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	<title>illich &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
	<link>http://en.wordpress.com/tag/illich/</link>
	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "illich"</description>
	<pubDate>Wed, 10 Feb 2010 16:11:07 +0000</pubDate>

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	<language>en</language>

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<title><![CDATA[How to start your own personal school: Part 1 - School of Everything]]></title>
<link>http://christinegeith.wordpress.com/2010/01/11/how-to-start-your-own-personal-school-part-1-school-of-everything/</link>
<pubDate>Mon, 11 Jan 2010 01:02:51 +0000</pubDate>
<dc:creator>cgeith</dc:creator>
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<description><![CDATA[I&#8217;ve started looking at online teaching platforms for small-scale schools or classes. My Mom i]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><div>I&#8217;ve started looking at online teaching platforms for small-scale schools or classes. My Mom is a keyboard/piano teacher and wants to try teaching online. It&#8217;s easy enough to set her up with the basics  &#8211; like Skype and a camera &#8211; but, what else can she use? And, would there be benefits affiliating with a network of some kind?</div>
<div> </div>
<div>So, I began my quest with <a href="http://schoolofeverything.com/">School of Everything</a>. SOE was started 2 years ago by Paul Miller, Peter Brownell, Andy Gibson, Mary Harrington, Douglas Hine as the &#8220;eBay for teaching and learning.&#8221; They&#8217;ve earned some impressive web buzz and innovation awards. <a href="http://reinventing.schoolofeverything.com/whats-worked-and-what-hasnt-commission-on-payments/">By the last quarter 2009 </a>they had 7,500 teachers, 25,000 members and 300,000 unique visitors  &#8211; but only about 20% of the revenue they originally anticipated from sharing 5% of the fees. They are now &#8220;reinventing everything&#8221; judging by the title of Paul Miller&#8217;s blog posts <a href="http://reinventing.schoolofeverything.com/">http://reinventing.schoolofeverything.com/</a>.</div>
<div>I admire their transparency, and that they are using one of my favorite books, <em>Four Steps to the Epiphany</em> by Steve Blank, as one of their guides (see this <a href="http://reinventing.schoolofeverything.com/understanding-epiphanies/">post by Paul</a> for links to Epiphany resources). I also like that their foundational values are reportedly based in ideas like the <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Midpeninsula_Free_University">Free University in Palo Alto</a> in the 1960&#8217;s and in the thinking of Ivan Illich (<a href="http://www.meetup.com/School-of-Everything/calendar/12050899/">Douglas Hine&#8217;s meetup this month</a> focused on Illich&#8217;s 1990&#8217;s writings on the future of the university).  I can&#8217;t wait to see what they figure out for their business model.</div>
<div> </div>
<div>In the meantime, the quest continues with Part 2 in the next post.</div>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[La convivialité d'Ivan Illich]]></title>
<link>http://jyelka.wordpress.com/2009/11/10/la-convivialite-divan-illich/</link>
<pubDate>Tue, 10 Nov 2009 23:19:34 +0000</pubDate>
<dc:creator>jyelka</dc:creator>
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<description><![CDATA[Un des fondements de la pensée de « l’écologie politique » se trouve dans ce livre. La critique du p]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>Un des fondements de la pensée de « l’écologie politique » se trouve dans ce livre. La critique du progrès technique comme une contrainte sur l’autonomie de l’homme s’y trouve pleinement exprimé. L’originalité de ce livre sorti en 1973 est d’axer la critique de la société non pas sur l’égalité et la justice, mais sur l’aliénation de l’individu induite par le mode de production industrielle. En ce sens Illich renvoie dos-à-dos marxisme et capitalisme. Le fond de sa pensée est de critiquer dans le même temps les destructions causées à l’environnement par la production de masse, ainsi que celles causées à la société et à l’individu. <img class="alignleft" src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/410PGNSARNL._SS500_.jpg" alt="" width="500" height="500" /></p>
<p><!--more--></p>
<p>Dénoncer la sur sophistication, la trop grande spécialisation, la contreproductivité de l’usage abusif d’une technique constituent le propos central de l’œuvre d’Ilich. Il démontre en effet que de nombreux procédés censés améliorer nos conditions de vie se retournent rapidement contre nous. Plutôt que de guérir, la médecine entretien la souffrance, plutôt que de nous faire aller plus vite l’automobile nous fait avancer à la même vitesse et ajoute de nouvelles contraintes à notre vie (travailler plus pour rouler, les embouteillages, l’éloignement font que le temps théoriquement gagné en vitesse se perd en travail forcé).  Cette surpuissance du système technique conduit non plus à s’attaquer aux causes d’un problème, mais à répondre avec des moyens techniques aux symptômes.</p>
<p>Ce constat pousse Illich à plaider pour un autre modèle de développement qui redonne sa place à l’individu et à la collectivité. La technique n’est pas un nécessairement un mal, c’est le fait que l’individu soit démuni face à elle qui constitue une menace d’asservissement. Car n’industrie traduit une surpuissance de l’homme sur son environnement qui met en péril tant la nature que l’homme qui dépend de cette dernière pour survivre. Et, par ailleurs, le système de production conditionne dans le même mouvement l’être humain à devenir dépendant, à ne plus savoir être autonome, à dépendre du jugement des spécialistes. Dans cette critique se trouve le cœur de la convivialité défendue par Illich, celle-ci va inspirer les décroissants, qui vise à (re)créer une société où tout le monde peut se débrouiller seul, ou bien se faire aider à son échelle par d’autres membres de la communauté. De sorte à ce que chacun puisse à tout moment être autonome, ne pas travailler plus que nécessaire et donc disposer de temps pour son développement personnel ou au sein de la collectivité plutôt que de le passe à s’épuiser au boulot pour consommer. La consommation ne saurait être une fin en soi, car elle n’offre pas autant de libertés qu’on voudrait le croire étant donné qu’elle soumet l’individu à une recherche de l’argent d’abord en temps que moyen puis en tant que fin, tant ce dernier devient indispensable dans tous les échanges. Surtout si le système industriel est parvenu à un tel niveau d’aboutissement qu’il régit l’organisation matérielle de la société.</p>
<p>Illich parle de convivialité dans la mesure où le modèle qu&#8217;il prône vise à affranchir l&#8217;homme de sa dépendance à l&#8217;outil. L&#8217;homme autonome ne se trouve plus en position de faiblesse face aux monopoles institutionnels qui conduisent le plus souvent à édicter des dictats.  L&#8217;imprécation la plus forte de la société de production industrielle étant un appel sans cesse renouvelé à consommer plus pour permettre au système de s&#8217;auto-entretenir, sans nécessairement accroitre le bien-être individuel et collectif, malgré un accroissement de la richesse matérielle. Ce type de société tend à réduire le rôle des échange et de la solidarité pour les remplacer par des mécanismes marchands.</p>
<p>Pour en sortir, il convient de repenser donc l’organisation économique et sociale pour l’orienter vers plus de convivialité. Cela peut passer par le remplacement de la propriété par une logique de service, par une diminution du temps travaillé, une remise en cause du toujours plus, privilégier la qualité à la quantité, tenter d’instaurer plus d’égalité et ainsi de suite. C’est aussi permettre à chacun d’apprendre, de disposer des moyens d’utiliser, d’entretenir et de confectionner les outils de sa subsistance. Par conséquence, tout le monde peut s’approprier telle ou telle technique.</p>
<p>Cependant, Illich n’a pas encore conscience de la crise énergétique et climatique. Il propose un modèle de société où les services jouent un rôle majeur, mais le développement des technologies de l’information et de la communication va doper la demande en énergie, avec elle utilisé pour les bâtiments. De plus, Illich a bien conscience que son modèle de société conviviale se trouve dans une impasse s’il est placé en présences d’autres sociétés concurrentes. En effet, le risque de conflits violents s’en trouve accru et pour se prémunir une société conviviale doit donc se maintenir à la pointe en matière de technologies militaire. Or, d’une part c’est incompatible avec les valeurs de la convivialité, d’autre part la plupart des sociétés qui investissent dans ce secteur de la recherche miliaire le font certes pour des objectifs de sécurité, mais de telles dépenses ne sont possibles que si des applications civiles se développement pour amortir une part des coûts. Illich pose donc une impasse de la société convivilae qui est celle de sa survie dans un monde qui n’est pas celui des bisounours.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[La voiture électrique, dernier sursaut d'une chimère en déroute ?]]></title>
<link>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/11/08/la-voiture-electrique-dernier-sursaut-dune-chimere-en-deroute/</link>
<pubDate>Sun, 08 Nov 2009 06:13:19 +0000</pubDate>
<dc:creator>pascalbourgois2</dc:creator>
<guid>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/11/08/la-voiture-electrique-dernier-sursaut-dune-chimere-en-deroute/</guid>
<description><![CDATA[actu-environnement.com, Agnès Sinaï, le 8 novembre 2009 La voiture électrique, dernier sursaut d]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://">actu-environnement.com</a>, Agnès Sinaï, le 8 novembre 2009</p>
<p>La voiture électrique, dernier sursaut d&#8217;une chimère en déroute ?</p>
<p><strong>Objet d&#8217;un engouement tardif de la part des industriels, la voiture électrique est présentée comme le remède aux maux du climat et comme une alternative écologique. Mais les performances annoncées ne sont-elles pas une manière de déplacer le problème</strong></p>
<p>?&#8221;Who Killed the Electric Car ?&#8221;. C&#8217;est le titre d&#8217;un documentaire de l&#8217;Américain Chris Paine, qui retrace la fascinante épopée de l&#8217;automobile électrique EV-1 (Electric Vehicule 1), mise sur la route par General Motors en 1997 avant d&#8217;être envoyée à la casse. Quelque 10 ans plus tard, l&#8217;EV-1 a complètement disparu de la circulation et GM est en faillite. <strong>La voiture à essence n&#8217;est plus au goût du jour, mais l&#8217;industrie automobile, inféodée à l&#8217;industrie pétrolière, a raté le rendez-vous. Résultat : la voiture américaine électrique est passée dans les poubelles de l&#8217;histoire et la Prius Toyota a conquis les autoroutes californiennes</strong>. Aux Etats-Unis, General Motors a reçu quelque 50 milliards de dollars de la part de l&#8217;Etat américain qui a racheté 65% des parts de l&#8217;entreprise. Pour autant, les contreparties environnementales se font attendre. Certes GM a vendu en octobre dernier sa marque de gros 4&#215;4 Hummer au groupe chinois Sichuan Tengzhong Heavy Industrial Machinery, le premier rachat par des intérêts chinois d&#8217;une filiale d&#8217;un constructeur automobile américain. Et la mise sur le marché de la berline hybride rechargeable de GM, la Chevrolet-Volt, est annoncée pour 2011. Entre temps, la Prius est devenue l&#8217;emblème du véhicule hybride. Et le géant automobile américain vacille. Dans son rapport annuel, remis aux autorités boursières en mars 2009, il a admis être au bord de la faillite.</p>
<p>Saturation de l&#8217;espace, des esprits et du marché</p>
<p>Pourtant, le mythe automobile demeure enraciné dans les imaginaires. Roland Barthes, dans un texte sur la DS paru dans ses fameuses Mythologies (1957), décrit l&#8217;automobile comme &#8221;l&#8217;équivalent assez exact des grandes cathédrales gothiques&#8221;. <strong>L&#8217;imaginaire occidental mondialisé est façonné par le rêve de voiture individuelle toute puissante, à grand renfort de campagnes publicitaires. Sans scrupule de greenwashing, BMW, dans une campagne récente, fait l&#8217;apologie de la &#8221;joie&#8221; procurée par ses surpuissants engins métalliques : &#8221;la Joie est une énergie positive&#8221;, &#8221;la Joie adore la technologie de récupération de l&#8217;énergie au freinage&#8221;, &#8221;la Joie est généreuse en équipements, en financements, en avantages&#8221;… Tout un programme existentiel</strong>. Dont l&#8217;emprise est réelle. Ce fétiche moderne qu&#8217;est l&#8217;automobile est bel et bien parvenu à occulter d&#8217;autres manières d&#8217;envisager la mobilité. <strong>On ne relira jamais assez le texte phare d&#8217;Ivan Illich, Energie et équité (1973), où le penseur de l&#8217;écologie politique assimile les déplacements et la recherche de la vitesse à une manie qui aboutit à dessaisir l&#8217;usager de son autonomie, confondant liberté de mouvement et liberté d&#8217;être transporté, dont la &#8221;perception traditionnelle de l&#8217;espace, du temps et du rythme propre a été déformée par l&#8217;industrie&#8221;</strong>. Dans le même ordre d&#8217;idées, l&#8217;historien des techniques Jean Robert distingue vitesse de circulation et vitesse généralisée d&#8217;un mode de transport, laquelle tient compte de la quantité de travail nécessaire pour acquérir le moyen d&#8217;être transporté. Si l&#8217;on considère la vitesse généralisée comme le résultat de la division du kilométrage annuel effectué par le temps passé dans ce mode de transport et, à l&#8217;extérieur, à gagner de quoi le payer, seuls les très riches gagnent du temps en auto. Les autres ne font qu&#8217;effectuer des transferts entre temps de travail et temps de transport. Résultat : les sociétés industrielles consacrent entre le quart et le tiers de leur budget-temps social à la production des conditions d&#8217;existence de la vitesse. C&#8217;est l&#8217;envers, encore largement impensé, de ce que le philosophe Peter Sloterdijk désigne comme &#8221;l&#8217;automobilisation&#8221; complète de la société : &#8221;Qui conduit une voiture s&#8217;approche du divin, il sent son petit moi s&#8217;élargir en un Soi supérieur qui lui donne en patrie le monde entier des voies rapides et qui lui fait prendre conscience du fait qu&#8217;il a vocation à une vie supérieure à l&#8217;existence semi-animale du piéton&#8221;, ironise-t-il dans La Mobilisation infinie (1989).</p>
<p> Entre célébration de la jouissance et projet d&#8217;émancipation métaphysique, les constructeurs tablent sur l&#8217;addiction des consommateurs, qui selon <!--more-->Marie-Jeanne Husset, directrice de 60 Millions de consommateurs, ne sont pas prêts à renoncer à la voiture individuelle. Pourtant, le marché donne des signes de faiblesse. En France, c&#8217;est un million de voitures en moins qui sortent en 2007 des chaînes de production par rapport à 1990. Les capacités industrielles, structurellement excédentaires, se tassent, même si, en Europe, la stagnation du marché est en partie compensée par l&#8217;ouverture à de nouveaux Etats-membres. En Chine, la production connaît une accélération sans précédent, plus de six millions de véhicules y ont été assemblés en 2007, soit beaucoup plus que le marché chinois ne peut en absorber. L&#8217;Union européenne et les Etats-Unis connaissent eux aussi un tassement des marchés. Du coup, le secteur entre dans une phase de surcapacités mondiales, et la crise de l&#8217;automobile n&#8217;est pas prête de se terminer.</p>
<p>Car il s&#8217;agit d&#8217;une crise structurelle : outre que le marché est saturé, en occident tout du moins, les ménages éprouvent de plus en plus de difficultés à financer les dépenses liées à leur véhicule : le commerce des voitures d&#8217;occasion prend le pas sur celui des véhicules neufs, la circulation automobile baisse en France depuis 2005… La chute de la demande semble durable, et pourrait plaider en faveur d&#8217;une reconversion partielle du secteur au service de la mobilité collective. D&#8217;autant que les créations d&#8217;emplois ne sont pas précisément quantifiées. L&#8217;industrie automobile est très automatisée, contrairement au bâtiment et aux transports collectifs, qui restent des industries de main d&#8217;œuvre. Quant aux petits véhicules neufs, ils sont fabriqués à l&#8217;étranger, la prime à la casse ne fera donc qu&#8217;encourager la délocalisation des emplois. Au titre du plan de relance de 2009, constructeurs et sous-traitants bénéficient d&#8217;un fonds d&#8217;investissement doté de 400 millions d&#8217;euros pour financer la recherche sur les véhicules propres et d&#8217;un fonds sectoriel de modernisation doté de 300 millions d&#8217;euros. Deux prêts de 500 millions d&#8217;euros chacun ont été accordés aux filiales bancaires de Renault et de PSA, sans éco-conditionnalités particulières…<br />
Vous avez dit efficacité énergétique ?</p>
<p>Les politiques publiques prennent-elles la mesure du phénomène en cours ? Le projet de loi de finances pour 2010 accorde un bonus de 5.000 euros pour les véhicules électriques. Les subventions d&#8217;Etat encouragent ce que Benjamin Dessus, président de Global Chance, qualifie de &#8221;fuite en avant technologique&#8221;, lors d&#8217;un colloque sur les transports organisé le 5 novembre par l&#8217;association Agir pour l&#8217;environnement à l&#8217;Assemblée nationale : &#8221;il y a vingt ans, l&#8217;Agence française de la maîtrise de l&#8217;énergie avait lancé le programme « 3 litres ». Ce véhicule léger et économe n&#8217;a jamais vu le jour. En revanche, 20 ans plus tard, les véhicules pèsent le double et sont pleins de gadgets. On est très loin de résoudre le problème des émissions de gaz à effet de serre par le progrès technique&#8221;, regrette Benjamin Dessus, qui souligne que dans cette affaire, la technologie a une importance relative. Selon lui, auteur d&#8217;un article intitulé &#8221;La fée électricité sous le capot&#8221;, paru dans Les Cahiers de Global Chance1, &#8221;la traction électrique présente des avantages certains en termes d&#8217;efficacité, mais il faut évidemment vérifier qu&#8217;ils ne sont pas en partie perdus, en amont du moteur électrique, pour produire l&#8217;électricité et éventuellement la transporter et la stocker dans le véhicule&#8221;. Le moteur électrique a un excellent rendement mécanique (supérieur à 90%, alors qu&#8217;un moteur thermique ne dépasse guère 40%), mais c&#8217;est en amont que le problème se pose : les étapes de production, d&#8217;acheminement et de chargement de l&#8217;électricité comportent des pertes souvent importantes. Ainsi le rendement global de la filière de production d&#8217;électricité (production, nucléaire compris / transport-charge de batteries) n&#8217;est-il que de 18 à 24%, alors que celui du charbon serait de 21 à 28%. Les fourchettes &#8221;du puits à la roue&#8221; des différents véhicules &#8221;non conventionnels&#8221; susceptibles d&#8217;être mis sur le marché dans les 10 ans à venir s&#8217;étagerait donc entre 8 et 40%. Reste que le doublement de la demande de véhicules prévu par l&#8217;Agence internationale de l&#8217;énergie ne pourra être satisfait par ces progrès technologiques, qui selon Céline Mesquida, chargée de mission transports à France nature environnement, sont une &#8221;fausse bonne solution&#8221; à un ensemble de questions qui ne sont pas posées à savoir : à quoi va servir le véhicule électrique et à qui va-t-il profiter ? Quelle est son efficacité énergétique ? Résorbera-t-il la congestion automobile en ville ?</p>
<p>D&#8217;où viendra l&#8217;électricité produite en amont ? Les réseaux dits intelligents (smart grid) régleront-ils le problème des pointes ? Y&#8217;aura-t-il assez d&#8217;énergies renouvelables pour couvrir la demande ?</p>
<p>Si, comme l&#8217;annonce le dossier de presse du ministère de l&#8217;écologie2, il s&#8217;agit de &#8221;rouler partout et tout le temps&#8221; plutôt qu&#8217;abaisser les vitesses, brider les moteurs et financer massivement le transport à la demande, c&#8217;est bien le modèle qui reste inchangé, et la mobilité de demain ressemblera singulièrement à celle d&#8217;hier : individuelle et coûteuse. Pour entretenir la croissance, désormais étiquetée verte ?</p>
<p>1/ <a href="http://www.global-chance.org/spip.php?article46" target="_blank">Les Cahiers de Global Chance, n°26, janvier 2009, Vers la sortie de route ? Les transports face aux défis de l’énergie et du climat</a></p>
<p>2/ <a href="http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/dossier_de_presse_vehicules_ecologiques_cle097ee4.pdf" target="_blank">Dossier de presse du ministère de l’écologie sur les véhicules écologiques</a></p>
<p> <a title="Derniers articles sur les véhicules électriques" href="http://www.actu-environnement.com/ae/recherche.php4?words=les+v%E9hicules+%E9lectriques">Derniers articles sur les véhicules électriques</a></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Prendre le temps et la Bastille]]></title>
<link>http://jardinons.wordpress.com/2009/11/01/prendre-le-temps-et-la-bastille/</link>
<pubDate>Sun, 01 Nov 2009 22:06:21 +0000</pubDate>
<dc:creator>karmai</dc:creator>
<guid>http://jardinons.wordpress.com/2009/11/01/prendre-le-temps-et-la-bastille/</guid>
<description><![CDATA[Il y a une guerre contre une vision du temps à mener. La domination d&#8217;une temporalité métro-bo]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:justify;">Il y a une guerre contre une vision du temps à mener. La domination d&#8217;une temporalité métro-boulot-dodoesque où semble s&#8217;évanouir l&#8217;essentiel. L&#8217;anthropologie d&#8217;une société où le temps est de l&#8217;argent, est celle de l&#8217;homme pressé. Celle du travailleur-consommateur qui se soumet aux exigences toujours plus dures du consommateur travailleur, en bref celle de l&#8217;auto-exploitation. Le temps &#8220;libre&#8221;, supposé échapper à cette logique, est colonisé par les divers spectacles propagandistes.  L&#8217;extension sans limites des désirs requiert des consommateurs-travailleurs une disponibilité de tous les instants pour tenter de les combler. En vain. Fatigue, stress, dépression, maladie, parcourent la vie de ces  Hommes qui tentent de satisfaire par le travail la double exigence de l&#8217;épanouissement par une tâche au sens hyper-fractionné et de la satisfaction de tous leurs désirs.  Le souci de son activité professionnelle et de la consommation colonise le temps &#8220;libre&#8221; parce qu&#8217;il est en négatif du temps du travail. Ce temps &#8220;libre&#8221; a peu à voir avec la liberté et est en fait une condition <em>sine qua none</em> de la conservation de l&#8217;équilibre psychique et physique du travailleur.  Le temps libre mis au pas par la société de consommation, il ne reste que les rêves, temps encore disponible afin de purger les soucis du quotidien. Lorsque les remparts de ce dernier univers cèdent et que le sommeil réparateur n&#8217;arrive plus à compenser les tensions du monde réel, le corps doit alors être chimiquement et psychologiquement assisté. Le système médical prend alors désormais en charge le monde onirique devenu le champ de bataille de l&#8217;enthousiasmante trilogie des publicitaires, du management et de la psychanalyse. Bienvenu dans la société sans rêves.</p>
<p style="text-align:center;"><span style='text-align:center; display: block;'><object width='425' height='350'><param name='movie' value='http://www.youtube.com/v/LZGCcMmkQrk&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' /><param name='allowfullscreen' value='true' /><param name='wmode' value='transparent' /><embed src='http://www.youtube.com/v/LZGCcMmkQrk&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' type='application/x-shockwave-flash' allowfullscreen='true' width='425' height='350' wmode='transparent'></embed></object></span></p>
<p style="text-align:center;"><em>Waking Life (2001) &#8211; Richard Linklater</em></p>
<p style="text-align:justify;">Cette soumission du temps a une source: le capitalisme industriel. Le capitalisme, c&#8217;est la démocratisation de l&#8217;horloge et de la montre en permettant l&#8217;intégration par tous les travailleurs d&#8217;une mesure objective des minutes qui s&#8217;écoulent en une journée. Le temps standardisé rend alors possible l&#8217;augmentation scientifique de la productivité horaire et un meilleur contrôle sur le profit. Le rendement par unité de temps soumet le travailleur à une référence productive. Son temps est directement mesurable en création de valeur. Le temps devient de l&#8217;argent. (Voir <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/David_Landes">Landes</a>)</p>
<p style="text-align:center;"><object width="425" height="254"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/x3mqsl"></param><param name="allowfullscreen" value="true"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/x3mqsl" width="425" height="334" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p style="text-align:center;"><em>La classe operaia va in paradiso (1971) &#8211; Elio Petri</em></p>
<p style="text-align:justify;">Alors que les gains de productivité auraient du permettre progressivement de libérer les hommes du travail puisqu&#8217;il faut moins de temps pour produire un même objet ils sont en fait captés par les détenteurs du capital (aujourd&#8217;hui les actionnaires) pour entretenir une richesse démesurée et servir à créer de faux-besoins, conditions nécessaires du moteur de l&#8217;exploitation future. En travaillent plus vite, et faute de rapport de force favorable pour obliger les détenteurs du capital à partager comme on a pu le voir dans les trentes glorieuses, on ne travaille pas moins mais on met des gens au chômage en augmentant le taux de profit. Toute ressemblance avec une société existant actuellement serait completement fortuite&#8230;A la faillite du système financier international, les états ne s&#8217;y trompent pas et peuvent donc parier sur l&#8217;inertie de cette quête imposée aux masses de satisfaire d&#8217;innombrables faux-besoins, d&#8217;autant plus assurément inatteignables que les inégalités sont fortes et d&#8217;autant plus désirables que le spectacle du luxe les met en valeur (voir <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Veblen">Veblen</a>). Sans autres alternatives que le goulag, sans autre univers à créer que notre petit individu, la lutte politique collective pour changer ce monde inacceptable semble une hypothèse désespérée digne de Donquichotte.</p>
<p style="text-align:center;"><span style='text-align:center; display: block;'><object width='425' height='350'><param name='movie' value='http://www.youtube.com/v/aYZMsGx1Acs&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' /><param name='allowfullscreen' value='true' /><param name='wmode' value='transparent' /><embed src='http://www.youtube.com/v/aYZMsGx1Acs&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' type='application/x-shockwave-flash' allowfullscreen='true' width='425' height='350' wmode='transparent'></embed></object></span></p>
<p style="text-align:center;"><em>Waking Life (2001) &#8211; Richard Linklater</em></p>
<p style="text-align:justify;">Sur ce constat, la tentative qui consiste pour chaque être humain de détruire les structures de domination (l&#8217;état, la publicité, les médias, le spectacle, la croissance, la police, la hiérarchie) qui oppressent le développement de soi n&#8217;ont mené au final qu&#8217;à un approfondissement de la société de consommation par la diffusion de l&#8217;illusion de la consommation personnalisée et tolérante.</p>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://jardinons.wordpress.com/files/2009/11/mcdonalds_homme_low_definition1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-778" title="mcdonalds_homme_low_definition" src="http://jardinons.wordpress.com/files/2009/11/mcdonalds_homme_low_definition1.jpg" alt="" width="500" height="378" /></a></p>
<p style="text-align:center;"><em>Venez comme vous êtes &#8211; Campagne publicitaire de Mac Donald</em></p>
<p style="text-align:justify;">On peut lire sur <a href="http://www.marketingpleinlesdoigts.com/2008/11/17/venez-comme-vous-etes/">un blog</a> comme parmi d&#8217;autres: &#8220;J’adore la nouvelle campagne <a href="http://www.mcdonalds.fr/">McDonald </a>et pourtant je ne supporte pas cette chaîne et ses produits !&#8221;. cqfd Critiqués de tous bord pour leurs propagande normative, les publicitaires s&#8217;adaptent et proposent de valoriser des minorités à fort pouvoir d&#8217;achat comme les <span style="text-decoration:line-through;">vieux</span> seniors, les <span style="text-decoration:line-through;">gros</span> personnes de forte corpulence, les <span style="text-decoration:line-through;">noirs</span> blacks, etc.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://jardinons.wordpress.com/files/2009/11/dove-real-beauty-51.jpg"></a><a href="http://jardinons.wordpress.com/files/2009/11/dove-real-beauty-52.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-779" title="dove-real-beauty-5" src="http://jardinons.wordpress.com/files/2009/11/dove-real-beauty-52.jpg" alt="" width="435" height="412" /></a><br />
<em> </em></p>
<p style="text-align:center;"><em>&#8220;Trop vieille pour être dans une publicité contre le vieillissement&#8221; &#8211; Publicité pour Dove</em></p>
<p style="text-align:justify;">Approfondissement raté de la subversion de la société de consommation, la &#8220;consom&#8217;action&#8221;, qui consiste à acheter des produits soutenant la défense d&#8217;un autre modèle de société: Zapatiste, écologique, équitable, etc. Là encore, le potentiel subversif est anesthésié par le lissage idéologique du marketing. Les dérives <em>récupérationnistes</em> deviennent totales lorsque les pires multinationales s&#8217;accaparent les atours de la lutte sociale et de la défense des citoyens. Ce dernier réduit en consommateur devient alors un allier &#8220;objectif&#8221; de l&#8217;exploitation des travailleurs faite par ses entreprises prédatrices au nom de ses droits à consommer sans entraves.</p>
<p><a href="http://jardinons.wordpress.com/files/2009/11/leclerc1.gif"><img class="size-full wp-image-690 alignleft" style="border:10px solid white;" title="leclerc1" src="http://jardinons.wordpress.com/files/2009/11/leclerc1.gif" alt="" width="164" height="195" /></a><a href="http://jardinons.wordpress.com/files/2009/11/converse-che-guevara.jpg"> </a><a href="http://jardinons.wordpress.com/files/2009/11/leclerc_mai_7be6-33b65.jpg"><img class="size-full wp-image-688 alignleft" style="border:10px solid white;" title="leclerc_mai_7be6-33b65" src="http://jardinons.wordpress.com/files/2009/11/leclerc_mai_7be6-33b65.jpg" alt="" width="252" height="193" /></a></p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">L&#8217;action politique collective et individuelle, qu&#8217;elle passe par la mobilisation ou la consommation concertée est soit discréditée soit assimilée. Seule la désertion de la société de consommation peut ne pas être récupérée. Seul le couplage d&#8217;une réduction du temps de travail salarié et une ascèse consommatrice progressive permet de pouvoir détruire les fondements de ce modèle de société.</p>
<p style="text-align:justify;">Marc Aurele dit qu&#8217;il y a égalité de temps présent entre tous les êtres et que la vie la plus longue et la plus courte reviennent au même. Mozart du haut de ses 34 ans de vie n&#8217;a probablement rien à envier à Hitler qui en a vécu 56 ans. Ainsi, la qualité d&#8217;une vie n&#8217;est pas mesurable et le succès d&#8217;un modèle de société ne peut sûrement pas se mesurer par l&#8217;espérance de vie.  Je me rend compte que pour le capitalisme c&#8217;est pourtant <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Indice_de_d%C3%A9veloppement_humain">le cas</a>. C&#8217;est donc l&#8217;instant qui compte au delà de l&#8217;accumulation de moments présents à venir potentiellement. Il faut arrêter essayer d&#8217;<em>avoir </em>du temps, pour <em>être </em>dans le temps.</p>
<p style="text-align:center;"><span style='text-align:center; display: block;'><object width='425' height='350'><param name='movie' value='http://www.youtube.com/v/noBaKP89mYc&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' /><param name='allowfullscreen' value='true' /><param name='wmode' value='transparent' /><embed src='http://www.youtube.com/v/noBaKP89mYc&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' type='application/x-shockwave-flash' allowfullscreen='true' width='425' height='350' wmode='transparent'></embed></object></span></p>
<p style="text-align:center;"><em>L&#8217;an 01 &#8211; Jacques Doillon (1973)</em></p>
<p style="text-align:justify;">Au final la richesse d&#8217;une vie ne se mesure pas en or mais aux moments où l&#8217;on se sent vivant. L&#8217;autonomie apprise par la nécessité matérielle de cette ascèse provoquera la remise en cause nécessaire des institutions qui exercent un <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Monopole_radical">monopole radical</a> tout en prétendant nous décharger de fardeaux comme se soigner, communiquer, se nourir, se loger, penser, jouer, s&#8217;organiser, se vétir, se déplacer, etc.</p>
<p style="text-align:center;"><span style='text-align:center; display: block;'><object width='425' height='350'><param name='movie' value='http://www.youtube.com/v/ePbihCnnOdE&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' /><param name='allowfullscreen' value='true' /><param name='wmode' value='transparent' /><embed src='http://www.youtube.com/v/ePbihCnnOdE&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' type='application/x-shockwave-flash' allowfullscreen='true' width='425' height='350' wmode='transparent'></embed></object></span></p>
<p style="text-align:center;"><em>Le sens de la vie (1982) &#8211; Monty Python</em></p>
<p style="text-align:justify;">La pratique de l&#8217;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Autonomie">autonomie</a> (qu&#8217;il ne fait surtout pas confondre avec l&#8217;auto-suffisance et encore moins avec le repli sur soi) nous amènera à repenser la production, nos institutions, nos entreprises, l&#8217;urbanisme et l&#8217;agriculture parce que ce sera le temps et non l&#8217;argent qui sera la mesure de toutes choses. Il faudra notamment repenser tous nos outils pour en faire des <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Outil_convivial">outils conviviaux</a>. Changer par exemple la voiture comme mode de transport dont la &#8220;vitesse généralisée&#8221; est celle d&#8217;un vélo<em>.</em></p>
<p style="text-align:center;"><em><span style='text-align:center; display: block;'><object width='425' height='350'><param name='movie' value='http://www.youtube.com/v/OqDRJfwQ56M&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' /><param name='allowfullscreen' value='true' /><param name='wmode' value='transparent' /><embed src='http://www.youtube.com/v/OqDRJfwQ56M&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' type='application/x-shockwave-flash' allowfullscreen='true' width='425' height='350' wmode='transparent'></embed></object></span></em></p>
<p style="text-align:center;"><em>L&#8217;an 01 &#8211; l&#8217;outil convivial<br />
</em></p>
<p style="text-align:justify;">Certains penseurs comme Bertrand Russell ou encore Paul Lafargue, avaient bien compris le potentiel corosif de l&#8217;oisiveté, de la paresse, c&#8217;est à dire d&#8217;avoir le contrôle sur le temps, quitte même parfois oser symboliquement cet extreme affront de le gaspiller en toute libetré et en pure perte. Jamais <em>prendre</em> le temps ne m&#8217;a semblé aussi proche de la <em>prise </em>d&#8217;une Bastille. La fin du travail et de la consommation ne signifie pas la fin ni de l&#8217;activité, ni la précarité. Ce n&#8217;est donc pas la pauvreté pour chacun, mais bien la richesse vitale pour tous. Libérons le temps, libérons le rêve, et le reste suivra.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Teddy Goldsmith]]></title>
<link>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/08/27/teddy-goldsmith/</link>
<pubDate>Thu, 27 Aug 2009 21:08:55 +0000</pubDate>
<dc:creator>pascalbourgois2</dc:creator>
<guid>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/08/27/teddy-goldsmith/</guid>
<description><![CDATA[lemonde.fr, Hervé Kempf, le 27 août 2009 Teddy Goldsmith Le mouvement écologique vient de perdre un ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://">lemonde.fr</a>, Hervé Kempf, le 27 août 2009</p>
<p>Teddy Goldsmith</p>
<p><strong>Le mouvement écologique vient de perdre un de ses parrains &#8211; dans le meilleur sens du terme &#8211; avec la disparition d&#8217;Edward, dit &#8220;Teddy&#8221;, Goldsmith</strong>, survenue le 21 août, dans sa maison située près de Castellina in Chianti, en Toscane. Sans doute moins connu qu&#8217;<a href="http://www.lemonde.fr/sujet/475c/ivan-illich.html">Ivan Illich</a> ou <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/f2e8/andre-gorz.html">André Gorz</a>, il n&#8217;en a pas moins imprimé une forte empreinte sur l&#8217;écologie politique. Son influence intellectuelle a été portée par la parole et par un journal, <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/f709/the-ecologist.html">The Ecologist</a>, autant que par ses ouvrages. Il assumait aussi un engagement militant original, soutenu par le hasard de la fortune, qui l&#8217;avait richement doté.</p>
<p>Teddy Goldsmith est né le 8 novembre 1928 à <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/b45c/paris-de-frank.html">Paris de Frank</a> Goldsmith et de <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/3177/marcelle-mouiller.html">Marcelle Mouiller</a>. Frank avait quitté l&#8217;Angleterre en 1918, suite à la vague antiallemande qui sévissait alors dans ce pays. Il bâtit en France une affaire très prospère, la Société des hôtels réunis, donnant à ses deux enfants &#8211; le cadet de Teddy, Jimmy, est né en 1933 &#8211; une enfance dorée, la double nationalité (française et anglaise), et une fortune que Jimmy saurait multiplier et Teddy ne pas dilapider.</p>
<p>Edward a connu une enfance heureuse, entre les palaces cinq étoiles, quelques semestres aux Bermudes, pendant la deuxième guerre mondiale, où il développa une passion très bien informée sur les coquillages, avant d&#8217;entreprendre des études à Oxford, au <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/f4b7/magdalen-college.html">Magdalen College</a>, qu&#8217;il ne poussa pas au-delà de la troisième année. Il passa ensuite, entre 1953 et 1955, deux ans de service militaire dans les services de renseignement en Allemagne, avant de &#8220;s&#8217;essayer&#8221; aux affaires, dans une entreprise de distribution de composants électroniques. Sans grand succès, comme il l&#8217;indiquait lui-même : dans une courte notice autobiographique, il précise qu&#8217;il &#8220;consacrait l&#8217;essentiel de son temps libre à l&#8217;étude des sujets qui continuent à (le) préoccuper&#8221;. Grand lecteur, il put abandonner l&#8217;idée de gagner sa vie à la mort de son père, en 1967, pour se consacrer à des sujets plus proches de sa compétence.</p>
<p>Les deux frères, Teddy et Jimmy, auraient passé un accord oral selon lequel Jimmy aurait la disposition de l&#8217;héritage pour le gérer au mieux, tout en versant une rente à Teddy pour le reste de sa vie. L&#8217;accord, fidèlement respecté par un cadet qui deviendrait milliardaire, tout en restant très admiratif de l&#8217;envergure intellectuelle de son aîné, a permis à celui-ci de mener une vie dégagée des soucis matériels.</p>
<p>Mais certainement pas oisive. Dès 1968, Teddy, qui avait fait plusieurs voyages d&#8217;étude dans des contrées alors encore reculées, notamment au Botswana, participait à la fondation de ce qui allait devenir <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/e7df/survival-international.html">Survival International</a>, l&#8217;organisation de défense des peuples premiers. <strong>En 1969, il lançait au Royaume-Uni The Ecologist, une revue austère, mais qui allait s&#8217;imposer comme une référence dans la réflexion sur l&#8217;actualité environnementale. En 1973, il publiait Blueprint for Survival (Changer ou disparaître, Fayard), qui est devenu un best-seller : il y expliquait, parmi les premiers, comment la poursuite de la croissance et du productivisme conduisait à une dégradation insupportable de la planète Terre.</strong></p>
<p>CONCEPT DE DÉCROISSANCE</p>
<p>Le succès de ce livre allait lui permettre d&#8217;asseoir plus confortablement The Ecologist et de répandre ses idées avec plus d&#8217;efficacité. Il fut ainsi un des premiers à faire connaître <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/4ce4/nicholas-georgescu-roegen.html">Nicholas Georgescu-Roegen</a>, l&#8217;économiste qui élabora le concept de décroissance. Il soutint le développement de la théorie <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/7027/gaia-de-james.html">Gaïa de James</a> Lovelock et <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/e53f/lynn-margulis.html">Lynn Margulis</a> : selon cette théorie, le fait que la Terre manifeste une capacité extraordinaire à maintenir son équilibre (homéostasie) permettait d&#8217;inférer qu&#8217;il s&#8217;agissait en fait <!--more-->d&#8217;un être vivant.</p>
<p>L&#8217;activité intellectuelle ne l&#8217;empêchait pas cependant de militer activement, parfois sur le terrain, notamment contre le développement de l&#8217;énergie nucléaire, qui était une de ses bêtes noires.</p>
<p>En France, il participa à l&#8217;animation du réseau d&#8217;intellectuels Ecoropa (avec <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/79c2/denis-de-rougemont.html">Denis de Rougemont</a>, <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/dde0/jean-marie-pelt.html">Jean-Marie Pelt</a> ou <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/e6fd/agnes-bertrand.html">Agnès Bertrand</a>) qui allait devenir un des rouages discrets mais important du mouvement altermondialiste. Car, en 1984, à partir de l&#8217;analyse de la destruction des forêts tropicales ou de la construction des barrages, The Ecologist formula une critique virulente de la Banque mondiale. Cela contribuait à constituer une analyse globale des institutions financières internationales, conduisant aux grandes manifestations de Seattle en 1999 contre l&#8217;Organisation mondiale du commerce.</p>
<p>Membre actif de l&#8217;<a href="http://www.lemonde.fr/sujet/ef9a/international-forum.html">International Forum</a> on Globalisation, <strong>Goldsmith se trouvait ainsi au cœur du mouvement d&#8217;idées &#8211; alliant écologie et souci de la justice sociale &#8211; qui a repris l&#8217;ascendant idéologique depuis le début des années 2000 sur un néolibéralisme en phase d&#8217;épuisement théorique. Son intégration pourrait paraître étrange dans un mouvement dont d&#8217;autres forces venaient d&#8217;un marxisme réinterprété. Mais elle était pleinement légitime : il représentait une écologie naturaliste mais lucide sur les rapports de pouvoir, revendiquant la sobriété et la critique du modernisme, assumant une philosophie inspirée de l&#8217;accord des peuples premiers avec la nature, rêvant de communautés à échelle humaine et autonomes.</strong></p>
<p>Goldsmith a plus compté par sa parole éloquente et son influautonomieence que par ses ouvrages à vocation théorique. Il restera comme le grand témoin d&#8217;un courant essentiel de la critique écologique, que l&#8217;on pourrait qualifier de conservateur si ce mot avait encore un sens. Un courant que l&#8217;écologie politique ne saurait oublier, sous peine de s&#8217;assécher et de se stériliser.</p>
<p>Teddy Goldsmith était aussi un homme de contradiction, prenant par exemple l&#8217;avion plus souvent qu&#8217;à son tour. Mais personnage bachique, bon vivant, sachant que bien manger et rire est le meilleur moyen de faire jaillir l&#8217;étincelle qui lancera le feu des idées. Un homme de convivialité, sans laquelle l&#8217;écologie ne serait que triste morale.</p>
<p>8 novembre 1928</p>
<p>Naissance à Paris.</p>
<p>1969</p>
<p>Lance la revue &#8220;The Ecologist&#8221;.</p>
<p>1973</p>
<p>Publie &#8220;Changer ou disparaître&#8221;.</p>
<p>1984</p>
<p>Elabore la critique de la Banque mondiale.</p>
<p>1999</p>
<p>Participe au mouvement de contestation de l&#8217;Organisation mondiale du commerce.</p>
<p>21 août 2009</p>
<p>Mort à son domicile, près de Castellina in Chianti, en Toscane.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[The relation between modern industrial society and the scientific ideas that supposedly guide it is more complex than a casual glance will necessarily reveal. The ideology a society believes that it embraces and the assumptions about the world that actually underlie its actions and institutions are not uncommonly at odds with one another. It often takes the most strenuous sort of willed inattention to fail to notice the gap, but efforts toward that end can count on the support of public opinion as well as the more tangible backing provided by economic interests.]]></title>
<link>http://circadia.wordpress.com/2009/08/26/twixt-cup-and-lip/</link>
<pubDate>Thu, 27 Aug 2009 02:24:35 +0000</pubDate>
<dc:creator>circadia</dc:creator>
<guid>http://circadia.wordpress.com/2009/08/26/twixt-cup-and-lip/</guid>
<description><![CDATA[Roszak&#8217;s Sources; Illich&#8217;s Celebration of Awareness and another copy of Tools for Conviv]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><em><strong>Roszak&#8217;s </strong></em><strong>Sources<em>; Illich&#8217;s </em>Celebration of Awareness<em> and another copy of </em>Tools for Conviviality<em> (a Christmas gift for some lucky person).</em></strong> On the ferry coming back from the luncheon meeting with J&#8212;- and S&#8212;&#8211; (halibut &#38; chips in the pub with the skanky servers), blazing sunshine and tourists on the sundeck, reading the extract from Buber&#8217;s <em>Paths in Utopia</em> in Roszak&#8217;s <em>Sources</em>. Here is someone who saw — back in 1946 — that all utopias were flawed in so far as they entailed a centralization of power and the subordination of the individual and the community to an overarching political order. This book speaks my language, so I order a copy by inter-library loan.</p>
<p>And looking through the Roszak book fills me with such sadness. During the 1960s and 1970s the trend of culture in the west was dialogic, fearless, and radical. Everything was open to question, and so man threads of possible answers were being spun out publicly and considered carefully. And then it all came to an end, and the contraction has been continuing, accelerating, ever since the high-water mark. We produce less and less of value, and we forget the value of what came before. We&#8217;re no longer even asking the right questions; only trying to make the columns of numbers add up in our favour.</p>
<p>Driving was strange but pleasant. No wonder people like doing it, although who would want to be a slave to it?</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Le point de vue de Lutte Ouvrière et de l'UCI sur la décroissance.]]></title>
<link>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/08/17/le-point-de-vue-de-lutte-ouvriere-et-de-luci-sur-la-decroissance/</link>
<pubDate>Mon, 17 Aug 2009 22:57:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>pascalbourgois2</dc:creator>
<guid>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/08/17/le-point-de-vue-de-lutte-ouvriere-et-de-luci-sur-la-decroissance/</guid>
<description><![CDATA[revoltunited.canalblog.com, NC, le 16 août 2009 Le point de vue de Lutte Ouvrière et de l&#8217;UCI ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://">revoltunited.canalblog.com</a>, NC, le 16 août 2009</p>
<p>Le point de vue de Lutte Ouvrière et de l&#8217;UCI sur la décroissance.</p>
<p>Je connais assez mal l&#8217;idéologie de la décroissance, je ne peux donc que publier ce qu&#8217;en dise les camarades de LO. Pour ce que j&#8217;en sais, cela ressemble assez à l&#8217;idéologie des petits propriétaires terriens du début du XXème siècle vis à vis du capitalisme industriel naissant. Mais je vous laisse juger.</p>
<p>La décroissance, un point de vue parfaitement réactionnaire</p>
<p><strong>Si les années quatre-vingt-dix ont vu émerger et se développer les idées de l’altermondialisme, ce courant est aujourd’hui concurrencé, chez un certain nombre de jeunes et moins jeunes plus ou moins contestataires, par un courant qui s’est baptisé : la décroissance. Refus de la croissance économique, « antiproductivisme », lutte contre la consommation, volonté de revenir à une économie locale, rejet du progrès technique, démarche de « sobriété » ou de « simplicité volontaire », sont les piliers de ce nouvel évangile.</strong></p>
<p><strong>Il est difficile de savoir si le relatif succès de ce courant sera un phénomène durable. Mais il est incontestable qu’il est, pour l’instant, à la mode. Certes, cela ne s’est pas vu lors des récentes élections européennes, où les listes Europe Décroissance n’ont recueilli que des scores insignifiants – entre 0,02 et 0,04 % suivant les circonscriptions. Mais la percée électorale des listes Europe-écologie reflète, en partie du moins, cette tendance, car nombre de partisans de la décroissance ont apporté leurs voix, au nom d’une sorte de « vote écologique utile », aux listes menées par Daniel Cohn-Bendit.</strong></p>
<p>L’intérêt pour la décroissance d’une partie de la petite bourgeoisie intellectuelle, d’une frange de la jeunesse étudiante, paraît indéniable. En témoigne entre autres le relatif succès du journal La Décroissance, qui tire à quelque 50 000 exemplaires – ce qui est conséquent pour un journal politique.</p>
<p>Il est clair que le glissement vers la décroissance d’une partie des partisans de l’altermondialisme serait un recul, du point de vue des idées.</p>
<p>L’altermondialisme en effet, malgré ses limites et son caractère profondément réformiste, se situe au moins sur le terrain de la dénonciation des inégalités, et prétend vouloir mieux répartir les richesses entre les différentes régions de la planète.</p>
<p><strong>La décroissance, elle, ou plutôt la nébuleuse d’organisations, de journaux et d’individus qui se réclament d’elle, se situe sur un tout autre terrain : celui des idées franchement réactionnaires</strong>. Ses partisans ne le nient d’ailleurs pas vraiment : Serge Latouche, le principal porte-parole de la décroissance en France, dénonce par exemple, dans l’introduction de son Petit traité de la décroissance sereine, « le totalitarisme développementiste et progressiste ». Le « totalitarisme progressiste » ! Il faut se pincer pour y croire. Il est peu probable que les femmes africaines qui font des dizaines de kilomètres à pied pour trouver un peu d’eau potable, ou les centaines de milliers de gens dans le tiers-monde qui meurent du sida faute de trithérapies, se réjouissent de ne pas être victimes du « totalitarisme progressiste ». On retrouve le même type de propagande anti-progrès dans un numéro de la revue décroissante Silences, qui a publié en Une un dessin montrant trois personnages monstrueux, mi-humains mi-reptiles, sous la légende : « Ils veulent détruire le monde ». Ces trois personnages étaient ainsi présentés : « La trilogie maléfique : croissance, consommation, progrès. »</p>
<p>Le décor est planté. Le courant décroissant affiche clairement non seulement son refus <!--more-->du progrès, mais sa volonté de revenir en arrière : un certain nombre de partisans de la décroissance ont pris par exemple le nom de « rétrogradeurs ».</p>
<p>Il n’y a rien de surprenant à ce qu’un courant de ce type apparaisse, ou plutôt réapparaisse, dans une période de crise comme celle que nous vivons. Les idées de « lutte contre la croissance », ainsi que leur pendant en matière de démographie, le malthusianisme, refont régulièrement surface pour tenter de répondre aux angoisses nées des crises. Cela n’a rien de réjouissant pour autant. Et nous pensons que les communistes révolutionnaires, même s’ils ne sont nullement des partisans de la croissance à tout prix, ni des « productivistes » acharnés, doivent militer résolument contre de tels courants. Tout simplement parce que nous nous plaçons, nous, sur le terrain du progrès humain et scientifique plutôt que sur celui d’un retour en arrière général de la société.</p>
<p>Le recyclage de vieilles idées</p>
<p>Les idées de décroissance sont apparues il y a une trentaine d’années. Des auteurs des années soixante et soixante-dix&#8212;&#8211;, économistes, sociologues ou… théologiens, en ont posé les bases : Nicholas Georgescu-Roegen (1906-1994), le « révérend père » Ivan Illitch (1926-2002), ou le malthusien Paul Ehrlich (né en 1932).</p>
<p>Ce courant s’est développé en même temps que la crise du capitalisme, au début des années soixante-dix, s’approfondissait. C’est à cette même époque que des groupes de réflexion, dont le plus célèbre s’appelait le Club de Rome, ont remis au goût du jour les théories de Malthus (1766-1834), qui professait que l’accroissement de la population conduisait forcément l’humanité à sa perte. Rien de nouveau sous le soleil : il y a plus d’un siècle, le socialiste Bebel écrivait déjà que les idées malthusiennes se développaient toujours « dans les périodes de décadence de l’ordre social, [où] le mécontentement général est toujours attribué à l’abondance d’hommes et au manque de vivres et non pas à la manière dont on les obtient et les divise ».</p>
<p>Ce sont également les années soixante-dix qui ont vu émerger, dans la mouvance hippie, les idées plus ou moins farfelues de retour à la nature, d’une plus grande communion avec celle-ci, d’un rejet de la technique et du « productivisme », de constitution de petites communautés indépendantes – toutes idées que l’on retrouve aujourd’hui dans la décroissance.</p>
<p>Un courant aux idées confuses</p>
<p>Parmi les penseurs de la décroissance, on trouve de tout. Car la décroissance n’est pas une théorie scientifique, mais un conglomérat d’idées parfois totalement contradictoires.</p>
<p>Cette hétérogénéité permet à ce courant de dire tout et n’importe quoi, et explique que certains de ses partisans se réclament de l’extrême gauche et d’autres, comme Alain de Benoist, clairement de l’extrême droite. Citons, à titre d’exemple et sans chercher à généraliser ce type de propos à tout le courant décroissant, le théologien Jacques Ellul, considéré comme un des pères de la décroissance, qui écrivait en 1986 : « Nous constatons que dans la Bible, l’intervention divine a lieu quand l’inhumanité, quand le mal moral et physique dépasse les bornes. Dieu provoque un événement approprié à cet excès d’inhumanité, qui placera l’homme devant le choix de se repentir ou de mourir. Je suis convaincu que l’apparition du virus du sida correspond à cet ordre d’action de Dieu.»</p>
<p>La décroissance se résume à un mélange confus d’écologie, d’anarchisme, d’anticapitalisme et de malthusianisme. Partant de l’affirmation que les ressources naturelles sont limitées et que la production s’accroît sans tenir compte de ces limites, la décroissance prône la lutte contre la croissance économique, contre la consommation de masse et le développement de la technique. Elle préconise le retour à l’artisanat contre l’industrie, la production locale et la vie à la campagne – s’inspirant en la matière de l’anarchisme proudhonien. Certains intégristes de la décroissance vont jusqu’à prôner le refus du développement pour les pays les plus pauvres, et même… de la médecine, pour certains d’entre eux. Exagération ? Pas du tout : l’un des principaux théoriciens de la décroissance, Ivan Illich, dénonçait la médecine moderne sous prétexte qu’elle détourne de l’autodiagnostic et de l’automédication. Notons au passage que le même Illich militait contre l’école – une « drogue » censée préparer les futurs adultes à consommer et à en faire des esclaves. Illich a par exemple publié, en 1971, un article sur « le potentiel révolutionnaire de la déscolarisation ». Même si tous les décroissants ne partagent pas forcément ce point de vue, se réclamer aujourd’hui d’un tel auteur est choquant, à une époque où des dizaines de milliers de jeunes des quartiers pauvres, en France, sont « déscolarisés », sans que le « potentiel révolutionnaire » de cette catastrophe sociale saute aux yeux&#8230;</p>
<p>Tout naturellement ce type d’élucubrations conduit certains décroissants à lutter contre l’idée qu’il faudrait construire des hôpitaux et des écoles dans le tiers-monde. Pour eux, les pays pauvres sont des îlots préservés du vice de la consommation – forcément – et y implanter écoles et hôpitaux reviendrait à les pervertir. D’ailleurs, si l’on suit cette logique, les pays pauvres sont forcément, du point de vue des décroissants, des endroits merveilleux, justement parce qu’ils sont pauvres et préservés des dérives consuméristes. La décroissance, sous le vocabulaire pudique d’un retour à la « simplicité volontaire », prône le retour à la pauvreté. Serge Latouche cite par exemple dans un de ses ouvrages un livre dont il estime qu’il est « le précurseur des idées de la décroissance ». Ce livre s’appelle : « La pauvreté, richesse des peuples ».</p>
<p>Bien entendu, tous les décroissants ne profèrent pas de semblables insanités. Si une partie de ce courant considère le sous-développement comme un bienfait, d’autres disent vouloir combattre celui-ci, mais en préconisant que les habitants des pays dits riches… se serrent la ceinture. L’idée étant que, le gâteau n’étant pas assez gros pour tout le monde, il faut que les pays occidentaux mangent moins pour que les pays pauvres mangent plus. Il s’agit ici de culpabiliser les prétendus « riches » que seraient les habitants des pays développés. Cette façon de raisonner, finalement pas très éloignée d’une conception chrétienne de la charité, n’est évidemment pas non plus la nôtre. Comme l’écrivait Bertolt Brecht dans sa Chanson de Salomon  : « Saint Martin a donné la moitié de son manteau à un pauvre. Comme ça ils sont morts de froid tous les deux ». Serions-nous d’odieux « productivistes », parce que nous préférons lutter pour un système qui permettrait de produire autant de manteaux qu’il y a de gens qui ont froid ?</p>
<p>Quelle que soit la tendance à laquelle ils appartiennent, cette thématique du retour à la pauvreté est constamment présente dans la propagande des décroissants. Jusqu’à la nausée : la Une du journal La Décroissance, en septembre 2004, osait clamer sur cinq colonnes : « Vive la pauvreté ! ». Il n’est pas sûr que les six millions de personnes en France qui vivent des minima sociaux, que les 3 000 chômeurs supplémentaires par jour, qui vont s’inscrire en ce moment au Pôle emploi, apprécient. De même qu’il n’est pas évident que les millions de travailleurs qui ne parviennent pas à boucler leurs fins de mois adorent la Une récente du même journal : « Merde au pouvoir d’achat ! »</p>
<p>Mais c’est que tous ces pauvres ne veulent pas comprendre, selon les décroissants,  que toutes les choses confortables et pratiques qu’ils veulent avoir, telles qu’une machine à laver, une voiture, un ordinateur, une connexion Internet, etc., ne sont que des gadgets stupides qui éloignent de la simplicité, de la spiritualité et du retour sur soi. D’ailleurs, il faut croire que les plus pauvres des travailleurs sont les meilleurs pratiquants de la décroissance, puisqu’ils expérimentent régulièrement – bien contre leur gré il est vrai – des « actions » prônées par les décroissants telles que les « journées sans achat » ou les « Noël sans cadeaux ».</p>
<p>Il y a beaucoup d’indécence à prôner ainsi la misère dans une société où tant de gens n’ont rien. Mais cela ne dérange visiblement pas trop les décroissants, qui affichent, pour beaucoup d’entre eux, un mépris assez sidérant pour les plus pauvres, les moins cultivés, ceux qui n’auraient pas, comme eux, assez d’intelligence ou de culture pour comprendre que le confort ne sert à rien ; ou que pour économiser l’eau des chasses d’eau, aller aux toilettes dans une litière sèche, comme les chats, est le comble du bonheur.</p>
<p>Une doctrine individualiste…</p>
<p>La décroissance apparaît comme une doctrine individuelle et individualiste, dans ses constats comme dans ses modes d’action. Pour une bonne partie de ses promoteurs, il faut « se changer soi-même pour changer le monde » – ce qui revient à nier toute possibilité d’un changement de société par des moyens de lutte collective.</p>
<p>Les modes d’action prônés oscillent, pour la plupart, entre le ridicule et le choquant. Ainsi le « manuel du bon rétrogradeur » publié dans La Décroissancepréconise-t-il de « se libérer de la télévision, de l’avion et du téléphone portable ». De l’automobile également, bien sûr, qu’il conviendra de remplacer par « des charrettes à cheval ». Au passage, pour ceux qui se demanderaient ce qu’il adviendra des travailleurs qui produisent lesdites automobiles, un rédacteur du journal La Décroissance a écrit un article en 2004 intitulé : « Fermons les usines Citroën ! ». Il faut également arrêter d’utiliser les ascenseurs, les réfrigérateurs, les machines à laver, ne plus manger de viande, etc. Le rêve des décroissants, c’est la vie à la campagne, près de la terre, en autarcie, sans technologie, en harmonie avec la nature et avec soi-même – la pauvreté ou la « simplicité» permettant de mieux ressentir cette harmonie.</p>
<p>Si un certain nombre de décroissants prétendent n’avoir pas renoncé à l’action collective, ils n’en citent pas moins comme modèles des comportements qui rejettent celle-ci. Paul Ariès, par exemple, dit dans une interview qu’il est « un militant politique qui veut changer le monde ». Dont acte. Mais cela ne l’empêche pas, dans le journal qu’il dirige, de consacrer une pleine page à « Anne, psychologue », adepte de la simplicité volontaire, qui déclare : « On est plus heureux en possédant moins. Je ne crois plus à l’impact de notre action sur le plan planétaire. J’ai arrêté de croire que j’allais sauver le monde. On vit simplement, parce que ça nous fait du bien. »</p>
<p>Mais même ceux qui, parmi les décroissants, ne donnent pas dans cet affligeant individualisme, prônent l’action individuelle, la « réflexion individuelle sur les comportements  de consommation » … ce qui revient, au fond, à rejeter la responsabilité des problèmes de la société sur les consommateurs, c’est-à-dire sur les plus pauvres, et surtout pas sur les capitalistes.</p>
<p>…ou totalement inefficace</p>
<p>Certains décroissants prônent, comme modèle d’action collective, le boycott des marques, le fait de refuser de faire ses courses dans les hypermarchés pour préférer le « lien direct avec le petit producteur », celui de cultiver soi-même ses légumes ou de fabriquer ses vêtements, bref, appellent à « changer leurs modes de consommation ». L’idée étant d’étouffer le grand capital en lui coupant l’oxygène que lui procure la vente de ses marchandises.</p>
<p>Un tel mode d’action serait inaccessible aux plus pauvres ? « Alibi égoïste ! », répondent les décroissants. C’est ainsi que dans un article de La Décroissance de juin 2009, l’auteur évoque certaines épidémies récentes, vache folle, grippe aviaire ou grippe porcine. Selon lui, la grippe porcine aurait pour origine l’élevage industriel des porcs (ce qui est discutable, mais c’est un autre débat). Voici son raisonnement : l’élevage industriel vise à produire de la viande peu chère, à destination des ménages qui ne peuvent, ou plutôt ne veulent selon lui, pas trop dépenser. Si ces ménages acceptaient de payer plus cher leur viande, il n’y aurait plus de marché, donc plus d’élevage en batterie, donc plus de maladies de ce type. CQFD. Nous n’inventons rien. L’auteur de l’article écrit : « En tant que citoyens des pays développés, il conviendrait de nous poser la question de notre responsabilité personnelle. Parce que, si à l’achat d’un produit le prix est l’un de mes critères importants, je suis personnellement responsable de ce genre de crise. En achetant le poulet à 6 euros le kilo ou un T-shirt à 5 euros, qui peut honnêtement croire que les méthodes de production puissent être écologiquement ou socialement acceptables ? »</p>
<p>Faudrait-il donc boycotter les produits bon marché ? De toute façon, un tel système serait impossible à généraliser dans une société où les capitalistes régentent toute la vie économique et sociale, où ce sont eux qui maîtrisent et la production, et les prix, et les salaires. Mais même érigé en doctrine, pour une société future, ce système est réactionnaire : le vieux Proudhon (même habillé de fibres bio), avec ses communes indépendantes et son retour à la production artisanale, n’est pas plus séduisant aujourd’hui qu’il ne l’était du temps de Marx. Prôner la fin de la grande production industrielle et de l’agriculture mécanisée, la « relocalisation de l’économie », c’est vouloir faire revenir le monde trois siècles en arrière. Pour nous, l’avenir est à la mondialisation communiste et pas, comme le prétend le décroissant Paul Ariès, à « une Europe dont chaque pays aurait ses propres moyens de vivre ».</p>
<p>Un nouvel avatar du Malthusianisme</p>
<p>Le courant décroissant est en fait une nouvelle version, repeinte en vert, du vieux malthusianisme, ce qui le rend réactionnaire – et dangereux – par définition. Malthus était un ecclésiastique anglais du 18e siècle, effrayé par l’explosion démographique des débuts de la révolution industrielle, qui écrivit un traité devenu célèbre dans lequel il expliquait que l’humanité ne pourrait survivre à l’accroissement de la population, puisque le nombre d’êtres humains progressait infiniment plus vite que la quantité de richesses produites. Conclusion, selon Malthus : il fallait limiter les naissances ou, pour être tout à fait précis, laisser mourir les pauvres. « Un homme qui est né dans un monde déjà possédé, écrivait Malthus, s’il ne peut obtenir de ses parents la subsistance qu’il peut justement leur demander, et si la société n’a pas besoin de son travail, n’a aucun droit de réclamer la plus petite portion de nourriture, et, en fait, il est de trop au banquet de la nature ; il n’a pas de couvert vacant pour lui. »</p>
<p>Les idées de Malthus – déjà violemment critiquées par Marx et Engels en leur temps comme une « infâme, une abjecte doctrine, un blasphème hideux contre la nature et l’humanité » – ont connu nombre de continuateurs depuis deux siècles. Et, nous l’avons dit, chaque période de crise produit presque automatiquement son lot de malthusiens expliquant doctement qu’il faut limiter le nombre des naissances – plutôt que de se demander pourquoi le système économique n’est pas capable de donner à chacun « une place au banquet de la nature ». Aujourd’hui, certains courants anarchistes et nombre d’écologistes sont plus ou moins ouvertement malthusiens. Le Vert Yves Cochet a par exemple récemment proposé, dans le but de limiter les naissances, de couper les allocations familiales aux familles ayant plus de trois enfants, au prétexte qu’un enfant européen aurait « un coût écologique comparable à 620 trajets Paris-New-York ». Sans commentaire.</p>
<p>Le raisonnement de Malthus est de dire qu’il y a trop de monde pour pas assez de ressources. Celui des décroissants, qu’il n’y a pas assez de ressources pour que tout le monde vive dans le confort. Les termes du raisonnement sont inversés, mais c’est le même. Certains théoriciens décroissants se revendiquent d’ailleurs ouvertement de Malthus, mettant en parallèle la décroissance économique et la décroissance démographique, jugées toutes les deux nécessaires. Ivan Illich écrit ainsi que « le surpeuplement rend plus de gens dépendants de ressources limitées. L’honnêteté oblige chacun de nous à reconnaître la nécessité d’une limitation de la procréation [et] de la consommation ». Quant au pape actuel de la décroissance, Serge Latouche, il a osé signer récemment un article au titre sans équivoque : « Il faut jeter le bébé plutôt que l’eau du bain ».</p>
<p>Nous avons donc un tableau à peu près complet de la décroissance : une théorie individualiste, prônant la pauvreté volontaire, la baisse de la productivité et de la croissance économique, la limitation des naissances et le retour à la terre.</p>
<p>Quand intellectuels et politiques se découvrent décroissants</p>
<p>Ce courant, dont on voit qu’il ne dépasse guère le degré zéro de la réflexion politique, est-il vraiment en train de se développer ? En tout cas, il séduit un certain nombre de jeunes dans les milieux intellectuels. Et le petit succès des écologistes aux élections européennes a visiblement donné envie à beaucoup de commentateurs de prendre en marche le train – ou la charrette à cheval – de la décroissance.</p>
<p>Ainsi un éditorialiste politique de France Inter, le 8 juin au matin, expliquait-il : « Les Verts (…) estiment que l’écologie offre une occasion de changer la vie, les rapports entre les gens, le rapport à l’argent. (…) Et surtout, ils commencent à remettre en cause la notion même de croissance. On parle de « nouvelle frugalité », de « croissance sélective » ou de « décroissance sélective ».</p>
<p>Quelques jours après, le 13 juin, c’est cette fois dans une double page du quotidien Le Monde que trois éminents intellectuels s’exprimaient sur le sujet de « l’écologie politique ». Sur les trois articles, deux adoptaient le point de vue des décroissants, avec plus ou moins de nuances. Jean Gadrey, « membre du conseil scientifique d’Attac », dénonçait « le paradigme actuel de développement, fondé sur l’impératif de croissance ». Selon ce savant économiste, il va falloir apprendre à créer des emplois « sans gain de croissance ni de productivité ». Et c’est à un vaste retour en arrière qu’il appelle ses lecteurs, avec par exemple « le remplacement progressif de l’agriculture industrielle (…) par de l’agriculture biologique de proximité ». Naturellement, tout ce discours est émaillé de bonnes paroles sur les « créations d’emplois » que généreraient de telles mesures. Certes. De la même manière, le remplacement des automobiles par des chaises à porteurs, ou des cargos par des galères, générerait un bon nombre d’emplois. Mais serait-ce vraiment un progrès ?</p>
<p>Dans la même double page du Monde, le sociologue Edgar Morin soutient plus franchement encore les thèses décroissantes – et dans ce qu’elles ont de plus ridicule. Le but ultime de l’écologie politique, c’est selon lui de « poétiser la vie ». Tout un programme, qui passe par la lutte contre les « intoxications consuméristes » et la nécessité de « changer nos vies dans le sens de la sobriété ». Morin se réfère explicitement dans son article au théoricien de la décroissance, le « révérend père » Ivan Illich. Et il conclut avec ces propos assez niais : « Toutes les solutions envisagées sont quantitatives : croissance économique, croissance du PIB. Quand donc la politique prendra-t-elle en considération l’immense besoin d’amour de l’espèce humaine perdue dans le cosmos ? ». Remplacer la croissance par de l’amour, cela ne remplira pas le ventre des millions d’enfants qui meurent de faim dans le monde chaque année, mais cela permettra au moins, selon Morin, de « poétiser leur vie ». Ou leur mort, en l’occurrence.</p>
<p>Au-delà des écologistes eux-mêmes, la plupart des partis de gauche, PS, PCF, et même le NPA, flirtent avec les idées de « décroissance », « rupture avec la croissance » ou « antiproductivisme ».</p>
<p>Le PCF par exemple, dès 2005, déclarait lors d’un forum à la Fête de l’Humanité, par la bouche de Alain Hayot : « Il faudrait quatre à cinq planètes si toute la population mondiale produisait et consommait sur le même modèle que l’actuel monde dit développé. La croissance actuelle génère autant de dégâts sociaux qu’environnementaux ». La croissance, vraiment, pas la logique du profit ? Et Alain Hayot pousuit : « Il nous faut repenser le type même de développement et de croissance dans ses finalités comme dans ses modes opératoires,(nous) inscrire dans le dépassement des modes de production et de consommation actuels. »</p>
<p>Dans les « principes fondateurs » du NPA – texte dans lequel il n’y a pas une seule occurrence du mot « communisme » – on trouve le paragraphe suivant : « En opposition aux modes de production et de consommation actuels, nous proposons la relocalisation de l’économie, la redistribution des richesses, la décroissance de la consommation des ressources non renouvelables… » : « Relocaliser l’économie », qu’est-ce que cela veut dire ? Que les différentes régions de la planète devraient vivre en autarcie ? Voilà qui va compliquer quelque peu « la redistribution des richesses », vu que certaines régions de la planète sont totalement incapables, pour des raisons géographiques, climatiques et géologiques, de produire un certain nombre de richesses.</p>
<p>Mais certains membres du NPA vont bien plus loin. Philippe Corcuff, enseignant à Sciences Po Lyon, sociologue et « spécialiste de philosophie politique », membre de la direction du NPA après l’avoir été de celle de la LCR, a ainsi participé, le 2 mai dernier, à un colloque organisé par le journal La Décroissance sur le thème : « Non au capitalisme vert ». Dans son intervention, il souligne « les nouvelles convergences » entre « anticapitalisme et antiproductivisme ». Dans le charabia prétentieux qui est souvent la langue des sociologues, Corcuff se félicite que chacun (anticapitalistes et antiproductivistes) ait « amorcé une autoanalyse critique de ses propres impensés ». Et de poursuivre : « Depuis la fin du XIXe siècle, les différentes variantes de socialisme ont souvent été imbibées de productivisme, d’une croyance (…) qu’il suffisait de se débarrasser des chaînes de l’exploitation capitaliste pour résoudre tous les problèmes ». D’où viennent ces « croyances » ? De Marx, bien sûr. Corcuff dénonce les « ambivalences » d’un Marx qui, d’une part, « semblait marqué par une fascination productiviste pour le développement industriel qu’il avait sous les yeux », et de l’autre dénonçait la production capitaliste qui « épuise en même temps les deux sources d’où jaillit toute richesse : la terre et le travailleur » (Le Capital). Ce raisonnement de Corcuff sur les « ambivalences » de Marx ne prouve qu’une chose : c’est que l’on peut être docteur en sociologie sans être capable de comprendre le BA-ba du marxisme. Oui, Marx était « fasciné » par les extraordinaires forces productives que le capitalisme était capable de faire sortir de terre ; et oui, il était révolté par l’exploitation du prolétariat et par l’irresponsabilité avec laquelle les capitalistes traitaient la nature. Il en concluait donc qu’il fallait mettre les forces productives au service de la population en les arrachant aux capitalistes, par le moyen d’une révolution sociale. Il n’y a ici pas plus d’ambivalence qu’il n’y a de marxisme dans la tête de Philippe Corcuff.</p>
<p>Marxisme et décroissance</p>
<p>Il n’y a en fait que ceux qui ne connaissent ni Marx ni le marxisme qui pensent que celui-ci était un « productiviste » acharné, incapable de se poser la question de l’épuisement des ressources naturelles ou de la lente destruction de la planète par le système capitaliste. Bien au contraire : Marx et Engels ont sans doute été parmi les premiers à poser ces problèmes</p>
<p>Parler de risque d’épuisement des ressources naturelles – et en particulier des sources d’énergie fossiles comme le pétrole – est aujourd’hui un lieu commun. Le propre des énergies fossiles étant d’être non renouvelables, elles arriveront nécessairement à épuisement un jour. Tout juste peut-on noter que les délais qui nous séparent de cette date sont probablement plus longs que les écologistes et les décroissants le prédisent : dans les années soixante-dix, les mêmes courants prévoyaient la fin définitive des ressources pétrolières en l’an 2000.</p>
<p>Mais cette question de l’épuisement des ressources est évidemment pertinente. Tout comme sont pertinentes bien des questions que posent les décroissants : oui, le capitalisme pousse ceux qui en ont les moyens à la consommation, par le biais de la publicité et de la création de modes artificielles. Oui, le capitalisme fabrique volontairement des produits qui deviennent obsolètes très rapidement pour pousser les acheteurs à les renouveler. Oui, le capitalisme transforme tout ce qu’il touche en marchandise, et pousse, par mille biais, les êtres humains solvables (et même de moins solvables, grâce au crédit) à acheter des objets parfois inutiles. Est-ce une découverte ? Certainement pas. La « marchandisation » tant critiquée par les écologistes, les altermondialistes et les décroissants, c’est finalement le fait que le capital ne considère jamais un objet pour son usage, mais en fonction de ce qu’il peut rapporter lorsqu’il sera vendu. Le capitalisme ne produit pas pour satisfaire les besoins mais pour vendre en vue de faire un profit. Il n’y avait pas besoin des décroissants pour savoir cela, puisque Karl Marx l’a longuement expliqué dans Le Capital, il y a plus d’un siècle.</p>
<p>On sait également grâce au même Karl Marx que le capitalisme ne peut fonctionner qu’en réutilisant une partie de la plus-value gagnée lors de la production pour réinvestir dans le but d’accroître sa production. Ce que l’on appelle la « croissance », c’est-à-dire le fait qu’en dehors des périodes de crise la production de richesses augmente d’une année sur l’autre, est en réalité ce que Marx a défini sous le terme de « reproduction élargie du capital ».</p>
<p>Dans l’économie capitaliste, des périodes de décroissance sont des périodes de crise – la stagnation et à plus forte raison le recul de la production, ne résultant pas d’une évolution consciemment maîtrisée, mais se traduisant par des catastrophes sociales.</p>
<p>Parler, comme le fait Jean Gadrey cité plus haut, de renoncer aux gains de productivité, tourne en fait le dos à tout ce qui a permis à l’humanité de progresser pendant des dizaines de milliers d’années. Qu’ont fait les premiers hommes qui ont taillé des silex, sinon inventer des moyens d’accroître la productivité du travail ? Toute l’histoire de l’économie humaine est celle d’une longue bataille pour augmenter la productivité par l’amélioration des techniques de production – ce qui a permis, excusez du peu, de donner les moyens à l’humanité de s’affranchir peu à peu des contraintes imposées par la nature. Voilà donc ce que la décroissance veut jeter par-dessus bord ?</p>
<p>Et en quoi la « croissance », c’est-à-dire le fait que les richesses produites par la société humaine s’accroissent, pose-t-elle un problème ? Ce constat devrait au contraire être plutôt réjouissant : plus la quantité de richesses produites augmente, plus se rapproche la possibilité pour l’humanité d’offrir « à chacun selon ses besoins ». Et plutôt que de chercher à réduire la quantité de richesses produites par un retour à l’artisanat de village, il serait peut-être nécessaire de se demander comme faire profiter l’ensemble de l’humanité de cette abondance de richesses.</p>
<p>À cela, les décroissants répondent que c’est de toute façon impossible et utopique, puisque la terre ne peut produire assez de richesses pour satisfaire tout le monde. La théorie récente de « l’empreinte écologique », souvent brandie par les décroissants, va dans ce sens : si tous les humains vivaient avec le standard de vie des classes moyennes américaines, « il faudrait quatre planètes pour pouvoir y faire face ».</p>
<p>Poser la question de cette manière revient, au fond, à dire aux habitants des pays sous-développés qu’ils doivent rester dans la misère. Car il évident que l’ensemble de la population des États-Unis, d’Europe et du Japon ne va pas revenir à la charrette à cheval et à la bougie – et tant mieux. Mais au-delà, c’est le raisonnement lui-même qui est absurde. Exactement comme les malthusiens qui prévoyaient « l’extinction de la race humaine » au-delà d’un milliard d’habitants sur la terre, les partisans de ces théories ne tiennent aucun compte des possibilités que le progrès scientifique et technique pourra offrir à l’humanité. Malthus pensait que l’humanité s’éteindrait au-delà d’un milliard d’individus parce qu’il ne pouvait pas imaginer ce que serait un jour l’agriculture intensive et la productivité de l’industrie actuelle. Au moins avait-il quelque excuse, en 1780. Les décroissants d’aujourd’hui, qui sont témoins de ce que la technologie est capable de réaliser et des espoirs qu’elle offre, n’en ont, eux, aucune. Essayer d’imaginer ce que seront les capacités productives de la société dans cinquante ans est impossible. Le raisonnement des malthusiens sur ce sujet est aussi absurde que le dialogue d’une plaisanterie célèbre : deux hommes de Cro-Magnon bavardent en revenant de la chasse aux mammouths. L’un dit : « Tu sais, je crois qu’il y aura six milliards d’être humains dans 40 000 ans. » – « Tu es fou, répond l’autre. Il n’y aura jamais assez de mammouths. Il faudrait au moins 6 000 planètes ! »</p>
<p>Alors, non, nous ne pensons pas que l’avenir de la société soit dans la réduction de la croissance à tout prix. Pas plus que nous ne pensons qu’il réside dans l’augmentation de la croissance à tout prix. Cette augmentation est, de fait, une des lois du capitalisme, système dans lequel le seul régulateur de la production est le marché aveugle. Personne, pas même les capitalistes eux-mêmes, n’a réellement de contrôle sur la production. Seule une société libérée de la concurrence, où la production serait démocratiquement planifiée en fonction des besoins, pourrait être une société où la croissance est maîtrisée – ce qui supposerait une croissance de la production de certaines marchandises si la hausse des besoins existe, et une décroissance de la production dans d’autres secteurs le cas échéant. Mais tout cela serait décidé et contrôlé par la population elle-même. Une telle société, cela s’appelle une société socialiste ; et elle ne pourra voir le jour qu’à la suite d’une profonde révolution mondiale, qui mettra fin à la dictature des capitalistes sur la société.</p>
<p>Ce n’est pas, on l’a compris, le but des décroissants. Bien dans l’air du temps où les idées de lutte collective n’ont pas le vent en poupe, les décroissants prônent l’action individuelle, le chacun pour soi. La plupart d’entre eux ne préconisent nulle lutte collective, mais conseillent à chacun de se retirer du monde moderne pour sauver sa propre peau… certainement sans ignorer qu’il y aura toujours des ouvriers, malgré tout, pour fabriquer les ordinateurs et le papier qui leur permettent d’écrire des âneries dans leurs journaux.</p>
<p>Avec les décroissants, les capitalistes n’ont pas de souci à se faire. Bien au contraire : si, ce qui est fort peu probable, les idées décroissantes dépassaient le cercle fermé de la petite bourgeoisie écologiste, ce serait une bénédiction pour les capitalistes : ils auraient face à eux des travailleurs qui non seulement accepteraient leur sort, mais seraient tout joyeux de voir leur pouvoir d’achat se dégrader, au nom du retour à la simplicité. Des habitants des bidonvilles qui ne feraient plus d’émeutes de la faim, mais qui remercieraient leurs exploiteurs de n’avoir ni écoles, ni hôpitaux, ni médicaments, ni confort. Nous sommes bien convaincus que cela n’arrivera jamais – car il faut avoir le ventre plein pour prôner de telles idées. Mais quand, comme l’a fait un Gandhi par exemple (une autre idole des décroissants), on prône la résignation aux pauvres en leur disant que leur misère est une richesse, et qu’on arrive à les convaincre, les peuples n’ont à y gagner qu’un accroissement de cette misère.</p>
<p>Les décroissants veulent faire croire qu’il n’y a pas d’autre alternative pour l’humanité que de se noyer dans la graisse de la surproduction capitaliste d’un côté ou de rejeter tout progrès en acceptant, voire en se réjouissant, de sa misère. C’est au mieux une stupidité, au pire, un mensonge. Il existe une autre alternative – seule capable non seulement de résoudre les problèmes de pauvreté mais aussi ceux de la destruction de l’environnement par un capitalisme irresponsable et criminel : une révolution sociale, et l’instauration d’une société dirigée et contrôlée par la population elle-même : le communisme.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Noël Mamère : Écologie ou barbarie]]></title>
<link>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/08/17/noel-mamere-ecologie-ou-barbarie/</link>
<pubDate>Mon, 17 Aug 2009 16:38:20 +0000</pubDate>
<dc:creator>pascalbourgois2</dc:creator>
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<description><![CDATA[ecolosphere.net, Noël Mamère, le 14 août 2009 Écologie ou barbarie L’actualité récente vient de nous]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://">ecolosphere.net</a>, Noël Mamère, le 14 août 2009</p>
<p>Écologie ou barbarie</p>
<p>L’actualité récente vient de nous apporter de nouvelles preuves des <strong>liens indissociables entre les questions que soulèvent les écologistes et les droits de l’Homme </strong>: la dernière condamnation de Aung San Suu Khuy, par la junte Birmane et le coup d’État institutionnel du président du Niger qui vient de trafiquer sa Constitution pour rester plus longtemps au pouvoir. Quel rapport avec l’écologie ? Regardons d’un peu plus près : <strong>ces deux pays sont riches de matières premières qui intéressent les pays du Nord au plus haut point et la France en particulier ; le bois et le pétrole en Birmanie, l’uranium au Niger. Deux sociétés françaises sont concernées au premier chef : Total, l’un des plus gros investisseurs en Birmanie, pour l’exploitation des hydrocarbures ; Areva au Niger, pour l’extraction de l’uranium nécessaire à l’alimentation des centrales nucléaires</strong>. Selon la fédération internationale des droits de l’Homme, Total verse chaque année 140 millions d’euros de royalties à la junte qui fait aujourd’hui l’objet de l’indignation mondiale. Quant à Areva, elle remplit les caisses d’un régime qui opprime ses opposants et mène une répression sanglante contre les populations Touaregs, là où se trouvent justement les gisements d’uranium.</p>
<p>Voilà qui explique sans doute la tartufferie du président Français qui, au lendemain de la condamnation de la « dame de Rangoon », appelait à des sanctions « <strong>tout particulièrement dans le domaine de l’exploitation du bois et des rubis »… Mais qui s’empressait d’oublier le pétrole, pour mieux protéger Total et nos approvisionnements en hydrocarbures si nécessaires à notre société de consommation à outrance</strong>. Après le référendum truqué du 4 août au Niger, silence radio. Le président Tandja peut tricher tranquillement, torturer ses opposants, <strong>nous avons trop besoin de son uranium pour nos centrales nucléaires et pour affirmer haut et fort, sans craindre le mensonge d’État, que grâce à elles, nous sommes indépendants.</strong></p>
<p>Autrement dit, <strong>pour poursuivre un mode de vie et de consommation, pour assumer des choix -comme le nucléaire-, qui n’ont jamais été débattus démocratiquement par la société, nous nourrissons des dictateurs sanguinaires</strong>, qui tuent des moines, enferment un prix Nobel, font travailler des enfants et conduisent des guerres contre leurs minorités ;<strong> nous sacrifions la liberté des peuples à nos intérêts mercantiles et à notre mode de développement. Au nom de la préservation de notre confort, nous sommes prêts à sacrifier les idéaux des Lumières. L’égoïsme est devenue la valeur dominante qui efface toutes les autres</strong>. Et c’est ainsi que progresse l’apartheid planétaire qui ruine les sociétés et menace la Terre elle-même, soumise à l’appétit insatiable des prédateurs sans foi ni loi. C’est pourtant dans ce monde que nous vivons, où les plus pauvres, les « damnés de la terre », voient leurs libertés de plus en plus menacées et leur survie de plus en plus incertaine ; où les victimes des injustices sociales et les plus démunis sont aussi les premières victimes des injustices environnementales ;<strong> où 20% des habitants de la planète consomment 80% de ses ressources</strong>. À cause de ces inégalités de plus en plus insupportables, de plus en plus révoltantes, la vulnérabilité du monde prospère et, avec elle, la montée des incertitudes, des peurs, des violences, symboles de la fragilité d’une puissance que nous pensions capable de tout maîtriser.</p>
<p><strong>Ce monde-là est en faillite</strong>. <strong>Si nous tentons de le préserver tel qu’il est, nous courons tous à notre perte, riches comme pauvres </strong>; l’avenir radieux que nous promettaient les Trente Glorieuses et, aujourd’hui <strong>la « croissance verte » – nouveau logo du capitalisme aux abois – virera au cauchemar</strong>. On ne peut donc s’accommoder de « bricolages » sur une maison lézardée ou de pansements verts appliqués à un grand corps malade. Le rétablissement d’un monde plus juste pour nos générations et celles qui vont nous suivre est au prix d’une <!--more-->véritable révolution écologique et sociale. C’est bien ce que proposent les écologistes depuis des décennies, derrière des penseurs comme Illich, Ellul, Gorz, Fournier, Charbonneau, Jouvenel, Dumont… Qui se souvient de La Gueule Ouverte, premier journal écologiste français qui, dans la confidentialité militante de l’époque, prônait le modèle de société que nous avons défendu avec succès au cours des dernières élections européennes ? Nous n’avons rien inventé, nous n’avons rien dit d’autre que ce que nous répétons élection après élection, colloque après colloque, débat après débat… Mais, pour la première fois dans notre courte histoire politique, notre imaginaire a rencontré la société. En nous écoutant parler de notre projet, du monde dont nous rêvons pour nos enfants, les Français nous ont dit « chiche ! » et nous ont donné les moyens de peser beaucoup plus fort dans les débats politiques d’aujourd’hui et de demain. Nous devons saisir cette main tendue et nous battre avec les moyens de la démocratie pour que l’écologie ne soit plus considérée comme une figure politique de catégorie B, mais comme un outil de transformation politique et sociale à part entière, au même titre que le socialisme le fut au début du XXe siècle. Il ne s’agit pas de se lancer dans une bataille de concurrence qui serait suicidaire pour toute la gauche française, mais de montrer que la conversion écologique de nos sociétés est le passage obligé vers un monde moins injuste et plus respectueux de son environnement indispensable à la survie des hommes.</p>
<p>Voilà pourquoi les semaines et les mois qui viennent vont être déterminants pour l’avenir de l’écologie politique. Nous devons tenir et tenir encore sur la ligne du rassemblement, ne pas nous laisser emporter par nos petites querelles de chapelle. Chacun sait que le diable niche dans les détails et si nous avions dû en rester là pour la composition des listes aux élections européennes, jamais nous n’aurions pu présenter cette alliance des belles personnes qui, de Dany à Eva, de José à Yannick, de Jean-Paul à Michèle, a conquis les Français. Les Verts ont fait preuve d’une grande intelligence politique à cette occasion, qu’ils ne l’oublient pas au moment des élections régionales ! Nous devons rester les moteurs du rassemblement des écologistes et de tous ceux qui croient en notre projet de société mais qui ne veulent pas entendre parler de parti. C’est à nous, tous ensemble, de définir les contours de ce nouvel objet politique, si nous ne voulons pas qu’il reste dans l’histoire comme un joli météore qui traversa la galaxie politique en ce début d’été 2009 et disparut dans la magma des accords d’appareil. La profondeur de la crise écologique et sociale que nous traversons est telle que nous ne pouvons rater ce rendez-vous avec l’histoire. À nous d’être à la hauteur de cette lourde, mais exaltante, responsabilité.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Social Learning, Andragogy, Social Technology... and PLNs]]></title>
<link>http://mollybob.wordpress.com/2009/08/14/social-learning-andragogy-social-technology-and-plns/</link>
<pubDate>Fri, 14 Aug 2009 12:56:28 +0000</pubDate>
<dc:creator>mollybob</dc:creator>
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<description><![CDATA[Why do PLN&#8217;s exist? Why are we talking about them so much more now than a few years ago?  I re]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>Why do PLN&#8217;s exist? Why are we talking about them so much more now than a few years ago?  I remember writing about <a href="http://www.infed.org/thinkers/et-illic.htm" target="_blank">Ivan Illich</a>&#8217;s learning webs, which he spoke of in his 1971 book <a href="http://www.amazon.co.uk/Deschooling-Society-Open-Forum-Illich/dp/0714508799/ref=sr_1_1?ie=UTF8&#38;s=books&#38;qid=1250253732&#38;sr=8-1" target="_blank">Deschooling Society</a> when I was trying to articulate my personal theory of adult education in my first semester of study last year, and <a href="http://chiron.valdosta.edu/whuitt/col/soccog/soclrn.html" target="_blank">Bandura&#8217;s Social Learning</a>, and  Vygotsky&#8217;s 1978 <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Zone_of_proximal_development" target="_blank">Zones of Proximinal Development</a>, which talks of using capable peers and social interaction.</p>
<p>It seems to me that in my circles at least, these concepts were  not focussed upon until more recently, with George Siemens&#8217; 2004<a href="http://www.elearnspace.org/Articles/connectivism.htm" target="_blank"> Connectivism</a> generating some contentious debate and Stephen Downes&#8217; e-Learning 2005 <a href="http://www.downes.ca/post/31741" target="_blank">e-Learning 2.0</a> paper popularising the term and associated concepts.  I don&#8217;t think it&#8217;s because they aren&#8217;t valuable theories, I  think it&#8217;s because social technology has set the scene for something otherwise unachiveable.</p>
<p>I think that when technology started enabling widespread interaction for the mainstream, people self organised, forming groups around points of interest, things they wanted to know more about&#8230; things they wanted to learning about. They didn&#8217;t do it consciously thinking &#8220;I am learning according to social learning theory, I am going to develop a personal network&#8221;, they just did it because they were interested in something and wanted to know more. They formed their own communities of practice.  Technology has really enabled the social learning theories discussed above to become more relevant in our every day lives because the advent of social technologies has meant that the organic, messy, relationship based interaction that the theories are underscored by has been able to occur.  I can see the relevance of <a href="http://www.infed.org/thinkers/et-knowl.htm" target="_blank">Malcolm Knowles&#8217; andragogy</a> loud and clear in these communities, because the members have joined because of their own motivations, in doing so have identified their own readiness to learn, and interactions are based around shared practice, which is reliant upon experience.</p>
<p>When I look at the above from an individual level, it&#8217;s getting easier and easier to get online and get social in the developed world.  I can see that it&#8217;s highly likely that once someone is a member of one community of practice, they may easily become a member of more&#8230; and more&#8230; sometimes with overlap&#8230; and the interactions they have across these communities with other individuals forms their own PLN. With the advent of social technology, it&#8217;s easy to be connected to others with shared interests across varied communities, and as such, it seems that someone doing this with the intent of learning will inevitably develop a PLN over time because the theory has bloomed with the help of technology.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Civilisation: the oldest confidence trick in history?]]></title>
<link>http://itsvivid.wordpress.com/2009/07/23/civilisation-the-oldest-confidence-trick-in-history/</link>
<pubDate>Thu, 23 Jul 2009 13:15:26 +0000</pubDate>
<dc:creator>Vivid</dc:creator>
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<description><![CDATA[Researchers at universities in Portugal and Belgium discovered earlier in the year that the way to l]]></description>
<content:encoded><![CDATA[Researchers at universities in Portugal and Belgium discovered earlier in the year that the way to l]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[VIENT DE PARAITRE : La nature et la norme. La philosophie politique contemporaine face aux questions écologiques]]></title>
<link>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/07/06/vient-de-paraitre-la-nature-et-la-norme-la-philosophie-politique-contemporaine-face-aux-questions-ecologiques/</link>
<pubDate>Mon, 06 Jul 2009 10:10:28 +0000</pubDate>
<dc:creator>pascalbourgois2</dc:creator>
<guid>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/07/06/vient-de-paraitre-la-nature-et-la-norme-la-philosophie-politique-contemporaine-face-aux-questions-ecologiques/</guid>
<description><![CDATA[nonfiction.fr, Hicham-Stéphane Afeissa, le 4 juillet 2009 L&#8217;écologie est-elle soluble dans la ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://">nonfiction.fr</a>, <a href="http://www.nonfiction.fr/fiche-perso-415-hicham_stephane_afeissa.htm">Hicham-Stéphane Afeissa</a>, le 4 juillet 2009</p>
<p>L&#8217;écologie est-elle soluble dans la démocratie ?</p>
<p>La nature et la norme. La philosophie politique contemporaine face aux questions écologiques</p>
<p>Nicolas de Longeaux, Éditeur : L&#8217;Harmattan</p>
<p>Résumé : Un livre de philosophie politique exceptionnellement riche, dont les conclusions ne semblent toutefois pas réellement démonstratives.  </p>
<p><strong>Hans Jonas a longtemps été conspué pour avoir osé douter de la capacité de la démocratie, dans son fonctionnement actuel, à prendre en charge les enjeux écologiques. Selon lui, le changement radical de mode de vie et de consommation, ainsi que le contrôle drastique de l’innovation scientifique, ne pouvaient être réalisés que s’ils étaient imposés d’en haut par &#8220;une tyrannie bienveillante, bien informée et animée par la juste compréhension des choses&#8221; </strong><a title="Cliquez pour en savoir plus..." href="//%20Montrer%20la%20note" target="_blank"><strong> </strong></a><strong>. &#8220;Seule une élite&#8221;, poursuivait-il, &#8220;peut éthiquement et intellectuellement assumer la responsabilité pour l’avenir&#8221;, en sorte que, à tout prendre, le centralisme socialiste lui semblait encore préférable au complexe &#8220;capitaliste-démocratique-libéral&#8221; </strong><a title="Cliquez pour en savoir plus..." href="//%20Montrer%20la%20note" target="_blank"><strong> </strong></a><strong>.</strong></p>
<p><strong>Le risque d’établir par là une sorte d’expertocratie a été largement dénoncé, mais l’on s’est sans doute mépris sur le statut exact de cette proposition par laquelle Hans Jonas ne visait assurément pas à exprimer un idéal politique personnel, mais bien plutôt à avancer un diagnostic sur le fonctionnement des démocraties libérales et sur leur incapacité structurelle à répondre efficacement aux problèmes environnementaux</strong>. Dans quelle mesure le système politique moderne est-il capable de comprendre et de traiter les questions écologiques qui se posent à la société ? Tel était le sens de l’interrogation de Hans Jonas.</p>
<p><strong>C’est cette interrogation essentielle que reprend à son compte Nicolas de Longeaux dans ce livre de philosophie politique important et, à de nombreux égards, tout à fait exceptionnel, sans restreindre son champ de réflexion à la seule philosophie environnementale de Jonas, mais en s’efforçant au contraire de prendre en considération presque toutes les philosophies politiques contemporaines susceptibles d’apporter un éclairage sur les questions écologiques</strong>, du saint-simonisme à John Rawls, en passant par Karl Marx, Max Weber, Hannah Arendt, André Gorz, Ivan Illich, Jean-Pierre Dupuy, quelques penseurs clés de l’éthique environnementale, Michael Walzer, Felix Guattari, Cornélius Castoriadis, Etienne Tassin et surtout Jürgen Habermas, qui joue dans cette étude un rôle absolument central.      </p>
<p><strong>Objectifs de l’enquête et thèses principales</strong></p>
<p>L’entreprise de Nicolas de Longeaux poursuit deux objectifs principaux. <strong>Elle se présente tout d’abord comme une enquête portant sur les conditions théoriques générales de fonctionnement des institutions politiques actuelles, et sur les contraintes principielles qui déterminent les marges d’action des démocraties modernes confrontées aux phénomènes de crise environnementale. </strong></p>
<p><strong>La thèse qu’il défend à ce niveau est que le système politique contemporain est inadapté à la résolution des questions écologiques, et qu’il est condamné à les aborder avec des ressources et des structures qui ont été mises en place pour répondre à des problèmes politiques totalement différents.</strong></p>
<p>L’enquête se poursuit alors en direction de la réflexion politique contemporaine, en cherchant successivement dans la pensée écologiste (en entendant par là les élaborations théoriques des penseurs de l’écologie sociale, de l’éthique environnementale, de la deep ecology et de Hans Jonas lui-même), puis dans la philosophie politique actuelle <!--more-->(de Marx à Rawls), des concepts qui pourraient permettre d’interpréter les insuffisances de nos institutions en indiquant par là même de quelle(s) façon(s) il conviendrait de les adapter aux questions écologiques.</p>
<p>La thèse que défend l’auteur à ce niveau est qu&#8217;aucune théorie politique actuellement disponible n’est à même d’apporter de réponse à ce qu’il tient pour les deux questions résiduelles qui dépassent les possibilités du traitement démocratique libéral des phénomènes de crise écologique, à savoir le conflit des appréciations subjectives de valeurs et l’acceptabilité sociale du risque. Selon lui, la politique ne peut rien instituer au-delà de cette division sans devenir autoritaire, et toute l’ambition du livre est de montrer que les limitations historiques qui pèsent sur le fonctionnement réel des institutions démocratiques, qui les ont empêchées jusqu’à présent de se saisir des problèmes écologiques dans toute leur originalité, pèsent aussi sur la philosophie politique.</p>
<p><strong>La réussite de l’entreprise</strong></p>
<p>Il est impossible dans les limites de ce compte-rendu de rendre justice aux analyses subtiles et complexes que l’auteur déploie, à chaque étape, pour démontrer l’incapacité structurelle des démocraties contemporaines à poser et à résoudre les problèmes écologiques, et pour mettre au jour les insuffisances des diverses théories politiques à poser de tels problèmes dans leur intégralité sans plus ou moins les transformer ou les amputer .</p>
<p>Disons simplement que la généalogie des institutions politiques qu’il esquisse en première partie depuis grosso modo la fin du XVIIIe  siècle réussit à merveille à rendre compte de l’irréductibilité des problèmes écologiques, du point de vue de leur traitement pratique par le système politique contemporain, aux autres types de problèmes collectifs, par le conflit entre deux modalités d’exercice du pouvoir <a title="Cliquez pour en savoir plus..." href="//%20Montrer%20la%20note" target="_blank"> </a> ; que l’élucidation des contraintes fonctionnelles des institutions démocratiques à l’aide des travaux empiriques de Pierre Lascoumes et de la théorie de l’agir communicationnel de Jürgen Habermas est à la fois lumineuse et très convaincante ; et que l’analyse des motifs pour lesquels les philosophies politiques contemporaines échouent à poser convenablement les problèmes écologiques, en raison d’une sorte d’accumulation culturelle et de sophistication telles que, désormais, la pensée politique se contente d’aborder une liste restreinte de sujets, en se divisant en familles idéologiques, spécialisée chacune dans un certain type de problèmes et travaillant à partir d’un ensemble de concepts qui lui est propre, est véritablement éclairante pour tous les penseurs qui sont convoqués dans la trroisième partie de cette étude.  </p>
<p><strong>Discussion </strong></p>
<p>L’on pourrait regretter en revanche le caractère très évasif, voire sibyllin, de la conclusion de l’enquête, tant il est vrai que l’on ne voit pas bien ce peut vouloir dire l’injonction selon laquelle &#8220;les questions écologiques nous obligent à penser le politique bien au-delà du politique&#8221; <a title="Cliquez pour en savoir plus..." href="//%20Montrer%20la%20note" target="_blank"> </a>; l’on pourrait aussi s’étonner de voir que la pensée politique de Toni Negri et de Michael Hardt &#8211; lesquels se sont régulièrement penchés sur les problèmes écologiques -  ne fasse l’objet d’aucune discussion sérieuse et soit réduite à un slogan évoquant le désir de libération de la &#8220;multitude&#8221; <a title="Cliquez pour en savoir plus..." href="//%20Montrer%20la%20note" target="_blank"> </a>, ou encore qu’il ne soit presque rien dit de John Dryzek, qui est pourtant l’un des théoriciens nord-américains importants en matière d’écologie politique <a title="Cliquez pour en savoir plus..." href="//%20Montrer%20la%20note" target="_blank"> </a> ; l’on pourrait juger pour le moins cavalier que les Politiques de la nature de Bruno Latour ne soient mentionnées qu’en passant, et soient rapidement confondues avec les propositions avancées par Michel Callon <a title="Cliquez pour en savoir plus..." href="//%20Montrer%20la%20note" target="_blank"> </a>, comme si Bruno Latour n’avait rien à nous dire sur la façon de faire entrer l’écologie en démocratie.  </p>
<p>Mais ces défauts nous paraissent presque résiduels en comparaison de ceux que donne malheureusement à voir la seconde partie de l’étude consacrée à un examen des pensées écologistes et des éthiques environnementales contemporaines, dont on aurait aimé que l’auteur leur consacre autant de soin, d’attention et de temps qu’il en a consacré, avec de si beaux résultats, à la pensée de Jürgen Habermas. Partout les lacunes et les insuffisances de l’information sont criantes. La typologie qui est proposée des diverses éthiques environnementales est inadéquate. La genèse de ce courant philosophique est mal restituée. Le concept de valeur intrinsèque – qui est au centre de toutes les élaborations des éthiques environnementales, y compris de celles qui multiplient les efforts pour dépasser la dichotomie entre valeur instrumentale et valeur intrinsèque – est mal élucidé. La force et le sens exact de l’objection des cas marginaux, qui a joué un rôle capital dans la formation des problématiques en éthique environnementale, n’ont pas été bien saisis. La doctrine de certains auteurs majeurs est méconnue, ou est rendue méconnaissable (notamment celle de Rolston et celle de Naess). D’étranges confusions sont commises (entre éthique environnementale et éthique animale, entre théorie des droits des animaux et théorie de la libération animale, etc.). Certains silences ne manquent pas d’étonner (pas un mot sur Joel Feinberg ou Tom Regan, rien sur l’éthique des vertus, rien non plus sur la justice environnementale).    </p>
<p>Enfin et surtout, il nous semble incompréhensible qu’un auteur de l’envergure de Bryan Norton ne soit jamais examiné dans cette étude <a title="Cliquez pour en savoir plus..." href="//%20Montrer%20la%20note" target="_blank"> </a> – et au-delà de lui, tout le courant du pragmatisme environnemental dont il est la figure de proue –, alors même que ses travaux, sous de nombreux aspects,  se situent au cœur des problèmes qui sont examinés par Nicolas de Longeaux.</p>
<p>Non seulement Bryan Norton s’interroge expressément, et depuis le début de sa carrière, sur les conditions sous lesquelles l’éthique environnementale est susceptible de connaître une application politique, mais la référence à Jürgen Habermas joue dans son entreprise un rôle déterminant, comme l’atteste son dernier livre, qui est assurément l’un des livres d’écologie politique les plus marquants de la dernière décennie, Sustainability <a title="Cliquez pour en savoir plus..." href="//%20Montrer%20la%20note" target="_blank"> </a>, paru il y a déjà quatre ans, lequel, lui non plus, ne fait l’objet d’aucune mention. Comment, dans de telles conditions, reconnaître aux conclusions que tire l’auteur une valeur réellement démonstrative ?</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Yves Cochet : Anti-manuel d'écologie]]></title>
<link>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/06/25/yves-cochet-anti-manuel-decologie/</link>
<pubDate>Thu, 25 Jun 2009 07:19:52 +0000</pubDate>
<dc:creator>pascalbourgois2</dc:creator>
<guid>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/06/25/yves-cochet-anti-manuel-decologie/</guid>
<description><![CDATA[actu-environnement.com, Camille Saïsset, le19 juin 2009 Anti-manuel d&#8217;écologie Dans la série A]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://">actu-environnement.com</a>, Camille Saïsset, le19 juin 2009</p>
<p>Anti-manuel d&#8217;écologie</p>
<p>Dans la série Anti-manuels, les éditions Bréal publient l&#8217;Anti-manuel d&#8217;écologie d&#8217;Yves Cochet. <strong>Un ouvrage entre science, philosophie et politique, qui offre au lecteur une fenêtre grande ouverte sur l&#8217;écologie politique</strong>.</p>
<p>AE : En librairie, on trouve votre ouvrage dans la rubrique d&#8217;écologie scientifique, le qualifiez-vous comme tel ?</p>
<p>YC : Non, <strong>c&#8217;est un livre qui expose toutes les facettes de l&#8217;écologie, pas exclusivement la science écologique. Il serait mieux dans la rubrique d&#8217;écologie politique, mais elle n&#8217;apparaît pas en librairie. Ce courant de pensée existe pourtant depuis longtemps. Quand René Dumont évoquait le changement climatique pendant la campagne présidentielle de 1974, les gens se demandaient de quoi il parlait. Il fait partie de ceux que je considère comme des déclencheurs de mon amour pour l&#8217;écologie, de même qu&#8217;Ivan Illich, André Gorz et Alexandre Grothendieck</strong>. Ce dernier était un mathématicien brillant de l&#8217;Institut des Hautes études scientifiques de Bures-sur-Yvette. Il a publié le bulletin écologiste « Survivre et Vivre » avant de décider de se retirer, en 1970.</p>
<p>AE : Au centre de votre réflexion, on perçoit une dimension particulière de la nature.</p>
<p>YC : En effet, <strong>dans la pensée occidentale et cartésienne, on a tendance à placer l&#8217;homme en surplomb de l&#8217;écosphère. Au contraire d&#8217;autres civilisations, il existe pour nous une différence et une distance incommensurable entre l&#8217;humanité et le reste, entre les activités et préoccupations humaines et la Terre que nous habitons. Or, en méprisant la nature en amont et en aval de l&#8217;économie, en l&#8217;évacuant de son domaine de pensée exceptée comme source de matières premières ou réceptacle des déchets et des pollutions, l&#8217;humanité sape les bases de sa propre vie</strong>. La base matérielle de notre richesse est fournie par la prodigalité de la nature, mais les décideurs politiques ne le comprennent pas. J&#8217;en fais l&#8217;expérience tous les jours à l&#8217;Hémicycle. <strong>La crise que nous vivons aujourd&#8217;hui est une catastrophe écologique née du déni de la nature</strong>.</p>
<p>AE : A la fin de votre ouvrage, vous projetez le lecteur à l&#8217;horizon 2022, pourquoi ?</p>
<p>YC : Cette année-là marquera le 50ème anniversaire du 1er sommet de la Terre qui s&#8217;est déroulé à Stockholm en 1972. Depuis, <!--more-->l&#8217;écosphère s&#8217;est beaucoup dégradée et l&#8217;effondrement est aussi politique et social. Est ce que les politiques publiques, les moyens mis en œuvre sont proportionnels aux menaces ? Non. Malgré tous les accords internationaux, les Conférences de l&#8217;ONU sur le changement climatique, un fond pour les pays du sud, les Objectifs du Millénaire, un Programme pour l&#8217;environnement au sein des Nations Unies… L&#8217;effet de serre continue à dériver, la biodiversité se réduit, le sous-sol s&#8217;épuise.<br />
AE : Vous qui êtes député, n&#8217;avez vous pas les moyens d&#8217;agir ?</p>
<p>YC : Changer de cap, c&#8217;est ce que je m&#8217;efforce de faire depuis 35 ans. Quand a été discuté le principe de précaution dans la Charte de l&#8217;Environnement, j&#8217;ai demandé au ministre de la Justice Dominique Perben de nous fournir un exemple d&#8217;application. Il en fut incapable ! Or les OGM sont justement un exemple parfait ! Sur le nucléaire, l&#8217;AIEA a établi une échelle du risque basée sur des calculs probabilistes, l&#8217;échelle INES qui permet de graduer les incidents. De fait, il y a une loi spéciale pour l&#8217;assurance en cas d&#8217;incident nucléaire. Alors que pour les OGM, la loi n&#8217;évoque qu&#8217;une assurance mutuelle. Pour qu&#8217;il y ait contrat d&#8217;assurance privée, il faudrait évaluer le risque. Ce qui est impossible pour l&#8217;instant. Aujourd&#8217;hui sur les OGM, aucun scientifique ne peut dire ni qu&#8217;il y a innocuité totale ni qu&#8217;ils sont dangereux. Laissons donc la recherche continuer en milieu confiné ! Accepter les cultures d&#8217;OGM en plein champ, c&#8217;est jouer au démiurge ! D&#8217;ailleurs, c&#8217;est cette ivresse de la toute puissance qui fait notre malheur. C&#8217;est l&#8217;Hubris, la démesure, qu&#8217;il nous faut maîtriser, dirait Aristote.</p>
<p>AE : Si vous aviez à choisir une destination pour médiatiser votre pensée, où iriez-vous ?</p>
<p>YC : Décoloniser l&#8217;imaginaire, c&#8217;est ce que je partage avec Serge Latouche. Où irais-je ? Au Texas, j&#8217;irai voir les mères de famille pour qu&#8217;elles convainquent leur mari de sauver la vie de leurs enfants en arrêtant d&#8217;extraire du pétrole. Le sous-sol et ses richesses, c&#8217;est le grand non-dit des mythologies occidentales. J&#8217;irais les voir une à une, dans les quartiers de Houston et de Dallas, cet univers impitoyable.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[It all adds up]]></title>
<link>http://circadia.wordpress.com/2009/06/19/piove-infine/</link>
<pubDate>Sat, 20 Jun 2009 00:52:15 +0000</pubDate>
<dc:creator>circadia</dc:creator>
<guid>http://circadia.wordpress.com/2009/06/19/piove-infine/</guid>
<description><![CDATA[Brick by brick, stone by stone, growing &#8217;til he&#8217;s fully grown. Funny: I passed by the li]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><em><strong>Brick by brick, stone by stone, growing &#8217;til he&#8217;s fully grown.</strong></em> Funny: I passed by the library today and took out Illich&#8217;s <em>Tools for Conviviality</em> again. I feel a third reading coming on, and maybe this time a blog post (to one of those other blogs) about what it has to say about our predicaments.</p>
<p>I was thinking à propos <em>TfC</em>, that unlike many or most books, which provide a portrait of the world, that Illich is giving us a lens through which the world can be viewed and some hitherto unseen or barely-descried features of the world come through loud and clear.</p>
<p>Portrait or lens. It reminds me of the distinction I always felt aware of, even without being able to articulate it clearly, in linguistic theories of acquisition: on the one hand, the assumption that what is innate is a fully- (or largely-) formed set of linguistic structures, primitives and combinatorical rules, sequences of operations, and so on. With some variability to be worked out through exposure to the linguistic input, but pretty much all there otherwise. And on the other hand the innate component being little more than instinctual predispositions to attend to certain aspects of the input and induce structure, rules, tactics, and so on.</p>
<p>I don&#8217;t know why, but the former theoretical position always rubbed me the wrong way. Overloading the theory with too much of the well-defined and static just doesn&#8217;t seem like the way things really work; at least, not naturally-occurring things like states of mind or sensory/cognitive modalities. Why expect that all we need is a full-fledged picture of reality? We have reality, or at least our construction of it. Why believe that our cognitive apparatus is just a kind of internal mirror of what lies outside? It just doesn&#8217;t add up for me.</p>
<p>It probably has much to do with my anti-authoritarian stance. I don&#8217;t want the mind to be like a little authority inside the head, stamping reality with the seal of approval inasmuch as our perception fits the facts. That&#8217;s nowhere. There has to be enough freedom in the system consisting of out-there and in-here, enough wiggle room to make it possible for there to be variations in the way we draw up the final portrait. The lens is fairly consistent, but there are enough differences from one to the next that we all overlap to a high degree, but not perfectly.</p>
<p>In the same way, a portrait-book is a nice ruler. You set it beside the world, take the measurements, keep everything neat and tidy. But the lens&#8230; there the possibilities are much broader. You can look at anything through that thing and sometimes get some real surprises. Not to mention that a portrait assumes some idea of isomorphism between noumenon and phenomon. The lens aims at something like that, but acknowledges that your mileage may vary. And anyone can make their own lens and get to work on studying the world they way they want to see it. It&#8217;s much more liberating.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Changer le rapport de l'homme à la nature n'est qu'un début]]></title>
<link>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/06/13/changer-le-rapport-de-lhomme-a-la-nature-nest-quun-debut/</link>
<pubDate>Sat, 13 Jun 2009 13:37:57 +0000</pubDate>
<dc:creator>pascalbourgois2</dc:creator>
<guid>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/06/13/changer-le-rapport-de-lhomme-a-la-nature-nest-quun-debut/</guid>
<description><![CDATA[lemonde.fr, Edgar Morin, le 12 juin 2009 Changer le rapport de l&#8217;homme à la nature n&#8217;est]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>lemonde.fr, Edgar Morin, le 12 juin 2009</p>
<p>Changer le rapport de l&#8217;homme à la nature n&#8217;est qu&#8217;un début</p>
<p><strong>Le succès Vert, en France, aux élections européennes ne doit être ni surestimé ni sous-estimé. Il ne doit pas être surestimé, car il résulte en partie de la carence du Parti socialiste, de la faible crédibilité du MoDem et des petites formations de gauche. Il ne doit pas être sous-estimé, car il témoigne aussi du progrès politique de la conscience écologique dans notre pays.</strong></p>
<p><strong>Mais ce qui demeure insuffisant, c&#8217;est la conscience de la relation entre politique et écologie</strong>. Certes, très justement, Daniel Cohn-Bendit parle au nom d&#8217;une écologie politique. Mais <strong>il ne suffit pas d&#8217;introduire la politique dans l&#8217;écologie ; il faut aussi introduire l&#8217;écologie dans la politique</strong>. En effet, les problèmes de la justice, de l&#8217;Etat, de l&#8217;égalité, des relations sociales, échappent à l&#8217;écologie. <strong>Une politique qui n&#8217;engloberait pas l&#8217;écologie serait mutilée, mais une politique qui se réduirait à l&#8217;écologie serait également mutilée.</strong></p>
<p><strong>L&#8217;écologie a le mérite de nous amener à modifier notre pensée et notre action sur la nature</strong>. Certes, cette modification est loin d&#8217;être accomplie. A la vision d&#8217;un univers d&#8217;objets que l&#8217;homme est destiné à manipuler et à asservir ne s&#8217;est pas encore vraiment substituée la vision d&#8217;une nature vivante dont il faut respecter les régulations et les diversités.</p>
<p>A la vision d&#8217;un homme &#8220;sur-naturel&#8221; ne s&#8217;est pas encore substituée la vision de notre interdépendance complexe avec le monde vivant, dont la mort signifierait notre mort. L&#8217;écologie politique a de plus le mérite de nous amener à modifier notre pensée et notre action sur la société et sur nous-mêmes.</p>
<p>En effet,<strong> toute politique écologique a deux faces, l&#8217;une tournée vers la nature, l&#8217;autre vers la société</strong>. Ainsi, la politique qui vise à remplacer les énergies fossiles polluantes par des énergies propres est en même temps un aspect d&#8217;une politique de santé, d&#8217;hygiène, de qualité de la vie. La politique des économies d&#8217;énergie est en même temps un aspect d&#8217;une politique évitant les dilapidations et luttant contre les intoxications consuméristes des classes moyennes.</p>
<p><strong>La politique faisant régresser l&#8217;agriculture et l&#8217;élevage industrialisés, et par là dépolluant les nappes phréatiques, détoxiquant l&#8217;alimentation animale viciée d&#8217;hormones et d&#8217;antibiotiques, l&#8217;alimentation végétale imprégnée de pesticides et d&#8217;herbicides, serait en même temps une politique d&#8217;hygiène et de santé publiques, de qualité des aliments et de qualité de la vie</strong>. La politique visant à dépolluer les villes, les enveloppant d&#8217;une ceinture de parkings, développant les transports publics électriques, piétonnisant les centres historiques, contribuerait fortement à une réhumanisation des villes, laquelle comporterait en outre la réintroduction de la mixité sociale en supprimant les ghettos sociaux, y compris les ghettos de luxe pour privilégiés.</p>
<p>En fait, il y a déjà dans la deuxième face de l&#8217;écologie politique une part économique et sociale (dont les grands travaux nécessaires au développement d&#8217;une économie verte, y compris la construction de parkings autour des villes). <strong>Il y a aussi quelque chose de plus profond, qui ne se trouve encore dans un aucun programme politique, c&#8217;est la nécessité positive de changer nos vies, non seulement dans le sens de la sobriété, mais surtout dans le sens de la qualité et de la poésie de la vie.</strong></p>
<p>Mais cette deuxième face n&#8217;est pas <!--more-->encore assez développée dans l&#8217;écologie politique.</p>
<p>Tout d&#8217;abord, celle-ci n&#8217;a pas assimilé le second message, de fait complémentaire, formulé à la même époque que le message écologique, au début des années 1970, celui d&#8217;Ivan Illitch. Celui-ci avait formulé une critique originale de notre civilisation, montrant combien un mal-être psychique accompagnait les progrès du bien-être matériel, comment l&#8217;hyperspécialisation dans l&#8217;éducation ou la médecine produisait de nouveaux aveuglements, combien il était nécessaire de régénérer les relations humaines dans ce qu&#8217;il appelait la convivialité. Alors que le message écologique pénétrait lentement la conscience politique, le message illitchien restait confiné.</p>
<p>C&#8217;est que les dégradations du monde extérieur devenaient de plus en plus visibles, alors que les dégradations psychiques semblaient relever de la vie privée et demeuraient invisibles à la conscience politique. Le mal-être psychique relevait et relève encore des médecines, somnifères, antidépresseurs, psychothérapies, psychanalyses, gourous, mais n&#8217;est pas perçu comme un effet de civilisation.</p>
<p>Le calcul appliqué à tous les aspects de la vie humaine occulte ce qui ne peut être calculé, c&#8217;est-à-dire la souffrance, le bonheur, la joie, l&#8217;amour, bref, ce qui est important dans nos vies et qui semble extra-social, purement personnel. Toutes les solutions envisagées sont quantitatives : croissance économique, croissance du PIB. Quand donc la politique prendra-t-elle en considération l&#8217;immense besoin d&#8217;amour de l&#8217;espèce humaine perdue dans le cosmos ?</p>
<p>Une politique intégrant l&#8217;écologie dans l&#8217;ensemble du problème humain affronterait les problèmes que posent les effets négatifs, de plus en plus importants par rapport aux effets positifs, des développements de notre civilisation, dont la dégradation des solidarités, ce qui nous ferait comprendre que l&#8217;instauration de nouvelles solidarités est un aspect capital d&#8217;une politique de civilisation.</p>
<p>L&#8217;écologie politique ne saurait s&#8217;isoler. Elle peut et doit s&#8217;enraciner dans les principes des politiques émancipatrices qui ont animé les idéologies républicaine, socialiste puis communiste, et qui ont irrigué la conscience civique du peuple de gauche en France. Ainsi, l&#8217;écologie politique pourrait entrer dans une grande politique régénérée, et contribuer à la régénérer.</p>
<p>Une grande politique régénérée s&#8217;impose d&#8217;autant plus que le Parti socialiste est incapable de sortir de sa crise. Il s&#8217;enferme dans une alternative stérile entre deux remèdes antagonistes. Le premier est la &#8220;modernisation&#8221; (c&#8217;est-à-dire le ralliement aux solutions techno-libérales), alors que la modernité est en crise dans le monde. L&#8217;autre remède, le gauchissement, est incapable de formuler un modèle de société. Le gauchisme aujourd&#8217;hui souffre d&#8217;un révolutionnarisme privé de révolution. Il dénonce justement l&#8217;économie néolibérale et les déchaînements du capitalisme, mais il est incapable d&#8217;énoncer une alternative. Le terme de &#8220;parti anticapitaliste&#8221; trahit cette carence.</p>
<p>Si l&#8217;écologie politique porte sa vérité et ses insuffisances, les partis de gauche portent, chacun à leur façon, leurs vérités, leurs erreurs et leurs carences. Tous devraient se décomposer pour se recomposer dans une force politique régénérée qui pourrait ouvrir des voies. La voie économique serait celle d&#8217;une économie plurielle. La voie sociale serait celle de la régression des inégalités, de la débureaucratisation des organisations publiques et privées, de l&#8217;instauration des solidarités. La voie pédagogique serait celle d&#8217;une réforme cognitive, qui permettrait de relier les connaissances, plus que jamais morcelées et disjointes, afin de traiter les problèmes fondamentaux et globaux de notre temps.</p>
<p>La voie existentielle serait celle d&#8217;une réforme de vie, où viendrait à la conscience ce qui est obscurément ressenti par chacun, que l&#8217;amour et la compréhension sont les biens les plus précieux pour un être humain et que l&#8217;important est de vivre poétiquement, c&#8217;est-à-dire dans l&#8217;épanouissement de soi, la communion et la ferveur.</p>
<p>Et s&#8217;il est vrai que le cours de notre civilisation, devenue mondialisée, conduit à l&#8217;abîme et qu&#8217;il nous faut changer de voie, toutes ces voies nouvelles devraient pouvoir converger pour constituer une grande voie qui conduirait mieux qu&#8217;à une révolution, à une métamorphose. Car, quand un système n&#8217;est pas capable de traiter ses problèmes vitaux, soit il se désintègre, soit il produit un métasystême plus riche, capable de les traiter : il se métamorphose.</p>
<p>L&#8217;inséparabilité de l&#8217;idée du cheminement réformateur et d&#8217;une métamorphose permettrait de concilier l&#8217;aspiration réformatrice et l&#8217;aspiration révolutionnaire. Elle permettrait la résurrection de l&#8217;espérance sans laquelle aucune politique de salut n&#8217;est possible.</p>
<p>Nous ne sommes même pas au commencement de la régénération politique. Mais l&#8217;écologie politique pourrait amorcer et animer le commencement d&#8217;un commencement.</p>
<p>Edgar Morin est sociologue, auteur notamment de &#8220;Pour entrer dans le XXIe siècle&#8221; (Seuil, 2004).</p>
<p>Point de vue <a href="http://abonnes.lemonde.fr/opinions/article/2009/06/13/vive-la-sobriete-heureuse-par-patrick-viveret_1206496_3232.html#ens_id=647065">Vive la sobriété heureuse !, par Patrick Viveret</a></p>
<p>Point de vue <a href="http://abonnes.lemonde.fr/opinions/article/2009/06/13/la-constitution-universelle-repond-a-la-crise-par-patrick-pintus_1206500_3232.html#ens_id=647065">La constitution universelle répond à la crise, par Patrick Pintus</a></p>
<p>Point de vue <a href="http://abonnes.lemonde.fr/opinions/article/2009/06/12/pour-une-societe-du-plein-emploi-sans-croissance-par-jean-gadrey_1206204_3232.html#ens_id=647065">Pour une société du plein-emploi sans croissance, par Jean Gadrey</a></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[La décroissance : un modèle économique d’avenir ?]]></title>
<link>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/05/28/la-decroissance-un-modele-economique-d%e2%80%99avenir/</link>
<pubDate>Thu, 28 May 2009 16:44:30 +0000</pubDate>
<dc:creator>pascalbourgois2</dc:creator>
<guid>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/05/28/la-decroissance-un-modele-economique-d%e2%80%99avenir/</guid>
<description><![CDATA[altermonde-sans-frontière.com, Guillaume Duval, Christine Mounier, le 21 avril 2009 La décroissance ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://">altermonde-sans-frontière.com</a>, Guillaume Duval, Christine Mounier, le 21 avril 2009</p>
<p>La décroissance : un modèle économique d’avenir ?</p>
<p><strong>À en croire les principaux média, le bien-être de tous passe par une croissance soutenue. Pourtant, pour un nombre croissant de personnes, un modèle économique d´avenir et responsable ne passe plus forcément par la croissance économique, mais au contraire par la décroissance.<br />
Décroissance ou développement durable ? : Deux camps s’opposent sur les réponses à apporter aux problèmes environnementaux et aux besoins de la population.</strong></p>
<p><strong>Les événements climatiques extrêmes se multiplient, les déchets s’amoncellent, les nappes phréatiques s’épuisent ou sont polluées, le pétrole va devenir rare et son contrôle fait l’objet de conflits de plus en plus violents, que ce soit en Irak ou en Tchétchénie. Dans le même temps, la capacité du système économique à répondre aux besoins sociaux est de plus en plus contestée. Les inégalités mondiales se creusent et si une partie de l’Asie est en train de sortir du sous-développement, c’est en adoptant un mode de vie dévoreur de ressources non renouvelables. Bref, et chacun (ou presque) en convient désormais : on va dans le mur et il faut changer de mode de développement. Et pas dans un siècle, dès les prochaines années. Mais comment faire ? Un débat de plus en plus vif oppose les partisans d’une « décroissance soutenable », organisant le recul de l’économie monétaire, aux tenants d’un « développement durable » permettant de concilier croissance et écologie.</strong></p>
<p><strong>Sur la gravité de la situation, il n´y a pas de désaccord majeur entre les tenants du développement durable et les partisans de la décroissance</strong>. Ernst Ulrich von Weizsäcker, Amory et Hunter Lovins, tenants du développement durable, reprennent à leur compte, dans leur rapport « Facteur 4 », les très sombres prévisions établies par les Meadows dans leur célèbre rapport de 1972 au Club de Rome sur « les limites de la croissance ». <strong>Ils envisagent notamment le risque d´un effondrement brutal des productions agricole et industrielle et de la population mondiale dans les prochaines décennies. Quant à Lester Brown, autre tenant du développement durable, il consacre, dans Éco-économie, des pages aux « signes de la tension » qui ne rassurent pas davantage sur l’avenir. Il n’y a pas non plus de divergence sur la nécessité d’une décroissance très rapide de la consommation de matières premières et d’énergie, en particulier, bien sûr, des énergies fossiles.</strong></p>
<p>L’éco-efficience au secours de la croissance</p>
<p><strong>En revanche, les avis s’opposent sur le moyen d’y parvenir. Les tenants de l’éco-économie mettent en évidence les nombreux moyens techniques déjà connus pour consommer beaucoup moins de matières premières et d’énergie tout en produisant autant de biens et de services</strong> (à travers le recyclage et une autre conception des produits). <strong>C´est le fameux « facteur 4</strong> » d’Ernst Ulrich von Weizsäcker :<strong> on peut produire autant avec quatre fois moins d’énergie et de matières premières.</strong> D’autres, plus ambitieux encore, parlent de facteur 10. Sans être des ennemis du marché, les tenants de l´éco-économie ne croient pas que les mécanismes marchands sont susceptibles de rétablir seuls les équilibres écologiques. Ils misent sur des politiques publiques très actives et sur une refonte des systèmes fiscaux en fonction de priorités écologiques. De plus, ils soulignent qu´il va falloir changer en un temps record l´essentiel de nos infrastructures : remodeler l’urbanisme, changer d´habitat, reconfigurer les moyens de production dans la plupart des industries, etc. Cet énorme effort d’investissement est générateur de croissance et, à la fois, nécessite de la croissance pour être mis en oeuvre : la croissance faible des vingt dernières années en Europe a plus freiné la transformation écologique des modes de production et de consommation qu´elle ne l’a accélérée.</p>
<p>Attention à l´effet rebond</p>
<p>Les tenants de la décroissance ne croient pas du tout à un tel scénario. <!--more-->Ils mettent en particulier en avant ce qu’on appelle l’effet rebond : à chaque fois qu´on a réussi à économiser telle ou telle matière première pour produire un bien ou un service, l´effet de ce gain d’éco-efficience a été plus que compensé par un accroissement encore plus important des quantités produites. Exemple avec le développement des technologies de l´information et de la communication : elles devaient permettre de limiter la consommation de papier. Or, c´est l´inverse qui est constaté : du fait de ces technologies, jamais autant de choses n´ont été imprimées. Les tenants de cette analyse soulignent également l´impossibilité d’un recyclage intégral des matières premières : pour eux, le développement durable ne fait que retarder les échéances.</p>
<p>Le coeur de leur critique ne se fonde cependant pas sur ces difficultés bien réelles. Plus fondamentalement, ils reprennent le discours de ceux qui, avec Ivan Illich ou Jacques Ellul, critiquaient radicalement la société de consommation dans les années 60 et 70. « Ce n´est pas d´abord pour éviter les effets secondaires d´une chose qui serait bonne en soi qu´il nous faut renoncer à notre mode de vie &#8211; comme si nous avions à arbitrer entre le plaisir d´un mets exquis et les risques afférents. Non, c´est que le mets est intrinsèquement mauvais, et que nous serions bien plus heureux à nous détourner de lui. Vivre autrement pour vivre mieux », disait Ivan Illich.</p>
<p>Que l’argent ne fasse pas le bonheur et que le produit intérieur brut (PIB) par habitant mesure très mal le bien-être, cela fait aujourd´hui l´objet d´un large consensus parmi ceux qui critiquent la société actuelle. Y compris chez ceux qui sont favorables au développement durable, comme Ernst Ulrich von Weizsäcker, Amory et Hunter Lovins, qui consacrent tout un chapitre de leur livre à cette importante question. Mais, entre relativiser le PIB comme seule mesure du bien-être et prôner sa diminution, il y a un pas qu´il vaut sans doute mieux ne pas franchir.</p>
<p>Des arguments qui ne sont pas tous bons</p>
<p>Les partisans de la décroissance assimilent la croissance de l´économie au seul développement des relations marchandes, agitant le spectre d´une marchandisation du monde. Si c’était le cas, ils auraient raison de vouloir faire reculer le PIB, mais ce n’est pas ce qui est observé : dans tous les pays développés, et cela malgré les discours et les efforts incessants des libéraux, la part de l’économie qui échappe à une logique purement marchande, via les prélèvements obligatoires, ne cesse d´augmenter. La croissance de l’économie monétaire n´est pas synonyme d’extension des rapports marchands : elle se traduit également par la mise en œuvre de mécanismes de solidarité non marchands et par la mutualisation de nombreux services.</p>
<p>Les habitants des bidonvilles du Sud connaissent actuellement la marchandisation du monde : tout s’y achète et tout s’y vend (y compris souvent la justice et la police). Ce qui leur manque, et ce que la croissance peut et surtout doit leur apporter, ce sont des services non marchands comme des systèmes de santé, d’éducation, d´assainissement&#8230; Si on s’engageait sur la voie de la décroissance au Nord, il y a de fortes chances en revanche que ce soit cette partie mutualisée et non marchande de l’économie monétaire qui en fasse les frais la première. Les vingt dernières années de croissance faible en France et en Europe plaident plutôt en ce sens.</p>
<p>De plus, pour résoudre les problèmes environnementaux, il n´y a guère d´autre solution que d´accroître le coût de nombreuses consommations (l´air, l´eau, le pétrole, les minerais, etc.), dont les prix actuels ne reflètent pas les dégâts causés sur l´environnement. Pour mettre fin à cette sous-tarification, cause de nombreux gaspillages, il ne s´agit pas de marchandiser encore plus le monde, mais d´imposer des taxes supplémentaires qui reflètent les coûts supportés par la collectivité. Cette indispensable extension de la sphère de l´économie monétaire est elle aussi porteuse d’une croissance de son volume.</p>
<p>Les tenants de la décroissance dénoncent enfin les gaspillages qui caractérisent nos modes de vie par rapport à ce qui serait indispensable pour assurer nos besoins de base, se nourrir, se vêtir, se chauffer&#8230; Ils pointent notamment la mode des marques et les dépenses publicitaires qui la nourrissent. Mesurés à l’aune de nos stricts besoins physiques, le gaspillage ne fait aucun doute. Comme les profits qu’en tirent quelques multinationales.</p>
<p>Ceci dit, le capitalisme n’a pas inventé cette forte propension des hommes et des femmes à dépenser beaucoup de temps et d´argent pour des consommations « irrationnelles ». Les plus beaux monuments que nos ancêtres ont laissés sont le plus souvent des palais, des temples ou des cathédrales, alors même que la satisfaction de leurs besoins primaires était à l’époque bien moins évidente encore qu’aujourd’hui. Il n´empêche, ils réservaient à ces constructions de prestige la meilleure part des richesses qu’ils produisaient. Les formes de consommation irrationnelles d’aujourd’hui ont perdu tout substrat religieux. Mais leur fonction psychologique de réassurance individuelle et d’affirmation de soi vis- à-vis des autres est-elle si différente d´hier ? En disant cela, il ne s’agit pas de minimiser l’impact négatif, notamment écologique, des achats compulsifs et des multiples produits jetés sans être véritablement usés. Ni de dédouaner les pouvoirs publics de leur responsabilité dans la lutte contre ces comportements, et surtout contre les offres qui les suscitent, avec notamment les effets que l’on connaît en termes de santé publique. Mais il faut souligner la difficulté d’infléchir ces habitudes dans un cadre qui respecte les libertés individuelles. De tels comportements ne tiennent en effet pas simplement à la capacité d´intoxication de la publicité.</p>
<p>La question centrale de la démocratie</p>
<p>Que peut-on faire dans un cadre démocratique ? Cette question est centrale dans le débat qui oppose les tenants du développement durable aux partisans de la décroissance. Un des risques que nous courons au XXIème siècle, c’est qu’on nous refasse, au nom de l’urgence écologique, le coup qu’on nous a fait au XXème siècle au nom de l’injustice sociale : une avant-garde auto proclamée s´arrogeant, au prétexte d´une prescience infaillible de l’avenir, la mission de faire le bonheur du peuple malgré lui et d’accoucher aux forceps d´un « homme nouveau ».</p>
<p>C’est notamment parce qu´ils ne croient pas possible de « vendre » démocratiquement aux habitants du Nord une baisse de leurs biens et de leurs services que les tenants du développement durable cherchent les moyens de dissocier croissance et consommation de matières premières. Ils considèrent que, pour limiter les inégalités mondiales dans un cadre pacifique et démocratique, on ne peut se contenter de prendre aux habitants du Nord pour donner à ceux du Sud. Les tenants de la décroissance, quant à eux, sont généralement conscients de la difficulté de faire adopter démocratiquement leur projet politique. Ils refusent cependant l´idée d´imposer la décroissance par la force et ont confiance dans leur capacité à convaincre leurs concitoyens de la choisir volontairement. Le monde idéal qu´ils décrivent dans le quiz « Êtes-vous développement durable ou décroissance soutenable ? », qui clôt l’ouvrage Objectif décroissance publié par la revue Silence, n’incite toutefois guère à l’optimisme quant à leurs chances de succès : monsieur ou madame « décroissance soutenable » n’a pas de téléviseur et ne regarde donc pas « certains soirs, les émissions intelligentes », il n’a pas non plus d’ordinateur personnel et de voiture, ne prend jamais l’avion et ne pratique pas le tourisme éthique, il n’achète pas de café, de thé ou de chocolat, même issus du commerce équitable et labellisés Max Havelaar, et ne veut pas entendre parler de taxe Tobin ; il ne place pas son argent dans des fonds éthiques&#8230; Dur, dur ! Quoi qu’il en soit, et quel que soit le parti finalement choisi entre développement durable et décroissance soutenable, le temps presse : il faudra trouver les moyens de transformer profondément les modes de production et de consommation dans les années qui viennent. La décroissance économique, ou la nécessaire prise de conscience de l’avenir de la planète</p>
<p>Parler de « décroissance économique », c’est implicitement renvoyer à deux autres notions économiques, celle d’économie libérale, et celle de développement durable, et s’opposer à elles. Chacune de ces théories s’articule autour de quelques notions-clés.</p>
<p>L’économie libérale repose essentiellement sur l´idée de croissance où les performances économiques sont valorisées et recherchées pour elles-mêmes, indépendamment des critères humains ou écologiques, et se mesurent à l´augmentation du produit national. Ainsi réduite à sa plus simple définition, l’économie libérale est un concept avant tout quantitatif et unidimensionnel.</p>
<p>Le terme de « développement durable » est apparu pour la première fois dans le rapport Brundtland (ONU, 1987), et est défini comme un « mode de développement qui satisfait les besoins du présent tout en permettant aux générations futures de satisfaire les leurs ». Or, cette définition prête à confusion, et permet à chacun de l’interpréter dans le sens qui l’arrange : ainsi, les industriels en retiennent surtout le mot « développement » et se voient autoriser en toute bonne conscience à produire toujours plus, de l’énergie, renouvelable ou non, des biens de consommation&#8230;, tout en s’assurant dans le même temps que cela ne se fait pas au détriment de l’environnement. Il s’agit alors pour eux de concilier leur exigence de croissance avec une forme de protection de l’environnement, où leur objectif de production n’est pas remis en cause, ni même limité, mais seulement assorti du souci de ne pas être trop agressif pour l’environnement. Mais les écologistes en particulier ne l’entendent pas ainsi, et récusent cette interprétation au profit d´une autre, plus contraignante pour les industriels : le développement durable permet effectivement de répondre aux besoins des générations actuelles, mais sans pour autant compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins.</p>
<p>À la différence de la manière dont le comprenaient les industriels, le second aspect de la définition l’emporte sur le premier, et la protection des diverses ressources, humaines et écologiques, devient dès lors une priorité sur la nécessité de production ou de croissance. Mais pour les tenants du développement durable, celui-ci est trop souvent réduit à sa seule dimension écologique, alors qu’il devrait mettre en oeuvre une approche globale où le développement durable, c’est-à-dire à long terme, n’est viable qu’en conciliant trois aspects indissociables : le respect de l’environnement, la justice sociale, la rentabilité économique. Car si le développement s’évalue de manière privilégiée dans le domaine économique, il s’apprécie aussi à la qualité des ressources humaines, à l’équité sociale, au bien-être des individus, mais aussi en termes d’environnement et de protection du milieu et des ressources naturelles. Mais lorsque la croissance conduit à une augmentation du produit national, mais aussi à un manque de repères identitaires, à de l’exclusion sociale ainsi qu’à une importante dégradation du milieu naturel, on peut sans doute parler de développement, mais assurément pas de développement durable. Est-il dès lors possible de concevoir une croissance qui s´assortirait en même temps d´un développement durable et général, c’est-à-dire pas uniquement économique, qui permettrait d’assurer le mieux-être des hommes ? C´est pour cette raison que certains préfèrent parler de développement soutenable, entendant par-là ce que le milieu naturel pourrait supporter sur le long terme &#8211; ce qui revient à mettre l’accent sur la notion de durabilité (où il y a cohérence entre les besoins et les ressources naturelles globales sur le long terme) plutôt que sur la limite jusqu’à laquelle l’environnement supportera un développement économique sans dommage.</p>
<p>D’autres, qui s’inspirent des travaux de Nicholas Georgescu-Roegen, récusent la notion-même de développement durable et préfèrent parler de décroissance durable ou soutenable. Cette théorie est apparue à la suite d´une controverse sur la croissance du PIB. Ses tenants pensent que la croissance économique s´oppose aux valeurs qui devraient fonder la société occidentale en accentuant les déséquilibres Nord/Sud, l’inégalité sociale, la précarité et la pollution. Comme la planète ne peut soutenir le niveau de consommation actuel en particulier des pays riches, il est indispensable que les habitants de ces pays riches prennent conscience du déséquilibre économique et écologique planétaire et fassent une démarche volontaire pour voir baisser leur consommation de biens et d´énergie, ce qui doit passer, entre autres, par une politique accrue du recyclage.</p>
<p><a href="http://www.dossiersdunet.com/rubrique14.html">dossiersdunet.com</a></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[Ted Talks: Ideas Worth Spreading]]></title>
<link>http://richardjwhite.wordpress.com/2009/05/20/ken-robinson-says-schools-kill-creativity/</link>
<pubDate>Wed, 20 May 2009 07:28:59 +0000</pubDate>
<dc:creator>richjw</dc:creator>
<guid>http://richardjwhite.wordpress.com/2009/05/20/ken-robinson-says-schools-kill-creativity/</guid>
<description><![CDATA[These presentations, given as part of the TED CommunityTalks, are superb! 1. Schools kill creativity]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>These presentations, given as part of the <a href="http://www.ted.com/index.php/"><strong>TED CommunityTalks</strong></a>, are superb!</p>
<p><strong>1.</strong> <strong><a href="http://www.ted.com/index.php/talks/ken_robinson_says_schools_kill_creativity.html">S</a></strong><span><strong><a href="http://www.ted.com/index.php/talks/ken_robinson_says_schools_kill_creativity.html">chools kill creativity</a></strong> </span></p>
<p><span><a href="http://seethinkshare.files.wordpress.com/2008/05/1465_254x191.jpg"><img class="alignright" title="Sir Ken Robinson" src="http://seethinkshare.files.wordpress.com/2008/05/1465_254x191.jpg?w=254&#038;h=191" alt="" width="254" height="191" /></a><strong>S</strong></span><strong>ir Ken Robinson</strong> makes an entertaining and profoundly moving case for creating an education system that nurtures (rather than undermines) creativity.</p>
<p><strong>2. </strong><span><strong><a href="http://www.ted.com/index.php/talks/chris_jordan_pictures_some_shocking_stats.html">Chris Jordan pictures some shocking stats</a></strong></span></p>
<p>Artist <strong>Chris Jordan</strong> shows us an arresting view of what Western culture looks like. His supersized images picture some almost unimaginable statistics &#8212; like the astonishing number of paper cups we use every single day.</p>
<p><strong>3. <span><a href="http://www.ted.com/index.php/talks/james_nachtwey_s_searing_pictures_of_war.html">James Nachtwey&#8217;s searing photos of war</a><a href="http://cache.daylife.com/imageserve/05JA11HdfycGY/340x.jpg"><img class="alignright" title="James Nachtwey" src="http://cache.daylife.com/imageserve/05JA11HdfycGY/340x.jpg" alt="" width="204" height="306" /></a></span></strong></p>
<p>Accepting his 2007 TED Prize, war photographer shows his life’s work and asks TED to help him continue telling the story with innovative, exciting uses of news photography in the digital era.</p>
<p>4. <span><strong><a href="http://www.ted.com/index.php/talks/lang/eng/hans_rosling_reveals_new_insights_on_poverty.html">Hans Rosling&#8217;s new insights on poverty</a></strong></span></p>
<p>Researcher <strong>Hans Rosling</strong> uses his cool data tools to show how countries are pulling themselves out of poverty. He demos Dollar Street, comparing households of varying income levels worldwide. Then he does something really amazing.</p>
<p>5. <span><strong><a href="http://www.ted.com/index.php/talks/ngozi_okonjo_iweala_on_aid_versus_trade.html">Ngozi Okonjo-Iweala on aid versus trade</a></strong></span></p>
<p><strong>Ngozi Okonjo-Iweala</strong>, the former finance minister of Nigeria, sums up four days of intense discussion on aid versus trade on the closing day of TEDGlobal 2007, and shares a personal story explaining her own commitment to this cause.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Lepage et Cochet : Entre espoir vert et sombre lucidité]]></title>
<link>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/05/19/lepage-et-cochet-entre-espoir-vert-et-sombre-lucidite/</link>
<pubDate>Tue, 19 May 2009 10:53:56 +0000</pubDate>
<dc:creator>pascalbourgois2</dc:creator>
<guid>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/05/19/lepage-et-cochet-entre-espoir-vert-et-sombre-lucidite/</guid>
<description><![CDATA[liberation.fr, Laure Noualhat, Entre espoir vert et sombre lucidité Livres. Les visions opposées d’e]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://">liberation.fr</a>, Laure Noualhat,</p>
<p>Entre espoir vert et sombre lucidité</p>
<p>Livres. Les visions opposées d’ex-ministres de l’Ecologie.</p>
<p>Antimanuel d&#8217;écologie Yves Cochet, Editions Bréal, 310 pages, 21 euros Vivre autrement Corinne Lepage, Grasset, 166 pages, 9 euros.</p>
<p><strong>Quand deux anciens ministres de l’Environnement prennent la plume, ce n’est pas pour caresser un potentiel électorat mais pour chatouiller une société abattue par la crise systémique. Le premier bénéfice de l’Antimanuel d’écologie, du député Vert Yves Cochet, est de réhabiliter le mot écologie.</strong> Parce que, écrit-il, «<strong>l’écologie est un paradigme, une pensée totale, et qu’en dehors d’elle, il ne reste plus grand-chose</strong>». S’il est bien un mot qui mérite d’être réhabilité, c’est celui-là. L’écologie, <strong>les plus gros pollueurs de la planète la vendent comme pot de peinture, des consommateurs schizophrènes l’achètent, le monde occidental en parle, en veut, la mange, la (con)chie, mais peu de monde, en réalité, la vit.</strong></p>
<p>Fidèle au concept d’antimanuel,<strong> celui-là nous permet de passer dans les bras de quelques grands hommes : René Descartes, Edgar Morin, Ivan Illitch, Hans Jonas, et d’embrasser aussi la pensée de quelques &#8211; trop rares &#8211; femmes, dont Hannah Arendt ou la prix Nobel de la paix Wangari Maathai. Il y a aussi d’illustres philosophes, des écologues, des biologistes, mais aussi des intellectuels qui pensent cette chose que d’autres renoncent à envisager : la fin de l’humanité, sa place dans une nature sans cesse transformée, sa responsabilité, ses courses à l’échalote</strong>. Le tout ponctué par de pertinentes illustrations distillées avec humour.</p>
<p>Inspiration. <strong>Qu’on se rassure, ces penseurs n’ont aucun des oripeaux dont on veut affubler les écolos : le militantisme en bandoulière, l’indolence, la marginalité ou le catastrophisme chevillé au corps. Même si cet ouvrage très pédagogique nous prévient : le monde va mal et l’espoir est mince. Et ce ne sont ni les responsables politiques &#8211; obsédés par les échéances électorales -, ni les responsables économiques &#8211; obnubilés par la rentabilité de leur entreprise -, qui peuvent tenir le discours sur l’effondrement.</strong></p>
<p><strong>Que de temps perdu, que de gâchis. Dire que les voyants sont au rouge depuis des décennies, que les alertes sont lancées depuis le début des années 70. Le pire drame des écolos est sûrement d’avoir eu raison trop tôt</strong>. Qu’importe, «<strong>notre responsabilité est de changer de posture</strong>, explique Cochet. <strong>De nous préparer à affronter l’inflation, la récession, les tensions sociales et internationales, la guerre. A cette fin, une seule inspiration doit guider les politiques publiques dans tous les pays : protéger les citoyens contre les conséquences de la catastrophe écologique</strong>». Dans son ouvrage, Cochet nous invite à ne plus croire les indéfectibles gardiens du temple, aveugles mais musclés, qui défendent le monde de ceux qui n’ont rien vu venir et auxquels tout cela échappe. <strong>Il nous invite à embrasser la décroissance plutôt que de la subir, dans le seul but de «vivre mieux».«Plus n’est pas nécessairement mieux et moins nécessairement pire</strong>.»</p>
<p><strong>Plus modeste dans sa forme mais tout aussi percutant dans son analyse</strong>, le livre de Corinne Lepage nous convie aussi à Vivre autrement. <!--more-->Le verbe, ici, est moins sombre et la confiance en l’avenir plus techniciste. L’ancienne ministre de l’Environnement (de 1995 à 1997) n’hésite pas à tirer à boulets rouges sur la classe politicienne dont elle souligne «l’insignifiance», mais aussi sur les consommateurs «parfaitement passifs», nourris «aux mamelles de la peur et de l’abêtissement», sans oublier les lobbies qui ont noyauté les lieux de pouvoir,</p>
<p>D’après elle, ni la poursuite de la croissance ni la décroissance n’est souhaitable, même si, reconnaît-elle, «nous sommes entrés, si ce n’est dans un système, au moins dans une logique de décroissance, voulue ou subie par les pouvoirs publics». Elle préfère parler &#8211; pour ne pas heurter ? &#8211; d’une «évolution soutenable». Elle en appelle à l’économie circulaire, basée sur le recyclage et la parcimonie, l’économie de fonctionnalité, consistant à acheter du temps d’utilisation plutôt que des produits, l’économie de service. Elle évoque le capitalisme naturel, concept développé à la fin des années 90 par l’Américain Amory Lovins, qui ajoute, au capital financier, le capital naturel, le capital social et le capital culturel.</p>
<p>Lotus. A part le fait que le temps presse et que les dirigeants n’ont toujours pas pris la mesure des changements à engager, pourquoi pas ? La société de transition dans laquelle nous convie l’avocate est aussi une société technologique, efficace, où le système énergétique est décentralisé et où l’industrie s’inspire sans compter de la nature. Biomimétisme, biomorphisme et bio-assistance sont des voies insuffisamment explorées par les industriels. Ainsi, il n’existe pas assez de produits comme le Lotusan, une peinture extérieure très résistante inspirée de la configuration des feuilles de lotus. Nourriture, logement, transport, éducation, travail, les vieilles recettes sont devenues indigestes et l’humanité n’a plus qu’à imaginer son avenir. Par exemple en inventant l’université du futur, virtuelle, sans obligation de classement, ouverte constamment et capable de rembourser les étudiants s’ils sont toujours sans emploi six mois après leur diplôme. Chiche ? C’est à la limite trop convaincant pour être vrai. Pourquoi Corinne Lepage ne parvient-elle à irriguer le Modem, son parti de raison, avec de telles idées ?</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Latouche e la genesi della décroissance]]></title>
<link>http://nathanzippo.wordpress.com/2009/04/29/latouche-e-la-genesi-della-decroissance/</link>
<pubDate>Wed, 29 Apr 2009 16:28:50 +0000</pubDate>
<dc:creator>nathanzippo</dc:creator>
<guid>http://nathanzippo.wordpress.com/2009/04/29/latouche-e-la-genesi-della-decroissance/</guid>
<description><![CDATA[VERSIONE PDF &#8211; issuu.com articolo pubblicato su: www.filosofiatv.org &#8211; www.resmarche.it ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><strong><a href="http://issuu.com/nathanzippo/docs/nz_-_latouche_e_la_genesi_della_d_croissance" target="_blank">VERSIONE PDF &#8211; issuu.com</a></strong></p>
<p><em>articolo pubblicato su: <a href="http://filosofiatv.org/index.php?topic=decrescita" target="_blank">www.filosofiatv.org</a> &#8211; <a href="http://web.resmarche.it/resmarche/articles/art_873.html" target="_blank">www.resmarche.it</a> &#8211; <a href="http://www.ambientenergia.info/13/05/2009/7027/1/latouche_e_la_genesi_della_d%C3%A9croissance.html" target="_blank">www.ambientenergia.info</a><br />
</em></p>
<p>.</p>
<p style="text-align:justify;">Parlare di decrescita significa fare riferimento a colui che più di ogni altro ha contribuito a costruire, sviluppare e diffondere la &#8220;provocazione&#8221; e l&#8217;urgenza di un&#8217;inversione e di un cambiamento radicale negli orientamenti socio-economici contemporanei: Serge Latouche. La sua riflessione parte dall&#8217;evidenza empirica di un sistema orientato alla crescita continua di produzione e consumi che però non trova riscontro in un effettivo aumento del benessere sociale. Al contrario, è la stessa <strong>sopravvivenza umana</strong> ad essere a rischio, messa a repentaglio da una logica diretta a produrre e consumare più delle reali necessità e causa tanto del degrado ambientale quanto di quello sociale.</p>
<p style="text-align:justify;">La maturazione scientifica dell&#8217;economista francese è una chiara testimonianza di come la dimensione antropologica sia una componente fondamentale della sua riflessione e della sua proposta, prendendo molte volte il sopravvento su quella economica che comunque rappresenta la natura della sua formazione. Quando alla critica allo sviluppo e all&#8217;utilitarismo si aggiunge la questione ecologica e prettamente ambientalista della compatibilità tra il funzionamento di una società e lo spazio biologico disponibile, allora il risultato di questo incontro è la necessità di una società che scinda il miglioramento del benessere individuale dall&#8217;aumento quantitativo della produzione e del consumo materiale; in una parola, la necessità di una <strong>società della decrescita</strong>.</p>
<p style="text-align:justify;">La co-esistenza di queste due dimensioni &#8211; antropologica ed economica &#8211; è una delle caratteristiche fondamentali di Serge Latouche e della stessa proposta di trasformazione, una &#8220;matrice di alternative&#8221; che arriva a toccare una varietà di temi che vanno dai valori e dai concetti umani sino alle strutture e alle istituzioni economiche e sociali, passando per le misure idonee ad una transazione che attui la decrescita dell&#8217;impatto ambientale e del &#8220;ben-avere&#8221; per far aumentare invece il &#8220;ben-essere&#8221; e la gioia di vivere. Allo stesso tempo però, è in questo schema marcatamente sbilanciato sulla <strong>dimensione antropologica</strong>, che vanno inquadrati i limiti di un approccio non pienamente analitico, soprattutto da un punto di vista economico. Nonostante questo, l&#8217;opera di Serge Latouche costituisce il punto di riferimento e la base concettuale fondamentale per comprendere ed intraprendere il cammino verso la decrescita economica.</p>
<p style="text-align:justify;">I &#8220;contorni&#8221; della decrescita vengono definiti per la prima volta nel settembre 1972 durante la conferenza <em>Energia e Miti Economici </em>tenuta alla Yale University da <strong>Nicholas Georgescu-Roegen</strong>. Nell&#8217;ambito della critica alla crescita economica infinita all&#8217;interno di una biosfera finita, l&#8217;economista rumeno si sofferma sulla concezione dello stato stazionario, originariamente proposta da John Stuart Mill e successivamente ripresa da Herman Daly, portando alla luce &#8220;il punto, importante ma trascurato, che la necessaria conclusione dei ragionamenti in favore di quella visione è che lo stato maggiormente desiderabile non è quello stazionario, ma uno di decrescita. Indubbiamente la crescita attuale deve cessare, meglio, deve invertirsi&#8221;<a name="_ednref1" href="#_edn1">[1]</a>. Ventitre anni dopo infatti (1995) sarà proprio <em>La Decrescita</em> il titolo di una sua raccolta di saggi pubblicata in Francia nella traduzione di Jacques Grinevald, che è effettivamente il primo ad utilizzare questo termine.</p>
<p style="text-align:justify;">Nel 1999 Vincent Cheynet e Bruno Clémentin danno vita all&#8217;associazione <em>Casseurs de Pub</em> che ha come obiettivo quello di promuovere la riflessione e la creatività verso una critica della cultura del consumo e in sostegno di possibili alternative. Tre anni più tardi si avranno i primi segnali evidenti dell&#8217;aumento dell&#8217;interesse intorno a questa riflessione sugli effetti ambivalenti e contradditori del progresso. Nel marzo del 2002 infatti, nella cornice del palazzo dell&#8217;UNESCO, si tiene a Parigi il convegno internazionale <strong><em>Défaire le dévelopment, refaire le monde</em></strong> promosso da Serge Latouche e da <em>La Ligne</em><em> d&#8217;horizon</em>, contemporaneamente all&#8217;uscita sulla rivista ecologica <em>Silence </em>di un numero speciale dedicato alla decrescita, nato dalla collaborazione tra Cheynet, Clementine, lo stesso Latouche e la <em>ROCADe</em>.</p>
<p style="text-align:justify;">Sulla scia dell&#8217;inatteso successo di quell&#8217;evento, con più di cinquecento persone presenti e centinaia rimaste in lista d&#8217;attesa, nel settembre 2003 verrà organizzato a Lione un secondo convegno internazionale esplicitamente dedicato alla <strong><em>Décroissance soutenable</em></strong> e promosso dalle riviste <em>Silence</em>, <em>Casseurs de Pub</em> e <em>L&#8217;Ecologiste</em>. In quella stessa occasione verrà presentato il volume <em>Objectif Décroissance</em>. Da sottolineare come, dal convegno e dal gruppo di ecologisti che ruotava attorno alle riviste organizzatrici, nacque l&#8217;esigenza di fare un giornale esplicitamente dedicato al tema della decrescita che nascerà poi nel marzo del 2004 con il titolo <em>La Décroissance</em>. Per comprendere la vastità e l&#8217;intensità del fenomeno, a un anno e mezzo dal primo numero, il giornale vende 25 mila copie, di cui 14 mila in edicola e 5 mila in abbonamento. Il bimestrale, interamente finanziato dai lettori, si appoggia su una rete di intellettuali tra cui Serge Latouche e Majid Rahnema. Solo nel 2005 si inizierà a parlare di decrescita anche in Italia.</p>
<p style="text-align:justify;">Questo breve excursus storico si rende necessario per sottolineare la centralità della Francia nell&#8217;evoluzione del dibattito che ruota attorno alla decrescita ed in particolare della figura di Serge Latouche, che più volte è stato chiamato in causa come &#8220;teorico della decrescita&#8221;<a name="_ednref2" href="#_edn2">[2]</a>. Risulterebbe infatti difficile, se non impossibile, inquadrare un dibattito economico serio ed analitico su questa questione, senza fare riferimento proprio all&#8217;autore de <strong><em>La Scommessa</em></strong><strong><em> della Decrescita</em></strong>, manifesto teorico e &#8220;bibbia&#8221;<a name="_ednref3" href="#_edn3">[3]</a> della decrescita.</p>
<p style="text-align:justify;">Nato a Vannes, in Bretagna, il 12 gennaio 1940, Serge Latouche è professore emerito di Scienze Economiche all&#8217;Università di Paris-Sud (Orsay) e all&#8217;<em>Institut d&#8217;études du développement économique et social </em>(IEDES) di Parigi. Nel tentativo di tracciare un profilo biografico che delinei il percorso formativo, professionale e culturale, risulta significativa l&#8217;intervista che Serge Latouche ha rilasciato ad Arianne Jossin della rivista <em>Ecorev<a name="_ednref4" href="#_edn4"><strong>[4]</strong></a></em>, nella quale viene raccontata la &#8220;maturazione&#8221; che lo ha portato ad essere uno tra gli avversari più noti dell&#8217;occidentalizzazione del pianeta e a partorire il suo contributo teorico fondato sul concetto di <strong>decrescita conviviale</strong> e di localismo.</p>
<p style="text-align:justify;">Negli anni tra il 1964 e il 1966 scrive la sua tesi sullo Zaire &#8211; <em>La pauperistion à l&#8217;echelle mondiale</em> &#8211; in cui veniva dato sostegno ad uno sviluppo pianificato da ottenersi attraverso un&#8217;accumulazione di capitale più rapida possibile e la scorciatoia tecnologica. Di stampo dichiaratamente marxista, questa tesi prendeva a modello l&#8217;Algeria di Houari Boumédienne, quarto presidente dello stato nordafricano in carica dal 19 giugno 1965 al 27 dicembre 1978, dove il recupero verso i paesi avanzati si fondava sull&#8217;utilizzo delle tecnologie più sofisticate. Un suo viaggio in Laos un anno più tardi, gli fa scoprire una società &#8220;né sottosviluppata né sviluppata&#8221;, semplicemente <strong>al di fuori dello sviluppo</strong>, dove &#8220;le comunità di villaggio, che coltivavano un riso appiccicoso e lo ascoltavano crescere, una volta che il riso era seminato non avevano più nulla da fare e approfittavano così del resto del tempo per dedicarsi alle feste, alla caccia, ecc&#8230;&#8221;: una società relativamente sobria ma comunque in equilibrio con l&#8217;ambiente naturale. Da questa esperienza nasce in Latouche una crisi, prima di tutto come economista, che avvolge la sua fede nell&#8217;idea di crescita e sviluppo.</p>
<p style="text-align:justify;">Al ritorno in Francia nel maggio 1968, riesce subito a trovare un posto all&#8217;università a causa dell&#8217;esodo di quasi tutti i professori verso Parigi e Lille e a ritrovarsi &#8220;a fare ciò che volevo o quasi&#8221;, iniziando corsi di filosofia economica e di epistemologia economica. In particolare ha insegnato una decostruzione critica dell&#8217;economia politica, attraverso anni di riflessioni fondamentali sull&#8217;<em>homo oeconomicus</em>, passando soprattutto per l&#8217;<strong>antropologia economica</strong> &#8211; oggetto dei lavori per i quali è conosciuto &#8211; e rifacendosi al pensiero di autori come Karl Polanyi, Marshall Sahlins e Marcel Mauss. La realtà sociale oggetto dell&#8217;antropologia economica era, a detta di Latouche &#8220;totalmente estranea agli economisti e che perciò doveva riguardarli e interrogarli&#8221;, riflessione che conduce alla nascita di <em>Critique de l&#8217;Imperialisme</em>, un primo libro dove teorie marxiste e leniniste dell&#8217;imperialismo erano oggetto di critica, in un&#8217;interpretazione dello sviluppo e del sottosviluppo come &#8220;deculturazione&#8221;. <em>L&#8217;Occidentalisation du Monde</em> e <em>Faut-il Refuser le Développement?</em> seguono il precedente lavoro, nei quali non è ancora presente nessuna dimensione ecologica, focalizzando nuovamente l&#8217;attenzione su imperialismo occidentale e deculturazione, piuttosto che sui limiti naturali, ancora &#8220;non rientranti nel suo schema&#8221;. Malgrado la conoscenza e la convergenza con i lavori e le conclusioni del Club di Roma, solo con <em>La  Planète</em><em> des Naufragés </em>avviene una vera e propria integrazione.</p>
<p style="text-align:justify;">Importante resta sempre il riferimento all&#8217;ambiente culturale ed in particolare a quella &#8220;piccola massoneria internazionale&#8221; che andava formandosi in quel periodo, collegata direttamente o indirettamente alla figura di <strong>Ivan Illich</strong> e ai suoi &#8220;discepoli o studenti&#8221; come Majid Rahnema o Wolfgang Sachs, che facevano dell&#8217;ecologia la loro cultura e dell&#8217;impostura dello sviluppo la loro denuncia fondamentale. Il quadro di riferimento del concetto di &#8220;sviluppo&#8221; di quell&#8217;epoca &#8220;era sempre in rapporto al sud del mondo, perché era il nord che sviluppava il sud&#8221;, da qui le riflessioni sulla possibilità di queste società di poter sopravvivere allo sviluppo subito e le descrizioni di come gli &#8220;esclusi&#8221; si auto-organizzano e sopravvivono in <em>L&#8217;Altra Africa, tra Dono e Mercato.</em> Parallelismi con il Laos ritornano proprio dall&#8217;osservazione diretta di come queste persone sopravvivessero al di fuori dell&#8217;economia riconoscendo &#8220;una ricchezza di creatività e di auto-organizzazione a tutti i livelli: societario, d&#8217;immaginario, tecnico e produttivo che corrisponde più o meno alla nebulosa dell&#8217;economia informale&#8221; e la capacità di produrre ricchezza attraverso una grande ricchezza relazionale: &#8220;questo dovrebbe fornirci degli orientamenti su ciò che potrebbe essere un&#8217;altra idea di crescita o una via di uscita da essa, con meno beni materiali e più beni capaci di portare gioia di vivere. Ecco quindi come il percorso di Latouche non sia passato da Marx a Georgescu-Roegen ma piuttosto da Marx a Illich.</p>
<p style="text-align:justify;">E&#8217; lo stesso professore francese a riconoscere come, quando nel 1979 Jacques Grinevald aveva tradotto e pubblicato un insieme di saggi dell&#8217;economista rumeno sotto il titolo <em>Demain la Décroissance. Entropie, Ecologie, Economie</em>, questo approccio critico dell&#8217;economia attraverso l&#8217;ecologia non entrasse nei suoi schemi di pensiero. E&#8217; piuttosto la corrente &#8220;anti-sviluppo&#8221; o del &#8220;<strong>doposviluppo</strong>&#8220;, formata da esperti che come lo stesso Latouche avevano vissuto nel terzo mondo, a maturare la svolta nel suo pensiero e l&#8217;abbandono delle posizioni marxiste tradizionali verso una critica radicale delle ideologie del &#8220;progresso&#8221; e dello &#8220;sviluppo&#8221; anche nella loro versione di sinistra. La riflessione di questa &#8220;piccola internazionale&#8221;, ispirata come detto alla figura emblematica di Illich, ma anche a Jacques Ellul e Francois Partant, si è concentrata sulle forme di auto-organizzazione delle società-economie vernacolari, senza però porre la prospettiva di un&#8217;alternativa economico-sociale complessiva.</p>
<p style="text-align:justify;">Saranno la crisi dell&#8217;ambiente e la globalizzazione economica che porteranno ad approfondire le implicazioni di tale critica sull&#8217;economia e le società dei paesi sviluppati, ed in particolare ad affrontare la problematica perfettamente ecologista della &#8220;<strong>compatibilità tra il funzionamento di una civiltà e lo spazio biologico disponibile</strong>&#8221; nella convinzione dell&#8217;esistenza di limiti esterni all&#8217;economia e del fatto che &#8220;il modo di produzione capitalista e la crescita economica sono distruttori dell&#8217;ambiente&#8221;. Inizialmente interessanti a progetti come quelli di José Bové o delle cooperative come <em>Ambiance Bois</em> e <em>Ardelaine</em>, e criticati per questo a causa della non serietà e della mancanza di una vera alternativa, la riflessione assume questo significato: &#8220;se si rigetta lo sviluppo e la crescita che vi è dietro, allora è necessario pensare a una società di decrescita. La decrescita non è un&#8217;alternativa, ma è una matrice di alternative: sintetizza in una sola parola d&#8217;ordine un insieme di aspirazioni&#8221;. Da segnalare infine come Serge Latouche, oltre a presiedere l&#8217;associazione <em>La Ligne</em><em> d&#8217;Horizon</em>, sia tra i fondatori, nel 1981 insieme ad Alain Caillè, del Movimento Anti-Utilitarista nelle Scienze Sociali (MAUSS) esplicitamente ispirato ai lavori dell&#8217;etnologo, sociologo e storico delle religioni Marcel Mauss e alla sua critica dell&#8217;economicismo.</p>
<p style="text-align:justify;">.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>NOTE</strong></p>
<hr size="1" />
<p style="text-align:justify;"><a name="_edn1" href="#_ednref1">[1]</a> N. GEORGESCU-ROEGEN, <em>Energia e miti economici</em>, conferenza alla Yale University, 8 novembre 1972.</p>
<p style="text-align:justify;"><a name="_edn2" href="#_ednref2">[2]</a> J.-M. HARRIBEY, <em>Sviluppo e crescita non sono necessariamente appaiati</em>, <em>&#8220;</em>Le Monde diplomatique &#8211; il manifesto&#8221;, luglio 2004.</p>
<p style="text-align:justify;"><a name="_edn3" href="#_ednref3">[3]</a> &#8220;L&#8217;Ecologiste&#8221;, n. 20, settembre-novembre 2006.</p>
<p style="text-align:justify;"><a name="_edn4" href="#_ednref4">[4]</a> A. JOSSIN, <em>De Marx à la décroissance, entretien avec Serge Latouche</em>, &#8220;Ecorev&#8221;, gennaio 2006, www.ecorev.org/spip.php?article446; trad. it. di Manuel Antonini.</p>
<p style="text-align:justify;">.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>NZ &#8211; nathanzippo@msn.com</strong></p>
<p style="text-align:justify;">
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA['school' kills creativity??]]></title>
<link>http://mppact.wordpress.com/2009/04/19/school-kills-creativity/</link>
<pubDate>Sun, 19 Apr 2009 19:18:35 +0000</pubDate>
<dc:creator>mppact</dc:creator>
<guid>http://mppact.wordpress.com/2009/04/19/school-kills-creativity/</guid>
<description><![CDATA[Following on from the earlier posts on Illich and Leadbeater, I don&#8217;t think there is much i ne]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>Following on from the earlier posts on Illich and Leadbeater, I don&#8217;t think there is much i need to say about the video linked here. <img class="alignright size-thumbnail wp-image-61" title="classroom3" src="http://mppact.wordpress.com/files/2009/04/classroom3.jpg?w=128" alt="classroom3" width="128" height="74" />Ken Robinson is a humourist and a theorist.  RArely is a lecture so easily confused with a stand-up comic performance. SEriously funny stuff. And right on the button of our mPPACT theme:</p>
<p><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-65" title="p_piedpipr6" src="http://mppact.wordpress.com/files/2009/04/p_piedpipr6.jpg?w=85" alt="p_piedpipr6" width="85" height="96" />Sir Ken Robinson speculating on the notion that the normative education system as we know it is created to serve the industrial revolution and deliberately kills creativity and imagination &#8211; unnecessary and perhaps dangerous attributes for a worker in the in the production line.</p>
<p><a href="http://www.ted.com/index.php/talks/ken_robinson_says_schools_kill_creativity.html">www.ted.com/index.php/talks/ken_robinson_says_schools_kill_creativity.html</a></p>
<p>discuss &#8230;.</p>
<p> </p>
<p>Alex</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Prog. Université populaire de l'environnement de mars à mai]]></title>
<link>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/04/10/prog-universite-populaire-de-lenvironnement-de-mars-a-mai/</link>
<pubDate>Fri, 10 Apr 2009 10:34:09 +0000</pubDate>
<dc:creator>pascalbourgois2</dc:creator>
<guid>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/04/10/prog-universite-populaire-de-lenvironnement-de-mars-a-mai/</guid>
<description><![CDATA[Maison de la nature et de l&#8217;environnement Bordeaux-Aquitaine, Coimmuniqué, le 16 mars 2009 UNI]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Maison de la nature et de l&#8217;environnement Bordeaux-Aquitaine, Coimmuniqué, le 16 mars 2009</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">UNIVERSITE POPULAIRE DE L’ENVIRONNEMENT</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">L’Université nomade d’Aquitaine</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>Mise en oeuvre par la MNE Bordeaux-Aquitaine en partenariat avec des universitaires, des associations et des collectivités locales</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>Renseignements et inscription à la lettre d&#8217;information de l&#8217;Université populaire de l&#8217;environnement</strong> <a title="mailto:mnebxaquitaine@aol.com" href="mailto:mnebxaquitaine@aol.com">mnebxaquitaine@aol.com</a></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">PROGRAMME au 16 mars 2009, susceptible d’être modifié</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Toutes les manifestations sont gratuites et à entrée libre</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>MERCI DE DIFFUSER LARGEMENT L’INFORMATION DANS VOS RESEAUX</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>Nouvel outil pour l’UPE, la radio, avec la Clé des Ondes</strong> &#60;<a title="http://www.lacdo.org/" href="http://www.lacdo.org/" target="_blank">http://www.lacdo.org/</a>&#62; <strong>et l’émission Zone d’Ecologie Populaire les lundis vers 21h15</strong> (attention l’émission débute souvent vers 21h30) animée par l&#8217;association Chiche ! Bordeaux, jeunes écolo alternatifs et solidaires, &#60;<a title="http://www.chicheweb.org/" href="http://www.chicheweb.org/">www.chicheweb.org</a>&#62; <strong>Les<span>  </span>21 associations environnementales adhérentes de la MNE sont invitées à venir présenter leurs actions, activités ainsi que les enjeux environnementaux locaux. A écouter sur 90.1 ou directement sur Internet</strong> : &#60;<a title="http://lacdo.org/" href="http://lacdo.org/">http://lacdo.org/</a>&#62;</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Possibilité de réécouter les émissions anciennes comme celle du lundi 23 février <a title="http://bordeaux.decroissance.info/downloads/09.02.23 ZEP avec MNE.mp3" href="http://bordeaux.decroissance.info/downloads/09.02.23%20ZEP%20avec%20MNE.mp3">09.02.23 ZEP avec MNE.mp3</a> avec la présentation de la Maison de la nature et de l’environnement Bordeaux-Aquitaine, de ses adhérents, son projet associatif, ses actions (blog MNE, Université populaire…) et ses projets (Site Internet et Centre ressource documentaire sur l’environnement…).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>Nouvel outil encore, le LivrEcolo du Jour</strong>, pas beaucoup de succès pour celui du mercredi 11 mars consacré à un débat en petit groupe sur « Pour sauver la planète, sortez du capitalisme », le dernier ouvrage du journaliste environnement du Monde Hervé Kempf. Nous réfléchissons pour faire évoluer la formule vers un ArticlEcolo du jour, formule plus légère. A noter qu’Hervé Kempf présentera son ouvrage le 26 mars à la Machine à lire à Bordeaux.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>Ne ratez-pas le cycle de 3 Cours sur « Changement climatique et énergie » à Cap Sciences, le début du cycle de 4 cours sur la « Petite écologie de l’Homme et de ses techniques » au jardin botanique de Bordeaux et la Conférence-débat « L’homme a-t-il perdu le lien avec la nature ? » à Bègles.</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">A coté de l’Université populaire de l’environnement – L’Université nomade d’Aquitaine, la Maison de la nature et de l’environnement assure sur son blog <a title="http://mneaquitaine.wordpress.com/" href="http://mneaquitaine.wordpress.com/">http://mneaquitaine.wordpress.com/</a> une revue de presse (1 200 articles, 600 pages vues/jour), du local au global, de l’économie verte à la décroissance, du DD à l’écologie profonde qui vous propose des articles sur l’agriculture, la biodiversité, le changement climatique, l’éco-consommation, les déchets, la pollution, la santé, les sciences, l’urbanisme, les associations environnementales, la gouvernance…</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Quelques exemples d’articles<!--more--> : <a title="http://mneaquitaine.wordpress.com/wp-admin/eco-pret-a-taux-zero-et-credit-dâimpot-dd-cumul-pour-2-ans/" href="http://mneaquitaine.wordpress.com/wp-admin/eco-pret-a-taux-zero-et-credit-d%e2%80%99impot-dd-cumul-pour-2-ans/">Eco-prêt à taux-zéro et credit-d’impot DD, cumul pour 2 ans</a> <a title="http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/02/02/eco-pret-a-taux-zero-et-credit-dâimpot-dd-cumul-pour-2-ans/" href="http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/02/02/eco-pret-a-taux-zero-et-credit-d%e2%80%99impot-dd-cumul-pour-2-ans/">ici</a> ; <a title="http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/01/05/les-voeux-2009-de-jean-marc-janvovici/" href="http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/01/05/les-voeux-2009-de-jean-marc-janvovici/">Les vœux 2009 de Jean-Marc Jancovici</a> <a title="http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/01/05/les-voeux-2009-de-jean-marc-janvovici/" href="http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/01/05/les-voeux-2009-de-jean-marc-janvovici/">ici</a> ; <a title="http://mneaquitaine.wordpress.com/2008/09/18/les-12-marches-bio-et-magasins-bio-daquitaine/" href="http://mneaquitaine.wordpress.com/2008/09/18/les-12-marches-bio-et-magasins-bio-daquitaine/">Les 12 marchés bio et magasins bio d’Aquitaine</a> <a title="http://mneaquitaine.wordpress.com/2008/09/18/les-12-marches-bio-et-magasins-bio-daquitaine/" href="http://mneaquitaine.wordpress.com/2008/09/18/les-12-marches-bio-et-magasins-bio-daquitaine/">ici</a> ; <a title="http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/01/21/centrales-photovoltaiques-au-sol-la-crainte-de-la-trame-grise/" href="http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/01/21/centrales-photovoltaiques-au-sol-la-crainte-de-la-trame-grise/">Centrales photovoltaïques au sol la crainte de la trame grise ici</a> ; <a title="http://mneaquitaine.wordpress.com/2008/09/03/thermographie-aerienne-infrarouge-de-la-cub-en-2009/" href="http://mneaquitaine.wordpress.com/2008/09/03/thermographie-aerienne-infrarouge-de-la-cub-en-2009/">Thermographie aérienne infrarouge de la CUB en 2009</a> <a title="http://mneaquitaine.wordpress.com/2008/09/03/thermographie-aerienne-infrarouge-de-la-cub-en-2009/" href="http://mneaquitaine.wordpress.com/2008/09/03/thermographie-aerienne-infrarouge-de-la-cub-en-2009/">ici</a> ; <a title="http://mneaquitaine.wordpress.com/2008/11/11/80-amap-en-aquitaine-10000-consomacteurs-et-130-paysans/" href="http://mneaquitaine.wordpress.com/2008/11/11/80-amap-en-aquitaine-10000-consomacteurs-et-130-paysans/">AMAP en Aquitaine, 10 000 consomacteurs et 130 paysans</a> <a title="http://mneaquitaine.wordpress.com/2008/11/11/80-amap-en-aquitaine-10000-consomacteurs-et-130-paysans/" href="http://mneaquitaine.wordpress.com/2008/11/11/80-amap-en-aquitaine-10000-consomacteurs-et-130-paysans/">ici</a> ; <a title="http://mneaquitaine.wordpress.com/2008/08/20/consequences-du-grenelle-pour-le-secteur-du-batiment/" href="http://mneaquitaine.wordpress.com/2008/08/20/consequences-du-grenelle-pour-le-secteur-du-batiment/">Conséquences du Grenelle pour le secteur du bâtiment</a> <a title="http://mneaquitaine.wordpress.com/2008/08/20/consequences-du-grenelle-pour-le-secteur-du-batiment/" href="http://mneaquitaine.wordpress.com/2008/08/20/consequences-du-grenelle-pour-le-secteur-du-batiment/">ici</a> : <a title="http://mneaquitaine.wordpress.com/2008/11/01/nicolas-hulot-et-pierre-rabhi-lancent-le-mouvement-colibris/" href="http://mneaquitaine.wordpress.com/2008/11/01/nicolas-hulot-et-pierre-rabhi-lancent-le-mouvement-colibris/">Nicolas Hulot et Pierre Rabhi lancent le mouvement Colibris</a> <a title="http://mneaquitaine.wordpress.com/2008/11/01/nicolas-hulot-et-pierre-rabhi-lancent-le-mouvement-colibris/" href="http://mneaquitaine.wordpress.com/2008/11/01/nicolas-hulot-et-pierre-rabhi-lancent-le-mouvement-colibris/">ici</a> ; <a title="http://mneaquitaine.wordpress.com/2008/11/24/baisse-de-la-fertilite-masculine-de-50-en-50-ans/" href="http://mneaquitaine.wordpress.com/2008/11/24/baisse-de-la-fertilite-masculine-de-50-en-50-ans/">Baisse de la fertilité masculine de 50 % en 50 ans</a> <a title="http://mneaquitaine.wordpress.com/2008/11/24/baisse-de-la-fertilite-masculine-de-50-en-50-ans/" href="http://mneaquitaine.wordpress.com/2008/11/24/baisse-de-la-fertilite-masculine-de-50-en-50-ans/">ici</a> ; <a title="http://mneaquitaine.wordpress.com/2008/08/26/la-sixieme-crise-dextinction-des-especes/" href="http://mneaquitaine.wordpress.com/2008/08/26/la-sixieme-crise-dextinction-des-especes/">La sixième crise d’extinction des espèces</a> <a title="http://mneaquitaine.wordpress.com/2008/08/26/la-sixieme-crise-dextinction-des-especes/" href="http://mneaquitaine.wordpress.com/2008/08/26/la-sixieme-crise-dextinction-des-especes/">ici</a> ; Jean Zin : l&#8217;avenir radieux <a title="http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/03/13/jean-zin-lavenir-radieux/" href="http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/03/13/jean-zin-lavenir-radieux/">ici</a> ; Le plus noir des scénarios climatiques se profile <a title="http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/03/13/le-plus-noir-des-scenarios-climatiques-se-profile/" href="http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/03/13/le-plus-noir-des-scenarios-climatiques-se-profile/">ici</a></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>COLLECTIVITES LOCALES, ASSOCIATIONS… : NOUS CHERCHONS A CONSTRUIRE DE NOUVEAUX PARTENARIATS POUR ACCUEILLIR L’UNIVERSITE POPULAIRE DE L’ENVIRONNEMENT. CAPACITE D’ACCUEIL ENTRE 70 ET 120 PLACES</strong> Contact : <a title="mailto:mnebxaquitaine@aol.com" href="mailto:mnebxaquitaine@aol.com">mnebxaquitaine@aol.com</a> </span></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[De la relocalisation à la décroissance… ou au DD ?]]></title>
<link>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/03/25/de-la-relocalisation-a-la-decroissance%e2%80%a6-ou-au-dd/</link>
<pubDate>Wed, 25 Mar 2009 14:05:18 +0000</pubDate>
<dc:creator>pascalbourgois2</dc:creator>
<guid>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/03/25/de-la-relocalisation-a-la-decroissance%e2%80%a6-ou-au-dd/</guid>
<description><![CDATA[neocampagne.wordpress.com, Emmanuelle Mayer, février 2009 De la relocalisation à la décroissance… ou]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><a href="http://neocampagne.wordpress.com/2009/02/05/de-la-relocalisation-a-la-decroissance-ou-au-developpement-durable/">neocampagne.wordpress.com</a>, Emmanuelle Mayer, février 2009</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">De la relocalisation à la décroissance… ou au développement durable ?</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>J’ai déjà évoqué l’importance de</strong><a href="http://neocampagne.wordpress.com/2009/01/04/pour-une-economie-localisee/"> relocaliser l’économie ou plutôt de créer une économie localisée</a> <strong>pour favoriser le développement des territoires ruraux mais aussi pour inventer un nouveau modèle de société, plus écologique et sociale. J’ai aussi abordé la question de</strong><a href="http://neocampagne.wordpress.com/2008/12/14/faire-soi-meme/"> l’autonomie (vie en auto-suffisance)</a>. <strong>Il est donc logique que je m’aventure sur le terrain de la décroissance, ce mot-qui-fait-peur mais qui, pourtant, sous-tend une idéologie moins négative qu’elle ne paraît et ouvre différentes perspectives en terme de projet de société.</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Pour cela, je vous propose un petit compte-rendu d’une conférence de Serge Latouche, l’économiste le plus prolixe sur la question, qui s’est tenue cette automne à Paris, organisée par les <a href="http://www.jne-asso.org/">JNE (journalistes pour la nature et l’écologie</a>, dont je suis membre).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Origine du concept de décroissance </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>La décroissance vient de la rencontre de deux courants de pensées :</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>- l’écologie politique :</strong> <strong>le Club de Rome, les intellectuels comme André Gorz ou Bernard Charbonneau, le scientifique Georgescu Roegen, à qui l’on attribue la paternité du mot décroissance (en fait, c’est à son traducteur que l’on doit le terme). Pour ces penseurs, seule la sobriété peut permettre de résoudre la crise écologique puisque la seconde option, la foi en la techno-science (scientisme), conduit à une crise sociale et déshumanise</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">- <strong>la critique du développement</strong> : <strong>des penseurs comme Ivan Illich et François Partant, pour qui l’idéologie du développement n’est que la poursuite des pratiques colonialistes et reflète une velléité d’occidentaliser le monde. En toile de fond, la critique de la société de consommation et de ses 3 piliers : la publicité</strong>, <a href="http://www.decroissance.info/Peremption-premeditee">l’obsolescence programmée</a> <strong>et le crédit</strong>.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Au début des années 2000, le développement durable fait son entrée et La Ligne d’Horizon (l’association des amis de François Partant) s’inquiète de ce concept qui leur semble n’être que le nouveau visage de l’idéologie du développement qu’ils critiquent. Cette association organise donc en mars 2002 un colloque international à l’Unesco sur le thème de l’après-développement. Là, ça a fait “tilt” : <strong>la décroissance a permis la convergence de ces deux courants.</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Un mot communiquant </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Le mot “décroissance” a été choisi pour son côté communiquant, plus parlant que la notion d”après développement”. <strong>Dans un monde de communication, il fallait un mot un peu slogan, qui puisse susciter des réactions. C’était important face à l’inertie actuelle. Avec le mot décroissance, on se focalise sur la base des problèmes : la croissance à l’infini n’est pas soutenable car les ressources de la planète sont limitées, et elle n’est pas souhaitable d’un point de vue social.</strong> Pour le reste, les divergences sont nombreuses car la décroissance a donné naissance à plusieurs courants de pensée.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Trois contre-sens à propose de la décroissance</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Où les sceptiques se rendent compte qu’il ne s’agit pas du tout de revenir à la bougie</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>1) la décroissance n’est pas la récession ni la croissance négative, ni la croissance zéro.<br />
</strong>La crise actuelle n’a rien à voir avec la décroissance. Et pour cause, il n’y a rien de pire qu’une croissance négative dans une société bâtie sur la croissance, c’est que nous vivons en ce moment (nous et nos portes-monnaies !). La décroissance, c’est une invitation à créer un nouveau projet de société qui <!--more-->ne serait plus basé sur la croissance.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">2) la décroissance est technophobe</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">La décroissance dénonce le scientisme, mais pas la science et n’a rien contre la recherche en médecines préventives, agrobiologie etc.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">3) la décroissance, c’est revenir à l’âge de pierre, la bougie, le moyen-âge…<br />
Il y a moins d’une cinquantaine d’années, on ne vivait pas à la bougie et pourtant, l’empreinte écologique des Français était soutenable c’est à dire équivalente à une planète (rappelons que si tout le monde vivait comme nous aujourd’hui, il faudrait 3 planètes). Qu’est-ce qui nous a fait passé en quelques années de 1 à 3 planètes ? La mondialisation économique et libérale. Dans les années 60, quand on achetait à l’époque un yaourt à la fraise, ce produit et ses différents ingrédients n’avaient pas fait des milliers de kilomètres avant d’arriver à l’épicerie. On peut culpabiliser le citoyen autant qu’on veut en l’exhortant à pratiquer des petits gestes verts, mais ce n’est pas lui qui pollue, c’est le système.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">A ce compte-rendu des propos de Serge Latouche, j’ajouterai que la décroissance s’applique aux pays riches, développés. Il ne s’agit pas de laisser le Sud crever ! En revanche, leur imposer notre modèle de développement est absurde quand on voit où cela nous a conduit : crise économique, écologique et sociale.  Il va de soi que les objecteurs de croissance souhaitent que chacun puisse avoir accès à de l’eau potable, à une nourriture saine et à un habitat confortable !</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Une décroissance plurielle</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Finalement, la décroissance, c’est simplement le refus du mythe de la croissance économique et la nécessité de décoloniser nos imaginaires pour créer autre chose. Et là, j’ai pu constaté que les divergences étaient nombreuses ! Certains objecteurs de croissance sont républicains et se présentent aux élections, d’autres sont libertaires voire anarchistes, d’autres sont même nationalistes… Entre ceux qui veulent une état fort et des mesures restrictives musclées, ceux qui défendent l’autonomie individuelle, chacun sur son lopin de terre, et ceux qui imaginent des territoires autonomes et solidaires, gouvernés de façon collective, ça chauffe parfois ! Certaines idées, toutefois, font consensus, comme le slogan “plus de liens, moins de biens” et l’importance de relocaliser l’économie.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Comme dans toutes les philosophies, il y a des “fondamentalistes”… On ne voit parfois qu’eux mais ils ne reflètent pas la réalité, c’est aussi ce qu’il se passe dans la décroissance.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Et le développement durable, dans tout ça ? </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Pour les objecteurs de croissance, le développement durable est une supercherie, il roule forcement pour la croissance. Dans la bouche des politiques et des industriels, il est vrai que c’est le cas. Le concept est-il pour autant intrinsèquement “contaminé” par la croissance ? Je n’en suis pas si sûre et reste séduite par ses 3 piliers : développement économique, social et environnemental. A mon sens, développement économique ne signifie pas croissance. Œuvrant pour le développement local et le développement rural, refuser ce terme me semble absurde. Je rejoins ici le propos du géographe Yves Gilbert, spécialiste du développement local. Dans la contribution “La recomplexification du territoire”, il explique que “la notion de développement ne peut exprimer l’idée de croissance au sens où l’entendent les économistes (lisible au travers d’accroissement de taux de redressements tendanciels de courbes) mais celle d’approfondissement entendue comme consolidation de l’épaisseur sociale : “approfondissement des rapports d’intelligence entre une société et ses territoires” (…)</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Finalement, ces courants différents que sont décroissance et développement durable, peuvent conduire à un même projet de société.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Mieux vaut deux utopies plutôt qu’une !</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"> </span></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[JP Dupuy : "Quand il y a démesure, il y a déshumanisation"]]></title>
<link>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/03/20/jp-dupuy-quand-il-y-a-demesure-il-y-a-deshumanisation/</link>
<pubDate>Fri, 20 Mar 2009 10:52:03 +0000</pubDate>
<dc:creator>pascalbourgois2</dc:creator>
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<description><![CDATA[Le Monde, Hervé Kempf, le 20 mars 2009 Jean-Pierre Dupuy : &#8220;Quand il y a démesure, il y a désh]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><a href="http://abonnes.lemonde.fr/livres/article/2009/03/20/jean-pierre-dupuy-quand-il-y-a-demesure-il-y-a-deshumanisation_1170414_3260.html">Le Monde</a>, Hervé Kempf, le 20 mars 2009</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Jean-Pierre Dupuy : &#8220;Quand il y a démesure, il y a déshumanisation&#8221;</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>C&#8217;est le plus ignoré des penseurs écologistes. Est-il même écologiste ? Jean-Pierre Dupuy a été très proche d&#8217;Ivan Illich, a bien connu André Gorz, a milité aux Amis de la Terre, et son ouvrage paru au Seuil en 2002, Pour un catastrophisme éclairé, a renouvelé les interrogations posées par le philosophe Hans Jonas (1903-1993).</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Critique <a href="http://abonnes.lemonde.fr/livres/article/2009/03/20/la-marque-du-sacre-de-jean-pierre-dupuy_1170415_3260.html#ens_id=1135007">&#8220;La Marque du sacré&#8221;, de Jean-Pierre Dupuy</a> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Mais on ne saurait réduire ce polytechnicien hors norme à aucune étiquette. <strong>Dans un de ses livres, il se définit comme &#8220;extrémiste rationaliste&#8221; et avance au détour de la conversation : &#8220;Je ne suis pas un intellectuel chrétien, mais un chrétien intellectuel. Le christianisme est une science beaucoup plus qu&#8217;une religion</strong>.&#8221;</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>Dans son nouvel essai, La Marque du sacré, Dupuy affirme que c&#8217;est dans le retour du sacré que la société, après avoir voulu l&#8217;expulser au nom de la rationalité, peut trouver son salut face à la démesure de la modernité technologique. Provocant ? Sans doute, et on entend déjà les ricanements des athéistes de principe. Peu importe : Dupuy est de ceux qui rappellent que le monde est grave, quand la foule des commentateurs se contente de proclamer qu&#8217;il est en crise.</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">L&#8217;itinéraire de ce philosophe commence par des surprises : il naît en 1941, et son père &#8211; qui lit beaucoup &#8211; le pousse vers de bonnes études. Le jeune Landais se présente à Polytechnique et à Normale-Sup, croit avoir raté celle-ci, choisit l&#8217;école d&#8217;ingénieurs, avant qu&#8217;une lettre l&#8217;informe qu&#8217;il y a eu erreur et qu&#8217;il pourra séjourner rue d&#8217;Ulm. &#8220;J&#8217;étais plus fier d&#8217;avoir réussi Normale que l&#8217;X, dit-il, mais j&#8217;ai choisi celle-ci par mimétisme, c&#8217;était plus prestigieux.&#8221;</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">L&#8217;ENTRÉE EN PHILOSOPHIE</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Très doué en mathématiques, il finit dans les dix premiers, non sans avoir été influencé par les économistes Jean Ullmo et Maurice Allais ou avoir lu Teilhard de Chardin. Le voilà brillant haut fonctionnaire, <strong>à une époque où &#8220;nous étions les gardiens de l&#8217;intérêt général &#8211; le problème est que c&#8217;est nous qui le définissions</strong>&#8220;. Au ministère de l&#8217;industrie, chargé des questions d&#8217;énergie (&#8220;à 25 ans, je pouvais convoquer comme ça le directeur d&#8217;EDF ou de GDF&#8221;), il se rend compte qu&#8217;être grand commis de l&#8217;Etat l&#8217;ennuie. Sa vraie passion est la chose intellectuelle, et, juste après 1968, il crée avec le sociologue Philippe d&#8217;Iribarne le Centre de recherche sur le bien-être, d&#8217;où ils critiquent la théorie économique néoclassique d&#8217;un point de vue anthropologique.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>En 1973, la rencontre avec le penseur écologiste Ivan Illich (1926-2002) va permettre l&#8217;envol de celui qui est encore un moineau intellectuel. Le maître est alors à l&#8217;apogée de sa réputation, et électrise le jeune polytechnicien en rupture de ban moderniste : &#8220;Il m&#8217;a fait entrer en philosophie</strong>&#8220;, confie Dupuy. Ils vont collaborer, notamment dans l&#8217;ouvrage Némésis médicale, où <strong>Illich développe son concept de la contre-productivité : à partir d&#8217;un certain seuil, affirme-t-il, la technique moderne devient un obstacle à la réalisation des fins qu&#8217;elle prétend atteindre</strong>. Illich anime aussi des séminaires à Cuernavaca, au Mexique, où il attire les meilleurs esprits de l&#8217;époque : Hannah Arendt, André Gorz, Erich Fromm, Heinz von Foerster&#8230; On a oublié aujourd&#8217;hui le magnétisme qu&#8217;exerçait Illich au début des années 1970. C&#8217;est que les chocs pétroliers et la crise économique, en remisant le souci écologique au magasin des accessoires, avaient ensuite fait pâlir l&#8217;étoile d&#8217;Illich. D&#8217;ailleurs, à l&#8217;époque, Dupuy s&#8217;éloigne de lui : &#8220;Je trouvais dangereux <!--more-->sa rhétorique &#8211; mais non sa pensée &#8211; irrationaliste.&#8221;</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Dupuy vient alors de découvrir René Girard et sa théorie de la violence sacrée fondée sur la &#8220;rivalité mimétique&#8221; : selon celle-ci, les hommes désirent ce que désirent les autres, ce qui conduit au déchaînement d&#8217;une violence qu&#8217;ils ne peuvent contenir qu&#8217;en l&#8217;extériorisant par le sacrifice d&#8217;une &#8220;victime émissaire&#8221;. Maître et disciple vont bientôt faire une partie du chemin ensemble, puisque l&#8217;université californienne Stanford &#8211; où travaille Girard &#8211; propose un poste de professeur à Dupuy, un trimestre par an. Le reste de l&#8217;année, Dupuy anime jusqu&#8217;en 2000 le CREA, qu&#8217;il a créé en 1982 : ce Centre de recherche en épistémologie appliquée fait connaître en France la théorie de la justice de John Rawls, les sciences cognitives, et anime la réflexion sur les phénomènes d&#8217;auto-organisation (avec Henri Atlan et Francisco Varela). &#8220;Ç&#8217;a été une carrière banale d&#8217;intellectuel &#8211; lire, travailler, enseigner&#8221;, se souvient Dupuy.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Banale ? Que d&#8217;idées, que de rencontres ! La question écologique, qu&#8217;il semblait avoir oubliée après l&#8217;éloignement d&#8217;avec Illich, revient en force dans ses préoccupations des années 1990. Notamment avec le &#8220;troisième choc intellectuel&#8221; que fut l&#8217;étude d&#8217;Hannah Arendt, Hans Jonas et Günther Anders. &#8220;Ce qui reliait Illich à Arendt, c&#8217;est la notion de condition humaine &#8211; faite de mesure. Quand il y a démesure, il y a déshumanisation. On retrouve la même idée chez Jonas, avec le concept de vie humaine digne.&#8221;</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">La préoccupation du danger qui monte, écologique et nucléaire, envahit la réflexion du philosophe. Dorénavant, il usera du rationalisme le plus rigoureux pour appeler ses contemporains à l&#8217;exigence de l&#8217;autolimitation : &#8220;L&#8217;humanité aura à choisir entre l&#8217;Apocalypse et la conversion, qui est le renoncement à la violence.&#8221; </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Signalons aussi les actes du colloque de Cerisy consacré à Jean-Pierre Dupuy : Dans l&#8217;oeil du cyclone, Carnets Nord, 336 p., 23 €. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"> </span></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[DD : l'idéologie du XXIe siècle ]]></title>
<link>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/03/16/dd-lideologie-du-xxie-siecle/</link>
<pubDate>Mon, 16 Mar 2009 13:54:38 +0000</pubDate>
<dc:creator>pascalbourgois2</dc:creator>
<guid>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/03/16/dd-lideologie-du-xxie-siecle/</guid>
<description><![CDATA[scienceshumaines.com, Edwin Zaccaï, Grand dossier N° 14, mars 21009 Développement durable : l&#8217;]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><a href="http://www.scienceshumaines.com//developpement-durable--l-ideologie-du-xxie-siecle_fr_23403.html">scienceshumaines.com</a>, Edwin Zaccaï, Grand dossier N° 14, mars 21009</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Développement durable : l&#8217;idéologie du XXIe siècle </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>L’environnement est maintenant au centre des préoccupations politiques. De l’écologie profonde au mouvement de la décroissance, en passant par les promoteurs du développement durable, nombreux sont ceux qui souhaitent rompre avec les modes de consommation actuels.</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">«</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Une raison pour laquelle l’environnement a tant changé au XXe siècle est que – d’un point de vue écologique – les idées et politiques dominantes ont très peu changé</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">», écrit John R. Mc Neill dans sa synthèse sur l’histoire environnementale (1). <strong>La primauté accordée à la croissance, la confiance dans les progrès techniques ou encore l’importance de la consommation ont eu des conséquences majeures sur l’environnement. À l’inverse, les effets réels de l’environnementalisme, qui se diffusera de plus en plus à partir des années 1960, resteront mineurs. L’écart entre l’impact des activités humaines sur l’environnement et les objectifs annoncés pour sa protection irriguera profondément l’environnementalisme. Il deviendra tour à tour dénonciateur, prophétique, moral, mais aussi pratique, mobilisateur ou politique.</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Il est évident que de nombreux groupes humains ont par le passé modifié leur milieu, parfois à leur détriment. Depuis les Aborigènes d’Australie pratiquant un brûlis lourd de conséquences sur la faune et la flore, jusqu’à l’érosion massive de sols générant le Dust Bowl, ces tempêtes de poussière qui touchèrent pendant près d’une dizaine d’années la région des grandes plaines des États-Unis durant les années 1930, en passant par la déforestation des régions méditerranéennes dans l’Antiquité, la liste est longue et recouvre toutes les époques. Toutefois, l’impact de l’activité humaine sur l’environnement au XXe siècle reste sans précédent. Cette ampleur inédite est majoritairement due à deux facteurs</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">: les capacités techniques et énergétiques (la consommation d’énergie a été multipliée par plus de 12 au XXe siècle) et l’augmentation de la population (multipliée par quatre durant la même période). De plus, le début de l’âge atomique augmente les préoccupations envers le pouvoir destructeur des techniques, tandis que la croissance démographique nourrit des raisonnements néomalthusiens.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Ces craintes latentes vont interagir avec les différents courants de l’écologie scientifique qui se sont élaborés à partir du milieu du XIXe siècle. Le mot œkologie, science des relations de l’organisme avec son environnement, est ainsi forgé dès 1866 par le biologiste Ernst Haeckel. Dans les décennies qui suivent, un certain nombre de scientifiques, que l’on nommera aussi écologues, élaboreront ce champ (2).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">À la même époque, des aires protégées en vue de la conservation de la nature sont créées. Dans les pays colonisés, et singulièrement en Afrique, les milieux de chasseurs ainsi que l’agronomie tropicale influenceront durablement la vision de l’environnement et de sa protection. En Europe et aux États-Unis se constituent des sociétés de naturalistes, d’observation des oiseaux ou de pêcheurs, qui seront des noyaux actifs de l’environnementalisme. Un précurseur de l’éthique environnementale aux États-Unis, Aldo Leopold, perçoit dès la fin des années 1940 les potentialités que recèle le goût croissant d’une population de plus en plus urbaine et au pouvoir d’achat en augmentation pour des loisirs orientés vers la nature. Le sociologue américain Ronald Inglehart émettra quant à lui une théorie encore discutée aujourd’hui sur la montée de valeurs «</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">immatérielles</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">» dans les sociétés postindustrielles</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">: les individus se tourneraient vers des biens dépassant la première nécessité et vers des valeurs nouvelles comme la protection de l’environnement. Mettant en lumière les impacts importants de l’usage des pesticides et appelant à de nouvelles régulations des techniques qui respectent les écosystèmes, la biologiste Rachel Carson publie en 1962 Printemps silencieux, livre à grand succès qui lancera l’environnementalisme aux États-Unis.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">L’effet Mai 68</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">En France, on considère que c’est Mai 68 qui catalyse la naissance de l’écologie politique. <!--more-->La rencontre des pratiques de mobilisation gauchiste et des préoccupations de protection de la nature ainsi que l’émergence d’une critique du progrès technologique en ont préparé le terrain. Un slogan comme «</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Sous les pavés la plage</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">» peut en effet résonner en congruence avec ces différents courants. Une première manifestation en vélo organisée en 1972 à Paris par les Amis de la Terre réunit 10</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">000 participants. De même, l’opposition au nucléaire mobilise au-delà des clivages politiques traditionnels grâce à un discours transversal, typique de l’environnementalisme, qui prône une mobilisation de tous, toutes classes sociales confondues. Intégré à l’écologie politique, le combat antinucléaire se présentera comme une force alternative aux rapports de force droite-gauche, même si inévitablement un positionnement peut être repéré.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Certains aspects de la protection de la nature peuvent, par exemple, renvoyer à un passéisme conservateur ou à un localisme de tendance antimoderniste, courants idéologiques situés à droite de l’échiquier politique. On repère d’ailleurs dès l’avant-guerre des objectifs de restauration de milieux traditionnels prônés par des mouvements fascistes européens et japonais. Toutefois à partir des années 1970, malgré le positionnement «</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">ni-ni</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">» (ni à gauche ni à droite) d’un Antoine Waechter en France, les partis verts se retrouveront à gauche du spectre politique dans une majorité de pays du monde.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">En France, premier candidat à se présenter comme écologiste à l’élection présidentielle, René Dumont obtient 1,32</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">% des suffrages exprimés en 1974. Mais la candidature de cet agronome engagé envers le tiers-monde contribue surtout à faire exister un mixte d’idées prenant rapidement corps à cette époque. Cet écologisme est loin de se limiter à une critique de la dégradation de la nature (3). Il s’inspire de penseurs comme Ivan Illich, qui met en cause radicalement certains aspects de la modernité tels que des technologies peu conviviales et des institutions aliénantes. Ou encore d’André Gorz, cofondateur du Nouvel Observateur, qui appelle dès les années 1970 à revoir le productivisme, qu’il soit de gauche ou de droite, au profit d’une limitation drastique du temps de travail. Des valeurs d’authenticité, de développement personnel, de critique de la consommation et de l’État font aussi partie de cette mouvance.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Une constante du discours environnementaliste depuis ses origines est l’appel à une révolution dans les relations entre l’homme et la nature. Aujourd’hui, la prise de conscience des menaces climatiques et de leurs effets potentiellement néfastes sur l’économie peut faire écho au rapport fondateur publié par le Club de Rome en 1972, Halte à la croissance</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">? (4). Celui-ci prédisait que la poursuite de la croissance déboucherait inévitablement sur des effondrements mondiaux dans le courant du xxie siècle, du fait des limites des ressources naturelles et de l’impact des pollutions. Pourtant, en dépit de ces discours, la dégradation de l’environnement mondial se poursuit, voire s’accélère, interrogeant les capacités à mettre en place des stratégies de changements significatifs. Et ce malgré de réels progrès dans les régulations environnementales depuis les premiers ministères de l’Environnement – que Robert Poujade, ministre français de l’Environnement, dénomme en 1971 «</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">ministère de l’impossible</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">».</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Récupération capitaliste</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Un article fondateur de Arne Naess distingue un écologisme profond d’un écologisme superficiel (5). Alors que le premier repose sur des principes d’imitation de la nature et dénie à l’homme le droit de se placer au centre de la biosphère, le second se contente de limiter les impacts écologiques des modes de développement actuels. C’est dans cette deuxième optique que s’amorce une «</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">récupération</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">» de l’environnementalisme par le capitalisme, comparable à celle des mouvements contestataires de la fin des années 1960. L’idée d’une convergence possible entre la protection de l’environnement et le développement économique plus «</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">vert</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">» apparaîtra dans les années 1980. Elle sera inlassablement répétée et prolongée ensuite par le discours de la «</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">modernisation écologique</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">». Durabilité des systèmes naturels comme condition de la durabilité des sociétés et de leur prospérité économique</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">; protection de l’environnement comme condition d’une protection de la santé et d’une prévention, puis d’une précaution contre différents types de risques</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">; technologies vertes plus économes en matière et en énergie</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">; produits verts innovants, prisés par certains consommateurs et garants de nouveaux marchés et de nouveaux emplois, en sont des exemples répandus.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">À partir des années 1990, la formule du développement durable (de l’anglais sustainable development) devient incontournable. Popularisée grâce à l’Onu, via le rapport Brundtland (1987), puis la conférence de Rio (1992), elle offre un point de ralliement tant aux environnementalistes qu’aux «</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">développeurs</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">» de tous horizons, qu’ils soient industriels, étatiques ou urbains. La mondialisation économique, l’industrialisation et l’augmentation de la consommation des grands pays en développement, associés à la poursuite de la croissance dans les pays occidentaux accentuent les impacts sur l’environnement. Ceux-ci deviennent de plus en plus coûteux pour le monde naturel et les sociétés humaines. Ce contexte mondial constitue la toile de fond du développement durable au tournant du nouveau siècle, de même que le souci du long terme symbolisé par la nécessité de prendre en compte les besoins des générations futures dans les décisions actuelles. L’approche locale, voire individuelle, du respect de l’environnement par des actes concrets est dans le même temps encouragée, en particulier pour ce qui concerne la consommation (6).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Un discours superficiel</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">? </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">En définitive, le développement durable réinterprète quantité de thèmes présents dans l’environnementalisme</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">: la mobilisation de tous, l’appel à de nouvelles valeurs, la recherche de convergence entre objectifs sociaux et environnementaux, ou plus prosaïquement la protection du cadre de vie. Mais il prend à son compte du même coup le hiatus entre rhétorique du changement et modestie des objectifs atteints. Devenu largement consensuel, il peut prêter le flanc à une dénonciation envers une relative superficialité, voire un discours légitimant la poursuite d’activités dont les effets néfastes sur l’environnement resteraient en pratique peu modifiés.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">En outre, les difficultés du développement à l’échelle mondiale, illustrées par la croissance considérable des inégalités de richesse, la stagnation des conditions de vie des populations très pauvres, ou encore les instabilités économiques dangereuses, interrogent la pertinence des modalités du développement actuel, voire son projet même. Si, pour certains, le développement durable, fidèle à l’origine onusienne, reste porteur de réformes importantes pour mieux satisfaire en priorité les besoins humains, pour d’autres, il facilite la perpétuation de tendances insoutenables politiquement, moralement et environnementalement. En France, le mouvement pour la décroissance se distancie du développement durable et renoue avec les tendances d’un écologisme plus ancien, affirmant des valeurs de rupture avec la consommation et prônant des expériences locales.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Le souci de la protection de l’environnement est aujourd’hui largement présent dans les esprits, et pas seulement dans les pays riches. Des études montrent que les populations démunies sont les premières perdantes des graves dégradations de l’environnement et que la protection de leur milieu est primordiale. Qu’elle se nomme environnementalisme, développement durable, ou autrement, la recherche de modes de vie respectant bien davantage les écosystèmes devrait progresser encore, en particulier en développant des voies politiques d’institutionnalisation beaucoup plus efficaces qu’elles le sont aujourd’hui.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">NOTES :</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">(1) J.R. Mc Neill, Something New under the Sun. An environmental history of the 20th century, Norton &#38; Co, 2000.<br />
(2) J.-P. Deléage, Une histoire de l’écologie, La Découverte, 1991.<br />
(3) D. Simonnet, L’Écologisme, Puf, coll. «</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Que sais-je</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">?</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">», 1979.<br />
(4) D. Meadows et al., Halte à la croissance</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">?, rapport au Club de Rome, Fayard, 1972.<br />
(5) A. Naess, «</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">The shallow and the deep, long-range ecology movements</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">: A summary</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">», Inquiry, n° 16, 1973.<br />
(6) E. Zaccaï et I. Haynes, «</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">La société de consommation face aux défis écologiques</span><span style="font-size:11pt;"><span style="font-family:Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">», Problèmes politiques et sociaux, n° 954, La Documentation française, 2008. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Professeur à l’Université libre de Bruxelles et enseignant à l’IEP-Paris, il a notamment publié, avec Pierre Cornut et Tom Bauler, Environnement et inégalités sociales, Presses de l’Université de Bruxelles, 2007 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"> </span></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Ce que nous faisons, nos enfants ne pourront plus le défaire]]></title>
<link>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/01/20/ce-que-nous-faisons-nos-enfants-ne-pourront-plus-le-defaire/</link>
<pubDate>Tue, 20 Jan 2009 00:09:51 +0000</pubDate>
<dc:creator>pascalbourgois2</dc:creator>
<guid>http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/01/20/ce-que-nous-faisons-nos-enfants-ne-pourront-plus-le-defaire/</guid>
<description><![CDATA[liberation.fr, Laure Noualhat, le 19 janvier 2009 &#8220;Ce que nous faisons, nos enfants ne pourron]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><a href="http://www.liberation.fr/libe-lyon/0101313080-ce-que-nous-faisons-aujourd-hui-nos-enfants-ne-pourront-plus-le-defaire">liberation.fr</a>, Laure Noualhat, le 19 janvier 2009</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">&#8220;Ce que nous faisons, nos enfants ne pourront plus le défaire»</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Les 5es assises nationales du développement durable se sont ouvertes ce lundi à Lyon. Pendant trois jours, il s&#8217;agira de faire l&#8217;état des lieux de la planète et de l&#8217;humanité.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Fervent lecteur de feu La gueule ouverte, manifestant antinucléaire à Creys-Malville en 1977, Didier Jouve est un fin connaisseur du développement durable, au sens premier du terme lorsqu&#8217;il fut évoqué pour la première fois par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Rapport_Brundtland" target="_blank">le rapport Bruntland</a> en 1987.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Aujourd&#8217;hui vice-président de la région Rhône-Alpes, délégué au développement durable, il accueille les <a href="http://www.rhonealpes.fr/299-5e-assises-nationales.htm" target="_blank">5es Assises nationales du développement durable</a> à Lyon durant trois jours. <strong>Plus qu&#8217;ambitieuses, ces Assises tenteront de faire l&#8217;état des lieux de la planète et de l&#8217;humanité, d&#8217;ouvrir d&#8217;autres voies et d&#8217;élaborer des propositions.</strong> Le tout en 3 jours.<br />
Les Assises du développement durable visent à redéfinir la richesse. Pourquoi ?</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>Cette année, les Assises visent à re-questionner la priorité de l&#8217;avoir. La crise est une vraie opportunité pour la remettre en cause. La crise, on l&#8217;a vue venir. Elle était tendancielle, elle est désormais tangible. André Gorz, Ivan Illitch, de nombreux penseurs ont écrit sur cette crise écologique, sociale, économique, à venir. Aujourd&#8217;hui, il faut veiller à ce que la société ne pourrisse pas le concept de développement durable, concept qui mérite d&#8217;être sauvagement défendu alors que certains s&#8217;en contenteraient bien pour vendre à peu de frais, avec une peinture verte toute fraîche, ce qui a été vendu dans le passé.<br />
</strong>Quelle est votre analyse de la situation actuelle ?</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Trois pilotes automatiques sont grippés. <strong>Le premier pilote automatique, c&#8217;était la croissance</strong>. Et toute une génération de responsables, qu&#8217;ils soient de droite ou de gauche, ont cru qu&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;une potion magique, d&#8217;un médicament général qui répondait à tout. <strong>Le pilote automatique numéro 2, c&#8217;était le marché</strong> et nombreux étaient ceux qui pensaient que tout ce qui avait attrait au public était inefficace. <strong>Le pilote numéro 3</strong>, et on n&#8217;en parle pas assez, <strong>c&#8217;était et c&#8217;est encore la religion technologique</strong>.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">C&#8217;est-à-dire ?</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>Au XVIIIe siècle, la science nous sort de l&#8217;obscurantisme. Au XIXe siècle, la science est rachetée par l&#8217;industrie, principal mécène de l&#8217;époque. Chemin faisant, le capitalisme s&#8217;est organisé sur la prédation des ressources des autres. Et la société s&#8217;est articulée autour d&#8217;une équation quasi-religieuse : la croissance + le progrès scientifique = le bonheur.</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Pourquoi cette équation a-t-elle échoué ?</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"><strong>La création d&#8217;une véritable religion matérialiste a conduit à une déconnexion totale entre les avancées des sciences dures, les technologies, et les sciences humaines ainsi que tout ce qui permet d&#8217;absorber les progrès scientifiques</strong>. Aujourd&#8217;hui, on manque d&#8217;argent pour développer l&#8217;épidémiologie, regardez l&#8217;état de nos botanistes en France, etc. La société n&#8217;arrive plus à suivre, ni à digérer les progrès et créations technologiques qui nous inondent. <strong>Le XXe siècle est donc le siècle de l&#8217;irresponsabilité technologique. Et on doit gérer cet héritage : celui des PCB déversés dans le Rhône, des déchets radioactifs, des 400000 substances chimiques présentes dans notre environnement et notre quotidien. Et demain, nous devrons gérer des objets dont nous n&#8217;avons pas la maîtrise : OGM, nanotechnologies etc.<br />
</strong>Nous avons franchi une étape, et nous ne savons plus gérer la réversibilité de nos actes. Ce que nous faisons aujourd&#8217;hui, nos enfants ne pourront plus le défaire. <!--more-->D&#8217;après moi, la question de la réversibilité est plus importante que le principe de précaution.<br />
Comment cela s&#8217;organise–t-il au niveau politique ?</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Au niveau de la région, il faut faire entrer le développement durable dans toutes les politiques territoriales et régionales. Pour la région Rhône-Alpes, cela se traduit par plus de 200 actions dans ce sens : réformes des aides à l&#8217;habitat ou à l&#8217;énergie, priorité donnée aux circuits courts en agriculture, prise en charge à 50% de la certification bio des agriculteurs etc.<br />
Cela nécessite des moyens que la région ne détient pas forcément…</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Contrairement à ce que l&#8217;on croit, je pense qu&#8217;il ne s&#8217;agit pas de dépenser plus mais autrement. Mais aujourd&#8217;hui, nous sommes à la croisée des chemins. Je ne sais pas ce que Sarkozy envisage de faire en matière de collectivités locales. Par exemple, en ce qui concerne le Grenelle de l&#8217;environnement, on a déchargé pas mal de directives sur les autres mais personne n&#8217;a répondu à la question cruciale suivante : qui va prendre en charge le chantier ? J&#8217;attends de voir ce qu&#8217;il y aura dans la refonte fiscale, elle n&#8217;a pas encore eu lieu. Pour l&#8217;instant, les régions sont chargées de beaucoup de devoirs, sans en avoir forcément les droits.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">En septembre 2003, la municipalité de Lyon accueillait un colloque sur la décroissance volontaire. Aujourd&#8217;hui, le terme est devenu tabou. Pourquoi ?</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Sur le fond, nous sommes d&#8217;accord avec les défenseurs de la décroissance sur les changements à opérer, mais il existe une divergence tactique. Au moment où la crise va frapper de nombreuses personnes dans leur vie quotidienne, il est difficile de demander à ces personnes de devenir décroissantes. Le mot même de décroissance marque le repli, la descente. C&#8217;est la structure même du mot qui pose problème, pas son sens.<br />
Quel mot vous conviendrait ?</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;">Sobriété, simplicité volontaire, ou même décroissance de la prédation des ressources, croissance de l&#8217;accès à l&#8217;eau pour tous, de l&#8217;accès à l&#8217;éducation. Comme il faut agréger la population autour de perspectives positives, le vocabulaire a son importance. Mais sur le fond, comme je me bats contre le mot «croissance» qui est un mot indistinct, quasi-religieux, je n&#8217;ai pas envie à l&#8217;inverse d&#8217;utiliser le mot tout aussi indistinct qui est celui de «décroissance».</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"> </span></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Stephen Brookfield and Michael Newman]]></title>
<link>http://learnonline.wordpress.com/2009/04/01/stephen-brookfield-and-michael-newman/</link>
<pubDate>Wed, 01 Apr 2009 00:08:48 +0000</pubDate>
<dc:creator>leighblackall</dc:creator>
<guid>http://learnonline.wordpress.com/2009/04/01/stephen-brookfield-and-michael-newman/</guid>
<description><![CDATA[I&#8217;m on the hunt for Illich inspired contemporary writers. Jude Cook has sent me links to Steph]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>I&#8217;m on the hunt for Illich inspired contemporary writers. Jude Cook has sent me links to <a href="http://stephenbrookfield.com/">Stephen Brookfield</a> and <a href="http://www.michaelnewman.info/">Michael Newman</a>. <a href="http://www.nl.edu/academics/cas/ace/facultypapers/StephenBrookfield_Learning.cfm">How&#8217;s this for starters</a>:</p>
<blockquote><p><em>In this paper I want to build on those moments of dissension and dissatisfaction that have occasionally emerged to disturb the equanimity of adult educators who align themselves with the idea of self-direction. In different ways these productively troubling elements have been expressed by Gelpi (1979), Griffin (1983, 1987), Candy (1989, 1991) and Hammond and Collins (1991) and they center chiefly on the fact that the political context, cultural contingency and social construction of self-directed learning activities have generally been ignored. Brockett and Hiemstra (1991) write that &#8216;concerns about the sociopolitical dimension of self-direction remain valid today&#8221; (p. 97) and they note as one of their concludng recommendations for theory that &#8220;the political dimension of self-direction continues to be largely overlooked by adult educators and this needs to be remedied&#8221; (p. 220). In building on the criticisms this group of authors make, this paper has two purposes. First, I want to argue that critical adult educators may be making a strategically premature decision to dismiss self-directed learning as wholly accommodative and therefore having no contribution to make to building a critical practice of adult education. Given the popularity of the concept in contemporary adult education, some important consequences could ensue for the field if it were reframed with a critical edge. We could miss an important tactical opening in the fight for a critical practice of adult education if we conclude too decisively that self-directed learning as an idea has been so hopelessly compromised that it can only function as an agent of domestication. Second, I want to make explicit what I see as the political dimensions to the idea in the belief that if adult educators acknowledge these it could affect fundamentally how many of them practice their craft. These arguments are, I believe, interconnected and they suggest that the concept of self-directed learning, if interpreted politically, could play an important role (along with critical theory, critical pedagogy and other work on transformative and emancipatory education) in providing a rationale for a critical practice of adult education. Stephen Brookfield, Self-Directed Learning, Political Clarity and the Critical Practice of Adult Education. 1993</em></p></blockquote>
<p>Critical writers that connect this line of thinking with new technologies relating to information and communication continue to evade me.</p>
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