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	<title>goodbye-to-media-freedom &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
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	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "goodbye-to-media-freedom"</description>
	<pubDate>Sat, 26 Dec 2009 17:51:15 +0000</pubDate>

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<title><![CDATA[Rencontre avec... Fabrice Pozzoli-Montenay]]></title>
<link>http://offtherecords.wordpress.com/2008/06/16/rencontre-avec-fabrice-pozzoli-montenay/</link>
<pubDate>Mon, 16 Jun 2008 06:50:54 +0000</pubDate>
<dc:creator>Off The Records</dc:creator>
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<description><![CDATA[Ce 8 mai 2008, nous avons rendez-vous avec Fabrice Pozzoli-Montenay, journaliste et secrétaire de la]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:center;"><a href="http://offtherecords.wordpress.com/files/2008/06/fpm.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-264 aligncenter" src="http://offtherecords.wordpress.com/files/2008/06/fpm.jpg" alt="Rencontre avec... Fabrice Pozzoli-Montenay" width="450" height="180" /></a></p>
<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><font size="2"><em>Ce 8 mai 2008, nous avons rendez-vous avec Fabrice Pozzoli-Montenay, journaliste et secrétaire de la section française de <span style="text-decoration:underline;"><a href="http://www.ajefrance.com">l&#8217;association européenne des journalistes européens</a> (AJE)</span>, pour évoquer avec lui sa vision personnelle de la situation des médias en France. Lecteur de notre blog, c&#8217;est lui qui nous avait invité à assister à la conférence qu&#8217;il organisait à Centre d&#8217;accueil de la presse étrangère à <span style="text-decoration:underline;">Radio France</span>.</em></font></span></p>
<div></div>
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<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><font size="2"><strong>« La presse d&#8217;information généralisée ne tient pas la route face à la presse magazine spécialisée »</strong><br />
Ancien journaliste de <span style="text-decoration:underline;">la Croix</span>, du <span style="text-decoration:underline;">Parisien</span> et de la <span style="text-decoration:underline;">BBC</span>, <strong>Fabrice Pozzoli-Montenay</strong> est un familier du secteur de la presse écrite et c&#8217;est en cette qualité qu&#8217;il nous dresse un sombre tableau de sa situation en France. Contrairement à de nombreux pays étrangers tel l&#8217;Allemagne ou le Royaume-Uni, la presse d&#8217;information française souffre du développement unique de la presse magazine. En effet, cette dernière est un véritable «<em> mille-feuille </em>»: elle traite de tout les centres d&#8217;intérêt ou presque de l&#8217;individu, des grands au petits chiens en passant par la voile. Face à cette multitude, la presse d&#8217;information générale ne fait pas le poids puisqu&#8217;elle se révèle beaucoup moins pointue que ces titres dans leurs domaines. Ajouter à cela, l&#8217;existence d&#8217;un manque de professionnalisme, de crédibilité et de moyens (dont les deux premiers découlent logiquement) et vous avez une presse française en grande difficulté. Comment expliquer un tel constat ? Notre interlocuteur suggère, sans apporter de certitudes, d&#8217;aller jeter un œil du côté du système de mécanisme d&#8217;aides d&#8217;État à la presse, dont l&#8217;impact sur l&#8217;offre ne serait pas aussi sain que l&#8217;on voudrait bien le présenter.</font></span></p>
<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><font size="2"><strong>« <em>La raison d&#8217;être de l&#8217;AJE est de sensibiliser les journalistes aux questions européennes</em> »</strong><br />
Née en 1961 alors que la construction européenne était loin d&#8217;être acquise, présente dans une vingtaine de pays européens au sens du Conseil de l&#8217;Europe, l&#8217;association des journalistes européens a longtemps été une sorte de club des correspondants à Bruxelles. Aujourd&#8217;hui, alors que <span style="text-decoration:underline;">l&#8217;Union Européenne</span> est présente dans notre vie de tous les jours, elle se donne pour mission de fournir des clés de décryptage à des journalistes ou à des communicants qui ne sont pas forcément au fait du fonctionnement de l&#8217;UE et qui pourtant sont amenés à en parler dans leur vie professionnelle de tous les jours. Concrêtement, l&#8217;association se compose d&#8217;un noyau dur de cinq personnes, chargé de faire tourner la machine, et d&#8217;une nébuleuse d&#8217;une soixantaine de journalistes, intervenant de manière plus ponctuelle. Dans cette catégorie, on retrouve des journalistes comme <strong>Jean Quatremer</strong>, correspondant de <span style="text-decoration:underline;">Libération</span> à Bruxelles, <strong>José-Manuel Lamarque</strong>, présentateur de <em>Transeuropéenne</em> sur <span style="text-decoration:underline;">France Inter</span> et <strong>Véronique Auger</strong>, responsable du service Europe de la rédaction de <span style="text-decoration:underline;">France 3</span>. En outre, l&#8217;association a élargie ses activités avec la création du prix du journalisme européen <strong>Louise Weiss</strong> et la rédaction, cette année, d&#8217;un rapport sur l&#8217;état de la liberté de la presse en Europe. L&#8217;association est donc là pour pallier le fait que « <em> la plupart du temps, les journalistes français n&#8217;ont pas le réflexe intellectuel d&#8217;aller regarder vers l&#8217;Europe</em> ».</font></span></p>
<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><font size="2"><strong>RSF: «<em> il n&#8217;est pas difficile de se rendre compte que nous n&#8217;avons pas la même démarche </em>»</strong><br />
Mais à l&#8217;AJE, la grande nouveauté de cette année 2008 réside dans la rédaction du rapport sur la liberté de la presse en Europe « <em>Goodbye to Media freedom ? </em>». Fruit du travail de l&#8217;ensemble des sections de l&#8217;association et rédigé sous la direction de <strong>William Horsley</strong>, secrétaire de la section britannique, il se veut un compte rendu le plus précis possible des petits et grands tracas du quotidien qui empêchent les journalistes de faire leur travail correctement. Une telle démarche appelle évidemment un parallèle avec une autre association, spécialiste de cet exercice: <span style="text-decoration:underline;">Reporters sans frontières</span>. Fabrice Pozzoli-Montenay l&#8217;affiche d&#8217;emblée, il n&#8217;y a aucune concurrence entre ces deux associations qui ne boxent pas dans la même catégorie en termes de moyens. De plus, la démarche qui sous tend les deux entreprises n&#8217;est pas la même: quand RSF, dans son dernier rapport consacrée à la situation européenne, se focalise uniquement sur les agressions physiques dont les journalistes font l&#8217;objet, l&#8217;AJE préfère évoquer les pressions économiques et politiques ainsi que les problèmes d&#8217;auto-censure. Si notre interlocuteur ne porte pas de jugements de valeurs sur le choix effectué par RSF, « <em>un des rares organes associatifs qui mène ce travail de fond depuis des années</em> », il pointe néanmoins le fait que pour lui « <em>la menace sur la liberté de la presse en France n&#8217;est pas dans les banlieues actuellement</em> » (en référence au rapport RSF qui, dans la partie consacrée à la France, se penche sur les agressions subies par certains journalistes dans les quartiers difficiles).</font></span></p>
<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><font size="2"><strong><span style="text-decoration:underline;">France Monde</span>, Christine Ockrent, Antoine Arnault: « Il n&#8217;y a qu&#8217;en France qu&#8217;on peut voir des choses pareilles »</strong><br />
Si le journaliste n&#8217;est pas opposé à la nomination de <strong>Christine Ockrent</strong> – «  <em>Je préfère que cela soit elle plutôt que quelqu&#8217;un de nommé uniquement pour des motifs politiques: c&#8217;est une professionnelle</em> [Fabrice Pozzoli-Montenay a précisé qu'elle était loin d'être irréprochable, notamment parce qu'elle est une spécialiste des « ménages »(i.e. Des participations fortement rémunérées à des colloques de communication)] <em>des médias et cela ne me choque pas qu&#8217;elle soit là </em>» -, il s&#8217;étonne en revanche de la formation de ce qui s&#8217;apparente à une «<em> ORTF bis </em>» (office de radio et de télévision française): <span style="text-decoration:underline;">France Monde</span> (regroupement de <span style="text-decoration:underline;">France 24</span>,<span style="text-decoration:underline;">TV 5 monde</span> et <span style="text-decoration:underline;">RFI</span>). En outre, il déplore que la nomination d&#8217;<strong>Antoine Arnault</strong> au conseil de surveillance des <span style="text-decoration:underline;">Echos</span> ne soit que l&#8217;objet du « <em>ricanement parisien </em>» et pas d&#8217;une plus franche condamnation. « <em>il faut que les lecteurs se rendent compte que ce type de pratiques est indigne d’un pays comme la France.</em> » ajoute-t-il.</font></span></p>
<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><font size="2"><strong>La France : « <em>une presse en crise permanente, sous perfusion </em>»</strong><br />
L’AJE n’étant pas un lobby, elle n’a aucun position en matière de législation, tient à nous rappeler Fabrice Pozzoli-Montenay. A titre personnel, il observe qu’à l’étranger, la majeure partie des médias sont détenus par des « pure players », dont l’unique activité est la production et la vente d’informations. La situation française peut selon lui conduire à une forme d’auto-censure : « <em>Dans l’idéal, tel que je vois le métier de journaliste, on ne doit pas dépendre d’autre chose que du travail que l’on fait</em> ». Fabrice Pozzoli-Montenay affirme son respect et son admiration pour le travail réalisé par <strong>Alain Weill</strong>, PDG de <span style="text-decoration:underline;">NextRadio TV</span> (<span style="text-decoration:underline;">BFM</span>, <span style="text-decoration:underline;">RMC</span>&#8230;) et <strong>Pierre Bellanger</strong>, dirigeant du groupe <span style="text-decoration:underline;">Skyrock</span>, qui sont pour lui de « <em>vrais entrepreneurs de presse </em>». Le problème de la presse française est, affirme-t-il, que la qualité du produit final n’est pas à la hauteur de ce que l’on est en droit d’attendre, car d’autres enjeux entrent en ligne de compte. Interrogé sur la survie possible de ces groupes sans les industriels, il revient sur la « <em>faiblesse structurelle de la presse française </em>», l’importance des coûts de production et de diffusion (50% du coût d’un quotidien), liés en partie au monopole des <span style="text-decoration:underline;">NMPP</span> (Nouvelles messageries de la presse parisienne). Ces dernières sont détenues à 49% par <span style="text-decoration:underline;">le groupe Lagardère</span>, lui-même éditeur de journaux&#8230; Il pointe également la difficulté qui existe pour mener de vraies enquêtes, des conditions sine qua none pour le travail des journalistes comme l’accès aux archives ou la protection des sources n’étant pas correctement garanties : « <em>Quelqu’un qui fait [de l’investigation] comme <strong>Denis Robert</strong> court un risque financier, personnel gigantesque</em> », le retour sur investissement étant relativement faible.</font></span></p>
<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><font size="2"><strong>Nicolas Sarkozy : «  <em>un grand professionnel de la communication et des médias </em>»</strong><br />
En ce qui concerne les rapports du Président de la République et les médias, Fabrice Pozzoli-Montenay estime que ses prédécesseurs procédaient de la même façon, même si cela était alors peut-être moins voyant. <strong>François Mitterrand</strong> avait déjà selon lui des rapports proches avec le presse, « <em><strong>Jacques Chirac</strong> est peut-être celui qui a le moins empiété sur la presse</em> » estime t-il.  Il ne juge pas l’attitude du chef de l’État choquante, mais celle des médias : « <em>Que les médias aient accepté les règles qu’il a fixé, cela me semble très étrange </em>» affirme-t-il ainsi, citant l’exemple de la reprise de vidéos tournées par le staff de Nicolas Sarkozy durant la campagne. Ce dernier n’est pas un danger pour les médias explique Fabrice Pozzoli-Montenay, qui le considère simplement comme « <em>un grand professionnel qui en face trouve des amateurs, ou en tout cas des gens qui n’ont pas la même logique que lui</em> ». Les journalistes se retrouvent en effet en position de faiblesse, faute d’avoir posé des limites, de s’être centré sur leur déontologie et d’avoir bénéficié du soutien de leur rédaction, de leurs actionnaires et de leurs investisseurs.</font></span></p>
<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><font size="2"><strong>Les nouveaux médias : «<em> un travail de remise à plat considérable </em>» à effectuer dans la presse traditionnelle</strong><br />
Lorsqu’on l’interroge sur <span style="text-decoration:underline;">Mediapart</span>, Fabrice Pozzoli-Montenay est satisfait du retour à l’investigation prôné par le site, et trouve son modèle économique cohérent : «  <em>si on fait un produit de qualité, ce produit a une valeur et on le vend</em> ». Dans cette même optique, <span style="text-decoration:underline;">Bakchich</span> montre les limites du gratuit, le site ayant dû lancer un appel à l’aide à ses lecteurs pour poursuivre sa route. Il devient plus critique envers <span style="text-decoration:underline;">Rue89</span> : même s’il se réjouit d’ y voir des sujets qui ne sont pas obligatoirement bien traités par la presse française, il estime que parfois, « <em>on a l’impression que le sujet est survolé et qu’on apprend plus de choses dans les commentaires que dans le papier lui-même </em>». Ces réussites virtuelles prouvent néanmoins qu’une réelle attente du public existe, ce qui amène une remise en question nécessaire de la presse. Alors que le site Internet du <span style="text-decoration:underline;">Monde</span> fonctionne bien du fait de ses faibles coûts de production, il considère que le problème du Monde réside dans la réduction de sa pagination, a contrario de quotidiens étrangers comme <span style="text-decoration:underline;">The Guardian</span> qui proposent selon lui « <em>un choix de lecture, une offre éditoriale gigantesque</em> ». Le prix de vente du Monde serait donc trop cher par rapport à son contenu. Fabrice Pozzoli-Montenay estime que la stratégie entamée durant la période <strong>Minc</strong> (acquisitions de sociétés, nouveau siège social), montre que le journal était « <em>plus dans une logique financière que dans une logique journalistique </em>», ce qui se paye aujourd’hui.</font></span></p>
<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><font size="2"><strong>Les couacs de l’information : « <em>Jean-Pierre Elkabbach est pris à son propre piège </em>»</strong><br />
Pour Fabrice Pozzoli-Montenay, l’Affaire<strong> Sevran </strong>reste dans le domaine de l’anecdotique : s’il n’est pas élégant d’avoir voulu impliqué toute la rédaction, la démission de <strong>Jean-Pierre Elkabbach</strong> n’était alors pas forcément nécessaire, une erreur pouvant arriver à tout le monde. Il rappelle que le prix payé par l’ancien dirigeant d’<span style="text-decoration:underline;">Europe 1</span> n’était que peu élevé, écopant simplement d’un blâme du <span style="text-decoration:underline;">CSA</span> [Le licenciement de Jean-Pierre Elkabbach de son poste de directeur d'Europe 1 n'était pas connu lorsque l'entretien a été réalisé]. « <em>Je ne pense pas que les journalistes soient des gens infaillibles</em> » nous confie-t-il. La course au scoop n’est pas une nouveauté selon lui, et il ne faut pas accuser Internet de tous les maux. Il considère ces attaques comme un simple moyen de fuir les responsabilités, alors qu’au contraire la réactivité d’Internet, inédite par rapport au passé, est utile pour corriger ce type d’erreur rapidement. Il insiste sur la fait que l’Internet n’est pas un tout homogène, et qu’il est arrivé « <em>à un stade de maturité extrêmement important où on est à même d’identifier très clairement ce que l’on a en face</em> ». Il reste simplement à réaliser un travail d’éducation de l’ internaute lambda, afin qu’il puisse distinguer le vrai du faux, le système jouant plutôt sur l’auto-régulation.</font></span></p>
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