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	<title>hommages &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
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	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "hommages"</description>
	<pubDate>Wed, 23 Dec 2009 14:28:59 +0000</pubDate>

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<title><![CDATA[Brigitte Bardot à croquer ;-)]]></title>
<link>http://legrandmechantluxe.wordpress.com/2009/11/23/brigitte-bardot-a-croquer/</link>
<pubDate>Mon, 23 Nov 2009 16:30:12 +0000</pubDate>
<dc:creator>legrandmechantluxe</dc:creator>
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<description><![CDATA[En ce moment se tient à Boulogne une exposition exceptionnelle consacrée à la sublime Brigitte Bardo]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:justify;">En ce moment se tient à Boulogne une exposition exceptionnelle consacrée à la sublime <strong>Brigitte Bardot</strong>.</p>
<p style="text-align:justify;">Pour l&#8217;occasion, la célèbre maison <a href="http://www.fauchon.com/fr/fr/"><strong>Fauchon </strong></a>a lancé un<strong> éclair aux couleurs de la belle BB</strong>. Il a été conçu par Christophe Adam, Chef Exécutif et Benoît Couvrand, Chef pâtissier. Ce très bel éclair est parfumé à <strong>l&#8217;amande et à la rose</strong>, doux et subtil à la fois. L&#8217;éclair est recouvert d&#8217;une coque de chocolat imprimée d&#8217;une photo de l&#8217;actrice prise par Sam Lanvin en 1959. La photo met en scène BB au top de sa beauté, uniquement vêtue d&#8217;un drap de bain en éponge&#8230;tout un programme <img src='http://s.wordpress.com/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' /> </p>
<p style="text-align:justify;">Cet éclair fait parti de la collection <strong>Hommages</strong> que la maison Fauchon va mettre en place, rend ainsi hommage à de nombreuses célébrités en les affichant sur de délicieux éclairs. Plutôt original comme concept!</p>
<p style="text-align:justify;">Si vous voulez déguster un éclair de la belle Bardot, précipitez vous au magasin Fauchon de la <strong>place de la Madeleine</strong>, il vous en coutera <strong>6€</strong>.</p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">
<div id="attachment_417" class="wp-caption aligncenter" style="width: 323px"><a href="http://legrandmechantluxe.wordpress.com/files/2009/11/eclair-bb.jpg"><img class="size-full wp-image-417" src="http://legrandmechantluxe.wordpress.com/files/2009/11/eclair-bb.jpg" alt="" width="313" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Eclair Brigitte Bardot Fauchon - Crédit Photo Fauchon</p></div>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Chute du mur/20e: Attention, un mur peut en cacher d’autres (What about Vietnam?)]]></title>
<link>http://jcdurbant.wordpress.com/2009/11/09/chute-du-mur20e-attention-un-mur-peut-en-cacher-d%e2%80%99autres-what-about-vietnam/</link>
<pubDate>Mon, 09 Nov 2009 05:02:50 +0000</pubDate>
<dc:creator>jcdurbant</dc:creator>
<guid>http://jcdurbant.wordpress.com/2009/11/09/chute-du-mur20e-attention-un-mur-peut-en-cacher-d%e2%80%99autres-what-about-vietnam/</guid>
<description><![CDATA[Rappelons que tous les murs ne sont pas abattus! Les Chinois, les Nord-Coréens, les Cubains, les Vie]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><h5><img src="http://www.sfgate.com/blogs/images/sfgate/foreigndesk/2007/11/21/vietarrests.jpg" alt="Vietnamese dissidents arrested" width="450" height="225" align="left" /><em>Rappelons que tous les murs ne sont pas abattus! Les Chinois, les Nord-Coréens, les Cubains, les Vietnamiens ne sont toujours pas libres de sortir comme ils l’entendent de leur paradis communiste. Ces murs-là ne sont plus en béton : le contrôle des frontières, la censure d’internet sont des alternatives plus sophistiquées que ne fut le Mur primitif de Berlin. Mais le principe est le même : l’enfermement reste indissociable de tout régime communiste, tandis qu’aucun pays capitaliste ne s’est jamais emmuré. On m’objectera les murs qui séparent Israël et la Cisjordanie et celui qui coupe le Mexique des Etats-Unis. On peut, on doit regretter leur existence mais leur fonction est sécuritaire, pas idéologique: le Mur de Berlin et ceux qui lui ressemblent encore, sont uniques et sont seuls à symboliser une idéologie.</em> <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2009/11/08/chute-du-mur20e-aucun-pays-capitaliste-ne-s%e2%80%99est-jamais-emmure-no-capitalist-country-has-ever-walled-its-people-in/">Guy Sorman</a></h5>
<h5><em>De Stettin sur la Baltique à Trieste sur l&#8217;Adriatique, un rideau de fer s&#8217;est abattu à travers le continent. </em><a href="http://history1900s.about.com/library/weekly/aa082400a.htm">Winston Churchill</a> (Westminster College, Fulton, Missouri, le 5 mars 1946)</h5>
<h5><em>Faites tomber ce mur, M. Gorbatchev! </em><a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2007/11/05/communisme90e-bon-anniversaire-a-lanti-sovietchik-no1-happy-birthday-to-the-man-who-buried-the-soviets/">Ronald Reagan</a> (Berlin, juin 1987)</h5>
<h5><em>Un président américain ratera les événements qui souligneront la fin d’un combat auquel nous avons, en tant que nation et sous des présidents des deux partis &#8211; consacré sang et argent pendant 50 années. Pour Barack Obama, 1989 est juste une autre année lointaine &#8211; et le Parti démocrate d’hommes comme Harry Truman et JFK n’a jamais été aussi lointain. </em><a href="http://article.nationalreview.com/?q=YzIzYWM4MWRmNTE1NzQ4MGY5ODE0MGRjMmIwYjdmMmQ=">Rich Lowry</a> <em> </em></h5>
<h5><em>La torture est maintenant une pratique répandue dans les prisons palestiniennes. Les techniques ont évolué. Les différents services de sécurité de l&#8217;Autorité palestinienne utilisent à présent des méthodes qui laissent moins de traces. Ils s&#8217;inspirent souvent des Israéliens, mais aussi des Américains, qui les entraînent en Jordanie.</em> Shawan Jabarin (directeur de l&#8217;organisation de défense des droits de l&#8217;homme al-Haq)</h5>
<h5><em>Les membres du Fatah ont beaucoup appris dans les prisons israéliennes.</em> <a href="http://www.lefigaro.fr/international/2009/11/07/01003-20091107ARTFIG00222-les-prisons-de-l-autorite-palestinienne-univers-de-violence-et-de-non-droit-.php">Abou Ali</a> (ministre de l&#8217;Intérieur de l&#8217;Autorité palestinienne)</h5>
<h5><em>D&#8217;ailleurs, l&#8217;immense majorité des dissidents de l&#8217;Est ne manifestaient pas pour le capitalisme.</em> <a href="http://lemonde.fr/opinions/article/2009/11/07/derriere-le-mur-les-peuples-ne-revaient-pas-de-capitalisme-par-slavoj-zizek-philisophe_1264164_3232.html">Slavoj Zizek</a></h5>
<h5><em>Pour tous ceux qui ont regardé le discours d’investiture de Barack Obama la semaine dernière depuis un pays non libre, assurément l’une des phrases les plus remarquable a été : « Eh oui, à tous les autres peuples et gouvernements qui nous regardent aujourd’hui, [...] sachez que l’Amérique est l’amie de chaque nation, de chaque homme, femme ou enfant qui cherche un avenir de paix et de dignité. Et nous sommes prêts à mener le mouvement une fois de plus. Le Vietnam serait l’endroit parfait pour commencer.</em> Duy Hoang (membre du parti réformiste interdit Viet tan)</h5>
<h5><em>Le Vietnam est gouverné par une dictature corrompue et responsable de l’un des pires bilans sur les droits de l’homme dans le monde. Le pays a une population dynamique, jeune dont la vie et les aspirations sont réprimées par un appareil de sécurité et des &#8220;lois&#8221; arbitraires destinées à protéger le Parti communiste des points de vue dissidents et d’une opposition organisée.</em> Do Hoang Diem (Viet Tan)</h5>
<p><strong>Attention: un mur peu en cacher d’autres!</strong></p>
<p>En ce 20e anniversaire de la Chute du mur de Berlin (qui est aussi le 71e de la <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2008/11/09/nuit-de-cristal70e-le-socialisme-serait-il-en-son-fond-un-antisemitisme-from-enlightenment-to-world-jihad/">Nuit de cristal</a>) et <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/World_Freedom_Day">Journée mondiale de la liberté</a> institué en novembre 2001 par <a href="http://georgewbush-whitehouse.archives.gov/news/releases/2001/11/20011109-23.html">George Bush</a> (à quand, à défaut d&#8217;un nouveau <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2006/10/23/budapest50e-pour-un-nuremberg-du-communisme-for-a-nuremberg-trial-of-communism/">Nuremberg</a>, une <a href="http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/11/09/01011-20091109FILWWW00476-un-jour-pour-les-victimes-du-communisme.php">Journée commémorative</a> pour les quelque 70millions de victimes?) …</p>
<p><a href="http://newsbusters.org/blogs/scott-whitlock/2009/11/06/newsweek-com-skips-obama-s-snub-berlin-wall-pretends-he-s-already-be">Snobés</a> par un nouveau chef de file du Monde libre trop <a href="http://www.spiegel.de/international/world/0,1518,655632,00.html">occupé</a> à <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2009/04/22/presidence-obama-plus-repentant-que-moi-tu-meurs-world-deeply-humiliated-by-obama%e2%80%99s-america-sucks-tour/">dénigrer son propre pays</a> (y compris pour ses&#8230; <a href="http://serumdeliberte.blogspot.com/2009/07/obama-refuse-d-admettre-que-les-usa-ont.html">victoires</a>!) et <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2009/09/29/presidence-obama-les-ennemis-de-nos-ennemis-ne-sont-pas-nos-amis-turning-friends-into-expendables-and-enemies-into-friends/">courtiser les tyrans de la planète</a>,  comme en témoigne l&#8217;annonce de sa rencontre avec les <a href="http://www.nytimes.com/2009/11/09/world/asia/09iht-asean.html?ref=global-home">dictateurs birmans</a> en fin de semaine  …</p>
<p>Pendant que, dans les Etats policiers du Moyen-Orient et sous couvert d’une véritable orgie de critiques contre le seul <a href="http://lemonde.fr/proche-orient/portfolio/2009/11/06/des-palestiniens-ouvrent-une-breche-dans-le-mur-de-separation_1263882_3218.html">&#8220;mur israélien&#8221;</a>, continuent plus que jamais tortures et exécutions extra-judiciaires comme <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2006/09/24/moyen-orient-apres-le-rideau-de-fer-religieux-la-purification-religieuse-the-middle-east-is-being-purged/">purification religieuse</a> contre les <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2006/09/24/islam-un-nouveau-rideau-de-fer-est-descendu-sur-le-monde-a-new-iron-curtain-has-descended-across-the-world/">non-musulmans</a> ou censure de toute référence au bouc émissaire sioniste jusqu’au Journal d’<a href="http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2009/11/06/le-hezbollah-fait-censurer-la-publication-d-extraits-du-journal-d-anne-frank_1263857_3218.html">Anne Frank</a> …<br />
<strong><br />
Corruption généralisée, arrestations et détentions arbitraires (3 journalistes et 17 blogueurs), non-respect de la liberté de parole et d’expression, intimidation des militants pour la démocratie, restrictions sur l’indépendance des organisations religieuses et politiques, confiscations des biens de l’Eglise catholique, surveillance policière et harcèlement de l’église mennonite dans les zones des minorités ethniques, interdiction de créer un syndicat des travailleurs indépendant, mauvaises conditions de travail, bas salaires et traitements dégradants &#8230;</strong></p>
<p>Retour sur <strong>ces autres murs</strong> qui, comme le rappelait tout récemment Guy Sorman, n’ont &#8220;plus besoin, avec les alternatives plus sophistiquées du contrôle des frontières et de la censure d’internet, d’être en béton&#8221; mais restent appuyés sur la force militaire et policière.</p>
<p>Et notamment, derrière les cas notoires des <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2007/09/07/totalitarismes-pekin-prepare-ses-jeux-du-genocide-one-world-one-nightmare/">Chine</a>, <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2006/04/23/coree-du-nord-le-goulag-cache-the-hidden-gulag-in-full-satellite-view/">Corée du nord</a> et <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2006/06/07/guantanamo-attention-un-goulag-peut-en-cacher-un-autre-the-gulag-of-our-times/">Cuba</a>, celui, &#8220;glissé sous le radar&#8221; après un début de libéralisation pendant que d&#8217;autres conflits occupaient les unes des médias, du <strong>Vietnam</strong>.</p>
<p>Que, malgré les efforts du Parti réformiste <a href="http://www.viettan.org/spip.php?rubrique43">Viet Tan</a> et après avoir payé pourtant de la vie de près de <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Vietnam_War">60 000</a> de ses soldats, le Monde libre semble apparemment avoir décidé d’abandonner à son triste sort …</p>
<p><a href="http://www.viettan.org/spip.php?article8244"><strong>M. Obama, rendez le Vietnam libre!</strong></a><br />
Duy Hoang<br />
<a href="http://online.wsj.com/article/SB123325940583929853.html#articleTabs%3Darticle">Wall Street Journal</a><br />
30 janvier 2009</p>
<p>La &#8220;douce&#8221; puissance Américaine peut inciter au changement démocratique.</p>
<p>Pour tous ceux qui ont regardé le discours d’investiture de Barack Obama la semaine dernière depuis un pays non libre, assurément l’une des phrases les plus remarquable a été : « Eh oui, à tous les autres peuples et gouvernements qui nous regardent aujourd’hui, [...] sachez que l’Amérique est l’amie de chaque nation, de chaque homme, femme ou enfant qui cherche un avenir de paix et de dignité. Et nous sommes prêts à mener le mouvement une fois de plus. »</p>
<p>Le Vietnam serait l’endroit parfait pour commencer.</p>
<p>D’un point de vue purement stratégique, le Vietnam se trouve en plein milieu de l’Asie du Sud-Est, à côté de la Chine et de la Thaïlande, et en parallèle avec les importantes lignes maritimes de la mer de Chine méridionale. L’Amérique ne pourrait que se réjouir de voir s’instaurer là-bas un régime pacifique et démocratique. Dans une perspective plus large, l’un des plus importants faux pas de la politique étrangère de l’Amérique au 20e siècle a été l’abandon du Vietnam au Parti communiste. Les temps ont changé, mais pas le Vietnam qui dispose pourtant d’un potentiel d’ancrage économique dynamique et libéral en Asie du Sud-Est. En utilisant la puissance douce, les États-Unis disposent des moyens diplomatiques permettant d’aider le peuple vietnamien, et les intérêts américains.</p>
<p>Le Vietnam est prêt pour le changement. Le Vietnam n’est pas la Malaisie ou l’Indonésie, en proie à des conflits sectaires. Il n’est pas non plus comme la Chine, malgré les ressemblances superficielles des gouvernements communistes dans des pays de culture confucéenne, gouvernements qui ont essayé d’offrir à leur peuple la croissance économique en échange d’une allégeance politique.</p>
<p>Alors que les dirigeants chinois aspirent au statut de grande puissance, les communistes du Vietnam maintiennent une position de subordonné avec la Chine, en s’appuyant sur le soutien politique de Pékin. En conséquence, alors que le Parti communiste chinois peut manipuler les sentiments nationalistes pour asseoir son contrôle, le Parti communiste vietnamien doit tempérer le nationalisme de peur de voir son pouvoir menacé. Hanoi est déjà confronté à une facture élevée pour ses mauvaises politiques et ses échecs de la réforme. Les compagnies multinationales ne peuvent pas ignorer l’énorme marché chinois, mais elles peuvent se permettre de faire l’impasse sur le Vietnam si l’environnement devient trop difficile ou le système politique trop répressif.</p>
<p>Un autre facteur décisif est la relative homogénéité des attitudes et de la diaspora vietnamienne. Estimée à 1,5 millions de personnes aux États-Unis et à trois millions dans le monde, les Vietnamiens de l’étranger sont pour la plupart des boat people qui ont fui en tant que réfugiés politiques à partir de 1975. Avec un passé commun, nombreux sont ceux qui partagent l’espoir d’un Vietnam libre et démocratique pour l’avenir. Pendant ce temps, le Vietnam possède l’une des populations les plus pro-américaines dans le monde. Au Vietnam, le régime n’apprécie pas les États-Unis, mais « la rue » aime l’Amérique. Tant que la politique américaine reste concentrée sur la mobilisation de la population vietnamienne, elle peut s’appuyer sur un énorme réservoir de bonne volonté.</p>
<p>Ce qui ne veut pas dire que Washington doive enfreindre la loi pour renverser le régime de Hanoi. Les changements politiques, lorsqu’ils arrivent, devront être l’œuvre du peuple vietnamien. Mais si M. Obama veut encourager l’évolution politique au Vietnam, il a des outils à sa disposition qui pourraient avoir un impact important. L’outil le plus important est tout simplement le ton que Washington donne à ses relations avec Hanoi. Les responsables américains doivent clairement faire savoir que les États-Unis travailleront avec le régime dans la mesure où c’est le gouvernement actuel, mais que l’Amérique est d’abord et avant tout un partenaire du peuple vietnamien.</p>
<p>Les États-Unis pourraient commencer en se prononçant contre les arrestations arbitraires, l’intimidation des militants pour la démocratie et les restrictions sur l’indépendance des organisations religieuses et politiques. Pour que les États-Unis parlent d’une seule voix, toutes les administrations impliquées au Vietnam, comme le Département d’État, du Commerce et de la Défense doivent avoir des priorités cohérentes. Une politique plus forte des droits de l’homme exige aussi que l’administration se conforme à la lettre et à l’esprit de la Loi sur la Liberté Religieuse Internationale. L’administration Bush a fait une erreur lorsqu’elle a retiré le Vietnam de la liste des pays particulièrement préoccupants pour les violations de la liberté religieuse afin de faire avancer d’autres objectifs diplomatiques.</p>
<p>Les États-Unis devraient s’impliquer dans toutes les facettes de la société vietnamienne. L’éducation est un domaine clé. Les programmes pour que les jeunes vietnamiens puissent étudier dans les universités américaines devraient recevoir un financement accru. Dans le même temps, les opportunités doivent être créés pour des universitaires et des experts basés aux USA d’échanger des idées avec le public, au Vietnam, par exemple par le biais de forums organisés par l’ambassade américaine à Hanoi. Les discussions politico-militaires des USA avec le gouvernement vietnamien et le Programme International d’Entrainement et de Formation Militaire du Pentagone encourageront l’Armée populaire du Vietnam, non seulement à moderniser ses capacités opérationnelles, mais aussi à modifier sa manière de penser en termes d’équilibre des relations civiles et militaires pour se concentrer sur la mission fondamentale de l’armée &#8211; qui est de défendre le pays contre des menaces extérieures.</p>
<p>Les États-Unis peuvent également aider pour que le peuple vietnamien ait son mot à dire sur son propre avenir en soutenant la société civile. Les programmes dirigés par le gouvernement vietnamien et d’autres canaux officiels sur la santé, l’éducation, la micro finance ne constituent pas une solution à long terme. Les États-Unis peuvent soutenir des capacités locales en explorant toutes les possibilités de coopérer directement avec le secteur privé vietnamien, avec des individus et des organisations communautaires. Les États-Unis doivent établir le dialogue avec les organisations vietnamiennes pro-démocratie ainsi qu’avec des éléments favorables aux réformes au sein du régime. Le message des États-Unis devrait être : « Il appartient au peuple vietnamien de choisir son propre gouvernement. En tant qu’ami du Vietnam, nous sommes prêts à écouter tous ceux qui ont des vues constructives. »</p>
<p>En effet, la politique américaine doit répondre à l’enthousiasme pour le changement sur le terrain. S’appuyant sur l’expérience de l’Europe de l’Est et d’ailleurs, les États-Unis peuvent également contribuer à rassurer ceux qui sont au pouvoir que le changement ne doit pas être destructeur ni mener au chaos.</p>
<p>Les principales décisions de la politique des États-Unis envers le Vietnam depuis la normalisation des relations en 1995 &#8211; comme l’accord de commerce bilatéral et les relations commerciales normales permanentes &#8211; ont souvent été justifiées par leur effet à long terme favorisant une plus grande ouverture. Mais le long terme peut se situer très loin. Le choix de la politique de l’administration Obama n’est pas de savoir si le Vietnam libre est simplement un résultat souhaitable à long terme, mais s’il devrait être un objectif réel à plus court terme. En se tenant du côté du peuple vietnamien, les États-Unis ont la possibilité de transformer le Vietnam et, en définitive, une large région de l’Asie.</p>
<p>M. Hoang est un des dirigeants de Viet Tan aux États-Unis, un parti politique pro-démocratie et non autorisé au Vietnam.</p>
<p><strong>Voir aussi:</strong></p>
<p><a href="http://www.viettan.org/spip.php?article8401"><strong>Témoignage de Viet Tan sur la situation des droits de l’homme devant le Parlement australien</strong></a><br />
Do Hoang Diem<br />
Viet Tan<br />
19/03/2009</p>
<p>Exposé de M. Do Hoang Diem<br />
Président de Viet Tan</p>
<p>Témoignage devant la Sous-Commmission des Droits de l’Homme,<br />
la Commission permanente mixte des Affaires étrangères, de la Défense et du Commerce,</p>
<p>le Parlement d’Australie</p>
<p>Enquête sur les Mécanismes des Droits de l’Homme en Asie-Pacifique<br />
19 mars 2009</p>
<p>***</p>
<p>Mesdames et messieurs,</p>
<p>Je vous remercie d’avoir invité Viet Tan (Parti pour la Réforme du Vietnam) à témoigner lors de cette audience publique d’aujourd’hui, dans le cadre de l’enquête sur les mécanismes des droits de l’homme en Asie-Pacifique. Viet Tan est un parti défenseur de la démocratie, actif au Vietnam bien qu’il y soit officiellement interdit. Notre objectif est d’améliorer la situation actuelle des droits de l’homme et de susciter un changement politique pacifique à travers le pouvoir du peuple vietnamien. Nous croyons qu’une société libre, non seulement est le meilleur moyen d’exploiter le vaste potentiel du pays et de son peuple, mais aussi constitue les fondations des mécanismes des droits de l’homme. En outre, un Vietnam démocratique peut être un pilier de prospérité et de stabilité dans la zone Asie-Pacifique.</p>
<p>Situation actuelle au Vietnam</p>
<p>Le Vietnam est gouverné par une dictature corrompue et responsable de l’un des pires bilans sur les droits de l’homme dans le monde. Le pays a une population dynamique, jeune dont la vie et les aspirations sont réprimées par un appareil de sécurité et des « lois » arbitraires destinées à protéger le Parti communiste des points de vue dissidents et d’une opposition organisée.</p>
<p>Je voudrais illustrer plusieurs sujets de préoccupation</p>
<p>1. Arrestation et détention arbitraires</p>
<p>Le gouvernement utilise des décrets ambiguës et des dispositions juridiques visant à criminaliser l’expression politique et à considérer une opposition légitime et pacifique comme attentant à la sécurité nationale. Usant de lois aussi puissantes, le gouvernement vietnamien a lancé une série de répressions que Human Rights Watch a qualifié de pire en 20 ans. Plus récemment, en septembre 2008, de nombreux militants pour la démocratie (dont Nguyen Xuan Nghia, Pham Thanh Nghien, Ngo Quynh, Vu Hung, Tran Duc Thach, Nguyen Van Tuc et Pham Van Troi) ont été arrêtés pour avoir distribué des tracts en faveur de la démocratie et pour avoir diffusé des slogans critiquant le gouvernement. Ils sont toujours détenus sans aucune accusation formelle. Dans le cas de Pham Thanh Nghien, bien qu’elle soit détenue depuis déjà six mois, sa famille n’a pas encore été autorisée à lui rendre visite. Sa santé serait en train de se détériorer.</p>
<p>2. Liberté de parole et d’expression</p>
<p>La constitution du Vietnam garantit la liberté d’expression et de la presse ; pourtant le gouvernement continue d’étouffer les journalistes indépendants d’esprit et Internet. Les autorités persécutent notamment ceux qui discutent de pluralisme politique ou qui s’interrogent sur les politiques concernant des questions sensibles comme la corruption impliquant des fonctionnaires du gouvernement ou des différends frontaliers avec la Chine. Par exemple deux journalistes, Nguyen Viet Chien et Nguyen Van Hai, respectivement des quotidiens Thanh Nien et Tuoi Tre, ont été arrêtés pour avoir exposé le scandale de corruption politique portant sur plusieurs millions de dollars et impliquant le détournement de fonds, les jeux de hasard et la prostitution au ministère des Transports (PMU-18) [1]. Ces hommes ont ensuite été jugés, condamnés et accusés d’avoir « abusé des libertés démocratiques ».</p>
<p>De même, ces derniers mois, les autorités ont lancé une campagne pour faire taire les militants sur Internet. Un blogueur bien connu, Dieu Cay, a été arrêté après avoir critiqué la politique du gouvernement sur les litiges territoriaux avec la Chine. Il a été condamné à 30 mois de prison pour « fraude fiscale » dans un procès qui a été condamné par la communauté internationale. Sa famille et ses collègues blogueurs ont été constamment harcelés et menacés.</p>
<p>Le gouvernement est même allé jusqu’à promulguer un nouveau décret en décembre 2008 interdisant aux blogueurs de publier des articles susceptibles d’être considérés comme « attentant à la sécurité nationale ». Ce nouveau décret impose aux fournisseurs internationaux de services Internet de fournir aux autorités des informations sur les utilisateurs privés.</p>
<p>3. Liberté religieuse</p>
<p>Toutes les organisations et pratiques religieuses au Vietnam doivent être officiellement enregistrées et reconnues par le gouvernement. L’Église Bouddhique Unifiée du Vietnam (EBUV) est toujours hors-la-loi et son plus haut dirigeant, le Vénérable Thich Quang Do, a été soumis arbitrairement à la détention à domicile et au harcèlement depuis plus de trente ans.</p>
<p>L’Église catholique souffre encore de grandes restrictions. Toute nomination ou affectation de son clergé exige l’approbation du gouvernement. En septembre 2008, plusieurs grandes veillées de masse ont été effectuées par l’archevêque de Hanoï et la paroisse de Thaï Ha, avec parfois la présence de plus de 15 000 fidèles, veillées demandant la restitution des propriétés confisquées de l’Église. Huit de ces paroissiens ont été arrêtés puis condamnés.</p>
<p>Mais plus opprimée encore est l’Église mennonite, là où ses adeptes appartiennent principalement à des minorités ethniques vivant dans les Hauts Plateaux du centre du Vietnam. Un des dirigeants de l’Église, le pasteur Nguyen Hong Quang a été maintes fois arrêté et emprisonné pour avoir exercé sans autorisation officielle. Lui et ses collègues font actuellement l’objet d’une surveillance policière et de harcèlement.</p>
<p>4. Droits des travailleurs</p>
<p>Il n’y a pas de syndicat des travailleurs indépendant reconnu au Vietnam. Il est interdit aux travailleurs de former un tel syndicat ou d’y adhérer.</p>
<p>Le seul syndicat qui existe est un organe de l’État appelé Confédération Générale du Travail du Vietnam, qui répond directement au Parti communiste vietnamien. En raison de cette antinomie, les droits des travailleurs sont souvent violés et négligés. Ces dernières années, des grèves à grande échelle ont eu lieu dans tout le pays en raison de mauvaises conditions de travail, de bas salaires et de traitements dégradants. Des milliers de travailleurs ont participé à ces grèves et de nombreux chefs de file de ces grèves ont été arrêtés et emprisonnés. Selon la loi vietnamienne, les grèves sans autorisation du gouvernement sont considérées comme illicites ; par conséquent, les travailleurs eux-mêmes prennent souvent un risque important d’être persécutés par les autorités et licenciés par leur employeur. L’agitation dans le monde du travail reflète les difficultés économiques et le mécontentement social. Le contrôle étroit des travailleurs exercé par le gouvernement et les restrictions au droit de grève enfreignent gravement le Code du travail.</p>
<p>Recommandations</p>
<p>1. Dialogue sur les droits de l’homme</p>
<p>Le dialogue Australie-Vietnam sur les droits de l’homme peut être un mécanisme efficace pour encourager une plus grande liberté politique au Vietnam. Pour accroître son efficacité, nous suggérons un renforcement des programmes concrets. Les programmes devraient en particulier se concentrer sur la promotion de la liberté des médias, de la libre utilisation d’Internet et de la liberté d’association. Toute aide financière pour ces projets doit avoir des repères clairs ; Il faut que soient documentés clairement des objectifs précis ainsi que les progrès effectués. Les résultats doivent être communiqués à la Commission permanente mixte et être transparents de telle sorte que le public puisse les étudier.</p>
<p>2. Soutien parlementaire pour le changement démocratique</p>
<p>Alors qu’est nécessaire l’institution de mécanismes de prévention et de réparation des violations des droits de l’homme, il importe également de promouvoir la démocratie car elle contribue à garantir ces mécanismes dans le long terme. Un système autoritaire à parti unique est un terrain fertile pour les violations des droits de l’homme. Nous pensons que la solution aux droits de l’homme est une société démocratique où les citoyens ont le droit de faire des choix politiques et de tenir le gouvernement pour responsable de ses actions. Le parlement australien peut soutenir le peuple du Vietnam et d’autres peuples réprimés en critiquant les persécutions, en discutant avec la société civile et les groupes démocratiques, en continuant à pousser au changement le régime actuel.</p>
<p>3. Commission des droits de l’homme de l’ ASEAN [2]</p>
<p>Nous appuyons fermement l’initiative du Groupe de Travail pour un Mécanisme des Droits de l’Homme de l’ASEAN de former une commission intergouvernementale des droits de l’homme. Nous recommandons que tous les États membres de l’ ASEAN soient automatiquement membres de cette commission et soient ainsi tenus de respecter les normes internationales des droits de l’homme. La Commission agira comme un organe de contrôle veillant à ce que les plaintes puissent être entendues et que ses recommandations soient mises en œuvre. Nous préconisons aussi que la Commission des droits de l’ASEAN puisse recommander une Cour qui, dans certaines circonstances pourrait prendre une décision collective à valeur contraignante. Bien que l’Australie ne soit pas membre de l’ASEAN, avec sa longue histoire d’une étroite relation de travail et d’un engagement dans la région, nous pensons que l’Australie peut engager un dialogue avec l’ASEAN et le Forum Asie-Pacifique afin de faire progresser la protection des droits de l’homme dans la région.</p>
<p><strong>Voir également:</strong></p>
<p><a href="http://www.viettan.org/spip.php?article9104"><strong>Appel pour faire cesser les pratiques arbitraires au Vietnam</strong></a><br />
Appel à l’Organisation des Nations Unies et aux pays concernés pour mettre fin aux pratiques arbitraires du gouvernement du Vietnam<br />
Viet Tan<br />
16/10/2009</p>
<p>À l’attention de :</p>
<p>* Le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, Ban Ki-moon<br />
* Les dirigeants des nations démocratiques<br />
* Les organisations internationales de défense des droits de l’homme</p>
<p>Nous, soussignés, familles des patriotes vietnamiens suivants :</p>
<p>* L’écrivain Nguyen Xuan Nghia<br />
* L’enseignant Vu Hung<br />
* L’ingénieur Pham Van Troi<br />
* L’étudiant Ngo Quynh<br />
* M. Nguyen Van Tinh<br />
* M. Nguyen Van Tuc<br />
* M. Nguyen Kim Nhan</p>
<p>Nos proches ont été arrêtés en septembre 2008 simplement pour avoir parlé de la souveraineté territoriale du Vietnam, de la lutte contre la corruption, de la démocratie et des droits de l’homme. Pendant quatre jours, du 6 au 10 octobre 2009, ils ont été jugés et condamnés pour « propagande contre l’État socialiste » au sens de l’article 88 du code pénal vietnamien et condamnés à de sévères peines d’emprisonnement.</p>
<p>Par cette lettre, nous tenons à remercier sincèrement les pays et les organisations qui ont manifesté leurs préoccupations pour nos proches, cherché des informations sur leur situation, et envoyé des représentants pour assister et de comprendre de visu comment les tribunaux fonctionnent actuellement au Vietnam. Par cette lettre, nous dénonçons également l’arbitraire dans les mécanismes juridiques et les conditions de détention inhumaines au Vietnam.</p>
<p>1. La nature inhumaine de la détention et les procédures juridiques au Vietnam.</p>
<p>Tout au long de la période de détention provisoire de nos proches, les autorités ont créé toutes sortes de difficultés pour qu’ils ne puissent pas bénéficier de visites ni de soins. Dans le cas de l’enseignant Vu Hung, sa famille n’a été autorisée à lui rendre visite durant une année entière. Concernant M. Nguyen Van Tinh, les autorités ont interdit à sa famille de lui rendre visite, même en sachant qu’il était gravement malade.</p>
<p>Les autorités ont déclaré que les procès seraient ouverts au public. Cependant, aux procès de Vu Hung et Pham Van Troi à Hanoi, seuls deux membres de leurs familles respectives ont été autorisés à être présents. Lors du procès des six autres personnes à Hai Phong, chaque prévenu n’avait le droit d’avoir un seul membre de la famille dans la salle d’audience. Pourtant, les salles d’audience étaient pleines de gens dont nous croyons fermement qu’ils étaient des policiers en civil se faisant passer pour des citoyens lambda. Entre-temps, à l’extérieur du tribunal, une centaine de sympathisants et amis n’est pas seulement privée du procès, mais a également été intimidée et dispersée par les forces de la Sécurité Publique.</p>
<p>2. Les raisons arbitraires données par le tribunal pour condamner nos proches sont écrites nulle part dans la loi vietnamienne.</p>
<p>Lors des procès, le parquet a fourni les pièces à convictions suivantes :</p>
<p>* Des banderoles disant que Hoang Sa (Paracel) et Truong Sa (Spratly) sont des îles vietnamiennes, appelant à tous les citoyens de combattre la corruption, demandant la démocratie et des droits de l’homme pour le Vietnam.<br />
* Les articles diffusés sur Internet critiquant la corruption et réclamant la justice pour les victimes d’agressions physiques dont la Sécurité Publique a non seulement échoué à prévenir, mais qui ont sciemment dissimulé.</p>
<p>Sur la base des éléments ci-dessus, nous demandons sincèrement votre soutien et vous demandons de prendre contact avec le gouvernement et les tribunaux du Vietnam afin de clarifier les questions suivantes :</p>
<p>* Est-ce que le patriotisme et l’affirmation de la souveraineté territoriale sont des crimes et, si oui, en vertu de quels articles de la constitution vietnamienne et du code pénal ?<br />
* Est-ce que protester contre la corruption et parler au nom des personnes défavorisées sont des crimes et, si oui, en vertu de quels articles de la constitution vietnamienne et du code pénal ?<br />
* Est-ce qu’utiliser Internet pour diffuser et recevoir des informations est un crime et, si oui, en vertu de quels articles de la constitution vietnamienne et du code pénal ?</p>
<p>En devenant volontairement membre de l’Organisation des Nations Unies et de l’Organisation Mondiale du Commerce, le Vietnam doit respecter les lois relatives aux droits de l’homme. En particulier, l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme déclare que les citoyens de tous les pays ont le « droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières » et l’article 9 de la Déclaration stipule que : « Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé ».</p>
<p>Nous condamnons les sentences injustes rendues par les tribunaux vietnamiens sur nos proches. Nous prions instamment le Secrétaire général de l’ONU et les chefs d’Etat d’intervenir directement auprès de Nguyen Minh Triet, Président de la République Socialiste du Vietnam, et demandons au gouvernement vietnamien de respecter les droits de l’homme, mettre fin aux pratiques judiciaires arbitraires, et de libérer immédiatement notre proches.</p>
<p>Nous vous remercions pour votre attention.</p>
<p>Signés conjointement,</p>
<p>1. Nguyen Thi Nga, épouse de Nguyen Xuan Nghia, Hai Phong, Viet Nam<br />
2. Ly Thi Tuyet Mai, épouse de Vu Hung, Ha Tay, Viet Nam<br />
3. Nguyen Thi Huyen Trang, épouse de Pham Van Troi, Ha Tay, Viet Nam<br />
4. Ngo Quyen, frère de Ngo Quynh, Bac Giang, Viet Nam<br />
5. Duong Thi Hai, épouse de Nguyen Van Tinh, Hai Phong, Viet Nam<br />
6. Bui Thi Re, épouse de Nguyen Van Tuc, Thai Binh, Viet Nam<br />
7. Ngo Thi Loc, épouse de Nguyen Kim Nhan, Bac Giang, Viet Nam</p>
<p><strong>Voir par ailleurs:</strong></p>
<p><a href="http://www.rsf.org/Viet-nam,25477.html"><strong>Viêt-nam</strong></a><br />
RSF<br />
le 7 février 2008</p>
<p>Les élections législatives de mai 2007 ont été l’occasion pour le parti unique de rappeler que l’opposition n’avait pas le droit d’exister. Dans certains quartiers d’Hô Chi Minh-Ville, le taux de participation s’est élevé à 100%, et aucun candidat indépendant n’a été élu. La presse a été contrainte de s’enthousiasmer pour ces élections jouées d’avance.</p>
<p>Répondant à une question d’un journaliste européen sur la situation des droits de l’homme, le président Nguyen Minh Triet a déclaré en mai : &#8220;Peut-être qu’il est difficile pour vous de comprendre l’amour que nous avons pour les gens, et l’amour que nous avons pour les droits de l’homme. Mais les gens qui violent la loi doivent être poursuivis.&#8221; Quelques semaines auparavant, le père Nguyen Van Ly, responsable de la revue dissidente Tu do Ngôn luan, et quatre de ses collaborateurs, avaient été condamnés à de lourdes peines de prison à l’issue d’un procès expéditif. Ils avaient été reconnus coupables de &#8220;propagande contre la République socialiste du Viêt-nam&#8221;.</p>
<p>Des procès staliniens contre les dissidents</p>
<p>Le procès du père Nguyen Van Ly et ses quatre coaccusés n’a duré qu’un peu plus de trois heures. Affaibli par une grève de la faim, le prêtre a refusé de se lever pour énoncer son nom devant le juge du tribunal populaire de Hué (Centre). Après avoir entendu sa condamnation à huit ans de prison, il a crié : &#8220;A bas le Parti communiste du Viêt-nam !&#8221; Condamné à six ans de prison, son collègue Nguyen Phong a déclaré face au juge : &#8220;Pour la nation vietnamienne, je continuerai à me battre pour les valeurs de liberté et de démocratie.&#8221; Nguyen Binh Thanh, condamné à cinq ans de prison, s’est défendu en affirmant qu’il n’avait fait qu’agir dans le respect des &#8220;lois internationales&#8221;. Hoang Thi Anh Dao et Le Thi Le Hang ont été condamnées à un an et demi de prison avec sursis.</p>
<p>Arrêté en février, le père Nguyen Van Ly est l’un des responsables du magazine clandestin Tu do Ngôn luan (Liberté d’expression), publié à Hué. En 2007, deux autres animateurs de la revue, le père Chan Tin et le père Phan Van Loi, ont été placés en résidence surveillée. Le magazine a continué à être diffusé à l’étranger et, sous le manteau, au Viêt-nam.</p>
<p>Le retour des &#8220;tribunaux populaires&#8221;</p>
<p>Les autorités ont de nouveau mobilisé les &#8220;tribunaux populaires&#8221; pour intimider les dissidents. Les habitants des quartiers sont alors invités à s’exprimer devant la cour pour dénoncer et condamner un accusé. En août, Nguyen Khac Toan, rédacteur en chef adjoint de la publication dissidente en ligne Tu Do Dân Chu (Liberté et démocratie), a été jugé devant l’un de ces tribunaux à Hanoi. Une dizaine de cadres du Parti et des policiers l’ont accusé d’avoir incité des paysans à manifester dans la capitale, avant de recommander de l’envoyer dans un camp de rééducation pour l’&#8221;écarter de la société&#8221;. Ce procès s’est fait en parallèle d’une campagne de presse contre lui, l’accusant d’être un &#8220;opportuniste politique démasqué&#8221;.</p>
<p>En février déjà, l’avocat de plusieurs dissidents emprisonnés, Nguyen Van Dai, avait dû affronter une &#8220;tribunal populaire&#8221; du district de Bach Khoa, accusé d’avoir &#8220;trahi son pays&#8221;. Les &#8220;juges&#8221; avaient exigé que son droit d’exercer son métier d’avocat lui soit retiré et que son cabinet soit fermé.</p>
<p>Les autorités sont allées bien au-delà des recommandations du peuple, puisqu’en mars, Nguyen Van Dai, également animateur du blog nguyenvandai.rsfblog.org, et une autre avocate, Le Thi Cong Nhan, ont été arrêtés à Hanoi. Leur détention ayant été critiquée à l’étranger, les forces de sécurité ont ordonné à leurs familles de ne plus s’exprimer publiquement par l’intermédiaire des médias étrangers. En mai, les deux avocats ont été condamnés respectivement à cinq et quatre ans de prison en vertu de l’article 88 du code pénal.</p>
<p>Les dissidents Le Nguyen Sang, médecin, Huynh Nguyen Dao, journaliste, et Nguyen Bac Truyen, tous membres du Parti populaire démocratique (interdit) ont également été condamnés à des peines de prison par un tribunal de Hô Chi Minh-ville. Ils étaient accusés d’avoir publié des documents hostiles au régime par le biais d’Internet. Tran Quoc Hien, porte-parole de l’Union des ouvriers et des paysans (United Workers-Farmers Organization, illégale), a quant à lui été arrêté en janvier pour &#8220;propagande contre le régime&#8221;. Il avait diffusé sur Internet de nombreuses informations sur la situation des travailleurs vietnamiens.</p>
<p>Une journaliste française détenue pour &#8220;terrorisme&#8221;</p>
<p>&#8220;Entre quatre murs, j’étais angoissée car je n’arrivais pas à imaginer une issue à cette situation. Il n’y a jamais eu de violence contre moi, mais j’étais interrogée tous les jours, sauf le dimanche, pendant une ou deux heures, par des policiers. Ils essayaient de me déstabiliser. C’était une forme de terreur morale&#8221;, a raconté la journaliste d’opposition Nguyen Thi Thanh Van, détenue du 17 novembre au 12 décembre à Hô Chi Minh-Ville. Munie de son passeport français, elle était entrée au Viêt-nam afin de faire la promotion de la radio Chan Troi Moi (Nouvel Horizon), proche du parti d’opposition Viet Tan, et réaliser des interviews de dissidents.</p>
<p>Cette affaire a illustré l’hostilité affichée des autorités vis-à-vis des radios internationales qui émettent en vietnamien. En décembre, quatre syndicalistes ont été jetés en prison pour avoir communiqué des informations à Radio Free Asia. Tandis que l’ambassade du Viêt-nam a menacé à plusieurs reprises des journalistes de Radio France Internationale, privant certains de visas.</p>
<p>Les journaux libéraux, notamment Tuoi Tre (La Jeunesse), ont tenté de repousser les limites de la censure officielle. Mais le gouvernement s’est appuyé sur une législation répressive pour rappeler à l’ordre les plus téméraires. Une loi adoptée en 2006 prévoit des amendes et des suspensions de licence pour les médias et les journalistes qui diffament et mettent en cause le &#8220;prestige de l’Etat&#8221;.</p>
<p>La presse officielle, qui compte plus d’une centaine de radios et de télévisions, autant de sites Internet et près de 600 publications, n’a pas profité en 2007 des espaces de débat ouverts en 2006 pendant la préparation du Congrès du Parti communiste. Au contraire, les médias, notamment les journaux du Parti, Nhân Dân (Le Peuple), et de la police, An Ninh Thu Do (La sécurité de la capitale), ont été mobilisés pour dénoncer les &#8220;agitateurs et les terroristes&#8221; de l’intérieur et de l’extérieur. Certains gouvernements étrangers et des organisations internationales, comme Reporters sans frontières, ont été accusés de soutenir les ennemis du régime.</p>
<p>Internet a fêté ses dix ans d’existence au Viêt-nam</p>
<p>En 2007, le pays a connu sa vague de répression la plus forte depuis 2002. En une semaine, six cyberdissidents ont été condamnés à des peines de prison allant de trois à cinq ans. Depuis qu’il est devenu le 150e membre de l’Organisation mondiale du commerce, le Viêt-nam a adopté un comportement contraire à celui qu’il avait montré à la communauté internationale avant son intégration. Il est l’un des pays les plus autoritaires de la planète et suit scrupuleusement le modèle chinois en matière d’atteinte à la liberté d’expression sur Internet. Au 1er janvier 2008, huit cyberdissidents étaient derrière les barreaux pour avoir usé de leur droit d’expression sur le Web.</p>
<p>En septembre, la police et le ministère de la Culture ont ordonné au site Intellasia.com de &#8220;fermer&#8221;. Animée par un Australien et spécialisée dans l’information économique, Intellasia.com diffusait des articles politiques sur le Viêt-nam.</p>
<p><strong>Voir enfin:</strong></p>
<p><a href="http://www.rsf.org/fr-rapport85-Viet_Nam.html"><strong>Viêt-nam</strong></a><br />
166 sur 175 dans le dernier classement mondial</p>
<p>A l’exception des publications dissidentes qui circulent sous le manteau et sur le Web, il n’existe pas de médias indépendants dans le pays. La presse écrite, la télévision et les radios sont toutes contrôlées par les autorités de Hanoi. Pour autant, la presse poursuit sa modernisation et tente de repousser les limites de la censure. Une dizaine de journalistes et cyberdissidents sont actuellement emprisonnés.</p>
<p>En 2008, le gouvernement a donné un coup d’arrêt à l’émancipation progressive de la presse réformiste. Deux journalistes d’investigation des journaux Thanh Niên et Tuoi Tré ont été jugés pour avoir révélé une affaire de corruption retentissante. L’un d’eux a été condamné à deux ans de prison pour &#8220;abus des libertés démocratiques pour enfreindre les intérêts de l’Etat&#8221;. Il n’a été libéré début 2009 qu’en raison de fortes protestations internationales.</p>
<p>Ce procès s’est accompagné d’une purge au sein des médias les plus ouverts. Résultat : &#8220;Ces médias ont perdu leur ton mordant. Nous sommes revenus dix ans en arrière&#8221;, estime un journaliste vietnamien.</p>
<p>La concurrence s’accentue entre les principales rédactions, bien que les médias restent placés sous l’autorité de leur institution de tutelle : le Parti communiste, l’armée, l’agence de presse officielle ou les municipalités, selon le cas. Mais les journalistes, notamment ceux issus de la jeune génération, de mieux en mieux formée, s’écartent de temps en temps des directives éditoriales du parti unique. Le média le plus libre est sans conteste le site VietnamNet qui ose encore soulever des questions embarrassantes.</p>
<p>Les radios nationales, contrôlées par le cabinet du Premier ministre et par le comité central du Parti communiste, sont très écoutées, tout comme les programmes en vietnamien des radios internationales (BBC, RFI). Ces dernières ne peuvent malheureusement être captées qu’en ondes moyennes ou courtes, car le gouvernement refuse de leur accorder des licences en modulation de fréquence, sans aucun doute afin de limiter leur audience.</p>
<p>Par ailleurs, la police politique mène une lutte implacable contre les mouvements d’opposition et les publications dissidentes. Début 2009, deux journalistes et sept cyberdissidents étaient emprisonnés. Ainsi, le père Nguyen Van Ly, responsable de la revue dissidente Tu do Ngôn luan, a été condamné à huit ans de prison pour &#8220;propagande contre la République socialiste du Viêt-nam&#8221;.</p>
<p>La police utilise également les &#8220;tribunaux populaires&#8221; pour intimider les dissidents. Les habitants des quartiers sont alors invités à s’exprimer devant la cour pour dénoncer et condamner un accusé. Une justice d’un autre âge, qui fait fi du droit à la défense, sans parler d’équité.</p>
<p>Les autorités surveillent le Web, très populaire dans le pays. L’accès aux sites jugés « réactionnaires », particulièrement ceux des dissidents réfugiés à l’étranger, est bloqué. Depuis 2002, une trentaine de cyberdissidents ont été arrêtés. L’un d’entre eux a été condamné à 12 ans de prison. En janvier 2009, le gouvernement a adopté la “Circulaire n°7” qui interdit les contenus politiques sur les blogs. Et la cyberpolice est chargée de renforcer la surveillance. Le défenseur des droits de l’homme Nguyen Hoaong Hai, surnommé Dieu Cay, en fait les frais. Il a été condamné à deux ans et demi de prison, après avoir notamment créé le Free Vietnamese Journalists Club, regroupant des blogueurs indépendants.</p>
<p>En plus des &#8220;organes d’Etat&#8221;, notamment Le Peuple, quotidien du Parti communiste, on compte plus de 600 titres. Mais ils sont tous susceptibles d’être sanctionnés pour &#8220;violation grave de la loi sur la presse&#8221;. C’est le cas du magazine Du Lich, un organe de la direction du tourisme, suspendu pendant trois mois pour avoir publié des articles traitant des îles Paracels et Spratleys, objet d’un important contentieux territorial avec la Chine.</p>
<p>Répondant à une question d’un journaliste européen sur la situation des droits de l’homme, le président Nguyen Minh Triet a déclaré en mai 2008 : &#8220;Peut-être qu’il est difficile pour vous de comprendre l’amour que nous avons pour les gens, et l’amour que nous avons pour les droits de l’homme. Mais les gens qui violent la loi doivent être poursuivis.&#8221;</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Chute du mur/20e: Si le sel perd sa saveur (Looking back at those Christian Berlin wall heroes who proved Lévi-Strauss wrong)]]></title>
<link>http://jcdurbant.wordpress.com/2009/11/07/chute-du-mur20e-si-le-sel-perd-sa-saveur-looking-back-at-those-christian-berlin-wall-heroes-who-proved-levi-strauss-wrong/</link>
<pubDate>Sat, 07 Nov 2009 07:36:43 +0000</pubDate>
<dc:creator>jcdurbant</dc:creator>
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<description><![CDATA[Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on? Jésus Ses]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><h5><img src="http://solzemli.files.wordpress.com/2009/07/fatheralexanderschmemann_and_alexandersolzhenitsyn.jpg?w=225&#038;h=283" alt="Radio liberty Schmemann with friend Solzhenityn" width="225" height="283" align="left" /><em>Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on?</em> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Matthieu+5&#38;version=LSG">Jésus </a><em></em></h5>
<h5><em>Ses sermons furent diffusés en Russie sur Radio Liberty pendant 30 ans. Il a acquis une vaste communauté d&#8217;auditeurs à travers l&#8217;Union soviétique, dont Alexandre Soljenitsyne, qui devint son ami après son départ en Occident.</em> <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Schmemann">Wikipedia</a> (Alexandre Schmemann)</h5>
<h5><em>Ce qui m’a motivé, c&#8217;était la parole de Jésus &#8220;vous êtes le sel de la terre&#8221; qui signifie que vous devez nous engager; vous ne pouvez pas rester dans votre église. Vous devez vous engager dans cette situation; le sel doit être inséré dans la blessure, dans l&#8217;endroit qui n&#8217;est pas en règle, qui est en difficulté. C&#8217;est là où vous devez aller. Cette idée d’engagement dans la politique est une pensée que Jésus a déjà exprimée dans la parabole du bon Samaritain. Quelqu&#8217;un a été battu et git là sur le chemin, ceux qui l’ont battu sont partis, et maintenant deux hommes venant du temple s&#8217;approchent, détournent la tête et s’en vont. Jésus dit qu&#8217;ils sont coupables non parce qu’ils [ont fait quelque chose] &#8211; ils n&#8217;ont rien fait, ce n’est pas eux qui l&#8217;ont battu &#8211; mais parce qu’ils ne l&#8217;ont pas aidé. Si nous nous contentons de laisser le monde tranquille et ne nous engageons, nous sommes tout aussi coupables que ces deux hommes qui, comme l’a dit Jésus dans cette parabole, se ont détourné les yeux et n&#8217;ont pas voulu en entendre parler. Vous devez vous engager parce que vous êtes le sel de la terre.</em> Christian Führer</h5>
<h5><em>Ce malaise ressenti au voisinage de l’Islam, je n’en connais que trop les raisons: je retrouve en lui l’univers d’où je viens; l’Islam, c’est l’Occident de l’Orient. (…) Les hommes ont fait trois grandes tentatives religieuses pour se libérer de la persécution des morts, de la malfaisance de l’au-delà et des angoisses de la magie. Séparés par l’intervalle approximatif d’un demi-millénaire, ils ont conçu successivement le bouddhisme, le christianisme et l’Islam ; et il est frappant de marquer que chaque étape, loin de marquer un progrès sur la précédente, témoigne plutôt d’un recul. </em><a href="http://www.bivouac-id.com/2009/11/04/claude-levi-strauss-le-plus-grand-ethnologue-du-xxe-siecle-etait-aussi-un-grand-critique-de-l%E2%80%99islam/">Claude Lévi-Strauss</a></h5>
<p><strong>Alors qu’au lendemain de la mort de <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2009/11/04/disparition-de-claude-levi-strauss-etrange-destinee-de-l%e2%80%99ethnographe%e2%80%a6-looking-back-at-the-heretic-behind-the-consecration/">l’un des pères fondateurs du multiculturalisme</a>, on redécouvre les pages fortes que celui-ci avait écrites sur l’islam …</strong></p>
<p>Retour, <strong>en ce 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin</strong> et avec les paroles fortes de <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2009/11/06/chute-du-mur20e-ces-chretiens-sans-lesquels-le-mur-serait-peut-etre-encore-debout-and-the-walls-came-tumbling-down/">l’un de ses acteurs les plus méconnus</a>, sur <strong>la véritable source de l’irritation de notre grand homme</strong>.</p>
<p>A savoir le (judéo)christianisme pour lequel, se gardant bien d’en évoquer la matrice juive bien antérieure qui aurait bien sûr démoli son beau raisonnement sur la supériorité supposée de son bouddhisme chéri, le petit-fils de rabbin n’avait pas de mots assez durs.</p>
<p>Autrement dit, en dépit de ses certes pires dérives (&#8220;Napoléon, ce Mahomet de l’Occident&#8221;), <strong>ce sel de la terre dont parle le pasteur Führer</strong>.</p>
<p>Et qui, <strong>contrairement au bouddhisme du désengagement et de l’éternel retour</strong>, a révolutionné et continue à <strong>révolutionner un monde que notre <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2006/06/22/multiculturalisme-la-croyance-au-bon-sauvage-est-peut-etre-congenitale-de-l%e2%80%99ethnologie-looking-back-on-multiculturalisms-master-claude-levi-strauss/">champion du statu quo</a> aurait tant voulu figer à jamais</strong> &#8230;</p>
<p><a href="http://www.pbs.org/wnet/religionandethics/episodes/november-6-2009/the-rev-christian-fuhrer-extended-interview/4843/"><strong>The Rev. Christian Fuhrer Extended Interview</strong></a><br />
Religion &#38; ethics<br />
November 6th, 2009</p>
<p>Read a translation of the Religion &#38; Ethics NewsWeekly interview at St. Nikolai Church in Leipzig with Pastor Christian Fuhrer:</p>
<p>In East Germany, the church provided the only free space in connection with the groups—people who wanted to discuss topics that were taboo, such as the refusal to serve in the army, military education. Everything that could not be discussed in public could be discussed in church, and in this way the church represented a unique spiritual and physical space in East Germany in which people were free.</p>
<p>Here [at St. Nikolai Church in Leipzig] we have said peace prayers since 1981 and every Monday since 1982. That was something very special in East Germany. Here a critical mass grew under the roof of the church—young people, Christians and non-Christians, and later those who wanted to leave [East Germany] joined us and sought refuge here.  The church became a very special place, and in particular the Nikolai Church, which we could describe like this: the church was finally on the side of the Lord, on Jesus’ side. In other words, it was on the side of the oppressed and not on that of the oppressors, with the people and not with those who had the power. The special experience we had here was that the people accepted Jesus’ message, especially the message of the Sermon on the Mount. We experienced in a very special way that everything that is written here is true. If you don’t believe, you won’t stay. The “comrades” did not believe, and they did not stay. “Not by might, nor by power, but by my spirit.” “He pulls the powerful from their throne and lifts up the poor.” “Blessed are the meek, for they shall inherit the earth.” We experienced it just like that—the church as a refuge and a place for change, Jesus’ Sermon on the Mount, no mention of paradise and redemption, but the daily bread in the reality of political hopelessness.</p>
<p>The special experience that we had during the years of peace prayers and then with this massive number of non-Christians in the church, which was exceptional, was that they accepted the message of Jesus. They grew up in two consecutive atheist dictatorships. They grew up with the Nazis who were preaching racism, the master race, prepared for war, and replaced God with Providence, as Hitler liked to say. They also grew up with the Socialists preaching class struggle and vilified the church by saying Jesus never existed, that’s all nonsense and fairy tales, legends, and your talk about nonviolence is dangerous idealism; what counts is politics, money, the army, the economy, the media. Everything else is nonsense. And the people who were brainwashed like this for years and grew up with that. The fact that they accepted Jesus’ message of the Sermon on the Mount, that they summarized it in two words—no violence—and the fact that they did not only think and say it, but also practiced it consistently in the street was an incredible development, an unprecedented development in German history. If any event ever merited the description of “miracle” that was it: a revolution that succeeded, a revolution that grew out of the church, remained nonviolent, no broken windows, no people beaten, no people killed—an unprecedented development in German history. A peaceful revolution, a revolution that came out of the church. It is astonishing that God let us succeed with this revolution. After all the violence that Germany brought to the world in the two wars during the last century, especially the violence against the people from whom Jesus was born, a horrible violence, and now this wonderful result, a unique, positive development in German history. That is why we are so happy that the church was able to play this role and enabled this peaceful revolution.</p>
<p>The most important thing for us was the power of prayer, which is still true today. We are not praying to the air or to the wall, but to a living God. We did not pray for the wall to come down. It was more comprehensive: [We were praying] for peace, justice, and the preservation of our creation. We addressed the very specific needs of human beings in our prayers, and God has blessed those prayers in such a way that nobody could have predicted. We went on, step by step. It got bigger and bigger, and in the end the prayers prevented us from drowning in fear and gave us the strength to face the opposition outside. In other words, more and more protests came from the church and spilled onto the street, combined with the strength that we got from our faith. The fear was very powerful, but our faith was more powerful than the fear, and the prayers gave us the strength to act. That is still the same today.</p>
<p>What motivated me was Jesus’ saying “You are the salt of the earth,” which means that you must get involved; you cannot stay in your church. You must get involved in this situation; the salt must be inserted in the wound, in the place that is not in order, that is sick. That’s where you must go. This thought to get involved in politics is a thought that Jesus already voiced in the parable of the Good Samaritan. Someone is beaten and lies there, those who beat him are gone, and now two people coming from temple are approaching, are looking the other way and walking away. Jesus says that they are guilty, not because—they did not do anything, they did not beat him, but they did not help him. If we just leave the world alone and do not get involved, we are just as guilty as those two, as Jesus said in that parable, who looked the other way and did not want to hear about it. You must get involved, because you are the salt of the earth.</p>
<p>[Dietrich] Bonhoeffer really impressed me with his philosophy in approaching the atheist, the non-Christian, with the Christian message in a way that is easy to understand. I first learned that from Jesus—the simple language. Jesus did not speak the language of the temple, but the language of the people. He talked about the mustard seed, the farmer, the worker in the vineyard, the jobless who are waiting in the marketplace, hoping to get hired. Those are all things that people can understand, and then he introduced the message of God’s love into this clear language. And Bonheffer said that we should apply Jesus’ language in such a way that it can be understood even if you were not born into the Christian tradition or into a Christian household. That was really impressive. In addition, the examples impressed me very much, the fact that people applied the Sermon on the Mount one-to-one. First, to put Christians to shame, it was a non-Christian and Hindu who did it: Mahatma Gandhi. Very much in the spirit of the Sermon of the Mount, he engaged in nonviolent resistance and freed his people from British colonialism, but gave his life for it, as did Jesus. He was shot in 1948. The second one was, thank God, a Christian: Martin Luther King. He prepared and executed this idea of nonviolence, peaceful resistance, in a wonderful way. It was a very tense situation, and the fact that it was possible for an African-American to become president of the United States today even exceeds Martin Luther King’s dream. Then it became our turn to apply the teachings of the Sermon of the Mount here in Leipzig. But you cannot forget to mention Nelson Mandela and Bishop Desmond Tutu. They have always impressed us. We felt that we were walking together with them to fulfill Jesus’ legacy.</p>
<p>The police were always very violent, especially on October 7th when they beat hundreds of people. With this violence they wanted to prevent people from gathering here, here in the church and on the plaza. They gradually increased the amount of violence, but achieved the opposite of what they expected. Especially on October 9th, they had created such a frightful scenario that they thought people would not dare show up here. Instead, even more people came. In church people had learned to turn fear into courage, to overcome the fear and to hope, to have strength, as I mentioned before. That was very important, and during those years and in particular during this frightful time, people overcame their fear. They did not bring their children, because you had to fear for your life. The children stayed at home. They came to church and then started walking, and since they did not do anything violent, the police were not allowed to take action. “We were ready for anything, except for candles and prayer,” they said. If the first group had attacked the police, the police would have known exactly what to do. You can see it on TV every night how police and armies react to demonstrators. That did not happen, and the officers and generals called Berlin and asked what they should do, but they did not get any instructions. Those in Berlin did not say anything, the officers here did not do anything, and thus the movement that did not result in any violence, as the people learned in church, began to spread, and that is when the following became clear in East Germany: This is the beginning of the end of East Germany. It cannot go on, the people got what they wanted. Peace prayers were held all over the country. When they saw the images from Leipzig on October 9th, they started demonstrations everywhere else. The crowds became larger and larger, and then [Erich] Honecker handed in his resignation, and on the 18th the politburo resigned. On November 9th, on this very important day, on this day the wall was overcome from the East. Those are experiences that you cannot learn in college, and I would like to summarize them as follows: the Nikolai Church was open to everyone. The church was open to all people, no matter if they were Christian or non-Christian. The next thing is that throne and altar do not belong together. That is a huge mistake that the church made during the past century. No, the street and the altar belong together, just as Jesus did not hide in the temple, but was mingling out in the street, in the houses and on the plazas. We as a church must go into the street and let the street come into the church. The church must be open to everyone. We can teach nonviolence as a practical application of the Sermon on the Mount, turn swords into ploughshares as in the Old Testament, open to all, as mentioned before, and we are the people. We have to learn to have a certain self-confidence, overcome fear, find our voice once again in church, approach bad situations with this self-confidence, be able to make changes within society, reject injustice, and refuse to go along, and I think what is important in all of that is the power of prayer. Without prayer we would not have changed anything, we would not have been able to overcome fear, we would not have had the strength to change things and to take the message of the Bible seriously, being able to interject yourself into a social reality, finding the message of Jesus and the Bible and applying it to the current situation, not uttering long sentences but finding the right word for the right situation, knowing how to act. For me the main criterion for action was: What would Jesus say in this situation? Then I came to the conclusion that we needed to do it the same way he would have done it.</p>
<p>The role of the church did not diminish, at least not here in the Nikolai Church. It continued. Huge protests against the war in Iraq, peace prayers involving many people to save jobs…It continued, but under different social circumstances. However, there are always certain peaks, unique times, such as October 9th. It was a peaceful revolution which was a unique process. You cannot expect that it will go on like that every day. What this revolution aimed to achieve was indeed achieved, and then people stepped back. The important thing to remember is that we did not do that to get people to join our church, but because it was necessary. That is what Jesus did as well. When he provided help, he never asked if that person went to the temple or if that person said all his prayers. He just realized that this human being needed help, so he helped. That is exactly how we did it. We never said “but you must return the favor,” the way it is done in politics and in the world. We created something, and the blessing continued for the people. The most important thing is that the church has to remain open. Whenever people need the church again, in everyday life or in very specific situations, they should find the church open. The church should be there for the people, the way Jesus intended. An inviting, open church without the expectation that people join; an inviting, open church offering unconditional love, just as Jesus did, and [we must] act in this spirit.</p>
<p><strong>Voir aussi:</strong></p>
<p><strong>Extraits de Tristes tropiques:</strong></p>
<p>(…)</p>
<p>Ce malaise ressenti au voisinage de l’Islam, je n’en connais que trop les raisons: je retrouve en lui l’univers d’où je viens; l’Islam, c’est l’Occident de l’Orient. Plus précisément encore, il m’a fallu rencontrer l’Islam pour mesurer le péril qui menace aujourd’hui la pensée française. Je pardonne mal au premier de me présenter notre image, de m’obliger à constater combien la France est en train de devenir musulmane. Chez les Musulmans comme chez nous, j’observe la même attitude livresque, le même esprit utopique, et cette conviction obstinée qu’il suffit de trancher les problèmes sur le papier pour en être débarrassé aussitôt. A l’abri d’un rationalisme juridique et formaliste, nous nous construisons pareillement une image du monde et de la société où toutes les difficultés sont justiciables d’une logique artificieuse, et nous ne nous rendons pas compte que l’univers ne se compose plus des objets dont nous parlons. Comme l’Islam est resté figé dans sa contemplation d’une société qui fut réelle il y a sept siècles, et pour trancher les problèmes de laquelle il conçut alors des solutions efficaces, nous n’arrivons plus à penser hors des cadres d’une époque révolue depuis un siècle et demi, qui fut celle où nous sûmes nous accorder à l’histoire; et encore trop brièvement, car Napoléon, ce Mahomet de l’Occident, a échoué là où a réussi l’autre. Parallèlement au monde islamique, la France de la Révolution subit le destin réservé aux révolutionnaires repentis, qui est de devenir les conservateurs nostalgiques de l’état des choses par rapport auquel ils se situèrent une fois dans le sens du mouvement. (Page 468)</p>
<p>Les hommes ont fait trois grandes tentatives religieuses pour se libérer de la persécution des morts, de la malfaisance de l’au-delà et des angoisses de la magie. Séparés par l’intervalle approximatif d’un demi-millénaire, ils ont conçu successivement le bouddhisme, le christianisme et l’Islam ; et il est frappant de marquer que chaque étape, loin de marquer un progrès sur la précédente, témoigne plutôt d’un recul. Il n’y a pas d’au-delà pour le bouddhisme ; (….) Cédant de nouveau à la peur, le christianisme rétablit l’autre monde, ses espoirs, ses menaces et son dernier jugement. Il ne reste plus à l’Islam qu’à lui enchaîner celui-ci : le monde temporel et le monde spirituel se trouvent rassemblés. L’ordre social se pare des prestiges de l’ordre surnaturel, la politique devient théologie. En fin de compte on a remplacé des esprits et des fantômes auxquels la superstition n’arrivait tout de même pas à donner la vie, par des maîtres déjà trop réels, auxquels on permet en surplus de monopoliser un au-delà qui ajoute son poids au poids déjà écrasant de l’ici-bas. (Pages 471-2)</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Chute du Mur/20e: Ces chrétiens sans lesquels le Mur serait peut-être encore debout (And the walls came tumbling down)]]></title>
<link>http://jcdurbant.wordpress.com/2009/11/06/chute-du-mur20e-ces-chretiens-sans-lesquels-le-mur-serait-peut-etre-encore-debout-and-the-walls-came-tumbling-down/</link>
<pubDate>Fri, 06 Nov 2009 21:35:19 +0000</pubDate>
<dc:creator>jcdurbant</dc:creator>
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<description><![CDATA[C&#8217;était l&#8217;envol de notre révolution pacifique, un véritable miracle. Ce jour-là, j]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><h5><img src="http://www.france-info.com/IMG/jpg/leipzig.jpg" alt="Leipzig Christian demonstrations (Oct. 1989)" width="450" height="298" align="left" /><em>C&#8217;était l&#8217;envol de notre révolution pacifique, un véritable miracle. Ce jour-là, j&#8217;ai compris que tout allait changer, parce que le courage s&#8217;était installé de notre côté.</em> <a href="http://www.lefigaro.fr/international/2009/10/09/01003-20091009ARTFIG00019-leipzigunprelude-alachute-du-mur-.php">Christian Führer</a> (pasteur de Leipzig)</h5>
<h5><em>Ouvrez, ouvrez les frontières des Etats! </em><a href="http://www.lefigaro.fr/international/2009/10/31/01003-20091031ARTFIG00223--le-prophte-venu-de-l-est-.php">Jean-Paul II</a> (juin 1979)</h5>
<h5><em>Bien entendu nous n’allons rien faire.</em> <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2005/09/04/solidarnosc-bien-entendu-nous-nallons-rien-faire-%e2%80%a6/">Claude Cheysson</a> (décembre 1981)</h5>
<h5><em>Faites tomber ce mur, M. Gorbatchev! </em><a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2007/11/05/communisme90e-bon-anniversaire-a-lanti-sovietchik-no1-happy-birthday-to-the-man-who-buried-the-soviets/">Ronald Reagan</a> (Berlin, juin 1987)</h5>
<h5><em><em><em>Si le pape élu en 1978 avait été italien, français ou brésilien, le mur de Berlin serait peut-être encore debout&#8230;</em></em></em> <a href="http://www.lefigaro.fr/international/2009/10/31/01003-20091031ARTFIG00223--le-prophte-venu-de-l-est-.php">Bernard Lecomte</a><em><em> <em> </em></em></em></h5>
<h5><em><em><em><em>Tout ce qu’ils demandaient, c’était un gouvernement propre – est-ce un péché? Et ce qu’ils souhaitaient, c’était une nation forte – est-ce un péché ? Tout ce que nous faisons, c’est poursuivre leurs aspirations. oui, l’économie s’est améliorée et il y en a qui ont gagné plein d’argent, mais la corruption est partout, les écarts de revenus sont énormes, les mines continuent à avaler des ouvriers et le faux lait en poudre et les faux médicaments inondent le marché – c’est ça, le progrès? S’ils avaient écouté le conseil des étudiants et des ouvriers, le pays ne serait-il pas aujourd’hui un meilleur pays ?</em> </em></em></em><a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2006/06/04/tiananmen-le-wojtyla-chinois-ne-mache-pas-ses-mots-chinese-karol-wojtyla-speaks-out-once-again/">Le cardinal Joseph Zen</a> de Honkong (le 4 juin 2006)</h5>
<h5><em><em><em><em><em>Ce protocole veut dire une meilleure compréhension, une meilleure connaissance et beaucoup plus d&#8217;échanges entre le parti communiste au pouvoir en Chine et le parti de droite au pouvoir en France.</em> </em></em></em></em><a href="http://www.u-m-p.org/site/index.php/ump/s_informer/actualites/xavier_bertrand_rencontre_les_dirigeants_du_parti_communiste_chinois">Xavier Bertrand</a></h5>
<h5><em><em><em><em><em><em>Le secrétaire général de l&#8217;UMP a expliqué (…) que l&#8217;UMP avait également passé un accord avec le parti conservateur britannique. Le président de l&#8217;Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a volé à son secours en qualifiant le PC chinois de «super-ENA», dont sont issues toutes les élites.</em> </em></em></em></em></em><a href="http://www.lefigaro.fr/politique/2009/10/29/01002-20091029ARTFIG00013-l-accord-avec-le-pc-chinois-passe-mal-a-l-ump-.php">Le Figaro</a></h5>
<h5><em><em><em><em><em><em><em>Vingt ans après la chute du mur de Berlin, des jeunes Palestiniens ont ouvert une brèche dans le mur de séparation entre Israël et la Cisjordanie.</em> </em></em></em></em></em></em><a href="http://abonnes.lemonde.fr/proche-orient/portfolio/2009/11/06/des-palestiniens-ouvrent-une-breche-dans-le-mur-de-separation_1263882_3218.html">Le Monde</a></h5>
<p><strong>Pour ceux qui, dans l&#8217;actuel flot de belles paroles et d&#8217;auto-congratulations, auraient oublié les véritables acteurs de la Chute du Mur &#8230;</strong></p>
<p>A l’heure où, en ce 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin le tout récent prix Nobel de la paix s’est, comme avant lui notre propre Sarkozy national, défilé devant le passage du dalaï lama à Washington …</p>
<p>Et où, pendant que nos <a href="http://lemonde.fr/proche-orient/portfolio/2009/11/06/des-palestiniens-ouvrent-une-breche-dans-le-mur-de-separation_1263882_3218.html">médias</a> se prêtent allégrement aux pires récupérations palestiniennes et que le <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2006/09/24/islam-un-nouveau-rideau-de-fer-est-descendu-sur-le-monde-a-new-iron-curtain-has-descended-across-the-world/">nouveau Rideau de fer</a> du totalitarisme islamique asphixie peu à peu les derniers chétiens du Monde dit musulman, le parti de notre Grand Timonier alias l’UMP signe des <a href="http://www.u-m-p.org/site/index.php/ump/s_informer/actualites/xavier_bertrand_rencontre_les_dirigeants_du_parti_communiste_chinois">accords</a> avec le parti frère du PC de Pékin …</p>
<p>Retour sur la part souvent méconnue de l’église protestante est-allemande dans l&#8217;affaire, notamment les manifestations pacifiques du <a href="http://www.lefigaro.fr/international/2008/03/29/01003-20080329ARTFIG00210-le-pasteur-qui-a-fait-tomber-le-mur-de-berlin-se-retire-.php">pasteur Führer</a> de Leipzig qui, lancées dès 1982 et de lundi en lundi, culminèrent à l’automne 1989 en manifestations de masse débouchant finalement sur l’effondrement dudit mur &#8230;</p>
<p>Comme celle du Pape Jean-Paul II qui, dès juin 1979 au lendemain de son élection (alors que trois ans plus tard la France assurait les autorités communistes que <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2005/09/04/solidarnosc-bien-entendu-nous-nallons-rien-faire-%e2%80%a6/">&#8220;naturellement nous n&#8217;allons rien faire&#8221;</a>), fit de la tournée pastorale de son pays natal la première brèche opérée dans le rideau de fer  .…</p>
<p><a href="http://www.lefigaro.fr/international/2009/10/09/01003-20091009ARTFIG00019-leipzigunprelude-alachute-du-mur-.php"><strong>Leipzig, un prélude à la chute du Mur</strong></a><br />
Patrick Saint-Paul, envoyé spécial à Leipzig<br />
Le Figaro magazine<br />
<span class="sign">09/10/2009 </span></p>
<p>C&#8217;est dans cette ville qu&#8217;eurent lieu, il y a vingt ans, les premières manifestations.</p>
<p>Le mur de Berlin tombera un mois plus tard, mais dès le 9 octobre 1989, le régime communiste de RDA commence à vaciller. Leipzig commémore vendredi avec la «Fête des lumières» le vingtième anniversaire de la première manifestation de masse contre le SED, le Parti communiste est-allemand, qui rassembla quelque 70 000 personnes autour de la Nikolaïkirche, l&#8217;église Saint-Nicolas. Un tournant dans la contestation qui libéra la vague démocratique à travers toute la RDA. «La Stasi (la police secrète est-allemande) avait tout prévu, se souvient Christian Führer, pasteur de l&#8217;église Saint-Nicolas. Sauf les bougies et les prières.»</p>
<p>L&#8217;Église protestante (BEK) a joué un rôle majeur dans la «révolution pacifique» de 1989. Depuis 1982, le pasteur Führer accueillait dans sa paroisse des services de prière pour la paix, tous les lundis. Au milieu des années 1980, ils étaient six ou sept à participer. «Au début, les gens venaient me voir parce qu&#8217;ils voulaient voyager librement. Cette privation les rendait malades, raconte le pasteur. Puis ils venaient parler librement de tous les problèmes que l&#8217;on ne pouvait évoquer en public : visas, logements vétustes, aspiration à la liberté. Les espions de la Stasi nous surveillaient de très près. Les gens avaient peur de nous. Mais ça ne changeait rien. Renoncer, c&#8217;était perdre tout espoir.»</p>
<p>Ce n&#8217;est pas un hasard si la révolte débute à Leipzig. Sous la dictature communiste, l&#8217;ancienne cité commerçante de Saxe continuait d&#8217;accueillir de nombreuses foires, notamment le Salon du livre : une fenêtre sur le monde occidental. «Deux fois par an, nous avions droit à une bouffée d&#8217;oxygène, se souvient Sabine Gugutschkow, l&#8217;une des pionnières du mouvement démocratique. Nous allions recopier les titres et les références des ouvrages spécialisés, pour les commander en Allemagne de l&#8217;Ouest. Il fallait attendre deux ou trois ans avant de les recevoir. Nous allions lire quelques pages des derniers livres de Christa Wolf, qui paraissaient à l&#8217;Ouest bien avant d&#8217;arriver ici.»</p>
<p>Le 7 mai 1989, lors des élections communales, les habitants de Leipzig votent pour la première fois contre le Parti communiste en barrant les noms des candidats sur les bulletins de vote. Le lendemain, ils sont abasourdis à l&#8217;annonce des résultats : 89,9 % pour le SED. Sabine Gugutschkow et plusieurs centaines de personnes manifestent pour réclamer des élections libres. Les forces de l&#8217;ordre ont fermé tous les accès à l&#8217;église Saint-Nicolas. Mais les protestataires osent passer entre les mailles pour converger vers ce qui était devenu le centre naturel de la contestation. «Dès lors nous étions de plus en plus nombreux chaque lundi», se souvient le pasteur Führer.</p>
<p>Invité d&#8217;honneur au 40e anniversaire de la RDA, le père de la perestroïka, Mikhaïl Gorbatchev, est accueilli en héros par les Allemands de l&#8217;Est le 7 octobre. À Leipzig, comme à Berlin, on descend dans les rues pour scander «Gorbi, Gorbi». Certains osent un «Gorbi aide nous» à l&#8217;adresse du réformateur soviétique. Inquiet, le patron de la RDA, Erich Honecker, s&#8217;irrite de la popularité de son hôte et rejette toute idée de réforme. «Ceux qui arrivent trop tard sont punis par l&#8217;Histoire», lui lâche un Gorbatchev visiblement lassé par l&#8217;interminable défilé militaire.</p>
<p>» Le reportage du journal Soir 3 sur la visite de Gorbatchev à Berlin :<br />
Les menaces d&#8217;Egon Krenz</p>
<p>Les autorités multiplient les menaces pour empêcher la manifestation du lundi suivant à Leipzig. Huit mille policiers et soldats sont mobilisés. Egon Krenz, le numéro deux du régime en charge des affaires intérieures, qui s&#8217;était félicité de la façon dont les communistes chinois avaient réprimé dans le sang les manifestations sur la place Tiananmen, brandit la menace d&#8217;une «solution à la chinoise» en jurant de faire «ravaler leur salive» aux manifestants. Dès le matin du 9 octobre, des cadres du SED et de la Stasi occupent les bancs de l&#8217;église Saint-Nicolas pour empêcher les manifestants de s&#8217;y rassembler. «Je tremblais de peur, mais j&#8217;ai réussi à décrocher quelques sourires, raconte le pasteur Führer. Je leur ai dit que l&#8217;église était ouverte à tous et que j&#8217;étais ravi de les accueillir pour leur première prière. Ils ont découvert que nos préoccupations étaient très terre à terre et que nous n&#8217;étions pas téléguidés par les médias occidentaux, comme le prétendait le régime.»</p>
<p>Aux milliers de manifestants, qui bravent l&#8217;interdiction de se rassembler et affluent vers l&#8217;église, le pasteur ne cesse de répéter de ne pas céder à la moindre provocation : ni violence, ni jets de pierres, ni insultes, martèle-t-il. «Puis nous sommes sortis de l&#8217;église avec des bougies en priant pour la paix et pour que les policiers ne tirent pas sur les citoyens», ajoute le pasteur. Les forces de l&#8217;ordre sont rapidement débordées par la foule, qui scande «wir sind das Volk» (nous sommes le peuple) ou encore «liberté de voyager avec visas jusqu&#8217;à Hawaï». Les autorités locales ne cessent de téléphoner à Berlin pour réclamer des ordres.</p>
<p>Egon Krenz hésite. Il promet de rappeler plus tard. L&#8217;immense cortège ose même défiler devant le siège de la Stasi, véritable camp retranché transformé en dépôt de munitions. Mais l&#8217;ordre d&#8217;ouvrir le feu ne viendra jamais de Berlin. «Un cousin de province était venu me rendre visite, raconte Sabine Gugutschkow. Il est resté la bouche ouverte pendant toute la journée et n&#8217;a pas été capable de dire un seul mot. Ce jour-là, nous savions que nous avions gagné la liberté.»</p>
<p>Diffusées par la télévision ouest-allemande, les images des 70 000 manifestants font le tour de la RDA. «C&#8217;était la première fois que Krenz avait fait quelque chose de bien, parce qu&#8217;il n&#8217;avait rien fait, se réjouit Führer. C&#8217;était l&#8217;envol de notre révolution pacifique, un véritable miracle. Ce jour-là, j&#8217;ai compris que tout allait changer, parce que le courage s&#8217;était installé de notre côté et que nous avions gagné la sympathie des forces de l&#8217;ordre. C&#8217;était le tournant.» Le lundi suivant, ils seront 120 000 dans les rues de Leipzig. Deux semaines plus tard 320 000… Ils seront de plus en plus nombreux, chaque lundi, partout en RDA jusqu&#8217;à la chute du Mur le 9 novembre suivant.</p>
<p><strong>Voir aussi:</strong></p>
<p>http://www.lefigaro.fr/international/2009/10/31/01003-20091031ARTFIG00223&#8211;le-prophte-venu-de-l-est-.php</p>
<p>Jean-Paul II, le prophète venu de l&#8217;Est<br />
Bernard Lecomte *<br />
Le Figaro magazine<br />
30/10/2009</p>
<p>Si le pape élu en 1978 avait été italien, français ou brésilien, le mur de Berlin serait peut-être encore debout&#8230;</p>
<p>Nous sommes le 17 août 1980. A Castel Gandolfo, dans sa résidence d&#8217;été, le pape Jean-Paul II a allumé la télévision : il a l&#8217;habitude de regarder le journal de la RAI. Ce soir-là, c&#8217;est la Pologne qui fait l&#8217;actualité. A Gdansk, au bord de la Baltique, des milliers d&#8217;ouvriers en grève occupent les chantiers Lénine. La tension, au cœur du bloc communiste, est à son comble. Soudain, le visage de Jean-Paul II se fige. Sur l&#8217;écran, le pape voit distinctement que les ouvriers de Gdansk ont accroché, sur les grilles de leur usine, son propre portrait&#8230;</p>
<p>L&#8217;histoire innove. De la révolte ouvrière de Berlin-Est (1953) au Printemps de Prague (1968) en passant par l&#8217;insurrection de Budapest (1956), jamais aucune révolte populaire en Europe de l&#8217;Est n&#8217;avait eu de connotation religieuse. Cette fois, les représentants de la classe ouvrière &#8211; les vrais, pas les fonctionnaires du parti qui prétendent en être l&#8217;avant-garde &#8211; assistent à la messe chaque matin, prient la Sainte Vierge sans complexe, et en appellent ostensiblement au souverain pontife, à ce pape polonais qui les a visités un an plus tôt, sitôt élu par le conclave. Tous ont en mémoire l&#8217;extraordinaire tournée pastorale de l&#8217;ancien archevêque de Cracovie à travers son pays natal, en juin 1979 &#8211; un voyage qui restera, pour tous les historiens, la première brèche opérée dans le rideau de fer.</p>
<p>Jamais un pape italien, français ou brésilien n&#8217;aurait entrepris pareil périple. A l&#8217;heure de la « détente » entre l&#8217;Est et l&#8217;Ouest, et alors que le communisme continue de progresser dans le reste du monde (de l&#8217;Angola au Laos, du Mozambique à l&#8217;Afghanistan), seul un pape venu de l&#8217;Est pouvait oser affirmer, au mépris de toutes les censures, que le pouvoir communiste était une «parenthèse» dans la vie de ces pays, et que la coupure de l&#8217;Europe en deux était un «accident» de l&#8217;histoire !</p>
<p>«N&#8217;ayez pas peur !» avait lancé le pape slave le jour de son intronisation, en octobre 1978. En Tchécoslovaquie, en Hongrie, mais aussi dans les régions catholiques de l&#8217;URSS (Lituanie, Ukraine occidentale), on a vite compris le message. «Ouvrez, ouvrez les frontières des Etats !» a-t-il clamé lors de son premier voyage à l&#8217;Est, en ce fameux mois de juin 1979, avant d&#8217;en appeler avec obstination, de discours en homélie, à la réunification de l&#8217;Europe.</p>
<p>Jean-Paul II a multiplié les signes en direction des chrétiens de ces pays, qu&#8217;on appelait collectivement « l&#8217;Eglise du silence ». Il avait lui-même assuré à Assise, quelques mois après son élection : «Il n&#8217;y a plus d&#8217;Eglise du silence, puisqu&#8217;elle parle par ma voix!» Message reçu par tous les dissidents de l&#8217;Est, les Vaclav Havel, Jan Patocka et autres Adam Michnik. Quelques semaines plus tard, au micro de la BBC, Alexandre Soljenitsyne s&#8217;enthousiasme : «Ce pape est un don du ciel !»</p>
<p>«Le pape, combien de divisions ? » avait demandé Staline, un jour, avec ironie. Jean-Paul II n&#8217;est pas un chef de guerre. Pas même un homme politique. Les « divisions » du pape slave, ce sont les chrétiens de l&#8217;Est, apparus partout aux premiers rangs de la contestation : Lech Walesa et l&#8217;abbé Popieluszko en Pologne, Mgr Tomasek et Vaclav Maly en Tchécoslovaquie, Doina Cornea et le pasteur Tökes en Roumanie, etc. Ses armes, ce sont ses paroles : à toute occasion, ce pape humaniste et polyglotte prône les droits de l&#8217;homme, la liberté religieuse, la dignité humaine, le droit à la vérité. Autant de valeurs particulièrement subversives dans les pays du « socialisme réel ». Au point que dans toute l&#8217;Europe centrale, en mai 1981, l&#8217;attentat qui manque de coûter la vie au pape est attribué, évidemment, au KGB ! En décembre 1981, si Jean-Paul II s&#8217;engage, contre l&#8217;avis de ses cardinaux, à ne pas laisser tomber la Pologne écrasée sous la botte du général Jaruzelski, c&#8217;est parce qu&#8217;il en fait un combat emblématique, universel, contre le mensonge et l&#8217;oppression.</p>
<p>Lorsque Mikhaïl Gorbatchev arrive au pouvoir en URSS, en mars 1985, les Occidentaux sont sceptiques sur sa capacité à réformer le système soviétique. Le pape slave, lui, sent très vite qu&#8217;il se passe quelque chose, que la glasnost et la perestroïka vont lui permettre de pousser son avantage. Notamment de contraindre le général Jaruzelski, en 1988, au dialogue avec Solidarnosc, le syndicat interdit qu&#8217;il est venu spectaculairement conforter à deux reprises, en 1983 et en 1987. A Moscou, à l&#8217;occasion du millénaire de l&#8217;Eglise russe en juin 1988, Jean-Paul II envoie son « Premier ministre », le cardinal Casaroli, entamer un vrai dialogue avec Gorbatchev : celui-ci, pris au piège de sa propre stratégie réformatrice, assure que le temps de la lutte antireligieuse est terminé, et accepte le principe d&#8217;une rencontre avec le pape.</p>
<p>Gorbatchev au Vatican ! Le 1er décembre 1989, quand le chef du communisme mondial vient rencontrer le chef de l&#8217;Eglise catholique à Rome, les jeux sont faits : le Mur est tombé, son régime entre en agonie. Il faudra moins de deux ans pour que le président de l&#8217;URSS soit obligé de céder la place aux nouveaux dirigeants de la Russie, de l&#8217;Ukraine, de la Lituanie, du Kazakhstan, etc. L&#8217;empire des « soviets » a explosé. Dans un article fameux qu&#8217;il publie deux mois plus tard, Mikhaïl Gorbatchev revient sur cette suite d&#8217;événements extraordinaires : «Rien de ce qui s&#8217;est passé en Europe de l&#8217;Est n&#8217;aurait pu se produire sans ce pape-là&#8230;»</p>
<p>* Journaliste et écrivain. Auteur du livre Les Secrets du Vatican (Perrin, 2009).</p>
<p><strong>Voir enfin: </strong></p>
<p>http://www.lefigaro.fr/politique/2009/10/29/01002-20091029ARTFIG00013-l-accord-avec-le-pc-chinois-passe-mal-a-l-ump-.php</p>
<p>L&#8217;accord avec le PC chinois passe mal à l&#8217;UMP<br />
Sophie Huet<br />
Le Figaro<br />
29/10/2009</p>
<p>Le «mémorandum» signé à Pékin par Xavier Bertrand est critiqué dans le parti majoritaire.</p>
<p>Le «mémorandum d&#8217;entente» signé le 22 octobre entre le Parti communiste chinois et l&#8217;UMP, à l&#8217;initiative de Xavier Bertrand, fait des remous chez les députés UMP. Lionnel Luca, le président du groupe d&#8217;études sur le Tibet à l&#8217;Assemblée, ne décolère pas contre «le numéro de contorsionniste assez compliqué» du secrétaire général de l&#8217;UMP. «Même s&#8217;il souhaite donner une dimension internationale à l&#8217;UMP, ce mémorandum a une portée symbolique désastreuse», estime le député des Alpes-Maritimes, qui s&#8217;est mis en congé des instances de son parti en guise de protestation. Luca dénonce «cet affichage politique avec l&#8217;un des derniers partis totalitaires». Mercredi, Xavier Bertrand est venu s&#8217;expliquer devant une dizaine de députés UMP du groupe d&#8217;études, sans réussir à convaincre les plus récalcitrants. Henri Plagnol a jugé cette initiative «en contradiction avec la charte de l&#8217;UMP sur les valeurs», et Dominique Tian a jugé que cette affaire «créait un précédent fâcheux» vis-à-vis d&#8217;autres partis, comme le FLN algérien.</p>
<p>«Tout est dans le symbole»</p>
<p>En soi, ce «mémorandum d&#8217;entente», dont Le Figaro a eu une copie, est de portée très générale. Il précise que les deux partis se sont mis d&#8217;accord sur des principes, en particulier celui de «non-ingérence dans les affaires intérieures d&#8217;autrui» (ce qui déplaît fortement aux défenseurs de la cause tibétaine comme Luca), qu&#8217;ils «organiseront un dialogue une fois tous les deux ans, alternativement dans leur pays respectif», ainsi que «des échanges de délégations»… Interpellé mardi en réunion du groupe UMP, Xavier Bertrand a d&#8217;ailleurs précisé qu&#8217;il avait «parlé du dalaï-lama et abordé la question religieuse avec les dirigeants chinois». Le secrétaire général de l&#8217;UMP a expliqué que les partis politiques «doivent jouer un rôle dans les relations internationales», et que l&#8217;UMP avait également passé un accord avec le parti conservateur britannique. Le président de l&#8217;Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a volé à son secours en qualifiant le PC chinois de «super-ENA», dont sont issues toutes les élites. D&#8217;autres UMP comme Jean-Paul Anciaux et Damien Meslot ont aussi soutenu Bertrand, rappelant que le général de Gaulle avait reconnu la République populaire de Chine il y a près de cinquante ans.</p>
<p>À l&#8217;inverse, les libéraux ont vivement attaqué Bertrand. Yves Nicolin a estimé que les relations doivent se traiter d&#8217;État à État, «sinon, pourquoi ne pas aller à Cuba ?» Jugeant cet accord «inapproprié», Hervé Mariton a estimé que «tout est dans le symbole, ce qui rend l&#8217;affaire plus grave». Amusé par la polémique, Jean-François Copé a commis un lapsus révélateur en qualifiant son rival de «premier secrétaire» de l&#8217;UMP &#8211; qui est en fait le titre du patron du Parti socialiste -, avant de se raviser.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Disparition de Claude Lévi-Strauss: Etrange destinée de l’ethnographe… (Looking back at the heretic behind the consecration)]]></title>
<link>http://jcdurbant.wordpress.com/2009/11/04/disparition-de-claude-levi-strauss-etrange-destinee-de-l%e2%80%99ethnographe%e2%80%a6-looking-back-at-the-heretic-behind-the-consecration/</link>
<pubDate>Wed, 04 Nov 2009 09:27:31 +0000</pubDate>
<dc:creator>jcdurbant</dc:creator>
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<description><![CDATA[Etrange destinée, étrange préférence que celle de l’ethnographe, sinon de l’anthropologue, qui s’int]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><h5><img src="http://www.selectedworks.co.uk/kwakiutldzonokwa.jpg" alt="Primitive mask" width="225" height="315" align="left" /><em>Etrange destinée, étrange préférence que celle de l’ethnographe, sinon de l’anthropologue, qui s’intéresse aux hommes des antipodes plutôt qu’à ses compatriotes, aux superstitions et aux mœurs les plus déconcertantes plutôt qu’aux siennes, comme si je ne sais quelle pudeur ou prudence l’en dissuadait au départ. Si je n’étais pas convaincu que les lumières de la psychanalyse sont fort douteuses, je me demanderais quel ressentiment se trouve sublimé dans cette fascination du lointain, étant bien entendu que refoulement et sublimation, loin d’entraîner de ma part quelque condamnation ou condescendance, me paraissent dans la plupart des cas authentiquement créateurs.</em> <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2006/06/22/multiculturalisme-la-croyance-au-bon-sauvage-est-peut-etre-congenitale-de-l%e2%80%99ethnologie-looking-back-on-multiculturalisms-master-claude-levi-strauss/">Roger Caillois</a> (1974)</h5>
<h5><em>Les révolutions symboliques ne sont jamais accomplies que par des hérétiques consacrés</em>. Pierre Bourdieu</h5>
<h5><em>Ce fut donc une carrière universitaire mouvementée dont le trait le plus frappant est sans doute de s’être déroulée toujours en dehors de l’Université proprement dite.</em> Claude Lévi-Strauss  (Libération, 2 juin 1983)</h5>
<h5><em>Quelque chose se trouve plus fréquemment peut-être dans certaines familles juives que dans d&#8217;autres: une intense préoccupation pour la vie intellectuelle; et aussi cette idée, inconsciente d&#8217;ailleurs, que les difficultés qu&#8217;on pouvait rencontrer dans l&#8217;existence, du fait des origines raciales, devaient être compensées par un effort soutenu dans des domaines où les obstacles à surmonter étaient moins nombreux.</em> Claude Lévi-Strauss (L&#8217;Express, 1986)</h5>
<h5><em>On m&#8217;a traité de sale juif dès l&#8217;école communale (&#8230;) </em><em>Se découvrir subitement contesté par une communauté dont on croyait être partie intégrante peut conduire un jeune esprit à prendre quelque distance à l’égard de la réalité sociale, contraint qu’il est de la considérer simultanément du dedans où il se sent et du dehors où on le met.</em> <a href="http://bibliobs.nouvelobs.com/20091103/4750/levi-strauss-le-dernier-des-geants">Claude Lévi-Strauss</a></h5>
<h5><em>Ce que je constate: ce sont les ravages actuels; c&#8217;est la disparition effrayante des espèces vivantes, qu&#8217;elles soient végétales ou animales; et le fait que du fait même de sa densité actuelle, l&#8217;espèce humaine vit sous une sorte de régime d&#8217;empoisonnement interne —-si je puis dire—- et je pense au présent et au monde dans lequel je suis en train de finir mon existence. Ce n&#8217;est pas un monde que j&#8217;aime.</em> <a href="http://www.planete-attitude.fr/video/ce-nest-pas-un-monde-que-jaime">Claude Lévi-Strauss</a> (2005)</h5>
<h5><em>Dans nos sociétés occidentales, nous éloignons les indésirables, tandis que dans d&#8217;autres sociétés, on les ingère! Lévi-Strauss va très loin dans le relativisme culturel. </em><a href="http://abonnes.lemonde.fr/carnet/article/2009/11/03/levi-strauss-a-su-transformer-ses-experiences-en-systemes-de-pensee_1262350_3382.html#ens_id=1262333">Roland Pourtier</a> (géographe)<em><br />
</em></h5>
<h5><em>Lévi-Strauss ne cesse de débusquer la géométrie sous la peinture, le solfège sous la mélodie, la géologie sous le paysage. Dans le foisonnement jugé imprévisible des mythes, il discerne une grammaire aux règles strictes. Dans l&#8217;apparent arbitraire des coutumes matrimoniales, il découvre une logique implacable. Dans le prétendu fouillis de la pensée des &#8220;sauvages&#8221;, il met au jour une complexité, une élaboration, un génie inventif qui ne le cède en rien à ceux des soi-disant &#8220;civilisés&#8221;.</em> <strong><a href="http://abonnes.lemonde.fr/carnet/article/2009/11/03/l-ethnologue-claude-levi-strauss-est-mort_1262351_3382.html"><strong>Roger-Pol Droit</strong></a></strong></h5>
<h5><em> Il ne se passe guère d’année sans que je reçoive, en général d’Afrique, une commande de jeans</em>. <a href="http://www.liberation.fr/culture/0101601012-levi-strauss-un-deracine-chronique">Claude L. Strauss</a></h5>
<h5><em><em>Je lui reste fidèle [à Marx], non pas, disons, sur le plan des idées politiques, mais parce que je lui suis redevable de deux idées qui restent pour moi centrales et qui ont toujours orienté ma pensée<em>. (&#8230;) </em>Qui sont : 1. La conscience, qu&#8217;elle soit individuelle ou collective, est trompeuse vis-à-vis d&#8217;elle-même et, par conséquent, si l&#8217;on veut atteindre des réalités plus solides, il faut descendre en dessous du niveau de la conscience, ce qui, pour moi. n&#8217;est pas autre chose que transposer aux sciences humaines et sociales la distinction philosophique de Locke et de Descartes entre qualités secondes et qualités premières (les qualités secondes sont trompeuses ; les qualités premières, elles, correspondent à la réalité). 2. Marx m&#8217;a enseigné, parce que je crois que c&#8217;est lui qui l&#8217;a inventée, la méthode des modèles dans les sciences humaines et sociales. Après tout, cet énorme « Capital » n&#8217;est rien d&#8217;autre qu&#8217;un modèle construit en laboratoire, que l&#8217;on fait fonctionner et qu&#8217;on met à l&#8217;épreuve des &#8221; faits ethnographiques &#8220;, si je puis dire : les rapports des inspecteurs de fabrique, et autres, pour voir si le modèle est conforme au réel.</em></em> Claude Lévi-Strauss</h5>
<h5><em>Cela n&#8217;a aucune importance, parce que si ça plait aux féministes de dire que ce sont les femmes qui échangent les hommes, cela n&#8217;altère en rien la théorie ;il suffit de remplacer les signes plus par les signes moins, et tout fonctionne de la même façon.</em> Claude Lévi-Strauss</h5>
<h5><em>J&#8217;ai réagi contre cette tendance qui consiste à banaliser la notion de racisme, qui désigne une doctrine fausse mais précise à en faire une sorte d&#8217;amalgame qui ne veut plus rien dire. Quand on dénonce comme racistes un attachement à certaines valeurs, un manque de goût pour d&#8217;autres &#8211; attitudes excusables ou blâmables, mais profondément ancrées dans les communautés humaines &#8211; on aboutit à ceci : les gens a qui on fait ce reproche se disent &#8220;Si c&#8217;est ça le racisme, alors, moi, je suis raciste&#8221;. Et il me semble qu&#8217;on fabrique ainsi des racistes.</em> Claude Lévi-Strauss</h5>
<h5><em>Si un corps de garde pouvait être religieux, l’Islam paraîtrait sa religion idéale: stricte observance des règlements (prières cinq fois par jour, chacune exigeant cinquante génuflexions); revues de détail et soins de propreté (les ablutions rituelles); promiscuité masculine dans la vie spirituelle comme dans l’accomplissement des fonctions religieuses; et pas de femmes.</em></h5>
<h5><em>En face de la bienveillance universelle du bouddhisme, du désir chrétien de dialogue, l’intolérance musulmane adopte une forme inconsciente chez ceux qui s’en rendent coupables ; car s’ils ne cherchent pas toujours, de façon brutale, à amener autrui à partager leur vérité, ils sont pourtant (et c’est plus grave) incapables de supporter l’existence d’autrui comme autrui. Le seul moyen pour eux de se mettre à l’abri du doute et de l’humiliation consiste dans une “néantisation” d’autrui, considéré comme témoin d’une autre foi et d’une autre conduite. La fraternité islamique est la converse d’une exclusive contre les infidèles qui ne peut s’avouer, puisque, en se reconnaissant comme telle, elle équivaudrait à le reconnaître eux-mêmes comme existants.</em></h5>
<h5><em>Plus précisément encore, il m’a fallu rencontrer l’Islam pour mesurer le péril qui menace aujourd’hui la pensée française. Je pardonne mal au premier de me présenter notre image, de m’obliger à constater combien la France est en train de devenir musulmane … </em>Claude Lévi-Strauss (Tristes tropiques)</h5>
<h5><em>J’ai commencé à réfléchir à un moment où notre culture agressait d’autres cultures dont je me suis alors fait le défenseur et le témoin. Maintenant, j’ai l’impression que le mouvement s’est inversé et que notre culture est sur la défensive vis-à-vis des menaces extérieures, parmi lesquelles figure probablement l’explosion islamique. Du coup je me sens fermement et ethnologiquement défenseur de ma culture.</em> <a href="http://www.bivouac-id.com/2009/11/04/claude-levi-strauss-le-plus-grand-ethnologue-du-xxe-siecle-etait-aussi-un-grand-critique-de-l%E2%80%99islam/">Claude Lévi-Strauss</a> (Magazine littéraire, 2003)</h5>
<p>Juif alsacien né en Belgique d’un père peintre (portraitiste) ruiné par l&#8217;arrivée de la photographie, exilé dans des lycées de province comme professeur de philosophie, égaré un temps à la SFIO, exilé volontaire au Brésil grâce au réseau normalien, transfuge de la philosophie pour la sociologie puis l&#8217;ethnologie, révoqué en 1940 par les lois raciales de Vichy, réfugié à New York avec nombre de savants juifs &#8220;gibiers de camp de concentration&#8221; grâce à la fondation Rockefeller, récupéré par les Affaires étrangères comme conseiller culturel, sous-directeur du musée de l&#8217;Homme, directeur d&#8217;études de l&#8217;École pratique des hautes études, sorti de l&#8217;anonymat par le grand public via un livre de voyage contre les voyageurs, élu après deux échecs au Collège de France puis à l’Académie française, embaumé de son vivant à la Pléiade puis au Musée Chirac du Quai Branly, <a href="http://www.lepoint.fr/culture/2009-11-03/disparition-les-obseques-de-claude-levi-strauss-ont-deja-eu-lieu/249/0/391476">inhumé quasiment en cachette</a> pour éviter la médiatisation …</p>
<p><strong>Derrière le véritable tsunami d’hommages &#8230;</strong></p>
<p>Qui, à l&#8217;occasion de la disparition du père fondateur du multiculturalisme en ce <a href="http://www.journalmetro.com/monde/article/358605--new-jersey-virginie-et-mairie-de-new-york-election-des-candidats-republicains-un-revers-pour-barack-obama">premier anniversaire</a> de l&#8217;élection du premier président américain multiculturel et postmoderne, ne va pas manquer et a déjà commencé de déferler sur nous …</p>
<p>Le parcours du premier académicien centenaire de  l’histoire n’a, on le voit, pas toujours été un long fleuve tranquille.</p>
<p>Et ce tant à l’Université, où l’exemple par excellence de ce que Bourdieu appelait un <strong>&#8220;hérétique consacré&#8221;</strong> n’eut jamais qu’une position marginale, qu’à l’Académie française elle-même.</p>
<p>Mais surtout, comme a le mérite de le rappeler la fameuse et vitriolique réponse de Roger Caillois à son entrée Quai Conti, le génial grammairien de la pensée mythique qui, appliquant l’analyse structurale de la linguistique de Saussure et Jakobson à l’anthropologie, a contribué si puissamment à &#8220;casser l’etnocentrisme occidental&#8221; du début du XXe siècle et <strong>suscité, avec et contre lui, tant de questions, travaux et chercheurs</strong> (<a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2008/05/07/mai-6840e-l%e2%80%99impossible-monsieur-bourdieu-impossible-man-in-an-impossible-land/">Bourdieu</a> contre son refus de l’histoire et du social comme <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2005/12/25/rene-girard-un-nouveau-tocqueville/">Girard</a> contre son refoulement du sacrifice).</p>
<p>Est aussi pour une large part, avec nos Barthes, Foucault et Derrida nationaux, <strong>l&#8217;un des pères fondateurs plus ou moins volontaire de l’actuel postmodernisme politiquement correct et de son relativisme culturel </strong>dont on sait les ravages dans les universités américaines et ailleurs …</p>
<p><a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2006/06/22/multiculturalisme-la-croyance-au-bon-sauvage-est-peut-etre-congenitale-de-l%e2%80%99ethnologie-looking-back-on-multiculturalisms-master-claude-levi-strauss/"><strong>Extraits:</strong></a><br />
Sur les paradoxes de l’ethnographie:</p>
<p>Elle se présente comme la seule science qui contribue à détruire son objet, car elle envoie dans les derniers refuges où subsistent encore les hommes de nature les enquêteurs les mieux préparés qui soient et les mieux pourvus d’un matériel enviable, de sorte qu’une population sauvage ne sera étudiée qu’une fois en son état d’innocence quant à l’univers technique. La présence de l’ethnographe le plus précautionneux annonce ou consacre la contamination sans retour de la tribu où il séjourne. Le domaine de l’ethnographie ressemble à une peau de chagrin au bout de sa diminution progressive. Chaque jour l’exténue. Demain, il n’existera plus que dans les rayons des bibliothèques. Rien ne distinguera plus l’ethnographie de l’archéologie et de l’histoire. Les ethnographes, s’il en existe encore, en sont conscients et sont partagés entre l’orgueil de compter parmi les derniers représentants d’une illustre lignée et la certitude du tarissement inévitable des sources humaines qui alimentent leur discipline. Car les sujets de l’étude ne peuvent pas ne pas rejoindre les savants qui les étudient.</p>
<p>Sur l’Occident criminel:</p>
<p>… vous avez combattu avec une rare persévérance cet ethnocentrisme dont les civilisés sont communément affligés à l’égard de ceux qu’ils appellent « sauvages ». À cette occasion, je me plais à saluer, Monsieur, votre bonheur d’expression et à admirer le double sens d’un de vos titres, La pensée sauvage, qui restitue d’un coup à une pensée dont la cohérence et la complexité étaient hier ignorées, les grâces et les séductions des fleurs de la nature, avant que l’horticulture ne les aient traitées. Il ne s’ensuit pas qu’il faille pour autant maudire le travail des jardiniers.</p>
<p>L’Occident des pêcheurs d’âmes et des commerçants d’épices, bientôt des négriers et des factoreries, puis des conquêtes militaires et des services administratifs, l’Occident criminel, technicien, aventureux et hygiénique introduit partout laboratoires, écoles et usines, maladies et vaccins, fléaux et universités, bordels et dispensaires. Peu importe qu’il pratique la ségrégation ou l’assimilation, le résultat est partout identique. L’indigène, parfois demeuré au stade néolithique, abandonne ses ustensiles, ses armes, sa quasi-nudité, ses institutions. Il n’en subsiste pratiquement plus aujourd’hui qui n’ait eu aucun contact avec la civilisation industrielle. Ceux qui en restent indemnes ne jouissent que d’un bref sursis. Les ethnographes justement alarmés par la disparition de l’objet de leurs études s’affairent à préserver ce qui peut être sauvé des mythes et des mœurs, des structures familiales et sociales. Mais oublient-ils qu’ils descendent de sauvages eux-aussi ?</p>
<p>Qu’auraient dit, à l’époque Romaine, les ancêtres de ces savants généreux, qui appartenaient peut-être aux tribus les plus rudes des Gaules et de la Germanie, si des ethnographes de l’époque avaient exigé qu’on les confinât dans leurs singularités remarquables, qu’on prît les mesures nécessaires pour que ne fût ni détruite ni saccagée l’originalité de leur culture, qu’on les retint de s’initier aux nouveautés apportées par l’envahisseur, afin qu’ils ne se réveillent pas absorbés dans une civilisation uniforme, utilitaire et sans âme ? S’il en avait été ainsi, Monsieur, où serions-nous ?</p>
<p>Je m’étonne dans ces conditions qu’ils se montrent surpris de l’ingratitude, de l’humeur des peuples dits pudiquement en voie de développement, quand ceux-ci entendent les habitants privilégiés des métropoles modernes s’extasier sur le sûr instinct qui fait persévérer dans leur être les hommes de nature. Ils les félicitent même de récuser le devenir. Je ne crois pas pour ma part à ce refus de l’histoire dont les « sauvages » sont parfois crédités. Je suis plutôt convaincu par les pages où vous décrivez ces mêmes sages avides des outils métalliques, qui pourtant mettent en péril l’ensemble de leur culture et leurs institutions. Nulle part, comme vous le savez, la hache de pierre n’a été préférée à la hache d’acier aussitôt apparue. Comme la mauvaise monnaie chasse la bonne, plus sûrement encore le meilleur outil élimine le moins efficace. Ce qui vaut pour les ustensiles ne vaut pas moins pour les animaux d’élevage, pour les cultures vivrières, pour les innovations techniques, – et ceci à tous les niveaux, de la roue à l’énergie nucléaire. Il n’y a jamais dédain, mais fascination.</p>
<p>Sur l’ingratitude des objets d’étude:</p>
<p>Nous avons eu les oreilles rebattues de la sagesse des Chinois, inventant la poudre sans s’en servir que pour les feux d’artifice. Certes. Mais, d’une part l’Occident a connu lui aussi la poudre sans longtemps l’employer pour la guerre. Au IXe siècle, le Livre des Feux, de Marcus Graecus en contient déjà la formule ; il faudra attendre plusieurs centaines d’années pour son utilisation militaire, très exactement jusqu’à l’invention de la bombarde, qui permet d’en exploiter la puissance de déflagration. Quant aux Chinois, dès qu’ils ont connu les canons, ils en ont été acheteurs très empressés, avant qu’ils n’en fabriquent eux-mêmes, d’abord avec l’aide d’ingénieurs européens. Dans l’Afrique contemporaine, seule la pauvreté ralentit le remplacement du pilon par les appareils ménagers fabriqués à Saint-Étienne ou à Milan. Mais la misère n’interdit pas l’invasion des récipients en plastique au détriment des poteries et des vanneries traditionnelles. Les plus élégantes des coquettes Foulbé se vêtent de cotonnades imprimées venues des Pays-Bas ou du Japon. Le même phénomène se produit d’ailleurs de façon encore plus accélérée dans la civilisation scientifique et industrielle, béante d’admiration devant toute mécanique nouvelle et ordinateur à clignotants.</p>
<p>Je déplore autant qu’un autre la disparition progressive d’un tel capital d’art, de finesse, d’harmonie. Mais je suis tout aussi impuissant contre les avantages du béton et de l’électricité. Je ne me sens d’ailleurs pas le courage d’expliquer leur privilège à ceux qui en manquent.</p>
<p>Les indigènes ne se résignent pas à demeurer objets d’études et de musées, parfois habitants de réserves où l’on s’ingénie à les protéger du progrès.</p>
<p>Étudiants, boursiers, ouvriers transplantés, ils n’ajoutent guère foi à l’éloquence des tentateurs, car ils en savent peu qui abandonnent leur civilisation pour cet état sauvage qu’ils louent avec effusion. Ils n’ignorent pas que ces savants sont venus les étudier avec sympathie, compréhension, admiration, qu’ils ont partagé leur vie. Mais la rancune leur suggère que leurs hôtes passagers étaient là d’abord pour écrire une thèse, pour conquérir un diplôme, puisqu’ils sont retournés enseigner à leurs élèves les coutumes étranges, « primitives », qu’ils avaient observées, et qu’ils ont retrouvé là-bas du même coup auto, téléphone, chauffage central, réfrigérateur, les mille commodités que la technique traîne après soi. Dès lors, comment ne pas être exaspéré d’entendre ces bons apôtres vanter les conditions de félicité rustique, d’équilibre et de sagesse simple que garantit l’analphabétisme ? Éveillées à des ambitions neuves, les générations qui étudient et qui naguère étaient étudiées, n’écoutent pas sans sarcasme ces discours flatteurs où ils croient reconnaître l’accent attendri des riches, quand ils expliquent aux pauvres que l’argent ne fait pas le bonheur, – encore moins, sans doute, ne le font les ressources de la civilisation industrielle. À d’autres.</p>
<p>Réponse de M. Roger Caillois<br />
au discours de M. Claude Lévi-Strauss</p>
<p>DISCOURS PRONONCÉ DANS LA SÉANCE PUBLIQUE<br />
le jeudi 27 juin 1974</p>
<p><strong>Voir aussi:</strong><a href="http://www.leparisien.fr/societe/mort-de-l-ethnologue-claude-levi-strauss-03-11-2009-697934.php"><br />
</a></p>
<p><a href="http://www.liberation.fr/culture/0101601012-levi-strauss-un-deracine-chronique"><strong>Lévi-Strauss, un déraciné chronique</strong></a><br />
Antoine De Gaudemar<br />
Libération<br />
03/11/2009<br />
PORTRAIT</p>
<p>L&#8217;ethnologue et écrivain est mort à l&#8217;âge de 100 ans. Retour sur le parcours d&#8217;un homme qui a révolutionné son siècle.</p>
<p>«Je hais les voyages et les explorateurs». Cette phrase, la première et la plus célèbre de «Tristes tropiques», n’était pas qu’une boutade provocatrice. Claude Lévi-Strauss, qui vient de mourir à l’âge de 100 ans, ne raffolait pas des expéditions. Passé l’enthousiasme des premières explorations, le savant préféra de loin l’ombre des bibliothèques pour construire son œuvre. C’est pourtant à partir de ses enquêtes dans la savane et la forêt brésiliennes des années 30 que Claude Lévi-Strauss a composé &#8211; des «Structures élémentaires de la parenté» à «Histoire de Lynx» en passant par les deux volumes d’«Anthropologie structurale» et les quatre de «Mythologiques» &#8211; une théorie d’ouvrages qui auront révolutionné l’anthropologie moderne. Rousseauiste nostalgique d’un âge d’or perdu, anxieux d’une humanité oubliant son passé et enchaînée à la tyrannie du progrès, il aura pourtant recouru à la méthode la plus rigoureuse et aux théories les plus avant-gardistes pour décrire les écroulements de la modernité. Un autre paradoxe de ce penseur et de cet écrivain, qui restera sans aucun doute comme le plus grand ethnologue du XXe siècle.</p>
<p>Le père de Claude Lévi-Strauss était peintre, deux de ses oncles aussi. Né le 28 novembre 1908 &#8211; à Bruxelles, où il ne reste que quelques mois avant de revenir à Paris -, le jeune Claude grandit dans une famille désargentée et cultivée, où la musique est aussi très présente. Très vite, il collectionne des «curiosités exotiques» et monte déjà des «expéditions» dans la capitale et la région parisienne. Quand la Première guerre mondiale éclate, son père est mobilisé et toute la famille part s’installer chez le grand-père maternel, grand rabbin de Versailles. A la fin du conflit, il entre au lycée Janson-de-Sailly à Paris et s’intéresse dès 16 ans à la politique. Militant SFIO, il deviendra même secrétaire général de la Fédération des étudiants socialistes. Grand lecteur de Karl Marx, il écrit son premier texte, sur Gracchus Babeuf, dans une revue socialiste belge. Après une hypokhâgne à Condorcet en 1926, il entreprend des études de droit et de philosophie. Mais le droit l’ennuie et il choisit la philosophie, dont il devient agrégé en 1931, à moins de 23 ans, en même temps que Simone Weil.</p>
<p>Son premier poste de professeur le conduit à Mont-de-Marsan. La passion de la politique ne l’a pas quitté. Candidat socialiste aux élections cantonales de 1932, il voit son entreprise tourner court après un accident de voiture en compagnie de Pierre Dreyfus, futur PDG de Renault et ministre de François Mitterrand. Nommé à Laon l’année suivante, il découvre l’ethnologie en lisant l’Américain Robert Lowie. Une révélation pour le jeune philosophe qui cherche sa voie. Encouragé par Paul Nizan, un lointain parent dont il admire le livre «Aden Arabie» et qui lui fait rencontrer Marcel Mauss, le maître de l’ethnographie, son intérêt pour celle-ci grandit.</p>
<p>A l’automne 1934, le directeur de l’Ecole normale supérieure, qui connaît son aspiration, lui conseille de se porter candidat comme professeur de sociologie à l’université de Sao Paulo, au Brésil. «Les faubourgs sont remplis d’Indiens, vous leur consacrerez vos week-ends», lui dit-il curieusement. Claude Lévi-Strauss n’hésite pas. En février 1935, il embarque à Marseille pour le Brésil. L’université de Sao Paulo vient de naître, avec un fort soutien de la Mission universitaire française. Parmi les enseignants, se trouve l’historien Fernand Braudel, un aîné qui aidera le sociologue débutant.</p>
<p>Quelques mois après son arrivée, Claude Lévi-Strauss réalise ses premières enquêtes de terrain. «J’étais dans un état d’excitation intellectuelle intense. Je me sentais revivre les aventures des premiers voyageurs du XVIe siècle. Pour mon compte, je découvrais le Nouveau Monde. Tout me semblait fabuleux, les paysages, les animaux, les plantes…». L’ethnologie donne enfin un sens à sa quête intellectuelle: «Comme histoire qui rejoint par ses deux extrémités celle du monde et la mienne, elle dévoile du même coup leur commune raison… Elle réconcilie mon caractère et ma vie».</p>
<p>Une exposition montée à partir de ses premières enquêtes se tient à Paris en 1936. Elle lui vaut la reconnaissance de ses pairs du Musée de l’Homme et des crédits pour de nouvelles expéditions. Les peuples à la rencontre de qui il va survivent comme ils peuvent, décimés par les maladies de l’homme blanc, mais ils ne sont encore ni soumis ni envahis. Certains n’ont jamais vu de Blancs. Comme beaucoup d’ethnologues, Lévi-Strauss ressent cruellement qu’il tente de mettre en lumière et en valeur ceux-là mêmes qui sont en cours d’élimination de la surface de la terre, sous les coups de boutoir de la «civilisation».</p>
<p>En 1939, Claude Lévi-Strauss est de retour en France. Mobilisé, il fait la «drôle de guerre» derrière la ligne Maginot. Evacué vers Montpellier pendant la débâcle, il tente en vain de rejoindre son nouveau poste au lycée Henri IV à Paris. Finalement nommé à Montpellier, il est rapidement révoqué du fait des lois raciales de Vichy. Il choisit et obtient un poste à la New School for Social Research de New York, un centre d’accueil pour intellectuels européens persécutés par le nazisme et commence à enseigner, sous le nom de Claude L. Strauss, comme on le lui demande à cause de la marque de blue-jeans: «Je vécus ainsi plusieurs années aux Etats-Unis sous un patronyme mutilé. Depuis, cette malheureuse homonymie n’a cessé de me hanter. Tel un fantôme. Il ne se passe guère d’année sans que je reçoive, en général d’Afrique, une commande de jeans».</p>
<p>En 1942, il rallie la France Libre et travaille comme speaker à l’Office of War Information. Il fréquente Breton, Max Ernst, Marcel Duchamp et d’autres artistes en exil à Manhattan, court antiquaires et brocantes à la recherche de pièces d’art primitif. L’exil aux Etats-Unis se prolonge. Nommé en 1945 conseiller culturel à l’ambassade de France, Lévi-Strauss ne rentre à Paris qu’en 1947. Affecté au Musée de l’Homme, il rencontre Georges Dumézil, Michel Leiris dont il lit l’œuvre «avec délectation», et Jacques Lacan, en qui il voit un «chaman» des sociétés modernes. Une fois sa thèse passée, il est élu en 1950 directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études. Face à la protestation d’étudiants africains, il transforme l’intitulé de sa chaire, «Religions des peuples non civilisés», en «Religions des peuples sans écriture».</p>
<p>En 1955, «Tristes tropiques» marque un tournant: le professeur Lévi-Strauss, justement reconnu par ses pairs universitaires et chercheurs, devient un écrivain et savant mondialement connu. Récit de voyage autant qu’itinéraire initiatique, bilan autobiographique et philosophique, œuvre littéraire dans la double filiation de Montaigne et de Rousseau d’un côté, de Joseph Conrad et de Bronislaw Malinowski de l’autre, «Tristes tropiques» provoque une onde de choc. Dans cette époque d’éveil du Tiers-monde, l’effet de ce plaidoyer humaniste sera immense et universel et fera de «Tristes tropiques» un chef d’œuvre de la littérature du XXe siècle.</p>
<p>«Pendant vingt ans, levé à l’aube, soûlé de mythes, j’ai véritablement vécu dans un autre monde», dit-il. En 1964, paraît «le Cru et le cuit», premier volume des «Mythologiques». Suivront, en une impressionnante somme, «Du miel aux cendres», «l’Origine des manières de table» et enfin «l’Homme nu», en 1971. Pour démontrer que les mythes, ces récits premiers et fondateurs, ne doivent rien à la fantaisie ni à l’arbitraire mais au contraire à la reproduction plus ou moins conforme d’invariants et de schèmes, le chercheur y transcrit, interprète et compare plus de 800 mythes amérindiens et d’un millier de leurs variantes. Le mythe est cette parole structurante qui a survécu au temps, qui assure la continuité du groupe et de l’espèce. C’est un «regard ethnographique» que Lévi-Strauss pose sur la Sorbonne occupée de 1968. Son jugement sur les événements de mai est très dur: «Une fois passé le premier moment de curiosité, une fois lassé de quelques drôleries, mai 68 m’a répugné». Il n’admet pas qu’on coupe des arbres pour faire des barricades, que des facultés soient transformées en «poubelles«, que le travail intellectuel soit paralysé par la «logomachie». La rupture, déjà consommée depuis longtemps avec sa jeunesse marxiste et socialiste, est patente et définitive. De plus en plus conservateur au sens philosophique du mot, Lévi-Strauss est le contraire d’un intellectuel engagé: après 1945, et hormis pour prendre la défense des Amérindiens, il ne se prévaut jamais de son autorité intellectuelle pour prendre des positions publiques et commettre ce qu’il juge des «abus de confiance».</p>
<p>En 1982, Claude Lévi-Strauss prend sa retraite et Françoise Héritier lui succède à la tête du Laboratoire d’anthropologie sociale. Le vieil homme au profil d’aigle continue de travailler et de voyager, au Canada (versant Pacifique), au Japon (dont la civilisation le fascine). En 1985, il accompagne le président François Mitterrand au Brésil, où il retourne pour la première fois depuis presque cinquante ans et où il est resté très célèbre. Pour ses 80 ans, le Musée de l’Homme lui consacre une grande rétrospective, «les Amériques de Claude Lévi-Strauss». En 1991, à la veille du 500e anniversaire de la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb, il publie «Histoire de Lynx», un retour aux sources mythologiques du dualisme amérindien et un hommage à l’«ouverture à l’Autre» que manifestèrent les Indiens lors de leurs premiers contacts avec les Blancs. En juin 2006, il avait reçu un hommage appuyé de Jacques Chirac lors de l’inauguration par le chef de l’Etat du musée parisien du Quai Branly dédié aux arts premiers.</p>
<p>Fils de peintre, photographe, Lévi-Strauss s’est intéressé sa vie entière à l’art sous toutes ses formes: la peinture, la littérature, l’opéra et la musique, qui a été sans doute sa plus grande passion. Cette confiance dans l’art et la recherche intellectuelle ne cache pas le pessimisme assez constant du savant. Non seulement il ne se sent pas à l’aise dans son époque (il s’est toujours considéré comme un homme du XIXe siècle alors que sa vie embrasse tout le siècle suivant) mais l’ethnologue est «victime d’une sorte de déracinement chronique».</p>
<p><strong>Voir enfin:</strong></p>
<p><a href="http://www.lexpress.fr/informations/archive-claude-levi-strauss-un-anarchiste-de-droite_714140.html"><strong>Claude Lévi-Strauss, un anarchiste de droite </strong></a><br />
Philippe Simonnot<br />
L&#8217;Express<br />
17/10/1986</p>
<p>Claude Lévi-Strauss, après la disparition de Jean-Paul Sartre et de Raymond Aron, est, à 77 ans, le dernier géant de la pensée française. Plus célèbre encore à l&#8217;étranger qu&#8217;en France, son oeuvre immense a exercé une influence décisive sur lesdites &#8220;sciences humaines&#8221;, débordant largement sa discipline d&#8217;origine, l&#8217;ethnologie. Ce cerveau parmi les plus puissants du XXe siècle a engendré le structuralisme, qui a fait couler des fleuves d&#8217;encre et donne lieu à tant de contresens. Claude Lévi-Strauss s&#8217;en explique ici, le plus simplement du monde, dans l&#8217;entretien exclusif qu&#8217;il a accordé à Philippe Simonnot. En même temps, non sans humour, il se confie à travers des propos inédits et surprenants sur ses origines et sa famille, sur l&#8217;existentialisme, le féminisme, le racisme, l&#8217;histoire, la religion et la science. Jamais l&#8217;auteur de &#8220;Tristes Tropiques&#8221; n&#8217;était allé si loin dans la provocation tranquille, se qualifiant, lui l&#8217;ancien militant de la S.F.I.O. des années 30, de &#8220;vieil anarchiste de droite&#8230; fidèle à Marx &#8220;.</p>
<p>L&#8217;Express : Le plus étrange dans votre vie, et le moins connu, c&#8217;est que vous avez failli faire carrière dans la politique.</p>
<p>Claude Lévi-Strauss : Cela est très biographique, et ce qui est biographique n&#8217;intéresse pas beaucoup les gens, en général. Disons que j&#8217;étais troublé, au cours de mes dernières années de lycée, de ne jamais entendre certains noms, ceux de Marx, de Proudhon, etc. Pendant les vacances &#8211; je devais avoir dans les 17 ans &#8211; j&#8217;ai rencontré un jeune socialiste belge, un ami d&#8217;amis. Je me suis ouvert à lui et comme il aspirait au rôle de théoricien dans le Parti ouvrier belge, il entreprit de m&#8217;endoctriner ou plus exactement, de me fournir des lectures. C&#8217;est donc sous son égide (ou sa férule) que j&#8217;ai commence à lire Marx et d&#8217;autres auteurs. J&#8217;ai alors eu l&#8217;impression qu&#8217;un monde nouveau m&#8217;était révélé, intellectuellement et socialement. Je suis devenu par l&#8217;intermédiaire de ce jeune homme, une sorte de pupille du Parti ouvrier, lequel m&#8217;a invité en Belgique, m&#8217;a mis entre les mains d&#8217;un vieux militant qui m&#8217;a promené de coopérative en coopérative et de maison du peuple en maison du peuple. Tout ça était pour moi une révélation complète. A la même époque, j&#8217;ai adhéré au Parti socialiste, qui s&#8217;appelait alors S.F.I.O, dont je suis devenu un militant. J&#8217;ai même eu des responsabilités, puisque j&#8217;ai animé le Groupe d&#8217;études socialistes des cinq Ecoles normales supérieures et assumé le poste de secrétaire général des étudiants socialistes.</p>
<p>J&#8217;ai donc été actif politiquement jusqu&#8217;à mon départ pour le Brésil. en 1935. La, j&#8217;ai eu le sentiment &#8211; un peu ridicule &#8211; que je représentais mon pays dans sa totalité et non pas telle ou telle orientation, bien que mes amis brésiliens fussent tous des libéraux avancés. Et puis, la perspective ethnologique m&#8217;a habitué à réfléchir sur l&#8217;homme à une tout autre échelle. Enfin, quand je suis rentré en France pour les vacances, après le Front populaire, je suis retourné dans ma vieille 16e section &#8211; j&#8217;avais toujours habite le XVIe &#8211; et je ne l&#8217;ai pas reconnue. Avant mon départ pour le Brésil, elle était composée de une ou deux douzaines de militants très purs : ouvriers, employés, fonctionnaires des P.t.t. Quand je l&#8217;ai retrouvée, il y avait de 200 à 300 personnes du meilleur monde&#8230;</p>
<p>- Attirées par le pouvoir &#8230;</p>
<p>- Oui, et ça m&#8217;a un peu &#8230; détaché.</p>
<p>- Vous étiez de gauche &#8230;</p>
<p>- Oh ! J&#8217;étais ardemment de gauche.</p>
<p>- Comment s&#8217;est produit le changement ?</p>
<p>- Progressivement. D&#8217;abord, au cours des années d&#8217;expédition au Brésil ; puis, quand, pendant la guerre, j&#8217;ai été réfugié aux Etats-unis. A ce moment-la, le problème ne se posait plus dans les mêmes termes. On n&#8217;était plus tellement de gauche ou de droite. mais gaulliste ou vichyste. Au reste. j&#8217;étais complètement absorbé, mangé par mon travail théorique. Je me donnais énormément de mal pour étudier les dossiers ethnologiques ; j&#8217;avais le scrupule de ne pas écrire une ligne que je ne crusse bien fondée, alors que le jugement politique me paraissait à fleur de peau, ou viscéral, comme on voudra : en contradiction avec cette hygiène mentale. J&#8217;ajouterai encore ceci, qui est essentiel, peut-être : j&#8217;avais été pacifiste avant la guerre, et je m&#8217;étais trompé ; et, quand on s&#8217;est trompé si gravement, il n&#8217;y a qu&#8217;une conclusion à tirer : c&#8217;est qu&#8217;on n&#8217;a pas la tête politique. On ne se mêle plus de donner des leçons.</p>
<p>- Alors, maintenant vous êtes de droite ?</p>
<p>- Je dirais plutôt : un vieil anarchiste de droite &#8230;</p>
<p>- Dans « La pensée sauvage » (1962) vous écriviez que l&#8217;homme de gauche pouvait encore se cramponner à une image de la Révolution française, mais que, bientôt, il ne le pourrait plus. Qu&#8217;en est-il aujourd&#8217;hui ?</p>
<p>- En effet, la révolution de 1789 peut de moins en moins servir de référence à l&#8217;action. Je lisais, ces dernières semaines, le livre de Jean Orieux sur Catherine de Médicis &#8211; on dit que je suis anti-historien, alors que je ne lis que des ouvrages d&#8217;histoire &#8211; et l&#8217;impression que j&#8217;en ai retirée, c&#8217;est que, derrière les guerres de Religion, il y eut surtout des luttes de factions politiques pour le pouvoir, pas tellement différentes de ce que serait la Fronde, quelques décennies après, ou, plus tard encore, la révolution de 1789 ou les révolutions du XIXe siècle. Il y a une certaine fatalité dans la nation française : elle n&#8217;a cessé, à travers les siècles, de chercher, sous des prétextes divers, des raisons de se diviser. Bref, au-delà du clivage gauche-droite, j&#8217;ai l&#8217;impression que nous sommes simplement les héritiers d&#8217;un passé pluriséculaire.</p>
<p>- Tout en étant anarchiste de droite. vous êtes reste fidèle à Marx.</p>
<p>- Je lui reste fidèle, non pas, disons, sur le plan des idées politiques, mais parce que je lui suis redevable de deux idées qui restent pour moi centrales et qui ont toujours orienté ma pensée.</p>
<p>- Et qui sont ?</p>
<p>- Qui sont : 1. La conscience, qu&#8217;elle soit individuelle ou collective, est trompeuse vis-à-vis d&#8217;elle-même et, par conséquent, si l&#8217;on veut atteindre des réalités plus solides, il faut descendre en dessous du niveau de la conscience, ce qui, pour moi. n&#8217;est pas autre chose que transposer aux sciences humaines et sociales la distinction philosophique de Locke et de Descartes entre qualités secondes et qualités premières (les qualités secondes sont trompeuses ; les qualités premières, elles, correspondent à la réalité). 2. Marx m&#8217;a enseigné ? parce que je crois que c&#8217;est lui qui l&#8217;a inventée ? la méthode des modèles dans les sciences humaines et sociales. Après tout, cet énorme « Capital » n&#8217;est rien d&#8217;autre qu&#8217;un modèle construit en laboratoire, que l&#8217;on fait fonctionner et qu&#8217;on met à l&#8217;épreuve des &#8221; faits ethnographiques &#8220;, si je puis dire : les rapports des inspecteurs de fabrique, et autres, pour voir si le modèle est conforme au réel.</p>
<p>- Justement, c&#8217;est un modèle qui n&#8217;a pas tellement fonctionné&#8230;</p>
<p>- Probablement parce que, comme toujours dans ces grandes découvertes de l&#8217;esprit, Marx a été trop ambitieux au départ et a voulu construire un modèle incluant un nombre de variables beaucoup trop élevé. Ce qu&#8217;on appelle le structuralisme ? qui est très fidèle à ces deux idées ? a au moins apporté la chose&#8217; suivante, et c&#8217;est là sa force ; ça ne marche qu&#8217;à condition qu&#8217;on soit capable de réduire le nombre de variables.</p>
<p>- Oui, mais&#8230; cette réduction ne réduit-elle pas aussi la chair de la réalité ?</p>
<p>- Certes, et il est tout à fait légitime d&#8217;employer d&#8217;autres méthodes pour étudier la chair de cette réalité. Simplement, je crois que la méthode susdite permet d&#8217;atteindre un certain nombre de réalités qui étaient restées&#8230;</p>
<p>- &#8230; universelles ?</p>
<p>- Inaperçues jusque-là. Oh ! je ne dirais pas qu&#8217;elles sont universelles ; en tout cas sont-elles fondamentales, essentielles pour comprendre les phénomènes qui sont soumis à l&#8217;observateur.</p>
<p>- Comment pourrait-on définir en quelques mots le structuralisme ?</p>
<p>- C&#8217;est difficile, parce que l&#8217;opinion parisienne a construit, sous le nom de structuralisme, une espèce de tigre de papier qu&#8217;elle est en train de brûler ou de mettre en pièces, sans s&#8217;apercevoir que le structuralisme véritable n&#8217;a rien à voir avec le mythe qu&#8217;elle s&#8217;est créé.</p>
<p>- Eh bien ! essayons de détruire ce mythe &#8230;</p>
<p>- Disons que le structuralisme est un effort modeste pour appliquer à certains aspects de la réalité humaine et de la réalité sociale ? je dis certains aspects et non tous ? des méthodes de simplification des variables ; c&#8217;est aussi un effort d&#8217;attention aux rapports qui unissent ces variables plus qu&#8217;à leur contenu intrinsèque. Tout cela n&#8217;est autre que la méthode scientifique utilisée depuis fort longtemps. Ce que nous essayons de faire dans des domaines tout à fait limités, c&#8217;est ce que les sciences traditionnelles font depuis des siècles.</p>
<p>- Mais appliqué à un matériel humain &#8230;</p>
<p>- &#8230;extrêmement simplifié&#8230; Je ne sais plus qui a dit que ce qui avait permis les progrès de la science, c&#8217;étaient les bonnes simplifications. C&#8217;est ce que nous tentons de faire timidement.</p>
<p>- Que s&#8217;est-il passé avec l&#8217;existentialisme ? Simone de Beauvoir avait accueilli « Les Structures élémentaires de la parenté » (1949) par un article paru dans « Les Temps modernes » tout à fait exact, tout à fait honnête. Et après, il y a eu cet antagonisme &#8230;</p>
<p>- Ce qui s&#8217;est passé à l&#8217;époque&#8230; Je ne veux pas mettre de petits motifs derrière la pensée de Simone de Beauvoir. Disons qu&#8217;elle m&#8217;avait su gré de lui avoir communiqué &#8221; Les Structures&#8230;&#8221; en épreuves, au moment où elle-même donnait à l&#8217;éditeur « Le Deuxième Sexe ». Ainsi disposait-elle de l&#8217;état le plus récent de la réflexion ethnologique et se trouvait-elle à l&#8217;abri de certaines confusions. Je me souviens qu&#8217;elle a passé une ou deux journées chez moi, dans la solitude, à dépouiller &#8221; Les Structures &#8220;. D&#8217;autre part, à cette époque, &#8221; Les Temps modernes &#8221; recrutaient. Et ne se montraient pas tellement exigeants sur une pureté de doctrine ; il s&#8217;agissait essentiellement, pour eux, de devenir le centre de la vie intellectuelle parisienne. Donc, toute nouvelle recrue était bonne à prendre. On ne se souciait pas de sa fidélité à « L&#8217;Etre et le Néant » !</p>
<p>- Mais après que se passe-t-il ?</p>
<p>- Pas grand-chose, pour autant que je crois bien n&#8217;avoir pas revu Simone de Beauvoir. Sauf un jour où j&#8217;ai voulu organiser une rencontre avec Margaret Mead ? puisque c&#8217;étaient deux grandes dames des deux côtes de l&#8217;Atlantique. Je dois dire que ces dames se sont tenues aux deux extrémités du salon ; chacune a polarisé ses admirateurs et il n&#8217;y a eu aucun contact entre elles. Quant a Sartre, je ne l&#8217;ai pratiquement pas connu ? deux ou trois rencontres occasionnelles, tout au plus.</p>
<p>- Vous avez écrit quelque part que Sartre avait un esprit faux, et vous le compariez à Raymond Aron.</p>
<p>- C&#8217;est bien plus tard, après la mort de Sartre et d&#8217;Aron.</p>
<p>- Oui, mais je veux dire : est-ce par fausseté d&#8217;esprit que Sartre était en désaccord avec vous ?</p>
<p>- C&#8217;est beaucoup plus complexe. D&#8217;abord, il n&#8217;y a aucun doute que Sartre était un géant de la pensée et qu&#8217;il nous écrasait tous par sa prodigieuse capacité à s&#8217;exprimer dans les genres les plus divers : théâtre, presse, philosophie, roman &#8230; Disons qu&#8217;il siégeait dans un ciel plus haut que celui de ses contemporains. Cela dit, Sartre a essentiellement développé une philosophie du sujet. En fait, la philosophie française depuis Descartes était restée dominée par la notion de sujet. Si l&#8217;on voulait atteindre d&#8217;autres verités, il était essentiel de choisir un autre point de vue, différent.</p>
<p>- Vous avez même écrit que Sartre pratiquait, à l&#8217;égard des sociétés primitives, un &#8220;cannibalisme intellectuel &#8221; encore plus horrible que le cannibalisme ordinaire.</p>
<p>- Sartre ne s&#8217;est, en réalité, jamais intéressé aux &#8221; sauvages &#8221; (entre guillemets). Une seule humanité valait pour lui, c&#8217;était cette portion d&#8217;humanité qu&#8217;il considérait comme seule historique.</p>
<p>- Le féminisme, non plus, ne vous aime pas beaucoup. D&#8217;abord par ce que vous avez écrit, dans « Les Structures », que la polygamie était naturelle à l&#8217;homme. Cela vous a abondamment été reproché.</p>
<p>- C&#8217;est possible, bien que cela me semble assez évident.</p>
<p>- Comment vous situez-vous par rapport à ce mouvement de pensée, dont le dernier avatar est le livre d&#8217;Elisabeth Badinter, qui n&#8217;est pas très aimable pour vous ?</p>
<p>- Je ne l&#8217;ai pas lu. Bon ! Je pourrais avancer un argument « ad hominem » ? « ad feminam », plutôt ? à savoir que, avant de prendre ma retraite au Collège de France, j&#8217;ai réussi à faire élire, dans une autre chaire, une femme en qui je voyais mon successeur : Francoise Héritier. Ce qui prouve que je n&#8217;ai pas de préjuge contre le sexe. II y a une espèce de malentendu que j&#8217;ai essayé de dissiper par la suite. J&#8217;ai écrit, dans « Les Structures », que les hommes échangent les femmes, et pas le contraire. II existe des cas limites, néanmoins, en Indonésie, où l&#8217;on peut hésiter sur l&#8217;objet de l&#8217;échange, où l&#8217;on pourrait presque dire que des groupes fondés sur la parenté en ligne féminine échangent des hommes. Surtout, cela n&#8217;a aucune importance, parce que si ça plait aux féministes de dire que ce sont les femmes qui échangent les hommes, cela n&#8217;altère en rien la théorie ; il suffit de remplacer les signes plus par les signes moins, et tout fonctionne de la même façon. J&#8217;ai simplement constaté que, pour l&#8217;immense majorité des sociétés humaines passées et présentes dont nous savons quelque chose, l&#8217;échange porte sur les femmes plutôt que sur les hommes. Elles pensent ainsi.</p>
<p>- Toutes sortes de mythes disent pourtant l&#8217;inverse.</p>
<p>- Je sais bien. Mais les mythes, qui se donnent pour raison d&#8217;être essentielle d&#8217;expliquer pourquoi les choses sont comme elles sont, partent toujours d&#8217;un point hypothétique où ces choses étaient le contraire de ce qu&#8217;elles sont. Chaque fois que les mythes ont voulu expliquer pourquoi ce sont les hommes qui dirigent, qui commandent, qui ont le pouvoir politique, qui échangent les femmes, ils ont imaginé un état initial où c&#8217;était l&#8217;opposé. Mais ce ne sont que des mythes.</p>
<p>- Comment vous situez-vous par rapport au judaïsme ? Alfred Métraux a écrit de vous dans son Journal : « II a tout de l&#8217;intellectuel juif. ». Vous connaissez ce passage ?</p>
<p>- Oui, bien sûr. D&#8217;ailleurs, Métraux et moi étions liés d&#8217;une amitié fraternelle.</p>
<p>- Mais comment interprétez-vous sa réflexion ?</p>
<p>- J&#8217;estime que j&#8217;ai probablement beaucoup du caractère de l&#8217;intellectuel juif.</p>
<p>- Mais vous avez aussi écrit que vous aviez eu une enfance non croyante.</p>
<p>- Je n&#8217;ai jamais, à aucun moment de ma vie, été troublé par une inquiétude religieuse. C&#8217;est quelque chose qui ne m&#8217;a jamais effleuré.</p>
<p>- Oui, en plus, pour vous, le monothéisme est quelque chose de &#8230;</p>
<p>- &#8230; qui me rebute. Toutes mes sympathies vont plutôt &#8230;</p>
<p>- Au polythéisme &#8230; ?</p>
<p>- Au shintoïsme.</p>
<p>- Mais comment peut-on être intellectuel juif en n&#8217;étant pas monothéiste ? Je n &#8216;arrive pas à le concevoir.</p>
<p>- Ecoutez, ça me semble pourtant assez facile à comprendre. J&#8217;appartiens à une famille juive alsacienne, des environs de Strasbourg ; du côte paternel, elle est montée à Paris au début du XIXe siècle, vers 1820-1830 ; la branche maternelle, elle, a quitté l&#8217;Alsace, au moment de l&#8217;annexion de 1871, pour rester française. II y a eu, sous le second Empire, une ascension de la communauté juive, mais cette ascension s&#8217;est produite, dans le cas des miens, du côte des arts. Mon arrière-grand-père était chef d&#8217;orchestre des bals à la cour sous Louis-Philippe, puis sous Napoléon III. II a contribué, avec Berlioz, à l&#8217;introduction de Beethoven et de Mendelssohn en France. Il a collaboré avec Offenbach ; c&#8217;est lui qui a écrit le quadrille d&#8217; « Orphée aux Enfers ».</p>
<p>- Comment s&#8217;appelait-il ?</p>
<p>- Isaac Strauss. Il y avait donc, pourrait-on dire, une tradition musicale, intellectuelle dans ma famille. De plus, mon père et deux de mes oncles furent artistes peintres. La tradition s&#8217;exerçait donc également dans les arts plastiques. J&#8217;ai été extrêmement « chauffé », si je peux dire, dans tous ces domaines. Quelque chose se trouve plus fréquemment peut-être dans certaines familles juives que dans d&#8217;autres : une intense préoccupation pour la vie intellectuelle ; et aussi cette idée, inconsciente d&#8217;ailleurs, que les difficultés qu&#8217;on pouvait rencontrer dans l&#8217;existence, du fait des origines raciales, devaient être compensées par un effort soutenu dans des domaines où les obstacles à surmonter étaient moins nombreux.</p>
<p>- Votre grand-père maternel était rabbin &#8230; Vos souvenirs d&#8217;enfance &#8230;</p>
<p>Ma famille maternelle comprenait cinq filles, mariées à droite et à gauche, et, en 1914, quand les maris ont été mobilisés, femmes et enfants se sont réfugiés à Versailles, dans la maison du grand-père, qui était vaste et jouxtait la synagogue. C&#8217;est là que nous avons passé les années de la Première Guerre, à l&#8217;ombre non pas de la croix, mais de la Torah&#8230; Les cinq soeurs et leurs maris étaient incroyants, mais il ne fallait pas peiner ou offenser le grand-père.</p>
<p>- Dans « La Pensée sauvage », vous parlez de l&#8217; « indigence » de la pensée religieuse. Toute pensée religieuse est-elle donc indigente ?</p>
<p>- Je voulais dire par là que la pensée religieuse bute toujours sur les mêmes problèmes, qui sont peu nombreux et. au fond, elle a peu de solutions différentes à offrir. Naturellement, les religions ont bâti des constructions très savantes et très poétiques pour résoudre ces trois ou quatre problèmes, celui du Mal, celui de la transcendance et d&#8217;autres.</p>
<p>- Iriez-vous jusqu&#8217;à dire que la pensée religieuse est une dégradation par rapport a la pensée mythologique ?</p>
<p>- Non ! Parce que, en réalité, la pensée mythologique, malgré toute sa complication, est très pauvre. C&#8217;est ce que j&#8217;ai essayé de montrer dans « Mythologiques ». Au fond, elle se réduit, elle aussi, à quelques propositions, qu&#8217;elle met en oeuvre inlassablement.</p>
<p>- Mais alors, quelle différence y a-t-il entre les deux pensées ?</p>
<p>- La différence est fondamentale. La pensée mythologique déborde toutes les catégories ; elle s&#8217;efforce de répondre à tous les problèmes que l&#8217;homme peut se poser: religieux, métaphysiques, mais aussi physiques, sociologiques, juridiques, psychologiques, esthétiques. et elle prétend donc faire à la fois ce que fait la religion et ce que fera, plus tard, la science. Nos religions, quant à elles, ne cherchent à répondre qu&#8217;à certains problèmes, et elles le font, je dirais, en se fondant sur l&#8217;idée (qui m&#8217;a toujours été étrangère) de la possibilité d&#8217;une communication personnelle entre Pierre, Paul ou Jacques et une entité surnaturelle.</p>
<p>- C&#8217;est une chose que vous ne concevez pas &#8230;</p>
<p>- En effet. A mon sens, la pensée religieuse est plus limitée dans son champ, et beaucoup plus ambitieuse dans une seule de ses prétentions.</p>
<p>- Elle n&#8217;a plus les moyens de ses ambitions ?</p>
<p>- Sauf, peut-être, chez les saints et chez les mystiques.</p>
<p>- En 1971, vous avez fait à l&#8217;Unesco un scandale dont on se souvient encore. Dans cette conférence (« Race et culture »), vous introduisiez une différence entre racisme et xénophobie &#8230;</p>
<p>- J&#8217;ai réagi contre cette tendance qui consiste à banaliser la notion de racisme, qui désigne une doctrine fausse mais précise à en faire une sorte d&#8217;amalgame qui ne veut plus rien dire. Quand on dénonce comme racistes un attachement à certaines valeurs, un manque de goût pour d&#8217;autres &#8211; attitudes excusables ou blâmables, mais profondément ancrées dans les communautés humaines &#8211; on aboutit à ceci : les gens a qui on fait ce reproche se disent « Si c&#8217;est ça le racisme, alors, moi, je suis raciste ». Et il me semble qu&#8217;on fabrique ainsi des racistes.</p>
<p>- Pour Le Pen, vous tiendrez ce genre de raisonnement ?</p>
<p>- Je ne peux pas dire que j&#8217;ai une quelconque sympathie pour un certain nombre de propos que tient M. Le Pen, mais je crois qu&#8217;on lui a mâché la besogne en laissant s&#8217;instaurer la confusion que j&#8217;ai signalée. Racisme anti-jeunes, racisme anti-femmes &#8230; On ne sait plus ce que cela veut dire&#8230;</p>
<p>- Une obsession que l&#8217;on trouve dans beaucoup de vos ouvrages, c&#8217;est l&#8217;avènement d&#8217;une monoculture de masse.</p>
<p>- Nous sommes placés, en effet, devant un pari : l&#8217;Histoire nous enseigne que l&#8217;humanité n&#8217;a jamais trouvé son originalité que dans un certain équilibre entre l&#8217;isolement et la communication. II a fallu que les cultures communiquent, sinon elles se seraient sclérosées. Mais il a aussi fallu qu&#8217;elles ne communiquent pas trop vite, pour se donner le temps d&#8217;assimiler, de faire leur ce qu&#8217;elles empruntaient au-dehors. Le pari est que ça continuera.</p>
<p>- Spontanément ?</p>
<p>- A mesure que nous verrons l&#8217;humanité s&#8217;homogénéiser se créeront, en son sein, d&#8217;autres différences. Quelques signes avant-coureurs se manifestent : par exemple, la multiplication des sectes en Californie (j&#8217;y ai passé quelques semaines à la fin de 1984) ; ou encore des phénomènes qui nous paraissent pathologiques, comme la difficulté croissante de communication entre les générations, mais qui ont peut-être un côte positif que nous ne soupçonnons pas. Plus l&#8217;humanité devient grosse, si je puis dire, moins elle devient transparente à elle-même.</p>
<p>- Sans cette différenciation, il y aurait une déperdition extraordinaire &#8230;</p>
<p>- Extraordinaire et nous serions alors voués au sort annoncé par Gobineau (qui a confondu la notion de race et celle de culture à la fin de l&#8217; « Essai sur l&#8217;inégalité des races humaines »).</p>
<p>- Ah ! Que disait Gobineau ?</p>
<p>- Que nous allions vers une homogénéisation totale, de pair avec une sorte d&#8217;abêtissement également total. Il y a, là-dessus, une phrase splendide vers la fin de son livre.</p>
<p>- Qu&#8217;est-ce qui est le plus sûr ?</p>
<p>- Je n&#8217;en sais rien. On ne peut pas savoir.</p>
<p>- D&#8217;autre part, le monde est saturé démographiquement. Vous employez plusieurs fois, pour décrire ce processus, l&#8217;analogie des vers de farine &#8230;</p>
<p>- &#8230;qui s&#8217;empoisonnent mutuellement par les toxines qu&#8217;ils secrètent avant même d&#8217;avoir proliféré &#8230;</p>
<p>- au point qu&#8217;ils n&#8217;aient plus rien à manger. Pourquoi l&#8217;humanité ne dispose-t-elle pas d&#8217;un mécanisme de ce genre ?</p>
<p>- Je pense qu&#8217;elle l&#8217;a jusqu&#8217;à un certain degré. Nous nous empoisonnons très largement les uns les autres.</p>
<p>- Il existe donc une certaine autorégulation, d&#8217;après vous. Comme dans les sociétés primitives.</p>
<p>- Les sociétés primitives régulaient parfaitement.</p>
<p>- Mais nous ? Nous avons perdu cet équilibre avec la nature &#8230;</p>
<p>- C&#8217;est extrêmement difficile à dire. D&#8217;abord, le progrès de la science et de la technique a donne l&#8217;impression que l&#8217;humanité avait à sa disposition des ressources illimitées et que, donc, le problème ne se posait pas. Et on s&#8217;est aperçu tardivement qu&#8217;il se posait tout de même. Je ne sais pas, on verra.</p>
<p>- Vous dites beaucoup : quand on gagne sur un plan, on perd sur d&#8217;autres.</p>
<p>- Oui, je crois qu&#8217;en effet chaque formule sociale représente un choix, et que, dans un choix. on gagne et on perd. L&#8217;agriculture en est un exemple.</p>
<p>- Comment ça ?</p>
<p>- Parce qu&#8217;en choisissant cette formule on a privilégié des productions qui sont, certes, d&#8217;un plus grand pouvoir calorique mais de moindre valeur nutritive ; et, d&#8217;autre part, du même coup, on a ouvert le champ aux maladies infectieuses par le défrichage, la création de marais, et encouragé la prolifération d&#8217;insectes nuisibles, qui ont parasité d&#8217;abord le bétail, puis les hommes.</p>
<p>- Donc, il n &#8216;y a pas de progrès.</p>
<p>- II y a des progrès, parce que c&#8217;est pour faire un progrès qu&#8217;on accepte une régression dans un autre domaine. Et l&#8217;un d&#8217;eux est incontestable, c&#8217;est la connaissance scientifique, que je tiens pour un progrès absolu.</p>
<p>- Mais quel est le coût de ce progrès ? Y a-t-il une contrepartie ?</p>
<p>- La contrepartie, c&#8217;est que les trois quarts du progrès scientifique sont destinés à neutraliser les inconvénients qui résultent du dernier quart.</p>
<p>- Vous avez beaucoup écrit que l&#8217;Histoire était la mythologie de notre temps. Néanmoins, les conséquences sociales ne sont pas les mêmes.</p>
<p>- Elles sont inverses. Le rôle du mythe a toujours été d&#8217;expliquer pourquoi un certain ordre social était ce qu&#8217;il est parce qu&#8217;il a été promulgué par les dieux ou par les ancêtres. Par conséquent, l&#8217;idéal de la société, c&#8217;est d&#8217;en rester là. Nous utilisons l&#8217;Histoire à une fin exactement inverse, qui est de montrer comment le présent s&#8217;explique par un passé qui ne lui était pas semblable, et pourquoi l&#8217;interprétation que nous donnons de ce présent nous incite à concevoir des avenirs qui soient aussi différents de ce présent que ce présent l&#8217;a été de ce passé.</p>
<p>- Oui, ça justifie le changement &#8230; Le grand mot !</p>
<p>- Nous sommes des sociétés de changement. Nous voulons changer. A l&#8217;inverse des sociétés que nous appelons primitives (qui ne le sont en aucune façon : mais elles se voudraient primitives): en ce sens, le terme retrouve une signification. Elles se voudraient primitives, parce que leur idéal serait de perdurer telles qu&#8221;elles ont été créées par les dieux ou les ancêtres au commencement des temps. Naturellement, elles ne le restent pas.</p>
<p>- Mais comment expliquer 1&#8242;apparition de l&#8217;Histoire dans la pensée occidentale, qui se définit par là-même ?</p>
<p>- Je dirais qu&#8217;elle vient avec la naissance du développement de la pensée scientifique. Alors qu&#8217;auparavant on s&#8217;en remettait au mythe pour tout expliquer, maintenant, à chaque type de problème correspond une science particulière. Ne reste plus que l&#8217;Histoire pour donner un sens à la vie sociale.</p>
<p>- Mais, en même temps, vous montrez que l&#8217;Histoire est impossible, que raconter un événement passé n&#8217;a pas de sens.</p>
<p>- Ça a énormément de sens, puisque nous avons envie de le faire et que nous en tirons une grande satisfaction. Mais en effet, pour moi, ce qui, en dernière analyse, constitue le « fait historique » pose une énigme.</p>
<p>- En effet, on ne peut jamais reconstituer le passé&#8230; Mais on vous a accusé, aussi, de vouloir, comme d&#8217;autres, la mort de l&#8217;homme. Vous avez même écrit que l&#8217;essentiel de l&#8217;ethnologie est de « dissoudre l&#8217;homme ».</p>
<p>- Je tiens le plus grand compte de l&#8217;homme. puisque je n&#8217;ai jamais rien fait d&#8217;autre que l&#8217;étudier. Mais ce que je voulais dire par là, c&#8217;est que le problème, insoluble, de ce qu&#8217;on appelle par imposture les « sciences » humaines et sociales, c&#8217;est qu&#8217;elles ne détiennent pas les réponses définitives ou dernières : nous travaillons à la surface des choses. Par-derrière, il y a des réalités plus profondes, d&#8217;ordre neurologique et biologique.</p>
<p>- La société contemporaine ne vous paraît-elle pas plus étrange que les Indiens du Brésil ? II y a de moins en moins de mariages &#8230;</p>
<p>- Nous avons toujours la prohibition de l&#8217;inceste, c&#8217;est-à-dire que nous sommes toujours obliges d&#8217;échanger les femmes.</p>
<p>- Ça marche encore, de nos jours ?</p>
<p>- Ça marche d&#8217;une façon aléatoire, au lieu de fonctionner selon les règles. Mais, comme nos sociétés sont très volumineuses, elles peuvent s&#8217;en remettre à la loi des grands nombres.</p>
<p>- Tout de même, avec le développement du concubinage, il n &#8216;y a plus d&#8217; « alliance ». Les familles des deux conjoints s&#8217;ignorent.</p>
<p>- Il est tout à fait concevable que cette cohésion sociale, qui a été si longtemps fondée sur des liens d&#8217;alliance et de parenté, tende à disparaître au profit d&#8217;autres mécanismes ayant le même résultat.</p>
<p>- Mais y a-t-il encore un fondement à la prohibition de l&#8217;inceste, si ce système d&#8217;alliance disparaît ?</p>
<p>- II est possible que la prohibition de l&#8217;inceste disparaisse un jour, dans la mesure où apparaîtront d&#8217;autres moyens d&#8217;assurer la cohésion sociale.</p>
<p>- On peut l&#8217;imaginer ?</p>
<p>- Bien sûr. Durkheim lui-même avait déjà envisagé cette éventualité dans un célèbre article intitulé « La prohibition de l&#8217;inceste ».</p>
<p>- On peut donc concevoir une humanité qui ne le prohiberait plus ?</p>
<p>- Oui, a condition que les liens sociaux s&#8217;établissent autrement. Ce n&#8217;est pas encore le cas.</p>
<p>- Il est vrai que, dans les foyers dits « monoparentaux », ceux où il n&#8217;y a plus de couple, des relations quasi incestueuses apparaissent entre mère et enfant, entre père et enfant.</p>
<p>- Peut-être, mais il ne peut y avoir de société sans loi d&#8217;échange. Pour autant que de nouveaux liens apparaissent, on pourrait concevoir que les anciens disparaissent. Ce n&#8217;est pas pour demain !</p>
<p>- Dans votre dernier ouvrage, « La Potière jalouse », vous écrivez que Freud a suivi une fausse piste ouverte par Vico, Rousseau et Voltaire. Quelle est-elle ?</p>
<p>- Cette piste a consisté à faire dériver de l&#8217;affectivité des phénomènes qui, en réalité, étaient des phénomènes cognitifs. Ils ont tous trois considéré que, dans l&#8217;expression linguistique &#8211; « langagière » comme on dit aujourd&#8217;hui &#8211; ce qui était premier, c&#8217;était la métaphore. Les hommes auraient d&#8217;abord pensé en poésie avant de penser rationnellement. Mais les sources de cette poésie, ils les cherchaient essentiellement dans les émotions. Au contraire, j&#8217;essaie de montrer que la métaphore à laquelle je donne la même priorité est un processus intellectuel.</p>
<p>- Vous n&#8217;aimez pas le XXème siècle. Dans quel siècle auriez-vous aimé vivre ?</p>
<p>- Il est toujours très difficile de répondre à cette question, car elle implique une question préalable : de quel côte de la barricade me trouverais-je si je vivais dans ce siècle-là ?</p>
<p>- Supposons cette question résolue.</p>
<p>- Je me sens une âme du XIXe siècle.</p>
<p>- Pourquoi ?</p>
<p>- Parce que c&#8217;était un siècle où, déjà, les moyens de communication étaient suffisants pour que, sans y passer des années entières, on pût se transporter d&#8217;une extrémité à l&#8217;autre de la Terre, et où, en même temps, continuait à subsister dans une large mesure tout ce qui avait fait la richesse et la diversité humaines.</p>
<p>- Mais c&#8217;est un siècle scientiste.</p>
<p>- S&#8217;il est un plan où je reconnais la supériorité absolue de la civilisation où je suis né, qui fait que j&#8217;y suis profondément attaché, c&#8217;est celui de la pensée scientifique. Alors, que le XIXe siècle ait péché par excès d&#8217;enthousiasme, qu&#8217;il ait été un siècle scientiste ne me gène pas du tout. C&#8217;était, surtout, un siècle merveilleux, dans la mesure où restaient tant de domaines encore inexplorés qu&#8217;il suffisait de se baisser pour ramasser des trésors.</p>
<p>- Jules Verne, quoi ! Mais que trouvez-vous dans le XIXe qui ne soit plus dans le XXe, où pourtant, la science a accompli des prodiges ?</p>
<p>- Je le trouve trop peuplé, trop homogénéisé. Quand je me rends dans un pays exotique, je sais que je dois faire un nombre énorme de concessions pour me donner 1&#8242;illusion d&#8217;y trouver ce que je suis allé chercher. Quand je parcourais la Corée du Sud en compagnie de collègues et d&#8217;étudiants du pays, on m&#8217;a rapporté que ces derniers disaient : « Ce Lévi-Strauss, il ne s&#8217;intéresse qu&#8217;à des choses qui n&#8217;existent plus. » Eh oui ! Je ne m&#8217;intéresse qu&#8217;à des choses qui n&#8217;existent plus.</p>
<p>- Oui, mais la connaissance de ces choses a une utilité pour le monde actuel. Du moins, le pensez-vous &#8230; Sinon &#8230; Pensez-vous au fait que votre savoir est utile aux hommes du Xxe siècle ?</p>
<p>- Je vous répondrai que je ne m&#8217;en soucie pas. Et si je me demande en quoi il peut être utile. je dirai : il accroît notre connaissance de l&#8217;homme. Je ne sais pas à quoi ça servira ni si ça servira à quelque chose. Mais la connaissance me semble un but en soi. Peut-être contribue-t-elle a inspirer une certaine sagesse. Je n&#8217;oserai dire plus.</p>
</div>]]></content:encoded>
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<title><![CDATA[Jean-Claude Labrecque : L’espace et le temps par intuition et par défi.]]></title>
<link>http://amenicart.wordpress.com/2009/10/30/jean-claude-labrecque-l%e2%80%99espace-et-le-temps-par-intuition-et-par-defi/</link>
<pubDate>Sat, 31 Oct 2009 03:21:00 +0000</pubDate>
<dc:creator>amenicart</dc:creator>
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<description><![CDATA[Jean-Claude Labrecque fait partie de ce groupe mystique du cinéma québécois qui défrichait avec enth]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>Jean-Claude Labrecque fait partie de ce groupe mystique du cinéma québécois qui défrichait avec enthousiasme les premières images de l’âge du direct, du documentaire et de la fiction avec Claude Jutra, Michel Brault, Pierre Perrault et j’en passe.  De directeur photo, à scénariste, à producteur, à réalisateur, il nous laisse un héritage qui ne cesse de nous faire souvenance.  Il est au cœur de cette devise qui semble être nôtre d’une façon de plus en plus abstraite et qui joue avec la mémoire et la connaissance : <em>Je me souviens</em>.  Afin de souligner le travail exceptionnel de ce « chauffeur de Kodak », la cinémathèque québécoise a (enfin!!) décidé de faire une rétrospective des œuvres de monsieur Labrecque en tant que réalisateur et qui sera présenté du 4 novembre au 17 décembre prochain.  On pourra y découvrir ou redécouvrir 21 œuvres de fiction et documentaires en 21 séances dont <em>60 cycles</em>,<em> </em>son premier film tourné en 1965 lors du onzième Tour cycliste du St-Laurent, l’un des plus longs du monde,  ainsi qu’une rare copie 35mm des <em>Jeux de la XXIème Olympiade</em> avec l’autorisation du CEO.  Il est important de mentionner que Jean-Claude Labrecque est le seul Québécois qui s’est donné le mandat de filmer les olympiques de Montréal de 1976 avec une équipe de plus de 160 personnes, même chose du côté de la célèbre venue du général de Gaulle à Québec en 1967, Jean-Claude Labrecque a lui même proposé ces défis de taille par passion et intuition.   D’un côté plus culturelle, la rétrospective nous permettra de voir <em>La nuit de la poésie 27 mars 1970</em> ainsi que <em>Marie Uguay</em> qui donne la parole à cette amoureuse des mots peu connue qui est morte quelque temps après le tournage du film d’un cancer à l’âge de 26 ans.  On y sent toute la sensibilité de Labrecque dans le cadre qui se resserre, s’approche et caresse le visage de son personnage lors de propos plus intimistes et s’éloigne avec pudeur lors d’anecdotes plus générales comme une marée qui veut atteindre et transmettre la passion et la douleur de l’âme de Marie Uguay.  Pour les amateurs de films expérimentaux, la chance vous sourira avec la présentation de <em>Essai à la mille</em>, un court métrage tourné en 35mm Scope avec un objectif 1000mm donnant une image bien spéciale sur fond de musique apocalyptique électronique inspirée de L’Apocalypse de Jean, un film très rarement projeté qui a été produit, imaginé et créé au début des années 1970 par Jean-Claude Labrecque.  En plus de la rétrospective, une exposition de photos de tournage personnelles de Jean-Claude Labrecque sera présentée au foyer Luce-Guilbeault de la cinémathèque.  Profitez-en donc pour bien vous abreuver de l’œuvre et de l’œil créateur de ce pionnier du cinéma québécois.</p>
<p>Un conseil, si jamais vous croisez M. Labrecque n’hésitez pas à vous présenter à lui, c’est un homme fort sympathique!</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Prix Nobel: Obama ou l’anti-Churchill (Will Obama now send back the Statue of Liberty, too?)]]></title>
<link>http://jcdurbant.wordpress.com/2009/10/23/prix-nobel-obama-ou-l%e2%80%99anti-churchill-will-obama-now-send-back-the-statue-of-liberty-too/</link>
<pubDate>Fri, 23 Oct 2009 20:43:10 +0000</pubDate>
<dc:creator>jcdurbant</dc:creator>
<guid>http://jcdurbant.wordpress.com/2009/10/23/prix-nobel-obama-ou-l%e2%80%99anti-churchill-will-obama-now-send-back-the-statue-of-liberty-too/</guid>
<description><![CDATA[La presse américaine du jour, y compris celle qui est favorable au Président, constate que Barack Ob]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><h5><img src="http://ryskindsketchbook.files.wordpress.com/2009/02/diplomacy-100.jpg?w=450&#038;h=331" alt="Obama sends back Churchill's bust)" width="450" height="331" align="left" /><em>La presse américaine du jour, y compris celle qui est favorable au Président, constate que Barack Obama n&#8217;a encore  rien réalisé  de ce qu&#8217;il a promis: Guantanamo toujours ouvert, deux guerres qui s&#8217;éternisent, toujours pas d&#8217;assurance maladie, les bonus à Wall street mirobolants, les relances publiques sans effet sur l&#8217;emploi, les relations avec l&#8217;islam toujours médiocres, le Proche Orient en panne. C&#8217;est donc la littérature, les discours d&#8217;Obama, que le jury Nobel célébrait: une erreur de forme.</em> <a href="http://gsorman.typepad.com/guy_sorman/2009/10/obama-prix-nobel-de-litt%C3%A9rature.html">Guy Sorman</a></h5>
<h5><em>En ces jours présents, nous vivons curieusement sous le signe, on pourrait dire sous la protection, de la bombe atomique. La bombe atomique est toujours aux mains d’un État et d’une nation dont nous savons qu’ils ne l’utiliseront jamais autrement que pour la cause du droit et de la liberté. Mais il se peut aussi que d’ici quelques années, cette énorme puissance de destruction soit largement connue et répandue, et alors la catastrophe engendrée par l’emploi de la bombe atomique par des peuples en guerre, signifierait non seulement la fin de tout ce que nous nous représentons sous le mot de civilisation, mais aussi peut-être la dislocation de notre globe.</em> <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2007/02/09/prix-nobel-pinter-ou-l%e2%80%99anti-churchill-what-a-difference-50-years-make/">Winston Churchill</a> (1946)</h5>
<h5><em>La résolution historique que nous venons d’adopter incarne notre engagement collectif envers l’objectif d’un monde débarrassé des armes nucléaires.</em> <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2009/10/03/presidence-obama-quand-le-wsj-felicite-un-president-francais-pour-son-courage-we-thought-wed-never-see-the-day/">Barack Obama</a> (présidence du Conseil de sécurité de l’ONU, 24.09.09)</h5>
<h5><em>Nous devons continuer à insister auprès d&#8217;eux (sur les droits de l&#8217;homme). Mais notre insistance sur ces questions ne peut interférer avec la crise économique mondiale, avec la crise du changement climatique et avec la crise sécuritaire. Nous devons avoir un dialogue qui mène à une compréhension et à une coopération dans chacun de ces domaines.</em> <a href="http://blog.lefigaro.fr/geopolitique/2009/02/lecons-de-la-visite-en-chine-d.html">Hillary Clinton</a> (Pékin, mars 2009)</h5>
<h5><em>Le referendum a eu lieu dans le cadre d&#8217;un processus totalement démocratique&#8230; Ce fut un processus pleinement consistant avec les pratiques démocratiques.</em> <a href="http://www.voanews.com/english/archive/2009-02/2009-02-17-voa50.cfm?CFID=306319213&#38;CFTOKEN=12494323&#38;jsessionid=00309401f87ef64c691f63595031797d45b2">Gordon Duguid</a> (porte-parole du Département d&#8217;Etat, sur le referendum permettant la réélection à vie de Hugo Chavez, février 2009)</h5>
<h5><em>Il faut une présomption remarquable de bonne foi, ou peut-être de stupidité, pour imaginer que les Birmans ou les Soudanais du monde répondraient à l’engagement de M. Obama sinon en y cherchant leur propre avantage. Il faut également un degré remarquable de cynisme -ou peut-être de lâcheté – pour traiter les droits fondamentaux comme quelque chose qui interfère avec les objectifs de l’Amérique dans le monde, plutôt que comme la chose qui devrait précisément les définir. Pourtant c&#8217;est exactement jusqu’ici le bilan de ce début de mandat de M. Obama.</em> Bret Stephens</h5>
<p align="justify"><strong>Après le <a href="http://www.solidariteetprogres.org/article5090.html">buste</a> de Churchill, le tout nouveau <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2009/10/09/nobel-chamberlain-enfin-recompense-70-ans-apres-norwegian-quislings-repair-one-of-historys-greatest-injustices/">prix Nobel de la paix</a> va-t-il aussi renvoyer la Statue de la Liberté?</strong></p>
<p align="justify">Sourdine, pour cause de crise économique, climatique et sécuritaire, sur les droits fondamentaux en Chine …</p>
<p>Refus de rencontrer le dalai lama …</p>
<p>Mesures incitatives et désincitatives pour le criminel de guerre soudanais Omar Bashir …</p>
<p>Long silence assourdissant pendant la répression des manifestants de Téhéran en juin dernier et prise de distance maximale face aux groupes de défense des droits fondamentaux iraniens …</p>
<p>Refus de subvention pour un Centre iranien de documentation pour les droits fondamentaux dans le Connecticut et coupure des fonds pour un forum politique en farsi et en anglais …</p>
<p>Abandon des sanctions et nouvelle politique de réengagement face aux tortionnaires et affameurs birmans…</p>
<p>Au lendemain de l’attribution, sur ses seules belles paroles, du prix  <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2009/10/20/oslodecryptage-d%e2%80%99un-nobel-michel-gurfinkiel-the-nobel-committee-has-always-put-ideology-before-facts/">Nobel</a> de la paix au maitre-discoureur au bilan vide de la Maison-Blanche …</p>
<p><strong>Comment ne pas repenser justement à une autre <a href="http://gsorman.typepad.com/guy_sorman/2009/10/obama-prix-nobel-de-litt%C3%A9rature.html">erreur de casting</a> célèbre il y a près de 60 ans quand le prix Nobel de <a href="http://nobelprize.org/nobel_prizes/literature/laureates/1953/">littérature</a> cette fois fut attribué à… <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2007/02/09/prix-nobel-pinter-ou-l%e2%80%99anti-churchill-what-a-difference-50-years-make/">Churchill</a>?</strong></p>
<p align="justify">Et comment ne pas voir, en regard du prestigieux bilan d’un des principaux architectes de la victoire alliée sur le totalitarisme nazi et de la défense de la démocratie en Europe et dans le monde doublé, de plus, d’un <a href="http://nobelprize.org/nobel_prizes/literature/laureates/1953/press.html">talent</a> hors pair d’<a href="http://nobelprize.org/nobel_prizes/literature/laureates/1953/churchill-speech.html">orateur</a> et d’historien et de mémorialiste …</p>
<p>Le bilan désespérément vide, comme le rappelle le WSJ (et en témoigne son traitement cavalier tant du <a href="http://www.timesonline.co.uk/tol/news/world/us_and_americas/article5622197.ece#">buste</a> que des <a href="http://neoneocon.com/2009/05/01/obamas-churchill-torture-quote/">propos</a> du Lion britannique), du moulin à belles paroles  de la Maison-Blanche?</p>
<p><a href="http://online.wsj.com/article_email/SB40001424052748704500604574481341183751038-lMyQjA0MDA5MDIwMDEyNDAyWj.html"><strong>Does Obama Believe In Human Rights?</strong></a><br />
Bret Stephens<br />
The Wall Street Journal<br />
October 21, 2009</p>
<p>Nobody should get too hung up over President Obama&#8217;s decision, reported by Der Spiegel over the weekend, to cancel plans to attend next month&#8217;s 20th anniversary celebration of the fall of the Berlin Wall. Germany&#8217;s reunited capital has already served his purposes; why should he serve its?</p>
<p>To this day, the fall of the Berlin Wall on the night of Nov. 9, 1989, remains a high-water mark in the march of human freedom. It&#8217;s a march to which candidate Obama paid rich (if solipsistic) tribute in last year&#8217;s big Berlin speech. &#8220;At the height of the Cold War, my father decided, like so many others in the forgotten corners of the world, that his yearning—his dream—required the freedom and opportunity promised by the West,&#8221; waxed Mr. Obama to the assembled thousands. &#8220;This city, of all cities, knows the dream of freedom.&#8221;</p>
<p>Those were the words. What&#8217;s been the record?</p>
<p>China: In February, Secretary of State Hillary Clinton landed in Beijing with a conciliating message about the country&#8217;s human-rights record. &#8220;Our pressing on those [human-rights] issues can&#8217;t interfere on the global economic crisis, the global climate change crisis and the security crisis,&#8221; she said.</p>
<p>In fact, there has been no pressing whatsoever on human rights. President Obama refused to meet with the Dalai Lama last month, presumably so as not to ruffle feathers with the people who will now be financing his debts. In June, Liu Xiaobo, a leading signatory of the pro-democracy Charter 08 movement, was charged with &#8220;inciting subversion of state power.&#8221; But as a U.S. Embassy spokesman in Beijing admitted to the Journal, &#8220;neither the White House nor Secretary Clinton have made any public comments on Liu Xiaobo.&#8221;</p>
<p>Sudan: In 2008, candidate Obama issued a statement insisting that &#8220;there must be real pressure placed on the Sudanese government. We know from past experience that it will take a great deal to get them to do the right thing. . . . The U.N. Security Council should impose tough sanctions on the Khartoum government immediately.&#8221;</p>
<p>Exactly right. So what should Mr. Obama do as president? Yesterday, the State Department rolled out its new policy toward Sudan, based on &#8220;a menu of incentives and disincentives&#8221; for the genocidal Sudanese government of Omar Bashir. It&#8217;s the kind of menu Mr. Bashir will languidly pick his way through till he dies comfortably in his bed.</p>
<p>Iran: Mr. Obama&#8217;s week-long silence on Iran&#8217;s &#8220;internal affairs&#8221; following June&#8217;s fraudulent re-election was widely noted. Not so widely noted are the administration&#8217;s attempts to put maximum distance between itself and human-rights groups working the Iran beat.</p>
<p>Earlier this year, the State Department denied a grant request for New Haven, Conn.-based Iran Human Rights Documentation Center. The Center maintains perhaps the most extensive record anywhere of Iran&#8217;s 30-year history of brutality. The grant denial was part of a pattern: The administration also abruptly ended funding for Freedom House&#8217;s Gozaar project, an online Farsi- and English-language forum for discussing political issues.</p>
<p>It&#8217;s easy to see why Tehran would want these groups de-funded and shut down. But why should the administration, except as a form of pre-emptive appeasement?</p>
<p>Burma: In July, Mr. Obama renewed sanctions on Burma. In August, he called the conviction of opposition leader (and fellow Nobel Peace Prize winner) Aung San Suu Kyi a violation of &#8220;the universal principle of human rights.&#8221;</p>
<p>Yet as with Sudan, the administration&#8217;s new policy is &#8220;engagement,&#8221; on the theory that sanctions haven&#8217;t worked. Maybe so. But what evidence is there that engagement will fare any better? In May 2008, the Burmese junta prevented delivery of humanitarian aid to the victims of Cyclone Nargis. Some 150,000 people died in plain view of &#8220;world opinion,&#8221; in what amounted to a policy of forced starvation.</p>
<p>Leave aside the nausea factor of dealing with the authors of that policy. The real question is what good purpose can possibly be served in negotiations that the junta will pursue only (and exactly) to the extent it believes will strengthen its grip on power. It takes a remarkable presumption of good faith, or perhaps stupidity, to imagine that the Burmas or Sudans of the world would reciprocate Mr. Obama&#8217;s engagement except to seek their own advantage.</p>
<p>It also takes a remarkable degree of cynicism—or perhaps cowardice—to treat human rights as something that &#8220;interferes&#8221; with America&#8217;s purposes in the world, rather than as the very thing that ought to define them. Yet that is exactly the record of Mr. Obama&#8217;s time thus far in office.</p>
<p>In Massachusetts not long ago, I found myself driving behind a car with &#8220;Free Tibet,&#8221; &#8220;Save Darfur,&#8221; and &#8220;Obama 08&#8243; bumper stickers. I wonder if it will ever dawn on the owner of that car that at least one of those stickers doesn&#8217;t belong.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Laurent Murawiec: La pensée néo-conservatrice perd l’un de ses plus vaillants soldats (In memoriam)]]></title>
<link>http://jcdurbant.wordpress.com/2009/10/10/laurent-murawiec-la-pensee-neo-conservatrice-perd-l%e2%80%99un-de-ses-plus-vaillants-soldats-in-memoriam/</link>
<pubDate>Sat, 10 Oct 2009 15:28:51 +0000</pubDate>
<dc:creator>jcdurbant</dc:creator>
<guid>http://jcdurbant.wordpress.com/2009/10/10/laurent-murawiec-la-pensee-neo-conservatrice-perd-l%e2%80%99un-de-ses-plus-vaillants-soldats-in-memoriam/</guid>
<description><![CDATA[AFP : agence de presse chargée de la propagande extérieure de l’Autorité palestinienne. (Voir aussi ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><h5><img src="http://images.amazon.com/images/P/0742542785.01.LZZZZZZZ.jpg" alt="Laurent Murawiec 's Prince of darkness" width="225" height="338" align="left" /><em>AFP : agence de presse chargée de la propagande extérieure de l’Autorité palestinienne. (Voir aussi Reuters).</em></p>
<p><em>Le Monde : journal clérical pratiquant de confession laïco-islamique. Bêtisier permanent de la génuflexion islamophile.</em></h5>
<h5><em>Envoyé spécial : toujours disponible au bar du grand hôtel pour partager ses tuyaux avec ses collègues, qui les ont reçus des mêmes sources. Aurait pu écrire son papier avant d’arriver, sauf le prénom (Ahmed) du chauffeur de taxi, qui permet de donner un visage humain à la souffrance palestinienne.</em></p>
<p><em>Enderlin (Charles) : Scénariste et producteur de fictions. Capable de transformer le vivant en mort ; de faire apparaître et disparaître les cicatrices ; d’empêcher les blessures par balles de guerre de saigner. Journaliste à l’objectivité sans faille. Modèle professionnel de Jacques Chirac et des journalistes français. Détenteur de rushes invisibles, mais néanmoins accablants. Les montrera le jour suivant la Saint-GlinGlin 2019, à cause d’une clause signée avec les acteurs, MM. Al-Dura père et fils. </em><a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2007/07/25/petit-dictionnaire-moyen-oriental-des-idees-recues-laurent-murawiec/">Laurent Murawiec</a> <em><br />
</em></h5>
<h5><em>L’approche américaine du Moyen-Orient depuis 1945 a été tout entière guidée par l’impératif géostratégique – parfaitement légitime en tant que tel, insistons-y – du pétrole : s’assurer de la “station-service”, empêcher que d’autres puissances n’en privent les États-Unis ou s’y servent elles-mêmes. (…) Témoignage de son importance, cette stratégie acquit même un nom en 1956 : la “doctrine Eisenhower”. (…) L’impunité et l’immunité ont pris fin à la date du 11 septembre 2001. (…) Afin de mener la guerre contre le terrorisme, le président Bush a répudié et abrogé la “doctrine Eisenhower”.</em> <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2006/06/25/laurent-murawiec-la-fin-de-la-doctrine-eisenhower-from-eisenhower-to-bush-doctrine/">Laurent Murawiec</a></h5>
<h5><em>Les “pacifistes” croient donner une chance à la paix. En fait, s’ils donnent une chance, c’est à l’aveuglement et à lui seul. Les manifestations de samedi dernier c’est l’union sacrée de John Lennon et de Neville Chamberlain. Une naïveté poussée jusqu’à l’absence complète de discernement le dispute au mépris de la réalité. Il n’y a rien à attendre d’une telle alliance.</em> <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2006/03/13/lunion-sacree-de-john-lennon-et-de-neville-chamberlain-laurent-murawiec/">Laurent Murawiec</a></h5>
<h5><em>Obama demande pardon pour les faits et gestes de l’Amérique, son passé, son présent et le reste, il s’excuse de tout. Les relations dégradées avec la Russie, le manque de respect pour l’Islam, les mauvais rapports avec l’Iran, les bisbilles avec l’Europe, le manque d’adulation pour Fidel Castro, tout lui est bon pour battre la coulpe de l’Amérique. Plus encore, il célèbre la contribution (totalement inexistante) de l’Islam à l’essor de l’Amérique, et il se fend d’une révérence au sanglant et sectaire roi d’Arabie, l’Abdullah de la haine. Il annule la ceinture anti-missiles sise en Alaska et propose un désarmement nucléaire inutile. (…) Plus encore, cette déplorable Amérique a semé le désordre et le mal partout dans le monde. Au lieu de collaborer multilatéralement avec tous, d’œuvrer au bien commun avec Poutine, Chavez, Ahmadinejad, Saddam Hussein, Bachir al-Assad, et Cie, l’insupportable Bush en a fait des ennemis. (…) Il n’y a pas d’ennemis, il n’y a que des malentendus. Il ne peut y avoir d’affrontements, seulement des clarifications.</em> <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2009/06/05/dhimmi-du-siecle-plus-musulman-que-moi-tu-meurs-will-obama-be-america%e2%80%99s-first-muslim-president/">Laurent Murawiec</a></h5>
<p align="justify"><strong>Qu&#8217;aurions-nous fait (et qu&#8217;allons-nous faire) sans la lucidité et la plume affutée de Laurent Murawiec?</strong></p>
<p align="justify">A l’heure où, avec le Comité Nobel, &#8220;l’union sacrée de John Lennon et de Neville <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2009/10/09/nobel-chamberlain-enfin-recompense-70-ans-apres-norwegian-quislings-repair-one-of-historys-greatest-injustices/">Chamberlain</a>&#8221; vient de révéler au monde toute l’étendue de son ineptitude …</p>
<p>Retour, en forme d’hommage en ce lendemain de sa disparition (58 ans suite à un cancer), sur l’un des très rares chercheurs français à avoir gardé, tout au long des années Bush et de la longue Guerre d’Irak, sa lucidité face aux génuflecteurs islamophiles de nos médias comme au véritable tsunami d’obamalâtrie qui a depuis envahi le monde.</p>
<p>A savoir l’analyste stratégique franco-américain Laurent Murawiec, qualifié tout à tour, par la presse française quand elle consent à parler de lui, de &#8220;faucon français&#8221; (<a href="http://www.mafhoum.com/press6/166P56.htm">Figaro</a>), &#8220;néoconservateur français&#8221; (<a href="http://www.rfi.fr/actufr/articles/118/article_85500.asp">RFI</a>), &#8220;parcours atypique&#8221; (<a href="http://www.mafhoum.com/press3/maur109.htm">Le Monde</a>) ou &#8220;ancien conseiller de <a href="http://www.slate.com/?id=2069119">LaRouche</a> (qu&#8217;il reconnaitra avoir effectivement fréquenté <a href="http://www.slate.com/id/2070190/">quelques années</a>) et de Chevènement&#8221; (<a href="http://www.voltairenet.org/auteur5870.html?lang=fr">Réseau Voltaire</a> du négationniste Thierry Meyssan).</p>
<p>Et dont l’énorme érudition et la langue comme la plume acerbes avaient fait la réputatio (à l&#8217;instar de son <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2007/07/25/petit-dictionnaire-moyen-oriental-des-idees-recues-laurent-murawiec/">Petit dictionnaire d&#8217;idées reçues</a> qui nous avait valu notre exclusion des blogs du Monde).</p>
<p>De la Rand où il avait atteint le plus haut niveau (&#8220;senior policy analyst&#8221;) mais s’était fait remercier suite à la médiatisation d’un virulent <a href="http://www.slate.com/?id=2069119#powerpoint">rapport</a> sur le &#8220;seul business familial ayant un siège aux Nations unies&#8221; (alias l’Arabie saoudite) qu’il proposait de confronter après les attentats du 11/9 (18 des 19 terroristes sans compter l’essentiel du financement étaient, on s’en souvient, saoudiens), au non moins célèbre <a href="http://www.hudson.org/index.cfm?fuseaction=search_action">Hudson Institute</a> où il poursuivait sa brillante carrière jusqu’à sa disparition.</p>
<p>Echantillons avec la longue interview qu’en avait fait il y a un an notre confrère du blog Drzz …</p>
<p><strong>Extraits:</strong></p>
<p><strong>Sur Chirac et Sarkozy:</strong></p>
<p align="justify"><em>Il y a eu le long épisode d’hystérie et d’imbécillité chiraquienne, où Chirac a fait des tas de choses inutiles, s’est pris pour le chef du Tiers-Monde, avec un crétinisme parfaitement chiraquien, et a pissé sur les rapports franco-américains, de façon parfaitement ridicule, inutile, la moins nécessaire. On aurait parfaitement pu considérer que la France ait dit, en 2003 : « &#8211; on est contre l’intervention, mais les Etats-Unis sont notre allié ». On ne fait pas comme l’autre crétin de De Villepin, le tour des dictateurs du tiers-monde, pour voir si Mugabe est contre « l’attitude anti-démocratique » des Etats-Unis pour le rallier sous la bannière blanche de Pierre Laval et du Maréchal Pétain… C’est Talleyrand qui disait de l’assassinat du Duc d’Enghien : « &#8211; c’est pire qu’un crime c’est une faute », ça décrit assez bien ce qu’a fait Chirac. Chirac a mobilisé sur l’antique haine des Etats-Unis. Des gens comme J.F. Revel ont écrit là-dessus, et je n’ai rien à y ajouter, sur cette espèce d’énervement pathologique des élites françaises, « qui ne pardonnent jamais à ceux qui leur ont sauvés la peau à plusieurs reprises »… Sarkozy est un juste retour des choses. C’est un rapport apaisé.</em></p>
<p><em>En affaires internationales, on n’a pas d’amis permanents on a que des intérêts permanents, c’est Disraeli qui l’a dit, je crois. Mais, il n’y a pas de raison de s’attendre à une « idylle »…</em></p>
<p><em>Mais là, au Moyen-Orient avec une Politique américaine idiote, et par-dessus le marché, Paris qui en rajoute dans les pires zig-zag : c’est une véritable honte ( !), cette invitation de la Syrie, qui est quand même celle qui nous a tué 58 paras (Drakkar, 1983), on a toujours pas tué Rifaat El Assad, &#8211; ce qu’on aurait dû faire depuis longtemps-, on a vendu le Liban pour rien, on continue, c’est épouvantable ! Et la visite clownesque à Beyrouth fait mal au ventre, c’est une honte, ils sont passés devant les caméras du Hezbollah, ils ont donc leurs bobines dans les archives informatisées du Hezb., vraiment c’est glorieux ! Ce n’est pas la première fois que la France trahit le Liban, pas la première et sans doute pas la pire, mais ça continue. Et de ce point de vue-là il (Sarkozy) ne fait pas mieux que Chirac !</em></p>
<p><strong>Sur Obambi:</strong><br />
<em><br />
La vulnérabilité d’Obama, c’est qu’il présente une persona qui n’a rien à voir avec sa carrière réelle. Ca tient à des choses comme le fait qu’il bosse depuis longtemps avec un mouvement d’extrême gauche très  violent,  Acorn[5], et en tant que membre du conseil d’une fondation ou autre chose, il a contribué à leur donner des centaines de milliers de $ ; eux, en retour, ont été les troupes de sa campagne électorale au Sénat, il y a 3 ans ; et récemment, ils ont fait campagne pour lui. il y a une synergie entre l’un et les autres. Vous trouverez cela dans National Review on line : Stanley Kurtz, qui est un journaliste remarquable a fait un boulot d’enquête formidable à Chicago, qui fait partie des choses qui vont sortir ; et l’image « lisse », actuellement, d’Obama est un peu écornée, donc…</em></p>
<p><a href="http://www.drzz.info/article-20718042.html"><strong>Interview exclusive : Laurent Murawiec</strong></a> (1)</p>
<p>INTERVIEW EXCLUSIVE &#8220;LE BLOG DRZZ&#8221;<br />
Entretien réalisé par Marc Brzustowski pour le compte du blog drzz</p>
<p>1ere partie : Géopolitique</p>
<p>MARC B. :  Tout d&#8217;abord, Laurent Murawiec, je vous remercie de bien vouloir accepter de répondre aux questions des lecteurs du Blog Drzz.</p>
<p>J&#8217;aimerais vous poser quelques questions au sujet de la reconfiguration de la carte du Proche et Moyen-Orient, à la veille du départ de G.W Bush de la Maison Blanche:</p>
<p>A posteriori : l&#8217;administration Bush a t- elle, selon vous, pris les bonnes options (l&#8217;Irak/Afghanistan) ou les seules possibles à l&#8217;époque ?</p>
<p>L’Afghanistan d’abord :</p>
<p>MURAWIEC : On a fait ce qui fallait, on a renversé les Taliban, on les a chassés. On a essayé d’installer dans un pays qui n’a jamais réellement  eu d’Etat central effectif, &#8211; parce que c’est une mosaïque de tribus-, un gouvernement central qui marche cahin-caha, avec le problème lié aux services de Renseignements de l’armée pakistanaise, qui sont les créateurs des Taliban. (Services) qui ont essayé de reconstruire leur créature, de recréer un mini-Talibanistan au Waziristân, autour de Peshawar. Et, tant que la question, particulièrement difficile, du Pakistan ne sera pas réglée, on aura des problèmes en Afghanistan. Dans ce cadre-là, sachant que le Pakistan est le problème et pas la solution, les options prises sont les bonnes. Rien ne fera de l’Afghanistan un pays stable et bien gouverné ; ce qu’on peut espérer c’est qu’il ne sème pas le désordre partout aux alentours, tant que subsisteront un certain nombre de problèmes, et l’un est particulièrement grave : c’est celui de l’Empire de la drogue, &#8211; dont font partie les Taliban-, qui, remonte de tous les côtés, vers l’Asie Centrale notamment, et qui pourrit tout son environnement. Voilà pour l’Afghanistan…</p>
<p>MARC B. :  L’Irak ensuite ?</p>
<p>MURAWIEC : Concernant l’Irak : on a renversé Saddam Hussein et c’était une bonne chose à faire. On est en train de gagner cette guerre en ayant infligé une défaite écrasante et humiliante à Al Qaeda ; ce qui n’était pas notre objectif au départ, mais ce n’est pas une mauvaise raison même a posteriori.</p>
<p>MARC B. : Y a eu plusieurs périodes dans cette guerre, dont certaines n’étaient peut-être pas envisagées ou évaluées correctement au départ ? Dont cet afflux massif d’Al Qaeda…</p>
<p>MURAWIEC : Il y a eu au moins trois phases dans cette guerre : la phase militaire de trois semaines, le renversement de Saddam, qui a été brillante ; une période où la stratégie américaine a complètement déraillé et qui nous a coûté très cher, avec des erreurs majeures qui n’étaient pas nécessaires, tenant plus de Washington que de l’Irak ; et une troisième phase, à partir de la nomination du Général Petraeus et du Général Odierno, où cette guerre est gagnée, et où les terribles erreurs et leurs terribles conséquences ont été rattrapées in extremis.</p>
<p>La meilleure documentation sur la nature de ces erreurs et leur origine est, sans doute, l’ouvrage de Douglas Faith[1], qui est une documentation assez implacable de la manière dont ça s’est passé.</p>
<p>Quoi qu’il en soit, on est aujourd’hui, dans une situation où Al Qaeda a été écrasé, où les milices chiites, l’Armée du Mahdi, ont été écrasées et ont dû reculer, reculer, reculer, à Bassorah ou ailleurs. Où une grande partie des tribus chiites se sont ralliées, pour des raisons qui sont les leurs, à notre bagarre contre Al Qaeda et contre les milices chi’ites ; et où l’Iran, &#8211; je le dis de façon prudente parce qu’on a fait beaucoup de bêtises à cet égard -, où l’Iran ne s’est pas emparé de l’Irak.</p>
<p>MARC B. : Est-ce que cela ne concerne « que » l’Armée du Mahdi (cette infiltration, mise en orbite de relais pro-iraniens), ou d’autres segments ? Je sous-entends, y compris dans les arcanes du pouvoir, je pense à certaines franges du parti Al Dawah, ou encore au SIIC (Conseil suprême Islamique Irakien), ses Brigades Badr[2]…</p>
<p>MURAWIEC : Ecoutez, il y a une erreur à ne pas commettre, lorsqu’on parle du monde arabe en général et de l’Irak en particulier : c’est, je crois, qu’il faut se garder de considérer les partis arabes comme des structures équivalentes à leur formes européennes. Ce n’est pas un monde wébérien[3], où les partis sont organisés, régulés et représentent des structures permanentes… etc. Les groupes politiques en pays arabes, &#8211; lorsqu’il y a de la politique : c’est-à-dire qu’en Arabie Saoudite, il n’y a pas de politique, actuellement ; en Egypte, il n’y a pas de politique (intérieure) ; &#8211; Mais, ces partis fonctionnent sur une base clanique, familiale, tribale, à base de qui met la main sur l’argent de la corruption… Et donc quand on regarde, que ce soit Al Dawah ou d’autres, ce sont des regroupements fluctuants.</p>
<p>Et d’un côté, et bien l’Irak a comme voisin l’Iran. Comme le dit Auguste Comte, « la géographie est un Destin ». Nous, Américains on s’en ira, mais l’Iran, lui, ne s’en ira pas. Quel que soit l’Iran en question, d’ailleurs.</p>
<p>MARC B. :  C’est ce qui explique les déplacements d’Al Maliki en Iran, qui ne concernent pas les Américains – i.e : qu’on ne peut interpréter comme une façon indirecte pour les Américains de « négocier » avec un Etat désigné comme « voyou » ?</p>
<p>MURAWIEC : On négocie en permanence avec le doigt sur la gâchette et le kandjar -la dague recourbée- derrière le dos, en essayant de tirer avantage maximum d’une situation. Mais, je ne blâme pas du tout Al Maliki d’aller rencontrer ce criminel d’Ahmadinedjad, parce que c’est son voisinage. L’Irak a, pour son malheur, comme voisins : l’Iran, la Syrie, l’Arabie Saoudite, la Jordanie et la Turquie, &#8211; la Jordanie et Turquie, c’est déjà mieux, mais c’est quand même pas un voisinage très plaisant !</p>
<p>Et donc cette guerre on a fini par la gagner, mais comme Churchill le disait : « les Américains font ce qu’il faut faire… après avoir essayé tout le reste ! » Et on peut dire que c’est exactement ce qu’on a fait en Irak. Quoque, franchement, l’histoire la 2nde Guerre mondiale n’est pas si glorieuse si on la regarde de près, que lorsqu’on la regarde avec un demi-siècle de distance. Il y a aussi eu, à l&#8217;époque, des imbécilités militaires et politiques qui sont à crier de honte, mais cette guerre, on l’a gagnée.<br />
Donc voilà une longue réponse à votre question, je crois !</p>
<p>MARC B. : Que peut-on dire aujourd’hui de la fameuse « stratégie des dominos » -a-t-elle vécu ?-, qui consistait à promouvoir par l’exemple l’effondrement des « régimes-voyous » ? Parce qu’au moins deux pays-clés, l’Iran et la Syrie, subsistent aisément et, même pire, continuent d’avancer leurs pions… ? C’est ce qui semble être le lot du futur président, quelles que soient ses options…</p>
<p>MURAWIEC : Personnellement, je blâme énormément Bush pour avoir été incohérent, avoir mené une politique en zigzag, sans continuité. En 2003, quand on a pris Bagdad, il faut savoir qu’à Damas, le régime Assad faisait déjà ses valises, tellement il avait peur qu’on lui envoie deux ou trois tanks… Et puis, à l’époque le secrétaire d’Etat Colin Powell a pris l’initiative, sans en référer à Bush, d’ailleurs, d’aller à Damas l’assurer de nos « bons sentiments ».</p>
<p>Alors, primo, on a assuré la pérennité du régime baasiste d’Assad, deuxio, on lui a permis d’assurer la complicité plus qu’active du régime dans l’infiltration d’Al Qaeda contre nous et le gouvernement Irakien ; et tertio, pire que ça, on l’a laissé faire au Liban : on a soutenu la « révolution du Cèdre » et puis, quand les Syriens ont assassiné Hariri &#8211; et ce, après toute une ribambelle d’hommes politiques en général maronites &#8211; on a laissé faire sans rien dire, on l’a assuré de son impunité. Au Moyen-Orient où c’est encore la force et la puissance qui comptent, l’impunité leur a permis d&#8217;agir à sa guise. Aujourd’hui, je blâme l’Occident pour la perte du Liban. Le Hezbollah et les Aounistes ont la quasi-totalité des rênes du pouvoir entre leurs mains…</p>
<p>MARC B. : Et sur l’Armée… ?</p>
<p>MURAWIEC : L’Armée au Liban, c’est une farce ubuesque de même que son actuel Président, d’ailleurs (Michel Sleiman), c’est « farcesque ». Je blâme donc très vivement Bush d’avoir accepté la coexistence de plusieurs politiques, d’avoir laissé toute une autre politique se développer au sein de son propre gouvernement, de l’avoir laissé faire et, &#8211; en rapport aux dominos-, ceux qui auraient dû tombés ne sont pas tombés, au contraire. Le seul domino, éventuellement, à être tombé, c’est le programme nucléaire de Muhamad Khadafi qui a su lire, ce qui était marqué  « sur le mur »[4] pour reprendre l’image de Nabuchodonosor dans la Bible, et en a tiré ses conclusions avec sagesse.</p>
<p>Ceux qui commençaient à avoir peur se sont rassurés en disant, « les Américains n’ont pas de suite dans les idées, ou ils ont trop d’ennuis en Irak pour venir nous ennuyer » ; et, hélas, ils ont eu raison.</p>
<p>MARC B. : Aujourd’hui, on a un peu l’impression d’un double-encerclement : certes, de l’Iran/Syrie d’un côté, mais aussi par effet de rétorsion, d’Israël, par le Hezbollah, Hamas, Syrie… ? Est-ce une vision qui se tient ? Celle d’un équilibre de la terreur ?</p>
<p>MURAWIEC : L’Iran serait encerclé s’il y avait une stratégie américaine visant à écrabouiller, destituer les Mollahs d’une manière ou d’une autre. Il n’y a, d’ailleurs, pas besoin de leur envoyer des bombes ; je pense qu’un mois d’embargo de toutes leurs exportations (notamment pétrolières) serait un coup de semonce terrible pour eux pour les amener à un certain code de comportement (sinon à être « raisonnables »). On cause aux Iraniens et on ne fait absolument rien de sérieux.</p>
<p>Mais, actuellement, il n’y a plus aucun équilibre, Bush peut manier une certaine rhétorique, elle ne trouve aucun prolongement dans la politique suivie, aucune cohérence et aucune stratégie. Il y a des bouts de stratégies et autant ne rien faire que de suivre une stratégie incohérente.</p>
<p>MARC B. : On peut considérer que Colin Powell, Condi Rice, etc, ont constitué une sorte de minorité de blocage au sein de l’Administration tout au long de ce mandat ?</p>
<p>MURAWIEC : Il n’y a eu aucune suite politique logique. Ca fait bien longtemps qu’un certain nombre de secteurs de l’Administration est en insurrection ouverte contre la politique déclarée de Bush, et il ne leur est jamais rien arrivé. Il a choisi les mauvais hommes ou femmes, le Département d’Etat et la CIA sont en mutinerie déclarée depuis 2002. Et si vous avez les 2/3 qui sabotent votre politique par tous les moyens possibles, vous n’arrivez pas à grand-chose. Je ne vois aucune stratégie contre l’Iran, Bush agit au coup par coup.</p>
<p>Il y a le second « encerclement » : celui d’Israël, d’abord c’est le problème d’Israël (l’Amérique n’est pas directement en cause). Entre le Liban-Sud, le Golan et Hamas à Gaza, Israël risque de devoir faire face sur 3 fronts. Ce pseudo-gouvernement Olmert-Livni-Barak a perdu une guerre, il y a deux ans, qu’il aurait dû normalement gagner. Et ils se sont mis dans un pétrin épouvantable &#8211; et évitable ; une situation extrêmement dangereuse. Ils ont reconstitué l’armée, qui est capable de mener ses missions, ce qu’elle n’était pas, il y a deux ans. Et admettons qu’Olmert finisse par partir à la poubelle, ni Livni ni Barak ne sont dotés d’un esprit, d’une réelle vision stratégique. Barak est un tacticien hors-pair ; Livni est une « diplomate » avec une politique assez lamentable. Et au bout du compte, l’actuel Kadima est l’héritier du dernier Sharon. A l’époque, étant partisan du premier Sharon, j’étais plutôt pour ce retrait ; mais il est maintenant d’une évidence criante que ça été une erreur stratégique de première ampleur, on a donné le pouvoir à Hamas et le Hamas s’en sert aujourd’hui. Et Israël ne fera pas l’économie d’une reconquête de Gaza, qui fera couler beaucoup de sang et dont les résultats ne seront pas permanents.</p>
<p>MARC B. : Oui, mais, une reconquête, pour quel résultat ? Qui va reprendre et gérer Gaza ? Est-ce qu’Abbas est en mesure de reprendre les choses en main ?</p>
<p>MURAWIEC : Abbas est un notable de province sans pouvoir, sans capacité d’imposer quoi que ce soit. Il est une sorte de fonctionnaire qui gère l’héritage (d’Arafat) et réunit tous les mythes de la cause palestinienne de vieille date, si on veut. Mais, il est incapable de gérer Gaza ou quoi que ce soit d’autre. Si son pouvoir tient, en Judée-Samarie, c’est uniquement grâce à l’Armée Israélienne. Il n’a pas les moyens de s’imposer. Il n’y a pas de solution politique ou diplomatique à la clé parce que pour qu’il y en ait une, il faudrait être deux… Or Israël n’a pas d’interlocuteur (de poids). Il n’y a rien &#8211; de tangible &#8211; de l’autre côté.</p>
<p>http://www.drzz.info/article-20718929.html</p>
<p>2eme partie : La complexité des politiques moyen-orientales américaines :</p>
<p>MARC B. :  La Guerre anti-terroriste a t- elle généré une dépendance accrue d’Israël vis-à-vis des Etats-Unis ou, au contraire, peut-on dire que les liens, le partenariat stratégique, se sont renforcés (concernant Israël/Etats-Unis) ?</p>
<p>MURAWIEC : Ecoutez, il me semble qu’à mesure que les choses s’aggravent, dans le monde arabo-musulman : 1) la Turquie n’est plus un allié sûr des Etats-Unis comme durant 1⁄2 siècle, 2) l’Egypte est dirigée par un despote vieillissant, avec un gros point d’interrogation  sur ce qui vient après … dans ce contexte, les Etats- Unis ont en Israël un allié stable, extrêmement important. C’est un rapport stratégique qui est extrêmement étroit, dans le militaire, le renseignement …</p>
<p>D’autre part, quand on analyse les rapports israélo-américains, il faut se méfier des simplifications. Elles sont très faciles en l’occurrence. Parce qu’il n’y a pas, jamais, pour le Moyen-Orient comme pour le reste, une seule politique américaine : il y a une coexistence de plusieurs politiques qui se déploient simultanément. Le gouvernement des Etats-Unis, lui-même,- contrairement à ce que croient beaucoup de gens dans le reste du monde-, n’est pas une espèce de monolithe qui agit d’un seul tenant. Il y a toujours plusieurs lignes qui coexistent y compris pour le Moyen-Orient. Depuis 1944, la ligne dominante est celle qui dit : « &#8211; au Moyen-Orient il y a du pétrole. Au-dessus du pétrole, il y a des émirs et des dictateurs, sunnites en général, c’est donc avec eux qu’il faut faire affaire et rien d’autre ne compte ».</p>
<p>C&#8217;est une des lignes permanentes. Une autre dit : « &#8211; mais non mais non, Israël, pays démocratique compte énormément, c’est un allié sûr, on l’a vu en 67 et 73, contre les Soviétiques, on l’a vu depuis. On peut compter sur eux, Israël est un allié précieux » … Mais, ces deux lignes ne sont pas les seules, au-dessus il y en a encore bien d’autres…</p>
<p>Nous parlons d&#8217;un pays aussi extraordinairement puissant que les Etats-Unis, avec des intérêts mondiaux aussi multiples et une situation nationale aussi  diversifiée,…  Il n’y a pas « une » politique pétrolière américaine, il y en a même plusieurs. Pourquoi ? Parce que les compagnies pétrolières n’ont pas les mêmes objectifs, les mêmes réserves, les mêmes fournisseurs, donc les mêmes intérêts…</p>
<p>J’essaie toujours de souligner à quel point les simplismes pour le Moyen-Orient ne sont vraiment pas de mise. L&#8217;action des Etats-Unis est toujours la résultante de forces et de lignes extrêmement diverses.</p>
<p>Ainsi donc, les rapports israélo-américains sont compliqués…</p>
<p>En ce qui concerne Israël, ça paraît plus facile, mais c&#8217;est finalement pas si simple que ça, puisqu’il n’y a pas que les Américains : en Israël, il y a aussi la gauche israélienne, dont la ligne n°1 depuis plus de 30 ans est de dire : il faut faire en sorte que les Américains forcent Israël à rendre les Territoires, Israël est trop puissant, pour son propre bien, il faut qu’il rende les territoires,… Ces idées ont été exprimées, pour la première fois, par le Général à la retraite Harkabi[1]. Et depuis, toute la gauche, toute une intelligentsia de gauche très active, ont pour objectif n°1 de faire en sorte qu’Israël ait les poings liés par les Etats- Unis !… Et tous les Américains, (-heureusement !-) ne sont pas d’accord avec ça ! Mais ça donne un rapport éminemment complexe !</p>
<p>Cela dit, dans le Moyen-Orient présent, avec la question du nucléaire iranien en première ligne, les Etats-Unis ont besoin d’une alliance étendue avec Israël.</p>
<p>Ce qui me soucie le plus, je vous l’avouerais, c’est la présence, à Washington, d’un certain nombre de gens qui comptent sur Israël pour faire le « sale boulot » avec l’Iran, cette tendance est là depuis plusieurs années : « ils (les Israéliens) ont un problème de survie : ils vont, à tout le moins, nous gagner plusieurs années en écrasant une partie du programme nucléaire iranien, et de notre côté on pourra dire : « ah non ! C’est très vilain », et les féliciter par derrière,… je crains vraiment cette attitude.</p>
<p>MARC B. :  C’est ce qui semble se dessiner (notamment avec le rapport de la NIE –de novembre-décembre 2007) ?</p>
<p>MURAWIEC :  C’est ce que je disais, tout- à- l’heure, en parlant d’insurrection de la CIA contre Bush, ç’en est un exemple flagrant. Et aujourd’hui, même si le Patron de la CIA, lui-même et d’autres, ont laissé entendre que le titre &#8211; et non pas le rapport en totalité-, ou les premières phrases du rapport, étaient complètement faussées et délirantes, on souffre encore d&#8217;une absence de stratégie, de véritable politique de la part de l’Administration à l’égard de l’Iran ; d’où le danger : parce qu’il y a une disproportion des motifs : pour Israël c’est un problème existentiel à court terme, pour, admettons, les 5 à 10 années qui viennent, pour les USA c’est un danger stratégique à moyen terme.</p>
<p>La disproportion des motifs est telle que s’il y avait une vraie stratégie, une  politique cohérente, on se baserait sur le moyen et long terme, pour pouvoir agir à court terme. Nous ne le faisons pas, et donc ça laisse Israël, qui est pressée de beaucoup plus près, dans une position, à tout le moins, très inconfortable.</p>
<p>MARC B. :  Quand on parle des pouvoirs d’obédience chiites/sunnites : que penser depuis Doha de cette bipolarisation : avec, d’un côté, les pays arabes réputés « modérés »/ et de l’autre, ceux qui sont sous dominante et influence iranienne (chiites ou non) ?</p>
<p>MURAWIEC :  Que nous avons laissé l’Iran se créer une position stratégique assez enviable : c’est la première fois, depuis les Fatimides du Caire[2], qu’une puissance Chiite a pignon sur rue, sur la Méditerranée, par exemple. C’est une chose qui, stratégiquement parlant, est d’une grande importance. Bon, d’un autre côté,  il n’y a pas, à proprement parler, « de croissant chiite »[3], parce que la Syrie –hors alliances stratégiques &#8211; n’est pas chiite. Si on devait faire quelque chose avec la Syrie, c’est avec la majorité sunnite qu’on aurait en face de nous, qu’il faudrait le faire ; quelque soit ce qui en sortirait, et là on peut douter &#8211; et s&#8217;inquiéter &#8211; de ce que cette société déstructurée pourrait engendrer, mais c’est une autre affaire …</p>
<p>Quand on regarde le Moyen-Orient, il me semble qu’on peut partir du principe d’analyse suivant : quand chacun des chefs d’Etats de la région se lève ce matin et se regarde dans le miroir pour se raser, &#8211; se regarde dans le miroir sans se raser pour certains-, il calcule ce qu’est le rapport de force du jour et se dit : « quel est le rapport de force ? &#8211; le Roi d’Arabie Saoudite, par exemple- : entre moi et l’Iran, moi et les Américains, x, y, et z ? ». Chacun fait la même chose, et se repositionne en permanence. Il fait une espèce de calcul intégral. L’art de gouverner des Arabes, c’est ça. Ce n’est pas de faire des choses, c’est de calculer le rapport de forces, au jour le jour, pour savoir si untel a la capacité de les tuer aujourd’hui ou demain. Ou si, lui, a la capacité de tuer l’autre ou celui qui le menace directement, aujourd’hui ou demain. Et tout le monde fait la même chose. Quand on parle de « politique arabe », « arabo-musulmane » ou d’ « axe sunnite/chiite »… Dès que les Etats-Unis agissent de façon un peu sérieuse, y compris vis-à-vis de l’Iran, -ça arrive-, untel ou untel, dirigeant arabe se dit : « &#8211; Tiens, les Américains… Attention, il faut que j’y mette 5% de plus »,</p>
<p>Quand l’Ambassadeur américain rencontre l’Ambassadeur Iranien à Bagdad, c’est comme ça que ça se passe, le roi d’Arabie Saoudite se dit : « &#8211; tiens, il faut que je fasse quelques risettes aux Iraniens… tiens, il faut que j’invite Ahmadinedjad à Ryad… » ; en réalité c’est comme ça que ça se passe au jour le jour…</p>
<p>Quand les Américains sont arrivés à Bagdad, quand tout le monde a cru qu’on allait écraser le régime syrien, les Iraniens ont eu très peur [4] et ils ont baissé le ton sur un certain nombre de choses&#8230;</p>
<p>Ou encore : quand la guerre de juillet 2006 a débuté, tout le monde s’est dit : Israël ne va faire qu’une bouchée du Hezbollah. Et l’Arabie Saoudite a émis, au début, un soutien absolument sans équivoque à Israël. Il y a eu une tapée de clercs saoudiens qui ont émis une fatwa condamnant l’action et la provocation du Hezbollah. Et, parce qu’on a vu qu’on s’était mis le doigt dans l’œil, que la stratégie israélienne était inepte, quand tout le monde a vu que ça n’allait pas dans le sens prévu, à ce moment-là…, on s’est dit : « ah, ben… »</p>
<p>MARC B. :  Je crois me souvenir de votre position, en 2002, après le 11 septembre, de votre exigence d’action énergique contre l’Arabie Saoudite, que vous considériez comme le problème et non comme un élément de la solution. Vous disiez que, parallèlement à l’Irak, il fallait aussi en faire payer le prix à l’Arabie Saoudite. Votre position est-elle identique aujourd’hui ou a t- elle évolué avec le temps… ?</p>
<p>MURAWIEC :  Le Djihad contemporain a deux grandes sources : la source wahhabite et la révolution islamique chiite iranienne, ça n’a pas changé du tout. Ce que j’ai proposé en 2002 au Pentagone, je ne vois, actuellement, pas de grandes raisons de changer d’avis : le royaume wahhabite, autant que l’Iran, est une vraie menace, parce que le Royaume est à la source du Djihad contemporain. Donc je suis toujours partisan de parler fort et de taper très fort du poing sur la table, j’avais préconisé au Pentagone de donner un ultimatum au Royaume : « &#8211; vous faites les choses qui suivent ou ça ira très mal ». C’est vrai qu’on s’est, sans doute, relativement affaibli dans notre capacité d’action depuis, mais la puissance américaine n’est pas entamée, donc il n’y a pas de raison de ne pas les mettre en garde.</p>
<p>MARC B. : Et est-ce que le « message est passé » en toute ou partie ? Est-ce que cette voie de la « réforme » ou des réformettes a changé des choses ? Ou c’est encore un rapport de forces ?</p>
<p>MURAWIEC :  On donne des miettes au petit canard qu’est là ; le canard veut qu’on arrête d’enfermer les femmes dans des sacs à patates noirs, alors on donne quelques permis de conduire,… Tout ça, c’est du vent, il y a une oligarchie parasitaire de rois fainéants dont le seul talent est de piller, de prélever la djezia (pétrolière) sur les Dhimmis et de survivre. Rien n’a changé.</p>
<p>Le royaume saoudien, et la famille Al Saoud, se fonde depuis 1745 sur l’alliance wahhabite, sur l’interpénétration avec les clans les plus radicaux. Les deux sont consanguins, c’est un mariage consanguin sans cesse renouvelé, où l’élite du royaume résulte de branches incestueuses. Alors que Machin, Truc, parmi les Princes soit un alcoolique, ou ne pratique pas l’islam comme Al Wahhab le préconisait, moi je viens bien, qu’est-ce que ça change ? Vous savez, sous le Troisième Reich, l’homosexualité était extrêmement répandue chez les SA et SS, d’un côté ; et, de l’autre, ça n’empêchait pas le Reich d’enfermer les homosexuels, non membres du Parti, en camp de concentration. La Nomenklatura soviétique ne faisait pas ce qu’elle disait, mais ça ne l’empêchait pas de l’imposer aux autres. Ce n’est pas parce que certains prendraient des libertés que l’ordre en est modifié.</p>
<p>J’avais lu une étude qui avait analysé le cas de 150 djihadistes capturés en Irak sur une période assez courte, et, parmi eux, il y avait 65% de Saoudiens. Ils étaient le contingent n°1, de très loin, et c’est plus parlant que le baratin sur les réformes. Ils ont fait le Royaume d’une certaine manière et le Royaume selon la façon dont ils l’ont fait, est djihadiste.</p>
<p>MARC B. : Oui, on ne peut même pas penser qu’il s’agirait de « dissidents », de plus « extrémistes » ne trouvant pas à s’exprimer chez eux ?</p>
<p>MURAWIEC :  Le roi Abdallah a maintenu le contact avec les extrémistes, a conçu son pouvoir sur l’équilibre des forces avec les Djihadistes, c’est la même chose que ce qu’on disait tout- à- l’heure pour les rapports interarabes ; La politique saoudienne, se résume comme suit : le Roi reçoit, toutes les semaines, les chefs tribaux , des tas de gens qui veulent quelque chose. Il a son Majliss, chacun de ceux qui a accès au Roi fait la même chose, chacun des princes fait la même chose etc. C’est la structure tribale traditionnelle. Les princes ont constamment maintenu, certains plus que d’autres, le contact avec les extrémistes. On est globalement dans le même monde.</p>
<p>MARC B. :  Est-ce qu’on peut dire sensiblement la même chose concernant le Pakistan ?</p>
<p>MURAWIEC :  Le Pakistan, ce n’est pas le même type de société, beaucoup plus développée, évoluée, avancée. C’est une autre paire de manches, la situation au Pakistan était extrêmement pourrie, dégénérée, extrêmement difficile. Mais au Pakistan, il y a une société éduquée, civile, des universités qui fonctionnent sur un mode non-wahhabite. Il n’y a pas ce mépris du travail, si typique de l’Islam, qu’on retrouve en Arabie Saoudite, en premier lieu. Le paysan pendjabi est quelqu’un qui travaille très dur. Il y a de l’industrie, du commerce, le Pakistan n’est pas un parasite sur l’économie mondiale. Autant c’est un pays qui a échoué à se créer une vraie conscience nationale, mais autant il y a une différence formidable entre les rentiers tribaux d’Arabie Saoudite et un pays comme le Pakistan.</p>
<p>http://www.drzz.info/article-20719965.html</p>
<p>3eme partie : relations internationales / présidentielles américaines</p>
<p>MARC B. : Les lobbies moyen-orientaux aux Etats-Unis : que pourriez-vous nous dire du pouvoir d’influence du lobby saoudien à Washington ? Comme il s’exprime à travers des « hommes de paille », tels que « Dhimmi » Carter ?</p>
<p>MURAWIEC :  Le lobby saoudien, c’est d’abord un type : le Prince Al Waleed. C’est un lobby hyper-centralisé &#8211; quand j’entends des crétins comme John Mearsheimer et Stephen Walt qui parlent du « Lobby Juif » je rigole doucement, car ce n’est encore rien comparé au Lobby Saoudien, qui est extrêmement influent !- Pendant 23 ans le prince Bandar, fils du Prince Sultan, a été le grand corrupteur des EU, et il a fait des ravages énormes et ça continue ; ou le prince Al Waleed (Ben Talal Ben Abdul Aziz)[1] : Georgetown a reçu 20 millions de $ du prince Al Waleed, on y a établi un centre « pour la compréhension islamo-chrétienne », dirigée par John Esposito[2]. C’est un centre de propagande. De même, Harvard a reçu 20 millions du Prince en question. Carter est un « homme de paille », mais ça va beaucoup, beaucoup plus loin. Des types comme Brent Scowcroft[3], patron du CSCI sous Bush Senior, pourtant républicain, opposé résolument à la guerre en Irak. Mais encore, de grandes firmes de lobbying, de grands cabinets d’avocats, etc. sont dans la poche des Saoudiens : le Carlyle Group[4], un énorme groupe d’investissements privés, qui est une importante banques d’affaires, avec des tas de gens qui ont tenu les rênes du pouvoir : comme Franck Carlucci, ancien directeur-adjoint à la CIA sous Carter, puis à la Défense (sous Reagan). Voilà ce qu’est cette corruption saoudienne, avec toutes les bonnes raisons du monde ( !). Le lobby saoudien est extrêmement puissant, centralisé et l’homme qui compte c’est l’Ambassadeur.</p>
<p>MARC B. :  Et là, par contre, il y a une « vraie stratégie » ?</p>
<p>MURAWIEC :  La stratégie, c’est corrompre un maximum de gens et ils peuvent compter sur des amitiés extrêmement diversifiées pour s’ouvrir un maximum de portes (« Super Door Openers »)</p>
<p>MARC B. :  Il y a d’autres lobbies (affaire Rezko : accointances pétrole contre Nourriture), le NIAC  de Trita Parsi, qui le concurrencent,… comment est-ce que tout cela  s’organise ?</p>
<p>MURAWIEC :  Le NIAC, c’est très américain, c’est un marché, parfaitement légal, on peut même y trouver une base constitutionnelle qui donne le droit de pétitionner en vue de groupes d’intérêts ; mais ça fonctionne comme un marché, où le lobby des lobbies est saoudien. Mais les Etats-Unis sont tellement puissants qu’il n’y a rien qui se passe dans le monde qui n’influe sur la politique des Etats-Unis, ni rien aux Etats-Unis qui n’ait pas un retentissement dans le monde : qui sera le président, qui sera à la chambre, qui sera au Foreign Relations Committee du Sénat,… Et tout un chacun s’efforce d’acquérir, d’acheter de l’influence à Washington, parce que Washington est la capitale du monde : il faut y avoir son pied à terre, « pignon sur pouvoir », si j’ose dire ; franchement ça devait être la même chose à Rome en l’an 200 après JC, et la même chose, de façon moins diversifiée, dans la Grande-Bretagne impériale de 1900 : si vous êtes la Capitale du monde, tout le monde veut y être. Et vous avez besoin d’être partout.</p>
<p>MARC B. : Parmi ceux qui prônent le dialogue avec les Mollahs (Kissinger, Allbright…) : peut-on différencier, de l’extérieur, un travail de lobbying en arrière-fond d’un raisonnement dans l’intérêt strict des Etats-Unis ?…</p>
<p>MURAWIEC :  Cela dépend des individus, certains je les soupçonne beaucoup moins de corruption ; quand on dit corruption il faut faire preuve d’imagination, ce n’est pas que l’argent : mais du prestige, de la flatterie, des invitations, une remise en selle quand on a disparu de la scène publique…</p>
<p>Quand Schultze, par exemple, dit quelque chose, je ne le soupçonne pas de corruption, parce qu’il est là depuis longtemps, on le connaît… par contre, quand je vois Scowcroft faire quelque chose, le soupçon monte immédiatement, parce que j’ai une idée assez claire de la manière dont il procède et du pourquoi, de même qu’il fait partie des pires courants qui réclament depuis toujours l’impunité pour les dictateurs.</p>
<p>MARC B. : Que dire aujourd’hui des rapports France/Etats-Unis, de leur « jeu de rôles », avec, en arrière-fond, la pilule amère de : Bachar à Paris/ La France à Beyrouth ?</p>
<p>MURAWIEC :  Il y a eu le long épisode d’hystérie et d’imbécillité chiraquienne, où Chirac a fait des tas de choses inutiles, s’est pris pour le chef du Tiers-Monde, avec un crétinisme parfaitement chiraquien, et a pissé sur les rapports franco-américains, de façon parfaitement ridicule, inutile, la moins nécessaire. On aurait parfaitement pu considérer que la France ait dit, en 2003 : « &#8211; on est contre l’intervention, mais les Etats-Unis sont notre allié ». On ne fait pas comme l’autre crétin de De Villepin, le tour des dictateurs du tiers-monde, pour voir si Mugabe est contre « l’attitude anti-démocratique » des Etats-Unis pour le rallier sous la bannière blanche de Pierre Laval et du Maréchal Pétain… C’est Talleyrand qui disait de l’assassinat du Duc d’Enghien : « &#8211; c’est pire qu’un crime c’est une faute », ça décrit assez bien ce qu’a fait Chirac. Chirac a mobilisé sur l’antique haine des Etats-Unis. Des gens comme J.F. Revel ont écrit là-dessus, et je n’ai rien à y ajouter, sur cette espèce d’énervement pathologique des élites françaises, « qui ne pardonnent jamais à ceux qui leur ont sauvés la peau à plusieurs reprises »… Sarkozy est un juste retour des choses. C’est un rapport apaisé.</p>
<p>En affaires internationales, on n’a pas d’amis permanents on a que des intérêts permanents, c’est Disraeli qui l’a dit, je crois. Mais, il n’y a pas de raison de s’attendre à une « idylle »…</p>
<p>Mais là, au Moyen-Orient avec une Politique américaine idiote, et par-dessus le marché, Paris qui en rajoute dans les pires zig-zag : c’est une véritable honte ( !), cette invitation de la Syrie, qui est quand même celle qui nous a tué 58 paras (Drakkar, 1983), on a toujours pas tué Rifaat El Assad, &#8211; ce qu’on aurait dû faire depuis longtemps-, on a vendu le Liban pour rien, on continue, c’est épouvantable ! Et la visite clownesque à Beyrouth fait mal au ventre, c’est une honte, ils sont passés devant les caméras du Hezbollah, ils ont donc leurs bobines dans les archives informatisées du Hezb., vraiment c’est glorieux ! Ce n’est pas la première fois que la France trahit le Liban, pas la première et sans doute pas la pire, mais ça continue. Et de ce point de vue-là il (Sarkozy) ne fait pas mieux que Chirac !</p>
<p>Pour résoudre le problème libanais, il faut casser la gueule aux Iraniens et tuer Nasrallah, là le Liban aura une chance. Une autre occasion n’a pas été exploitée : c’est le fameux rapport Mehlis concernant le Tribunal International, de la faute des Etats-Unis et de la France, on a eu une chance avec le rapport Mehlis, pour l’instant ça traîne et on a rien fait. Pour l’instant, il n’a pas grande incidence : si, en plus, on invite Bachar, on ne va pas le traduire (en justice), c’est le discours de Marc Antoine, dans Jules César de Shakespeare, le discours funéraire de J.C, à qui l’auteur fait dire : «  parce que Brutus et Cassius sont des hommes honorables » tant et tant qu’à force de le répéter, on comprend que ce sont des crapules, ici, c’est pareil, « Bachar est un homme respectable, on ne va quand même pas l’ennuyer »… Donc hélas, il faut craindre que ce rapport et ce Tribunal International, il n’en sorte pas grand-chose…</p>
<p>MARC B. : Pour conclure, quel serait votre pronostic socio-politique concernant la présidentielle américaine : Obama/ le clan Clinton/son rapprochement éventuel avec Mc Cain… ?</p>
<p>MURAWIEC :  Mme Clinton doit, à la fois, avoir l’air de faire campagne pour Obama pour ne pas se perdre aux yeux du Parti Démocrate et faire en sorte qu’il perde pour pouvoir se glisser à sa place dans 4 ans. Elle doit gigoter beaucoup, c’est son problème, pas le mien. Et les Clinton ont une propension au gigotement sans équivalent.</p>
<p>Quand va arriver le mois de septembre, les Républicains vont commencer à sortir les tombereaux de dossiers sur Obama, un dossier qui n’est pas piqué des vers( !). Il y a eu un certain nombre de choses (qui sont déjà sorties), mais rien en comparaison à ce qui sortira à l’automne ; ça ne sert à rien de sortir ces rapports trop tôt. Mais 15 jours après la convention démocrate, vers mi-août, les choses vont commencer à sortir. Je pense que ça va saigner beaucoup. La vulnérabilité d’Obama, c’est qu’il présente une persona qui n’a rien à voir avec sa carrière réelle. Ca tient à des choses comme le fait qu’il bosse depuis longtemps avec un mouvement d’Extrême Gauche très  violent,  Acorn[5], et en tant que membre du conseil d’une fondation ou autre chose, il a contribué à leur donner des centaines de milliers de $ ; eux, en retour, ont été les troupes de sa campagne électorale au Sénat, il y a 3 ans ; et récemment, ils ont fait campagne pour lui. il y a une synergie entre l’un et les autres. Vous trouverez cela dans National Review on line : Stanley Kurtz, qui est un journaliste remarquable a fait un boulot d’enquête formidable à Chicago, qui fait partie des choses qui vont sortir ; et l’image « lisse », actuellement, d’Obama est un peu écornée, donc… Et pour peu que Mc Cain fasse une bonne campagne comme il faut, … à voir. Au départ, je ne suis pas d’un grand enthousiasme mais je voterai Mc Cain : on a besoin de lui, donc, prenons-le, je pense qu’il va gagner mais ce n’est pas dans la poche.</p>
<p>Il y a des choses extrêmement indicatives de l’état de l’opinion, ce qu’on appelle le Middle America, notamment sa déclaration à San Francisco sur les « petzouilles » qui « collent à leur religion et leur fusil » : il a perdu 7 à 8 points en Pensylvanie en quelques jours. Si vous voulez, j’habite Washington, itou à San Francisco, qui ont voté Kerry à 90% ; par contre, quand on est en West-Virginia ou au Texas, etc.,  ce sont 2 pays très différents, ce qu’on peut appeler l’Amérique moyenne, le « pays réel ».</p>
<p>C’est, un peu aussi, une des erreurs les plus graves de gens comme Ben Laden est qu’ils confondent Hollywood et CNN avec le pays réel, Saïd Houd a passé 2/3 années aux Etats Unis, il n’a rien vu rien compris. Et quand tous ces types-là parlent des Etats-Unis, ils ne comprennent pas et, comme ils ne les comprennent pas, ils font des bêtises. Ils ne voient jamais le pays réel. Le pays réel, c’est hors Washington et hors- Obama, qui, dans un autre sens, est un pur produit intellectuel Harvardien de la plus belle eau.</p>
<p>MARC B. : Que penser du Rôle des guerres, dans cette élection ? L’Amérique est-elle lassée et capable de se laisser tentée par le ticket Obama ? Une voie de retour aux préoccupations ordinaires,  « isolationnistes » ?</p>
<p>MURAWIEC :  Le plus problématique là-dedans est, selon moi, à quel point on paye maintenant, le prix de 7 ans de Bush. Et l’incapacité radicale de Bush à mener et faire passer sa politique. J’attends avec impatience les débats Mc Cain-Obama qui vont être, pour la première fois depuis très longtemps, de vrais débats avec de la substance. Les débats Kerry-Bush, il y a 4 ans, en comparaison, ont été terribles… Là on va avoir deux candidats qui parlent anglais, à la différence de Bush ; l’incapacité de Bush à s’exprimer, à expliquer pourquoi ses décisions, ce n’est pas seulement un problème de communication, comme on dit, mais bien de substance, de décision, de suivi etc. Mais ça fera du bien d’avoir de vrais débats sérieux… là je crois qu’on paie 7 ans de Bush…</p>
<p>MARC B. : Et comparativement, Mc Cain est un vrai candidat ? Il sait s’exprimer ?</p>
<p>Mc Cain, oui, oui, sans aucun doute, je l’ai entendu, ce type, dans des conférences, à plusieurs reprises, etc. il parle bien, il est drôle, il sait être convaincant. Encore une fois, ce n’est pas un type qui m’enthousiasme énormément, il y a des points de son programme qui m’ennuient sérieusement,… Mais c’est un type qui a de la ressource, beaucoup plus que Bush.</p>
<p>Mais, d’autre part, les Républicains vont prendre une dégelée, une rouste terrible, au Sénat et à la Chambre, ils vont perdre plusieurs sièges au Sénat, peut-être plusieurs dizaines à la Chambre. Et si Mc Cain gagne, son problème sera sans doute d’être face à une grosse majorité démocrate. Le Président propose et la chambre des représentants dispose. Ce n’est pas le Président qui décide du budget pour les Etats- Unis : la constitution donne primauté à la Chambre et au Congrès, sur un certain nombre de points. Le président a le pouvoir de la parole, une puissance d’initiative formidable. Reagan, par exemple, a dû gouverner durant la totalité de ses deux mandats, avec une majorité démocrate, ce qui ne l’a pas empêché de faire de merveilleuses choses. Mais ça complique énormément les choses….</p>
<p>MARC B. : D’autres choses que vous aimeriez préciser avant que l’on se quitte ?</p>
<p>MURAWIEC :  Je crois qu’on couvert beaucoup de choses, on a fait le tour de pas mal de points… On ne va quand même pas étouffer vos lecteurs ! C’est un peu étouffe-chrétiens !</p>
<p>(off-record) J’ai de la sympathie pour ce que fait Drzz (prononcé d’edzedzed à la façon de la guêpe…) fait, c’est bien, un peu comme Pajama medias,  les « vaches vertes » ici, y en a besoin.</p>
<p>MARC B. : C’est aussi un blog qui permet de rendre compte d’une politique qui n’a pas toujours été bien comprise, c’est le moins que l’on puisse dire, notamment, en France…</p>
<p>MURAWIEC :  C’est le moins qu’on puisse dire ! A ce sujet, vous savez, j’ai été invité par la France officielle pour la 1er fois depuis 4 ans en mars dernier, ça c’est un effet-Sarkozy, après 4 ans d’embargo où je n’étais pas « en cour » si j’ose dire. Et là je reçois une invitation, ils veulent m’entendre, ben c’est bien, tant mieux pour eux (rires) ! …</p>
<p>Ma 1ère préoccupation est me débarrasser du cancer qui me fait chier, ça pourrait être fait rapidement si diverses choses marchent. Si je suis bien, je serais en France en aout, en vacances, mais on verra l’an prochain.  Je pense que j’aurais des trucs à faire en France. Je suis plus en Chine qu’en Europe… Si à l’occasion je peux rencontre les Drziiistes, on fait un déjeuner avec plusieurs drzzzziiiistes et… c’est bien de se connaître ! Ok !</p>
<p>MARC B. : Je vous souhaite un prompt rétablissement et je vous dis donc à très bientôt, Monsieur Laurent Murawiec…</p>
<p>MURAWIEC :  Oh ! Pas besoin du « Monsieur » !</p>
<p>MARC B. :  Donc, à très bientôt, Laurent !</p>
<p>[1] War and Decision, mises en cause, notamment : de Colin Powell, Tommy Franks et Paul Bremer</p>
<p>[2] NDLR : qui se sont récemment -2006 – défaits de leur allégeance à l’égard de l’Iran (Qom) et du principe de : Velayat-e-faquih : celui-ci impose et reconnaît comme seule autorité le gouvernement du « Docte » juriste-théologien, soit l’inféodation aux décisions du Guide Suprême. Ce principe n’est plus valide dès que les chiites Irakiens se réfèrent à l’autorité de l’Ayatollah Ali Sistani et à l’école de Nadjaf.</p>
<p>[3]Max Weber : Le Savant et le Politique (1919), préface de R. Aron et traduction par J. Freund, Plon, 1959.</p>
<p>[4] L’angoisse de Balthazar, l&#8217;un des successeurs babyloniens de Nabuchodonosor voyant selon la bible s’écrire sur le mur les mots : Méné, Téqel, Uofarsin… lit-on dans un des derniers chapitres du prophète Daniel : « ton règne a été pesé, tes raisons trouvées légères, et tout sera divisé ».</p>
<p>[1] Major-Général « Fati » Yehoshafat Harkabi, l’un des négociateurs de l’Armistice de 1949, ancien chef du renseignement militaire israélien, à partir de 1955 et universitaire orientaliste (ou islamologue), diplômé d’Harvard. « Arab attitudes to Israel », écrit en 1972, est à la base de ses théories « pessimistes » sur l’avenir de la Région. La Guerre de 1967 est, selon lui, une opportunité pour la Paix. Il recommande un retrait total des Territoires « disputés ». Il devient le Gourou de Shalom Akhshav, la « paix maintenant », mais reste en très mauvais terme, y compris avec l’Itzakh Rabin d’après 1993.</p>
<p>[2] La ville du Caire (Al-Q_hira, La Victorieuse ou La Martienne en raison de l’horoscope) fut fondée en 969 comme résidence royale des califes fatimides, qui se prétendaient descendants de Fatima, la fille de Mahomet. Les chiites Fatimides s&#8217;installent en Egypte et établissent leur capitale au Caire, réduisant l&#8217;autorité des Abbassides. Le tracé de la ville est fait au Nord des faubourgs de l&#8217;ancienne capitale musulmane du pays, Fûstat. La construction de la mosquée d&#8217;Al-Azhar commencera un an plus tard.</p>
<p>[3]  « Le croissant chiite » : slogan, mythe ou réalité ? François Thual, Hérodote, n° 124, 1er Trimestre 2007.</p>
<p>[4] Ce serait, alors, le sens des indices du rapport de la NIE : programme « gelé » par Khatami et relancé presque aussitôt.</p>
<p>MARC B. :  Donc, à très bientôt, Laurent !</p>
<p>[1] Al Waleed (Ben Talal Ben Abdul Aziz) : considéré comme l’homme le plus riche du monde après Bill Gates. Investissements dans la Banque Citigroup, en crise dans les années 90, renflouées par Al Waleed à hauteur de 600 millions de $.</p>
<p>[2] J. Esposito : Modernizing Islam, St Petersburg, Florida, 2003.</p>
<p>* [3] Brent Scowcroft, a co-signé avec Zbigniew Brzezinski, et Richard Murphy, un texte intitulé Differentiated Containment, dans lequel ils appelaient à en finir avec la stratégie de « double endiguement » visant à la fois l’Iran et l’Iraq et ils souhaitaient l’ouverture de négociations entre Washington et Téhéran, notamment sur l’appui de la République islamique au terrorisme, son refus d’accepter les accords de paix israélo-arabes et ses tentatives de se procurer des armes de destruction massive (et notamment de se doter de l’arme nucléaire).<br />
* Membre du directoire de Qualcomm depuis 1994. [1] [2]<br />
* Fondateur et président de The Scowcroft Group. [3]<br />
* Membre du comité directeur et administrateur du Forum for International Policy. [4] [5]<br />
* Administrateur du CSIS. [6]</p>
<p>[4] http://www.infoguerre.fr/fichiers/Le%20Reseau%20Carlyle.pdf : critique de la relative désinvolture de « le Réseau Carlyle », où François Missen, journaliste, lauréat du Prix Pulitzer et du prix Albert Londres,  met en lumière les compromissions politico-économiques du Groupe Carlyle. Cela dit, le style adopté reste celui du « romanquête » de BHL. Y sont décrits notamment : le travail de « recrutement » de « super Door openers », dont le premier d’entre eux est Frank Carlucci, Directeur adjoint à la CIA en 1978 sous Jimmy Carter, secrétaire d’Etat à la Défense, 7 ans plus tard, emblème de la portée et de la puissance que peut avoir le Groupe. Il y aura ensuite, l’arrivée de James Baker à la tête du groupe. 1994 : entrée de George Soros, puis, le 12 septembre 2001, entrée du Saudi Ben Laden Group à hauteur de 2 Millions de $ US… La famille Ben Laden pourra quitter les Etats-Unis peu de temps après, par un avion affrété par… Carlyle Group.</p>
<p>[5] http://article.nationalreview.com/?q=NDZiMjkwMDczZWI5ODdjOWYxZTIzZGIyNzEyMjE0ODI= http://article.nationalreview.com/?q=NDZiMjkwMDczZWI5ODdjOWYxZTIzZGIyNzEyMj</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Salut Falardeau!]]></title>
<link>http://amenicart.wordpress.com/2009/09/27/salut-falardeau/</link>
<pubDate>Sun, 27 Sep 2009 21:18:04 +0000</pubDate>
<dc:creator>amenicart</dc:creator>
<guid>http://amenicart.wordpress.com/2009/09/27/salut-falardeau/</guid>
<description><![CDATA[« Ce n’est pas le rince-doigts qui fait les mains propres ni le baisemain qui fait la tendresse. » L]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>« Ce n’est pas le rince-doigts qui fait les mains propres ni le baisemain qui fait la tendresse. » Léo Ferré</p>
<p>Cher Falardeau,</p>
<p>Je t’écris cette lettre que tu ne liras jamais, que tu n’aurais de toute façon jamais soupçonnée.  Je la commence comme tu en as commencé plusieurs avant de montée aux barricades dans ta prose de dénonciateur, dans ta colère d’homme qui refuse de lécher le cul de quiconque.  À l’inverse, cette lettre ne reflétera pas de colère contre toi, elle sera marquée par mon admiration. Laisse-moi donc te louanger un peu vieux <em>ch’nouc</em>!  Mon admiration est grande pour ta rage et pour ton œuvre.  Les rires sont encore aussi forts pour « Elvis Gratton » et les pitreries de ton bon ami Julien Poulin, ainsi que pour ta narration dans « Le temps des bouffons ».  D’un autre côté, les larmes et la stupeur resteront toujours aussi manquantes pour « Le Party », « Le Steak », « Octobre », « 15 février 1839 » etc.  Je me souviens avoir acheté le scénario de 15 février 1839 en 1997, alors que <em>Téléfilm Canada</em> refusait de te financer (encore et toujours), je me souviens de cette lecture avec beaucoup d’émotion, le rêve intense d’un homme qui veut mettre en place une trace de son histoire que d’autre s’évertue à avorter et à renier.  Je me souviens de cette page 27, où tu écrivais : « J’ai rêvé, je rêve encore ce film.  Avec Luc Picard dans le rôle de Delorimier et avec Sylvie Drapeau dans le rôle de sa femme Henriette. Quand je les rencontre, parfois par hasard, je les regarde à la dérobée et je me surprends à rêver encore.  Sans le vouloir.  J’imagine un gros plan avec Luc et je pars.  Son visage fait d’un mélange de force et de fragilité.  Ses yeux de juste où on lit une pointe d’angoisse.  Ce côté « pas sûr de lui » que j’aime bien chez les gens.  Tout cela qui fait un héros à hauteur d’homme et non un ridicule héros américain de bande dessinée.  Je l’imagine avec Sylvie jouer.  Non.  En train de revivre le calvaire de DeLorimier et d’Henriette.  Leur Passion. Et moi premier spectateur de la beauté de leurs gestes, de leurs regards, de leurs étreintes.  J’en ai des frissons.  J’imagine aussi le beau visage de Sylvie sur un écran.  Ses yeux apeurés, ses larmes, cette rage de vivre. Toute la misère du monde sur un seul visage.  Et soudain, j’arrête de rêver. Parce que ça fait trop mal quand tu te réveilles. Faire un film, c’est faire l’amour à la plus belle femme du monde, sa femme.  Mais je refuse de bander dans le vide.  Alors je me retiens, je me refuse à bander de peur que « Téléfilmcanada » ne me dise que cette femme est laide et qu’en réalité il n’y a pas de femme du tout. »  Je me souviens de cette lecture où les larmes se sont mises à vaciller sur mes joues comme les chutes Montmorency, je me suis mise à rêver à mon tour que ton rêve se réalise et donc lorsque dans la salle du défunt cinéma Parisien, les premières images de ta nuit d’amour sont apparues, je suis devenue torrent, tsunami et ouragan de l’arme.  Y’a rien comme la force d’un rêve, surtout quand ce rêve est soutenu par un rêveur aussi humaniste que toi.   Je suis encore enragée que tu n’es pas remporté le prix du meilleur réalisateur au <em>Jutra</em> cette année-là, ton œuvre sublime était de loin supérieure à celle de « Un crabe dans la tête », câlisse de tabarnak!!</p>
<p>Je ne dis pas ça parce que ta mort récente m’y force, je l’écris parce que tu dois rester, tu dois être lu pour la suite du monde, tu dois être vu encore et encore au-delà de ta mort.  Tu dois bien rire là, où que tu sois, d’entendre les gens te louanger publiquement même du côté fédéral et à <em>Radio-Cadenas</em>, tu fais les nouvelles de l’heure et on présente ton œuvre et ta vie en rétrospective avec commentateurs, présentateurs et toute la parade des clowns qui va avec.  Ça doit rire fort de ton côté, alors que tu taquines déjà l’au-delà de ta langue et tes poings avec Perrault et Groulx.  Personne n’a encore osé offenser ta mémoire ni t’a traité de pourriture, on se garde une petite gêne, on ne veut pas offenser, on reste d’une politesse maculée de sang, même <em>Téléfilm Cadenas </em>serait prête à te remettre une bourse posthume tellement la mort rend les gens mielleux.  Bien sûr, j’écris n’importe quoi, du vide, des niaiseries de lectrice, de cinéphile et de souverainiste en deuil d’un homme et d’un personnage atypique, singulier et authentique, bref en deuil de toi, alors je préfère maintenant te laisser encore la parole dans une lettre écrite pour ton ami Poulin et publiée dans ton livre «  La liberté n’est pas une marque de yogourt » :</p>
<p>« Salut, Poulin!</p>
<p>C’est Falardeau!  Comment ça va?  Je viens de finir le livre de Rodin sur l’art. Une pure merveille.  C’est toi qui m’avais fait découvrir son œuvre, y a une couple d’années, tu t’en rappelles?  Quel homme!</p>
<p>Pas facile de vivre debout alors que la plupart autour attendent leur pitance à genoux.  Et que le reste rampent pour ramasser les miettes.  Pas facile de vivre comme un homme libre au milieu d’une société d’esclaves…  La servitude volontaire, comme disait Étienne de La Boétie.  Pas facile de garder son âme, sa dignité d’être humain dans cet univers totalitaire de la marchandise.  L’univers concentrationnaire de la consommation.  Pas facile, un vivant parmi les morts ambulants.  De survivre jour après jour dans un pays colonisé où la bêtise a été érigée en système.  La bêtise entretenue délibérément. Comme méthode de pouvoir.  La bêtise organisée, comme on dit « le crime organisé ».</p>
<p>Mais on va au moins continuer à rire.  D’un grand rire terroriste…Terrible… Dévastateur.  Par principe.  Par plaisir.  Pour leur montrer qu’on est pas morts.</p>
<p>Et plus tard, comme le mineur dans la chanson de Richard Desjardins, après 25 ans sous terre, on demandera à être enterrés debout, la tête au soleil.  Et on rira un dernier coup.  Bien fort.  Pour les faire chier encore et encore.</p>
<p>Salut, ami. »</p>
<p>Tu te souvenais et tu l’as crié et décrié comme pas un.  Voici les faits, voici ma manière, voici ce dont il est question à l’intérieur de nous, cette rage de pauvre qui se cache, qui s’enfonce et s’évanouit par la peur, tu l’as sortie de toi malgré nous, malgré des critiques qui te saluent aujourd’hui forcé de constater que sans toi, on perd un peu de nous.  C’est pour ne pas oublier que je me souviens de toi.  Si les hommes québécois avaient un dixième de ton courage, de ton feu, de ton humanisme, les femmes québécoises en auraient beaucoup moins à revendiquer.  Je perpétue toutes mes condoléances à ta compagne, tes  enfants et tes proches qui ont fait de toi, j’en suis persuadée, un homme meilleur ainsi qu’un homme qui ne voulait pas rester dans la peur crasse et le joug du silence.  Salut éveilleur de pensées, salut amoureux de la nature, salut grand ricaneur,  salut colérique acharné, salut chien enragé, salut mon Falardeau et surtout MERCI, on se reverra au cinéma ou dans un livre!</p>
<p>« Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. » La Boétie</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Hommage à Irving Kristol: Pas de beurre sans canons (There Is No Military Free Lunch)]]></title>
<link>http://jcdurbant.wordpress.com/2009/09/19/hommage-a-irving-kristol-pas-de-beurre-sans-canons-there-is-no-military-free-lunch/</link>
<pubDate>Sat, 19 Sep 2009 06:52:02 +0000</pubDate>
<dc:creator>jcdurbant</dc:creator>
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<description><![CDATA[Les Soviétiques font passer les canons au-dessus du beurre, mais nous plaçons presque tout au-dessus]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><h5><img src="http://1.bp.blogspot.com/_Ro24bYxG_zg/RhPAFMzfarI/AAAAAAAAAA0/erZ3V4O9zO8/s320/Guns%2Bor%2BButter%28redrawn%2B7-24-06%29.jpg" alt="Guns for butter" width="320" height="256" align="left" /><em>Les Soviétiques font passer les canons au-dessus du beurre, mais nous plaçons presque tout au-dessus des canons. (…) Mais (…) la puissance militaire soviétique ne disparaîtra pas juste parce que nous refusons de la regarder.</em> <a href="http://www.margaretthatcher.org/speeches/displaydocument.asp?docid=102939">Margaret Thatcher</a> (1976)</h5>
<h5><em>La question légitime à se poser au sujet de n&#8217;importe quel programme,  c&#8217;est: &#8220;cela marchera-t-il&#8221;?</em></h5>
<h5><em>Car il y a une chose que le peuple américain sait au sujet du sénateur McCarthy: il est, comme eux, irrévocablement anti-communiste. Conviction qu’ils ne partagent en aucune façon concernant les porte-paroles de la gauche américaine. Et avec une certaine justification.</em> (1952)</h5>
<h5><em>C&#8217;est l&#8217;engagement pleinement assumé des néoconservateurs d’expliquer au peuple américain pourquoi il a raison et aux intellectuels pourquoi ils ont tort.</em></h5>
<h5><em>Aux Etats-Unis aujourd&#8217;hui, la loi insiste sur le fait qu&#8217;une fille de 18 ans a le droit à la fornication publique dans un film pornographique &#8211; mais seulement si elle est payée le salaire minimum.</em></h5>
<h5><em>Aussi loin que je me souvienne, j&#8217;ai été néo-quelque chose: néo-marxiste, néo-trotskyste, néo-gauchiste, néo-conservateur et, en religion, toujours néo&#8211;orthodoxe, même quand j&#8217;étais néo-trotskyste et néo-marxiste. Je vais finir néo-. Juste néo-, c&#8217;est tout. Néo-tiret-rien.</em> Irving Kristol</h5>
<p align="justify">Au lendemain de l’annonce, dans son obsession à se démarquer du néo-conservatisme de son prédécesseur, de l’abandon du <a href="http://secretdefense.blogs.liberation.fr/defense/2009/09/analyse-labandon-du-bouclier-antimissile.html">bouclier antimissile</a> et à nouveau (contre les promesses faites mais ils doivent avoir l’habitude!) des pays de l’Europe centrale et de l’est comme la Tchécoslovaquie ou la Pologne par le nouveau Chamberlain de la Maison Blanche …</p>
<p align="justify">Et de la disparition, à 89 ans bien remplis, d’<strong>Irving Kristol, parrain du <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2006/04/21/pour-un-neo-conservatisme-francais/">néoconservatisme</a> et de tous les gens de gauche qui comme lui avaient, selon son mot fameux, été &#8220;braqués par la réalité&#8221;</strong> et avaient dès lors décidé de placer le pragmatisme au-dessus de l’idéologie et du mépris des aspirations des gens ordinaires.</p>
<p align="justify">Retour, en guise d’hommage et d’avertissement renouvelé à la fois, sur sa tribune classique de février 1990 (que le NYT venait d’ailleurs de ressortir).</p>
<p align="justify">Rappelant les faux calculs de ceux qui critiquaient la très faible hausse des dépenses militaires présentées par le ministre de la défense de Bush père Dick Cheney.</p>
<p align="justify">Au moment où revenait sur le tapis avec la fin de la guerre froide (comme aujourd’hui avec la fin de la guerre en Irak et la crise financière) le vieux débat (déjà à la veille de l’entrée en guerre des Etats-Unis en 1917 suite à la démission du Secrétaire d’Etat pacifiste William Bryan Jennings et au sujet notamment de la construction d’<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Guns_versus_butter_model">usines de nitrates</a> en Alabama <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/National_Defense_Act_of_1916">&#8220;pour l’engrais en temps de paix et la poudre à canon en temps de guerre&#8221;</a>) sur les &#8220;dividendes de la paix&#8221; et du &#8220;beurre contre les canons&#8221; …</p>
<p align="justify"><a href="http://www.nytimes.com/ref/opinion/19opclassickristol.html"><strong>There Is No Military Free Lunch</strong></a><br />
Irving Kristol<br />
The New York Times<br />
February 2, 1990</p>
<p align="justify">Now that the cold war is over and I need worry less about my personal safety and welfare, I find myself contemplating with pleasure all the money I shall save and be able to spend. These savings are of a peculiar kind: they represent expenditures I had thought of making but that no longer seem necessary.</p>
<p align="justify">To cope with the prospect of nuclear war, I had wondered about the advisability of purchasing a large country estate, which would shelter my wife, children, grandchildren and perhaps the families of a few nieces and nephews. To reach this refuge, I would need a large, fast station wagon, perhaps two. There would be other expenses, too, and I have calculated the total cost in the vicinity of $1.5 million, with maintenance costs of about $25,000 a year.</p>
<p align="justify">What a blessing to be relieved of such expenditures! There are so many needs I can satisfy with this saving. We can at last have our kitchen redone; we can take a long-delayed, unhurried holiday in Europe; we can double our contributions to charity &#8211; and more. We shall, of course, pay for these expenditures with a credit card. We shall also, of course, end up filing for bankruptcy.</p>
<p align="justify">A combination of hypothetical savings with actual spending is a clear path to financial ruin. Nevertheless, much of the discussion of a peace dividend, and the uses to which it might be put, revolves around exactly such a combination.</p>
<p align="justify">Those hypothetical savings are enormous. If we simply forget about providing ourselves with new land-based nuclear missiles, consigning the MX and Midgetman to oblivion, we would save $10 billion annually in the years ahead. That&#8217;s a lot of money, and under present circumstances a sensible idea. But while forgetting the MX and the Midgetman, we ought to remember that they barely exist. This is a hypothetical saving of a hypothetical expenditure. It gives us no cash in hand. Surely, however, there are real cash savings, in addition to such hypothetical savings, that will be available from a reduction in the Pentagon&#8217;s budget? Yes, there are &#8211; but they will be far more modest than one realizes. The villain is inflation.</p>
<p align="justify">Let us assume that we insist the Pentagon&#8217;s budget should remain exactly at its current level, with no adjustment for inflation. Let us further assume that we can look forward to economic growth of 3 percent a year, with inflation at 4 percent. Neither assumption seems particularly radical, and both allow more of the resources created by economic growth to be allocated to nonmilitary purposes. What&#8217;s wrong with that? Is it not a prudent and responsible reaction to the end of the cold war? Indeed, might we not think of a real (inflation-adjusted) cut in the military budget of another 3 percent, which would provide us with far more &#8221;extra&#8221; money? Many liberals in Congress have exactly such thoughts.</p>
<p align="justify">Well, we had better not think too seriously along any such lines, because the interaction of these &#8221;modest&#8221; assumptions will engender immodest results. This flows from the compounding effect of inflation, which can be devastating to anyone or anything with a static or declining income. If we take the more ambitious cut of 7 percent annually (4 percent inflation plus 3 percent cash), in 10 years we shall have a military budget, in 1990 dollars, of less than one-half the present size.</p>
<p align="justify">Even with fixing that budget at its current level, and with no further cuts, a decade from now it will be about 33 percent smaller (in 1990 dollars) than is the case today. We are talking about a truly radical shrinkage in our military establishment.</p>
<p align="justify">One does not wish to exaggerate. After any combination of these projected paths for the military budget, we shall still have a military establishment that will be more than negligible. It will probably be slightly superior to Japan&#8217;s, though perhaps not quite a match for Syria&#8217;s tanks and air power. It ought to be sufficient to deter a hostile power from invading our territory. Our military condition would be comparable to Sweden&#8217;s today.</p>
<p align="justify">Will we tolerate such a diminution of our position as a world power? Are we willing to relinquish the possibility of intervening anywhere, ever, to help shape a world order in flux? Will we count on our nursing homes and day care centers, rather than our Navy, Air Force and Marines, to deter foreign nations from taking actions offensive and hostile to us? Are we content to become a larger Sweden, existing comfortably, if a bit precariously, on the margin of world affairs?</p>
<p align="justify">I don&#8217;t believe it. Such a prospect goes too profoundly against the grain. Even Congress, which would dearly love to spend every penny of that dividend &#8211; if it existed &#8211; is likely to find such a future intolerable.</p>
<p align="justify">So we shall discover, after the dust has cleared, that there is a consensus in the vicinity of Defense Secretary Dick Cheney&#8217;s proposal to increase the defense budget, but only by a couple of percentage points below the inflation rate. If we have decent growth, we&#8217;ll end up with a small cash dividend next year, maybe $6 billion to $8 billion. If we have a period of slow growth, the dividend will not materialize. Meanwhile, our military establishment will experience a moderate (though real) decline &#8211; one that does not disarm us precipitously.</p>
<p align="justify">The odd thing is that since 1985 the military budget has been experiencing, under Congressional pressure, almost exactly the nominal increase and real cut Secretary Cheney proposes.</p>
<p align="justify">So where has the &#8221;peace dividend&#8221; gone? In part, it has been spent on social programs, and in part it has been used to keep the budget deficit from getting even larger than it is. All in all, it has been virtually invisible. It would take at least a decade for this &#8221;peace dividend&#8221; simply to pay for the bailout of the savings and loan industry.</p>
<p align="justify">Discussion of the &#8221;peace dividend&#8221; is a distraction from the main debate taking place in Washington: To what degree should the fruits of economic growth, represented by increased Government revenues, be spent on social programs as against reducing the budget deficit? Conservatives will say that reducing the deficit must take priority. Liberals may not deny the importance of reducing the deficit but will demand a tax increase to cope with our social problems and social needs.</p>
<p align="justify">That is the real debate. As it proceeds, you will not hear serious people in Congress or the executive branch chattering about a &#8221;peace dividend,&#8221; which has already been swallowed up by the deficit and mandated outlays on the environment, the drug war, medical services to the elderly and other popular programs.</p>
<p align="justify">Irving Kristol was publisher of The National Interest and co-editor of The Public Interest, quarterly journals.</p>
<p align="justify"><strong>Voir aussi:</strong></p>
<p align="justify"><a href="http://www.nytimes.com/2009/09/19/us/politics/19kristol.html?_r=1&#38;ref=global-home"><strong>Irving Kristol, Godfather of Conservatism, Dies</strong></a><br />
Barry Gewen<br />
The New York Times<br />
September 19, 2009</p>
<p align="justify">Irving Kristol, the political commentator who, as much as anyone, defined modern conservatism and helped revitalize the Republican Party in the late 1960s and early ’70s, setting the stage for the Reagan presidency and years of conservative dominance, died Friday in Arlington, Va. He was 89 and lived in Washington.</p>
<p align="justify">His son, William Kristol, the commentator and editor of the conservative magazine The Weekly Standard, said the cause of death was complications of lung cancer.</p>
<p align="justify">Mr. Kristol exerted an influence across generations, from William F. Buckley to the columnist David Brooks, through a variety of positions he held over a long career: executive vice president of Basic Books, contributor to The Wall Street Journal, professor of social thought at New York University, senior fellow at the American Enterprise Institute.</p>
<p align="justify">He was commonly known as the godfather of neoconservatism, even by those who were not entirely sure what the term meant. In probably his most widely quoted comment — his equivalent of Andy Warhol’s 15 minutes of fame — Mr. Kristol defined a neoconservative as a liberal who had been “mugged by reality.”</p>
<p align="justify">It was a description that summarized his experience in the 1960s, along with that of friends and associates like Daniel Bell, Nathan Glazer and Daniel Patrick Moynihan. New Deal Democrats all, they were social scientists who found themselves questioning many of President Lyndon B. Johnson’s Great Society ideas.</p>
<p align="justify">Mr. Kristol translated his concerns into a magazine. In 1965, with a $10,000 contribution from a wealthy acquaintance, he and Daniel Bell started The Public Interest. Its founding is generally considered the beginning of neoconservatism. “Something like a ‘movement’ took shape,” Mr. Kristol wrote, “with The Public Interest at (or near) the center.”</p>
<p align="justify">The Public Interest writers did not take issue with the ends of the Great Society so much as with the means, the “unintended consequences” of the Democrats’ good intentions. Welfare programs, they argued, were breeding a culture of dependency; affirmative action created social divisions and did damage to its supposed beneficiaries. They placed practicality ahead of ideals. “The legitimate question to ask about any program,” Mr. Kristol said, “is, ‘Will it work?’,” and the reforms of the 1960s and ’70s, he believed, were not working.</p>
<p align="justify">For more than six decades, beginning in 1942, when he and other recent graduates of City College founded Enquiry: A Journal of Independent Radical Thought, his life revolved around magazines. Besides The Public Interest, Mr. Kristol published, edited and wrote for journals of opinion like Commentary, Encounter, The New Leader, The Reporter and The National Interest.</p>
<p align="justify">All were “little magazines,” with limited circulations, but Mr. Kristol valued the quality of his readership more than the quantity. “With a circulation of a few hundred,” he once said, “you could change the world.”</p>
<p align="justify">Small circles and behind-the-scenes maneuverings suited him. He never sought celebrity; in fact, he was puzzled by writers who craved it. Described by the economics writer Jude Wanniski as the “hidden hand” of the conservative movement, he avoided television and other media spotlights; he was happier consulting with a congressman like Jack Kemp about the new notion of supply-side economics and then watching with satisfaction as Mr. Kemp converted President Ronald Reagan to the theory. Mr. Kristol was a man of ideas who believed in the power of ideas, an intellectual whose fiercest battles were waged against other intellectuals.</p>
<p align="justify">A major theme of The Public Interest under Mr. Kristol’s leadership was the limits of social policy; he and his colleagues were skeptical about the extent to which government programs could actually produce positive change.</p>
<p align="justify">Neoconservatism may have begun as a dispute among liberals about the nature of the welfare state, but under Mr. Kristol it became a more encompassing perspective, what he variously called a “persuasion,” an “impulse,” a “new synthesis.” Against what he saw as the “nihilistic” onslaught of the ’60s counterculture, Mr. Kristol, in the name of neoconservatism, mounted an ever more muscular defense of capitalism, bourgeois values and the aspirations of the common man that took him increasingly to the right.</p>
<p align="justify">For him, neoconservatism, with its emphasis on values and ideas, had become no longer a corrective to liberal overreaching but an “integral part” of conservatism and the Republican Party, a challenge to liberalism itself, which, in his revised view, was a destructive philosophy that had lost touch with ordinary people.</p>
<p align="justify">Neoconservatism maintained a lingering sympathy for certain aspects of Roosevelt’s New Deal, but its focus had shifted to the culture wars and to upholding traditional standards. Liberalism led to “moral anarchy,” Mr. Kristol said, arguing the point with one of his wisecracking encapsulizations: “In the United States today, the law insists that an 18-year-old girl has the right to public fornication in a pornographic movie — but only if she is paid the minimum wage.”</p>
<p align="justify">Mr. Kristol’s rightward drift, though it brought him new allies like Buckley and Robert Bartley, the head of The Wall Street Journal’s editorial board, broke up the original Public Interest family. Mr. Moynihan went on to a celebrated career as a Democratic senator from New York, and Mr. Bell gave up the coeditorship of the magazine in the early ’70s, declaring himself a socialist in economics, a liberal in politics and a conservative in culture. (He was replaced by Nathan Glazer.)</p>
<p align="justify">But neoconservatism turned quite literally into a family affair for Mr. Kristol. His wife, Gertrude Himmelfarb, a distinguished historian of 19th-century England, wrote books and articles critical of modern permissiveness and urged a return to Victorian values. His son, William, who had been Vice President Dan Quayle’s chief of staff, became a leading spokesman for neoconservatism in his own right as a television commentator, the editor of The Weekly Standard and briefly a columnist for The New York Times. Friends referred to them as America’s first family of neoconservatism.</p>
<p align="justify">Mr. Kristol’s weapon of choice was the biting polemical essay of ideas, a form he mastered as part of the famed circle of writers and critics known as the New York Intellectuals, among them the ferocious literary brawlers Mary McCarthy and Dwight Macdonald. Mr. Kristol once described feeling intimidated at a cocktail party when he was seated with Ms. McCarthy on one side, Hannah Arendt on the other and Diana Trilling across from him.</p>
<p align="justify">He learned the hard way that he was not destined to be an author of books. In the late 1950s he spent three months researching a study of the evolution of American democracy, only to abandon the project, he said, once he realized “it was all an exercise in futility.” An attempted novel was consigned to his incinerator. “I was not a book writer,” he said.</p>
<p align="justify">The four volumes published under his name — “On the Democratic Idea in America” (1972), “Two Cheers for Capitalism” (1978), “Reflections of a Neoconservative” (1983) and “Neoconservatism: The Autobiography of an Idea” (1995) — are collections of previously published articles.</p>
<p align="justify">As an essayist, Mr. Kristol was sharp, witty, aphoristic and assertive. “Equivocation has never been Irving Kristol’s long suit,” his friend Robert H. Bork said of him. Before achieving his reputation as a writer on political and social affairs, he was a wide-ranging generalist. In the 1940s and ’50s, his subjects included Einstein, psychoanalysis, Jewish humor and the Marquis de Sade.</p>
<p align="justify">His erudition could burst out at unexpected moments. An attack on environmental extremists uses a quotation from Auden; a passage about American men’s obsession with golf cites T.S. Eliot. But he could be a verbal streetfighter as well. John Kenneth Galbraith, he wrote, “thinks he is an economist and, if one takes him at his word, it is easy to demonstrate that he is a bad one.” After it was revealed that Magic Johnson had tested HIV positive, Mr. Kristol wrote: “He is a foolish, reckless man who does not merit any kind of character reference.”</p>
<p align="justify">Mr. Kristol seemed to need enemies: the counterculture, the academic and media professionals who made up what he called the New Class, and finally liberalism in its entirety. And he certainly made enemies with his harsh words.</p>
<p align="justify">Yet underlying the invective was an innate skepticism, even a quality of moderation and self-mockery, which was often belied by his single-mindedness. This stalwart defender of free enterprise could manage only two cheers for capitalism. “Extremism in defense of liberty,” he declared, taking issue with Barry Goldwater, “is always a vice because extremism is but another name for fanaticism.” And the two major intellectual influences on him, he said, were Lionel Trilling, “a skeptical liberal,” and Leo Strauss, “a skeptical conservative.”</p>
<p align="justify">“Ever since I can remember,” he said in summing himself up, “I’ve been a neo-something: a neo-Marxist, a neo-Trotskyist, a neo-liberal, a neo-conservative and, in religion, always a neo-orthodox, even while I was a neo-Trotskyist and a neo-Marxist. I’m going to end up a neo. Just neo, that’s all. Neo-dash-nothing.”</p>
<p align="justify">Irving William Kristol was born on Jan. 20, 1920, in Brooklyn into a family of low-income, nonobservant Jews. His father, Joseph, a middleman in the men’s clothing business, went bankrupt several times; his mother, Bessie, died of cancer when he was 16. “We were poor, but then everyone was poor, more or less,” Mr. Kristol recalled.</p>
<p align="justify">In the late 1930s he attended City College, the highly politicized, overwhelmingly Jewish New York institution where his indignation at the injustices of the Great Depression pushed him to the left, but not the far left. In the large, dingy school cafeteria were a number of alcoves where students could gather with like-minded colleagues. There was an athlete’s alcove, a Catholic alcove, a black alcove, an ROTC alcove. But the alcoves that later became famous were Numbers One and Two.</p>
<p align="justify">Alcove One held leftists of various stripes; Alcove Two housed the Stalinists, including a young Julius Rosenberg. The Stalinists outnumbered the anti-Stalinists by as much as 10-1, but among the anti-Stalinists were Mr. Bell as well as the future sociologist Seymour Martin Lipset and the future literary critic Irving Howe.</p>
<p align="justify">Mr. Howe recruited Mr. Kristol into the Trotskyists, and though Mr. Kristol’s career as a follower of the apostate Communist Leon Trotsky was brief, it lasted beyond his graduation from City College, long enough for him to meet Ms. Himmelfarb at a Trotskyist gathering in Bensonhurst, Brooklyn. He fell in love, and the two were married in 1942, when she was 19 and he was just short of his 22nd birthday. Besides William, they also had a daughter, Elizabeth. They, along with their mother and five grandchildren, survive him.</p>
<p align="justify">After marrying, Mr. Kristol followed his wife to Chicago, where she was doing graduate work and where he had what he called “my first real experience of America.” Drafted into the Army with a number of Midwesterners who were street-tough and often anti-Semitic, he found himself shedding his youthful radical optimism. “I can’t build socialism with these people,” he concluded. “They’ll probably take it over and make a racket out of it.”</p>
<p align="justify">In his opinion, his fellow GI’s were inclined to loot, rape and murder, and only Army discipline held them in check. It was a perception about human nature that would stay with him for the rest of his life, creating a tension with his alternative view that ordinary people were to be trusted more than intellectuals to do the right thing.</p>
<p align="justify">After the war he and Ms. Himmelfarb spent a year in Cambridge, England, while she pursued her studies. When they returned to the United States in 1947, he took an editing job with Commentary, then a liberal anti-Communist magazine. In 1952, at the height of the McCarthy era, he wrote what he called the most controversial article of his career: “ ‘Civil Liberties,’ 1952 — A Study in Confusion.” It criticized many of those defending civil liberties against the government inquisitors, saying they failed to understand the conspiratorial danger of Communism. Though he called Senator McCarthy a “vulgar demagogue,” the article was remembered for a few lines: “For there is one thing that the American people know about Senator McCarthy: he, like them, is unequivocably anti-Communist. About the spokesmen for American liberalism, they feel they know no such thing. And with some justification.”</p>
<p align="justify">After leaving Commentary, Mr. Kristol spent 10 months as executive director of the anti-Communist organization the American Committee for Cultural Freedom, and in 1953 he removed to England to help found Encounter magazine with the poet Stephen Spender. They made an unlikely pair: Mr. Spender, tall, artsy, sophisticated; Mr. Kristol, short, brash, still rough around the edges. Together, they made Encounter one of the foremost highbrow magazines of its time.</p>
<p align="justify">But another explosive controversy awaited Mr. Kristol. It was later revealed that the magazine had been receiving financial support from the C.I.A. Mr. Kristol always denied any knowledge of the connection. But he hardly appeased his critics when he added that he did not disapprove of the C.I.A.’s secret subsidies.</p>
<p align="justify">Back in New York at the end of 1958, Mr. Kristol worked for a year at another liberal anti-Communist magazine, The Reporter, then took a job at Basic Books, rising to executive vice president. In 1969 he left for New York University, and while teaching there he became a columnist for The Wall Street Journal.</p>
<p align="justify">It was during this time that Mr. Kristol became uncomfortable with liberalism, his own and others’. He supported Vice President Hubert H. Humphrey in his 1968 presidential campaign against Richard M. Nixon, saying that “the prospect of electing Mr. Nixon depresses me.” But by 1970 he was dining at the Nixon White House, and in 1972 he came out in favor of Nixon’s re-election. By the mid-’70s he had registered as a Republican.</p>
<p align="justify">Always the neoconservative, however — aware of his liberal, even radical, roots and his distance from traditional Republicanism — he was delighted when another Democratic convert, President Ronald Reagan, expressed admiration for Franklin D. Roosevelt. In 1987 he left New York University to become the John M. Olin Distinguished Fellow at the American Enterprise Institute.</p>
<p align="justify">By now Mr. Kristol was battling on several fronts. He published columns and essays attacking liberalism and the counterculture from his perches at The Wall Street Journal and The Public Interest, and in 1978 he and William E. Simon, President Nixon’s secretary of the treasury, formed the Institute for Educational Affairs to funnel corporate and foundation money to conservative causes. In 1985 he started The National Interest, a journal devoted to foreign affairs.</p>
<p align="justify">But Mr. Kristol wasn’t railing just against the left. He criticized America’s commercial class for upholding greed and selfishness as positive values. He saw “moral anarchy” within the business community, and he urged it to take responsibility for itself and the larger society. He encouraged businessmen to give money to political candidates and help get conservative ideas across to the public. Republicans, he said, had for half a century been “the stupid party,” with not much more on their minds than balanced budgets and opposition to the welfare state. He instructed them to support economic growth by cutting taxes and not to oppose New Deal institutions.</p>
<p align="justify">Above all, Mr. Kristol preached a faith in ordinary people. . “It is the self-imposed assignment of neoconservatives,” he wrote, “to explain to the American people why they are right, and to the intellectuals why they are wrong.”</p>
<p align="justify">Mr. Kristol saw religion and a belief in the afterlife as the foundation for the middle-class values he championed. He argued that religion provided a necessary constraint to antisocial, anarchical impulses. Without it, he said, “the world falls apart.” Yet Mr. Kristol’s own religious views were so ambiguous that some friends questioned whether he believed in God. In 1996, he told an interviewer: “I’ve always been a believer.” But, he added, “don’t ask me in what.”</p>
<p align="justify">“That gets too complicated,” he said. “The word ‘God’ confuses everything.”</p>
<p align="justify">In 2002, Mr. Kristol received the Presidential Medal of Freedom, often considered the nation’s highest civilian honor. It was another satisfying moment for a man who appears to have delighted in his life or, as Andrew Sullivan put it, “to have emerged from the womb content.”</p>
<p align="justify">He once said that his career had been “one instance of good luck after another.” Some called him a cheerful conservative. He did not dispute it. He had had much, he said, “to be cheerful about.”</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Save the date !]]></title>
<link>http://jeandelannoy.wordpress.com/2009/09/15/save-the-date-2/</link>
<pubDate>Tue, 15 Sep 2009 16:49:05 +0000</pubDate>
<dc:creator>jeandelannoy</dc:creator>
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<description><![CDATA[Syndicat d&#8217;Initiative de Vernon (à côté de la Cathédrale)  les 19 et 20 septembre 2009, de 10 ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:center;"><strong>Syndicat d&#8217;Initiative de Vernon</strong> (à côté de la Cathédrale)<br />
 les <strong>19 et 20 septembre</strong> 2009, de <strong>10 h à 18 h</strong></p>
<p style="text-align:center;">à l&#8217;occasion des <strong>Journées du Patrimoine</strong>, exposition sur le thème :</p>
<p>&#8220;<span style="color:#003366;"><strong>Patrimoine Cinéma<br />
de la Communauté d&#8217;Agglomération :<br />
Jean Delannoy&#8221;. </strong></span></p>
<p>Bientôt plus de précisions&#8230;</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Autour de Guinguette]]></title>
<link>http://jeandelannoy.wordpress.com/2009/08/18/autour-de-guinguette/</link>
<pubDate>Tue, 18 Aug 2009 17:13:36 +0000</pubDate>
<dc:creator>jeandelannoy</dc:creator>
<guid>http://jeandelannoy.wordpress.com/2009/08/18/autour-de-guinguette/</guid>
<description><![CDATA[Patrick Maisons, Maire d’Ivry la Bataille et Denis Joulain, Président de l&#8217;Association des Ami]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:center;"><em><strong><a href="http://jeandelannoy.wordpress.com/files/2009/08/affiche-guinguette.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-134" title="affiche guinguette" src="http://jeandelannoy.wordpress.com/files/2009/08/affiche-guinguette.jpg?w=205" alt="affiche guinguette" width="205" height="299" /></a></strong></em></p>
<p style="text-align:center;"><em><strong>Patrick Maisons</strong>,<br />
</em><em>Maire d’Ivry la Bataille</em></p>
<p style="text-align:center;"><em>et</em></p>
<p style="text-align:center;"><em><strong>Denis Joulain</strong>,<br />
</em><em>Président de l&#8217;Association des </em><em>Amis du cinéaste Jean Delannoy</em></p>
<p align="center"><em>Vous invitent à la manifestation<br />
</em><em><strong><span style="color:#000080;">&#8220;AUTOUR DE GUINGUETTE&#8221;</span></strong></em></p>
<p style="text-align:center;"><em> </em><em>Les 30 et 31 août 2009 de 10h00 à 18h00 (entrée libre)</em></p>
<p style="text-align:center;"><em> </em><em>En hommage à </em><strong><em><span style="color:#000080;">Raymond Bussières</span></em></strong><em> et <strong><span style="color:#000080;">Jean Delannoy</span></strong></em><em> </em></p>
<p align="center"><em>Exposition de souvenirs et de matériels, et p</em><em>rojection du film qui les a réunis : « Guinguette » Samedi et Dimanche à 15h00.</em></p>
<p align="center"><em> </em><em>Vernissage :<br />
Samedi 11h00 en présence de Claire Delannoy, fille du cinéaste<br />
</em><em>Cocktail de clôture :<br />
Dimanche 17h00</em></p>
<p style="text-align:left;"><em></em></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[SAVE THE DATE !]]></title>
<link>http://jeandelannoy.wordpress.com/2009/08/07/save-the-date/</link>
<pubDate>Fri, 07 Aug 2009 09:43:16 +0000</pubDate>
<dc:creator>jeandelannoy</dc:creator>
<guid>http://jeandelannoy.wordpress.com/2009/08/07/save-the-date/</guid>
<description><![CDATA[Exposition &#8220;Autour de Guinguette&#8221; en souvenir de Jean Delannoy et Raymond Bussières. 30 ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>Exposition &#8220;Autour de Guinguette&#8221; en souvenir de Jean Delannoy et Raymond Bussières.<br />
30 et 31 AOUT 2009<br />
IVRY LA BATAILLE<br />
Plus d&#8217;informations très prochainement&#8230;</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Calvin/500e: Grandeurs et misères de la tolérance - les Protestants aussi! (Calvin's mixed political legacy)]]></title>
<link>http://jcdurbant.wordpress.com/2009/07/10/calvin500e-grandeurs-et-miseres-de-la-tolerance-les-protestants-aussi-calvins-mixed-political-legacy/</link>
<pubDate>Fri, 10 Jul 2009 06:21:51 +0000</pubDate>
<dc:creator>jcdurbant</dc:creator>
<guid>http://jcdurbant.wordpress.com/2009/07/10/calvin500e-grandeurs-et-miseres-de-la-tolerance-les-protestants-aussi-calvins-mixed-political-legacy/</guid>
<description><![CDATA[Tuer un homme, ce n&#8217;est pas défendre une idée. C&#8217;est tuer un homme. Sébastien Castellion]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><h5><img src="http://wpcontent.answers.com/wikipedia/commons/thumb/2/2d/Champel_Servet.jpg/200px-Champel_Servet.jpg" alt="Michel Servet monument (Geneva, 1909)" width="225" height="300" align="left" /><img src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/5a/Servet_1.jpg" alt="Michel Servet counter-monument (Annemasse, 1908/1960)" width="225" height="300" align="left" /><em>Tuer un homme, ce n&#8217;est pas défendre une idée. C&#8217;est tuer un homme. </em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9bastien_Castellion">Sébastien Castellion</a> <em> </em></h5>
<h5><em>Fils respectueux et reconnaissants de Calvin notre grand réformateur mais condamnant une erreur qui fut celle de son siècle et fermement attachés à la liberté de conscience selon les vrais principes de la Réformation et de l&#8217;Évangile nous avons élevé ce monument expiatoire le XXVII octobre MCMIII (27 octobre 1903) </em>Emile Doumergue<em><br />
</em></h5>
<h5><em>Le XXVII octobre MDLIII (27 octobre 1553)</em><em> mourut sur le bûcher</em><em> à Champel</em><em> Michel Servet</em><em> de Villeneuve d&#8217;Aragon</em><em> né le XXIX septembre MDXI (29 septembre 1511) </em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Monument_de_Michel_Servet">Inscriptions sur le monument de Servet de Genève</a> <em><a title="1511" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1511"><br />
</a></em></h5>
<h5><em>Michel Servet a eu la singulière infortune d&#8217;être brûlé deux fois: en effigie par les catholiques, et par les protestants en chair et en os.</em> Roland Bainton</h5>
<h5><em>Cette sentence tombe alors que Calvin est en plein conflit avec le Conseil de la Ville sur les rapports entre l&#8217;Eglise et l&#8217;Etat.(…) Dans ce contexte, la mise à mort de Servet permet au Réformateur de raffermir son autorité. C&#8217;est aussi l&#8217;occasion, pour les protestants genevois, de montrer qu&#8217;ils sont d&#8217;aussi bons chrétiens que leurs adversaires catholiques. En se montrant capables d&#8217;orthodoxie et de fermeté sur les dogmes centraux, les réformés cherchent à prouver la légitimité et la crédibilité de leur Eglise.</em> <a href="http://www.lecourrier.ch/index.php?name=NewsPaper&#38;file=article&#38;sid=2948">Sarah Scholl</a></h5>
<p align="justify"><strong>A quand une rue Servet à&#8230;</strong><strong> Noyon?<br />
</strong></p>
<p align="justify">En ce <strong>500e anniversaire de la naissance du réformateur français Jean Cauvin dit Calvin</strong> (de son nom latinisé Calvinus) né le 10 juillet 1509 dans la petite ville picarde de Noyon …</p>
<p>Retour, en ces temps de capitulation préventive et de <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2009/07/10/antisemitisme-le-message-cache-de-la-finance-islamique-islamic-banking-islams%e2%80%99s-newest-weapon-against-israel/">dhimmisation</a> avancée, sur l’un de ces premiers esprits libres &#8230;</p>
<p>Qui, avec la traduction de la Bible en langue vulgaire et en s’élevant contre la confiscation et la marchandisation de la religion par les élites ecclésiastiques et au <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2007/01/11/livres-grandeurs-et-miseres-de-la-tolerance-frances-long-forgotten-hatred-of-protestants/">prix</a> de la mort et de l’exil, contribuèrent tant à la démocratisation de nos sociétés.</p>
<p>Mais retour également, contre l&#8217;étrange amnésie de Noyon, sur <strong>la longue et difficile marche que fut aussi, pour les Protestants et notamment les calvinistes, l&#8217;accès à la tolérance</strong>.</p>
<p align="justify">Comme en témoigne encore aujourd&#8217;hui non pas tant le bannissement des objets ornementaux auquel on doit indirectement (via le recyclage forcé des orfèvres et joailliers) l&#8217;hégémonie actuelle de l’industrie horlogère suisse.</p>
<p align="justify">Que la singulière multiplication, des rues et des places au menhir expiatoire ou au vénérable <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Servette_FC">club</a> de foot, des références genevoises à l&#8217;<a href="http://assr.revues.org/index16243.html">hérétique </a>espagnol Miguel Serveto dit <a href="http://www.lecourrier.ch/index.php?name=NewsPaper&#38;file=article&#38;sid=2948"><strong>Michel Servet</strong></a> qui y fut en ce funeste jour d&#8217;octobre 1553, condamné à être &#8220;bruslé tout vif&#8221;&#8230;</p>
<p><a href="http://www.lecourrier.ch/index.php?name=NewsPaper&#38;file=article&#38;sid=2948"><strong>Pourquoi Genève a-t-elle brûlé Michel Servet?</strong></a><br />
Sarah Scholl<br />
Le Courrier<br />
25 Octobre 2003</p>
<p>- Le 27 octobre 1553, il y a 450 ans, Michel Servet mourait sur un bûcher dressé à Champel, près de Genève, condamné pour ses idées trop radicales.</p>
<p>«Michel Servet a eu la singulière infortune d&#8217;être brûlé deux fois: en effigie par les catholiques, et par les protestants en chair et en os.»[1] Michel Servet, déclaré hérétique, mourait il y a 450 ans – le 27 octobre 1553 – sur un bûcher dressé à Champel, non loin du centre historique de Genève. Au même endroit, il y a un siècle, des protestants érigeaient une stèle à sa mémoire. Si le destin tragique de ce médecin et théologien d&#8217;origine espagnole est largement connu, les raisons de sa condamnation à mort ne sont guère explicitées. Et ce n&#8217;est que rarement que l&#8217;on mentionne la discussion que son martyr suscite, mettant et remettant à l&#8217;ordre du jour la question de la tolérance au coeur du christianisme. Petit parcours historique à la veille d&#8217;un anniversaire quelque peu oublié.<br />
Né entre 1509 et 1511 à Villanueva, en Espagne, Michel Servet (ou plutôt Miguel Serveto) se trouve rapidement engagé au sein des polémiques confessionnelles qui secouent l&#8217;Europe. Il sillonne le Vieux-Continent, apprenant le droit à Toulouse, la médecine à Paris, vivant en Allemagne, en Suisse et en Italie. Il se passionne pour les questions religieuses et se trouve une âme de Réformateur. Mais ses idées vont le mener à être considéré en ennemi autant par les catholiques que par les protestants. Qu&#8217;écrit donc Michel Servet?</p>
<p>TRAITE CONTRE LA TRINITE</p>
<p>Il publie son premier traité en juin 1531, De Trinitaris erroribus (Des Erreurs de la Trinité). Le titre révèle son contenu. Le théologien va s&#8217;attaquer à ce qui constitue le pilier de la foi chrétienne: le concept de Trinité. Servet – dans la foulée des Réformateurs – relit les Ecritures. Il s&#8217;attache à montrer qu&#8217;on ne trouve pas dans la Bible les fondements du dogme trinitaire. Pour lui, Dieu est unique. Fort de cette constatation, le théologien rêve d&#8217;une Réforme radicale, dépassant celle de Luther et Calvin. Son livre est interdit et l&#8217;auteur menacé d&#8217;un procès.<br />
Il va désormais vivre sous un faux nom: Michel de Villeneuve, du nom de sa ville natale. Pendant vingt ans, il continue ses travaux scientifiques et publie des traités de médecine, d&#8217;astrologie et de géographie. En 1553, alors qu&#8217;il est réfugié à Vienne, près de Lyon, il fait imprimer clandestinement un nouvel ouvrage: Le Christianisme restitué, dans lequel il nie formellement la divinité du Christ.</p>
<p>UN FACE-A-FACE GENEVOIS</p>
<p>C&#8217;est à cette époque que commence le face-à-face bien connu entre Michel Servet et Jean Calvin. Les deux théologiens avaient auparavant entretenu une correspondance dont il nous reste une trentaine de lettres. A la publication du Christianisme restitué, un proche de Calvin dénonce Michel Servet auprès de l&#8217;Inquisition (catholique) de Vienne et lui fournit des preuves. Michel Servet est arrêté. Il réussit à s&#8217;enfuir mais est condamné par contumace au bûcher et brûlé en effigie avec son livre. En août 1553, il passe par Genève, en route vers l&#8217;Italie. Il est reconnu et arrêté alors qu&#8217;il se rend à un prêche au temple de la Madeleine. Son crime? La «propagation d&#8217;hérésies» liées au rejet de la Trinité, de la divinité de Jésus et du baptême des enfants. Le Conseil (le gouvernement civil de Genève) lui intente un procès sur une plainte de Calvin. Sa condamnation à mort sera approuvée par la majorité des Eglises protestantes de Suisse.<br />
Cette sentence tombe alors que Calvin est en plein conflit avec le Conseil de la Ville sur les rapports entre l&#8217;Eglise et l&#8217;Etat. Luttant pour une réforme en profondeur des moeurs et des croyances, Calvin et la Compagnie des pasteurs interviennent régulièrement auprès du Conseil, créant de nombreuses tensions. Dans ce contexte, la mise à mort de Servet permet au Réformateur de raffermir son autorité. C&#8217;est aussi l&#8217;occasion, pour les protestants genevois, de montrer qu&#8217;ils sont d&#8217;aussi bons chrétiens que leurs adversaires catholiques. En se montrant capables d&#8217;orthodoxie et de fermeté sur les dogmes centraux, les réformés cherchent à prouver la légitimité et la crédibilité de leur Eglise.</p>
<p>ELOGE DE LA TOLERANCE</p>
<p>La mort de Servet ne fut toutefois pas saluée par tous. La polémique enfla au lendemain du supplice, «les cendres de ce malheureux étaient à peine refroidies qu&#8217;on se mit à discuter du châtiment des hérétiques»[2], écrit Théodore de Bèze. Sébastien Castillon, par exemple, s&#8217;élève contre l&#8217;exécution: «Tuer un homme, ce n&#8217;est pas défendre une doctrine, c&#8217;est tuer un homme.» Reste que l&#8217;idée de tolérance est combattue par Calvin et par son successeur, Théodore de Bèze, qui réaffirme la nécessité de punir les hérétiques.</p>
<p>REPENTANCE PROTESTANTE</p>
<p>Les débats se poursuivront tout au long des siècles suivants. Valentine Zuber, chercheuse française et organisatrice d&#8217;un colloque sur Michel Servet[3], a analysé ce phénomène dans un article[4]. Pour elle, le théologien devient un symbole, «la victime» du protestantisme. Sa figure cristallise les tensions entre adversaires et partisans de l&#8217;Eglise. Voltaire y fera référence, tout comme ceux qui remettent en cause le lien – si cher aux protestants – entre leur religion et la liberté de conscience. Le débat fait rage jusqu&#8217;au début du XXe siècle. En 1903, les autorités protestantes genevoises tenteront de le désamorcer, en manifestant leur repentance. Un monument expiatoire est alors érigé.<br />
Note : [1]Roland Bainton, Michel Servet, hérétique et martyr.<br />
[2]Cité par Vincent Schmid dans Le Protestant, octobre 2003.<br />
[3]Ce colloque a lieu à Paris du 11 au 13 décembre prochain. Pour tous renseignement: % 0033 (0) 1 34 84 15 41 ou<br />
valentine.zuber@ephe.sorbonne.fr. Il est ouvert au public sur inscription.<br />
[4]Valentine Zuber, «Pour en finir avec Michel Servet», Bulletin de la Société d&#8217;Histoire du protestantisme français, 1995.</p>
<p><strong>Voir aussi:</strong></p>
<p><a href="http://abonnes.lemonde.fr/livres/article/2009/05/14/de-noyon-a-geneve-itineraire-d-un-dissident_1192867_3260.html"><strong>De Noyon à Genève, itinéraire d&#8217;un dissident</strong></a><br />
LE MONDE DES LIVRES<br />
14.05.09</p>
<p>Jean Calvin, né à Noyon le 10 juillet 1509, étudie la théologie à Paris, le droit aux universités de Bourges et Orléans, puis bascule de l&#8217;humanisme chrétien à la dissidence religieuse entre 1533 et 1535. Réfugié à Bâle en 1535, il y publie une première version (latine) de l&#8217;Institution de la religion chrétienne en mars 1536. Après un premier séjour à Genève (1536-1537), il y est rappelé en 1541 pour promouvoir une discipline, un culte et une ecclésiologie réformés.</p>
<p>Il fait, par sa correspondance, par la diffusion imprimée de ses écrits dogmatiques, polémiques, catéchétiques, par la création d&#8217;une académie destinée à la formation de ministres missionnaires, de la petite cité du Léman une capitale du protestantisme. Il meurt le 27 mai 1564.</p>
<p>Denis Crouzet<strong><br />
</strong></p>
<p><strong> Voir enfin:</strong></p>
<p><a href="http://www.weeklystandard.com/Content/Public/Articles/000/000/016/709xcfxz.asp"><strong>John Calvin at 500</strong></a><br />
Reflections on a mixed political legacy.<br />
by Joseph Loconte<br />
07/10/2009</p>
<p>Today marks the 500th anniversary of the birth of John Calvin, the French theologian who helped carry the Protestant Reformation into the heart of Europe and shatter the spiritual hegemony of the Catholic Church. Though Calvin was never the theocratic thug of popular imagination, neither was he a champion of individual freedom. If his system of thought inspired later democratic reformers&#8211;especially the Puritan ministers who backed the American Revolution&#8211;it was largely because they sought to overcome Calvinism&#8217;s internal contradictions.</p>
<p>Calvin was born on July 10, 1509, into a religious world already in crisis&#8211;a cacophony of superstitions, inquisitions, clerical concubines, and souls for sale. After coming under the influence of Martin Luther, he converted to Protestantism. A severe crackdown on the &#8220;new heresy&#8221; in Catholic France forced him to seek refuge in Switzerland, where he settled in Geneva. Over the next 25 years Calvin would combine his powerful intellect and elegant prose to become the Reformation&#8217;s leading theologian.</p>
<p>His most important work, The Institutes of the Christian Religion, helped revolutionize the meaning of divine mercy. Against a religious culture of rituals, indulgences, and pilgrimages to earn God&#8217;s favor, Calvin preached a message of grace. Salvation, he taught, could neither be bought nor earned: It was a gift from God through faith in Jesus. &#8220;We could not lay hold of his mercy, if he did not offer it,&#8221; he wrote. &#8220;Christ is the only pledge of love, for without him, everything speaks of hatred and anger.&#8221; Calvin&#8217;s doctrine of predestination, however, went beyond Luther in delineating God&#8217;s &#8220;elect,&#8221; those chosen for eternal life, from those destined for eternal damnation. Many would find the doctrine repugnant, since it seemed to make God the author of evil and nullify human choice in matters of faith.</p>
<p>Against a political system that threatened to subjugate and enfeeble the church, Calvin elevated the concept of God&#8217;s sovereign rule over every earthly power. Although he taught obedience to civil magistrates, every ruler was accountable to God. All political authority was therefore provisional, derivative&#8211;and limited. The king should defend and promote Christian teachings, Calvin wrote, but keep his nose out of the spiritual affairs of the church. If the magistrate commanded anything contrary to the will of God, &#8220;it must be as nothing to us.&#8221;</p>
<p>Unlike previous reformers, Calvin did not expect the rapid arrival of the Second Coming of Christ. His aim was to establish a holy commonwealth, a &#8220;new Israel,&#8221; where God&#8217;s elect&#8211;functioning as a democratic polity&#8211;would glorify him through their earthly vocations. No Protestant reformer did more to help dignify secular work and inspire Christian engagement in culture. Calvinism would spread to Holland, France, England, Scotland, and New England, where it would shape America&#8217;s colonial experiments in self-government. &#8220;Calvin came out with a resolute summons to action within the sphere of society,&#8221; writes historian Roland Bainton. &#8220;Calvinism therefore bred a race of heroes.&#8221;</p>
<p>Something less than heroic, however, emerged in Calvin&#8217;s Geneva. His view of the church, guiding God&#8217;s people with &#8220;motherly care,&#8221; took a repressive turn once his Reformed vision gained political power in the city council. Although he vigorously attacked Catholicism for its theology of persecution, he soon formulated his own: Faith could not be compelled, but neither could civil or religious authorities tolerate false teachings. Dissent&#8211;viewed as both a political and spiritual threat&#8211;was criminalized. A denial of predestination meant banishment. &#8220;When God is blasphemed in a most loathsome manner, when souls are led to perdition by godless and destructive teachings, then it is necessary to find the remedy which will prevent the deadly poison from spreading.&#8221;</p>
<p>When it came to the poison of heresy, the safest remedy was execution. Calvin&#8217;s infamous role in the trial and death of Michael Servetus, condemned and burned as a heretic in Geneva in 1553, shocked the conscience of the Protestant community. Many accused the Protestant leaders in Geneva of adopting the &#8220;popish&#8221; ways of the Catholic Church. Sebastian Castellio, a linguist and colleague, broke with Calvin over the principle of religious toleration: &#8220;I do not see how we can retain the name of Christian,&#8221; Castellio said, &#8220;if we do not imitate His clemency and mercy.&#8221;</p>
<p>Calvin did not yield an inch. Invoking Old Testament passages condemning the worship of false gods, he defended the use of violence against those who challenged orthodoxy and threatened the purity of the elect. Detractors were presumed to be insincere, morally debased&#8211;or worse. Despite their dark view of human nature, Calvin and his followers seemed to invite a new form of hubris into the church. &#8220;They did not usually act as if they believed what their own theology said about the huge gap between divine omniscience and human finitude,&#8221; writes Notre Dame historian Mark Noll, &#8220;nor did they seem to really believe their own claim that even believers continued to abuse the gifts of God for idolatrous, selfish ends.&#8221;</p>
<p>Thus, John Calvin and the Reformed tradition he launched were simultaneously medieval and modern. Much like his Catholic antagonists, Calvin viewed the political and religious realms as part of an unbroken spiritual unity. For all his theological innovation, he never imagined that the church could maintain its fidelity to the truth without the assistance of the state.</p>
<p>Nevertheless, Calvin anticipated the modern, liberal world by demanding that church authority yield to individual judgment when its traditions seemed to contradict conscience and the word of God. He insisted on the functional independence of the church from the state. He emphasized the spiritual freedom and equality of all believers, regardless of their station in life. In this way, Calvin helped sanctify a doctrine of liberty that democratic reformers&#8211;from John Locke to James Madison&#8211;would put to good use.</p>
<p>Joseph Loconte is a senior research fellow at The King&#8217;s College in New York City and a frequent contributor to THE WEEKLY STANDARD. He is working on a book on the history of religious freedom in the West.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Iran: Quel est cet endroit où on doit nous faire entendre du monde entier avec notre silence? (20 years on: What Tehran Tiananmen?)]]></title>
<link>http://jcdurbant.wordpress.com/2009/06/21/iran-quel-est-cet-endroit-ou-on-doit-nous-faire-entendre-du-monde-entier-avec-notre-silence-20-years-on-what-tehran-tiananmen/</link>
<pubDate>Sun, 21 Jun 2009 04:42:17 +0000</pubDate>
<dc:creator>jcdurbant</dc:creator>
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<description><![CDATA[Vendredi 19 juin 2009. Ce soir, on entend encore plus fort les cris d’Allah Akbar. Quel est cet endr]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><h5><img src="http://tb.radioarazel.com/wp-content/uploads/2009/02/proquest-liberty-374x590.jpg" alt="Free the 18 ! Down with the Shah! (Feb. 15, 1977)" width="450" align="left" /><em>Vendredi 19 juin 2009. Ce soir, on entend encore plus fort les cris d’Allah Akbar. Quel est cet endroit où toutes les portes sont fermées ? Quel est cet endroit où le peuple interpelle uniquement Dieu ? Quel est cet endroit où ce cri devient chaque nuit plus fort ? Tous les jours j’attends la nuit pour voir si les cris vont s’élever davantage ou pas. J’en frissonne. Je ne sais si Dieu en tremble aussi ou pas. Quel est cet endroit où nous sommes si opprimés, pris au piège. Quel est cet endroit où personne ne nous aide ? Quel est cet endroit où on doit nous faire entendre du monde entier avec notre silence ? (elle est très émue) Quel est cet endroit où le sang des jeunes coule dans les rues, mais d’autres font leurs prières au même endroit ? Ils se mettent sur ces tâches de sang pour prier ! Quel est cet endroit où ses habitants sont qualifiés de voyous ? Tu veux savoir : cet endroit est l’Iran, ta patrie et la mienne. Cet endroit est l’Iran.</em> Enregistrement d’une Iranienne anonyme (19 juin 2009)</h5>
<h5><em>Le président américain Barack Obama appelle le gouvernement iranien à &#8220;mettre fin à la violence et aux injustices&#8221; dans le pays. </em><a href="http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/06/20/01011-20090620FILWWW00613-iran-obama-appelle-a-la-fin-des-violences.php">Dépêche AFP</a></h5>
<p align="justify">
<h5><em>Avez-vous remarqué combien de fois il a invoqué le mot &#8220;justice&#8221; dans son intervention? C&#8217;est le mot qui aura les plus profondes résonances pour la résistance iranienne. Quel soulagement d&#8217;avoir quelqu&#8217;un d&#8217;un tel degré de retenue, de prudence et d&#8217;empathie &#8211; refusant de se laisser piéger par Khamenei ou les neoconset pourtant  prenant position  avec toute son éloquence, comme nous tous, pour la défense de la liberté et de la non violence. L&#8217;invocation de MLK était appropriée aussi.</em> <a href="http://andrewsullivan.theatlantic.com/the_daily_dish/2009/06/obamas-response.html">Andrew Sullivan</a> (sur la réponse d&#8217;Obama)</h5>
<h5><em>Avec la prolifération des technologies de l&#8217;information et le phénomène du journalisme citoyen, il es devenu  beaucoup plus difficile d&#8217;éteindre les lumières sur un pays.</em> <a href="http://www.thedailybeast.com/blogs-and-stories/2009-06-16/tehran-twitter-and-tiananmen/?cid=hp:beastoriginalsR3">Dan Rather</a></h5>
<div>
<div>
<h5><em>L&#8217;Iran se rappellera-t-il ce moment dans deux décennies? L&#8217;Iran aura-t-il changé? En dépit de tous les changement qu’a connu la Chine, la répression demeure. Tiananmen n’a été commémoré ce mois-ci qu’en dehors des frontières chinoises.</em> <a href="http://www.realclearpolitics.com/articles/2009/06/16/tehran_and_tiananmen_obama_heir_to_hw_bushs_realism_97021.html">David Paul Kuhn</a></h5>
</div>
<p>Au lendemain, <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2009/06/04/tiananmen20e-quand-la-mauvaise-conscience-des-uns-renforce-la-bonne-conscience-des-autres-the-identity-of-liberal-democracy-has-been-exposed-to-the-world/">20 ans après un autre massacre censé ne plus jamais se reproduire</a> et avec <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2007/08/13/iran-les-dessous-de-la-revolution-islamique-ii-looking-back-on-pallywood%e2%80%99s-first-blockbuster-jaleh-square-massacre/">comme il y a 30 ans</a> l&#8217;aide des <a href="http://www.drzz.info/article-32851999.html">terroristes stagiaires</a> du régime (?), d’une <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2009/06/20/iran-ni-ahmadi-ni-moussavi-seulement-la-liberte%e2%80%a6not-ahmadi-nor-mousavi-only-liberty/">nouvelle journée de sang</a> dans les rues iraniennes …</p>
<p>Et, entre les bondieuseries du Pleurnicheur en chef et les platitudes des <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2007/08/18/veille-mediatique-a-quand-une-liste-de-nos-journalistes-indignes-de-ce-nom-how-about-a-fallen-journalists-scorecard/">menteurs professionnels</a> qui nous tiennent lieu de médias (&#8220;Aucune comparaison avec Tiananmen&#8221;, nous assure <a href="http://www.thedailybeast.com/blogs-and-stories/2009-06-16/tehran-twitter-and-tiananmen/?cid=hp:beastoriginalsR3">Dan Rather</a>), d’une rare <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2009/06/20/iran-rarement-dans-l%e2%80%99histoire-americaine%e2%80%a6-a-foreign-policy-course-so-thoroughly-repudiated-by-events/">lâcheté</a> dans nos démocraties …</p>
<p>Où, après le <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2009/06/20/iran-rarement-dans-l%e2%80%99histoire-americaine%e2%80%a6-a-foreign-policy-course-so-thoroughly-repudiated-by-events/">triste spectacle</a> d’un président américain jouant les durs contre la seule démocratie du Moyen-Orient et s’aplatissant devant la pire dictature &#8230;</p>
<p>On le voit à présent, dans son obsession à se démarquer de l&#8217;idéalisme de Bush fils,  rejoindre la passivité de la realpolitik du <a href="http://www.realclearpolitics.com/printpage/?url=http://www.realclearpolitics.com/articles/2009/06/16/tehran_and_tiananmen_obama_heir_to_hw_bushs_realism_97021.html">père</a> face à la répression chinoise il y a 20 ans &#8230;</p>
<p>Nos très chers amis d’Iran-Resist reviennent, photos à l’appui et contre la machine à mentir du régime et ses <a href="http://andrewsullivan.theatlantic.com/the_daily_dish/">relais</a> chez nous, sur la semaine où est finalement tombé après 30 ans de mensonge, le masque de l’effroyable oxymore de la République islamique …</p>
<p><a href="http://www.iran-resist.org/article5443.html"><strong>Iran: La semaine en images n°70</strong></a><br />
Iran-Resist<br />
21.06.2009</p>
<p>Quelle semaine ! Quelle semaine ! Le régime voulait simuler la démocratie totale en organisant une contestation contre la réélection d’Ahmadinejad, mais le peuple a profité de l’espace de permissivité pour prendre la rue. La semaine en images qui explore depuis plus d’un an la vision des photographes des médias officiels du régime sera à la hauteur de vos attentes. On voit la nette coupure entre la contestation autorisée et ce qui ne l’était pas. On voit aussi la déconfiture du régime en images et en vidéos.</p>
<p>Samedi 13 juin : la victoire d’Ahmadinejad &#124; Tout a commencé dimanche dernier avec l’annonce de la victoire d’Ahmadinejad avec 62% de 85% de suffrages exprimés ce qui dans la comptabilité des mollahs donne (62&#215;85) 53,2% de la totalité de la masse électorale iranienne. Dans la foulée, Téhéran a organisé une contestation démocratique des résultats et un show surmédiatisé du refus de cette contestation par le Guide suprême. Il s’agissait de pousser Obama à prendre le parti de Moussavi, ce qui aurait conféré à ce dernier une légitimité démocratique mondialement admise fort utile pour refuser par la suite tout dialogue et compromis avec Obama !</p>
<p>13 &#38; 14 juin : la contestation officielle &#124; Pendant deux jours, nous avons donc eu droit à plein de soi-disant images vidéos volées et postées sur Youtube, mais on y voyait des gens jouer la comédie. Ils restaient debout après des coups de matraques, se relevaient après avoir fait semblant de s’évanouir ou encore ils courraient mollement devant des miliciens se déplaçant à la même allure. France 24 a été ainsi dupée par l’un de ces observateurs en Iran, visiblement membre du service de la désinformation de la milice.</p>
<p>Lundi 15 juin : ça bascule &#124; Mais après deux jours de comédie, le régime a voulu passer à la vitesse supérieure avec l’entrée en scène triomphale de Moussavi. Ce dernier a appelé à une grande manifestation qui devait être couverte par l’agence de presse MEHR qui est rattachée à l’institut pour la publicité de la république islamique. Ces photos n’ont pas été publiées car c’est à ce moment là que l’histoire a basculé : 1,5 à 2 millions d’Iraniens hostiles au régime sont descendus dans la rue sans porter la couleur verte de Moussavi et choisissant une marche silencieuse pour se démarquer clairement des 30,000 figurants (dont le régime dispose à Téhéran) qui vêtus de vert criaient « Moussavi, Moussavi ».</p>
<p>Si Moussavi était l’idole des 1,5 à 2 millions descendus dans la rue, il se serait précipité à leur rencontre pour un bain de foule géant, mais il a vite quitté les lieux et le régime a chargé la foule quand cette dernière à commencé à appeler à une grève générale et à un rassemblement sur la Place Haft-é tir (Place du 28 juin), qui fait référence à un attentat qui le 28 juin 1980 a failli mettre fin à la république islamique. Le régime a compris le message : il a donné la charge, tuant 23 personnes et faisant une cinquantaine de blessés. Ci-dessous un homme mortellement blessé et une vidéo de la foule qui demande vengeance et scande : « Bassidji sans honneur, tu es l’ennemi du peuple ! »</p>
<p>Moussavi n’a pas dénoncé ces crimes, sans s’excuser, il a même agi dans le sens contraire en appelant à la démobilisation, transformant ainsi le rassemblement sur la Place très symbolique de Haft-é tir en un rassemblement interdit par la loi et donc susceptible d’être réprimé le plus durement possible. Deux jours plus tard, il a même publiquement fait état de son approbation pour faire feu sur les manifestants sans autorisation.</p>
<p>Mardi 16 juin : la journée perdue &#124; Cependant, la manifestation de la Place Haft-é tir a eu lieu, mais il n’en existe pas d’images car en ce second jour du dérapage, le régime a interdit aux journalistes étrangers de sortir. Il a alors organisé un contre rassemblement uniquement en faveur de Moussavi, une manif où les figurants ont oublié qu’il fallait être triste en mémoire des morts de la veille !</p>
<p>Téhéran transmis ces images à la presse étrangère et fait des photos comme l’exemplaire ci-dessous par l’agence MEHR pour la presse écrite. C’est ce que l’on voit chez des journalistes français proche du régime comme Delphine Minoui. Ci-dessous, la vidéo officielle du régime, 2 photos officielles et un aperçu de la journée !</p>
<p>Cependant ces photos heureuses de rassemblement joyeux en faveur de Moussavi sont les dernières réalisées par l’agence MEHR ou toutes autres des multiples agences de presse du régime. Dès le mercredi ; quand Téhéran a basculé dans les premiers affrontements très violents avec le régime, ses médias ont zappé la contestation pour fournir à la presse nationale et internationale des images d’un pays uni et serein.</p>
<p>C’est là que nous avons eu droit aux images très colorées du rassemblement pro-Ahmadinejad qui en raison du manque d’effectif a dû être maquillé à l’aide de Photoshop. Cette fois, l’honneur ne nous revient pas, c’est un site américain qui a découvert ce travail artistique.</p>
<p>Dans le tourment soulevé par les rassemblements et affrontements quotidiens à Téhéran et les autres villes du pays, le régime a focalisé ses efforts sur la grande prière de vendredi avec la participation du Guide lui-même. Les images sont colorées, joyeuses, épiques, mais la foule est maigre pour écouter le discours triomphal du n°1 officiel du régime, Ali Khamenei.</p>
<p>Les médias du monde entier ont évoqué ses propos et sa promesse de briser la contestation et ont un peu vite enterré le mouvement autonome de la contestation anti-régime. Il suffit de regarder les visages des premiers rangs composés des gros bonnets du régime pour comprendre que ça va mal.</p>
<p>Ces gens-là risquent le lynchage d’où ces mines déconfites et ces regards sans le vide.</p>
<p>La veille (jeudi), plus de 100,000 personnes avaient désobéi à Moussavi qui leur donnait rendez-vous dans les mosquées pour pleurer habillés en noir les 7 morts admis par le régime et non les 250 à travers tout le pays et les 320 blessés détenus en majeure partie prisonniers des Pasdaran. Au Lieu d’aller dans les mosquées pour pleurnicher, ils s’étaient réunis sur la place de l’Arsenal pour chanter l’hymne national interdit Khomeiny et pour brandir des écriteaux où ils se disaient « prêts à verser leur sang ».</p>
<p>Ce jour-là pour ne pas perdre la face, Moussavi s’était approché de la foule avant de la quitter sans aucun appel à poursuivre le mouvement comme l’avait fait à sa place le vrai chef de l’opposition, Reza Pahlavi. A la fin de ce rassemblent hautement symbolique évoquant le refus des larmes et l’acceptation du sacrifice pour la liberté, la foule s’était dispersée sans évoquer les consignes pour les jours avenirs. Les meneurs l’ont fait vers 6 heures du matin le lendemain en évoquant un rassemblement le vendredi encore sur la Place de l’Arsenal et samedi (hier) sur la place de la révolution !</p>
<p>Dépassé, Moussavi n’a pas pu s’incruster encore une fois et il s’est mis au vert ! Pour ne pas perdre le pied, le régime a fait avancer les autres modérés, Karroubi et Khatami, tous deux membres de l’Association du Clergé Combattant, qui se sont cyniquement appropriés le second rassemblement de ce samedi à 16 heures sur la place de la révolution. Mais nos deux combattants modérés, chouchous de l’Occident, ne sont pas venus au rendez-vous fixé en expliquant leur geste par le fait que le ministère de l’intérieur ne leur avait pas donné l’autorisation légale. Ils ont donc appelé leurs partisans « à rester chez eux sans se laisser abuser par des faux appels à manifester ».</p>
<p>Samedi 20 juin : Intifada sous les bravos (« Afarin ou Mashallah ») &#124; Si l’on avait encore des doutes cela n’est plus permis : ces gens ne représentent personne car environ 3,000,000 de personnes ont désobéi au Guide, à Karroubi, Moussavi et Khatami pour descendre dans la rue malgré le fait que la veille le régime avait placé à chaque carrefour des troupes de bassidjis (ci-dessous) normalement basées en province par peur de manquer d’effectifs. Selon nos infos, les gendarmes et une partie des Pasdaran auraient refusé de tirer.</p>
<p>On parle aussi de 5000 Libanais du Hezbollah appelés en renforts. Malgré ces dispositifs lourds, les manifestants ont pu investir la place de la Révolution qui peut contenir plusieurs millions de personnes ainsi que les avenues avoisinantes. Tout le monde a pu voir les images de ce rassemblement sur la chaîne américaine VOA où néanmoins la direction coupait toutes paroles ou slogans hostiles à Moussavi ou un autre mollah. Une personne a su tromper la vigilance du très désagréable présentateur pour dire que « Karroubi et Moussavi n’étaient plus les bienvenus parmi eux, que s’ils venaient ils seraient exécutés sur place par les manifestants ».</p>
<p>Durant tout l’après-midi et la soirée, ces millions lâchés par les différents groupes du régime, les modérés, les fausses féministes, le BCU, sont entrés en collision frontale avec les troupes du régime. La situation étant très tendue le régime a d’abord donné l’ordre de faire usage de gaz lacrymogènes, de canons à eau bouillante, des matraques et des Tasers, mais très tôt des coups de feux ont été entendus. Pour aller au-devant de cette milice créée pour défendre l’Islam, depuis quelques jours, les manifestants crient « Allah Akbar » pour montrer que leur objectif n’est pas de détruire l’Islam, mais le régime.</p>
<p>C’est pourquoi on voit des scènes très confuses pour les Occidentaux où l’on entend ce slogan intercalé avec des « mort au dictateur », « mort à Khamenei » ou encore « mort à la république Islamique ». De la même manière tous les soirs, les gens montent sur les toits pour crier Allah Akbar afin de repérer des foyers de contestation dans le voisinage sans pour autant être hors la loi, Allah Akbar étant légal sous le régime des mollahs.</p>
<p>Au même moment que l’on criait ce slogan, une rumeur qui s’est avérée être une info à forte connotation symbolique s’est répandue partout : on avait explosé le mausolée de Khomeiny ! Même si la destruction n’est que partielle, symboliquement le régime est atteint ! C’est un réconfort pour ceux qui ont pris d’assaut ce géant aux pieds d’argile et qui ont déjà perdu dans la bataille de samedi au moins 5 amis.</p>
<p>Les images de ces morts arrivent au compte-gouttes. Mais l’ennemi ne désarme pas : dépassé par les événements, il a chargé ses lobbyistes de minimiser les faits ou relier la manif à Moussavi. Ainsi Pierre Celerier de l’AFP a fait comme le régime en évoquant « quelques milliers de manifestants » au lieu d’au moins 3,000,000 vus sur les images de VOA, et Delphine Minoui a publié un énième article à la gloire de la victoire de Moussavi avec une photo où l’on voit des bassidjis faire la prière dans ces rues où ils ont fait couler le sang des innocents. Delphine, il va falloir que tu achètes un par un tous les exemplaires du livre « Les Pintades de Téhéran » que tu as écrit où tu parles des bassidjis branchés, cools et mignons.</p>
<p>La seule réponse à cette indécence est cet enregistrement sur un fond de tirs de mitraillette fait vendredi soir par une Iranienne. &#8220;Vendredi 19 juin 2009. Ce soir, on entend encore plus fort les cris d’Allah Akbar. Quel est cet endroit où toutes les portes sont fermées ? Quel est cet endroit où le peuple interpelle uniquement Dieu ? Quel est cet endroit où ce cri devient chaque nuit plus fort ? Tous les jours j’attends la nuit pour voir si les cris vont s’élever davantage ou pas. J’en frissonne. Je ne sais si Dieu en tremble aussi ou pas. Quel est cet endroit où nous sommes si opprimés, pris au piège. Quel est cet endroit où personne ne nous aide ? Quel est cet endroit où on doit nous faire entendre du monde entier avec notre silence ? (elle est très émue) Quel est cet endroit où le sang des jeunes coule dans les rues, mais d’autres font leurs prières au même endroit ? Ils se mettent sur ces tâches de sang pour prier ! Quel est cet endroit où ses habitants sont qualifiés de voyous ? Tu veux savoir : cet endroit est l’Iran, ta patrie et la mienne. Cet endroit est l’Iran.&#8221;</p>
<div><strong>Voir aussi: </strong></div>
<div><a href="http://www.realclearpolitics.com/articles/2009/06/16/tehran_and_tiananmen_obama_heir_to_hw_bushs_realism_97021.html"><strong>Tehran, Tiananmen and Obama&#8217;s Bush I Realism</strong></a><br />
David Paul Kuhn<br />
Real Clear Politics</div>
<div>June 16, 2009</p>
<p>Tehran is beginning to feel like Tiananmen.</p>
<p>The inspiring images of this Iranian green revolution, of the young striving for freedom, carries an eerie symmetry with Tiananmen Square. A brave student in a burka standing against armed police feels like that boy who stood against those tanks.</p>
<p>We are left to wonder, will Iran recall this moment in two decades? Will Iran have changed? For all the change in China, the repression remains. Tiananmen was recalled this month only beyond China&#8217;s borders.</p>
<p>Barack Obama came to Cairo on the 20th anniversary of the Tiananmen Square massacre. It was a speech to engage the Muslim world and implicit with compromise. Vital actors toward peace included some of the most repressive regimes in the world, from Saudi Arabia to Egypt. Obama spoke professorially of liberty but, as expected, did not risk relations with Cairo by evoking the struggle of prominent Egyptian dissident Ayman Nour.</p>
<p>As Tiananmen unfolded, like today, the political left and right came together. Both political bases stood with the students. Top foreign affairs men in Congress, from liberal Representative Stephen Solarz to conservative Senator Jesse Helms called for the White House to stop arms sales and high-technology transfers.</p>
<p>George H.W. Bush and Secretary of State James Baker urged caution. Bush said that he &#8220;deeply deplore[d] the decision to use force against peaceful demonstrators and the consequent loss of life.&#8221; But Baker added that the Chinese Government displayed &#8221;a significant amount of restraint&#8221; over the last few weeks in dealing with protesters.</p>
<p>Bush feared hurting relations with China more than standing up for the right thing. Just as Obama now fears, the repressor is the same party Bush had to engage when the worst repression was over.</p>
<p>And so Obama holds back. He does not want to respond harshly to the same Iranian regime that he hopes to work with on its nuclear program and the Muslim-Israeli peace process. And also like Bush, Obama realizes how sensitive foreign capitals are to American interference.</p>
<p>&#8220;It&#8217;s not productive, given the history of U.S.-Iranian relations, to be seen as meddling&#8211;the U.S. president meddling in Iranian elections,&#8221; Obama told reporters today. &#8220;What I will repeat and what I said yesterday is that when I see violence directed at peaceful protesters, when I see peaceful dissent being suppressed, wherever that takes place, it is of concern to me and it is of concern to the American people.&#8221;</p>
<p>His Monday statement came after allies from Germany to France had already offered far stronger condemnation. Meanwhile, a state department spokesman on Monday sounded most like Baker in his restraint. He said Washington is &#8220;deeply troubled&#8221; but &#8220;I haven&#8217;t used that word, ‘condemn,&#8217;&#8221; because the United States had to &#8220;see how things unfold.&#8221;</p>
<p>Obama is a president who turned away from the son to seek the father. He has left the hawkish idealism of George W. Bush, often termed neo-conservatism, and turned toward the realism of H.W. Bush. On the campaign trail, Obama spoke admirably of the father often as he criticized the son.</p>
<p>So perhaps no one should be surprised that now, as I wrote on the day of Cairo, marriages of convenience again reign over U.S. foreign policy. The man elected to personify our better angels, would have to work with some bad men to get his job done.</p>
<p>Now Democrats have the power to decide what to do about Iran. But realism is a cold dish to come from the party that claims the warmer heart. It places a state&#8217;s interest first and last.</p>
<p>In recent years, the American political left gravitated toward realism. Obama, like many on the left, drummed that Iraq did not attack the United States on September 11, 2001. It was a war of choice, not necessity. And so the inference was, foreign policy must be guided by necessity and not ideals.</p>
<p>Now Obama is acting the realist. W&#8217;s &#8220;freedom agenda&#8221; is far away in that corridor of misapplied policy and misspent power. Liberals now have to deal with the contradictions of power. Is their ideal president more realist than idealist? Is Wilsonism dead? If the answer is yes, what should Americans do about oppression abroad? After all, freedom is the unifying value of liberalism. You can&#8217;t talk down most tyrants. And confronting Iran will only undercut talks. And its talks the left has long sought.</p>
<p>Yet Obama may have to risk talks to take some stand. H.W. Bush felt compelled, only days after hesitating, to impose sanctions targeted at the Chinese military and take humanitarian measures. But he would only go so far. &#8220;I don&#8217;t want to see a total break in this relationship, and I will not encourage a total break in the relationship,&#8221; Bush then said.</p>
<p>A week later, Bush was forced to go further. The president publicly criticized China&#8217;s senior leader. But at the same time, Baker was participating in backroom diplomacy with Beijing to avoid confrontation.</p>
<p>It may be that in Bush&#8217;s approach to Tiananmen is Obama&#8217;s roadmap on Tehran.</p>
<p>David Paul Kuhn is the Chief Political Correspondent for RealClearPolitics and the author of The Neglected Voter. He can be reached at david@realclearpolitics.com</p></div>
</div>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Harmonium en Californie]]></title>
<link>http://lacoulee.wordpress.com/2009/06/21/harmonium-en-californie/</link>
<pubDate>Sun, 21 Jun 2009 02:31:02 +0000</pubDate>
<dc:creator>Christian</dc:creator>
<guid>http://lacoulee.wordpress.com/2009/06/21/harmonium-en-californie/</guid>
<description><![CDATA[Un documentaire de l&#8217;ONF (1980) qui suit le groupe lors de leur percée au États en Californie ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><span style='text-align:center; display: block;'><object width='425' height='350'><param name='movie' value='http://www.youtube.com/v/S5DAtpUePHI&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' /><param name='allowfullscreen' value='true' /><param name='wmode' value='transparent' /><embed src='http://www.youtube.com/v/S5DAtpUePHI&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' type='application/x-shockwave-flash' allowfullscreen='true' width='425' height='350' wmode='transparent'></embed></object></span></p>
<p><span style='text-align:center; display: block;'><object width='425' height='350'><param name='movie' value='http://www.youtube.com/v/ES-S150jdTM&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' /><param name='allowfullscreen' value='true' /><param name='wmode' value='transparent' /><embed src='http://www.youtube.com/v/ES-S150jdTM&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' type='application/x-shockwave-flash' allowfullscreen='true' width='425' height='350' wmode='transparent'></embed></object></span></p>
<p><span style='text-align:center; display: block;'><object width='425' height='350'><param name='movie' value='http://www.youtube.com/v/QVkpMt8CaKI&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' /><param name='allowfullscreen' value='true' /><param name='wmode' value='transparent' /><embed src='http://www.youtube.com/v/QVkpMt8CaKI&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' type='application/x-shockwave-flash' allowfullscreen='true' width='425' height='350' wmode='transparent'></embed></object></span></p>
<p><span style='text-align:center; display: block;'><object width='425' height='350'><param name='movie' value='http://www.youtube.com/v/1mFI0C9A2Zc&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' /><param name='allowfullscreen' value='true' /><param name='wmode' value='transparent' /><embed src='http://www.youtube.com/v/1mFI0C9A2Zc&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' type='application/x-shockwave-flash' allowfullscreen='true' width='425' height='350' wmode='transparent'></embed></object></span></p>
<p>Un documentaire de l&#8217;ONF (1980) qui suit le groupe lors de leur percée au États en Californie en 1978.</p>
<p>Le samedi 27 juin la Slague et la Nuit sur l&#8217;étang présente <strong>Cano+Harmonium : Pour un instant dans l&#8217;même bateau. </strong>Hommages sous la direction musicale de David Poulin.</p>
<p><a href="http://carrefour.on.ca/laslague/spectacles/08-09/canoharmonium.html">Cliques ici pour plus d&#8217;info.</a></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[On raconte Cano et Harmonium... 4 premiers témoignages]]></title>
<link>http://lacoulee.wordpress.com/2009/06/18/on-raconte-cano-et-harmonium-4-premiers-temoignages/</link>
<pubDate>Thu, 18 Jun 2009 00:07:26 +0000</pubDate>
<dc:creator>Christian</dc:creator>
<guid>http://lacoulee.wordpress.com/2009/06/18/on-raconte-cano-et-harmonium-4-premiers-temoignages/</guid>
<description><![CDATA[Deux groupes légendaires. Cano+Harmonium. Deux noms qui ont marqué la jeunesse de plusieurs et conti]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>Deux groupes légendaires.</p>
<p>Cano+Harmonium.</p>
<p>Deux noms qui ont marqué la jeunesse de plusieurs et continue à marquer les gens aujourd&#8217;hui.<br />
Voici quatre premiers témoignages de gens qui racontent ce qu&#8217;était Cano et Harmonium à leurs yeux et à leurs oreilles.</p>
<p>Plusieurs autres à venir.</p>
<p><span style='text-align:center; display: block;'><object width='425' height='350'><param name='movie' value='http://www.youtube.com/v/nQ9sEw_kCa0&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' /><param name='allowfullscreen' value='true' /><param name='wmode' value='transparent' /><embed src='http://www.youtube.com/v/nQ9sEw_kCa0&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' type='application/x-shockwave-flash' allowfullscreen='true' width='425' height='350' wmode='transparent'></embed></object></span></p>
<p><span style='text-align:center; display: block;'><object width='425' height='350'><param name='movie' value='http://www.youtube.com/v/wHI00pj9hJg&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' /><param name='allowfullscreen' value='true' /><param name='wmode' value='transparent' /><embed src='http://www.youtube.com/v/wHI00pj9hJg&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' type='application/x-shockwave-flash' allowfullscreen='true' width='425' height='350' wmode='transparent'></embed></object></span><span style='text-align:center; display: block;'><object width='425' height='350'><param name='movie' value='http://www.youtube.com/v/-kDGYWwQQlU&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' /><param name='allowfullscreen' value='true' /><param name='wmode' value='transparent' /><embed src='http://www.youtube.com/v/-kDGYWwQQlU&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' type='application/x-shockwave-flash' allowfullscreen='true' width='425' height='350' wmode='transparent'></embed></object></span><span style='text-align:center; display: block;'><object width='425' height='350'><param name='movie' value='http://www.youtube.com/v/lb0YcLOzlh8&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' /><param name='allowfullscreen' value='true' /><param name='wmode' value='transparent' /><embed src='http://www.youtube.com/v/lb0YcLOzlh8&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' type='application/x-shockwave-flash' allowfullscreen='true' width='425' height='350' wmode='transparent'></embed></object></span></p>
<p>Achetez vos billets pour le spectacle Cano+Harmonium &#8211; Pour un instant dans l&#8217;même bateau dès aujourd&#8217;hui au 525-5606 poste 4.</p>
<p>On a mis quelqu&#8217;un au monde. On devrait peut-être l&#8217;écouter.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Iran: Comment voulez-vous que les successeurs de Khomeini puissent s'asseoir un jour à la même table qu'Obama? (It's the very nature of the regime, stupid!)]]></title>
<link>http://jcdurbant.wordpress.com/2009/06/15/iran-comment-voulez-vous-que-les-successeurs-de-khomeini-puissent-sasseoir-un-jour-a-la-meme-table-quobama-its-the-very-nature-of-the-regime-stupid/</link>
<pubDate>Mon, 15 Jun 2009 11:00:45 +0000</pubDate>
<dc:creator>jcdurbant</dc:creator>
<guid>http://jcdurbant.wordpress.com/2009/06/15/iran-comment-voulez-vous-que-les-successeurs-de-khomeini-puissent-sasseoir-un-jour-a-la-meme-table-quobama-its-the-very-nature-of-the-regime-stupid/</guid>
<description><![CDATA[L&#8217;Iran aurait pu être la Corée du Sud; il est devenu la Corée du Nord. (&#8230;) Mais n&#8217;]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><h5><img src="http://vcrisis.com/imgs/chavez-ahmadinejad.jpg" alt="Exporting the revolution" width="450" height="307" align="left" /><em>L&#8217;Iran aurait pu être la Corée du Sud; il est devenu la Corée du Nord. (&#8230;) Mais n&#8217;oubliez pas qu&#8217;Ahmadinejad n&#8217;est que le représentant d&#8217;un régime de nature totalitaire, qui ne peut se réformer et évoluer, quelle que soit la personne qui le représente. </em><em>(&#8230;) Le slogan du régime est : &#8220;L&#8217;énergie nucléaire est notre droit indéniable.&#8221; Je lui réponds: ce droit, nous l&#8217;avions, c&#8217;est vous et les vôtres qui nous en avez privés. (&#8230;) Mon père (&#8230;) a décidé, dès les années 1970, de lancer un programme de production d&#8217;énergie nucléaire à des fins exclusivement civiles. C&#8217;est pourquoi nous avons signé le traité de non-prolifération (&#8230;) Aujourd&#8217;hui, le problème ne vient pas de l&#8217;idée de se doter de l&#8217;énergie nucléaire ; il provient de la nature du régime islamique. </em><em>(&#8230;) je ne crois pas que les mollahs soient assez fous pour penser un jour utiliser la bombe contre Israël: ils savent très bien qu&#8217;ils seraient aussitôt anéantis. Ce qu&#8217;ils veulent, c&#8217;est disposer de la bombe pour pouvoir s&#8217;institutionnaliser une fois pour toutes dans la région et étendre leurs zones d&#8217;influence. Ils rêvent de créer un califat chiite du XXIe siècle et entendent l&#8217;imposer par la bombe atomique (&#8230;)  il est manifeste qu&#8217;un gouvernement paranoïaque crée des crises un peu partout pour tenter de regagner à l&#8217;extérieur la légitimité qu&#8217;il a perdue à l&#8217;intérieur. Les dérives du clan au pouvoir ne se limitent pas au soutien au Hamas, elles vont jusqu&#8217;à l&#8217;Amérique latine de Chavez. Il ne s&#8217;agit en rien d&#8217;une vision qui vise à défendre notre intérêt national. Si le régime veut survivre, il doit absolument mettre en échec le monde libre, combattre ses valeurs. La République islamique ne peut pas perdurer dans un monde où l&#8217;on parle des droits de l&#8217;homme ou de la démocratie. Tous ces principes sont du cyanure pour les islamistes. Comment voulez-vous que les successeurs de Khomeini, dont le but reste l&#8217;exportation de la révolution, puissent s&#8217;asseoir un jour à la même table que le président Sarkozy ou le président Obama? Dans les mois à venir, un jeu diplomatique peut s&#8217;engager, mais, au final, il ne faut pas se faire d&#8217;illusion. Même si Khatami revenait au pouvoir, le comportement du régime resterait identique, car le vrai décideur c&#8217;est Khamenei. Je ne vois aucune raison pour laquelle le régime islamiste accepterait un changement de comportement. Cela provoquerait, de manière certaine, sa chute. Il ne peut plus revenir en arrière. J&#8217;ai bien peur que la diplomatie ne tourne en rond une nouvelle fois et que la course à la bombe ne continue pendant ce temps.</em> <em> </em><a href="http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-orient/reza-pahlavi-ahmadinejad-est-un-cavalier-de-l-apocalypse_742182.html">Reza Pahlavi</a></h5>
<p align="justify"><strong>Autant demander au <a href="http://www.lefigaro.fr/international/2009/06/14/01003-20090614ARTFIG00178-netanyahou-accepte-le-principe-d-un-etat-palestinien-.php">Hamas</a>&#8230; de renoncer à ses armes!</strong></p>
<p align="justify">Alors qu&#8217;après la Corée du nord et bientôt le Hamas, commencent à apparaitre enfin au grand jour  la <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2009/06/14/iran-contestation-piege-a-cons-after-tricking-the-obama-administration-the-mullahs-try-to-trick-the-opposition/">naïveté</a> du <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2009/04/22/presidence-obama-plus-repentant-que-moi-tu-meurs-world-deeply-humiliated-by-obama%e2%80%99s-america-sucks-tour/">Pleurnicheur en chef</a> comme l&#8217;<a href="http://www.lefigaro.fr/international/2009/06/15/01003-20090615ARTFIG00291-moyen-orient-la-france-se-donne-les-moyens-de-riposter-.php">inconscience</a> de nombre d&#8217;Européens et de Français face à un régime iranien proprement totalitaire qui ne peut <a href="http://www.iran-resist.org/article5433.html">sous peine de mort</a> abjurer son credo révolutionnaire &#8230;</p>
<p align="justify">Retour, avec un entretien de l&#8217;Express à l&#8217;occasion de la sortie de son dernier livre en février dernier, sur les paroles de rare lucidité et de sagesse du prince héritier <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2007/08/12/iran-pour-un-scenario-polonais-a-teheran-for-a-polish-scenario-in-tehran/">Reza Pahlavi</a>, fils du Chah et probablement seule alternative crédible au régime actuel &#8230;</p>
<p align="justify"><a href="http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-orient/reza-pahlavi-ahmadinejad-est-un-cavalier-de-l-apocalypse_742182.html?p=2"><strong>Reza Pahlavi: &#8220;Ahmadinejad est un cavalier de l&#8217;Apocalypse&#8221;</strong></a><br />
Christian Makarian<br />
L’Express<br />
le 20/02/2009</p>
<p>Il a vécu la révolution islamique et fut emporté par les événements. En exil depuis trente ans, Reza Pahlavi, fils du dernier chah d&#8217;Iran, aurait pu tirer un trait sur son passé et choisir de changer de destin. Il a préféré le risque et un combat improbable. Régulièrement menacé de mort, il poursuit sa difficile résistance et publie Iran, l&#8217;heure du choix (Denoël), un livre d&#8217;entretiens avec Michel Taubman dans lequel il entend dissocier le peuple iranien du régime qui le tyrannise. Bien que les &#8220;experts&#8221;, ainsi que tous les séides de la République islamique, ne voient guère d&#8217;avenir politique à Reza Pahlavi, l&#8217;homme persiste à croire à une stratégie d&#8217;alternance pacifique. Sur la nature fanatique du régime de Téhéran, les projets nucléaires d&#8217;Ahmadinejad, l&#8217;arc chiite à travers le Moyen-Orient, son analyse apporte un éclairage aux complexités iraniennes.</p>
<p>La République islamique d&#8217;Iran vient de fêter ses 30 ans. Quel regard portez-vous sur ces trois décennies?</p>
<p>Je ne peux m&#8217;empêcher de comparer ce qu&#8217;est devenu l&#8217;Iran à ce qu&#8217;il aurait dû être. Au lieu d&#8217;aller de l&#8217;avant, on n&#8217;a fait que reculer. Il y a trente ans, il y avait certes des problèmes, comme l&#8217;absence de libertés politiques, que je condamne sans réserves, mais nous étions un pays en plein développement, une société en cours de modernisation, dont le niveau de vie s&#8217;élevait. Aujourd&#8217;hui, un tiers de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté, la fuite des cerveaux a produit une hémorragie, les tensions interethniques divisent la société, les minorités sont persécutées, et la drogue, la prostitution, la corruption ne cessent de se répandre. Sans parler d&#8217;une répression touchant toute la société et de l&#8217;absence totale de liberté. L&#8217;Iran aurait pu être la Corée du Sud ; il est devenu la Corée du Nord. Le plus dramatique, c&#8217;est que deux générations ont été sacrifiées. A quelle fin ?</p>
<p>Etes-vous amer?</p>
<p>Pas du tout. D&#8217;abord, il y a l&#8217;humour iranien, comme le prouve ce dicton populaire : &#8220;Hier, on buvait en ville et on priait à la maison ; aujourd&#8217;hui, on prie à l&#8217;extérieur et on boit à l&#8217;intérieur.&#8221; Et puis, je crois qu&#8217;il faut envisager la révolution islamique comme une expérience supplémentaire dans un pays qui est déjà passé par des phases historiques extrêmement difficiles. Ce n&#8217;est pas la première fois que l&#8217;Iran est à l&#8217;épreuve. Nous avons été maintes fois envahis, agressés, occupés. Certes, la crise est désormais intérieure. Mais, si l&#8217;on ose une comparaison avec l&#8217;Europe, souvenez-vous que vous avez également connu, il y a quelques siècles, une période où la religion étouffait la société. Cela a précédé l&#8217;avènement des Lumières et l&#8217;éclosion des droits de l&#8217;homme.</p>
<p>Vous n&#8217;êtes donc pas totalement pessimiste?</p>
<p>Au contraire. J&#8217;entends souvent les Occidentaux se demander si le facteur religieux propre aux sociétés islamiques n&#8217;est pas en soi un frein durable au développement. Je leur réponds que, s&#8217;il était naguère impensable de discuter de la religion en Iran, c&#8217;est maintenant devenu un sujet de débat. Il y a trente ans, l&#8217;une des raisons pour lesquelles les Iraniens ont accepté si facilement l&#8217;ayatollah Khomeini, c&#8217;était que la religion apparaissait irréfutable. Aujourd&#8217;hui, si vous vous rendez dans la ville sainte de Qom, vous pouvez assister à des discussions incroyablement ouvertes et animées, y compris sur la question de la laïcité. Cela n&#8217;aurait pas pu se produire auparavant. Il existe de nombreuses voix qui s&#8217;interrogent sur la séparation de la religion et de l&#8217;Etat. La question n&#8217;est plus taboue.</p>
<p>On a beaucoup reproché à votre père d&#8217;avoir voulu l&#8217;occidentalisation à tout prix. Est-ce la raison de sa chute?</p>
<p>A l&#8217;origine, ce sont certains religieux qui ont répandu ce rejet de l&#8217;occidentalisation parce qu&#8217;ils étaient farouchement opposés à la réforme agraire et à l&#8217;émancipation des femmes, deux réformes majeures que mon père avait promues. Peut-être y a-t-il eu un choc culturel parce que nous sommes allés trop vite. Mais je ne crois pas que les gens refusaient la modernité. Je crois davantage aux facteurs politiques internes.</p>
<p>C&#8217;est-à-dire?</p>
<p>Il y a eu progressivement une alliance entre les différentes tendances marxistes, qui étaient très en vogue parmi les intellectuels, et le clergé. Pour autant, personne ne se posait de question au sujet de Khomeini, personnage qui ne disposait, au départ, d&#8217;aucune aura particulière. Très peu d&#8217;Iraniens avaient lu son livre, Velayat-e Faghi, dans lequel il exposait ses théories théocratiques. La gauche antioccidentale cherchait un leader porteur d&#8217;un concept simple parce que le message marxiste était trop difficile à expliquer dans une société aussi traditionnelle que l&#8217;Iran. C&#8217;est pourquoi le slogan &#8220;Allahu Akbar&#8221; (&#8220;Dieu est le plus grand&#8221;) a fini par l&#8217;emporter sur le reste, dans la mesure où le facteur religieux offrait une apparence de stabilité et de crédibilité dans une période d&#8217;agitation et de bouleversements extrêmes. Au départ, les marxistes ont cru pouvoir utiliser Khomeini et pensaient qu&#8217;il allait se retirer, comme il l&#8217;avait prétendu. Tout le monde pensait que ce scénario allait se produire, y compris le président américain, Jimmy Carter. Khomeini les a tous dupés.</p>
<p>Le chah, Khomeini, Ahmadinejad&#8230; La croyance en un homme providentiel n&#8217;est-elle pas une constante?</p>
<p>Il est vrai que, tout au long de notre histoire, nous avons cherché l&#8217;homme providentiel. Cela reste encore vrai aujourd&#8217;hui, mais je me réjouis de voir qu&#8217;une nouvelle culture politique se développe parmi les jeunes générations, ou l&#8217;idée de la responsabilité individuelle a de l&#8217;importance.</p>
<p>Que pensez-vous d&#8217;Ahmadinejad?</p>
<p>Il est exactement ce qu&#8217;il dit de lui-même. C&#8217;est un cavalier de l&#8217;Apocalypse qui ne songe qu&#8217;au retour du douzième imam [ndlr : selon la foi chiite duodécimaine, le douzième imam reviendra à la fin des temps pour établir le seul règne juste]. Il croit vraiment à cette perspective eschatologique et, autour de lui, gravite un cercle de dangereux illuminés qui partagent cette conviction. Ce n&#8217;est pas du tout un positionnement médiatique, et c&#8217;est bien ce qui est inquiétant. Il est terrifiant d&#8217;imaginer ce qui pourrait arriver si un jour un tel individu avait accès à l&#8217;arme atomique. Dans un de ses passages aux Nations unies, Ahmadinejad a raconté qu&#8217;il s&#8217;était un jour trouvé enveloppé d&#8217;un halo de lumière. Mais n&#8217;oubliez pas qu&#8217;Ahmadinejad n&#8217;est que le représentant d&#8217;un régime de nature totalitaire, qui ne peut se réformer et évoluer, quelle que soit la personne qui le représente.</p>
<p>Comment expliquer qu&#8217;il puisse entraîner dans son sillage des scientifiques, rationnels?</p>
<p>Ont-ils vraiment le choix? D&#8217;une manière générale, il ne faut pas confondre le droit de notre peuple au nucléaire civil et les intentions réelles du régime dans ce domaine. Mes compatriotes défendent naturellement ce droit, mais, en même temps, d&#8217;après de récentes études, une écrasante majorité s&#8217;inquiète de plus en plus des conséquences graves de cette politique irresponsable. Le slogan du régime est : &#8220;L&#8217;énergie nucléaire est notre droit indéniable.&#8221; Je lui réponds: ce droit, nous l&#8217;avions, c&#8217;est vous et les vôtres qui nous en avez privés.</p>
<p>Comment cela?</p>
<p>Mon père avait une vision à très long terme. Il considérait le pétrole comme une matière noble qu&#8217;il ne voulait pas voir gaspiller. Il a décidé, dès les années 1970, de lancer un programme de production d&#8217;énergie nucléaire à des fins exclusivement civiles. C&#8217;est pourquoi nous avons signé le traité de non-prolifération, ce qui a permis à l&#8217;Iran de devenir actionnaire à 10 % de la société Eurodif. Aujourd&#8217;hui, le problème ne vient pas de l&#8217;idée de se doter de l&#8217;énergie nucléaire ; il provient de la nature du régime islamique. La preuve, les pays qui se faisaient hier concurrence à qui vendrait le premier cette technologie à l&#8217;Iran sont ceux qui, aujourd&#8217;hui, réclament des sanctions contre Téhéran. C&#8217;est le cas des Etats-Unis, de la France, de l&#8217;Allemagne&#8230; Ce n&#8217;est donc pas le principe qui est en cause, c&#8217;est le doigt qui est posé sur la gâchette. Or le régime iranien a suffisamment montré qu&#8217;il n&#8217;offrait aucune garantie internationale et ne respectait pas ses engagements internationaux. Qu&#8217;est-ce qui a mis l&#8217;Iran hors la loi? Ce n&#8217;est pas le nucléaire, c&#8217;est la République islamique et ce qu&#8217;elle veut en faire.</p>
<p>Craignez-vous l&#8217;escalade fatale?</p>
<p>Le régime iranien ne demande pas mieux qu&#8217;un conflit militaire. Il l&#8217;exploiterait à fond. C&#8217;est le piège à éviter, le scénario perdant-perdant ; nous Iraniens percevrons une action armée comme une frappe contre le pays tout entier et non contre le régime seulement. Il ne faut absolument pas en arriver là. De l&#8217;autre côté, je ne crois pas que les mollahs soient assez fous pour penser un jour utiliser la bombe contre Israël: ils savent très bien qu&#8217;ils seraient aussitôt anéantis. Ce qu&#8217;ils veulent, c&#8217;est disposer de la bombe pour pouvoir s&#8217;institutionnaliser une fois pour toutes dans la région et étendre leurs zones d&#8217;influence. Ils rêvent de créer un califat chiite du XXIe siècle et entendent l&#8217;imposer par la bombe atomique.</p>
<p>Que vous inspire l&#8217;axe Téhéran-Damas-Hezbollah-Hamas?</p>
<p>A l&#8217;époque de l&#8217;Union soviétique, du point de vue de ses dirigeants, la politique étrangère était également perçue comme un succès en termes d&#8217;extension tentaculaire. On sait ce qu&#8217;il en est advenu. Dans le cas de l&#8217;Iran, il est manifeste qu&#8217;un gouvernement paranoïaque crée des crises un peu partout pour tenter de regagner à l&#8217;extérieur la légitimité qu&#8217;il a perdue à l&#8217;intérieur. Les dérives du clan au pouvoir ne se limitent pas au soutien au Hamas, elles vont jusqu&#8217;à l&#8217;Amérique latine de Chavez. Il ne s&#8217;agit en rien d&#8217;une vision qui vise à défendre notre intérêt national. Si le régime veut survivre, il doit absolument mettre en échec le monde libre, combattre ses valeurs. La République islamique ne peut pas perdurer dans un monde où l&#8217;on parle des droits de l&#8217;homme ou de la démocratie. Tous ces principes sont du cyanure pour les islamistes. Comment voulez-vous que les successeurs de Khomeini, dont le but reste l&#8217;exportation de la révolution, puissent s&#8217;asseoir un jour à la même table que le président Sarkozy ou le président Obama?</p>
<p>Pourtant, il en est question&#8230;</p>
<p>Je peux comprendre les intentions du président américain à l&#8217;égard de l&#8217;Iran. Mais n&#8217;oubliez pas que sur le dossier nucléaire la crise n&#8217;oppose pas la République islamique aux Etats-Unis seulement mais à l&#8217;ONU. Dans les mois à venir, un jeu diplomatique peut s&#8217;engager, mais, au final, il ne faut pas se faire d&#8217;illusion. Même si Khatami revenait au pouvoir, le comportement du régime resterait identique, car le vrai décideur c&#8217;est Khamenei. Je ne vois aucune raison pour laquelle le régime islamiste accepterait un changement de comportement. Cela provoquerait, de manière certaine, sa chute. Il ne peut plus revenir en arrière. J&#8217;ai bien peur que la diplomatie ne tourne en rond une nouvelle fois et que la course à la bombe ne continue pendant ce temps.</p>
<p>Selon vous, quelle est la solution?</p>
<p>Si l&#8217;on veut avoir une chance de réussir, il faut d&#8217;abord tracer une ligne rouge définitive sur la question nucléaire, car, jusqu&#8217;ici, cette ligne n&#8217;a cessé de bouger. Ensuite, il faut accepter l&#8217;idée que, si le régime doit changer un jour, ce devra être le fait du peuple iranien lui-même et non par une intervention extérieure. La majorité de mes concitoyens n&#8217;en peuvent plus de ce système ; toutes les informations qui me parviennent prouvent qu&#8217;il existe un profond désir de démocratie parlementaire laïque. Si on veut forcer le régime à changer d&#8217;attitude, ce n&#8217;est pas par la pression extérieure que l&#8217;on y arrivera, mais par la pression intérieure. Or, depuis trente ans, je n&#8217;ai presque pas vu de dialogue entre le monde libre et notre peuple. Il n&#8217;y a eu presque aucun échange avec les forces d&#8217;opposition démocratiques.</p>
<p>Comment voyez-vous votre rôle dans l&#8217;avenir?</p>
<p>J&#8217;ai beaucoup réfléchi aux campagnes de désobéissance civile en Afrique du Sud ou à l&#8217;exemple des dissidents dans l&#8217;ancien bloc de l&#8217;Est. Je veux m&#8217;inscrire dans un scénario de changement en proposant une voie qui soit légitime et la moins coûteuse pour la société iranienne. On ne bâtira pas notre avenir sur un règlement de comptes. Ma mission est de fédérer les forces démocratiques afin d&#8217;instaurer une démocratie laïque parlementaire et d&#8217;assurer la réconciliation nationale.</p>
<p align="justify">Reza Pahlavi</p>
<p>1960 Naissance à Téhéran.</p>
<p>1978 Départ d&#8217;Iran pour les Etats-Unis pour y acquérir une formation de pilote de chasse et y poursuivre ses études.</p>
<p>1979 Chassé par la révolution islamique.</p>
<p>1980Au début de la guerre Iran-Irak, il demande à servir dans l&#8217;armée de l&#8217;air de son pays. Requête refusée.</p>
<p>1986 Mariage avec Yasmine Etemad Amini, dont il aura trois filles.</p>
<p>2005 Il se plaint auprès du secrétaire général des Nations unies de la démission de l&#8217;ONU sur la question des droits de l&#8217;homme en Iran.</p>
<p>2009 Il publie Iran, l&#8217;heure du choix. Entretiens avec Michel Taubman (Denoël).</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[JOURNEE SOUVENIR - 20 juin 2009 - Guainville]]></title>
<link>http://jeandelannoy.wordpress.com/2009/06/03/journee-souvenir-20-juin-2009-guainville/</link>
<pubDate>Wed, 03 Jun 2009 14:28:01 +0000</pubDate>
<dc:creator>jeandelannoy</dc:creator>
<guid>http://jeandelannoy.wordpress.com/2009/06/03/journee-souvenir-20-juin-2009-guainville/</guid>
<description><![CDATA[Philippe GLANARD, Maire de Guainville et Denis JOULAIN, Président de l&#8217;Association Les Amis de]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p align="center">Philippe GLANARD,<br />
Maire de Guainville<br />
et<br />
Denis JOULAIN,<br />
Président de l&#8217;Association Les Amis de Jean Delannoy,</p>
<p align="center">vous invitent à participer à la journée souvenir</p>
<p align="center"><strong>Jean DELANNOY<br />
Un homme public &#8211; une vie privée</strong></p>
<p align="center">le Samedi 20 juin 2009</p>
<p align="center">à Guainville (Eure et Loir)<br />
Salle Polyvalente &#8220;Daniel Bergin&#8221;</p>
<p align="center">Exposition ouverte de 10 h 00 à 18 h 00, avec télédiffusion en boucle du film de Pierre Unia : &#8220;Jean Delannoy, 75 ans de cinéma&#8221;</p>
<p align="center"> 11 h 00 Apéritif offert par la Municipalité de Guainville</p>
<p align="center"><em>Merci de nous confirmer votre présence au Tél. : 02 32 36 58 66</em></p>
<p align="center"><em> <a href="http://jeandelannoy.wordpress.com/files/2009/06/affiche-journee-guainville.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-124" title="affiche journee guainville" src="http://jeandelannoy.wordpress.com/files/2009/06/affiche-journee-guainville.jpg?w=207" alt="affiche journee guainville" width="207" height="300" /></a></em></p>
<p align="center"><em> </em></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Tintin/80e: Tous les travers de l'Amérique y sont représentés (Tintin in Amerikkka)]]></title>
<link>http://jcdurbant.wordpress.com/2009/05/31/tintin80e-tous-les-travers-de-lamerique-y-sont-representes-tintin-in-amerikkka/</link>
<pubDate>Sun, 31 May 2009 09:49:20 +0000</pubDate>
<dc:creator>jcdurbant</dc:creator>
<guid>http://jcdurbant.wordpress.com/2009/05/31/tintin80e-tous-les-travers-de-lamerique-y-sont-representes-tintin-in-amerikkka/</guid>
<description><![CDATA[Nous, Occidentaux, devons dénoncer fermement tout ce qui est américain dans sa maison, ses vêtements]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><h5><img src="http://www.carlsen.dk/billeder/cover560/8762607835.jpg" alt="Tintin in Amerika" width="250" height="336" align="left" /><img src="http://www.comicwiki.dk/images/thumb/Tintin-i-Amerika-Neger.jpg/304px-Tintin-i-Amerika-Neger.jpg" alt="Tintin in Amerika (original black nanny)" width="250" height="197" align="left" /></h5>
<h5><img src="http://www.comicwiki.dk/images/thumb/Tintin-i-Amerika-Europ%C3%A6er.jpg/300px-Tintin-i-Amerika-Europ%C3%A6er.jpg" alt="Tintin in Amerika (whitened nanny)" width="250" height="200" align="left" /></h5>
<h5><img src="http://www.tintin.free.fr/aventures/coke/versi1.jpg" alt="African slaves on route to Mecca (Red Sea sharks)" width="250" height="598" align="left" /></h5>
<h5><em>Nous, Occidentaux, devons dénoncer fermement tout ce qui est américain dans sa maison, ses vêtements, son âme. </em><a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2006/06/26/franceusa-la-passion-si-francaise-de-lantiamericanisme-the-american-enemy-the-long-history-of-french-anti-americanism/">George Duhamel</a> (&#8220;Scènes de la vie future&#8221;, 1930)<em> </em></h5>
<h5><em>Il y a du grabuge en perspective parce que le capitalisme et les capitalistes français sont en train de craquer. Ce qu’il leur faudrait, c’est une bonne vieille révolution.</em> <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2009/02/06/vive-la-crise-tintin-a-ses-soviets-et-sarko-son-le-pen-de-gauche-tintin-gets-his-soviets-and-sarko-his-le-pen-of-the-left/">Olivier Besancenot</a> (2009)</h5>
<p align="justify">
<h5><em>Le seul endroit acceptable pour ce livre est dans un musée, avec un grand panneau indiquant ‘âneries racistes à l’ancienne’.</em> <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2007/08/09/bd-tintin-en-enfer-tintin-in-the-congo-all-over-again/">Commission for Racial Equality</a></h5>
<h5><em>Pour le Congo tout comme pour Tintin au pays des Soviets, il se fait que j’étais nourri des préjugés du milieu bourgeois dans lequel je vivais… C’était en 1930. Je ne connaissais de ce pays que ce que les gens en racontaient à l’époque : &#8220;Les nègres sont de grands enfants, heureusement que nous sommes là !&#8221;, etc. Et je les ai dessinés, ces Africains, d’après ces critères-là, dans le pur esprit paternaliste qui était celui de l’époque en Belgique.</em> <a href="http://www.afrik.com/article12251.html">George Rémy</a> (dit Hergé, 1971)</h5>
<h5><em>Dans Coke en Stock, en montrant les Noirs promis à l&#8217;esclavage et des Arabes esclavagistes, je fais aussi du racisme, mais vis-à-vis des Arabes, cette fois! On en finira jamais!&#8230; (&#8230;) Et notez que, déjà dans Tintin en Amérique, je montrais la puissance blanche, la finance exploitant les Indiens. Pour un &#8220;raciste&#8221;, je ne cachais pas mes sympathies, il me semble! </em><a href="http://tintim.chez.com/actualite/actualite_3.htm">Hergé </a>(1971)</h5>
<h5><em>Moi, Monsieur, je ne veux pas aller à La Mecque. (&#8230;) Dans mon village, trois jeunes hommes sont partis pour La Mecque &#8230; Deux ans déjà déjà &#8230; Et jamais revenus &#8230; Ils sont sûrement esclaves maintenant&#8230; Je ne veux plus aller à la Mecque, moi, Monsieur. </em>Personnage africain de &#8220;Coke en stock&#8221; (1958)</h5>
<h5><em>On a souvent dit d&#8217;Hergé qu&#8217;il était raciste dans Tintin au Congo ou anti-bolchevik dans Tintin au pays des Soviets mais ce sont deux oeuvres de jeunesse et de commande datant de 1930 – 1931 (commande émanant de son patron l&#8217;abbé Wallez) Hergé exprime enfin ses idées personnelles dans Tintin en Amérique, c&#8217;était son voeu initial d&#8217;envoyer Tintin dans le nouveau monde. Tous les travers de l&#8217;Amérique y sont représentés: L&#8217;alcoolisme, le début de la « malbouffe », la guerre des gangs stigmatisée par Al Capone (seul personnage authentique figurant sous son vrai nom dans les aventures de Tintin), le lynchage des Noirs, les exécutions sans procès et l&#8217;exploitation des indiens spoliés de leurs territoires.Dans Tintin et le lotus bleu (1936), Hergé s&#8217;engagera encore et y dénoncera cette fois l&#8217;impérialisme japonais qui occupe la Chine avec l&#8217;assentiment de la SDN (Société Des Nations) et le racisme des occidentaux envers le peuple chinois, il récidivera dans Coke en Stock (1958) en défendant les Noirs musulmans destinés à un trafic d&#8217;esclaves.</em> Fontaine Peter</h5>
<div><strong>Et si, contre toute attente, le reporter du Petit Vingtième avait finalement plus en commun avec le petit <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2009/02/06/vive-la-crise-tintin-a-ses-soviets-et-sarko-son-le-pen-de-gauche-tintin-gets-his-soviets-and-sarko-his-le-pen-of-the-left/">facteur</a> de Neuilly qu’avec le <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2006/11/15/elections-2007-dieudonne-le-pen-meme-combat/">national-poujadiste</a>, octogénaire lui aussi, de Trinité-sur-mer?</strong></p>
<p>Au lendemain, <strong>en cette année du 80e anniversaire de Tintin</strong>,  de l’<a href="http://www.neuvieme-art.com/actu/Fanny-Rodwell-Herge-Musee-Herge-musee-473">inauguration</a> (polémique à souhait avec l’interdiction des photos par ses héritiers) et à la veille de l’<a href="http://www.neuvieme-art.com/actu/Fanny-Rodwell-Herge-Musee-Herge-musee-473">ouverture</a> du Musée Tintin de Louvain-la-Neuve dans la banlieue de Bruxelles &#8230;.</p>
<p>Avant, suite à sa première incursion en 1931, son grand <a href="http://livres.lexpress.fr/dossiers.asp?idc=14986&#38;idR=4">retour en Amérique</a> dans deux ans et sur grand écran avec la très attendue adaptation du &#8220;Secret de la Licorne&#8221; par Steven Spielberg, une trilogie étant même prévue …</p>
<p><strong>Machinisme, &#8220;malbouffe&#8221;, alcoolisme, dérives de la prohibition,  guerre des gangs, kidnappings, corruption policière, carences de la Justice, exécutions sans procès, exploitation et spoliation des Indiens, lynchage des Noirs …</strong></p>
<p>Retour sur l’un des secrets apparemment les mieux gardés de l’auteur de &#8220;Tintin au Congo&#8221;.</p>
<p>A savoir, derrière les sempiternelles accusations d’anti-bolchévisme primaire (&#8220;Tintin aux pays des soviets&#8221;) et de <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2007/08/09/bd-tintin-en-enfer-tintin-in-the-congo-all-over-again/">racisme</a> anti-noir (&#8220;Tintin au Congo&#8221;), le fait que Georges Rémy était en fait <strong>un anti-impérialiste et tiers-mondiste pur et dur </strong>digne de nos Georges Duhamel d&#8217;alors (&#8220;Scènes de la vie future&#8221; sont , avec le journal satirique <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Crapouillot">Le Crapouillot</a>, l’une de ses sources d’inspiration) ou de nos Besancenot actuels <strong>dont le <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2009/05/30/presidence-obama-obama-va-t-il-finir-par-demander-pardon-pour-la-2e-guerre-mondiale-will-obama-apologize-for-wwii/">Pleurnichard en chef</a> de <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2008/12/15/presidentielle-americaine-ma-propre-ville-de-chicago-a-compte-parmi-les-villes-les-plus-corrompues-de-lhistoire-americaine-my-own-city-of-chicago-has-been-one-of-the-most-corrupt-in-american-histo/">Chicago</a> lui-même pourrait être fier.</strong></p>
<p>Car, comme le montre un texte trouvé sur le net (d’un certain Fontaine Peter), après ses publications sous la Belgique occupée dans un journal aux mains des nazis qui lui valurent une interdiction de publier pendant deux ans après-guerre et l’album de commande contre la Russie stalinienne, <strong>y a-t-il </strong><strong>un travers de l’Amérique qu’il n’ait dénoncé</strong> dans son &#8220;Tintin en Amérique&#8221; de 1931?</p>
<p>Sans parler, outre les centaines de corrections auxquelles il s’est dûment soumis tout au long de sa carrière (&#8220;Tintin au Congo&#8221; compris, mais aussi la blanchisation en 1973 des portier d’hôtel et porteuse du bébé de &#8220;Tintin en Amérique&#8221;!), sa <strong>dénonciation des trafiquants de diamants</strong> (organisé par Al-Capone ! &#8211; &#8220;Tintin au Congo&#8221;), <strong>de drogue </strong>(&#8220;Les Cigares du Pharaon&#8221;, &#8220;Le Lotus bleu&#8221; et &#8220;Le Crabe aux pinces d&#8217;or&#8221;) <strong>et d&#8217;esclaves</strong> (&#8220;Coke en Stock&#8221;), l’invasion de la Chine par le Japon dans les années 1930 et la <strong>lâcheté des Européens retranchés dans leurs concessions de Shanghaï</strong> (&#8220;Le Lotus bleu&#8221;).</p>
<p>L’identité des cerveaux desdits trafics ne pouvant d’ailleurs prêter à confusion.</p>
<p>Outre le banquier Blumenstein financier new-yorkais de l&#8217;expédition concurrente de &#8220;l&#8217;Etoile mystérieuse &#8220;…</p>
<p>Et le <a href="http://criticusleblog.blogspot.com/2007/07/non-tintin-nest-pas-raciste.html">marchand</a> qui lui dispute le fétiche sacré de &#8220;L&#8217;Oreille cassée&#8221; (&#8220;nez crochu, cheveux huilés et crépus, petites bésicles et frottage de mains en signe manifeste d&#8217;avarice&#8221;) …</p>
<p>Ou le tristement célèbre Al Capone de &#8220;Tintin en Amérique&#8221; …</p>
<p>Le sinistre Rastatopoulos et faux producteur de cinéma des &#8220;Cigares du Pharaon&#8221; derrière l’odieuse filière esclavagiste de &#8220;Coke en stoke&#8221; comme de l’ignoble trafic d&#8217;opium du Lotus bleu, n’est autre, derrière le milliardaire américain d&#8217;origine grecque qui l&#8217;incarne, que <strong>le capitalisme américain le plus sauvage</strong> …<br />
<a href="http://209.85.229.132/search?q=cache:7mMEZoRMHokJ:malife.peterfontaine.fr/perso/HiDA.pdf+Tintin+en+Am%C3%A9rique,+une+Bande+Dessin%C3%A9e+engag%C3%A9e+%3F&#38;cd=1&#38;hl=fr&#38;ct=clnk&#38;gl=fr"><br />
<span style="font-family:Times;font-size:small;"><span style="font-size:16px;font-family:Times;"><strong>Tintin en Amérique, une Bande Dessinée engagée?</strong></span></span></a></div>
<div><span style="font-family:Times;font-size:small;"><span style="font-size:16px;font-family:Times;">Fontaine Peter</span></span></div>
<div>I) Critique du mode de vie des Américains<br />
a) économie et Industrie<br />
Hergé critique le mode de vie Américain dans Tintin en Amérique, notamment les usines alimentaires qui sortent de terre un peu partout à cette époque et le début de la nourriture industrielle de mauvaise qualité fabriquée à la chaine qu&#8217;on appelle aujourd&#8217;hui la « malbouffe »: Le patron de l&#8217;entreprise est prêt à jeter Tintin dans la broyeuse comme les animaux rentrent d&#8217;un coté sur un tapis roulant et ressortent de l&#8217;autre coté sans aucune intervention humaine &#8220;Vous voyez &#8230;Les bœufs arrivent par ici, sur un tapis roulant à la queue-leu-leu&#8230;.. et ils sortent à l&#8217;autre bout, sous forme de corned beef, de saucisses, de saindoux, etc.&#8221;)</p>
<p>Il critique aussi l&#8217;apparition des&#8221;villes champignon&#8221; proches des lieux où l&#8217;ont trouve en abondance des ressources naturelles tels que le pétrole par exemple :</p>
<p>b) Gang, Police et Corruption<br />
Hergé dénonce aussi la guerre des gangs qui fait rage depuis toujours dans ce pays. (&#8220;Je vous offre une prime de 20000 dollars si vous me tuez Al Capone&#8221;). La corruption policière est aussi représenté de plusieurs façon, dans un premier cas ce sera un policier qui salue un gangster. Dans d&#8217;autres cas on voit que les associations de malfaiteur ont pignon sur rue sans intervention de la police.</p>
<p>Dans les vignettes suivantes, on apprend que les kidnappings sont fréquents en Amérique. Les gangs les pratiquent afin de récolter des fonds (&#8220;votre chien ne vous sera rendu que contre une rançon de 100 000 dollars&#8221;).</p>
<p>c) Les dérives de la prohibition</p>
<p>L&#8217;alcoolisme des américains durant la prohibition est aussi critiqué dans cet album, ici Hergé nous montre avec humour le shérif tomber complètement ivre au pied d&#8217;un panneau qu&#8217;il a lui même planter afin de prévenir les citoyen des peines encourues en cas d&#8217;alcoolisme.</p>
<p>II) L&#8217;exploitation des Indiens</p>
<p>Hergé nous montre aussi dans cette case pathétique, la place des Indiens aux États-Unis, certains de ces Indiens ne sont là que pour être pris en photo tels des sites touristiques. Mais aussi, la facilité des Américains à spolier les Indiens de leurs terres lorsqu&#8217;il y a un intérêt financier derrière. Là on peut voir que l&#8217;américain achète pour vingt cinq dollars les terres (&#8220;Voici vingt-cinq dollars, vieil hibou&#8221;) avec le soutien de l&#8217;armée qui, une heure après l&#8217;achat, expulse les Indiens</p>
<p>III) Dénonciation des carences de la Justice américaine</p>
<p>Pour finir, Hergé dénonce aussi la justice Américaine, le lynchage et la pendaison arbitraire de Noirs (« J&#8217;ai donné l&#8217;alarme, on a immédiatement pendu sept nègres, mais le coupable s&#8217;est enfui&#8230; »,<br />
« 44 nègres ont été lynchés »). Mais aussi l&#8217;auto-défense et la justice aveugle par les citoyens sans procès. Dans la vignette suivante Tintin se retrouve au bout d&#8217;une corde sans comprendre pourquoi. Le bourreau est encouragé par les spectateurs qui crient « A mort! »</p>
<p>Conclusion</p>
<p>On a souvent dit d&#8217;Hergé qu&#8217;il était raciste dans Tintin au Congo ou anti-bolchevik dans Tintin au pays des Soviets mais ce sont deux oeuvres de jeunesse et de commande datant de 1930 – 1931 (commande émanant de son patron l&#8217;abbé Wallez) Hergé exprime enfin ses idées personnelles dans Tintin en Amérique, c&#8217;était son voeu initial d&#8217;envoyer Tintin dans le nouveau monde. Tous les travers de l&#8217;Amérique y sont représentés: L&#8217;alcoolisme, le début de la &#8220;malbouffe&#8221;, la guerre des gangs stigmatisée par Al Capone (seul personnage authentique figurant sous son vrai nom dans les aventures de Tintin), le lynchage des Noirs, les exécutions sans procès et l&#8217;exploitation des indiens spoliés de leurs territoires.Dans Tintin et le lotus bleu (1936), Hergé s&#8217;engagera encore et y dénoncera cette fois l&#8217;impérialisme japonais qui occupe la Chine avec l&#8217;assentiment de la SDN (Société Des Nations) et le racisme des occidentaux envers le peuple chinois, il récidivera dans Coke en Stock (1958) en défendant les Noirs musulmans destinés à un trafic<br />
d&#8217;esclaves.</p>
<p>Le clou était sans conteste la tente de Bédouin installée dans les jardins de l&#8217;hôtel Marigny. Elle était incongrue, ce qui était probablement le but recherché. Elle ressemblait à celle que le petit Abdallah, avec tous ses serviteurs et sa panoplie de farces et attrapes, plante au beau milieu du salon du château de Moulinsart, au grand dam du capitaine Haddock, dans Coke en stock. Il y a un côté Abdallah chez Kadhafi.</p>
<p><strong>Voir aussi:</strong></div>
<div>Vu &#38; commenté<br />
<a href="http://abonnes.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/ARCHIVES/archives.cgi?ID=5aeb5d1ee1758df2555611f94b8d2e4a1ea68cfcc13cae8a"><strong>Le petit Abdallah campe à Moulinsart</strong></a><br />
Dominique Dhombres<br />
Le Monde<br />
12.12.07</p>
<p>Question spectacle, le colonel Kadhafi n&#8217;a pas raté son entrée. Une heure de retard à Orly, qui a obligé Michèle Alliot-Marie, l&#8217;air renfrogné, à grelotter pour l&#8217;attendre dans le froid et sous la pluie.</p>
<p>Une limousine blanche interminable, un cortège d&#8217;une centaine de voitures, et bien sûr les athlétiques jeunes femmes en treillis qui lui servent de gardes du corps. Le clou était sans conteste la tente de Bédouin installée dans les jardins de l&#8217;hôtel Marigny. Elle était incongrue, ce qui était probablement le but recherché. Elle ressemblait à celle que le petit Abdallah, avec tous ses serviteurs et sa panoplie de farces et attrapes, plante au beau milieu du salon du château de Moulinsart, au grand dam du capitaine Haddock, dans Coke en stock.</p>
<p>Il y a un côté Abdallah chez Kadhafi. On pouvait suivre toutes ces facéties dans les journaux télévisés et sur les chaînes d&#8217;info, car le colonel était incontestablement, lundi 10 décembre, le héros du jour. On le voyait avancer lentement, et même très lentement, en gandoura brune et toque noire, dans la cour de l&#8217;Elysée. Il n&#8217;avait pas foulé ce gravier depuis 1973. Il savourait son plaisir. Question polémique, le colonel était également servi. Cela avait commencé tôt lundi matin avec l&#8217;entretien donné au Parisien par Rama Yade dans lequel celle-ci expliquait que la République n&#8217;était pas « un paillasson ». Plus tard dans la journée, la secrétaire d&#8217;Etat aux droits de l&#8217;homme, après avoir affirmé qu&#8217;elle ne démissionnerait pas, restait obstinément muette.</p>
<p>Bernard Kouchner ajoutait un gag à cet ensemble déjà fourni en déclarant, l&#8217;air mutin, qu&#8217;il ne pourrait se rendre au dîner donné lundi soir à l&#8217;Elysée en l&#8217;honneur du colonel car, « heureux hasard », il était retenu à Bruxelles pour des réunions importantes. Cela faisait un peu désordre, et Nicolas Sarkozy jugeait utile d&#8217;intervenir à son tour. « La France reçoit un chef d&#8217;Etat qui a choisi de renoncer définitivement au terrorisme », disait-il. L&#8217;argument selon lequel « la France parle à tout le monde » était classique. Les contrats industriels et d&#8217;armement aussi, d&#8217;ailleurs. Plus originale était la dénonciation des donneurs de leçons du Café de Flore. Nicolas Sarkozy visait probablement Bernard-Henri Lévy. Dans le flot de déclarations des uns et des autres, un propos se détachait. Il émanait d&#8217;un expert sur tout ce qui concerne le colonel Kadhafi. Sur LCI, Roland Dumas interprétait la phrase récemment prononcée par ce dernier à Lisbonne : « Il est normal que les faibles aient recours au terrorisme. » L&#8217;ancien ministre des affaires étrangères y voyait « davantage une tentative d&#8217;explication scientifique ou historique qu&#8217;une justification du terrorisme ». Le colonel a acquis de nouveaux fans, mais il en conserve quelques anciens.</p>
<p><strong>Voir enfin:</strong></p>
<div><em> Toutes les opinions sont libres, y compris celle de prétendre que je suis raciste&#8230; Mais enfin, soit! Il y a eu Tintin au Congo, je le reconnais. C&#8217;était en 1930. Je ne connaissais de ce pays que ce que les gens en racontaient à l&#8217;époque: «Les nègres sont de grands enfants&#8230; Heureusement pour eux que nous sommes là! etc&#8230;» Et je les ai dessinés, ces Africains, d&#8217;après ces critères-là, dans le plus pur esprit qui était celui de l&#8217;époque, en Belgique. Plus tard, au contraire, dans Coke en Stock &#8211; et même si l&#8217;on parle «petit nègre» -, il me semble que Tintin fait assez la preuve de son anti-racisme, non?&#8230; C&#8217;est comme avec les romanichels des Bijoux. L&#8217;attitude de Tintin et celle du capitaine Haddock sont identiques: ils prennent leur défense, à l&#8217;encontre de tous les préjugés. Seulement dans Coke en Stock, en montrant les Noirs promis à l&#8217;esclavage et des Arabes esclavagistes, je fais aussi du racisme, mais vis-à-vis des Arabes, cette fois! On en finira jamais!&#8230; Pour le Congo, tout comme pour Tintin au Pays des Soviets, il se fait que j&#8217;étais nourri des préjugés du milieu bourgeois dans lequel je vivais. En fait, Les Soviets et le Congo ont été des péchés de jeunesse. Ce n&#8217;est pas que je les renie. Mais enfin, si j&#8217;avais à les refaire, je les referais tout autrement, c&#8217;est sûr. Et puis quoi qu&#8217;il en soit, à tout péché miséricorde!&#8230; Et notez que, déjà dans Tintin en Amérique, je montrais la puissance blanche, la finance exploitant les Indiens. Pour un «raciste», je ne cachais pas mes sympathies, il me semble! Et mes Chinois du Lotus Bleu? Souvenez-vous des avanies que les Blancs leur faisaient subir&#8230; Je ne cherche pas à m&#8217;excuser: j&#8217;avoue que mes livres de jeunesse étaient typiques de la mentalité bourgeoise belge d&#8217;alors: c&#8217;étaient des livres «belgicains»!&#8230;</em></p>
<p><em>Blumenstein/Bohlwinckelc J&#8217;ai effectivement représenté un financier antipathique sous les apparences sémites, avec un nom juif: le Blumenstein de L&#8217;étoile mystérieuse. Mais cela signifie-t-il antisémitisme?&#8230; Il me semble que, dans ma panoplie d&#8217;affreux bonshommes, il y a de tout: j&#8217;ai montré pas mal de &#8220;mauvais&#8221; de diverses origines, sans faire un sort particulier à telle ou telle race. On a toujours raconté des histoires juives, des histoires marseillaises, des histoires écossaises. Ce qui, en soi, n&#8217;a rien de bien méchant. Mais qui aurait prévu que les histoires juives, elles, allaient se terminer, de la façon que l&#8217;on sait, dans les camps de la mort de Treblinka et d&#8217;Auschwitz?&#8230; A un moment donné, j&#8217;ai d&#8217;ailleirs supprimé le nom Blumenstein et je l&#8217;ai remplacé par un autre nom qui signifie, en bruxellois, une petite boutique de confiserie: bollewinkel. Pour faire plus &#8220;exotique&#8221; je l&#8217;ai ortographié Bohlwinckel. Et puis, plus tard, j&#8217;ai appris que ce nom était, lui aussi, un véritable patronyme israélite!</em></p>
<p><a href="http://tintim.chez.com/actualite/actualite_3.htm"><strong>Numa Sadoul, Entretiens avec Hergé</strong></a> , 1971, pp, 74- 75.</div>
</div>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[L'atelier du monde. L'avenir d'un éternel présent]]></title>
<link>http://bertrandterlindeninarchitecture.wordpress.com/2009/05/22/latelier-du-monde-lavenir-dun-eternel-present/</link>
<pubDate>Fri, 22 May 2009 14:57:34 +0000</pubDate>
<dc:creator>Bertrand Terlinden</dc:creator>
<guid>http://bertrandterlindeninarchitecture.wordpress.com/2009/05/22/latelier-du-monde-lavenir-dun-eternel-present/</guid>
<description><![CDATA[L&#8217;atelier du monde]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://bertrandterlindeninarchitecture.wordpress.com/files/2009/05/0-9-latelier-du-monde-13-5-06.doc">L&#8217;atelier du monde</a></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Discours à l'occasion du départ de Marcel Pesleux]]></title>
<link>http://bertrandterlindeninarchitecture.wordpress.com/2009/05/22/discours-a-loccasion-du-depart-de-marcel-pesleux/</link>
<pubDate>Fri, 22 May 2009 14:55:49 +0000</pubDate>
<dc:creator>Bertrand Terlinden</dc:creator>
<guid>http://bertrandterlindeninarchitecture.wordpress.com/2009/05/22/discours-a-loccasion-du-depart-de-marcel-pesleux/</guid>
<description><![CDATA[Marcel Pesleux]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://bertrandterlindeninarchitecture.wordpress.com/files/2009/05/0-8-marcel-pesleux.doc">Marcel Pesleux</a></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Tiananmen/20e: Massacre? Quel massacre? (Real architect of China’s economic miracle reaches out from the grave to lash out at Tiananmen’s butchers)]]></title>
<link>http://jcdurbant.wordpress.com/2009/05/20/tienanmen20e-massacre-quel-massacre-real-architect-of-china%e2%80%99s-economic-miracle-reaches-out-from-the-grave-to-lash-out-at-tienamen%e2%80%99s-butchers/</link>
<pubDate>Wed, 20 May 2009 10:31:42 +0000</pubDate>
<dc:creator>jcdurbant</dc:creator>
<guid>http://jcdurbant.wordpress.com/2009/05/20/tienanmen20e-massacre-quel-massacre-real-architect-of-china%e2%80%99s-economic-miracle-reaches-out-from-the-grave-to-lash-out-at-tienamen%e2%80%99s-butchers/</guid>
<description><![CDATA[Un gouvernement qui n&#8217;est pas responsable face à son propre peuple ne peut être responsable fa]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><h5><img src="http://images.artnet.com/images_US/magazine/reviews/davis/davis11-12-07-1.jpg" alt="Execution (Yue Minjun)" width="450" height="224" align="left" /><em>Un gouvernement qui n&#8217;est pas responsable face à son propre peuple ne peut être responsable face au reste du monde.  (…) Ne pas vouloir offenser la Chine signifie qu&#8217;ils ne peuvent pas aider la Chine, ne peuvent pas aider le peuple chinois à jouir de ses droits et ne peuvent pas aider la communauté internationale à intégrer un membre fiable, stable et pacifique. Cela n&#8217;est pas une bonne chose. Si le monde est indifférent, il porte une grande part de la responsabilité.</em> Bao Tong (ami personnel de Zhao Ziyang)</h5>
<h5><em>Tant que le parti ne reverra pas son jugement sur le 4 juin, et ne reconnaîtra pas que c&#8217;était un mouvement patriotique et démocratique, la démocratie ne pourra pas avancer ici. Cela veut dire que tout ce qu&#8217;ils nous racontent sur la démocratie en marche et les droits de l&#8217;Homme ne sont que mensonges.</em> <a href="http://www.aujourdhuilachine.com/actualites-chine-tiananmen-si-le-monde-est-indifferent-il-porte-une-grande-part-de-responsabilite--11070.asp?1=1">Qi Zhiyong</a> (ancien étudiant ayant perdu une jambe sous les balles le 4 juin)</h5>
<h5><em>Jusqu&#8217;à présent la communauté internationale (&#8230;) a adopté une politique d&#8217;apaisement à l&#8217;égard du gouvernement chinois.</em> Ding Zilin (Mère d’une des victimes du 4 juin)</h5>
<h5><em>Nous les démocrates chinois, nous sommes comme les Juifs dans l’Allemagne Nazie. Pourquoi les Occidentaux ne viennent pas à notre secours est un grand mystère. Lorsque nous aurons tous été exterminés, vous aurez honte de votre passivité. Vous vous demanderez pourquoi vous ne nous aviez pas vu disparaître?</em> <a href="http://gsorman.typepad.com/guy_sorman/2009/05/la-chine-mindigne.html">Liu Xia</a> (épouse du dissident emprisonné Liu Xiaobo)</h5>
<h5><em>Il a été l&#8217;homme qui, lorsque le pouvoir absolu est devenu fou, a sonné la cloche de la compassion et de la raison.</em> <a href="http://chine.blogs.liberation.fr/pekin/2005/01/rip.html">Bao Tong</a> (ancien secrétaire particulier de Zhao Ziyang)</h5>
<h5><em>J&#8217;avais dit, à l&#8217;époque, que la plupart des gens nous demandaient de corriger nos imperfections et ne voulaient pas renverser le système politique. Je me suis dit que, quoi qu&#8217;il arrive, je refuserais d&#8217;être le secrétaire général du parti qui aura mobilisé la troupe pour tirer sur les étudiants. (…)  En réalité, c&#8217;est le système occidental de la démocratie parlementaire qui a fait la preuve de la plus grande vitalité. Si nous ne prenons pas cette direction, il nous sera impossible de gérer les conséquences du passage à l&#8217;économie de marché en Chine.</em> Zhao Ziyang</h5>
<h5><em>A la lecture du compte rendu sans fioritures et prétentions de Zhao concernant sa propre gestion à la tête du Parti, il devient évident que c&#8217;était lui plutôt que Deng qui était l&#8217;architecte réel des réformes.</em> <a href="http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2009/05/14/AR2009051400942.html">Roderick MacFarquhar</a> (historien de Harvard et préfacier des mémoires de Zhao)</h5>
<h5><em>Tout se passe comme si les intérêts économiques prévalaient sur la solidarité élémentaire avec ceux qui souffrent du manque de liberté.</em> <a href="http://www.aujourdhuilachine.com/informations-chine-vaclav-havel-appelle-a-evoquer-les-droits-de-l-homme-lors-du-sommet-chine-ue-11155.asp?1=1">Vaclav Havel</a></h5>
<p align="justify">Au moment même où après la <a href="http://www.euractiv.com/fr/affaires-etrangeres/pkin-annule-sommet-ue-chine-stupfaction-bruxelles/article-177555">brouille</a> vite oubliée  de l’an dernier sur le dalai lama, <a href="http://www.lexpress.fr/actualites/1/la-chine-et-l-ue-celebrent-leur-reconciliation-lors-d-un-sommet_761777.html">l’Europe</a> à la mémoire courte &#8220;célèbre ses retrouvailles&#8221; à Prague avec les bouchers de Tiananmen …</p>
<p>Et où, <strong>à trois semaines du XXe anniversaire du <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2008/06/04/chine-comment-perdre-un-mandat-du-ciel-qu%e2%80%99on-n%e2%80%99a-jamais-eu-enough-karma-and-numerology-crap-hu-and-wen%e2%80%99s-party-is-just-a-bunch-of-unrepentant-serial-killers/">massacre du 4 juin</a></strong>, les quelque peu <a href="http://abonnes.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/04/15/therese-delpech-et-francois-heisbourg-penser-le-monde-de-l-apres-crise_1180937_1101386.html">nerveux</a> dits <a href="http://jcdurbant.wordpress.com/2006/05/28/chine-decrochez-ce-monstrueux-portrait-de-tienanmen-take-down-that-monster-portrait-from-tiananmen-square/">bouchers</a> commencent déjà à interpeller ou harasser les <a href="http://www.aujourdhuilachine.com/actualites-chine-des-dissidents-chinois-interpelles-ou-harceles-pour-un-anniversaire-sensible-10911.asp?1=1">dissidents</a>, anciens et actuels …</p>
<p>Retour sur les mensonges de &#8220;la version officielle d&#8217;un complot &#8220;contre-révolutionnaire&#8221; et de la répression inévitable d&#8217;une &#8216;bande de gangsters&#8217; &#8221; .…</p>
<p>Avec la sortie des <strong>mémoires posthumes (et enregistrés secrètement) de Zhao</strong>, l&#8217;ancien numéro un du Parti communiste <span class="chapo">décédé il y a quatre ans </span>et <a href="http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2009/05/14/AR2009051400942.html"><strong>véritable auteur du miracle économique chinois</strong></a> qui s’était alors opposé à la répression du mouvement étudiant et l’avait payé au prix fort, finissant  sa vie en résidence surveillée …</p>
<p><a href="http://www.lefigaro.fr/international/2009/05/16/01003-20090516ARTFIG00156-tiananmen-les-emouvants-memoires-de-zhao-ziyang-.php"><strong>Tiananmen : les émouvants Mémoires de Zhao Ziyang</strong></a><br />
Arnaud de La Grange<br />
Le Figaro<br />
15/05/2009</p>
<p>Du fond de sa tombe, Zhao Ziyang vient une fois de plus tirer la manche des dirigeants chinois. À trois semaines du XXe anniversaire de Tiananmen, l&#8217;annonce de la publication des Mémoires inédits du patron du Parti communiste évincé à l&#8217;époque est un joli lever de rideau. L&#8217;ancien numéro un du parti s&#8217;était opposé à la répression du mouvement étudiant de 1989.</p>
<p>L&#8217;histoire même de ces Mémoires est un roman. Après avoir été évincé de la direction communiste, Zhao avait été placé en résidence surveillée pendant quinze ans, jusqu&#8217;à sa mort à Pékin le 17 janvier 2005. Le livre est le fruit d&#8217;une trentaine d&#8217;heures d&#8217;enregistrement réalisé en secret, les cassettes étant ensuite transmises clandestinement à trois de ses proches et sorties aussi discrètement du pays. Le document va être publié ce mois-ci en anglais, sous le titre Prisonnier de l&#8217;État, par la maison d&#8217;édition Simon &#38; Schuster. Pour la version chinoise, cela reste une affaire de famille. C&#8217;est le fils de Bao Tong, ancien bras droit de Zhao Ziyang, qui a passé sept ans en prison après 1989, qui va publier l&#8217;ouvrage à Hongkong.</p>
<p>Selon Bao Pu, qui dirige la maison d&#8217;édition New Century Press, Zhao n&#8217;avait pas laissé d&#8217;instructions mais voulait donner sa version des faits pour contester l&#8217;histoire officielle.</p>
<p>Témoigner pour l&#8217;histoire</p>
<p>De fait, Zhao Ziyang bat en brèche la version officielle d&#8217;un complot « contre-révolutionnaire » et de la répression inévitable d&#8217;une « bande de gangsters ». Dans son récit, on peut lire : « J&#8217;avais dit, à l&#8217;époque, que la plupart des gens nous demandaient de corriger nos imperfections et ne voulaient pas renverser le système politique. »</p>
<p>Après d&#8217;âpres débats et autant d&#8217;atermoiements, tout se joue le 18 mai, quand est prise la décision d&#8217;imposer la loi martiale. Zhao s&#8217;y refuse. « Je me suis dit que, quoi qu&#8217;il arrive, je refuserais d&#8217;être le secrétaire général du parti qui aura mobilisé la troupe pour tirer sur les étudiants », écrit-il.</p>
<p>La suite se lit sur un film émouvant. On se souvient de ces incroyables images où l&#8217;on voit Zhao Ziyang descendre au-devant des étudiants sur la place Tiananmen le soir du 19 mai 1989. Il les exhorte à rentrer chez eux, s&#8217;excuse, devant les caméras. « Nous sommes venus trop tard », finit-il par lâcher, les larmes aux yeux. Dans la nuit du 3 au 4 juin, le dirigeant réformiste vit le drame au plus près. « J&#8217;étais assis dans la cour de la maison avec ma famille, lorsque j&#8217;ai entendu des tirs nourris, raconte-t-il. Cette tragédie qui allait bouleverser le monde n&#8217;avait pu être évitée. »</p>
<p>Mais Zhao ne témoigne pas seulement pour l&#8217;histoire. Il voulait aussi passer son message pour l&#8217;avenir chinois, celui d&#8217;une transition progressive vers une démocratie à l&#8217;occidentale. « En réalité, c&#8217;est le système occidental de la démocratie parlementaire qui a fait la preuve de la plus grande vitalité, avance-t-il. Si nous ne prenons pas cette direction, il nous sera impossible de gérer les conséquences du passage à l&#8217;économie de marché en Chine. » À plusieurs reprises cette année, des responsables chinois ont affirmé que cette évolution vers les pervers systèmes politiques occidentaux était hors sujet.</p>
<p>Les Mémoires de Zhao ont donc toutes les chances de circuler sous le manteau en Chine. Sans faire sans doute un best-seller clandestin, tant le gommage officiel de ces événements dans l&#8217;histoire apprise par les jeunes générations a été efficace.</p>
<p><strong>Voir aussi:</strong></p>
<div><a href="http://abonnes.lemonde.fr/a-la-une/article/2009/05/16/tiananmen-le-brulot-posthume-de-zhao-ziyang_1194002_3208.html"><strong>Tiananmen: le brûlot posthume de Zhao Ziyang</strong></a><br />
Brice Pedroletti<br />
Le Monde<br />
16.05.09<br />
Pékin Correspondance</p>
<p>Ce sont trente heures de monologues enregistrées en secret sur de vieilles cassettes audio pour enfants alors qu&#8217;il était en résidence surveillée, au début des années 2000. Les Mémoires posthumes de Zhao Ziyang, ancien secrétaire général du Parti communiste chinois, écarté du pouvoir lors des événements de Tiananmen &#8211; survenus en mai 1989, et que le gouvernement veut faire oublier &#8211; et mort en 2005, constituent un véritable brûlot politique.</p>
<p>L&#8217;ouvrage, Prisoner of the State : the Secret Journal of Zhao Ziyang (&#8220;Prisonnier de l&#8217;Etat : le journal secret de Zhao Ziyang&#8221;), a été mis en vente à Hongkong, en anglais, il y a quelques jours, en avant-première de sa sortie, mardi 19 mai, dans le reste du monde (Simon &#38; Schuster éd.). Personne ne s&#8217;attendait à cette charge, à moins d&#8217;une semaine des vingt ans du massacre de Tiananmen, le 4 juin.</p>
<p>&#8221; C&#8217;est très important, c&#8217;est la première fois qu&#8217;on a la version directe d&#8217;un acteur fondamental de ces événements. On n&#8217;avait jamais vu un dirigeant communiste chinois raconter de manière aussi directe ce qui s&#8217;est passé au sein du pouvoir, et parler aussi librement de ses collègues&#8221;, réagit au téléphone, depuis Hongkong, Jean-Philippe Béja, chercheur au Centre d&#8217;études français sur la Chine contemporaine (CEFC) et spécialiste du mouvement démocratique chinois. L&#8217;ancien bras droit de Zhao Ziyang, Bao Tong, encore très surveillé à Pékin, a aidé à rassembler les éléments disséminés par Zhao Ziyang. Son fils Bao Pu est l&#8217;un des traducteurs de l&#8217;ouvrage à Hongkong.</p>
<p>Des internautes chinois ont, selon la presse hongkongaise, téléchargé des extraits sonores des paroles de l&#8217;ancien dirigeant, très peu connu des jeunes générations. Le livre écorne sérieusement le mythe de Deng Xiaoping (dirigeant de 1976 à 1997) comme architecte des réformes. Il fustige la lâcheté et l&#8217;incompétence de Li Peng et de Jiang Zemin, les partisans de la ligne dure et successeurs de Zhao Ziyang, et se termine sur un appel à l&#8217;instauration d&#8217;une démocratie parlementaire en Chine. Cela n&#8217;a pas encore suscité de réaction officielle en République populaire, où toute mention de l&#8217;ex-secrétaire général est taboue. Mais l&#8217;ouvrage renforce la lutte des acteurs, persécutés mais non moins actifs, du mouvement démocratique qui réclament une réforme du système politique.</p>
<p>Partisan d&#8217;un dialogue avec les étudiants dont les revendications étaient pour lui légitimes, Zhao Ziyang raconte les manoeuvres de Li Peng pour faire publier, en son absence, dans le Quotidien du peuple, le fameux éditorial du 26 avril, étiquetant comme &#8221; troubles antiparti et antisocialistes&#8221; les rassemblements pacifiques sur la place Tiananmen. Un éditorial qui radicalisera les manifestants.</p>
<p>Le 17 mai, invité à se rendre chez Deng Xiaoping, Zhao Ziyang, alors numéro un du parti, découvre que celui-ci a rassemblé les membres du comité permanent du bureau politique. Le patriarche décidera de l&#8217;application de la loi martiale, qui ne fait même pas l&#8217;objet d&#8217;un vote, en violation des procédures internes du parti. &#8220;Ma mission historique était, semble-t-il, terminée&#8230; Je me suis dit alors que, quoi qu&#8217;il arriverait, je ne serais pas le secrétaire général qui donnerait l&#8217;ordre à l&#8217;armée de mener l&#8217;assaut contre les étudiants&#8221;, écrit M. Zhao.</p>
<p>Les détails des luttes entre les factions réformistes et conservatrices autour de Deng Xiaoping lors des événements de 1989 avaient en grande partie été dévoilés par les documents officiels secrets exfiltrés à l&#8217;étranger et rassemblés dans l&#8217;ouvrage Tiananmen Papers (Les Archives de Tiananmen) par un mystérieux compilateur se faisant appelé Zhang Liang, en 2001. Les Mémoires de Zhao Ziyang les confirment.</p>
<p>&#8220;A part le fait qu&#8217;il n&#8217;y a pas eu de vote le 17 mai &#8211; ce qui de toute façon était déjà en soi une violation des procédures -, on retrouve le déroulement des événements au sein du parti. Ce qui va plus loin, c&#8217;est de voir confirmé combien Deng Xiaoping avait très peur de tout ce qui est réforme politique, et qu&#8217;il avait une sainte horreur de la libération bourgeoise. Alors qu&#8217;avait été longtemps véhiculée la thèse selon laquelle Deng avait été trompé par Li Peng et les conservateurs, et qu&#8217;il avait agi à cause de ça&#8230;&#8221;, explique M. Béja, qui a préfacé et traduit en français Les Archives de Tiananmen.</p>
<p>Dans le récit qu&#8217;il fait de la période de l&#8217;ouverture économique, Zhao Ziyang, qui lança les premières réformes sur le terrain au Sichuan avant d&#8217;être nommé premier ministre par Deng Xiaoping en 1980, déboulonne le mythe du &#8220;petit timonier&#8221; comme architecte des réformes économiques. Même s&#8217;il reconnaît que celles-ci n&#8217;auraient pas pu se faire sans lui, Deng Xiaoping y apparaît comme un &#8220;parrain&#8221;, arbitre des différentes tendances au sein du parti, alors que c&#8217;est Zhao Ziyang qui impulse la décollectivisation et met en place les réformes-clés de conversion à l&#8217;économie de marché.</p>
<p>Il fustige les manigances d&#8217;officiels aujourd&#8217;hui couronnés pour leur prétendue contribution au développement économique, alors qu&#8217;ils ont tout fait pour le contrer. Expédié aux oubliettes de l&#8217;histoire officielle, l&#8217;ancien numéro un du parti fait résonner, dans le silence assourdissant qui entoure aujourd&#8217;hui la question des réformes politiques en Chine, ses réflexions sur la démocratie et l&#8217;impérieuse nécessité pour Pékin de mettre en place une &#8220;démocratie parlementaire&#8221; s&#8217;il souhaite &#8220;maintenir une économie de marché saine&#8221;. Sans quoi, la Chine se retrouvera confrontée, comme les autres pays en développement, à &#8220;la commercialisation du pouvoir, à une corruption rampante, et à une polarisation de la société entre les riches et les pauvres&#8221;.</p></div>
</div>]]></content:encoded>
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<title><![CDATA[Décès de Roger Planchon: hommages à une "figure fondatrice" de la ... ]]></title>
<link>http://goldenvb.wordpress.com/2009/05/14/deces-de-roger-planchon-hommages-a-une-figure-fondatrice-de-la/</link>
<pubDate>Thu, 14 May 2009 17:15:23 +0000</pubDate>
<dc:creator>goldenvb</dc:creator>
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<description><![CDATA[L&#8217;homme de théâtre Roger Planchon, décédé mardi soir des suites d&#8217;une crise cardiaque à ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p> L&#8217;homme de théâtre Roger Planchon, décédé mardi soir des suites d&#8217;une crise cardiaque à l&#8217;âge de 77 ans, était une &#8220;figure fondatrice&#8221; de la vie culturelle française, selon les mots de Christine Albanel.</p>
<p>Dans un communiqué diffusé mercredi par l&#8217;Elysée, le chef de l&#8217;Etat souligne que Roger Planchon &#8220;est mort dans l&#8217;action, comme tant de grands créateurs talentueux et passionnés qui ne cessent jamais de produire, qui ont toujours des idées à apporter, des projets à nourrir, des oeuvres à partager&#8221;.</p>
<p>&#8220;Que ce soit au théâtre de la Comédie ou au théâtre national populaire de Villeurbanne, devenu une institution majeure de notre vie culturelle, il a fait du théâtre un lieu populaire, accessible, actuel, un lieu de vie poétique et politique, ignorant les frontières artificielles que certains posent entre les classiques et les modernes, exhumant toujours l&#8217;intemporel, l&#8217;universel niché au coeur des textes&#8221;, souligne le président.</p>
<p>Pour la ministre de la Culture, le metteur en scène et comédien, &#8220;a consacré sa vie à l&#8217;aventure du théâtre, revisitant avec audace et subtilité les grands classiques du répertoire et explorant les frontières de la création contemporaine&#8221;.</p>
<p>Source:</p>
<p>http://fr.news.yahoo.com/3/20090513/tcu-theatre-planchon-deces-synthese-45f4a08.html</p>
<p>Liens Sponsorises :  &#124; <a href="http://www.annoncevous.com/78_Toulouse/"> Toulouse</a> &#124; <a href="http://www.annoncevous.com/40_Laval/"> Laval</a> &#124; <a href=""></a> <a href="http://fr.wordpress.com/tag/actualites-le-parisien/feed/">actualites le parisien</a></p>
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