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	<title>emmanuel-lopez &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
	<link>http://en.wordpress.com/tag/emmanuel-lopez/</link>
	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "emmanuel-lopez"</description>
	<pubDate>Wed, 02 Dec 2009 20:01:22 +0000</pubDate>

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	<language>en</language>

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<title><![CDATA[Hommage à un ami]]></title>
<link>http://wordspics.wordpress.com/2009/09/22/hommage-a-un-ami/</link>
<pubDate>Tue, 22 Sep 2009 17:40:30 +0000</pubDate>
<dc:creator>wordspics</dc:creator>
<guid>http://wordspics.wordpress.com/2009/09/22/hommage-a-un-ami/</guid>
<description><![CDATA[Emmanuel Lopez, directeur du Conservatoire national du littoral et des espaces lacustres, est décédé]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:justify;"><strong>Emmanuel Lopez, directeur du Conservatoire national du littoral et des espaces lacustres, est décédé le 10 septembre dernier des suites d’une maladie qui l’a emporté en quatre mois.</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Je me souviens de notre première rencontre dans son bureau de Rochefort. Emmanuel était alors directeur adjoint du conservatoire du littoral, en charge de l’antenne de Rochefort. C’était en 1991 et le conservatoire commençait tout juste sa politique de commande photographique en s’adressant à des auteurs censés mettre en valeur ces espaces littoraux qu’il était chargé de défendre et d’acquérir pour mieux les protéger de toutes sortes de tentations, notamment celles de la pieuvre immobilière.<br />
Yves-Marie Marchand, éditeur de Marval, avait créé la collection <em>Littoral </em>et c’était lui qui était chargé à l’époque de choisir les premiers photographes de cette opération. Je fus rapidement associé au projet. Comme j’habitais en Charente-maritime, il semblait naturel que je travaille sur ma région, et du coup, contrairement aux autres photographes qui devaient être adoubés par la direction parisienne du conservatoire, je fus alors le seul photographe à traiter directement avec l’antenne de Rochefort et donc avec Emmanuel Lopez.</p>
<p style="text-align:justify;">Un projet ambitieux ne peut se réaliser que s’il se passe quelque chose entre l’auteur et son commanditaire. Sinon, la commande devient un malentendu ou au pire une simple prestation de service. Dès nos premiers échanges, je sus qu’il se passerait quelque chose. J’avais en face de moi quelqu’un qui ne se contentait pas de maîtriser les outils de son administration et le langage approprié, mais qui semblait transporté par une sorte d’enthousiasme naturel, évidemment communicatif, qui donnait à ce projet un enjeu qui allait bien au-delà du simple inventaire paysager. J’en étais évidemment ravi et soulagé. Emmanuel Lopez n’était pas un simple gestionnaire, mais un intellectuel dédié à sa mission et qui, d’une voix douce mais résolue, pouvait faire partager à ses interlocuteurs son désir de faire bouger les montagnes.</p>
<p style="text-align:justify;">J’entrepris mon travail sur la citadelle et les marais de Brouage deux semaines après la naissance de notre second fils Théo en février 1992.  Ce travail était important puisqu’il s’agissait de la première commande institutionnelle que je réalisais en couleur. Sur mon carnet de travail, au-dessous des noms de lieux, quelques notes écrites au feutre rouge qui trahissent l’inquiétude que j’avais alors d’une restitution fidèle de couleurs dont la fragilité, liée souvent à l&#8217;état du ciel, tranchait avec celles des paysages habituels : <em>brun-rose (vase) – violet (horizon) – vase jaune doré, avec des traces de rouille</em> etc.<br />
J’aimai ces longues en-allées d’hiver, puis de printemps, à travers ce paysage austère, et dont seule la lente traversée à pied révèle la palette subtile des couleurs et la diversité des formes.</p>
<p style="text-align:center;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-774" title="Brouage431" src="http://wordspics.wordpress.com/files/2009/09/brouage431.jpg?w=300" alt="Brouage431" width="300" height="235" /><span style="color:#333333;"><em>Les marais de Brouage, Charente-Maritime © Thierry Girard 1992.</em></span></p>
<p style="text-align:justify;">Nous devînmes rapidement amis, et nous continuâmes notre conversation poétique et philosophique —et aussi politique, nous n’étions pas toujours d’accord— autour de quelque bon dîner, chez lui ou chez moi ; et le dimanche en famille, tantôt à Rochefort, tantôt sur l’île de Ré. La naissance de Théo ne fit que conforter Emmanuel et Hélène, sa femme, dans leur désir d’avoir un enfant. Jean naquit l’année suivante. Et Marie, leur fille, en 1996.</p>
<p style="text-align:justify;">Je ne partageais pas, avec regret sans doute, sa foi profonde et son côté presque mystique, mais nous nous retrouvions sur une éthique commune, humaniste, incarnée entre autres par la pensée et l’œuvre de Camus à laquelle, en tant que natif d’Afrique du Nord, il était particulièrement attaché. Ce furent de belles soirées et de belles journées.</p>
<p style="text-align:center;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-784" title="EHJ Lopez © Thierry Girard 1994" src="http://wordspics.wordpress.com/files/2009/09/st164-1b-s-copie.jpg?w=300" alt="EHJ Lopez © Thierry Girard 1994" width="300" height="242" /><em><span style="color:#333333;">Jean, Emmanuel et Hélène Lopez, Rochefort, 13 mai 1994 © Thierry Girard</span></em></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#808080;">[ Lors d'une séance de prises de vue dans le jardin de leur maison de Rochefort. Je souhaitais faire un portrait de <em>Vierge à l'enfant </em>pour <em>Un Voyage en Saintonge</em>, le travail que je réalisais alors. Hélène et son fils me semblaient les meilleurs modèles qui soient.]</span></p>
<p style="text-align:center;"><span style="color:#808080;"><img class="aligncenter size-full wp-image-791" title="©Thierry Girard" src="http://wordspics.wordpress.com/files/2009/09/l1060961-copie1.jpg" alt="©Thierry Girard" width="510" height="304" /></span><span style="color:#808080;"><span style="color:#333333;"><em>Double-page extraite du catalogue </em>Un voyage en Saintonge<em> publié en 1995.</em></span><br />
</span></p>
<p style="text-align:justify;">Lorsque Emmanuel fut nommé directeur du parc national de Port-Cros en 1994, il m’invita de suite à photographier son nouveau territoire  avant de faire venir notamment  Bernard Plossu —familier de ces îles depuis son enfance— et Éric Dessert. Emmanuel aimait la chose artistique. Il aimait la photographie, les Arts en général, et l’architecture. Il aimait compter des artistes parmi ses amis.</p>
<p style="text-align:justify;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-779" title="Port-Cros©Thierry Girard 1995" src="http://wordspics.wordpress.com/files/2009/09/port-cros-s-copie.jpg?w=300" alt="Port-Cros©Thierry Girard 1995" width="300" height="243" /></p>
<p style="text-align:center;"><span style="color:#333333;"><em>Sur l&#8217;île de Port-Cros © Thierry Girard 1995.</em></span></p>
<p style="text-align:justify;">Les circonstances de la vie nous ont malheureusement éloignés, si ce n’est quelques petits mots échangés au fil des ans ou tel livre dédicacé que je lui envoyai. Nous reprîmes contact lorsqu’il fut nommé à la tête du conservatoire en 2004, et nous eûmes à nouveau quelques belles et longues conversations. Il me proposa une nouvelle fois de travailler pour le conservatoire. Il hésita un peu sur le choix du territoire, et il m’appela un jour pour me dire qu’il était extrêmement attaché à l’estuaire de la Gironde et aux îles quasi inconnues qui <em>flottent</em> en son milieu ; et qu’il tenait à me confier cette mission.<br />
— Tu verras, me dit-il, c’est un endroit fait pour toi. C’est exactement ce qu’il te faut. Et je tiens à ce que tu en donnes une dimension poétique, comme tu sais faire.<br />
Alors, je chaussai mes bottes pour arpenter l’estran et les zones humides, mis ma veste épaisse pour me protéger des moustiques ou du vent, et m’aventurai, non sans difficultés, sur ces îles qu’il aimait. J’appris aussi à les aimer en guettant ces lumières de Gironde que l’on ne retrouve nulle part ailleurs, et en cherchant, à travers la ripisylve qui les enserre, les quelques brèches qui vous projettent vers l’estuaire limoneux et l’horizon des rives ou de l’océan lointain. Emmanuel et moi partagions la conviction profonde que le paysage n’est pas un spectacle, une simple <em>vedute</em>, mais quelque chose que l’on vit en soi, dans son corps et dans son esprit, et qui nous relie (au sens <em>religio</em>) au monde. Il faut comprendre que le vent qui souffle —nous enveloppe et nous élève— sur ces îles de la Gironde, est de cette matière dont les Anciens pensaient qu’elle était celle de l’Esprit. Emmanuel le vivait ainsi et savait que je partageais ce sentiment.</p>
<p style="text-align:justify;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-770" title="Gironde 16-3A©Thierry Grard 2006" src="http://wordspics.wordpress.com/files/2009/09/g-16-3a218-copie.jpg?w=300" alt="Gironde 16-3A©Thierry Grard 2006" width="300" height="240" /></p>
<p style="text-align:center;"><span style="color:#333333;"><em>L&#8217;estuaire de la Gironde depuis l&#8217;estran de l&#8217;île de Patiras © Thierry Girard 2006</em></span></p>
<p style="text-align:justify;">Nous nous étions promis de renouer des liens plus étroits, mais la maladie, celle d’Hélène qui finit par l’emporter en mai dernier, puis la sienne, nous laisse simplement dans la peine et le regret des choses incomplètes et interrompues. Je vins le voir une dernière fois à l’hôpital de La Rochelle. Je lui parlai de ce qui nous liait. Je lui dis combien le portrait que j’avais fait d’Hélène et de Jean était un de ceux dont j’étais le plus fier. Il ne pût me répondre, mais une larme perlait doucement.</p>
<p style="text-align:justify;">Je ne peux terminer ce modeste hommage sans évoquer et remercier deux amies que nous avions en commun et qui ont accompagné Emmanuel jusqu’au bout : Élisabeth Delorme, sans laquelle nous n&#8217;aurions jamais trouvé les financements pour réaliser le travail sur Brouage puis sur l’estuaire de la Gironde ; Line Lavesque qui gère la collection de photographies du conservatoire et qui encadre les commandes photographiques depuis que Marval a cessé la collection <em>Littoral</em>.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Palestinian Protestor Yells Anti-Semitic Curse, ANSWER Refuses To Condemn The Comment]]></title>
<link>http://84rules.wordpress.com/2009/01/07/palestinian-protestor-yells-anti-semitic-curse-answer-refuses-to-condemn-the-comment/</link>
<pubDate>Wed, 07 Jan 2009 21:37:56 +0000</pubDate>
<dc:creator>84rules</dc:creator>
<guid>http://84rules.wordpress.com/2009/01/07/palestinian-protestor-yells-anti-semitic-curse-answer-refuses-to-condemn-the-comment/</guid>
<description><![CDATA[Who are the new Nazis? Clearly, the new Nazi Party has an adamant believer in a Palestinian woman fr]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>Who are the new Nazis?  Clearly, the new Nazi Party has an adamant believer in a Palestinian woman from Ft. Lauderdale who believes that the Jewish people should be sent &#8220;back to the oven.&#8221;  She was referring to the method in which the Nazis gassed the European Jews back during the 30&#8217;s and 40&#8217;s before cremating the remains in an oven.</p>
<p>This woman was part of a protest organized by the ANSWER (Act Now to Stop War and End Racism) Coalition.  But, the ANSWER leader of the Ft. Lauderdale protest flatly refused to condemn the anti-Semitic statements made by his followers.</p>
<p>From <i>Fox News</i>:</p>
<table border="1">
<tbody>
<tr>
<td><font face="Courier New" size="2"><b>Most of the chants were run-of-the-mill; men and women waving Palestinian flags called Israel&#8217;s invasion of Gaza a &#8220;crime,&#8221; while the pro-Israel group carried signs calling the Hamas-run territory a &#8220;terror state.&#8221;</p>
<p>But as the protest continued and crowds grew, one woman in a hijab began to shout curses and slurs that shocked Jewish activists in the city, which has a sizable Jewish population.</p>
<p>&#8220;Go back to the oven,&#8221; she shouted, calling for the counter-protesters to die in the manner that the Nazis used to exterminate Jews during the Holocaust.</p>
<p>&#8220;You need a big oven, that&#8217;s what you need,&#8221; she yelled.<br />
</b></font></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>The ANSWER leader of this protest was one Emmanuel Lopez who gave us a look at his own anti-Semitism by not condemning the offensive outburst.</p>
<table border="1">
<tbody>
<tr>
<td><font face="Courier New" size="2"><b>The protest organizers, asked to comment on the woman&#8217;s overt call for Jewish extermination, said she was &#8220;insensitive&#8221; but refused to condemn her statement.<br />
</b></font></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>Perhaps because Emmanuel Lopez agrees with her belief that the Jews should be exterminated?  Lopez himself admitted that anti-Semitism was a problem in the ranks of ANSWER.  Why would such a problem exist if the leaders of ANSWER were serious about ending violence and racism?</p>
<p>More:</p>
<table border="1">
<tbody>
<tr>
<td><font face="Courier New" size="2"><b>Lopez, a state coordinator for ANSWER, admitted there is a problem with anti-Semitism within his organization&#8217;s ranks. But then he went on to call the supporters of Israel across the street &#8220;barbaric, racist&#8221; Zionist terrorists.</p>
<p>&#8220;Zionism in general is a barbaric, racist movement that really is the cause of the situation in the entire Middle East,&#8221; Lopez said.</p>
<p>The unidentified woman, who protest organizers said was a Muslim, wasn&#8217;t the only protester who raised hackles that day. Other demonstrators held signs that said &#8220;Nuke Israel,&#8221; &#8230;</b></font></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>Fascism is alive and well and it lives over on the left side of the political spectrum.</p>
<p>You can access this news story plus a link to the video on-line here:</p>
<p><a href="http://www.foxnews.com/story/0,2933,477450,00.html">Protester Calls For Jews To &#8216;Go Back To The Oven&#8217; At Anti-Israel Demonstration</a><br />
Joseph Abrams<br />
FoxNews.com<br />
January 7, 2009</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Déjà # 6     Par les estuaires et par les marais]]></title>
<link>http://wordspics.wordpress.com/2008/04/09/deja-6-par-les-estuaires-et-par-les-marais/</link>
<pubDate>Wed, 09 Apr 2008 09:27:36 +0000</pubDate>
<dc:creator>wordspics</dc:creator>
<guid>http://wordspics.wordpress.com/2008/04/09/deja-6-par-les-estuaires-et-par-les-marais/</guid>
<description><![CDATA[Retour sur 2007 Espace Commines, Paris, 18 juin 2007. Exposition collective “Figures du littoral“. L]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><em>Retour sur 2007</em></p>
<p><strong>Espace Commines, Paris, 18 juin 2007.<br />
Exposition collective “Figures du littoral“.</strong></p>
<p><a href="http://www.conservatoire-du-littoral.fr/front/process/Content.asp?rub=7&#38;rubec=34&#38;dos=5222">La collection photographique</a> du conservatoire du littoral s’est enrichie au fil des années du fruit de commandes successives et régulières. Emmanuel Lopez, le directeur du conservatoire, Elisabeth Delorme, qui dirigeait jusqu’alors la fondation d’entreprise Gaz de France (soutien financier de la collection) et Line Lavesque, responsable de la collection et des commandes photographiques, ont décidé de présenter les six dernières contributions dues à Sabine Delcour, Éric Dessert, Marc Deneyer, Josef Koudelka, BernardPlossu, et moi-même., ainsi qu’un travail plus ancien et inédit de Bogdan Konopka.<br />
J’ai le rare privilège d’avoir pu réaliser deux commandes à près de quinze ans d ‘écart —sans toutefois être le seul : Vincent Monthiers (à l’aube de la collection), puis Alain Ceccaroli, Bernard Plossu et Raymond Depardon sont également dans ce cas, encore que pour ce dernier il s’agisse de la reprise du même site, la pointe du Raz.</p>
<p>Ma première commande, en 1992, concernait les marais de Brouage, et le souvenir en est encore vif. Sans doute, parce que ce paysage austère, minimal —jusqu’à l’inquiétude parfois—, m’avait d’emblée séduit lorsque quelques années plus tôt, arrivant en Charente-Maritime, j’y avais accompli l’une de mes premières marches photographiques.  Et c&#8217;est avec beaucoup d&#8217;excitation que je m&#8217;apprêtais à le traverser à nouveau de part en part, entre la fin de l’hiver et l’apogée du printemps.</p>
<p>Dans le livre, <a href="http://www.thierrygirard.com/biblio.htm"><em>La Terre entre-deux,</em></a> où apparaissent les premières photographies de ce marais (1986), je citais déjà Michaux (<a href="http://www.maulpoix.net/ecuador.html"><em>Ecuador</em></a> toujours…) : <em>« Autre chose aussi est de connaître la terre debout, la tenir en respect avec les pieds, et la connaître étendu. Il faut la connaître étendu »</em>. Marcher, c’est également une manière de la connaître étendu, tant le sol —l’intimité du sol— finit par traverser le corps par les jambes et par les pieds. Et il y avait là quelque chose de sensuel, presque d&#8217;érotique, à fouler ainsi la peau, tantôt graineuse, tantôt soyeuse, de ce paysage.</p>
<p><a href="http://wordspics.wordpress.com/files/2008/04/2226-3c896-copie.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-106" src="http://wordspics.wordpress.com/files/2008/04/2226-3c896-copie.jpg" alt="" /></a></p>
<p><em>Une marche à travers les marais de Brouage, été 1986.©Thierry Girard</em></p>
<p>J’avais alors, modestement, commis ce petit texte, dont je ne saurais renier grand chose aujourd’hui :<br />
<em>« Toute anecdote serait futile. Il y en eut bien, mais… à quoi bon ? La randonnée ? Onctueuse et inquiétante. Être perdu et confondu. Le chemin ? Du rugueux au velours qui se serre et se resserre jusqu’à disparaître et vous prendre.<br />
Après ? Être attentif au grain du sol, à la peau de la terre. Être poreux. Noter des signes de rien, des jeux de piste qui ne mènent à rien. »<br />
</em><br />
<a href="http://wordspics.wordpress.com/files/2008/04/sam059-2b895-copie.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-100" src="http://wordspics.wordpress.com/files/2008/04/sam059-2b895-copie.jpg" alt="Au Maroc, une marche de dix jours le long de la côte atlantique, 1996." /></a></p>
<p><em>Une marche atlantique de dix jours au Maroc, 1996.©Thierry Girard</em></p>
<p>En 1992, tous les chemins du marais me ramènent à la citadelle de Brouage, et je ne peux évoquer cette dernière sans penser alors au Rivage des Syrtes de Julien Gracq : « Ainsi surgie des brumes fantomatiques de ce désert d’herbes, au bord d’une mer vide, c’était un lieu singulier que cette Amirauté. »<br />
Dans le livre qui paraît en 1993 <a href="http://www.thierrygirard.com/biblio.htm">(<em>Brouage</em></a>, éditions Marval), j’écris un texte dont ce court extrait peut servir de <em>statement</em> pour toute la partie de mon travail photographique liée à la marche : <em>« Ce paysage, dont l’austérité inquiète plus d’un voyageur qui le découvre, recèle une beauté profonde qui ne peut se révéler qu’à travers la marche, lorsqu’on le traverse lentement à pied depuis ses lisières, le long de l’ancienne côte, jusqu’à sa frontière d‘eau marine. <strong>Seule la marche permet cette perception aiguë des choses, ce mélange de détachement et d’attention qui ouvre à toutes les sensations et à un sentiment profond de la nature</strong> ».</em></p>
<p><a href="http://wordspics.wordpress.com/files/2008/04/bro17-2c.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-101" src="http://wordspics.wordpress.com/files/2008/04/bro17-2c.jpg" alt="L\'estran." /></a></p>
<p><em>L&#8217;estran, marais de Brouage 1992.©Thierry Girard</em></p>
<p>Sur le plan esthétique, les photographies de 1992 diffèrent de celles de 1986 par le passage au moyen-format et à la couleur (<em>Brouage</em> est mon premier travail publié en couleur). Le regard est celui que j’ai souvent adopté lors de ces marches photographiques, un regard de marcheur qui s’inquiète moins de l’horizon que de ce qui se passe au devant de son “en-allée“ : le chemin, les herbes, les traces, les signes. Mais peu à peu, l’horizon au bout de la vastitude apparaît comme un motif en soi, et il va bientôt devenir, lors des pérégrinations “atlantiques“ qui suivront, un élément récurrent avec le plus souvent un positionnement central,  pour un partage égal du ciel et de l’océan, du ciel et du sol.</p>
<p><a href="http://wordspics.wordpress.com/files/2008/04/saq065-2b894-copie.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-102" src="http://wordspics.wordpress.com/files/2008/04/saq065-2b894-copie.jpg" alt="En Aquitaine, 1998." /></a></p>
<p><em>En Aquitaine, 1998.©Thierry Girard</em></p>
<p>Lorsqu’en 2006 il fut convenu que je puisse réaliser à nouveau un travail pour le conservatoire du littoral, mon idée première fut de retourner sur Brouage pour traiter cet espace d’une manière encore plus radicale. Je devais par ailleurs élargir ce territoire à l’estuaire de la Charente, au nord des marais, mais au risque de recouper l’espace sur lequel avait commencé de travailler mon ami Marc Deneyer. Et puis un jour, Emmanuel Lopez m’appelle et me dit : « Il faut que tu fasses l’estuaire de la Gironde. C’est un endroit que j’aime beaucoup et je suis sûr que ça va te plaire. C’est fait pour toi ».<br />
Il ne se trompait pas. Je connaissais l’estuaire depuis les rives, j’allais apprendre à le connaître depuis ses îles. Sept îles fort plates, difficiles d’accès puisqu’il faut trouver pour chacune son passeur et le passage ; puis, une fois sur place —parfois seul jusqu’au soir, d’une marée à l’autre— il faut s’équiper de ses bottes, d’une bonne veste et, les jours sans vent, d’un spray de citronnelle pour chasser les moustiques.</p>
<p><a href="http://wordspics.files.wordpress.com/2008/04/baie-de-laiguillonc2a9thierry-girard-1998.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-107" src="http://wordspics.wordpress.com/files/2008/04/baie-de-laiguillonc2a9thierry-girard-1998.jpg" alt="" /></a></p>
<p><em>Selfportrait, baie de l&#8217;Aiguillon, 1998 ©Thierry Girard</em></p>
<p><em></em>Ce qu’il m’intéresse alors de photographier, c’est certes l’estuaire lui-même, de la manière la plus simple possible, sous les lumières les plus étranges qui soient, en essayant de trouver —ce qui n’est pas aisé— quelque grève, ou quelque ouverture sur une digue, à travers l’épaisseur des roseaux ou de la ripisylve. L’idéal est de pouvoir accéder à l’estran, au risque de s’enfoncer dans la vase épaisse, pour construire mes images depuis cet espace intermédiaire que chaque marée recouvre et découvre.</p>
<p><a href="http://wordspics.wordpress.com/files/2008/04/g-18-2b-cl-l-copie.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-103" src="http://wordspics.wordpress.com/files/2008/04/g-18-2b-cl-l-copie.jpg" alt="L\'estuaire de la Gironde" width="413" height="510" /></a></p>
<p><em>L&#8217;estuaire de la Gironde depuis l&#8217;île de Patiras, 2006 ©Thierry Girard</em></p>
<p>L’autre partie de ce travail est une réflexion sur la ripisylve elle-même, ces arbres et ces plantes qui croissent dans l’eau saumâtre, mi-douce, mi-salée, de l’estuaire, et cernent les îles au point qu’il est parfois difficile voire impossible, depuis le milieu de certaines d’entre elles, de voir l’estuaire lui-même.</p>
<p><a href="http://wordspics.wordpress.com/files/2008/04/g-23-2c-cl-copie.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-104" src="http://wordspics.wordpress.com/files/2008/04/g-23-2c-cl-copie.jpg" alt="La ripisylve" /></a></p>
<p><em>La ripisylve sur l&#8217;île de Patiras, 2006 ©Thierry Girard</em></p>
<p>Sur le catalogue collectif publié à l’occasion de cette exposition à l’espace Commines, je note :<br />
<em>« Les îles sont comme d&#8217;antiques gabarres enchâssées à fleur d&#8217;eau dans la vase blonde de l&#8217;estuaire. La ripisylve en constitue le plat-bord, rempart épais qui tient la rive et les digues contre les marées, les tempêtes et le courant. Elle forme aussi un écran qui occulte le fleuve. Il faut alors trouver des brèches, des havres précaires, encombrés d&#8217;épars et de lourds bois flottés, pour accéder au partage sublime du ciel et de l&#8217;eau. »</em></p>
<p><a href="http://wordspics.wordpress.com/files/2008/04/limites-04jpg.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-105" src="http://wordspics.wordpress.com/files/2008/04/limites-04jpg.jpg" alt="L\'estuaire depuis Talmont" /></a></p>
<p><em>L&#8217;entrée de l&#8217;estuaire depuis Talmont, 2003 ©Thierry Girard</em></p>
<p><strong>L’exposition présentée à l’espace Commines à Paris en juin 2007 va être à nouveau sur les cimaises, celles de la Bibliothèque nationale de France (site François Mitterand) du 20 mai au 30 juin 2008.<br />
<a href="http://www.atraverslepaysage.com/index.php?page=events">Avec vue sur la mer</a> présentera des œuvres de John Davies, Sabine Delcour, Marc Deneyer, Raymond Depardon, Eric Dessert, Thierry Girard, Michael Kenna, Harry Gruyaert et Josef Koudelka.<br />
</strong></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>

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