départ, prêts à jouer le jeu de l&#8217; « alternance démocratique ». Ici, la « logique révolutionnaire » prévaut déjà sur la « logique démocratique ». Aussi ne faut-il pas s&#8217;étonner si les partisans d&#8217;une démocratie représentative de type occidental sentent que les dés sont en partie pipés : on se trouve déjà dans une logique qui n&#8217;est plus la leur, dans un autre système.</p>
<p>En contrepartie, dans ce système en devenir, la « logique révolutionnaire » a ouvert de nouveaux espaces démocratiques, qui ne sont pas ceux de la sacro-sainte alternance des partis au pouvoir. Ces nouveaux espaces, ce sont une multitude de formes d&#8217;expressions populaires, qu&#8217;elles soient institutionnalisées, comme les conseils communaux; médiatiques, comme les radios ou les télévisions communautaires: ou encore spontanées.  Elles ne sont pas toujours, d&#8217;ailleurs, contrôlées par le parti ou le pouvoir, et c&#8217;est tant mieux. Plus que dans les structures, plus que dans le parti, c&#8217;est là que réside que la véritable force du processus, la vraie « révolution », la promesse d&#8217;avenir.</p>
<p><strong>Plus jamais comme avant</strong></p>
<p><img class="alignright size-medium wp-image-1002" title="consejo-comunal" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/02/consejo-comunal.jpg?w=300" alt="consejo-comunal" width="240" height="181" />Car s&#8217;il y a un élément, un seul, qu&#8217;il faut sauver du chavisme, c&#8217;est bien celui-là : l&#8217;<em>empowerment</em> des bases populaires, dans les quartiers, dans les zones rurales, dans les usines,&#8230; Cette grande prise de conscience sociale de millions de personnes qui, avant Chávez, restaient soumises, et sans grand espoir de voir changer leur condition de soumises, en face d&#8217;un statu quo social et économique imperméable et inéluctable. Or, voilà que ce statu quo, après dix ans de chavisme, n&#8217;existe plus. La pyramide sociale a littéralement été secouée. C&#8217;est sans aucun doute l&#8217;actif historique le plus important du processus bolivarien. Il peut faire espérer que, avec Chávez ou sans Chávez, le Venezuela ne sera plus jamais comme avant.</p>
<p>Bien sûr, ce grand chambardement fait grincer des dents, au Venezuela comme à Washington. Comme dans tout mouvement social radical, un certain nombre de puissants ont perdu des privilèges, des facilités, des commodités&#8230; Ils n&#8217;ont pas dit leur dernier mot. On se trouve ici clairement au cœur d&#8217;une lutte qui –appelons-la par son nom– est une vraie lutte des classes. L&#8217;opposition au chavisme reste puissante et bénéficie d&#8217;appuis non négligeables. Idéologiquement, elle essaime dans de nombreuses strates de la population, y compris parmi les moins favorisées. Mais malheureusement pour elle, et heureusement pour Chávez, elle manque de consistance politique. Elle ne possède ni leader affirmé ni programme cohérent.</p>
<p><strong>Cri passionnel</strong></p>
<p><img class="size-full wp-image-997 alignright" title="chavez_no" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/02/chavez_no.jpg" alt="chavez_no" width="240" height="161" />En réalité, l&#8217;opposition ne sait pas comment prendre le taureau Chávez par les cornes. C&#8217;est ainsi que dans les actuelles circonstances du référendum, elle se contente de dire <em>No es no</em> [non, c'est non], pour rappeler que lors du référendum de décembre 2007, portant cette fois-là sur un changement substantiel de la constitution, le non l&#8217;avait emporté. Message de portée limitée, donc, face à un Chávez qui, lui, a une vision pour le pays (et quelle vision!). Divisée, s&#8217;étendant de l&#8217;extrême-droite la plus rance à certaine gauche intellectuelle en passant par toutes les variétés de bourgeoisies et petites bourgeoisies, l&#8217;opposition a toutes les difficultés du monde à aller plus loin que se réunir autour d&#8217;un simple cri passionnel « Non à Chávez! ». Un peu court quand même&#8230;</p>
<p>Cela dit, les chavistes jouent également sur le registre des passions. Leur thème préféré pour le référendum : que perdrons-nous si notre président n&#8217;est plus là en 2012? Et d&#8217;égrener la liste des acquis sociaux (réels, pour la plupart) qui pourraient être perdus. Toutefois, en centrant tout sur le personnage Chávez, présenté comme le leader nécessaire, elle met également en évidence ce qui fait sa faiblesse : elle semble indiquer qu&#8217;il ne peut y avoir de chavisme sans Chávez. En définitive, ce serait l&#8217;attachement des masses à Chávez, voire leur amour pour Chávez, qui déciderait de l&#8217;avenir du processus. Un peu court aussi pour un processus qui se déclare révolutionnaire.</p>
<p><strong>Oui ou non?</strong></p>
<p>Alors, oui ou non à Chávez le 15 février? Les pronostics sont ouverts. Mais les camps sont formés depuis longtemps et il ne risque pas, cette fois, d&#8217;y avoir beaucoup de transfuges. Dans cette bataille, chacun s&#8217;adresse avant tout à ses troupes afin de les mobiliser face à cette nouvelle échéance référendaire. Car le vrai test, ce sera la participation électorale, la mobilisation des uns et des autres.</p>
<p>Étant donné l&#8217;enjeu, on peut d&#8217;ores et déjà assurer que la participation sera élevée. On peut également assurer qu&#8217;à l&#8217;issue du scrutin, le pays restera profondément divisé, presque <em>fifty-fifty</em>. Mais une chose est certaine : on ne peut pas assurer qui va l&#8217;emporter!</p>
<p>Dans ce référendum qui mobilise les passions plus que les raisons, dans ce face à face plus irrationnel que rationnel, comme presque tout ce qui touche à Chávez, il y aura en définitive des millions de poupées d&#8217;un bord qui diront oui et des millions de poupées d&#8217;un autre bord qui diront non. Il restera alors à compter les poupées de chaque camp&#8230; Et de cela dépendra en grande partie l&#8217;avenir politique du Venezuela.</p>
<h5>(1) C&#8217;est la raison essentielle pour laquelle a été instaurée dans de nombreux pays, y compris aux États-Unis (et récemment en France), la limitation du nombre de mandats présidentiels. Mais remarquons quand même que cette limitation n&#8217;existe pas dans la plupart des pays ayant un régime parlementaire, où les premiers ministres peuvent se succéder à eux-mêmes autant de fois qu&#8217;ils remportent les élections.</h5>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Silence, silences]]></title>
<link>http://venezuelatina.com/2008/12/18/silence-silences/</link>
<pubDate>Fri, 19 Dec 2008 01:58:32 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Luc Crucifix</dc:creator>
<guid>http://venezuelatina.com/2008/12/18/silence-silences/</guid>
<description><![CDATA[Photo : Mathieu Marquer Bon, je suis pas mal silencieux ces dernières semaines. Et pour cause : je n]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><div id="attachment_945" class="wp-caption aligncenter" style="width: 385px"><img class="size-full wp-image-945" title="2915820759_2ef4db2cb8" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2008/12/2915820759_2ef4db2cb8.jpg" alt="Mathieu Marquer" width="375" height="500" /><p class="wp-caption-text">Photo : Mathieu Marquer</p></div>
<p>Bon, je suis pas mal silencieux ces dernières semaines. Et pour cause : je ne suis pas au Venezuela, mais au Canada, au Québec, à Montréal. Comment voulez-vous que je vous parle des Tropiques alors que je me trouve sous des montagnes de neige par moins 10 (j&#8217;exagère, mais si peu&#8230;). L&#8217;esprit n&#8217;y est pas.</p>
<p>Tout est blanc ici, rien de rouge, de <em>rojo rojito</em>, sauf, sauf oui, les casquettes de certains flics! Pour moi qui venait du Venezuela, cela a fait tilt : on aurait dit des chavistes se rendant joyeusement au dernier meeting du président! </p>
<p>Je vous l&#8217;avais bien dit : un spectre hante l&#8217;Amérique du Nord : le chavisme! </p>
<p>C&#8217;est Hugo qui va être content!</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Petite réflexion sur la crise et les gauches latino-américaines]]></title>
<link>http://venezuelatina.com/2008/11/23/petite-reflexion-sur-la-crise-et-les-gauches-latino-americaines/</link>
<pubDate>Mon, 24 Nov 2008 01:23:21 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Luc Crucifix</dc:creator>
<guid>http://venezuelatina.com/2008/11/23/petite-reflexion-sur-la-crise-et-les-gauches-latino-americaines/</guid>
<description><![CDATA[Marc Saint-Upéry Dans l&#8217;attente des résultats des élections régionales au Venezuela, parlons d]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><div id="attachment_898" class="wp-caption alignright" style="width: 230px"><a href="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2008/11/marc_saint-upery.jpg"><img class="size-full wp-image-898" title="Marc Saint-Upéry" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2008/11/marc_saint-upery.jpg" alt="Marc Saint-Upéry" width="220" height="180" /></a><p class="wp-caption-text">Marc Saint-Upéry</p></div>
<p>Dans l&#8217;attente des résultats des élections régionales au Venezuela, parlons de politique. Mais pas de petite politique électorale. Tentons d&#8217;élever un tant soit peu le débat avant l&#8217;inexorable tombée des chiffres, dans quelques heures, et avant leur analyse et décryptage, dans les jours qui viennent.</p>
<p>En cette journée d&#8217;attente électorale, donc, je suis tombé sur un texte bien intéressant : un entretien avec Marc Saint-Upéry, réalisé par Pablo Stefanoni et Ricardo Bajo, pour l&#8217;édition bolivienne du <em>Monde Diplomatique</em>.  Intitulé <em><a href="http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2350" target="_blank">La crise, l’Amérique latine et les limites du « socialisme du XXIe siècle »</a></em>, l&#8217;article nous offre de quoi réfléchir sur les enjeux du moment, dans le monde et en Amérique latine en particulier. Des enjeux qui ne sont pas particulièrement petits, étant donné les incertitudes qui nous assaillent de toutes parts, la crise aidant.</p>
<p><strong>Paradoxes</strong></p>
<p>Marc Saint-Upéry est un journaliste qui réside en Équateur. Auteur de l&#8217;ouvrage <em>Le rêve de Bolìvar : le défi des gauches sud-américaines</em> (La Découverte, 2008) et traducteur de plusieurs livres de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Moore" target="_blank">Michael Moore</a>, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Mike_Davis" target="_blank">Mike Davis</a>, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Amartya_Sen" target="_blank">Amartya Sen</a>, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeremy_Rifkin" target="_blank">Jeremy Rifkin</a>, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Fisk" target="_blank">Robert Fisk</a> et même des <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Yes_Men" target="_blank">Yes Men</a>, il a une vision globale de la situation du capitalisme et des socialismes en ce début de XXIe siècle. Maniant le paradoxe, il offre un éclairage revigorant sur des personnages aussi divers que Sarah Palin et Hugo Chávez. S&#8217;il ne mâche pas ses mots quant aux perspectives du dénommé <em>socialisme du XX!e siècle</em>, il ne tombe pas non plus dans le travers contraire, qui serait de déqualifier purement et simplement les politiques du chavisme.</p>
<p>Au long de cet entretien, Marc Saint-Upéry a le mérite d&#8217;avancer des hypothèses et explications globales, qui ne manquent pas de surprendre à l&#8217;occasion, comme lorsqu&#8217;il se dit convaincu que <em>n’importe quelle mesure socio-économique d’envergure prise par les Chinois aura plus d’impact pour l’avenir de l’ensemble de l’humanité que tout ce peuvent dire ou faire les gouvernements de gauche latino-américains</em>.</p>
<p>Voilà donc de quoi remettre à leur juste place certains mythes latino-américains, et réveiller nos neurones!</p>
<h5><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2707154881?ie=UTF8&#38;tag=venezuela-latina-21&#38;linkCode=as2&#38;camp=1642&#38;creative=19458&#38;creativeASIN=2707154881" target="_blank"><img class="alignleft size-full wp-image-899" title="reve-de-bolivar" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2008/11/reve-de-bolivar.jpg" alt="le rêve de Bolivar" width="125" height="201" /></a> &#62; Lire l&#8217;entretien <em><a href="http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2350" target="_blank">La crise, l’Amérique latine et les limites du « socialisme du XXIe siècle</a></em></h5>
<h5>&#62; Acheter l&#8217;ouvrage de Marc Saint-Upéry, <em><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2707154881?ie=UTF8&#38;tag=venezuela-latina-21&#38;linkCode=as2&#38;camp=1642&#38;creative=19458&#38;creativeASIN=2707154881">Le rêve de Bolivar : le défi des gauches sud-américaines</a></em><img style="border:none!important;margin:0!important;" src="http://www.assoc-amazon.fr/e/ir?t=venezuela-latina-21&#38;l=as2&#38;o=8&#38;a=2707154881" border="0" alt="" width="1" height="1" /> chez Amazon</h5>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Le chavisme vu de l'intérieur]]></title>
<link>http://venezuelatina.com/2008/11/01/le-chavisme-vu-de-l-interieur/</link>
<pubDate>Sat, 01 Nov 2008 16:52:46 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Luc Crucifix</dc:creator>
<guid>http://venezuelatina.com/2008/11/01/le-chavisme-vu-de-l-interieur/</guid>
<description><![CDATA[Les élections approchent. Je ne parle pas ici des élections étatsuniennes de ce 4 novembre (qui, à j]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><img class="aligncenter size-full wp-image-781" title="interrogante" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2008/11/interrogante.jpg" alt="" width="402" height="390" /></p>
<p>Les élections approchent. Je ne parle pas ici des élections étatsuniennes de ce 4 novembre (qui, à juste titre, passionnent les foules), mais des élections vénézuéliennes du 23 novembre, dont l&#8217;enjeu national est également important.</p>
<p>Ce jour-là, il s&#8217;agira d&#8217;élire les gouverneurs des <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tats_du_Venezuela" target="_blank">23 états</a> et les maires des <a href="http://es.wikipedia.org/wiki/Anexo:Municipios_de_Venezuela" target="_blank">335 municipalités</a> du Venezuela. En d&#8217;autres termes de renouveler des centaines de postes de décision régionaux et locaux. À une année de la défaite de Chávez lors du référendum sur la réforme de la constitution -qui a montré que le chavisme n&#8217;était pas imbattable-, ce sera une bonne occasion de faire le point sur les forces en présence. Et de mesurer, en particulier, l&#8217;état de santé du <em>proceso</em>, du chavisme, de la révolution (comme vous voulez l&#8217;appeler) un an après sa première défaite électorale. Essoufflement? Récupération? Déception? Renforcement? Allez-y voir clair dans cette grande boîte de Pandore qu&#8217;est le Venezuela.</p>
<p><strong><em>Telenovelas</em> ou analyse?</strong></p>
<p>Durant l&#8217;année écoulée, ceux et celles qui suivent d&#8217;un peu plus près l&#8217;actualité vénézuélienne dans la grande presse auront été abreuvés d&#8217;histoires de scandales (la <a href="http://www.google.com/search?q=Antonini+Wilson+malette" target="_blank">malette d&#8217;Antonini Wilson</a>), de révélations exclusives (l&#8217;<a href="http://www.google.com/search?q=ordinateur+Reyes" target="_blank">ordinateur de Raúl Reyes</a>) et autres joyeusetés du genre. Tout cela tient plus de la <em>telenovela</em> que de l&#8217;analyse. Parce que de l&#8217;analyse, que dalle! La portion congrue! Et dans notre belle langue française, encore moins&#8230;</p>
<p>Vous voulez un bon résumé et une bonne analyse du Venezuela de 2008 ? Lisez donc ce long mais complet <a href="http://www.legrandsoir.info/spip.php?article7250" target="_blank">article de Romain Migus</a>, intitulé <em>Les élections du 23 novembre au Venezuela : conclusion électorale d’une année déterminante</em>.</p>
<p>Vous me direz : c&#8217;est biaisé, c&#8217;est chaviste, c&#8217;est militant. Oui, vous avez raison, mille fois raison. Mais un tel texte offre un éclairage du processus socio-politique vénézuélien vu de l&#8217;intérieur : il s&#8217;inscrit dans quelle logique, le mouvement chaviste? Quels sont ses doutes, ses problèmes, ses interrogations, ses erreurs, ses luttes internes? Cet éclairage-là, vous ne risquez pas de le trouver de sitôt dans les médias traditionnels. Pourtant, le chavisme représente incontestablement plus de la moitié des forces sociales au Venezuela. Alors?</p>
<p><strong>Postmodernisme ambiant</strong></p>
<p>Si vous croyez encore, un tant soit peu, en la possibilité du changement social dans ce monde sens dessus-dessous, si vous avez encore un mince espoir, aussi faible soit-il, dans la capacité du politique, c&#8217;est cela aussi qu&#8217;il faut lire, et pas seulement suivre aveuglément <em>Le Monde</em>, <em>Libé, Le Point, L&#8217;Express</em>, le <em>New York Times</em>, CNN, Yahoo, Google News et les grandes agences d&#8217;information de ce monde. Histoire de ne pas se cantonner dans l&#8217;événementiel (non dépourvu, soit dit en passant d&#8217;arrières-pensées peu avouables). Histoire de ne pas tomber dans l&#8217;anodin et le superficiel. Histoire aussi de ne pas succomber <em>in fine</em> au postmodernisme ambiant, qui en arrive à faire des fesses (pour ne prendre qu&#8217;un exemple) un élément de vie aussi important que la lutte contre les mille injustices de ce monde.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Eaux troubles]]></title>
<link>http://venezuelatina.com/2008/09/14/eaux-troubles/</link>
<pubDate>Sun, 14 Sep 2008 15:25:26 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Luc Crucifix</dc:creator>
<guid>http://venezuelatina.com/2008/09/14/eaux-troubles/</guid>
<description><![CDATA[À Caracas (photo : AP) À peine Chávez éternue-t-il qu&#8217;on me presse immédiatement d&#8217;écrir]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><div id="attachment_645" class="wp-caption aligncenter" style="width: 450px"><img class="size-full wp-image-645" title="mural-anti-us" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2008/09/mural-anti-us.jpg" alt="À Caracas" width="440" height="300" /><p class="wp-caption-text">À Caracas (photo : AP)</p></div>
<p>À peine Chávez éternue-t-il qu&#8217;on me presse immédiatement d&#8217;écrire sur lui, sa politique, sa géopolitique&#8230; J&#8217;ai déjà répondu <a href="http://venezuelatina.com/2007/09/13/chavez-a-sa-juste-place/" target="_blank">quelque part</a> que je ne comptais pas réduire ce blogue à notre cher président, aussi influent et omniprésent soit-il. Le Venezuela a existé avant Chávez et existera après Chávez. Je veux parler aussi de ce Venezuela-là.</p>
<p>Cela dit, cette semaine, je m&#8217;exécute. Car cette fois, notre toujours pétulant président y est allé très fort : expulsion de l&#8217;ambassadeur des États-Unis en solidarité avec la Bolivie d&#8217;Evo Morales; lancement, au cours d&#8217;un meeting, de la déjà célèbre injure <a href="http://www.youtube.com/watch?v=XOlA1YVB1OI" target="_blank"><em>yankees de merde</em></a>, aussitôt reprise par la presse internationale (qui doit bien se mettre quelque chose de croustillant sous la dent, merci Hugo!); enfin, annonce de prochaines <a href="http://www.latinreporters.com/venezuelapol07092008.html" target="_blank">manœuvres de la flotte russe</a> dans les Caraïbes, au départ des ports vénézuéliens, sans parler de l&#8217;atterrissage cette semaine de <a href="http://www.youtube.com/watch?v=e6yibQF_uAM" target="_blank">deux bombardiers russes TU-160</a> sur la base aérienne Libertador de Maracay, au Venezuela.</p>
<p><strong>Un cran plus haut</strong></p>
<div id="attachment_657" class="wp-caption alignright" style="width: 138px"><a rel="attachment wp-att-657" href="http://venezuelatina.com/2008/09/14/eaux-troubles/sukhoi_orenoque/"><img class="size-thumbnail wp-image-657" title="sukhoi_orenoque" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2008/09/sukhoi_orenoque.jpg?w=128" alt="Des chasseurs russes Sukhoi de la force aérienne vénézuélienne survolent l'Orénoque" width="128" height="96" /></a><p class="wp-caption-text">Des chasseurs russes Sukhoi de la force aérienne vénézuélienne survolent l&#39;Orénoque</p></div>
<p>Bref, ces derniers jours, la tension politique est montée d&#8217;un sérieux cran, non seulement au Venezuela, mais aussi en Amérique latine et dans le monde. Car une mise en relation est aussitôt faite avec un autre point chaud du globe : la Géorgie, l&#8217;Ukraine&#8230; Non sans raison, car il y a quelque chose qui ressemble à une réponse du berger à la bergère dans cette escalade de plus en plus exacerbée.</p>
<p><strong></strong></p>
<p>Mais ne nous emballons pas, et remettons tout cela en perspective :</p>
<ul>
<li><strong>Une nouvelle guerre froide?</strong> Bof&#8230; Sait-on que les États-Unis capitalisent a eux seuls 45,7 % des dépenses militaires dans le monde  et que la Russie se trouve loin derrière, avec seulement 3 %. Précèdent cette dernière le Royaume-Uni (5,1 %), la France (4,6 %), la Chine (4,3 %), le Japon (3,8 %) et l&#8217;Allemagne (3,2 %) [chiffres de 2006, <a href="http://www.grip.org/pub/rapports/rg07-7_compendium2008.pdf" target="_blank">rapport du GRIP</a>]. La Russie se veut puissance, mais elle n&#8217;est pas suicidaire à ce point, et elle n&#8217;oublie sans doute pas que l&#8217;Union soviétique a perdu la guerre froide en partie parce qu&#8217;elle ne pouvait pas soutenir la course aux armements imposée par les États-Unis.</li>
<li><strong>Chávez lance des gros mots au gouvernement des États-Unis?</strong> Bof&#8230; <em>Premièrement</em>, il le fait devant un parterre de partisans, où ce langage est obligé : il faut bien maintenir le moral des troupes. <em>Deuxièmement</em>, ce n&#8217;est pas la première fois, ni la dernière qu&#8217;il manie l&#8217;injure suprême, c&#8217;est un style qu&#8217;il cultive avec soin, une sorte d&#8217;image de marque. <em>Troisièmement</em>, il faut savoir que cette injure anti-yankee reste toujours porteuse en Amérique latine, où bien des gens (et même des dirigeants) pensent la même chose tout bas, mais n&#8217;osent pas le dire. Que quelqu&#8217;un le dise à leur place, c&#8217;est pour eux une sorte d&#8217;exutoire, c&#8217;est pour Chávez la possibilité d&#8217;engranger de la popularité auprès des foules. <em>Quatrièmement</em>, ce n&#8217;est pas pour quelques mots mal placés que le Venezuela va couper ses robinets de pétrole à destination des États-Unis. Gros mots ou pas gros mots, le commerce reste étonnamment prospère entre les deux pays.</li>
<li><strong>Chávez menace d&#8217;envoyer des troupes en Bolivie</strong> pour défendre la constitutionnalité dans ce pays? Bof&#8230; Les militaires boliviens n&#8217;en veulent pas, ils l&#8217;ont clairement dit, et on peut supputer que les militaires vénézuéliens n&#8217;en veulent pas non plus. Ce ne sera pas la première fois que Hugo Chávez fait des déclarations tonitruantes qui restent sans suite. Et soyons objectifs : Chávez n&#8217;a pas les moyens militaires de sa politique et on le verrait mal s&#8217;embourber, là-bas, dans une Bolivie divisée, comme s&#8217;est embourbé un vulgaire Bush en Irak ou en Afghanistan. Il ne faudrait toutefois pas écarter une aide, armée ou non, beaucoup plus « discrète »&#8230;</li>
</ul>
<p><strong>Ambigüités</strong></p>
<div id="attachment_660" class="wp-caption alignright" style="width: 138px"><a rel="attachment wp-att-660" href="http://venezuelatina.com/2008/09/14/eaux-troubles/tu-160/"><img class="size-thumbnail wp-image-660" title="tu-160" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2008/09/tu-160.jpg?w=128" alt="Le bombardier russe TU-160" width="128" height="78" /></a><p class="wp-caption-text">Le bombardier russe TU-160</p></div>
<p>Mais pourquoi autant de gesticulations? Par cette pêche en eaux troubles (car il s&#8217;agit de cela), Hugo Chávez espère, tant bien que mal, retirer quelques marrons du feu, afin de les capitaliser à l&#8217;interne autant qu&#8217;à l&#8217;international. Cependant, il est loin d&#8217;être certain qu&#8217;il y parvienne.</p>
<ul>
<li>Sur le plan national, les élections des gouverneurs et des maires, en novembre, approchent à grands pas. Selon toute vraisemblance, le chavisme pourrait y perdre pas mal de plumes, surtout dans les villes et les états les plus représentatifs. Le gouvernement a donc besoin d&#8217;une situation exceptionnelle pour tenter de renverser la vapeur. Fidèle à ses habitudes, Chávez joue avec le feu, prend des risques, essaie de créer de toutes pièces cette situation. Cela lui a déjà réussi, cela lui réussira-t-il cette fois?</li>
<li>Sur le plan international, il joue également sur le fil du rasoir.  Bien qu&#8217;il ait quelques alliés de poids, obligés ou circonstanciels, tels Lula, Cristina Kirchner ou Poutine/Medvedev, Hugo Chávez n&#8217;a pas beaucoup de vrais amis. Mais, dans ce monde qui ne peut réagir devant la vision impériale des États-Unis, dans cette Amérique latine qui voudrait enfin valoir par elle-même, il fait un peu office d&#8217;idiot utile, de celui qui dit tout haut ce que d&#8217;autres pensent tout bas. Jusqu&#8217;à présent, il a su largement profiter de ces ambigüités. Mais jusqu&#8217;à quand le pourra-t-il?</li>
</ul>
<p><strong>Espérer ou craindre</strong></p>
<p>Comme vous le voyez, tout cela se termine sur des interrogations. Rien de plus normal, c&#8217;est l&#8217;histoire qui est en train de se jouer devant nos yeux et on sait depuis longtemps qu&#8217;elle n&#8217;avance pas en ligne droite&#8230;</p>
<p>Pour un bel éclairage sur les enjeux de cette partie d&#8217;échec, lisez cet intéressant <a href="http://www.latinreporters.com/venezuelapol10092008.html" target="_blank">article de Christian Galloy</a>, directeur de <a href="http://www.latinreporters.com/" target="_blank">LatinReporters</a>. L&#8217;auteur tente de répondre à la question suivante : <em>Que peut espérer ou craindre Hugo Chavez, président du Venezuela et leader de la gauche antiaméricaine dite bolivarienne, en s&#8217;offrant comme tête de pont d&#8217;une présence militaire russe en Amérique latine, la première depuis la fin de la guerre froide? </em></p>
<p>Une seule certitude après tout cela : Hugo Chávez, entraîné par sa propre dynamique, joue de plus en plus gros.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Rouge négoce]]></title>
<link>http://venezuelatina.com/2008/09/11/rouge-negoce/</link>
<pubDate>Fri, 12 Sep 2008 02:23:47 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Luc Crucifix</dc:creator>
<guid>http://venezuelatina.com/2008/09/11/rouge-negoce/</guid>
<description><![CDATA[Che, Bolívar, Chávez et consorts Vous avez le choix, mais tout, ou presque, est rouge. Même le maill]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><div id="attachment_626" class="wp-caption aligncenter" style="width: 450px"><img class="size-full wp-image-626" title="negoce_rouge" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2008/09/negoce_rouge.jpg" alt="Che, Bolivar, Chávez &#38; Friends" width="440" height="314" /><p class="wp-caption-text">Che, Bolívar, Chávez et consorts</p></div>
<p>Vous avez le choix, mais tout, ou presque, est rouge. Même le maillot de la vendeuse (bien qu&#8217;il soit aux insignes de <em>Puma</em>!). Ainsi sont les négoces itinérants qui suivent pas à pas les manifestations chavistes, aux quatre coins du pays, que ce soit un rassemblement progouvernemental, l&#8217;inscription d&#8217;un candidat au Conseil national électoral (eh oui, les élections approchent), un meeting préélectoral, un marché populaire, que sais-je encore?</p>
<p>Tout autour, les gens, gagnés par la cause, sont aussi de rouge vêtus. Ils n&#8217;hésitent cependant pas à renouveler leur garde-robe. Ils achètent. Il faut admettre que la créativité du <em>designer</em> est infinie, même si l&#8217;esthétique est le plus souvent brouillonne. On combine <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Hugo_chavez" target="_blank">Chávez</a> avec <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Che_guevara" target="_blank">le Che</a>, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Simon_Bolivar" target="_blank">Bolívar</a> avec Chávez,  le Che avec Chávez ET Bolívar&#8230; Ajoutez-y un soupçon de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Opium_du_peuple" target="_blank">Marx</a>, une dose de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Lénine" target="_blank">Lénine</a>, parfois même une goutte de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Engels" target="_self">Engels</a>&#8230; De quoi se remémorer ses classiques (à défaut de les lire).</p>
<p>Et puis chaque campagne lancée par le président est prétexte à une nouvelle série. On a eu droit il y a peu aux « cinq moteurs de la révolution », qui sont déjà tombés en désuétude. Depuis peu, on peut apprécier une déclinaison graphique du slogan <em>Vamos con Todo</em>, choisi par le PSUV (<em>Partido Socialista Unido de Venezuela</em>) pour la campagne électorale qui s&#8217;en vient. Pas de doute, le négoce rouge est un bon négoce. À tel point que la vendeuse s&#8217;est approchée de moi pour me donner un petit tract publicitaire en noir et blanc. <img class="size-medium wp-image-627 alignright" title="creaciones-jozu" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2008/09/creaciones-jozu.jpg?w=300" alt="" width="300" height="250" /></p>
<p>Et d&#8217;ajouter (elle avait sans doute deviné que je n&#8217;étais pas vénézuélien, les Vénézuéliens ne font pas de photos de telles banalités) :</p>
<p>« Nous exportons aussi à l&#8217;étranger. Vous pouvez acheter en gros. Nous envoyons où vous voulez ».</p>
<p>« Ah, et vous vendez où ? »</p>
<p>« Partout, en Espagne, au Canada, en Australie&#8230; »</p>
<p>Alors, chers lectrices/teurs, si vous voulez un T-shirt ou une casquette, dites-le moi. Je me lance dans le négoce rouge!</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Le <i>comandante</i> dans son labyrinthe]]></title>
<link>http://venezuelatina.com/2008/04/27/le-comandante-dans-son-labyrinthe/</link>
<pubDate>Mon, 28 Apr 2008 00:21:16 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Luc Crucifix</dc:creator>
<guid>http://venezuelatina.com/2008/04/27/le-comandante-dans-son-labyrinthe/</guid>
<description><![CDATA[L&#8217;autre jour, je déjeunais à El Molino, petit village confiné dans une vallée des Andes vénézu]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:center;"><img class="size-full wp-image-291" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2008/04/chavez_labyrinthe.jpg" alt="" width="300" height="367" /></p>
<p>L&#8217;autre jour, je déjeunais à El Molino, petit village confiné dans une vallée des Andes vénézuéliennes. Comme de bien entendu, la télévision était allumée. C&#8217;est (malheureusement) la règle dans ces contrées.</p>
<p>Pas de <em>telenovela</em> ce midi-là (tant pis pour <em>La Hija del Mariachi</em>, on en verra le prochain épisode demain), car l&#8217;antenne avait été réquisitionnée par le <em>Comandante</em>, Hugo Chávez en personne. Ce n&#8217;est pas rare. Tout comme Sarkozy, notre prési a la faculté légale de se réserver des temps d&#8217;antenne. Simplement, au lieu de 90 minutes tous les six mois, Chávez occupe au moins le double chaque semaine, sans compter sa propre émission <em>Aló Presidente</em>, qui peut durer 3 ou 4 heures le dimanche après-midi! Soit. L&#8217;utilisation de la télévision par Hugo Chávez n&#8217;est pas le sujet de ce billet.</p>
<p>Ce jour-là, il inaugurait à Barinas je ne sais quelle nouvelle entreprise agricole, une de ces initiatives gouvernementales appelées à préfigurer le socialisme dans le pays. Devant lui, un parterre d&#8217;invités de circonstance : l&#8217;un ou l&#8217;autre ministre, quelques généraux, les inévitables autorités locales, un groupe sélectionné de militants de base. Derrière lui, à titre de paysage, un immense champ irrigué par aspersion. Remarquable contraste entre la chemise rouge du président et le vert de l&#8217;arrière-plan.</p>
<p><strong>Du grand Chávez</strong></p>
<p>Le président pérorait, improvisant librement autour de quelques notes sans doute gribouillées à la va-vite. Comme à son habitude. Il est inlassable. Objectif de toujours : (re)mobiliser les troupes. Rien à dire, il le fait bien, avec brio, énormément de pédagogie, une bonne dose de charisme, pas mal d&#8217;humour et un cœur grand comme ça. Il y croit, à sa révolution. Il veut que les autres y croient. Et il se donne à fond pour cela.</p>
<p>Il parlait de construction du socialisme, du bien commun, avec des accents quasi-religieux. Immense et beau projet : la justice sociale, la fraternité, l&#8217;égalité&#8230; Il a le ton juste, mobilisateur (sauf pour ceux, bien entendu, qui n&#8217;accepteront jamais de se mobiliser pour de tels idéaux). Du grand Chávez.</p>
<p>Et là, tout à coup, j&#8217;ai eu pitié du personnage. Littéralement pitié. Je me suis dit : « <em>Le pauvre, il n&#8217;y arrivera jamais!</em> ». Car, sur qui et sur quoi peut-il compter? Sur ce parterre de ministres et militaires dont on se demande toujours s&#8217;il ne vont pas retourner leur veste à la première occasion?  Sur ces dignitaires locaux devenus rouges par nécessité de survie politique?  Sur un parti qui risque de devenir bientôt la copie conforme de <em>Acción Democrática</em> (le parti-phare de la IVe république, qui fut lui aussi, en son temps, « révolutionnaire », ne l&#8217;oublions pas) ? Ou encore sur ce petit peuple qui voit avant tout dans le processus en cours son intérêt à court terme? On a bien l&#8217;impression que les appuis solides (même s&#8217;il y en a quelques-uns) ne sont pas légion. Au-delà du politique, on perçoit la relative fragilité sociologique du processus.</p>
<p><strong>Recréer l&#8217;humain</strong></p>
<p>Chávez, qui est un fin nez politique, ne doit pas être dupe de cette réalité. Il doit bien se rendre compte que, pour réussir dans la folle entreprise dans laquelle il s&#8217;est lancé, il a besoin rien de moins que de fonder un homme nouveau. Recréer l&#8217;humain. C&#8217;est-à-dire, dans notre cas concret, changer le Vénézuélien, une personne généralement individualiste, spontanée, allergique à l&#8217;organisation, peu consciente du bien commun&#8230; Rude tâche s&#8217;il en est!</p>
<p>Tous les révolutionnaires, à un moment ou l&#8217;autre de leur trajectoire, se sont frottés à ce mur : on ne change (malheureusement) pas l&#8217;humain. Et tous, sans exception, ont manqué leur objectif final. Voyez Robespierre, Lénine, Mao, Castro&#8230; Faute de pouvoir créer cet homme nouveau, qu&#8217;est-il advenu de leurs grands idéaux révolutionnaires?</p>
<p>Entendons-vous bien : ces révolutionnaires, même perdants, ont souvent eu un rôle socialement utile. Et, de son côté, Hugo Chávez a eu -a encore- un rôle politique majeur au Venezuela. Il a donné une voix aux sans voix, il a donné l&#8217;espoir à ceux qui n&#8217;en avaient plus, il a bousculé l&#8217;<em>establishment</em>. Historiquement, dans ce pays où personne ne se posait de question sur l&#8217;ordonnancement social, c&#8217;est énorme. Après Chávez, le Venezuela ne sera plus jamais comme avant. Mais pourra-t-il aller plus loin?</p>
<p>À analyser les diverses révolutions dans l&#8217;histoire, rien n&#8217;est moins sûr. L&#8217;impression qui prévaut est que le <em>Comandante</em>, comme d&#8217;autres avant lui, est entré dans son labyrinthe.</p>
<h5><strong>Photo : C.G. Rawlins / Reuters</strong></h5>
</div>]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[Dieu pris au dépourvu]]></title>
<link>http://venezuelatina.com/2008/02/23/dieu-pris-au-depourvu/</link>
<pubDate>Sat, 23 Feb 2008 17:23:18 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Luc Crucifix</dc:creator>
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<description><![CDATA[L&#8217;autre jour, dans son blogue, l&#8217;ami Patxi nous invitait à lire un article du New York T]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><div style="text-align:center;"><img src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2008/02/2008-02-12-181047-_pueblosdelsur.jpg" alt="¡Y el NO ganó!" /></div>
<p>L&#8217;autre jour, dans son <a href="http://www.amlatineterecuerdo.blogspot.com/" target="_blank">blogue</a>, l&#8217;ami Patxi nous invitait à lire un <a href="http://www.nytimes.com/2008/02/09/world/americas/09venez.html?_r=3&#38;pagewanted=1" target="_blank">article du <i>New York Times</i></a> qui tendait à montrer que le chavisme et la révolution bolivarienne étaient en perte de vitesse, y compris –ce qui est le plus préoccupant– parmi ceux qui y croyaient encore il n&#8217;y a pas si longtemps. Il est vrai que, depuis la défaite du référendum de décembre, on sent du côté officialiste une atmosphère délétère, qui fait penser que « le cœur n&#8217;y est plus ». Indice qui ne trompe pas : la fondation du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV), appelé à organiser le chavisme en une grande formation unique, patine depuis des mois, et on le voit mal sortir grandi de tous les cafouillages et magouillages de sa constitution.</p>
<p>Plus grave : du côté du petit peuple, urbain et rural, qui constitue la vraie base et raison d&#8217;être du chavisme, la désillusion semble s&#8217;installer peu à peu. L&#8217;incapacité du gouvernement à résoudre les problèmes quotidiens, et notamment à assurer l&#8217;approvisionnement en produits de première nécessité (le lait surtout) le touche directement, jour après jour. Même chez les convaincus, les vieux discours justificatifs (attaque de l&#8217;impérialisme, accaparement des denrées par les producteurs et distributeurs, etc.) ne fonctionnent plus comme avant. La fatigue se manifeste. Le doute s&#8217;installe.</p>
<p>L&#8217;article du <i>New York Times</i> dont il est question plus haut se termine de façon abrupte.  C&#8217;est Jesús Camacho, un petit vendeur de rue,  partisan de Chávez depuis toujours, qui lance le mot de la fin : « Aucun homme ne peut trouver de solution à cette situation, affirme-t-il. Il n&#8217;y a que Dieu. »</p>
<p><b>Vieux fond fataliste</b></p>
<p>On retrouve dans cette réflexion le vieux fond fataliste vénézuélien, qui a permis à ce peuple de vivre et de survivre pendant des années, des décennies, des siècles, subissant tous les outrages. Voilà que dans les <i>barrios</i>, dans les villages, on se dit à nouveau : le Venezuela n&#8217;est définitivement pas une affaire d&#8217;homme, c&#8217;est une affaire de Dieu. Peu importe qui gouverne, il n&#8217;y arrivera pas&#8230;</p>
<p>Le retour de ce fond fataliste pourrait signer l&#8217;échec de Chávez (je ne parle pas ici de son maintien au pouvoir, qui est autre chose, je parle du projet). Car, oui, pendant un temps, Chávez fut Dieu. Il pouvait tout. Il décidait contre vents et marées. Il flottait au-dessus de tout le monde&#8230; Mais voilà : Jesús Camacho nous dit, entre les lignes, que ce n&#8217;est plus la cas! Chávez n&#8217;est plus Dieu!</p>
<p>C&#8217;est d&#8217;autant plus inquiétant qu&#8217;on ne sent plus, chez le <i>líder</i> lui-même, de feu sacré, comme si la défaite du référendum l&#8217;avait blessé ailleurs que dans son amour-propre. Répétitif, lancinant, il peine à motiver ses troupes. Les vieux discours ne passent plus. Le volontarisme à tout crin semble avoir trouvé ses limites et le président semble s&#8217;en être aperçu.</p>
<p>Or, jusqu&#8217;à présent, Chávez avait fonctionné au pur volontarisme, faisant fi des réalités sociologiques de son pays, qui sont pourtant lourdes, très lourdes. Pétri de culture militaire, il se disait : « Ça passe&#8230;, ou ça casse! ».</p>
<p>Jusqu&#8217;ici, cela avait passé. Mais voilà que ça pourrait casser&#8230; Et <i>Dieu</i> se trouve subitement pris au dépourvu!</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[Les « bolibourgeois » au théâtre]]></title>
<link>http://venezuelatina.com/2008/02/17/les-bolibourgeois-au-theatre/</link>
<pubDate>Sun, 17 Feb 2008 16:44:18 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Luc Crucifix</dc:creator>
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<description><![CDATA[On a eu de la chance hier soir : nous avons reçu à Mérida les mimes Bodecker &amp; Neander, émules e]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><div style="text-align:center;"><img src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2008/02/neander-bodecker.jpg" alt="Neander y Bodecker" /></div>
<p>On a eu de la chance hier soir : nous avons reçu à Mérida les mimes <a href="http://www.bodecker-neander.com/" target="_blank"><b>Bodecker &#38; Neander</b></a>, émules et élèves de Marcel Marceau, pour une unique représentation au Venezuela dans le cadre de leur tournée latino-américaine.</p>
<p>La grande salle du centre culturel Tulio Febres Cordero était bien remplie, mais –ô surprise!– les cultureux de la ville (qui sont pourtant légion dans cette ville universitaire) n&#8217;étaient pas au rendez-vous, sauf quelques rares exceptions. Absente aussi la belle bourgeoisie locale, celle-là même qui, sous la 4e République, a fait construire l&#8217;immense centre culturel et a été jusqu&#8217;à doter sa salle principale d&#8217;une fosse à orchestre, dans l&#8217;espoir qu&#8217;un jour on pourra assister à un vrai opéra à Mérida –espoir déçu jusqu&#8217;à présent.</p>
<p>Pourtant, Neander et Bodecker avaient de quoi attirer ce public cosmopolite toujours friand de spectacles internationaux. D&#8217;autant plus que la publicité avait été orientée autour de l&#8217;image de Marcel Marceau, qui n&#8217;est tout de même pas un inconnu au régiment.</p>
<p><b>Nouveau public</b></p>
<p>Qui étaient alors ces 1200 à 1500 personnes présentes dans la salle? Un public tout nouveau, parfaitement inhabituel pour ce genre de spectacle. Comment le définir? Pas mal de jeunes, mais pas l&#8217;étudiant universitaire type. Des familles aussi. Au total, un public résolument populaire. À 70 Bs. F. (plus de 20 euros au change officiel), le prix des places n&#8217;était pourtant pas donné. Quelle est donc l&#8217;explication?</p>
<p>Il faut savoir que le spectacle était organisé conjointement par le Gouvernement bolivarien de Mérida, la mairie de la ville, Ferisol (le comité des fêtes municipal) et une coopérative de production. Il avait donc une odeur officialiste certaine, suffisante pour faire fuir les allergiques au chavisme. C&#8217;est bien entendu ce qui explique l&#8217;absence des cultureux et de la bonne bourgeoisie traditionnelle.</p>
<p>Par contre, on peut supposer que les organisateurs officialistes ont distribué un certain nombre de billets à certains de leurs fonctionnaires et amis. On peut supposer aussi que la <i>bolibourgeoisie</i>, bourgeoisie bolivarienne, ainsi que l&#8217;on appelle les nouveaux riches issus du chavisme, a également fait acte de présence, histoire de faire montre de son nouveau vernis culturel.</p>
<p><b>Du vulgaire au sublime</b></p>
<p>Sans former une <i>nomenklatura</i> dans le sens strict, la bolibourgeoisie est composée essentiellement des nouveaux entrepreneurs qui s&#8217;enrichissent grâce aux nombreux contrats gouvernementaux, ainsi que des hauts fonctionnaires enrichis par les prébendes qu&#8217;ils reçoivent. Rien de bien neuf au Venezuela, où ce mode de fonctionnement à toujours été la règle. Mais plutôt gênant quand on se targue de vouloir construire le socialisme du XXIe siècle&#8230; Passons, ce n&#8217;est pas l&#8217;objet de ce billet&#8230;</p>
<p>Bref, c&#8217;est surtout cette <i>bolibourgeoisie</i> qui a rempli la salle. Ce renouvellement du public n&#8217;est pas nécessairement une mauvaise chose : il y a quelques années, ces mêmes personnes se seraient contentées d&#8217;un spectacle de divertissement vulgaire. Les voici qui touchent au sublime!</p>
<p>Car, faut-il le dire, le spectacle était à la hauteur. Bodecker et Neander nous ont offert un spectacle de toute grande qualité, alternant drame, humour, rires et pleurs, avec une économie de moyens proprement ahurissante.</p>
<p>Pour vous en convaincre, je vous présente un extrait du spectacle :</p>
<p><span style='text-align:center; display: block;'><object width='425' height='350'><param name='movie' value='http://www.youtube.com/v/DskloPiPsFs&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' /><param name='allowfullscreen' value='true' /><param name='wmode' value='transparent' /><embed src='http://www.youtube.com/v/DskloPiPsFs&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' type='application/x-shockwave-flash' allowfullscreen='true' width='425' height='350' wmode='transparent'></embed></object></span></p>
<p>Avouez que les <i>bolibourgeois</i> en ont eu pour leur argent (qui n&#8217;était d&#8217;ailleurs peut-être pas tout à fait le leur&#8230;).</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>

</channel>
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