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	<title>democratie &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
	<link>http://en.wordpress.com/tag/democratie/</link>
	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "democratie"</description>
	<pubDate>Fri, 27 Nov 2009 21:30:01 +0000</pubDate>

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	<language>en</language>

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<title><![CDATA[ah oui vraiment ? ]]></title>
<link>http://gauchedecombat.wordpress.com/2009/11/27/ah-oui-vraiment/</link>
<pubDate>Fri, 27 Nov 2009 17:21:04 +0000</pubDate>
<dc:creator>gauchedecombat</dc:creator>
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<description><![CDATA[J&#8217;aime (aussi) les étrangers : ils sont le sang neuf de la France. Dois-je pour autant être co]]></description>
<content:encoded><![CDATA[J&#8217;aime (aussi) les étrangers : ils sont le sang neuf de la France. Dois-je pour autant être co]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[O poveste frumoasă, frumoasă...]]></title>
<link>http://microfonliber.wordpress.com/2009/11/27/o-poveste-frumoasa-frumoasa/</link>
<pubDate>Fri, 27 Nov 2009 11:05:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>microfonliber</dc:creator>
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<description><![CDATA[O cunosc pe dna Benita Ferrero Waldner de la o reuniune a ONG-urilor cu statut participativ la Consi]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://microfonliber.wordpress.com/files/2009/11/147741.jpg"><img src="http://microfonliber.wordpress.com/files/2009/11/147741.jpg?w=150" alt="" title="UE" width="150" height="112" class="alignleft size-thumbnail wp-image-507" /></a></p>
<p>O cunosc pe dna Benita Ferrero Waldner de la o reuniune<br />
a ONG-urilor cu statut participativ la Consiliul Europei (Strasbourg)&#8230;<br />
O doamnă deosebită, cu o înaltă cultură politică, un diplomat excelent&#8230; Poate din acest motiv, fraza Domniei sale<br />
„În câţiva ani, cetăţeni moldoveni ar putea călători liber în UE!”<br />
mă bucură&#8230; dar şi mă întristează&#8230;<br />
Câţiva ani &#8211; înseamnă 3-5 ani&#8230;<br />
dar pot fi şi 8-10 ani, sau şi mai mult&#8230;<br />
Tinerii bolnavi de subnutriţie, care nu găsesc de lucru,<br />
intelectualii bolnavi de subnutriţie, care au fost persecutaţi şi şantajaţi de caracatiţa mafiotă a vechii puteri,<br />
pensionarii bolnavi de subnutriţie târâiţi prin judecată de mafia monopolistă a prestătorilor de aşa zise servicii comunale&#8230;<br />
copiii, copiii! dragii mei&#8230; &#8211; toată această lume<br />
va mai fi în viaţă<br />
peste cîţiva ani?!<br />
“Uniunea Europeană se pregăteşte să trimită imediat<br />
26 milioane euro pentru Republica Moldova”,<br />
a susţinut comisarul european.<br />
Poate că ar trebui ca aceste miloane să se bage pe gît<br />
nesăţioşilor de la Termocom, caracatiţei asociaţiei de locatari<br />
şi celorlalţi care trăiesc pe lacrimile sufletului de pensionar&#8230;<br />
Or, e o mare tragedie ca pensionarii să plătească<br />
tot gazul vîndut în dreapta şi în stânga,<br />
toată apa care curge mereu pe străzi,<br />
şi fel de fel de servicii neeczistente&#8230;<br />
&#8220;Alte cca 100 milioane de euro vor ajunge în R. Moldova<br />
în cadrul programului de susținere macroeconomică<br />
a țării dvs în 2010&#8243;, a mai adăugat comisatul UE.<br />
Şi în timpul guvernării comuniste au venit<br />
milioane şi milioane de euro, dolari etc.<br />
Cum se lămureşte că lumea trăieşte atât de greu?..</p>
<p>Benita Ferrero Waldner s-a arătat “&#8230;încântată că prima rundă<br />
de negocieri cu Republica Moldova în cadrul Parteneriatului Estic<br />
va avea loc la Chişinău la 12 ianuarie 2010”&#8230;</p>
<p>Păct că rămânem în Parteneriatul Estic, onorată doamnă&#8230;</p>
<p>Microfonul liber şi&#8230;<br />
independent.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Union Départementale CGT de l'Isère: position à propos du débat sur l'identité nationale.]]></title>
<link>http://cgttefsas.wordpress.com/2009/11/27/union-departementale-cgt-de-lisere-position-a-propos-du-debat-sur-lidentite-nationale/</link>
<pubDate>Fri, 27 Nov 2009 08:31:45 +0000</pubDate>
<dc:creator>cgttefsas</dc:creator>
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<description><![CDATA[Grenoble, le 25 novembre 2009 &nbsp; &nbsp; &nbsp; Lettre ouverte à Monsieur le Préfet de l’Isère ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://cgttefsas.wordpress.com/files/2009/11/logocgtisere.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-985" title="logoCGTISERE" src="http://cgttefsas.wordpress.com/files/2009/11/logocgtisere.jpg" alt="" width="145" height="185" /></a></p>
<p>Grenoble, le 25 novembre 2009</p>
<p>&#160;</p>
<p>&#160;</p>
<p>&#160;</p>
<p>Lettre ouverte à Monsieur le Préfet de l’Isère</p>
<p>&#160;</p>
<p>&#160;</p>
<p>Monsieur le Préfet,</p>
<p>&#160;</p>
<p>Vous vous apprêtez à nous convoquer pour participer au débat initié par le gouvernement sur l’identité nationale.</p>
<p>&#160;</p>
<p>Autant vous le dire clairement, nous  ne viendrons pas.</p>
<p>&#160;</p>
<p>Nous sommes ce qu’il est communément appelé un corps social, inséré dans la République et contributif de son espace démocratique.</p>
<p>&#160;</p>
<p>Nous mesurons donc que ne pas se rendre à une sollicitation du représentant de l’Etat n’est pas banal et porte un sens politique.</p>
<p>&#160;</p>
<p>Nous ne viendrons pas parce que nous ne sommes pas dupes de l’opération à visée électorale, à destination de l’extrême-droite.</p>
<p>&#160;</p>
<p>Nous ne viendrons pas, parce que pour nous, l’identité d’une Nation ne peut être marquée d’un quelconque sceau ministériel et encore moins d’une hypothétique loi la définissant.</p>
<p>&#160;</p>
<p>Pour nous, quand un gouvernement entend cadrer ce qui relève de la mémoire historique, il y a tout lieu de s’inquiéter de la qualité de notre démocratie.</p>
<p>&#160;</p>
<p>L’histoire du syndicalisme est liée intimement, sans en avoir l’exclusivité, à nombre de grandes réalisations sociales.</p>
<p>&#160;</p>
<p>La protection sociale, le mutualisme, la structuration de services publics contribuant à l’égalité de traitement des citoyens, le code du travail….</p>
<p>&#160;</p>
<p>Ce sont en définitive des règles communes qui fondent largement notre République auxquelles le syndicalisme a contribué.</p>
<p>&#160;</p>
<p>Ce  sont souvent les capacités de révolte, de contestation de l’ordre établi, quand il met en danger le commun qui ont permis à ce pays de développer un haut niveau d’exigences sociales.</p>
<p>&#160;</p>
<p>Il ne serait y avoir pour nous, de rapport entre le citoyen et la nation, déconnectés de la question sociale.</p>
<p>&#160;</p>
<p>Dans la mesure où ce gouvernement- là, réforme après réforme, adapte les pratiques publiques aux seuls besoins de la finance, dénoue les solidarités, il ne serait être question pour la CGT de participer de quelque manière que ce soit, à cette mascarade dont l’objet essentiel semble de justifier une politique d’agression envers les populations les plus fragiles de notre territoire.</p>
<p>&#160;</p>
<p>L’identité d’une Nation, n’est pas le fruit d’une négociation, mais le résultat de faits historiques, de rapport de forces sociaux et politiques.</p>
<p>&#160;</p>
<p>Notre pays, et notre département singulièrement ont creusé leurs développements par l’apport de citoyens venus d’autres Nations.</p>
<p>&#160;</p>
<p>Par leur force de travail, ils ont contribué aux grands travaux structurant notre économie, dans l’industrie singulièrement.</p>
<p>&#160;</p>
<p>Ils ont fait de leurs apports une richesse, contribué au rayonnement de la France dans le monde par la capacité de notre société à accueillir, former, éduquer les citoyens quelles que soient leurs origines sociales et géographiques.</p>
<p>&#160;</p>
<p>Le Ministère de l’immigration est synonyme pour nombre de nos concitoyens (et nous pensons à juste titre), de Ministère de la discrimination, de l’arbitraire et de la stigmatisation.</p>
<p>&#160;</p>
<p>Notre contribution &#8220;au vivre ensemble&#8221;, à nous, c’est notre engagement aux côtés des salariés sans-papiers pour leur régularisation, pour que ceux-ci puissent devenir des citoyens à part entière, à égalité de droit avec les autres salariés, ce n’est pas la division entretenue de manière démagogique par ce gouvernement qui au final tire vers le bas, l’ensemble des droits sociaux et des garanties collectives.</p>
<p>&#160;</p>
<p>Notre engagement à nous ce n’est pas une séance en salons préfectoraux d’auto- congratulations d’une France chauvine qui se prendrait pour le phare du monde, mais les solidarités que nous construisons avec les syndicalistes à travers le monde pour une élévation des conditions de vie et d’existence sur l’ensemble de la planète.</p>
<p>&#160;</p>
<p>Notre engagement à nous, c’est l’action pour le maintien, le développement de services publics, au service de tous, que l’on habite à la ville ou à la compagne, et cela quel que soit le niveau social de nos concitoyens.</p>
<p>&#160;</p>
<p>Notre engagement à nous, c’est la mobilisation pour la défense de nos emplois industriels, qui fondent la richesse sociale, économique, et culturelle d’une nation développée.</p>
<p>&#160;</p>
<p>Pour toutes ces raisons, Monsieur le Préfet, et pour bien d’autres, nous ne participerons pas à une réunion sous l’égide d’un Ministère que nous considérons comme le pire Ministère que la République ait connue depuis la Libération.</p>
<p>&#160;</p>
<p>Recevez, Monsieur le Préfet de l’Isère, nos salutations Républicaines.</p>
<p>&#160;</p>
<p>&#160;</p>
<p>Pour l&#8217;Union Départementale CGT de l&#8217;Isère,</p>
<p>Patrick VARELA,</p>
<p>Secrétaire général</p>
<p>&#160;</p>
<p>&#160;</p>
<p>&#160;</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[un vrai combat en rouge et noir]]></title>
<link>http://gauchedecombat.wordpress.com/2009/11/27/un-vrai-combat-en-rouge-et-noir/</link>
<pubDate>Fri, 27 Nov 2009 07:27:49 +0000</pubDate>
<dc:creator>gauchedecombat</dc:creator>
<guid>http://gauchedecombat.wordpress.com/2009/11/27/un-vrai-combat-en-rouge-et-noir/</guid>
<description><![CDATA[Là-bas, eux, au moins, ils se battent&#8230; Vraiment.  Résistance ! . LIYANNAJ KONT PWOFITASYON (Co]]></description>
<content:encoded><![CDATA[Là-bas, eux, au moins, ils se battent&#8230; Vraiment.  Résistance ! . LIYANNAJ KONT PWOFITASYON (Co]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Colvin contre Hillier]]></title>
<link>http://reactionismwatch.wordpress.com/2009/11/26/colvin-contre-hillier/</link>
<pubDate>Thu, 26 Nov 2009 18:21:03 +0000</pubDate>
<dc:creator>sylvainguillemette</dc:creator>
<guid>http://reactionismwatch.wordpress.com/2009/11/26/colvin-contre-hillier/</guid>
<description><![CDATA[&nbsp; &nbsp; Les médias sont ainsi, ils laissent planer un doute, un suspense, question de mousser ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:center;"><img class="aligncenter" src="http://peacerebelgirl.files.wordpress.com/2009/02/cgr_eng_iraq_afghanistan1.jpg" alt="http://peacerebelgirl.files.wordpress.com/2009/02/cgr_eng_iraq_afghanistan1.jpg" /></p>
<p>&#160;</p>
<p>&#160;</p>
<p>Les médias sont ainsi, ils laissent planer un doute, un suspense, question de mousser un tantinet leurs reportages. Depuis hier, ceux-ci abordent à nouveau la question des prisonniers afghans, que nous savons désormais, possiblement systématiquement torturés, et cela, alors que le Canada serait au courant, lorsqu’il transfert les prisonniers aux «autorités» afghanes. Mais deux versions s’affrontent ici, laissant planer ce dit doute, alors que pourtant, les choses semblent claires pour la majorité populaire, ce que confirme d’ailleurs un <a href="http://matin.branchez-vous.com/nouvelles/2009/11/torture_les_canadiens_croient.html">sondage</a> d’autant plus que la crédibilité d’un militaire, voulant «exterminer de la vermine», vient changer la donne dans l’opinion publique si l’on s’y attarde.</p>
<p>&#160;</p>
<p>Rick Hillier, ancien général, à la retraite désormais, affirme que durant son temps affecté au commandement, Colvin ne l’a pas averti des possibilités de torture. À l&#8217;époque, McKay était le ministre de la défense du Canada, responsable de rendre ces «mémos» (rendus confidentiels par les conservateurs de Harper) aux généraux. Richard Colvin, lui, affirme que le Canada a toujours été  au courant, et qu’il a mis au courant Hillier et ses collègues du danger potentiel de torture. Mais qui donc, des deux, a quelque chose à gagner, ou à cacher, bref,  à vendre sa version à l’opinion publique?</p>
<p>&#160;</p>
<p>Hillier, jadis au commandement de nos troupes impérialistes en Afghanistan, rappelons-le, dans une mission déclenchée sur un tas de mensonges répétés à maintes reprises par l’administration Bush , illégale et institutrice d’un «gouvernement» de talibans rasés et de seigneurs de guerre, ainsi que d’un dictateur non élu par le peuple, affirme pour sa part, n’avoir jamais été mis au courant par Colvin de telles possibilités, attribuant donc à ce dernier, le mensonge éhonté. Mais qu’a à gagner Colvin à mentir sur cette situation désespérée en Afghanistan? Rien, il met d’ailleurs, et c’est maintenant évident, sa propre carrière en jeu, ainsi que sa réputation et sa crédibilité. Mais qu’a Rick Hillier à gagner, si Colvin n’y a, lui, rien du tout, sauf tout à perdre? Eh bien! Il commandait les troupes, il se trouverait donc, en partie, responsable du sort des prisonniers afghans, selon les ententes qu’aurait signées le Canada, internationalement, et auprès du «gouvernement» afghan. Il aurait donc, tout à gagner, à mentir sur la situation réelle, et le contraire n’est pas une observation possible, ni plausible. Il serait sinon, passible d’accusations criminelles de guerre, voire de complicité dans la torture systématique des prisonniers afghans –Les États-Unis ont toujours, dans leurs nombreux conflits étalés sur 150 ans, usé de torture vis-à-vis leurs prisonniers. La CIA, et la DEA désormais, ont construit des écoles de torture à travers toute l’Amérique latine, et à travers l’Europe et l&#8217;Afrique. C’est une tradition états-unienne, ou capitaliste et bourgeoise devrais-je dire.-.</p>
<p>&#160;</p>
<p>Aussi, il serait peut-être bien de rappeler au lectorat que Rick Hillier fut partisan de la ligne dure, et des conservateurs, qui eux-mêmes, ont participé à la torture d’un enfant-soldat (Omar Khadr) via leur SCRS (Affilié à la plus financée des organisations terroristes, la CIA.), selon encore une fois, les traités qu’a signés le Canada par le passé. Que cela plaise ou non aux conservateurs, ou aux militaires, la détention d’un enfant-soldat était et demeure illégale, et sa torture évidemment, l’est tout autant! De plus, cet enfant-soldat est détenu dans un endroit peu commun, une prison –Guantanamo- jugée elle-même illégale, et construite sur un territoire occupé par les États-Unis d’Amérique sur l’île de Cuba, territoire que revendique bien sûr, La Havane. Rick Hillier avait affirmé, devant les caméras des médias -dont Radio-Canada-, qu’il allait tout faire pour «exterminer cette vermine talibane». Or, cette seule remarque partisane et radicale déterminait à l’avance, la culpabilité des combattants afghans, qu’ils soient ou non, talibans, et d&#8217;origine verminale. Bref, un partisan pur et dur de l’occupation de l’Afghanistan, un partisan pur et dur de l’OTAN, ce bras armé de la bourgeoisie. Hillier n’a donc pas la notoriété de Colvin, ni son prestige, pour affirmer que ce dernier ment. Le seul prestige qu’il a, c’est d’avoir monté les échelons dans une organisation impérialiste, une armée officielle, certes, mais également, une armée perpétrant des crimes de guerre à l’étranger (bombardements en Yougoslavie de cibles civiles, invasion de pays souverains, mise en place de dictature dans des pays souverains, participation à des coups d’État avec leurs alliés, utilisation de phosphore blanc offensivement, etc..). Et c’est un militaire, sachant très bien garder un secret… Et nous observons, justement, un secret bien gardé à Ottawa. Car Stephen Harper, si vous ne le saviez pas, a tout fait pour bloquer et rendre confidentiels, les mémos de Colvin rendus à MacKay.</p>
<p>&#160;</p>
<p>Bref, les conservateurs nous disent que Colvin ne raconte que des bobards, mais ils font taire ces bobards, question d’être certain que personne n’en apprenne sur ceux-là&#8230;</p>
<p>&#160;</p>
<p>&#160;</p>
<p>Qui donc doit-on croire? Hillier, le militariste assoiffé par l’envie d’«exterminer de la vermine talibane», ou un parfait innocent, ne rapportant que des faits qui, aujourd’hui, mettent sa carrière en péril? Et qui s’étonne de voir Hillier et ses collègues démentir Colvin, car après tout, Hillier n’est pas contre cette torture, faite vis-à-vis ceux qu’il désire exterminer…, tout au contraire. Et en voulant exterminer cette dite vermine, sans par exemple tenir compte du fait qu’elle a été financée par Washington cette «vermine», il le démontre bien…</p>
<p>&#160;</p>
<p>Il y a donc eu torture, et le Canada le savait, et y a participé, en complice. De toute façon, le Canada est complice de ses alliés, quant à l&#8217;invasion de ce pays qu&#8217;est l&#8217;Afghanistan, quant à la mise en place d&#8217;une dictature militairement soutenue, et du maintien au pouvoir, des factions de guerres, elles, dirigées par les seigneurs de guerre.</p>
<p>&#160;</p>
<p>&#160;</p>
<p>&#160;</p>
<p>&#160;</p>
<p>&#160;</p>
<p>&#160;</p>
<p>&#160;</p>
<p>&#160;</p>
<p>&#160;</p>
<p>&#160;</p>
<p>&#160;</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Frame G8/2001]]></title>
<link>http://lacile.wordpress.com/2009/11/26/frame-g82001/</link>
<pubDate>Thu, 26 Nov 2009 17:50:35 +0000</pubDate>
<dc:creator>©cecile landman</dc:creator>
<guid>http://lacile.wordpress.com/2009/11/26/frame-g82001/</guid>
<description><![CDATA[In the course of these last years the Genova Legal Forum legal secretariat has worked on and present]]></description>
<content:encoded><![CDATA[In the course of these last years the Genova Legal Forum legal secretariat has worked on and present]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[scandalagiul]]></title>
<link>http://drak0n.wordpress.com/2009/11/26/scandalagiul/</link>
<pubDate>Thu, 26 Nov 2009 11:50:30 +0000</pubDate>
<dc:creator>drak0n</dc:creator>
<guid>http://drak0n.wordpress.com/2009/11/26/scandalagiul/</guid>
<description><![CDATA[Cel mai important repros care ii este adus lui basescu este, pe linga clasicul &#8220;nu a facut nim]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:justify;">Cel mai important repros care ii este adus lui basescu este, pe linga clasicul &#8220;nu a facut nimic&#8221; (insa &#8220;niciunul  nu a facut nimic&#8221;:D, se accepta in continuare), ca s-a tinut numai de scandaluri.</p>
<p style="text-align:justify;">Logica de care <span style="text-decoration:underline;">nu</span> da dovada chestia cu scandalurile ma frustreaza enorm. Adica trec 15 ani de la revolutie si democratia noastra e in ceata totala, se fura ca-n codru (aaa &#8230; dispare si codrul cu ocazia asta prin taieri masive asistate de&#8230;), presa nu exista, justitie nema, sindicatele apar sporadic in prag de alegeri, minerii apar si ei sporadic sa faca sport cu studentii in Bucuresti, se cladesc averi pe baza devalizarii statului si populatiei, etc &#8230; si, brusc, dupa astia 15 ani apar scandalurile. Care sunt rele.  Pentru ca &#8230;. nu e liniste. Ca in ailalti 15 ani.</p>
<p style="text-align:justify;">Plus ca democratie sufera de tendite dictatoriale, tendinte denuntate public de o manuta <img src='http://s.wordpress.com/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' />  de ziaristi curajosi care isi risca zilnic viata scuipind in fata dictatorului, la televiziuni underground care emit din locatii secrete. deh&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">deci.</p>
<p style="text-align:justify;">dupa mine una din doua, linistea in democratie inseamna:</p>
<p style="text-align:justify;">a. democratie e matura, puternica si sigura</p>
<p style="text-align:justify;">b. nu exista</p>
<p style="text-align:justify;">alegeti voi unde am fost aia 15 ani.</p>
<p style="text-align:justify;">tranzitia de la pseudo-comunism la democratie  nu se va face in liniste.. e ca pubertatea: plina de cosuri, accese de furie, certuri cu parintii si teribilisme.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Polanski : les mots ont un sens et la couche sociale est un airbag formidable]]></title>
<link>http://pushsv2.wordpress.com/2009/11/26/polanski-les-mots-ont-un-sens-et-la-couche-sociale-est-un-airbag-formidable/</link>
<pubDate>Thu, 26 Nov 2009 09:17:20 +0000</pubDate>
<dc:creator>Theo</dc:creator>
<guid>http://pushsv2.wordpress.com/2009/11/26/polanski-les-mots-ont-un-sens-et-la-couche-sociale-est-un-airbag-formidable/</guid>
<description><![CDATA[Polanski a fait la une du journal de 20h hier soir sur la deux &#8230; en arrière plan la liste des ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[Polanski a fait la une du journal de 20h hier soir sur la deux &#8230; en arrière plan la liste des ]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[IMNUL REVOLUŢIEI DIN MOLDOVA]]></title>
<link>http://victortibrigan.wordpress.com/2009/11/26/imnul-revolutiei-din-moldova/</link>
<pubDate>Thu, 26 Nov 2009 08:10:02 +0000</pubDate>
<dc:creator>victortibrigan</dc:creator>
<guid>http://victortibrigan.wordpress.com/2009/11/26/imnul-revolutiei-din-moldova/</guid>
<description><![CDATA[Hai Moldova-Libertate! Libertatea te aşteaptă Hai Moldova-Libertate! Lucrurile de azi se îndreaptă T]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>Hai Moldova-Libertate!</p>
<p>Libertatea te aşteaptă</p>
<p>Hai Moldova-Libertate!</p>
<p>Lucrurile de azi se îndreaptă</p>
<p>Tu faci pasul chiar acum,</p>
<p>Steagul roşu e în scrum</p>
<p>Jos ciocanul</p>
<p>Jos tăcerea</p>
<p>Sus puterea</p>
<p>Sus drapelul tricolor</p>
<p>El este-al copiilor</p>
<p>Hai Moldova-Liberate!</p>
<p>Libertatea te aşteaptă</p>
<p>Hai Moldova-Libertate!</p>
<p>Lucrurile de azi se îndreaptă</p>
<p>Mergem pas cu pas acum</p>
<p>Nu ne-ntorci aşa din drum</p>
<p>Câştigat-am noi acum</p>
<p>Parlamentul cade-n dreapta</p>
<p>Guvernu-i urmează soarta</p>
<p>Hai Moldova hai acum!</p>
<p>Pace vrem, dreptate vrem</p>
<p>Din acest moment avem</p>
<p>Hai Moldova-Liberate!</p>
<p>Libertatea te aşteaptă</p>
<p>Hai Moldova-Libertate!</p>
<p>Lucrurile de azi se îndreaptă</p>
<p><em><strong>Respect pentru ţară,</strong></em></p>
<p><em><strong>Laura Bagrii</strong></em></p>
<p><a href="http://victortibrigan.wordpress.com/files/2009/11/pman.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-146" title="PMAN Chişinău 7 aprilie 2009 http://storage0.dms.mpinteractiv.ro" src="http://victortibrigan.wordpress.com/files/2009/11/pman.jpg" alt="" width="450" height="271" /></a></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[SELAMAT DATANG KEMBALI]]></title>
<link>http://pembebasan.wordpress.com/2009/11/26/selamat-datang-kembali/</link>
<pubDate>Thu, 26 Nov 2009 06:25:57 +0000</pubDate>
<dc:creator>pembebasan</dc:creator>
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<description><![CDATA[NEGARA suatu Konstitusi (?). Didasarkan Kemerdekaan. Menuju Liberal atau Sosial bergantung Kekuasaan]]></description>
<content:encoded><![CDATA[NEGARA suatu Konstitusi (?). Didasarkan Kemerdekaan. Menuju Liberal atau Sosial bergantung Kekuasaan]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[Conférence incontournable: Soral sur la Gouvernance globale]]></title>
<link>http://ripoublik.wordpress.com/2009/11/26/conference-incontournable-soral-sur-la-gouvernance-globale/</link>
<pubDate>Thu, 26 Nov 2009 01:03:34 +0000</pubDate>
<dc:creator>fromdawu</dc:creator>
<guid>http://ripoublik.wordpress.com/2009/11/26/conference-incontournable-soral-sur-la-gouvernance-globale/</guid>
<description><![CDATA[Pour toute personne voulant comprendre les choix politiques de nos grands dirigeants mondiaux, mais ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[Pour toute personne voulant comprendre les choix politiques de nos grands dirigeants mondiaux, mais ]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Décrypter les mécanismes du « Nouvel Ordre Mondial »]]></title>
<link>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/25/decrypter-les-mecanismes-du-%c2%ab-nouvel-ordre-mondial-%c2%bb/</link>
<pubDate>Wed, 25 Nov 2009 23:03:41 +0000</pubDate>
<dc:creator>Bao</dc:creator>
<guid>http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/25/decrypter-les-mecanismes-du-%c2%ab-nouvel-ordre-mondial-%c2%bb/</guid>
<description><![CDATA[Par Régis Mex, pour Mecanopolis article rédigé le 16 mars 2009 G20, sommet de l’OTAN… La crise écono]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><em>Par Régis Mex, pour Mecanopolis</em></p>
<p>article rédigé le 16 mars 2009</p>
<p><strong>G20, sommet de l’OTAN… La crise économique mondiale accélère un processus entamé il y a déjà fort longtemps. La pression sur les États va encore s’accentuer, dans les prochaines semaines, afin qu’ils participent à de nouveaux « <em>plans de sauvetages</em> », aussi inutiles qu’onéreux. Lorsqu’ils crouleront sous le poids des dettes et seront menacé de faillite, le « <em>nouvel ordre mondial</em> » pourra s’imposer de lui même. L’histoire du monde nous démontre que les mécanismes de la manipulation sont toujours les mêmes et qu’ils s’étalent presque au grand jour, pour ceux qui se donnent la peine de garder les yeux ouverts.<br />
</strong></p>
<p><a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/nwo.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2644" title="nwo" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/nwo.jpg" alt="" width="445" height="336" /></a></p>
<p><strong>DIALOGUES AUX ENFERS ENTRE MACHIAVEL ET MONTESQUIEU</strong></p>
<p>Dans le Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu (1864), Maurice Joly (1829-1878) décrit – sous couvert d’une discussion philosophique entre Machiavel et Montesquieu, personnages qu’il a réuni de manière fictive, sur les fins de la politique – comment Napoléon III a manipulé les milieux économiques, la presse, l’opinion publique, les syndicats, les milieux ouvriers, le peuple, etc, pour établir les bases solides d’un pouvoir qu’on pourrait qualifier de totalitaire. Selon l’auteur, l’empereur a fait du peuple français un peuple d’esclaves, oublieux de sa liberté et consentant à tous les asservissements.</p>
<p>Puisque je trouve les caractéristiques d’un gouvernement totalitaire admirablement décrites dans cette oeuvre, je vous propose ce recueil d’extraits que j’ai commenté. Vous serez sans doute surpris de voir à quel point de nombreux critères correspondent à merveille avec notre société actuelle, et à quel point les mécanismes du despotisme sont intemporels et ne changent que par la forme à travers le temps, jamais en substance. D’où l’intérêt de connaître le passé pour comprendre le présent.</p>
<p><strong>Prologue:</strong></p>
<p><strong>« Machiavel :</strong></p>
<p>L’instinct mauvais chez l’homme est plus puissant que le bon. L’homme a plus d’entraînement vers le mal que vers le bien ; la crainte et la force ont sur lui plus d’empire que la raison. Les hommes aspirent tous à la domination, et il n’en est point qui ne fût oppresseur, s’il le pouvait ; tous ou presque tous sont prêts à sacrifier les droits d’autrui à leurs intérêts. Qui contient entre eux ces animaux dévorants qu’on appelle les hommes ? A l’origine des sociétés, c’est la force brutale et sans frein ; plus tard, c’est la loi, c’est-à-dire encore la force, réglée par des formes.</p>
<p>Sous certaines latitudes de l’Europe, il y a des peuples incapables de modération dans l’exercice de la liberté. Si la liberté s’y prolonge, elle se transforme en licence ; la guerre civile ou sociale arrive, et l’État est perdu, soit qu’il se fractionne et se démembre par l’effet de ses propres convulsions, soit que ses divisions le rendent la proie de l’étranger. Dans des conditions pareilles, les peuples préfèrent le despotisme à l’anarchie ; ont-ils tort ? Les États une fois constitués ont deux sortes d’ennemis : les ennemis du dedans et les ennemis du dehors. Quelles armes emploieront-ils en guerre contre les étrangers ? Les deux généraux ennemis se communiqueront-ils réciproquement leurs plans de campagne pour se mettre mutuellement en état de se défendre ? S’interdiront-ils les attaques nocturnes, les pièges, les embuscades, les batailles en nombre de troupes inégal ? Non, sans doute, n’est-ce pas ? et de pareils combattants apprêteraient à rire. Et ces pièges, ces artifices, toute cette stratégie indispensable à la guerre, vous ne voulez pas qu’on l’emploie contre les ennemis du dedans, contre les factieux ?</p>
<p>Sans doute, on y mettra moins de rigueur ; mais, au fond, les règles seront les mêmes. Est-il possible de conduire par la raison pure des masses violentes qui ne se meuvent que par des sentiments, des passions et des préjugés ? Je vous l’ai dit tout à l’heure, et je le maintiens, même en présence de l’histoire contemporaine : tous les pouvoirs souverains ont eu la force pour origine, ou, ce qui est la même chose, la négation du droit. Ce mot de droit lui-même, d’ailleurs, ne voyez-vous pas qu’il est d’un vague infini ? Où commence-t-il, où finit-il ? Quand le droit existera-t-il, et quand n’existera-t-il pas ? Dans les États, le principe du droit est dominé par celui de l’intérêt. Abstraitement parlant, la violence et l’astuce sont-elles un mal ? Oui ; mais il faudra bien les employer pour gouverner les hommes, tant que les hommes ne seront pas des anges.</p>
<p>Tout est bon ou mauvais, suivant l’usage qu’on en fait et le fruit que l’on en tire ; la fin justifie les moyens : et maintenant si vous me demandez pourquoi, moi républicain, je donne partout la préférence au gouvernement absolu, je vous dirai que, témoin dans ma patrie de l’inconstance et de la lâcheté de la populace, de son goût inné pour la servitude, de son incapacité à concevoir et à respecter les conditions de la vie libre ; c’est à mes yeux une force aveugle qui se dissout tôt ou tard, si elle n’est dans la main d’un seul homme ; je réponds que le peuple, livré à lui-même, ne saura que se détruire ; qu’il ne saura jamais administrer, ni juger, ni faire la guerre. Je vous dirai que la Grèce n’a brillé que dans les éclipses de la liberté ; que sans le despotisme de l’aristocratie romaine, et que, plus tard, sans le despotisme des empereurs, l’éclatante civilisation de l’Europe ne se fût jamais développée.Chercherai-je mes exemples dans les États modernes ? Ils sont si frappants et si nombreux…</p>
<p><strong>Montesquieu : </strong></p>
<p><a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/illuminati_remix_2_by_keepinschtum.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2646" title="illuminati by Keepinschtum" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/illuminati_remix_2_by_keepinschtum.jpg?w=300" alt="" width="300" height="300" /></a>Vous conviendrez cependant que, quand il s’agit de gouvernement, il faut aboutir à des principes. Vous ne faites aucune place, dans votre politique, ni à la morale, ni à la religion, ni au droit ; vous n’avez à la bouche que deux mots : la force et l’astuce. Si votre système se réduit à dire que la force joue un grand rôle dans les affaires humaines, que l’habileté est une qualité nécessaire à l’homme d’État, vous comprenez bien que c’est là une vérité qui n’a pas besoin de démonstration ; mais ; si vous érigez la violence en principe, l’astuce en maxime de gouvernement ; si vous ne tenez compte dans vos calculs d’aucune des lois de l’humanité, le code de la tyrannie n’est plus que le code de la brute, car les animaux aussi sont adroits et forts, et il n’y a, en effet, parmi eux d’autre droit que celui de la force brutale. Ce n’est pas seulement au nom de l’intérêt, c’est au nom du devoir qu’agissent tous les oppresseurs. Ils le violent, mais ils l’invoquent ; la doctrine de l’intérêt est donc aussi impuissante à elle seule que les moyens qu’elle emploie. »</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>Cet extrait des Dialogues issu du prologue met les choses à leur place d’une manière objective: si le gouvernement est coupable de bien des vices, ses fondations reflètent la nature de peuples. En effet, comme le dit le proverbe, « <em>on a les politiciens que l’on mérite</em> », et il me semble particulièrement intéressant de constater, lorsque l’on remonte aux sources des causes de la perversité de nos gouvernements, que beaucoup de mesures moralement contestables que ces derniers sont forcés de mettre en place sont dues à l’irresponsabilité et à la méchanceté des peuples. Il me semble, d’ailleurs, que l’extrait est suffisamment éloquent à ce sujet. Le problème est que, comme le souligne Montesquieu, les gouvernements auront tendance à s’égarer dans la force, à négliger le bien de ses sujets, et à ne favoriser que les intérêts du « <em>prince</em> » (souverain) et ses proches. La solution ne se trouverait donc pas dans un système, puisque tous devront user de moyens douteux à un instant ou à un autre de leur existence, mais bien dans l’attitude des dirigeants; il ne faut pas qu’ils s’égarent sur la voie de la facilité et estiment leurs citoyens comme un troupeau de bétail qui n’a d’autre utilité que celle d’être exploité. Ils doivent, au contraire, être conscients que si les peuples manquent de responsabilité, ils doivent être ceux qui les guideront pour les amener à s’améliorer, comme un parent bienveillant éduque son enfant. Hélas, nous savons tous que les gouvernements de notre temps (et ceux d’une écrasante majorité à travers l’histoire, d’ailleurs) empruntent la voie inverse, et ont bien peu de scrupules moraux et philosophiques. Mais il n’empêche que nous ne devons pas être aveugle et ne voir que leurs fautes; nous devons aussi avoir un regard introspectif et admettre la responsabilité de la collectivité, ce qui, je pense, se fait bien trop rarement de notre temps, alors que l’on ne peut arriver à un vision juste des choses en l’absence de la considération de ce point.</p>
<p>« <strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Ici, je vous arrête ; vous faites une part à l’intérêt, cela suffit pour justifier toutes les nécessités politiques qui ne sont pas d’accord avec le droit.</p>
<p><strong>Montesquieu:</strong></p>
<p>C’est la raison d’État que vous invoquez. Remarquez donc que je ne puis pas donner pour base aux sociétés précisément ce qui les détruit. Au nom de l’intérêt, les princes et les peuples, comme les citoyens, ne commettront que des crimes. L’intérêt de l’État, dites-vous ! Mais comment reconnaîtrai-je s’il lui est réellement profitable de commettre telle ou telle iniquité ? Ne savons-nous pas que l’intérêt de l’État, c’est le plus souvent l’intérêt du prince en particulier, ou celui des favoris corrompus qui l’entourent ?</p>
<p>Vous ne songez donc pas qu’avec des maximes pareilles, il n’y a pas de société qui puisse vivre ; vous croyez que le sujet tiendra longtemps ses serments quand il verra le souverain les trahir ; qu’il respectera les lois quand il saura que celui qui les lui a données les a violées, et qu’il les viole tous les jours ; vous croyez qu’il hésitera dans la voie de la violence, de la corruption et de la fraude, quand il y verra marcher sans cesse ceux qui sont chargés de le conduire ? Détrompez-vous ; sachez que chaque usurpation du prince dans le domaine de la chose publique autorise une infraction semblable dans la sphère du sujet ; que chaque perfidie politique engendre une perfidie sociale ; que chaque violence en haut légitime une violence en bas. Voilà pour ce qui regarde les citoyens entre eux.</p>
<p>Pour ce qui les regarde dans leurs rapports avec les gouvernants, je n’ai pas besoin de vous dire que c’est la guerre civile introduite à l’état de ferment, au sein de la société. Le silence du peuple n’est que la trêve du vaincu, pour qui la plainte est un crime. Attendez qu’il se réveille : vous avez inventé la théorie de la force ; soyez sûr qu’il l’a retenue. Au premier jour, il rompra ses chaînes ; il les rompra sous le prétexte le plus futile peut-être, et il reprendra par la force ce que la force lui a arraché.</p>
<p>La maxime du despotisme, c’est le perinde ac cadaver des jésuites ; tuer ou être tué : voilà sa loi ; c’est l’abrutissement aujourd’hui, la guerre civile demain.</p>
<p>Sans doute, les orages de la liberté existeront toujours, et il se commettra encore bien des crimes en son nom : mais le fatalisme politique n’existe plus. Si vous avez pu dire, dans votre temps, que le despotisme était un mal nécessaire, vous ne le pourriez pas aujourd’hui, car, dans l’état actuel des mœurs et des institutions politiques chez les principaux peuples de l’Europe, le despotisme est devenu impossible. »</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>Ici, nous retrouvons ce que nous avons laissé entendre précédemment en plus approfondi; les citoyens créent une entité qui leur ressemble par sa nature, l’État, qui constitue l’autorité. Mais l’autorité influence toujours, voire façonne entièrement, le caractère de ce qui dépend d’elle. Donc, si l’autorité est vertueuse, la morale des citoyens aura tendance à s’améliorer, et inversément si elle est vicieuse. De là découle toute l’importance de ce que les dirigeants assument les mauvais aspects qui existent naturellement, et tentent d’améliorer la situation, plutôt que de se complaire égoïste dans l’état imparfait des choses, en ne se souciant guère du bien commun.</p>
<p><a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/illuminati-papercraft.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2657" title="presse-papier Illuminati" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/illuminati-papercraft.jpg?w=300" alt="" width="300" height="247" /></a>« <strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Impossible ?… Si vous parvenez à me prouver cela, je consens à faire un pas dans le sens de vos idées.</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Je vais vous le prouver très-facilement, si vous voulez bien me suivre encore.</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Très-volontiers, mais prenez garde ; je crois que vous vous engagez beaucoup. Je me propose de démolir, pièce à pièce, toutes les belles choses que vous venez de dire, et de vous démontrer que ce sont mes doctrines seules qui l’emportent même aujourd’hui, malgré les nouvelles idées, malgré les nouvelles mœurs, malgré vos prétendus principes de droit public, malgré toutes les institutions dont vous venez de me parler.</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>En écoutant vos théories sur la division des pouvoirs et sur les bienfaits que lui doivent les peuples de l’Europe, je ne pouvais m’empêcher d’admirer, Montesquieu, à quel point l’illusion des systèmes peut s’emparer des plus grands esprits. A la première occasion, le mouvement se produira par la rupture d’un des ressorts que vous avez si soigneusement forgés. Croyez-vous que les pouvoirs resteront longtemps dans les limites constitutionnelles que vous leur avez assignées, et qu’ils ne parviendront pas à les franchir ? Quelle est l’assemblée législative indépendante qui n’aspirera pas à la souveraineté ? Quelle est la magistrature qui ne fléchira pas au gré de l’opinion ? Quel est le prince, surtout, souverain d’un royaume ou chef d’une république, qui acceptera sans réserve le rôle passif auquel vous l’aurez condamné ; qui, dans le secret de sa pensée, ne méditera pas le renversement des pouvoirs rivaux qui gênent son action ? En réalité, vous aurez mis aux prises toutes les forces contraires, suscité toutes les entreprises, donné des armes à tous les partis. Vous aurez livré le pouvoir à l’assaut de toutes les ambitions, et fait de l’État une arène où se déchaîneront les factions. Dans peu de temps, ce sera le désordre partout ; d’intarissables rhéteurs transformeront en joutes oratoires les assemblées délibérantes ; d’audacieux journalistes, d’effrénés pamphlétaires attaqueront tous les jours la personne du souverain, discréditeront le gouvernement, les ministres, les hommes en place…</p>
<p>Dans vos calculs, vous n’avez compté qu’avec des minorités sociales. Il y a des populations gigantesques rivées au travail par la pauvreté, comme elles l’étaient autrefois par l’esclavage. Qu’importent, je vous le demande, à leur bonheur toutes vos fictions parlementaires ? Votre grand mouvement politique n’a abouti, en définitive, qu’au triomphe d’une minorité privilégiée par le hasard comme l’ancienne noblesse l’était par la naissance. Qu’importe au prolétaire courbé sur son labeur, accablé sous le poids de sa destinée, que quelques orateurs aient le droit de parler, que quelques journalistes aient le droit d’écrire ? Vous avez créé des droits qui resteront éternellement pour la masse du peuple à l’état de pure faculté, puisqu’il ne saurait s’en servir. Ces droits, dont la loi lui reconnaît la jouissance idéale et dont la nécessité lui refuse l’exercice réel, ne sont pour lui qu’une ironie amère de sa destinée. Je vous réponds qu’un jour il les prendra en haine, et qu’il les détruira de sa main pour se confier au despotisme. Le tempérament de vos institutions est de donner plus de force à l’aristocratie qu’au peuple, plus de force au prince qu’à l’aristocratie, proportionnant ainsi les pouvoirs à la capacité politique de ceux qui doivent les exercer.</p>
<p>Le peuple, par une conséquence absolument inévitable, s’emparera, un jour ou l’autre, de tous les pouvoirs dont on a reconnu que le principe était en lui. Sera-ce pour les garder ? Non. Après quelques jours de folie, il les jettera, par lassitude, au premier soldat de fortune qui se trouvera sur son chemin. Dans votre pays, vous avez vu, en 1793, comment les coupe-têtes français ont traité la monarchie représentative : le peuple souverain s’est affirmé par le supplice de son roi, puis il a fait litière de tous ses droits ; il s’est donné à Robespierre, à Barras, à Bonaparte.</p>
<p>Vous êtes un grand penseur, mais vous ne connaissez pas l’inépuisable lâcheté des peuples ; je ne dis pas de ceux de mon temps, mais de ceux du vôtre ; rampants devant la force, sans pitié devant la faiblesse, implacables pour des fautes, indulgents pour des crimes, incapables de supporter les contrariétés d’un régime libre, et patients jusqu’au martyre pour toutes les violences du despotisme audacieux, brisant les trônes dans des moments de colère, et se donnant des maîtres à qui ils pardonnent des attentats pour le moindre desquels ils auraient décapité vingt rois constitutionnels.</p>
<p>Cherchez donc la justice ; cherchez le droit, la stabilité, l’ordre, le respect des formes si compliquées de votre mécanisme parlementaire avec des masses violentes, indisciplinées, incultes, auxquelles vous avez dit : Vous êtes le droit, vous êtes les maîtres, vous êtes les arbitres de l’État !<a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/structure-franc-maconnerie.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-2647" title="les 33 degrés de la Franc-Maçonnerie" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/structure-franc-maconnerie.jpg?w=206" alt="" width="206" height="300" /></a> Ce que vous savez, ainsi que moi, du passé, m’autorise, dès à présent, à dire que le principe de la souveraineté populaire est destructif de toute stabilité, qu’il consacre indéfiniment le droit des révolutions. Il met les sociétés en guerre ouverte contre tous les pouvoirs humains et même contre Dieu ; il est l’incarnation même de la force. Il fait du peuple une brute féroce qui s’endort quand elle est repue de sang, et qu’on enchaîne ; et voici la marche invariable que suivent alors les sociétés dont le mouvement est réglé sur ce principe : la souveraineté populaire engendre la démagogie, la démagogie engendre l’anarchie, l’anarchie ramène au despotisme. Le despotisme, pour vous, c’est la barbarie. Eh bien, vous voyez que les peuples retournent à la barbarie par le chemin de la civilisation.</p>
<p>Mais ce n’est pas tout, et je prétends qu’à d’autres points de vue encore le despotisme est la seule forme de gouvernement qui soit réellement appropriée à l’état social des peuples modernes, car, avec vos grands États, qui ne vivent plus que par l’industrie ; avec vos populations sans Dieu et sans foi, dans des temps où les peuples ne se satisfont plus par la guerre, et où leur activité violente se reporte nécessairement au dedans, la liberté, avec les principes qui lui servent de fondement, ne peut être qu’une cause de dissolution et de ruine. De la lassitude des idées et du choc des révolutions sont sorties des sociétés froides et désabusées qui sont arrivées à l’indifférence en politique comme en religion, qui n’ont plus d’autre stimulant que les jouissances matérielles, qui ne vivent plus que par l’intérêt, qui n’ont d’autre culte que l’or, dont les moeurs mercantiles le disputent à celles des juifs qu’ils ont pris pour modèles. Croyez-vous que ce soit par amour de la liberté en elle-même que les classes inférieures essayent de monter à l’assaut du pouvoir ? C’est par haine de ceux qui possèdent ; au fond, c’est pour leur arracher leurs richesses, instrument des jouissances qu’ils envient.</p>
<p>Ceux qui possèdent implorent de tous les côtés un bras énergique, un pouvoir fort ; ils ne lui demandent qu’une chose, c’est de protéger l’État contre des agitations auxquelles sa constitution débile ne pourrait résister, de leur donner à eux-mêmes la sécurité nécessaire pour qu’ils puissent jouir et faire leurs affaires. Quelles formes de gouvernement voulez vous appliquer à des sociétés où la corruption s’est glissée partout, où la fortune ne s’acquiert que par les surprises de la fraude, où la morale n’a plus de garantie que dans les lois répressives, où le sentiment de la patrie lui-même s’est éteint dans je ne sais quel cosmopolitisme universel ? Je ne vois de salut pour ces sociétés, véritables colosses aux pieds d’argile, que dans l’institution d’une centralisation à outrance, qui mette toute la force publique à la disposition de ceux qui gouvernent « </p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>Il y a peu à redire là-dessus, si ce n’est que, après 145 ans, ce texte reste d’une grande actualité. Il est effectivement saisissant de constater à quel point des passages tels que ceux qui sont surlignés restent valables, et sont sans doute même bien plus vrai qu’à l’époque; les masses de travaux qui ont continué à écraser bien des hommes malgré l’abolition de l’esclavage sont effectivement une poursuite de ce dernier dans une autre forme, surtout aujourd’hui où tout est si bien réglementé et où tant de personnes sont assommées par le crédit que l’on n’a d’autre choix que de suivre une route toute tracée et qui se présente en simulacre de liberté.</p>
<p>La propension qu’ont les hommes à se reposer sur la force de quelqu’un d’autre, et ainsi à leur confier tant de responsabilités qu’ils rendent pour ainsi dire quelqu’un d’autre maître de leur vie, est aussi très bien illustrée dans ce dernier extrait. Mais l’élément le plus frappant est encore, à mon sens, ces sociétés indifférentes aux valeurs essentielles et obsédées par les jouissances matérielles dont parle Maurice Joly, presque prophétiquement, lorsqu’on voit à quel point ces aspects se sont développés et empirés aujourd’hui. Les moeurs ont effectivement été très bousculées, au point que tout ce qui pourrait s’opposer vertueusement aux dérives matérialistes, comme l’idée même de Dieu, est systématiquement renié sans un semblant de réflexion, ce qui engendre un extrême avilissement des peuples occidentaux consommateurs, et les poussent dans l’acception systématique de leurs pulsions primaires et animales, ce qui ne les rend que bien plus simples à contrôler et manipuler, puisque leurs facultés intellectuelles tombent en désuétude.</p>
<p><strong>« Machiavel :</strong></p>
<p>Avec des sociétés nouvelles, il faut employer des procédés nouveaux. Il ne s’agit pas aujourd’hui, pour gouverner, de commettre des iniquités violentes, de décapiter ses ennemis, de dépouiller ses sujets de leurs biens, de prodiguer les supplices ; non, la mort, la spoliation et les tourments physiques ne peuvent jouer qu’un rôle assez secondaire dans la politique intérieure des États modernes. Il s’agit moins aujourd’hui de violenter les hommes que de les désarmer, de comprimer leurs passions politiques que de les effacer, de combattre leurs instincts que de les tromper, de proscrire leurs idées que de leur donner le change en se les appropriant.</p>
<p>Le principal secret du gouvernement consiste à affaiblir l’esprit public, au point de le désintéresser complétement des idées et des principes avec lesquels on fait aujourd’hui les révolutions. Dans tous les temps, les peuples comme les hommes se sont payés de mots. Les apparences leur suffisent presque toujours ; ils n’en demandent pas plus. On peut donc établir des institutions factices qui répondent à un langage et à des idées également factices ; il faut avoir le talent de ravir aux partis cette phraséologie libérale, dont ils s’arment contre le gouvernement. Il faut en saturer les peuples jusqu’à la lassitude, jusqu’au dégoût. On parle souvent aujourd’hui de la puissance de l’opinion, je vous montrerai qu’on lui fait exprimer ce qu’on veut quand on connaît bien les ressorts cachés du pouvoir. Mais avant de songer à la diriger, il faut l’étourdir, la frapper d’incertitude par d’étonnantes contradictions, opérer sur elle d’incessantes diversions, l’éblouir par toutes sortes de mouvements divers, l’égarer insensiblement dans ses voies. Un des grands secrets du jour est de savoir s’emparer des préjugés et des passions populaires, de manière à introduire une confusion de principes qui rend toute entente impossible entre ceux qui parlent la même langue et ont les mêmes intérêts.</p>
<p>Le prince devra s’attacher avant tout à détruire les partis, à dissoudre les forces collectives partout où elles existent, à paralyser dans toutes ses manifestations l’initiative individuelle ; ensuite le niveau des caractères descendra de lui-même, et tous les bras molliront bientôt contre la servitude. Le pouvoir absolu ne sera plus un accident, il deviendra un besoin. Les moyens d’action du despotisme, les plus puissants peut-être, seront précisément ceux que l’on aura le talent d’emprunter à ce même régime industriel qui fait votre admiration. »</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>Nous retrouvons ici la concrétisation de ce que je laissais présager précédemment: l’esprit public est affaibli, malléable, et si désintéressé de la nature de son monde qu’il se contentera de croire ce que les autorités présenteront comme la vérité. Ainsi, le citoyen moyen d’aujourd’hui aime croire qu’il vit dans un système réellement démocratique et respectueux des valeurs humaines en s’extasiant devant les discours officiels incohérents et grossièrement simplistes relayés par son poste télévisé. Il serait si malheureux que l’on tente de le sortir de la béatitude qu’engendre son inconscience qu’il occultera sa réflexion encore plus qu’il ne le fait d’habitude si jamais il entend quelqu’un essayer de lui faire prendre conscience de la véritable réalité des choses; n’écoutant pas, se voilant derrière ses impressions et ses sentiments irrationnels, il continuera d’être un mouton trop occupé par les futilités de son existence et trop égoïste pour réfléchir aux problèmes que connait le monde. Il est alors effectivement extrêmement simple de le manier dans le sens où on l’entend, du moment que l’on lui promettre de pouvoir demeurer dans sa prison dorée d’inconscience. Outre cette actualisation de l’extrait, ce dernier s’exprime si bien de lui-même que je n’ai rien de plus à ajouter.</p>
<p><strong>« Machiavel :</strong></p>
<p>A l’aide du seul pouvoir réglementaire, j’instituerais, par exemple, d’immenses monopoles financiers, réservoirs de la fortune publique, dont dépendrait si étroitement le sort de toutes les fortunes privées, qu’elles s’engloutiraient avec le crédit de l’État le lendemain de toute catastrophe politique. Vous êtes un économiste, Montesquieu, pesez la valeur de cette combinaison. Voici une autre combinaison empruntée a l’ordre industriel : Dans le temps actuel, l’aristocratie, en tant que force politique, a disparu ; mais la bourgeoisie territoriale est encore un élément de résistance dangereux pour les gouvernements, parce qu’elle est d’elle-même, indépendante ; il peut être nécessaire de l’appauvrir ou même de la ruiner complétement. Il suffit, pour cela, d’aggraver les charges qui pèsent sur la propriété foncière, de maintenir l’agriculture dans un état d’infériorité relative, de favoriser à outrance le commerce et l’industrie, mais principalement la spéculation ; car la trop grande prospérité de l’industrie peut elle-même devenir un danger, en créant un nombre trop considérable de fortunes indépendantes. Il faut arriver à ce qu’il n’y ait plus, dans l’État, que des prolétaires, quelques millionnaires et des soldats. »</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>Quoi de plus actuel, à nouveau, que la mainmise des immenses monopoles financiers sur le système ? Il y a cependant ici une inversion; dans l’État imaginé par Machiavel, ces fortunes sont à la solde de l’État et le public domine le privé. Dans les temps actuels, c’est le contraire.</p>
<p>Pour ce qui est de ruiner toute force indépendante, il est aisé de constater à quel point les supermarchés et autres organismes de centralisations, véritables monopoles aux mains de l’État (et une centralisation aussi puissante de biens essentiels dans une seule paire de mains est toujours <a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/2003817320.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-2658" title="2003817320" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/2003817320.jpg?w=226" alt="" width="226" height="300" /></a>une des caractéristiques terribles du despotisme), ont aidé à rendre très difficile toute réussite magistrale dans le commerce ou l’artisanat indépendants. Le despotisme doit rendre ses citoyens dépendants de son gouvernement, et n’aura de cesse de les appauvrir, tant matériellement qu’intellectuellement et spirituellement, pour s’assurer la longévité. En effet, moins les citoyens sont riches, moins ils ont de possibilités de se révolter… Comme le dit Machiavel: « <em>Il faut arriver à ce qu’il n’y ait plus, dans l’État, que des prolétaires et quelques millionnaires</em> ». On devine de quel côté seront les millionnaires.</p>
<p>Remarquons également, à propos de la spéculation, à quel point cette dernière a explosé aujourd’hui et que le danger que voit Machiavel dans les fortunes indépendantes a eu raison des gouvernements, puisque la richesse du secteur privé dépasse de loin celle du public. Á titre d’exemple, les 500 plus grosses entreprises des États-Unis possèdent 80% du PIB du pays; le mot du gouvernement a donc bien moins à dire que celui des multinationales…</p>
<p>De plus, les plus puissantes personnes des secteurs de pouvoir, qui ne sont soumis à aucune censure démocratique, désignent le plus souvent leur successeur parmi leurs enfants ou leur entourage, ce qui est relativement conforme à la dynastie royale que voudrait imposer Machiavel après son coup d’État despotique.</p>
<p><strong>« Machiavel :</strong></p>
<p>Le pouvoir que je rêve, bien loin, comme vous le voyez, d’avoir des moeurs barbares, doit attirer à lui toutes les forces et tous les talents de la civilisation au sein de laquelle il vit. Il devra s’entourer de publicistes, d’avocats, de jurisconsultes, d’hommes de pratique et d’administration, de gens qui connaissent à fond tous les secrets, tous les ressorts de la vie sociale, qui parlent tous les langages, qui aient étudié l’homme dans tous les milieux. Il faut les prendre partout, n’importe où, car ces gens-là rendent des services étonnants par les procédés ingénieux qu’ils appliquent à la politique. Il faut, avec cela, tout un monde d’économistes, de banquiers, d’industriels, de capitalistes, d’hommes à projets, d’hommes à millions, car tout au fond se résoudra par une question de chiffres.</p>
<p>L’usurpateur d’un État est dans une situation analogue à celle d’un conquérant. Il est condamné à tout renouveler, à dissoudre l’État, à détruire la cité, à changer la face des moeurs.</p>
<p>C’est là le but, mais dans les temps actuels il n’y faut tendre que par des voies obliques, des moyens détournés, des combinaisons habiles, et, autant que possible, exemptes de violence. Je ne détruirai donc pas directement les institutions, mais je les toucherai une à une par un trait de main inaperçu qui en dérangera le mécanisme. Ainsi je toucherai tour à tour à l’organisation judiciaire, au suffrage, à la presse, à la liberté individuelle, à l’enseignement.</p>
<p>Je vous disais, il y a peu d’instants, que les peuples étaient comme les hommes, qu’ils tenaient plus aux apparences qu’à la réalité des choses ; c’est là, en politique, une règle dont je suivrais scrupuleusement les indications ; veuillez me rappeler les principes auxquels vous tenez le plus et vous verrez que je n’en suis pas aussi embarrassé que vous paraissez le croire. Vous ne manqueriez sans doute pas de me parler du principe de la séparation des pouvoirs, de la liberté de la parole et de la presse, de la liberté religieuse, de la liberté individuelle, du droit d’association, de l’égalité devant la loi, de l’inviolabilité de la propriété et du domicile, du droit de pétition, du libre consentement de l’impôt, de la proportionnalité des peines, de la non rétroactivité des lois. Je ne vois nul inconvénient à proclamer ces principes ; j’en ferai même, si vous le voulez, le préambule de ma constitution.</p>
<p>Les gouvernés seront toujours contents du prince, lorsqu’il ne touchera ni à leurs biens, ni à leur honneur, et dès lors il n’a plus à combattre que les prétentions d’un petit nombre de mécontents, dont il vient facilement à bout.</p>
<p><strong>Montesquieu : </strong></p>
<p>On pourrait vous répondre que les droits politiques aussi sont des biens ; qu’il importe aussi à l’honneur des peuples de les maintenir, et qu’en y touchant vous portez en réalité atteinte à leurs biens comme à leur honneur.</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Vous semblez toujours croire que les peuples modernes sont affamés de liberté. Avez-vous prévu le cas où ils n’en veulent plus, et pouvez-vous demander aux princes d’avoir pour elle plus de passion que n’en ont les peuples ? Or, dans vos sociétés si profondément relâchées, où l’individu ne vit plus que dans la sphère de son égoïsme et de ses intérêts matériels, interrogez le plus grand nombre, et vous verrez si, de tous côtés, on ne vous répond pas : Que me fait la politique ? Que m’importe la liberté ? Est-ce que tous les gouvernements ne sont pas les mêmes ? Est-ce qu’un gouvernement ne doit pas se défendre ?</p>
<p>Remarquez-le bien, d’ailleurs, ce n’est même pas le peuple qui tiendra ce langage ; ce seront les bourgeois, les industriels, les gens instruits, les riches, les lettrés, tous ceux qui sont en état d’apprécier vos belles doctrines de droit public. Ils me béniront, ils s’écrieront que je les ai sauvés, qu’ils sont en état de minorité, qu’ils sont incapables de se conduire. Tenez, les nations ont je ne sais quel secret amour pour les vigoureux génies de la force. A tous les actes violents marqués du talent de l’artifice, vous entendrez dire avec une admiration qui surmontera le blâme : Ce n’est pas bien, soit, mais c’est habile, c’est bien joué, c’est fort ! »</p>
<h2>La presse</h2>
<p><strong>« Machiavel :</strong></p>
<p><a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/21_illuminati.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2649" title="Divers logos de sociétés secrètes différentes allant tous vers le même objectif : le Nouvel Ordre Mondial" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/21_illuminati.jpg?w=225" alt="" width="225" height="300" /></a>Puisque c’est une si grande force que le journalisme, savez-vous ce que ferait mon gouvernement ? Il se ferait journaliste, ce serait le journalisme incarné. Je compterai le nombre de journaux qui représenteront ce que vous appelez l’opposition. S’il y en a dix pour l’opposition, j’en aurai vingt pour le gouvernement ; s’il y en a vingt, j’en aurai quarante ; s’il y en a quarante, j’en aurai quatre-vingts. Voilà à quoi me servira, vous le comprenez à merveille maintenant, la faculté que je me suis réservée d’autoriser la création de nouvelles feuilles politiques. Il ne faut pas que la masse du public puisse soupçonner cette tactique ; la combinaison serait manquée et l’opinion se détacherait d’elle-même des journaux qui défendraient ouvertement ma politique.</p>
<p>Je diviserai en trois ou quatre catégories les feuilles dévouées à mon pouvoir. Au premier rang je mettrai un certain nombre de journaux dont la nuance sera franchement officielle, et qui, en toutes rencontres, défendront mes actes à outrance. Ce ne sont pas ceux-là, je commence par vous le dire, qui auront le plus d’ascendant sur l’opinion. Au second rang je placerai une autre phalange de journaux dont le caractère ne sera déjà plus qu’officieux et dont la mission sera de rallier à mon pouvoir cette masse d’hommes tièdes et indifférents qui acceptent sans scrupule ce qui est constitué, mais ne vont pas au delà dans leur religion politique.</p>
<p>C’est dans les catégories de journaux qui vont suivre que se trouveront les leviers les plus puissants de mon pouvoir. Ici, la nuance officielle ou officieuse se dégrade complétement, en apparence, bien entendu, car les journaux dont je vais vous parler seront tous rattachés par la même chaîne à mon gouvernement, chaîne visible pour les uns, invisible à l’égard des autres. Je n’entreprends point de vous dire quel en sera le nombre, car je compterai un organe dévoué dans chaque opinion, dans chaque parti ; j’aurai un organe aristocratique dans le parti aristocratique, un organe républicain dans le parti républicain, un organe révolutionnaire dans le parti révolutionnaire, un organe anarchiste, au besoin, dans le parti anarchiste. Comme le dieu Wishnou, ma presse aura cent bras, et ces bras donneront la main à toutes les nuances d’opinion quelconque sur la surface entière du pays. On sera de mon parti sans le savoir. Ceux qui croiront parler leur langue parleront la mienne, ceux qui croiront agiter leur parti agiteront le mien, ceux qui croiront marcher sous leur drapeau marcheront sous le mien.</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Je me demande seulement, comment vous pourrez diriger et rallier toutes ces milices de publicité clandestinement embauchées par votre gouvernement.</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Ce n’est là qu’une affaire d’organisation, vous devez le comprendre ; j’instituerai, par exemple, sous le titre de division de l’imprimerie et de la presse, un centre d’action commun où l’on viendra chercher la consigne et d’où partira le signal. Alors, pour ceux qui ne seront qu’à moitié dans le secret de cette combinaison, il se passera un spectacle bizarre ; on verra des feuilles, dévouées à mon gouvernement, qui m’attaqueront, qui crieront, qui me susciteront une foule de tracas.</p>
<p>Remarquez bien que jamais les bases ni les principes de mon gouvernement ne seront attaqués par les journaux dont je vous parle ; ils ne feront jamais qu’une polémique d’escarmouche, qu’une opposition dynastique dans les limites les plus étroites. Le résultat, vraiment considérable déjà, sera de faire dire, par le plus grand nombre : Mais vous voyez bien qu’on est libre, qu’on peut parler sous ce régime, qu’il est injustement attaqué, qu’au lieu de comprimer, comme il pourrait le faire, il souffre, il tolère ! Un autre résultat, non moins important, sera de provoquer, par exemple, des observations comme celles-ci : Voyez à quel point les bases de ce gouvernement, ses principes, s’imposent au respect de tous ; voilà des journaux qui se permettent les plus grandes libertés de langage, eh bien, jamais ils n’attaquent les institutions établies. Il faut qu’elles soient au-dessus des injustices des passions, puisque les ennemis mêmes du gouvernement ne peuvent s’empêcher de leur rendre hommage.</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Voilà, je l’avoue, qui est vraiment machiavélique.</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Vous me faites beaucoup d’honneur, mais il y a mieux : A l’aide du dévouement occulte de ces feuilles publiques, je puis dire que je dirige à mon gré l’opinion dans toutes les questions de politique intérieure ou extérieure. J’excite ou j’endors les esprits, je les rassure ou je les déconcerte, je plaide le pour et le contre, le vrai et le faux. Je fais annoncer un fait et je le fais démentir suivant les circonstances ; je sonde ainsi la pensée publique, je recueille l’impression produite, j’essaie des combinaisons, des projets, des déterminations soudaines, enfin ce que vous appelez, en France, des ballons d’essai. Je combats à mon gré mes ennemis sans jamais compromettre mon pouvoir, car, après avoir fait parler ces feuilles, je puis leur infliger, au besoin, les désaveux les plus énergiques ; je sollicite l’opinion à de certaines résolutions, je la pousse ou je la retiens, j’ai toujours le doigt sur ses pulsations, elle reflète, sans le savoir, mes impressions personnelles, et elle s’émerveille parfois d’être si constamment d’accord avec son souverain. On dit alors que j’ai la fibre populaire, qu’il y a une sympathie secrète et mystérieuse qui m’unit aux mouvements de mon peuple. »</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>Il n’est pas aisé, au premier abord, de se douter de combien les médias d’aujourd’hui sont reliés aux intérêts des gouvernements et/ou des grands empires financiers. En effet, les chaînes de télévision, de radio, les journaux, les maisons d’édition de livres, etc., qui n’appartiennent pas directement au gouvernement sont les biens de grandes entreprises privées. Ainsi, Europe 1 et Hachette appartiennent à Lagardère, l’actionnaire principal de TF1 est Bouygues, RTL Group appartient à Bertelsmann, etc… Parce que toute entreprise de communication qui sera écoutée et popularisée ne pourra qu’être financée par un ou des puissants groupes qui ont tous de nombreux intérêts communs avec leurs semblables, il est toujours vital de rechercher qui donne les subsides de quelle entreprise ou de quel institut. C’est parce que l’on ignore souvent ces sources que l’on peut être leurré par tel moyen de communication d’opposition, qui en fait, pourrait très bien être relié aux intérêts du poivoir, tout comme dans le gouvernement imaginé par Machiavel. Il est alors aussi facile de diriger la pensée de ceux qui se laisseront tromper que de piéger ceux qui participeront à des manifestations ou autres activités d’opposition qui seraient, en fait, également liées au pouvoir. Dans ces cas-là, par exemple, quelques agitateurs infiltrés se débrouillent parfaitement bien pour discréditer toute l’optique de manifestants. De même, un candidat à une élection, quelle qu’elle soit, jouera peut-être le mécontent du système, le grand réformateur, mais s’avérera souvent être un pion d’intérêts financiers qui auront misé sur la confiance et l’enthousiasme qu’il aura suscités chez les gens pour mieux les tromper. Les vraies forces d’opposition indépendantes, les vrais hommes rebelles qui ne répondent pas d’intérêts oligarchiques, sont discrédités par une propagande abondante, dans le cas où ils auraient réussi à se rallier un certain nombre d’adeptes. Dans la plupart des cas, peu popularisés, ils ne constituent pas une menace digne d’être écartée.</p>
<p>En outre, les médias populaires, prétendument objectifs, qui font de la soi-disante opposition ne remettront jamais en question les bases du système. Comme le dit si bien Machiavel, les gens penseront alors que le fait qu’il y ait une critique signifiera qu’il y a de la liberté, mais que les fondations mêmes du système sont trop parfaites pour pouvoir être critiquées, infaillibles. Nous remarquons parfaitement la même chose lorsque nous sommes longuement bassinés par telle ou telle injure qu’aurait prononcée le président Sarkozy, appelés à s’indigner sur le prix exorbitant de ses dernières vacances, sur tel scandale de détournement de fonds qui pourtant, s’empresserait-on d’ajouter ou de sous-entendre, serait un cas isolé,… Ce ton critique, agressif, osé, donne l’impression d’une opposition, mais ces choses sont d’une frivolité telle qu’elles ne serviront qu’à en maintenir l’illusion, car jamais l’essentiel ne sera mis en cause; au contraire, la multitude des informations insignifiantes que l’on préférera dispenser massivement au lieu de cela empêcheront de s’en apercevoir.</p>
<p>« <strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Ces diverses combinaisons me paraissent d’une perfection idéale. Je vous soumets cependant encore une observation, mais très-timide cette fois : Si vous sortez du silence de la Chine, si vous permettez à la milice de vos journaux de faire, au profit de vos desseins, l’opposition postiche dont vous venez de me parler, je ne vois pas trop, en vérité, comment vous pourrez empêcher les journaux non affiliés de répondre, par de véritables coups, aux agaceries dont ils devineront le manége. Ne pensez-vous pas qu’ils finiront par lever quelques-uns des voiles qui couvrent tant de ressorts mystérieux ? Quand ils connaîtront le secret de cette comédie, pourrez-vous les empêcher d’en rire ? Le jeu me paraît bien scabreux.</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Pas du tout ; je vous dirai que j’ai employé, ici, une grande partie de mon temps à examiner le fort et le faible de ces combinaisons, je me suis beaucoup renseigné sur ce qui touche aux conditions d’existence de la presse dans les pays parlementaires. Vous devez savoir que le journalisme est une sorte de franc-maçonnerie : ceux qui en vivent sont tous plus ou moins rattachés les uns aux autres par les liens de la discrétion professionnelle ; pareils aux anciens augures, ils ne divulguent pas aisément le secret de leurs oracles. Ils ne gagneraient rien à se trahir, car ils ont pour la plupart des plaies plus ou moins honteuses. Il est assez probable, j’en conviens, qu’au centre de la capitale, dans un certain rayon de personnes, ces choses ne seront pas un mystère ; mais, partout ailleurs, on ne s’en doutera pas, et la grande majorité de la nation marchera avec la confiance la plus entière sur la trace des guides que je lui aurai donnés.</p>
<p>Vous savez avec quelle discrétion et quels ménagements ingénieux doivent être rédigés les documents de l’autorité, dans les conjonctures importantes : le problème à résoudre en pareil cas est de donner une sorte de satisfaction à tous les partis. Eh bien, chacun de mes journaux, suivant sa nuance, s’efforcera de persuader à chaque parti que la résolution que l’on a prise est celle qui le favorise le plus. Ce qui ne sera pas écrit dans un document officiel, on l’en fera sortir par voie d’interprétation ; ce qui ne sera qu’indiqué, les journaux officieux le traduiront plus ouvertement, les journaux démocratiques et révolutionnaires le crieront par dessus les toits ; et tandis qu’on se disputera, qu’on donnera les interprétations les plus diverses à mes actes, mon gouvernement pourra toujours répondre à tous et à chacun : Vous vous trompez sur mes intentions, vous avez mal lu mes déclarations ; je n’ai jamais voulu dire que ceci ou que cela.</p>
<p>Ce sont les paroles bien plus que les actes qu’il s’agit de faire accorder. Comment voulez-vous que la grande masse d’une nation puisse juger si c’est la logique qui mène son gouvernement ? Il suffit de le lui dire. Je veux donc que les diverses phases de ma politique soient présentées comme le développement d’une pensée unique se rattachant à un but immuable. Chaque événement prévu ou imprévu sera un résultat sagement amené, les écarts de direction ne seront que les différentes faces de la même question, les voies diverses qui conduisent au même but, les moyens variés d’une solution identique poursuivie sans relâche à travers les obstacles. Le dernier événement sera donné comme la conclusion logique de tous les autres.</p>
<p>Je n’oublierais pas que je vis dans une époque où l’on croit pouvoir résoudre, par l’industrie, tous les problèmes de la société, où l’on s’occupe sans cesse de l’amélioration du sort des classes ouvrières. Je m’attacherais d’autant plus à ces questions, qu’elles sont un dérivatif très-heureux pour les préoccupations de la politique intérieure. Chez les peuples méridionaux, il faut que les gouvernements paraissent sans cesse occupés ; les masses consentent à être inactives, mais à une condition, c’est que ceux qui les gouvernent leur donnent le spectacle d’une activité incessante, d’une sorte de fièvre ; qu’ils attirent constamment leurs yeux par des nouveautés, par des surprises, par des coups de théâtre ; cela est bizarre peut-être, mais, encore une fois, cela est.</p>
<p>Je me conformerais de point en point à ces indications ; en conséquence, je ferais, en matière de commerce, d’industrie, d’arts et même d’administration, étudier toutes sortes de projets, de plans, de combinaisons, de changements, de remaniements, d’améliorations dont le retentissement dans la presse couvrirait la voix des publicistes les plus nombreux et les plus féconds. L’économie politique a, dit-on, fait fortune chez vous, eh bien, je ne laisserais rien à inventer, rien à publier, rien à dire même à vos théoriciens, à vos utopistes, aux déclamateurs les plus passionnés de vos écoles. Le bien-être du peuple serait l’objet unique, invariable, de mes confidences publiques. Soit que je parle moi-même, soit que je fasse parler par mes ministres ou mes écrivains, on ne tarirait jamais sur la grandeur du pays, sur la prospérité, sur la majesté de sa mission et de ses destinées ; on ne cesserait de l’entretenir des grands principes du droit moderne, des grands problèmes qui agitent l’humanité. Le libéralisme le plus enthousiaste, le plus universel, respirerait dans mes écrits. »</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p><a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/not_illuminati.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-2650" title="I can't believe. It's not the Illuminati" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/not_illuminati.jpg?w=300" alt="" width="300" height="277" /></a>Á nouveau, Machiavel parle de la facilité avec laquelle il est facile de tromper l’opinion publique en arguant de bonnes intentions, et du peu d’importance qu’auront les quelques rares esprits, incompris et raillés, qui auront percé la ruse à jour. Il confirme également ce que nous avons dit précédemment lorsqu’il dit qu’il faut donner des préoccupations à l’opinion publique, occuper son esprit, par toute une foule de choses qui occulteront des informations plus essentielles. Pendant ce temps, il pourra continuer de régner tranquillement, voire même faire passer l’une ou l’autre mesure qui aurait soi-disant pour but d’aider à accomplir telle ou telle grande oeuvre sur laquelle la société s’échine. Il est effectivement facile de constater que lorsque l’esprit public est occupé ou choqué, comme cela s’est passé lors du 11 septembre ou de quelque grand autre événement comme un cataclysme naturel, des mesures passent en force et, si elles ne sont pas présentées comme garantes d’une amélioration de la situation, dans l’ignorance et l’indifférence générales.</p>
<p><strong>« Machiavel :</strong></p>
<p>Il serait très-important de mettre en relief les fautes de ceux qui m’ont précédé, de montrer que j’ai su les éviter toujours. On entretiendrait ainsi, contre les régimes auxquels mon pouvoir a succédé, une sorte d’antipathie, d’aversion même, qui finirait par devenir irréparable comme une expiation.</p>
<p>Dans les pays les plus avancés de l’Europe en civilisation, l’invention de l’imprimerie a fini par donner naissance à une littérature folle, furieuse, effrénée, presque immonde, c’est un grand mal. Eh bien, cela est triste à dire, mais il suffira presque de ne pas la gêner, pour que cette rage d’écrire, qui possède vos pays parlementaires, soit à peu près satisfaite.</p>
<p>Cette littérature pestiférée dont on ne peut empêcher le cours, la platitude des écrivains et des hommes politiques qui seraient en possession du journalisme, ne manquerait pas de former un contraste repoussant avec la dignité du langage qui tomberait des marches du trône, avec la dialectique vivace et colorée dont on aurait soin d’appuyer toutes les manifestations du pouvoir. Vous comprenez, maintenant, pourquoi j’ai voulu environner le prince de cet essaim de publicistes, d’hommes d’administration, d’avocats, d’hommes d’affaires et de jurisconsultes qui sont essentiels à la rédaction de cette quantité de communications officielles dont je vous ai parlé, et dont l’impression serait toujours très-forte sur les esprits. »</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>Encore une fois, on compte sur <em>l’effet</em> ménagé par toute cette panoplie « d’experts » dont regorge le gouvernement pour impressionner les gens, qui, espère t-on, seront plus tentés de remettre leur confiance en ces personnes qu’en qui que ce soit d’autre. L’apparence joue donc un grand rôle, à nouveau.</p>
<h2>Les sociétés secrètes</h2>
<p><strong>« Machiavel :</strong></p>
<p>Le monde souterrain des sociétés secrètes est rempli de cerveaux vides, dont je ne fais pas le moindre cas, mais il y a là des directions à donner, des forces à mouvoir. S’il s’y agite quelque chose, c’est ma main qui remue ; s’il s’y prépare un complot, le chef c’est moi : je suis le chef de la ligue.</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Et vous croyez que ces cohortes de démocrates, ces républicains, ces anarchistes, ces terroristes vous laisseront approcher et rompre le pain avec eux ; vous pouvez croire que ceux qui ne veulent point de domination humaine accepteront un guide qui sera autant dire un maître !</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p><a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/salle-franc-maconnique.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2651" title="salle franc-maçonnique" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/salle-franc-maconnique.jpg?w=300" alt="" width="300" height="238" /></a>C’est que vous ne connaissez pas, ô Montesquieu, ce qu’il y a d’impuissance et même de niaiserie chez la plupart des hommes de la démagogie européenne. Ces tigres ont des âmes de mouton, des têtes pleines de vent ; il suffit de parler leur langage pour pénétrer dans leur rang. Leurs idées ont presque toutes, d’ailleurs, des affinités incroyables avec les doctrines du pouvoir absolu. Leur rêve est l’absorption des individus, dans une unité symbolique. Ils demandent la réalisation complète de l’égalité, par la vertu d’un pouvoir qui ne peut être en définitive que dans la main d’un seul homme. Vous voyez que je suis encore ici le chef de leur école ! Et puis il faut dire qu’ils n’ont pas le choix. Les sociétés secrètes existeront dans les conditions que je viens de dire ou elles n’existeront pas. »</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>Peu de chose à ajouter par rapport à ce que nous avons déjà dit, mais cet extrait renforce la présence du gouvernement dans ce qui pourrait constituer une opposition potentielle, pour la dévier de son but et être au courant des éventuels complots qui se trament. Cela ne fait que rejoindre ce que j’ai dit à propos des gens qui penseront se diriger vers quelque forme d’opposition, et que l’on piégera.</p>
<h2>Législatif et judiciaire</h2>
<p><strong>« Machiavel :</strong></p>
<p>La cour de cassation est plus qu’un corps judiciaire : c’est, en quelque sorte, un quatrième pouvoir dans l’État, parce qu’il lui appartient de fixer en dernier ressort le sens de la loi. Aussi vous répéterai-je ici ce que je crois vous avoir dit à propos du Sénat et de l’Assemblée législative : une semblable cour de justice qui serait complétement indépendante du gouvernement pourrait, en vertu de son pouvoir d’interprétation souverain et presque discrétionnaire, le renverser quand elle voudrait. Il lui suffirait pour cela de restreindre ou d’étendre systématiquement, dans le sens de la liberté, les dispositions de lois qui règlent l’exercice des droits politiques.</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Et c’est apparemment le contraire que vous allez lui demander ?</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Je ne lui demanderai rien, elle fera d’elle-même ce qu’il conviendra de faire. Car c’est ici que concourront le plus puissamment les différentes causes d’influence dont je vous ai parlé plus haut. Plus le juge est près du pouvoir, plus il lui appartient. L’esprit conservateur du règne se développera là à un plus haut degré que partout ailleurs, et les lois de haute police politique recevront, dans le sein de cette grande assemblée, une interprétation si favorable à mon pouvoir, que je serai dispensé d’une foule de mesures restrictives qui, sans cela, deviendraient nécessaires.</p>
<p>Il faut maintenant donner au gouvernement le moyen de résister à l’influence de l’opposition, d’empêcher qu’elle ne fasse déserter les rangs de ceux qui veulent le défendre. Au moment des élections, les partis ont pour habitude de proclamer leurs candidats et de les poser en face du gouvernement ; je ferai comme eux, j’aurai des candidats déclarés et je les poserai en face des partis. J’irai jusqu’à fermer les yeux sur les agissements de quelques candidatures populaires qui s’agiteront bruyamment au nom de la liberté ; seulement, il est bon de vous dire que ceux qui crieront le plus fort seront des hommes à moi.</p>
<p>L’essentiel est bien moins de ne commettre aucune faute, que d’en supporter la responsabilité avec une attitude d’énergie qui impose aux détracteurs. Quand même l’opposition parviendrait à introduire dans ma chambre quelques déclamateurs, que m’importerait ? Je ne suis pas de ceux qui veulent compter sans les nécessités de leur temps.</p>
<p>Un de mes grands principes est d’opposer les semblables. De même que j’use la presse par la presse, j’userais la tribune par la tribune ; j’aurais autant qu’il en faudrait d’hommes dressés à la parole et capables de parler plusieurs heures sans s’arrêter. L’essentiel est d’avoir une majorité compacte et un président dont on soit sûr. Il y a un art particulier de conduire les débats et d’enlever le vote. Aurais-je besoin d’ailleurs des artifices de la stratégie parlementaire ? Les dix-neuf vingtièmes de la Chambre seraient des hommes à moi qui voteraient sur une consigne, tandis que je ferais mouvoir les fils d’une opposition factice et clandestinement embauchée ; après cela, qu’on vienne faire de beaux discours : ils entreront dans les oreilles de mes députés comme le vent entre dans le trou d’une serrure. »</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>Bien qu’un bon nombre de précautions conseillées par Machiavel dans les Dialogues aux Enfers n’existent pas aujourd’hui (c’est pourquoi je ne les ai pas extraites), il semble que le même effet de domination du pouvoir sur des organes tels que l’Assemblée Nationale, le Sénat, et les institutions judiciaires, aient pu se faire avec nettement plus de facilité que ce qu’il imaginait. On peut effectivement se douter que le député, le juge et le sénateur, faisant partie d’un corps social privilégié, aient une tendance naturelle à aider les intérêts des « riches », de même que, pour accéder à leur fonction, ils doivent sans doute avoir assuré de jouer le jeu. En tout cas, il est clair que, dans la réalité des choses, ces forces sont bel et bien sous influence. Ainsi, l’UMP est censé faire opposition au PS en France, et inversément; mais il faudrait être bien dupe pour croire qu’il existe des différences réelles entre les deux partis. Il n’y a effectivement pas de ligne réellement définie; ils servent les mêmes intérêts. Le PS a souvent plus privatisé qu’il n’a nationalisé, et ses membres s’entendent généralement bien avec l’UMP pour faire avancer les intérêts d’un amour qu’ils ont le plus particulièrement en commun: celui de l’argent. Donc, aucune loi et aucune décision judiciaire ne pourront gêner réellement l’ordre établi.</p>
<h2>L’éducation</h2>
<p><strong>« Machiavel :</strong></p>
<p>En ce qui touche l’Université, l’ordre de choses actuel me satisfait à peu près. Vous n’ignorez pas, en effet, que ces grands corps d’enseignement ne sont plus organisés, aujourd’hui, comme ils l’étaient autrefois. Ils ont presque partout, m’assure-t-on, perdu leur autonomie et<a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/nwogun.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-2652" title="arme gravée du Nouvel Ordre Mondial" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/nwogun.jpg?w=300" alt="" width="300" height="225" /></a> ne sont plus que des services publics à la charge de l’État. Or, ainsi que je vous l’ai dit plus d’une fois, là où est l’État, là est le prince ; la direction morale des établissements publics est entre ses mains ; ce sont ses agents qui inspirent l’esprit de la jeunesse. Les chefs comme les membres des corps enseignants de tous les degrés sont nommés par le gouvernement, ils y sont rattachés, ils en dépendent, cela suffit ; s’il reste çà et là quelques traces d’organisation indépendante dans quelque école publique ou Académie que ce soit, il est facile de la ramener au centre commun d’unité et de direction. C’est l’affaire d’un règlement ou même d’un simple arrêté ministériel. Il faut que les générations qui naissent sous mon règne soient élevées dans le respect des institutions établies, dans l’amour du prince ; aussi ferais-je un usage assez ingénieux du pouvoir de direction qui m’appartient sur l’enseignement : je crois qu’en général dans les écoles on a un grand tort, c’est de négliger l’histoire contemporaine. Il est au moins aussi essentiel de connaître son temps que celui de Périclès »</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>Voilà bien un secteur où l’ordre établi ne risquera pas non plus d’être remis sérieusement en cause, avec toute la sincérité des professeurs, si ce n’est l’une ou l’autre exception qui bénéficiera d’assez de lucidité et d’indépendance. Il est aussi intéressant de constater que comme le dit Machiavel, on y néglige à tort l’histoire comtemporaine. La tendance est plutôt dans la diabolisation des temps anciens et la vénération du système présent, ce que j’aime appeler le culte du présent. En effet, les régimes absolutistes d’autrefois n’étaient-ils pas si laids, et notre démocratie si merveilleuse d’aujourd’hui n’est-elle pas si belle ? Il n’y a malheureusement que trop peu de gens qui se rendent compte que ce que l’on fait aujourd’hui n’est que ce que l’on faisait hier dans une forme différente…</p>
<h2>Les complots</h2>
<p><strong>« Machiavel :</strong></p>
<p>Je voudrais avoir un prince de ma maison, assis sur les marches de mon trône, qui jouerait au mécontent. Sa mission consisterait à se poser en libéral, en détracteur de mon gouvernement et à rallier ainsi, pour les observer de plus près, ceux qui, dans les rangs les plus élevés de mon royaume, pourraient faire un peu de démagogie. A cheval sur les intrigues intérieures et extérieures, le prince auquel je confierais cette mission ferait ainsi jouer un jeu de dupe à ceux qui ne seraient pas dans le secret de la comédie.</p>
<p>Il y aura des complots sous mon règne : il faut qu’il y en ait.</p>
<p>Il y aura peut-être des complots vrais, je n’en réponds pas ; mais à coup sûr il y aura des complots simulés. A de certains moments, ce peut être un excellent moyen pour exciter la sympathie du peuple en faveur du prince, lorsque sa popularité décroît. En intimidant l’esprit public on obtient, au besoin, par là, les mesures de rigueur que l’on veut, ou l’on maintient celles qui existent. Les fausses conspirations, dont, bien entendu, il ne faut user qu’avec la plus grande mesure, ont encore un autre avantage : c’est qu’elles permettent de découvrir les complots réels, en donnant lieu à des perquisitions qui conduisent à rechercher partout la trace de ce qu’on soupçonne.</p>
<p>Avec le système que j’organiserai, je serai si complétement renseigné, que je pourrai tolérer même des agissements coupables, parce qu’à chaque minute du jour j’aurai le pouvoir de les arrêter. »</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>La meilleure preuve contemporaine que l’on peut prendre des mesures extraordinaires grâce à un complot simulé me semble être le 11 septembre; comme nous en avons déjà parlé, le choc de cet événement a permis de faire passer toute une série de mesures sous prétexte d’empêcher que cela se reproduise. Mais quoi de pire que la perspective que l’événement ait été créé de toute pièces ? Face à l’absurdité de la version officielle et aux analyses minutieuses qui ont été faites à ce sujet, nous savons malheureusement que cela a d’ailleurs bien été le cas…</p>
<p><strong>« Montesquieu :</strong></p>
<p>Les tolérer, et pourquoi ?</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Parce que dans les États européens le monarque absolu ne doit pas indiscrètement user de la force ; parce qu’il y a toujours, dans le fond de la société, des activités souterraines sur lesquelles on ne peut rien quand elles ne se formulent pas ; parce qu’il faut éviter avec grand soin d’alarmer l’opinion sur la sécurité du pouvoir ; parce que les partis se contentent de murmures, de taquineries inoffensives, quand ils sont réduits à l’impuissance et que prétendre désarmer jusqu’à leur mauvaise humeur, serait une folie. On les entendra donc se plaindre, çà et là, dans les journaux, dans les livres ; ils essaieront des allusions contre le gouvernement dans quelques discours ou dans quelques plaidoyers ; ils feront, sous divers prétextes, quelques petites manifestations d’existence ; tout cela sera bien timide, je vous le jure, et le public s’il en est informé, ne sera guère tenté que d’en rire. On me trouvera bien bon de supporter cela, je passerai pour trop débonnaire ; voilà pourquoi je tolérerai ce qui, bien entendu, me paraîtra pouvoir l’être sans aucun danger : je ne veux pas même que l’on puisse dire que mon gouvernement est ombrageux. »</p>
<h2>La manipulation de la religion</h2>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Il n’est que trop vrai que l’on peut prêter aux mesures les plus détestables, le langage de la raison ! Mais voyons, qu’allez-vous faire maintenant à <a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/illuminati_detail.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2653" title="symboles maçonniques de l'Ordre du Grand Orient" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/illuminati_detail.jpg?w=299" alt="" width="299" height="300" /></a>l’égard du clergé ? Voilà une institution qui ne dépend de l’État que par un côté et qui relève d’une puissance spirituelle, dont le siége est ailleurs que chez vous. Je ne connais rien de plus dangereux pour votre pouvoir, je vous le déclare, que cette puissance qui parle au nom du ciel et dont les racines sont partout sur la terre : n’oubliez pas que la parole chrétienne est une parole de liberté. Sans doute, les lois de l’État ont établi une démarcation profonde entre l’autorité religieuse et l’autorité politique ; sans doute, la parole des ministres du culte ne se fera entendre qu’au nom de l’Évangile ; mais le spiritualisme divin qui s’en dégage est la pierre d’achoppement du matérialisme politique. C’est ce livre si humble et si doux qui a détruit, à lui seul, et l’empire Romain, et le césarisme, et sa puissance. Les nations franchement chrétiennes échapperont toujours au despotisme, car le christianisme élève la dignité de l’homme trop haut pour que le despotisme puisse l’atteindre, car il développe des forces morales sur lesquelles le pouvoir humain n’a pas de prise[10]. Prenez garde au prêtre : il ne dépend que de Dieu, et son influence est partout, dans le sanctuaire, dans la famille, dans l’école. Vous ne pouvez rien sur lui : sa hiérarchie n’est pas la vôtre, il obéit à une constitution qui ne se tranche ni par la loi, ni par l’épée. Si vous régnez sur une nation catholique et que vous ayez le clergé pour ennemi, vous périrez tôt ou tard, quand bien même le peuple entier serait pour vous.</p>
<p>[10] <em>Esp. des lois</em>, p. 371, liv. XXIV, ch. I et suiv.</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Je ne sais pas trop pourquoi il vous plaît de faire du prêtre un apôtre de liberté. Je n’ai jamais vu cela, ni dans les temps anciens, ni dans les temps modernes ; j’ai toujours trouvé dans le sacerdoce un appui naturel du pouvoir absolu.</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>L’histoire démontre que Machiavel a amplement raison ; la religion a toujours été un prétexte à la mise en place d’un pouvoir temporel déguisé et despotique. Bien qu’elle joue un bien moindre rôle aujourd’hui, il n’empêche qu’il subsiste un bon nombre de « <em>fidèles</em> » loyaux à la parole du pape et des autres personnages haut placés du Vatican. À partir du moment où l’on contrôle l’opinion publique par tous les stratagèmes que nous avons abordés, il est logique de souhaiter dominer également le Vatican de sorte à ce que le pouvoir de manipulation des esprits soit complet. Malheureusement, cette vérité est elle aussi réalité, comme le démontrent les extraits suivants, qui utilisent honteusement le message religieux pour promouvoir, de façon plus ou moins subliminale, le mondialisme.</p>
<p>Le 24 décembre 2005, Benoît XVI a délivré son message de Noël<em> : « La force vivifiante de sa lumière (de Dieu) t’encourage à t’engager dans l’édification d’un Nouvel Ordre Mondial, fondé sur de justes relations éthiques et économiques. Que son amour guide les peuples et éclaire leur conscience commune d’être une famille appelée à construire des relations de confiance et de soutien mutuel. L’humanité unie pourra affronter les problèmes nombreux et préoccupants du monde présent.</em> »</p>
<p>« Peter-Hans Kolvenbach, supérieur général de l’Ordre des Jésuites. Dans un discours tenu en 1997, ce prince de l’Église a réaffirmé la nécessité de l’unité dans des termes proches de l’Être suprême : « <em>L’homme de foi est intimement convaincu que l’histoire de l’union humaine peut être écrite en collaboration avec le Seigneur de l’Histoire. L’échec de la tour de Babel n’est pas fatal. Le monde se meut vers un nouveau phénomène pentecostal où chacun, avec ses particularités, se fait communion avec l’esprit.</em> »</p>
<p>« <em>Dès que possible, nous devons arriver à élaborer un gouvernement mondial et une religion mondiale dirigées par un leader mondial</em> » <strong>Robert Muller (ancien assistant au secrétaire général de l’ONU)</strong></p>
<p>Cette dernière citation montre que la religion n’a pas cessé d’être perçu comme un outil de manipulation utile et efficace par ceux qui se trouvent dans les plus hautes sphères du pouvoir.</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Ce serait un coup de maître, si vous teniez à Rome une garnison perpétuelle, car vous disposeriez presque du Saint-Siége, comme s’il résidait dans quelque province de votre royaume. Mais enfin, si au lieu de trouver dans la chaire de Saint-Pierre un Borgia ou un Dubois, comme vous paraissez y compter, vous aviez en face de vous un pape qui résistât à vos intrigues et bravât votre colère, que feriez-vous ?</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Alors, il faudrait bien s’y résoudre, sous prétexte de défendre le pouvoir temporel, je déterminerais sa chute.</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Vous avez ce que l’on appelle du génie !</p>
<h2>Les finances</h2>
<p> <strong>« Montesquieu:</strong></p>
<p>Oui, mais c’est ici que commence la difficulté. Je sais comment les gouvernements représentatifs pourvoient à leurs besoins financiers, mais je n’ai aucune idée des moyens d’existence du pouvoir absolu dans les sociétés modernes. Si j’interroge le passé, je vois très-clairement qu’il ne peut subsister qu’aux conditions suivantes : il faut, en premier lieu, que le monarque absolu soit un chef militaire, vous le reconnaissez sans doute.</p>
<p><strong>Machiavel:</strong></p>
<p>Oui.</p>
<p><strong>Montesquieu:</strong></p>
<p>Il faut, de plus, qu’il soit conquérant, car c’est à la guerre qu’il doit demander les principales ressources qui lui sont nécessaires pour entretenir son faste et ses armées. S’il les demandait à l’impôt, il écraserait ses sujets. Vous voyez par là que ce n’est pas, parce que le monarque absolu dépense moins, qu’il doit ménager les tributs, mais parce que la loi de sa subsistance est ailleurs. »</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>Il n’est pas utile de s’étendre sur ce point, car je pense que tout le monde aura fait le rapprochement avec le comportement belliqueux des États-Unis, plus grande « <em>démocratie absolutiste</em> » du monde, et qui, avec 400 milliards de $ attribués chaque année au secteur militaire, dépendent de guerres chroniques pour suivre la logique de leur économie. Outre les deux conflits mondiaux, quand ils ne sont pas en Corée (1951), au Vietnam (1964-1973), au Panama (1989), en Irak (1991), en Serbie (1999), en Afghanistan (2001), encore en Irak (2003), ils trouvent toujours bien l’un ou l’autre pays à qui vendre des armes, un camp à aider contre un autre, comme Taïwan ou plusieurs pays africains.</p>
<p><strong>« Machiavel :</strong></p>
<p>Il y a une manière particulière de présenter le budget, d’en dissimuler, au besoin, l’élévation croissante. Il n’est pas de gouvernement qui ne soit dans la nécessité d’en agir ainsi.</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Puisque vos dépenses augmentent, il faut bien que vos ressources croissent dans la même proportion. Trouverez-vous, comme Jules César, une valeur de deux milliards de francs dans les coffres de l’État, ou découvrirez-vous les sources du Potose ?</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Vos traits sont fort ingénieux ; je ferai ce que font tous les gouvernements possibles, j’emprunterai.</p>
<p>Quelquefois il y a, vous le savez, en finances des mots tout faits, des phrases stéréotypées, qui font beaucoup d’effet sur le public, le calment, le rassurent.</p>
<p>Ainsi, en présentant avec art telle ou telle dette passive, on dit : ce chiffre n’a rien d’exorbitant ; – il est normal, il est conforme aux antécédents budgétaires ; – le chiffre de la dette flottante n’a rien que de très-rassurant. Il y a une foule de locutions semblables dont je ne vous parle pas parce qu’il est d’autres artifices pratiques, plus importants, sur lesquels je dois appeler votre attention.</p>
<p>D’abord, dans tous les documents officiels il est nécessaire d’insister sur le développement de la prospérité, de l’activité commerciale et du progrès toujours croissant de la consommation.</p>
<p>Le contribuable s’émeut moins de la disproportion des budgets, quand on lui répète ces choses, et on peut les lui répéter à satiété, sans que jamais il s’en défie, tant les écritures authentiques produisent un effet magique sur l’esprit des sots bourgeois. Lorsque l’équilibre des budgets est rompu et que l’on veut, pour l’année suivante, préparer l’esprit public à quelque mécompte, on dit à l’avance, dans un rapport, l’année prochaine le découvert ne sera que de tant.</p>
<p>Si le découvert est inférieur aux prévisions, c’est un véritable triomphe ; s’il est supérieur, on dit : « <em>le déficit a été plus grand qu’on ne l’avait prévu, mais il s’était élevé à un chiffre supérieur l’année précédente ; de compte fait, la situation est meilleure, car on a dépensé moins et cependant on a traversé des circonstances exceptionnellement difficiles : la guerre, la disette, les épidémies, des crises de subsistances imprévues, etc.</em> »</p>
<p>« <em>Mais, l’année prochaine, l’augmentation des recettes permettra, suivant toute probabilité, d’atteindre un équilibre depuis si longtemps désiré : la dette sera réduite, le budget convenablement balancé. Ce progrès continuera, on peut l’espérer, et, sauf des événements extraordinaires, l’équilibre deviendra l’habitude de nos finances, comme il en est la règle.</em> »</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Mais ne vous préoccuperez-vous pas de payer enfin ?</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>A cet égard les moyens sont très-variés : il y a d’abord l’impôt.</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Il y a d’autres moyens : il y a ce que l’on appelle la conversion. Ceci est relatif à la dette que l’on appelle consolidée, c’est-à-dire à celle qui provient de l’émission des emprunts. On dit aux rentiers de l’État, par exemple : jusqu’à ce jour je vous ai payé 5 p.c. de votre argent ; c’était le taux de votre rente. J’entends ne plus vous payer que le 4 1/2 ou le 4 p.c. Consentez à cette réduction ou recevez le remboursement du capital que vous m’avez prêté.</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Mais si l’on rend réellement l’argent, je trouve le procédé encore assez honnête.</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Sans doute on le rend, si on le réclame ; mais très-peu s’en soucient ; les rentiers ont leurs habitudes ; leurs fonds sont placés ; ils ont confiance dans l’État ; ils aiment mieux un revenu moindre et un placement sûr. Si tout le monde demandait son argent il est évident que le Trésor serait pris au lacet. Cela n’arrive jamais et l’on se débarrasse par ce moyen d’un passif de plusieurs centaines de millions. Voici une autre combinaison relative à un autre genre de dette. Je vous disais tout à l’heure que l’État avait à sa disposition les fonds des caisses de prévoyance et qu’il s’en servait en payant le loyer, sauf à les rendre à première réquisition. Si, après les avoir longtemps maniés, il n’est plus en mesure de les rendre, il consolide la dette qui flotte dans ses mains.</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Je sais ce que cela signifie ; l’État dit aux déposants : Vous voulez votre argent, je ne l’ai plus ; voilà de la rente.</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>Précisément, et il consolide de la même manière toutes les dettes auxquelles il ne peut plus suffire. Il consolide les bons du Trésor, les dettes contractées envers les villes, envers les banques, enfin toutes celles qui forment ce que l’on appelle très-pittoresquement la dette flottante, parce qu’elle se compose de créances qui n’ont point d’assiette déterminée et qui sont à une échéance plus ou moins rapprochée. Je ne vous indique seulement pas la millième partie des combinaisons que l’on peut employer. Loin de redouter l’accroissement des rentes perpétuelles, je voudrais que la fortune publique entière fût en rentes ; je ferais en sorte que les villes, les communes, les établissements publics convertissent en rentes leurs immeubles ou leurs capitaux mobiliers. C’est l’intérêt même de ma dynastie qui me commanderait ces mesures financières. Il n’y aurait pas dans mon royaume un écu qui ne tînt par un fil à mon existence.</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Mais à ce point de vue même, à ce point de vue fatal, atteindrez-vous votre but ? Ne marchez-vous pas, de la manière la plus directe, à votre ruine à travers la ruine de l’État ? Ne savez-vous pas que chez toutes les nations de l’Europe il y a de vastes marchés de fonds publics, où la prudence, la sagesse, la probité des gouvernements est mise à l’enchère ? A la manière dont vous dirigez vos finances, vos fonds seraient repoussés avec perte des marchés étrangers et ils tomberaient aux plus bas cours, même à la Bourse de votre royaume.</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>C’est une erreur flagrante. Un gouvernement glorieux, comme serait le mien, ne peut que jouir d’un grand crédit à l’extérieur. A l’intérieur, sa vigueur dominerait les appréhensions. Au surplus je ne voudrais pas que le crédit de mon État dépendît des transes de quelques marchands de suif ; je dominerais la Bourse par la Bourse.</p>
<p><strong>Montesquieu :</strong></p>
<p>Qu’est-ce encore ?</p>
<p><strong>Machiavel :</strong></p>
<p>J’aurais de gigantesques établissements de crédit institués en apparence pour prêter à l’industrie, mais dont la fonction la plus réelle consisterait à soutenir la rente. Capables de jeter pour 400 ou 500 millions de titres sur la place, ou de raréfier le marché dans les mêmes proportions, ces monopoles financiers seraient toujours maîtres des cours.</p>
<p><strong>Commentaire :</strong></p>
<p>Outre les discours visant à rassurer le public sur la situation des finances, et les méthodes visant à cacher cette même situation, nous connaissons tous à quel point la situation de la dette est catastrophique et Ô combien son montant est exponentiel. Cette dette permet au gouvernement de vivre au-dessus de ses moyens, et condamne le contribuable à être pris dans un système d’esclavage où il devra toujours s’échiner à rembourser une dette qui ne fera qu’augmenter, paradoxalement.</p>
<p>Quant aux gigantesques établissements de crédits, maîtres des cours, le plus frappant est sans doute la Réserve Fédérale des États-Unis (La FED, banque centrale), qui, par la gestion de la masse monétaire et donc des cours de l’argent, détermine également la valeur de ce dernier.</p>
<h2>Conclusion</h2>
<p><strong>« Montesquieu :</strong></p>
<p>La souveraineté du pouvoir humain correspond à une idée profondément subversive, la souveraineté du droit humain ; c’est cette doctrine matérialiste et athée, qui a précipité la Révolution française dans le sang, et lui a infligé l’opprobre du despotisme après le délire de l’indépendance. Il n’est pas exact de dire que les nations sont maîtresses absolues de leurs destinées, car leur souverain maître c’est Dieu lui-même, et elles ne seront jamais hors de sa puissance. Si elles possédaient la souveraineté absolue, elles pourraient tout, même contre la justice éternelle, même contre Dieu ; qui oserait aller jusque-là ? Mais le principe du droit divin, avec la signification qui s’y trouve communément attachée, n’est pas un principe moins funeste, car il voue les peuples à l’obscurantisme, à l’arbitraire, au néant, il reconstitue logiquement le régime des castes, il fait des peuples un troupeau d’esclaves, conduits, comme dans l’Inde, par la main des prêtres, et tremblant sous la verge du maître. Comment en serait-il autrement ? Si le souverain est l’envoyé de Dieu, s’il est le représentant même de la Divinité sur la terre, il a tout pouvoir sur les créatures humaines soumises à son empire, et ce pouvoir n’aura de frein que dans des règles générales d’équité, dont il sera toujours facile de s’affranchir.</p>
<p>C’est dans le champ qui sépare ces deux opinions extrêmes, que se sont livrées les furieuses batailles de l’esprit de parti ; les uns s’écrient : Point d’autorité divine ! les autres : Point d’autorité humaine ! O Providence suprême, ma raison se refuse à accepter l’une ou l’autre de ces alternatives ; elles me paraissent toutes deux un égal blasphème contre ta sagesse ! Entre le droit divin qui exclut l’homme et le droit humain qui exclut Dieu, il y a la vérité, Machiavel ; les nations comme les individus sont libres entre les mains de Dieu. Elles ont tous les droits, tous les pouvoirs, à la charge d’en user suivant les règles de la justice éternelle. La souveraineté est humaine en ce sens qu’elle est donnée par les hommes, et que ce sont les hommes qui l’exercent ; elle est divine en ce sens qu’elle est instituée par Dieu, et qu’elle ne peut s’exercer que suivant les préceptes qu’il a établis. »</p>
<p>Cette formule de Maurice Joly me semble parfaitement synthétiser ce qui a toujours prévalu au cours de l’histoire des civilisations : « <em>Il ne s’agit que de mettre le despotisme en harmonie avec les mœurs modernes.</em> »</p>
<p>En outre, la politique du juste milieu est la seule qui puisse être valable; écoeurés par les abus d’un clergé ecclésiastique, nous avons sombré dans l’autre extrême, les abus d’un groupe privilégié de matérialistes. Nous sommes passés de l’obscurantisme religieux à l’obscurantisme matériel. Espérons qu’un jour, les peuples seront capables de la maturité qui leur permettra d’établir un système qui puisse enfin être subtil et nuancé, ce qui le rendra juste.</p>
<p><a href="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/obey-giant-hostile-takeover.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2655" title="obey-giant-hostile-takeover" src="http://mecanoblog.wordpress.com/files/2009/11/obey-giant-hostile-takeover.jpg" alt="" width="400" height="400" /></a></p>
<p>Les Dialogues aux enfers entre Machiavel et Montesquieu peuvent être consultés en lecture sur <a href="http://fr.wikisource.org/wiki/Dialogue_aux_enfers_entre_Machiavel_et_Montesquieu" target="_blank">Wikisource</a></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Votul obligatoriu in Romania]]></title>
<link>http://bogdanantohe.wordpress.com/2009/11/25/votul-obligatoriu-in-romania/</link>
<pubDate>Wed, 25 Nov 2009 21:43:05 +0000</pubDate>
<dc:creator>Bogdan Antohe</dc:creator>
<guid>http://bogdanantohe.wordpress.com/2009/11/25/votul-obligatoriu-in-romania/</guid>
<description><![CDATA[Astazi am avut parte de un curs cu adevarat interesant la Masterul pe care il urmez la Facultatea de]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:justify;"><a href="http://bogdanantohe.wordpress.com/files/2009/11/voteme1.jpeg"><img class="alignleft size-medium wp-image-173" title="voteme" src="http://bogdanantohe.wordpress.com/files/2009/11/voteme1.jpeg?w=300" alt="" width="300" height="232" /></a>Astazi am avut parte de un curs cu adevarat interesant la Masterul pe care il urmez la Facultatea de Stiinte Politice. Stiu ca multi dintre cei care au absolvit aceasta facultate (sau inca studiaza aici)  nu gasesc mare esenta in cursurile care se tin. Motivele sunt diverse si nu le expun aici.</p>
<p style="text-align:justify;"><!--more--></p>
<p style="text-align:justify;">La cursul din aceasta seara (Democratie si guvernare) am avut parte de o dezbatere pe tema introducerii votului obligatoriu in Romania. Am fost PENTRU, aducand ca argument scaderea ratei de participare de la un scrutin la altul si pericolul unei lipse din ce in ce mai mari de reprezentativitate a celor alesi. In mod direct, ar rezulta de aici si diminuarea posibilitatii fraudarii alegerilor. Desigur, realisti fiind, ar lua ceva timp pana cand am putea vorbi despre o participare de peste 70% (sa zicem). Acest lucru ar fi posibil in tarile unde exista o traditie democratica indelungata si acolo unde sistemul politic in complexitatea sa ar permite punerea lui in aplicarea.</p>
<p style="text-align:justify;">Este Romania cu adevarat pregatita pentru asta? Este fezabil si dezirabil din punct de vedere politic-administrativ si social sa se introduca votul obligatoriu? Sunt doar doua intrebari care ma fac sa gandesc mai bine aceasta chestiune dupa mini-dezbaterea din aceasta seara. Pe langa acestea, retin si expun urmatoarea concluzie: <strong>nu e de vina electoratul pentru incompetenta partidelor politice si a candidatilor ca nu pot mobiliza mai multe persoane sa vina la vot.</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Cred ca ar fi interesant sa vedem cum ar evolua aceasta dezbatere in mediul online, in masura in care ilustrele capete politice o aduc in discutie numai atunci cand exista o miza electorala. Ar putea fi o tema interesanta lansata pe blogurile politicienilor, spre exemplu (care sunt lasate in paragina intre sfarsitul unei campanii electorale si inceputul alteia).</p>
<p style="text-align:justify;">Asta pentru a nu ajunge in 2014, o data cu alegerile prezidentiale sa ni se bage pe gat si un referendum in care sa fim intrebati:</p>
<p style="text-align:center;"><span style="color:#ff0000;"><strong>Sunteti de acord cu initiativa Presedintelui Romaniei de a introduce votul obligatoriu?</strong></span></p>
<p style="text-align:center;"><strong><br />
</strong></p>
<p style="text-align:justify;">
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Triumful prostiei sau despre "revoluţia bunului simţ"]]></title>
<link>http://alonewithothers.wordpress.com/2009/11/25/noua-revolutie-a-bunului-simt/</link>
<pubDate>Wed, 25 Nov 2009 17:24:57 +0000</pubDate>
<dc:creator>Marius Corduneanu</dc:creator>
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<description><![CDATA[Exordiu &#8220;S-a stricat ceva în creierul acestui popor!&#8221; spunea zilele trecute Neagu Djuvar]]></description>
<content:encoded><![CDATA[Exordiu &#8220;S-a stricat ceva în creierul acestui popor!&#8221; spunea zilele trecute Neagu Djuvar]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[KEAMANAN (DI) NEGARA - KORUPSI]]></title>
<link>http://pembebasan.wordpress.com/2009/11/25/keamanan-di-negara-korupsi/</link>
<pubDate>Wed, 25 Nov 2009 14:08:21 +0000</pubDate>
<dc:creator>pembebasan</dc:creator>
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<description><![CDATA[      KEAMANAN DAN PEMBERANTASAN KORUPSI   (DI) NEGARA         TEKANAN Sosial dan Gerak Demokratik M]]></description>
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</item>
<item>
<title><![CDATA[PENOLAKAN]]></title>
<link>http://pembebasan.wordpress.com/2009/11/25/penolakan/</link>
<pubDate>Wed, 25 Nov 2009 09:29:55 +0000</pubDate>
<dc:creator>pembebasan</dc:creator>
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<description><![CDATA[PENOLAKAN KAMI KE ALASAN &nbsp; &nbsp; &nbsp; APAKAH keadaan, yang berakhir ? Bukan retorika. Lagi, ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[PENOLAKAN KAMI KE ALASAN &nbsp; &nbsp; &nbsp; APAKAH keadaan, yang berakhir ? Bukan retorika. Lagi, ]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Cette année à la FNAC le père Noel est une ordure ... ]]></title>
<link>http://pushsv2.wordpress.com/2009/11/25/cette-annee-a-la-fnac-le-pere-noel-est-une-ordure/</link>
<pubDate>Tue, 24 Nov 2009 23:41:00 +0000</pubDate>
<dc:creator>Theo</dc:creator>
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<description><![CDATA[et il trimballe dans sa hotte un bâton merdeux ^^ &nbsp; illustation : emelire le féminin l&#8217;em]]></description>
<content:encoded><![CDATA[et il trimballe dans sa hotte un bâton merdeux ^^ &nbsp; illustation : emelire le féminin l&#8217;em]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[Din nou: ne trebuie doar 2 partide politice in RO, atat!]]></title>
<link>http://laviniq.wordpress.com/?p=1253</link>
<pubDate>Tue, 24 Nov 2009 18:05:43 +0000</pubDate>
<dc:creator>laviniq</dc:creator>
<guid>http://laviniq.wordpress.com/?p=1253</guid>
<description><![CDATA[Pe bune, nu stiu daca va mai amintiti cand scriam de marile puteri ale lumii in care nu sunt decat 2]]></description>
<content:encoded><![CDATA[Pe bune, nu stiu daca va mai amintiti cand scriam de marile puteri ale lumii in care nu sunt decat 2]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Jacques Rivard nommé chef adjoint du Parti vert du Canada]]></title>
<link>http://vertstoutdesuite.wordpress.com/2009/11/24/jacques-rivard-nomme-chef-adjoint-du-parti-vert-du-canada/</link>
<pubDate>Tue, 24 Nov 2009 16:44:33 +0000</pubDate>
<dc:creator>Line M.</dc:creator>
<guid>http://vertstoutdesuite.wordpress.com/2009/11/24/jacques-rivard-nomme-chef-adjoint-du-parti-vert-du-canada/</guid>
<description><![CDATA[24 Novembre 2009 &#8211; 10:00am Montréal – La chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May, nomme Ja]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><div><a href="http://vertstoutdesuite.wordpress.com/files/2009/11/091124jacques_rivard_6.jpg"></a></div>
<p style="text-align:center;"><img class="size-full wp-image-519" title="091124jacques_rivard_6" src="http://vertstoutdesuite.wordpress.com/files/2009/11/091124jacques_rivard_6.jpg" alt="" width="352" height="198" /></p>
<div>24 Novembre 2009 &#8211; 10:00am</div>
<div>
<p>Montréal – La chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May, nomme Jacques Rivard, ancien journaliste à Radio-Canada, chef adjoint du Parti vert du Canada. Jacques Rivard se joint dans ses fonctions à Adriane Carr, chef adjointe pour le Parti vert du Canada.</p>
<p>« Je suis extrêmement heureuse de pouvoir compter sur un homme comme Jacques Rivard pour représenter le Parti vert du Canada, affirme Elizabeth May, chef du Parti vert du Canada. Jacques Rivard a fait de l’environnement un dossier prioritaire pendant plus de 20 ans alors qu’il était journaliste à Radio-Canada. Les questions environnementales lui tiennent à cœur. C’est pour cette raison que j’ai demandé à Jacques de se joindre à notre équipe. »</p>
<p>L’arrivée de Jacques Rivard comme chef adjoint au Parti vert du Canada s’inscrit dans la continuité pour ce passionné de l’environnement. « J’ai commencé à m’intéresser à l’environnement lorsque je suis arrivé à Montréal, explique le nouveau chef adjoint du Parti vert du Canada. Étant originaire de Rivière-du-Loup, j’ai constaté un niveau de pollution beaucoup plus important que ce que j’avais connu dans le Bas-du-Fleuve. Je voulais savoir ce qui en était la cause et quel effet ça pouvait avoir sur l’air, l’eau et les gens. Ma curiosité naturelle a fait le reste. Pendant plus d’une vingtaine d’années, en tant que journaliste, l’environnement a été mon sujet de prédilection. Je continue à m’intéresser à l’environnement, mais cette fois, dans l’arène politique. »</p>
<p>La feuille de route de Jacques Rivard est impressionnante. En plus de ses années comme journaliste à Radio-Canada, il a collaboré avec le réseau américain CNN relativement à des dossiers environnementaux touchant l’Arctique. Il a été membre de la Society of Environmental Journalists. Il a été récipiendaire de la bourse Nieman et d’une bourse de la Fondation Rasmussen permettant à un journaliste en environnement de parfaire ses connaissances à l’Université Harvard. Depuis 10 ans, il a été invité à titre de conférencier sur des questions environnementales au Honduras, au Mexique et en France.</p>
<p>« La nomination de Jacques Rivard ajoutera une vaste expérience à la direction du Parti vert du Canada, ajoute Adriane Carr, chef adjointe du Parti vert du Canada et candidate dans la circonscription de Vancouver Centre. Les électeurs québécois ont soif d’une alternative réellement verte qui va représenter leurs aspirations environnementales à la Chambre des Communes et je crois que Jacques Rivard sera le porte-étendard idéal pour le Parti vert du Canada au Québec. »</p>
<p>Jacques Rivard bio : <a href="http://www.partivert.ca/fr/party/jacques-rivard">www.partivert.ca/fr/party/jacques-rivard</a></p>
<p>-30-</p>
<p>Source :</p>
<p>Patrick Mahony<br />
Directeur des communications au Québec<br />
Parti vert du Canada<br />
(514) 677-6682<br />
www.partivert.ca</p>
</div>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Flipo et Gaudillière : Inégalités écologiques, « croissance verte » et utopies technocratiques.]]></title>
<link>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/11/24/flipo-et-gaudilliere-inegalites-ecologiques-%c2%ab-croissance-verte-%c2%bb-et-utopies-technocratiques/</link>
<pubDate>Tue, 24 Nov 2009 10:51:37 +0000</pubDate>
<dc:creator>pascalbourgois2</dc:creator>
<guid>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/11/24/flipo-et-gaudilliere-inegalites-ecologiques-%c2%ab-croissance-verte-%c2%bb-et-utopies-technocratiques/</guid>
<description><![CDATA[mediapart.fr, Fabrice Flipo, Jean-Paul Gaudillière, le 23 Novembre 2009 Première publication par Mou]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://">mediapart.fr</a>, <a href="http://www.mouvements.info/+-Fabrice-Flipo-+.html">Fabrice Flipo</a>, <a href="http://www.mouvements.info/+-Jean-Paul-Gaudilliere-+.html">Jean-Paul Gaudillière</a>, le 23 Novembre 2009</p>
<p>Première publication par <a href="http://">Mouvements</a></p>
<p><a href="http://www.mediapart.fr/club/blog/velveth/231109/inegalites-ecologiques-croissance-verte-et-utopies-technocratiques"><strong>Inégalités écologiques, « croissance verte » et utopies technocratiques.</strong></a></p>
<p>Les auteurs de ce texte, tout en définissant la notion de &#8220;décroissance&#8221;, déclinent trois priorités : <strong>reconnaître une « valeur » et non un prix à la nature ; redistribuer et réduire les inégalités tant celles sous-jacentes à la crise écologique que celle induites par les mesures imaginées pour y remédier ; relocaliser et resocialiser l&#8217;économie pour démocratiser les choix.</strong></p>
<p><strong>La crise écologique et financière oblige les décideurs à se pencher sur les scénarios de sortie de crise verte. Mais cette prise de conscience court le risque de s&#8217;arrêter à mi-chemin. « Capitalisme vert », « croissance verte », « keynésianisme vert » et « technologies propres » constituent autant de confortables mirages destinés à nous épargner les nécessaires remises en cause liées aux limites écologiques d&#8217;une planète aux ressources finies. La prise en compte conséquente de ces limites amène à aborder de front la question des inégalités écologiques et sociales et à changer les modes de production, de consommation et donc les modes de vie les plus prédateurs. Sans autre échappatoire, dans cette redistribution des richesses à opérer, que la redéfinition collective du sens de ces richesses elles-mêmes.</strong></p>
<p><strong>Grenelle de l&#8217;environnement, succès aux élections européennes, invitation des leaders écologistes à l&#8217;Élysée, débat (difficile) sur une loi créant une taxe carbone&#8230;L&#8217;écologie politique semble avoir gagné un statut nouveau sur la scène politique française. La crise écologique et la dégradation de notre environnement ont apparemment cessé d&#8217;exister comme cette chose dont il faut parler en fin de discours pour faire bonne mesure pour devenir un enjeu à propos duquel il est bon de réfléchir, voire même d&#8217;inventer des événements.</strong></p>
<p><strong>Cette nouvelle donne doit beaucoup à la conjonction des deux crises : la crise climatique et la crise financière</strong>. La visibilité de la première tient bien sûr à l&#8217;agenda des négociations internationales, aux discussions sur l&#8217;après Kyoto. <strong>Au-delà de la conjoncture, en matière de climat, tous les signaux sont en effet au rouge. Les organisations internationales, du GIEC aux grandes ONG environnementales en passant par le PNUD, multiplient les mises en garde sur l&#8217;accélération du réchauffement, sur l&#8217;ampleur de ses effets à relativement court terme</strong>, <strong>sur la vulnérabilité phénoménale des pays d&#8217;Afrique, d&#8217;Asie du Sud et d&#8217;Amérique Latine, sur les inégalités que le changement climatique va créer ou renforcer</strong>. Les médias européens et nord-américains relaient désormais<strong> le consensus des experts du climat sur la réalité du phénomène et font largement écho à la fonte des calottes glaciaires, aux migrations d&#8217;espèces ou encore aux nouvelles « guerres » de l&#8217;eau. </strong>Parallèlement, l&#8217;éclatement de la crise financière a rouvert un espace pour discuter des changements du capitalisme, du fonctionnement des marchés financiers, des effets « pervers » du déplacement de pouvoir vers l&#8217;actionnariat et les places boursières, des défauts de « l&#8217;auto-régulation » des marchés et du même coup signé le retour en grâce de l&#8217;intervention publique, ne serait-ce que pour sauver les banques et assurer la pérennité d&#8217;un régime d&#8217;accumulation (légèrement) amendé.</p>
<p><strong>À gauche, cette conjonction des deux crises a paradoxalement des effets délétères. En rendant la question écologique plus visible et urgente, elle rend encore plus patente la difficulté à proposer des réponses autres que cosmétiques</strong>. La vivacité et surtout la nature des dénonciations venant tant du parti socialiste que de la gauche de la gauche d&#8217;un projet de taxe carbone présenté comme « anti-sociale » alors qu&#8217;il s&#8217;agit au contraire de le configurer pour en faire un outil liant redistribution et changement des façons de produire en a été un bien triste révélateur.</p>
<p>On n&#8217;aurait toutefois tort de considérer que les discours sur la sortie de crise « verte » ou le Green Deal ne sont que des temporaires, de simple effet de couverture médiatique grâce auxquels on découvre ces exotiques décroissants du midi de la France.<strong> Bénéficiant des acquis de l&#8217;expertise économico-climatique poursuivie depuis une dizaine d&#8217;années dans et autour du GIEC et des institutions en charge des politiques énergétiques, les propositions &#8211; voire les scénarios &#8211; liant réponse à la crise financière, re-régulation et investissements écologiques massifs tendent à faire référence, y compris du côté de la présidence américaine</strong>. Les registres varient, depuis la simple mise en avant d&#8217;un recours significatif aux sources d&#8217;énergie renouvelables dans le « bouquet » énergétique jusqu&#8217;à des argumentations plus fondamentales sur la nécessité d&#8217;une politique écologique globale faisant intervenir des transferts importants de ressources vers les pays du Sud. Dans un ouvrage récent, Lester Brown évoquait ainsi <strong>la perspective d&#8217;une « éco-écologie</strong> » <!--more-->fondée non seulement sur des outils de régulation nouveaux destinés à prendre en compte inégalités et contraintes environnementales dans nos comptabilités économiques mais aussi sur un recours massif à l&#8217;innovation technique conçue comme principal vecteur de la transformation des pratiques de production. Ce « keynésianisme » vert peut-être tentant, ne serait-ce que pour faire converger écologie et critique sociale, donner une place à la question des inégalités écologiques tant à gauche qu&#8217;au sein de la mouvance environnementale. Encore faudrait-il que la convergence aide à penser sortie du capitalisme et sortie de l&#8217;économie de croissance, encore faudrait-il qu&#8217;elle ne se limite pas à l&#8217;idée d&#8217;une croissance « verte » permettant de faire l&#8217;économie d&#8217;une remise en cause du productivisme, de la course à la consommation et de la rationalité économique dominante en mettant sans cesse en avant l&#8217;invention technique et l&#8217;optimisation experte.</p>
<p><strong>La montée de l&#8217;éco-efficacité ou le rêve d&#8217;une convergence par le calcul.</strong></p>
<p>Le cas du climat est à bien des égards exemplaire. Parmi tous les acteurs institutionnels du débat climatique, le gouvernement allemand est l&#8217;un de ceux qui affichent des objectifs ambitieux, au moins tant qu&#8217;ils n&#8217;entrent pas en conflit avec la façon dont les industriels locaux de l&#8217;automobile comprennent leurs intérêts. Il est le seul pays européen à avoir adopté un projet de réduction de 40 % des émissions de gaz à effet de serre d&#8217;ici à 2020 dont le moteur essentiel n&#8217;est pas la substitution du gaz et du pétrole par le nucléaire mais une diminution massive des consommations par le biais d&#8217;une efficacité accrue des usages de l&#8217;énergie (deux tiers dans le cadre de la production industrielle, un tiers dans le cadre des usages et consommations domestiques). </p>
<p>Un des effets de l&#8217;acceptation du changement climatique comme phénomène réel exigeant d&#8217;importantes adaptations de l&#8217;économie mondiale a non seulement été de multiplier les scénarios énergétiques mais aussi, depuis peu, de voir apparaître une convergence entre ceux émanant des États, des organisations internationales du système ONU et de certaines ONG très engagées dans l&#8217;expertise alternative. Le scénario officiel du gouvernement allemand est ainsi très proche des propositions du collectif d&#8217;experts « <a href="http://www.negawatt.org/"><strong>Negawattt</strong></a> » réunis à l&#8217;initiative d&#8217;associations françaises essayant de convaincre qu&#8217;il y a une alternative réaliste à la politique nucléaire d&#8217;EDF, une alternative qui impose d&#8217;en finir avec les mauvais usages de l&#8217;énergie mais pas avec les consommations finales ou du moins de façon acceptable par la majorité de la population.</p>
<p>La plupart de ces scénarios reposent sur deux idées forces de l&#8217;éco-écologie. La première est la chasse au « gaspi » autrement dit une prise en considération du fait que la façon dont sont aujourd&#8217;hui organisées la production et la distribution de biens repose sur de très profondes irrationalités écologiques : depuis la priorité à l&#8217;automobile individuelle jusqu&#8217;à la généralisation de l&#8217;agriculture d&#8217;exportation en passant par le non recyclage de vastes quantités de matières. La seconde est l&#8217;idée que ces gaspillages sont entretenus voire créé par les régulations marchandes aujourd&#8217;hui dominantes et les signaux prix qui les caractérisent. Dans cette perspective d&#8217;efficacité, notre économie est une économie productiviste et peu « économe » puisqu&#8217;elle ne prend en compte aucun des effets de long terme des activités humaines et de leurs coûts en termes de destruction de la nature et de l&#8217;environnement. Notre appareil productif est aussi un appareil destructif qui consomme sans contrepartie nombre des biens que la nature a lentement accumulés. Et cela dans la plus parfaite indifférence puisque le fait est rendu totalement invisible au consommateur. Le paradigme du recours aux sources d&#8217;énergie fossiles tient dans ce constat : les coûts réels sont cachés, les externalités négatives ne sont pas prises en compte. La conjonction de ces deux idées est à l&#8217;origine d&#8217;une réponse essentielle de la nouvelle économie « durable », de la promesse d&#8217;un New Deal vert : il faut compter autrement pour pouvoir réguler plus efficacement, pour pouvoir prendre en compte les biens écologiques et respecter les droits dont chacun dispose à ce sujet, en vertu du principe de res communis (propriété collective des dons de la nature) qui a été établi par Grotius, Locke, Kant et l&#8217;école du droit naturel. Autrement dit ce qui est en cours est une sorte de réouverture des enclosures menées à bien au cours des deux révolutions industrielles.</p>
<p>Compter autrement ne veut pas simplement dire remettre en cause l&#8217;usage du sacro-saint PIB comme indicateur d&#8217;efficacité économique, de progrès et de comparaison entre pays. La notion d&#8217;éco-efficacité vise bien plus que la production d&#8217;indicateurs adéquats à la comptabilité des inégalités, du bien-être social ou de « l&#8217;empreinte écologique ». Elle est par exemple au cœur du scénario Negawatt qui nous dit que nous pouvons maintenir le niveau de vie actuel avec deux fois moins d&#8217;énergie, en divisant par cinq les émissions de GES et en sortant du nucléaire. Dans cette perspective, la sortie de crise « verte » de même que la conversion à des régulations plus respectueuses de la nature repose sur de nouvelles formes d&#8217;allocation des ressources et d&#8217;optimisation de leurs usages qui visent à donner un prix aux effets de nos productions et de nos consommations sur les écosystèmes ; qui visent à faire voir l&#8217;empreinte écologique plus ou moins « lourde » des biens et services, que ceux-ci soient mis sur le marché ou produits dans un contexte de service public. Cette comptabilité peut être réalisée en monnaie ou en matière. Dans les deux cas, elle suppose la possibilité d&#8217;une forme de rationalité (par le calcul) dont les résultats s&#8217;imposeraient à tous du fait même de leur capacité à prendre en compte les contraintes objectives et c&#8217;est là que le bas blesse. L&#8217;archétype de ce nouveau calcul éco-écologique est la mise en place (fort controversée) du marché du carbone. L&#8217;enjeu d&#8217;importance est moins ici la question du droit à polluer pour les « riches » (on achète des tonnes de droits d&#8217;émission de CO2 pour continuer à produire comme avant) pris pour cible par la critique de gauche que celle de la nature politique de l&#8217;outil de régulation ainsi imaginé par les experts et la Commission européenne. Le pari du recours aux échanges marchands était de donner une valeur (un prix) de marché au carbone de façon à contraindre les grands utilisateurs à l&#8217;économie, à payer pour l&#8217;utiliser &#8211; et ainsi à décourager les émissions. Alors que la plupart des experts situent le niveau minimum d&#8217;un prix dissuasif autour de 100 euros la tonne, le marché européen du carbone a toujours opéré très en deçà de ce seuil et s&#8217;est même effondré à moins d&#8217;un euro la tonne de carbone en 2006. Le marché des permis d&#8217;émission est en fait un système qui n&#8217;a imposé aucune internalisation des coûts écologiques ni favorisé la moindre économie d&#8217;énergie. Et cela non pas parce qu&#8217;on a « marchandisé » mais parce qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un pseudo-marché sans « offreurs » et sans « demandeurs », un « marché » totalement politique où les quantités sont fixées par les autorités de régulation, sur la base de coûts anticipés par des modèles économétriques. Le mécanisme d&#8217;un marché des droits d&#8217;émission n&#8217;a été accepté que parce qu&#8217;il revenait à établir des coûts complètement prévisibles pour les acteurs. Or pour faciliter la transition les autorités ont toujours accepté de fixer des quotas qui ne pénalisaient pas les entreprises&#8230; Difficile ensuite de s&#8217;étonner de l&#8217;absence de compétition et de pression à la hausse des prix.</p>
<p>L&#8217;erreur de départ de tout ce mécanisme est en effet double. Avoir institué « le carbone » comme pseudomarchandise c&#8217;est d&#8217;une part avoir oublié que c&#8217;est un déchet et non un bien, et que dans ces conditions il ne saurait être question de lui appliquer les principes de l&#8217;économie des biens et services. C&#8217;est d&#8217;autre part d&#8217;avoir généré une usine à gaz (sans jeu de mots) en cherchant à comptabiliser avec certitude une substance dont la traçabilité est très difficile à établir car c&#8217;est un gaz inodore et invisible qui entre dans la composition de tout ce qui est autour de nous. Il eût été infiniment plus simple de partir de la comptabilité énergétique qui est déjà disponible, sachant que l&#8217;enjeu premier est la sobriété et non la décarbonisation. Toutes les études attestant des difficultés quasi-insurmontables qui se présentent sur le chemin d&#8217;un simple remplacement des énergies carbonées par d&#8217;autres sources énergies. Les renouvelables sont très très loin de pouvoir remplacer le fossile, et cela avant longtemps, tant qu&#8217;on en reste aux niveaux de consommation qui sont les nôtres aujourd&#8217;hui.</p>
<p>Dans ces conditions, la différence entre le marché du carbone et un système de taxe tient de la discussion sur le sexe des anges et joue au bénéfice de ce dernier qui a au moins le mérite de rendre plus visible la nature politique des décisions comptables. De nombreux pays dont l&#8217;Inde ont ainsi une tarification de l&#8217;énergie en fonction de la quantité consommée, qui fonctionne par « tranches » progressives un peu comme notre impôt sur le revenu : si vous consommez une unité, vous payez un prix donné, si vous en consommez deux, vous payez trois fois plus. On peut facilement imaginer d&#8217;autres paliers. Très récemment les gros consommateurs indiens se sont vus imposer une hausse de leur prix du kWh de&#8230; 45 % ! Contre zéro pour les petits. C&#8217;est simple, plus favorable à des effets de redistribution de richesse et ça ne nécessite pas de bureaucratie supplémentaire.</p>
<p>Les enjeux de ces calculs ne sont donc pas purement écologiques au sens technique, ils sont toujours aussi politiques et sociaux, favorables ou non à la réduction des inégalités et à la démocratie, à la prise en compte de certains intérêts et pas d&#8217;autres, à la perpétuation ou non des rapports de dominations. De ce point de vue, la réification des outils tend à obscurcir les choix. Plus la quête d&#8217;une optimisation écologique fondée sur la seule comptabilité des « externalités négatives » par la généralisation de prix des biens et des dommages environnementaux entretient souvent d&#8217;étroites parentés avec la fiction de l&#8217;acteur rationnel égoïste mais utilitariste de l&#8217;économie politique néoclassique. La recherche d&#8217;un « optimum » passe alors par une réduction des actions et des intérêts au jeu des échanges marchands entre des acteurs individuels en compétition dont on peut moduler le comportement si « on » choisit les bonnes incitations. Que cela contribue à évacuer la question des inégalités sous-jacentes ou créées par ces incitations n&#8217;est guère surprenant.</p>
<p>Ceci n&#8217;est évidemment pas intrinsèque au recours aux indicateurs et outils économiques. La discussion française sur la taxe carbone et les expertises qui l&#8217;ont nourrie ont &#8211; au contraire &#8211; largement porté sur les conséquences sociales, les effets de redistribution et l&#8217;impact sur l&#8217;économie globale de la nouvelle contribution. Jusqu&#8217;à en noyer la signification. La quête d&#8217;une solution indolore augurant du miracle de la croissance « verte » combinée à la vulgate de l&#8217;économie politique néo-libérale (sous la forme du « pas question d&#8217;augmenter les prélèvements obligatoires ») ont progressivement conduit à des options réduisant fortement l&#8217;impact de la taxe carbone sur les consommations énergétiques. Ainsi en est-il de l&#8217;exemption des industries bénéficiant des permis européens (gratuits), du montant très bas, de l&#8217;abandon d&#8217;une affectation de son produit à l&#8217;investissement écologique, de la compensation intégrale pour tous. Vu de gauche le bilan n&#8217;est pas beaucoup plus favorable à une convergence éco-socialiste puisque la critique du caractère « anti-social » de la taxe carbone sarkozyenne n&#8217;a pas eu pour effet de nourrir la réflexion sur des modalités de compensation alliant réforme fiscale, redistribution et soutien à des formes alternatives de consommation énergétique (par exemple une combinaison d&#8217;aides à la rénovation de l&#8217;habitat ET à l&#8217;usage des transports collectifs ou à l&#8217;accès au logement dans les zones bien desservies, dotées en commerces, écoles etc.) mais à voir dans la taxe carbone un outil pour stimuler croissance et consommation (par une réduction des charges salariales ou par la distribution de chèques « verts ») au bénéfice des classes moyennes et populaires. Dans cette version, les investissements dits « verts » ne se différencient en rien du très classique keynésianisme social basé sur la redistribution des fruits de la croissance et les politiques contra-cycliques dont les effets de « durabilité » sont encore à prouver puisqu&#8217;elles n&#8217;ont fait jusqu&#8217;ici que socialiser les risques&#8230; pour leur permettre de grandir. Il y a donc lieu d&#8217;infléchir cette dynamique dans deux directions. Tout d&#8217;abord il s&#8217;agit de décider collectivement du contenu des chèques « verts » &#8211; ce qu&#8217;ils permettent d&#8217;acheter ou pas &#8211; ainsi que de ce qu&#8217;on doit attendre de leur effet agrégé. Ensuite, il s&#8217;agit d&#8217;infléchir les dynamiques d&#8217;enrichissement matériel et d&#8217;accumulation en favorisant de moindres écarts de revenu, d&#8217;autres formes de production et de propriété que la grande entreprise capitaliste.</p>
<p>Mais l&#8217;éco-efficacité ne se décline pas seulement en revendications de monétarisation des coûts écologiques. Elle opère aussi à partir de comptabilités « matière » qui posent des questions spécifiques mais rejoignent les apories du prix du carbone en ce qu&#8217;elles tendent à transformer des rapports de pouvoir en questions justiciables d&#8217;une expertise et d&#8217;une optimisation technique. On ne compte désormais plus seulement en euros mais aussi en kilogrammes de CO2 ou de déchets toxiques. Issue de l&#8217;étude des écosystèmes, la pratique des analyses de cycle-matière devenus éco-bilans et « analyses de cycle de vie » (ACV) tend ainsi à se répandre pour « quantifier les flux de matière et d&#8217;énergie entrant et sortant aux frontières d&#8217;un système représentatif du cycle de vie d&#8217;un produit ou d&#8217;un service ». Du point de vue de l&#8217;éco-efficacité, l&#8217;enjeu est d&#8217;objectiver les solutions les plus efficaces pour ensuite définir les incitations favorables à leur généralisation. Malheureusement, cette évidence s&#8217;obscurcit dès qu&#8217;on remet les ACV en contexte.</p>
<p>Quand le Wuppertal Institut en Allemagne montre que le téléchargement a moins d&#8217;impact écologique que l&#8217;achat de CD, il y a là une solution apparemment simple à généraliser. Mais rien n&#8217;est moins sûr, l&#8217;impact écologique n&#8217;est favorable que si l&#8217;usager ne grave pas chez lui. Le choix est donc autre : entre le téléchargement à volonté avec interdiction de graver les CD ou l&#8217;achat limité de CD en magasin, ce qui pose évidemment des problèmes plus difficiles que la seule promotion du téléchargement ! Les ACV ont d&#8217;autres faiblesses . Les ACV basent par exemple souvent leurs comparaisons sur des unités fonctionnelles stables. Dans l&#8217;exemple précédent : la fonction « écouter de la musique ». Mais ces fonctions sont rarement équivalentes, la comparaison entre travail et télétravail en est un exemple frappant. Si les bénéfices écologiques de l&#8217;absence de déplacement ne sont pas toujours évidents, les dégâts sociaux sont eux fréquents avec des télé-travailleurs bien plus sujets au surtravail. </p>
<p>Surtout les ACV sont effectuées à détour de production similaire alors que des différences d&#8217;impact écologique bien plus grandes peuvent souvent être observées en modifiant les détours de production eux-mêmes. Ainsi pour le même approvisionnement des ménages, le détour par un supermarché de proximité donne &#8211; selon la direction des transports elle-même &#8211; un bilan énergétique et de production de nuisances entre trente et cin-quante fois plus faible que le recours à un supermarché de périphérie. En-fin les ACV donnent rarement la possibilité de comparer les impacts car ceux-ci sont noyés dans des « éco-points » dont l&#8217;arbitrage est opaque et technocratique. De plus, parce qu&#8217;elles sont coûteuses, ces ACV peuvent fonctionner comme des barrières à l&#8217;entrée sur les marchés, renforcer des positions de monopole et allonger les détours de production qui sont justement à l&#8217;origine des impacts que l&#8217;on voulait justement limiter. Idem pour la « carte carbone » actuellement à l&#8217;étude au Royaume-Uni : la base informationnelle requise est unanimement décrite comme gigantesque.</p>
<p>Certains y voient une sorte de nouvelle frontière, nous n&#8217;y voyons que l&#8217;actualisation réelle, cette fois, de Big Brother.</p>
<p>L&#8217;enjeu n&#8217;est pas ici l&#8217;inutilité intrinsèque des indicateurs. Au contraire : l&#8217;invention d&#8217;indicateurs « alternatifs » au PIB en particulier l&#8217;indice de développement humain de l&#8217;ONU ou l&#8217;empreinte écologique ont beaucoup fait pour rendre visible non seulement la crise écologique mais aussi ses dimensions inégalitaires. L&#8217;enjeu est ici &#8211; comme pour le pseudo-marché du carbone &#8211; de ne pas prendre l&#8217;arbre pour la forêt, d&#8217;inscrire les indicateurs dans une démarche d&#8217;économie politique qui ne réifie pas l&#8217;outil pour en faire une boîte noire masquant les multiples choix et décisions concernant qui bénéficie de quoi et pour quoi faire.</p>
<p>La société dématérialisée ou le rêve d&#8217;une sortie de crise par l&#8217;innovation</p>
<p>La comptabilité et l&#8217;internalisation des coûts écologiques ne sont pas les seules pistes d&#8217;une sortie de crise « verte ». L&#8217;ampleur des conséquences du réchauffement climatique ont en particulier contribué à l&#8217;émergence d&#8217;un discours parallèle et complémentaire centré sur le recours aux innovations. La forme caricaturale de ces utopies technologiques est le rêve d&#8217;une neutralisation du changement climatique grâce aux technologies (futures) de séquestration du CO2 par stockage souterrain, par ensemencement des océans en fer pour favoriser la croissance du phyto-plancton ou encore de réduction du rayonnement solaire par injections de soufre dans l&#8217;atmosphère. La discussion sur l&#8217;économie « hydrogène » a d&#8217;autres implications que celle suscitée par ces « RANAP » (recherches appliquées non applicables) dans la mesure où elle est conçue par nombre d&#8217;éco-écologistes (par exemple Jeremy Rifkin ou le même Lester Brown) comme une alternative crédible à l&#8217;économie « carbone » basée sur l&#8217;utilisation des sources d&#8217;énergies fossiles.  Dans les scénarios « hydrogène » le recours à l&#8217;électricité devient général, y compris pour préserver le transport automobile individuel. Les moteurs à combustion classique seraient à terme remplacés par des systèmes de traction faisant appel à la combustion de l&#8217;hydrogène pour produire de l&#8217;eau. Pour obtenir ce carburant hydrogène il n&#8217;existe pas de perspective autre que sa production par hydrolyse à partir de l&#8217;eau. Toute la question devient alors celle des sources de cette électricité qui seule permettrait d&#8217;échapper à une tautologie matérielle. Le nucléaire étant écarté comme recours principal, il ne reste que la mise au point de cellules énergétiques permettant à la fois d&#8217;améliorer considérablement le rendement des dispositifs solaires et d&#8217;en généraliser l&#8217;usage. Les scénarios « hydrogène » sont le plus souvent critiqués comme illustrations d&#8217;une économie de la promesse valorisant des innovations qui sont non seulement encore à venir mais dont les principes mêmes sont problématiques et qui pourraient bien connaître le sort de la fusion nucléaire ou des thérapies géniques. Mais le principal problème de ces scénarios est politique : à savoir de proposer une sortie de crise par investissements massifs dans la recherche et l&#8217;innovation, dans les technologies « propres » contre nos techniques « sales » de façon à contourner la question de l&#8217;empreinte écologique globale, du niveau et des formes de nos activités de consommation. Les utopies énergétiques ont ainsi été largement mobilisées dans les négociations climatiques pour relativiser voire remettre en cause l&#8217;idée selon laquelle limiter le réchauffement à deux degrés suppose une réduction de la consommation énergétique.</p>
<p>Une autre forme, plus radicale, du recours à l&#8217;innovation comme moteur de la reconversion économique « verte » est l&#8217;idée d&#8217;une dématérialisation croissante de la production. L&#8217;« autre » croissance s&#8217;appuierait sur la substitution des emplois de service aux emplois de production matérielle. La société « tertiarisée » serait ainsi de façon quais-naturelle une société durable car beaucoup moins gourmande en biens. Le problème est que cette tertiarisation &#8211; déjà bien avancée en Europe et aux États-Unis &#8211; n&#8217;a jusqu&#8217;ici impliqué aucune réduction de l&#8217;empreinte écologique. Plus de professeurs, d&#8217;assistantes maternelles, de spécialistes du « care » et de l&#8217;aide aux personnes ne veut pas nécessairement dire moins de production matérielle. Au contraire, dans une société productiviste cela peut vouloir dire plus de travailleurs du tertiaire avec plus de voitures, habitant dans des maisons plus grandes dans des banlieues pavillonnaires lointaines. Les bilans des trente dernières années sont clairs : la tertiarisation des sociétés « européennes » n&#8217;a pas entraîné une réduction de leur empreinte écologique. Globalement parce que les activités productives ont été délocalisées vers les pays « émergents » mais aussi parce que leur consommation spécifique ont continué à augmenter avec surtout des effets de substitution : les biens électroniques et « informationnels » remplaçant les biens mécaniques. Plus fondamentalement, la perspective de dématérialisation est une forme renouvelée du pari sur les conséquences sociales des hausses de productivité qui était déjà au cœur de la dialectique entre forces productives et rapports de production caractéristique du marxisme classique et de sa croyance en l&#8217;équation science = technique = progrès &#8211; et inversement critique de la technique = irrationalisme = obscurantisme et retour à l&#8217;âge de pierre. Les écologistes, s&#8217;opposant à la vérité des experts de profession, appartenant aux institutions publiques ou privées, cherchant à clarifier les enjeux politiques sous-jacents à leur discours et pratiques sont souvent taxés d&#8217;obscurantisme et de relativisme et pas seulement par l&#8217;élite scientifico-industrielle&#8230;Paradoxalement, ces obscurantistes ne font que reprendre le diagnostic que Marx appliquait déjà en son temps au productivisme : « Celui qui dévoile ce qu&#8217;il en est dans la réalité de l&#8217;utilisation capitaliste de la machinerie est accusé de ne pas vouloir du tout qu&#8217;on l&#8217;emploie : c&#8217;est un ennemi du progrès social ! » . Le fond commun est ce schéma selon lequel l&#8217;innovation technologique augmente de façon radicale la productivité, libère du temps et économise les matières. À terme l&#8217;automation, la miniaturisation, le recours massif aux NTIC seraient les vecteurs d&#8217;une sortie des logiques productivistes de l&#8217;accumulation. C&#8217;est cette thèse que l&#8217;on retrouve par exemple dans les discussions sur le capitalisme informationnel auxquelles l&#8217;éclatement de la crise financière ont redonné une certaine actualité. </p>
<p>En son temps Illich avait longuement insisté sur l&#8217;absence de miracle technologique : toute innovation a son prix, ses conséquences négatives, ses externalités négatives.  De plus dans une société productiviste les scénarios économes peuvent facilement se retourner en leur contraire comme en a témoigné l&#8217;histoire de l&#8217;automobile &#8211; instrument pour gagner du temps et de la mobilité qui nous a amené à en perdre- ou même celle de certains médicaments &#8211; sources d&#8217;effets indésirables voire de nouvelles pathologies.  L&#8217;infrastructure numérique supposément dématérialisée et propre est ainsi devenue une source majeure de dégâts écologiques, consommant 5 à 10 % de la facture énergétique des pays développés et produisant des millions de tonnes de déchets &#8211; qui vont croissant. </p>
<p>Le problème tient ici au caractère très relatif si ce n&#8217;est fallacieux de la dématérialisation. Le capitalisme « informationnel » a délocalisé les productions. Il ne les a pas supprimées, au contraire leur niveau a considérablement augmenté. Ceci est évidemment vrai des productions « numériques » qui font la fortune (relative) de la Chine ou de l&#8217;Inde mais c&#8217;est aussi le cas des productions classiques (les automobiles sont non seulement fabriquées en Amérique Latine, en Europe Centrale ou en Asie mais on en a jamais produit autant et la ville-voiture s&#8217;étend aux grandes cités du Sud). La mondialisation des dernières décennies a radicalement changé la division internationale du travail. Nous sommes devenus des pays hébergeant les holdings et dirigeants d&#8217;entreprises, les centres de recherche et d&#8217;innovation, accumulant la valeur ajoutée et usant les produits venant des « ateliers » délocalisés et délocalisables. Non seulement &#8211; contrairement à la formule de la croissance dématérialisée donc verte &#8211; les gains de productivité ont été obtenus par des coûts écologiques croissants, mais ils l&#8217;ont été aussi au prix d&#8217;inégalités sociales et mondiales croissantes.</p>
<p>Repenser l&#8217;économie des besoins : décroissance sélective, inégalités et rapports Nord-Sud.</p>
<p>La sobriété est donc indispensable. Mais contrairement à ce qu&#8217;une partie de la littérature éco-écologique laisse parfois entendre, en s&#8217;indignant &#8211; souvent à raison &#8211; de la consommation de tel ou tel appareil « Nous demandons solennellement, dans le seul but d&#8217;éviter le pire à la Planète, que les écrans de 15 , voire moins, soient remis sur le marché » , son caractère indispensable n&#8217;est pas une donnée technique. Ce n&#8217;est pas le résultat inévitable de la seconde loi de la thermodynamique, l&#8217;effet du caractère physiquement limité des ressources naturelles, la traduction de principes écologiques rendant scientifiquement impossible la croissance illimitée. Un changement radical de nos façons de produire et de consommer conduisant à réduire nos prélèvements sur la nature est indispensable au sens éco-politique. Seule la sobriété peut répondre à l&#8217;effet « rebond » mis en exergue par les économistes. Celui qui fait que dans un système valorisant toute production et toute consommation matérielle comme bonnes et témoignant de la capacité des personnes à vivre bien, les économies réalisées ici se traduisent par de nouvelles dépenses là. Les voitures consomment moins mais roulent plus, les maisons sont moins énergivores mais elles sont individuelles et plus grandes, etc. Consommer mieux signifie consommer moins. Le fait de ne pas reconnaître cette équation est le talon d&#8217;Achille des propositions de New Deal vert. L&#8217;enjeu de la sobriété est un enjeu majeur, y compris sur un plan « purement » politique car en l&#8217;absence de sobriété la montée des conflits touchant à l&#8217;accès et aux usages des ressources pourraient bien menacer nombre des acquis de la démocratie &#8211; sociale ou tout court.</p>
<p>La sobriété n&#8217;a rien de « malthusienne ». Il ne s&#8217;agit pas de réduire la consommation matérielle parce que nous manquerions de ressources, parce qu&#8217;il existerait quelque chose comme des « contraintes écologiques ». Cette lecturelà, oui, est malthusienne &#8211; et c&#8217;est celle de la plupart des économistes, progressistes compris. La sobriété se structure sur le « trop » et non sur le manque. Si nous devons cesser de produire autant, et vivre plus simplement, c&#8217;est parce que nous serons d&#8217;autant plus riches &#8211; mais d&#8217;une richesse qui est fort différente de celle préconisée par les économistes. On conçoit que cette proposition sonne comme un cataclysme pour l&#8217;économie classique puisque toute la justification de sa « neutralité » repose sur la « Pareto-optimalité », c&#8217;est-à-dire l&#8217;idée que si tout le monde possède plus alors le bien-être en sera objectivement &#8211; c&#8217;est-à-dire sans jugement de valeur &#8211; augmenté. C&#8217;est cette idée qu&#8217;il faut combattre en premier lieu. Elle porte évidemment en elle une interprétation assez nouvelle des inégalités, qui ne peuvent plus être comprises comme la seule volonté de rattraper celui qui a le plus.</p>
<p>Le grand mérite de la notion de décroissance est d&#8217;insister sur cette composante d&#8217;une politique écologiste conséquente et sur la difficulté à la rendre légitime dans une perspective de convergence avec la critique sociale. Les &#8220;décroissantistes&#8221; utilisent le terme pour évoquer un changement de valeurs, un changement radical du point de vue porté sur nos économies pour pouvoir penser hors de la croissance. Mais il s&#8217;agit aussi de pointer moins des outils techniques à tout faire qu&#8217;une série de mesures destinées à incarner ou mettre en œuvre des priorités nouvelles, des mesures organisant la rupture avec le cercle vicieux production élargie &#8211; consommation pour « redistribuer, relocaliser, réutiliser ».</p>
<p>Le grand problème d&#8217;un tel renversement est le comment de son avènement, les modalités de construction d&#8217;un rapport de forces politique rendant acceptables en démocratie des « taxes écologiques » radicales. Pour cela, la convergence éco-socialiste doit fonctionner dans les deux sens. La sobriété d&#8217;une éco-économie est inimaginable, c&#8217;est-à-dire illégitime et socialement inacceptable, si les politiques qui la portent ne sont pas capables d&#8217;une part d&#8217;élargir la question de l&#8217;emploi à celle du travail et de son utilité ou de sens et d&#8217;autre part &#8211; et c&#8217;est ce qui nous occupe ici &#8211; de faire avancer l&#8217;égalité, de répondre à la question des inégalités, de leur creusement, y compris lorsque celui-ci est le fait de mesures écologiques.</p>
<p>Le problème est d&#8217;une acuité particulière lorsqu&#8217;il s&#8217;agit des pays du Sud, de leur place dans la distribution des richesses mondiales et surtout de la situation faite à leurs habitants les plus pauvres. L&#8217;impasse de la gauche est de sans cesse oublier que si l&#8217;on admet (ce qui est grossier mais pratique et de toute manière vrai sur le long terme) que le revenu est proportionnel à l&#8217;empreinte écologique, le SMIC représente 50 % de l&#8217;empreinte moyenne française laquelle correspond à l&#8217;équivalent de trois planètes ! L&#8217;erreur symétrique consiste à oublier que si l&#8217;empreinte écologique d&#8217;un Africain n&#8217;est qu&#8217;une fraction de celle d&#8217;un Américain, nombre des besoins dont personne ne viendrait contester le caractère essentiel (ce qui ne préjuge absolument de leur nature biologique ou physiologique comme en témoigne la question de l&#8217;accès à l&#8217;information) ont été totalement négligés par la société de croissance.</p>
<p>En dépit de la réussite industrielle et commerciale récente de quelques pays émergeants dont l&#8217;Inde, la Chine et le Brésil les inégalités sociales et écologiques « Nord-Sud » restent tout aussi massives et brutales que durant les Trente Glorieuses lorsque la dénonciation de « l&#8217;échange inégal » du « pillage des ressources » et de l&#8217;agriculture néocoloniale appartenaient au discours de base de la gauche et à l&#8217;horizon fondateur de l&#8217;écologie politique. La conjonction entre crise écologique globale et mondialisation néolibérale a renforcé l&#8217;inégalité pour rendre les populations d&#8217;Afrique, d&#8217;Asie et d&#8217;Amérique latine encore plus vulnérables. Les inégalités écologiques conjuguent ainsi une exposition accrue aux pollutions du fait des conditions de l&#8217;industrialisation et du transfert des déchets venus du Nord ; l&#8217;exportation massive des ressources naturelles conduisant à leur disparition rapide ; un accès restreint aux ressources de base, alimentaire comprises ; une sensibilité particulière aux effets du réchauffement climatique. De fait, ce dernier enjeu est devenu l&#8217;étalon à partir duquel sont réévalués d&#8217;anciennes questions comme les questions de production agricole ou d&#8217;accès à une eau de qualité.</p>
<p>La discussion sur les effets de la révolution verte et ses alternatives est un bon exemple de la complexité du problème. Au risque du schématisme, on peut dire que si la mobilisation technologique de la modernisation agricole des années 1960 et 1970 (monoculture, engrais, irrigation, semences industrielles génétiquement sélectionnées) a, pour les cultures commerciales, permis une augmentation des quantités produites. Elle l&#8217;a fait au prix d&#8217;une réduction drastique de la diversité des cultures locales et de l&#8217;autonomie des communautés, jetant des millions de paysans dans les bidonvilles ; elle l&#8217;a fait aussi au prix d&#8217;une fragilisation des systèmes de production que ce soit du fait de la sensibilité aux aléas techniques (sensibilité des espèces à haut rendement, développement des résistances aux pesticides, etc) ou des aléas financiers (effondrement périodique des prix à l&#8217;exportation). C&#8217;est ainsi que dans un conteste de changement climatique marqué par la fonte des couvertures glaciaires, le changement du régime des précipitations en zone tropicale et subtropicale, l&#8217;agriculture irriguée qui a &#8211; par exemple &#8211; fait le succès de la production indienne de riz est directement menacée. Quelles que soient leurs limites les cartes de vulnérabilité au changement climatique produite par les agences de l&#8217;ONU ou les cabinets d&#8217;experts spécialisés sont sans ambiguïtés sur l&#8217;ampleur de cette vulnérabilité. Parallèlement, des formes nouvelles de domination émergent dans le contexte des politiques écologiques globales par exemple en matière de conservation, de création de réserves ou de lutte contre la destruction de la forêt tropicale primaire. </p>
<p>Ce constat justifie totalement l&#8217;idée d&#8217;une décroissance sélective entre Nord et Sud pour assurer non seulement une redistribution significative des biens et moyens d&#8217;activité mais aussi prendre au sérieux les besoins « négligés », mettre en œuvre un autre « développement » au sens d&#8217;invention et de mise à disposition de biens spécifiques. La sélection peut notamment se faire en reconnaissant l&#8217;apport des pays du Sud dans la préservation de l&#8217;environnement global, mais pas seulement : ils ont aussi des techniques à proposer, notamment des techniques économes en ressources.</p>
<p>La critique du développement tel que les politiques des Trente Glorieuses l&#8217;ont mise en œuvre n&#8217;est plus à faire. Les réalignements de la mondialisation néolibérale se sont chargés de tordre le cou aux interventions massives de l&#8217;État, aux grands projets, aux investissements dans les infrastructures (énergie, routes, irrigation, etc.) comme moteurs de l&#8217;essor économique. Cette critique a d&#8217;ailleurs largement bénéficié de la critique des Etats-nations du Sud, de leurs grands projets bureaucratiques et de leur corruption. La mondialisation néolibérale a aidé l&#8217;émergence d&#8217;un discours mettant en avant besoins locaux, usage raisonné des ressources et accès aux marchés. Même la Banque mondiale s&#8217;est aujourd&#8217;hui convertie à des formes d&#8217;intervention et un discours qui conjuguent exportations et marchés locaux, respect des cultures indigènes et mondialisation des normes, investissements nationaux et évaluation environnementale. Face à la fin du développement et aux tournants « durables » des acteurs de la mondialisation la seule mise en avant du respect de la nature et des bienfaits de la relocalisation n&#8217;est donc pas sans ambiguïté et conflits. Surtout elle ne peut à elle seule donner des réponses à la question des besoins négligés et fonder une économie politique « écologique » attractive pour ceux qui doivent en priorité la concrétiser. On en prendra ici pour indicateur non pas les négociations climatiques (voir Dahan dans ce numéro) mais les enjeux sanitaires. Ceux-ci sont en effet révélateurs de pratiques de remise en cause de l&#8217;économie politique néolibérale et d&#8217;innovation « alternative » portées par les acteurs du Sud. La question de l&#8217;accès aux trithérapies du Sida a été largement médiatisée. Elle a joué un rôle décisif en ce qu&#8217;elle a non seulement reposé la question de la propriété intellectuelle, du système des brevets de médicament généralisé par l&#8217;OMC mais significativement changé les normes d&#8217;action. Les accords de Doha ont effet sanctionné une règle d&#8217;exception au système des brevets pour urgence de santé publique permettant &#8211; avec certaines restrictions &#8211; aux pays fortement touchés par l&#8217;épidémie de suspendre les brevets et d&#8217;engager la producton de trithérapies génériques. Le Brésil a profité de cet « accès » facilité de façon particulièrement intéressante en combinant production publique de générique, distribution gratuite et mise en place d&#8217;une infrastructure de recherche fondée sur la copie.  L&#8217;invention par la copie et le recours à des politiques publiques offensives ne sont pas les seules formes d&#8217;innovation alternative rendue possible par la fin de la quête obsessionnelle des transferts de technologies. Les usages des plantes médicinales dans les médecines traditionnelles sont ainsi devenues la cible d&#8217;intervention contradictoires associées à la valorisation de la biodiversité. Les alliances entre ONG et laboratoires -firmes locales (indiennes tout particulièrement) ne se limitent pas toujours à vouloir profiter du marché des médecines « douces » mais cherchent à « scientificiser » des formes de prise en charge des maladies tropicales différentes du paradigme de la grande industrie pharmaceutique identifiant la médecine à la distribution de molécules synthétisées en Europe ou aux États-Unis.</p>
<p>Prendre au mot le keynésianisme vert pour aborder les vrais enjeux.</p>
<p>Dans Eco-economy, le livre évoqué en introduction à cet article, L. Brown propose une stratégie économique de prise en compte des contraintes écologiques dont les deux piliers relèvent de l&#8217;intervention financière publique : introduire des écotaxes intelligentes et subventionner les activités jugées utiles du point de vue du développement durable ou plutôt des « contenus » de l&#8217;activité économique. La recette est typiquement « keynésienne » en ce qu&#8217;elle ne pose pas la question des formes de propriété, de leur diversité et de leurs rapports mais identifie la régulation aux actions monétaires de l&#8217;État et parie sur un effet « multiplicateur » de ces incitations financières par le relais des entreprises industrielles. La tentative présente aussi des éléments de politique postkeynésienne dans la mesure où l&#8217;enjeu n&#8217;est plus la recherche des grands équilibres pour maximiser la croissance et &#8211; dans les variantes socialistes &#8211; lier cette optimisation à la défense de l&#8217;emploi, plus rarement encore à la réduction des inégalités, mais bien de prendre en compte la « nature » des matériaux de la production et des activités humaines, leurs effets sur la nature. Ce changement d&#8217;objectif impose l&#8217;introduction dans l&#8217;éco-économie tant des relations entre humains et objets, vivants ou non que des inégalités résultant de l&#8217;organisation de ces rapports, en d&#8217;autres termes d&#8217;un ensemble de biens que les comptabilités « matières » et le chiffrage des externalités environnementales tentent d&#8217;objectiver. Ces déplacements sont un élément d&#8217;importance de la nouvelle donne « éco-écologique ». Malgré leurs limites, tant la gauche critique du capitalisme que la mouvance écologique ont tout intérêt à les prendre à sérieux pour les radicaliser et aborder les vrais enjeux. Au final l&#8217;argument que nous défendons est que ceux-ci se déclinent autour de trois priorités : reconnaître une « valeur » et non un prix à la nature ; redistribuer et réduire les inégalités tant celles sous-jacentes à la crise écologique que celle induites par les mesures imaginées pour y remédier ; relocaliser et resocialiser l&#8217;économie pour démocratiser les choix.</p>
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<title><![CDATA[PERKEBUNAN. TRADISI KE POLITIK]]></title>
<link>http://pembebasan.wordpress.com/2009/11/24/perkebunan-tradisi-ke-politik/</link>
<pubDate>Tue, 24 Nov 2009 06:28:30 +0000</pubDate>
<dc:creator>pembebasan</dc:creator>
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<description><![CDATA[PERKEBUNAN RAKYAT HASILKU (&#8220;TRADISI&#8221; KE POLITIK)       PERKEBUNAN lah yang telah menjadi]]></description>
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<title><![CDATA[Réforme des collectivités : Vauzelle va déposer un texte au Conseil Constitutionnel]]></title>
<link>http://paca2010.wordpress.com/2009/11/23/reforme-des-collectivites-vauzelle-va-deposer-un-texte-au-conseil-constitutionnel/</link>
<pubDate>Mon, 23 Nov 2009 16:04:48 +0000</pubDate>
<dc:creator>paca2010</dc:creator>
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<description><![CDATA[Le députés PS et président de la région PACA, Michel Vauzelle, a annoncé qu&#8217;il déposerait débu]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>Le députés PS et président de la région PACA, Michel Vauzelle, a annoncé qu&#8217;il déposerait début décembre un texte au Conseil constitutionnel pour dénoncer l&#8217;inconstitutionnalité du projet de réforme sur les collectivités territoriales.<br />
&#8220;Le 2 décembre, en souvenir du coup d&#8217;Etat, des Marseillais apporteront un avertissement des élus locaux pour attirer l&#8217;attention sur l&#8217;inconstitutionnalité d&#8217;un certain nombre de projets avancés par la président de la République&#8221;, a déclaré le président de la région Provence-Alpes-Côte d&#8217;Azur.<br />
&#8220;En matière de démocratie nationale, des articles de la Constitution ne sont pas respectés&#8221;, a-t-il dit, se référant notamment à l&#8217;article 1, selon lequel l&#8217;organisation de la République est décentralisée. &#8220;Or avec la réforme, on fait une recentralisation&#8221;, estime M. Vauzelle.<br />
M. Vauzelle dénonce également l&#8217;atteinte portée selon lui à l&#8217;article 72 relatif à la libre administration des collectivités par des conseillers élus. &#8220;Si elle s&#8217;administrent librement, c&#8217;est qu&#8217;elles ont une compétence générale&#8221;.<br />
&#8220;L&#8217;histoire des millefeuilles, employée par les partisans de cette réforme, c&#8217;est insupportable! Sur le plan de la démocratie et de la bonne gestion du territoire, la région est une collectivité indispensable&#8221;, a plaidé M. Vauzelle, dénonçant une attitude &#8220;mensongère et malhonnête&#8221; du gouvernement qui &#8220;nous dit que les collectivités locales seraient responsables du déficit de la Nation et jetteraient l&#8217;argent par dessus les poches&#8221;.<br />
Fin février, M. Vauzelle a lancé une <a href="http://www.referendum-servicespublics.com" target="_blank">pétition en ligne </a>en faveur d&#8217;une proposition de loi constitutionnelle confortant les régions et le principe de l&#8217;autonomie des collectivités locales. Déjà 400.000 signatures ont été recueillies, selon lui.<br />
Cette proposition de loi serait destinée à &#8220;inscrire dans la Constitution la déclinaison du préambule de la constitution de 1946 et du programme du Conseil national de la résistance sur les services publics et des articles confortant le rôle de la région et l&#8217;autonomie de gestion des collectivités locales&#8221;, selon M. Vauzelle.</p>
<p>Source : AFP</p>
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<title><![CDATA[J.P. Chevènement : "Ceux qui nient la Nation ne comprennent rien"]]></title>
<link>http://lagauchecivique.wordpress.com/2009/11/23/j-p-chevenement-ceux-qui-nient-la-nation-ne-comprennent-rien/</link>
<pubDate>Mon, 23 Nov 2009 14:58:12 +0000</pubDate>
<dc:creator>gaelpb</dc:creator>
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<description><![CDATA[Pascale Fourier s&#8217;entretient avec Jean-Pierre Chevènement. L&#8217;ancien ministre explique qu]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><strong>Pascale Fourier s&#8217;entretient avec Jean-Pierre Chevènement. L&#8217;ancien ministre explique que les problèmes politiques et écologiques internationaux restent, quoi qu&#8217;en disent certains, du ressort des nations.<br />
</strong></p>
<p>Pascale Fourier : Quand j’ai parlé à mes amis du fait que j’allais vous rencontrer, ils m’ont dit: « Mais tu vas voir quelqu’un qui professe des idées complètement obsolètes et en particulier l’idée de nation ! Chevènement est complètement déconnecté de la réalité ! » Est-ce que vraiment on peut dire que l’idée de nation est obsolète ?</p>
<p>Jean-Pierre Chevènement : Je ne crois pas. D’abord parce que, dans le monde tel qu’il va, je ne vois pas que la nation ait disparu ni aux États-Unis, ni en Chine, ni en Russie, ni au Brésil, ni en Inde. Et je vois même que de très petites nations par la taille peuvent jouer un rôle très important: je pense à Singapour, à Israël, à Cuba, au Venezuela. Le monde reste fait de nations et ce n’est pas par hasard qu’il y a une Organisation des Nations Unies. C’est que les hommes se définissent aussi par une appartenance nationale et que la nation est le cadre de l’expression démocratique parce que, naturellement, le sentiment d’appartenance permet à la démocratie de fonctionner. La démocratie, c’est l’acceptation de la loi de la majorité. Ça ne va pas de soi. On accepte la loi de la majorité dans un certain cadre, loi de la majorité qu’on n’accepterait pas dans un autre cadre. Donc la nation, c’est la démocratie.</p>
<p>Deuxièmement, la nation, c’est la solidarité. Vous remarquerez que la Sécurité sociale est nationale. C’est un budget considérable. Sans la Sécurité sociale, quelle serait la réalité de l’État-providence ?</p>
<p>Enfin troisième argument, la nation est le levier de notre responsabilité par rapport au monde. Je sais bien que la mode était à l’humanitaire, mais rien ne vaut une politique étrangère vigoureuse qui s’exprime avec force sur des sujets déterminants pour l’avenir de la paix dans le monde. Je ne citerai que le problème israélo-palestinien; la question de l’Irak,qui a, je dirais, entraîné plusieurs guerres et des millions de morts; la question du Pakistan, nation récente, à certains égards artificielle puisque constituée à partir  de la volonté des musulmans de l’Inde de se doter d’un État: nous devons aider ce pays à affermir sa vocation nationale et à devenir une nation comme les autres, coopérant avec ses voisins, je pense en particulier à l’Inde. C’est une dimension tout à fait essentielle: il faut que le Pakistan passe d’une géopolitique passionnelle à une géo-économie rationnelle. Je pourrais prendre un exemple en Europe&#8230;. Croyez-vous que l’unification allemande n’est pas dû quelque part au sentiment national allemand? Quand les manifestants de Dresde ou de Berlin ont commencé a crier non plus « wir sind das Volk », c’est-à-dire « nous sommes le peuple »,  mais « wir sind ein Volk », « nous sommes un peuple », on a assisté à un changement qualitatif de la revendication: c’était une revendication nationale. Et le chancelier Kohl a bousculé le jeu pour imposer une réunification qui correspondait d’ailleurs naturellement à l’aspiration des Allemands. Je pourrais multiplier les exemples.</p>
<p>Ceux qui ne sont pas dans le coup, c’est à mon avis ceux qui surfent sur la mode et qui ont oublié que le sentiment d’appartenance nationale s’est forgé au long des siècles, pour ne pas dire des millénaires, qu’il y a là quelque chose d’extrêmement fort qu’on ne peut pas faire disparaître d’un coup de gomme. Certains y ont cru dans le passé. En France dans les années 30, on était très anti-national&#8230; Les gens regardaient vers Rome, Moscou, Berlin, pas vers Paris. A Paris, on était pacifiste, puis ça a donné la défaite de 1940, l’Occupation. Et on a vu des gens comme Aragon qui «conchiait» le drapeau français qui, ensuite, ont chanté la France dans leur poésie &#8211; très bien d’ailleurs&#8230;<br />
Donc, vous voyez, c’est quand même tout à fait significatif : il y a des gens qui ont changé d’avis, qui étaient très hostiles à l’idée-même de nation dans laquelle ils voyaient le synonyme de la grande boucherie de la guerre de 1914 1918, qui ont fini par redécouvrir la vertu démocratique et libératrice de la nation.</p>
<p>Pascale Fourier : Mais certains pourraient vous dire que maintenant les problèmes ont vraiment une dimension internationale, en particulier les problèmes liés aux changements climatiques, à la crise, et que donc il faut savoir dépasser le cadre national&#8230;</p>
<p>Jean-Pierre Chevènement : Mais les problèmes ont toujours eu une dimension internationale ! Ca ne date pas d’hier. Et la nation, comme je vous l’ai dit, est un levier à partir duquel on peut agir dans l’ordre international. Jaurès disait déjà:« Un peu d’internationalisme éloigne de la patrie, beaucoup y ramène ». Il n’y a donc rien de nouveau sous le soleil.<br />
S’agissant de la crise, je vous fais observer que la réaction a été d’abord nationale. C’est Messieurs Sarkozy et Gordon Brown qui ont fait des propositions que Madame Merkel d’abord ne voulait pas accepter et qu’elle a fini par entériner quand on s’est aperçu que les banques allemandes étaient au bord de la faillite. Et puis, de proche en proche, on a réuni  le G 14 qui est devenu le G 20, à Washington, et par conséquent, à partir d’initiatives nationales, on a entériné les choses au niveau de plusieurs cercles de solidarité, au niveau de l’Union Européenne &#8211; et ce n’est pas allé sans mal-, et puis au niveau des vingt pays qui représentent 85 % du PIB mondial &#8211; vous me direz que le PIB n’est plus à la mode&#8230;, certes&#8230; Mais je dirais qu’il vaut mieux avoir des idées claires et qui résistent que de chevaucher des coquecigrues&#8230;. Vous connaissez ce mot ?</p>
<p>Pascale Fourier :  Non&#8230;</p>
<p>Jean-Pierre Chevènement : C’est dans Rabelais. Ce sont des animaux volant en haute altitude avec mille pattes, des mille-pattes volants. On appelle ça des coquecigrues. Alors il y a beaucoup de gens qui courent après les coquecigrues&#8230;</p>
<p>Pascale Fourier : Certains vous diraient : « Certes,  ce que vous dites jusque-là est valide. Mais il faut mettre tous nos espoirs dans la construction d’une Europe dans laquelle un peuple européen pourrait se reconnaître »&#8230;</p>
<p>Jean-Pierre Chevènement : Mais vous savez, on n’a pas fait le peuple français d’un seul coup. On a mis au moins mille ans, peut-être même deux mille. Et je ne sais pas ce que c’est le peuple européen. Où s’arrête-t-il ? Est-ce que vous allez rejeter les Russes par exemple &#8211; je ne parle pas des Ukrainiens, des Biélorusses, etc.. Quid de la Turquie ? Qu’est-ce que l’Europe, enfin, où s’arrête-t-elle ? À l’Oural, à Vladivostok, avant ? Tout ça est une idée encore imprécise qui est liée à un cercle de solidarité entre les nations européennes parce qu’elles sont situées à l’extrémité du petit cap eurasiatique. C’est vrai, mais prenons par exemple le commerce extérieur. L’Allemagne a une politique de déflation salariale depuis 2000 qui lui donne une compétitivité très grande au détriment de ses voisins européens. Donc on ne peut pas dire qu’elle ait une stratégie véritablement coopérative l’échelle européenne. Elle a une stratégie dont je ne sais d’ailleurs pas à quel mobile profond elle obéit, parce qu’elle pèse aussi lourdement sur la croissance allemande. Certes, l’Allemagne a un fort excédent commercial, qui vient d’ailleurs d’être dépassé par l’excédent chinois. Mais cet excédent se réalise pratiquement aux deux tiers sur l’Europe. Il serait peut-être plus intelligent d’avoir une politique keynésienne à l’échelle d’un espace européen protégé. Mais qui est d’accord pour cela ? À ma connaissance, pas l’Allemagne, mais l’Allemagne est le pays le plus puissant d’Europe. Et à partir du moment où l’Allemagne ne veut pas d’un gouvernement économique de la zone euro, par exemple, comment le lui imposer ?<br />
J’ai pris cet exemple. Je pourrais en prendre un autre. En matière nucléaire, l’Europe s’en est remis pour le choix de sa défense aux États-Unis. Si vous allez dans les pays de l’Europe centrale et orientale, vous verrez qu’ils préfèrent être protégés par Washington plutôt que par Bruxelles. On les comprend. Mais ils préfèrent même Washington à Paris ou à Londres. Et d’une certaine manière on peut comprendre aussi parce qu’il y a le souvenir de 1940. Les Britanniques considèrent que leur sécurité est fondée sur une relation spéciale avec les États-Unis, qui leur fournissent leurs missiles Trident. L’Allemagne? Son Ministre des Affaires étrangères est pour une Europe dénucléarisée. Mais ce n’est pas la position de la France. Et vous comprenez bien qu’on peut parler d’Europe sans savoir, mais la réalité, c’est que l’Europe se fait sur certains sujets à géométrie variable, qu’elle est une dimension importante, essentielle même de notre politique, mais elle ne s’y résume  pas. Si on comptait sur l’Europe pour vendre des Rafales, nous n’aurions encore rien vendu. Parce que, par exemple aux Pays-Bas, les Américains sont suffisamment influents pour avoir imposé l’achat de F16 ou F18, et  demain de JFS 35. Par contre, au Brésil, on a réussi à vendre trente-six Rafales.</p>
<p>Donc la France a une vocation non seulement européenne, mais mondiale, et il ne faut pas l’oublier. Nous sommes le plus important des pays francophones: ça représente quand même une des grandes langues des civilisations. Et elle sera bientôt plus parlée en Afrique qu’en Europe. La France est membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies. Ce n’est pas rien. Cela nous donne des responsabilités et des devoirs particuliers. Nous sommes un des pays membres du club très restreint des Etats dotés nucléairement, d’après les traités &#8211; il y a en 5, d’abord le TNP, et puis 3 autres s’y sont rajoutés en contravention avec le TNP.</p>
<p>Voilà, tout ça, ce sont des réalités nationales. On ne peut pas comprendre que l’Inde et le Pakistan aient voulu accéder à l’arme nucléaire si on ne parle pas du conflit indo-pakistanais qui dure depuis cinquante ans, un peu plus même. Et Israël? Est-ce qu’on peut comprendre qu’Israël se soit dotée d’armes nucléaires indépendamment du contexte du Proche-Orient ?</p>
<p>Vouloir faire l’impasse sur la réalité nationale, c’est se condamner à ne rien comprendre au monde dans lequel nous vivons. Ceux qui sont modernes ne sont pas ceux qui le croient.</p>
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