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	<title>en-chemin &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
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	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "en-chemin"</description>
	<pubDate>Thu, 24 Dec 2009 12:56:57 +0000</pubDate>

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<title><![CDATA[Lettre à Joris]]></title>
<link>http://septcollines.wordpress.com/2009/11/17/lettre-a-joris/</link>
<pubDate>Tue, 17 Nov 2009 15:05:41 +0000</pubDate>
<dc:creator>sieben0gebirge</dc:creator>
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<description><![CDATA[Cher Joris, Vingt-trois jours que je suis ici et je ne t&#8217;ai rien écrit. Je mentirais en te dis]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>Cher Joris,</p>
<p>Vingt-trois jours que je suis ici et je ne t&#8217;ai rien écrit. Je mentirais en te disant que j&#8217;ai manqué de temps. Les journées sont parfois longues et d&#8217;un terrible ennui. À certaines heures, lorsque le ciel tourne à l&#8217;orage, il vaut mieux suspendre sorties et observations, sans quoi la pluie nous lave de ce baume infect dont on s&#8217;enduit le corps chaque matin par précaution : une odeur de sueur et d&#8217;oignons surs que le camphre peine à couvrir. Je ne m&#8217;y habituerai jamais, pas plus qu&#8217;à certains coins de la ville que je ne traverse qu&#8217;à reculons, quartiers où les murs des maisons — quotidiennement aspergés d&#8217;urine — empestent les latrines. Des confins d&#8217;humanité dont je traîne les relents jusqu&#8217;au soir. Faute de mieux, voilà ce que certains ont trouvé pour contenir le mal. Trois semaines, c&#8217;est le temps qu&#8217;il m&#8217;aura fallu pour lire dans le regard des bêtes et commencer de déchiffrer les rites et marottes des gens d&#8217;ici, pour mesurer l&#8217;ampleur de ma tâche, immense : le pays compte sept collines dont les coordonnées laissent présager quelque secrète corrélation. Combien de mois me seront nécessaires? Je n&#8217;ose y penser sans être pris de vertige, partagé entre exaltation et abattement.<br />
J&#8217;ai rapidement trouvé de quoi me loger, grâce à la bienveillance d&#8217;un enfant débrouillard qui, dès le lendemain de mon arrivée, me présentait ma logeuse. Je signais aussitôt un registre et pour un loyer dérisoire, prenais possession de mon appartement. Certes, je ne manque ni de place ni de confort, mais crois-moi, n&#8217;envie rien à ma vue : les versants grimaçants du Hochwanner qui, de nos lits, nous effrayaient chaque soir de notre enfance, m&#8217;apparaissent rétrospectivement, au regard du charnier qui se dresse en face, comme de bien douces et émouvantes visions, qu&#8217;il ne me déplaît plus d&#8217;agiter en esprit pour vous rappeler à moi. Et puis ce meublé l&#8217;est assurément trop, encombré, habité pour ne pas dire hanté par ses propriétaires — un couple et leurs deux garçons — , comme si on les en avait chassés pour m&#8217;y installer. Au sentiment désagréable que j&#8217;ai de partager leur espace s&#8217;ajoute celui de la promiscuité. Je vis parmi leurs objets, entouré de leurs photos personnelles&#8230; Pas un tiroir qui ait été vidé, pas un endroit qui soit épargné de leurs souvenirs patiemment amassés, pas un mur, pas un meuble qui n&#8217;ait oreille et œil tendu ou posé sur moi. Tout y est resté en l&#8217;état, d&#8217;un usage suspendu à l&#8217;attente de leur imprévisible retour, jusqu&#8217;à la chambre d&#8217;enfants jonchée de pièces de puzzle et au centre de laquelle trône un bien curieux et pathétique tigre à bascule, une bête naturalisée — gueule ouverte édentée — dont les pattes ont été grossièrement montées sur un piètement métallique. Rares sont les nuits où je ne rêve qu&#8217;ils font irruption au beau milieu de la nuit, dans ma chambre, <em>la leur</em>, pour me chasser de leur lit et me jeter à la rue, à la merci de fauves à dents de smilodons.<br />
Tendre frère, je mesure chaque jour la distance qui nous sépare, je ne t&#8217;oublie pas dans mon silence et tâcherai de t&#8217;en dire un peu plus très bientôt, mais surtout, ne fais pas état de ce courrier à Véra, tu l&#8217;inquiéterais inutilement. Dépose sur sa joue le plus affectueux et anonyme des baisers.</p>
<p>Johannes</p>
</div>]]></content:encoded>
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<title><![CDATA[Dents de tigre]]></title>
<link>http://septcollines.wordpress.com/2009/11/15/dents-de-tigre/</link>
<pubDate>Sun, 15 Nov 2009 08:05:21 +0000</pubDate>
<dc:creator>sieben0gebirge</dc:creator>
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<description><![CDATA[D&#8217;un ballon aérostatique je pourrais encore mieux surveiller l&#8217;activité des bêtes et des]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>D&#8217;un ballon aérostatique je pourrais encore mieux surveiller l&#8217;activité des bêtes et des hommes. Je comprendrais sans doute que les charniers forment une figure qui signale la ville aux puissances divines ; j&#8217;inclinerais même pour l&#8217;étoile à cinq branches, avant de me souvenir que ces puissances ne sont pas, que notre bestialité n&#8217;a pas de juge. J&#8217;abandonne les sottes idées du ballon et de Dieu et vais suivre, au soir, les gamins qui ramassent ce qu&#8217;ils appellent les Dents de Tigre.</p>
</div>]]></content:encoded>
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<title><![CDATA[L'Ossuaire]]></title>
<link>http://septcollines.wordpress.com/2009/11/10/lossuaire/</link>
<pubDate>Tue, 10 Nov 2009 12:55:39 +0000</pubDate>
<dc:creator>sieben0gebirge</dc:creator>
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<description><![CDATA[Intacts, brisés, nets ou couverts d&#8217;une chair obstinée, élevés en un monticule pyramidal héris]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>Intacts, brisés, nets ou couverts d&#8217;une chair obstinée, élevés en un monticule pyramidal hérissé et macabre, ainsi entassent-ils les os de leurs semblables, sur la Grand&#8217; place à l&#8217;entrée de la ville. Est-ce seulement pour fuir la terre, ou pour tenir et afficher à ceux qui s&#8217;aventurent ici, par défi ou folle curiosité — on ne peut aujourd&#8217;hui invoquer l&#8217;ignorance — des apparences de fermeté, de résistance&#8230; Voyez, leur diraient-ils, ce qu&#8217;il nous reste d&#8217;eux. Certains jours, de la lucarne de ma chambre, j&#8217;y distingue des enfants, seuls ou accompagnés de leur mère, qui poussent leur voilier d&#8217;une baguette pour l&#8217;éloigner du bord où le courant de la fontaine (entourant le monceau) le ramène continuellement. Cela, on le leur laisse.</p>
</div>]]></content:encoded>
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<title><![CDATA[Fauves]]></title>
<link>http://septcollines.wordpress.com/2009/11/08/fauves/</link>
<pubDate>Sun, 08 Nov 2009 19:00:07 +0000</pubDate>
<dc:creator>sieben0gebirge</dc:creator>
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<description><![CDATA[Ce sont des fauves qu&#8217;ils voient, marchant dans les rues de la ville, pas lent, poil patiemmen]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>Ce sont des fauves qu&#8217;ils voient, marchant dans les rues de la ville, pas lent, poil patiemment lustré par une vie repue. Rien ne leur plaît davantage que les minutes oranges et brèves où le tigre, l&#8217;ocelot, le serval, le lion — quel est son nom vraiment — bondit sur le passant et l&#8217;attaque à la gorge. Puis patiemment tâte le corps d&#8217;une patte blasée et finit par trouver, dans la région du ventre, peau assez fragile pour y planter les crocs.</p>
</div>]]></content:encoded>
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<title><![CDATA[L'observatoire]]></title>
<link>http://septcollines.wordpress.com/2009/11/06/lobservatoire/</link>
<pubDate>Fri, 06 Nov 2009 17:59:02 +0000</pubDate>
<dc:creator>sieben0gebirge</dc:creator>
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<description><![CDATA[Au bout d&#8217;une ruelle escarpée s&#8217;élève l&#8217;observatoire : une plateforme bordée de ga]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>Au bout d&#8217;une ruelle escarpée s&#8217;élève l&#8217;observatoire : une plateforme bordée de garde-corps qui surplombe la région; mais il est rare qu&#8217;on y monte pour son panorama dont la variabilité selon les heures ne cesse pourtant pas de m&#8217;étonner. À la mi-journée, on ne devine qu&#8217;à peine le sommet des six collines dont les pentes se défont dans la vallée comme une chair trop mûre. Mais chaque soir, il faut voir leurs profils brusquement exposés par les brandons violâtres des feux d&#8217;artifice tirés de tout en bas. Au centre, une lunette est braquée vers le sol à la façon d&#8217;un périscope. Son extrémité en traverse la surface par un trou d&#8217;un diamètre à peine plus large qu&#8217;elle, si bien qu&#8217;on ne peut guère la faire jouer dedans pour étendre son champ de vision; d&#8217;autant qu&#8217;à l&#8217;appareil manque la mise au point. Lorsqu&#8217;on y glisse une pièce, le diaphragme s&#8217;ouvre, révélant de vagues ombres et des lueurs fuyantes de lanternes sourdes. Plus rares encore sont les gens d&#8217;ici à venir y passer l&#8217;œil. D&#8217;illisibles inscriptions, rageusement gravées à sa base, laissent supposer qu&#8217;ils trouvent l&#8217;attraction d&#8217;une grande perversité.</p>
</div>]]></content:encoded>
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<title><![CDATA[Les cages]]></title>
<link>http://septcollines.wordpress.com/2009/11/05/les-cages/</link>
<pubDate>Thu, 05 Nov 2009 02:13:19 +0000</pubDate>
<dc:creator>sieben0gebirge</dc:creator>
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<description><![CDATA[Il y a sous certains trottoirs de la ville des cages insoupçonnables le jour, et qu&#8217;une lumièr]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>Il y a sous certains trottoirs de la ville des cages insoupçonnables le jour, et qu&#8217;une lumière — oubliée par les geôliers des lieux — révèle parfois la nuit. Ce qui y est enfermé, je ne sais pas ; feuilles et poussière, à première vue, mais dans plusieurs d&#8217;entre elles (j&#8217;en ai dressé la carte ; elle mentionne ces <em>détails</em>), une échelle descend vers une trappe qui n&#8217;est jamais ouverte.</p>
</div>]]></content:encoded>
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