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	<title>inattendu &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
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	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "inattendu"</description>
	<pubDate>Fri, 04 Dec 2009 21:07:55 +0000</pubDate>

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	<language>en</language>

<item>
<title><![CDATA[Un soldat rebelle à Elorza]]></title>
<link>http://venezuelatina.com/2009/11/01/hugo-chavez-soldat-rebelle-a-elorza/</link>
<pubDate>Mon, 02 Nov 2009 00:45:25 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Luc Crucifix</dc:creator>
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<description><![CDATA[Je me trouvais l&#8217;autre jour à Elorza, petite localité des llanos du Venezuela, située à quelqu]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/11/chavez_elorza.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1879" title="Hugo Chávez à Elorza en 1986" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/11/chavez_elorza.jpg" alt="Hugo Chávez à Elorza en 1986" width="450" height="284" /></a><br />
Je me trouvais l&#8217;autre jour à Elorza, petite localité des <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Llanos" target="_blank"><em>llanos</em></a> du Venezuela, située à quelques encablures seulement de la frontière colombienne. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir, dans le petit musée local, une photo (ou plutôt la mauvaise copie d&#8217;une photo) d&#8217;un jeune Hugo Chávez souriant à pleines dents (ci-dessus). Le document en question était l&#8217;œuvre du photographe de la localité, Saúl León Borjas Ávila, et comportait la légende suivante :</p>
<p style="padding-left:30px;"><em>Hugo Rafael Chávez Frias, président des fêtes d&#8217;Elorza (1986)</em></p>
<p>Wow! Ce n&#8217;est pas n&#8217;importe quoi. Les fêtes d&#8217;Elorza –localité considérée comme la « capitale folklorique du Venezuela »– figurent parmi les plus importantes du pays. Les plus grands chanteurs de musique <em>llanera</em> s&#8217;y donnent rendez-vous le 9 mars de chaque année pour des concerts mémorables qui se prolongent jusqu&#8217;au petit matin. Présider ces fêtes représente donc un honneur particulier.</p>
<p><strong>Conspiration</strong></p>
<p>Je savais que le commandant Hugo Chávez avait été en poste dans cette région frontalière éloignée, mais de là à devenir président de fêtes aussi prestigieuses, il y a un pas énorme qui nous fait penser qu&#8217;il n&#8217;était pas un militaire comme les autres, du genre à rester enfermé dans sa caserne. Au contraire, cela nous indique qu&#8217;il se frottait (déjà) à la population et aux autorités locales et que, loin de passer inaperçu, il connaissait déjà la recette pour se rendre populaire.</p>
<p>Il est intéressant de savoir qu&#8217;à cette époque, le jeune commandant Chávez, derrière sa carrière militaire officielle, avait déjà des activités politiques clandestines. Avec quelques autres militaires, il avait formé dès 1983 l&#8217;<em>Ejercito</em><em> Bolivariano</em><em> Revolucionario </em>[EBR-200 — "Armée bolivarienne révolutionnaire"] dont l&#8217;objectif politique n&#8217;était autre que celui d&#8217;instaurer le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Bolivarisme" target="_blank">bolivarisme</a> par le biais d&#8217;une révolution. Déjà !</p>
<p>Depuis son poste d&#8217;instructeur à l&#8217;Académie militaire, Hugo Chávez faisait –non sans un certain succès– un travail de conscientisation (d&#8217;agitation, diraient d&#8217;autres) auprès des cadets de l&#8217;institution. En juillet 1984, le directeur de l&#8217;Académie militaire, le général Carlos Julio Peñaloza, mis au courant de cette situation par quelques parents de cadets, en avise ses supérieurs. Décision est prise de retirer les militaires suspects de l&#8217;Académie pour les disperser aux quatre coins du pays.</p>
<p><strong>&#8220;Exil&#8221; à Elorza</strong></p>
<p>C&#8217;est alors qu&#8217;Hugo Chávez est &#8220;exilé&#8221; dans le poste éloigné d&#8217;<a href="http://maps.google.com/maps?hl=fr&#38;safe=off&#38;client=firefox-a&#38;q=Elorza,+Venezuela&#38;ie=UTF8&#38;cd=1&#38;geocode=FS-YawAdn0bb-w&#38;split=0&#38;sll=37.0625,-95.677068&#38;sspn=23.875,57.630033&#38;hq=&#38;hnear=Elorza,+Venezuela&#38;ll=7.536764,-67.939453&#38;spn=8.90015,21.643066&#38;t=p&#38;z=6" target="_blank">Elorza</a>, dans l&#8217;état d&#8217;Apure, à plusieurs heures de route du centre du pays. Il y restera plus de trois ans. Dans un premier temps, de 1985 à 1986, il commande l&#8217;escadron de cavalerie motorisée Francisco Farfán.</p>
<p>Isolé aux confins du pays, il lui est maintenant plus difficile de conserver le contact avec les autres membres de la conspiration. Toutefois, en mars 1986, l&#8217;EBR-200 parvient à tenir son troisième congrès dans la ville de San Cristóbal. Neuf personnes y participent : six militaires et trois civils. Francisco Arias, l&#8217;autre leader du groupe conspirateur, se déplace depuis Bogotá, tandis qu&#8217;Hugo Chávez, prétextant un entraînement, se lance dans un périple de 300 kilomètres à la tête d&#8217;une colonne de chars d&#8217;assaut ! Pour cette manœuvre à la fois audacieuse et imprudente, il ne recevra, curieusement, aucune remontrance de la part de ses supérieurs.</p>
<p><strong>Nouvelles responsabilités</strong></p>
<p>À Elorza, Chávez reçoit au contraire de nouvelles responsabilités : il est chargé de commander une toute nouvelle structure, le noyau  civico-militaire de développement frontalier Arauca-Meta. Inaugurant le poste, il profite de son autorité pour mettre en place de 1986 à 1988  divers programmes expérimentaux de coopération civico-militaire. Ceux-ci visent notamment à orienter les actions de l&#8217;armée en faveur des populations locales, par le biais d&#8217;initiatives de développement socio-économique. Il s&#8217;occupe en particulier des communautés indigènes Pumé et Cuiba.</p>
<p>Combinant ses qualités de chef militaire et de leader social, le commandant Chávez devient de plus en plus populaire à Elorza, ce qui lui vaudra d&#8217;être appelé à présider les festivités de la localité.</p>
<p>De son propre aveu, les trois années passées à Elorza lui ont permis d&#8217;acquérir une vision intégrale de son pays. Nul doute qu&#8217;elles ont aussi fortement influencé sa vision des relations entre militaires et société civile. Plusieurs clés de son actuelle politique ont donc pour origine son exil dans le Venezuela profond des <em>llanos</em>.</p>
<p>Les fêtes d&#8217;Elorza mènent décidément à tout.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Les orties, la fumée (Alain Borne)]]></title>
<link>http://arbrealettres.wordpress.com/2009/09/06/les-orties-la-fumee-alain-borne/</link>
<pubDate>Sun, 06 Sep 2009 05:10:40 +0000</pubDate>
<dc:creator>arbrealettres</dc:creator>
<guid>http://arbrealettres.wordpress.com/2009/09/06/les-orties-la-fumee-alain-borne/</guid>
<description><![CDATA[Les orties, la fumée, Les épines fleuries, La cendre, l’herbe dans tant d’absence éparse, une dépoui]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><img class="aligncenter size-full wp-image-2404" title="orties" src="http://arbrealettres.wordpress.com/files/2009/09/orties.jpg" alt="orties" width="709" height="531" /></p>
<div style="text-align:center;"><span style="font-style:italic;font-weight:bold;font-size:17px;font-family:Comic sans-serif;color:blue;"></p>
<p>Les orties, la fumée,<br />
Les épines fleuries,<br />
La cendre, l’herbe<br />
dans tant d’absence éparse,<br />
une dépouille humaine,<br />
une rencontre nue,<br />
un écho de plaisir,<br />
une fleur animale,<br />
deux yeux perdus,<br />
un été familier,<br />
une mesure d’ombre,<br />
un soleil limité.<br />
Boire très calme<br />
la foudre inattendue ;<br />
la tige découverte après l’étang de pierre,<br />
et revenir encore à l’incendie parfait,<br />
rêveur sous la paille,<br />
et vénérer la paille où l’incendie se fait,<br />
tenter contre la mort ce simple appareillage<br />
Où ne pendent aux mâts que des voiles de flammes<br />
Quelqu’un au bord du vertige,<br />
une doublure agile,<br />
un miroir de blessures.</p>
<p>(Alain Borne)</p>
<p></span></div>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Pic Bolívar : pour quelques mètres de plus]]></title>
<link>http://venezuelatina.com/2009/08/02/pic-bolivar-pour-quelques-metres-de-moins/</link>
<pubDate>Sun, 02 Aug 2009 22:42:20 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Luc Crucifix</dc:creator>
<guid>http://venezuelatina.com/2009/08/02/pic-bolivar-pour-quelques-metres-de-moins/</guid>
<description><![CDATA[Le pic Bolívar vu depuis Mérida Le pic Bolívar est le plus haut sommet du Venezuela. Il est situé da]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><div id="attachment_1677" class="wp-caption aligncenter" style="width: 447px"><img class="size-full wp-image-1677" title="picbolivar_440px" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/08/picbolivar_440px.jpg" alt="Le pic Bolívar" width="437" height="328" /><p class="wp-caption-text">Le pic Bolívar vu depuis Mérida</p></div>
<p>Le pic Bolívar est le plus haut sommet du Venezuela. Il est situé dans la Sierra Nevada de Mérida, qui constitue la partie la plus septentrionale de la très longue cordillère des Andes. Jusque là, pas de discussion. Mais quelle est son altitude au juste? C&#8217;est ici que commence le débat.</p>
<p>Pour la plupart des mortels, le pic Bolívar culmine à 5007 mètres d&#8217;altitude. Ainsi en attestent de nombreuses publications et sites web qui reprennent cette altitude. La plupart des cartes mentionnent aussi ce beau chiffre presque rond de 5007. Il est vrai que durant de longues années telle fut l&#8217;altitude officielle du pic Bolívar.</p>
<p><strong>Remise en cause</strong></p>
<p><a rel="attachment wp-att-1680" href="http://venezuelatina.com/2009/08/02/pic-bolivar-pour-quelques-metres-de-moins/pico_bolivar/"><img class="alignright size-thumbnail wp-image-1680" title="pico_bolivar" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/08/pico_bolivar.jpg?w=150" alt="pico_bolivar" width="150" height="150" /></a>Cependant, depuis quelques années, cette altitude est remise en cause. En 1992, les scientifiques Heinz Saler de l&#8217;<a href="http://www.uni-stuttgart.de/iagb/" target="_blank"><em>Institut für Anwendungen der Geodaesie im Bauwesen</em></a> de l&#8217;université de Stuttgart et Carlos Abad du <em>Centro de Investigaciones de Astronomía de Venezuela</em> déterminèrent, au moyen d&#8217;un système de positionnement global (GPS), que l&#8217;altitude du pic était de 4980,8 m avec une marge d&#8217;erreur de ± 0,8 m.</p>
<p>Ce résultat n&#8217;a cependant pas été validé officiellement par l&#8217;<em>Instituto Geográfico de Venezuela Simón Bolívar</em> (IGVSB), parce que l&#8217;antenne du récepteur GPS n&#8217;avait pas été placée sur la cime et parce que l&#8217;on n&#8217;avait pas utilisé un modèle de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9o%C3%AFde" target="_blank">géoïde</a> appropié pour faire les calculs. Il n&#8217;en reste pas moins que le résultat obtenu suggérait que l&#8217;altitude officielle du pic, à 5007 m, était erronée.</p>
<p>En 2002, des chercheurs de l&#8217;<em>Instituto Geográfico de Venezuela Simón Bolívar</em> (IGVSB) et de plusieurs universités vénézuéliennes organisent une nouvelle mission scientifique pour calculer l&#8217;altitude  de plusieurs sommets des Andes vénézuéliennes. Pour le pic Bolívar, ils arrivent aux <a href="http://www.scielo.org.ve/scielo.php?script=sci_arttext&#38;pid=S0378-18442005000400005&#38;lng=es&#38;nrm=iso" target="_blank">résultats suivants</a> (1984) : 4980,31 ±0,22 m (altitude ellipsoïdale selon le <em>World Geodetic System</em> 1984) et 4978,43 ±0,42 m (altitude orthométrique). C&#8217;est cette dernière mesure qui sera adoptée comme altitude officielle par  l&#8217;IGVSB.</p>
<p><strong>Variations</strong></p>
<div id="attachment_1681" class="wp-caption alignright" style="width: 125px"><a rel="attachment wp-att-1681" href="http://venezuelatina.com/2009/08/02/pic-bolivar-pour-quelques-metres-de-moins/agustin_codazzi/"><img class="size-thumbnail wp-image-1681" title="Agustín_Codazzi" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/08/agustin_codazzi.jpg?w=115" alt="Agustín Codazzi" width="115" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">Agustín Codazzi</p></div>
<p>L&#8217;altitude du pic Bolívar aura donc connu des variations au cours des siècles. Les premières estimations avaient été faites par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Agust%C3%ADn_Codazzi" target="_blank">Agustín Codazzi</a> en 1840 (4850 m) et <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Wilhelm_Sievers" target="_blank">Wilhelm Sievers</a> en 1886 (4700 m), mais leurs calculs furent faits sur la base d&#8217;estimations visuelles à partir de sommets proches.</p>
<p>La première mesure véritablement scientifique fut faite en 1907, alors que la montagne s&#8217;appelait encore <em>pico La Columna</em>. Une commission militaire détermina alors, au moyen de méthodes topographiques indirectes, que la montagne mesurait 5002 mètres. Cette altitude fut confirmée par <a href="http://www.jahnweb.com/alfredo/papa_jahn/" target="_blank">Alfredo Jahn</a> en 1912, qui combina des observations barométriques avec une triangulation géodésique faites depuis la ville de Mérida.</p>
<p>En 1928, toujours sur la base de méthodes indirectes tels que calculs mathématiques et trigonométriques (le sommet du pic ne fut atteint qu&#8217;en 1935), on obtient le chiffre de 5007 mètres. Les mauvaises langues prétendent cependant que le gouvernement de l&#8217;époque, celui de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Juan_Vicente_G%C3%B3mez" target="_blank">Juan Vicente Gómez</a>, tenait à tout prix, pour une question de prestige national, que le sommet le plus élevé du pays culmine a plus de 5000 mètres&#8230;</p>
<p><strong>Un mythique 5000 mètres</strong></p>
<p><a rel="attachment wp-att-1679" href="http://venezuelatina.com/2009/08/02/pic-bolivar-pour-quelques-metres-de-moins/pico_bolivar_sommet/"><img class="alignright size-thumbnail wp-image-1679" title="pico_bolivar_sommet" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/08/pico_bolivar_sommet.jpg?w=150" alt="pico_bolivar_sommet" width="150" height="97" /></a>Toujours est-il que ces 5007 mètres ont été depuis lors la référence nationale et internationale. La plupart des cartes et des manuels scolaires continuent à citer ce chiffre, et c&#8217;est encore celui que la plupart des Vénézuéliens connaissent. Ce que l&#8217;on sait moins, c&#8217;est que, en 1956, les plans originaux de la construction du téléphérique de Mérida, qui n&#8217;ont été rendus publics que bien plus tard, assignaient déjà au pic Bolívar une altitude de 4976 m, soit bien en dessous de l&#8217;altitude officielle.</p>
<p>Voici donc les 5007 mètres rabaissés au rang de mythe. Le désir d&#8217;avoir un 5000 à portée de vue est-il donc plus fort que la réalité scientifique ?</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-1682" title="PicoBolivar" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/08/picobolivar.jpg" alt="PicoBolivar" width="450" height="102" /></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Le bal du curé]]></title>
<link>http://venezuelatina.com/2009/07/22/le-bal-du-cure/</link>
<pubDate>Thu, 23 Jul 2009 00:58:05 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Luc Crucifix</dc:creator>
<guid>http://venezuelatina.com/2009/07/22/le-bal-du-cure/</guid>
<description><![CDATA[Bal au village J&#8217;ai été plutôt absent de ce blogue depuis quelque temps. Et pour cause : l]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><div id="attachment_1612" class="wp-caption aligncenter" style="width: 444px"><a rel="attachment wp-att-1612" href="http://venezuelatina.com/2009/07/22/le-bal-du-cure/mucuchachi_bal/"><img class="size-full wp-image-1612" title="mucuchachi_bal" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/07/mucuchachi_bal.jpg" alt="Bal au village" width="434" height="326" /></a><p class="wp-caption-text">Bal au village</p></div>
<p>J&#8217;ai été plutôt absent de ce blogue depuis quelque temps. Et pour cause : l&#8217;avant-dernier dimanche (comme les lecteurs assidus l&#8217;auront remarqué, j&#8217;écris surtout les fins de semaine), panne de courant toute la journée dans mon quartier. Pas de bol! Et ce dernier week-end, voyage dans les <a href="http://pueblosdelsur.wordpress.com/" target="_blank">Pueblos del Sur</a> de l&#8217;état de Mérida, pour des raisons professionnelles.</p>
<p>Professionnelles? Entre autres! Car le soir tombé, je suis allé au bal. Au bal du curé !</p>
<p>Explication : le village de Mucuchachí organisait samedi des festivités au profit de son curé. L&#8217;argent recueilli devait permettre de payer la réparation de la vieille Toyota du <em>padre</em>, déjà bien malmenée par les années. Le curé étant censé quitter bientôt le village pour s&#8217;occuper d&#8217;une autre paroisse, c&#8217;eut été, en quelque sorte, un beau cadeau d&#8217;adieu.</p>
<p>Car on l&#8217;aime bien à Mucuchachí, le curé. Toujours à l&#8217;écoute des gens, jeune, dynamique, il joue à la perfection le rôle social que l&#8217;on attend de lui. Et puis ses messes sont loin d&#8217;être ennuyeuses : tel un pasteur évangélique, ses prêches sont vibrants et, entre deux prières, il joue lui-même de la guitare depuis l&#8217;autel.</p>
<p><strong>Le cadeau du gouverneur</strong></p>
<p>Mais revenons au bal, un « p&#8217;tit bal de village », version vénézuélienne. Il avait lieu à l&#8217;air libre, sur la place Bolívar, à quelques enjambées de l&#8217;église. La population –la jeunesse surtout,  évidemment, mais aussi les « huiles » locales– avait répondu présent. La bière coulait à flot. Les groupes de <em>merengue campesino</em> invitaient à la danse. Du bon temps pour tout le monde.</p>
<p>Seulement voilà : entretemps le gouverneur de l&#8217;état de Mérida (chaviste) avait eu vent de l&#8217;état pitoyable de la Toyota du curé. Et ne voilà-t-il pas qu&#8217;il déniche un véhicule (une gageure par les temps qui courent au Venezuela) et l&#8217;offre au curé de Mucuchachí? Et pas n&#8217;importe quel véhicule : une Toyota Landcruiser 4.5, un modèle qui n&#8217;est plus disponible sur le marché pour le commun des mortels depuis que le gouvernement a interdit la commercialisation de véhicules de plus de 3 litres de cylindrée. Seules les institutions gouvernementales y ont accès. Merci, monsieur le Gouverneur!</p>
<p>Du coup, l&#8217;argent recueilli lors du bal devra être utilisé à autre chose. Pas de problème : il servira à l&#8217;entretien de l&#8217;église, ainsi en a décidé spontanément le village.</p>
<p><strong>Le diable sous la soutane</strong></p>
<div id="attachment_1614" class="wp-caption alignright" style="width: 160px"><a rel="attachment wp-att-1614" href="http://venezuelatina.com/2009/07/22/le-bal-du-cure/mucuchachi/"><img class="size-thumbnail wp-image-1614" title="Mucuchachí" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/07/mucuchachi.jpg?w=150" alt="Le village de Mucuchachí" width="150" height="112" /></a><p class="wp-caption-text">Le village de Mucuchachí</p></div>
<p>L&#8217;histoire pourrait paraître banale. Elle ne l&#8217;est pourtant pas tellement dans un pays qui se targue de construire le socialisme bolivarien, et dont le chef d&#8217;État n&#8217;entretient pas de bonnes relations –c&#8217;est le moins que l&#8217;on puisse dire– avec l&#8217;Église catholique. Hugo Chávez –c&#8217;est évidemment de lui qu&#8217;il s&#8217;agit– a été jusqu&#8217;à dire de l&#8217;archevêque de Mérida qu&#8217;il avait le diable sous la soutane !</p>
<p>Dans le pays profond (Mucuchachí se trouve à quatre heures de route de Mérida), tout cela ne tient pas. Les <em>Pueblos del Sur</em> ont voté démocrate-chrétien depuis des dizaines d&#8217;années. Les curés se sont érigés en véritables leaders dans les villages. Ce sont eux, notamment, qui ont été à l&#8217;origine de la construction des premières routes de la région, dans les années 50 et 60 du siècle dernier.</p>
<p>Ce n&#8217;est pas le chavisme qui va changer cela en profondeur. Bien sûr, tous les villages votent rouge (chaviste) et suivent le grand mouvement social qui secoue le Venezuela depuis dix ans. Et pour cause : depuis que Hugo Chávez est en place, ils bénéficient de plus d&#8217;écoles, de dispensaires, de télécommunications, d&#8217;aides directes ou indirectes&#8230; Mais on ne peut s&#8217;empêcher de penser que cette adhésion reste superficielle, parfois même carrément opportuniste. Car le curé vaut plus, là-bas, que n&#8217;importe quel homme politique.</p>
<p>C&#8217;est cela sans doute qu&#8217;a compris le gouverneur. En offrant une voiture au curé, il s&#8217;assurait de la fidélité du peuple de Mucuchachí pour les mois et les années à venir&#8230; Pas mal joué !</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[L’hommage de Maurice à Michael Jackson]]></title>
<link>http://metrolife7.wordpress.com/2009/07/07/l%e2%80%99hommage-de-maurice-a-michael-jackson/</link>
<pubDate>Tue, 07 Jul 2009 06:15:45 +0000</pubDate>
<dc:creator>metroboy7</dc:creator>
<guid>http://metrolife7.wordpress.com/2009/07/07/l%e2%80%99hommage-de-maurice-a-michael-jackson/</guid>
<description><![CDATA[Dimanche dernier, le 5 Juillet, l’île Maurice rendait hommage au roi de la Pop, Michael Jackson, au ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:justify;">Dimanche dernier, le 5 Juillet, l’île Maurice rendait hommage au roi de la Pop, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Jackson">Michael Jackson</a>, au Front de  Mer du Caudan.  Un évènement qui a attiré beaucoup de personnes – 2,000 selon le quotidien l’express et 4,000 selon les dires de Jacques Maunick en direct sur les quatre stations radios de l’île, lors de cet après-midi de <strong>vibrant</strong> hommage à MJ.</p>
<p style="text-align:justify;">Vibrant, je peux le dire et pour cause, j’y étais – parmi ces milliers de gens &#8211; tous ou presque tous partageaient ce sentiment commun de tristesse suite au décès de cette star, déchue bien avant sa mort.  C’était ce sentiment commun qui animait la foule qui a rendu cet hommage si fort en émotions – des sourires et des larmes pour beaucoup.</p>
<p style="text-align:justify;">Cette forte émotion nous ferait presque oublier <span style="text-decoration:underline;">l’irrespirable</span> et <span style="text-decoration:underline;">énorme</span> <strong>égo</strong> de Jacques dans lequel je me trouvais.  A quelques mètres de M. Maunick, j’avais effectivement presque l’impression de suffoquer à certains moments tant son <strong>goitre d’autosatisfaction</strong> m’horripilait.</p>
<p style="text-align:justify;">Dans un élan et une intonation de <em>‘meeting’</em> politique, il entonne des tirades de <strong>‘moi-je’</strong> – « <em>sans moi pas ti pou ena tou sa la !</em> » &#8211; comprenez que sans lui, il n’y aurait pas eu cet événement.  Il est tout à fait juste de dire que M. Maunick a eu là une brillante idée qu’est de <span style="text-decoration:underline;">donner l’occasion aux Mauriciens</span> de rendre hommage à une star et d’une certaine manière, faire leur deuil.  Mais, il <span style="text-decoration:underline;">s’est aussi offert l’occasion</span> de redorer son image, du moins d’essayer de se l’auto-glorifier !</p>
<p style="text-align:center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-80" title="Hommage à MJ Caudan" src="http://metrolife7.wordpress.com/files/2009/07/157774043.jpg" alt="Hommage à MJ Caudan" width="405" height="303" /></p>
<p style="text-align:justify;">De plus, il n’a pas pu s’empêcher de saisir la <strong>moindre</strong> occasion pour descendre les animateurs qui l’entouraient plus bas que terre &#8211; les reprenant dès qu’il jugeait qu’ils étaient hors sujet ou les interrompant aussitôt qu’il en avait assez entendu, allant jusqu’à faire des dédaigneux mouvements de tête lorsque les animateurs avaient la parole ; du moins, ce fut le cas quand Ben Javed, animateur pour <a href="http://www.r1.mu/">Radio One</a>, avait le micro.</p>
<p style="text-align:justify;">A un moment néanmoins, Guillaume Domingue de <a href="http://www.radioplus.mu/">Radio Plus</a>, ose reprendre Jacques Maunick après que ce dernier l’ait interrompu pour rectifier l’information donnée par Guillaume – et là, je prends enfin une bouffée d’air frais, je respire !</p>
<p style="text-align:justify;">Pendant presque tout l’après-midi, J. Maunick était <strong>obsédé</strong> par l’attroupement se trouvant à côté et devant la tente d’où il officiait allant sous-entendre à un moment que le service de sécurité du Caudan ne faisait pas correctement son travail rien que parce que celui-ci a pris quelques minutes avant de courir vers lui, pour faire reculer ces personnes gênant tant M. Maunick. </p>
<p style="text-align:justify;">Il est même aller jusque affirmer que du côté de l’écran où se trouvaient ses personnes, il y avait un grand danger d’électrocution, rien que pour les faire bouger.  Il faut peut-être préciser que pour m’être rendu des deux côtés de l’écran un peu plus tard, il n’y avait aucune différence visible et il ne semblait pas y avoir de câbles à hautes tension  – sans doute un trouble d’acuité visuel de ma part !</p>
<p style="text-align:justify;">Je dois dire que pour ma part, j’ai noté un excellent travail du service de sécurité – il n’y a pas eu de place pour des dérapages, ceux dans un état second étaient <span style="text-decoration:underline;">vite</span> emporté loin de nous.  Mais sans doute mon appréciation est moins <em>objective</em> que celle de M. Maunick. <img src='http://s.wordpress.com/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' /> </p>
<p style="text-align:justify;">Du reste, on notera un<span style="text-decoration:underline;"> manque déplorable</span> de documentation sur Michael Jackson de la part des différents animateurs.  Ils nous ont tous vendu les mêmes discours – la revotion musicale, artistique et technologique de Michael à travers ‘Thriller’ et le moonwalk.  Le paroxisme de &#8216;l&#8217;<strong>apeupreisme</strong>&#8216; est atteint lorsque Guillaume Domingue s’exclame sur la grandeur du chanteur ayant eu l’incroyable idée « de <span style="text-decoration:underline;">créer</span> le moonwalk » ! </p>
<p style="text-align:justify;">Il ne nous a jamais été caché, à ce que je sache, que le ‘moonwalk’ était une danse des rues, certes peu connue dans les autres milieux, que <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Jackson">Michael Jackson</a> a voulu apprendre, demandant au chorégraphe Jeffrey Daniel de la lui enseigner.  Michael perfectionne alors les pas et s’approprie la danse qu’il fait découvrir au monde entier.  Ce manque de préparation est d’autant plus <strong>pitoyable</strong> lorsqu’on sait qu’il suffit de taper Michael Jackson sur un moteur de recherche pour avoir des dizaines de biographies, dont il n’y a qu’à faire la synthèse.</p>
<p> </p>
<p><img class="alignright size-medium wp-image-75" title="13 ans et MJ dans l'âme!" src="http://metrolife7.wordpress.com/files/2009/07/157810121.jpg?w=300" alt="13 ans et MJ dans l'âme!" width="240" height="180" /></p>
<p style="text-align:justify;">Comme dit plus tôt, l’<strong>émotion universelle</strong> a atténué cet égo démusré et démesurable et ces faux-pas.  Des merveilleux clips ont été projetés alors que des sosies dansaient au milieu de l’esplanade.  Parmi eux, se trouvaient des danseurs un peu gauches, d’autres très bons et <span style="text-decoration:underline;">un jeune garçon de treize ans</span> qui a ébloui la foule par son talent de danseur à la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Jackson">Michael Jackson</a> – les vêtements, le style, l’attitude &#8211; tout y était.  La troupe du ‘Dance Fever’ nous a aussi présentée  une danse sur la chanson ‘Blood on the Dance Floor’.</p>
<p style="text-align:justify;">La soirée s’est terminée par une merveilleuse surprise de Jacques Maunick et son équipe : un karaoké de ‘We Are The World’, entonné par toute la foule.  Je pouvais quitter le Caudan et <strong>respirer</strong> de nouveau, un air certes pollué chimiquement, mais purifié des orgueils et des égos ! <img src='http://s.wordpress.com/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' /> </p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Ces français qui chantent le Venezuela]]></title>
<link>http://venezuelatina.com/2009/05/31/ces-francais-qui-chantent-le-venezuela/</link>
<pubDate>Sun, 31 May 2009 20:12:10 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Luc Crucifix</dc:creator>
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<description><![CDATA[C&#8217;est un lecteur de ce blogue qui m&#8217;a mis sur la piste et je l&#8217;en remercie (il se ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/05/marie_laforet.jpg"><img class="size-full wp-image-1495  alignleft" title="marie_laforet" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/05/marie_laforet.jpg" alt="marie_laforet" width="194" height="294" /></a><img class="size-full wp-image-1494 aligncenter" title="hugues_aufray_3" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/05/hugues_aufray_3.jpg" alt="hugues_aufray_3" width="270" height="294" /></p>
<p>C&#8217;est un lecteur de ce blogue qui m&#8217;a mis sur la piste et je l&#8217;en remercie (il se reconnaîtra) : plusieurs chanteurs français ont interprété des chansons vénézuéliennes, en particulier des chansons des <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Llanos" target="_blank">llanos</a>, une région de très grande richesse musicale.</p>
<p>C&#8217;était il y a quelque temps déjà, dans les années 60 et 70 du siècle dernier (ce qui semblera une éternité aux jeunes générations). À l&#8217;époque, on ne savait pas d&#8217;où provenaient ces airs et ces musiques exotiques. On ne se posait d&#8217;ailleurs pas vraiment la question : c&#8217;était tout simplement de la « chanson française »! Le concept <em>Musique du monde</em> n&#8217;existait pas, celui de mondialisation encore moins.</p>
<p>Il était d&#8217;autant plus facile pour certains artistes d&#8217;aller piocher çà et là dans les répertoires du monde entier afin de ramener en douce France des chansons aux sonorités venues d&#8217;ailleurs. Adaptées au goût français, certaines de celles-ci allaient connaître la gloire des hit-parades dans la catégorie « Chanson française »!</p>
<p>Inconnue du grand public, la musique vénézuélienne a été la source cachée de quelques-uns de ces succès.</p>
<p><strong><a href="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/05/hugues_aufray_2.jpg"><img class="alignright size-thumbnail wp-image-1504" title="hugues_aufray_2" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/05/hugues_aufray_2.jpg?w=115" alt="hugues_aufray_2" width="115" height="150" /></a>Hugues Aufray : pas toujours très éthique<br />
</strong></p>
<p>Puisant volontiers dans les musiques traditionnelles d&#8217;autres pays, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Hugues_Aufray" target="_blank">Hugues Aufray</a> a popularisé en France nombre de mélodies basées sur des musiques folk du monde entier. Il interpréta notamment en français (en les édulcorant passablement) plusieurs chansons de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Bob_Dylan" target="_blank">Bob Dylan</a>. C&#8217;est ainsi qu&#8217;en 1965, Hugues Aufray rencontre le succès avec une mélodie particulièrement entraînante, <em>Le Rossignol anglais</em>.</p>
<p><span style='text-align:center; display: block;'><object width='425' height='350'><param name='movie' value='http://www.youtube.com/v/vgE5K8Ivklg&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' /><param name='allowfullscreen' value='true' /><param name='wmode' value='transparent' /><embed src='http://www.youtube.com/v/vgE5K8Ivklg&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' type='application/x-shockwave-flash' allowfullscreen='true' width='425' height='350' wmode='transparent'></embed></object></span></p>
<p>Officiellement, la musique est signée Hugues Aufray et les paroles Pierre Delanoé/Hugues Aufray. Mais il s&#8217;agit en fait d&#8217;une libre adaptation d&#8217;un <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Joropo" target="_blank">joropo</a> vénézuélien intitulé <em>Los garceros</em>, dont voici les <a href="http://www.musicallanera.net/juan_vicente_torrealba/los_garceros.htm" target="_blank">paroles</a> et une version en espagnol par le chanteur grec <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/George_Dalaras" target="_blank">George Dalaras</a> (c&#8217;est la seule que j&#8217;ai trouvée) :</p>
<p><span style='text-align:left;display:block;'><p><object type='application/x-shockwave-flash' data='http://wordpress.com/wp-content/plugins/audio-player/player.swf' width='290' height='24' id='audioplayer1'><param name='movie' value='http://wordpress.com/wp-content/plugins/audio-player/player.swf' /><param name='FlashVars' value='&amp;bg=0xf8f8f8&amp;leftbg=0xeeeeee&amp;lefticon=0x666666&amp;rightbg=0xcccccc&amp;rightbghover=0x999999&amp;righticon=0x666666&amp;righticonhover=0xffffff&amp;text=0x666666&amp;slider=0x666666&amp;track=0xFFFFFF&amp;border=0x666666&amp;loader=0x9FFFB8&amp;soundFile=http%3A%2F%2Fwww.logozz.com%2Faudio%2Fgeorge_dalaras-los_garceros.mp3' /><param name='quality' value='high' /><param name='menu' value='false' /><param name='bgcolor' value='#FFFFFF' /></object></p></span></p>
<p>Les auteurs originaux en sont Germán Fleitas Beroes et Juan Vicente Torrealba. Malheureusement, les noms de ceux-ci n&#8217;apparaissent nullement sur les disques d&#8217;Hugues Aufray, qui continua à interpréter la chanson comme si de rien n&#8217;était. Plus tard, il alla même jusqu&#8217;à utiliser un <a href="http://venezuelatina.com/2007/06/10/le-cuatro-instrument-roi-de-la-musique-venezuelienne/" target="_blank">cuatro vénézuélien</a> comme instrument rythmique, ainsi que le montre la vidéo suivante :</p>
<p><span style='text-align:center; display: block;'><object width='425' height='350'><param name='movie' value='http://www.youtube.com/v/Bad8F930V10&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' /><param name='allowfullscreen' value='true' /><param name='wmode' value='transparent' /><embed src='http://www.youtube.com/v/Bad8F930V10&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' type='application/x-shockwave-flash' allowfullscreen='true' width='425' height='350' wmode='transparent'></embed></object></span></p>
<p>Quelque temps plus tard,  Hugues Aufray remet ça avec un autre de ses succès, <em>L&#8217;épervier</em> :</p>
<p><span style='text-align:center; display: block;'><object width='425' height='350'><param name='movie' value='http://www.youtube.com/v/cMCaXmM20fo&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' /><param name='allowfullscreen' value='true' /><param name='wmode' value='transparent' /><embed src='http://www.youtube.com/v/cMCaXmM20fo&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' type='application/x-shockwave-flash' allowfullscreen='true' width='425' height='350' wmode='transparent'></embed></object></span></p>
<p>Sur le disque, la chanson est également signée Hugues Aufray/Pierre Delanoé. Mais ici encore, il s&#8217;agit d&#8217;une chanson vénézuélienne intitulée <em>El Gavilán</em>. La pièce a été composée par un monument de la musique <em>llanera</em> au Venezuela, <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Ignacio_Figueredo" target="_blank">Ignacio &#8220;Indio&#8221; Figueredo</a>. En voici les <a href="http://el-cuatro.blogspot.com/2008/02/acordes-gaviln-colorado.html" target="_blank">paroles et les accords</a>, ainsi qu&#8217;une interprétation en espagnol :</p>
<p><span style='text-align:center; display: block;'><object width='425' height='350'><param name='movie' value='http://www.youtube.com/v/-Xpu9K0L91I&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' /><param name='allowfullscreen' value='true' /><param name='wmode' value='transparent' /><embed src='http://www.youtube.com/v/-Xpu9K0L91I&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' type='application/x-shockwave-flash' allowfullscreen='true' width='425' height='350' wmode='transparent'></embed></object></span></p>
<p>Dans le cas de ces deux chansons, les paroles ont été totalement transformées par Hugues Aufray et Pierre Delanoé. Il ne s&#8217;agit pas d&#8217;une traduction de l&#8217;original. Rien à dire donc de ce point de vue. Mais pour ce qui est de la musique, c&#8217;est autre chose.</p>
<p>Doit-on parler de pillage? De plagiat? Le moins que l&#8217;on puisse dire, c&#8217;est qu&#8217;il n&#8217;est pas très éthique de s&#8217;approprier ainsi des compositions des autres sans les citer. Et ne soulevons pas la question la plus brûlante : les compositeurs originaux ont-il reçu des droits pour ce que l&#8217;on appellera pudiquement un « emprunt »?</p>
<p><strong>Marie Laforêt : plus authentique</strong></p>
<p><img class="alignright size-thumbnail wp-image-1505" title="marie_laforet_el_polo" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/05/marie_laforet_el_polo.jpg?w=150" alt="marie_laforet_el_polo" width="150" height="150" />La seconde vedette de la chanson française qui a trouvé son inspiration dans la musique vénézuélienne n&#8217;est autre que <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Marie_Lafor%C3%AAt" target="_blank">Marie Laforêt</a>. Toutefois, contrairement à Hugues Aufray, elle ne fait pas d&#8217;adaptation des textes en français, préférant interpréter ces chansons dans leur version espagnole et rester fidèle à leur style original.</p>
<p>C&#8217;est le cas de la chanson intitulée <em>María Laya</em>, une autre composition d&#8217;Ignacio &#8220;Indio&#8221; Figueredo, dont voici les <a href="http://el-cuatro.blogspot.com/2007/10/acordes-maria-laya.html" target="_blank">paroles et accords</a>. Marie Laforêt l&#8217;interprète ici dans l&#8217;émission télévisée <em>La chance aux chansons</em> (ce qui explique –mais ne pardonne pas!– le ridicule de la mise en en scène). C&#8217;était en 1998 :</p>
<p>http://www.youtube.com/watch?v=i5_lfMb7MJA</p>
<p>Plus émouvant, voici –toujours dans cette émission– sa remarquable interprétation de la <em>tonada El Cabrestero</em> (dont voici les <a href="http://el-cuatro.blogspot.com/2007/08/tonada-del-cabrestero.html">paroles et accords</a>), une très belle composition du chanteur vénézuélien <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Simon_Diaz" target="_blank">Simón Díaz</a>, l&#8217;auteur de <em><a href="http://venezuelatina.com/2008/11/16/pas-mort-le-vieux-cheval/" target="_blank">Caballo viejo</a></em> :</p>
<p><span style='text-align:center; display: block;'><object width='425' height='350'><param name='movie' value='http://www.youtube.com/v/MiRqKaMZhGE&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' /><param name='allowfullscreen' value='true' /><param name='wmode' value='transparent' /><embed src='http://www.youtube.com/v/MiRqKaMZhGE&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;hd=0' type='application/x-shockwave-flash' allowfullscreen='true' width='425' height='350' wmode='transparent'></embed></object></span></p>
<p>Enfin, dans sa série <em>Autour du monde</em>, Marie Laforêt a également interprété un <em>polo</em>, une chanson traditionnelle qui appartient au folklore de l&#8217;île de Margarita (dont voici les <a href="http://www.greatsong.net/PAROLES-MARIE-LAFORET,EL-POLO,101145233.html" target="_blank">paroles</a>). Le disque est sorti en juillet 1968 :</p>
<p><span style='text-align:left;display:block;'><p><object type='application/x-shockwave-flash' data='http://wordpress.com/wp-content/plugins/audio-player/player.swf' width='290' height='24' id='audioplayer1'><param name='movie' value='http://wordpress.com/wp-content/plugins/audio-player/player.swf' /><param name='FlashVars' value='&amp;bg=0xf8f8f8&amp;leftbg=0xeeeeee&amp;lefticon=0x666666&amp;rightbg=0xcccccc&amp;rightbghover=0x999999&amp;righticon=0x666666&amp;righticonhover=0xffffff&amp;text=0x666666&amp;slider=0x666666&amp;track=0xFFFFFF&amp;border=0x666666&amp;loader=0x9FFFB8&amp;soundFile=http%3A%2F%2Fwww.logozz.com%2Faudio%2Fmarie_laforet-el_polo.mp3' /><param name='quality' value='high' /><param name='menu' value='false' /><param name='bgcolor' value='#FFFFFF' /></object></p></span></p>
<p><strong>À César ce qui est à César</strong></p>
<p>Marie Laforêt se révèle nettement plus authentique dans ses interprétations que Hugues Aufray, qui n&#8217;utilise les mélodies étrangères que comme simple faire-valoir, sans se préoccuper de leur origine (qu&#8217;il ne dévoile d&#8217;ailleurs pas). De plus –et c&#8217;est tout à son honneur–, Marie Laforêt attribue les paroles et musiques de ses chansons aux auteurs et compositeurs originaux.</p>
<p>Rendons donc à César ce qui est à César et au Venezuela ce qui est au Venezuela. Les Vénézuéliens en seront reconnaissants et seront fiers de voir ainsi leur musique rencontrer le succès au bout du monde.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Balades insolites à Paris]]></title>
<link>http://innovationtourisme.wordpress.com/2009/05/15/balades-insolites-a-paris/</link>
<pubDate>Fri, 15 May 2009 10:18:10 +0000</pubDate>
<dc:creator>innovationtourisme</dc:creator>
<guid>http://innovationtourisme.wordpress.com/2009/05/15/balades-insolites-a-paris/</guid>
<description><![CDATA[Qu’on se retrouve du côté des très touristiques Montmartre et Invalides ou bien près du canal Saint ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>Qu’on se retrouve du côté des très touristiques <a href="http://www.a-paris.net/A-paris-balade-montmartre.htm"><strong>Montmartre</strong></a> et <a href="http://www.a-paris.net/A-paris-balade-invalides.htm"><strong>Invalides</strong></a> ou bien près du canal <a href="http://www.a-paris.net/A-paris-canal-paris.htm"><strong>Saint Martin</strong></a> <strong></strong> ou de la <a href="http://www.a-paris.net/A-paris-balade-paris.htm"><strong>Bastille</strong></a>,  il y aura toujours la balade innovante qui met en valeur la ville d’une manière inattendue même pour les habitants. Selon &#8220;A Paris&#8221;, « Montmartre sait reconnaître les siens », qui peuvent même aller « à la plage » (la terrasse d’un restaurant appelée affectueusement ainsi car ensoleillée très souvent dans l’année). Sinon Montmartre impose ses pentes et descentes, « se mérite » … De la balade suspendue de la Coulée Verte qui  « invite à découvrir la ville en l’oubliant », au musée des Plans-Reliefs des Invalides « injustement méconnu», toute une série de nouvelles façons de découvrir la ville nous sont proposées. Et parfois même, ces balades n’hésitent pas à entraîner le promeneur au-delà du périphérique …</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[À Caracas, la corrida n'aura pas lieu]]></title>
<link>http://venezuelatina.com/2009/04/28/a-caracas-la-corrida-n-aura-pas-lieu/</link>
<pubDate>Tue, 28 Apr 2009 11:54:52 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Luc Crucifix</dc:creator>
<guid>http://venezuelatina.com/2009/04/28/a-caracas-la-corrida-n-aura-pas-lieu/</guid>
<description><![CDATA[Le Nuevo Circo de Caracas Héritage des colons espagnols, la corrida est toujours de mise dans plusie]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><div id="attachment_1315" class="wp-caption aligncenter" style="width: 450px"><img class="size-full wp-image-1315" title="Nuevo Circo de Caracas" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/04/nuevo_circo_caracas.jpg" alt="Le Nuevo Circo de Caracas" width="440" height="248" /><p class="wp-caption-text">Le Nuevo Circo de Caracas</p></div>
<p>Héritage des colons espagnols, la corrida est toujours de mise dans plusieurs pays d&#8217;Amérique latine, tels que le Mexique, le Pérou, l&#8217;Équateur, la Bolivie, la Colombie et le Venezuela. Comme dans la mère-patrie, on y pratique allègrement la mise à mort des taureaux. De ce côté de l&#8217;Atlantique, la saison des corridas correspond à la saison morte en Espagne, c&#8217;est-à-dire pendant l&#8217;hiver européen. C&#8217;est donc bien pratique pour occuper les toréadors (dont plusieurs sont latino-américains) et rentabiliser l&#8217;activité toute l&#8217;année durant.</p>
<p>Au Venezuela, on pratique la corrida dans quelques villes seulement, qui sont dotées de leurs arènes : Maracay, Maracaibo, San Cristóbal, Mérida et quelques autres petites villes de province, notamment dans les Andes. De son côté, la ville de Caracas, longtemps un haut lieu de la tauromachie latino-américaine, vient de dire non aux corridas.</p>
<p>C&#8217;est le résultat d&#8217;une lutte de plusieurs années entre partisans et adversaires de la <em>fiesta taurina</em>, sur fond, bien entendu, de discussions politiques pas toujours désintéressées.</p>
<p><strong>Joyau architectural</strong></p>
<p>Caracas possède des arènes qui sont un véritable joyau architectural : le <a href="http://es.wikipedia.org/wiki/Nuevo_Circo_de_Caracas" target="_blank"><em>Nuevo Circo</em></a> (photo ci-dessus). Inauguré le 26 janvier 1919, ce bâtiment exceptionnel est l&#8217;œuvre des architectes Alejandro Chataing et Luis Muñoz Tébar. Durant des années, il fut le théâtre de centaines de corridas, mais aussi de rassemblements politiques et de manifestations sportives (boxe, lutte libre) et culturelles (cinéma, théâtre). La dernière corrida s&#8217;y tint en 1997. Puis la place fut pratiquement abandonnée par ses propriétaires privés. Après moult vicissitudes, le bâtiment fut enfin déclaré bien d&#8217;intérêt culturel en 1998, ce qui le sauva in extremis de la démolition. En 2005, la municipalité de Caracas élabore un projet de restauration, grâce auquel on récupère sa façade et sa polychromie originale, dans l&#8217;objectif de le transformer en centre artistique et culturel.</p>
<p>C&#8217;était sans compter sans les travers de la politique politicienne. En novembre 2008, les élections municipales se soldent par la victoire à Caracas d&#8217;Antonio Ledezma, personnalité de l&#8217;opposition, qui ne s&#8217;était pas privé de faire campagne en faveur du retour des corridas dans la vénérable enceinte. Réponse du berger à la bergère : dès le lendemain de l&#8217;élection, l&#8217;administration sortante transfère la responsabilité du lieu à la mairie du Libertador, restée, elle, aux mains de l&#8217;officialisme.</p>
<p><strong>Guerre déclarée</strong></p>
<p>Depuis lors, la guerre est déclarée sur ce sujet (et de nombreux autres) entre administrations municipales du Libertador et du Grand Caracas. Le président Chávez lui-même intervient :  <span>« <em>Le Nuevo Circo est un espace pour le peuple et continuera à l&#8217;être</em> », déclare-t-il le 8 mars. </span>Dernier épisode : le 21 avril dernier, les conseillers municipaux de Libertador proclament Caracas « ville anti-taurine », éliminant la possibilité de toute corrida de taureaux sur son territoire.</p>
<p><img class="alignright size-full wp-image-1316" title="nuevocircodecaracas" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/04/nuevocircodecaracas.jpg" alt="nuevocircodecaracas" width="195" height="202" />Jusqu&#8217;à nouvel ordre, le Nuevo Circo restera donc un lieu culturel. Il est actuellement administré par le Núcleo Endógeno Artístico Nuevo Circo. Quelque 250 artistes y travaillent et offrent des ateliers de théâtre, de yoga, de danse, de percussion, d&#8217;initiation musicale pour enfants et d&#8217;arts plastiques. Les artistes de rue y sont particulièrement actifs, donnant au lieu une raison d&#8217;être qui correspond à son nom : Nuevo Circo (Nouveau cirque). En effet, le cirque, en tant qu&#8217;activité favorisant le développement social, supplante maintenant la corrida.</p>
<p>Caracas est ainsi devenue la deuxième ville anti-taurine du pays (après Carrizal) et la cinquième du continent américain. Elle est aussi la première capitale au monde à se déclarer opposée à la corrida. Ce sont les taureaux qui sont contents!</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Que se passe-t-il avec Virginie Roy?]]></title>
<link>http://richard3.wordpress.com/2009/04/04/que-se-passe-t-il-avec-virginie-roy/</link>
<pubDate>Sat, 04 Apr 2009 19:14:39 +0000</pubDate>
<dc:creator>Richard3</dc:creator>
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<description><![CDATA[Je dois vous faire un aveu.  Je suis inquiet. J&#8217;étais sur le site de Canoë, ce matin, et sous ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[Je dois vous faire un aveu.  Je suis inquiet. J&#8217;étais sur le site de Canoë, ce matin, et sous ]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Le <i>Vergatario</i> : Allo, Chávez?]]></title>
<link>http://venezuelatina.com/2009/03/21/le-vergatario-allo-chavez/</link>
<pubDate>Sun, 22 Mar 2009 00:59:02 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Luc Crucifix</dc:creator>
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<description><![CDATA[Hugo Chávez présente le &quot;Vergatario&quot; (photo: Bernardo Londoy) Ce n&#8217;est pas un iPhone]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><div id="attachment_1183" class="wp-caption aligncenter" style="width: 450px"><img class="size-full wp-image-1183" title="Hugo Chávez présente le &#34;Vergatario&#34; (photo: Bernardo Londoy)" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/03/chavez_vergatario.jpg" alt="Hugo Chávez présente le &#34;Vergatario&#34; (photo: Bernardo Londoy)" width="440" height="334" /><p class="wp-caption-text">Hugo Chávez présente le &#34;Vergatario&#34; (photo: Bernardo Londoy)</p></div>
<p>Ce n&#8217;est pas un <em>iPhone</em>, un <em>gPhone</em> ou un <em>Blackberry</em>. Non. C&#8217;est un cellulaire (ou mobile) tout ce qu&#8217;il y a de plus conventionnel. Il s&#8217;appelle le <em>Vergatario</em> et est vénézuélien. Il vient d&#8217;être lancé par Hugo Chávez en personne, en présence du vice-président chinois Xi Jinping.</p>
<p>Pourquoi tout ce ramdam? Parce qu&#8217;il sera vendu au prix imbattable de 30 bolivars (soit 11 euros au change officiel et un peu plus de 4 euros au taux parallèle!). Cela en fait le téléphone cellulaire le moins cher au monde. Il sera produit au Venezuela par la <em>Fábrica Venezolana de Telecomunicaciones</em> (Vetelca),  une entreprise de capital mixte créée récemment, dont 85 % des parts sont détenues par l&#8217;État vénézuélien et 15 % par l&#8217;entreprise chinoise ZTE. Située dans la zone franche de Paraguaná, dans l&#8217;état de Falcón, l&#8217;usine doit assembler 600.000 appareils par an. Une seconde usine est en construction à Cúa. De quoi inonder le marché national et exporter l&#8217;objet vers plusieurs pays d&#8217;Amérique latine.</p>
<p>Le <em>Vergatario</em> n&#8217;est sans doute pas un monstre de technologie, mais il contiendra tout de même un reproducteur MP3/MP4, une radio, une caméra, une alarme, un chronomètre, une calculatrice, des jeux, un calendrier, une messagerie de texte et bien sûr&#8230; un téléphone! À ce prix, qui dit mieux? Il sera commercialisé à partir du mois de mai prochain par Movilnet, filiale de la compagnie téléphonique CANTV qui avait été (re)nationalisée en 2007. Pour son lancement, une promotion spéciale sera faite à l&#8217;occasion de la fête des mères.</p>
<p><strong>Appareil révolutionnaire</strong></p>
<p><em>What&#8217;s the catch?</em> comme disent nos amis anglophones. Où est le truc? C&#8217;est Hugo Chávez lui-même qui le dévoile : « <em>Ce type de progrès n&#8217;est possible que dans le cadre de la révolution</em> ». Voilà donc le <em>Vergatario</em> promu en tant qu&#8217;appareil révolutionnaire –dans le sens politique du mot, bien entendu, plutôt que dans le sens technique. En ce sens, fort de son prix cassé, il doit s&#8217;opposer à des concurrents « capitalistes » bien plus chers, offerts par les grandes multinationales de la téléphonie cellulaire –Nokia, Ericsson, Motorola et consorts. Service public contre profit privé, socialisme contre capitalisme, voilà en quelque sorte sa vraie valeur. C&#8217;est une sorte de téléphone du peuple, comme la Volkswagen fut, en des temps moins cléments, la voiture du peuple.</p>
<p>Et pourquoi pas? Parallèlement, la compagnie téléphonique nationale CANTV développe son réseau mobile dans de nombreuses régions rurales du pays jusqu&#8217;alors négligées, faute de rentabilité, par les compagnies privées. Par ailleurs, le <a href="http://venezuelatina.com/2008/10/30/le-venezuela-s-envoie-dans-lespace/" target="_blank">satellite vénézuélien Simón Bolívar</a>, construit par la Chine et lancé l&#8217;année dernière, permet l&#8217;accès aux télécommunications dans les régions les plus éloignées, en particulier l&#8217;immense Amazonie, où il est exclu d&#8217;installer des antennes conventionnelles. Le <em>Vergatario</em> est donc un élément supplémentaire dans le cadre d&#8217;un vaste plan qui vise à permettre aux plus défavorisés de communiquer dans la modernité. Que celui qui est contre lance la première pierre!</p>
<p>Eh bien, figurez-vous qu&#8217;il y en a qui lancent la pierre&#8230; Les mauvaises langues de l&#8217;opposition n&#8217;ont pas tardé à déblatérer sur l&#8217;initiative de la CANTV en affirmant que le <em>Vergatario</em> était technologiquement dépassé par rapport aux <em>smartphones</em> de ce monde –snobisme oblige! Plus grave et plus pervers, ils ajoutent que l&#8217;appareil servira surtout à espionner les conversations de ses utilisateurs. Décidément, la psychose collective n&#8217;est pas morte du côté de l&#8217;opposition!</p>
<p><strong>La verve du président</strong></p>
<p>Un dernier mot sur le nom même de l&#8217;appareil : <em>Vergatario</em>. On entre ici dans le domaine de la vénézolanité la plus pure. En réalité, son vrai nom est ZTE 366, du nom de son fabricant chinois. Mais c&#8217;est Hugo Chávez en personne qui, avec sa verve habituelle, lui a donné publiquement le nom de <em>Vergatario</em>. Que veut dire ce mot? Au Venezuela, il désigne quelque chose de très bon, d&#8217;excellent. En français, on pourrait traduire cela par « le battant ». Toutefois. le choix du vocable a déjà fait énormément causer dans le monde hispanophone. Il dérive en effet du mot <em>verga</em> qui veut dire verge, dans toutes les acceptions du terme, y compris les sexuelles. L&#8217;expression <em>de verga</em> désigne le plus souvent quelque chose de mauvais. Au Venezuela, elle a basculé sémantiquement vers son contraire, puis a donné <em>vergatario</em>, terme qui contient une connotation indéniablement positive.</p>
<p>Pour ces raisons sémantiques, il est donc peu probable que l&#8217;appareil soit commercialisé à l&#8217;étranger sous le nom de <em>Vergatario</em>. Mais au Venezuela, le nom du téléphone est déjà définitivement adopté : ce ne sera pas le ZTE 366, mais le <em>Vergatario</em>, le <em>Vergatario</em> de Chávez!</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[L'Aéropostale de Mermoz et Saint-Exupéry vole encore (mais pour combien de temps?)]]></title>
<link>http://venezuelatina.com/2009/03/18/l-aeropostale-de-mermoz-et-saint-exupery-vole-encore/</link>
<pubDate>Thu, 19 Mar 2009 02:27:07 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Luc Crucifix</dc:creator>
<guid>http://venezuelatina.com/2009/03/18/l-aeropostale-de-mermoz-et-saint-exupery-vole-encore/</guid>
<description><![CDATA[Les destinations de l&#39;Aéropostale Saviez-vous que la légendaire Compagnie générale aéropostale (]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><div id="attachment_1140" class="wp-caption aligncenter" style="width: 450px"><img class="size-full wp-image-1140" title="La ligne Aéropostale" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/03/aeropostale_latecoere.jpg" alt="Les destinations de l'Aéropostale" width="440" height="570" /><p class="wp-caption-text">Les destinations de l&#39;Aéropostale</p></div>
<p>Saviez-vous que la légendaire <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/A%C3%A9ropostale" target="_blank">Compagnie générale aéropostale</a> (communément appelée Aéropostale), celle de Jean Mermoz et d&#8217;Antoine de Saint-Exupéry, continue à voler? Ou plus exactement, que l&#8217;une de ses descendantes existe toujours et opère au Venezuela sous le nom commercial d&#8217;<a href="http://www.aeropostal.com/" target="_blank">Aeropostal</a>?</p>
<p>On connaît l&#8217;histoire de l&#8217;Aéropostale. Créée en 1927 à la suite de la reprise par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Bouilloux-Lafont" target="_blank">Marcel Bouilloux-Lafont</a> des activités de la Société des lignes Latécoère, la compagnie allait s&#8217;atteler à réaliser le rêve de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Georges_Lat%C3%A9co%C3%A8re" target="_blank">Pierre-Georges Latécoère</a> : relier la France à l&#8217;Amérique du Sud par voie aérienne.</p>
<p>Les premières liaisons mènent de la France à l&#8217;Afrique de l&#8217;Ouest (1925), alors en grande partie colonie française. Parallèlement, la compagnie développe ses activités au Brésil (1927), puis en Argentine et au Chili (1929). Mais entre les deux continents, il faut franchir l&#8217;Atlantique. Au départ, l&#8217;acheminement du courrier se faisait par voie maritime, ce qui augmentait considérablement les délais de livraison. C&#8217;est finalement les 12 et 13 mai 1930 que <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Mermoz" target="_blank">Jean Mermoz</a> traverse pour la première fois l&#8217;Atlantique Sud, une véritable gageure à l&#8217;époque. Il rend ainsi possible la première liaison aérienne entre l&#8217;Europe et l&#8217;Amérique du Sud. Dans <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Vol_de_nuit" target="_blank">Vol de nuit</a> (prix Fémina 1931), <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_de_Saint-Exup%C3%A9ry" target="_blank">Antoine de Saint-Exupéry</a> fait le récit romancé de ces débuts héroïques de l&#8217;aviation commerciale en Amérique latine.</p>
<p><strong>Périlleuse traversée des Andes</strong></p>
<p>La ligne principale de l&#8217;Aéropostale relie Toulouse à Santiago du Chili, avec de multiples escales en Espagne, au Maroc, en Mauritanie, au Sénégal, la traversée de l&#8217;océan de Saint-Louis (Sénégal) à Natal (Brésil), puis de nouvelles escales le long de la côte brésilienne jusqu&#8217;à Buenos Aires. Enfin, il fallait effectuer la périlleuse traversée de la Cordillère des Andes pour arriver à Santiago (voir carte ci-dessus).</p>
<div id="attachment_1146" class="wp-caption alignright" style="width: 138px"><a rel="attachment wp-att-1146" href="http://venezuelatina.com/2009/03/18/l-aeropostale-de-mermoz-et-saint-exupery-vole-encore/latecoere-late-28-5/"><img class="size-thumbnail wp-image-1146" title="latecoere-late-28-5" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/03/latecoere-late-28-5.jpg?w=128" alt="Latécoère 28" width="128" height="95" /></a><p class="wp-caption-text">Latécoère 28</p></div>
<p>Une ligne secondaire remonte la côte du Brésil depuis Natal jusqu&#8217;aux Guyanes, d&#8217;où elle se prolonge jusqu&#8217;au Venezuela et la Colombie. Le Venezuela, en particulier, est considéré place stratégique pour faire parvenir le courrier dans les Antilles françaises, Martinique et Guadeloupe, liaison qui devient réalité le 3 juillet 1929. Les premiers vols sont assurés par des <a href="http://www.memoire-aeropostale.com/index.php?pg=avions-latecoere-26&#38;lang=fr" target="_blank">Latécoère 26</a> et <a href="http://www.memoire-aeropostale.com/index.php?pg=avions-latecoere-28&#38;lang=fr" target="_blank">28</a>, qui opèrent depuis les aéroports <em>Boca de Río</em> de Maracay et <em>Grano de Oro</em> de Maracaibo.</p>
<p>En 1930, l&#8217;Aéropostale employait 1500 personnes (dont 51 pilotes) et possédait une flotte de quelque 200 avions et 17 hydravions, un capital humain et matériel qui était loin d&#8217;être négligeable. Mais l&#8217;année suivante, la compagnie, victime de la crise économique et du manque d&#8217;appui gouvernemental, est mise en liquidation. En 1933, le gouvernement français oblige les compagnies aériennes nationales à se regrouper. C&#8221;est la naissance d&#8217;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Air_France" target="_blank">Air France</a>. Dans la foulée, les actifs de l&#8217;Aéropostale sont repris par la nouvelle compagnie.</p>
<p><strong>Aux mains vénézuéliennes</strong></p>
<p>Pas tous les actifs cependant. Au Venezuela, le gouvernement du général <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Juan_Vicente_G%C3%B3mez" target="_blank">Juan Vicente Gómez</a> rachète le 31 décembre 1933 une partie des actifs de l&#8217;Aéropostale. La compagnie continue à être gérée par du personnel français sous la direction de Robert Guérin, officier français qui assurait la tâche de conseiller technique de l&#8217;armée de l&#8217;air vénézuélienne. Le 1<sup>er</sup> janvier 1935, elle passe définitivement aux mains vénézuéliennes sous la direction du commandant Francisco Leonardi. Elle change aussi de nom et s&#8217;appellera désormais <em>Linea Aeropostal Venezolana</em> (LAV).</p>
<div id="attachment_1147" class="wp-caption alignright" style="width: 138px"><a rel="attachment wp-att-1147" href="http://venezuelatina.com/2009/03/18/l-aeropostale-de-mermoz-et-saint-exupery-vole-encore/250px-aeropostalold/"><img class="size-thumbnail wp-image-1147" title="250px-aeropostalold" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/03/250px-aeropostalold.jpg?w=128" alt="Ancien logo de LAV" width="128" height="86" /></a><p class="wp-caption-text">Ancien logo de LAV</p></div>
<p>En 1937, le gouvernement prend le contrôle intégral de la compagnie en la recapitalisant. Les vieux Latécoère sont remplacés par des Fairchild 71 et des Lockheeed L-10 Electras. Au fil des années, la flotte ne cesse de se moderniser : Douglas DC-3 et DC-4 (premiers vols internationaux vers Boa Vista au Brésil et Aruba dans les Antilles néerlandaises), Lockheed Constellation (premier vol vers New York en 1947) et Super Constellation, Vickers Viscount 701 (1956), Douglas DC-8 et DC-9.</p>
<p>À la suite de la création d&#8217;une nouvelle compagnie nationale, <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Viasa" target="_blank">Viasa</a>, dont elle possède 51 % du capital, la <em>Linea Aeropostal Venezolana</em> abandonne ses vols internationaux au début des années soixante, pour se consacrer uniquement aux vols intérieurs. Elle simplifie aussi son nom en <em>Aeropostal</em>.</p>
<p><strong>Triste fin</strong></p>
<div id="attachment_1148" class="wp-caption alignright" style="width: 138px"><a rel="attachment wp-att-1148" href="http://venezuelatina.com/2009/03/18/l-aeropostale-de-mermoz-et-saint-exupery-vole-encore/250px-aeropostal_logosvg/"><img class="size-thumbnail wp-image-1148" title="250px-aeropostal_logosvg" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/03/250px-aeropostal_logosvg.png?w=128" alt="Logo actuel" width="128" height="55" /></a><p class="wp-caption-text">Logo actuel</p></div>
<p>En août 1994, <em>Aeropostal</em> cesse ses opérations commerciales. Deux ans plus tard, elle est vendue au groupe privé Corporación Alas de Venezuela et reprend ses opérations le 7 janvier 1997. Les débuts sont prometteurs puisque des vols internationaux sont à nouveau programmés vers l&#8217;Amérique du Nord et l&#8217;Europe.</p>
<p>Mais une gestion douteuse jointe à un climat économique incertain ont raison de la compagnie privatisée. À la fin de 2007, à la suite d&#8217;un conflit de travail et de démêlés avec le gouvernement, sa flotte est réduite de 22 à seulement 3 avions. La compagnie, surveillée de près par les autorités aéroportuaires du pays, va de crise en crise. Au début de 2008, elle est revendue à un groupe d&#8217;investisseurs vénézuéliens, le groupe Makled. Elle n&#8217;est pas sauvée pour autant : récemment, plusieurs membres de la famille Makled ont été inculpés de trafic de drogues, de blanchiment d&#8217;argent et même d&#8217;assassinat. Deux d&#8217;entre eux sont aux mains de la justice et le troisième est recherché par Interpol.</p>
<p>En 2009, Aeropostal vole encore, mais pour combien de temps? Triste fin pour celle qui fut la deuxième compagnie aérienne d&#8217;Amérique latine (après la colombienne <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Avianca" target="_blank">Avianca</a>), et la descendante directe de la mythique Aéropostale de Mermoz et Saint-Exupéry.<br />
__________________________________</p>
<h5>Pour en savoir plus :</p>
<ul>
<li>
Visionner ce très beau <a href="http://www.airfrance-80ansaeropostale.com/episode1/" target="_blank">documentaire</a> réalisé à l&#8217;occasion du 80<sup>e</sup> anniversaire de la fondation de l&#8217;Aéropostale
</li>
<li>
Acheter <a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2070360040?ie=UTF8&#38;tag=bo02-21&#38;linkCode=as2&#38;camp=1642&#38;creative=19458&#38;creativeASIN=2070360040" target="_blank">Vol de nuit</a><img style="border:none!important;margin:0!important;" src="http://www.assoc-amazon.fr/e/ir?t=bo02-21&#38;l=as2&#38;o=8&#38;a=2070360040" border="0" alt="" width="1" height="1" /> d&#8217;Antoine de Saint-Exupéry, sur <a href="http://www.amazon.fr/gp/redirect.html?ie=UTF8&#38;location=http%3A%2F%2Fwww.amazon.fr%2Fgp%2Fhomepage.html%3Fie%3DUTF8%26ref%255F%3Dgno%255Flogo%255Fb&#38;tag=bo02-21&#38;linkCode=ur2&#38;camp=1642&#38;creative=19458" target="_blank">Amazon.fr</a><img style="border:none!important;margin:0!important;" src="https://www.assoc-amazon.fr/e/ir?t=bo02-21&#38;l=ur2&#38;o=8" border="0" alt="" width="1" height="1" />
</li>
<li>
Voir d&#8217;<a href="http://www.amazon.fr/gp/redirect.html?ie=UTF8&#38;location=http%3A%2F%2Fwww.amazon.fr%2Fs%3Fie%3DUTF8%26x%3D0%26ref%255F%3Dnb%255Fss%255Fw%26y%3D0%26field-keywords%3DA%25C3%25A9ropostale%26url%3Dsearch-alias%253Dstripbooks&#38;tag=bo02-21&#38;linkCode=ur2&#38;camp=1642&#38;creative=19458" target="_blank">autres ouvrages</a><img style="border:none!important;margin:0!important;" src="https://www.assoc-amazon.fr/e/ir?t=bo02-21&#38;l=ur2&#38;o=8" border="0" alt="" width="1" height="1" /> en français sur l&#8217;Aéropostale
</li>
</ul>
</h5>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Ascenseur pour l'abattoir]]></title>
<link>http://venezuelatina.com/2009/03/01/ascenseur-pour-l-abattoir/</link>
<pubDate>Mon, 02 Mar 2009 02:02:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Luc Crucifix</dc:creator>
<guid>http://venezuelatina.com/2009/03/01/ascenseur-pour-l-abattoir/</guid>
<description><![CDATA[L&#39;abattoir en démolition à El Molino La semaine de l&#8217;amour est terminée. Et, je peux vous ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><div id="attachment_1084" class="wp-caption aligncenter" style="width: 448px"><img class="size-full wp-image-1084" title="L'abattoir démoli à El Molino" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/03/matadero_el_molino.jpg" alt="L'abattoir démoli à El Molino" width="438" height="329" /><p class="wp-caption-text">L&#39;abattoir en démolition à El Molino</p></div>
<p>La <a href="http://venezuelatina.com/2009/02/16/l-antechrist-proclame-la-semaine-de-l-amour/" target="_blank">semaine de l&#8217;amour</a> est terminée. Et, je peux vous le dire, l&#8217;amour ne se porte pas trop mal au Venezuela. Ou tout au moins le sexe. Une petite anecdote glanée lors de mon récent passage par El Molino, un minuscule village des Andes vénézuéliennes, vient, si besoin en était, le confirmer.</p>
<p>On démolit l&#8217;abattoir de El Molino (photo). Le bâtiment se trouvait à l&#8217;une des sorties du village, une sortie plutôt discrète puisqu&#8217;il s&#8217;agissait de l&#8217;ancien chemin vers Capurí, qui n&#8217;est plus guère utilisé depuis la construction de la route asphaltée. C&#8217;était une construction tout à fait sommaire : quatre murs et un toit. Cela suffisait pour y sacrifier de temps en temps un animal, dont la viande était vendue dans l&#8217;unique boucherie du village.</p>
<p>La raison de la démolition? Le manque d&#8217;hygiène? La trop grande proximité du village? Les cris de la bête qui dérangeaient les voisins? Vous n&#8217;y êtes pas. Ce sont d&#8217;autres cris qui dérangeaient les voisins : les soupirs et ahanements de jeunes couples qui s&#8217;y livraient, dit-on, à des jeux interdits. L&#8217;abattoir était en effet devenu, prétendent les moralistes du village, le lieu de rencontre de couples en mal d&#8217;amour ou en désir de sexe. Et les moralistes ont gagné : ils ont obtenu des autorités que l&#8217;on démolisse purement et simplement le lieu du crime.</p>
<p><strong>Morale et libertinage</strong></p>
<p>Crime? Mettons-nous à la place des jeunes couples en question. Ils vivent dans une société où la morale est reine (il faut sauver les apparences), mais où le libertinage est la règle. Un pays où les passions se vivent à fleur de peau et où le sexe en est l&#8217;expression la plus directe. En effet, le sexe –camouflé au mieux en amour– est partout. Pas seulement à la télé, dans ces interminables <em>telenovelas</em> qui, si elles dissimulent l&#8217;acte, ne parlent en fait que de ça. Pas seulement dans les pubs toutes aussi aguichantes les unes que les autres. Pas seulement sur les plages, <a href="http://venezuelatina.com/2007/04/06/une-semaine-pas-toujours-tres-sainte/" target="_blank">généralement très déshabillées</a> (quoique jamais nues –la moralité je vous dis). Pas seulement non plus dans l&#8217;urbanité ou la modernité. Non, il est littéralement partout. Même dans les villages andins réputés constituer la réserve morale du pays. Même dans le passé supposé être plus prude que notre présent.</p>
<p>Ainsi, dans ce même village de El Molino, on me raconte qu&#8217;auparavant les jeunes couples se rencontraient dans les champs d&#8217;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pois" target="_blank"><em>arvejas</em></a> (une variété de pois). C&#8217;est qu&#8217;on décortiquait cette légumineuse sur le lieu même de la récolte pour en recueillir la graine comestible. Les gousses étaient alors amoncelées sur place en d&#8217;énormes montagnes bien moelleuses.</p>
<p>C&#8217;était là le lieu privilégié des amours d&#8217;antan, bien à l&#8217;écart du village. Les amoureux s&#8217;enfouissaient dans la montagne végétale pour s&#8217;y rencontrer en toute quiétude. Parfois, racontent les plus impertinents, plusieurs couples y officiaient en même temps et il se produisait, volontairement ou involontairement, l&#8217;un ou l&#8217;autre échange de partenaire&#8230; On n&#8217;a décidément rien inventé.</p>
<p><strong>Substitution</strong></p>
<p>Malheureusement pour la jeunesse actuelle, on ne cultive presque plus d&#8217;<em>arvejas</em> à El Molino. Les cultures commerciales de la pomme de terre, du poivron et du <em>apio criollo</em> (<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Arracacha" target="_blank"><em>Arracacia xanthorrhiza</em></a>) ont remplacé cette légumineuse qui constituait pourtant l&#8217;une des bases de l&#8221;alimentation dans les Andes.</p>
<p>Pour le meilleur ou pour le pire, l&#8217;abattoir du village a donc servi de lieu de substitution. Reconnaissons que le romantisme y a beaucoup perdu! Dans le passé, un amoureux pouvait dire à sa belle : « <em>Mon amour, on va à la récolte des petits pois?</em> ».  C&#8217;est tout de même plus engageant que d&#8217;inviter sa petite amie en lui disant : « <em>Mon cœur, on va à l&#8217;abattoir?</em> »</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[L'antéchrist proclame la semaine de l'amour]]></title>
<link>http://venezuelatina.com/2009/02/16/l-antechrist-proclame-la-semaine-de-l-amour/</link>
<pubDate>Tue, 17 Feb 2009 03:03:11 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Luc Crucifix</dc:creator>
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<description><![CDATA[Hugo Chávez a gagné. Il y en a au moins un qui n&#8217;est pas content : c&#8217;est ce monsieur sur]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><img class="aligncenter size-full wp-image-1046" title="dile_no_al_anticristo1" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2009/02/dile_no_al_anticristo1.jpg" alt="dile_no_al_anticristo1" width="450" height="359" /></p>
<p>Hugo Chávez a gagné. Il y en a au moins un qui n&#8217;est pas content : c&#8217;est ce monsieur surpris hier, en pleine circulation référendaire, avec cette superbe inscription sur sa voiture : <em>Díle no al anticristo [Dis non à l'antéchrist]</em>. Eh bien, le pauvre a dû se rendre à l&#8217;évidence : l&#8217;antéchrist a obtenu 54,85 % des voix!</p>
<p>Ce n&#8217;est sans doute pas sa plus grande victoire, en terme de pourcentage. 45,15 % des Vénézuéliens ont voté non, ce qui n&#8217;est tout de même pas négligeable. La division du pays en deux reste donc d&#8217;actualité. Et les résultats confirment ce que l&#8217;on <a href="http://venezuelatina.com/2008/11/24/tout-le-monde-il-est-content/" target="_blank">savait déjà</a> : c&#8217;est dans les zones rurales que Chávez récolte ses plus beaux scores, tandis que dans les régions les plus urbanisées, l&#8217;opposition fait mieux que se défendre : elle gagne.</p>
<p>Paradoxalement, cela prouve que Chávez peut bel et bien perdre une élection et que, par conséquent, toute accusation de dictature est totalement déplacée. Par ailleurs, une petite analyse sociologique des résultats s&#8217;avère absolument nécessaire de la part du président s&#8217;il veut conserver ou amplifier sa part d&#8217;électorat à long terme. On ne gouverne pas, cher Hugo, qu&#8217;avec ses seuls partisans, il faut aussi savoir se gagner les autres, sous peine d&#8217;usure inéluctable du pouvoir.</p>
<p><strong>Rompu à la discipline</strong></p>
<p>Justement, maintenant que le président a obtenu ce qui lui tenait le plus à cœur –à savoir la possibilité d&#8217;inscrire son action dans la durée–, on peut espérer qu&#8217;il va s&#8217;attaquer à ce qui préoccupe le plus la population : l&#8217;insécurité. En effet, on s&#8217;explique mal comment un militaire rompu à la discipline comme Chávez a jusqu&#8217;à présent été incapable de s&#8217;attaquer à ce fléau qui frappe toutes les classes sociales, y compris les plus pauvres. Il y a fort à parier que s&#8217;il réussissait à contrôler et diminuer la criminalité galopante de ce pays, il récolterait 10 % de voix supplémentaires.</p>
<p>L&#8217;a-t-il compris? En tout cas, dans son discours de la victoire tenu depuis le « balcon du peuple » du palais de Miraflores, il a affirmé qu&#8217;il allait maintenant se consacrer en priorité à la lutte contre la criminalité et la corruption. Il lui reste donc à prouver qu&#8217;il contrôle aussi bien la police (les polices) et l&#8217;administration que l&#8217;armée. C&#8217;est apparemment beaucoup plus difficile.</p>
<p><strong>Gouaille</strong></p>
<p>Dans le même discours, Hugo Chávez a confirmé que la semaine qui commence sera la « semaine de l&#8217;amour ». On retrouve ici la gouaille typique du personnage. Expliquons en deux mots : le 14 février, jour de la Saint-Valentin, était aussi la veille du référendum. Comme d&#8217;habitude avant les échéances électorales, c&#8217;était ce qu&#8217;on appelle ici un <em>día seco</em> [jour sec], c&#8217;est-à-dire une journée où toute vente d&#8217;alcool est interdite, y compris dans les restaurants. La mesure était dure à accepter pour les millions d&#8217;amoureux de ce pays!</p>
<p>En compensation, Hugo Chávez avait promis à ses partisans de proclamer une « semaine de l&#8217;amour » aussitôt après sa victoire. Il a tenu parole.</p>
<p>Pas de doute : c&#8217;est un vrai antéchrist!</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Le petit Jésus est de retour]]></title>
<link>http://venezuelatina.com/2008/11/22/le-petit-jesus-est-de-retour/</link>
<pubDate>Sat, 22 Nov 2008 23:00:50 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Luc Crucifix</dc:creator>
<guid>http://venezuelatina.com/2008/11/22/le-petit-jesus-est-de-retour/</guid>
<description><![CDATA[Jolies tonalités Le petit Jésus est de retour! Noël est proche! Et comment je le sais? Non, ce n]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><div id="attachment_876" class="wp-caption aligncenter" style="width: 448px"><img class="size-full wp-image-876" title="campinmelao1" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2008/11/campinmelao1.jpg" alt="Les tonalités du &#34;campin melao&#34; annoncent Noël" width="438" height="328" /><p class="wp-caption-text">Jolies tonalités</p></div>
<p>Le petit Jésus est de retour! Noël est proche! Et comment je le sais? Non, ce n&#8217;est pas la froidure qui me le dit, encore moins les premiers flocons&#8230; Ici, la température reste imperturbablement la même à longueur d&#8217;année et les flocons ne tomberont jamais. Le climat frise la monotonie, à tel point qu&#8217;il faut y réfléchir à deux fois pour savoir à quelle époque de l&#8217;année on se trouve. Alors, c&#8217;est quoi qui m&#8217;annonce Noël?</p>
<p>Eh bien, un simple coup d&#8217;œil sur les flancs des montagnes qui m&#8217;entourent me dit que Noël arrive!  À chaque novembre, cela ne rate pas : l&#8217;<em>herbe du petit Jésus</em>, comme on l&#8217;appelle ici, colore de ses tonalités pourpres le paysage environnant.</p>
<div id="attachment_877" class="wp-caption alignleft" style="width: 82px"><a rel="attachment wp-att-877" href="http://venezuelatina.com/2008/11/22/le-petit-jesus-est-de-retour/capinmelao2/"><img class="size-thumbnail wp-image-877" title="capin melao" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2008/11/capinmelao2.jpg?w=72" alt="capin melao" width="72" height="96" /></a><p class="wp-caption-text">Capín melao</p></div>
<p>L&#8217;<em>herbe du petit Jésus</em>, c&#8217;est ce qu&#8217;on appelle dans le reste du Venezuela le <em>capín melao</em>, (parfois écrit <em>capím melao</em>). Ailleurs on la connaît sous le nom de <em>capim gordura</em> (Brésil);  <em>ikivutavuta</em> (Burundi);  <em>cimvurabo</em> (République démocratique du Congo);  <em>Brazilian stinkgrass, dordura grass, efwatakala grass, gordura grass, honey grass, molasses grass, stink grass, w(h)ynne grass</em> (États-Unis); <em>herbe à miel, herbe de mélasse, mélinis</em> (France);  <em>Venezuela grass</em> (Inde);  <em>puakatau</em> (Polynésie); <em>yaragua</em> (Colombie); <em>calinguero</em> (Costa Rica);  <em>melado</em> (Cuba);  <em>yerba agua</em> (République dominicaine); <em>yerba melao</em> (Porto Rico); <em>chopín, pasto de gordura, gordura</em> (Amérique du Sud); <em>futaute</em> (Tanzanie). Pour mettre tout le monde d&#8217;accord, les scientifiques la connaissent sous le nom de <em>Melinis minutiflora</em>.</p>
<p><strong>Originaire d&#8217;Afrique</strong></p>
<p>Cette plante est une graminée pérenne originaire d&#8217;Afrique. De là, elle est passée  au Brésil, puis, dès 1860, elle aurait été introduite au Venezuela, si l&#8217;on en croit une publication du ministère de l&#8217;agriculture du Brésil. Toujours est-il que maintenant elle fait partie intégrante du paysage dans la plupart des régions du pays. En effet, peu exigeante, elle s&#8217;adapte à une grande variété de sols et de conditions et se diffuse rapidement. C&#8217;est ce qui explique par ailleurs son ample diffusion dans de nombreux pays tropicaux.</p>
<div id="attachment_878" class="wp-caption alignleft" style="width: 138px"><a rel="attachment wp-att-878" href="http://venezuelatina.com/2008/11/22/le-petit-jesus-est-de-retour/campinmelao3/"><img class="size-thumbnail wp-image-878" title="capin melao" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2008/11/campinmelao3.jpg?w=128" alt="capin melao" width="128" height="96" /></a><p class="wp-caption-text">Melinis minutiflora (capín melao)</p></div>
<p>Ailleurs dans le monde, elle est considérée comme une plante fourragère et on la cultive à cet effet. De plus, son odeur forte est sensée repousser les insectes, les tiques et les serpents. Au Venezuela, au Brésil, en Colombie, on la considère en revanche comme une plante « nuisible », car elle est naturellement envahissante (elle se disperse facilement) et se révèle être un frein à la biodiversité. De plus, facilement inflammable en période sèche, elle est à la source de nombreux incendies de végétation. Enfin, elle cause des allergies de type rhume des foins.</p>
<p>Voilà pour l&#8217;étude scientifique. Mais pour moi et pour le commun des mortels dans les Andes, la <em>Melinis menutiflora</em> sera toujours la <em>hierba del niño Jesús</em> [l'herbe du petit Jésus], celle qui enrobe les montagnes de sa jolie couleur et annonce, à coup sûr, que Noël est proche.</p>
<p>Car à défaut de Noël blanc, le Noël est pourpre au Venezuela, ce qui n&#8217;est pas plus mal.</p>
<div id="attachment_879" class="wp-caption aligncenter" style="width: 448px"><img class="size-full wp-image-879" title="capin melao" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2008/11/capinmelao4.jpg" alt="Jolies couleurs" width="438" height="312" /><p class="wp-caption-text">Noël pourpre</p></div>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[X]]></title>
<link>http://monsieurazaraille.wordpress.com/2008/09/08/c/</link>
<pubDate>Mon, 08 Sep 2008 12:34:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>azaraille</dc:creator>
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<description><![CDATA[TRUCS À DIRE]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><h1>TRUCS À DIRE </h1>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Christophe Colomb, avec ou sans tête]]></title>
<link>http://venezuelatina.com/2008/07/26/christophe-colomb-avec-ou-sans-tete/</link>
<pubDate>Sun, 27 Jul 2008 00:58:43 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Luc Crucifix</dc:creator>
<guid>http://venezuelatina.com/2008/07/26/christophe-colomb-avec-ou-sans-tete/</guid>
<description><![CDATA[Caracas Le 12 octobre 2004, un groupe d&#8217;activistes faisait tomber de son piédestal la statue d]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><div id="attachment_398" class="wp-caption alignleft" style="width: 213px"><img class="size-full wp-image-398" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2008/07/statue_de_colomb_caracas2004.jpg" alt="Caracas" width="203" height="300" /><p class="wp-caption-text">Caracas</p></div>
<p>Le 12 octobre 2004, un groupe d&#8217;activistes faisait tomber de son piédestal la statue de Christophe Colomb située sur la plaza Venezuela de Caracas, tel un vulgaire Saddam Hussein.</p>
<p>Deux ans plus tôt, Hugo Chávez avait proclamé ce 12 octobre <em>Journée de la résistance autochtone</em>. Il faut savoir que jusqu&#8217;alors, au Venezuela comme en Amérique latine, ce jour férié -qui commémore l&#8217;arrivée de Colomb sur le continent américain- était appelé <a href="http://es.wikipedia.org/wiki/D%C3%ADa_de_la_Raza" target="_blank"><em>Día de la Raza</em></a> (« Jour de la race », sous-entendu de la race blanche, ou plus exactement de la « race espagnole »). On comprendra immédiatement le côté rétrograde, à connotation raciste, de cette dénomination. Il n&#8217;était nullement déshonorant de faire cette modification de nom.</p>
<p>Au-delà de sa forte symbolique, le changement de dénomination répondait à la nécessité de revaloriser les nations autochtones, celles-là même qui furent « découvertes » par Colomb, puis violentées et décimées au cours des siècles suivants.</p>
<p>Tandis qu&#8217;Evo Morales était sur le point d&#8217;arriver au pouvoir en Bolivie, Hugo Chávez trouvait là un thème porteur lui permettant de se présenter en leader continental de la défense des autochtones. Il ne pouvait pas laisser passer une aussi belle occasion! C&#8217;était de bonne guerre. Aussi, dans son pays, même si les autochtones ne représentent qu&#8217;un très faible pourcentage de la population, fit-il adopter une législation progressiste qu&#8217;il combina à des mesures sociales leur étant favorables. Si ce n&#8217;est le fond clientéliste inhérent à ce type de mesures, il n&#8217;y a rien à dire : sous Chávez, le statut et la vie quotidienne des autochtones vénézuéliens ont fait un bon en avant, c&#8217;est indéniable.</p>
<p><strong>Dans la foulée</strong></p>
<p>Pour en revenir à la destruction de la statue de Caracas, celle-ci fut le fait de sympathisants -autochtones et non autochtones- de cette réhabilitation des luttes indigènes en Amérique latine, un mouvement qui existait depuis bien avant l&#8217;arrivée de Chávez au pouvoir et qui s&#8217;était particulièrement illustré en 1992, lors des commémoration du 500e anniversaire de l&#8217;arrivée de Colomb.</p>
<p>Dans la foulée de la manifestation de Caracas, on assista dans le pays à des actions similaires autour des nombreuses statues de Colomb du pays. Dans la plupart des villes, statues et bustes le représentant connurent le même sort : la destruction ou la décapitation. Exemple : voici ce qui reste de la statue de Christophe Colomb qui avait été érigée en 1895 à Mérida grâce aux bons soins de la colonie italienne de la ville :</p>
<div id="attachment_399" class="wp-caption aligncenter" style="width: 370px"><a href="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2008/07/christophe_colomb_merida1.jpg"><img class="size-full wp-image-399" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2008/07/christophe_colomb_merida1.jpg" alt="Mérida" width="360" height="480" /></a><p class="wp-caption-text">Mérida</p></div>
<p>À cette destruction (où sont donc passées les têtes de Colomb?), il y a des exceptions, et non des moindres. Ainsi, à Macuro, lieu hautement symbolique à l&#8217;extrême est du Venezuela, là même où Colomb, lors de son troisième voyage, mit le pied pour la première fois sur le continent (il n&#8217;avait jusque là découvert que certaines îles des Caraïbes), la statue -et quelle statue!- reste, aux dernières nouvelles, toujours en pied :</p>
<div id="attachment_414" class="wp-caption aligncenter" style="width: 440px"><a href="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2008/07/christophe_colomb_macuro.jpg"><img class="size-full wp-image-414" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2008/07/christophe_colomb_macuro.jpg" alt="Macuro" width="430" height="344" /></a><p class="wp-caption-text">Macuro</p></div>
<p>De même, à Mucuchachí, petit village perdu au fin fond des Andes de Mérida, j&#8217;ai découvert ce buste encore bien en place, « l&#8217;un des derniers au Venezuela », m&#8217;a-t-on dit là-bas :</p>
<div id="attachment_401" class="wp-caption aligncenter" style="width: 370px"><a href="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2008/07/christophe_colomb_mucuchachi.jpg"><img class="size-full wp-image-401" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2008/07/christophe_colomb_mucuchachi.jpg" alt="Mucuchachi" width="360" height="480" /></a><p class="wp-caption-text">Mucuchachí</p></div>
<p>La survie de ces monuments prouve qu&#8217;il est difficile et délicat de nier l&#8217;histoire d&#8217;un coup d&#8217;un seul, de faire table rase du passé, de décréter l&#8217;oubli comme si de rien n&#8217;était. Qu&#8217;on le veuille ou non, Christophe Colomb fait aussi partie de l&#8217;histoire du Venezuela.</p>
<p><strong>Ramdam</strong></p>
<p>Le capitaine gênois méritait-il donc tout le ramdam fait autour de lui? Symboliquement oui, on peut le comprendre, car il représente la politique expansionniste des rois d&#8217;Espagne, dont on sait maintenant la destruction des peuples qui s&#8217;en est suivi.</p>
<p>Mais gardons-nous d&#8217;aller plus loin et de juger l&#8217;homme Colomb : il n&#8217;était que l&#8217;instrument d&#8217;une politique. Si ce n&#8217;avait été lui, c&#8217;eût été un autre. L&#8217;humain étant curieux de nature, étant un découvreur-né, la rencontre des deux mondes était, en quelque sorte, historiquement programmée. Elle ne pouvait qu&#8217;avoir lieu. Elle a toujours eu lieu. Et elle continue de nos jours.</p>
<p>Gardons-nous aussi de juger avec nos yeux d&#8217;aujourd&#8217;hui les actions du passé. De condamner par exemple les découvreurs des 15e et 16e siècles au nom des droits de l&#8217;homme. Bel anachronisme! Jugeons plutôt les actes de violence de la conquête espagnole en Amérique avec les yeux des « critiques » et des « progressistes » de l&#8217;époque, dont le meilleur exemple est <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Bartolom%C3%A9_de_las_Casas" target="_blank">Bartolomé de Las Casas</a>.</p>
<p>Enfin et surtout, regardons-nous en face : n&#8217;avons pas la même attitude de Colomb lorsque, touristes curieux et découvreurs, nous allons à la rencontre de populations autochtones éloignées et les examinons avec nos yeux ébahis?</p>
<p>N&#8217;y a-t-il pas là aussi, quelque part, une violence faite à l&#8217;autre?</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Lénine, Staline, Kennedy, Nixon et les autres]]></title>
<link>http://venezuelatina.com/2008/06/29/lenine-staline-kennedy-nixon-et-les-autres/</link>
<pubDate>Sun, 29 Jun 2008 15:00:05 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Luc Crucifix</dc:creator>
<guid>http://venezuelatina.com/2008/06/29/lenine-staline-kennedy-nixon-et-les-autres/</guid>
<description><![CDATA[Lénine et Staline à Gorki en 1922 Lenin Rodríguez. Stalin Pérez. Kennedy Fernández. Nixon González. ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><h5 style="text-align:center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-348" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2008/06/lenin-stalin-1922.jpg" alt="Lénine et Staline à Gorki en 1922" width="434" height="403" /><strong>Lénine et Staline à Gorki en 1922</strong></h5>
<p><strong>Lenin</strong> Rodríguez.</p>
<p><strong>Stalin</strong> Pérez.</p>
<p><strong>Kennedy</strong> Fernández.</p>
<p><strong>Nixon</strong> González.</p>
<p>Voilà des noms que vous pourriez rencontrer au Venezuela. Et bien d&#8217;autres encore, inspirés de personnages qui ont frappé l&#8217;imaginaire des foules – ou plutôt l&#8217;imaginaire des parents au moment de la naissance de leur enfant. Ces noms d&#8217;importation, qui servent ici de prénoms, sont le plus souvent russes ou nord-américains, car entre 1945 et 1990 la guerre froide est passée par là et a marqué les esprits. On aura donc des Lenin, des Stalin, des Roosevelt (plus souvent écrit Rosvelt), des Kennedy, des Nixon, des Mao, des Brejnev, peut-être même des Hitler, qui sait?</p>
<p>Il m&#8217;est arrivé un jour une histoire très cocasse à ce sujet. Je venais d&#8217;arriver au Venezuela depuis quelques jours lorsqu&#8217;on m&#8217;a présenté un monsieur derrière son bureau en me disant : « <em>Je te présente Andrei Gromiko</em> ». Gros éclat de rire de ma part! Pour moi, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Andrei_Gromyko" target="_blank">Andrei Gromyko</a> ne pouvait être que le monsieur qui fut ministre des Affaires étrangères de l&#8217;Union soviétique pendant de nombreuses années. J&#8217;ai pourtant dû me rendre à l&#8217;évidence : la personne devant moi avait bien pour prénom Andrei Gromiko. Andrei Gromiko (c&#8217;est le prénom) Urdaneta (c&#8217;est le nom de famille), professeur de droit, est devenu depuis lors doyen de la faculté. À peine remis de mon fou-rire, j&#8217;ai dû, tout confus, lui présenter mes excuses&#8230;</p>
<p><strong>Perpétuer les convictions</strong></p>
<p>Qu&#8217;est-ce qui pousse les parents à donner des prénoms de ce genre à leurs enfants? Sans doute un certain désir d&#8217;identification idéologique. Les parents communistes voudront appeler leur enfant du nom des grands leaders révolutionnaires, dans l&#8217;espoir peut-être de voir se perpétuer leurs convictions. Le but n&#8217;est pas nécessairement atteint : ainsi, l&#8217;un des dirigeants étudiants antichavistes les plus acharnés, leader du mouvement étudiant d&#8217;opposition de l&#8217;année dernière, s&#8217;appelle <strong>Stalin</strong> González! Les parents d&#8217;un autre leader étudiant, <strong>Nixon</strong> Moreno, lui aussi farouche antichaviste, auront eu plus de chance avec leur progéniture : il est resté dans une voie résolument anticommuniste, tel le vrai Nixon!</p>
<p>Cela dit, l&#8217;explication politique ne suffit pas à rendre compte du phénomène du prénommage des enfants au Venezuela. Au-delà des noms de personnages connus, le choix de prénoms étrangers est fréquent. On rencontre des Elvis, des Jhonny ou des Yoni (écrits de cette manière), des Sheila, des Kevin, des Frank, des Richard&#8230; L&#8217;usage de ces prénoms « exotiques » est sans aucun doute un indice du degré d&#8217;aliénation de beaucoup de Vénézuéliens par la culture de masse nord-américaine, principalement sous l&#8217;effet de la toute-puissante télévision. De tels prénoms sont aussi, pour les parents, consciemment ou inconsciemment, espoir de mieux-être (à la nord-américaine) pour leur descendance. Un nom anglo-saxon comme gage de bonheur, en quelque sorte&#8230;</p>
<p><strong>Inventés de toutes pièces</strong></p>
<p>La question du choix des prénoms au Venezuela ne s&#8217;arrête pas là. Il nous faut maintenant aborder l&#8217;immense chantier des prénoms inventés de toutes pièces, une spécialité à proprement parler vénézuélienne. Pour créer ainsi un prénom, il existe deux méthodes principales :</p>
<ul>
<li>la combination du prénom des deux parents : Nelson et Marta nommeront leur fille Nelmar; Fernando et Carolina appelleront leur rejeton Fercar, etc. Si Fercar et Nelmar se marient et ont un enfant à leur tour, ce dernier pourrait s&#8217;appeler Fernel, etc.</li>
<li>l&#8217;écriture d&#8217;un prénom connu à l&#8217;envers, dans une sorte de version locale de verlan : Hector devient Rotceh; Esteban devient Nabetse; Teresa devient Aseret, etc.</li>
</ul>
<p>Roberto Echeto, journaliste vénézuélien –et <a href="http://robertoecheto.blogspot.com/" target="_blank">blogueur</a> de surcroît– a consacré un article aux <a href="http://robertoecheto.blogspot.com/2005/05/los-nombres-de-los-venezolanos.html" target="_blank">prénoms des Vénézuéliens</a>. Au cours de sa recherche, il a recensé une liste de prénoms dont beaucoup sont probablement uniques au monde. Je ne résiste pas à vous la communiquer en bloc :</p>
<p style="padding-left:30px;">Kerbis, Yojanson, Yudelkis, Yon, Yefry, Yeferson, Yormis, Torkill, Danitza, Yurly, Chirly, Deivis, Brayan, Kely, Tiundy, Tísuby, Tiamy, Yeny, Sobeida, Marsobeida, Yubimar, Yurimar, Yurima, Yurubí, Dorkis, Gladiuska, Yaritza, Karitza, Ylallalic, Yeniber, Diomira, Yoniray, Maryuli, Rodwig, Kepler, Rostin, Lipso, Yurmuari, Norka, Yuruani, Yamarlef, Aleuzenev, Jubino, Davirsia, Levy, Hercilia, Yomira, Yudimel, Wilkinson, Yanis, Yancarlo, Owinch, Yuraima, Mairim, Nelmar, Kleiber, Yubirí, Albiera, Besaida, Maickel, Damelys, Osmar, Daivi, Usnavy, Angely, Solmaira, Miraidis, Yesenia, Yuraima, Yurimia, Yaletzi, Yalisbet, Yaifré, Yoraidí, Yeniber, Yornaichel, Norkis, Franmer, Merfrán, Danixe, Dixon, Yoelbis, Petrasmit, Olmelibey, Armaribely, Rafbet, Rosaherbalaif, Dardha, Isbery, Anglory, Yorbelys, Leidy, Milka, Doreidis, Miradis, Migdalia, Migdalis, Dilsia, Diogne, Diognis, Amorfiel, Diosdado, Jiovana, Eileen, Danibel, Jennisse, Yibisenia, Sensitymoon, Yondry, Raidys, Betsy, Betsymar, Ginesca, Yenise, Amarilis, Yolimar, Denison, Etanislao, Esfreis, Vianney, Lelis, Ismaru, Yenmil, Coraima, Yorman, Dilsia, Yorbelis, Edecio, Ewin, Yanara, Keiyur, Danivell, Keliana, Gretty, Lasmey, Freilly, Erwin, Rosimar, Yenisy, Havey, Vigneys, Kismeth, Gilmer, Osnan, Janlú, Aimara, Nidesca, Yovany, Yoconda, Claid, Dilexa, Kechena, Wianmal, Aroska, Mayra, Tibayre, Coraima, Aiskel, Damaris, Yumaris, Dakmar, Fanely, Iraima, Ariuxi, Maloha, Yajaira, Dorángel, Darwis, Amarilis, Rosmely, Yumber, Norka, Zenaida, Grisel, Lenelina, Carmely, Enderson, Osly, Yolimar, Yulimar, Zulay, Isnardo, Johanson, Yamelis, Indira, Nadesca, Ismelis, Catriel, Yalisbeth, Dubraska, Desireth, Magly, Damaris, Gianine, Dalix, Wuilbert, Yoshkar, Solaine, Jean Frank, Norelys, Aneldo, Rixio, Agnelys, Dalmiro, Yorelys, Lobenis, Keindel, Derbys, Maxiel, Aliera, Williams, Georguel, Hilwilm, Mereanyela, Siuris, Esnilda, Nélida, Elisio, Yudlisbeth, Magaly, Yngrid, Mawel, Rexaimiyori, Willderman, Doreisa, Melody, Nadelys, Veruzka, Jarol, Jakson, Wester, Walfred, Yenniter, Hayram, Stuart, Nabetse, Susej, Yutsitibilisay, Malilis, Marlin, Yesaidu, Osnaiker, Yoneiker, Rotny, Ariani, Joffre, Juan Jondre, Vielman, Anyeli, Everlide, Dinalba, Yóger, Yerly, Yunior, Magalis, Mirosmar, Lilianes, Enelda, Yolimar, Caribay, Zuleimy, Lennar, Geronis, Nuris, Naileth, Wilfred, Duncan, Erylin, Roselyn, Mayarleth, Wilmer, Maikol, Yan Karll, Dayana, Leido, Githanjaly, Netsemany, Yaemmy, Nereydys, Neldo, Eglida, Javiera, Marlenys, Yisel, Mayerling, Maryele, Lysber, Sheila, Georgelis, Arielis, Cheissy, Neimar, Grisaida, Franchesca, Kerallys, Yesenia, Lilibeth, Leobel, Yirly, Deivy, Vivenciolo , Elder, Jerimar, Kenry, Nelsaida, Yormari, Auralin, Yamilet, Elixy, Seiberling, Everfit, Marevi, Esmérida, Zaida, Willésika, Imalay, Euridys, Yedoska, Yogualsi, Yexana, Gemsimys, Haynhect, Yasterliski, Levis, Eukenedy, Nehymalit, Chelsy, Zugehidi, Zugendy, Single, Yorelis, Yorbelis, Jorbis, Yordanik, Solsirec, Miriela, Sorensorina, Greysa, Miriana, Udemixon, Noraisola, Harinton, Icieli, Yraimisg, Royr, Silkys, Nonoska, Yasmildy, Lodval, Nandú, Uni García, Líxido, Analtilo, Ayessa, Bernily, Yinling Rodríguez, Maiker, Marnie, Vicsay, Laiolkis, Hecsaidy, Yaruby, Zunell, Ayerín, Fresa, Urimare, Laudy, Winibey, Ever Nieto, Siempre Mora, Eiker, Braian, Tailor, Kenyerlin, Jean Kenedy, Kerry, Schmeider Graterol, Kervin, Richarly, Cleyder, Remiyarmery, Yunis, Edgembert, Haysamar, Osleandry, Zousire, Waryolis, Glingni, Greity, Windym, Keileen, Shonatan, Enwil, Greissy, Jahynsel, Yuquency, Kleister, Yonexis, Derwin, Johefrank, Deiby, Shaydemar, Jenfer, Juisfreira, Leudis, Yorley, Yurkleym, Jeckson</p>
<p>Faites l&#8217;effort de les lire : à côté de prénoms véritablement autochtones, qui n&#8217;ont pas leur place ici (Caribay, Zulay,&#8230;), on y trouve quelques perles, comme Amorfiel (« Amour fidèle » en espagnol), Sensitymoon, Jean Kenedy, ou encore ces transcriptions libres de prénoms étrangers (Braian pour Brian, Dayana pour Diana, Janlú pour Jean-Luc, Yancarlo pour Giancarlo, Maikol pour Michael, etc.).</p>
<p>Quant aux porteurs de ces prénoms eux-mêmes, ils les aiment ou ils les détestent. Certains apprécient ce qui les distingue absolument du reste du monde. D&#8217;autres au contraire préfèreraient se fondre parmi les communs des mortels et s&#8217;appeler Pedro, José, Isabel ou Carolina.</p>
<p><strong>Le sceau de la chrétienté</strong></p>
<p>Un dernier mot. C&#8217;est dans les classes populaires que le phénomène du prénom politique, du prénom étranger ou du prénom inventé est le plus courant. Les grandes familles, quant à elles, préfèrent de loin les prénoms traditionnels, frappés du sceau de la chrétienté. D&#8217;où, toujours, une certaine condescendance -voire une certaine discrimination– à l&#8217;encontre des porteurs de prénoms rares ou originaux. Les commentaires faits à l&#8217;<a href="http://robertoecheto.blogspot.com/2005/05/los-nombres-de-los-venezolanos.html" target="_blank">article de Roberto Echeto</a> en font foi : les bien-pensants, y compris l&#8217;auteur lui-même, qualifient ces prénoms d&#8217;horribles ou de ridicules et ne se privent pas de le dire du haut de leur beau prénom chrétien.</p>
<p>Figurez-vous par ailleurs que beaucoup de chavistes (y compris plusieurs hauts fonctionnaires du gouvernement) portent de tels prénoms&#8230; Vous comprendrez où tout cela peut mener. Comme quoi le port d&#8217;un prénom n&#8217;est décidément pas neutre dans ce pays profondément divisé par une lutte des classes qui n&#8217;ose pas dire son nom.</p>
<h5 style="text-align:center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-349" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2008/06/kennedy-nixon.jpg" alt="" />Richard Nixon et John Kennedy pendant un débat télévisé (1960)</h5>
</div>]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[Visite-éclair sur deux roues]]></title>
<link>http://venezuelatina.com/2008/06/22/visite-eclair-sur-deux-roues/</link>
<pubDate>Sun, 22 Jun 2008 19:52:18 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Luc Crucifix</dc:creator>
<guid>http://venezuelatina.com/2008/06/22/visite-eclair-sur-deux-roues/</guid>
<description><![CDATA[Sur son blogue, jusqu&#8217;à hier, Marc Gibaud, le motocycliste, voyageur, architecte et photograph]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><img class="aligncenter size-full wp-image-338" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2008/06/teleferico-merida1.jpg" alt="Vue depuis le téléphérique de Mérida" width="440" height="330" /></p>
<p>Sur son <a href="http://www.transam.fr/blog/" target="_blank">blogue</a>, jusqu&#8217;à hier, <a href="http://www.marc-gibaud.com/" target="_blank">Marc Gibaud</a>, le motocycliste, voyageur, architecte et photographe tout-en-un qui se propose de faire la navette entre la Terre de Feu et l&#8217;Alaska -rien que ça!-, se trouvait toujours quelque part en Colombie. Pour ceux qui le suivent de plus près, l&#8217;ami <a href="http://www.ikiru.ch/tonio/" target="_blank">Tonio</a> avait déjà annoncé il y a plusieurs jours son <a href="http://www.ikiru.ch/tonio/sans-commentaires" target="_blank">passage par Bogotá</a>.</p>
<p>Mais Marc vient de mettre son blogue à jour, annonce son entrée au Venezuela avec une très belle <a href="http://www.transam.fr/blog/?p=1361" target="_blank">description du pays</a>, à mille lieues de ce qu&#8217;en disent les GRANDS journalistes et les GRANDES agences. Plus juste, plus vécu, plus vrai. Alors lisez Marc, et oubliez <em>Le Monde</em> , <em>Libé</em> et l&#8217;AFP (et encore plus CNN).</p>
<p>Ce n&#8217;est donc déjà plus un scoop : Marc vient de passer par Mérida, par chez moi, poursuivant ainsi son périple de blogue en blogue, ou plutôt de blogueur en blogueur. Une communauté bien intéressante pour l&#8217;aventure qui est la sienne, puisqu&#8217;elle lui sert d&#8217;appui et de source d&#8217;informations.</p>
<p>Marc, ma compagne et moi, nous avons passé deux jours bien agréables à Mérida : un dîner dans une <em>tasca </em>espagnole au son d&#8217;un match Argentine/Brésil projeté sur plein d&#8217;écrans (et Marc qui n&#8217;aime pas trop le foot, le pauvre!); puis, le lendemain soir, vernissage d&#8217;une exposition de Framtho Salager, artiste local plutôt doué, ultrasensible, qui fait dans le néo-cubisme, « par respect », comme il le dit.</p>
<p><strong>Quatrième dimension</strong></p>
<p>Au-delà des œuvres de Framtho, ce vernissage fut l&#8217;occasion rêvée d&#8217;introduire Marc dans la quatrième dimension du Venezuela. En effet, il a eu tout le loisir de se rendre compte <em>de visu</em> de la beauté et de l&#8217;opulence des <a href="http://venezuelatina.com/2007/10/21/au-pays-des-seins-silicones/" target="_blank">poitrines</a> (vraies ou fausses) chez la gent féminine vénézuélienne. Je crois pouvoir affirmer qu&#8217;il a globalement apprécié (moi aussi, car même si j&#8217;y suis plutôt habitué, je ne m&#8217;en blase jamais&#8230;).</p>
<p><a rel="attachment wp-att-339" href="http://venezuelatina.com/2008/06/22/visite-eclair-sur-deux-roues/teleferico-merida2/"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-339" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2008/06/teleferico-merida2.jpg?w=128" alt="Téléphérique de Mérida" width="128" height="96" /></a>Pendant la journée, je lui avais suggéré de faire l&#8217;excursion du <a href="http://www.telefericodemerida.com/" target="_blank">téléphérique</a> le plus haut (4765 m) et le plus long (12,5 km en plusieurs tronçons) du monde, le <em>must</em> absolu pour qui visite Mérida. Il en a rapporté de superbes photos, qu&#8217;il publiera peut-être prochainement sur son blogue.</p>
<p>Mais il était pressé, Marc. Ce ne fut qu&#8217;une visite-éclair. Il est déjà reparti, car il attendait de la visite à Caracas. Et de la belle visite : Tara, sa fille de 13 ans.</p>
<p>Déjà, de la capitale, il m&#8217;écrit :</p>
<p style="padding-left:30px;"><em>La route qui part de Mérida à &#8220;je-ne-me-souviens-plus-du-nom-Je-suis-dans-un-cyber-truc-machin-et-je-n&#8217;ai-pas-la-carte-sous-les-yeux-mais-c&#8217;est-de-l&#8217;autre-côté-de-la-Cordillère-et-c&#8217;est-beau&#8221; fut un morceau d&#8217;anthologie. La descente de 3500 mètres à quasi 0 est une leçon de géographie et une leçon de botanique.  Morceau d&#8217;anthologie suivi d&#8217;une pluie chaude qui m&#8217;a douché sur un bout du passage dans les Llanos (confirmation : il faut bien 50 km pour sécher à 100km/h = 1/2 heure : une demi-heure de frais au milieu d&#8217;une chaleur étouffante). Pour finir avec les embouteillages de la traversée de Valencia et le soleil qui se couche sur l&#8217;autoroute qui relie Caracas. Pas d&#8217;image mais très belle journée  - + ou  - 600 km = 10 heures pot-au-feu de bord de route compris!!</em></p>
<p>Le voilà donc à Caracas. Il compte rester au Venezuela pour quelques semaines –ce n&#8217;était pas initialement prévu. Même s&#8217;il ne me l&#8217;a pas formellement promis, Marc repassera par Mérida, j&#8217;en suis certain!</p>
<h5><strong>Photo : Au petit matin, la vallée du Chama depuis le téléphérique de Mérida</strong></h5>
</div>]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[Le mariachi, les chevaux, les femmes, le président ]]></title>
<link>http://venezuelatina.com/2008/05/25/le-mariachi-les-chevaux-les-femmes-le-president/</link>
<pubDate>Sun, 25 May 2008 16:28:28 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Luc Crucifix</dc:creator>
<guid>http://venezuelatina.com/2008/05/25/le-mariachi-les-chevaux-les-femmes-le-president/</guid>
<description><![CDATA[Vu dans une bodeguita (épicerie de village) de Mucutuy, dans les Pueblos del Sur de l&#8217;état de ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><img class="aligncenter size-full wp-image-311" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2008/05/condense_macho.jpg" alt="Patchwork mural" width="440" height="322" /></p>
<p>Vu dans une <em>bodeguita</em> (épicerie de village) de Mucutuy, dans les Pueblos del Sur de l&#8217;état de Mérida, ce condensé hallucinant du Venezuela profond : un patchwork mural qui en dit beaucoup sur une conception du monde -une <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Weltanschauung" target="_blank"><em>Weltanschauung</em></a>, comme dirait l&#8217;autre- encore bien ancrée non seulement dans nos campagnes, mais aussi dans nos villes (car ces dernières, mentalement, ne sont jamais très éloignées des campagnes).</p>
<p>Le mariachi, les chevaux, Les femmes, le président : en un seul tableau, un panthéon populaire qui exprime tout à la fois  peurs et espérances, craintes et fascinations. Des « dieux » qui ne sont ni tout à fait bons, ni tout à fait mauvais, mais qui sont appelés à nous accompagner inévitablement sur les chemins de cette vie. Tous se trouvent sur le même pied, côte à côte dans l&#8217;inconscient collectif : femmes et chevaux, président et mariachi.</p>
<p>Machisme et sublimation du machisme : le mariachi orgueilleux, le cheval prétentieux, la femme provocante (et terrifiante à la fois), le bon président « petit père du peuple ». Le non-dit est partout.</p>
<p>Par-dessus ce patchwork d&#8217;anges et de démons, s&#8217;exposent pêle-mêle, comme pour atténuer le poids de cette vision du monde, les objets du quotidien : la brosse, la ficelle, les sacoches, les gobelets&#8230;</p>
<p>Et pour couronner le tout, histoire de relativiser encore plus le tableau, il y a le temps, l&#8217;inexorable TEMPS, représenté par ce calendrier populaire et cette horloge Adams. De simples objets publicitaires en plastique, pour (ici aussi) dissimuler la profondeur et la portée du propos.</p>
<p>Mais rien n&#8217;y fera : à l&#8217;instar de la pendule de Brel (<em>qui dit oui, qui dit non</em>), le temps répète inlassablement : « tout cela passe, tout cela passera : la joie du mariachi, le cheval fringant, la beauté féminine, &#8230; et même le président. »</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Chaves et Chávez]]></title>
<link>http://venezuelatina.com/2008/03/21/chaves-et-chavez/</link>
<pubDate>Fri, 21 Mar 2008 16:45:20 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Luc Crucifix</dc:creator>
<guid>http://venezuelatina.com/2008/03/21/chaves-et-chavez/</guid>
<description><![CDATA[On connaissait Dupont et Dupond. Voici Chaves et Chávez! Excusez mon ignorance en matière de politiq]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><img src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2008/03/jda-mchaves.thumbnail.jpg" alt="Manuel Chaves" align="left" /> <img src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2008/03/chavezyloro.thumbnail.jpg" alt="Chavez et le perroquet" align="left" />On connaissait Dupont et Dupond. Voici Chaves et Chávez!</p>
<p>Excusez mon ignorance en matière de politique autonomique espagnole, mais c&#8217;est seulement hier que j&#8217;ai appris l&#8217;existence de Manuel Chaves (avec S et sans accent),  le président de la <i>Junta de Andalucía</i> (gouvernement autonome d&#8217;Andalousie). Je suis d&#8217;autant plus impardonnable que le Chaves en question est arrivé au pouvoir le 27 juillet 1990, soit il y a près de 18 ans! Il vient d&#8217;être réélu pour un nouveau mandat aux élections du 9 mars dernier et en a donc pour quelques années encore.</p>
<p>Les deux hommes n&#8217;ont pas grand chose en commun pour ce qui est de leurs politiques respectives. <a href="http://www.juntadeandalucia.es/SP/JDA/CDA/Secciones/Presidente/JDA-Indice_Presidente/0,20269,2,00" target="_blank">Manuel Chaves</a> est une huile du PSOE, social-démocrate, professeur universitaire. Hugo Chávez est le bouillant personnage que l&#8217;on sait, qui adore tirer sur tout ce qui bouge.</p>
<p>On ne peut en tout cas que s&#8217;étonner de la longévité au pouvoir des <i>Chavesz</i> (comme on dit les <i>Dupondt</i>)! Et on ne peut qu&#8217;être surpris d&#8217;apprendre qu&#8217;un autre Chaves, arrivé à la tête d&#8217;un gouvernement huit ans avant Hugo, a toutes les chances de rester au pouvoir plus longtemps que ce dernier!</p>
<p>En effet, étant donné que la réforme constitutionnelle qu&#8217;il proposait n&#8217;a pas été acceptée en décembre dernier, Hugo Chávez devra quitter son poste en 2013, après <i>seulement</i> 15 ans de pouvoir.</p>
<p>Encore que&#8230;</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[L'incroyable aventure d'un mot quechua]]></title>
<link>http://venezuelatina.com/2008/02/25/l-incroyable-aventure-dun-mot-quechua/</link>
<pubDate>Tue, 26 Feb 2008 01:01:04 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Luc Crucifix</dc:creator>
<guid>http://venezuelatina.com/2008/02/25/l-incroyable-aventure-dun-mot-quechua/</guid>
<description><![CDATA[Il était une fois un mot quechua déjà utilisé au temps des Incas : yapa, qui veut dire quelque chose]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><div style="text-align:center;"><img src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2008/02/niquitao_gente_012.jpg" alt="Épicerie rurale" /></div>
<p>Il était une fois un mot quechua déjà utilisé au temps des Incas : <i>yapa</i>, qui veut dire quelque chose comme « ajout, supplément ». Son usage s&#8217;est répandu vers le Sud (Bolivie, Chili, Argentine, Paraguay, Uruguay) aussi bien que vers le Nord (Équateur). En arrivant en Colombie et au Venezuela, il s&#8217;est transformé en <i>ñapa</i> (prononcer <i>gnapa</i>), modification linguistique fréquente et naturelle.</p>
<p>Au Venezuela, le terme <i>ñapa</i> existe toujours et désigne le petit supplément gratuit qu&#8217;un commerçant offre parfois à l&#8217;acheteur. On achète un kilo de bananes et le vendeur ajoute, sans les peser, deux bananes : c&#8217;est la <i>ñapa</i>.</p>
<p>Dans leur désir forcené d&#8217;uniformisation et de rationalisation, les supermarchés ont irrémédiablement tué la <i>ñapa</i>, mais celle-ci est encore de mise lorsqu&#8217;on fait ses achats au marché ou chez le petit commerçant du coin. C&#8217;est l&#8217;aspect humain de l&#8217;acte de vendre et d&#8217;acheter, comme peut l&#8217;être aussi, sous d&#8217;autres latitudes, le marchandage.</p>
<p><b>Jusque chez Mark Twain </b></p>
<p>L&#8217;histoire ne se termine pas là. Le mot s&#8217;est étendu à plusieurs pays des Caraïbes et d&#8217;Amérique centrale, jusqu&#8217;au Mexique, pour échouer dans le grand port caribéen d&#8217;Amérique du Nord, la Nouvelle-Orléans. Là, les Français et les Cajuns (Acadiens)  l&#8217;ont fait leur, le transformant en <i>gniappe</i>, avec la même signification de petit supplément gratuit.</p>
<p>De là, il passe à la langue anglaise. On le trouve, par exemple, dans la prose de Mark Twain, en 1883, sous la forme <i>lagniappe</i>. Et toujours actuellement, si vous ouvrez un dictionnaire d&#8217;anglais américain, vous trouvez ceci :</p>
<blockquote><p><b>lagniappe</b><br />
NOUN: <i>Chiefly Southern Louisiana &#38; Mississippi</i> 1. A small gift presented by a storeowner to a customer with the customer&#8217;s purchase. 2. An extra or unexpected gift or benefit.</p>
<p>(<a href="http://www.bartleby.com/61/80/L0018000.html" target="_blank">The American Heritage® Dictionary of the English Language</a>: Fourth Edition.  2000.)</p></blockquote>
<p>Dans son ouvrage <i>Buenas y malas palabras</i> (Monte Ávila editores), le linguiste vénézuélien Ángel Rosenblat se demande pourquoi ce mot a eu autant de succès, ayant été adopté aussi rapidement et aussi universellement du Sud au Nord des Amériques. Selon lui, c&#8217;est parce que la <i>yapa</i>/<i>ñapa</i>/<i>gniappe</i> est une institution profondément américaine, qui reflète la vision du monde des premiers habitants de ces terres, les Amérindiens. La <i>ñapa</i> serait ainsi une institution d&#8217;origine magique : celui qui reçoit de l&#8217;argent rend un petit cadeau en espèces, pour s&#8217;attirer les bonnes grâces divines et se laver du « péché » de commercer.</p>
<p><b>Le prestige du cadeau</b></p>
<p>Angel Rosenblat dresse par ailleurs un parallèle entre la <i>ñapa</i> et le <i>potlach</i>, une autre institution des Indiens d&#8217;Amérique du Nord qui consiste à s&#8217;échanger des cadeaux entre clans. Pour lui, ces deux institutions relèvent du même esprit et témoignent du peu de prestige, en terre d&#8217;Amérique, de la vente, en comparaison avec l&#8217;énorme prestige du cadeau.</p>
<p>Qu&#8217;en 2008, la <i>ñapa</i> soit toujours appliquée dans les petits magasins de village et de <i>barrio</i> [quartier pauvre] montre à quel point de vieilles modalités de l&#8217;esprit amérindien subsistent dans la vie quotidienne. Il est d&#8217;ailleurs révélateur que, d&#8217;une façon générale, le Vénézuélien, même en affaires, répugne à parler d&#8217;argent, comme si cela le gênait aux entournures. Il a en effet toujours tendance à remettre la question du coût ou du prix à plus tard.</p>
<p>Par contre, il n&#8217;a aucune difficulté à donner une <i>ñapa</i>, et encore moins à en réclamer une!</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[L'été en hiver]]></title>
<link>http://venezuelatina.com/2008/01/19/lete-en-hiver/</link>
<pubDate>Sat, 19 Jan 2008 20:52:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Luc Crucifix</dc:creator>
<guid>http://venezuelatina.com/2008/01/19/lete-en-hiver/</guid>
<description><![CDATA[Le Venezuela est dans l&#8217;hémisphère nord (il y en a qui en doutent ou ne le savent pas, mais vé]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><div style="text-align:center;"><img src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2008/01/p1010974.jpg" alt="L’été à Mérida" /></div>
<p>Le Venezuela est dans l&#8217;hémisphère nord (il y en a qui en doutent ou ne le savent pas, mais vérifiez). Dans l&#8217;hémisphère nord, l&#8217;hiver dure du 21 décembre au 20 mars. Nous sommes le 19 janvier. C&#8217;est donc le plein hiver au Venezuela!</p>
<p>La logique est implacable.</p>
<p>Et pourtant, détrompez-vous : c&#8217;est ici l&#8217;été! L&#8217;été en hiver! Vous n&#8217;y pigez rien? Moi non plus, au début. Puis j&#8217;ai compris : ce qu&#8217;on appelle ici le <i>verano</i> [l'été], c&#8217;est la saison sèche. La saison humide, quant à elle, correspond à l&#8217;<i>invierno</i> [hiver]. Or, il se fait que la période sèche s&#8217;étend généralement de décembre à avril, soit pendant l&#8217;hiver météorologique de l&#8217;hémisphère nord. L&#8217;été (<i>verano</i>) a donc lieu en hiver. Vous suivez toujours?</p>
<p>L&#8217;origine de tout cela, ce sont (une fois encore) les <i>conquistadores</i> et colonisateurs espagnols. Les pauvres ne sachant trop bien où ils se trouvaient (les hémisphères n&#8217;avaient aucun sens à l&#8217;époque), ils ont fait le parallèle entre saison sèche et <i>verano</i>, entre saison humide et <i>invierno</i>. Comme en plein cœur de la Castille, en quelque sorte.</p>
<p>La confusion est restée. Il n&#8217;est pas rare qu&#8217;un paysan vous dise, juste avant qu&#8217;il pleuve, <i>¡Llega un invierno fuerte!</i> [littéralement : <i>Un terrible hiver arrive!</i>, à traduire par : <i>Il va tomber des hallebardes!</i>]. Ou encore, lorsque la sécheresse perdure, on vous dira : <i>Qué largo este verano!</i> [<i>Qu'il est long, cet été!</i>]. Et cela peu importe la saison de l&#8217;année à laquelle on se trouve.</p>
<p>La photo du haut, prise aujourd&#8217;hui à midi, illustre à quoi ressemble un <i>verano</i>, depuis la fenêtre de mon appartement. Vous y voyez un ciel immensément bleu surplombant la Sierra Nevada de Mérida et son pic Bolívar enneigé (4980 m). Voici maintenant le même paysage, toujours depuis ma fenêtre, en <i>invierno </i> (photo prise au mois d&#8217;août, soit en plein été de l&#8217;hémisphère nord) :</p>
<div style="text-align:center;"><img src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2008/01/pleine-vue-sur-le-pic-bolivar_076.jpg" alt="Sierra Nevada en hiver" /></div>
<p>Avouez qu&#8217;il y a de quoi être confondu, d&#8217;autant plus que, si près de l&#8217;Équateur, on perçoit à peine les changements de durée entre le jour et la nuit, selon la période de l&#8217;année.</p>
<p>Mais quelle importance peut avoir la saison lorsque, tout au long de l&#8217;année, le thermomètre flirte ici (à 1600 mètres d&#8217;altitude) avec les 25 degrés le jour et les 18 degrés la nuit? Cela en devient même monotone, à tel point qu&#8217;on se prend à rêver (pas trop souvent quand même) d&#8217;un <i>vrai</i> hiver!</p>
</div>]]></content:encoded>
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