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	<title>gorz &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
	<link>http://en.wordpress.com/tag/gorz/</link>
	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "gorz"</description>
	<pubDate>Sat, 05 Dec 2009 00:28:49 +0000</pubDate>

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	<language>en</language>

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<title><![CDATA[Revue EcoRev' : numéro spécial André Gorz "Penser l’après capitalisme" ]]></title>
<link>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/11/24/revue-ecorev-numero-special-andre-gorz-penser-l%e2%80%99apres-capitalisme/</link>
<pubDate>Tue, 24 Nov 2009 16:16:28 +0000</pubDate>
<dc:creator>pascalbourgois2</dc:creator>
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<description><![CDATA[Ecorev, communiqué, le 23 novembre 2009 Je ne dis pas que ces transformations radicales se réalisero]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://">Ecorev</a>, communiqué, le 23 novembre 2009</p>
<p><strong>Je ne dis pas que ces transformations radicales se réaliseront. Je dis seulement que, pour la première fois, nous pouvons vouloir qu’elles se réalisent. Les moyens en existent ainsi que les gens qui s’y emploient méthodiquement.&#8221; André Gorz</strong> (2007).</p>
<p>Il y a deux ans nous recevions <a title="http://ecorev.org/spip.php?article641" href="http://ecorev.org/spip.php?article641" target="_blank">le dernier texte de notre parrain André Gorz</a>, seulement quelques jours avant que sa femme et lui ne nous quittent.</p>
<p><strong>Le présent numéro d’EcoRev’ rend hommage à ce penseur de l’écologie politique et prend une forme particulière puisqu’il parait dix ans après notre premier numéro : Survivre au capitalisme. Mais ce n’est pas un hommage qui tenterait de sacraliser &#8220;une pensée gorzienne&#8221;, c’est plutôt &#8211; dans un contexte de crises systémiques globales &#8211; une réflexion qui vient interroger et prolonger l’idée centrale de son dernier texte : La sortie du capitalisme a déjà commencé.</strong></p>
<p><strong>Ce numéro a également pour objet de montrer combien ses intuitions sont plus que jamais actuelles et capables de contribuer à la construction, certes complexe mais nécessaire, d’une écologie politique alternative au capitalisme</strong>.</p>
<p><a title="http://ecorev.org/spip.php?rubrique86" href="http://ecorev.org/spip.php?rubrique86" target="_blank">Une revue ne vit que par ses abonnements, alors n&#8217;hésitez pas !</a></p>
<p><strong>Penser l’après capitalisme avec André Gorz</strong></p>
<p>Dossier coordonné par Anita Rozenholc et Emmanuel Dessendier</p>
<p>Editorial par la rédaction</p>
<p>Classique : Les limites de l’adaptabilité du capitalisme par Ernest Mendel</p>
<p>La sortie du capitalisme a bien commencé par Yann Moulier-Boutang</p>
<p>Transformation/révolution/transition revisitées au tranchant de l’écologie politique par Yann Moulier-Boutang</p>
<p>La crise de l’immatériel, la production entre pairs (P2P) et l’économie éthique à venir par Michel Bauwens</p>
<p>Pour une science écologique par Marc Robert</p>
<p>L&#8217;après consumerisme par Emmanuel Dessendier &#38; Anita Rozenholc</p>
<p>Autoproduction et numérique par Daniel Kaplan/Rémi Sussan</p>
<p>De la transformation des modes de vie. Quartiers populaires et écologie par Élise Lowy</p>
<p>Changer de système de production par <!--more-->Jean Zin</p>
<p>Quelle transformation écologique de l’économie ? par Jérôme Gleizes</p>
<p>Quelques principes d’organisation pour une gouvernance bioéconomique par René Passet</p>
<p>Pensez la question des outils avec André Gorz par Françoise Gollain</p>
<p>Les vraies causes de la récession et les raisons qui la convertiront en dépression par Yves Cochet</p>
<p>Peut-on penser un au-delà du capitalisme ? par Bernard Maris</p>
<p>L’au-delà de la crise financière par Geneviève Azam</p>
<p>André Gorz, &#8220;dérangeur&#8221; ou constructeur d’une nouvelle utopie éco-socialiste ? par Arno Münster</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[La décroissance : idées fortes, terme ambigu]]></title>
<link>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/10/08/la-decroissance-idees-fortes-terme-ambigu/</link>
<pubDate>Thu, 08 Oct 2009 13:08:46 +0000</pubDate>
<dc:creator>pascalbourgois2</dc:creator>
<guid>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/10/08/la-decroissance-idees-fortes-terme-ambigu/</guid>
<description><![CDATA[alternatives-economiques.fr, Jean Gadray, octobre 2009 La décroissance : idées fortes, terme ambigu ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://">alternatives-economiques.fr</a>, Jean Gadray, octobre 2009</p>
<p><a title="Permanent Link: La décroissance : idées fortes, terme ambigu" href="http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2009/10/08/la-decroissance-idees-fortes-terme-ambigu/">La décroissance : idées fortes, terme ambigu</a></p>
<p>J’ai été invité le 6 octobre par les amis du Monde Diplomatique et Attac à débattre avec Serge Latouche de la croissance et de la décroissance. Théâtre bondé dans la banlieue lilloise, 450 personnes. Nous sommes l’un et l’autre des « objecteurs de croissance ». Mais pour ma part, je n’utilise pas le terme de décroissance. Résumé de mon intervention initiale.</p>
<p>Pourquoi suis-je devenu, comme d’autres dont le nombre grossit, un objecteur de croissance ? Pour au moins trois séries de raisons.</p>
<p><strong>La première est que, sur le plan social, celui du bien-être individuel et collectif, on peut montrer, statistiques à l’appui, qu’à partir d’un certain niveau d’abondance matérielle que nous avons nettement dépassé en France, depuis environ 20 ans, il n’y a plus aucune relation entre d’un côté les grandes variables sociales et humaines et, de l’autre, le niveau d’abondance mesuré par le PIB par habitant. On peut par exemple être de loin le pays le plus riche du monde dit développé (les Etats-Unis), et avoir pourtant une espérance de vie bien plus faible que des pays nettement moins riches, des performances éducatives moins bonnes, bien plus de pauvreté et d’inégalités (y compris entre les hommes et les femmes), six ou sept fois plus de violences, d’homicides et de personnes en prison, etc</strong>. <a href="http://dialoguesenhumanite.free.fr/?q=336-croissance-de-la-richesse-economique-ou-bien-etre-durable-pour-tous">Voir mon diaporama</a>.</p>
<p>La croissance des 20-30 dernières années s’est plutôt faite contre le social, en tout cas elle n’a pas produit d’effet positif sur ce plan. Et, même dans certains pays pauvres, l’obligation de croissance à tout prix a fait des dégâts.</p>
<p><strong>La seconde raison est plus philosophique, et elle puise aussi bien dans certaines convictions religieuses sur l’importance relative de l’être et de l’avoir, que dans des philosophies athées dont André Gorz, influencé par le marxisme, est un bon représentant. Cette seconde raison met par exemple en avant la façon dont nous sommes piégés par l’injonction du toujours plus matériel, par la consommation ostentatoire, par la production de l’avidité permanente organisée par un capitalisme de la démesure à la recherche incessante de nouvelles sources de profit</strong>. Par les 500 milliards de dollars de publicité mondiale annuelle sans laquelle nombre d’innovations ne trouveraient pas preneur et dont le rôle est de nous faire prendre le futile pour l’utile, de pousser à l’endettement à risques, en renforçant le sentiment de privation de ceux qui ne peuvent pas se payer ce qu’on voit à la télé.</p>
<p><strong>Enfin, la troisième raison, qui a accéléré ma conversion et celle de beaucoup d’autres, c’est l’ampleur de la crise écologique, dont les manifestations sont multiples, et dont le réchauffement climatique inexorable constitue le risque humain majeur</strong>, bien analysé dans le rapport 2007-2008 du PNUD.</p>
<p>On débouche alors sur la question posée par les organisateurs de ce débat : croissance verte, arrêt de la croissance ou décroissance ? Je mentionne pour mémoire une conviction des avocats de la décroissance, conviction que je partage : même s’il n’y avait pas de crise écologique, il y aurait de bonnes raisons de refuser la perspective d’une croissance indéfinie. Mais l’essentiel pour convaincre aujourd’hui n’est pas là. L’essentiel, c’est qu’il n’y aura pas de croissance durable, parce que je crois impossible de concilier la poursuite de la croissance avec l’impératif de division par 5 ou 6 des émissions de GES (gaz à effet de serre) en France d’ici 2050 (et par plus de 2 dans le monde), soit une réduction de 4 % par an.</p>
<p>Je m’en suis expliqué dans une <a href="http://www.politis.fr/Le-chiffon-rouge-de-la-croissance,6891.html">tribune</a> de Politis « Le chiffon rouge de la croissance verte », dont je ne retiens qu’un argument, parmi d’autres. Supposons <!--more-->une croissance économique permanente de 2 % par an. Cela veut dire en résumé qu’on produit chaque année 2 % de biens et de services de plus que l’année précédente. En passant, cela veut dire que nos descendants auraient, en 2100, six fois plus de biens et de services à consommer… Sans croissance, il faudrait déjà réduire de 4 % par an les émissions PAR UNITE PRODUITE, CE QUI EST ENORME. Avec une croissance de 2 % par an, il faudrait les réduire de 6 % par an, soit trois fois plus vite qu’au cours des dernières années. On fait comment ? On laisse les savants fous type Allègre nous assurer des lendemains qui chantent grâce à la science ?</p>
<p>Vouloir prolonger la croissance quantitative, même réorientée, c’est comme si vous mettiez un coup d’accélérateur d’émissions au moment où il faut freiner très fort. Le tête-à-queue n’est pas loin.</p>
<p>Passons aux deux autres options qui me sont proposées : arrêt de la croissance, et décroissance. Aucune des deux ne me convient, et surtout pas l’arrêt de la croissance ou la croissance négative. Je rejoins sur ce point Serge Latouche : tant que nous sommes dans une « société de croissance », une société productiviste de fuite en avant dans le « toujours plus », où tout semble dépendre de la réalisation de cet objectif, y compris l’emploi et la protection sociale, la panne de croissance ou la récession conduisent à des désastres sociaux, dont le chômage. Une société droguée qui n’a plus accès à ses doses souffre. C’est comme un avion à réaction à qui l’on imposerait le sur place. Il tombe, parce que ces avions sont dépendants de la poussée des réacteurs, ils ne peuvent pas planer. C’est seulement dans une société où l’on cesserait de faire tout dépendre de la croissance que l’on pourrait se passer de ce réacteur et du kérosène, pour apprendre à planer. Mais il faut changer de modèle d’avion et de forces motrices. J’arrête cette analogie limitée, mais dont l’intérêt est de nous pousser à réfléchir à d’autres possibles, sans régression sociale, à une « société soutenable ». J’y reviendrai en conclusion.</p>
<p>Et la décroissance ? Bien que je rejoigne ses avocats sur bien des plans, je n’utilise pas ce terme. Ma principale réticence est la suivante : pour le commun des mortels, décroître c’est le contraire de croître et il est vraiment très difficile de comprendre que la décroissance n’est pas la croissance négative. Bien entendu, quand on lit Latouche, Ariès ou Cheynet, on voit bien que ce qu’ils veulent dire concerne une critique radicale de la religion de la croissance, à laquelle j’adhère. On pourrait parler de post-croissance, ou d’anti-croissance, comme il y a l’anti-pub. Mais choisir un mot slogan qui exige ces lectures pour comprendre qu’il veut dire autre chose que ce qu’il dit, c’est une sérieuse limite à la popularisation des idées ! N’est-ce pas un peu une démarche intellectuelle d’un collectif d’avant-garde doté d’un signe de reconnaissance clair pour ses membres et pas pour les autres ? Voilà pourquoi, dans le souci d’éducation populaire qui est le mien, j’ai des réticences avec ce mot-slogan.</p>
<p>Mais pour comprendre pourquoi décroissance a été préféré à anti-croissance ou à objection de croissance, il faut pousser plus loin l’examen. En réalité, les avocats de la décroissance ne sont pas très clairs et il y a bien une dimension de croissance négative dans leur discours. Dans le « Petit traité de la décroissance sereine » de Serge Latouche, au demeurant un excellent bréviaire, il est par exemple écrit (p. 90) que le retour à une empreinte écologique soutenable en France pourrait se faire, entre autres mesures, par une réduction du volume de la consommation finale (« réduction de moins de 50 % »). Bien que le slogan d’André Gorz « moins, mais mieux » me convienne (sauf quand même pour les 30 à 40 % de personnes qui vivent déjà avec pas grand-chose), on a bien là une stratégie qui emprunte à la croissance négative. Pourquoi pas d’ailleurs, il faut en débattre et voir comment la majorité pourrait vivre mieux avec moins de quantités et plus de qualité dans une société post-croissance, mais il vaudrait mieux être clair.</p>
<p>Mais si les tenants de la décroissance clarifiaient leur analyse sur ce point, cela les amènerait à creuser une question où ils restent légers selon moi : l’avenir de l’emploi et de la protection sociale dans la « grande transformation » vers une société soutenable. Je crois en fait que l’avenir de l’objection de croissance tient essentiellement à la possibilité de convaincre les gens qu’on peut créer des emplois utiles, réduire le chômage et préserver la protection sociale sans le moteur à réaction de la croissance. Or que répondent les avocats de la décroissance, pour l’essentiel ? « Réduction drastique du temps de travail », prise de distance avec la « société travailliste » et partage des richesses.</p>
<p>Cela ne peut me suffire. J’ai souvent insisté (voir sur ce blog mes textes du 20 mai et du 30 juin) sur le point suivant : dans les prochaines décennies, il faudra mobiliser beaucoup de travail pour produire, sans progression globale des quantités (sans croissance), des biens et services « propres », verts, répondant à des besoins sociaux mis en délibération, selon des processus économes en ressources naturelles. Et cela d’autant plus qu’il faudra beaucoup réparer parce qu’on a beaucoup endommagé. La sobriété et la durabilité ne sont pas des ennemis de l’emploi, contrairement au productivisme. Les nouveaux gisements d’emploi utile de la durabilité, de la proximité et des activités de soins aux personnes, aux biens, au lien social et à la nature, pourraient compenser les réductions parfois fortes dans les secteurs les plus polluants, réductions dont il faudrait anticiper l’évolution et les conversions en préservant le potentiel humain. Cela n’exclut nullement la RTT, car le temps vraiment libéré a une valeur émancipatrice en soi, mais seulement après avoir fait le bilan des besoins et des contraintes collectives de la société à (re)construire.</p>
<p>En résumé, défendre le projet d’une société soutenable de sobriété et de plein emploi, débarrassée de l’obligation de croissance et impliquant une forte réduction des inégalités, c’est sans doute moins fun et moins radical que de parler de décroissance, mais l’attente des citoyens est désormais sur le « comment réorienter, et avec quels effets sur nos vies » et je doute que le « mot-obus » qu’est la décroissance réponde à cette attente. Il est rare que les obus aident à soigner et guérir. Mais je peux me tromper.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Jean Zin : Un seul monde, plusieurs systèmes]]></title>
<link>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/09/12/jean-zin-un-seul-monde-plusieurs-systemes/</link>
<pubDate>Sat, 12 Sep 2009 10:08:19 +0000</pubDate>
<dc:creator>pascalbourgois2</dc:creator>
<guid>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/09/12/jean-zin-un-seul-monde-plusieurs-systemes/</guid>
<description><![CDATA[jeanzin.fr, Jean Zin, le 12 septembre 2009 Un seul monde, plusieurs systèmes Le capitalisme ne s]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://">jeanzin.fr</a>, Jean Zin, le 12 septembre 2009</p>
<p>Un seul monde, plusieurs systèmes</p>
<p><strong>Le capitalisme ne s&#8217;est pas effondré, la finance est repartie au quart de tour mais le chômage n&#8217;a pas fini de monter et le système restera en panne longtemps encore, tant que les pays les plus peuplés ne tireront pas une croissance mondiale qui ne peut plus reposer sur le crédit américain. En attendant, les effets en chaîne de la faillite du modèle de financiarisation néolibérale continueront à se faire sentir de façon implacable dans les années qui viennent</strong>. Une des leçons de la crise (en 1929 déjà), sous l&#8217;apparence d&#8217;une transmission instantanée à la Terre entière, c&#8217;est l&#8217;inertie considérable de l&#8217;économie mondiale (fonction de la taille), inertie renforcée cette fois par les mesures gouvernementales relativement appropriées ainsi que par les protections sociales qui ne font sans doute que retarder la destruction des emplois et la restructuration de la production sur un modèle plus soutenable. <strong>A court terme, une rechute rapide semble inévitable, au moins du dollar, provoquant une récession pire sans doute que la précédente, sans signifier pour autant un effondrement total du système en tant que tel, habitué de ces épisodes dramatiques et dont il finit par sortir au bout d&#8217;un temps plus ou moins long, au prix de guerres souvent, de profondes restructurations toujours. En tout cas, malgré les signes contradictoires de reprise et de détresse sociale, ni le grand soir, ni le retour de la croissance ne sont pour demain, on pourrait en avoir pour 10 ans ou plus, c&#8217;est dans ce contexte qu&#8217;il faut penser notre présent et préparer la sortie de crise, même si des accélérations de l&#8217;histoire sont toujours possibles.</strong></p>
<p>Si le schéma de la crise est assez classique, on peut la caractériser comme la première véritable crise planétaire et, à coup sûr, la première de l&#8217;ère du numérique. Une nouvelle guerre mondiale n&#8217;a certes rien d&#8217;impossible dans cette ambiance de réarmement général et il faut souhaiter un peu plus de protectionnisme raisonné mais on ne retournera pas à des économies fermées ni à l&#8217;affrontement de systèmes, sans doute, car s&#8217;il y a bien un acquis sur lequel on ne reviendra pas, selon toute vraisemblance, c&#8217;est sur la mondialisation des réseaux, des images et donc des marchandises. Si &#8220;un autre monde est possible&#8221; malgré tout, c&#8217;est dans ce contexte d&#8217;unification planétaire, au moins des communications, même si le processus est, certes, loin d&#8217;être achevé.</p>
<p>S&#8217;il n&#8217;y a plus qu&#8217;un seul monde, cela voudrait-il dire qu&#8217;il n&#8217;y aurait plus qu&#8217;un seul système comme on peut le craindre légitimement devant la contamination de toutes les activités par la logique marchande et l&#8217;extension infinie des marchés ? Non, bien sûr, ce serait nier l&#8217;existence d&#8217;une économie familiale et d&#8217;une économie publique, au moins. Le néolibéralisme a bien tenté de nier cette pluralité au nom d&#8217;un totalitarisme du marché mais son échec et son inhumanité sont désormais patents. <strong>Il y a donc bien possibilité d&#8217;une pluralité de systèmes, simplement ils ne vont plus se différencier en blocs territoriaux, ni selon les pays comme on changeait de religion en changeant de prince, mais seront obligés de cohabiter sur le même territoire. Il s&#8217;agit de voir comment.</strong></p>
<p>D&#8217;abord, <strong>il faut souligner qu&#8217;une singularité de not re situation historique, c&#8217;est l&#8217;absence de toute alternative depuis l&#8217;effondrement (complet cette fois) du communisme</strong>. Il y a bien l&#8217;islamisme pour certains pays comme résistance à la modernisation mais l&#8217;expérience iranienne annonce déjà son déclin. Or, les révolutions ne s&#8217;improvisent pas et ne trouvent pas spontanément et comme par miracle les solutions aux problèmes qui n&#8217;ont pas été résolus jusqu&#8217;ici. Le mythe imbécile de l&#8217;auto-organisation se cogne rapidement au réel. Ainsi, la désorientation de Chavez est totale dans la tentative de construire un socialisme du XXIème siècle, cherchant sincèrement des pistes mais se heurtant aux dures réalités et à l&#8217;absence de propositions praticables. <strong>Pour réussir, les révolutions doivent être préparées par tout un travail intellectuel préalable </strong>(Rousseau ou Marx), <strong>ce qui pour l&#8217;instant manque cruellement</strong>. On n&#8217;est peut-être pas à la fin de l&#8217;histoire mais cela y ressemble furieusement par certains côtés au moins, de l&#8217;unification planétaire à la pensée unique dont l&#8217;incidence est massive (au moins dans les mass média) depuis la fin de la division planétaire. <strong>Seulement, cela ne peut être la victoire totale d&#8217;un camp contre l&#8217;autre et plutôt l&#8217;intériorisation de la pluralité des systèmes, la transformation d&#8217;une division extérieure en division intérieure.</strong></p>
<p>Il n&#8217;y a aucune chance qu&#8217;on se débarrasse du capitalisme au niveau mondial, encore moins <!--more-->qu&#8217;on le remplace par un tout autre système de production qui ne soit pas basé sur le profit. Les projets certes ne manquent pas : de moralisation du capitalisme, de limitation de la spéculation (taxe Tobin, le retour!) ou de nationalisation les banques, d&#8217;un nouveau partage entre travail et capital, voire d&#8217;une bonne dose de protectionnisme. Rien là qui nous fasse sortir de la logique marchande, juste un nouveau régime d&#8217;accumulation certes un peu plus juste et se rapprochant de celui des 30 glorieuses, mais c&#8217;est loin d&#8217;être la fin du capitalisme ! On peut dire la même chose du capitalisme vert ou du capitalisme cognitif, constituant indéniablement un progrès sans sortir en quoi que ce soit d&#8217;une production régie par le profit, pas plus que vouloir diminuer temps de travail et consommation changerait quoi que ce soit au fonctionnement du système.</p>
<p>D&#8217;autres, plus révolutionnaires, prétendent prendre possession de l&#8217;appareil productif mais sans compter que l&#8217;expérience historique n&#8217;en a pas été concluante, c&#8217;est le moins qu&#8217;on puisse dire, <strong>ils ne veulent pas tant changer le système ni les entreprises que les conserver en substituant simplement des décisions démocratiques ou bureaucratiques aux décisions purement économiques. C&#8217;est la critique que faisait André Gorz aux régimes communistes d&#8217;être une simple perpétuation du rapport salarial et de l&#8217;organisation industrielle, justifiant d&#8217;en faire un simple capitalisme d&#8217;Etat même si cela change quand même fondamentalement ce &#8220;capitalisme&#8221; qui n&#8217;est plus dépendant du marché financier et ne produit pas de chômage ni de surconsommation (la publicité étant remplacée par la propagande)</strong>. De ce point de vue, les tentatives de démocratiser l&#8217;entreprise, outre qu&#8217;elles sont périlleuses, ne changent pas non plus fondamentalement le rapport salarial et il est illusoire d&#8217;assimiler une entreprise, où chacun vaut par ses compétences ou sa production, avec une démocratie où chaque voix en vaut une autre. Les ONG ne sont d&#8217;ailleurs pas tellement différentes des entreprises commerciales dans leur organisation hiérarchique. A chaque fois, on reste peu ou prou dans le même système salarial.</p>
<p>La fin du capitalisme n&#8217;est donc pas en vue et plutôt son extension mondiale mais cela ne veut pas dire qu&#8217;il n&#8217;y aurait aucune alternative ni une pluralité de capitalismes. D&#8217;abord, ce n&#8217;est pas parce qu&#8217;on ne reviendra pas à des économies fermées et complètement étatisées qu&#8217;il n&#8217;y a aucune place pour une dose de protectionnisme ainsi qu&#8217;une économie administrée indispensable dans certains domaines. De nombreux services publics doivent pouvoir échapper à la rentabilité immédiate et l&#8217;économie de la gratuité est appelée à se développer à l&#8217;ère du numérique. <strong>La question qu&#8217;il faut se poser, c&#8217;est si, dans cette pluralité de systèmes, il y a possibilité de nouveaux rapports de production, exigés d&#8217;ailleurs par les nouvelles forces productives immatérielles, s&#8217;il y a possibilité d&#8217;un système de production alternatif au capitalisme salarial. </strong>En effet, ce n&#8217;est pas le lieu d&#8217;y revenir, mais le capitalisme comme système de production se caractérise par la subordination salariale et la mesure du salaire par le temps de travail plutôt que par le produit, permettant au capital de s&#8217;approprier les gains de productivité. Dès lors, la sortie du capitalisme, c&#8217;est essentiellement la sortie du salariat, que ce soit pour devenir fonctionnaires ou travailleurs autonomes. <strong>On doit à André Gorz d&#8217;avoir remis à l&#8217;endroit la perspective révolutionnaire qui n&#8217;est pas d&#8217;imposer un pouvoir ni un travail à tous mais de libérer l&#8217;autonomie de chacun et donc, en premier lieu, de changer le travail pour changer la vie, passer du travail forcé au travail choisi et du salariat au travail autonome</strong> (grâce à un revenu garanti et des coopératives municipales). Il s&#8217;agit de prendre la question du côté de la production plus que de la consommation, du travail plus que de l&#8217;entreprise, du désir plus que des besoins et ne pas juste passer de l&#8217;individu au collectif.</p>
<p>S&#8217;il y a une alternative au capitalisme, c&#8217;est le travail autonome, exigé par l&#8217;économie cognitive tout comme par les services, mais c&#8217;est aussi la relocalisation de l&#8217;économie plus que le protectionnisme national. Notons, qu&#8217;aussi bien une alternative globale semble hors de portée, aussi bien des alternatives locales sont possibles dès maintenant grâce à des monnaies locales notamment, perspective qui peut paraître dérisoire mais qui est bien plus révolutionnaire que de vouloir s&#8217;emparer de l&#8217;ancien système de production même si on ne renverse pas l&#8217;ordre établi d&#8217;un seul coup d&#8217;un seul, oeuvre de longue haleine mais plus durable et qui change la vie vraiment ! Il n&#8217;y a pas simplement une richesse à saisir, car cette richesse, c&#8217;est nous ! Ce sera toujours &#8220;notre&#8221; travail, qui n&#8217;est pas toujours si facile à valoriser à hauteur de son mérite. Il faut trouver des procédures plus efficaces que le marché du travail pour allouer les compétences disponibles. Il faut expérimenter, ce n&#8217;est pas gagné d&#8217;avance mais on pourrait s&#8217;y mettre sans attendre, montrer au moins que c&#8217;est possible.</p>
<p>La relocalisation est à la base de toute alternative à la globalisation marchande mais cette relocalisation ne peut prétendre à l&#8217;autarcie et n&#8217;est donc pas coupée du marché mondial avec lequel elle doit composer. Cela suppose bien une pluralité de système sur un même territoire. Ainsi, le territoire ne s&#8217;identifie plus à un système unique, ce que les dirigeants révolutionnaires d&#8217;Amérique du sud ont compris : ils ne sont pas coupés du marché extérieur (notamment du marché du pétrole ou du gaz) sans laisser faire pour autant les marchés à l&#8217;intérieur mais en faisant cohabiter entreprises publiques, commerciales et coopératives. Evidemment, dire qu&#8217;une économie plurielle avec un système de production alternatif est possible ne signifie aucunement que ce soit chose facile : ni de construire une alternative ni de soutenir la concurrence marchande. C&#8217;est pour cela notamment qu&#8217;il faut que les coopératives soient &#8220;municipales&#8221;, c&#8217;est-à-dire socialisées, communisées.</p>
<p>On peut déplorer de ne pas vivre dans une utopie totalitaire débarrassée complètement du capitalisme marchand mais, en fait, c&#8217;est ce qui facilite grandement les choses. En effet, il faut y insister, l&#8217;alternative a beau être locale, définie donc par un territoire, elle n&#8217;est pas du tout exclusive et ne nécessite aucune fermeture à l&#8217;extérieur et aux marchés, seulement des monnaies locales. La diversité des systèmes se matérialise par la diversité des monnaies puisque les monnaies locales ne remplacent pas l&#8217;Euro mais s&#8217;en distinguent par leur validité territoriale et leur caractère fondant ne permettant aucune capitalisation. Bien sûr ce n&#8217;est pas la seule manifestation d&#8217;une différence qu&#8217;on retrouve au niveau des institutions entre société anonyme et coopérative municipale par exemple, définissant des systèmes de production bien différenciés (rien à voir avec un quelconque réformisme améliorant le capitalisme). Cela n&#8217;empêche pas les influences réciproques, l&#8217;autonomie de ces différents systèmes restant forcément relative. Ainsi, la convertibilité de monnaie locale en euros ne doit pas être trop facile mais on ne peut l&#8217;éviter complètement, au moins sur un marché parallèle, avec une perte plus ou moins grande pour en décourager la généralisation. On pourrait craindre en effet qu&#8217;à ouvrir les vannes on soit vite inondé et que les deux systèmes n&#8217;en fassent rapidement plus qu&#8217;un mais on peut organiser une certaine imperméabilité entre monnaies et systèmes, comme on peut revenir à l&#8217;esprit de service public dans l&#8217;administration.</p>
<p>Les interactions entre les entreprises commerciales et les travailleurs autonomes ou les associations n&#8217;auront rien d&#8217;exceptionnel, un grand nombre de fonctions étant désormais externalisées par les entreprises. Le travail autonome ne se confond pas avec le travail informel ni avec l&#8217;économie non monétaire, ni même avec le &#8220;tiers secteur&#8221;. Ce serait plutôt le &#8220;quaternaire&#8221; selon Roger Sue, sauf qu&#8217;il y a du quaternaire dans les 3 autres secteurs comme il y a du salariat partout et aucune séparation entre secteurs sous cet aspect. C&#8217;est en tout cas dans la production qu&#8217;il y a interaction entre différents systèmes de même que les services publics travaillent avec les entreprises, dans une sorte de division du travail où chaque secteur doit assurer sa part.</p>
<p><strong>L&#8217;urgence, c&#8217;est de construire des alternatives locales sans attendre un changement global improbable mais, une fois admis une pluralité des systèmes et que ce n&#8217;est pas la fin du capitalisme encore, on peut admettre que s&#8217;il n&#8217;est pas mort, le capitalisme sort quand même bien affecté des bouleversements actuels qui ne se réduisent pas à la crise financière puisque s&#8217;y ajoute au moins la crise écologique et l&#8217;économie numérique qui attaque ses bases</strong> aussi bien sur la valeur d&#8217;échange (la mesure de la valeur), le salariat (la mesure du travail ou sa subordination), la concurrence (coopération des savoirs), les droits de propriété (gratuité numérique) mais on peut penser aussi qu&#8217;il n&#8217;y a aucune perspective de croissance dans une économie de l&#8217;information qui est toujours saturée, à l&#8217;opposé d&#8217;une économie de la rareté. Cela ne concerne pas tous les domaines cependant et laisse donc une place au capitalisme industriel au moins ou pour les grandes infrastructures, à côté du secteur public, des ONG, des travailleurs autonomes et des coopératives municipales. Dans le domaine immatériel on a d&#8217;ailleurs une autre forme de capitalisme basée d&#8217;un côté sur le capital-risque et de l&#8217;autre sur un quasi-monopole qui s&#8217;accapare tous les profits mais la coopération des savoirs et la gratuité numérique imposent un tout autre modèle, celui des logiciels libres et du bien commun même s&#8217;ils peuvent servir de ressource aux sociétés commerciale. Il y a aussi les marques qui investissent surtout dans la communication pour augmenter leurs prix, augmenter la part immatérielle des marchandises matérielles. On le voit, le capitalisme lui-même devient pluriel, obligé pour survivre de diversifier ses business models. Il n&#8217;a pas perdu son dynamisme mais se trouve quand même exclu de certains terrains, limité dans son extension et il devra être mieux régulé, libérant la place pour une autre économie relocalisée et tournée vers le développement humain dont l&#8217;économie marchande pourrait d&#8217;ailleurs tirer profit en passant de l&#8217;exploitation salariale à la valorisation des compétences.</p>
<p>Même réduit à la portion congrue, reste à savoir si ce &#8220;capitalisme cognitif&#8221; ne reste pas trop spéculatif, nous entraînant d&#8217;une bulle à l&#8217;autre et d&#8217;un krach à une crise encore pire. La crise de la valeur n&#8217;affecte pas seulement la finance. Le marketing et le prix psychologique ou la rente pétrolière ponctionnent inutilement des ressources. Reste à savoir enfin si le capitalisme reste possible dans un monde unifié avec un gouvernement mondial en constitution. Il n&#8217;est pas question de prétendre que le capitalisme serait immortel et comme une seconde nature. Simplement, dans l&#8217;état actuel de la planète, il vaut mieux se persuader qu&#8217;on n&#8217;en a pas fini avec le capitalisme sans renoncer pour autant à sortir de la société salariale et relocaliser l&#8217;économie.</p>
<p><strong>Certes, ce n&#8217;est pas le grand soir et l&#8217;on peut trouver que ce n&#8217;est pas assez révolutionnaire même si cela l&#8217;est beaucoup plus que toutes les gesticulations et les prétentions d&#8217;en finir avec le capitalisme et le règne de la marchandise</strong>. On voudrait qu&#8217;il suffise de prendre le pouvoir ou de se débarrasser de quelques malfaisants mais ce n&#8217;est pas si simple. S&#8217;il ne s&#8217;agit pas de recréer une division géographique entre les peuples mais une division entre différents systèmes sur le même territoire, <strong>la difficulté de penser dans le cadre de cette économie plurielle vient aussi de la difficulté d&#8217;abandonner les visions totalitaires et unifiantes, inévitables quand on rêve à une société idéale, au profit d&#8217;une pluralité des modes de vie et de production</strong>. Si la crise doit durer plus de 10 ans, il ne serait pas trop tôt de s&#8217;y mettre dès maintenant, puisque la relocalisation est par définition à portée de main, afin de montrer au moins la viabilité d&#8217;une économie ou d&#8217;une société plurielle et dénouer toute tentation totalitaire avant que les tensions ne s&#8217;exacerbent. Ce n&#8217;est pas vouloir retarder un soulèvement révolutionnaire que rien n&#8217;annonce mais qui reste indispensable pour réaffirmer nos solidarités sociales et changer les institutions.<strong> C&#8217;est vouloir éviter son échec et qu&#8217;il nous mène au pire pour finir comme toujours en césarisme. La mauvaise nouvelle qu&#8217;on n&#8217;en a pas fini avec le capitalisme doit être équilibré par la bonne nouvelle que les alternatives locales peuvent commencer immédiatement. Le temps qu&#8217;il nous reste ne doit pas être du temps perdu.</strong></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA["André Gorz et la dynamique du capitalisme"]]></title>
<link>http://ideaseco.wordpress.com/2009/09/08/andre-gorz-et-la-dynamique-du-capitalisme/</link>
<pubDate>Tue, 08 Sep 2009 17:24:15 +0000</pubDate>
<dc:creator>Carlo VERCELLONE</dc:creator>
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<description><![CDATA[Je vous fais part ci-dessous de la vidéo de ma contribution à la Conférence-Débat &#8220;André Gorz ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>Je vous fais part ci-dessous de la vidéo de ma contribution à la Conférence-Débat &#8220;André Gorz et la dynamique du capitalisme&#8221; en date du 17 juin dernier à la Maison des Passages, à Lyon.</p>
<p>Bon visionnage.</p>
<p style="text-align:center;"><object width="425" height="254"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/x9mu1d"></param><param name="allowfullscreen" value="true"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/x9mu1d" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="334" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Teddy Goldsmith]]></title>
<link>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/08/27/teddy-goldsmith/</link>
<pubDate>Thu, 27 Aug 2009 21:08:55 +0000</pubDate>
<dc:creator>pascalbourgois2</dc:creator>
<guid>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/08/27/teddy-goldsmith/</guid>
<description><![CDATA[lemonde.fr, Hervé Kempf, le 27 août 2009 Teddy Goldsmith Le mouvement écologique vient de perdre un ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://">lemonde.fr</a>, Hervé Kempf, le 27 août 2009</p>
<p>Teddy Goldsmith</p>
<p><strong>Le mouvement écologique vient de perdre un de ses parrains &#8211; dans le meilleur sens du terme &#8211; avec la disparition d&#8217;Edward, dit &#8220;Teddy&#8221;, Goldsmith</strong>, survenue le 21 août, dans sa maison située près de Castellina in Chianti, en Toscane. Sans doute moins connu qu&#8217;<a href="http://www.lemonde.fr/sujet/475c/ivan-illich.html">Ivan Illich</a> ou <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/f2e8/andre-gorz.html">André Gorz</a>, il n&#8217;en a pas moins imprimé une forte empreinte sur l&#8217;écologie politique. Son influence intellectuelle a été portée par la parole et par un journal, <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/f709/the-ecologist.html">The Ecologist</a>, autant que par ses ouvrages. Il assumait aussi un engagement militant original, soutenu par le hasard de la fortune, qui l&#8217;avait richement doté.</p>
<p>Teddy Goldsmith est né le 8 novembre 1928 à <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/b45c/paris-de-frank.html">Paris de Frank</a> Goldsmith et de <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/3177/marcelle-mouiller.html">Marcelle Mouiller</a>. Frank avait quitté l&#8217;Angleterre en 1918, suite à la vague antiallemande qui sévissait alors dans ce pays. Il bâtit en France une affaire très prospère, la Société des hôtels réunis, donnant à ses deux enfants &#8211; le cadet de Teddy, Jimmy, est né en 1933 &#8211; une enfance dorée, la double nationalité (française et anglaise), et une fortune que Jimmy saurait multiplier et Teddy ne pas dilapider.</p>
<p>Edward a connu une enfance heureuse, entre les palaces cinq étoiles, quelques semestres aux Bermudes, pendant la deuxième guerre mondiale, où il développa une passion très bien informée sur les coquillages, avant d&#8217;entreprendre des études à Oxford, au <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/f4b7/magdalen-college.html">Magdalen College</a>, qu&#8217;il ne poussa pas au-delà de la troisième année. Il passa ensuite, entre 1953 et 1955, deux ans de service militaire dans les services de renseignement en Allemagne, avant de &#8220;s&#8217;essayer&#8221; aux affaires, dans une entreprise de distribution de composants électroniques. Sans grand succès, comme il l&#8217;indiquait lui-même : dans une courte notice autobiographique, il précise qu&#8217;il &#8220;consacrait l&#8217;essentiel de son temps libre à l&#8217;étude des sujets qui continuent à (le) préoccuper&#8221;. Grand lecteur, il put abandonner l&#8217;idée de gagner sa vie à la mort de son père, en 1967, pour se consacrer à des sujets plus proches de sa compétence.</p>
<p>Les deux frères, Teddy et Jimmy, auraient passé un accord oral selon lequel Jimmy aurait la disposition de l&#8217;héritage pour le gérer au mieux, tout en versant une rente à Teddy pour le reste de sa vie. L&#8217;accord, fidèlement respecté par un cadet qui deviendrait milliardaire, tout en restant très admiratif de l&#8217;envergure intellectuelle de son aîné, a permis à celui-ci de mener une vie dégagée des soucis matériels.</p>
<p>Mais certainement pas oisive. Dès 1968, Teddy, qui avait fait plusieurs voyages d&#8217;étude dans des contrées alors encore reculées, notamment au Botswana, participait à la fondation de ce qui allait devenir <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/e7df/survival-international.html">Survival International</a>, l&#8217;organisation de défense des peuples premiers. <strong>En 1969, il lançait au Royaume-Uni The Ecologist, une revue austère, mais qui allait s&#8217;imposer comme une référence dans la réflexion sur l&#8217;actualité environnementale. En 1973, il publiait Blueprint for Survival (Changer ou disparaître, Fayard), qui est devenu un best-seller : il y expliquait, parmi les premiers, comment la poursuite de la croissance et du productivisme conduisait à une dégradation insupportable de la planète Terre.</strong></p>
<p>CONCEPT DE DÉCROISSANCE</p>
<p>Le succès de ce livre allait lui permettre d&#8217;asseoir plus confortablement The Ecologist et de répandre ses idées avec plus d&#8217;efficacité. Il fut ainsi un des premiers à faire connaître <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/4ce4/nicholas-georgescu-roegen.html">Nicholas Georgescu-Roegen</a>, l&#8217;économiste qui élabora le concept de décroissance. Il soutint le développement de la théorie <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/7027/gaia-de-james.html">Gaïa de James</a> Lovelock et <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/e53f/lynn-margulis.html">Lynn Margulis</a> : selon cette théorie, le fait que la Terre manifeste une capacité extraordinaire à maintenir son équilibre (homéostasie) permettait d&#8217;inférer qu&#8217;il s&#8217;agissait en fait <!--more-->d&#8217;un être vivant.</p>
<p>L&#8217;activité intellectuelle ne l&#8217;empêchait pas cependant de militer activement, parfois sur le terrain, notamment contre le développement de l&#8217;énergie nucléaire, qui était une de ses bêtes noires.</p>
<p>En France, il participa à l&#8217;animation du réseau d&#8217;intellectuels Ecoropa (avec <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/79c2/denis-de-rougemont.html">Denis de Rougemont</a>, <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/dde0/jean-marie-pelt.html">Jean-Marie Pelt</a> ou <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/e6fd/agnes-bertrand.html">Agnès Bertrand</a>) qui allait devenir un des rouages discrets mais important du mouvement altermondialiste. Car, en 1984, à partir de l&#8217;analyse de la destruction des forêts tropicales ou de la construction des barrages, The Ecologist formula une critique virulente de la Banque mondiale. Cela contribuait à constituer une analyse globale des institutions financières internationales, conduisant aux grandes manifestations de Seattle en 1999 contre l&#8217;Organisation mondiale du commerce.</p>
<p>Membre actif de l&#8217;<a href="http://www.lemonde.fr/sujet/ef9a/international-forum.html">International Forum</a> on Globalisation, <strong>Goldsmith se trouvait ainsi au cœur du mouvement d&#8217;idées &#8211; alliant écologie et souci de la justice sociale &#8211; qui a repris l&#8217;ascendant idéologique depuis le début des années 2000 sur un néolibéralisme en phase d&#8217;épuisement théorique. Son intégration pourrait paraître étrange dans un mouvement dont d&#8217;autres forces venaient d&#8217;un marxisme réinterprété. Mais elle était pleinement légitime : il représentait une écologie naturaliste mais lucide sur les rapports de pouvoir, revendiquant la sobriété et la critique du modernisme, assumant une philosophie inspirée de l&#8217;accord des peuples premiers avec la nature, rêvant de communautés à échelle humaine et autonomes.</strong></p>
<p>Goldsmith a plus compté par sa parole éloquente et son influautonomieence que par ses ouvrages à vocation théorique. Il restera comme le grand témoin d&#8217;un courant essentiel de la critique écologique, que l&#8217;on pourrait qualifier de conservateur si ce mot avait encore un sens. Un courant que l&#8217;écologie politique ne saurait oublier, sous peine de s&#8217;assécher et de se stériliser.</p>
<p>Teddy Goldsmith était aussi un homme de contradiction, prenant par exemple l&#8217;avion plus souvent qu&#8217;à son tour. Mais personnage bachique, bon vivant, sachant que bien manger et rire est le meilleur moyen de faire jaillir l&#8217;étincelle qui lancera le feu des idées. Un homme de convivialité, sans laquelle l&#8217;écologie ne serait que triste morale.</p>
<p>8 novembre 1928</p>
<p>Naissance à Paris.</p>
<p>1969</p>
<p>Lance la revue &#8220;The Ecologist&#8221;.</p>
<p>1973</p>
<p>Publie &#8220;Changer ou disparaître&#8221;.</p>
<p>1984</p>
<p>Elabore la critique de la Banque mondiale.</p>
<p>1999</p>
<p>Participe au mouvement de contestation de l&#8217;Organisation mondiale du commerce.</p>
<p>21 août 2009</p>
<p>Mort à son domicile, près de Castellina in Chianti, en Toscane.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Noël Mamère : Écologie ou barbarie]]></title>
<link>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/08/17/noel-mamere-ecologie-ou-barbarie/</link>
<pubDate>Mon, 17 Aug 2009 16:38:20 +0000</pubDate>
<dc:creator>pascalbourgois2</dc:creator>
<guid>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/08/17/noel-mamere-ecologie-ou-barbarie/</guid>
<description><![CDATA[ecolosphere.net, Noël Mamère, le 14 août 2009 Écologie ou barbarie L’actualité récente vient de nous]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://">ecolosphere.net</a>, Noël Mamère, le 14 août 2009</p>
<p>Écologie ou barbarie</p>
<p>L’actualité récente vient de nous apporter de nouvelles preuves des <strong>liens indissociables entre les questions que soulèvent les écologistes et les droits de l’Homme </strong>: la dernière condamnation de Aung San Suu Khuy, par la junte Birmane et le coup d’État institutionnel du président du Niger qui vient de trafiquer sa Constitution pour rester plus longtemps au pouvoir. Quel rapport avec l’écologie ? Regardons d’un peu plus près : <strong>ces deux pays sont riches de matières premières qui intéressent les pays du Nord au plus haut point et la France en particulier ; le bois et le pétrole en Birmanie, l’uranium au Niger. Deux sociétés françaises sont concernées au premier chef : Total, l’un des plus gros investisseurs en Birmanie, pour l’exploitation des hydrocarbures ; Areva au Niger, pour l’extraction de l’uranium nécessaire à l’alimentation des centrales nucléaires</strong>. Selon la fédération internationale des droits de l’Homme, Total verse chaque année 140 millions d’euros de royalties à la junte qui fait aujourd’hui l’objet de l’indignation mondiale. Quant à Areva, elle remplit les caisses d’un régime qui opprime ses opposants et mène une répression sanglante contre les populations Touaregs, là où se trouvent justement les gisements d’uranium.</p>
<p>Voilà qui explique sans doute la tartufferie du président Français qui, au lendemain de la condamnation de la « dame de Rangoon », appelait à des sanctions « <strong>tout particulièrement dans le domaine de l’exploitation du bois et des rubis »… Mais qui s’empressait d’oublier le pétrole, pour mieux protéger Total et nos approvisionnements en hydrocarbures si nécessaires à notre société de consommation à outrance</strong>. Après le référendum truqué du 4 août au Niger, silence radio. Le président Tandja peut tricher tranquillement, torturer ses opposants, <strong>nous avons trop besoin de son uranium pour nos centrales nucléaires et pour affirmer haut et fort, sans craindre le mensonge d’État, que grâce à elles, nous sommes indépendants.</strong></p>
<p>Autrement dit, <strong>pour poursuivre un mode de vie et de consommation, pour assumer des choix -comme le nucléaire-, qui n’ont jamais été débattus démocratiquement par la société, nous nourrissons des dictateurs sanguinaires</strong>, qui tuent des moines, enferment un prix Nobel, font travailler des enfants et conduisent des guerres contre leurs minorités ;<strong> nous sacrifions la liberté des peuples à nos intérêts mercantiles et à notre mode de développement. Au nom de la préservation de notre confort, nous sommes prêts à sacrifier les idéaux des Lumières. L’égoïsme est devenue la valeur dominante qui efface toutes les autres</strong>. Et c’est ainsi que progresse l’apartheid planétaire qui ruine les sociétés et menace la Terre elle-même, soumise à l’appétit insatiable des prédateurs sans foi ni loi. C’est pourtant dans ce monde que nous vivons, où les plus pauvres, les « damnés de la terre », voient leurs libertés de plus en plus menacées et leur survie de plus en plus incertaine ; où les victimes des injustices sociales et les plus démunis sont aussi les premières victimes des injustices environnementales ;<strong> où 20% des habitants de la planète consomment 80% de ses ressources</strong>. À cause de ces inégalités de plus en plus insupportables, de plus en plus révoltantes, la vulnérabilité du monde prospère et, avec elle, la montée des incertitudes, des peurs, des violences, symboles de la fragilité d’une puissance que nous pensions capable de tout maîtriser.</p>
<p><strong>Ce monde-là est en faillite</strong>. <strong>Si nous tentons de le préserver tel qu’il est, nous courons tous à notre perte, riches comme pauvres </strong>; l’avenir radieux que nous promettaient les Trente Glorieuses et, aujourd’hui <strong>la « croissance verte » – nouveau logo du capitalisme aux abois – virera au cauchemar</strong>. On ne peut donc s’accommoder de « bricolages » sur une maison lézardée ou de pansements verts appliqués à un grand corps malade. Le rétablissement d’un monde plus juste pour nos générations et celles qui vont nous suivre est au prix d’une <!--more-->véritable révolution écologique et sociale. C’est bien ce que proposent les écologistes depuis des décennies, derrière des penseurs comme Illich, Ellul, Gorz, Fournier, Charbonneau, Jouvenel, Dumont… Qui se souvient de La Gueule Ouverte, premier journal écologiste français qui, dans la confidentialité militante de l’époque, prônait le modèle de société que nous avons défendu avec succès au cours des dernières élections européennes ? Nous n’avons rien inventé, nous n’avons rien dit d’autre que ce que nous répétons élection après élection, colloque après colloque, débat après débat… Mais, pour la première fois dans notre courte histoire politique, notre imaginaire a rencontré la société. En nous écoutant parler de notre projet, du monde dont nous rêvons pour nos enfants, les Français nous ont dit « chiche ! » et nous ont donné les moyens de peser beaucoup plus fort dans les débats politiques d’aujourd’hui et de demain. Nous devons saisir cette main tendue et nous battre avec les moyens de la démocratie pour que l’écologie ne soit plus considérée comme une figure politique de catégorie B, mais comme un outil de transformation politique et sociale à part entière, au même titre que le socialisme le fut au début du XXe siècle. Il ne s’agit pas de se lancer dans une bataille de concurrence qui serait suicidaire pour toute la gauche française, mais de montrer que la conversion écologique de nos sociétés est le passage obligé vers un monde moins injuste et plus respectueux de son environnement indispensable à la survie des hommes.</p>
<p>Voilà pourquoi les semaines et les mois qui viennent vont être déterminants pour l’avenir de l’écologie politique. Nous devons tenir et tenir encore sur la ligne du rassemblement, ne pas nous laisser emporter par nos petites querelles de chapelle. Chacun sait que le diable niche dans les détails et si nous avions dû en rester là pour la composition des listes aux élections européennes, jamais nous n’aurions pu présenter cette alliance des belles personnes qui, de Dany à Eva, de José à Yannick, de Jean-Paul à Michèle, a conquis les Français. Les Verts ont fait preuve d’une grande intelligence politique à cette occasion, qu’ils ne l’oublient pas au moment des élections régionales ! Nous devons rester les moteurs du rassemblement des écologistes et de tous ceux qui croient en notre projet de société mais qui ne veulent pas entendre parler de parti. C’est à nous, tous ensemble, de définir les contours de ce nouvel objet politique, si nous ne voulons pas qu’il reste dans l’histoire comme un joli météore qui traversa la galaxie politique en ce début d’été 2009 et disparut dans la magma des accords d’appareil. La profondeur de la crise écologique et sociale que nous traversons est telle que nous ne pouvons rater ce rendez-vous avec l’histoire. À nous d’être à la hauteur de cette lourde, mais exaltante, responsabilité.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[…sonst noch gezwitschert]]></title>
<link>http://skybar.wordpress.com/2009/08/02/%e2%80%a6sonst-noch-gezwitschert/</link>
<pubDate>Sun, 02 Aug 2009 20:39:09 +0000</pubDate>
<dc:creator>_skywalker_</dc:creator>
<guid>http://skybar.wordpress.com/2009/08/02/%e2%80%a6sonst-noch-gezwitschert/</guid>
<description><![CDATA[Grundeinkommen und Klimaschutz * Teil 1: http://3.ly/pOe &#8211; Teil 2: http://3.ly/6SR (Robert Zio]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><ul>
<li><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Grundeinkommen und Klimaschutz * Teil 1: <a href="http://3.ly/pOe" target="_blank">http://3.ly/pOe</a> &#8211; Teil 2: <a href="http://3.ly/6SR" target="_blank">http://3.ly/6SR</a> (Robert Zion)</span></li>
</ul>
<ul>
<li><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Bürgerrecht und Bürgerpflicht bedingen einander &#8211; Gedanken von Jochen Hoff zu Grundeinkommen und (Eigen-)Verantwortung * <a href="http://3.ly/kpn" target="_blank">http://3.ly/kpn</a></span></li>
</ul>
<ul>
<li><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Warum wir heute ein wirtschaftliches Bürgerrecht brauchen * <a href="http://3.ly/xxr" target="_blank">http://3.ly/xxr</a></span></li>
</ul>
<ul>
<li><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Wie wollen wir leben? &#8211; Viel Arbeit, wenig Zeit: Lange der einzige Weg zu einer erfolgreichen Existenz * <a href="http://3.ly/UOk" target="_blank">http://3.ly/UOk</a></span></li>
</ul>
<ul>
<li><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Arbeiter auf Abwegen * Werksbesetzungen bei Porsche &#8211; doch warum sollte man eine Industrie von gestern verteidigen? * <a href="http://3.ly/Mud" target="_blank">http://3.ly/Mud</a></span></li>
</ul>
<ul>
<li><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Krise Klima Frösche kochen &#8211; Paul Krugman über die Schwierigkeit auf Katastrophen zu reagieren, die &#8220;schleichend&#8221; kommen * <a href="http://3.ly/cVn" target="_blank">http://3.ly/cVn</a></span></li>
</ul>
<ul>
<li><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">RT @<a href="http://twitter.com/gbyat" target="_blank">gbyat</a> Spannendes Interview mit A. Gorz zum Ende und zur Zukunft der Arbeit * <a href="http://tinyurl.com/m866gb" target="_blank">http://tinyurl.com/m866gb</a> (via @<a href="http://twitter.com/sirrobyn" target="_blank">sirrobyn</a> @<a href="http://twitter.com/andyamholst" target="_blank">andyamholst</a>)</span></li>
</ul>
<p><a href="http://twitter.com/_skywalker_" target="_blank">_skywalker_</a></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Entropia n°6 "Crise éthique, éthique de Crise ?" ]]></title>
<link>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/07/22/entropia-n%c2%b06-crise-ethique-ethique-de-crise/</link>
<pubDate>Wed, 22 Jul 2009 09:30:22 +0000</pubDate>
<dc:creator>pascalbourgois2</dc:creator>
<guid>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/07/22/entropia-n%c2%b06-crise-ethique-ethique-de-crise/</guid>
<description><![CDATA[ entropia-la-revue.org, revue d&#8217;étude théorique et politique de la décroissance Entropia n°6 ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p> <a href="http://">entropia-la-revue.org</a>, revue d&#8217;étude théorique et politique de la décroissance</p>
<p>Entropia n°6 &#8220;Crise éthique, éthique de Crise ?&#8221; </p>
<p><strong>Malgré les caricatures dont elle est l’objet, et face à la crise systémique sans précédent qui sévit partout en tout domaine, l’idée de décroissance a commencé à s’insinuer dans les charnières d’un système sans avenir. Dans un climat de désenchantement général, il se pourrait bien qu’elle puisse introduire un sursaut de conscience collective modifiant tout à la fois les mentalités et les actes, en particulier dans nos relations avec la nature qui sont inséparables de nos rapports avec les autres et avec nous-mêmes.</strong></p>
<p><strong>La voie étroite de la décroissance est une éthique générale. C’est une mobilisation contre l’absurdité, le cynisme et la déréliction dont souffrent la planète et ses habitants. Si elle n’est pas « le remède-miracle » et encore moins un projet normatif et moralisant, elle est bien un engagement qui invite impérativement à ne plus séparer pour dominer, à ne plus morceler pour humilier et qui convie à reconnaître les liens qui unissent fondamentalement la condition humaine localisée à l’espèce entière et à la totalité du vivant.</strong></p>
<p>À ces relations d’« harmonie conflictuelle », l’histoire ne cesse de substituer l’inertie où les choses suivent leur cours, mais aussi les menaces de barbarie dont l’impérialisme de l’économie fait le lit. Comprendre comment nous en sommes arrivés là peut aider à inventer une éthique de la décroissance. Et <strong>c’est aussi un appel à retrouver un art de vivre, la joie de la connaissance, la gratuité et la beauté, sans lesquels disparaît le monde commun.</strong></p>
<p>Alors que nous participions à l’assemblée réunie par Entropia, le 29 mars 2008 en un séminaire intitulé &#8220;<strong>André Gorz, Décroissance, Utopie</strong>&#8220;, nous vous avions diffusé en quatre documents sonores originaux et en différé, les tribunes de Thierry Paquot, Alain Gras,  Serge Latouche et Edgar Morin :</p>
<p>- Thierry Paquot<!--more--> : <a title="http://www.passerellesud.org/spip.php?article1298" href="http://www.passerellesud.org/spip.php?article1298">Pour une écologie temporelle</a> (20’58)</p>
<p>- Alain Gras : <a title="http://www.passerellesud.org/spip.php?article1297" href="http://www.passerellesud.org/spip.php?article1297">Technologie et utopie</a> (18’55)</p>
<p>- Serge Latouche : <a title="http://www.passerellesud.org/spip.php?article1299" href="http://www.passerellesud.org/spip.php?article1299">Pour une relocalisation de l’utopie</a> (27’30)</p>
<p>- Edgar Morin : <a title="http://www.passerellesud.org/spip.php?article1256" href="http://www.passerellesud.org/spip.php?article1256">Gorz &#38; Décroissance</a> (11’00)</p>
<p><a title="http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?breve2" href="http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?breve2">Lien vers le site Entropia</a></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[VIENT DE PARAITRE : La nature et la norme. La philosophie politique contemporaine face aux questions écologiques]]></title>
<link>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/07/06/vient-de-paraitre-la-nature-et-la-norme-la-philosophie-politique-contemporaine-face-aux-questions-ecologiques/</link>
<pubDate>Mon, 06 Jul 2009 10:10:28 +0000</pubDate>
<dc:creator>pascalbourgois2</dc:creator>
<guid>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/07/06/vient-de-paraitre-la-nature-et-la-norme-la-philosophie-politique-contemporaine-face-aux-questions-ecologiques/</guid>
<description><![CDATA[nonfiction.fr, Hicham-Stéphane Afeissa, le 4 juillet 2009 L&#8217;écologie est-elle soluble dans la ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://">nonfiction.fr</a>, <a href="http://www.nonfiction.fr/fiche-perso-415-hicham_stephane_afeissa.htm">Hicham-Stéphane Afeissa</a>, le 4 juillet 2009</p>
<p>L&#8217;écologie est-elle soluble dans la démocratie ?</p>
<p>La nature et la norme. La philosophie politique contemporaine face aux questions écologiques</p>
<p>Nicolas de Longeaux, Éditeur : L&#8217;Harmattan</p>
<p>Résumé : Un livre de philosophie politique exceptionnellement riche, dont les conclusions ne semblent toutefois pas réellement démonstratives.  </p>
<p><strong>Hans Jonas a longtemps été conspué pour avoir osé douter de la capacité de la démocratie, dans son fonctionnement actuel, à prendre en charge les enjeux écologiques. Selon lui, le changement radical de mode de vie et de consommation, ainsi que le contrôle drastique de l’innovation scientifique, ne pouvaient être réalisés que s’ils étaient imposés d’en haut par &#8220;une tyrannie bienveillante, bien informée et animée par la juste compréhension des choses&#8221; </strong><a title="Cliquez pour en savoir plus..." href="//%20Montrer%20la%20note" target="_blank"><strong> </strong></a><strong>. &#8220;Seule une élite&#8221;, poursuivait-il, &#8220;peut éthiquement et intellectuellement assumer la responsabilité pour l’avenir&#8221;, en sorte que, à tout prendre, le centralisme socialiste lui semblait encore préférable au complexe &#8220;capitaliste-démocratique-libéral&#8221; </strong><a title="Cliquez pour en savoir plus..." href="//%20Montrer%20la%20note" target="_blank"><strong> </strong></a><strong>.</strong></p>
<p><strong>Le risque d’établir par là une sorte d’expertocratie a été largement dénoncé, mais l’on s’est sans doute mépris sur le statut exact de cette proposition par laquelle Hans Jonas ne visait assurément pas à exprimer un idéal politique personnel, mais bien plutôt à avancer un diagnostic sur le fonctionnement des démocraties libérales et sur leur incapacité structurelle à répondre efficacement aux problèmes environnementaux</strong>. Dans quelle mesure le système politique moderne est-il capable de comprendre et de traiter les questions écologiques qui se posent à la société ? Tel était le sens de l’interrogation de Hans Jonas.</p>
<p><strong>C’est cette interrogation essentielle que reprend à son compte Nicolas de Longeaux dans ce livre de philosophie politique important et, à de nombreux égards, tout à fait exceptionnel, sans restreindre son champ de réflexion à la seule philosophie environnementale de Jonas, mais en s’efforçant au contraire de prendre en considération presque toutes les philosophies politiques contemporaines susceptibles d’apporter un éclairage sur les questions écologiques</strong>, du saint-simonisme à John Rawls, en passant par Karl Marx, Max Weber, Hannah Arendt, André Gorz, Ivan Illich, Jean-Pierre Dupuy, quelques penseurs clés de l’éthique environnementale, Michael Walzer, Felix Guattari, Cornélius Castoriadis, Etienne Tassin et surtout Jürgen Habermas, qui joue dans cette étude un rôle absolument central.      </p>
<p><strong>Objectifs de l’enquête et thèses principales</strong></p>
<p>L’entreprise de Nicolas de Longeaux poursuit deux objectifs principaux. <strong>Elle se présente tout d’abord comme une enquête portant sur les conditions théoriques générales de fonctionnement des institutions politiques actuelles, et sur les contraintes principielles qui déterminent les marges d’action des démocraties modernes confrontées aux phénomènes de crise environnementale. </strong></p>
<p><strong>La thèse qu’il défend à ce niveau est que le système politique contemporain est inadapté à la résolution des questions écologiques, et qu’il est condamné à les aborder avec des ressources et des structures qui ont été mises en place pour répondre à des problèmes politiques totalement différents.</strong></p>
<p>L’enquête se poursuit alors en direction de la réflexion politique contemporaine, en cherchant successivement dans la pensée écologiste (en entendant par là les élaborations théoriques des penseurs de l’écologie sociale, de l’éthique environnementale, de la deep ecology et de Hans Jonas lui-même), puis dans la philosophie politique actuelle <!--more-->(de Marx à Rawls), des concepts qui pourraient permettre d’interpréter les insuffisances de nos institutions en indiquant par là même de quelle(s) façon(s) il conviendrait de les adapter aux questions écologiques.</p>
<p>La thèse que défend l’auteur à ce niveau est qu&#8217;aucune théorie politique actuellement disponible n’est à même d’apporter de réponse à ce qu’il tient pour les deux questions résiduelles qui dépassent les possibilités du traitement démocratique libéral des phénomènes de crise écologique, à savoir le conflit des appréciations subjectives de valeurs et l’acceptabilité sociale du risque. Selon lui, la politique ne peut rien instituer au-delà de cette division sans devenir autoritaire, et toute l’ambition du livre est de montrer que les limitations historiques qui pèsent sur le fonctionnement réel des institutions démocratiques, qui les ont empêchées jusqu’à présent de se saisir des problèmes écologiques dans toute leur originalité, pèsent aussi sur la philosophie politique.</p>
<p><strong>La réussite de l’entreprise</strong></p>
<p>Il est impossible dans les limites de ce compte-rendu de rendre justice aux analyses subtiles et complexes que l’auteur déploie, à chaque étape, pour démontrer l’incapacité structurelle des démocraties contemporaines à poser et à résoudre les problèmes écologiques, et pour mettre au jour les insuffisances des diverses théories politiques à poser de tels problèmes dans leur intégralité sans plus ou moins les transformer ou les amputer .</p>
<p>Disons simplement que la généalogie des institutions politiques qu’il esquisse en première partie depuis grosso modo la fin du XVIIIe  siècle réussit à merveille à rendre compte de l’irréductibilité des problèmes écologiques, du point de vue de leur traitement pratique par le système politique contemporain, aux autres types de problèmes collectifs, par le conflit entre deux modalités d’exercice du pouvoir <a title="Cliquez pour en savoir plus..." href="//%20Montrer%20la%20note" target="_blank"> </a> ; que l’élucidation des contraintes fonctionnelles des institutions démocratiques à l’aide des travaux empiriques de Pierre Lascoumes et de la théorie de l’agir communicationnel de Jürgen Habermas est à la fois lumineuse et très convaincante ; et que l’analyse des motifs pour lesquels les philosophies politiques contemporaines échouent à poser convenablement les problèmes écologiques, en raison d’une sorte d’accumulation culturelle et de sophistication telles que, désormais, la pensée politique se contente d’aborder une liste restreinte de sujets, en se divisant en familles idéologiques, spécialisée chacune dans un certain type de problèmes et travaillant à partir d’un ensemble de concepts qui lui est propre, est véritablement éclairante pour tous les penseurs qui sont convoqués dans la trroisième partie de cette étude.  </p>
<p><strong>Discussion </strong></p>
<p>L’on pourrait regretter en revanche le caractère très évasif, voire sibyllin, de la conclusion de l’enquête, tant il est vrai que l’on ne voit pas bien ce peut vouloir dire l’injonction selon laquelle &#8220;les questions écologiques nous obligent à penser le politique bien au-delà du politique&#8221; <a title="Cliquez pour en savoir plus..." href="//%20Montrer%20la%20note" target="_blank"> </a>; l’on pourrait aussi s’étonner de voir que la pensée politique de Toni Negri et de Michael Hardt &#8211; lesquels se sont régulièrement penchés sur les problèmes écologiques -  ne fasse l’objet d’aucune discussion sérieuse et soit réduite à un slogan évoquant le désir de libération de la &#8220;multitude&#8221; <a title="Cliquez pour en savoir plus..." href="//%20Montrer%20la%20note" target="_blank"> </a>, ou encore qu’il ne soit presque rien dit de John Dryzek, qui est pourtant l’un des théoriciens nord-américains importants en matière d’écologie politique <a title="Cliquez pour en savoir plus..." href="//%20Montrer%20la%20note" target="_blank"> </a> ; l’on pourrait juger pour le moins cavalier que les Politiques de la nature de Bruno Latour ne soient mentionnées qu’en passant, et soient rapidement confondues avec les propositions avancées par Michel Callon <a title="Cliquez pour en savoir plus..." href="//%20Montrer%20la%20note" target="_blank"> </a>, comme si Bruno Latour n’avait rien à nous dire sur la façon de faire entrer l’écologie en démocratie.  </p>
<p>Mais ces défauts nous paraissent presque résiduels en comparaison de ceux que donne malheureusement à voir la seconde partie de l’étude consacrée à un examen des pensées écologistes et des éthiques environnementales contemporaines, dont on aurait aimé que l’auteur leur consacre autant de soin, d’attention et de temps qu’il en a consacré, avec de si beaux résultats, à la pensée de Jürgen Habermas. Partout les lacunes et les insuffisances de l’information sont criantes. La typologie qui est proposée des diverses éthiques environnementales est inadéquate. La genèse de ce courant philosophique est mal restituée. Le concept de valeur intrinsèque – qui est au centre de toutes les élaborations des éthiques environnementales, y compris de celles qui multiplient les efforts pour dépasser la dichotomie entre valeur instrumentale et valeur intrinsèque – est mal élucidé. La force et le sens exact de l’objection des cas marginaux, qui a joué un rôle capital dans la formation des problématiques en éthique environnementale, n’ont pas été bien saisis. La doctrine de certains auteurs majeurs est méconnue, ou est rendue méconnaissable (notamment celle de Rolston et celle de Naess). D’étranges confusions sont commises (entre éthique environnementale et éthique animale, entre théorie des droits des animaux et théorie de la libération animale, etc.). Certains silences ne manquent pas d’étonner (pas un mot sur Joel Feinberg ou Tom Regan, rien sur l’éthique des vertus, rien non plus sur la justice environnementale).    </p>
<p>Enfin et surtout, il nous semble incompréhensible qu’un auteur de l’envergure de Bryan Norton ne soit jamais examiné dans cette étude <a title="Cliquez pour en savoir plus..." href="//%20Montrer%20la%20note" target="_blank"> </a> – et au-delà de lui, tout le courant du pragmatisme environnemental dont il est la figure de proue –, alors même que ses travaux, sous de nombreux aspects,  se situent au cœur des problèmes qui sont examinés par Nicolas de Longeaux.</p>
<p>Non seulement Bryan Norton s’interroge expressément, et depuis le début de sa carrière, sur les conditions sous lesquelles l’éthique environnementale est susceptible de connaître une application politique, mais la référence à Jürgen Habermas joue dans son entreprise un rôle déterminant, comme l’atteste son dernier livre, qui est assurément l’un des livres d’écologie politique les plus marquants de la dernière décennie, Sustainability <a title="Cliquez pour en savoir plus..." href="//%20Montrer%20la%20note" target="_blank"> </a>, paru il y a déjà quatre ans, lequel, lui non plus, ne fait l’objet d’aucune mention. Comment, dans de telles conditions, reconnaître aux conclusions que tire l’auteur une valeur réellement démonstrative ?</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[André Gorz, Ecologica, Edizioni Jaca Book ]]></title>
<link>http://artempori.wordpress.com/2009/06/30/andre-gorz-ecologica-edizioni-jaca-book/</link>
<pubDate>Tue, 30 Jun 2009 00:09:40 +0000</pubDate>
<dc:creator>avampost</dc:creator>
<guid>http://artempori.wordpress.com/2009/06/30/andre-gorz-ecologica-edizioni-jaca-book/</guid>
<description><![CDATA[Posto &#8211; sulle due liste (Art&#8217;Empori e BeneventoEco) un lungo passo tratto dall&#8217;ult]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><h3><span style="color:#993300;"><em>Posto &#8211; sulle due liste (Art&#8217;Empori e BeneventoEco) un lungo passo tratto dall&#8217;ultimo libro di André Gorz (Ecologica, Jaca Book). E&#8217; un&#8217;integrazione a quanto scritto da Alessio, ma anche l&#8217;ipotesi di una saldatura tra creatività, ecologia e politica. Nicola Sguera</em></span></h3>
<h3><span style="color:#993300;">«Ciò che interessa, per il momento, è il fatto che la prin­cipale forza produttiva e la principale forza di rendita ca­dano progressivamente nel dominio pubblico e tendano verso la gratuità; che la proprietà privata dei mezzi di pro­duzione e dunque il monopolio dell&#8217;offerta diventino pro­gressivamente impossibili; che, di conseguenza, l&#8217;influen­za del capitale sul consumo si attenui e che questo possa tendere a emanciparsi dall&#8217;offerta commerciale.<br />
</span><span style="color:#993300;">Si tratta di una rottura che mina il capitalismo alla base. La lotta ingaggiata tra i «software di proprietà» e i «software libe­ri» (libero, free, in inglese significa anche gratuito) è stata il colpo di inizio del conflitto centrale dell&#8217;epoca. Esso si estende e si prolunga nella lotta contro la mercificazione delle ricchezze primarie: la terra, le semenze, il genoma, i beni culturali, i saperi e le competenze comuni, costitutivi della cultura del quotidiano e che sono i prerequisiti dell&#8217;esistenza di una società. Dalla piega che prenderà questa lotta dipende la forma civilizzata o barbara che prenderà l&#8217;uscita dal capitalismo.<!--more--><br />
Questa uscita implica necessariamente la nostra emanci­pazione dalla signoria che il capitale esercita sul consumo e dal suo monopolio dei mezzi di produzione. Essa significa l&#8217;unità ristabilita del soggetto della produzione e del sog­getto del consumo e dunque l&#8217;autonomia ritrovata nella definizione dei nostri bisogni e dei modi di soddisfarli. L&#8217;o­stacolo insormontabile che il capitalismo aveva eretto su questa strada era la natura stessa dei mezzi di produzione che aveva messo in opera: essi costituivano una megamac­china della quale tutti erano i servitori e che ci dettava i fi­ni da perseguire e la via per raggiungerli. Questo periodo volge al termine. I mezzi di autoproduzione high-tech ren­dono la megamacchina industriale virtualmente obsoleta.<br />
Claudio Prado invoca «l&#8217;appropriazione delle tecnologie» perché la chiave comune per tutti &#8211; l&#8217;informatica è ap­propriabile da parte di tutti. Perché, come chiedeva Ivan Illich, «ognuno può utilizzarla senza difficoltà tanto spesso o raramente quanto desidera&#8230; senza che l&#8217;uso che se ne fa invada la libertà di altri di fare altrettanto»; e perché que­sto uso (si tratta della definizione illichiana degli strumenti conviviali) «stimola la realizzazione personale» e allarga l&#8217;autonomia di tutti. La definizione che Pekka Himanen dà dell&#8217;etica hacker è assai prossima: un modo di vita che mette al primo posto «le gioie dell&#8217;amicizia, dell&#8217;amore, della libera cooperazione e della creatività personale».<br />
Gli strumenti high-tech esistenti o in corso di sviluppo, generalmente comparabili a delle periferiche di computer, puntano verso un avvenire in cui praticamente tutto il ne­cessario e il desiderabile potranno essere prodotti in labo­ratori cooperativi o comunitari; in cui le attività di produ­zione potranno essere combinate con l&#8217;apprendimento e l&#8217;insegnamento, con la sperimentazione e la ricerca, con la creazione di nuovi gusti, profumi e materiali, con l&#8217;inven­zione di nuove forme e tecniche agricole, costruttive, me­diche, ecc. I laboratori comunitari di autoproduzione sa­ranno interconnessi su scala globale, potranno scambiare o mettere in comune le rispettive esperienze, invenzioni, idee, scoperte. Il lavoro sarà produttore di cultura e l&#8217;au­toproduzione un modo di sviluppo.<br />
Due circostanze sostengono questo tipo di cammino. La prima: esistono molte più competenze, talenti e creati­vità di quante l&#8217;economia capitalistica ne possa utilizzare. Questa eccedenza di risorse umane non può diventare produttiva se non in un&#8217;economia in cui la creazione di ricchezza non sia sottomessa ai criteri della redditività. La seconda: «l&#8217;impiego è una specie in via di estinzione».<br />
Non dico che queste trasformazioni radicali si realizze­ranno. Dico soltanto che, per la prima volta, possiamo vo­lere che esse si realizzino. I mezzi esistono, così come le persone che vi si impegnano metodicamente. E probabile che saranno dei Sudamericani o dei Sudafricani, per pri­mi, a ricreare nelle periferie diseredate delle città europee i laboratori di autoproduzione della loro favelas o della lo­ro township d&#8217;origine».</span></h3>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Yves Cochet : Anti-manuel d'écologie]]></title>
<link>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/06/25/yves-cochet-anti-manuel-decologie/</link>
<pubDate>Thu, 25 Jun 2009 07:19:52 +0000</pubDate>
<dc:creator>pascalbourgois2</dc:creator>
<guid>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/06/25/yves-cochet-anti-manuel-decologie/</guid>
<description><![CDATA[actu-environnement.com, Camille Saïsset, le19 juin 2009 Anti-manuel d&#8217;écologie Dans la série A]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://">actu-environnement.com</a>, Camille Saïsset, le19 juin 2009</p>
<p>Anti-manuel d&#8217;écologie</p>
<p>Dans la série Anti-manuels, les éditions Bréal publient l&#8217;Anti-manuel d&#8217;écologie d&#8217;Yves Cochet. <strong>Un ouvrage entre science, philosophie et politique, qui offre au lecteur une fenêtre grande ouverte sur l&#8217;écologie politique</strong>.</p>
<p>AE : En librairie, on trouve votre ouvrage dans la rubrique d&#8217;écologie scientifique, le qualifiez-vous comme tel ?</p>
<p>YC : Non, <strong>c&#8217;est un livre qui expose toutes les facettes de l&#8217;écologie, pas exclusivement la science écologique. Il serait mieux dans la rubrique d&#8217;écologie politique, mais elle n&#8217;apparaît pas en librairie. Ce courant de pensée existe pourtant depuis longtemps. Quand René Dumont évoquait le changement climatique pendant la campagne présidentielle de 1974, les gens se demandaient de quoi il parlait. Il fait partie de ceux que je considère comme des déclencheurs de mon amour pour l&#8217;écologie, de même qu&#8217;Ivan Illich, André Gorz et Alexandre Grothendieck</strong>. Ce dernier était un mathématicien brillant de l&#8217;Institut des Hautes études scientifiques de Bures-sur-Yvette. Il a publié le bulletin écologiste « Survivre et Vivre » avant de décider de se retirer, en 1970.</p>
<p>AE : Au centre de votre réflexion, on perçoit une dimension particulière de la nature.</p>
<p>YC : En effet, <strong>dans la pensée occidentale et cartésienne, on a tendance à placer l&#8217;homme en surplomb de l&#8217;écosphère. Au contraire d&#8217;autres civilisations, il existe pour nous une différence et une distance incommensurable entre l&#8217;humanité et le reste, entre les activités et préoccupations humaines et la Terre que nous habitons. Or, en méprisant la nature en amont et en aval de l&#8217;économie, en l&#8217;évacuant de son domaine de pensée exceptée comme source de matières premières ou réceptacle des déchets et des pollutions, l&#8217;humanité sape les bases de sa propre vie</strong>. La base matérielle de notre richesse est fournie par la prodigalité de la nature, mais les décideurs politiques ne le comprennent pas. J&#8217;en fais l&#8217;expérience tous les jours à l&#8217;Hémicycle. <strong>La crise que nous vivons aujourd&#8217;hui est une catastrophe écologique née du déni de la nature</strong>.</p>
<p>AE : A la fin de votre ouvrage, vous projetez le lecteur à l&#8217;horizon 2022, pourquoi ?</p>
<p>YC : Cette année-là marquera le 50ème anniversaire du 1er sommet de la Terre qui s&#8217;est déroulé à Stockholm en 1972. Depuis, <!--more-->l&#8217;écosphère s&#8217;est beaucoup dégradée et l&#8217;effondrement est aussi politique et social. Est ce que les politiques publiques, les moyens mis en œuvre sont proportionnels aux menaces ? Non. Malgré tous les accords internationaux, les Conférences de l&#8217;ONU sur le changement climatique, un fond pour les pays du sud, les Objectifs du Millénaire, un Programme pour l&#8217;environnement au sein des Nations Unies… L&#8217;effet de serre continue à dériver, la biodiversité se réduit, le sous-sol s&#8217;épuise.<br />
AE : Vous qui êtes député, n&#8217;avez vous pas les moyens d&#8217;agir ?</p>
<p>YC : Changer de cap, c&#8217;est ce que je m&#8217;efforce de faire depuis 35 ans. Quand a été discuté le principe de précaution dans la Charte de l&#8217;Environnement, j&#8217;ai demandé au ministre de la Justice Dominique Perben de nous fournir un exemple d&#8217;application. Il en fut incapable ! Or les OGM sont justement un exemple parfait ! Sur le nucléaire, l&#8217;AIEA a établi une échelle du risque basée sur des calculs probabilistes, l&#8217;échelle INES qui permet de graduer les incidents. De fait, il y a une loi spéciale pour l&#8217;assurance en cas d&#8217;incident nucléaire. Alors que pour les OGM, la loi n&#8217;évoque qu&#8217;une assurance mutuelle. Pour qu&#8217;il y ait contrat d&#8217;assurance privée, il faudrait évaluer le risque. Ce qui est impossible pour l&#8217;instant. Aujourd&#8217;hui sur les OGM, aucun scientifique ne peut dire ni qu&#8217;il y a innocuité totale ni qu&#8217;ils sont dangereux. Laissons donc la recherche continuer en milieu confiné ! Accepter les cultures d&#8217;OGM en plein champ, c&#8217;est jouer au démiurge ! D&#8217;ailleurs, c&#8217;est cette ivresse de la toute puissance qui fait notre malheur. C&#8217;est l&#8217;Hubris, la démesure, qu&#8217;il nous faut maîtriser, dirait Aristote.</p>
<p>AE : Si vous aviez à choisir une destination pour médiatiser votre pensée, où iriez-vous ?</p>
<p>YC : Décoloniser l&#8217;imaginaire, c&#8217;est ce que je partage avec Serge Latouche. Où irais-je ? Au Texas, j&#8217;irai voir les mères de famille pour qu&#8217;elles convainquent leur mari de sauver la vie de leurs enfants en arrêtant d&#8217;extraire du pétrole. Le sous-sol et ses richesses, c&#8217;est le grand non-dit des mythologies occidentales. J&#8217;irais les voir une à une, dans les quartiers de Houston et de Dallas, cet univers impitoyable.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Critique de Corcuff (NPA) sur l’ouvrage de Kempf]]></title>
<link>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/05/05/critique-de-corcuff-npa-sur-l%e2%80%99ouvrage-de-kempf/</link>
<pubDate>Tue, 05 May 2009 11:51:18 +0000</pubDate>
<dc:creator>pascalbourgois2</dc:creator>
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<description><![CDATA[reporterre.net, Philippe Corcuff et Hervé Kempf , le 1er mai 2009 Ecologie, productivisme, et post-c]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://www.reporterre.net/spip.php?article339">reporterre.net</a>, Philippe Corcuff et Hervé Kempf , le 1er mai 2009</p>
<p>Ecologie, productivisme, et post-capitalisme</p>
<p>L’économie de marché est-elle le capitalisme ? Quand l’individualisme n’est-il plus émancipateur ? Comment réintroduire la démocratie dans le travail lui-même ? Des questions au cœur de la nouvelle écologie radicale. Un débat.</p>
<p>En mars, Philippe Corcuff a eu l’amabilité de m’envoyer le texte qu’il comptait présenter lors du Contre Grenelle, à Lyon, le 2 mai (info : <a href="http://www.contre-grenelle.org/%20Grenelle,%20à%20Lyon,%20le%202%20mai%202009">http://www.contre-grenelle.org/ Gre&#8230;</a>). Il posait des questions intéressantes, qui m’ont conduit à lui adresser les précisions nécessaires. Voici les deux textes.</p>
<p>Anticapitalisme et antiproductivisme à l’aube du XXIe siècle – Autour des analyses d’Hervé Kempf</p>
<p>Par Philippe Corcuff (sociologue, membre des Verts en 1994-1997, militant du Nouveau Parti Anticapitaliste)</p>
<p><strong>Le mythe d’un « capitalisme vert » semble faire des ravages rhétoriques, dans la droite sarkozyste ainsi que dans un PS et chez des Verts social-libéralisés, comme réponse magique à la double crise financière et climatique qui affecte aujourd’hui le capitalisme. C’est l’occasion de réfléchir aux liens entre la critique écologiste du productivisme et la critique du capitalisme par la gauche radicale. Car la période appelle une nouvelle convergence entre les courants radicaux de l’écologie et les anticapitalistes. Le dernier livre d’Hervé Kempf, Pour sauver la planète, sortez du capitalisme, constitue un support intéressant pour amorcer cette démarche.</strong></p>
<p>Le livre d’Hervé Kempf nous propose une série de pistes intéressantes, qui ont le grand avantage, dès le titre de l’ouvrage, de <strong>réarrimer prise de conscience écologiste et critique du capitalisme</strong>.</p>
<p><strong>Or c’est quelque chose qui a été perdue de vue par certains écologistes, dans la double logique de l’institutionnalisation-professionnalisation des élites politiques vertes et de l’hégémonie de « la pensée unique » néolibérale. Les aspirations anticapitalistes de Mai 68 ont alors progressivement été oubliées par des militants éminents des Verts européens, comme Daniel Cohn-Bendit, passé du Dany le Rouge d’hier au Dany le Vert pâle d’aujourd’hui.</strong> Ce dernier proclame même dans un livre de 1998 : « Je suis pour le capitalisme et l’économie de marché ». Un exemple significatif, pour les centaines de milliers de personnes qui se sont opposés et s’opposent aux réformes néomanagériales de Sarkozy-Darcos-Pécresse, appliquant, de la maternelle à l’université, les recettes des entreprises privées : « Naturellement, l’industrie participerait aussi à la définition des contenus de l’enseignement, contrairement à ce que nous disions en 1968 » …</p>
<p>Or, justement, le troisième chapitre du livre de Kempf est consacré au « mirage de la croissance verte ». Pour lui, <strong>le capitalisme aborde de manière inadéquate la question du changement climatique, en tentant de faire croire « que l’on pourra pérenniser le système économique actuel sans en changer les déterminants</strong> » (p.84). Un exemple ? « L’effet pervers de la hausse des prix de l’énergie dans le système capitaliste est qu’elle <!--more-->stimule l’exploitation de réserves jusque-là marginales de pétrole, et va donc accroître les émissions de gaz à effet de serre. » (p.98)</p>
<p>Le capitalisme prend appui sur une dynamique illimitée d’accumulation du capital, associée à la propriété privée des grands moyens de production et d’échange, alimentée par le profit marchand à court terme. Or, il se révèle incapable de prendre en compte le temps long de la biosphère ou des générations à venir. André Gorz , demeuré anticapitaliste jusqu’à la fin de sa vie, avait bien saisi que la marchandisation de l’humanité et de la nature portée par la logique capitaliste se heurtait tout à la fois à la justice sociale, à la qualité existentielle de la vie des individus et à la préservation des univers naturels.</p>
<p>Il rejoint, ce faisant, les courants écolo-marxistes qui ont mis l’accent sur la contradiction capital/nature propre au capitalisme , et pas seulement sur la contradiction capital/travail privilégiée traditionnellement par les marxistes. Qu’est-ce à dire ? La nature serait elle aussi exploitée dans la dynamique d’accumulation du capital. Or, dans l’épuisement des ressources naturelles comme dans les risques techno-scientifiques associés à la logique contemporaine du profit, le capitalisme mettrait en danger ses propres bases naturelles et humaines d’existence.</p>
<p>Marx lui-même avait amorcé une connexion entre contradiction capital/travail et contradiction capital/nature dans le livre 1 du Capital : « Chaque progrès de l’agriculture capitaliste est un progrès non seulement dans l’art d’exploiter le travailleur, mais encore dans l’art de dépouiller le sol ; chaque progrès dans l’art d’accroître sa fertilité pour un temps, un progrès dans la ruine de ses sources durables de fertilité. (…) La production capitaliste ne développe donc la technique et la combinaison du processus de production sociale qu’en épuisant en même temps les deux sources d’où jaillit toute richesse : La terre et le travailleur. »</p>
<p>Kempf est également conscient que cela suppose une lutte de classes. Car, à l’échelle mondiale, les « classes les plus riches », appelées aussi « oligarchie », ont intérêt à la poursuite de l’impasse capitaliste et s’opposent à tout changement radical.</p>
<p>S’ouvre ainsi la possibilité de nouvelles convergences entre l’écologie politique radicale, dont des secteurs de la décroissance, et un nouvel « écosocialisme », très présent au sein du NPA.</p>
<p>Mais les analyses de Kempf présentent aussi des ambiguïtés et des faiblesses qui nous invitent à clarifier les liens entre anticapitalisme et antiproductivisme.</p>
<p>Ambiguïtés d’Hervé Kempf</p>
<p>Tout d’abord Kempf recourt à une distinction entre le mauvais « capitalisme » et la bonne « économie de marché » fort confuse (pp.69-70). On sait que « l’économie de marché », au sens de « la concurrence pure et parfaite », n’existe guère dans le monde capitaliste réellement existant, à la structure oligopolistique. Cette idéologie a toutefois eu des effets bien réels dans la réorganisation du capitalisme à partir des années 1980, contre les régulations publiques et sociales qui avaient été antérieurement arrachées au capitalisme par les luttes sociales.</p>
<p>« L’économie de marché », de Cohn-Bendit au Parti socialiste , c’est aussi souvent le nom euphémisé de l’adhésion des sociaux-libéraux au cadre capitaliste. Les anticapitalistes ne sont pas nécessairement pour la suppression de tout marché. Je suis personnellement favorable à ce que des mécanismes marchands continuent à jouer un rôle local et dépendant d’une logique démocratique, dans le cadre d’une propriété sociale des grands moyens de production et d’échange. Mais parler d’« économie de marché », c’est aller au-delà de formes localisées de marché. C’est se référer à la régulation principale de l’économie par le marché.</p>
<p>C’est ainsi en naturalisant et en fatalisant « l’économie de marché » que Michel Rocard, fraîchement débarqué du PSU au PS, a quitté les rives de l’anticapitalisme dès octobre 1976, lors d’un colloque du magazine L’Expansion face à des patrons : « Le système de régulation restera le marché (…) on ne biaise pas avec le marché, sa logique est globale ».</p>
<p>Autre problème : par son titre et les clarifications manquantes de son propos, Kempf tend, implicitement, à assimiler capitalisme et productivisme (logique illimitée de la production pour la production), et donc anticapitalisme et antiproductivisme. Or l’histoire de la gauche montre qu’on peut être anticapitaliste et productiviste. Les sociétés staliniennes en ont été un exemple historique marquant. Mais déjà chez Marx, les choses apparaissent ambivalentes. On trouve chez lui tout à la fois une fascination pour l’essor industriel propre au XIXe siècle, et ses illusions technologistes, et des prémisses écosocialistes. Comme l’a mis en évidence le Britannique Ted Benton , sans réélaboration significative, le cadre marxiste a du mal à intégrer la question des « limites naturelles » de la croissance. Vincent Gay, un des principaux animateurs de la commission écologie du NPA, a aussi souligné que les analyses « décroissantes » peuvent « constituer une porte d’entrée pour réinterroger certains concepts marxistes qui, souvent laissés dans le flou par Marx, ont donné lieu à des interprétations productivistes » ; comme par exemple « celui des forces productives et de leur développement » .</p>
<p>Plus largement, on doit noter que nombre de courants de la galaxie socialiste née au XIXe siècle, comme de la gauche républicaine qui l’a précédée, ont souvent été profondément marqués par la vision non critique d’un « Progrès » scientifique et technique supposé intrinsèquement positif. Il ne s’agit certes pas d’abandonner des pans importants des valeurs des Lumières du XVIIIe siècle : la Raison, la Science et le Progrès, mais de leur ôter leurs Majuscules, leur position surplombante et absolue, pour en faire seulement des paris confrontés à l’inquiétude écologiste. Ce que j’ai appelé ailleurs des Lumières tamisées .</p>
<p>Enfin, Kempf, peu informé des travaux sociologiques sur la question, ne comprend pas les complications de l’individualisme contemporain. Il en fait une logique uniformément négative assimilée au capitalisme (pp. 39-52). Il confond l’individualisme marchand et concurrentiel avec d’autres formes, plus émancipatrices, d’émergence de l’individualité moderne : la consolidation d’une intimité personnelle, la logique individualisante de la citoyenneté démocratique, la mise en cause de la famille patriarcale (émancipation des femmes, droits des enfants, reconnaissance timide des modes de vie homosexuels). Il ne voit pas alors que là se situe une autre contradiction forte du capitalisme, à côté de la contradiction capital/travail et de la contradiction capital/nature : la contradiction capital/individualité. Ainsi le capitalisme stimulerait les désirs d’épanouissement personnel, mais ne pourrait y répondre que de manière tronquée, à la fois marchande et inégalitaire. Il produirait donc, au final, des individualités frustrées et blessées, appelant une émancipation personnelle dans un autre cadre de sociabilité, non-capitaliste .</p>
<p>Au bout de ce parcours synthétique on voit mieux combien les antiproductivistes ont à faire une révolution culturelle anticapitaliste et combien les anticapitalistes ont à faire une révolution culturelle antiproductiviste. Tout cela est bien plus exaltant que la grisaille du « capitalisme vert ».</p>
<p>Quelques remarques ou précisions à propos de votre section intitulée &#8220;Ambiguïtés d’Hervé Kempf&#8221;.</p>
<p>Par Hervé Kempf</p>
<p>1 &#8211; En ce ce qui concerne la distinction entre &#8220;capitalisme&#8221; et &#8220;économie de marché&#8221;.</p>
<p>Je ne prends pas l’économie de marche au sens de concurrence pure et parfaite, bien sûr, et je suis d’accord avec vous que l’évolution naturelle du capitalisme conduit à la constitution d’oligopoles. Mais l’important, à mon sens, est ailleurs : le capitalisme est une économie de marché étendue à l’ensemble du champ social, telle que, comme l’a montré Polanyi, l’économie tend à absorber toute la société.</p>
<p>Mais on peut concevoir une économie de marché sous sa figure pratique, opérationnelle, à condition qu’elle soit enchâssée dans la société, qu’elle soit clairement bornée. C’est ce que je précise pp. 122-124 de Pour sauver la planète… : permettez-moi de me citer : &#8220;Sortir de cette situation suppose une économie qui ne soit plus axée sur le principe de l’accumulation privative des ressources. Ce sera une économie de marché, mais dont le domaine s’arrêtera à la lisière des biens communs essentiels.&#8221;</p>
<p>Je souligne ensuite qu’elle sera corrigée par un système de prix prenant en compte l’impact écologique des activités, et par de nouveaux indicateurs économiques. Puis : &#8220;Cela conduira logiquement à la prise en charge collective des domaines qui sont des biens communs et ne peuvent être gérés durablement par la seule initiative privée visant le seul profit.&#8221;</p>
<p>La longueur limitée que je voulais donner à ce livre, afin de le rendre accessible au plus grand nombre, m’a conduit à rester elliptique sur un certain nombre de points.</p>
<p>Les débats qu’il suscite m’ont notamment conduit à préciser un aspect essentiel : celui de ce que sont ces &#8220;biens communs&#8221; qui appellent une prise en charge collective hors économie de marché. Il s’agit, outre des biens environnementaux, de la santé, l’éducation, la culture, l’agriculture, l’énergie, la sécurité publique. De surcroit, il est utile de rappeler que, dans son domaine de compétence, l’économie de marché doit aussi être bornée par des règles posées collectivement : notamment celles qui concernent la qualité des produits, et celles qui concernent les droits des travailleurs.</p>
<p>Une autre question se pose, que vous évoquez bien, celle de &#8220;la propriété sociale des grands moyens de production et d’échange&#8221;. Les domaines que j’ai évoqués en recouvrent une partie, et la nécessaire &#8220;socialisation&#8221; (pour reprendre le mot de Thomas Coutrot (1)) du système bancaire s’impose à l’évidence, depuis qu’il n’est sauvé de la faillite que par l’injection de fonds publics. De même, l’injection de fonds publics dans de grandes entreprises &#8211; telles que celles de l’industrie automobile &#8211; appelle au minimum un droit de contrôle de l’Etat.</p>
<p>Faut-il aller au-delà ? Il me semble que le débat doit rester ouvert : nous devons garder à l’esprit l’exemple désastreux &#8211; et notamment pour ce qui concerne les libertés publiques &#8211; des économies planifiées. En revanche, il est urgent de réintroduire dans la réflexion la nécessité d’une participation forte des travailleurs aux décisions des entreprises, et à leur capital. Nous pouvons ainsi envisager une économie où, pour la partie relevant du marché, plusieurs types d’entreprises cohabiteraient : entreprises privées, entreprises à contrôle collectif, entreprises à direction coopérative ou autogérée.</p>
<p>2 &#8211; En ce qui concerne l’assimilation entre antiproductivisme et anticapitalisme.</p>
<p>J’ai levé cette possible confusion dans mon ouvrage précédent, Comment les riches détruisent la planète, dans lequel je stigmatise précisément le productivisme et le mépris de l’écologie qui a caractérisé &#8211; et continue, hélas trop souvent &#8211; la culture de la gauche.</p>
<p>3 &#8211; En ce qui concerne l’individualisme.</p>
<p>J’ai insisté dans le passage central du livre (p. 39 sq.) sur l’exacerbation de l’individualisme dans la phase la plus récente du capitalisme. Insisté, parce que je voulais faire sentir que la psychologie collective, l’atmosphère culturelle, l’aliénation des perceptions individuelles sont des élements aussi importants que les analyses économique pour comprendre les ressorts actuels de la société.</p>
<p>Je vous accorde sans réserve qu’il est essentiel de rappeler que l’individualisme moderne &#8211; ou plutôt occidental &#8211; a eu une valeur émancipatrice. Mais pour autant qu’il restait tempéré par le sentiment de la solidarité et le souci des autres. C’est ce que j’ai essayé de dire, sans doute trop rapidement, p. 40 et p. 69, à propos du libéralisme (qui &#8220;vise à émanciper les personnes des déterminations transcendantes et des sujétions définies par un statut acquis à la naissance&#8221;).</p>
<p>Il nous faut sortir de l’individualisme exclusif, isolant, coupant les liens sociaux autres que marchands, aliénant dans sa recherche de la maximisation de son intérêt, pour aller vers un individualisme où la personne humaine s’épanouit et s’enrichit dans ses échanges symboliques, amicaux, de lutte, &#8230; avec les autres personnes humaines qui sont les compagnons de son aventure sur terre.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[EcoRev' "Des chiffres et des êtres"]]></title>
<link>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/04/24/ecorev-des-chiffres-et-des-etres/</link>
<pubDate>Fri, 24 Apr 2009 06:02:21 +0000</pubDate>
<dc:creator>pascalbourgois2</dc:creator>
<guid>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/04/24/ecorev-des-chiffres-et-des-etres/</guid>
<description><![CDATA[ecorev.org, mars 2009 Le dernier EcoRev’, revue critique d’écologie politique, vient de sortir dans ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><a href="http://ecorev.org/spip.php?article661">ecorev.org</a>, mars 2009</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Le dernier EcoRev’, revue critique d’écologie politique, vient de sortir dans sa version papier. 7 euros pour un numéro consacré à la fascination des chiffres. Au-delà du dossier, vous retrouverez nos rubriques habituelles.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>Relancer la croissance coûte que coûte. Malgré les beaux discours, les pompiers pyromanes qui tentent aujourd’hui d’éteindre les foyers allumés dans l’ordre économique et financier ne se sont toujours pas décidés à braquer leurs lances sur l’incendie écologique. Les études s’accumulent pourtant pour démontrer que le marasme actuel ne sera rien en regard du coût des dégâts infligés à la planète. Les estimations de Nicholas Stern sur le coût du changement climatique sont sans cesse réévaluées. Peut-on attendre des suites de l’électrochoc provoqué par le rapport de l’économiste britannique ?</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>Ni la fonte spectaculaire du pôle Nord, ni les images choc des ours polaires nageant désespérément à la recherche d’un bout de banquise, ni la menace d’engloutissement de certaines îles du Pacifique, ni même les rapports alarmants du GIEC</strong> (groupe d’experts internationaux du climat) <strong>n’étaient pourtant parvenus à un tel exploit : faire du changement climatique un sujet suffisamment &#8220;important&#8221; pour mériter la une des médias. En donnant un prix à la catastrophe écologique qui nous guette, Stern semblait avoir touché la corde sensible des dirigeants de ce monde</strong>. Face à leur manque d’intérêt pour l’érosion de la biodiversité, l’économiste indien Pavan Sukhdev a été chargé par l’ONU d’évaluer le coût de la destruction des écosystèmes.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>Tout ceci révèle à quel point nos sociétés modernes semblent obsédées par les évaluations chiffrées. Ecologistes compris, car il faut parfois parler la même langue&#8230; Arguments suprêmes, arbitres des débats d’idées, les indicateurs revêtent pour la plupart d’entre nous les qualités les plus précieuses héritées des Lumières : objectivité, rationalité, scientificité. Jusqu’à devenir parfois des arguments suprêmes, les arbitres définitifs des débats d’idées et des choix politiques&#8230; quitte parfois à court-circuiter le débat démocratique.</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">C’est donc dans ce monde de statistiques et d’indicateurs que ce nouveau numéro d’EcoRev’ nous invite à plonger.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">&#8220;Des chiffres et des êtres&#8221;</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Dossier coordonné par Aurélien BOUTAUD</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">CLASSIQUES<br />
&#8220;Un thermomètre qui rend malade ?&#8221;</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Patrick VIVERET</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">&#8220;Au-delà des chiffres et du productivisme : redéfinir la richesse comme production de soi&#8221;</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">André GORZ<!--more--></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">&#8220;Quantification et idéologie&#8221;</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Anita ROZENHOLC et Pierre DELORME</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">&#8220;Les chiffres au service d’une alliance nouvelle entre économie, écologie et démocratie&#8221;</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">entretien avec Jean GADREY</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">&#8220;L’obsession du chiffre&#8221;</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Julien MILANESI</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">&#8220;L’empreinte écologique, entre fantasmes et réalité&#8221;</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Aurélien BOUTAUD</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">&#8220;Des indicateurs composites de développement humain et de santé sociale : un enjeu de démocratie ?&#8221;<br />
Florence JANY-CATRICE</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">&#8220;Élaboration d’un indicateur participatif de bien-être (IPBE) : l’exemple du territoire d’Hénin-Carvin (Nord-Pas-de-Calais)&#8221;</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Jean-Christophe LIPOVAC et Bertrand ZUINDEAU</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">&#8220;La sobriété joyeuse ? et autres questions à poser aux indicateurs subjectifs&#8221;</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Luke HAYWOOD</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">PISTES<br />
&#8220;Changement de pratiques, retour au local ?&#8221;</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Jean-François CARON</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">KIT militant</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">&#8220;Fête improvisée dans appart’ à louer&#8221;</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Karima DELLI et Manuel DOMERGUE</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Et toujours des lectures et un agenda.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">104 pages, 7 euros</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Disponible <a href="http://ecorev.org/spip.php?article1">par abonnement</a>, par <a href="http://ecorev.org/spip.php?article107">commande au numéro</a>, et dans les bonnes librairies grâce à notre diffuseur <a href="http://www.difpop.com/">Difpop</a>.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"> </span></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[André Gorz ]]></title>
<link>http://jaesver.wordpress.com/2009/04/23/andre-gorz/</link>
<pubDate>Thu, 23 Apr 2009 16:54:20 +0000</pubDate>
<dc:creator>jaesver</dc:creator>
<guid>http://jaesver.wordpress.com/2009/04/23/andre-gorz/</guid>
<description><![CDATA[  Acabas de cumplir 82 años. Sigues siendo tan bella, graciosa y deseable como cuando te conocí. Hac]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p class="MsoNormal" style="line-height:150%;text-align:justify;margin:6pt 0 0;"><span style="font-size:16pt;color:#006600;line-height:150%;font-family:Georgia;"><img class="aligncenter size-full wp-image-183" title="andre_gorz" src="http://jaesver.wordpress.com/files/2009/04/andre_gorz.jpg" alt="andre_gorz" width="187" height="240" /></span></p>
<p class="MsoNormal" style="line-height:150%;text-align:justify;margin:6pt 0 0;"> </p>
<p class="MsoNormal" style="line-height:150%;text-align:justify;margin:6pt 0 0;"><span style="font-size:16pt;color:#006600;line-height:150%;font-family:Georgia;">Acabas de cumplir 82 años. Sigues siendo tan bella, graciosa y deseable como cuando te conocí. Hace cincuenta años que vivimos juntos; y te amo más que nunca. Hace días te dije que había vuelto a enamorarme de ti. Y tu vida desbordante me hace feliz, abrazando tu cuerpo contra el mío</span><span style="font-size:16pt;color:#006600;line-height:150%;font-family:Georgia;">. P<span>or la noche veo la silueta de un hombre que, en una carretera vacía y en un paisaje desierto, camina detrás de un coche fúnebre. Es a ti a quien lleva esa carroza. No quiero asistir a tu incineración; no quiero recibir un frasco con tus cenizas. Oigo la voz de Kathleen Ferrier que canta <em>die welt ist leer, ich will nicht leben mehr</em> [el mundo está vacío, no quiero vivir más] y me despierto. Espío tu respiración, mi mano te acaricia. A ninguno de los dos nos gustaría tener que sobrevivir a la muerte del otro. A menudo nos hemos dicho que, en el caso de tener una segunda vida, nos gustaría pasarla juntos.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="line-height:150%;text-align:justify;margin:6pt 0 0;"> </p>
<p class="MsoNormal" style="line-height:150%;text-align:justify;margin:6pt 0 0;"><span style="font-size:16pt;color:#006600;line-height:150%;font-family:Georgia;font-variant:small-caps;">André Gorz</span><span style="font-size:16pt;color:#006600;line-height:150%;font-family:Georgia;">. (1923 – 2007) , <em>Carta a D. Historia de un amor</em>.</span></p>
<p> </p>
<p>Este es el texto de la exposición &#8220;Palabra de amor&#8221; que recibió más votos de todos los que presentamos. El fragmento es hermoso, sin duda. Pero ¿sabemos quién fue André Gorz? ¿Queréis conocer la hermosa -y quizás trágica historia- que está detrás del texto? D. es Dorina. Aquí tienes un enlace a un blog en el que encontrarás una reseña <a title="André Gorz -in memoriam" href="http://unatemporadaenelinfierno.net/2007/09/25/andre-gorz-in-memoriam/">in memoriam</a>. En este otro tienes la reseña del <a title="Obituario -André Gorz" href="http://www.elmundo.es/elmundo/2007/09/27/obituarios/1190921509.html">obituario</a> del filósofo publicada por <em>elMundodigital.</em></p>
<p><a href="http://jaesver.wordpress.com/files/2009/04/gorz_2.jpg"><img class="aligncenter size-thumbnail wp-image-186" title="gorz_2" src="http://jaesver.wordpress.com/files/2009/04/gorz_2.jpg?w=116" alt="gorz_2" width="116" height="150" /></a></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[ « Ecologie et Liberté » d'André Gorz le 8 avril à Bx]]></title>
<link>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/04/07/%c2%ab-ecologie-et-liberte-%c2%bb-dandre-gorz-le-8-avril-a-bx/</link>
<pubDate>Tue, 07 Apr 2009 17:58:28 +0000</pubDate>
<dc:creator>pascalbourgois2</dc:creator>
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<description><![CDATA[MNE Bx-Aquitaine, communiqué, le 6 avril 2009 UNIVERSITE POPULAIRE DE L’ENVIRONNEMENT L’Université n]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">MNE Bx-Aquitaine, communiqué, le 6 avril 2009</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">UNIVERSITE POPULAIRE DE L’ENVIRONNEMENT</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">L’Université nomade d’Aquitaine</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>Le LivrEcolo du mois</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>Mercredi 8 avril à 20h00 </strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>Maison de la Nature et de l&#8217;Environnement </strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>Bordeaux-Aquitaine &#8211; 3 rue de Tauzia à Bordeaux.</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>Animation : Chiche ! Bordeaux</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Jeunes écolos alternatifs et solidaires</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Ouvert à tous, entrée libre et gratuite</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Organisation : Maison de la nature et de l’environnement (MNE) Bordeaux-Aquitaine <a href="http://mneaquitaine.wordpress.com/">http://mneaquitaine.wordpress.com/</a>, renseignements <a href="mailto:mnebxaquitaine@aol.com">mnebxaquitaine@aol.com</a><span>  </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><span> </span>«<strong> L&#8217;utopie ne consiste pas, aujourd&#8217;hui, à préconiser le bien-être par la décroissance et la subversion du mode de vie actuel ; l&#8217;utopie consiste à croire que la croissance de la production sociale peut encore apporter le mieux-être, et qu&#8217;elle est matériellement possible</strong> » </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>Crise du capitalisme, impératif de croissance, surconsommation, tentation d&#8217;un écofascisme&#8230; les textes et analyses d&#8217;André Gorz restent d&#8217;une actualité étonnante</strong> (et un peu déprimante). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>Chiche ! Bordeaux vous invite à (re)-découvrir « Ecologie et Liberté », écrit en 1977, lors du prochain « LivrEcolo du mois » de l&#8217;Université Populaire de l&#8217;Environnement.<br />
Venez écouter et discuter de quelques extraits choisis, partager vos impressions, vos avis, vos lectures</strong>&#8230; </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Chiche Bordeaux ! Jeunes écolos alternatifs et solidaires </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Contact<!--more--> : bordeaux (at) chicheweb.org </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Site : <a title="http://www.chichebdx.free.fr/" href="http://www.chichebdx.free.fr/">www.chichebdx.free.fr</a></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Quelques informations extraites de Wikipédia <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Gorz">http://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Gorz</a> sur André Gorz et « Ecologie et Liberté »</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><span> </span>« André Gorz, de son vrai nom Gerhard Hirsch, né à <a title="Vienne (Autriche)" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Vienne_(Autriche)">Vienne</a> le 9 février <a title="1923" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1923">1923</a>, mort le 22 septembre 2007 à <a title="Vosnon" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Vosnon">Vosnon</a>, est un <a title="Philosophe" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Philosophe">philosophe</a> et <a title="Journaliste" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Journaliste">journaliste</a> français.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Personnalité extrêmement discrète, il est l&#8217;auteur d&#8217;une pensée qui oscille entre philosophie, théorie politique et critique sociale. Disciple de l&#8217;<a title="Existentialisme" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Existentialisme">existentialisme</a> de <a title="Jean-Paul Sartre" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Paul_Sartre">Jean-Paul Sartre</a>, il rompt avec celui-ci après 1968, et devient l&#8217;un des principaux théoriciens de l&#8217;<a title="Écologie politique" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cologie_politique">écologie politique</a>. Il est co-fondateur, en <a title="1964" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1964">1964</a> du <a title="Le Nouvel Observateur" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Nouvel_Observateur">Nouvel Observateur</a>, sous le pseudonyme de Michel Bosquet, avec <a title="Jean Daniel" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Daniel">Jean Daniel</a> … »</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><span> </span>« … Après Écologie et liberté, sa présentation de l’écologie comme un outil de transformation sociale radicale et frontale du capitalisme reflète une conception nettement plus <a title="Anticapitalisme" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Anticapitalisme">anticapitaliste</a>. Mettant l’accent sur la relation intrinsèque entre productivisme, <a title="Totalitarisme" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Totalitarisme">totalitarisme</a> et logique de profit, il affirme notamment un lien structurel entre crise écologique et crise capitaliste de suraccumulation. Il appelle alors à une « révolution écologique, sociale et culturelle qui abolisse les contraintes du capitalisme <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Gorz#cite_note-7#cite_note-7">[8]</a>». Mais il aspire aussi à réconcilier ce projet écologiste avec l’utopie socialiste d’une abolition du <a title="Salariat" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Salariat">salariat</a> … » </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"> </span></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[De la relocalisation à la décroissance… ou au DD ?]]></title>
<link>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/03/25/de-la-relocalisation-a-la-decroissance%e2%80%a6-ou-au-dd/</link>
<pubDate>Wed, 25 Mar 2009 14:05:18 +0000</pubDate>
<dc:creator>pascalbourgois2</dc:creator>
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<description><![CDATA[neocampagne.wordpress.com, Emmanuelle Mayer, février 2009 De la relocalisation à la décroissance… ou]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><a href="http://neocampagne.wordpress.com/2009/02/05/de-la-relocalisation-a-la-decroissance-ou-au-developpement-durable/">neocampagne.wordpress.com</a>, Emmanuelle Mayer, février 2009</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">De la relocalisation à la décroissance… ou au développement durable ?</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>J’ai déjà évoqué l’importance de</strong><a href="http://neocampagne.wordpress.com/2009/01/04/pour-une-economie-localisee/"> relocaliser l’économie ou plutôt de créer une économie localisée</a> <strong>pour favoriser le développement des territoires ruraux mais aussi pour inventer un nouveau modèle de société, plus écologique et sociale. J’ai aussi abordé la question de</strong><a href="http://neocampagne.wordpress.com/2008/12/14/faire-soi-meme/"> l’autonomie (vie en auto-suffisance)</a>. <strong>Il est donc logique que je m’aventure sur le terrain de la décroissance, ce mot-qui-fait-peur mais qui, pourtant, sous-tend une idéologie moins négative qu’elle ne paraît et ouvre différentes perspectives en terme de projet de société.</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Pour cela, je vous propose un petit compte-rendu d’une conférence de Serge Latouche, l’économiste le plus prolixe sur la question, qui s’est tenue cette automne à Paris, organisée par les <a href="http://www.jne-asso.org/">JNE (journalistes pour la nature et l’écologie</a>, dont je suis membre).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Origine du concept de décroissance </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>La décroissance vient de la rencontre de deux courants de pensées :</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>- l’écologie politique :</strong> <strong>le Club de Rome, les intellectuels comme André Gorz ou Bernard Charbonneau, le scientifique Georgescu Roegen, à qui l’on attribue la paternité du mot décroissance (en fait, c’est à son traducteur que l’on doit le terme). Pour ces penseurs, seule la sobriété peut permettre de résoudre la crise écologique puisque la seconde option, la foi en la techno-science (scientisme), conduit à une crise sociale et déshumanise</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">- <strong>la critique du développement</strong> : <strong>des penseurs comme Ivan Illich et François Partant, pour qui l’idéologie du développement n’est que la poursuite des pratiques colonialistes et reflète une velléité d’occidentaliser le monde. En toile de fond, la critique de la société de consommation et de ses 3 piliers : la publicité</strong>, <a href="http://www.decroissance.info/Peremption-premeditee">l’obsolescence programmée</a> <strong>et le crédit</strong>.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Au début des années 2000, le développement durable fait son entrée et La Ligne d’Horizon (l’association des amis de François Partant) s’inquiète de ce concept qui leur semble n’être que le nouveau visage de l’idéologie du développement qu’ils critiquent. Cette association organise donc en mars 2002 un colloque international à l’Unesco sur le thème de l’après-développement. Là, ça a fait “tilt” : <strong>la décroissance a permis la convergence de ces deux courants.</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Un mot communiquant </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Le mot “décroissance” a été choisi pour son côté communiquant, plus parlant que la notion d”après développement”. <strong>Dans un monde de communication, il fallait un mot un peu slogan, qui puisse susciter des réactions. C’était important face à l’inertie actuelle. Avec le mot décroissance, on se focalise sur la base des problèmes : la croissance à l’infini n’est pas soutenable car les ressources de la planète sont limitées, et elle n’est pas souhaitable d’un point de vue social.</strong> Pour le reste, les divergences sont nombreuses car la décroissance a donné naissance à plusieurs courants de pensée.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Trois contre-sens à propose de la décroissance</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Où les sceptiques se rendent compte qu’il ne s’agit pas du tout de revenir à la bougie</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>1) la décroissance n’est pas la récession ni la croissance négative, ni la croissance zéro.<br />
</strong>La crise actuelle n’a rien à voir avec la décroissance. Et pour cause, il n’y a rien de pire qu’une croissance négative dans une société bâtie sur la croissance, c’est que nous vivons en ce moment (nous et nos portes-monnaies !). La décroissance, c’est une invitation à créer un nouveau projet de société qui <!--more-->ne serait plus basé sur la croissance.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">2) la décroissance est technophobe</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">La décroissance dénonce le scientisme, mais pas la science et n’a rien contre la recherche en médecines préventives, agrobiologie etc.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">3) la décroissance, c’est revenir à l’âge de pierre, la bougie, le moyen-âge…<br />
Il y a moins d’une cinquantaine d’années, on ne vivait pas à la bougie et pourtant, l’empreinte écologique des Français était soutenable c’est à dire équivalente à une planète (rappelons que si tout le monde vivait comme nous aujourd’hui, il faudrait 3 planètes). Qu’est-ce qui nous a fait passé en quelques années de 1 à 3 planètes ? La mondialisation économique et libérale. Dans les années 60, quand on achetait à l’époque un yaourt à la fraise, ce produit et ses différents ingrédients n’avaient pas fait des milliers de kilomètres avant d’arriver à l’épicerie. On peut culpabiliser le citoyen autant qu’on veut en l’exhortant à pratiquer des petits gestes verts, mais ce n’est pas lui qui pollue, c’est le système.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">A ce compte-rendu des propos de Serge Latouche, j’ajouterai que la décroissance s’applique aux pays riches, développés. Il ne s’agit pas de laisser le Sud crever ! En revanche, leur imposer notre modèle de développement est absurde quand on voit où cela nous a conduit : crise économique, écologique et sociale.  Il va de soi que les objecteurs de croissance souhaitent que chacun puisse avoir accès à de l’eau potable, à une nourriture saine et à un habitat confortable !</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Une décroissance plurielle</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Finalement, la décroissance, c’est simplement le refus du mythe de la croissance économique et la nécessité de décoloniser nos imaginaires pour créer autre chose. Et là, j’ai pu constaté que les divergences étaient nombreuses ! Certains objecteurs de croissance sont républicains et se présentent aux élections, d’autres sont libertaires voire anarchistes, d’autres sont même nationalistes… Entre ceux qui veulent une état fort et des mesures restrictives musclées, ceux qui défendent l’autonomie individuelle, chacun sur son lopin de terre, et ceux qui imaginent des territoires autonomes et solidaires, gouvernés de façon collective, ça chauffe parfois ! Certaines idées, toutefois, font consensus, comme le slogan “plus de liens, moins de biens” et l’importance de relocaliser l’économie.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Comme dans toutes les philosophies, il y a des “fondamentalistes”… On ne voit parfois qu’eux mais ils ne reflètent pas la réalité, c’est aussi ce qu’il se passe dans la décroissance.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Et le développement durable, dans tout ça ? </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Pour les objecteurs de croissance, le développement durable est une supercherie, il roule forcement pour la croissance. Dans la bouche des politiques et des industriels, il est vrai que c’est le cas. Le concept est-il pour autant intrinsèquement “contaminé” par la croissance ? Je n’en suis pas si sûre et reste séduite par ses 3 piliers : développement économique, social et environnemental. A mon sens, développement économique ne signifie pas croissance. Œuvrant pour le développement local et le développement rural, refuser ce terme me semble absurde. Je rejoins ici le propos du géographe Yves Gilbert, spécialiste du développement local. Dans la contribution “La recomplexification du territoire”, il explique que “la notion de développement ne peut exprimer l’idée de croissance au sens où l’entendent les économistes (lisible au travers d’accroissement de taux de redressements tendanciels de courbes) mais celle d’approfondissement entendue comme consolidation de l’épaisseur sociale : “approfondissement des rapports d’intelligence entre une société et ses territoires” (…)</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Finalement, ces courants différents que sont décroissance et développement durable, peuvent conduire à un même projet de société.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Mieux vaut deux utopies plutôt qu’une !</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"> </span></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[JP Dupuy : "Quand il y a démesure, il y a déshumanisation"]]></title>
<link>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/03/20/jp-dupuy-quand-il-y-a-demesure-il-y-a-deshumanisation/</link>
<pubDate>Fri, 20 Mar 2009 10:52:03 +0000</pubDate>
<dc:creator>pascalbourgois2</dc:creator>
<guid>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/03/20/jp-dupuy-quand-il-y-a-demesure-il-y-a-deshumanisation/</guid>
<description><![CDATA[Le Monde, Hervé Kempf, le 20 mars 2009 Jean-Pierre Dupuy : &#8220;Quand il y a démesure, il y a désh]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><a href="http://abonnes.lemonde.fr/livres/article/2009/03/20/jean-pierre-dupuy-quand-il-y-a-demesure-il-y-a-deshumanisation_1170414_3260.html">Le Monde</a>, Hervé Kempf, le 20 mars 2009</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Jean-Pierre Dupuy : &#8220;Quand il y a démesure, il y a déshumanisation&#8221;</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>C&#8217;est le plus ignoré des penseurs écologistes. Est-il même écologiste ? Jean-Pierre Dupuy a été très proche d&#8217;Ivan Illich, a bien connu André Gorz, a milité aux Amis de la Terre, et son ouvrage paru au Seuil en 2002, Pour un catastrophisme éclairé, a renouvelé les interrogations posées par le philosophe Hans Jonas (1903-1993).</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Critique <a href="http://abonnes.lemonde.fr/livres/article/2009/03/20/la-marque-du-sacre-de-jean-pierre-dupuy_1170415_3260.html#ens_id=1135007">&#8220;La Marque du sacré&#8221;, de Jean-Pierre Dupuy</a> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Mais on ne saurait réduire ce polytechnicien hors norme à aucune étiquette. <strong>Dans un de ses livres, il se définit comme &#8220;extrémiste rationaliste&#8221; et avance au détour de la conversation : &#8220;Je ne suis pas un intellectuel chrétien, mais un chrétien intellectuel. Le christianisme est une science beaucoup plus qu&#8217;une religion</strong>.&#8221;</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>Dans son nouvel essai, La Marque du sacré, Dupuy affirme que c&#8217;est dans le retour du sacré que la société, après avoir voulu l&#8217;expulser au nom de la rationalité, peut trouver son salut face à la démesure de la modernité technologique. Provocant ? Sans doute, et on entend déjà les ricanements des athéistes de principe. Peu importe : Dupuy est de ceux qui rappellent que le monde est grave, quand la foule des commentateurs se contente de proclamer qu&#8217;il est en crise.</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">L&#8217;itinéraire de ce philosophe commence par des surprises : il naît en 1941, et son père &#8211; qui lit beaucoup &#8211; le pousse vers de bonnes études. Le jeune Landais se présente à Polytechnique et à Normale-Sup, croit avoir raté celle-ci, choisit l&#8217;école d&#8217;ingénieurs, avant qu&#8217;une lettre l&#8217;informe qu&#8217;il y a eu erreur et qu&#8217;il pourra séjourner rue d&#8217;Ulm. &#8220;J&#8217;étais plus fier d&#8217;avoir réussi Normale que l&#8217;X, dit-il, mais j&#8217;ai choisi celle-ci par mimétisme, c&#8217;était plus prestigieux.&#8221;</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">L&#8217;ENTRÉE EN PHILOSOPHIE</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Très doué en mathématiques, il finit dans les dix premiers, non sans avoir été influencé par les économistes Jean Ullmo et Maurice Allais ou avoir lu Teilhard de Chardin. Le voilà brillant haut fonctionnaire, <strong>à une époque où &#8220;nous étions les gardiens de l&#8217;intérêt général &#8211; le problème est que c&#8217;est nous qui le définissions</strong>&#8220;. Au ministère de l&#8217;industrie, chargé des questions d&#8217;énergie (&#8220;à 25 ans, je pouvais convoquer comme ça le directeur d&#8217;EDF ou de GDF&#8221;), il se rend compte qu&#8217;être grand commis de l&#8217;Etat l&#8217;ennuie. Sa vraie passion est la chose intellectuelle, et, juste après 1968, il crée avec le sociologue Philippe d&#8217;Iribarne le Centre de recherche sur le bien-être, d&#8217;où ils critiquent la théorie économique néoclassique d&#8217;un point de vue anthropologique.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>En 1973, la rencontre avec le penseur écologiste Ivan Illich (1926-2002) va permettre l&#8217;envol de celui qui est encore un moineau intellectuel. Le maître est alors à l&#8217;apogée de sa réputation, et électrise le jeune polytechnicien en rupture de ban moderniste : &#8220;Il m&#8217;a fait entrer en philosophie</strong>&#8220;, confie Dupuy. Ils vont collaborer, notamment dans l&#8217;ouvrage Némésis médicale, où <strong>Illich développe son concept de la contre-productivité : à partir d&#8217;un certain seuil, affirme-t-il, la technique moderne devient un obstacle à la réalisation des fins qu&#8217;elle prétend atteindre</strong>. Illich anime aussi des séminaires à Cuernavaca, au Mexique, où il attire les meilleurs esprits de l&#8217;époque : Hannah Arendt, André Gorz, Erich Fromm, Heinz von Foerster&#8230; On a oublié aujourd&#8217;hui le magnétisme qu&#8217;exerçait Illich au début des années 1970. C&#8217;est que les chocs pétroliers et la crise économique, en remisant le souci écologique au magasin des accessoires, avaient ensuite fait pâlir l&#8217;étoile d&#8217;Illich. D&#8217;ailleurs, à l&#8217;époque, Dupuy s&#8217;éloigne de lui : &#8220;Je trouvais dangereux <!--more-->sa rhétorique &#8211; mais non sa pensée &#8211; irrationaliste.&#8221;</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Dupuy vient alors de découvrir René Girard et sa théorie de la violence sacrée fondée sur la &#8220;rivalité mimétique&#8221; : selon celle-ci, les hommes désirent ce que désirent les autres, ce qui conduit au déchaînement d&#8217;une violence qu&#8217;ils ne peuvent contenir qu&#8217;en l&#8217;extériorisant par le sacrifice d&#8217;une &#8220;victime émissaire&#8221;. Maître et disciple vont bientôt faire une partie du chemin ensemble, puisque l&#8217;université californienne Stanford &#8211; où travaille Girard &#8211; propose un poste de professeur à Dupuy, un trimestre par an. Le reste de l&#8217;année, Dupuy anime jusqu&#8217;en 2000 le CREA, qu&#8217;il a créé en 1982 : ce Centre de recherche en épistémologie appliquée fait connaître en France la théorie de la justice de John Rawls, les sciences cognitives, et anime la réflexion sur les phénomènes d&#8217;auto-organisation (avec Henri Atlan et Francisco Varela). &#8220;Ç&#8217;a été une carrière banale d&#8217;intellectuel &#8211; lire, travailler, enseigner&#8221;, se souvient Dupuy.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Banale ? Que d&#8217;idées, que de rencontres ! La question écologique, qu&#8217;il semblait avoir oubliée après l&#8217;éloignement d&#8217;avec Illich, revient en force dans ses préoccupations des années 1990. Notamment avec le &#8220;troisième choc intellectuel&#8221; que fut l&#8217;étude d&#8217;Hannah Arendt, Hans Jonas et Günther Anders. &#8220;Ce qui reliait Illich à Arendt, c&#8217;est la notion de condition humaine &#8211; faite de mesure. Quand il y a démesure, il y a déshumanisation. On retrouve la même idée chez Jonas, avec le concept de vie humaine digne.&#8221;</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">La préoccupation du danger qui monte, écologique et nucléaire, envahit la réflexion du philosophe. Dorénavant, il usera du rationalisme le plus rigoureux pour appeler ses contemporains à l&#8217;exigence de l&#8217;autolimitation : &#8220;L&#8217;humanité aura à choisir entre l&#8217;Apocalypse et la conversion, qui est le renoncement à la violence.&#8221; </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Signalons aussi les actes du colloque de Cerisy consacré à Jean-Pierre Dupuy : Dans l&#8217;oeil du cyclone, Carnets Nord, 336 p., 23 €. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"> </span></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[DD : l'idéologie du XXIe siècle ]]></title>
<link>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/03/16/dd-lideologie-du-xxie-siecle/</link>
<pubDate>Mon, 16 Mar 2009 13:54:38 +0000</pubDate>
<dc:creator>pascalbourgois2</dc:creator>
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<description><![CDATA[scienceshumaines.com, Edwin Zaccaï, Grand dossier N° 14, mars 21009 Développement durable : l&#8217;]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><a href="http://www.scienceshumaines.com//developpement-durable--l-ideologie-du-xxie-siecle_fr_23403.html">scienceshumaines.com</a>, Edwin Zaccaï, Grand dossier N° 14, mars 21009</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Développement durable : l&#8217;idéologie du XXIe siècle </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>L’environnement est maintenant au centre des préoccupations politiques. De l’écologie profonde au mouvement de la décroissance, en passant par les promoteurs du développement durable, nombreux sont ceux qui souhaitent rompre avec les modes de consommation actuels.</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">«</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Une raison pour laquelle l’environnement a tant changé au XXe siècle est que – d’un point de vue écologique – les idées et politiques dominantes ont très peu changé</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">», écrit John R. Mc Neill dans sa synthèse sur l’histoire environnementale (1). <strong>La primauté accordée à la croissance, la confiance dans les progrès techniques ou encore l’importance de la consommation ont eu des conséquences majeures sur l’environnement. À l’inverse, les effets réels de l’environnementalisme, qui se diffusera de plus en plus à partir des années 1960, resteront mineurs. L’écart entre l’impact des activités humaines sur l’environnement et les objectifs annoncés pour sa protection irriguera profondément l’environnementalisme. Il deviendra tour à tour dénonciateur, prophétique, moral, mais aussi pratique, mobilisateur ou politique.</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Il est évident que de nombreux groupes humains ont par le passé modifié leur milieu, parfois à leur détriment. Depuis les Aborigènes d’Australie pratiquant un brûlis lourd de conséquences sur la faune et la flore, jusqu’à l’érosion massive de sols générant le Dust Bowl, ces tempêtes de poussière qui touchèrent pendant près d’une dizaine d’années la région des grandes plaines des États-Unis durant les années 1930, en passant par la déforestation des régions méditerranéennes dans l’Antiquité, la liste est longue et recouvre toutes les époques. Toutefois, l’impact de l’activité humaine sur l’environnement au XXe siècle reste sans précédent. Cette ampleur inédite est majoritairement due à deux facteurs</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">: les capacités techniques et énergétiques (la consommation d’énergie a été multipliée par plus de 12 au XXe siècle) et l’augmentation de la population (multipliée par quatre durant la même période). De plus, le début de l’âge atomique augmente les préoccupations envers le pouvoir destructeur des techniques, tandis que la croissance démographique nourrit des raisonnements néomalthusiens.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Ces craintes latentes vont interagir avec les différents courants de l’écologie scientifique qui se sont élaborés à partir du milieu du XIXe siècle. Le mot œkologie, science des relations de l’organisme avec son environnement, est ainsi forgé dès 1866 par le biologiste Ernst Haeckel. Dans les décennies qui suivent, un certain nombre de scientifiques, que l’on nommera aussi écologues, élaboreront ce champ (2).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">À la même époque, des aires protégées en vue de la conservation de la nature sont créées. Dans les pays colonisés, et singulièrement en Afrique, les milieux de chasseurs ainsi que l’agronomie tropicale influenceront durablement la vision de l’environnement et de sa protection. En Europe et aux États-Unis se constituent des sociétés de naturalistes, d’observation des oiseaux ou de pêcheurs, qui seront des noyaux actifs de l’environnementalisme. Un précurseur de l’éthique environnementale aux États-Unis, Aldo Leopold, perçoit dès la fin des années 1940 les potentialités que recèle le goût croissant d’une population de plus en plus urbaine et au pouvoir d’achat en augmentation pour des loisirs orientés vers la nature. Le sociologue américain Ronald Inglehart émettra quant à lui une théorie encore discutée aujourd’hui sur la montée de valeurs «</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">immatérielles</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">» dans les sociétés postindustrielles</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">: les individus se tourneraient vers des biens dépassant la première nécessité et vers des valeurs nouvelles comme la protection de l’environnement. Mettant en lumière les impacts importants de l’usage des pesticides et appelant à de nouvelles régulations des techniques qui respectent les écosystèmes, la biologiste Rachel Carson publie en 1962 Printemps silencieux, livre à grand succès qui lancera l’environnementalisme aux États-Unis.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">L’effet Mai 68</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">En France, on considère que c’est Mai 68 qui catalyse la naissance de l’écologie politique. <!--more-->La rencontre des pratiques de mobilisation gauchiste et des préoccupations de protection de la nature ainsi que l’émergence d’une critique du progrès technologique en ont préparé le terrain. Un slogan comme «</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Sous les pavés la plage</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">» peut en effet résonner en congruence avec ces différents courants. Une première manifestation en vélo organisée en 1972 à Paris par les Amis de la Terre réunit 10</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">000 participants. De même, l’opposition au nucléaire mobilise au-delà des clivages politiques traditionnels grâce à un discours transversal, typique de l’environnementalisme, qui prône une mobilisation de tous, toutes classes sociales confondues. Intégré à l’écologie politique, le combat antinucléaire se présentera comme une force alternative aux rapports de force droite-gauche, même si inévitablement un positionnement peut être repéré.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Certains aspects de la protection de la nature peuvent, par exemple, renvoyer à un passéisme conservateur ou à un localisme de tendance antimoderniste, courants idéologiques situés à droite de l’échiquier politique. On repère d’ailleurs dès l’avant-guerre des objectifs de restauration de milieux traditionnels prônés par des mouvements fascistes européens et japonais. Toutefois à partir des années 1970, malgré le positionnement «</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">ni-ni</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">» (ni à gauche ni à droite) d’un Antoine Waechter en France, les partis verts se retrouveront à gauche du spectre politique dans une majorité de pays du monde.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">En France, premier candidat à se présenter comme écologiste à l’élection présidentielle, René Dumont obtient 1,32</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">% des suffrages exprimés en 1974. Mais la candidature de cet agronome engagé envers le tiers-monde contribue surtout à faire exister un mixte d’idées prenant rapidement corps à cette époque. Cet écologisme est loin de se limiter à une critique de la dégradation de la nature (3). Il s’inspire de penseurs comme Ivan Illich, qui met en cause radicalement certains aspects de la modernité tels que des technologies peu conviviales et des institutions aliénantes. Ou encore d’André Gorz, cofondateur du Nouvel Observateur, qui appelle dès les années 1970 à revoir le productivisme, qu’il soit de gauche ou de droite, au profit d’une limitation drastique du temps de travail. Des valeurs d’authenticité, de développement personnel, de critique de la consommation et de l’État font aussi partie de cette mouvance.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Une constante du discours environnementaliste depuis ses origines est l’appel à une révolution dans les relations entre l’homme et la nature. Aujourd’hui, la prise de conscience des menaces climatiques et de leurs effets potentiellement néfastes sur l’économie peut faire écho au rapport fondateur publié par le Club de Rome en 1972, Halte à la croissance</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">? (4). Celui-ci prédisait que la poursuite de la croissance déboucherait inévitablement sur des effondrements mondiaux dans le courant du xxie siècle, du fait des limites des ressources naturelles et de l’impact des pollutions. Pourtant, en dépit de ces discours, la dégradation de l’environnement mondial se poursuit, voire s’accélère, interrogeant les capacités à mettre en place des stratégies de changements significatifs. Et ce malgré de réels progrès dans les régulations environnementales depuis les premiers ministères de l’Environnement – que Robert Poujade, ministre français de l’Environnement, dénomme en 1971 «</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">ministère de l’impossible</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">».</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Récupération capitaliste</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Un article fondateur de Arne Naess distingue un écologisme profond d’un écologisme superficiel (5). Alors que le premier repose sur des principes d’imitation de la nature et dénie à l’homme le droit de se placer au centre de la biosphère, le second se contente de limiter les impacts écologiques des modes de développement actuels. C’est dans cette deuxième optique que s’amorce une «</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">récupération</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">» de l’environnementalisme par le capitalisme, comparable à celle des mouvements contestataires de la fin des années 1960. L’idée d’une convergence possible entre la protection de l’environnement et le développement économique plus «</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">vert</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">» apparaîtra dans les années 1980. Elle sera inlassablement répétée et prolongée ensuite par le discours de la «</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">modernisation écologique</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">». Durabilité des systèmes naturels comme condition de la durabilité des sociétés et de leur prospérité économique</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">; protection de l’environnement comme condition d’une protection de la santé et d’une prévention, puis d’une précaution contre différents types de risques</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">; technologies vertes plus économes en matière et en énergie</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">; produits verts innovants, prisés par certains consommateurs et garants de nouveaux marchés et de nouveaux emplois, en sont des exemples répandus.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">À partir des années 1990, la formule du développement durable (de l’anglais sustainable development) devient incontournable. Popularisée grâce à l’Onu, via le rapport Brundtland (1987), puis la conférence de Rio (1992), elle offre un point de ralliement tant aux environnementalistes qu’aux «</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">développeurs</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">» de tous horizons, qu’ils soient industriels, étatiques ou urbains. La mondialisation économique, l’industrialisation et l’augmentation de la consommation des grands pays en développement, associés à la poursuite de la croissance dans les pays occidentaux accentuent les impacts sur l’environnement. Ceux-ci deviennent de plus en plus coûteux pour le monde naturel et les sociétés humaines. Ce contexte mondial constitue la toile de fond du développement durable au tournant du nouveau siècle, de même que le souci du long terme symbolisé par la nécessité de prendre en compte les besoins des générations futures dans les décisions actuelles. L’approche locale, voire individuelle, du respect de l’environnement par des actes concrets est dans le même temps encouragée, en particulier pour ce qui concerne la consommation (6).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Un discours superficiel</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">? </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">En définitive, le développement durable réinterprète quantité de thèmes présents dans l’environnementalisme</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">: la mobilisation de tous, l’appel à de nouvelles valeurs, la recherche de convergence entre objectifs sociaux et environnementaux, ou plus prosaïquement la protection du cadre de vie. Mais il prend à son compte du même coup le hiatus entre rhétorique du changement et modestie des objectifs atteints. Devenu largement consensuel, il peut prêter le flanc à une dénonciation envers une relative superficialité, voire un discours légitimant la poursuite d’activités dont les effets néfastes sur l’environnement resteraient en pratique peu modifiés.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">En outre, les difficultés du développement à l’échelle mondiale, illustrées par la croissance considérable des inégalités de richesse, la stagnation des conditions de vie des populations très pauvres, ou encore les instabilités économiques dangereuses, interrogent la pertinence des modalités du développement actuel, voire son projet même. Si, pour certains, le développement durable, fidèle à l’origine onusienne, reste porteur de réformes importantes pour mieux satisfaire en priorité les besoins humains, pour d’autres, il facilite la perpétuation de tendances insoutenables politiquement, moralement et environnementalement. En France, le mouvement pour la décroissance se distancie du développement durable et renoue avec les tendances d’un écologisme plus ancien, affirmant des valeurs de rupture avec la consommation et prônant des expériences locales.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Le souci de la protection de l’environnement est aujourd’hui largement présent dans les esprits, et pas seulement dans les pays riches. Des études montrent que les populations démunies sont les premières perdantes des graves dégradations de l’environnement et que la protection de leur milieu est primordiale. Qu’elle se nomme environnementalisme, développement durable, ou autrement, la recherche de modes de vie respectant bien davantage les écosystèmes devrait progresser encore, en particulier en développant des voies politiques d’institutionnalisation beaucoup plus efficaces qu’elles le sont aujourd’hui.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">NOTES :</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">(1) J.R. Mc Neill, Something New under the Sun. An environmental history of the 20th century, Norton &#38; Co, 2000.<br />
(2) J.-P. Deléage, Une histoire de l’écologie, La Découverte, 1991.<br />
(3) D. Simonnet, L’Écologisme, Puf, coll. «</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Que sais-je</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">?</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">», 1979.<br />
(4) D. Meadows et al., Halte à la croissance</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">?, rapport au Club de Rome, Fayard, 1972.<br />
(5) A. Naess, «</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">The shallow and the deep, long-range ecology movements</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">: A summary</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">», Inquiry, n° 16, 1973.<br />
(6) E. Zaccaï et I. Haynes, «</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">La société de consommation face aux défis écologiques</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">», Problèmes politiques et sociaux, n° 954, La Documentation française, 2008. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Professeur à l’Université libre de Bruxelles et enseignant à l’IEP-Paris, il a notamment publié, avec Pierre Cornut et Tom Bauler, Environnement et inégalités sociales, Presses de l’Université de Bruxelles, 2007 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"> </span></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[France Culture "André Gorz : précurseur ou prophète ?"]]></title>
<link>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/03/03/france-culture-andre-gorz-precurseur-ou-prophete/</link>
<pubDate>Tue, 03 Mar 2009 18:46:05 +0000</pubDate>
<dc:creator>pascalbourgois2</dc:creator>
<guid>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/03/03/france-culture-andre-gorz-precurseur-ou-prophete/</guid>
<description><![CDATA[radiofrance.fr, le 3 mars 2009 André Gorz : précurseur ou prophète ? « André Gorz est mort volontair]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><a href="http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/grain/?PHPSESSID=dcaf08778d68af991b27d3bf2450ad6f">radiofrance.fr</a>, le 3 mars 2009</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">André Gorz : précurseur ou prophète ? </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">« <strong>André Gorz est mort volontairement en 2007 mais, aujourd’hui, alors que nous vivons le difficile passage d’une société à une autre, nous avons plus que jamais besoin de son œuvre</strong>. » Voilà ce qu’écrivait Alain Touraine, en décembre dernier, dans Le Nouvel Observateur. <strong>Et, en effet, la crise que nous traversons n’est pas seulement économique, elle est aussi culturelle et morale. La question des effets de notre système de production sur les ressources de la planète et sur son climat, André Gorz y réfléchissait déjà il y une quarantaine d’années. Raison pour laquelle, avec Bernard Charbonneau ou encore Jacques Ellul, il peut être tenu pour l’un des fondateurs de l’écologie politique en France. Mais si les chrétiens Charbonneau et Ellul sont arrivés à l’écologie par une critique radicale de la logique technicienne, le chemin de Gorz, lui, passe par la confrontation de toute une vie avec le marxisme. </strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Son analyse des rapports sociaux s’énonce selon les catégories « d’aliénation » et de « conscience de classe ». <strong>Sa critique du capitalisme vise l’émancipation, l’autonomie, la réappropriation, par les acteurs, du sens de ce qu’ils produisent. Ses analyses des métamorphoses du travail et du salariat avaient une longueur d’avance, notamment lorsqu’il réfléchissait sur la montée de cette « non-classe » de chômeurs et de sous-employés, que Robert Castel définira comme « désaffiliée</strong> ». </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Gorz, qui avait le souci de l’analyse concrète des situations concrètes autant que de la théorie, s’est aussi intéressé à l’économie de l’immatériel et à ses conséquences. Ses réflexions ont débouché sur des propositions concernant, par exemple, la durée du travail ou la création d’un revenu social universel. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>Bref, la pensée d’André Gorz est de celles qui peuvent nous aider à penser la crise</strong> – ce à quoi nous nous employons chaque mardi dans le cadre de cette émission.<br />
Sabine Hérold.  Présidente d&#8217;Alternatives Libérale</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Christophe Fourel.  Directeur Général de l&#8217;Agence Nouvelle des Solidarités Actives</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Arno Münster.  Maître de conférence de l&#8217;université de Picardie</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Ecoutez l&#8217;émission<!--more--> <a href="radiofrance.fr">ici</a> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"></span></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Pascal Bruckner "La voiture : panne de libido ?"]]></title>
<link>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/03/02/pascal-bruckner-la-voiture-panne-de-libido/</link>
<pubDate>Mon, 02 Mar 2009 17:46:15 +0000</pubDate>
<dc:creator>pascalbourgois2</dc:creator>
<guid>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/03/02/pascal-bruckner-la-voiture-panne-de-libido/</guid>
<description><![CDATA[Le Monde, Pascal Bruckner, le 27 février 2009 Psychanalyse de la crise La voiture : panne de libido ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><a href="http://abonnes.lemonde.fr/archives/article/2009/02/27/la-voiture-panne-de-libido-par-pascal-bruckner_1161218_0.html">Le Monde</a>, Pascal Bruckner, le 27 février 2009</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Psychanalyse de la crise </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">La voiture : panne de libido ?</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>Ce sont des milliers de carcasses neuves qui, partout en Europe et en Amérique, s&#8217;alignent sur des parkings, sous des hangars et attendent en vain un acheteur. Rien à voir avec les classiques cimetières de voitures, amas de tôles froissées, de châssis défoncés pourrissant dans une friche, tel le mythique Cadillac Ranch, sur la Route 66 aux Etats-Unis, monolithes de métal peinturlurés, fichés dans le sable du désert californien. Ceux-ci témoignaient de la vitalité d&#8217;une industrie qui semait derrière elle ses déchets.</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>Les cimetières d&#8217;aujourd&#8217;hui incarnent une panne du système. La crise accélère une désaffection grandissante envers l&#8217;automobile</strong>. Les 4 × 4 gourmands sont dénoncés aux Etats-Unis par les groupes évangélistes qui voient en eux les symboles d&#8217;une arrogance contraire aux enseignements du Christ ! Partout les grands constructeurs ferment des usines, réduisent la production, se déclarent en faillite, licencient à tour de bras. Fin d&#8217;un objet fétiche qui fut le héros du XXe siècle et créa dans son sillage tant de chefs-d&#8217;oeuvre, de petites merveilles de la mécanique.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Trois raisons expliquent cet abandon : <strong>l&#8217;automobile a incarné longtemps un rêve de liberté, celle de circuler à sa guise.</strong> Pour un monde longtemps immergé dans la ruralité, figé dans le temps et l&#8217;espace, elle parut un miracle. Rouler des nuits entières, partir sur un coup de tête, traverser la France, l&#8217;Europe, avaler des kilomètres pour le plaisir, ne dépendre de personne, tel est, tel fut l&#8217;attrait de ce moyen de transport. Personnalisation quasi érotique de la voiture, maison roulante que l&#8217;on emportait partout avec soi, incarnation sur roues de votre singularité. <strong>Ce rêve s&#8217;est écroulé lentement avec l&#8217;engorgement des villes, des routes, des autoroutes : si chaque Français, Belge, Américain possède son véhicule, il sera peut-être un heureux propriétaire mais il ne pourra plus circuler.</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">L&#8217;effet démultiplicateur de la démographie périme le droit à la mobilité. Merveilleuse tant qu&#8217;elle était réservée à une minorité, la voiture, popularisée, se transforme en cauchemar, fait de chaque conducteur le prisonnier de son véhicule, dispendieux qui plus est. Fin de la vitesse, généralisation de l&#8217;embouteillage, de l&#8217;accident dont témoignent tant d&#8217;oeuvres littéraires ou cinématographiques.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">ALIÉNATION ET INERTIE</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">&#8220;Démocratie, a très bien dit l&#8217;écrivain Roberto Calasso : l&#8217;accession de tous à des biens qui n&#8217;existent plus.&#8221; Ajoutons à ce discrédit le renchérissement des coûts du pétrole et surtout l&#8217;anathème porté par le discours écologiste sur cette industrie, polluante et encombrante. <strong>Symbole d&#8217;affranchissement, la voiture est devenue symbole d&#8217;aliénation et d&#8217;inertie.</strong> Le bolide qui dévorait l&#8217;espace s&#8217;est enlisé dans une coagulation généralisée. La merveilleuse auto s&#8217;est transformée en bagnole, poubelle bruyante dont on se détourne avec horreur.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>Il ne s&#8217;agit pas d&#8217;une simple mise au régime, d&#8217;une diète provisoire avant de reprendre l&#8217;orgie : c&#8217;est vraiment la conclusion d&#8217;un cycle</strong>. Bien sûr, on construira toujours des voitures, mais propres, électriques, petites, n&#8217;émettant aucun gaz carbonique et rechargeables sur des prises à haut débit. La Californie commercialise depuis quelques années le Tesla Roadster, une décapotable propre, plébiscitée par les stars, et Bertrand Delanoë lancera bientôt à Paris un système Auto-lib&#8217; sur le modèle du Velib&#8217; : de petits véhicules électriques empruntables à l&#8217;heure ou à la journée. Nous serons tous des &#8220;écocitoyens responsables&#8221;, nous prendrons le bus, le tramway, le métro, nous cesserons de financer, par notre gloutonnerie de pétrole, des dictatures sanguinaires ou des régimes oppresseurs.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Mais qu&#8217;est-ce qu&#8217;une voiture qui n&#8217;est ni voyante, ni polluante, ni tapageuse ? <!--more-->Un moyen de transport, pas un objet de désir. L&#8217;écologie a raison, ce pourquoi elle ne suscitera jamais l&#8217;enthousiasme, puisque ses mots d&#8217;ordre sont l&#8217;économie, la privation, la précaution. Finie l&#8217;ostentation des cabriolets ou coupés qui écrasaient de leur luxe la piétaille humaine ; finis les exploits des amoureux de la vitesse qui jouissaient d&#8217;accélérations vertigineuses et flirtaient avec la mort à chaque virage.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Les anathèmes d&#8217;Ivan Illitch, André Gorz ou René Dumont n&#8217;y ont rien fait. Il a fallu une désertion globale pour que le rêve automobile perde de son lustre et que les ventes s&#8217;effondrent. Mais on ne tue jamais une passion sans lui en substituer une autre. Déjà nos rutilantes machines sont remplacées par les portables, les ordinateurs qui répondent au double principe d&#8217;indépendance et de locomotion : nous sommes partout sans bouger de chez nous, reliés à tous sans être avec personne. A la place des monstres énergivores, les écrans ultraplats à fonctions multiples, dans un outil de quelques centaines de grammes. Nouveau paradigme qui fait basculer l&#8217;individu contemporain dans une ère inédite d&#8217;autosuffisance et de mobilité.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Ce n&#8217;est pas le marché qui agonise, c&#8217;est une forme dépassée du capitalisme qui disparaît parce qu&#8217;elle a cessé d&#8217;être désirable.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Pascal Bruckner est écrivain et essayiste. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"> </span></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Vient de paraître : Gorz, un penseur pour le XXI° siècle]]></title>
<link>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/02/23/vient-de-paraitre-gorz-un-penseur-pour-le-xxi%c2%b0-siecle/</link>
<pubDate>Mon, 23 Feb 2009 07:50:54 +0000</pubDate>
<dc:creator>pascalbourgois2</dc:creator>
<guid>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/02/23/vient-de-paraitre-gorz-un-penseur-pour-le-xxi%c2%b0-siecle/</guid>
<description><![CDATA[jeanzin.fr, le jeudi 19 février 2009 André Gorz, un penseur pour le XXI° siècle André Gorz bénéficie]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><div></div>
<p><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><a href="http://jeanzin.fr/index.php?2009/02/19/170-andre-gorz-un-penseur-pour-le-xxi-siecle">jeanzin.fr</a>, le jeudi 19 février 2009</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">André Gorz, un penseur pour le XXI° siècle</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><strong><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">André Gorz bénéficie d&#8217;une gloire posthume étonnante par rapport à son audience relativement confidentielle jusqu&#8217;ici. C&#8217;est à l&#8217;évidence dû en grande partie à son dernier livre Ecologica, recueil de textes sur l&#8217;écologie politique</span></strong><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"> qu&#8217;il a rassemblés juste avant son suicide le 22 septembre 2007. <strong>En particulier son tout dernier texte, publié dans EcoRev&#8217; et repris dans Ecologica</strong>, &#8220;<a href="http://ecorev.org/spip.php?article641">La sortie du capitalisme a déjà commencé</a>&#8221; <strong>parait largement prémonitoire puisqu&#8217;il annonce l&#8217;effondrement du capitalisme financier.</strong> D&#8217;autres pourraient se prévaloir d&#8217;avoir vu venir la crise avec plus de précisions sur les mécanismes de son déclenchement, <strong>mais aucun ne propose comme lui les voies d&#8217;une sortie du capitalisme, alternative dessinée en 1997 dans &#8220;Misères du présent, richesse du possible&#8221; et qui fait sa valeur irremplaçable dans le contexte actuel.</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Le livre qui vient de sortir aux éditions &#8220;La Découverte&#8221;, André Gorz, un penseur pour le XXI° siècle, regroupe des contributions très disparates d&#8217;anciens interlocuteurs d&#8217;André Gorz, rassemblées par Christophe Fourel (Patrick Viveret, Jean Zin, Carlo Vercellone, Denis Clerc et Dominique Méda, Marie-Louise Duboin, Jean-Baptiste de Foucauld, Philippe Van Parijs), témoignant de la diversité de ses influences et même des lectures contradictoires qu&#8217;on peut faire de son œuvre.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">L&#8217;introduction de Christophe Fourel permet de suivre son itinéraire intellectuel, de Sartre et du marxisme à l&#8217;écologie politique, montrant à quel point il avait vu juste dans le caractère intenable d&#8217;un capitalisme basé sur la spéculation. <strong>André Gorz insiste sur le fait que le capitalisme cognitif ou financier est contradictoire, perdant toutes ses bases dans l&#8217;économie immatérielle (travail, valeur, propriété). </strong>En effet, de façon strictement marxiste, il réfutait que la finance puisse créer de la valeur en elle-même sans passer par l&#8217;amélioration de la productivité du travail.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">La question de la sortie du capitalisme n’a jamais été plus actuelle. Elle se pose en des termes et avec une urgence d’une radicale nouveauté. Par son développement même, le capitalisme a atteint une limite tant interne qu’externe qu’il est incapable de dépasser et qui en fait un système qui survit par des subterfuges à la crise de ses catégories fondamentales : le travail, la valeur, le capital.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">L’économie réelle devient un appendice des bulles spéculatives entretenues par l’industrie financière. Jusqu’au moment, inévitable, où les bulles éclatent, entraînent les banques dans des faillites en chaîne, menaçant le système mondial de crédit d’effondrement, l’économie réelle d’une dépression sévère et prolongée.</span></p>
<p> </p>
<p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Patrick Viveret est un ami que j&#8217;estime beaucoup, notamment pour sa remise en cause des indicateurs de richesse mais surtout pour avoir porté le projet SOL de monnaie alternative qui me semble véritablement révolutionnaire et de la plus haute importance dans la période qui s&#8217;ouvre. Il n&#8217;empêche que <strong>je désapprouve sa conception émotionnelle et religieuse de la politique. Je trouve même relativement choquante la récupération politique du suicide de Gorz avec Dorine, sa compagne malade, suicide qu&#8217;on peut dire annoncé dans le magnifique &#8220;Lettre à D.&#8221;. Mais, non, &#8220;toutes les difficultés de l&#8217;humanité&#8221; ne sont pas &#8220;pour l&#8217;essentiel, fondamentalement liées à sa difficulté d&#8217;aimer&#8221; (p51), c&#8217;est absurde et il n&#8217;y a aucune chance que ça s&#8217;arrange du côté de l&#8217;amour. L&#8217;amour ne peut être pensé comme question politique</strong>. La philia qui nous tient ensemble, la fraternité ou la solidarité plutôt sont bien des questions politiques mais certainement pas l&#8217;amour même s&#8217;il y a des similitudes entre coup de foudre et insurrection (voir <a href="http://jeanzin.fr/ecorevo/psy/alberoni.htm">Alberoni</a>). Si le désir de reconnaissance, plus que l&#8217;amour, est effectivement un moteur de l&#8217;histoire, c&#8217;est d&#8217;y déployer ses contradictions. La nuance est de taille, car ce n&#8217;est certainement pas par &#8220;manque d&#8217;intelligence du coeur&#8221; que les révolutions tournent mal <!--more-->(ou que &#8220;les histoires d&#8217;amour finissent mal, en général&#8221;), position qui permet de juger les autres de haut mais n&#8217;a aucune base anthropologique. La conception gorzienne du sujet comme mauvais sujet est à mille lieux de ce moralisme normalisateur et surtout il est dangereux et illusoire de croire qu&#8217;il suffit d&#8217;éliminer les méchants, de changer simplement les hommes pour que ça se passe mieux alors que ce sont les structures qu&#8217;il faut changer (sans en attendre de miracles). Il faut dire que nous avons une lecture diamétralement opposée du &#8220;Traître&#8221; qui inaugure l&#8217;oeuvre de Gorz et de &#8220;Lettre à D.&#8221; qui la clôture. En effet, je vois dans &#8220;Le Traître&#8221; une tentative héroïque d&#8217;atteindre à l&#8217;authenticité, jusqu&#8217;au malaise et au vide insupportable, sa dernière lettre d&#8217;amour me paraissant plutôt une façon de tirer le rideau et de recouvrir la cruelle vérité par un discours de bienséances qui ne soit pas aussi trompeur qu&#8217;une vérité trop brutale. C&#8217;est le triomphe de l&#8217;amour si l&#8217;on veut, mais dans l&#8217;aveu d&#8217;y avoir été absent.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Je m&#8217;attache, dans mon propre texte, André Gorz, pionnier de l&#8217;écologie politique, à restituer la véritable position politique d&#8217;André Gorz et l&#8217;alternative écologiste qu&#8217;il défendait dans &#8220;Misères du présent, richesse du possible&#8221;. Il me semble que cette petite synthèse peut être utile pour les écologistes anti-capitalistes, même si elle reflète surtout mes propres positions, sans aucun doute, ce que j&#8217;ai retiré de son oeuvre pour le projet écologiste. Je ne prétends pas être un fidèle disciple même si je partage les grandes lignes d&#8217;une écologie politique humaniste, existentialiste si l&#8217;on veut, centrée sur la qualité de la vie et l&#8217;autonomie. Par contre, je m&#8217;éloigne de plus en plus des théories de l&#8217;aliénation, la notion d&#8217;homme total ou même d&#8217;authenticité me paraissant désormais complètement dénués de sens, pur flatus voci, et devant être remplacés par des concepts plus modestes et concrets comme ceux de domination et d&#8217;exploitation, du côté négatif, ou d&#8217;autonomie et de développement humain du côté positif. Une <a href="http://jeanzin.fr/index.php?2008/06/21/139-l-ecologie-politique-une-ethique-de-liberation">première version</a> de l&#8217;article est disponible sur le blog depuis le 21 juin 2008 (traduit même <a href="http://jeanzin.fr/index.php?2008/07/16/142-gorz-un-pionero-de-la-ecologia-politica">en espagnol</a> !).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Rien à redire à l&#8217;article de Carlo Vercellone, L&#8217;analyse &#8220;gorzienne&#8221; de l&#8217;évolution du capitalisme où il montre que pour Gorz, contrairement à Yann Moulier-Boutang par exemple, le capitalisme cognitif est la fin du capitalisme.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Denis Clerc et Dominique Méda tournent surtout autour de leurs propres contradictions sur la &#8220;valeur travail&#8221;, passant à côté du travail autonome qui se généralise. Cela donne une idée des difficiles conversions idéologiques nécessaires pour comprendre les évolutions du travail depuis quelques dizaines d&#8217;années. On peut être d&#8217;accord avec eux que l&#8217;automatisation ne crée pas le chômage, dont les causes sont monétaires on le voit bien, mais c&#8217;est quand même ce qui tue l&#8217;emploi industriel et pousse à la sortie d&#8217;un salariat précarisé.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Ce qui est intéressant dans le récit de Marie-Louise Duboin sur les rapports de Gorz avec l&#8217;économie distributive, c&#8217;est qu&#8217;on voit bien qu&#8217;il abandonnera une critique trop radicale de la technique et de l&#8217;automatisation afin de réduire le travail hétéronome et favoriser le travail autonome. C&#8217;est d&#8217;ailleurs à cause de cela que certains doctrinaires de la décroissance osent le qualifier de productiviste ce qui est insensé au regard de l&#8217;alternative qu&#8217;il défend !</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">La contribution de Jean-Baptiste de Foucauld aussi témoigne de la confusion des débats autour du travail, débats dans lesquels André Gorz apportait des éléments incontournables même si c&#8217;est peu de dire qu&#8217;ils étaient difficilement pris en compte. Là, il est un peu comique de voir un grand commis de l&#8217;Etat qui n&#8217;aime pas les mesures étatiques, encore moins le revenu garanti considéré comme le diable (une démission!). L&#8217;utopie qu&#8217;il défend encore d&#8217;un &#8220;temps choisi&#8221; néglige le fait que le temps ne peut être choisi quand le travail n&#8217;est pas autonome et surtout il ne prend pas en compte le fait que le travail ne peut plus se mesurer en &#8220;temps de travail&#8221; dans une production immatérielle largement non-linéaire !</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Pour sa part, Philippe Van Parijs n&#8217;arrive pas à sortir du point de vue de l&#8217;individualisme méthodologique et témoigne du plus grand mal à lier écologie et autonomie alors qu&#8217;on ne peut les dissocier puisque l&#8217;autonomie est à la base de la vie et des systèmes complexes, de l&#8217;articulation du local au global. C&#8217;est pour cela qu&#8217;on a besoin d&#8217;autonomie à l&#8217;ère de l&#8217;information reliant écologie et développement humain. De même, en l&#8217;absence d&#8217;une conception systémique, il isole beaucoup trop l&#8217;allocation universelle, se préoccupant plus qu&#8217;elle soit juste que productive !</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Passer ensuite à l&#8217;interview de Gorz par les syndicalistes allemands, L&#8217;homme, un être qui a à se faire ce qu&#8217;il est, c&#8217;est une bouffée d&#8217;air&#8230;</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Sommaire</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">- Itinéraire d&#8217;un penseur, Christophe Fourel, p 13</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">- De Kay à Dorine, penser les enjeux émotionnels de la transformation sociale, Patrick Viveret, p37</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">- André Gorz, pionnier de l&#8217;écologie politique, Jean Zin, p 57</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">- L&#8217;analyse &#8220;gorzienne&#8221; de l&#8217;évolution du capitalisme, Carlo Vercellone, p 77</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">- Emploi et travail chez André Gorz, Denis Clerc et Dominique Méda, p 99</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">- André Gorz et l&#8217;économie distributive, Marie-Louise Duboin, p123</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">- Gorz et le temps choisi, un débat inachevé, Jean-Baptiste de Foucauld, p 145</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">- De la sphère autonome à l&#8217;allocation universelle, Philippe Van Parijs, p 161</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Textes inédits d&#8217;Angré Gorz :</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">- L&#8217;homme, un être qui a à se faire ce qu&#8217;il est, p179</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">- Kafka et le problème de la transcendance, p198</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">- Nous sommes moins vieux qu&#8217;il y a 20 ans, p230</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Mes articles sur André Gorz :</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">- <a href="http://jeanzin.fr/index.php?2008/06/21/139-l-ecologie-politique-une-ethique-de-liberation">L&#8217;écologie politique, une éthique de libération</a> 21/06/08</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">- <a href="http://jeanzin.fr/index.php?2007/10/08/115-andre-gorz-la-richesse-du-possible">André Gorz &#8211; la richesse du possible</a> 08/10/07</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">- <a href="http://jeanzin.fr/index.php?2007/09/25/112-andre-gorz">André Gorz, une écologie politique</a> 25/09/07</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"> </p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"> </p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Jean Zin : Programme minimal d'un système alternatif]]></title>
<link>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/01/28/jean-zin-programme-minimal-dun-systeme-alternatif/</link>
<pubDate>Wed, 28 Jan 2009 12:27:12 +0000</pubDate>
<dc:creator>pascalbourgois2</dc:creator>
<guid>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/01/28/jean-zin-programme-minimal-dun-systeme-alternatif/</guid>
<description><![CDATA[agoravox.fr, Jean Zin, le 27 janvier 2009 Programme minimal On rêve de tous côtés d’un après-capital]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><a href="http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=50706">agoravox.fr</a>, Jean Zin, le 27 janvier 2009</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Programme minimal</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>On rêve de tous côtés d’un après-capitalisme qui reste complètement mythique alors que ce qui se met en place pour l’instant ce n’est qu’une régulation minimale du système, son renforcement beaucoup plus que sa remise en cause, même s’il y a des inflexions notables vers plus de justice sociale ainsi qu’une totale déconsidération des classes supérieures et de leur cynisme, considérées désormais comme aussi parasitaires et inutiles que la noblesse a pu l’être aux tout débuts de la révolution industrielle ! </strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Certes, pour le moment on est encore dans &#8220;l’avant-guerre&#8221;, avant les &#8220;événements&#8221; qui se multiplient un peu partout, avant que les conséquences de l’effondrement ne se fassent sentir socialement dans la vie de tous les jours. Pour l’instant tout cela reste abstrait, de l’ordre de l’événement médiatique qu’on proclame si facilement historique voire révolutionnaire alors qu’on avait perdu la notion même d’événement dans un monde où plus rien ne semblait pouvoir changer. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>L’histoire risque de bousculer ces trop beaux ordonnancements et la catastrophe engendrer des possibilités nouvelles mais il n’y a jamais création ex nihilo. Les révolutions s’inspirent inévitablement de philosophies et d’expériences révolutionnaires précédentes plus qu’elles n’en inventent de toutes pièces. On part toujours de quelque part. Il n’est donc pas inutile de faire un état des lieux des propositions qui émergent pour l’instant afin de tenter d’évaluer leur portée et tirer le maximum du peu de potentialités révolutionnaires qu’elles laissent. </strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Il faut bien dire que, pour l’instant, en fait de révolution, ça ne va pas très loin ! Même s’il y a un sensible retour des idées révolutionnaires, il y a bien peu de gens qui souhaitent une étatisation de l’économie avec suppression du marché et rationnement généralisé. Encore moins voudraient sortir de l’économie industrielle ! <strong>D’un autre côté, il y en a peut-être moins encore qui se projettent dans le futur d’un mode de vie plus écologique et d’une ère de l’information qui commence à peine&#8230; </strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Les <a href="http://www.democratie-socialisme.org/spip.php?article1754">revendications</a> qui émergent actuellement apparaissent très décevantes, on ne peut plus réformistes quand elles ne se cantonnent pas à la régulation du système financier. On peut penser que leur ensemble dessine malgré tout un autre modèle relativement révolutionnaire par rapport à la situation précédente, et qu’on pourrait comparer au programme du Conseil National de la Résistance d’où est née la Sécurité Sociale, bien qu’avec moins de cohérence et d’ambition (puisque les conventions collectives avaient l’ambition de sortir du marché du travail par des niveaux de salaires négociés en fonction du poste et des diplomes). Ce n’est pas la prise du palais d’hiver, non, ni la fin du capitalisme et plutôt une nouvelle de ses multiples métamorphoses comparable au fordisme des 30 glorieuses, mais ce ne serait déjà pas si mal quand même et presque une révolution si on pousse un peu au-delà. <strong>En tout cas il m’a semblé utile d’essayer d’en faire une liste minimum qui puisse trouver un large accord, à compléter mais en restant dans l’essentiel, et comment dans ce cadre aller un peu plus loin. </strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>J’ai assez souvent martelé, en long, en large et en travers, ce qui me semblait, à la suite d’André Gorz, la condition d’alternatives locales à la globalisation marchande</strong> : <a href="http://jeanzin.fr/index.php?2006/10/18/68-revenu-garanti-cooperatives-municipales-et-monnaies-locales">revenu garanti, monnaies locales et coopératives municipales</a>. De même, comme Jacques Robin et le Grit, j’ai toujours insisté sur <strong>la nécessaire prise en compte de l’ère de l’information et du devenir immatériel d’un travail où l’autonomie est devenue centrale.</strong> Il s’agit de voir comment ces orientations peuvent s’insérer dans les revendications plus traditionnelles et les mesures plus globales. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Le renversement du communisme dans son contraire nous rend certes moins naïfs que les anciens révolutionnaires. C’est un acquis historique et cognitif qui est décisif. Dans une démocratie on ne peut plus imaginer incarner le peuple et changer simplement le pouvoir en &#8220;renversant les oppresseurs&#8221;. <!--more-->Il n’y a plus de sujet de la révolution et le peuple qui se soulève connaît ses divisions. Son but ne peut plus se limiter à la conquête mystique du pouvoir, ni même son appropriation par tous, nécessaire mais qui ne pourrait satisfaire comme telle que des revendications identitaires. <strong>Ce qui compte finalement, c’est uniquement le résultat concret dans la vie, en terme de fonctionnement, d’efficacité et de justice mais surtout d’autonomie, de développement humain et de solidarité effective</strong>. L’enjeu, c’est donc bien le changement de système, de dispositifs matériels et de rapports sociaux. Il s’agit de voir comment cela pourrait être possible concrètement, de quelles marges de manoeuvre peut-on disposer, bien loin de quelconques utopies métaphysiques, dans ce work in progress qui vient à peine de commencer. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">- International </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">On ne peut plus ignorer la dimension globale, internationale et financière. Imaginer que les marchés internationaux disparaissent est hors du possible actuellement même s’ils peuvent imploser par eux-mêmes un peu comme les banques ne se prêtent plus entre elles par perte de confiance ! <strong>Le renforcement de la &#8220;gouvernance mondiale&#8221; sera sans doute la première conséquence de la crise</strong> même si ce n’est pas gagné et l’enjeu du prochain &#8220;Bretton Woods&#8221;. Sans autorité supra-étatique il sera difficile de lutter contre les paradis fiscaux, entre autres. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Il semble peu probable qu’on arrive à imposer une monnaie mondiale (Bancor) pour remplacer le dollar mais ce n’est pas forcément le plus souhaitable. Il y a des arguments, défendus notamment par <a href="http://www.arhv.lhivic.org/index.php/2008/10/25/850-le-monde-qui-vient">Jacques Sapir</a>, pour revenir à des monnaies nationales en Europe afin de tenir compte des différentiels de développement. La solution serait peut-être d’une monnaie mondiale constituée à partir d’un panier de devises et réservée aux banques, mais aussi de grandes devises par grands ensembles géographiques relativement homogènes, en gardant des monnaies nationales (avec des monnaies locales in fine). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Pour le reste, c’est le rapport de force international qui décidera. <strong>Tout ce qu’on peut faire, c’est des alliances, intégrer des réseaux alternatifs, favoriser des échanges plus équitables</strong>. Au niveau européen, après le changement de statut de la BCE et l’abandon de la priorité à la lutte contre l’inflation ainsi que d’une concurrence aveugle, il faudrait parvenir à une meilleure coordination des mesures économiques avec une relative harmonisation fiscale et sociale qui devient urgente. <strong>On ne pourra éviter non plus une certaine dose de protectionnisme, au moins défensif face aux autres pays, même si c’est un jeu dangereux, contrairement au localisme et à la relocalisation qu’il faut encourager sans retenue.</strong> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">- Démocratie </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>Il est indéniable que notre démocratie a perdu toute substance et doit se régénérer comme elle s’était régénérée dans la résistance ou l’affaire Dreyfus</strong>. On a besoin d’une réaffirmation des solidarités sociales et des droits des minorités mais<strong> il faut surtout revenir à des formes de démocratie plus directe et participative au niveau local au moins, sans en avoir des conceptions trop naïves</strong>. <strong>La commune a toujours été la base de la vie démocratique, cela n’empêche pas qu’il faudra trouver des moyens pour renforcer le contrôle des élus par les électeurs aux niveaux supérieurs (département, région, pays</strong>) et, notamment, interdire le cumul des mandats. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Au niveau national, il faut retrouver un contrôle de l’économie, notamment par des nationalisations lorsqu’elles sont nécessaires. Actuellement, la nationalisation des banques au moins (dont il ne faut attendre aucun miracle) mais il faudrait logiquement nationaliser, sinon régionaliser les entreprises dont on refuse la délocalisation (ce qu’on ne peut reprocher à une multinationale). <strong>Comme il semble difficile d’imaginer une étatisation totale de l’économie, cette économie mixte (ou plurielle), ne devrait pas changer fondamentalement le système, laissant place à un capitalisme simplement mieux régulé</strong>. Pour retrouver un pouvoir monétaire, il faudrait envisager peut-être, on l’a vu, le retour de monnaies nationales indexées sur l’Euro mais dont la parité pourrait être ajustée périodiquement. Peu probable à l’heure actuelle mais pas tout-à-fait impossible non plus. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Sans en faire un instrument miracle ni un gadget, <strong>les potentialités du numérique devront être exploitées pour améliorer l’information et la consultation des populations sinon leur intervention active, sans que cela puisse remplacer les réunions publiques et la démocratie de face à face (ni la démocratie représentative dont on ne peut se passer). </strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">- Ecologie </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>Pour l’écologie, le mouvement est déjà engagé avec Obama d’une &#8220;croissance verte</strong>&#8220;, dans le droit fil du <a href="http://jeanzin.fr/index.php?2008/03/09/130-le-plan-b-de-mr-brown">&#8220;Plan B&#8221; de Lester Brown</a>. On est très loin des ambitions de l’écologie-politique (encore plus de la &#8220;décroissance&#8221;) <strong>mais il faut certainement se réjouir malgré tout de ce capitalisme vert qui non seulement devient moins destructeur mais pourrait s’avérer indispensable dans un premier temps au moins pour accélérer la transition vers les énergies renouvelables, transition difficile qui ne pourra être immédiate</strong> (remplacement du parc automobile et des systèmes de chauffage sinon des constructions). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>La politique de grands travaux &#8220;écologiques&#8221; doit aussi être encouragée</strong>, <strong>les investissements des Etats pour sortir de la crise devant être orientés vers les secteurs prioritaires des économies d’énergie (isolation des bâtiments anciens), les transports en commun et les réseaux de ferroutage. </strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Tout cela est indispensable même si cela ne change rien fondamentalement au système actuel. <strong>Il faut absolument y joindre la relocalisation de l’économie et privilégier les circuits courts</strong> (grâce à des <a href="http://jeanzin.fr/index.php?2007/05/24/94-les-monnaies-locales-un-outil-pour-la-relocalisation-de-l-economie">monnaies locales</a> comme le Sol). <strong>C’est là que les potentialités révolutionnaires sont les plus grandes, mais les difficultés aussi&#8230; Il faudra du temps, c’est pourquoi la stratégie d’une économie plurielle est la seule réaliste permettant à la nouvelle économie, plus écologique, coopérative et adaptée à l’ère de l’information, de se structurer et de faire ses preuves. </strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">- Social </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>C’est au niveau social qu’il y a le plus de revendications, sans qu’elles soient véritablement en rupture avec le système actuel. Il s’agit plutôt d’un rééquilibrage, d’un meilleur partage Capital / Travail et d’une réduction des inégalités</strong>. On peut en discuter les moyens. Le revenu maximal demandé par certains ne peut être véritablement obtenu que par l’impôt sur les revenus dont il faut augmenter la progressivité jusqu’à 80% au moins pour la tranche supérieure (meilleur instrument de réduction des inégalités, on l’a vu après Roosevelt aux USA jusqu’à Reagan). La limitation arbitraire du rendement des actions semble par contre absurde (l’impôt ou une CSG progressive valant beaucoup mieux) et la baisse de la TVA demandée est une fausse bonne idée puisque la TVA présente l’avantage de taxer aussi les produits importés. Il vaut beaucoup mieux augmenter les salaires, la couverture chômage, les minima sociaux et les indexer sur l’inflation. Tout cela est incontournable. On ne peut malgré tout faire n’importe quoi et une augmentation excessive serait illusoire, ne faisant que générer une inflation équivalente, comme après Mai68, et finissant par se retourner violemment contre les travailleurs eux-mêmes. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Un autre des axes principaux des revendications sociales, c’est la sauvegarde et l’amélioration des services publics, en premier lieu la santé et l’éducation, ainsi que du statut de fonctionnaire trop décrié et qui est une caractéristique française dont on n’a pas à rougir même si ce n’est pas un statut généralisable, qu’il doit être amélioré et que certains services publics peuvent être rendus par des entreprises privées. Les services publics doivent être bien sûr économes des deniers publics mais leur mission est bien d’optimiser leur service et l’égalité des citoyens avant d’optimiser leurs coûts. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>Le dernier axe important concerne la précarité mais c’est là que les propositions semblent le plus insuffisantes en même temps qu’elles se multiplient sous différentes formes</strong>. Non seulement le droit du travail est menacé mais c’est l’emploi lui-même qui tend à disparaître comme statut social permanent au profit de l’intermittence et d’une précarité qui se généralise malgré les protections sociales destinées à s’en protéger. On invoque une &#8220;sécurité professionnelle&#8221; et une interdiction de licenciements qui ont l’inconvénient de ne protéger que les salariés en place, sans compter que c’est impraticable (par contre une co-gestion avec les salariés serait effectivement souhaitable pour équilibrer le pouvoir des actionnaires). On voudrait simplement restaurer une situation antérieure dépassée et nos droits acquis mais, d’y échouer inévitablement, on prive ainsi de droits tous ceux qui n’ont pas accès à un emploi fixe. C’est de faire dépendre nos droits de l’entreprise qui n’est plus possible. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">La nostalgie d’une époque révolue reste aveugle aux transformations du travail à l’ère de l’information ainsi qu’à son contenu, négligeant beaucoup trop la question des conditions de travail alors que le travail représente une grande part de notre vie et qu’il n’y a rien de plus important que de <a href="http://jeanzin.fr/index.php?2007/03/21/81-changer-le-travail-changer-la-vie">changer le travail pour changer la vie</a>. <strong>Le développement du travail autonome, auquel le statut d’auto-entrepreneur devrait donner une plus grande visibilité, est le grand absent des luttes sociales animées par des syndicats de salariés qui par définition n’y sont guère sensibles, ayant renié leur ancien objectif de sortir du salariat</strong>. Il faudrait faire des syndicats de travailleurs et non pas seulement de salariés. Il y a absolument besoin de syndicats dans les entreprises (cela devrait même être obligatoire) mais il faut aussi défendre les travailleurs en dehors des entreprises. C’est en tout cas un des enjeux du moment de faire entrer cette question du travail autonome dans le mouvement social sans nuire en rien aux salariés mais sans rejeter dans la précarité la plus totale tous les exclus du système. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>Le pas qu’il faudrait franchir, véritablement révolutionnaire, c’est celui du passage de la sécurité sociale au développement humain, une inversion de logique basée sur le revenu garanti permettant le passage du travail forcé au travail choisi</strong>. Il est frappant de voir que la liste s’allonge de ceux dont on veut garantir le revenu (salariés, chômeurs, retraités, jeunes, handicapés, travailleurs pauvres, intermittents, insertion etc.) sans vouloir se résoudre à faire de l’autonomie financière un droit de l’homme et la condition première d’un développement humain, ce qui serait une révolution, en effet ! Par contre, sans revenu garanti, le développement humain ne serait rien d’autre qu’un faux semblant comme le prétendu développement durable l’a été trop longtemps. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">- L’ère de l’information </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Jamais ou presque il n’est question dans les débats politiques de l’ère de l’information qui bouleverse déjà toutes les données pourtant. Ce ne sont pas les infrastructures physiques qui posent le plus de problèmes mais la prise en compte de la nouvelle donne induite, en premier lieu dans le travail, par les réseaux numériques, la convergence numérique (interopérabilité) et la question de l’accès à ces potentialités, comme à l’écriture avant. <strong>L’école, la formation, la recherche et l’université deviennent beaucoup plus centrales encore, quoique sous des formes qui devront être mieux adaptées aux &#8220;nouvelles technologies&#8221;. La coopération, l’assistance et les services à la personne devront se multiplier à mesure que le niveau exigé monte&#8230; </strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">La question du téléchargement ne peut être ignorée, c’est-à-dire de la gratuité numérique puisque reproductible à coût négligeable. Rien ne pourra aller contre, c’est le pas qu’il faut faire pour entrer dans l’ère de l’immatériel. Le revenu garanti tire une partie de sa justification comme contrepartie de cette gratuité numérique et de toutes les autres &#8220;externalités positives&#8221; non rémunérées, tenant compte du caractère statistique et coopératif de la créativité artistique comme de la recherche scientifique. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">On voit qu’il ne s’agit pas seulement des quelques possibilités supplémentaires apportées par la démocratie électronique mais que <strong>les nouvelles forces productives immatérielles exigent de nouveaux rapports sociaux et donc des changements révolutionnaires dans la production et l’organisation sociale, un système alternatif dans une économie plurielle.</strong> C’est parce que la productivité devient non-linéaire et globale que le revenu garanti s’imposera. C’est parce que les réseaux numériques déterritorialisent qu’il faudra bien se saisir des instruments de relocalisation qui permettent de les équilibrer. C’est parce que l’autonomie est devenue productive qu’il faudra bien construire toutes les institutions du travail autonome et du développement humain. Et c’est la combinaison du <a href="http://jeanzin.fr/index.php?2006/10/18/68-revenu-garanti-cooperatives-municipales-et-monnaies-locales">revenu garanti, des monnaies locales et des coopératives municipales</a> qui constituera, peut-être, le germe qu’une véritable révolution à venir ? </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">On voudrait mieux, c’est certain, mais c’est du moins ce qu’on peut raisonnablement espérer obtenir à ce jour, me semble-t-il, sauf effondrement complet plus que possible encore. Tout ceci n’est cependant qu’un premier jet où j’ai sans doute oublié l’essentiel, et qui devra être étoffé. Ce n’est certes pas le grand soir, à peine les premières lueurs de l’aube&#8230;</span></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Jean Zin : Les 4 alternatives écologistes]]></title>
<link>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/01/22/jean-zin-les-4-alternatives-ecologistes/</link>
<pubDate>Thu, 22 Jan 2009 10:34:25 +0000</pubDate>
<dc:creator>pascalbourgois2</dc:creator>
<guid>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/01/22/jean-zin-les-4-alternatives-ecologistes/</guid>
<description><![CDATA[Jean Zin, le 7 décembre 2003 Les propositions des écologistes me semblent pouvoir se répartir selon ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><a href="http://jeanzin.fr/ecorevo/politic/alternat.htm">Jean Zin</a>, le 7 décembre 2003</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Les propositions des écologistes me semblent pouvoir se répartir selon 4 axes : </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">1) <strong>la correction de la valeur économique afin d&#8217;obtenir une &#8220;vérité des prix&#8221; écologique, l&#8217;internalisation des externalités par des taxes et l&#8217;orientation des mécanismes de marché vers les solutions écologiques (ecolabels, commerce équitable, normes, subventions) ainsi que la constitution d&#8217;un secteur protégé hors marché (biens communs et tiers-secteur).</strong> Ces mécanismes correctifs (de régulation par le marché) sont sensés rendre le productivisme capitaliste plus efficace écologiquement moins destructeur et plus durable. C&#8217;est donc ce qu&#8217;on peut appeler le productivisme durable.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">2) <strong>Une autre façon de résoudre le problème d&#8217;une croissance destructrice serait de restreindre le productivisme en ralentissant la croissance, dans la production par la réduction continue du temps de travail et dans la consommation par la frugalité volontaire, tout cela sans changer la logique du système mais en luttant simplement contre ses excès et en essayant de garder les protections salariales</strong>. C&#8217;est la même chose, mais en moins (ou en mieux), une économie &#8220;plus économe&#8221;, ce qu&#8217;on peut appeler un productivisme bridé.<br />
3) <strong>Ceux qui défendent une décroissance conviviale se situent par contre clairement dans une alternative au productivisme et une critique de l&#8217;économisme dominant. C&#8217;est la version politique de l&#8217;écologisation de l&#8217;économie, les régulations économiques étant remplacées par des régulations collectives débattues publiquement</strong>. Ce n&#8217;est pas un retour aux économies planifiées et centralisées puisque c&#8217;est au contraire une relocalisation de l&#8217;économie, une auto-gestion démocratique décentralisée de la production et des échanges ; mais il faut bien dire que les modalités et leur efficacité restent problématiques.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">4) <strong>Enfin, la dernière façon de répondre à un productivisme insoutenable est de construire une production alternative tirant partie de la révolution informationnelle pour réorienter l&#8217;économie sur le développement humain, les services et les consommations immatérielles en passant d&#8217;une logique concurrentielle à une logique coopérative et d&#8217;une productivité à court terme à l&#8217;investissement dans l&#8217;avenir</strong>, c&#8217;est-à-dire en développant l&#8217;autonomie de chacun, en particulier l&#8217;autonomie financière par une garantie de revenu. C&#8217;est la seule alternative concrète qui me semble à la hauteur des mutations en cours et d&#8217;une écologie qui doit nous apprendre à penser à long terme.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>On remarquera justement qu&#8217;il y a une certaine gradation dans ces différentes alternatives, à plus ou moins long terme, et chacune des politiques défendues est susceptible d&#8217;utiliser accessoirement les propositions précédentes. Ainsi, la décélération de la croissance ne répugne pas à utiliser les écotaxes, la décroissance conviviale prône la réduction du temps de travail et la multiplication par 10 des prix du pétrole, le revenu garanti est inséparable d&#8217;une relocalisation de l&#8217;économie et les coopératives municipales ne peuvent se passer de régulations collectives, etc</strong>. Pourtant ces stratégies ne sont pas équivalentes ni toujours compatibles et, pour des écologistes, les mesures à court terme ne prennent sens qu&#8217;en fonction des objectifs à long terme. C&#8217;est pourquoi, même si le revenu garanti n&#8217;est pas notre horizon immédiat, il me semble que c&#8217;est seulement dans ce cadre qu&#8217;on peut parler d&#8217;une véritable alternative écologiste.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Il s&#8217;agit d&#8217;examiner les arguments pour ou contre chacune des solutions afin d&#8217;essayer de construire un consensus à partir de nos divergences, sur la pertinence et le cadre des politiques à défendre selon le contexte et les enjeux.<!--more--></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">1) <a href="http://jeanzin.fr/ecorevo/politic/ecoecono.htm"><span style="color:#009900;">L&#8217;Eco-économie</span></a> <strong>libérale</strong> (vérité des prix, pollueur payeur, Lester R. Brown)</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Il y a tout un courant d&#8217;<a href="http://jeanzin.fr/ecorevo/philo/econolog.htm"><span style="color:#009900;">économie écologiste</span></a>, déjà ancien (Pigou 1920, Odum 1955, Georgescu-Roegen 1966) qui essaient d&#8217;intégrer dans l&#8217;économie les coûts écologiques (externalités). Le défaut du marché serait de ne pas refléter la vérité des prix qu&#8217;il suffirait de rétablir, pour certains, par des écotaxes ou une internalisation des &#8220;externalités négatives&#8221; (c&#8217;est le mot d&#8217;ordre &#8220;pollueurs payeurs&#8221; des écotaxes qui donne le droit de polluer aux plus riches et suppose qu&#8217;on peut donner un prix à la pollution) alors que d&#8217;autres prétendent substituer à la valeur économique une mesure objective de la valeur par l&#8217;énergie incorporée (émergie!). L&#8217;orientation des mécanismes de marché vers des solutions plus écologiques se fait essentiellement par la fiscalité, les normes, les subventions, si ce n&#8217;est de simples ecolabels. On peut rattacher le commerce équitable à ces versions écologiques d&#8217;un marché régulé et d&#8217;une vérité des prix. Dans ces conceptions purement économiques de l&#8217;écologie, un secteur de biens communs est protégé, exclu du marché, et un tiers-secteur se constitue en marge du système pour intégrer les exclus du travail salarié mais on peut douter du caractère alternatif de ce tiers secteur, défendu par Jeremy Rifkin, qui est plutôt un résidu du marché et du salariat, de zones laissées en friche par manque de rentabilité marchande.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Dans cette perspective, il n&#8217;y aurait aucune antinomie entre écologie et croissance économique, la croissance étant une lutte contre la rareté. Les partisans de l&#8217;éco-économie &#8220;soulignent qu’il va falloir changer en un temps record l’essentiel de nos infrastructures : remodeler l’urbanisme, changer d’habitat, reconfigurer les moyens de production dans la plupart des industries, etc. Cet énorme effort d’investissement est générateur de croissance et, à la fois, nécessite de la croissance pour être mis en œuvre : la croissance faible des vingt dernières années en Europe a plus freiné la transformation écologique des modes de production et de consommation qu’elle ne l’a accélérée&#8221; (Alternatives économiques, janvier 2004). De plus, le simple fait d&#8217;imposer des écotaxes supplémentaires est mécaniquement un facteur de croissance du PIB !</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Pour : Le meilleur argument ici, c&#8217;est la faisabilité immédiate puisqu&#8217;il n&#8217;y a rien à changer, ou presque, en dehors de la fiscalité et de normes, avec des effets à court terme qu&#8217;on ne saurait négliger. Il y a même un certain nombre de cas où ces mesures peuvent régler de véritables déséquilibres ou amorcer des processus à très long terme. C&#8217;est la logique de Kyoto. On peut dire que ce capitalisme régulé est un minimum. Il n&#8217;y a pas de raisons de s&#8217;y opposer, il faut pousser tout ce qui va dans le bon sens. Un argument à prendre en compte, c&#8217;est la maîtrise démographique qui est l&#8217;un des premiers effets du décollage des économies et de l&#8217;accès des femmes au travail salarié ; la croissance économique aurait donc dans ce cas des effets écologiques positifs.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Contre : Ce n&#8217;est pas une solution à long terme à la hauteur des menaces écologiques, c&#8217;est bien le mode de développement qu&#8217;il faut changer. Ce qu&#8217;on économise d&#8217;un côté, on le perd de l&#8217;autre. Il y a presque toujours un effet rebond : &#8220;à chaque fois qu’on a réussi à économiser telle ou telle matière première pour produire un bien ou un service, l’effet de ce gain d’éco-efficience a été plus que compensé par un accroissement encore plus important des quantités produites&#8221; (Alternatives économiques). L&#8217;inconvénient c&#8217;est donc surtout d&#8217;entretenir l&#8217;illusion que cela pourrait être suffisant, justifiant de continuer les destructions industrielles. La promotion du développement durable sert surtout à ne rien faire ou presque. Il n&#8217;y a pas de valeur objective et l&#8217;énergie n&#8217;est pas l&#8217;unique valeur (on n&#8217;est pas un système dynamique fermé mais ouvert). On ne peut internaliser les externalités car tout n&#8217;est pas mesurable et quantifiable. Les valeurs vitales n&#8217;ont pas de prix. En général, ces théories restent prisonnières de l&#8217;ancien schéma industriel fordiste, incapables de prendre en compte les transformations considérables que nous vivons dans la production comme dans la consommation, le passage de la société énergétique à la société de l&#8217;information. Enfin le moins qu&#8217;on puisse dire c&#8217;est qu&#8217;il n&#8217;y a aucun souci d&#8217;écologie sociale dans les écotaxes qui sont supportées par les plus pauvres sans gêner les plus riches. Comme tous les mécanismes de marché, les écotaxes aggravent les inégalités en donnant l&#8217;exclusivité du droit de polluer aux riches. On doit préférer des systèmes de quotas, quand c&#8217;est possible.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">2) <strong>Ralentissement de la croissance (RTT et frugalité</strong>, <a href="http://jeanzin.fr/ecorevo/politic/revenus/harribey.htm"><span style="color:#009900;">JM Harribey</span></a>)</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Une tendance plus ambitieuse, face à l&#8217;impasse de la croissance propose des mécanismes sensés réduire production et consommation par la réduction du temps de travail et une frugalité volontaire (ou simplicité volontaire, ou sobriété) qui devraient transformer le productivisme en économie économe sans changer la logique du système mais en luttant simplement contre ses excès tout en essayant de sauvegarder les protections salariales. On peut y rattacher les écologistes influencés par les syndicats gauchisants et dont l&#8217;idéologie salariale prétend équilibrer le pouvoir du capital par les syndicats de salariés jusqu&#8217;à contrôler les entreprises pour en changer la logique en imposant des productions écologiques et socialement responsables ! Comment arriver à brider le productivisme du système capitaliste sans en changer le fonctionnement ? Essentiellement par des normes, des taxes mais surtout cette réduction du temps de travail qui voudrait nous condamner finalement à ne travailler que 2 heures par jour ! C&#8217;est une vision assez uniformisante et étatique du contrôle de l&#8217;économie (un Etat fort contre l&#8217;argent fort).<br />
Pour : La réduction du temps de travail a plusieurs avantages. Sur le court terme elle peut aider à diminuer le chômage, elle favorise la vie de famille, améliore la vie des femmes surtout, laisse plus de temps à la production de soi (formation, information) et à toutes les activités non marchandes indispensables à la production, bien que non rémunérées. On peut penser aussi que la frugalité volontaire a valeur d&#8217;exemple, témoignant du sérieux des menaces écologiques.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Contre : La RTT est une mesure adaptée à une production de masse et des emplois standardisés mais qui se trouve décalée par rapport à une production flexible et l&#8217;individualisation des parcours. Surtout, le temps de travail est de moins en moins significatif n&#8217;ayant plus de sens dans les travaux créatifs et la résolution de problèmes. Il faudrait préférer le &#8220;temps choisi&#8221; et la modulation du temps travaillé selon les âges de la vie plutôt qu&#8217;une réduction uniforme des heures travaillées. Contrairement aux attentes, les 35h ont favorisé la flexibilité et la désorganisation des temps sociaux. Enfin cela ne réduit en rien le productivisme et si le temps hors travail peut en être amélioré, le stress au travail a lui plutôt augmenté. Ni la réduction du temps de travail ni la frugalité volontaire n&#8217;affectent significativement un productivisme qui s&#8217;accommode d&#8217;un chômage de masse et d&#8217;une misère immense, frugalité non volontaire de milliards d&#8217;humains qui ne freinent en rien les destructions écologiques d&#8217;un système industriel qu&#8217;il faut réorienter vers l&#8217;immatériel et les services. Le gaspillage ne résulte pas de nos faiblesses individuelles mais du système de production lui-même, il est complètement structurel dans notre société de consommation. On peut dire comme Hannah Arendt que &#8220;rien de pire qu&#8217;une société de travailleurs sans travail&#8221;, et, comme le reprend Serge Latouche, &#8220;rien de pire qu&#8217;une société de croissance sans croissance&#8221;.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">3) <strong>Décroissance conviviale</strong> (régulation politique, <a href="http://etatsgeneraux.org/economie/livres/latouche.htm"><span style="color:#009900;">Serge Latouche</span></a>)</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Pour les partisans de la décroissance conviviale, non seulement la croissance n&#8217;est pas soutenable, ni notre mode de développement, mais c&#8217;est l&#8217;économie elle-même qu&#8217;il faut dépasser en repolitisant et relocalisant l&#8217;économie. On remplace donc le marché par une autogestion par les communautés locales de leurs ressources et de leurs échanges, redéfinissant leurs besoins et supprimant le gaspillage. Passage au politique, à une gestion collective mais contrairement aux économies planifiées centralisées c&#8217;est un processus démocratique décentralisé. Il faut bien dire pourtant que les modalités et leur efficacité restent problématiques au-delà des mesures préconisées par les précédents (sobriété, écotaxes, RTT). Il faudrait se débrouiller avec les 6 &#8220;R&#8221; : réévaluer, restructurer, redistribuer, réduire, réutiliser, recycler.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Pour : La dimension politique est effectivement essentielle, d&#8217;un projet collectif débattu démocratiquement, ainsi que la construction d&#8217;une production alternative relocalisée. Les critiques adressées au développement prétendu durable sont très justes. Mettre en avant le terme de décroissance a un effet pédagogique certain. Il y a beaucoup d&#8217;expériences et de propositions à prendre en compte.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Contre : On peut y voir un certain volontarisme irréaliste, une surévaluation du politique alors que les forces sociales qui seraient nécessaires manquent absolument. On ne peut supprimer complètement la spécificité économique. La décroissance est nécessaire mais cela reste un objectif quantitatif alors qu&#8217;il faudrait passer au qualitatif; à ce qui devrait constituer notre projet collectif. Il ne faut pas assimiler croissance et développement, même si on utilise habituellement un mot pour l&#8217;autre : pour les écosystèmes la croissance est quantitative, exigeant de l&#8217;énergie supplémentaire, alors que le développement est qualitatif, c&#8217;est une complexification et une optimisation de l&#8217;utilisation énergétique (bottom-up). Enfin la révolution informationnelle est la plupart du temps complètement ignorée ou même rejetée violemment. On reste dans l&#8217;économie énergétique, voire pré-industrielle au lieu de s&#8217;affronter aux défis de l&#8217;économie immatérielle post-industrielle.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">4) <strong>Libération des nouvelles forces productives immatérielles</strong> (<a href="http://jeanzin.fr/ecorevo/politic/revenus/index.htm"><span style="color:#009900;">revenu garanti</span></a>)</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Nous sommes rentrés avec la révolution informationnelle et ses réseaux de communication dans une nouvelle économie bien différente de l&#8217;économie fordiste des 30 glorieuses. On désigne habituellement notre économie globalisée comme capitalisme financier (patrimonial), après le capitalisme managerial et le capitalisme entrepreneurial (l&#8217;actionnaire après le dirigeant et le propriétaire). On peut cependant la caractériser bien mieux par son contenu, de plus en plus immatériel, par son organisation en réseau ou par son pilotage par objectif (après la planification autoritaire). Ce n&#8217;est pas tout. A l&#8217;opposée de l&#8217;économie de l&#8217;offre industrielle, nous sommes désormais dans une économie de la demande et des services, d&#8217;une production flexible, en flux tendu, épousant la demande &#8220;en temps réel&#8221;, dictature du court terme et du temporaire. Le travail aussi a été complètement transformé par l&#8217;arrivée des ordinateurs personnels et de l&#8217;automation. Plutôt que subordination ou force de travail, on demande désormais au travailleur un haut degré d&#8217;autonomie et la capacité de résolution de problèmes. Cette évolution positive a pour contrepartie une extension de la précarité et des exclus, ainsi que l&#8217;apparition d&#8217;une &#8220;fracture numérique&#8221;, pour lesquels les protections sociales actuelles sont scandaleusement inadaptées, développant la misère au sein même des pays riches. La question de la garantie du revenu insiste des retraites aux chômeurs, aux intermittents du spectacle, aux travailleurs pauvres, aux minima sociaux, base d&#8217;une nouvelle sécurité sociale et premier pas dans la démocratisation de l&#8217;accès à un emploi valorisant. En effet, le monde qui s&#8217;ouvre avec la mutation informationnelle (Internet, logiciels libres) est celui de l&#8217;accès, du développement humain, de la coopération et de la gratuité (car la reproduction de l&#8217;information a un coût marginal presque nul).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">A partir de cette situation historique c&#8217;est donc une libération des nouvelles forces productives immatérielles, par la construction de nouveaux rapports de production coopératifs et d&#8217;une production relocalisée alternative au capitalisme marchand, qui nous permettra de sortir du productivisme et de réorienter les consommations vers l&#8217;immatériel et les services. Il n&#8217;est pas question de se fier à une évolution technique qui se fait sans nous et nous dépasse mais ne nous sera pas favorable si nous ne faisons rien, si nous ne tirons pas parti des nouvelles possibilités qui s&#8217;offrent et ne luttons pas contre leurs conséquences néfastes. Rien ne se fera sans un projet collectif, une vision de notre avenir commun qui oriente nos politiques et structure notre économie.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Les alternatives qui prennent en compte l&#8217;ère de l&#8217;information dans toutes ses conséquences sont assez nombreuses, bien qu&#8217;elles manquent singulièrement de visibilité dans le conformisme ambiant. Il y a à la fois de très nombreux points communs entre différents auteurs et des points de vues très divers, plus ou moins radicaux. <a href="http://jeanzin.fr/ecorevo/politic/sen.htm"><span style="color:#009900;">Amartya Sen</span></a> (prix Nobel 1998) n&#8217;est pas classé ordinairement comme écologiste mais son développement humain comme développement des libertés et des capacités de l&#8217;individu me semble aussi incontournable que sa critique du PIB au profit d&#8217;indicateurs humains. On peut ajouter que la première condition de l&#8217;autonomie (pour les femmes notamment), c&#8217;est l&#8217;autonomie financière et donc la garantie d&#8217;un revenu. Pour des auteurs de plus en plus nombreux, l&#8217;alternative se construit donc autour du revenu garanti, à distinguer du revenu d&#8217;existence de Yoland Bresson (universel mais trop faible). En effet, André Gorz a montré la nécessité d&#8217;un revenu &#8220;suffisant&#8221; garanti, revenu de résistance ou d&#8217;autonomie permettant de ne pas être condamné aux petits boulots sous-payés. Un revenu garanti suffisant pousse les salaires et conditions de travail à la hausse, alors qu&#8217;un revenu insuffisant les pousse à la baisse. Il est a noter qu&#8217;André Gorz était opposé au revenu garanti il y a quelques années.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Pour certains le revenu garanti ne serait qu&#8217;une adaptation au capitalisme cognitif alors que c&#8217;est la base d&#8217;une production alternative et de nouveaux rapports de production, la transition exigeant une économie plurielle, avec pluralité des moyens d&#8217;échange (monnaies locales). Les Systèmes d&#8217;Echanges Locaux (SEL) en sont les précurseurs. Economie &#8220;avec marché&#8221; et non pas économie &#8220;de marché&#8221; comme le souligne Jacques Robin depuis longtemps. Bookchin a montré la nécessité de <a href="http://jeanzin.fr/ecorevo/politic/coopmuni.htm"><span style="color:#009900;">coopératives municipales</span></a> dans une indispensable relocalisation de l&#8217;économie et valorisation des compétences disponibles par les échanges locaux. Le distributisme réclamait depuis les années 1930 un revenu distribué à tous (sous forme d&#8217;une monnaie de consommation, non thésaurisable), afin surtout d&#8217;éviter les surproductions, et rejoint chez quelques uns ces nouvelles versions du revenu garanti en abandonnant plan, service social et contrat civique sensés définir rigidement nos besoins. Certains vont jusqu&#8217;à prôner la suppression de la monnaie (démonnaie), rejoignant l&#8217;économie de la gratuité de Bertrand de Jouvenel. Cependant, s&#8217;il faut étendre le champ de la gratuité supprimant les coûts de transaction et remplaçant les fluctuations du marché par une gestion politique du commun, ce n&#8217;est sûrement pas généralisable à tout et plutôt que de supprimer toute monnaie de la surface de la Terre (ce qui n&#8217;est pas possible car tout peut servir de monnaie comme autrefois le sel ou le chocolat), il faudrait plutôt des monnaies plurielles car la monnaie constitue une information précieuse et qui peut être indispensable pour valoriser un service ou pour adapter l&#8217;offre à la demande. Ce sont les consommations immatérielles et les transports en commun qui devraient être gratuits (ou payés avec une monnaie spécifique distribuée sous forme de bons par exemple) mais les marchandises et l&#8217;énergie ne peuvent pas être gratuites. Les luttes contre la brevetabilité du savoir et du vivant sont ici un enjeu clé, admettre que la logique de la concurrence et du profit n&#8217;est pas adaptée à la création collective, ni à la recherche coopérative (culture, sciences, logiciels libres). Le capitalisme n&#8217;appartient pas à l&#8217;avenir qui s&#8217;ouvre devant nous, celui de la production immatérielle même s&#8217;il gardera toujours une place importante dans cette économie de service, à côté de l&#8217;agriculture!</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Pour : Indispensable alternative à la hauteur des enjeux écologiques et de l&#8217;économie de l&#8217;avenir. Sa construction peut commencer localement sans attendre l&#8217;inutile grand soir car un nouveau système économique ne se bâtit pas en un jour. Son projet est mondial car ces idées insistent et se rejoignent de partout dans le monde (en Amérique du Sud notamment) malgré leur apparence marginale, en plus ou moins complète contradiction avec la logique économique que nous subissons encore, idées qui s&#8217;affermissent au fil des ans, au lieu de s&#8217;affaiblir, et gagnent les opposants d&#8217;hier. Le revenu garanti est une déclaration de paix sociale, base d&#8217;une complète réadaptation de nos protections sociales aux nouvelles forces productives et fin d&#8217;une pression économique productiviste (par la dépendance de prolétaires, dépourvus de tout, à la merci du capitalisme salarial). C&#8217;est une mesure qui s&#8217;impose comme seule solution réaliste à la précarité et l&#8217;intermittence qui se répandent. C&#8217;est en même temps la base d&#8217;une réorientation de l&#8217;économie vers le développement humain (la production de l&#8217;homme par l&#8217;homme) et donc vers les services. C&#8217;est, enfin, une conception non étatiste de l&#8217;économie, qui table sur le développement de l&#8217;autonomie des individus pour valoriser leurs compétences grâce à des structures collectives et construire une société plus écologique en passant d&#8217;une logique concurrentielle à une logique coopérative et d&#8217;une productivité à court terme à l&#8217;investissement dans l&#8217;avenir.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Contre : Les forces sociales sont très conservatrices (surtout les syndicats) et ces propositions ne sont soutenues pour l&#8217;instant par aucune structure politique française (sauf AC!). Il semble difficile d&#8217;avoir des débouchés à court terme, bien moins que sur le terrain de la réglementation du marché. Non seulement la base sociale est faible, dispersée, inconsistante mais il y a de fortes oppositions idéologiques à ce qui est qualifié d&#8217;assistanat (par les riches bénéficiant de l&#8217;assistance familiale) et accusé de tous les maux, de la misère même (on dit que c&#8217;est une &#8220;trappe à pauvreté&#8221;!). L&#8217;idéologie salariale et l&#8217;attachement quasi religieux à la &#8220;valeur-travail&#8221; y apportent beaucoup de confusions et de blocages avec pour résultat de laisser misère et précarité se développer sans protections. On voudrait obliger tout le monde à travailler alors même que les emplois manquent tout autant que l&#8217;argent pour les payer, sans savoir quoi faire faire à qui, comme si tout le monde était pareil et pouvait prendre n&#8217;importe quel travail&#8230; Il est certain qu&#8217;il faudra encore un assez long <a href="http://jeanzin.fr/ecorevo/politic/revenus/faq.htm"><span style="color:#009900;">débat public</span></a> pour faire admettre la légitimité de ces revendications qui insistent malgré tout et s&#8217;imposent dans les faits. Pour l&#8217;instant il y a encore trop de contradictions entre positions proches et une grande imprécision des procédures pratiques. Ce n&#8217;est pas un projet bouclé mais une réflexion en cours, qui travaille les mouvements sociaux. Pour la plupart, au regard de l&#8217;ancienne économie, c&#8217;est une pure utopie et on peut craindre de faire passer ainsi l&#8217;écologie pour une utopie alors que c&#8217;est le système de production actuel qui est utopique à plus ou moins long terme. Malgré toutes ces objections, un revenu garanti reste absolument vital pour un nombre de plus en plus grand de précaires et cette idéologie du plein emploi coûte vraiment trop cher aux chômeurs.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><span> </span>[Je n'ai pas pris en compte toutes les tendances écologistes, celles qui revendiquent un certain archaïsme ou conservatisme, celles qui veulent un recentrage communautariste ou le retour aux traditions. J'ai aussi ignoré délibérément les tentations protectionnistes ou de repli sur soi ainsi que les tendances purement environnementalistes ou ne se préoccupant que de la qualité de la vie, tout simplement parce que rien de tout cela ne répond au défi qui nous est posé au niveau planétaire d'un mode de développement qui n'est ni durable ni généralisable et auquel il faut trouver une alternative concrète.]</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"> </span></p>
</div>]]></content:encoded>
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