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	<title>culpabilisation &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
	<link>http://en.wordpress.com/tag/culpabilisation/</link>
	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "culpabilisation"</description>
	<pubDate>Mon, 07 Dec 2009 02:45:26 +0000</pubDate>

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<title><![CDATA[Ethique de Communication des ONG - Analyse des pratiques A]]></title>
<link>http://cassandria.wordpress.com/2009/09/15/ethique-de-communication-des-ong5/</link>
<pubDate>Tue, 15 Sep 2009 15:01:43 +0000</pubDate>
<dc:creator>cassandria</dc:creator>
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<description><![CDATA[II- Communication Publicitaire III. Analyse des pratiques A. Techniques répertoriées Alors que les f]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><address><a href="http://cassandria.wordpress.com/2009/09/15/ethique-de-communication-des-ong4/" target="_self">II- Communication Publicitaire</a></address>
<h2>III. Analyse des pratiques</h2>
<h3>A. Techniques répertoriées</h3>
<p style="text-align:justify;">Alors que les fonds collectés sont vitaux, les associations se retrouvent face à un donateur hyper sollicité, méfiant et mal informé mais qui cherche avant tout à exprimer sa générosité. Elles vont donc essayer de gagner sa confiance et de toucher sa sensibilité pour déclencher le don.<br />
Dans leur approche, les associations peuvent être divisées en deux catégories1, selon leur nature : les associations “antidote“ (2) – qui luttent contre un mal qui n’a pas encore de solution, comme le cancer – et les associations “solution“ – qui sont engagées contre un mal éradiquable – la faim par exemple.</p>
<h4>1. L’approche</h4>
<p style="text-align:justify;">Dans tous les cas, la thématique principale qui ressort est le combat à mener. Pour faciliter le don, on axe la lutte sur « le temps qui passe et le fléau qui perdure ». L’argent est la réponse qui semble s’imposer face à l’urgence des besoins, de plus les sommes demandées sont modiques et la démarche est facilitée.<br />
Certaines règles sont à respecter pour favoriser le don. Il convient d’abord de ne pas aborder les sujets polémiques même s’ils sont l’objet d’actions de l’association, on va donc présenter de manière récurrente un phénomène général.<br />
Si l’on choisit de présenter la victime, il faut éviter toute allusion à son origine ethnique ou religieuse et choisir de préférence des enfants : ils attirent plus la sympathie par leur innocence et ne représentent aucune “identité sociale“ – propriétaire terrien, &#8230; La victime doit devenir un personnage générique sans marqueur identitaire autre que sa douleur.<br />
L’origine des crises ne doit pas être évoquée. Même s’il est regrettable de ne pas pouvoir aller au fond des choses, il est risqué d’aborder des thèmes politiques si l’on veut obtenir l’adhésion du plus grand nombre à sa cause. De toute manière, il est trop difficile d’expliquer des situations complexes sur un format publicitaire.<br />
Mais avant tout, il faut que le message propose une solution qui vienne de l’association et donc de ses ressources. Cela relève de l’implicite ou de l’explicite, quand un volontaire apparaît aux côtés d’une victime, ou quand pour chaque geste de don, l’association envoie un courrier soit de type parrainage – voilà la photo de la personne que vous avez sauvé – soit de type informatif – un descriptif illustré de l’action menée.</p>
<h4>2. L’image</h4>
<p style="text-align:justify;">Comment les ONG peuvent-elles illustrer leur action ? Plusieurs solutions s’offrent à elles, mais la plus évidente est de se servir de l’image des populations auxquelles elles viennent en aide.</p>
<p style="text-align:justify;padding-left:30px;">a) Instrumentalisation des victimes</p>
<p style="text-align:justify;">La victime est la raison d’être de l’association. Le problème est qu’elle perd son statut initial pour devenir un instrument de récolte de fonds.<br />
Elle peut être représentée “guérie“, mais elle est jugée plus parlante dans toute sa souffrance car elle prouve ainsi le mal qui la frappe. Elle devient symbole et résume à elle seule le message, comme c’est le cas dans les campagnes d’ACF par exemple. Les associations qui utilisent une présentation ostentatoire de la victime le font pour montrer au public la réalité du mal dont souffrent ces populations. Ce qui prend un caractère informatif, mais dans une campagne de collecte de fonds, cela sert surtout à personnaliser la relation d’aide et il devient difficile moralement de ne pas donner.</p>
<p style="text-align:justify;">Le nombre important de campagnes a parfois donné lieu à des surenchères dans l’expression de leur souffrance, avec des images de plus en plus dures et non valorisantes pour les sujets. Cela a rendu le donateur plus méfiant, mais il y a aussi « Le risque de rendre acceptables les in équités en attirant le regard sur les seules victimes spectaculaires » 2</p>
<p style="text-align:justify;">• Culpabilisation du grand public<br />
Quand la victime apparaît, en général, l’association cherche à culpabiliser ou au moins à faire ressentir un malaise au donateur, pour qu’il soit obligé de partager pour se sentir mieux. Le don n’est plus basé sur la raison ou sur des convictions, et du coup il semble logique de ne pas avoir à fournir un message complet.</p>
<p style="text-align:justify;">• Le droit de regard des victimes<br />
Une question est rarement posée et pourtant elle ne manque pas d’intérêt : pourquoi ne s’interroge-t-on jamais sur le droit à l’image de ces victimes? Il est vrai que leurs problèmes sont bien plus fondamentaux que celui-ci, mais on peut quand même se demander pourquoi les ONG occidentales ne consultent pas leurs homologues du sud, ne serait-ce que par respect.<br />
Mais cette interrogation prend une vraie dimension avec le cas du tsunami : alors que l’on nous a répété qu’un certain nombre de nos concitoyens avaient péri, on ne nous a montré que des victimes “locales“ 3. Certains rescapés occidentaux ont témoigné dans des émissions spéciales mais après s’être rétablis, certainement pas en situation potentiellement dégradante.<br />
Surtout, on nous a passé en boucle des images de destruction, avec des cadavres, tous “locaux“. Il y aurait donc maintenant un tel décalage dans l’esprit des gens entre “eux “ et “nous“ que de voir un corps auquel on peut s’identifier est choquant  et un corps étranger est normal ?</p>
<h4>3. Le discours</h4>
<p style="text-align:justify;">Le message se doit d’être percutant. Contrairement à la problématique d’une marque qui doit réussir à s’inscrire dans l’esprit des consommateurs, il faut ici créer un recadrage d’une situation pour faire prendre conscience. Le texte peut donc être un peu plus long, tant qu’il apporte une réflexion personnelle, bien que rapide, surtout qu’on ne dispose pas de beaucoup d’informations. Mais sa tournure sera plus ou moins moralisatrice : on peut déterminer trois types de<br />
tonalités. La tonalité directe confronte le donateur à la victime et cherche à le culpabiliser 4. Ce genre de discours se marie très bien avec une image de la victime ostentatoire. Le don correspond ici à un besoin du grand public de retrouver une sécurité spirituelle immédiate.<br />
La tonalité sobre et réaliste se donne une image de sérieux et de pudeur. Il y a un peu plus d’informations sur la situation et le donateur se sent moins manipulé, plutôt appelé à prendre ses responsabilités. Les visuels associés jouent sur la puissance de l’absence 5.<br />
Reste la tonalité allusive : les souffrances sont suggérées et mises en valeur plus par des ellipses ou du symbolisme que par des techniques rhétoriques. On cherche à faciliter la proximité entre la victime et le donateur 6, qui agit pour répondre à des besoins d’estime de soi et d’appartenance à un groupe.<br />
Il y a donc un réel clivage entre le « ce n’est pas parce qu’ils ne sont plus au 20 heures&#8230; » d’ACF, très direct et culpabilisant – vous les aviez oubliés ? rattrapez vous – et un recadrage sobre et soigné par MSF en 2005. Le donateur n’a pas la même liberté d’action.</p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">Pourtant le message d’ACF n’est pas du tout mensonger, il serait un argument parfait pour une campagne socio-éducative de prise de conscience. Mais s’il suscite des polémiques, c’est bien parce qu’il vise à récolter des fonds ; moralement on ne peut occulter l’objectif. Le manque d’informations est d’autant plus flagrant ici, que l’on ne peut pas savoir dans quel contexte la photo a été prise et donc pour qui on donne. Qui sont- « iIs » ?</p>
<h4>4. Cas particuliers</h4>
<p style="text-align:justify;">Certaines techniques de recherche de fonds méritent une attention plus particulière, car elles suscitent systématiquement un débat éthique. D’autres sont au contraire appréciées, voire même saluées.</p>
<p style="text-align:justify;padding-left:30px;">a) L’avant &#8211; après</p>
<p style="text-align:justify;">En 94, quand ACF lance sa campagne sur Leïla, les critiques viennent du monde de l’humanitaire et des médias. Quant au public, il se montre très sensible et la campagne est un succès.<br />
Les raisons du rejet sont très variées et en partie dues à l’apparition des techniques marchandes dans le tiers secteur. Cependant, il s’agit surtout de dénoncer que ces méthodes ont tendance à laisser de côté les raisons du problème. On fait croire au public qu’il suffit de donner de l’argent pour que les choses s’arrangent et que les causes de la malnutrition de Leïla disparaissent. Or ACF n’est pas un produit miracle, comme une lessive ou un shampooing anti-pelliculaire.<br />
Malgré son succès auprès du grand public, on peut cependant prévoir que la même campagne, diffusée maintenant, ne donnerait pas les mêmes résultats. Les codes sont différents depuis les affaires qui ont mis en cause des associations connues : on ne parle plus d’un montant sur les affiches et le donateur est plus méfiant, il n’apprécie pas une sollicitation directe de son portefeuille.</p>
<p style="text-align:justify;padding-left:30px;">b) L’évocation</p>
<p style="text-align:justify;">Elle a l’avantage de montrer une souffrance quand cela est nécessaire, tout en respectant la personne. Elle aide à l’identification et sollicite des sentiments et des émotions chez le grand public. Mais ils sont plus de l’ordre de la compassion que de la culpabilité, donc tourné vers l’autre, et l’on ne répond plus à son propre problème en donnant de l’argent. Le message peut donc être plus informatif que violent puisque l’image elle-même ne se veut pas choquante.</p>
<p style="text-align:justify;padding-left:30px;">c) La non-représentation</p>
<p style="text-align:justify;">La non-représentation est un exercice qui a le mérite de respecter autant la victime que le donateur car elle lui donne à réfléchir et lui enlève toute sensation de manipulation – même si celle-ci ne disparaît jamais. Si “l’exercice“ s’avère inefficace parce que le message est incompréhensible, il n’y aura pas eu de polémique pour un résultat négatif. Si au final, les fonds récoltés sont proportionnels aux attentes, l’autre point positif pour les ONG, est que cet exercice de réflexion pour le public permet une meilleure prise de conscience, car on touche à sa raison et non à ses émotions. Cela peut donc sensibiliser durablement certains donateurs, qui deviendront sympathisants et qui auront tendance à créer du bouche à oreille favorable à l’association.</p>
<pre>1   -   <a href="http://cassandria.wordpress.com/2009/09/15/ethique-de-com-des-ong-annexe-10/" target="_blank">Annexe 10</a> : caractéristiques des messages, p. 34
2   -   (10) Philippe Descamps, journaliste.
3   -   <a href="http://cassandria.wordpress.com/2009/09/15/ethique-de-com-des-ong-annexe-12/" target="_blank">Annexe 12</a> : image du tsunami, p. 36
4   -   <a href="http://cassandria.wordpress.com/2009/09/15/ethique-de-com-des-ong-annexe-5/" target="_blank">Annexe 5</a> : Campagnes ACF, p. 28
5   -   <a href="http://cassandria.wordpress.com/2009/09/15/ethique-de-com-des-ong-annexe-3/" target="_blank">Annexe 3</a> (deuxième page) : Campagnes, Amnesty International, p.26
6   -   <a href="http://cassandria.wordpress.com/2009/09/15/ethique-de-com-des-ong-annexe-3/" target="_blank">Annexes 3</a> (première page) et 6 : Amnesty International et MSF</pre>
<address><a href="http://cassandria.wordpress.com/2009/09/15/ethique-de-communication-des-ong6/" target="_self">III- Analyse des Pratiques B</a><br />
</address>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Surmoi et culpabilisations excessives]]></title>
<link>http://toutpetits.wordpress.com/2009/06/18/surmoi-et-culpabilisations-excessives/</link>
<pubDate>Thu, 18 Jun 2009 04:22:58 +0000</pubDate>
<dc:creator>toutpetits</dc:creator>
<guid>http://toutpetits.wordpress.com/2009/06/18/surmoi-et-culpabilisations-excessives/</guid>
<description><![CDATA[Un jour, M. Maître s’est aperçu que depuis quelque temps Petit-Bout était préoccupé et fatigué sans ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>Un jour, M. Maître s’est aperçu que depuis quelque temps Petit-Bout était préoccupé et fatigué sans raison apparente. Il lui a demandé de rester un moment en classe alors que les autres repartaient à la maison.</p>
<p>Et M. Maître, qui devine tout de ses élèves tant il les aime, lui a dit :</p>
<p><em>« Mon Petit-Bout, il y a quelque chose qui te tracasse, qui te fait honte peut-être, qui t’empoisonne la vie quand tu y penses. Et tu y penses souvent au lieu d’écouter ce que je dis, au lieu de jouer de bon cœur.</em></p>
<p><em>« Eh bien Petit-Bout je te dis : ce n’est pas grave au point de te punir toi même avec tant de sévérité. Rien n&#8217;est jamais grave à ce point. Moi aussi, vois-tu, quand j’étais petit comme toi maintenant, j’avais, comme toi une ou deux épines plantées je ne sais trop où et qui me faisaient bien mal, jusqu’au jour où mon grand-père à moi qui ne parlait pas souvent mais qui voyait tout et qui m’aimait bien et que j’adorais m’a parlé comme je te parle : lui aussi avait longtemps souffert dans son cœur et dans sa tête d’une vieille blessure qui avait saigné, suppuré sans soin, sans une parole apaisante.</em></p>
<p><em>« Alors mon Petit-Bout je te dis : ce que tu crois si honteux, si énorme, si impardonnable, ce n’est rien à côté de tout ce que tu fais de bien tous les jours sans même t’en rendre compte. Ce n’est rien à côté du bonheur que tu donnes à bien des personnes de ta famille, à bien des camarades, à moi, à ton chien, à ton chat, simplement parce que tu es là, avec moi, avec eux. Un jour tu sauras regarder en face sans trembler ni rougir cette chose insignifiante que tu crois énorme, et tu verras alors comme elle est devenue petite et inoffensive et tu te sentiras heureux et libéré.</em></p>
<p><em>« Et dis-toi bien que tout le monde a comme ça des poisons qui agissent longtemps, longtemps, mais qui ne résistent pas à l’affection et à l’estime des autres.</em></p>
<p><em>« Alors, mon cher Petit-Bout repars vite chez toi et sois sûr que je t’aime bien, tel que tu es. »</em><br />
De ce jour, Petit-Bout s’est senti plus libre et plus fort, libéré et fortifié par ces quelques mots généreux. Il savait qu’on pouvait l’aimer, mieux encore, l’estimer, malgré tout. Le mauvais rêve s’est fait rare, a disparu. Petit-Bout a retrouvé sa joie de vivre, de jouer, de travailler, le bonheur de se sentir aimé sans le poison du doute, le  bonheur plus grand encore de pouvoir aimer en retour.</p>
<p><em>Petit-Bout a alors compris que les torts et les mérites avaient un poids très variable et que certains appuyaient toujours sur le mauvais plateau de la balance.</em></p>
<p><em> Petit-Bout a aussi compris que les plus sadiques des vrais méchants savent flairer ses vieilles contusions, ses cicatrices encore sensibles, ses furoncles si douloureux et qu’ils se délectent à y donner de petits coups qui n’ont l’air de rien mais qui font si mal. Et c’est lui, </em>Petit-Bout,<em> qui passe pour l’agresseur s’il s’ avise de se plaindre et d’accuser…</em></p>
<p>Petit-Bout a compris que les bons, les justes comme M. Maître savent bien peser les cœurs et les âmes, que les fautes ne les obsèdent pas, ne les aveuglent pas au point de leur masquer d’éventuels mérites.</p>
<p>Petit-Bout a aussi compris que le mal qu’il fait, qu’il a pu faire, font bien plus mal à Maman et à Papa qu’à M. Maître justement parce qu’ils sont son Papa, sa Maman à lui, et que lui, Petit-Bout vient tout droit d’eux, de leur chair et que sans doute Maman et Papa se croient pour quelque chose dans ces vilaines tendances au mal que révèle le comportement de Petit-Bout.</p>
<p>M. Maître, lui, est à l’abri de cette responsabilité génétique, sauf sans doute aussi pour ses propres enfants, quoique son expérience de centaines d’enfants différents lui a bien montré que le cœur des parents aveugle leur raison, que leur désir d’un enfant parfait est si fort qu’ils en perdent toute objectivité au point qu’ils sont douloureusement persuadés que leur vilain petit canard à eux est infiniment plus vilain que le gracieux cygne blanc des autres.</p>
<p>Et M. Maître sait bien depuis longtemps que la génétique n’assure que la transmission de possibilités, que tout bébé qui naît peut se réaliser dans n’importe quelle culture, parler n’importe quelle langue et qu’une intelligence, une sensibilité, une personnalité, c’est un travail à reprendre à chaque génération par les parents, la famille, la société.</p>
<p>M. Maître sait combien il fallait d’intelligence, de vigilance, de savoir-faire pour vivre et survivre assez longtemps pour procréer, à l’âge des cavernes, et nous transmettre, intacte, en un infini marathon, de porteuse en porteuse, la flamme de la vie.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[La rage totale]]></title>
<link>http://renartleveille.wordpress.com/2009/04/23/sequestration-dirigeant-entreprise-france/</link>
<pubDate>Thu, 23 Apr 2009 19:13:35 +0000</pubDate>
<dc:creator>renartleveille</dc:creator>
<guid>http://renartleveille.wordpress.com/2009/04/23/sequestration-dirigeant-entreprise-france/</guid>
<description><![CDATA[Avec la vague de séquestration de dirigeant d&#8217;entreprise en France, il me vient une réflexion ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[Avec la vague de séquestration de dirigeant d&#8217;entreprise en France, il me vient une réflexion ]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Médicalisation et psychologisation du social]]></title>
<link>http://androgena.wordpress.com/2009/04/14/medicalisation-et-psychologisation/</link>
<pubDate>Tue, 14 Apr 2009 17:43:05 +0000</pubDate>
<dc:creator>androgena</dc:creator>
<guid>http://androgena.wordpress.com/2009/04/14/medicalisation-et-psychologisation/</guid>
<description><![CDATA[La médicalisation et la psychologisation relève essentiellement d&#8217;un processus visant à porter]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>La médicalisation et la psychologisation relève essentiellement d&#8217;un processus visant à porter une importance à outrance sur des facteurs individuelles d&#8217;une personne, tout en celant et ignorant les facteurs contextuelles et environnementales de cette personne.</p>
<p>La « normalisation médicale » des problèmes sociaux revient alors à traiter les personnes en responsables de leurs « déficiences » ou « difficultés   »: plutôt que de leur permettre d&#8217;acquérir un pouvoir sur leur existence sociale; on occulte les causes collectives ou environnementales et on met l&#8217;accent sur la culpabilité individuelle. Les principales problématiques sur lesquelles il faudrait agir, c’est la « décontextualisation » des problèmes sociaux. Il n’est donc pas étonnant de ne pas voir apparaître des orientations visant les causes systémiques, comme si seuls les services et les individus ont à voir avec la condition socio-économique.</p>
<p>À titre d&#8217;exemple, dans le cas du trouble d&#8217;hyperactivité avec/sans déficit de l&#8217;attention (THADA ou TDAH), on constate au Québec une forme de médicalisation par le Ritalin . En effet, en Janvier 2009, selon des données recueillies par le <em>Journal de Montréal </em>et compilées par IMS Health, la consommation des médicaments de la famille du Ritalin (métilphénidate/metamphétamine) a atteint un record dans la province du Québec en 2008. Ainsi, près de 41 % des ordonnances de méthylphénidate (médicament psychotrope incluant le Ritalin) au Canada ont été prescrites au Québec et cela représente à peu près 33 % de tous les comprimés vendus au pays.</p>
<p>Or, la prise en charge du TDAH nécessite une intervention multidimentionnelle, multimodale, et multidisciplinaire. Ainsi, le diagnostique et la prise du Ritalin à lui seul ne suffirait pas à cisconscrire l&#8217;ensemble des symptomes, des facteurs de risques et de vulnérabilités engendré par un tel état.</p>
<p>Si le Ritalin ne fonctionne pas, forme de médicalisation, la psychologisation est alors utilisé, mettant ainsi l&#8217;enphase uniquement sur les facteurs individuelles. On entend alors : &#8220;c&#8217;est un délinquant&#8221;, &#8220;c&#8217;est un rebelle déviant&#8221;, &#8220;il a un trouble d&#8217;attitude et de comportement&#8221;, etc.</p>
<p><a href="http://androgena.wordpress.com/de-la-psychologisaton-et-de-la-medicalisation-du-social/" target="_blank">Pour en savoir plus</a></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Le tri des déchets dans le texte]]></title>
<link>http://alinetestuz.wordpress.com/2008/12/22/le-tri-des-dechets-dans-le-texte/</link>
<pubDate>Mon, 22 Dec 2008 13:39:28 +0000</pubDate>
<dc:creator>alinetestuz</dc:creator>
<guid>http://alinetestuz.wordpress.com/2008/12/22/le-tri-des-dechets-dans-le-texte/</guid>
<description><![CDATA[Ces jours, les Lausannois ont reçu leur Calendrier des ramassages des déchets ménagers 2009, un opus]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><strong><img class="alignright size-medium wp-image-128" title="dechetteries" src="http://alinetestuz.wordpress.com/files/2008/12/dechetteries.jpg?w=300" alt="dechetteries" width="300" height="125" />Ces jours, les Lausannois ont reçu leur <a href="http://www.lausanne.ch/UploadedAsp/20698/14/F/Dechet2008.asp?docId=20698&#38;domId=62017&#38;language=F&#38;Version=14"><em>Calendrier des ramassages des déchets ménagers 2009</em></a>, un opuscule très détaillé édité par le Service d’assainissement de la Ville de Lausanne et imprimé sur papier recyclé, comme il se doit. </strong></p>
<p>L’objet de ce billet n’est cependant pas de faire la publicité ─ même si c’est très bien ─ des 21 déchetteries mobiles qui permettront, plusieurs fois par an, aux habitants des quartiers de jeter les objets ne trouvant pas place dans les conteneurs ordinaires.</p>
<p>Non, ce qui me pousse à m’emparer du clavier, c’est le petit éditorial introductif de ce calendrier, signé par Olivier Français, Directeur des travaux à la Municipalité de Lausanne, le «ministre des déchets», en quelque sorte. Rédigé dans le style inimitable du conseiller municipal, ce petit texte est une leçon de libéralisme. Néo, le libéralisme, évidemment.</p>
<p>Même quand il semble s’occuper de «protection de l’environnement», ou du moins de recyclage des déchets, M. Français fait dans la propagande politique pour son Eglise à lui. L’analyse fut longue et délicate, elle a exigé une bonne tête, comme chaque fois qu’il faut débusquer les fausses évidences, et un appui (léger) sur des maîtres comme Jacques Ellul* ou Michel Foucault**. En effet, nous baignons tellement dans l’idéologie libérale que nous ne remarquons plus les énormités proférées. Il faut vraiment que ça pue bien fort une nouvelle odeur pour prendre conscience des miasmes ambiants. Là, ça ne pue pas plus que d’hab, c’est juste l’ordinaire, d’où la difficulté. Et sans doute, Olivier Français ignore-t-il lui-même qu’il produit de la pensée néolibérale à jet continu.<!--more--></p>
<p>Que dit le petit édito où l’édile s’adresse à «notre population» (sic!)? Il dit en substance que la Ville de Lausanne veut augmenter le taux de tri des déchets et leur recyclage. Là-dessus, rien à redire, c’est très bien. Cela vaut néanmoins la peine de citer l&#8217;argumentation d&#8217;Olivier Français dans le texte et dans son style inénarrable:</p>
<blockquote><p><em>«L’acte de consommation commence par l’achat d’un objet, se poursuit par son utilisation et se termine par son élimination.»</em></p></blockquote>
<p>Quelques lignes plus haut, il affirmait que</p>
<blockquote><p><em>«chacun d’entre nous a la responsabilité du bien acquis, depuis son achat jusqu’à sa fin de vie, et l’élimination de nos déchets a un coût assumé par la collectivité, qui peut être réduit en fonction du comportement individuel adéquat».</em></p></blockquote>
<p>En quelques lignes, «notre» ministre brosse ainsi le tableau d’un désert social planté d’hypermarchés ─ comme chacun sait, il reste fort peu de marchés dans la société de marché ─, peuplé de propriétaires privés sans relations entre eux. Un monde où un <em>homo oeconomicus</em> édité à des centaines de milliers d’exemplaires achète, utilise, use, dégrade ou se lasse, puis jette ses propriétés acquises devenues obsolètes, conformément à une évaluation rationnelle de son intérêt propre.</p>
<p><em>«Chacun a la responsabilité du bien acquis»</em>… Là, je proteste! Pourquoi devrais-je, moi, porter la responsabilité de ce qu’on m’a forcée à acquérir? (Même si je trie soigneusement mes déchets, la question n’est pas là.) Je veux parler des emballages, carton, papier plastifié, plastiques aluminisés, polystyrène expansé en bloc ou en chips, plastiques durs, souples, moulés ou en films, qui formatent briques de lait, brosses à dents, tubes de pommade, yoghourts, viande, légumes, slips, cartouches pour ma plume réservoir, et j&#8217;en passe… Je les ai payés, c’est vrai, comment faire autrement, mais je ne les ai pas voulus; je refuse de les considérer comme «mon bien acquis». Or, c’est ce qui fait l’essentiel des déchets quotidiens. A quoi s’ajoutent, c’est vrai, les imprimantes d’ordinateur qu’il ne «vaut pas la peine» de réparer, les meubles suédois en sciure agglomérée qui ne supportent pas le déménagement, les couettes bourrées de fibres plastique qui cessent très vite de tenir chaud, les piles pour baladeurs bas de gamme avec les baladeurs, les fringues rapidement informes fabriquées dans des pays où la vie des ouvrières et les ouvriers, parfois des enfants, ne vaut pas grand-chose.</p>
<p>C’est la liste des déchets courants. Ce sont surtout les déchets que produisent les familles populaires. Comme ça tombe bien! On peut sans se gêner les culpabiliser de laisser tant de détritus derrière eux. C&#8217;est vrai, quoi, ils n&#8217;ont qu&#8217;à trier plus. Mais surtout pas consommer moins. Consommer, c&#8217;est bon pour la «croissance». M. Français le répète encore une fois dans sa conclusion :</p>
<blockquote><p><em>«Nous avons tous la responsabilité d’éliminer nos biens de consommation et nous ne pouvons fermer les yeux devant ce problème en pensant que le débarras de nos déchets non triés, déposés en vrac sur le trottoir, soit une solution citoyenne.» </em></p></blockquote>
<p>Or, comme l’élimination des déchets «a un coût assumé par la collectivité», si chacun assume sa vraie responsabilité sur ses «biens acquis», ça coûtera moins cher. Et hop! Une petite piqûre de rappel, au passage et sans y toucher, sur la nécessité de l’Etat frugal cher aux libéraux ─ surtout néo.</p>
<p>Et l’écologie dans tout ça? Ou au moins la «protection de l’environnement»? Ben… elle est implicite. L’édile ne sort pas de l’équation: propriété privée + responsabilité individuelle = économies pour l’Etat par report de charges sur les citoyens. Et par en dessous, affleure sa vraie conception écologique: l’environnement et l’homme, ça fait deux! L’environnement, c’est ce que l’homme peut s’approprier et exploiter pour en tirer profit. Il faut donc parfois le ménager un peu pour pouvoir encore en profiter, mais sans que ces égards nuisent à la «croissance», surtout. L’idée que l’«environnement» n’existe pas, que c’est une construction sociale, que l’homme est partie intégrante de la nature et que toute atteinte à celle-ci par l&#8217;homme est une atteinte à l’homme ne semble pas l’effleurer.</p>
<p>Bref, ce petit éditorial est une entreprise de culpabilisation, et peut-être aussi une petite dose de vaseline préliminaire à l&#8217;introduction d&#8217;une  taxe individuelle sur les déchets, par exemple. En application du principe du «pollueur payeur», cette créature sortie tout droit de cerveaux plus soucieux d&#8217;accroître leur capital que de développer l&#8217;écologie. Un principe soutenu par les Verts, hélas… Qui n’ont apparemment pas compris que la taxe au sac d&#8217;ordures porte la signature habituelle de l’idéologie néolibérale en prétendant apporter une réponse à une question sociétale globale par une mesure individuelle. Et marchande aussi, évidemment.</p>
<p>La culpabilisation, ça marche parce que des politiciens de l’obédience d’Olivier Français n’ont en face d’eux que des individus isolés. Mais si ces individus prennent conscience que les déchets et leur élimination leur sont imposés par un système fondé sur l’obligation de croissance permanente, que ces déchets sont une source de profit privé, au moment de leur production comme à celui de leur élimination, ils refuseront collectivement la propagande sur la «responsabilité individuelle» des «propriétaires des biens acquis». Et l’édifice idéologique pourrait alors se casser la figure…</p>
<p>Ce pourrait être un premier pas, par exemple, de déballer systématiquement ses achats au magasin et de laisser les «déchets» à la caisse. Un acte symbolique qui ne fera pas changer le système, mais peut signaler que nous n’en voulons pas. Avant de nous engager pour la décroissance.</p>
<p>Oui, vive la décroissance!</p>
<p>* Jacques Ellul, <em>Le Bluff technologique</em>, Paris, Hachette, 1988.</p>
<p>** Michel Foucault, <em>Naissance de la biopolitique</em>, Cours au Collège de France 1978-1979, Paris, Ed. Gallimard-Seuil, Coll. Hautes Etudes, 2004, 255 p.</p>
<p>Crédit photographique: <a href="http://www.lausanne.ch/view.asp?domId=62017&#38;language=F">Service d&#8217;assainissement de la Ville de Lausanne</a></p>
</div>]]></content:encoded>
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<title><![CDATA[Intrus ou héros?]]></title>
<link>http://renartleveille.wordpress.com/2008/10/21/hydro-quebec-pub-efficacite-energetique/</link>
<pubDate>Wed, 22 Oct 2008 01:40:12 +0000</pubDate>
<dc:creator>renartleveille</dc:creator>
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<description><![CDATA[C&#8217;est après avoir lu un billet de Patrick Lagacé au sujet d&#8217;une pub gouvernementale fais]]></description>
<content:encoded><![CDATA[C&#8217;est après avoir lu un billet de Patrick Lagacé au sujet d&#8217;une pub gouvernementale fais]]></content:encoded>
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<title><![CDATA[BT : nous avons accepté quoi? (bis)]]></title>
<link>http://renartleveille.wordpress.com/2008/05/25/bt-nous-avons-accepte-quoi-bis/</link>
<pubDate>Sun, 25 May 2008 17:07:38 +0000</pubDate>
<dc:creator>renartleveille</dc:creator>
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<description><![CDATA[Avec tout l&#8217;énervement dû au Blogu&#8217;Or et ma joie d&#8217;annoncer ma paternité prochaine]]></description>
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<title><![CDATA[Doltissimo !]]></title>
<link>http://toutpetits.wordpress.com/2008/03/21/doltissimo/</link>
<pubDate>Fri, 21 Mar 2008 16:29:06 +0000</pubDate>
<dc:creator>toutpetits</dc:creator>
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<description><![CDATA[Vos suggestions, commentaires, critiques… en mail à : toutpetits@hotmail.fr Voici sans doute un des ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:right;"><img src="http://toutpetits.files.wordpress.com/2008/03/032108-1628-doltissimo1.png" align="left" /><span style="color:#c00000;"><b>Vos suggestions, commentaires, critiques… en mail à : toutpetits@hotmail.fr<br />
</b></span></p>
<p><b>Voici sans doute un des livres les plus précieux écrits par Françoise Dolto : « Tout est langage », N° 412 de la remarquable collection Folio /Essais des éditions Gallimard.<br />
</b></p>
<p><b>À l&#8217;origine de ce livre, en octobre 1984, à Grenoble, une conférence d&#8217;une heure environ, suivie d&#8217;un débat très riche de quelque trois heures, destinés à un public de psychologues, de médecins, d&#8217;infirmières, de travailleurs sociaux</b>, d&#8217;adultes responsables de soins apportés à des enfants en difficultés.<b><br />
</b>Dans son avant-propos à l&#8217;édition de 1987 (Vertige-Carrère), Françoise Dolto rappelle l&#8217;intitulé initial de sa conférence : « <b><i>Le dire et le faire. Tout est langage. L&#8217;importance des paroles dites aux enfants et devant eux. »</i></b><br />
L&#8217;actuel ouvrage des éditions Gallimard (1994) est l&#8217;édition, revue et corrigée du premier livre de 1987 qui s&#8217;était révélé parfois approximatif dans la transcription de la conférence et du débat.<br />
<i>« Mener à bien la révision de ce texte n&#8217;a pas été pourtant une tâche facile… Comme il se doit… nous avons choisi d&#8217;adopter une stratégie minimale, nous efforçant de ne toucher que le moins possible au texte initial, nous contentant d&#8217;y apporter les modifications requises pour lui restituer toute sa lisibilité. »Gérard Guillerault (p 8), qui prévient un peu plus loin : « Que l&#8217;on se garde pourtant de n&#8217;y voir que des recettes ou des conseils au quotidien. Mais le rappel, plutôt, de ce qu&#8217;une théorie ne vaut qu&#8217;à s&#8217;inscrire dans les faits, en l&#8217;occurrence les faits psycho-éducatifs et sociaux, car c&#8217;est là qu&#8217;elle avère sa pertinence et son efficacité, qu&#8217;elle confirme sa portée thérapeutique. »<br />
</i></p>
<p><b>Il ne s&#8217;agit pas seulement d&#8217;un travail sur <i>le langage <span style="text-decoration:underline;">de</span> l&#8217;enfant</i>.<br />
Mais surtout  sur <i>le langage <span style="text-decoration:underline;">à</span> l&#8217;enfant </i>:<br />
<i>Pour Françoise Dolto, tout, absolument tout ce qui concerne l&#8217;enfant, ce qui importe de son passé et de son présent pour son devenir, ses difficultés et celles de ses parents de naissance et ceux de l&#8217;état civil, tout doit lui être dit, quel que soit son âge.<br />
</i></b>Tout doit être dit même <b><i>aux tout petits qui n&#8217;ont pas la parole</i></b>.<br />
L&#8217;enfant comprend tout, « saisit » tout, « entend » tout, le verbal comme le non verbal. Et il subit les messages inconscients de l&#8217;adulte.<br />
<i>Le titre pourrait être « Tout est dicible ». Tout, y compris l&#8217;indicible, le caché, le soigneusement enseveli dans l&#8217;ombre et le silence des secrets de famille.</i></p>
<p><b>Je pense qu&#8217;une règle simple (de conduite, d&#8217;éthique relationnelle avec les enfants) pourrait être la suivante</b> :<br />
- <b><i>Ce qui me fait mal à envisager, ce à quoi j&#8217;évite de penser, moi, adulte, ce que je crains, ce que j&#8217;essaie de refouler, cela me perturbe, cela modifie ma façon d&#8217;être avec les autres et en particulier ma relation avec mes enfants</i></b>. Je suis moins présent aux autres, en tout cas j&#8217;en suis rendu différent. Je ne suis plus moi, plus tout à fait moi, et les « antennes » de mon tout petit sans parole ne me perçoivent plus si bien, parfois ne me reconnaissent plus.<br />
<b><i>-Si cette douleur, cette souffrance consciente est verbalisée, dite, exprimée en paroles, en mots « vrais », elle me libère</i></b>. Le soulagement est immédiat, l&#8217;oppression diminue, disparaît même instantanément. Je me retrouve, <b><i>on me retrouve. Je suis redevenu authentique</i></b>. Et l&#8217;enfant, le bébé de quelques jours même, qui « sait » désormais, ira mieux.<br />
Tout simplement parce que le poison de la douleur honteuse non dite ne frelate plus les échanges, la communication. La « ligne » est claire, sans parasitage, sans brouillage.<br />
<b><i>- Cet « aveu », cette souffrance confiée (confidence, pas contagion) par l&#8217;adulte à l&#8217;enfant ne peut se concevoir que dans le souci du mieux-être, du bonheur, de l&#8217;équilibre de l&#8217;enfant </i></b>: On n&#8217;assène pas des révélations, on ne « projette » pas sa douleur comme on lancerait des projectiles pour se défendre contre le sentiment de culpabilité et l&#8217;angoisse vite agressive qui en résulterait.<br />
<b><i>-Il faut sentir du plus profond de soi-même que ce qu&#8217;on va confier fera à l&#8217;enfant autant de bien qu&#8217;à soi-même. C&#8217;est une sorte d&#8217;empathie au niveau de l&#8217;inconscient.</i></b></p>
<p><b>L&#8217;adulte lui a la parole, </b>la parole qu&#8217;aura bientôt l&#8217;enfant (et ce d&#8217;autant mieux qu&#8217;elle lui aura fait du bien par sa vertu apaisante, d&#8217;amélioration de la relation).<br />
<b>Mais il n&#8217;a pas que la parole : tout son être est langage, expression non verbale, mais qui passe et qui est perçue, ressentie par l&#8217;enfant sans parole.<br />
Dans la relation adulte/enfant, tout est échange : expression, réception, réponse, nouvelle émission adaptée aux précédents échanges, etc.<br />
Cela ne cesse pas : Adulte et enfant sont ensemble dans un bain d&#8217;échanges, de communications incessantes, à une foule de niveaux, avec quantité de moyens, d&#8217;outils sensoriels, corporels.<br />
Tout l&#8217;entourage, le contexte de l&#8217;enfant est langage : les odeurs, les voix, les bruits familiers venus de l&#8217;extérieur (et donc rassurants – le silence total est vite anxiogène (il y a au moins toujours les menus bruits intérieurs à la maison qui « vit »), ce qu&#8217;il verra à son réveil – donc ne pas changer le berceau, le lit de place ou d&#8217;orientation : le monde dans sa stabilité est ce que l&#8217;enfant entrevoit dans ses premiers jours ( le visage, les yeux de Maman), mais aussi (certes vaguement) le mobile qui pend, le plafond, les couleurs des murs, la lumière plus intense venue de la fenêtre. Le chien, le chat (leurs langages à eux, les sensations tactiles, olfactives qu&#8217;ils procurent). Et bien sûr les personnages essentiels de son « petit monde » que sont les frères et sœurs, les papy/Mamy)… :<br />
Tout cela lui « parle », tout cela a sens pour lui, C&#8217;est sa bulle affective à l&#8217;intérieur de laquelle il se sait, il se sent en sécurité, à l&#8217;abri. Le tout petit n&#8217;est pas encore immunisé contre bien des allergènes venus de l&#8217;extérieur, bien des composantes affectives pour lui encore indigestes parce que pas suffisamment familières.<br />
Mais bientôt, en fait dès les premiers jours, depuis cette bulle affective, depuis cette base arrière, Tout-petit osera des sorties, tentera de se saisir de bouts d&#8217;inconnu, tel un petit cosmonaute de l&#8217;infiniment loin, tel un petit scaphandrier de l&#8217;infiniment profond, tel un explorateur de contrées inconnues. Et ces menues conquêtes de chaque instant – même en rêve – sont incorporées à cette bulle à la fois intérieure et extérieure qui est le Moi en construction de l&#8217;enfant.<br />
Si Maman est dépressive, si l&#8217;écosystème familial est chamboulé par la misère permanente ou par une catastrophe soudaine, cette bulle se fragilise, se fissure, se dégonfle, explose parfois en une régression massive.<br />
</b></p>
<p><b>C&#8217;est pourquoi il y a bien une écologie affective du contexte familial de l&#8217;enfant, et qu&#8217;il faut surveiller très attentivement les toujours possibles dérives du microclimat dans lequel baigne un tout petit.<br />
</b></p>
<p><b>Pour terminer, voici quelques pépites tirées de l&#8217;ouvrage « Tout est langage » (la conférence pp 19-67 ; le débat pp. 67-244) :<br />
</b><i>« Les parents qui parlent à l&#8217;extérieur, les voix qu&#8217;ils entendent </i>in utero <i>dès l&#8217;âge de quatre mois, c&#8217;est vraiment ce qui les attire à naître pour être en relation ave eux [« le dieu et la déesse de leur vie fœtale : les parents »]. »<br />
Pour un enfant, tout est signifiant langage, tout ce qui se passe autour de lui et qu&#8217;il observe. Il réfléchit dessus. Un enfant réfléchit et écoute d&#8217;autant mieux qu&#8217;il ne regarde pas la personne qui parle… Il ne faut pas que les enfants regardent le maître et surtout, il leur faut, pour bien écouter, bruiter tout le temps. Si les enfants ne bruitent pas, s&#8217;ils ne jouent pas à quelque chose, ils n&#8217;écoutent pas. »<br />
« C&#8217;est cela l&#8217;important dans le langage que nous avons avec le bébé, si jeune soit-il, et aussi bien avec un grand enfant : c&#8217;est de lui parler vrai ce que nous ressentons, quel que soit ce vrai – le vrai, pas l&#8217;imaginaire. »<br />
« &#8211; Q : Avec les enfants mongoliens, comment doit-on faire ?<br />
« &#8211; F.D. : Il faut le leur dire tout de suite, dès leur naissance.<br />
Réponse écrite à la détresse d&#8217;une maman d&#8217;enfant trisomique : « Dites à votre fille pourquoi vous pleurez, qu&#8217;elle est trisomique 21, qu&#8217;elle n&#8217;est pas comme les autres enfants dont on sait comment les élever. Employez le mot « anomalie génétique » et dites-lui que vous pleurez parce que vous ne savez pas comment vous pourrez l&#8217;élever et que vous avez peur qu&#8217;elle soit malheureuse. »<br />
Différences, racisme, rejets : « Toi, tu le sais, tu n&#8217;es pas comme les autres enfants, et c&#8217;est à toi de te faire ta place en te faisant aimer. » // « Tu es noir » ou « Tu es métis, et il y a des classes d&#8217;enfants qui vont te le reprocher. Tu n&#8217;as, toi, qu&#8217;à te faire apprécier, et ils verront qu&#8217;ils se sont trompés, et qu&#8217;ils son bêtes. »<br />
« C&#8217;est sur la vérité que l&#8217;on construit, pas sur l&#8217;hypocrisie. »<br />
« Quand quelque chose est vrai, (l&#8217;envie la jalousie que peut susciter un enfant différent des autres, mongolien chétif ou infirme… et qui « se permet de bien vivre, c&#8217;est pas possible ! ») si c&#8217;est dit, cela libère du symptôme. »<br />
<b>Trouvailles d&#8217;expression :<br />
</b>Culpabilisation et régression pré-pubère de femmes de prisonniers de guerre : « Si je n&#8217;ai pas de mari, je n&#8217;ai pas le droit d&#8217;avoir mes règles », parce que lorsqu&#8217;on a ses règles on est « enceintable ».<br />
« Et un minable </i>[aux yeux des enfants de « héros », l'enfant dont le père ne s'était pas fait tuer à la guerre, n'avait été que prisonnier]<i>, cela se comporte comme un minable, cela devient un punk pour lui-même, cela se mouille, cela s&#8217;oublie, cela </i>« cacate ».</p>
<p><b>Lisez, relisez ce livre précieux</b> : toutes les angoisses, tous les doutes que peuvent éprouver des adultes responsables malgré tout leur amour, toutes les douleurs (séparations, abandons, maladie incurable, mort, anomalies congénitales…), qui s&#8217;abattent sur les cellules familiales, sont abordés par Françoise Dolto, en particulier dans les 180 pages du débat où elle se « livre » au risque des questions imprévues et des réponses  immédiates, non préparées. On y mesure son immense générosité et tout le bien qu&#8217;elle a pu répandre dans un auditoire et maintenant dans son lectorat. Une seule et dernière et merveilleuse citation résume l&#8217;esprit de cet évènement grenoblois d&#8217;octobre 1984 :<br />
<b><i>« &#8211; Q : Comment percevez-vous le courant jubilatoire qui circule dans la salle quand vous évoquez des cas ?</i><br />
« <i>- F.D. : Je crois que vous êtes contents d&#8217;entendre illustrer des connaissances de l&#8217;inconscient, qui sont simplement de la réalité abordée d&#8217;un nouveau point de vue, avec un peu de recul, alors que vous pensiez que la psychanalyse était de la haute philosophie. </i>Non, c&#8217;est comme la botanique, cela se vit avec le moindre brin d&#8217;herbe. »</b></p>
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