<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><!-- generator="wordpress.com" -->
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	>

<channel>
	<title>jean-pierre-suc &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
	<link>http://en.wordpress.com/tag/jean-pierre-suc/</link>
	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "jean-pierre-suc"</description>
	<pubDate>Sat, 05 Dec 2009 07:11:00 +0000</pubDate>

	<generator>http://en.wordpress.com/tags/</generator>
	<language>en</language>

<item>
<title><![CDATA[Sous la Méditerranée, du sel et du pétrole]]></title>
<link>http://acturca.wordpress.com/2008/05/14/sous-la-mediterranee-du-sel-et-du-petrole/</link>
<pubDate>Wed, 14 May 2008 16:21:20 +0000</pubDate>
<dc:creator>acturca</dc:creator>
<guid>http://acturca.wordpress.com/2008/05/14/sous-la-mediterranee-du-sel-et-du-petrole/</guid>
<description><![CDATA[Le Monde (France), 14 mai 2008, p. 3 Christiane Galus En 1970, trois chercheurs émettent l&#8217;hyp]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>Le Monde (France), 14 mai 2008, p. 3</p>
<p>Christiane Galus</p>
<p>En 1970, trois chercheurs émettent l&#8217;hypothèse que la Méditerranée s&#8217;est asséchée il y a plus de 5 millions d&#8217;années. La science vient de leur donner raison, ce qui ouvre bien des perspectives&#8230;<!--more--></p>
<p>L&#8217;avenir de la mer Méditerranée préoccupe les chefs d&#8217;Etat, mais son passé, lui, passionne les scientifiques. Et leurs trouvailles pourraient susciter bien des convoitises, car il y est question de pétrole&#8230; sous une épaisse couche de sel. La thèse est la suivante : la Méditerranée fut jadis le théâtre d&#8217;une catastrophe environnementale de grande ampleur dénommée par les géologues &#8221; Crise de salinité messinienne &#8220;. Il y a 5,5 millions d&#8217;années (Ma), la quasi-fermeture du détroit de Gibraltar sous la poussée de la plaque tectonique africaine a conduit à l&#8217;assèchement de la Méditerranée. L&#8217;évaporation des eaux a provoqué le dépôt de couches de sel épaisses de 2 000 m, surmontées d&#8217;une grande quantité de sédiments. Mais la mise en évidence de ce processus a provoqué une polémique scientifique internationale, qui a duré&#8230; trente-six ans.</p>
<p>Les 5 et 6 mai, une séance de la Société géologique de France a été organisée à l&#8217;université Claude-Bernard (Lyon-I) en l&#8217;honneur de Georges Clauzon, seul géologue français à avoir soutenu l&#8217;hypothèse formulée il y a près de quarante ans par trois chercheurs : William Ryan, Kenneth Hsü et Maria Bianca Chita. Ces trois scientifiques étaient présents en 1970 sur le navire océanographique américain Glomar-Challenger, qui menait une campagne de carottages en Méditerranée sur une dizaine de sites. Les carottes montraient la présence d&#8217;importantes couches de sel. Pour les trois scientifiques, cela ne pouvait s&#8217;expliquer que par un assèchement complet de Mare Nostrum, dans un passé géologique de quelques millions d&#8217;années. Mais quand Mme Chita (professeur à l&#8217;université de Milan) présenta cette thèse à l&#8217;université de Lyon, en France, en septembre 1971, les réactions des Français et des Italiens présents furent virulentes.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, les esprits se sont apaisés, et une conférence de consensus réunie à Almeria, en Espagne, à l&#8217;initiative de la Commission internationale pour l&#8217;exploration scientifique de la mer Méditerranée, du 7 au 10 novembre 2007, a produit un texte qui signe la fin des hostilités, même s&#8217;il subsiste quelques irréductibles. Mais pourquoi une telle passion ? &#8221; Des profils sismiques effectués en 1969 en Méditerranée avaient bien détecté la présence de sel en certains endroits. Mais personne ne s&#8217;attendait à phénomène d&#8217;une telle ampleur &#8220;, explique Jean-Pierre Suc (CNRS, Laboratoire paléoenvironnements et paléobiosphère, à Lyon), l&#8217;un des organisateurs des journées des 5 et 6 mai.</p>
<p>Georges Clauzon, qui a soutenu dès le départ Mme Chita, se souvient : &#8221; Quand Maria Chita, Italienne jeune et belle, a présenté sa théorie, elle a subi un feu nourri de commentaires et de questions très agressives, y compris de la part de compatriotes qui étaient opposés à ses vues . &#8221; Mais il faut aussi reconnaître que, à l&#8217;époque, et pendant encore de longues années, personne n&#8217;avait une vue d&#8217;ensemble de l&#8217;histoire géologique et tectonique de la zone méditerranéenne. La plupart des scientifiques refusaient d&#8217;admettre l&#8217;hypothèse de la dessiccation complète de la mer, car elle ne cadrait pas avec les idées géologiques dominantes.</p>
<p>De nos jours, la communauté scientifique s&#8217;accorde sur le scénario à deux temps de Georges Clauzon, découlant du modèle présenté en 1970. De &#8211; 7 Ma à &#8211; 5,96 Ma, la Méditerranée communiquait avec l&#8217;océan Atlantique par deux corridors, l&#8217;un situé à Gibraltar et l&#8217;autre au sud du massif du Rif. Dans un premier temps, le corridor sud-rifain se rétrécit à la suite de la poussée de la plaque africaine, et le niveau de la Méditerranée baisse de 150 m. Ce qui se traduit par un premier dépôt d&#8217;évaporites. Puis on assiste au retour des conditions antérieures. Enfin, entre &#8211; 5,64 Ma à &#8211; 5,48 Ma, soit une durée de seulement 160 000 ans, une nouvelle poussée de la plaque africaine isole complètement la Méditerranée et la mer Noire.</p>
<p>C&#8217;est la grande crise messinienne pendant laquelle le niveau de la Méditerranée baisse de 1 500 m. L&#8217;évaporation entraîne le dépôt d&#8217;épaisses couches de sels minéraux (sulfates, chlorure de sodium et sels de potassium). Cette croûte de sel varie de 1,5 à 3 kilomètres d&#8217;épaisseur, et tapisse largement le fond des bassins. De profonds canyons se creusent à l&#8217;emplacement du lit des grands fleuves, qui seront plus tard comblés par des sédiments. Le plus spectaculaire est celui du Nil, découvert au moment de la construction du barrage d&#8217;Assouan (Egypte), avec une profondeur de 277 m sous le barrage lui-même et de 2 000 m sous Le Caire, et qui se prolonge sur 700 km. Le Rhône possède lui aussi un canyon long de près de 400 km, doté d&#8217;une profondeur de 1 150 m sous les Saintes-Maries-de-la-Mer et qui s&#8217;arrête sous la Bresse. La Société Bouygues l&#8217;a appris à ses dépens lorsqu&#8217;elle a creusé la partie souterraine du périphérique nord de Lyon. Là où les tunneliers devaient creuser du sable, ils ont en fait rencontré la rocaille du canyon.</p>
<p>Mais le volume d&#8217;évaporites déposées dans les plaines abyssales de la Méditerranée correspond à un volume d&#8217;eau de mer évaporé égal à huit fois le volume total de la mer. On suppose alors qu&#8217;une alimentation océanique a subsisté en permanence pendant la crise de salinité sous la forme d&#8217;une cascade. Cette dernière, qui devait se situer sur l&#8217;emplacement actuel du détroit de Gibraltar, a fini par éroder l&#8217;obstacle qui empêchait l&#8217;arrivée des eaux de l&#8217;Atlantique. Et &#8221; il y a &#8211; 5,48 Ma, la remise en eau fut fulgurante : elle dura quatorze ans et remonta jusqu&#8217;au fond des canyons. Dans celui du Rhône, la mer est remontée jusqu&#8217;à Beaune &#8220;, ajoute Jean-Pierre Suc. La mer Noire se remplit également mais, comme elle était moins salée, son assèchement n&#8217;a pas laissé d&#8217;évaporites. La remise en eau a eu aussi pour effet de débloquer la grande faille nord-anatolienne, qui démarre à l&#8217;est de la Turquie, et qui a à cette occasion traversé la mer de Marmara et le détroit des Dardanelles.</p>
<p>Si ces informations semblent aujourd&#8217;hui acquises, la dessiccation de la plus grande surface marine fermée sur Terre conserve encore une partie de ses mystères. Et si, sous le sel, se cachait un trésor ? Le chef de la mission du Glomar-Challenger, William Ryan (Université de Columbia) se souvient que, lors des forages entrepris dans les fonds méditerranéens en 1970, dans l&#8217;espoir de traverser les couches salines, les carottes &#8221; sentaient le pétrole à plein nez &#8220;. De peur de provoquer une éruption pétrolière incontrôlée, les autorités scientifiques américaines avaient alors empêché la poursuite des forages. L&#8217;idée, à l&#8217;époque, n&#8217;était pas de chercher de l&#8217;or noir.</p>
<p>Les chercheurs réunis à Lyon les 5 et 6 mai souhaitent, eux, sonder les profondeurs méditerranéennes dans le Golfe du Lion. D&#8217;autres projettent une campagne au sud de Chypre. Un programme international pourrait permettre de mobiliser le navire de sondage japonais Chikyu, le seul capable de forer des puits de 5 km à 7 km de profondeur sous les 2,5 km d&#8217;eau de la Méditerranée. Il est doté d&#8217;un &#8221; riser &#8220;, une sorte de manchon qui entoure le train de tiges destiné à perforer les fonds marins, et qui est déjà utilisé par l&#8217;industrie pétrolière : les variations de pression sont mieux contrôlées, ce qui permet de creuser des puits profonds, même dans des zones instables.</p>
<p>L&#8217;idée serait de forer pour atteindre la croûte océanique. Les carottes obtenues permettraient d&#8217;en savoir plus sur la présence éventuelle de pétrole ; et d&#8217;avoir des précisions sur l&#8217;impact de la crise messinienne sur la faune et la flore, dont on sait peu de chose, si ce n&#8217;est qu&#8217;il a dû être extrêmement destructif.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>

</channel>
</rss>
