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	<title>cinephilies &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
	<link>http://en.wordpress.com/tag/cinephilies/</link>
	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "cinephilies"</description>
	<pubDate>Sat, 26 Dec 2009 23:36:01 +0000</pubDate>

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<item>
<title><![CDATA[[cinéphilies :] Bruno Dumont et Julie Sokolowski]]></title>
<link>http://cutlarevue.fr/2009/11/26/cinephilies-bruno-dumont-et-julie-sokolowski/</link>
<pubDate>Thu, 26 Nov 2009 11:52:12 +0000</pubDate>
<dc:creator>Romain</dc:creator>
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<description><![CDATA[Bruno Dumont vient d&#39;annoncer à ses acteurs que finalement, il veut faire une comédie. Bruno Dum]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><div id="attachment_4069" class="wp-caption alignnone" style="width: 448px"><img class="size-medium wp-image-4069" title="Hadewijch" src="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/11/hadewijch.jpg?w=438" alt="" width="438" height="292" /><p class="wp-caption-text">Bruno Dumont vient d&#39;annoncer à ses acteurs que finalement, il veut faire une comédie.</p></div>
<p>Bruno Dumont et Julie Sokolowski étaient à Strasbourg pour présenter <strong>Hadewijch</strong> (prononcez Hadewijch), sortie en salles le 25 novembre. Inquiète devant la foi extatique et aveugle d’Hadewijch, la mère supérieure décide de la renvoyer du couvent. « <em>Il n’est pas nécessaire, pour se rapprocher de Dieu, de se détacher du monde</em> », lui dit-elle. Hadewijch redevient Céline, une jeune femme parisienne. Mais elle garde sa foi et sa profonde conviction. Jusqu’au bout ?<br />
<strong>Hadewijch</strong> est peut-être le film le plus complexe de Bruno Dumont, et le moins efficace. Son propos est encore plus serré, sa mise en scène toujours plus stricte, mais il y a, dans ce qu’il autorise à ses acteurs, une forme de liberté (toujours sous la contrainte) qui offre d’autres chemins. Dont certains, peut-être pour la première fois dans son cinéma, lui échappent. Aucun de ses films n’est aimable. <strong>Hadewijch</strong>, avec le temps, peut séduire.<br />
En attendant que les intervenants de la prochaine émission de Cutlaradio (en ligne le samedi 28 novembre) livrent leur verdict, Bruno Dumont et Julie Sokolowski se prêtent au jeu de la cinéphilie et réagissent à quelques titres de films.</p>
<p><strong>ANTICHRIST</strong> (Lars von Trier)<br />
<span style="color:#ff0000;">Bruno Dumont :</span> C’est un cinéaste que j’aime beaucoup. J’ai été assez déçu par son film. J’ai trouvé ça très décevant pendant une heure. Et après, ça commence à être bien. Mais je n’ai pas compris : sa manière de faire, sa manière de filmer… Faire la grimace au spectateur. Ca ne m’a pas plu, pas du tout ! Et c’est quand la violence sort que je le trouve plus fort et plus juste.<br />
<span style="color:#ff0000;">Julie Sokolowski : </span>J’ai à peu près le même avis. Je n’ai pas apprécié, mais j’ai bien aimé le jeu de Charlotte Gainsbourg. Peut-être qu’elle a ressenti dans ce personnage des souffrances que j’ai pu ressentir en jouant Hadewijch.</p>
<p><strong>DERNIER MAQUIS</strong> (Rabah Ameur-Zaïmèche)<br />
<span style="color:#ff0000;">Bruno Dumont :</span> Lui, je pense que je l’ai rencontré à Cannes.<br />
<span style="color:#ff0000;">Julie Sokolowski</span> <em>(en minaudant)</em> : A Cannes…<br />
<span style="color:#ff0000;">B.D. : </span>Ah non c’est pas le problème de Cannes ! Et puis il n’est pas très cannois dans l’esprit, lui non plus… C’est pas le genre… En même temps, Cannes, c’est un endroit où l’on rencontre des gens. C’est quelqu’un que j’aime bien, qui est assez singulier dans le milieu du cinéma. Et je pense que les gens singuliers sont précieux. En fait, je ne connais pas ses films, mais il y a une espèce d’entente. Et ça m’arrive même avec des cinéastes dont je déteste le travail. Il y a quelque chose de commun, c’est assez troublant. Je ne sais pas si on peut appeler ça de la fraternité…<br />
<strong><!--more--></strong><strong>DE BRUIT ET DE FUREUR</strong> (Jean-Claude Brisseau)<br />
<span style="color:#ff0000;">Bruno Dumont :</span> Est ce que je l’ai vu ? Je ne crois pas. J’ai vu <strong>Noce blanche</strong>. Je ne connais pas bien son œuvre.</p>
<p><strong>LA VIE DE JESUS</strong> (Bruno Dumont)<br />
<span style="color:#ff0000;">Julie Sokolowski : </span>C’est de qui ? Je ne l’ai pas vu…<br />
<span style="color:#ff0000;">Bruno Dumont :</span> Mais non, tu ne l’as pas vu, si ?<br />
<span style="color:#ff0000;">J.S. :</span> Mais si, je l’ai vu.<br />
<span style="color:#ff0000;">B.D. :</span> Quand je l’ai revu, j’ai trouvé que c’était trop rapide. Ca m’a fait un drôle d’effet. En le revoyant, je n’aurais pas fait pareil, mais c’est normal je crois.<br />
<span style="color:#ff0000;">J.S :</span> C’est un film radical.<br />
<span style="color:#ff0000;">B.D. : </span>Qu’est ce que tu entends par radical ?<br />
<span style="color:#ff0000;">J.S. : </span>Ben c’est profond.<br />
<span style="color:#ff0000;">B.D. :</span> Il y a quelque chose de commun dans mes films, c’est de mettre le Mal devant.<br />
<span style="color:#ff0000;">J.S. :</span> C’est aimer le Mal…<br />
<span style="color:#ff0000;">B.D. :</span> Non…<br />
<span style="color:#ff0000;">J.S. :</span> Non, mais on s’attache aux personnages…<br />
<span style="color:#ff0000;">B.D. : </span>Oui… Voilà. C’est cette ambiguïté qui prime. Ce rapport frontal est sain. C’est sain pour le spectateur d’avoir un héros, qui ne soit pas simple mais complexe, à affronter. Il y a un travail à faire, que le cinéaste ne fait pas forcément et qu’il faut faire soi-même. Ca donne du travail au spectateur, ça lui donne une place aussi, ça le valorise.</p>
<p><strong>MA MERE</strong> (Christophe Honoré)<br />
<span style="color:#ff0000;">Bruno Dumont : </span>Ca me fait penser à la mère supérieure. Qui n’est pas une sœur. J’ai travaillé avec deux femmes qui sont profondément athées et qui ont joué ce rôle des religieuses. C’était très intéressant. Elles avaient ce désir de faire ça, et en même temps pas vraiment l’envie. Voilà à quoi ça me fait penser.</p>
<p><strong>ROSETTA</strong> (Frères Dardenne)<br />
<span style="color:#ff0000;">Bruno Dumont :</span> On se rencontre de temps en temps, on se dit bonjour gentiment. Avec quelque chose de très chaleureux. <strong>Rosetta</strong>, j’ai jamais vu.<br />
<strong><span style="color:#ff0000;"><strong>Julie Sokolowski :</strong></span></strong> Je l’ai vu il y a cinq ou six ans. Je l’ai vu avant de voir <strong>L’enfant</strong> qui m’a plus marqué. J’aime bien leur cinéma. Ils filment les corps et ça fait du bien de voir des corps en mouvement au cinéma.<br />
<span style="color:#ff0000;">B.D. : </span>C’est un petit peu moral quand même.<br />
<span style="color:#ff0000;">J.S. : </span>Oui, c’est un petit peu moral…<br />
<span style="color:#ff0000;">B.D. :</span> Un peu Kiarostami.<br />
<span style="color:#ff0000;">J.S. :</span> On peut dire la même chose sur vos films.<br />
<span style="color:#ff0000;">B.D. : </span>Comment ?<br />
<span style="color:#ff0000;">J.S. :</span> Vos films aussi on peut dire…<br />
<span style="color:#ff0000;">B.D. : </span>Qu’ils le sont ?<br />
<span style="color:#ff0000;">J.S. :</span> Immoral…<br />
<span style="color:#ff0000;">B.D. :</span> Ah voilà.<br />
<span style="color:#ff0000;">J.S. :</span> Oui, mais il y a quand même de la moral dedans.<br />
<span style="color:#ff0000;">B.D. :</span> Oui, oui. C’est normal que moi je le ressente&#8230;</p>
<p><strong>FASTER, PUSSYCAT ! KILL ! KILL !</strong> (Russ Meyer)<br />
<span style="color:#ff0000;">Bruno Dumont :</span> Pardon ? <em>(Silence)</em>… Pas vu. Russ Meyer me dit quelque chose, le titre aussi.<br />
<span style="color:#ff0000;">CUT :</span> Russ Meyer était notamment connu pour faire des films avec des actrices jouissant de seins énormes.<br />
<span style="color:#ff0000;">Bruno Dumont et Julie Sokolowski :</span> Aaaah oui ! D’accord.<br />
<span style="color:#ff0000;">J.S. :</span> J’ai un ami qui a le dvd et j’ai vu des affiches.<br />
<span style="color:#ff0000;">B.D. : </span>Je pense avoir vu un documentaire sur lui. Mais je n’ai pas vu le film. J’imagine que c’est pour parler de l’érotisme dans <strong>Hadewijch</strong>. Dans mon film, l’érotisme est dans la privation. C’est le spectateur qui fait le travail. Ca développe du désir chez le spectateur.<br />
<span style="color:#ff0000;">CUT :</span> Que vous mettez tout de même en scène, notamment dans votre façon de filmer la poitrine d’Hadewijch.<br />
<span style="color:#ff0000;">Bruno Dumont :</span> Je ne m’en rendais pas compte sur le moment. C’est en la voyant. C’était comme ça, on n’en a pas parlé, ce n&#8217;était pas prémédité. C’est son corps qui est comme ça. Après, que le spectateur fasse ce travail… Le corps d’Hadewijch, posé dans ce récit, crée ce désir, ça la rend érotique. Parce qu’elle se refuse aux hommes, elle créée le désir. Moi ça me trouble. C’est troublant pour un homme.</p>
<p><em>Propos recueillis par Romain Sublon</em><em></em></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[[cinéphilies :] Albert Dupontel]]></title>
<link>http://cutlarevue.fr/2009/11/25/cinephilies-albert-dupontel/</link>
<pubDate>Wed, 25 Nov 2009 13:00:17 +0000</pubDate>
<dc:creator>Romain</dc:creator>
<guid>http://cutlarevue.fr/2009/11/25/cinephilies-albert-dupontel/</guid>
<description><![CDATA[Albert Dupontel a rendez-vous avec son ami Laurent Bignolas. Albert Dupontel était à Strasbourg pour]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><div id="attachment_4064" class="wp-caption alignnone" style="width: 448px"><img class="size-medium wp-image-4064" title="Vilain ok" src="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/11/vilain-ok.jpg?w=438" alt="" width="438" height="292" /><p class="wp-caption-text">Albert Dupontel a rendez-vous avec son ami Laurent Bignolas.</p></div>
<p>Albert Dupontel était à Strasbourg pour présenter son quatrième film, <strong>Le Vilain</strong> (sortie en salles le 25 novembre). Un méchant garçon, devenu méchant homme, se retrouve en cavale. Pour se planquer, quoi de mieux que la maison de sa gentille maman ? Quand bien même il ne l’a plus vue depuis 20 ans… Après le cartoon social (<strong>Enfermé dehors</strong>), Albert Dupontel s’essaye au cartoon sentimental : ou comment une mère tente de remettre son fils sur le droit chemin alors que celui-ci est un vilain prêt à tout ? Un film forcément burlesque. Ce n&#8217;est pas le meilleur Dupontel, mais c&#8217;est peut-être le plus intéressant ; hésitant entre la voie de la Rédemption et la route pour l&#8217;Enfer.<br />
En attendant que les intervenants de la prochaine émission de Cutlaradio (en ligne le samedi 28 novembre) livrent leur verdict, Albert Dupontel se prête au jeu de la cinéphilie et réagit à quelques titres de films.</p>
<p><strong>LE FABULEUX DESTIN D’AMELIE POULAIN</strong> (Jean-Pierre Jeunet)<br />
Très bonne nouvelle pour les cinéastes français puisque c’est le succès populaire d’un exercice original. Voilà.</p>
<p><strong>TATIE DANIELLE</strong> (Etienne Chatilliez)<br />
Ce n’est pas du tout une référence du <strong>Vilain</strong>. Je l’ai vu il y a très longtemps et je dirais que c’est une très bonne réussite de la comédie française. Sans que ce soit péjoratif.</p>
<p><strong>LOUISE MICHEL</strong> (Gustave Kervern et Benoît Delépine)<br />
C’est un excellent film de Gustave et Benoît. C’est un humoir noir dont ils sont familiers. Une très bonne interprétation de Bouli et Yolande. Avec un rire qui est peut-être plus palpable que dans les films précédentes. Et une critique virulente de la mondialisation, ce qu’ils savent très bien faire, mais qui dans ce film est peut-être encore plus clair et manifeste. J’attends avec impatience le suivant.</p>
<p><strong>TEX AVERY</strong><br />
C’est le premier mec qui a fait des dessins animés pour adultes. Avec une vraie subversion.</p>
<p><strong>ODETTE TOULEMONDE</strong> (Eric-Emmanuel Schmitt)<br />
C’est une bleuette qui est loin d’être parfaite, mais qui m’a permis de rencontrer Catherine Frot. A ce niveau-là, c’est déjà très positif. Après, j’aime beaucoup Eric-Emmanuel Schmitt. Voilà, j’ai eu du plaisir à faire cette petite fable amoureuse.</p>
<p><strong>LE CREATEUR</strong> (Albert Dupontel)<br />
Ca reste aujourd’hui mon film préféré. Parce que, d’abord, il n’a pas marché et puis c’est certainement celui où j’ai parlé le plus de moi. De ce que je pouvais ressentir devant une page blanche. Ce n’est peut-être pas très malin de l’avoir fait juste après <strong>Bernie</strong> qui avait crée une attente à laquelle <strong>le Créateur</strong> ne pouvait pas répondre. Et puis, ce film a été vendu comme un pot de rillettes dans un rayon de chez Fauchon, donc forcément les gens ne l’ont pas acheté. J’en veux énormément aux gens  qui vendaient le film. Ils l’ont méprisé, ils ne l’aimaient pas, ils ne venaient même pas aux rushes. Quand les parents n’aiment pas leur enfant, il y a peu de chances pour que l’enfant s’en sorte. C’est ce qui s’est passé avec mon film. Mais j’ai appris récemment que 40 000 dvd du film ont été vendus ce qui est un gros score pour un film qui n’a même pas fait 200 000 entrées en salle.</p>
<p><em>Propos recueillis par Romain Sublon</em></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[[cinéphilies :] Eric Valette]]></title>
<link>http://cutlarevue.fr/2009/11/24/cinephilie-eric-valette/</link>
<pubDate>Tue, 24 Nov 2009 20:51:26 +0000</pubDate>
<dc:creator>François-Xavier Taboni</dc:creator>
<guid>http://cutlarevue.fr/2009/11/24/cinephilie-eric-valette/</guid>
<description><![CDATA[Eric Valette était à Strasbourg pour présenter son film, Une affaire d’état (sortie le 25 novembre 2]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/11/eric-valette.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4055" title="Eric Valette" src="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/11/eric-valette.jpg?w=438" alt="" width="438" height="328" /></a></p>
<p>Eric Valette était à Strasbourg pour présenter son film, <strong>Une affaire d’état</strong> (sortie le 25 novembre 2009). Thriller politique autour de la françafrique, adapté du roman <strong>Nos Fantastiques Années fric</strong> de Dominique Manotti, dans la tradition française du cinéma d’Yves Boisset, le film sera probablement décortiqué par l’équipe de Cutlaradio (en ligne samedi 28 novembre). En attendant, Eric Valette réagit à quelques titres de films.<strong></strong></p>
<p><strong>LORD OF WAR </strong>(Andrew Niccol)</p>
<p>Je pense que ce qui est le plus proche de <strong>Lord of War</strong> dans le film, c’est l’affiche. Je crois que l’affiche américaine, pas la française, représente le visage de Nicolas Cage avec des armes. C’est un débat qui m’échappe, car c’est un débat promotionnel. En dehors de ça, je n’aime pas beaucoup <strong>Lord of War</strong> pour plein de raisons… Je n’arrive pas à m’intéresser à ce personnage et j’ai beaucoup de problèmes avec Nicolas Cage en général.<strong></strong></p>
<p><strong>LES DEMONS DE JESUS</strong> (Bernie Bonvoisin)</p>
<p>Je vais être très honnête, j’ai vu <strong>Les Démons de Jésus</strong> pour la première fois il y a six mois. J’ai trouvé Thierry Frémont super dans ce film, comme il l’est dans plein d’autres d’ailleurs. Mais ça ne fait pas nécessairement partie des films qui m’ont inspiré pour choisir Thierry. Ce qui a été décisif, c’était le téléfilm sur Francis Heaulme (<strong>Dans la tête du tueur</strong> de Claude-Michel Rome). C’est assez rare de trouver dans le cinéma français quelqu’un qui est aussi investi physiquement dans ses rôles, qui les prépare aussi bien… quelqu’un d’aussi pro sur un plateau, qui ne pose absolument aucun problème, qui et toujours partant, toujours à demander plus. Thierry Frémont c’est vraiment un comédien passionnant et j’espère qui si Une affaire d’état peut faire juste un truc, c’est amener Thierry Frémont à devenir, je ne vais pas dire bankable, mais à être plus considéré, je serais déjà très content.<strong></strong></p>
<p><!--more--><strong>LE SAUT DE L’ANGE</strong> (Yves Boisset)</p>
<p>Ah ! c’est un très beau film que j’ai découvert y’a pas très longtemps. Ce que j’aime dans ce film c’est son espèce de mélange très improbable entre un côté finalement, très, très bande dessinée, très pop et bondissant avec un fond assez grave de magouilles électorales et de luttes de pouvoir à Marseille, si je ne me trompe pas. J’aime bien ce mélange où il y a un côté, à la fois super bis, très divertissant, avec des gueules de seconds rôles italiens improbables, comme Gordon Mitchell qui est là vingt minutes et en même temps un discours qui n’est pas rien, porté par un Jean Yanne extrêmement badass, sous son côté un petit peu débonnaire de français moyen. Il y a un plan dont je me souviendrai toute ma vie c’est celui où il découvre que sa femme a été assassinée dans son lit… il soulève le drap, il voit le visage mort de sa femme et il n’exprime strictement aucune émotion, c’est comme si il venait d’acheter son pain. C’est une scène totalement scotchante. Ce film a des tas d’éléments très marquants notamment la très belle musique de François de Roubaix. Et Comme pour une affaire d’état, on ne sait pas tout de suite où on va au niveau de l’intrigue. Ça m’excite plus de ne pas savoir où je vais aller, que le maniérisme d’un certain cinéma contemporain, qui consiste à nous montrer la fin avant le début, créer ces effets chronologiques pour créer une dynamique artificielle dans un récit. Ça me laisse plus perplexe.</p>
<p><em>Intervention de l’interviewer : les deux films ont en commun de collectionner les gueules, comme HPG ou Eric Savin (dans <strong>Une affaire d’état</strong>). Comment s’est fait le casting ?</em></p>
<p>Pour être très honnête, on a fait un film qui aurait dû être tourné avec beaucoup plus d’argent mais on n’a pas eu de chaîne hertzienne donc on s’est retrouvés avec Eric Névé, le producteur à essayer de faire des économies. On a commencé à sabrer dans le script, à couper des jours de tournage et puis on s’est dit que le premier truc à couper en matière de salaire c’était le directeur de casting. On a pris quelqu’un qui s’occupait des touts petits rôles, des personnes qui avaient une ou deux répliques. Pour tous les rôles, Eric et moi nous sommes concertés et avons décidé, comme, par exemple, pour le personnage du tueur qu’on appelle Le Chauve. Rachida Brakni m’a dit qu’elle connaissait HPG, qui a effectivement une très bonne gueule. En plus j’avais adoré <strong>On ne devrait pas exister</strong>, qui est un très bon film d’auteur français. Rachida me donne le numéro d’HPG, je lui dis qu’il n’y a pas une ligne de dialogue, et voilà, il le fait… on a vraiment fonctionné sur ce principe, que les comédiens nous servaient de directeurs de casting en quelque sorte. C’est pour ça que le film a un casting un peu à l’ancienne, avec plein de gueules, avec des gens qu’on retient, même s’ils sont là cinq minutes.</p>
<p><strong>POLICE FEDERALE LOS ANGELES</strong> (William Friedkin)</p>
<p>Friedkin, c’est un de mes cinéastes préférés. Je suis un fou de Friedkin pour plein de raisons, sa mise en scène, son travail sur le son et, ce que j’ai modestement essayé de faire à mon niveau : c’est un type qui ne tranche pas, qui ne donne pas de réponse à tout. C’est vrai qu’il y a des choses dans le film qui, j’espère, feront penser à Friedkin, sans être des citations. La mort brutale d’un des personnages importants découle du cinéma de Friedkin. Ce personnage ne devait pas mourir dans la scène, il devait être mortellement blessé. Ça créait une longue scène et au moment où il s’est agi de couper des jours de tournage, j’ai réécrit la scène, de façon plus radicale. Et en la réécrivant, je pense forcément à <strong>Police fédérale Los Angeles</strong> et je récupère la technique : on tire un jet de sang à air comprimé sur le visage du type pour faire un effet fulgurant qui ne nécessite pas de prothèse et qui est fait en cinq minutes sur le plateau. On le voit aussi sur <strong>French Connection</strong> et du moment que c’est monté correctement, ça marche très bien. Donc effectivement, il y a de ça là-dedans, à la fois par goût et par nécessité.</p>
<p><strong>DJANGO PORTE SA CROIX</strong> (Enzo G. Castellari)</p>
<p>Je vais être très honnête, je ne l’ai jamais vu mais j’aime beaucoup ce titre. J’ai vu plein de westerns italiens mais pas celui-là. Il se trouve que pour la déco, on avait récupéré l’affiche de <strong>Django porte sa croix</strong>. Donc on l’a mis dans le décor pour évoquer l’amour que pouvait avoir pour le western italien et ses musiques le personnage incarné par Gérald Laroche. C’était un peu un accident, mais ça fait partie d’un travail visuel ou sonore sur le film : je ne voulais pas être dans la citation où ça se passe à travers le dialogue. Je ne voulais pas entrer dans la « tarantinade », il sait le faire très bien, mais il y a beaucoup trop de monde qui essaie de faire pareil.</p>
<p><em>Propos recueillis par François-Xavier Taboni</em></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[[cinéphilies :] Edouard Molinaro]]></title>
<link>http://cutlarevue.fr/2009/11/22/cinephilie-edouard-molinaro/</link>
<pubDate>Sun, 22 Nov 2009 09:02:37 +0000</pubDate>
<dc:creator>jennyulrich</dc:creator>
<guid>http://cutlarevue.fr/2009/11/22/cinephilie-edouard-molinaro/</guid>
<description><![CDATA[Édouard Molinaro était à Strasbourg pour présenter son livre de souvenirs, Intérieur soir (paru aux ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/11/edouard-molinaro.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-4042" title="Edouard Molinaro" src="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/11/edouard-molinaro.jpg?w=438" alt="" width="438" height="328" /></a></p>
<p><strong>Édouard Molinaro </strong>était à Strasbourg pour présenter son livre de souvenirs, <em>Intérieur soir</em> (paru aux éditions Anne Carrière) où, en une succession de courts chapitres, il campe des situations allant de son enfance à la fin de son parcours télévisuel en passant bien sûr par le cinéma. On apprend ainsi que ses grands succès comiques (<strong>Oscar</strong>, <strong>Hibernatus</strong>, <strong>L’emmerdeur</strong>, <strong>La cage aux folles</strong>…) sont généralement assez loin de ce qu’il avait envie de faire, son goût le portant davantage vers les films qu’il a eu l’occasion de tourner à la fin de sa carrière cinématographique : <strong>Le souper</strong> et <strong>Beaumarchais, l’insolent</strong>. On croise aussi rapidement, aux détours des pages, Brigitte Bardot, Jacques Becker, Jacques Brel, Alain Cavalier, Louis de Funès, etc. C’est très vite lu, peut-être un peu superficiel, mais agréable car écrit par un heureux homme.<br />
Édouard Molinaro a accepté de se prêter au jeu de la cinéphilie, il réagit aux films suivants…</p>
<p><strong>L’ENFER D’HENRI-GEORGES CLOUZOT </strong>(Serge Bromberg et Ruxandra Medrea) :<br />
Je vais aller le voir ! J’ai bien connu Clouzot pour lequel j’avais beaucoup d’admiration. C’était un homme assez bavard et sur la fin de sa carrière, on se retrouvait dans un petit restaurant, rue Marboeuf à Paris, et je l’écoutais pendant des heures me raconter ses problèmes et ce qu’était le cinéma à son époque. J’étais évidemment tout jeune et tout à fait fasciné. Je n’ai pas vu <strong>L’enfer</strong>, j’ai vu le remake qu’avait fait Chabrol –qui est un film qui me laisse un peu sceptique-, mais j’ai sur mon bureau deux billets pour aller voir <strong>L’enfer</strong> et je vais aller voir <strong>L’enfer </strong>!</p>
<p><strong>LE TROU</strong> (Jacques Becker) :<br />
<strong>Le trou</strong> de Jacques Becker, 1960… Jacques Becker est quelqu’un qui a compté énormément pour moi parce que c’est le premier cinéaste professionnel qui a vu mes films d’amateur et qui m’a dit comme ça, avec son accent parisien hérité de Renoir, il m’a dit : bah, c’est un peu mal foutu, mais j’crois qu’vous êtes un cinéaste. Et ça, ça m’a boosté. J’avais quoi, 19 ans… Je lui serai éternellement reconnaissant. Il s’est déplacé, à l’époque, dans une toute petite salle des boulevards qui était équipée de 9,5mm et de 16mm : c’était LE grand cinéaste de l’époque et il s’est déplacé pour venir voir mes petites oeuvrettes et c’était bouleversant pour moi. Il m’a encouragé d’une manière extraordinaire. Et puis j’étais un fan de ses films. Pour moi, <strong>Goupi mains rouges</strong>, c’était le chef-d’œuvre absolu. Ça avait bercé mes années de guerre… Donc pour moi c’était très important. D’ailleurs, je suis resté proche de la famille Becker puisque Sophie Becker, sa fille, a été mon assistante dans le film que j’ai fait d’après Simenon, <strong>La mort de Belle</strong>, et que je suis resté très ami avec Jean Becker, avec son fils, qui est chef opérateur. Et son frère qui est malheureusement décédé, qui était modéliste comme moi. Je suis resté très proche de la famille Becker : c’est quelqu’un qui a été très important pour moi.</p>
<p><!--more--><strong>IRENE </strong>(Alain Cavalier) :<br />
Ah. Vous tombez sur LE film qui m’a bouleversé ces dernières années. Alain, vous avez lu le livre, vous savez qu’il a été mon assistant dans les courts métrages, c’est quelqu’un que je respecte et que j’aime beaucoup. Je l’ai rencontré peu de temps avant la sortie d’<strong>Irène</strong>, depuis je lui ai envoyé le livre et un mot sur son film, sur Irène. Irène Tunc que j’ai connu d’ailleurs, c’est aussi pourquoi le film m’a bouleversé… C’est un cinéma qui est très loin de ce que j’ai fait puisque j’ai toujours essayé de faire un cinéma pour le grand public, mais j’ai beaucoup de respect pour ce cinéma intimiste qui est presque plus proche de la littérature que du cinéma. Ces espèces de carnets intimes… D’ailleurs plusieurs de ses films sont construits comme ça, ce sont des films tournés avec une petite caméra vidéo et puis avec une voix off très importante qui est la voix d’Alain lui-même. Je trouve que c’est un cinéma courageux et je suis absolument admiratif de ce parcours tellement austère, refusant les facilités de l’argent, du vedettariat, etc. Alors qu’il a fait, en début de carrière, des films tout à fait inclus dans le système, des films « normaux » si j’ose dire, il est capable de faire ce cinéma là et <strong>Irène </strong>reçoit un accueil critique magnifique. C’est un film qui m’a personnellement bouleversé et pour lequel j’ai beaucoup d’admiration.</p>
<p><strong>LE FABULEUX DESTIN D’AMELIE POULAIN </strong>(Jean-Pierre Jeunet) :<br />
C’est un film, comme tous les films de Jeunet, qui est magnifique sur la forme. C’est un film qui m’avait beaucoup plu, mais je crois que j’étais plus proche d’<strong>Un long dimanche de fiançailles</strong> qui, lui, m’avait bouleversé. <strong>Le fabuleux destin d’Amélie Poulain </strong>est un film que je trouve plus décoratif, j’y suis resté plus extérieur, mais c’est un film magnifiquement fait. Je n’ai pas vu le dernier film de Jeunet, mais effectivement, c’est l’inverse du cinéma de Cavalier. Jeunet apporte beaucoup d’attention à la forme qui est aussi importante que le fond dans ses films, c’est le contraire de l’austérité de Cavalier. Mais c’est un cinéma qui me plaît infiniment aussi.</p>
<p><em>Propos recueillis par Jenny Ulrich</em></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[[cinéphilie :] Serge Bromberg]]></title>
<link>http://cutlarevue.fr/2009/11/10/cinephilie-serge-bromberg/</link>
<pubDate>Tue, 10 Nov 2009 14:54:29 +0000</pubDate>
<dc:creator>jennyulrich</dc:creator>
<guid>http://cutlarevue.fr/2009/11/10/cinephilie-serge-bromberg/</guid>
<description><![CDATA[Serge Bromberg (co-réalisateur avec Ruxendra Medrea) était à Strasbourg pour présenter L’enfer d’Hen]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/11/serge-bromberg.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-4013" title="Serge Bromberg" src="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/11/serge-bromberg.jpg?w=438" alt="Serge Bromberg" width="438" height="328" /></a></p>
<p><strong>Serge Bromberg </strong>(co-réalisateur avec Ruxendra Medrea) était à Strasbourg pour présenter <strong>L’enfer d’Henri-Georges Clouzot </strong>(sortie le 11 novembre 2009) en avant-première dans le cadre de L’Etrange Festival de Strasbourg (voir les différents <a href="http://cutlarevue.fr/category/etrange-festival-2009/">journaux d’un CUTien</a> s’y référant). <strong>L’enfer d’Henri-Georges Clouzot</strong> est un documentaire, une sorte d’enquête morcelée sur ce film mythique de Clouzot, qui aurait dû s’intituler <strong>L’enfer</strong> : un film commencé et jamais achevé, dont les rushs étaient sous séquestres depuis une quarantaine d’années. Un film au générique duquel figuraient notamment Romy Schneider (Odette) et Serge Reggiani (Marcel)… Pourquoi, comment cette histoire ? Tentative d’explication à travers de saisissants extraits du film originel, des témoignages actuels de quelques membres de l’équipe réunie autour du metteur en scène en 1964 et des reconstitutions de scènes manquantes lues par deux comédiens, Bérénice Béjo et Jacques Gamblin.</p>
<p>Nous parlerons probablement de <strong>L’enfer d’Henri-Georges Clouzot</strong> dans la prochaine émission de Cutlaradio (en ligne le 13 novembre) et si vous le souhaitez vous pouvez en écouter <a href="http://www.cinema-star.com/star.php?id=22&#38;idm=1&#38;type=1&#38;rub=22#1070">l’entretien minuté</a> sur le site des cinémas Star. En attendant, Serge Bromberg nous livre ses souvenirs et impressions des films suivants.</p>
<p>Mais avant, le créateur de <a href="http://www.lobsterfilms.com/">Lobster films</a> lance un appel à la population : Serge Bromberg serait ravi de récupérer tout vieux film qui traînerait chez vous, chez votre grand-mère, chez moi (j’ai déjà regardé, je n’ai rien). Si vous avez ça, sous n’importe quel format pellicule, il faut contacter le monsieur à cette adresse : <a href="lobster@lobsterfilms.com">lobster@lobsterfilms.com</a></p>
<p>Et puis serge Bromberg signale aussi la parution du livre accompagnant la sortie du film<strong> L’enfer d’Henri-Georges Clouzot</strong> : <em>Romy dans l’enfer</em> édité par Albin Michel-Lobster.</p>
<p>Bon et maintenant assez tergiversé : passons aux réactions cinéphiliques…</p>
<p><strong>L’ENFER</strong> (Claude Chabrol) :<br />
Alors <strong>L’enfer </strong>de Chabrol est en fait LE scénario d’Henri-Georges Clouzot –c’est d’ailleurs comme ça que c’est écrit sur le film– retourné en 1993 avec François Cluzet et Emmanuelle Béart. A un petit détail près tout de même qui fait une énorme différence, c’est que dans le film de Clouzot, bon l’histoire c’est cette descente aux enfers et à la fin Marcel bourre de soporifiques Odette, il arrive avec un rasoir, et que va-t-il faire ? On ne sait pas très bien : est-ce qu’il vient de la tuer, est-ce qu’il va la tuer ? On ne sait pas, voilà. Mais au lieu de terminer par ça, le film commençait par ça chez Clouzot : on était dans cette séquence, il y avait le corps d’Odette, et Marcel était là avec son rasoir, il disait : mon dieu, qu’est-ce qui se passe, qu’est-ce que je suis en train de faire ?… Essayons de nous souvenir. Et du coup, ça transformait le film, non plus dans la narration d’une histoire, mais dans la tentative d’un fou qui a perdu tout repère, d’essayer de retrouver un repère. Mais donc plus la narration avançait, plus ce qu’il nous racontait, il en doutait lui-même. C’est-à-dire qu’en gros, ça devenait impossible de savoir ce qui était vrai et ce qui était faux, c’était véritablement la folie obsessionnelle filmée en caméra subjective, de l’intérieur du cerveau de Marcel. C’était ça l’objectif de Clouzot. Et à la fin, on retrouvait Reggiani dans la même position, sans avoir pu déterminer si oui ou non elle l’avait trompé ou pas et à nouveau dans un état d’angoisse totale et il se disait : essayons encore de nous souvenir. Et en gros, le film s’arrêtait là et il y avait marqué : sans fin. C’est-à-dire que le mec était pris dans une boucle et il ne s’en sortait plus. Le film de Chabrol ne reprend pas cette structure-là, même s’il reprend l’idée du « sans fin » à la fin du film. Et il a beaucoup gommé tous les effets de cinétique et de machin et de truc qui auraient pu trouver une interprétation moderne. Il y a beaucoup moins d’images choc. Quelque part, j’aurais tendance à dire que Chabrol a transformé l’histoire de Clouzot en un drame bourgeois et en faisant cela, il a probablement fait quelque chose qui lui correspondait davantage, mais il a probablement perdu ce qu’aurait été la dynamique fondatrice de <strong>L’enfer</strong>. Vous remarquez qu’en disant cela, je ne dis pas si <strong>L’enfer</strong> tel que Clouzot l’avait imaginé aurait été réussi ou raté, aurait fonctionné ou pas, ni même je ne dis que le film de Chabrol est mieux ou moins bien que le film de Clouzot. Comme il n’y a pas eu de film de Clouzot, de toute façon, on ne peut pas dire grand chose ! Mais en tout cas, <strong>L’enfer</strong> de Chabrol, c’est ça pour moi, c’est un film qui se tient tout à fait, mais qui n’est pas du tout dans l’objectif que s’était fixé Clouzot, qui était de filmer l’obsession névrotique depuis l’intérieur du cerveau de l’obsédé.</p>
<p><!--more--><strong>8 ½ </strong>(Federico Fellini) :<br />
<strong>8 ½</strong> de Fellini, on dit que c’est un film –évidemment, après la <strong>Strada </strong>et des choses qui étaient beaucoup plus classiques de Fellini : tout d’un coup, il s’est mis à jouer avec les formes, avec la folie, avec la perte de repères… Dans <strong>L’arrangement</strong> de Kazan, on a les mêmes choses au même moment… D’aucuns pensent, et Costa-Gavras (NDLR : un des intervenant de <strong>L’enfer d’Henri-Georges Clouzot</strong>) l’évoque, que <strong>8 ½ </strong>était l’une de ces avancées majeures du cinéma et que ce que voulait Clouzot, c’était faire son <strong>8 ½</strong> à lui. Ce n’est pas impossible. En tout cas, Clouzot regardait la Nouvelle Vague avec son réalisme –le fait de sortir dans la rue filmer des trucs-, il regardait cela avec probablement un certain amusement. Il n’avait que faire, probablement, des attaques que lui faisaient les réalisateurs de la Nouvelle Vague et il cherchait plutôt du côté des Fellini et des <strong>Shock corridor</strong> (NDLR : de Samuel Fuller), de ces films-là, pour créer son nouveau cinéma. Pour lui, la Nouvelle Vague n’était pas quelque chose qui trouvait grâce à ses yeux, ou en tout cas qui aurait pu influencer favorablement sa manière de faire du cinéma.<strong>THE </strong></p>
<p><strong>TRIP</strong> (Roger Corman) :<br />
Oh la la… Si on rentre dans les cormaneries… C’est difficile à dire, c’est des films qui datent de cette même époque ou en tout cas dont l’intuition date de la même époque. Vous savez, dans les années 60, il y a les vieux cinéastes et les nouveaux cinéastes. Corman fait partie des nouveaux, il fait partie de ceux qui revisitent les mythes anciens. Fondamentalement c’est un très bon industriel de cinéma, qui fait avec 3 balles 50 des films qui trouvent un large public et qui, clairement, ouvre une nouvelle voie, comme la Nouvelle Vague est une nouvelle voie, etc. Mais qui se carambole au début des années 60 à des films fait par des vieux de la vieille. Les vieux de la vieille, c’est René Clair, c’est Duvivier, c’est Marcel L’Herbier qui tourne encore, Abel Gance… Enfin des gens qui ont commencé du temps du cinéma muet. Clouzot n’a pas commencé du temps du cinéma muet, son premier film date de 1931, c’était un court-métrage, et son premier long-métrage date du début des années 1940… Mais en tout cas, il est clair que dans ces années 60, il y a la nouvelle école et la vieille école. La manière de faire du cinéma change du tout au tout, l’écran devient large, le son devient magnétique, les caméras ne pèsent plus 250 kilos, on peut tourner ailleurs qu’en studio –Corman tournera beaucoup en studio quand même ! En tout cas, je crois que si on parle de Corman de manière plus générale, il fait partie de ces cinéastes qui avaient un avenir. Clouzot avait 56 ans au moment où il tourne <strong>L’enfer</strong> en 1964 et clairement se pose la question pour tout cinéaste qui a 56 ans de penser à faire ses films testamentaires ou en tout cas des œuvres plus importantes. Il y a moins de frénésie à tourner. Corman a dû tourner, je ne sais pas, 150 films ? J’adore les films de Corman. On peut adorer les films de Corman ET les films de Clouzot.</p>
<p><strong>OTHELLO</strong> (Orson Welles) :<br />
Oula, nous voilà repartis dans les histoires de films… <strong>Othello </strong>d’Orson Welles, ça fait partie de ces films maudits. Mais Orson Welles s’était installé dans le film maudit. Les dix derniers films d’Orson Welles sont soit ratés, soit inachevés, soit mutilés, soit ce sont des films dont Welles dit qu’il n’a pas approuvé le montage, mais dont il a lui-même refusé de faire le montage. <strong>Othello </strong>fait partie de ceux-là d’ailleurs. Mais fondamentalement, je crois qu’il y a une grande différence entre Welles et Clouzot, c’est que Clouzot avait bel et bien l’intention de terminer son film. Clouzot avait la tête sur les épaules, il n’avait jamais échoué, il n’avait jamais failli, il n’avait jamais eu de problème catastrophique. Si :<strong> Le salaire de la peur </strong>aura mis deux ans à être tourné alors que c’était évidemment beaucoup moins qui était prévu. Il aura aussi des problèmes sur le film précédant <strong>L’enfer</strong>, avec Brigitte Bardot -<strong>La vérité</strong>- puisque ça c’est très mal passé comme vous le savez sûrement, vous raconterez l’histoire (NDLR : non)… Welles se prend pour Welles. Et clairement, Welles est dans une démesure qui confine au génie, mais qui n’a que peu à voir avec l’intention de terminer un film. D’ailleurs à la même époque, il tourne <strong>The deep</strong> et puis un peu plus tard il tournera <strong>The other side of the wind </strong>qui sont des films où, quand on voit les images, on a peur presque. Parce que c’est vraiment… Aucun producteur ne voulait tourner avec Welles et on comprend très bien pourquoi. C’est difficile d’avoir fait <strong>La dame de Shangaï, La splendeur des Amberson, Citizen Kane, Monsieur Arkadin</strong> en quinze ans et puis après… Et après, quoi ? C’est dur. <strong>Othello </strong>fait partie de ces films qui sont hantés par le doute. Clouzot ne doutait pas. Il savait. Et d’ailleurs aujourd’hui, alors que nous retrouvons ces images de <strong>L’enfer</strong>, on écoute les témoignages et les témoins nous disent : Clouzot doutait, Clouzot ne savait plus où il était, Clouzot était perdu… Et bien malgré tous ces témoignages concordants, je ne suis pas totalement certain –ni de ceci, ni de son contraire- que Clouzot était complètement perdu. Je pense que c’est difficile pour Clouzot d’être perdu. Clouzot est quelqu’un qui sait. Il est très carré, il a vraiment une précision d’orfèvre et s’il se perd dans les méandres de <strong>L’enfer</strong>, c’est soit qu’il est effectivement perdu, auquel cas nous assistons à un spectacle terrible, soit que le fait d’être perdu participe du dispositif qu’il a imaginé depuis le départ. En gros, il a peut-être inventé un labyrinthe et il est rentré dedans en se disant, je serai plus fort et seul moi réussirai à en trouver la sortie. Il l’avait peut-être la sortie. Nous ne le saurons jamais.</p>
<p><em>Propos recueillis par Jenny Ulrich</em></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[[cinéphilie:] Emmanuel Salinger, Hélène Fillières]]></title>
<link>http://cutlarevue.fr/2009/11/03/cinephilie-helene-fillieres-et-emmanuel-salinger/</link>
<pubDate>Tue, 03 Nov 2009 17:00:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>jennyulrich</dc:creator>
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<description><![CDATA[Hélène Fillières et Emmanuel Salinger (respectivement comédienne et réalisateur) étaient à Strasbour]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/11/emmanuel-salinger-et-helene-fillieres.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-3983" title="Emmanuel Salinger et Hélène Fillières" src="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/11/emmanuel-salinger-et-helene-fillieres.jpg?w=438" alt="Emmanuel Salinger et Hélène Fillières" width="438" height="328" /></a></p>
<p><strong>Hélène Fillières et Emmanuel Salinger</strong> (respectivement comédienne et réalisateur) étaient à Strasbourg pour présenter leur film, <strong>La grande vie</strong> (sortie le 4 novembre 2009). Disons pour faire court qu’il s’agit de la rencontre entre un prof de philo intègre (Laurent Capelluto) et un producteur/présentateur de télé futile (Michel Boujenah). Mais en disant cela, on parle très mal du film qui vaut mieux que ce pitch…<br />
Nous débattrons probablement de <strong>La grande vie</strong> dans la prochaine émission de Cutlaradio (en ligne le 14 novembre) et si vous le souhaitez vous pouvez en écouter <a href="http://www.cinema-star.com/star.php?id=22&#38;idm=1&#38;type=1&#38;rub=22#1070">l’entretien minuté</a> sur le site des cinémas Star. En attendant Hélène Fillières et Emmanuel Salinger nous livrent leurs souvenirs et impressions des films suivants de manière très joyeuse (la retranscription ne rend pas compte des nombreux éclats de rires ponctuant ces réactions à chaud).</p>
<p><strong>LA PANTHERE ROSE</strong> (Blake Edwards)<br />
<span style="color:#ff0000;">Emmanuel Salinger :</span> Oui, ça fait partie des sources d’inspiration de<strong> La grande vie</strong> pour le côté burlesque, déjanté, absurde. Et puis pour la musique de Mancini. Evidemment, ça fait partie des compositeurs que j’adore, j’en ai parlé avec le musicien et donc il y a une trace de cette musique-là dans ce qu’il a composé. Je ne voulais pas que ce soit vieillot, j’avais envie qu’on entende cette époque-là, cette musique-là et qu’en même temps ça reste une musique de maintenant.<br />
<span style="color:#ff0000;">Hélène Fillières :</span> Euh, moi je suis plus le dessin animé <em>La panthère rose</em> que <strong>La panthère rose</strong> de Blake Edwards ! J’aime beaucoup, mais pour moi c’est plus un film de garçons.</p>
<p><strong>ENTRE LES MURS </strong>(Laurent Cantet)<br />
<span style="color:#ff0000;">Emmanuel Salinger :</span> Je ne l’ai pas vu. Alors là, je suis embêté, je ne devrais pas le dire, je devrais en dire du bien, mais je ne l’ai pas vu, tout simplement.<br />
<span style="color:#ff0000;">Hélène Fillières :</span> Moi non plus.</p>
<p><strong>LA JOURNEE DE LA JUPE </strong>(Jean-Paul Lilienfeld)<br />
<span style="color:#ff0000;">Emmanuel Salinger : </span>Pareil ! Non, mais vous tombez mal, vraiment ce n’est pas pour me défiler : je ne l’ai pas vu.<br />
<span style="color:#ff0000;">Hélène Fillières :</span> J’ai vu et je déteste ce film. Et je suis archi-contre. Et je suis scandalisée par comment on a pu dire que ce film était un film… Comment dire ? Intéressant, de gauche, qui soulève une question enfin intéressante sur l’école. Non non : c’est un film de droite, réactionnaire, fasciste, raciste et je trouve que c’est immonde. Isabelle Adjani elle est très bien, c’est une très grande actrice : le mec, il a eu une idée, c’est de prendre Isabelle Adjani. Mon dieu que le film est détestable.</p>
<p><!--more--><strong>OSS 117</strong> (Michel Hazanavicius)<br />
<span style="color:#ff0000;">Hélène Fillières :</span> J’adore ! J’adore. En particulier le deuxième dans lequel Laurent Capelluto (NDLR : comédien principal de <strong>La grande vie</strong>) joue. C’est très drôle.<br />
<span style="color:#ff0000;">Emmanuel Salinger :</span> Oui. Ben c’est drôlissime et c’est vrai que Laurent dans le rôle de l’agent du Mossad qui ne sait pas comment réagir face aux réflexions antisémites de Dujardin, c’est à pleurer de rire. Tout le film, c’est un bijou, vraiment.</p>
<p><strong>DEUX TÊTES FOLLES </strong>(Richard Quine)<br />
<span style="color:#ff0000;">Emmanuel Salinger :</span> Audrey Hepburn et ?&#8230; William Holden, oui c’est ça… Ils doivent boucler un scénario en 24h, il a dit qu’il a fini au producteur alors qu’il n’a pas commencé et donc ils délirent à deux et on voit l’histoire, parallèlement, se construire… Euh. Ben, Stanley Donen c’est un grand réalisateur… Ah ! c’est Richard Quine ? D’accord. Mais c’est pareil : Quine, c’est un styliste. Ce n’est pas un réalisateur, peut-être, de la même dimension que Donen, mais j’aime bien cette dimension artisanale, vous voyez ? Les gens qui font du bon travail, minutieux. Il faisait des comédies –il n’a pas fait que des comédies d’ailleurs-, mais il a fait beaucoup de comédies comme ça, qui sont très ciselées, très fines, très élégantes. Je suis sensible à cette approche modeste et artisanale du cinéma. Faire du bon travail, quoi. C’est des films que j’aime bien, c’est pas forcément des grands films, mais c’est des films qui sont très plaisants.<br />
<span style="color:#ff0000;">Hélène Fillières : </span>Moi, je n’ai pas vu celui-ci, mais j’aime beaucoup Stanley Donen et ce que j’aime de lui, c’est un film qui s’appelle, en anglais : <strong>Indiscreet</strong> –à ne pas confondre avec <strong>Indiscrétions</strong> qui est <strong>The Philadelphia story</strong> (NDLR : de George Cukor)– avec Cary Grant et Ingrid Bergman, une sublime histoire d’amour… Voilà. Mais ça n’a rien à voir avec le f<span style="color:#ff0000;"><span style="color:#000000;">ilm. Mais bon c’est Stanley Donen.</span><br />
Emmanuel Salinger :</span> Oui, sauf que là on parle de Richard Quine !<br />
<span style="color:#ff0000;">Hélène Fillières : </span>Ah oui, en plus !!!<br />
<span style="color:#ff0000;">Emmanuel Salinger :</span> Mais c’est pas grave, on les confond avec raison parce que c’est proche, quand même.</p>
<p><strong>L’EVENEMENT LE PLUS IMPORTANT DEPUIS QUE L’HOMME A MARCHE SUR LA LUNE</strong> (Jacques Demy)<br />
<span style="color:#ff0000;">Emmanuel Salinger :</span> Oui.<em> (à Hélène Fillières <img src='http://s.wordpress.com/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' /> </em> Tu ne l’as pas vu ?<br />
<span style="color:#ff0000;">Hélène Fillières : </span>Je ne l’ai pas vu.<br />
<span style="color:#ff0000;">Emmanuel Salinger :</span> C’est Mastroianni qui est enceint.<br />
<span style="color:#ff0000;">Hélène Fillières :</span> Enceint ?<br />
<span style="color:#ff0000;">Emmanuel Salinger : </span>Oui, pour la première fois un homme attend un bébé… Alors moi, je l’ai vu quand j’étais petit, je n’en ai pas un souvenir très précis, mais il y a la présence de Mastroianni et je pense que c’est un film de Demy où l’influence de la comédie italienne de ces époques-là se fait sentir. Ne serait-ce que par la présence de Mastroianni, mais même je crois par le ton. Il y a quelque chose d’un peu zinzin dans le film. Bon, Demy avait beaucoup de fantaisie, mais il me semble qu’il y a comme un emprunt à la comédie italienne de cette période-là. Comme c’est une référence très importante pour moi, y compris dans <strong>La grande vie</strong> il y a quelque chose que je revendique de la comédie italienne des années 60/70, ça me permet de le glisser, voilà !<br />
<em><br />
Propos recueillis par Jenny Ulrich</em></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[[cinéphilie :] Alain Cavalier]]></title>
<link>http://cutlarevue.fr/2009/10/28/cinephilie-alain-cavalier/</link>
<pubDate>Wed, 28 Oct 2009 09:00:37 +0000</pubDate>
<dc:creator>Romain</dc:creator>
<guid>http://cutlarevue.fr/2009/10/28/cinephilie-alain-cavalier/</guid>
<description><![CDATA[Alain Cavalier (filmeur) était à Strasbourg pour présenter son nouveau film, Irène (sortie en salles]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><img class="alignnone size-full wp-image-3960" title="Irene" src="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/10/irene.jpg" alt="Irene" width="450" height="300" /></p>
<p><strong>Alain Cavalier</strong> (filmeur) était à Strasbourg pour présenter son nouveau film, <strong>Irène</strong> (sortie en salles le 28 octobre). Seul avec sa caméra, quelques objets, l’intérieur et l’extérieur, Alain Cavalier conte la vie et la mort. Bouleversant.</p>
<p>Alain Cavalier s’est prêté avec joie à l’exercice de la cinéphilie&#8230;</p>
<p><strong>LA PEAU DOUCE</strong> (François Truffaut)</p>
<p>Un hôtel, oui, à Paris, près du théâtre de l’Odéon où monsieur universitaire a rendez-vous avec une femme plus jeune que lui. Oui, voilà, très bien. Ce sont des images très fortes, ce qui prouve que je me souviens très bien du film, qu’il a été très fortement imprimé dans ma mémoire. Une femme entre dans un restaurant avec un fusil de chasse et descend son bonhomme qui l’a trahie. Elle a un visage de corse, de méditerranéenne, c’est un souvenir très fort, très violent même. D’ elle et d’un crime passionnel.</p>
<p><strong>LES PLAGES D’AGNES</strong> (Agnès Varda)</p>
<p>Comme je connais bien la vie d’Agnès, ce qu’il y a de merveilleux c’est qu’il y a tout Agnès dans ce film, toute une vie se trouve là. Elle a ce côté communautaire, familial et puis il y a Jacques Demy qui a été un de mes grands camarades de jeunesse. Voilà.</p>
<p><strong>TARNATION</strong> (Jonathan Caouette)</p>
<p>Oui, OUI ! Ça je l’ai vu. Je l’ai même très très bien regardé. C’était chez des amis. Et c’était extraordinaire, il avait tourné un film simplement. Et puis il l’avait passé à la moulinette de tous les effets spéciaux de son ordinateur de l’époque. On essayait de faire de l’archéologie, c’est à dire de récupérer le film original, avant qu’il soit travaillé par les effets. C’était un grand plaisir que de reconstituer, avec trois colonnes, le temple.</p>
<p><!--more--><strong>LA BOUM </strong>(Claude Pinoteau)<strong><br />
</strong></p>
<p>C’est une grande histoire entre moi et Sophie Marceau. D’abord en tant que spectateur puis en tant que metteur en scène. C’est à dire que je l’ai vu dans <strong>La boum</strong> et je me suis toujours dit que je souhaitais profondément faire un film avec elle. Et puis ça ne s’est jamais passé, pour mille et une raisons. Je ne l’ai jamais rencontrée. Je l’ai entr’aperçue une fois dans un endroit où il y avait des salles de montage. Elle était très loin, de profil et enceinte et elle parlait avec la monteuse de son premier film en tant que réalisatrice. Et puis j’ai fini par faire un film avec elle, une photo d’elle, un instantané, un 24ième de seconde. Voilà, j&#8217;ai fait ce film.</p>
<p><strong>LA CHAMADE</strong> (Alain Cavalier)</p>
<p>La chamade c’est une personne éblouissante, de 25 ans, avec laquelle je bavardais le matin à partir de 10h pendant la longue préparation du maquillage, pour qu’elle se présente devant la caméra, parée pour le spectateur. C’est pendant le tournage de ce film que je me suis dit que je pourrais filmer d’autres femmes magnifiques mais avec elle, j’avais touché le haut. J’avais touché à la beauté et à l’intelligence : Catherine Deneuve. La musique est là, la sienne, ça a été un enchantement.</p>
<p><em>Puis l&#8217;exercice de la cinéphilie glisse vers l’entretien…</em></p>
<p><strong>CUT : Est ce que l’extrait de La chamade, que l’on voit dans Irène, est le pivot du film. Car voilà un pont gigantesque entre deux films, comme une musique qui ne s’arrête jamais…</strong></p>
<p>ALAIN CAVALIER : Oui, entre 1968 et 2008. J’avais demandé à Irène, avec qui je vivais au moment du tournage de La chamade, de m’écrire un petit texte sur un couple où il y avait un petit problème. Pas psychologiquement, mais dans une petite action très précise. Et elle m’avait apporté ce texte-là et qui était une image de ce que je vivais avec elle et qui collait parfaitement à La chamade. En même temps elle m’envoyait un message et en même temps c’est une très belle scène pour La chamade. Donc on peut dire qu’il y a une vraie passerelle, c’est vrai. On peut utiliser des formes différentes, des outils différents mais soi-même on est un peu… permanent.</p>
<p><strong>Une question se pose après Irène : que faut-il regarder ? L’invisible et le visible, le champ et le hors champ, le dehors et le dedans…</strong></p>
<p>Quand vous tournez comme je le fais, vous savez au bout d’un certain temps que le spectateur identifiera le narrateur comme étant le cinéaste. Celui qui tient la caméra, le filmeur. Alors le souhait de celui qui fait ce travail est que le spectateur se mette de temps en temps dans le cerveau du film. Même si la vie du regardeur et du filmeur est différente. Le souhait d’un petit croisement. La possibilité d’ouvrir le regard sur certains angles sur certaines choses de sa vie. Ce qui est le degré suprême de la prétention ! C’est vrai que c’est un travail subjectif mais tout le travail du montage consiste à pouvoir aller vers celui qui regarde, pour échanger. Et je sais qu’un spectateur, pour ce type de film, a 1h30 maximum à donner, et moi à lui offrir. Puis c’est aussi que par la passé, les spectacles duraient 1h30 parce que les chandelles duraient 1h30. Il y avait une raison <em>(un rire joyeux clôt l’entretien)</em>.</p>
<p><em>Propos recueillis par Romain Sublon</em></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[[cinéphilie :] Jean-Pierre Jeunet]]></title>
<link>http://cutlarevue.fr/2009/10/27/cinephilie-jean-pierre-jeunet/</link>
<pubDate>Tue, 27 Oct 2009 12:27:45 +0000</pubDate>
<dc:creator>jennyulrich</dc:creator>
<guid>http://cutlarevue.fr/2009/10/27/cinephilie-jean-pierre-jeunet/</guid>
<description><![CDATA[Jean-Pierre Jeunet (réalisateur) était à Strasbourg pour présenter son film, Micmacs à tire-larigot ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/10/jean-pierre-jeunet.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-3956" title="Jean-Pierre Jeunet" src="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/10/jean-pierre-jeunet.jpg?w=438" alt="Jean-Pierre Jeunet" width="438" height="328" /></a></p>
<p><strong>Jean-Pierre Jeunet</strong> (réalisateur) était à Strasbourg pour présenter son film, <strong>Micmacs à tire-larigot </strong>(sortie le 28 octobre 2009). Le fil rouge de cette histoire explosée se prénomme Bazil (Dany Boon). Enfant, il a perdu son père à cause d’une grenade ; adulte il s’est retrouvé à la rue après avoir pris une balle dans la tête. Conséquence : Bazil est fâché contre les marchands d’armes. Avec ses nouveaux copains marginaux Bazil va en faire baver à deux grands patrons de l’industrie de l’artillerie, voisins et rivaux…<br />
Nous parlerons probablement de <strong>Micmacs à tire-larigot</strong> dans la prochaine émission de Cutlaradio (en ligne le 31 octobre) et si vous le souhaitez vous pouvez en écouter <a href="http://www.cinema-star.com/star.php?id=22&#38;idm=1&#38;type=1&#38;rub=22#1070">l’entretien minuté</a> sur le site des cinémas Star. En attendant Jean-Pierre Jeunet nous livre ses souvenirs et impressions des films suivants –à commencer bien sûr par les deux titres les plus fréquemment proposés dans les Cinéphilies du temps de Cut la revue en version papier : <strong>Irréversible</strong> et <strong>Le fabuleux destin d’Amélie Poulain</strong>…</p>
<p><strong>IRREVERSIBLE </strong>(Gaspar Noé) :<br />
<strong>Irréversible</strong> c’est la folie de Gaspar Noé qui est quelqu’un que je connais depuis très longtemps. Il était un jeune groupie, quand je l’ai connu, qui aimait notre premier court-métrage, à Caro et moi, <strong>Le bunker de la dernière rafale</strong>. Je comprends qu’il l’adorait parce que c’était complètement cinglé aussi… Gaspar est quelqu’un de très spécial, je peux le dire parce qu’il s’en vante assez, c’est quelqu’un qui est capable d’aller en Amérique du Sud consommer des champignons, comme dans<strong> Blueberry</strong>, et c’est ça qui développe son imaginaire. Mais ça fait du bien d’avoir des films de cinglés parce que souvent, le cinéma français est quand même très sage et lui, c’est l’opposé. Il y a toujours des moments extraordinaires dans ses films, dans <strong>Irréversible</strong> entre autres. On a beaucoup reproché, ou ça a beaucoup frappé : le viol de Monica Bellucci dans ce souterrain. Et moi, je dois dire que c’est la première fois que j’ai pris vraiment conscience de l’horreur d’un viol. Parce qu’il le représente de manière tellement réaliste et spectaculaire que maintenant, quand j’entends le mot viol, je sais ce que c’est.</p>
<p><strong>LE FABULEUX DESTIN D’AMELIE POULAIN</strong> (Jean-Pierre Jeunet) :<br />
Là c’est un piège parce que là je vais vous en parler pendant trois jours. Et trois nuits… Pour faire simple, je dirais que c’est mon film le plus personnel. Je me revois en train de chercher le concept, d’écrire. J’avais toutes ces petites idées, mais je n’arrivais pas à les réunir, je me disais : mais ça va intéresser qui ce truc ? Et puis finalement ça a fait 32 millions de spectateurs dans le monde. Et ça demeure le plus grand succès (français) sur le monde : mmmmmieux que <strong>Les ch’tis</strong> de mon ami Dany Boon ! Donc pour moi, ça a été une année absolument extraordinaire qui a suivi la sortie du film : une espèce de rêve, un tsunami de positivisme. Que ce soit les prix, les critiques et le public surtout. J’ai reçu 3000 lettres, enfin ça a été un truc absolument invraisemblable. Alors beaucoup de gens me disent : ça doit être dur après <strong>Amélie </strong>et tout ça. Ben non, parce que moi j’ai la chance d’avoir connu le film d’auteur personnel qui a un succès planétaire. C’est génial.</p>
<p><!--more--><strong>LE GRAND SOMMEIL</strong> (Howard Hawks) :<br />
C’est pas particulièrement un film que j’adore, mais j’avais besoin pour <strong>Micmacs</strong> d’utiliser un polar pour pouvoir placer un gag que j’aime beaucoup : c’est que le film commence par « The end »… Je ne devrais pas le raconter ça… Donc, je cherchais un polar propice à ça, avec vous savez, les doublages des années 50 complètement approximatifs et où les voix françaises sont totalement ringardes. J’avais besoin de ça et j’ai choisi <strong>Le grand sommeil</strong> et ça tombait bien c’était un film Warner (NDLR : comme <strong>Micmacs à tire-larigot</strong>), ça facilitait les choses.</p>
<p><strong>DOCTEUR FOLAMOUR</strong> (Stanley Kubrick) :<br />
Alors ce n’est pas forcément le Kubrick que je préfère parce que, je ne sais pas, je ne suis pas sûr que Kubrick ce soit la comédie son truc favori. Peter Sellers qui joue plusieurs rôles c’est drôle et en même temps ça me dérange un peu. Mais il y a forcément, quand même, des bons moments… Je me souviens du mélange de styles aussi quand la base est attaquée par les marines Américains : ça devient comme s’il se préparait à faire plus tard <strong>Full metal jacket</strong>… Il y a quand même des moments formidables.</p>
<p><strong>ANGELIQUE MARQUISE DES ANGES</strong> (Bernard Borderie) :<br />
Ooof. Ça, je voyais ça à Gueugnon quand j’étais gamin et alors il y avait deux écoles. Il y avait les garçons qui allaient voir <strong>OSS 117</strong>, mais l’original –encore que je suis un fan du remake de Michel Hazanavicius, je l’ai vu quatre fois, je me suis battu, non je n’ai pas eu à me battre d’ailleurs pour qu’il ait le grand prix à Tokyo où j’étais président du jury… Et donc, quand j’étais à Gueugnon : il y avait <strong>OSS 117</strong>, c’est les garçons qui y courraient ou bien il y avait <strong>Angélique marquise des anges</strong> et c’est les filles qui étaient contentes. Voilà. On y allait quand même, mais on s’ennuyaient un peu parce que c’était plus pour les filles.</p>
<p><strong>PLAYTIME </strong>(Jacques Tati) :<br />
Tati… Tati c’est quelqu’un que je devrais aimer à 100% parce que c’est un cinéma graphique, visuel, qui joue beaucoup avec les effets sonores. Et je souffre beaucoup parce que je n’arrive pas à l’aimer complètement. À chaque fois je le regarde et je me dis qu’en fait ce n’est pas très drôle. C’est des situations plus que des gags et je n’arrive pas vraiment à adhérer complètement… Si, il y a toujours un moment, comme chez Buster Keaton, un moment fabuleux. Mais aussi des moments un peu pénibles. Et <strong>Playtime </strong>est un de ceux-là. C’est un de ses films les plus difficiles je dirais. Et à la fin, Tati avait des difficultés pour faire ses films et quand ils sont ressortis, j’ai vu que beaucoup de gens quittaient les salles… Tati est un cinéaste un peu difficile. Mais c’est évidemment pétri de qualités et c’est surtout un auteur très spécial, très unique. Je recommande de lire le très très beau livre <em>Etaix dessine Tati</em> où on découvre que Pierre Etaix a eu un rôle extrêmement important dans la carrière de Jacques Tati.</p>
<p><strong>BRAZIL </strong>(Terry Gilliam) :<br />
C’est sans doute le meilleur Terry Gilliam, en tout cas moi, c’est celui de je préfère, qui nous a tous influencé. Cette idée géniale de faire un futur rétro, cette fantaisie, cet humour mélangé avec cette vision apocalyptique. Ça manque un peu d’émotion, comme tous les films de Terry Gilliam –on peut dire la même chose souvent de mes films aussi… Mais formidable visuellement, plein d’inventivité, vraiment le meilleur Terry Gilliam. Qui est un ami. Terry Gilliam, il était présent à Toronto pour la présentation de <strong>Micmacs </strong>et il m’a dit… Comment il m’a dit ça ?&#8230; Ça va paraître prétentieux, mais il m’a dit « t’es plus intelligent que moi ». Mais ça ne voulait pas dire que j’étais intelligent, ça voulait dire que je suis plus malin pour faire des films qui touchent le public, j’ai senti ça comme ça, parce qu’avec ses derniers films, il a du mal un peu à trouver du public, Terry Gilliam.</p>
<p><em>Propos recueillis par Jenny Ulrich</em></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[[cinéphilie] : Tom Shankland]]></title>
<link>http://cutlarevue.fr/2009/10/19/cinephilie-tom-shankland/</link>
<pubDate>Mon, 19 Oct 2009 17:11:44 +0000</pubDate>
<dc:creator>jennyulrich</dc:creator>
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<description><![CDATA[Tom Shankland (réalisateur) était en compétition au FEFFS avec The children (sortie le 21 octobre 20]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/10/tom-shankland.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-3877" title="Tom Shankland" src="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/10/tom-shankland.jpg?w=438" alt="Tom Shankland" width="438" height="328" /></a></p>
<p><strong>Tom Shankland </strong>(réalisateur) était en compétition au <a href="http://cutlarevue.fr/category/feffs-2009/">FEFFS</a> avec<strong> The children</strong> (sortie le 21 octobre 2009) –et il a obtenu une mention spéciale du jury présidé par Roger Corman. <strong>The children</strong> commence tranquillement dans une maison de campagne accueillante où, au moment des fêtes de fin d’année, deux couples et leurs enfants se réunissent. Malheureusement ces derniers ne tardent pas à méchamment gâcher l’ambiance. Si vous le souhaitez, vous pouvez écouter <a href="http://www.cinema-star.com/star.php?id=22&#38;idm=1&#38;type=1&#38;rub=22#1070">l’entretien minuté</a> de <strong>The children</strong> sur le site des cinémas Star et en attendant, Tom Shankland nous livre ses souvenirs et impressions des films suivants. (Propos laborieusement traduits de l’anglais).</p>
<p><strong>LES DENTS DE LA MER</strong> (Steven Spielberg) :<br />
Formidable film. « <em>On a besoin d’un plus grand bateau </em>»&#8230; Un classique. J’adore Robert Shaw, sa tirade sur les requins -fantastique. Richard Dreyfuss brillant. J’adore ce film. Et on ne voit pas le requin, c’est un classique pour créer de grands moments de suspens : ne pas montrer le monstre. Formidable. Dommage qu’il ait suscité ensuite tant de mauvais films, mais <strong>Les dents de la mer</strong> reste un classique.</p>
<p><strong>LES OISEAUX </strong>(Alfred Hitchcock) :<br />
Un de mes films préférés. Pas besoin d’explication : le mystère est bien plus effrayant que dans les films de science-fiction qui expliquent tout au spectateurs. Je pense que c’est un génie. Pas de musique dans la plupart des scènes d’attaque, c’est très malin. Il utilise les sons de manière fantastique. Peut-être que certains des oiseaux auraient pu être plus réussis, mais hé ! : il ne pouvait pas faire plus que le maximum qu’offrait la technologie à cette époque… J’adore, ce film. Il est très bizarre. Et je dois dire que ça a été une des influences de <strong>The children</strong>.</p>
<p><strong>LE VILLAGE DES DAMNES </strong>(John Carpenter) :<br />
J’adore John Carpenter, mais la version britannique (NDLR : de Wolf Rilla) est bien meilleure. Je n’ai pas trouvé les enfants particulièrement effrayants dans le film de John Carpenter, je trouve que ceux de la version britannique sont beaucoup plus étranges. Peut-être qu’il y a quelque chose de réprimé chez les enfants britanniques qui est plus effrayant que lorsque c’est dans un contexte américain, je ne sais pas… Pardon John, j’adore <strong>Halloween</strong>, c’est magnifique, mais… Oui, là je suis pour l’autre version.</p>
<p><strong>CHILDREN OF THE CORN</strong> (Fritz Kiersch) :<br />
Il comporte quelques scènes formidables, mais personnellement je trouve qu’en général les enfants sont beaucoup plus effrayants quand ils ne parlent pas. Je trouve les films comme <strong>La malédiction</strong> (NDLR : de Richard Donner) plus effrayants… En fait, il y a une exception c’est <strong>Les innocents</strong> (NDLR : de Jack Clayton), un très bon film britannique où les enfants sont excellents… Je pense que ça pose problème quand on donne a des enfants beaucoup de dialogues « adultes » à dire, du coup ils ne me font pas peur quand ils se mettent à débiter leurs trucs religieux, en plus je ne suis pas religieux donc ça ne m’excite vraiment pas plus que ça.</p>
<p><strong>SAFE</strong> (Todd Haynes) :<br />
Ah ! J’adore ce film ! C’est intéressant parce que c’est un des films que j’ai regardé avec le directeur de la photographie pour <strong>The children</strong>. J’adore le montage étrange de ce film. C’est un peu un truc à la Antonioni, le personnage quitte l’espace, mais le plan continue… Les décisions prises me donnent toujours l’impression qu’il se passe autre chose, là, dont je n’ai pas réellement conscience… J’adore ce film.</p>
<p><em>Propos recueillis par Jenny Ulrich.</em></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[[cinéphilie :] Julie Lopes-Curval]]></title>
<link>http://cutlarevue.fr/2009/10/07/cinephilie-julie-lopes-curval/</link>
<pubDate>Wed, 07 Oct 2009 16:04:52 +0000</pubDate>
<dc:creator>jennyulrich</dc:creator>
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<description><![CDATA[Julie Lopes-Curval (réalisatrice) était à Strasbourg pour présenter son film, Mères et filles (sorti]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/10/julie-lopes-curval.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-3860" title="Julie Lopes-Curval" src="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/10/julie-lopes-curval.jpg?w=438" alt="Julie Lopes-Curval" width="438" height="328" /></a></p>
<p><strong>Julie Lopes-Curval</strong> (réalisatrice) était à Strasbourg pour présenter son film, <strong>Mères et filles</strong> (sortie le 7 octobre 2009). Un film qui, comme son titre l’indique, s’intéresse aux relations entre mères et filles, mais aussi à l’évolution de la condition des femmes depuis les années 50. L’histoire commence au temps présent, on y voit Audrey (Marina Hands) et sa mère Martine (Catherine Deneuve) se retrouver maladroitement, froidement. Pour la durée de son séjour Audrey décide d’emménager dans la maison vide de ses grands-parents (le père de Martine est mort depuis peu) et se met à fantasmer sur l’énigmatique destin de sa grand-mère, Louise (Marie-José Croze), qui au cœur des années 50 a abandonné son foyer sans plus jamais donner de nouvelles…<br />
Nous parlerons de <strong>Mères et filles</strong> dans la prochaine émission de Cutlaradio (en ligne le 10 octobre), et en attendant Julie Lopes-Curval nous livre ses souvenirs et impressions des films suivants.</p>
<p><strong>THE HOURS </strong>(Stephen Daldry) :<br />
On m’en parle souvent, là, parce que trois femmes, trois époques, tout ça… Pour moi, ce n’est pas du tout pareil. Après, le film… J’adore Virginia Woolf. Et j’ai adoré les passages des années 50 avec Julianne Moore. C’est un film qui m’a touché, les actrices y sont tellement extraordinaires. C’est vrai que j’y ai pensé, je l’ai même revu en me disant : il ne faut pas que je fasse la même chose… Mais peut-être qu’il m’a marqué. Les scènes des années 50 avec la séparation de la mère et de l’enfant, ça m’a marqué.</p>
<p><strong>LES NOCES REBELLES</strong> (Sam Mendes) :<br />
Oui, c’est également un film qui parle de la condition des femmes, de la liberté. Mais c’est aussi sur un couple –la déception dans un couple-, sur comment on attend de l’autre quelque chose qu’il n’est pas. Ça raconte aussi… Moi, dans mon film, je voulais une situation extrême justement, d’une femme qui n’a pas de liberté, qui est quelqu’un d’assez absolu et pour qui ça va devenir plus qu’une prison à vivre. Pour qui c’est insupportable de ne pas avoir de liberté alors qu’il y a plein de femmes qui… C&#8217;est ce qu’on voit dans<strong> Noces rebelles</strong> : il y a le personnage de Kate Winslet qui ne supporte pas cette vie, alors que sa voisine est très heureuse.</p>
<p><strong>UNE AFFAIRE DE FEMMES</strong> (Claude Chabrol) :<br />
Je l’ai vu il y a longtemps… Mais il m’avait marqué ce film, oui. C’était un beau film sur l’avortement. Toute l’hypocrisie autour de l’interdiction d’avorter et le fait que les femmes se faisaient charcuter épouvantablement et qu’on traitait de sorcières les avorteuses… L’avortement, c’est très important dans le débat sur les femmes. C’est au centre. C’était une grande avancée de la société. Dans mon film, c’est autour de la maternité que ça se situe… Huppert était sublime. Je me souviens qu’elle disait à un moment donné, « <em>Je vous salue Marie pleine de merde</em><em></em> », ça m’avait glacée.</p>
<p><strong>LE FESTIN DE BABETTE </strong>(Gabriel Axel) :<br />
Je l’ai vu aussi il y a longtemps, j’avais adoré ce film. Je pense que vous me parlez de ça par rapport à la cuisine ? Aux recettes et à la nourriture ? C’était l’histoire d’une femme qui donnait tout son héritage pour faire un repas somptueux à tout son petit village : c’était tellement beau, sur la nourriture, sur le partage… Dans <strong>Mères et filles</strong> –je parle de mon film, c’est fait pour j’imagine !-, Audrey trouve un cahier de recettes de cuisine et j’aimais beaucoup cette idée : à un moment donné elle va faire une des recettes du cahier à sa famille… Ça me touchait beaucoup cette idée qu’elle donne à manger à sa mère et à son oncle une recette de sa grand-mère. La monteuse avec qui je travaille m’avait raconté l’histoire de femmes… Je ne m’en souviens pas précisément, mais je crois que c’était des femmes emprisonnées, condamnées à mort, et la dernière chose qu’on leur accordait c’était le droit d’écrire une lettre à leurs enfants, leurs proches. Et il paraît que beaucoup de ces femmes écrivaient des recettes de cuisine : c’était vraiment le truc qu’elles voulaient donner, transmettre à la génération suivante. Le goût, les nourritures terrestres. Ça m’avait touché.</p>
<p><em>Propos recueillis par Jenny Ulrich</em></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[[cinéphilie :] Catherine Breillat]]></title>
<link>http://cutlarevue.fr/2009/10/05/cinephilie-catherine-breillat/</link>
<pubDate>Mon, 05 Oct 2009 15:18:37 +0000</pubDate>
<dc:creator>jennyulrich</dc:creator>
<guid>http://cutlarevue.fr/2009/10/05/cinephilie-catherine-breillat/</guid>
<description><![CDATA[Catherine Breillat (réalisatrice) était en compétition au FEFFS (voir les différents articles FEFFS ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/10/catherine-breillat.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-3857" title="Catherine Breillat" src="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/10/catherine-breillat.jpg?w=438" alt="Catherine Breillat" width="438" height="328" /></a></p>
<p><strong>Catherine Breillat</strong> (réalisatrice) était en compétition au FEFFS (voir les différents articles <a href="http://cutlarevue.fr/category/feffs-2009/">FEFFS 2009</a>) avec son adaptation du conte <strong>Barbe-Bleue</strong> et elle s’est déplacée à cette occasion. <strong>Barbe-Bleue</strong> ne sortira pas en salle, mais il sera possible de la voir sur <span style="text-decoration:underline;">Arte ce mardi 6 octobre à 22h45</span>. Si vous le souhaitez, vous pouvez également en écouter <a href="http://www.cinema-star.com/star.php?id=22&#38;idm=1&#38;type=1&#38;rub=22#1070">l’entretien minuté</a> sur le site des cinémas Star et en attendant, Catherine Breillat, entre deux éclats de rires, nous livre ses souvenirs et impressions des films suivants.</p>
<p><strong>PEAU D’ANE</strong> (Jacques Demy) :<br />
À l’époque, je crois que je n’ai pas beaucoup apprécié. Mais je ne peux pas dire si j’ai tort ou pas. Je trouvais ça trop direct, trop La Peau d’Ane. Il me semble que les contes ont toujours un sens plus subtile que la chose absolument directe. Mais bon, il paraît quand même que c’est un très bon film, alors je me suis peut-être trompée.</p>
<p><strong>MACBETH </strong>(Orson Welles) :<br />
J’en rêvais. Ainsi que je rêvais d’ailleurs de Bresson, <strong>Lancelot du Lac</strong>, avec Humbert Balsan… Et pour la première fois (NDLR : en revoyant ce <strong>Macbeth</strong>), quand j’étais à l’hôpital (NDLR : suite à son grave accident cérébral en 2004), j’ai à peine bougé à cause de ça. À cause des sorcières et à cause de la promenade des chevaliers dans les bois : j’ai à peine bougé, un tout petit peu, le pouce. Et le lendemain, j’ai dit au professeur Bousser, « ah, j’ai un peu bougé le pouce ». Elle me demande de lui montrer, je me suis dit, elle va penser que je mens, j’essaye un mouvement infinitésimal, et elle a tout de suite dit « faite-lui un scanner, celui-là sera bon, elle remarchera ! ». Je voulais voir <strong>Crash</strong> (David Cronenberg) aussi, parce que je me disais : la seule élégance que je peux avoir maintenant, c’est le look <strong>Crash</strong>.</p>
<p><strong>LE FESTIN NU</strong> (David Cronenberg) :<br />
C’est magnifique. De toute façon, j’adore Cronenberg, avec ses inspirations moitié méchantes, moitié froides, cliniques et en même temps fiévreuses. Et puis ce sens de la violence… La magnificence de la violence. J’adore Cronenberg !</p>
<p><strong>LES AMOURS D’ASTREE ET CELADON </strong>(Eric Rohmer) :<br />
Ah je l’ai beaucoup aimé. Mais alors pour faire comprendre aux Américains –parce qu’il était au festival de Venise- que c’est magnifique… Je pense que c’est très très très français. Comme une chanson de geste du Moyen Age. Et puis c’est vrai que au début, on est surpris, on ne voit qu’un pré avec peu de choses, on a l’impression que ce n’est pas réellement cadré, un peu théâtral et puis on se laisse embarquer dans quelque chose de nébuleux, de frais… Là aussi, comme un conte. Et plus rien n’est naïf, c’est simplement la beauté pure. J’adore.</p>
<p><strong>À MA SŒUR ! </strong>(Catherine Breillat) :<br />
J’ai toujours regretté de ne pas lui avoir gardé son titre original qui était <strong>Fat girl</strong>. Malheureusement, on a fait un sondage Ipsos très cher : ils se sont intégralement trompés. Les gens ne voulaient pas de <strong>Fat girl</strong>, c’est pourtant le meilleur titre pour ce film. D’ailleurs c’est sous ce titre-là qu’il est quand même le plus connu (NDLR : dans les autres pays, sur le continent Américain notamment).</p>
<p><strong>SHREK </strong>(Andrew Adamson, Vicky Jenson) :<br />
À part qu’il est vert. Ce qui est quand même très joli. Les choses pour enfants, soi-disant aussi pour les parents, avec de l’humour, etc. : je pense que les enfants sont plus intelligents que ça. Que si on les gave de ça… Oui, bien sûr que c’est pas mal, mais il y en a trop. On pourrait quand même leur faire voir des choses qui sont tout autant pour eux, mais… Je pense qu’on les méprise un peu, les enfants…</p>
<p><strong>LA BELLE ET LA BETE</strong> (Jean Cocteau) :<br />
Ah ça, c’est une merveille. Ça, moi qui veux faire une trilogie de contes, s’il y en a un que j’aimerais faire et que je ne ferai jamais… On ne refait pas un chef-d’œuvre. C’est tellement beau. <strong>La belle et la bête</strong>, c’est Cocteau, ça ne peut être personne d’autre. Avec cette naïveté aussi : j’adore le cinéma où les effets spéciaux sont naïfs. Ce ne sont pas les effets spéciaux de maintenant : ils font encore plus d’effet parce qu’il y a l’effet poétique. L’effet spécial artisanal est beaucoup plus beau.</p>
<p><em>Propos recueillis par Jenny Ulrich</em></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[[Cinéphilie] : Ruggero Deodato]]></title>
<link>http://cutlarevue.fr/2009/09/30/cinephilie-ruggero-deodato/</link>
<pubDate>Wed, 30 Sep 2009 17:45:09 +0000</pubDate>
<dc:creator>mathias</dc:creator>
<guid>http://cutlarevue.fr/2009/09/30/cinephilie-ruggero-deodato/</guid>
<description><![CDATA[Réalisateur de plusieurs classiques du cinéma bis italien (voir aussi son interview), ancien assista]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><img class="aligncenter size-full wp-image-3829" title="ruggero deodato" src="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/09/ruggero-deodato.jpg" alt="ruggero deodato" width="450" height="337" /></p>
<p>Réalisateur de plusieurs classiques du cinéma bis italien (voir aussi son <a href="http://cutlarevue.fr/2009/09/23/interview-ruggero-deodato/">interview</a>), ancien assistant de Rosselini, Margheriti et Corbucci, Ruggero Deodato était à Strasbourg il y a peu dans le cadre de la seconde édition du FFEFS. Il nous donne ses impressions et souvenirs des films (et surtout de leurs metteurs en scène) suivants.</p>
<p><strong>ROME, VILLE OUVERTE</strong> (Roberto Rosselini)</p>
<p>Quand je revois <strong>Rome, ville ouverte</strong> maintenant, je pense: « <em>Moi, je suis l&#8217;élève de Roberto Rosselini !</em> » C&#8217;est un film très fort, je l&#8217;aime beaucoup. Quand je pense aux conditions dans lesquelles il l&#8217;a tourné: avec rien. Avec des morceaux de pellicules récupérées à droite et à gauche. Mais quel résultat ! <strong>Cannibal holocaust</strong> aussi a été fait avec très très peu d&#8217;argent, alors je sais ce que ça représente de tourner avec rien. J&#8217;aime énormément ce film.</p>
<p><strong>PULSION CANNIBALE</strong> (Antonio Margheriti)</p>
<p>Non&#8230; J&#8217;ai travaillé avec Margheriti, mais&#8230; (<em>silence</em>) Je n&#8217;aime pas le cinéma de Margheriti. C&#8217;était un grand technicien, mais il voulait seulement montrer son savoir faire technique. Pas les acteurs. Les acteurs sont toujours abandonnés dans ses films. Il n&#8217;avait pas vraiment de style. C&#8217;était un grand monsieur, je l&#8217;aimais beaucoup comme personne, il était très gentil. Son plus beau film c&#8217;est sûrement <strong>Danse macabre</strong>. C&#8217;est le premier film que je faisais avec lui. Il est bien techniquement, mais il y a autre chose. Sur ses autres films, il ne se concentrait que sur la caméra. C&#8217;est pas professionnel de travailler comme ça. Je ne sais pas. Je l&#8217;aimais lui, mais je n&#8217;aime pas son cinéma.</p>
<p><strong>DJANGO</strong> (Sergio Corbucci)</p>
<p>Sergio, oui. Sergio, c&#8217;était un sacré metteur en scène. De lui, j&#8217;ai gardé la cruauté et le sens du montage. Ses films sont très efficaces, c&#8217;était un grand réalisateur, très sympathique, très extraverti. Complètement différent de Margheriti. Margheriti, c&#8217;était un homme un peu éteint. J&#8217;ai fait sept films avec lui. Il était très drôle aussi, il a fait de bons films comiques. Il me manque, je l&#8217;aimais beaucoup et j&#8217;ai beaucoup appris avec lui.</p>
<p><strong>CANNIBAL FEROX</strong> (Umberto Lenzi)</p>
<p>Non, parce que Lenzi a utilisé beaucoup de scènes de mon film (<em><strong>Cannibal holocaust</strong>, NDR</em>. J&#8217;étais très fâché contre lui. On se reparle depuis. C&#8217;est pas un mauvais metteur en scène mais ses films manquent d&#8217;animalité. Ils ne sont pas épidermiques.</p>
<p><strong>L&#8217;AU-DELA</strong> (Lucio Fulci)</p>
<p>Lucio Fulci, je l&#8217;aimais beaucoup. Ce n&#8217;était pas un ami intime mais c&#8217;était un metteur en scène à la Spielberg. Il pouvait aborder n&#8217;importe quel genre. Passer de la comédie au film de zombies de manière complètement naturelle. Si tu le connaissais de manière personnelle, il était plutôt malheureux mais c&#8217;était un homme de goût, élégant et un très grand scénariste. C&#8217;était vraiment un homme bien. Il n&#8217;a pas eu de chance dans sa vie. Il a été très malheureux, sa femme s&#8217;est suicidée&#8230; Il a eu toutes sortes de malheurs. Mais c&#8217;était un grand personnage, je l&#8217;aimais beaucoup.</p>
<p><em>Propos recueillis et retranscrits par Mathias Ulrich</em></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[[cinéphilie] : Alain Tasma]]></title>
<link>http://cutlarevue.fr/2009/09/29/cinephilie-alain-tasma/</link>
<pubDate>Tue, 29 Sep 2009 14:58:48 +0000</pubDate>
<dc:creator>jennyulrich</dc:creator>
<guid>http://cutlarevue.fr/2009/09/29/cinephilie-alain-tasma/</guid>
<description><![CDATA[Alain Tasma (réalisateur) était à Strasbourg pour présenter son film, Ultimatum (sortie le 30 septem]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/09/alain-tasma.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-3826" title="Alain Tasma" src="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/09/alain-tasma.jpg?w=438" alt="Alain Tasma" width="438" height="328" /></a><br />
<strong>Alain Tasma</strong> (réalisateur) était à Strasbourg pour présenter son film, <strong>Ultimatum</strong> (sortie le 30 septembre 2009). L’ultimatum en question est celui lancé par l’ONU à l’Irak, sommé d’évacuer le Koweït, à la fin de l’année 1990. Le spectre d’une troisième guerre mondiale est évoqué de ci de là, mais c’est surtout en Israël que la situation est dangereuse, Saddam Hussein menaçant de bombarder le pays avec des armes chimiques et bactériologiques&#8230; Le récit s’articule autour de la jeune Luisa (Jasmine Trinca), jeune franco-italienne venue faire ses études à Jérusalem ; son entourage proche ou lointain réagit plus ou moins bien à la pression –plutôt mal en ce qui concerne son petit ami, Nathanaël (Gaspar Ulliel).</p>
<p>Nous parlerons de <strong>Ultimatum </strong>dans la prochaine émission de Cutlaradio (en ligne le 10 octobre), et si vous le souhaitez, vous pouvez en écouter <a href="http://www.cinema-star.com/star.php?id=22&#38;idm=1&#38;type=1&#38;rub=22#1070">l’entretien « minuté »</a> sur le site des cinémas Star. En attendant Alain Tasma nous livre ses souvenirs et impressions des films suivants.</p>
<p><strong>LES SEPTS JOURS</strong> (Ronit et Shlomi Elkabetz) :<br />
J’adore. J’adore cette réalisatrice, cette comédienne, j’ai adoré ce film. Mais j’ai été un peu surpris, parce que au moment où j’ai fait <strong>Ultimatum</strong>, je pensais être le premier à avoir mis en scène les masques à gaz (NDLR : dans ce contexte) et je me suis rendu compte qu’elle l’avait déjà fait –alors qu’on a tourné pratiquement au même moment. Je crois que j’avais une partie de mon équipe en commun avec celle de son film, et je me suis rendu compte qu’ils avaient omis de me le dire sachant que ça allait me contrarier. Nos scènes ne se ressemblent pas du tout, mais il y a un point commun, les masques à gaz.</p>
<p><strong>THE BUBBLE </strong>(Eytan Fox) :<br />
J’ai adoré <strong>Tu marcheras sur l’eau</strong>. Adoré. Et je n’ai pas aimé <strong>The bubble</strong>. Peut-être parce que –ce n’est pas un défaut et je ne suis absolument pas homophobe… Mais je trouvais que le film était trop lié à une problématique homosexuelle. J’étais moins sensible à ce film, peut-être pas pour cette raison-là.</p>
<p><strong>L’AUBERGE ESPAGNOLE </strong>(Cédric Klapisch) :<br />
Je suis très sensible au travail de Klapisch, je l’aime énormément. Évidemment (rires) : à travers les langues, à travers les étudiants, bien sûr… Je l’ai revu avant de tourner le mien. Il n’y a aucun point commun, mais il y a une parenté de respect –en tout cas venant de ma part. C’est un cinéaste que je respecte, Klapisch.</p>
<p><strong>JE VAIS BIEN, NE T’EN FAIS PAS</strong> (Philippe Lioret) :<br />
Même chose. C’est un cinéaste que j’aime beaucoup. Je préfère <strong>Welcome</strong>, simplement parce que je suis plus proche, par goût personnel et à travers les films que je fais moi, de films qui ont un regard plus direct sur la société dans laquelle on vit. Avec <strong>Welcome</strong>, Lioret fait un film que je trouve assez magistral. Il arrive à intéresser un public qui est le plus large possible avec un sujet qui, a priori, fait plutôt fuir les gens au cinéma. Ils sont prêts à le voir dans<em> Envoyé spécial</em> ou dans des émissions de reportages à la télé, mais ils vont rarement aller mettre 9€70 ou moins, mais bon… Lioret, il y arrive avec un grand talent.</p>
<p><em>Propos recueillis par Jenny Ulrich</em></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[[cinéphilie] : Christian Carion]]></title>
<link>http://cutlarevue.fr/2009/09/24/cinephilie-christian-carion/</link>
<pubDate>Thu, 24 Sep 2009 07:35:06 +0000</pubDate>
<dc:creator>jennyulrich</dc:creator>
<guid>http://cutlarevue.fr/2009/09/24/cinephilie-christian-carion/</guid>
<description><![CDATA[Christian Carion (réalisateur) était à Strasbourg pour présenter son film, L’affaire Farewell (sorti]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/09/christian-carion.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-3796" title="Christian Carion" src="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/09/christian-carion.jpg?w=438" alt="Christian Carion" width="438" height="328" /></a><br />
<strong>Christian Carion</strong> (réalisateur) était à Strasbourg pour présenter son film, <strong>L’affaire Farewell</strong> (sortie le 23 septembre 2009). L’histoire des deux hommes –interprétés par Emir Kusturica et Guillaume Canet- qui dans les années 80 ont énormément contribué, à leur échelle, à la chute de la Russie soviétique. Sous les yeux-les oreilles des services secrets Français et Américains.<br />
Nous parlerons de <strong>L’affaire Farewell </strong>dans la prochaine émission de Cutlaradio (en ligne le 26 septembre), et en attendant Christian Carion nous livre ses souvenirs et impressions des films suivants.</p>
<p><strong>L’HOMME QUI TUA LIBERTY VALENCE</strong> (John Ford) :<br />
Jacques Attali m’avait expliqué que Ronald Reagan avait pour habitude de regarder des westerns après les grandes réunions, c’était sa manière à lui de se détendre. Il regardait des cassettes VHS à l’époque et il faisait venir ses conseillers spéciaux, qui avaient assisté à la réunion en question, et à la fin du western, il leur disait, bon alors finalement on fait ça, ça et ça. Il prenait ses décisions comme ça. Bon. Les conseillers en particulier n’étaient pas forcément fans de western… Alors l’idée qu’il regarde des westerns ça m’avait plu, et je me suis demandé ce qu’il pouvait regarder et j’ai imaginé qu’il puisse regarder <strong>L’homme qui tua Liberty Valence</strong>. D’abord parce que John Ford est un cinéaste important pour moi, il est à l’origine de mes premiers désirs de cinéma. Et puis le western <strong>L’homme qui tua Liberty Valence</strong>, c’est un chef d’œuvre. Et en plus, ça a du sens par rapport à <strong>Farewell</strong>, parce qu’au début, ça tourne autour d’un duel dans la nuit : vous découvrez le duel, vous êtes du côté de James Stewart qui est face à quelqu’un de bien mieux armé que lui, que joue Lee Marvin, qui est un salopard. Donc on se dit : James Stewart n’a aucune chance de s’en sortir. Et puis le duel se fait et à la surprise générale, Lee Marvin s’écroule. Alors on se dit : c’est incroyable ! Et les villageois du western portent aux nues James Stewart. Et le destin de cet homme est changé. Mais plus tard dans le film, on va comprendre que ce soir-là, il y avait un troisième homme caché dans l’ombre, que joue John Wayne, qui est un ami de James Stewart dans le film et qui, lui, à l’aide d’une Winchester, va tirer sur Lee Marvin au bon moment et permettre à James Stewart de gagner. Personne ne le sait, tout le monde croit que c’est effectivement James Stewart qui a tué Liberty Valence. Mais ce n’est pas la vérité. Et quand vous êtes du côté de John Wayne, que vous comprenez vraiment ce qui s’est passé, vous vous apercevez que ce que vous aviez cru au départ était faux. Et bien dans<strong> Farewell</strong>, il y a un peu de ça. C’est-à-dire qu’au début, on est du côté Russe, on est avec Farewell (NDLR : Emir Kusturica) qui rencontre ce Français là (NDLR : Guillaume Canet), dans sa voiture, dans Moscou, et on croit profondément à une chose. Et puis… Après, je vous laisserai découvrir le film, mais à un moment donné ça bascule, et on comprend qu’on s’est trompé. Que ce qu’on croyait vrai n’est pas vrai. En matière d’espionnage, c’est très fréquent, ça. Là, j’aime bien l’idée qu’avec un film comme <strong>L’homme qui tua Liberty Valence</strong>, je pouvais quelque part illustrer ce basculement en montrant les deux extraits du western en question. Ça m’a énormément plu de faire ça.</p>
<p><strong>LE PROMENEUR DU CHAMPS DE MARS</strong> (Robert Guédiguian) :<br />
Alors, <strong>Le promeneur</strong> j’y suis allé, comme beaucoup de gens, parce que je pense que c’était la première fois qu’on interprétait François Mitterrand, vraiment, à l’écran. Le parti pris, vous le savez, c’était de prendre Michel Bouquet et de ne pas chercher du tout la ressemblance. Ce n’est pas du tout ma démarche sur <strong>Farewell</strong>, je suis plus du côté, je dirais, anglo-saxon. Quand on a vu sur nos écrans <strong>The Queen</strong>, de Stephen Frears, on a tous été bluffés par Helen Mirren qui interprète la Reine et par l’autre acteur (NDLR : Michael Sheen) qui jouait Tony Blair. On s’est dit, oh la vache. Ce ne sont pas des sosies, mais ils sont proches et moi, j’avais beaucoup aimé ça parce qu’il y avait un souci de crédibilité qui me permettait d’y croire, en fait. Vraiment. Et les Américains font souvent ça aussi : <strong>Nixon</strong> d’Oliver Stone, etc. J’avais envie d’être dans cette veine-là, c’est-à-dire de trouver des acteurs pour interpréter Ronald Reagan et François Mitterrand sans tomber dans l’imitation –ils ne parlent pas comme les deux présidents-, mais ils ont physiquement une allure proche de l’image qu’on a de ces deux présidents. J’ai vraiment poussé les acteurs (NDLR : Philippe Magnan et Fred Ward) à aller dans cette direction-là, avec le risque qui était de tomber dans l’imitation. Et franchement, ce qu’ils ont fait, je suis très épaté parce qu’ils n’imitent pas les deux présidents, quelque part, je dirais même : ils SONT les présidents en question. Ils dégagent une espèce d’authenticité assez jouissive.</p>
<p><strong>GORKY PARK</strong> (Michael Apted) :<br />
J’ai détesté. Là, voilà, c’est la représentation Américaine du pouvoir Soviétique. Ce sont tous des Américains, qui jouent, ils parlent tous un anglais merveilleux, c’est bourré de clichés. C’est nul. Si, je l’ai montré à l’équipe : voilà ce qu’il ne faut pas faire. Je ne crois en rien dans cette histoire. Dans les décors, dans les costumes : rien. Parce que –pour moi-, le point de départ du film est mauvais au sens où c’est comme s’ils avaient essayé de reconstituer un petit peu de Russie qu’avec des éléments Américains. Ce n’est pas possible. Si vous voulez être Russe, il faut y aller, là-bas, il faut travailler avec des acteurs Russes, il faut capter l’âme Russe un minimum. Il n’y a RIEN de Russe dans ce film.</p>
<p><strong>GOOD NIGHT AND GOOD LUCK</strong> (George Clooney) :<br />
Ah. La première chose qui me vient à l’esprit, c’est la qualité exceptionnelle du noir et blanc. C’est culotté, aujourd’hui, de faire un film en noir et blanc, parce que d’un seul coup, toutes les télévisions vous fuient. Lui a eu le courage de le faire. Bon, c’est George Clooney. En même temps il est dans un système de production, Américain, qui est finalement plus libre que le nôtre parce qu’il ne dépend pas de la télévision. Alors que nous, en France, nous ne dépendons QUE de la télévision. Donc, pas de noir et blanc. Ce que j’aime dans ce film, c’est qu’il ne se passe rien. Ce sont simplement, finalement, des dialogues, des discussions entre certaines personnes : et il y a une tension dans le film… Ça me rappelle <strong>Les hommes du président</strong> d’Alan Pakula. Cette exigence Américaine de raconter une histoire sans faire d’esbroufe : pas de voiture qui explose, pas de revolver, et en même temps, il y a une tension là-dedans qui fait que vous ne décrochez jamais. C’est très difficile à faire et j’ai essayé de m’en approcher, avec <strong>L’affaire Farewell</strong>.</p>
<p><strong>GOODBYE LENIN</strong> (Wolfgang Becker) :<br />
Ben <strong>Goodbye Lenin</strong>, j’ai une tendresse particulière pour ce film parce que, comme beaucoup de gens, ça m’avait permis de découvrir un acteur que j’aime beaucoup, qui est Daniel Brühl –que j’étais allé voir pour interpréter dans <strong>Joyeux noël</strong> le lieutenant Allemand. Donc, rien que pour ça, c’est un film important. Ça nous a permis de découvrir l’envers du décor, côté Allemagne de l’Est, mais pour moi, c’est moins réussi que <strong>La vie des autres</strong> (NDLR : de Florian Henckel von Donnesmarck) où, là, je suis plus dans une réalité d’espionnage, de parano qui était très puissante dans le film. Dans <strong>Goodbye Lenin</strong>, il y a presque une petite nostalgie communiste… Ma monteuse est Tchèque, elle déteste le régime communiste, ils en ont vraiment souffert, et elle ne peut pas supporter<strong> Goodbye Lenin</strong>, pace qu’elle reproche au film d’avoir une petite nostalgie de la vie d’antan. Je trouve qu’elle est un peu dure, mais je comprends pourquoi elle pense ça. C’est vrai qu’il y a des petites choses, des grains qui traînent dans le film où on se dit, ah avant c’était pas si mal finalement. Bon, c’est la limite du film.</p>
<p><em>Propos recueillis par Jenny Ulrich</em></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[[cinéphilie] : FEFFS saison 2]]></title>
<link>http://cutlarevue.fr/2009/09/21/cinephilie-feffs-saison-2/</link>
<pubDate>Mon, 21 Sep 2009 18:48:32 +0000</pubDate>
<dc:creator>jennyulrich</dc:creator>
<guid>http://cutlarevue.fr/2009/09/21/cinephilie-feffs-saison-2/</guid>
<description><![CDATA[Tarik Saleh et Christopher Smith, réalisateurs en compétition pour l’Octopus d’or au second FEFFS av]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><strong>Tarik Saleh</strong> et <strong>Christopher Smith</strong>, réalisateurs en compétition pour l’Octopus d’or au second FEFFS avec leurs films Metropia et Triangle –voir comptes-rendus journaliers- ont accepté de se prêter au jeu de la cinéphile. Ils réagissent l’un et l’autre aux films suivants. (Propos traduits de l’anglais).<br />
Pour info-agenda : d’autres cinéphilies Feffsiennes suivront au moment où les films seront à nouveau d’actualité (<strong>Barbe-Bleue </strong>et <strong>The children</strong>) et il y a également un petit stock d’<a href="http://www.cinema-star.com/star.php?id=22&#38;idm=1&#38;type=1&#38;rub=22#1070">interviews minutées FEFFS</a> en ligne sur le site des cinémas Star.</p>
<div id="attachment_3774" class="wp-caption alignnone" style="width: 448px"><a href="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/09/tariq-saleh.jpg"><img class="size-medium wp-image-3774" title="Tariq Saleh" src="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/09/tariq-saleh.jpg?w=438" alt="Tariq Saleh venu présenter son film Metropia" width="438" height="328" /></a><p class="wp-caption-text">Tarik Saleh venu présenter son film Metropia</p></div>
<p><strong>EUROPA</strong> (Lars Von Trier) :<br />
Magnifique film. Lorsque je l’ai découvert, je ne savais pas qui était Lars Von Trier, je l’ai vu quand la VHS est sortie, et je me souviens m’être dit que c’était le genre de film que j’aimerais faire si je devais faire des films –à cette époque j’étais grapheur. Je l’ai revu avant de faire le montage sonore de <strong>Metropia</strong>, je ne l’avais pas vu depuis une quinzaine d’années, et en fait je l’ai encore davantage aimé en le revoyant, ça a évolué, c’est devenu encore meilleur.</p>
<p><strong>PINK FLOYD THE WALL</strong> (Alan Parker) :<br />
Ah. Oh mon dieu, vous mettez le doigt sur mon film préféré, c’est une de mes plus grandes expériences cinématographiques. Là encore, je l’ai découvert à cet âge sensible -16, 17 ans- et j’ai été estomaqué : ça a changé ma conception de ce qu’un film pouvait être. Bien sûr, à cette époque, je pensais que le film avait une signification très profonde, ça me parlait de moi. Aujourd’hui, quand je le regarde, je continue à l’adorer, je pense toujours que c’est un film hypnotique, mais sa signification semble très évidente. Je crois que ce film convient mieux aux adolescents qu’à quelqu’un de mon âge.</p>
<p><strong>VERTIGO</strong> (Alfred Hitchcock) :<br />
(rires). Ça fait aussi partie de mes films préférés, je ne compte plus le nombre de fois que je l’ai vu. <strong>Vertigo</strong>, c’est évident, est ouvertement une des références de <strong>Metropia</strong>. Ce qui fonctionne si bien dans <strong>Vertigo</strong>, c’est cette sorte de logique des rêves que j’adore. La plupart du temps, si vous racontez un rêve, c’est très inintéressant pour la personne qui vous écoute parce que si je vous dis par exemple qu’hier, j’ai rêvé que tout le monde pouvait voler, votre réaction ce sera de dire, oui et alors ? Mais si je vous dis que j’ai rêvé de VOUS hier… Vous comprenez, ça devient tout de suite un peu plus intéressant, parce que quoi que je m’apprête à dire, ça racontera quelque chose sur ce que je pense de vous. Quand vous êtes dans un rêve très réaliste, ça vous parle, tout semble faire sens, mais en même temps, tout est étrange. Dans <strong>Vertigo</strong>, il a réussi à créer une logique de rêves, parce que le personnage principal interprété par James Stewart semble si intelligent, si équilibré, qu’à un moment du film on commence à craindre qu’il soit fou, tout en sentant que ce n’est pas le cas. C’est un sentiment très effrayant, me semble-t-il. Je crois que c’est un des meilleurs films au monde. Il y a deux autres choses que j’aime aussi dans <strong>Vertigo</strong>. La première est que ça n’a pas été un succès commercial immédiat, ce qui indique qu’on ne peut pas juger un film par le box-office. L’autre chose, c’est qu’Hitchcock a raconté que l’idée de <strong>Vertigo</strong> lui est venue lors d’un festival, a San Francisco, il était sur un pont et il s’est dit que ça pourrait être bien qu’une femme tombe dans l’eau, là… Pour moi, c’est comme ça que l’inspiration marche, ça peut être déclenché par une simple image. Bref, oui, ce film est l’un de ceux que j’aime le plus.</p>
<p><strong>THE NACKED LUNCH </strong>(David Cronenberg) :<br />
C’est un très beau film, je l’ai aussi vu à cette période où les films me faisaient un effet énorme. Mais j’ai la phobie des insectes alors ça m’a un peu perturbé. J’adore aussi les livres de Burroughs. Mais ce n’est pas mon film préféré.</p>
<p><strong>IRREVERSIBLE </strong>(Gaspar Noé) :<br />
C’est un film très puissant. Ce qui est intéressant c’est que c’est un film difficile que beaucoup de mes amis qui ne regardent normalement pas des films d’horreur, ou étranges, difficiles, ils ont vu celui-là, ils en parlaient, etc. Mais ce n’est pas un film agréable et l’une des choses qui me font aller au cinéma c’est d’apprécier être dans l’univers du film. Ceci dit je suis très impatient de voir son nouveau film, <strong>Enter the void</strong>, j’en attends beaucoup.</p>
<div id="attachment_3775" class="wp-caption alignnone" style="width: 448px"><a href="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/09/christopher-smith.jpg"><img class="size-medium wp-image-3775" title="Christopher Smith" src="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/09/christopher-smith.jpg?w=438" alt="Christopher Smith, venu présenter son film Triangle" width="438" height="328" /></a><p class="wp-caption-text">Christopher Smith, venu présenter son film Triangle</p></div>
<p><strong>SHINING </strong>(Stanley Kubrick) :<br />
Stanley Kubrick est un génie. Steven Spielberg a dit de lui qu’il était non seulement le meilleur réalisateur ayant jamais existé, mais qu’il le restera à l’avenir et je pense que c’est vrai. Je pense que <strong>Shining</strong> est l’exemple type de ce qu’on peut faire sans utiliser l’obscurité : provoquer la peur dans des couloirs bien éclairés. J’ai toujours des problèmes avec la fin de<strong> Shining</strong>, mais c’est une énorme source d’inspiration. On peut s’en rendre compte dans <strong>Triangle</strong>, par exemple la maison où elle (Melissa George, l’héroïne de <strong>Triangle</strong>) vit, au début, est mise en parallèle avec le navire, sa chambre à coucher est la même que la cabine qui porte le numéro 237, c’est-à-dire le même numéro que celui de la chambre des enfants dans <strong>Shining</strong>. Et puis il y a les couloirs. Oui, c’est une énorme influence. Et puis c’est un film où on se soucie des personnages, on est dans un drame familial. J’aimerais rappeler une séquence du film, celle où Jack passe son entretien d’embauche : ça dure quelque chose comme 7 minutes ! C’est juste Jack qui parle. Même si on écrivait ça aujourd’hui, qu’on le filmait pareil, que la performance d’acteur soit de la même qualité, ce serait impossible d’imposer une scène aussi longue aux dirigeants des studios, ils trouveraient ça trop ennuyeux. Alors que ce qui se passe dans cette scène, c’est que Kubrick nous fait un peu décrocher, mais l’idée c’est que cette sorte de mise en sommeil vous reste à l’esprit et ensuite il rééquilibre.</p>
<p><strong>PIRATES DES CARAIBES</strong> (Gore Verbinski) :<br />
Ce que je pense de ce film ? Je l’ai trouvé ennuyeux. Mes nièces et neveux l’adorent. Je n’ai pas d’affinités avec ce film, c’est sensé être amusant, je m’y suis ennuyé, c’était trop long. Pourquoi faire des films si longs ? Pourquoi les films d’horreur sont si courts et ce genre de films si longs, alors qu’une demie heure de moins les améliorerait ? Mais bon film –essayons de rester corporatif ! (rires). Non, je ne l’ai pas aimé.<br />
<strong><br />
L’AVENTURE DU POSEÏDON</strong> (Ronald Neame) :<br />
Je l’adore, je l’ai vu un million de fois. J’adore les films qui se passent sur des bateaux, j’aime les films qui ont un décor unique, où toute l’action est concentrée. Je pense que le succès de <strong>Creep</strong> vient en grande partie du lieu, le fait d’être coincé dans les souterrains du métro –ou dans un vaisseau spatial, ou sur un navire, ou dans une cave- ça vous enferme. Ça dépolitise l’endroit, c’est particulièrement vrai pour les films anglais, enfin c’est le cas partout, mais quand je regarde un film anglais je ne peux pas faire abstraction de l’aspect politique, social, alors qu’avec un espace où la vie réelle ne peut pas interférer, comme un bateau, ça aide. Ça permet de vous enfermer, comme dans l’hôtel Overlook de <strong>Shining</strong> : un endroit qui peut être réel ou bien dans la tête de Jack. Et c’est la même chose avec le bateau dans <strong>Triangle</strong>. C’est à la fois vrai et dans sa tête. Il ne s’agit pas d’un film où le personnage est juste fou.</p>
<p><strong>UN JOUR SANS FIN</strong> (Harold Ramis) :<br />
En Amérique, pour vendre mon film, on pourrait dire que c’est une version horrifique de <strong>Un jour sans fin</strong>. J’avais conscience de ça. <strong>Un jour sans fin</strong> est un de ces rares films vraiment intelligents qu’on voit en sachant que ça va devenir un classique, les gamins le verront encore dans vingt ans. En même temps, je dis ça, mais un de mes amis qui est prof me dit que les gamins d’aujourd’hui considèrent les films des années 80-90 comme des antiquités. Les premiers films de Tarantino sont maintenant de vieilleries ! Mais j’adore <strong>Un jour sans fin</strong>, oui. Dans <strong>Triangle</strong>, j’ai eu à gérer le même genre de choses, et j’ai choisi la même solution : offrir une conclusion satisfaisante du point de vue émotionnel, mais pas d’explications.</p>
<p><em>Propos recueillis par Jenny Ulrich</em></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[[cinéphilie] : Robert Guédiguian]]></title>
<link>http://cutlarevue.fr/2009/09/15/cinephilie-robert-guediguian/</link>
<pubDate>Tue, 15 Sep 2009 15:48:41 +0000</pubDate>
<dc:creator>jennyulrich</dc:creator>
<guid>http://cutlarevue.fr/2009/09/15/cinephilie-robert-guediguian/</guid>
<description><![CDATA[Robert Guédiguian (réalisateur) était à Strasbourg pour présenter son film, L’armée du crime (sortie]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/09/19079636_w434_h_q80.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-3714" title="19079636_w434_h_q80" src="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/09/19079636_w434_h_q80.jpg" alt="19079636_w434_h_q80" width="434" height="289" /></a></p>
<p><strong>Robert Guédiguian</strong> (réalisateur) était à Strasbourg pour présenter son film, <strong>L’armée du crime</strong> (sortie le 16 septembre 2009)… Pendant la seconde guerre mondiale, dans un Paris truffé d’Allemands bien heureux de pouvoir compter sur l’aide active de la police et d’une partie de la population française, des hommes et des femmes d’origines diverses (Arméniens, Italiens, Espagnols, Hongrois, etc.) s’organisent pour lutter contre l’occupant. De ce fait historique, Robert Guédiguian a tiré un film fort bien dosé en action, humour et tragédie sèche. A noter aussi le casting très intéressant, mêlant plusieurs nationalités ; un casting où les salauds -personnages à part entière- sont campés avec autant de conviction que les rôles plus valorisants.<br />
Mais de tout cela et du reste, nous en parlerons bien sûr lors de la prochaine émission de Cutlaradio (en ligne le 26 septembre) et si vous le souhaitez, vous pouvez écouter <a href="http://www.cinema-star.com/star.php?id=22&#38;idm=1&#38;type=1&#38;rub=22#1070">l’entretien « minuté »</a> du film sur le site des cinémas Star.<br />
En attendant Robert Guédiguian nous livre ses souvenirs et impressions des films suivants.</p>
<p><strong>LE DERNIER METRO </strong>(François Truffaut) :<br />
Je ne l’ai pas revu depuis longtemps. Au moment où je l’ai vu, j’ai pensé que c’était un film intéressant bien sûr, passionnant, mais aussi très académique… Je dis ça -avec tout le respect que je dois à Truffaut : ce n’est pas le film de Truffaut que je préfère.</p>
<p><strong>LA ROSE BLANCHE</strong> (Michael Verhoeven) :<br />
Le film sur la résistance Hollandaise et tout ça ? Pas mal du tout, bizarrement. Intéressant, très bien foutu, des moyens énormes… Un film à grand spectacle sur cette époque-là, mais assez beau, oui. J’avais aimé, je l’ai vu une fois, très vite.</p>
<p><strong>RUE SANTA FE </strong>(Carmen Castillo) :<br />
Un chef-d’œuvre. Un chef-d’œuvre. Magnifique, exceptionnel, bouleversant… En fait, j’ai vu le film et j’ai téléphoné à Carmen Castillo tout de suite, en lui disant : je vous aime. Je suis tombé amoureux, en plus, de cette femme qui est très très belle. Elle est magnifique jeune, elle est magnifique aujourd’hui. Et pour tout dire, je produis le prochain film de Carmen Castillo.</p>
<p><strong>INGLOURIOUS BASTERDS </strong>(Quentin Tarantino) :<br />
Je ne l’ai pas vu. Je ne suis pas un fou –je dis ça avec humour : je ne suis pas un fou de Tarantino. Il s’amuse avec le cinéma, il le fait bien, c’est vrai, et donc il y a des choses amusantes, mais je ne suis pas… J’ai quand même une vague tendance à m’y endormir au bout d’une demie heure. Ce qui l’amuse ne m’amuse pas forcément, je préfère les choses qui font un petit peu plus sens, qui m’émeuvent un peu plus, où j’adhère aux personnages, où je pleure, où je ris. Bon, là. Comment je pourrais dire ça ? Le rapport au gag, le jeu sans arrêt avec le cinéma, je ne sais pas : ce n’est pas mon truc, on va dire. Voilà.</p>
<p><strong>LA QUESTION HUMAINE</strong> (Nicolas Klotz) :<br />
Ah. Là par contre, c’est presque l’inverse, c’est probablement un cinéma qui se prend trop au sérieux. Je le dis, je connais Nicolas, il a travaillé avec moi d’ailleurs à Agat, on a produit des films à lui… C’est là, un excès de sérieux, je pense. Si l’on traite de choses aussi importantes que ça, il faut aussi se poser la question de qui va aller les regarder ces choses importantes qu’on a à dire. Voilà. Je dirais que je ne suis pas d’accord formellement. Je suis d’accord sur le fond peut-être, mais je ne suis pas d’accord sur la forme utilisée.</p>
<p><em>Propos recueillis par Jenny Ulrich</em></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[[cinéphilie] : Olivier Doran]]></title>
<link>http://cutlarevue.fr/2009/09/09/cinephilie-olivier-doran/</link>
<pubDate>Wed, 09 Sep 2009 21:56:39 +0000</pubDate>
<dc:creator>jennyulrich</dc:creator>
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<description><![CDATA[Olivier Doran (réalisateur) était à Strasbourg pour présenter son film, Le coach (sortie le 9 septem]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/09/olivier-doran.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-3678" title="Olivier Doran" src="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/09/olivier-doran.jpg?w=438" alt="Olivier Doran" width="438" height="328" /></a></p>
<p><strong>Olivier Doran </strong>(réalisateur) était à Strasbourg pour présenter son film, <strong>Le coach </strong>(sortie le 9 septembre 2009). Un film bâtit sur le principe du « cordonnier mal chaussé », réajusté à l’univers du coaching. Maximilien Chêne (Richard Berry) est un as dans son travail et on le paye des fortunes pour qu’il aide rapidement à régler les problèmes, à redonner confiance. Mais à côté de ça, il est atteint de la maladie du jeu. Conséquence : sa femme le fout à la porte et il doit une somme énorme à un propriétaire de casino qui s’enorgueillit d’avoir conservé des méthodes « à l’ancienne » pour le recouvrement des dettes… Bref, Chêne est obligé d’accepter un contrat potentiellement très rémunérateur, mais particulièrement compliqué : coacher à son insu Patrick Marmignon (Jean-Paul Rouve), indéboulonnable neveu du patron d’une entreprise sur le point de signer un contrat capital avec des Chinois. Problème : Marmignon est brillant, mais contreproductivement sympathique avec ses subordonnés, ce qui risque de faire capoter le projet chinois par manque d’efficacité… <strong>Le coach</strong> est donc une comédie française actuelle. C’est-à-dire, habituellement, le truc à fuir ventre à terre. Mais là, curieusement, le film réussit à être amusant à de nombreuses reprises. Doutes…<br />
Nous parlerons de <strong>Le coach</strong> dans la prochaine émission de Cutlaradio (en ligne le 12 septembre), et en attendant Olivier Doran nous livre ses souvenirs et impressions des films suivants.</p>
<p><strong>L’EMMERDEUR</strong> (Edouard Molinaro) :<br />
Référence. Brel, Ventura… Je trouve qu’il y a la même magie dans le duo Brel, Ventura que dans le duo Jean-Paul Rouve, Richard Berry. C’est un truc qu’on ne contrôle pas d’ailleurs. On espère qu’on va avoir ça au moment où on les choisit, mais il y a une alchimie, un truc qui se passe. Alors c’est toujours une histoire de ying et de yang : il faut un fort apparent et un faible apparent. Et puis la plupart du temps on s’aperçoit que le faible n’est pas si faible et que le fort peut avoir des failles… Voilà, oui, c’est une référence absolue dans ce genre qu’est le film de duo.</p>
<p><strong>LE FANFARON</strong> (Dino Risi) :<br />
La comédie réaliste italienne, c’est pareil… Les comédies c’est toujours -je trouve- inscrit dans une époque. Ça raconte quelque chose de l’époque dans laquelle on est. Et « Il fanfarone », ça parle de cette Italie qui se remet de la guerre, qui se débrouille… Ce truc Italien, Latin : on en fait beaucoup, on parle fort, on essaye de montrer qu’on est plus fort que ce qu’on est réellement. C’est ça aussi qui est bien avec la comédie, c’est qu’il peut y avoir des tonalités différentes. La comédie italienne a la sienne, la comédie française a la sienne, je ne sais pas s’il y a des comédies allemandes, la comédie anglaise a la sienne… Et ce qui est génial, c’est cette variété. Heureusement que ce n’est pas identique à chaque fois et qu’il n’y a pas UN modèle de comédie dominant.</p>
<p><strong>MON BEAU-PERE ET MOI </strong>(Jay Roach) :<br />
<strong>Meet the Fockers</strong> ! Ah non, <strong>Meet the Fockers </strong>c’est le deuxième, <strong>Mon beau-père, mes parents et mo</strong>i… Le premier, je l’ai adoré. A-do-ré. D’abord, je suis assez fan de Ben Stiller. De Niro, dans les comédies, il a quelque chose de bien, en plus là, il fait une espèce de psychorigide absolu… Ah. Alors est-ce que ça dit quelque chose de l’époque ? Ça je n’en sais rien… Pour le coup, c’est bizarre, avec les comédies américaines on s’en fout un peu plus. C’est parce qu’on doit être épatés par les stars. Mais bonheur.</p>
<p><strong>PLAYTIME</strong> (Jacques Tati) :<br />
Alors. Tati. Je ne sais pas pourquoi, je ne suis pas très sensible au charme… Je vois plein de gens qui disent : il y a un charme, il y a un humour poétique… Est-ce que c’est parce que j’ai du mal –mais ça, c’est mon problème personnel- à mélanger poésie et humour ? Est-ce que c’est parce que ça parle d’une époque où j’avais deux ans et demi et donc ça ne me dit pas grand chose ? Il y a des choses qui me plaisent chez Tati, mais voilà, je ne suis pas un fan de Jacques Tati. Peut-être que ça viendra un jour. L’idéal, c’est d’arriver à élargir ses horizons le plus possible et toujours. Donc peut-être qu’un jour, ça me parlera plus. Peut-être que je les ai vu trop petit, que j’étais vraiment trop jeune pour comprendre de quoi ça parlait –et je ne les ai pas revu depuis.</p>
<p><em>Propos recueillis par Jenny Ulrich</em></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[[cinéphilie] : Fanny Ardant]]></title>
<link>http://cutlarevue.fr/2009/09/07/cinephilie-fanny-ardant/</link>
<pubDate>Mon, 07 Sep 2009 21:32:12 +0000</pubDate>
<dc:creator>jennyulrich</dc:creator>
<guid>http://cutlarevue.fr/2009/09/07/cinephilie-fanny-ardant/</guid>
<description><![CDATA[Fanny Ardant (réalisatrice) était à Strasbourg pour présenter son film, Cendres et sang (sortie le 9]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/09/fanny-ardant.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-3669" title="Fanny Ardant" src="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/09/fanny-ardant.jpg?w=438" alt="Fanny Ardant" width="438" height="328" /></a></p>
<p><strong>Fanny Ardant </strong>(réalisatrice) était à Strasbourg pour présenter son film, <strong>Cendres et sang</strong> (sortie le 9 septembre 2009). <strong>Cendres et sang</strong> commence par le meurtre d’un homme sous les yeux de ses enfants, dans un pays indéterminé. Dix ans plus tard à Marseille, les enfants –deux garçons et une fille-, brisant un tabou, insistent auprès de leur mère (Ronit Elkabetz) pour qu’elle les emmène sur leur terre natale afin d’assister au mariage d’une cousine. Mais là-bas, les coutumes –violentes, ultra codifiées-, n’ont rien à voir avec ce qu’ils connaissent. Le moindre faux-pas peut entraîner des conséquences désastreuses… On l’aura compris d’après ce court résumé : pour son premier long métrage en tant que réalisatrice, Fanny Ardant a le mérite de sortir des sentiers balisés par la grande majorité des productions françaises actuelles.<br />
Nous parlerons de <strong>Cendres et sang</strong> dans la prochaine émission de Cutlaradio (en ligne le 12 septembre), et si vous le souhaitez, vous pouvez en écouter <a href="http://www.cinema-star.com/star.php?id=22&#38;idm=1&#38;type=1&#38;rub=22#1070">l’entretien « minuté »</a> sur le site des cinémas Star.<br />
En attendant Fanny Ardant nous livre ses souvenirs et impressions des films suivants, de manière très vivante (ce n’est pas de la radio, dommage !).</p>
<p><strong>TRANSYLVANIA</strong> (Tony Gatlif) :<br />
J’aimais les bagues d’Asia (ndlr : Argento) ! J’ai aimé la musique, j’ai aimé cet acteur (ndlr : Birol Ünel) que j’avais vu dans <strong>Head on</strong>… J’ai une passion pour Tony Gatlif, j’ai vu tous ses films. C’est une sorte de pulsation qu’on n’explique pas avec la tête, mais qu’on explique avec le ventre et le cœur.</p>
<p><strong>1900</strong> (Bernardo Bertolucci) :<br />
Waou. Gérard (ndlr : Depardieu) dans le rôle d’Olmo… Et Robert De Niro. La violence absolue, là aussi. L’histoire du siècle, les fascistes Italiens. De grands acteurs, des panoramas magnifiques. C’est une grande œuvre. Et puis il y a un engagement politique : je me souviens de cette grande toile rouge avec ces femmes, avec ces chants révolutionnaires, communistes. Magnifique.</p>
<p><strong>TESS </strong>(Roman Polanski) :<br />
Alors : la « magic hour ». Je sais que Polanski a raconté que pour la scène où ils sont tous sur la lande, tous les jours ils ont tourné un quart d’heure, au moment où le soleil va disparaître derrière les collines, ce qui rend tout doré. Toute la journée, ils tournaient autre chose et puis tout d’un coup, tout le monde courrait sur la lande pour pouvoir récupérer cette lumière, pour cette scène qui durait longtemps. Et puis, bon : j’adore qu’on me raconte une histoire romanesque, avec des espoirs d’amour et désespoirs d’amour.</p>
<p><strong>LES SEPT JOURS</strong> (Ronit et Shlomi Elkabetz) :<br />
Ah. Je l’ai vu il n’y a pas longtemps. Grande force des dialogues et du huis clos. De tout ce qui se passe pendant les enterrements, qui seraient d’habitude des moments de deuil et de désespoir, eh bien non ! La vie est plus forte, elle s’engouffre : les histoires d’amour, les histoires d’argent, les histoires de famille, les vieilles querelles, les vieilles haines et puis la claque magistrale de la mère à la fin qui –waou. La mère qui remet tout en place. La beauté de Ronit (ndlr : Elkabetz). Et puis j’adore Israël, avec cette espèce de menace pendant la guerre contre l’Irak –celle de 1990, pas la dernière… Picturalement un très beau film.</p>
<p><strong>GOSSFORD PARK</strong> (Robert Altman) :<br />
Pas v… Ah si ! Le monde upstairs et downstairs… Je ne suis pas une fanatique d’Altman. Parce que je n’aime pas les groupes. J’aime les destins racontés, les êtres humains. Mais ça ne m’intéresse pas de prendre les gens dans leur position sociale ou leur métier… La critique sociale d’un être humain, je pense que c’est toujours réducteur. J’aime que les êtres soient définis par un caractère, par une folie, par un itinéraire. Après, qu’ils soient grands bourgeois ou qu’ils soient du monde des domestiques, ou des laboureurs ou des paysans : ça c’est une incidence. Je crois toujours que l’être humain est plus riche que ça.</p>
<p><em>Propos recueillis par Jenny Ulrich</em></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[[cinéphilies :] Cédric Kahn]]></title>
<link>http://cutlarevue.fr/2009/09/01/cinephilies-cedric-kahn/</link>
<pubDate>Tue, 01 Sep 2009 21:07:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>Romain</dc:creator>
<guid>http://cutlarevue.fr/2009/09/01/cinephilies-cedric-kahn/</guid>
<description><![CDATA[Cédric Kahn aime son métier. Les regrets (de Cédric Kahn, avec Yvan Attal, Valéria Bruni-Tedeschi, A]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><img class="alignnone size-full wp-image-3658" title="Kahn" src="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/09/kahn.jpg" alt="Kahn" width="434" height="289" /> <span style="color:#888888;">Cédric Kahn aime son métier.</span></p>
<p><strong>Les regrets</strong> (de Cédric Kahn, avec Yvan Attal, Valéria Bruni-Tedeschi, Arly Jover, Philippe Katerine, François Négret) sort en salles le mercredi 2 septembre et nous n’hésiterons pas à en parler dans la prochaine émission de Cutlaradio (en ligne le 12 septembre).<strong> Les regrets</strong> est un film brûlant sur un sujet qui n’a rien d’épatant ; la passion amoureuse, un sentiment guetté par tous, tout le temps, et qui effraie dès qu’il pointe le bout de son nez. Aimer au risque de se brûler les ailes : voilà une idée qui a inspiré bien des cinéastes, chanteurs, peintres… bons ou mauvais. Cédric Kahn signe ici un très beau film de cinéaste. Moins exalté que <strong>Feux rouges</strong> (son chef d&#8217;oeuvre), <strong>Les regrets</strong> n’en reste pas moins un film qui refuse l’amour avec le spectateur. Un film de passion, parfaitement lié à son sujet.</p>
<p>Cédric Kahn a accepté de se prêter au jeu de la cinéphilie, en livrant ses impressions et/ou souvenirs à propos des films suivants (choisis en écho aux <strong>Regrets</strong>).</p>
<p><strong>INLAND EMPIRE</strong> (David Lynch)</p>
<p>Je ne l’ai pas vu. Je vous avais prévenu : je suis un cinéphile moyen.</p>
<p><strong>DE BRUIT ET DE FUREUR</strong> (Jean-Claude Brisseau)</p>
<p>Ah j’adore. Vous me le proposez à cause de François Négret ? C’est LE film où j’ai remarqué François Négret, comme tout le monde. Depuis ce film-là j’ai envie de le faire tourner. Ça a pris du temps… Je n’ai pensé qu’à lui pour ce rôle, et il est super. Il n’est présent que dans une scène, mais je ne crois vraiment pas que ce soit la quantité qui importe pour un acteur, mais plutôt ce qu’il a à jouer. Il y a des acteurs qui sont tout le temps présents et ils ne se passent jamais rien, lui non. Pour moi il n’y a pas de petits rôles, il n’y a que des rôles principaux au sein d&#8217;une scène. Si l’acteur n’est pas l’enjeu de la scène, il devient juste un élément de décor.</p>
<p><strong>5 x 2</strong> (François Ozon)</p>
<p>Ce n’est pas du tout une histoire de passion mais de &#8220;conjugalerie&#8221;. La passion est à côté de la réalité, c’est une fuite du réel, une recherche d’absolu. <strong>5 x 2</strong> c’est davantage une histoire de &#8220;conjugalerie&#8221;, de délitement du couple. L’enfant qui arrive… Après, il y a une actrice en commun, Valéria Bruni, mais elle n’est pas du tout employée de la même façon. <strong>5 x 2</strong> n’est pas du tout mon film préféré d’Ozon, pour parler soft. C’est un cinéaste que j’aime bien, un type que j’adore, mais ce film-là ne m’a pas convaincu.</p>
<p><strong>FEUX ROUGES</strong> (Cédric Kahn)</p>
<p>Ca c’est de moi. Alors… Faut-il que je trouve le lien entre mes deux films ? La &#8220;conjugalerie&#8221; ? La route ? Mais y a la route dans tous mes films, d’ailleurs faudrait que j’arrête ! C’est un road movie <strong>Feux rouges</strong>, c’est vraiment un road movie mentale. Il y a la route réelle et le chemin terrible que parcourt ce couple pendant cette nuit de cauchemar. Dans <strong>Feux rouges</strong>, la route va d’un point A à un point Z. Dans <strong>Les regrets</strong>, le sujet c’est plutôt les allers-retours.</p>
<p><strong>DOUBLE MESSIEURS</strong> (Jean-François Stévenin)</p>
<p>Le même monteur, Yann Dedet ? Ben ouais, c’est mon partenaire de travail. Et plus encore c’est mon éducateur. J’ai été son stagiaire, puis son assistant, j’ai écrit pour lui, il est devenu mon monteur. Je le connais depuis que j’ai 18 ans et je travaille toujours avec lui. C’est vraiment la personne qui m’a le plus appris. Avec Yann, au début des <strong>Regrets</strong>, on s’est dit qu’on s’autorisait tout. Et notre cadre était l’histoire et l’émotion. Le raccord devait être émotionnel et narratif, en aucun cas technique.</p>
<p><strong>UN HOMME ET UNE FEMME</strong> (Claude Lelouch)</p>
<p>C’est plutôt un film d’amour que de passion. J’ai plus le souvenir d’une romance que d’un truc physique. Pour moi, il y a un film de passion par excellence, c’est <strong>La femme d’à côté</strong>. Mais il y a aussi <strong>Two lovers</strong>. La passion, c’est la rencontre de deux instabilités.</p>
<p><em>Propos recueillis par Romain Sublon</em></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[cinéphilie : Vladimir Perisic]]></title>
<link>http://cutlarevue.fr/2009/08/26/cinephilie-vladimir-perisic/</link>
<pubDate>Wed, 26 Aug 2009 06:38:10 +0000</pubDate>
<dc:creator>jennyulrich</dc:creator>
<guid>http://cutlarevue.fr/2009/08/26/cinephilie-vladimir-perisic/</guid>
<description><![CDATA[Vladimir Perisic (réalisateur) était à Strasbourg pour présenter Ordinary People (sortie le 26 août ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/08/vladimir-perisic-cut.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-3611" title="Vladimir Perisic Cut" src="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/08/vladimir-perisic-cut.jpg?w=438" alt="Vladimir Perisic Cut" width="438" height="328" /></a></p>
<p>Vladimir Perisic (réalisateur) était à Strasbourg pour présenter <strong>Ordinary People</strong> (sortie le 26 août 2009). Dans ce film court, aux partis pris radicaux, nous suivons quelques soldats, êtres humains ordinaires, qui au sein de leur abrutissante routine journalière se retrouvent à obéir passivement à des ordres qui nécessiteraient pourtant d’être fortement remis en question.<br />
Nous parlerons de <strong>Ordinary People</strong> dans la prochaine émission de Cut la radio (en ligne ce samedi 29 août) et si vous le souhaitez, vous pouvez en écouter <a href="http://www.cinema-star.com/star.php?id=22&#38;idm=1&#38;type=1&#38;rub=22#1070">l’entretien « minuté »</a> sur le site des cinémas Star.<br />
En attendant Vladimir Perisic nous livre ses souvenirs et impressions des films suivants.</p>
<p><strong>LE SANG DES BÊTES</strong> (Georges Franju) :<br />
« Je te frapperai, comme un bourreau, sans haine et sans passion »… Je paraphrase le vers de Baudelaire que le film cite à la fin&#8230; C’est un film auquel j’ai beaucoup pensé en travaillant sur <strong>Ordinary People</strong>.</p>
<p><strong>BLUE VELVET</strong> (David Lynch) :<br />
Je l’ai vu il y a très longtemps. C’est un des premiers Lynch que j’ai vu. J’aime beaucoup Lynch. Celui-là m’est resté de façon très obscure. Je me rappelle d’une scène où un homme est caché dans une armoire et il y a un jeu de voix qui est très angoissant, je crois… Mais c’est tout ce qui me reste. Je ne l’ai pas revu pour comprendre ce qui m’avait travaillé dans cette image.</p>
<p><strong>NOTRE MUSIQUE</strong> (Jean-Luc Godard) :<br />
Ce que j’aime beaucoup dans ce film, c’est qu’il finit sur ce paradis artificiel gardé par des soldats Américains. Quand je l’ai vu, je n’avais pas réalisé à quel point c’était juste. Godard l’a vu avant nous, qu’on vit dans un paradis artificiel sous surveillance de l’armée américaine.</p>
<p><strong>SALO OU LES 120 JOURNEES DE SODOME</strong> (Pier Paolo Pasolini) :<br />
C’est un autre film auquel j’ai beaucoup pensé en faisant <strong>Ordinary People</strong>. Je l’ai vu à 17 ans, il m’avait énormément troublé. Je pense que c’était une des grandes expériences de ce que peut le cinéma. La part de liberté, de révolte. L’expérience de l’extrême. L’épreuve à laquelle un film peut nous soumettre, ce qui n’est pas souvent le cas au cinéma -c’est quelque chose que je trouve plus souvent dans la littérature. J’aime beaucoup ce film.</p>
<p><em>Propos recueillis par Jenny Ulrich</em></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[cinéphilie : Catherine Corsini]]></title>
<link>http://cutlarevue.fr/2009/08/10/cinephilie-catherine-corsini/</link>
<pubDate>Mon, 10 Aug 2009 22:13:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>jennyulrich</dc:creator>
<guid>http://cutlarevue.fr/2009/08/10/cinephilie-catherine-corsini/</guid>
<description><![CDATA[Catherine Corsini (réalisatrice) était à Strasbourg pour présenter son film Partir (sortie le 12 aoû]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/08/catherine-corsini.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-3556" title="Catherine Corsini" src="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/08/catherine-corsini.jpg?w=438" alt="Catherine Corsini" width="438" height="584" /></a></p>
<p><strong>Catherine Corsini</strong> (réalisatrice) était à Strasbourg pour présenter son film <strong>Partir</strong> (sortie le 12 août 2009), soit l’histoire d’une femme au foyer prête à reprendre son emploi de kiné (Kristin Scott-Thomas), de son mari médecin (Yvan Attal) et de son futur amant ouvrier (Sergi Lopez) rencontré à l’occasion des travaux d’installation du cabinet de kiné dans la maison conjugale… Mais précision utile, cette histoire, à priori banale, est un flash-back et le film s’ouvre sur un coup de feu au milieu de la nuit (une référence à <strong>La femme d’à côté</strong> renforcée par l’utilisation d’une partie de la musique du film de Truffaut). <strong>Partir</strong> vaut avant tout pour sa mise en scène et son casting, même si les rôles dévolus à Kristin Scott-Thomas et Sergi Lopez sentent un peu le réchauffé à ce stade de leur carrière. On en retiendra donc essentiellement Yvan Attal, qui impressionne par sa capacité à se montrer tour à tour indifférent, orgueilleux, pathétique, effrayant…<br />
Ceux qui le souhaitent peuvent écouter l’entretien minuté de <strong>Partir </strong>sur le site des <a href="http://www.cinema-star.com/star.php?id=22&#38;idm=1&#38;type=1&#38;rub=22#733">cinémas Star </a> et en attendant Catherine Corsini nous livre ses souvenirs et impressions des films suivants.</p>
<p><strong>LA FEMME D’A CÔTE</strong> (François Truffaut) :<br />
C’est évidemment un de mes films fétiches. J’ai la musique, toujours, dans ma tête, j’ai les sirènes des pompiers au début qui annoncent le drame, j’ai l’évanouissement de Fanny Ardant, j’ai des coups de téléphone raccrochés, j’ai… Les chansons d’amour disent des vérités, on a l’impression que c’est des choses idiotes, et en fait ça dit des choses extrêmement fortes et touchantes. J’ai cette chambre d’hôtel, j’ai… Voilà, c’est un film que j’ai dû voir une quinzaine de fois : je l’ai vu quand j’étais plus jeune que les acteurs, quand j’avais leur âge, quand j’étais plus âgée, et c’est un film qui à chaque fois me fait monter les larmes aux yeux.</p>
<p><strong>L’ENFER (</strong>Claude Chabrol) :<br />
Ah c’est un film que j’aime beaucoup. Je le trouve extrêmement jouissif, extrêmement pervers et puis Cluzet est formidable. Il y a quelque chose, il y a une folie : c’est ce qu’on aime chez Chabrol, quand il est comme ça… Il y a une satisfaction, un plaisir, de la jouissance… Et puis il y a tout ce truc de paranoïa qui monte qui est délirant. J’ai pensé aussi, évidemment, à ce personnage pour <strong>Partir</strong> : le personnage de Cluzet, ce jaloux compulsif, ce dingue.</p>
<p><strong>INTIMITE</strong> (Patrice Chéreau) :<br />
C’est un des films de Chéreau que j’aime bien. J’aime beaucoup les acteurs, j’aime la crudité et les rapports sexuels, comment ils sont montrés. C’est quelque chose où, tout d’un coup, je ne sais pas, est-ce parce qu’il tourne avec des acteurs qui lui sont étrangers : tout d’un coup il y a quelque chose qui se libère dans ce film… Et en même temps, il y a une manière de voir l’hétérosexualité comme quelque chose d’un peu… maladif ? Je ne sais pas, mais oui, je trouve que c’est un film très réussi.</p>
<p><strong>L’AMANT DE LADY CHATTERLEY</strong> (Pascale Ferran) :<br />
C’est la découverte de Marina Hands. C’est cette gravité. C’est ce roman que j’ai lu presque en cachette, quand j’avais 13 ou 15 ans, quelque chose comme ça… Enfin, ma grand-mère me l’avait donné, je crois, mais je me disais qu’elle avait dû se tromper, je sentais qu’il y avait quelque chose qui n’était pas pour moi… C’est de redécouvrir à travers le film toutes ces sensations que j’avais -inconnues, nouvelles. Je crois que c’est un des premiers livres érotiques que j’ai lu et qui m’a fait complètement fantasmer sur cet homme, justement.</p>
<p><strong>WANDA</strong> (Barbara Loden) :<br />
Ah mais c’est un de mes films cultes. J’ai donné la cassette à Emmanuelle Béart. Je me souviens très bien. J’avais lu l’article de Margueritte Duras dans les Cahiers du Cinéma, dans les années 83, 84 je crois, parlant de ce film. Et dans les Cahiers du cinéma, il y avait une grande photo de l’héroïne, donc de Barbara Loden, et ça m’avait tellement intriguée, j’avais tout fait pour voir ce film. Et j’avais été complètement bouleversée. C’est génial. En même temps c’est un polar… Je trouve que la scène où il lui demande d’aller chercher un hamburger et puis qu’elle revient, et puis qu’elle n’a pas fait exactement ce qu’il veut, parce qu’il n’y a pas les oignons (ou parce qu’il y a les oignons, je  ne sais plus), et qu’il le lui jette à la gueule… Enfin il y a des scènes qui sont… Je me souviens d’à un moment avoir faillit écrire un scénario avec Pierre Schoeller, il y a très longtemps : il y avait des scènes où on s’était inspirés de cette relation entre cet homme et cette femme, cette relation de dépendance et en même temps d’amour, et cette femme qui est livrée un peu à elle-même… C’est un film magnifique.</p>
<p><strong>L’IMPORTANT C’EST D’AIMER</strong> (Adrzej Zulawski) :<br />
Je me souviens de la salle où je l’ai vu, c’était au cinéma Ranelagh. Je me souviens qu’il y a des choses que je trouvais… J’avais du mal avec ce cinéma, je trouvais que c’était un peu… C’est drôle, à l’époque je trouvais que c’était un peu du cinéma dominant : ces acteurs connus, ces fantasmes. Il y avait des choses que je trouvais réussies, d’autres pas… C’est bizarre… Je n’y étais pas très sensible… Il y avait cette grande maison… Je l’ai vu, j’étais vraiment jeune et donc ces préoccupations, pour moi, c’était des préoccupations de, je ne sais pas, de gens chics… Il y a quelque chose qui me déplaisait et quelque chose que je trouvais très attirant et très fort, qui était évidemment du côté de Romy Schneider, dans son interprétation, son jeu, dans cette perdition. Et je crois que c’est en revoyant le film à la télévision, mais vraiment très très longtemps plus tard, que je l’ai vraiment apprécié. C’est bizarre d’ailleurs comment les films vieillissent, comment ils vous apparaissent à un moment, puis à un autre, comment on les refuse, comment on les aime, comment des fois, après, on est déçu par des choses qu’on a extrêmement aimées… -C’est ça que j’aime avec Truffaut, c’est que ses films, je ne sais pas pourquoi, je trouve qu’ils ne vieillissent pas, je les revois toujours avec autant de plaisir. Et sur <strong>L’important c’est d’aimer</strong>, c’est l’inverse : c’est un film que j’avais trouvé un tout petit peu mode ou cliché, un peu trop étrange pour être étrange… Quand je l’ai découvert j’ai trouvé que la forme était plus forte que le fond et ça m’a gêné, alors qu’en le revoyant, le fond m’est apparu. J’étais peut-être trop jeune pour le découvrir à l’époque. C’est un film vachement émouvant.<br />
<em><br />
Propos recueillis par Jenny Ulrich</em></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[cinéphilie : Héléna Cotinier et Claude Miller]]></title>
<link>http://cutlarevue.fr/2009/08/05/cinephilie-helena-cotinier-et-claude-miller/</link>
<pubDate>Wed, 05 Aug 2009 13:37:06 +0000</pubDate>
<dc:creator>jennyulrich</dc:creator>
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<description><![CDATA[Héléna Cotinier et Claude Miller (co-réalisateurs avec Pierre-Nicolas Durand) étaient à Strasbourg p]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/08/helena-cotinier-et-claude-miller.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-3552" title="Héléna Cotinier et Claude Miller" src="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/08/helena-cotinier-et-claude-miller.jpg?w=438" alt="Héléna Cotinier et Claude Miller" width="438" height="328" /></a></p>
<p><strong>Héléna Cotinier</strong> et <strong>Claude Miller</strong> (co-réalisateurs avec Pierre-Nicolas Durand) étaient à Strasbourg pour présenter leur film documentaire <strong>Marching band</strong> (sortie le 5 août 2009). Tourné pendant les trois derniers mois de la récente campagne présidentielle Américaine, le film suit les membres de deux fanfares universitaires (marching band en VO) appartenant à deux écoles emblématiques de Virginie : l’une est une université mixte d’excellente réputation, l’autre une université historiquement afro-américaine. La possibilité d’élire un premier président Noir est assez logiquement au cœur des discussions. Les deux fanfares sont présentées progressivement, on se familiarise avec plusieurs personnages, on baigne dans cette campagne présidentielle déjà passée, bref ça a un petit côté so what ? On se dit que ce sera plus intéressant à voir dans 20 ans comme document historique, mais qu’à « chaud » (tiède, disons, puisque ça y est, on sait que Barack Obama a été élu), bof. Et puis finalement plus on s’approche des individus, plus on capte ce qui est en jeu pour eux et plus on se prend d’intérêt pour ce film qui, en outre, a l’intelligence de ne pas traiter artificiellement les deux orchestres de la même manière : chacun de ces marching band a ses spécificités propres, elles sont prises en compte. Bref, bonne surprise, y compris au niveau musical.</p>
<p>En deux minutes, Héléna Cotinier et Claude Miller  réagissent aux films suivants, proposés en rapport ou en opposition au leur.</p>
<p><strong>BLACK PANTHERS</strong> (Agnès Varda) :<br />
<span style="color:#ff0000;">Claude Miller :</span> Je l’ai vu il n’y a pas longtemps sur un DVD magnifique qui s’appelle <em>Varda tous court</em>s, je crois. Je ne l’avais pas vu. C’est un des grands films post-68 disons. C’est un très beau documentaire. Alors, évidemment il y a un rapport avec <strong>Marching band</strong>, mais ce rapport peut laisser penser que l’époque a changé sur le plan de l’afro-américanité, parce que c’était encore l’époque extrêmement militante, avec des revendications quasiment terroristes.<br />
<span style="color:#ff0000;">Héléna Cotinier : </span>Je ne l’ai pas vu, malheureusement.</p>
<p><strong>BORAT </strong>(Larry Charles) :<br />
<span style="color:#ff0000;">Héléna Cotinier :</span> Pas vu !<br />
<span style="color:#ff0000;">Claude Miller :</span> <strong>Borat </strong>est un faux documentaire… Vous l’avez peut-être rapproché du nôtre, mais le nôtre c’est un VRAI documentaire ! Rien n’est mis en scène, tout est spontané. Mais <strong>Borat</strong>, c’est très drôle, formidable.</p>
<p><strong>MARTIN SCORSESE PRESENTS… THE BLUES</strong> (série dirigée par Martin Scorsese) :<br />
<span style="color:#ff0000;">Héléna Cotinier : </span>J’en ai vu plein au moment où on préparait Marching band, parce qu’on savait que le thème de l’afro-américanité allait être très présent. C’est donc vraiment dans ce but-là que j’ai vu ces films, pour essayer de comprendre ce poids historique, cette revendication identitaire qui nous attendait.<br />
<span style="color:#ff0000;">Claude Miller : </span>Moi je les connais mal, mais par contre, celui que j’ai vu depuis, c’est le film sur les Stones, <strong>Shine a light</strong> (NDLR : réalisé par Martin Scorsese), que je trouve d’une beauté et d’une force extraordinaires. Il a une façon de filmer la musique qui m’impressionne énormément.</p>
<p><strong>1974, UNE PARTIE DE CAMPAGNE</strong> (Raymond Depardon) :<br />
<span style="color:#ff0000;">Claude Miller :</span> Ah oui. Ça, je l’ai vu aussi récemment. C’est sur la campagne de Giscard, c’est un film exemplaire, là-aussi de filmage à chaud, de l’événement en train de se faire.<br />
<span style="color:#ff0000;">Héléna Cotinier :</span> Oui, c’est vraiment le cinéma direct là. C’est un cinéma que je trouve différent de ce que nous, on a fait. Complètement. J’aime beaucoup Depardon, j’ai vu beaucoup de ses films et celui-là est très très bon. Il s’éloigne du notre, quand même.<br />
<span style="color:#ff0000;">Claude Miller :</span> Oui, sauf qu’en même temps, il était dans le même bain que nous, puisqu’il était en train de faire un film dont il ne connaissait pas le résultat.</p>
<p><em>Propos recueillis par Jenny Ulrich</em></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[[cinéphilies :] Popeck et Micha Wald]]></title>
<link>http://cutlarevue.fr/2009/07/29/cinephilies-popeck-et-micha-wald/</link>
<pubDate>Wed, 29 Jul 2009 15:01:44 +0000</pubDate>
<dc:creator>Romain</dc:creator>
<guid>http://cutlarevue.fr/2009/07/29/cinephilies-popeck-et-micha-wald/</guid>
<description><![CDATA[Popeck en caleçon molletonné. Simon Konianski (au cinéma le 29 juillet) est un film aimable parce qu]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:justify;"><img class="alignnone size-full wp-image-3522" title="Popeck" src="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/07/popeck.jpg" alt="Popeck" width="434" height="289" /> <span style="color:#808080;">P</span><span style="color:#808080;">opeck en caleçon molletonné.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Simon Konianski</strong> (au cinéma le 29 juillet) est un film aimable parce qu’il ose ne pas se prendre au sérieux.  Que ce soit le sujet (la mort – dans tout ce qu’elle peut englober), la mise en scène, le scénario ou les acteurs, tout est un peu brinquebalant. Mais rien n&#8217;évoque la désinvolture. Le film existe avec et par ses défauts, qui sont nombreux et mettent en lumière les qualités.</p>
<p style="text-align:justify;">Popeck (Popeck! The Popeck, les caleçons molletonnés, Chez Maxime etc.) et Micha Wald (le réalisateur) se sont prêtés au jeu de la cinéphilie en nous livrant leurs souvenirs et/ou impressions sur les films suivants.</p>
<p><strong>E.T</strong> (Steven Spileberg)<br />
<span style="color:#ff0000;">Micha Wald :</span> Je n’ai plus aucun souvenir d’<strong>E.T</strong> Du tout ! La séquence dans mon film, dans le cimetière, c’est une blague du gamin qui voyait Popeck et Jonathan Zaccaï faire des pitreries et qui voulait les imiter. C’est comme ça qu’il parle d’<strong>E.T </strong>dans cette scène. Moi, <strong>E.T</strong>, je ne m’en souviens pas. Et Spielberg, je ne sais pas trop quoi en penser non plus.<br />
<span style="color:#ff0000;">Popeck :</span> Parler d’<strong>E.T</strong>… Pour moi, tout se termine par une histoire juive, tragi-comique. C’est à dire pendant le grand antisémitisme, on cherche sur une mappemonde dans quel pays on pourrait échapper à l’antisémitisme… Et puis finalement, on demande s’il n’y aurait pas une autre planète.<br />
<span style="color:#ff0000;">M.W : </span>D’ailleurs la question du gamin est très bonne. <strong>E.T</strong> est-il juif ? Son créateur l’est mais lui ?</p>
<p><strong>LITTLE MISS SUNSHINE</strong> (Jonathan Dayton)<br />
<span style="color:#ff0000;">P. :</span> Hein, qu’est c’que c’est ? Bon, si ça se vend bien, je vais voir ce que je peux faire.<br />
<span style="color:#ff0000;">M.W : </span>C’est clair que <strong>Little miss Sunshine</strong> a plutôt été l’argument de vente implacable pour les producteurs de mon film. Dans la grande lignée de <strong>Little miss sunshine</strong>, une &#8220;feel good comedy&#8221; etc. J’ai vu le film, que j’ai bien apprécié, mais ce n’est pas un film qui m’a accompagné pendant l’écriture ou le tournage. Ca m’a plutôt parasité car tout est tellement bien ficelé, tout fonctionne, et du coup j’avais peur de ne pas être à la hauteur.</p>
<p><strong>LES AVENTURES DE RABBI JACOB</strong> (Gérard Oury)<br />
<span style="color:#ff0000;">P. :</span> <strong>Les aventures de Rabbi Jacob</strong>… Moi j’étais aveuglé par l’admiration que j’avais pour Louis de Funès. Et il le savait bien. Il exigeait que je sois toujours près de lui. Si je fais un parallèle avec <strong>Simon Konianski</strong> : j’ai été engagé car je n’étais pas dans la caricature. Et pour Gérard Oury, c’était pareil, il trouvait qu’il y avait une grande sincérité dans mon accent. <strong>Rabbi Jacob</strong> c’est un film que je regarde avec beaucoup d’émotion. Il y avait, comme dans le film, une vraie famille. Moi, à l’époque de <strong>Rabbi Jacob</strong>, je ne voulais pas m’enfermer dans un ghetto. J’étais un grand comédien dramatique vous savez ! J’ai joué Bertolt Brech, Dostoïevski… Mais vous savez, le dramatique ça eut payé, mais ça paye plus. Et le comique m’a permis d’avoir une bonne situation. Vous savez, au cinéma, les gens veulent se distraire. Le cinéma doit être une distraction. Ca doit être un art populaire. Et contrairement à ce qu’on peut dire, on peut critiquer <strong>Rabbi Jacob</strong>, mais il y a là un acteur qui se trempe dans la pâte, qui prend des cours de danse etc. Moi, j’ai pris exemple sur des acteurs comme ça. J’aurais beaucoup aimé tourner avec Michel Simon, Blier. Moi je suis un exécutant, je me plie au service du film. Et j’essaye de ne pas tomber dans la caricature.  C’est la difficulté de certains comiques qui n’ont pas su gérer leur passage au cinéma et qui sont devenus la caricature d’eux même. L’erreur d’un Fernand Raynaud est par exemple d’avoir continué à faire du Fernand Raynaud au cinéma.<br />
<span style="color:#ff0000;">M.W : </span>C’est un film que j’ai vu comme tout le monde enfant. Et puis, je l’ai revu un an avant le tournage de mon film et j’ai été très frappé par les gags visuels, par le burlesque.<br />
<span style="color:#ff0000;">P. :</span> Dans les films à gros budget comme ça, on peut se permettre de prendre les meilleurs à chaque poste. Je pense que <strong>Simon Konianski</strong> peut avoir la carrière d’un <strong>Cousin, Cousine</strong>.<br />
<span style="color:#ff0000;">M.W : </span><strong>Cousin, Cousine</strong> c’est combien ? 3 millions d’entrées ?<br />
<span style="color:#ff0000;">P. :</span> Oui mais c’est possible.<br />
<span style="color:#ff0000;">M.W : </span>C’est une autre époque !<br />
<span style="color:#ff0000;">P. : </span>Pourquoi celui là ne cartonnerait pas pareil ?<br />
<span style="color:#ff0000;">M.W : </span>C’est une autre époque… Il y a plus de films aujourd’hui.</p>
<p><strong>NUIT ET BROUILLARD</strong> (Alain Resnais)<br />
<span style="color:#ff0000;">P. :</span> C’est magnifique ce film…<br />
<span style="color:#ff0000;">M.W : </span>J’ai vu <strong>Nuit et Brouillard</strong> à 14 ans, lors d’un séminaire sur la Shoah. En même temps, j’ai aussi vu <strong>Shoah</strong>, <strong>Holocauste</strong>, c’était assez traumatisant pour mon âge ! Mais après <strong>Nuit et Brouillard</strong>, on ne peut plus rien faire, rien tourner. Ce film m’a donnné un problème de légitimité pour mon film, pour traiter ce sujet comme je voulais le faire. J’ai aussi résolu ce problème en me disant que c’est toujours mieux d’en parler que de ne pas en parler. Et j’ai voulu le faire à ma façon, comme je le ressentais.<br />
<span style="color:#ff0000;">P. : </span>Je l’ai vu à une époque où je me rapprochais de l’Histoire.</p>
<p><strong>FAUT QU’ÇA DANSE</strong> (Noémie Lvovsky)<br />
<span style="color:#ff0000;">P. :</span> Pas vu.<br />
<span style="color:#ff0000;">M.W :</span> J’aime bien ce film, et j’aime bien Noémie Lvovsky. Quand j’ai vu le film, j’étais content. Je me suis senti proche. Elle a osé des choses qui m’ont rassuré. Je sais qu’elle a beaucoup soutenu mon film lors de la commission au CNC (Centre National Cinématographique). Je m’attendais à ce que vous me proposiez aussi un film de Wes Anderson dans votre liste ! <strong>La famille Tenenbaum</strong> par exemple.</p>
<p><em>Recueillis par Romain Sublon</em></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[[cinéphilies :] Alain Guiraudie]]></title>
<link>http://cutlarevue.fr/2009/07/13/cinephilies-alain-guiraudie/</link>
<pubDate>Mon, 13 Jul 2009 12:18:10 +0000</pubDate>
<dc:creator>Romain</dc:creator>
<guid>http://cutlarevue.fr/2009/07/13/cinephilies-alain-guiraudie/</guid>
<description><![CDATA[Alain Guiraudie a-t-il acheté des fruits ou des légumes ? Le roi de l’évasion (au cinéma le 15 juill]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><div id="attachment_3430" class="wp-caption aligncenter" style="width: 444px"><img class="size-full wp-image-3430 " title="Guiraudie ok" src="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/07/guiraudie-ok.jpg" alt="Guiraudie ok" width="434" height="289" /><p class="wp-caption-text">Alain Guiraudie a-t-il acheté des fruits ou des légumes ?</p></div>
<p><strong>Le roi de l’évasion </strong>(au cinéma le 15 juillet) est le titre le plus classique jamais donné par Alain Guiraudie à l’un de ses films. Mais il ne faut pas s’y tromper, <strong>Le roi de l’évasion</strong> est bel et bien un film signé Guiraudie. Au cœur de cette nouvelle histoire, aux contours tristes d’un conte enchanté, une idée qui sonne comme un slogan : changer de peau pour mieux connaître son corps. C’est drôle, vif, follement sexuel et touchant. Le plus beau dernier plan de ce siècle ? Assurément.<br />
Alain Guiraudie s’est prêté au jeu de la cinéphilie en nous livrant ses souvenirs et/ou impressions sur les films suivants. Attention, <em>explicit lyrics</em> : ça envoie du bois.</p>
<h3><strong>LES AVENTURES DE BILLY THE KID</strong></h3>
<p><em>Luc Moullet</em></p>
<p>Oh la la, <strong>Billy the kid</strong>, j’ai vu ça y a un paquet de temps. C’est bien le film avec Jean-Pierre Léaud. <em>(Silence)</em> Alors… Le souvenir que j’ai, c’est Léaud poursuivi par des indiens, enfin une histoire de chasse à l’indien dont Luc Moullet avait parlé à propos de <strong>Du soleil pour les gueux</strong> <em>(le premier long métrage de Guiraudie, ndlr)</em> : on ne reste pas trop loin de son poursuivant mais on ne l’attaque jamais ce qui devient très pénible pour le poursuivi qui finit par lâcher l’affaire. Et puis, je m’étais demandé où il avait bien pu trouver ces paysages en France… Après, c’est vraiment pas mon film préféré de Luc Moullet. J’ai souvenir d’un truc assez faible. Voilà, c’est vraiment les paysages. Et puis Jean-Pierre Léaud est loin d’être mon comédien préféré, faut dire. Il me semble qu’il y a d’habitude un humour plus fort chez Luc Moullet. Je me suis un peu ennuyé. Ce film m’est un peu passé au-dessus de la tête.</p>
<h3><strong>BATALLA EN EL CIELO</strong></h3>
<p><em>Carlos Reygadas</em></p>
<p>Ouais, ok… Alors ça, je déteste. Reygadas, pour moi, c’est… Enfin, je n’ai vu que ce film de lui. Mais il me paraît être la grande fumisterie de ce siècle. Et pourtant je me suis fait avoir, le mercredi de sa sortie j’étais au cinéma dès 14h. Je pense aussi, et ça je l’avoue humblement, que j’y étais aussi parce qu’il y avait la réputation de cette scène de fellation de la fille à un gros bonhomme. <strong>Batalla en el cielo</strong> est un film long comme un jour sans pain. Et puis j’ai dû lire le synopsis après le film, pour comprendre  qu’ils avaient perdu leur enfant et qu’ils en cherchaient un autre. On est dans un voyeurisme, une pornographie esthétisante… Tout ce film me paraît ostentatoire, assez vulgaire, même moche. C’est de la communication. Pour moi, c’est vraiment de la fumisterie Carlos Reygadas. Enfin, je parle pour ce film, mais je pense que ces autres films sont un peu de ce goût-là. Je suis très hermétique à ça.</p>
<h3><strong>LA GRAINE ET LE MULET</strong></h3>
<p><em>Abdellatif Kechiche</em></p>
<p>Ah, <strong>La graine et le mulet</strong>. <em>(Silence)</em> Je ne suis pas allé jusqu’au bout, je me suis arrêté au bout de deux heures. J’ai tenu parce qu’il y avait Hafsia Herzi qui était un peu mon rayon de soleil dans ce film. Déjà le filmage, le découpage, le montage m’ont très vite déplu et ennuyé. Tout m’a paru à côté de la plaque par rapport à ce que ça raconte. Je n’ai pas vu l’adéquation fond-forme. Et puis j’y sens une pointe de bon vieux racisme anti-français, de gauche. Les Français sont une bande de notables abrutis, une jeune femme hystérique et puis Bruno Lochet qui est un autre abruti. Ce racisme anti-français qui est bien de gauche et ça je déteste. Il y a dans ce film une grossièreté, une vulgarité et une impudeur qui me gênent vraiment beaucoup. Je devrais peut-être aller jusqu’au bout du film. Au moins pour voir la danse du ventre qui doit être aussi d’une obscénité assez ravageuse. Et bon, en même temps, j’avais beaucoup aimé <strong>L’esquive</strong>. Donc là, je sus tombé de haut. Mais il y a Hafsia Herzi, et elle est la grande découverte de ce film.</p>
<h3><strong>LA VIE DE JÉSUS</strong></h3>
<p><em>Bruno Dumont</em></p>
<p>Curieusement, Bruno Dumont est un cinéaste que je considère comme un des plus intéressants en France. Son approche de ce monde, de cette jeunesse, est fascinante. Il va, il ose, il va chercher ce qu’il y a à chercher. Il ne ménage pas ses personnages, il est assez âpre. <strong>La vie de Jésus</strong> et <strong>Flandres</strong> sont deux de ses films qui m’ont vraiment beaucoup plu. Bon, y a toujours ce côté un peu pénible chez Dumont : l’homme livré à ses pulsions, l’homme n’est que pulsions. Mais quand même quoi, merde, l’homme c’est aussi un être de désir. J’ai un peu de mal à le suivre sur ce terrain et sur celui des ploucs touchés par la grâce. Les gorets dans leur boue qui sont touchés par la grâce. Qu’est ce que ce mysticisme vient foutre là ? Les virages mystiques chez Dumont, ça me gonfle un peu. Il y a ça dans <strong>L’humanité</strong> d’ailleurs. Les Dardenne ont eu ça aussi, surtout avec <strong>Rosetta</strong>. Il y a une intensité dans le cinéma de Dumont dont je suis très admiratif… Un cinéma rigoureux. Mais qui conduit quelque part qui ne me plait pas. J’ai l’impression que c’est un cinéaste de droite. Pas sarkozyste, mais de droite.</p>
<h3><strong>NETTOYAGE A SEC</strong></h3>
<p><em>Anne Fontaine</em></p>
<p>C’est un film sans intérêt. Y a eu une petite promo autour de ça… C’est très faible, j’ai été un peu déçu, en plus j’aime beaucoup Stanislas Merhar. Le dispositif que met en place Anne Fontaine, de petits couples provinciaux un peu coincés. Ouais bon, c’est du téléfilm amélioré. C’est une chronique familiale tranquille dans laquelle on met un petit grain de sel. Et puis, la dernière scène est d’une vulgarité totale, quand il l’encule sur la machine à laver. Bon ben voilà. Et puis aussi le souvenir d’un film très moche. Et qui se moque un peu des petites gens. Grosso modo, un peu tout ce que je déteste dans le cinéma français.</p>
<h3><strong>LA CAGE AUX FOLLES</strong></h3>
<p><em>Édouard Molinaro</em></p>
<p><em>(surpris) </em>C’est marrant ! Ah ouais, <strong>La cage aux folles</strong>. Y a plein de trucs qui m’ont fait marrer dans ce film, je me sus bien poilé. On est en plein dans la représentation hétéro de l’homosexuel. C’est un cliché ce que je dis. On est tellement dans la drag queen, dans le grotesque, dans le cliché d’une vision parisienne de l’homosexualité ; festive et avec des plumes. Je l’ai pris comme un truc qui fait marrer et ça m’a bien fait marrer. Ce n’est pas la peine que je parle d’homophobie… Le trait est tellement gros. Finalement, c’est pas mal foutue cette affaire. Y a une certaine tendresse pour les personnages. Je n’ai pas souvenir d’un regard méchant ou ironique. C’est un lointain souvenir quand même. A l’époque, on restait quand même critique par rapport à ce genre de films : homo à la campagne, pour moi, l’homosexualité n’a jamais vraiment été liée à la féminité. Pour moi, c’est un truc viril. La représentation que donne les medias de la gay pride en montrant les images des drags queens sur les chars. Pour moi, l’homosexualité ce n’est pas une envie d’être femme. Y a une partie du film qui m’a énervé, mais plutôt en tant qu’homosexuel qui défend certaines choses. Mais je n’ai pas l’impression que ce film prête le flanc à des rires malsains. C’est le premier film sur l&#8217;homosexualité, avec un tel écho.</p>
<p><em>Recueillis par Romain Sublon</em></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[[cinéphilie :] Marc Dondey]]></title>
<link>http://cutlarevue.fr/2009/07/03/cinephilie-marc-dondey/</link>
<pubDate>Fri, 03 Jul 2009 07:01:46 +0000</pubDate>
<dc:creator>jennyulrich</dc:creator>
<guid>http://cutlarevue.fr/2009/07/03/cinephilie-marc-dondey/</guid>
<description><![CDATA[Marc Dondey est l’auteur du livre TATI paru aux éditions Ramsay. La première édition de ce travail d]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:center;"><a href="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/07/marc-dondey.jpg"><img class="size-full wp-image-3369 aligncenter" title="Marc Dondey" src="http://cutleblog.wordpress.com/files/2009/07/marc-dondey.jpg" alt="Marc Dondey" width="240" height="320" /></a></p>
<p><strong>Marc Dondey </strong>est l’auteur du livre TATI paru aux éditions Ramsay. La première édition de ce travail de fond sur la constitution de l’univers créatif de Jacques Tati date de 1989, mais l’ouvrage restant d’actualité, il a été retiré en 2002 et à nouveau en 2009, enrichi de plusieurs documents photographiques évocateurs.</p>
<p>La réédition de TATI, la ressortie en salle de <strong>Les vacances de Monsieur Hulot</strong> (depuis le 1<sup>er</sup> juillet au cinéma Star à Strasbourg) étaient deux bonnes occasions de proposer à Marc Dondey de se plier à l’exercice de la cinéphilie.</p>
<h3><strong>LES VACANCES DE MONSIEUR HULOT</strong></h3>
<p><strong><span style="font-weight:normal;"><em>Jacques Tati</em></span></strong></p>
<p>C’est un film plein de grâce. C’est banal de le dire : plein de légèreté, plein d’humour. Avec ce personnage qui fonctionne comme un révélateur, avec ce système de vacances obligées. Il y a cette dimension vraiment physique qui court sur toute la durée du film, que l’on retrouve dans la bande son, mais aussi dans le montage : c’est le rythme du flux et du reflux, le rythme de la marée avec lequel Tati est en connexion. À travers la musique, à travers les éléments du récit, on passe son temps à s’éloigner de et à revenir vers la mer, on est toujours dans le même rythme. Il y a le noir et blanc, qui est un choix. Ce n’était pas un choix dans le premier film de Tati, <strong>Jour de fête</strong>, là, c’est un choix. Il y a cette silhouette qu’on découvre pour la première fois avec le galurin, la veste en tweed, les baskets, cette démarche élastique et ça, c’est une chose, une fois qu’elle est dessinée, ça y est, elle est posée pour des dizaines et des dizaines d’années. Il faut savoir que Tati a mis des dizaines d’années pour dessiner cette silhouette, c’est le résultat d’un travail d’élaboration très très long. C’est passé par le filtre de ses vingt années d’activité au music’hall, il y a créé une silhouette. Donc il y a ça et puis… Voilà : des moments juste formidables. Des images qui ne sont absolument pas des gags, qui sont juste des moments de poésie pure… Le moment où on a la guimauve qui fond et où le marchand de glaces essaye de la rattraper : on est dans ce système de la chute qui est constamment différée. Il y a une sorte d’angoisse qui est recyclée et différée pendant tout le film. Parce qu’évidemment, c’est un peu paniquant l’univers que décrit Tati, l’univers des congés payés, les vacanciers qui sont là, c’est une pension de bord de mer deux étoiles, menu obligé, il faut être à table quand la cloche sonne, les gens sont tous un petit peu fous. En fait, c’est assez cauchemardesque si on regarde les choses comme elles sont. Et le personnage de Hulot réussit à travailler ça et à chaque fois que l’angoisse devient un tout petit peu trop pesante, hop, il fait repartir la chose, il remet la guimauve à sa place et puis ça recommence. Il y a un travail très fin sur l’inquiétude de vivre en société, parce que c’est toujours cette question là qui se pose : comment on s’intègre ou pas aux rituels sociaux.</p>
<h3><strong>ENFANCES</strong></h3>
<p><strong></strong><em>Film collectif</em></p>
<p>Je n’ai pas tout vu, je peux parler du petit film sur l’enfance de Jacques Tati. C’est un court métrage dont les deux auteurs sont des artistes plasticiens Libanais –cinéastes, mais d’abord artistes plasticiens-, Joana Hadjithomas et Khalil Joreige. Ils sont partis un peu d’une anecdote que je raconte dans le livre, que m’avait racontée la sœur de Jacques Tati, Nathalie : Tati, dans une salle de classe, adolescent, avec son prof d’anglais qui lui dit « <em>open the door, Jacques Tati</em> » -enfin à l’époque il s’appelle Jacques Tatischeff. Tati ouvre la porte, il doit répéter « <em>I open the door </em>». Et puis à ce moment-là, il est sur le seuil, c’est toujours l’histoire du seuil, il passe de l’autre côté, dit « <em>I close the door</em> », puis s’en va. Stupéfaction, lui-même se surprend en l’inventant. Il se retrouve dehors et, bon c’est une bonne blague de potache, si on veut, par rapport aux copains, mais du coup ce que se raconte Tati et que lui-même raconte, c’est que ce qui se passe pour lui ce n’est pas tellement le gag potache, c’est le fait qu’il vient de se créer un temps de vacance, un temps de liberté, et tout d’un coup c’est un peu vertigineux parce qu’il se dit «<em> mais qu’est-ce que je fais, maintenant que je suis passé de l’autre côté du seuil ?</em> ». C’est un peu <em>Alice au pays des merveilles</em> : qu’est-ce qui se passe de l’autre côté du miroir ? Et là, il commence à s’inventer, non pas un nouvel emploi du temps pour l’après-midi, aller au cinéma ou se balader, etc. Ce qu’il commence à s’inventer, c’est ce que s’inventent ses copains, qui sont restés de l’autre côté de la porte, dans la classe avec le prof d’anglais, sur : où est passé Tati ? C’est toujours ce truc à rebonds. Ça, c’est quand même intéressant comme mental ! C’est un mental à double, ou à triple détente. Voilà. Donc le petit film part de cette anecdote et il prend Tati, qui quand il a 14 ans mesure 1m90, donc il sort du cadre : c’est l’histoire d’une photo de classe et on n’arrive pas à faire rentrer le grand Tati dans le cadre de la photo. C’est très beau, très poétiquement fait.</p>
<h3><strong>PICKPOCKET</strong></h3>
<p><strong></strong><em>Robert Bresson</em></p>
<p><em></em>Il y a deux choses par rapport à Bresson. On fait souvent le rapprochement entre Bresson et Tati sur la question du son, puisqu’en effet, Bresson travaillait sur la manière de détourer le son, comme en photographie on peut détourer une image pour l’imprimer, en presse. Ça, c’est vrai, mais il y a deux autres choses. Il y a chez Tati et chez Bresson, un élément de grande austérité, Tati travaille beaucoup sur la soustraction, sur le « moins c’est plus », c’est quelqu’un d’extrêmement austère, Tati, derrière la prolixité de ses montages, de ses effets et de ses réflexions. Et la deuxième chose, c’est une réflexion de Maurice Pialat, pour qui et Bresson et Tati sont des enfants de l’après guerre. C’est-à-dire, comment on est obligé de repenser le cinéma après la deuxième guerre mondiale. Il y a quelques cinéastes qui ont repensé le cinéma, Bresson et Tati en font partie. Il y en a beaucoup qui ne l’ont pas fait, mais ces deux-là, pour Pialat, font partie de comment on gère cette cicatrice historique qui est aussi une cicatrice esthétique.</p>
<p><em>Propos recueillis par Jenny Ulrich.</em></p>
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