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	<title>kabylie &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
	<link>http://en.wordpress.com/tag/kabylie/</link>
	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "kabylie"</description>
	<pubDate>Sun, 29 Nov 2009 01:30:09 +0000</pubDate>

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<item>
<title><![CDATA[Nationalité française pour les algériens nés avant 1962:Ce qui pourrait changer]]></title>
<link>http://kamel47.wordpress.com/2009/10/05/nationalite-francaise-pour-les-algeriens-nes-avant-1962ce-qui-pourrait-changer/</link>
<pubDate>Mon, 05 Oct 2009 13:22:03 +0000</pubDate>
<dc:creator>admin</dc:creator>
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<description><![CDATA[  Partager sur Facebook L’article publié dernièrement par le journal algérien “El Khabar“au sujet de]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><code><br />
<a href="http://www.facebook.com/share.php?u=http://kamel47.wordpress.com" target="_blank"><img src="http://b.static.ak.fbcdn.net/images/share/facebook_share_icon.gif?8:26981" border="0" alt="" width="14" height="14" /></a>  <a href="http://www.facebook.com/share.php?u=http://kamel47.wordpress.com" target="_blank">Partager sur Facebook</a><img class="alignleft size-full wp-image-263" title="Pass français" src="http://kamel47.wordpress.com/files/2009/10/pass-francais.jpg" alt="Pass français" width="90" height="101" /></code></p>
<p style="text-align:justify;">L’article publié dernièrement par le journal algérien <em>“El Khabar“</em>au sujet de la possibilité qui pourrait être donnée aux algériens nés avant 1962 de pouvoir obtenir la nationalité française n’est peut-être pas un canular</p>
<p style="text-align:justify;"><!--more-->, dans la mesure où il viendrait hypothétiquement confirmer une rumeur persistante  en région de Kabylie (Algérie) et même en France.</p>
<p style="text-align:justify;">En fait une telle mesure, si elle venait à être prise par les autorités françaises, ne serait qu’un petit amendement  (en faveur des algériens) d’un texte  déjà existant.</p>
<p style="text-align:justify;">Même pas. Car il s’agit carrément d’assouplir (pour les algériens) les conditions  de réintégration à la nationalité française déjà en vigueur.</p>
<p>Que dit le texte de loi actuel dans son principe ?</p>
<p style="text-align:justify;">Que “<em>la réintégration dans la nationalité française des personnes qui établissent avoir posséder la qualité de français peut résulter d’un décret“.</em> Là on ne fait pas la différence entre “français“ de statut de “droit commun ou local».Cette notion n’est d’ailleurs pas valable du point de vue juridique (voir l’arrêt de la cour de cassation de la cour d’Aix en Provence qui fait jurisprudence).L’Algérie, contrairement aux autres anciennes colonies  françaises (Maroc, Tunisie…) avait le statut de “départements d’outre mer“. Seulement, dans le texte actuel, il ne s’agit pas d’un droit, même si les conditions légales sont remplies. La condition de résidence en France n’étant exigée qu’au moment de la signature du décret de réintégration, car il ne faut pas confondre entre “Nationalité française par naturalisation “et “Réintégration dans la nationalité française“. Ce sont deux choses absolument différentes.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>“La réintégration“ va devenir donc un droit aux algériens nés avant 1962</strong> si le texte venait à être amendé. Voila ce qui changerait. Mais même dans ce cas la nouvelle mesure garderait certainement quelques une  des conditions antérieures liées à la moralité du demandeur et qu’on peut résumer comme suit :</p>
<p style="text-align:justify;">-“<em>Le demandeur doit être de bonnes vie et mœurs : cette condition donnant lieu à une enquête préfectorale qui porte sur la conduite et le loyalisme du demandeur.</em></p>
<p><em>Le demandeur ne doit pas avoir fait l’objet de l’une des conditions empêchant l’acquisition de la nationalité française…“.</em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em>-“Le demandeur doit justifier de son assimilation à la communauté français, notamment par une connaissance suffisante de la langue française et des droits et des devoirs conférés par la nationalité française…“.</em></p>
<p>Il y aussi une autre condition avantageuse pour les algériens dans le code de la nationalité actuel et qui est  souvent ignorée.Il s&#8217;agit de la suppression de délai de résidence de 5 ans en France.Cela s&#8217;adresse aux algériens nés avant le 1er janvier 1963.Il est également supprimé pour les ressortissants d&#8217;un pays dont l&#8217;une des langues officielles est le français et qui le pratiquent comme langue maternelle.</p>
<p>Le principe de la “réintégration dans une nationalité“ n’existe que dans le code de la nationalité français. Cette mesure a été prise par le législateur français pour permettre justement aux habitants (et leurs descendants) des anciennes colonies de pouvoir réintégrer la nationalité française, sous certaines conditions. Une façon peut-être de réparer le mal fait durant la colonisation, ou de maintenir le lien avec ses anciennes colonies. Pas facile.</p>
<p><em> </em></p>
<p><em> </em></p>
<p><span style="text-decoration:underline;">Textes de référence :</span></p>
<p><a href="http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do?idArticle=LEGIARTI000006420116&#38;idSectionTA=LEGISCTA000006149957&#38;cidTexte=LEGITEXT000006070721&#38;dateTexte=20080925">Code civil : articles 24 à 24.3</a></p>
<p><a href="http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/F2214.xhtml#titreN10049">Décret  n°93 -1362 du 30 décembre 1993</a></p>
<p><a href="http://www.prefecture-police-paris.interieur.gouv.fr/demarches/etrangers/paris/nationalite/nationalite.htm#naturalisation">Liens utiles</a></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[PETITION du COMITE VERITE ET JUSTICE SUR L’ASSASSINAT DE LOUNES MATOUB]]></title>
<link>http://auresiennekahina.wordpress.com/2009/08/23/petition-du-comite-verite-et-justice-sur-l%e2%80%99assassinat-de-lounes-matoub/</link>
<pubDate>Sun, 23 Aug 2009 10:15:00 +0000</pubDate>
<dc:creator>dyhia</dc:creator>
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<description><![CDATA[Dix ans après le lâche assassinat de Lounès MATOUB, le 25 juin 1998, malgré des demandes de justice ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[Dix ans après le lâche assassinat de Lounès MATOUB, le 25 juin 1998, malgré des demandes de justice ]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Cousins, croyants ou citoyens : les Kabyles à la croisée des chemins]]></title>
<link>http://eldjoudhi.wordpress.com/2009/08/05/cousins-croyants-ou-citoyens-les-kabyles-a-la-croisee-des-chemins/</link>
<pubDate>Wed, 05 Aug 2009 23:23:57 +0000</pubDate>
<dc:creator>eldjoudhi</dc:creator>
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<description><![CDATA[Par Hamid Salmi Il était temps de happer les dernières voix avant que la mort ne les happe… tant qu’]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><div>
<div>
<p><span style="text-decoration:underline;">Par Hamid Salmi</span></p>
<p><em>Il était temps de happer les dernières voix avant que la mort ne les happe… tant qu’encore s’entendait le verbe qui résonnait depuis plus loin que Syphax et que Sophonisbe.</em></p>
<p><em>Mammeri, M. 1980.</em></p>
<p>Depuis plus d’un demi-siècle une idée circule, tente de se frayer un chemin difficile, portée tour à tour par des individus et des petits groupes souvent migrants et originaires de la Grande <span>Kabylie</span>. Cette idée exprime une Algérie algérienne, une Algérie arabo-berbère qui remet en cause la définition exclusive de ce pays comme Nation arabo-musulmane. Les impératifs de la lutte contre un ennemi commun (la colonisation française) ont fait échec à cette revendication. Mais à partir de 1980 un mouvement culturel kabyle puissant émerge, animé essentiellement par des artistes, des poètes et des intellectuels. Porté par une jeunesse entièrement formée par le système socio-éducatif étatique mis en place après l’indépendance, ce mouvement a réussi à faire la jonction entre la Grande et la Petite <span>Kabylie</span>, à établir des ponts entre les migrants et les autochtones et à réconcilier deux générations séparées par la guerre. La langue kabyle longtemps refoulée et repliée sur ses franges rurales se propage et s’affirme pour la première fois dans les villes. Cette revendication est traversée par de multiples contradictions. Elle est encore à la recherche d’un projet culturel cohérent, acceptable par les deux populations berbérophones non kabyles et arabophones. Il existe en Algérie en dehors de la <span>Kabylie</span> plusieurs communautés berbérophones dont les principales sont les Mozabites, les Touaregs et les Chaouis de l’Aurès. Mais actuellement seuls les Kabyles luttent massivement et ouvertement pour la reconnaissance de leur culture. Pour donner une dimension nationale à leur combat, ils doivent à la fois emporter l’adhésion des autres Berbérophones et convaincre la majorité des Arabophones en transformant certaines caractéristiques de leur propre particularisme culturel. Pour cela, il faut que ce mouvement découvre d’autres valeurs à partager et d’ autres sources de légitimation que celles auxquelles puise l’idéologie de l’Etat.</p>
<p>Cette lutte s’inscrit dans un contexte dominé par un arabisme intransigeant, longtemps identifié au progressisme(1).</p>
<p>Mais avant l’indépendance déjà, l’islamisme, l’arabisme et le nationalisme ont tissé des rapports complexes pour constituer une idéologie d’Etat qui ne tolère plus de mise en cause. Le mouvement kabyle a provoqué une faille dans ce système clos et mononolithique. Aux plus forts moments de cette revendication, les discours nationalistes comme les discours marxisants ou religieux, à court d’arguments, ont tous fait appel au mythe de la conspiration pour expliquer cette déroutante manifestation de la berbérité. Il fallait démasquer à travers de troublantes coïncidences, l’ennemi de la Nation. Le démon intérieur figuré par la tribu conjugue ses forces maléfiques avec les agissements occultes de l’étranger pour porter atteinte à l’union sacrée de la Nation. En effet, la dénomination « Kabyle » provient d’une racine sémitique K.B.L. signifiant tribu. Cette notion a toujours été appréhendée à travers une théorie, qui en fait le pôle de régression de l’histoire du Maghreb, et le levier de la division pouvant être utilisé par un Etat ennemi. Une problématique de l’impérialisme et de la domination, niant le jeu des libertés et n’insistant que sur les contraintes, a été longtemps mise au service de la théorie de la conspiration comme source unique de tous les maux de la société.</p>
<p>Quel est le champ des représentations sociales de base autour desquelles s’articulent aussi bien l’idéologie de l’Etat (arabisme, islamisme) que les identités culturelles prescrites ou revendiquées (arabité et berbérité) ? Chemin faisant, nous évoquerons quelques aspects de la lutte entre plusieurs groupes d’acteurs sociaux pour la maîtrise des réseaux (histoire, linguistique etc.) servant à gérer, à manipuler et à reproduire les symboles de l’autorité et de la légitimité politique.</p>
<p><img style="height:11px;width:8px;" src="http://mak.makabylie.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" alt="-" width="8" height="11" /> Dans notre cas, la culture présentée comme « nationale » provient d’une politique volontariste d’acculturation cherchant à ajuster des populations hétérogènes à un programme commun.</p>
<p>Il est conçu à la fois comme un développement nécessaire pour rattraper un retard technologique et économique et, comme une volonté de réappropriation d’une culture ancestrale prestigieuse effacée par la colonisation. Ce programme est véhiculé par une idéologie dont les thèmes sont l’Etat-Nation (2). l’industrialisation, le sédentarisme et l’éducation pour tous dans une langue</p>
<p>transparente, écrite et à visée instrumentale. En fait, l’Etat moderne dissout les structures sociales où s’effectuent les transmissions de savoir sur un mode informel, personnel et initiatique. L’impératif de la généralisation de l’écriture désarticule la transmission orale liée au contexte, au rythme, à la scansion et à l’action. Devant les philosophies « épistémiques » qui vénèrent la preuve et détruisent le sens du secret, les doctrines initiatiques disparaissent, ou payent le prix de la laïcisation en se transformant en marques « symboliques » illustrant la continuité d’une communauté à travers le temps (folklorisation, idéologisation …). Si les anciennes dynasties maghrébines ont rendu possible la coexistence de deux cultures, l’une savante liée aux villes, et l’autre populaire, liée aux tribus, les Etats actuels ont à la fois échoué à renouer avec la culture savante du moyen-âge et à donner la place qui lui revient, à la culture orale berbère et arabe.</p>
<p>La culture officielle se présente donc d’une part comme une culture objective et universelle et d’autre part comme une culture nationale et authentique. Son inspiration est justifiée par des références à des considérations à la fois idéalistes et pragmatiques qui renvoient en fait à des théories sous-jacentes implicites (positivisme, évolutionnisme etc…) retranchées derrière ce qu’on veut faire apparaître comme de simples descriptions de la réalité. Ce modèle a pour conséquence ultime, la négation effective de la tribu, de la diversité et de l’oralité. Dans plupart des Etats du sud, l’idéologie nationaliste n’est jamais intégralement appliquée. On vise plus la modernisation technologique que la modernité tout en gommant les principes démocratiques et la laïcité qui devraient accompagner un tel modèle. Cette politique engendre de grandes distorsions qui font échec finalement au « développement » voulu par l’Etat. Les minorités investissent ces espaces vierges, conséquences inattendues d’une modernisation mal adaptée et mettent à profit l’introduction des techniques modernes pour préserver le patrimoine oral (« retraditionnalisation »). Toujours, un groupe régional et militaire prend le pouvoir et finit par se désagréger en perdant ses clôtures culturelles par l’excès de modernité et le jeu déséquilibré des alliances de toutes sortes contractées avec l’extérieur : alliances matrimoniales conjuguées avec tous les clientélismes.</p>
<p><strong>Comment est perçue dans le discours officiel la culture kabyle. Elle apparaît sous trois aspects :</strong></p>
<p>1- elle serait un espace hérité du colonialisme, ce dernier ayant détruit l’Etat historique algérien et ayant empêché sa reconstruction, il aurait de ce fait favorisé l’éparpillement des groupes qui seraient revenus à leur tribalisme ancestral. Cette culture serait donc une réserve due à un accident de l’histoire, une survivance &#8211; obstacle qui gène l’intégration &#8211; appelée à disparaître par l’arabisation totale du pays. En témoigne ce propos d’un dirigeant du Front de Libération sous Boumédienne (1965-1978) : « En Algérie, le problème de la langue berbère sera résolu quand les enfants au retour de l’école ne comprendront plus leurs parents et réciproquement »&#8221; (3)</p>
<p>2- La culture kabyle serait une pure création coloniale. Les berbérophones seraient purement et simplement victimes de l’ancien « mythe kabyle » des militaires et des missionnaires « pères blancs ». Cette dernière position a engendré des attitudes passionnelles pendant la guerre et après l’indépendance (4).</p>
<p>3- L’Algérie est composée de Berbères plus ou moins arabisés : « le sang algérien » est arabo-berbère avec une dominante berbère dont la culture est arabe. Il s’agit là en fait d’une habile manoeuvre pour récupérer le mouvement kabyle le vidant de tout contenu culturel. La « race » est berbère, ce qui n’a aucune conséquence dans un Etat qui combat officiellement le racisme, mais la culture est arabe, ce qui nie l’existence réelle d’une Culture berbère. Aujourd’hui, ces positions ont évolué. On prône la reconnaissance de la culture berbère mais en tant que patrimoine de toute l’Algérie et non plus en tant que propriété d’une région donnée.</p>
<p>Des démarches intellectuelles accompagnent ces positions prenant souvent la forme d’opinions individuelles, mais leur concomitance dans la presse officielle en font des documents significatifs de l’affrontement idéologique autour de disciplines telles que l’histoire et la linguistique. Ces thèses puisent à deux sources d’information :</p>
<p>1- la distinction classique (en France) entre une langue et un dialecte.</p>
<p>2- les affirmations des historiens arabes du Moyen-age.</p>
<p>Le premier courant ne voit dans les langues populaires qu’un phénomène secondaire et sans importance. L’argumentation repose sur la distinction langue / dialecte intégrée aussi bien par les Arabisants que par les francisants. On confère à cette distinction un sens essentialiste qui renvoie à la hiérarchisation des langues : langue scientifique / langue non scientifique. Le dialecte est défini comme une langue inférieure ou abâtardie et non, d’un point de vue descriptif, comme la variation régionale d’une langue.</p>
<p>Le deuxième courant proclame l’origine arabe des berbères. L’hypothèse de l’origine moyen orientaliste des Berbères, posée par des historiens arabes du Moyen-Age est reprise comme un postulat (6). En fait, ces historiens ont tenté de donner une explication, avec les connaissances dont ils disposaient à l’époque, à deux faits historiques et archéologiques qu’ils avaient constaté en Afrique du Nord.</p>
<p>1- L’existence de l’alphabet libyque (7) qui présente certaines ressemblances avec les écritures phéniciennes et sud-arabiques</p>
<p>2- Des traces archéologiques de culture punique (8) que ces mêmes historiens identifiaient comme sémitiques.</p>
<p>Cet affrontement idéologique autour de l’Origine se déroule dans un contexte mouvant. Les arguments utilisés changent au gré des circonstances liées aux alliances du moment et à la situation des rapports de forces politiques. L’arabisation de l’Origine se présente tantôt comme une tentative d’adoption des Berbères &#8211; les Arabophones gardant de ce fait leur suprématie culturelle comme fondateur d’une nation moderne &#8211; tantôt, comme une affirmation des référents « umma », « socialisme. arabe », contre les valeurs occidentales. Ces discours sur les filiations ancestrales ont un impact profond sur les individus et visent à colmater la brèche ouverte par le mouvement kabyle qui pose les questions difficiles, à la fois, du pluralisme politique et, de la nécessité de la prise en charge du patrimoine oral par un Etat moderne.</p>
<p>D’autres variantes de cette démarche se retrouvent dans les manuels d’histoire conçus sur le modèle nationaliste. Tous visent à minimiser les résistances berbères à la conquête arabe, à brouiller les origines des dynasties berbères musulmanes et à occulter les mouvements « hétérodoxes » qui ont enrichi la pensée islamique au Moyen-Age (les tendances rationalistes, agnosticistes et les « hérésies » berbères).</p>
<p>La seule concession faite aux Kabyles est la valorisation des révoltes berbères contre la domination romaine. Cette concession constitue une réponse au mythe colonial de la vocation latine de l’Afrique du Nord détournée par l’arrivée des Arabes.</p>
<p>Essayons à présent de situer la revendication kabyle vis-àvis de chacun des deux thèmes spécifiques qui sous tendent l’idéologie de l’Etat : l’arabisme et l’islamisme.</p>
<p>1- L’arabisme est un courant idéologique encouragé à l’origine par les anglais au Moyen Orient et dirigé contre la domination turque. Il a été élaboré en grande partie par les chrétiens arabes. Ils lui ont donné son caractère laïque tout en reconnaissant la grandeur de la civilisation musulmane. En Algérie, il s’est mêlé à l’islam populaire et plus tard à l’islam réformiste, citadin et élitaire par ses origines. Plus qu’en Orient où il y eut place dès l’origine pour un arabisme chrétien et où un partage s’effectua entre groupes communautaires musulmans (Druzes, Shiites etc.), l’arabisme en Algérie se confond avec l’islam et un islam considéré comme global et unique (9). En Algérie, la colonisation française, identifiée à une domination chrétienne, a favorisé et confirmé la conjonction arabo-islamique et a constitué à travers elle, chez les Arabophones, l’identification nationale. Il se trouve que ce mouvement a annihilé la tendance berbériste présente dans le premier parti nationaliste (10) créé par des syndicalistes algériens en France, proches du parti communiste. Aujourd’hui le populisme arabo-musulman (11) échappe au contrôle de l’Etat pour se convertir en un islamisme radical chez une partie des Arabophones et des Kabyles arabisés des grandes villes.</p>
<p>2- L’islam : Il est mis au service d’une identité défensive dans ses deux versions réformistes et intégristes. Il semble qu’on a affaire à une « identité islamique » sans véritable pensée ou philosophie telles que celles qui se sont déployées au Moyen-Age musulman. Les réformistes tendent, en effet, à préconiser des changements qui vont à l’encontre de la loi musulmane traditionnelle, mais toujours dans le sens des valeurs admises par l’Occident (pour la réussite matérielle). Ces réformes sont présentées comme provenant de cette même loi dûment restituée à sa vérité après avoir été déformée par les premiers docteurs. Les réformistes considèrent que l’islam est une religion parfaite qui a anticipé sur les expériences techniques et démocratiques que l’Europe découvrira plus tard. L’idée est toujours demeurée &#8211; du moins implicitement &#8211; que dans la doctrine islamique les moyens pour réaliser un idéal de société équitable existent. Ce courant diffusé en Orient au début du XIXème siècle a fait une entrée tardive en Algérie (1914) où il a livré une lutte prolongée contre le maraboutisme et les confréries. En effet les théologiens modernistes ont combattu le soufisme (12) et le culte des Saints comme des forces hétérodoxes et obscurantistes responsables de la décadence du monde musulman. En fait le soufi « voyageur » de la religion intérieure menace l’unité et la cohésion de la « umma ». Le mystique n’a de guide que sa propre expérience tandis que l’orthodoxie a soin de critères doctrinaux bien établis pour contrôler l’expérience religieuse. Quant aux cultes des Saints, il est intimement lié à la structure tribale des ethnies. Un ensemble de tribus dont les membres se considèrent comme étant issus d’un ancêtre commun, honore d’un culte périodique le fondateur Saint ou Marabout. L’Etat-Nation est aussi bien menacé par les idéaux universalistes du soufisme que par les tensions régionalistes tribales du culte des Saints. C’est pour cette raison qu’il a intégré en Algérie, l’islam réformiste comme religion d’Etat. La récente ouverture démocratique a redonné une certaine vitalité aux confréries.</p>
<p>L’intégrisme actuel assimile ces idées tout en cherchant la permanence identitaire dans l’adhésion à un contenu fixe. Le changement est considéré comme une perte ou une régression par rapport aux origines représentées par le mythe de l’Age d’or de la première cité politique musulmane dirigée par le Prophète : Médine. Les jeunes Kabyles rejettent leurs marabouts pour des raisons contraires à celles des Arabophones. Ils sont perçus comme les représentants d’une religion d’Etat et d’une langue officielle qui menace la leur. Traditionnellement, les marabouts se distinguent de la masse kabyle et proclament leur filiation chérifienne (descendant du Prophète). L’Etat a tenté de manipuler ce fait sociologique pour renforcer l’arabisation et « l’islamisation » en pays kabyle (13). Mais cette distinction marabout/Kabyle tend à disparaitre chez les jeunes dont la désaffection à l’égard du maraboutisme est due en réalité à la perte du rôle des marabouts en tant que médiateur entre groupes rivaux du fait de leur impartialité (caste endogame) et en tant qu’intercesseur entre les croyants paysans et un Dieu lointain. Mais les poètes et les artistes resacralisent la période ante-islamique, tandis que les vieilles femmes sont toujours fidèles à leurs génies et aux gardiens tutélaires des lieux…</p>
<p>Quelles sont les stratégies de réidentification que peut déployer une minorité pour résister à l’assimilation et passer du statut d’une sous-culture à un statut d’une contre-culture (14) ?</p>
<p>Pour changer sa situation le groupe doit se modifier et redéfinir sa position vis-à-vis de la majorité pour augmenter sa capacité d’influence, tout en devenant un groupe visible et actif qui pèse sur le comportement et le regard de la majorité. Et, il doit également aménager une vie interne dense à l’écart de cette majorité (15).</p>
<p>La revendication berbère est conditionnée par la spécificité de la <span>Kabylie</span> par rapport aux autres régions du Maghreb. Cette spécificité réside dans la convergence de trois données fondamentales : sa cohésion sociale, son rôle de réserve d’hommes pour l’immigration intérieure et extérieure et l’introduction de l’école française au coeur de cette montagne pendant la colonisation. Toutes ces données ont permis aux Kabyles de jouer un rôle d’avant garde dans le déclenchement de la « Révolution » et l’encadrement de celle-ci. On constate deux faits importants :</p>
<p>1- le passage direct pour l’intellectuel et le migrant &#8211; pendant la colonisation de la vie villageoise à la pensée moderne par dessus la culture arabe savante.</p>
<p>2- l’intellectuel issu directement de la paysannerie renoue souvent avec sa culture d’origine en entamant un travail de collecte et de reprise en charge de la littérature orale.</p>
<p>L’engagement total de la <span>Kabylie</span> dans la guerre et la revalorisation de son passé et de sa culture engendrent un sentiment de fierté qui légitime la revendication ouverte de la berbérité.</p>
<p>Celle-ci s’est exprimée essentiellement par le chant, la poésie et l’écriture.</p>
<p><strong>Chants et poésies</strong></p>
<p>Les créations nouvelles répondent à une attente, presque à un appel de la société kabyle. Les artistes sont poussés souvent malgré eux, à orienter et à servir de guide à la revendication. Tout en échappant à la censure étatique, la chanson a conservé ses plus ancestrales capacités de diffusion, d’infiltration et d’évocation. En réveillant de vieilles valeurs enfouies, en redonnant vie, aux inoubliables mots de la tribu à ravers les rythmes ancestraux modernisés, la chanson a favorisé la rencontre des diasporas kabyles. Les artistes, dont la plupart ont vécu la migration, ont repris en charge les rythmes du vieux répertoire musical féminin (berceuses, contes … ). Les thèmes nostalgiques ou « révolutionnaires » qui reviennent souvent sont ceux des ancêtres et des héros de, la berbérie. Devant la faiblesse ou l’incapacité de l’élite intellectuelle, fonctionnarisée et refugiée dans le giron de l’Etat, les poètes et les chanteurs engagent une critique sociale rigoureuse et dénoncent les mystifications de l’idéologie dominante. Ils reprennent aussi les refrains des confréries ou ceux des rites agraires et naturistes. La chanson injecte des néologismes, construits à partir de racine touareg (Tàmachek). Dans le même temps, des prénoms berbères anciens se propagent. On donnera aux enfants les noms des héros de l’Afrique du Nord ancienne : Massinissa, Jugurtha … ou même Koceïla et Kahina, ceux qui ont combattu l’invasion arabe (16).</p>
<p><strong>La langue écrite</strong></p>
<p>Dans la dynamique de la production de l’identité kabyle, on assiste à l’expression volontaire de certains traits culturels et l’occultation d’autres segments doivent passer inaperçus pour l’out-groupe. Dans leur désir de reconnaissance les Kabyles mettent au point un système graphique qui est une notation phonétique du kabyle en ancien alphabet tifinagh modifié (celui des Touaregs). Pourtant l’usage a consacré depuis longtemps les caractères latins mais les puristes s’accrochent à leur trouvaille. Par sa seule existence cet alphabet a joué un rôle important pour la mobilisation de la jeunesse. Longtemps interdit par les autorités, ce code graphique s’est presque sacralisé en devenant un signe secret d’appartenance (17). On note tout de même une ambivalence vis-à-vis de l’écrit car la langue de l’ethnie est à la fois une langue de combat et une langue de l’intimité. Généraliser son enseignement, c’est livrer les secrets du groupe et s’exposer à la « captation » de ses référents par les autres … Aujourd’hui encore la polémique porte sur l’alphabet officiel à utiliser. Les Arabophones optent pour les caractères arabes ou tifinagh.</p>
<p>Par quelles démarches intellectuelles et idéologiques s’exprime à son tour le mouvement berbère vis à vis de la majorité ? Pour échapper à une répression ouverte le mouvement a été contraint de modifier son caractère « culturaliste » pour se déployer sur le terrain de la démocratie et des Droits de l’Homme. Les Kabyles créent la première ligue des Droits de l’Homme en Algérie avant d’occuper l’espace de la légitimité conféré par leur participation à la guerre. Ils mettent sur pied des « Associations d’enfants de martyres » indépendantes du pouvoir et investissent ainsi les cimetières, ultime caution d’un Etat à la recherche de racines incertaines. Depuis 1988, ce mouvement a donné naissance à des partis à vocation nationale tout en gardant sa sensibilité régionale. Il oscille depuis longtemps entre trois positions.</p>
<p>1- Une position d’avant-garde qui consiste à convertir la majorité à l’idée de la lutte pour la réhabilitation des cultures populaires arabes et berbères.</p>
<p>2- Une position de repli sur la différence régionale. L’idée de vivre en étant égaux et séparés (autonomie, fédéralisme), longtemps rejetée par les Arabophones, fait son cheminement souterrain. Il reste que les frontières ethniques sont plutôt mal acceptées par les masses acculturées des villes &#8211; les agglomérations agissent, on le sait, comme un véritable moule assimilateur.</p>
<p>3- Une position « intellectualiste » qui consiste à valoriser la spécificité du Maghreb par sa composante berbère. On tente ici de réaménager l’identité reconnue aux Arabophones afin de la rendre compatible avec la différence kabyle. La berbérite est une composante commune aux Arabophones et aux Berbérophones. L’idée sous-jacente est que la majorité des Arabes maghrébins seraient d’origine berbère. Même si on est proche de la réalité historique, « l’identité » est une question de conscience et de croyance.</p>
<p>Comment peut-on comprendre les deux logiques étatiques et minoritaires qui essayent chacune de s’accaparer du point de vue des origines pour tenter d’assimiler l’autre ? Depuis toujours, les ethnies arabes et berbères ont dépensé une énergie considérable pour préserver les « ansab » qui sont les filiations parentales, familiales et ancestrales (18) L’ancêtre commun est souvent fictif, mais son nom est toujours un capital de puissance et de prestige. Les familles et les tribus sans grande puissance ont souvent établi des liens de vassalité avec les grandes tribus, elles ont pu ainsi participer aux vertus des premiers détenteurs de ce nom. Dans le passé existait un grand nombre de rites d’affiliation (adoption par le sang, tatouage, etc.). L’islam n’a cautionné que le rite de collactation (ridâ’a)(19). Les dynasties berbères qui ont régné sur l’Afrique du Nord et l’Andalousie (Almoravide, Almohade etc.) se sont toujours forgées des généalogies arabes et chérifiennes. Mais l’autorité politique ne rompt presque jamais avec les mécanismes segmentaires à l’œuvre dans l’organisation tribale mais les subvertit plutôt et les retourne à son profit. Le chef d’une confrérie dynastique (Almoravide) préserve l’ordre tribal en se légitimant par des valeurs religieuses. La tradition berbère s’est conservée au prix d’une lutte permanente avec les instances symboliquement dominantes. Ainsi la revendication kabyle ne peut être comprise aujourd’hui que comme l’émergence d’un autre nationalisme ou une transgression grave aux yeux du croyant, l’irruption à ciel ouvert d’un refoulé historique : le pouvoir de l’ancêtre qui remet en cause la croyance en un Dieu transcendant.</p>
<p>L’Etat-Nation inspiré du modèle occidental a tenté, pour se légitimer, de s’imposer comme le support du message ancestral. Pris dans des contradictions insolubles, il. implose laissant place à un fondamentalisme religieux qui semble offrir une alternative universalisante aux jeunes croyants. L’affaissement des solidarités lignagères afférentes à l’ancêtre commun engendre un lien religieux abstrait qui efface tout autre inscription territoriale (maraboutisme). Il constitue une tentative ambiguë de conciliation du sujet universel, citoyen de l’Etat, avec la notion d’un Dieu qui ne s’exprime que par le Livre et par la Lettre. Par ailleurs, cette dimension existentielle et individuelle de la relation du croyant avec le « Maître des mondes » semble être contrebalancée par une quête cyclique de l’extase et de la possession au travers des mobilisations militantes urbaines visant à reconstruire la clôture d’une communauté archétypale grâce au verbe incantatoire qui dénonce l’infidèle et l’étranger… Quant à « la question berbère », elle agit, depuis longtemps, comme un véritable analyseur de la société maghrébine en charriant dans son courant des valeurs et des référents proscrits par une idéologie anachronique qui ne véhicule même plus la moindre efficience ni la moindre éthique. La méditerranéité, l’africanité et les valeurs du nomadisme sont devenues, depuis des années, les thèmes de recherche des poètes et des romanciers berbères. En Orient, les chrétiens ont impulsé une idéologie qui vise à dépasser le fait religieux au profit du fait national soit restreint (libanité, égyptianité), soit élargi (Antun Saâdé et l’idéal d’une grande Syrie, Michel Aflak et le Ba’th)(20). La stratégie des Berbères en Algérie consiste à changer les règles du jeu imposé par la minorité au pouvoir en plaçant leur combat sous le drapeau du pluralisme politique, de la laïcité et des droits de l’homme. Pourtant, si dans un premier temps ces idéaux permettent de sauver la différence culturelle et la liberté de penser, à terme, ils débouchent sur un humanisme homogénéisant et abstrait qui détruit les différences concrètes des communautés …</p>
<p>(1) Ce qui valait au</p>
<p>(3) Cf. Libération du 30 Décembre 1976.</p>
<p>(4) Ait Ahmed, H.,1983.</p>
<p>(5) Ccs positions ont été synthétisées par Chaker, S., 1989.</p>
<p>(6) D’autres auteurs arabes de cette époque tels que AL-Idrissi et Ibn Hawquel avec véhémence toute possibilité de descendance arabe pour les berbères</p>
<p>(7) Ecriture dont dérive l’alphabet tifinagh des Touaregs. Libyen est le nom donné par les Grecs aux Berbères du littoral.</p>
<p>(8) Les Phéniciens ont créé plusieurs cornptoirs en Afrique du Nord dont Carthage fondé en 814 av. J.C.</p>
<p>(9) La communauté Mozabite (berbère) de doctrine Kharédjite constitue le seul groupe « hétérodoxe » en Algérie. Le Shiisme et le Karédjisme, fortement présents au Moyen-Age, se sont résorbés dans la voie sunnite du rite malékite.</p>
<p>(10) Etoile nord-africaine (puis Parti du Peuple Algérien), fondée à pais en 1926 par une grande majorité de Kabyles.</p>
<p>(11) Le populisme confond le parti, l’Etat, le peuple avec « son passé glorieux et son avenir radieux ». Cette confusion perçue très tôt par les kabyles sentiment de l’honneur tribale déplacé sur le concept de Nation. Quand la structure tribale est intacte, elle empêche la diffusion de ce type de bricolage idéologique.</p>
<p>(12) Courant mystique de l’islam qui postule l’idée de l’absorption de l’homme dans l’essence divine. L’orthodoxie attachée à la transcendance d’un Dieu séparé de ses créatures, rejette cette conception religieuse.</p>
<p>(13) On dénombre environ, une douzaine d’instituts d’Etudes islamiques essaimés à travers la <span>Kabylie</span>.</p>
<p>(14) Une culture qui propose un changement de valeurs à la majorité sans prétendre au pouvoir (écologie, féminisme, culture régionale…</p>
<p>(15) Moscovici S., 1989.</p>
<p>(16) On peut prendre quelques titres dans le répertoire des principaux chanteurs compositeurs :</p>
<p>1 &#8211; Ferhat :</p>
<p>Tamazight = « la langue berbère »</p>
<p>A Dû = « le vent » (de liberté)</p>
<p>20 isseggwassen aya = « 20 ans déjà » (de dictature)</p>
<p>2- A:it Menguellat :</p>
<p>Askuti = « le boy-scout »</p>
<p>Ettes = « dors, dors encore » (ou l’opium du peuple)</p>
<p>3- Idir (paroles de Ben Moharned)</p>
<p>Cfu ay ixf-iw = « souviens-toi » (des combats passés)</p>
<p>Et en Poésie : Ouary, M., 1974. Mamrneri, M., 1969. Amrouche, J. 1937.</p>
<p>(17) Ce n’est pas un hasard : cet alphabet ressemble aux tatouages et aux motifs géométriques qui ornent les poteries, les tissages au Maghreb.</p>
<p>(18) Bourdieu, P. 1965.</p>
<p>(19) Avant l’islam l’adoption était considérée comme une manière parmi d’autres « créer » la parenté (pacte de sang, pacte de fraternité, pacte d’alliance donnant naissance à une confédération). Après la révélation seul l’adoption par le lait a étéreconnue juridiquement par l’exégèse du verset coranique (XXXIII : 6).</p>
<p>(20) C’est la deuxième tendance qui a triomphé. Elle a débouché sur un arabisfilc autoritaire qui a renforcé la prééminence de l’élément arabe au détriment des nonArabes (Kurdes, Juifs autochtones, Arméniens … ).</p></div>
</div>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[ALGERIE : Deuxième festival panafricain, le premier remonte à 1969 ! il y a 40 ans]]></title>
<link>http://oubangui.wordpress.com/2009/07/19/algerie-deuxieme-festival-panafricain-le-premier-remonte-a-1969-il-y-a-40-ans/</link>
<pubDate>Sun, 19 Jul 2009 01:17:26 +0000</pubDate>
<dc:creator>oubangui</dc:creator>
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<description><![CDATA[Colloques littéraires, concerts musicaux, expositions photos,  théâtre, danse ou cinéma: le deuxième]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><h6 style="text-align:justify;">Colloques littéraires, concerts musicaux, expositions photos,  théâtre, danse ou cinéma: le deuxième festival culturel panafricain,  en Algérie, révèle de véritables trésors artistiques du continent.</h6>
<h6 style="text-align:justify;"><img class="alignnone size-full wp-image-1942" title="manu Dibango" src="http://oubangui.wordpress.com/files/2009/07/manu.jpg" alt="manu Dibango" width="450" height="430" />           <span style="color:#0000ff;"><em>  Manu Dibango, saxophoniste camerounais</em></span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"> Et entre ceux qui ont assisté au 1er &#8220;Panaf &#8220;en 1969, déjà à Alger, et les plus jeunes, fans de l&#8217;algérien Khaled le roi du raï, des rythmes du Malien Salif Keita, du Guinéen Mory Kanté ou de Manu Dibango, le saxophoniste camerounais, ou encore du sénégalais Youssou N&#8217;Dour. Quinze jours de manifestations consacrées à l&#8217;Afrique et à ses cultures sur le thème de &#8220;la renaissance africaine&#8221; ont été ouverts le 4 juillet 2009  par une parade de chars représentant les 43 pays africains participant à ce festival.</h6>
<p><!-- Debut "Sur le même sujet..." --></p>
<div style="text-align:justify;">
<div><!-- Représentation finale du média "Sur le même sujet..." --><!-- div qui encapsule la représentation d'un média pour les styles et le positionnement : padding/margin... --></div>
<h6><img class="alignnone size-full wp-image-1943" title="youssou ndour" src="http://oubangui.wordpress.com/files/2009/07/youssou_ndour.jpg" alt="youssou ndour" width="355" height="286" />         <span style="color:#0000ff;"><em>Youssou N&#8217;Dour du Sénégal</em></span></h6>
<p><!-- Représentation finale du média "Sur le même sujet..." --><!-- div qui encapsule la représentation d'un média pour les styles et le positionnement : padding/margin... --></p>
<h6>Ce 2e Panaf rassemble plus de 8.000 représentants de ces pays, des Etats-Unis et du Brésil, les deux invités du festival,  ou  bien encore d&#8217;Europe,  et au moins 20.000 artistes algériens. Des milliers de spectateurs assistent quotidiennement aux concerts gratuits donnés à divers endroits de la capitale algérienne mais aussi à Oran, la grande cité de l&#8217;Ouest, Biskra situé dans le sud  ou Boumerdès  en Kabylie  ainsi que dans d&#8217;autres villes de l&#8217;Est comme Annaba. A Alger, le programme commence dès le début de la matinée par un colloque pour finir par un concert. Les conférences de l&#8217;écrivain sud-africain blanc André Brink ou celui portant sur la &#8220;colonisation et la libération de l&#8217;Afrique&#8221;. Et les récitals à Bab El Oued d&#8217;un groupe du Malawi, des ougandais du Nile Beat Cultural Artists et des guinéens du Nku De Nene Banto. La musique résonne tard dans la nuit lorsque  la chaleur finit par disparaiter un peu, devant un public  qui découvre parfois cette musique africaine d&#8217;au-delà du Sahara.</h6>
</div>
<h6 style="text-align:justify;"><img class="alignnone size-full wp-image-1944" title="Aimé Césaire" src="http://oubangui.wordpress.com/files/2009/07/aime-cesaire.jpg" alt="Aimé Césaire" width="325" height="417" /> <span style="color:#0000ff;"><em>Aimé Césaire</em></span></h6>
<h6 style="text-align:justify;">L&#8217;oeuvre de Césaire est d&#8217;ailleurs mise en scène avec une reprise par la troupe sénégalaise Daniel Sorano de sa pièce &#8220;Une saison au Congo&#8221; qui se situe au lendemain de l&#8217;indépendance de l&#8217;actuelle République démocratique du Congo (RDC). Autre documentaire du sud-africain Ramadan Suleman consacré à &#8220;L&#8217;Algérie et les mouvements de libération africains&#8221;, avant de se rendre dans le centre-ville voir l&#8217;exposition &#8220;Mesli l&#8217;Africain&#8221; du peintre algérien Choukri Mesli qui présente une soixantaine de toiles au Musée d?art moderne et contemporain. 22.000 policiers ont été mobilisés pour assurer la sécurité du festival et Alger a toujours gardé son calme malgré cette effervescence culturelle.</h6>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Ccix Aheddad]]></title>
<link>http://algeriemonamour.wordpress.com/2009/07/05/ccix-aheddad/</link>
<pubDate>Sun, 05 Jul 2009 23:30:56 +0000</pubDate>
<dc:creator>algeriemonamour</dc:creator>
<guid>http://algeriemonamour.wordpress.com/2009/07/05/ccix-aheddad/</guid>
<description><![CDATA[Ccix Aheddad Amezruy yettwattun Ccix aḥeddad, d amdan ur yezmir yiwen ad yenker, mi d-yuder ṭṭariqa ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>Ccix Aheddad</p>
<p>Amezruy yettwattun  Ccix aḥeddad, d amdan ur yezmir yiwen ad yenker, mi d-yuder  ṭṭariqa tareḥmanit neɣ nnfaq n urumi n useggas 1871.     Muḥend ameẓyan Ben Ɛli, d isem aḥeqqaqni n Ccix Aḥeddad. Ilul deg useggas 1790, deg taddart Sedduq u Fella, n lɛerc At Ɛidel. Yuɣ isem Aḥeddad s lḥirfa n baba-s. Ula d netta yexdem d aḥeddad meɛna akken i d-qqaren yimeqqranen : “Ayen akk yexdem d aḥeddad, yesneɛ-d sin n lmesbaḥat, yiwen yefka-t i zzawiya n Imula; wayeḍ yeǧǧa-t i netta.” Leqraya yebda-tt ɣer Ccix Rabiɛ Belmuhub, di zzawiya n Imula yellan di Msisna, syin akkin ikemmel ɣer Ccix Aɛrab Nat Iraten deg At Smail. Ccix Aḥeddad seg wid iqeymen leqraya. Aya ibeyyen-it-id later n wayen yura neɣ i d-yeǧǧa (tibratin iceyyeɛ i lexwan ɣef twizi, Iǧaza n yefka i Ccix Muḥend Ben Abi Lqasem n At Jlil, tazwart yura i yiwen lmilef, …) Deg tudert-is, yeǧǧa-d setta n teḥdayin (Zineb, Tayaqutt, Lǧida, Ṭawes, Taɛelǧett, Lɣaya), d sin n warrac (Ccix Mḥend, Ccix Ɛziyez). Ccix Mḥend yella d lqayed deg Wat Ɛidel d temnaṭ Riɣa umbeɛd yuɣal d lqebṭan n Bu Beɣla aseggas 1851. Ma d Ccix Ɛziyez, yezga d lqayed deg Ɛamuca qbel ad yeffeɣ d amnafeq ɣer yidis n Lmeqrani.  Tawacult n Ccix Aḥeddad ur d-tekki seg uẓar amrabeḍ akken daɣen ur telli d tamerkantit. Lhiba yesɛa ɣer yemdanen tekka-d imi d aḥeqqani ; ur iqebbel lbaṭel. Win i t-id-iqesden deg zzeyyar neɣ deg wid i t-id-yeɛnan icetka-yas-d, yewwi lḥeq-is. Yiwet n tikelt yiwen deg tarwa-s yeḥkem ɣef yiwet n tmeṭṭut n taddart Tibuɛmucin, s lbaṭel. Tameṭṭut truja armi d-yuɣal Ccix, teḥka-yas  i yeḍran. Din din iɛawed i tedyant. Yefra-tt s leḥkem, ad d-yuɣal lḥeq i tmeṭṭut.  Seg useggas 1857 armi d useggas 1871, iseyyer lecɣal n ṭṭariqa Tareḥmanit. Inmezrayen, uran belli, ṭṭariqa tucaɛ deg tmurt n Leqbayel, segmi tt-yeṭṭef Ccix Aḥeddad. Aṭas n lecɣal iwmi ibeddlen. D netta i d amezwaru i d-ibedden ɣef ṭṭariqa fiḥel ma yekka-d seg twacult yemrabḍen. Γas imrabḍen yettkelfen s useyyer n ṭṭariqa ur qbilen ara, meɛna lxuf deg uɣref yerra-yasen aḍar ɣer deffir. D amdan yettqadaren, yeqbel liɛana n medden d tirni, d amerkanti neɣ d igellil, d argaz neɣ d amɣar, yerna-d ula d tullas.  Asmi i d-yettqeddim umnekcam arumi, lecyax yettseyyiren leɛruc d zzawiyat d temɛemrin…, mtafaqen ad mlilen akken ad d-frun tadyant i ten-yeɛnan d urumi. Imar i d-yeffeɣ wawal n nnfaq n urumi, lkaɣeḍ i d-uran, yettwastenya deg uxxam n Ccix Aḥeddad.  Ass n 8 deg yibrir 1871, deg ssuq Msisna, isawel Ccix Aḥeddad ɣer nnfaq n urumi. Iḍegger taɛekkazt-is, yenna : “Ncallah, akken i ḍeggreɣ taɛekkazt-iw ɣer lqaɛa, ara nḍegger aɛdaw akkin i lebḥer.” S usiwel-a, inmazrayen nnan, ɣas ma Ccix aḥeddad, iṭuɛ Rebbi nezzeh, maɛna ur yelli d argaz yettkelfen s lecɣal n ddin. Asmi yendeh ɣer nnfaq, tikti tamezwarut yellan deg yinaw (discours) d tasertit ; ur d-isawel ara i lɣaci s yisem n ddin. Awal i d-yefta d win yettmeslayen ɣef tikci n uqbayli (akal) “Fransa tusa-d ad tekkes akal i yimawlan n tmurt&#8230; Fransa d tin yebɣan ad tebḍu Izzayriyen.” Azal n 250 tudrin n Leqbayel i d-yerran s wawal qeblen. Fkant-d azal n 120 000 n leǧwad.  Ass 18 yulyu 1871, yettwaḥbes Ccix Aḥeddad s lqebṭan Saussier, mmi-s Ccix Mḥend, yettwaṭṭef ass 20 yulyu 1871 d ubrid-is ɣer Bgayet, ma d Ccix Ɛziyez, yettwaṭṭef ass 30 yunyu deg At Hicam. Kkan kra wussan deg lḥebs Berǧ Musa (Fort Barral) di Bgayet, qbel ad ten-awin ɣer uxxam n ccreɛ n Qsenṭina, anda ḥekkmen fell-asen.  Ass 19 deg yibrir 1873, arumi yegzem tadyant : Ccix Ɛziyez, yeḥkem fell-as s lḥebs s teɣzi n tudert deg tegzirin n taydiwin (Noumea) di la Nouvelle Calédonie ; Ccix Aḥeddad d mmi-s Mḥend, yeḥkem fell-asen s 5 yiseggasen d lḥebs. Mi d-yuder jjuj leḥkem, Ccix Aḥeddad yerra-yas-d : “Kunwi tḥekkmem fell-i s 5 yiseggasen, ma d Rebbi yeḥkem s 5 wussan.” Mi zrin 8 wussan, Ccix Aḥeddad yensa din zdaxel lḥebs, yettwamḍel di Qsenṭina.</p>
<p>Ait Ighil Mohand</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Seddouk Cheikh Aheddad rentre chez lui !]]></title>
<link>http://algeriemonamour.wordpress.com/2009/07/01/seddouk-cheikh-aheddad-rentre-chez-lui/</link>
<pubDate>Wed, 01 Jul 2009 16:36:43 +0000</pubDate>
<dc:creator>algeriemonamour</dc:creator>
<guid>http://algeriemonamour.wordpress.com/2009/07/01/seddouk-cheikh-aheddad-rentre-chez-lui/</guid>
<description><![CDATA[Seddouk Cheikh Aheddad rentre chez lui !  Les ossements de cheikh Aheddad et de son fils Azziz seron]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>Seddouk Cheikh Aheddad rentre chez lui !</p>
<p> Les ossements de cheikh Aheddad et de son fils Azziz seront exhumés d’un cimetière de Constantine pour être transférés à Seddouk-Oufella où une cérémonie solennelle de réinhumation sera organisée le 3 juillet prochain. Les deux cercueils arriveront la veille au village où de profonds travaux de réparation du siège de la zaouïa ont été entrepris par les autorités. Bien que le lieu de décès de cheikh M’hand, autre fils de cheikh Aheddad, demeure inconnu, une tombe vide lui sera érigée aux côtés de son frère et de son père. Condamné le 19 avril 1873, à une peine de cinq ans par le tribunal de Constantine, cheikh Aheddad décède dix jours plus tard à la prison de Coudiat-Aty. Après le parcours initiatique, Mohand Améziane Aheddad deviendra khalifa de la tariqa de Sidi-Mohamed Ben Abderahmane, c’est-à-dire le chef spirituel de la Rahmanya, une tariqa qui rayonne sur une bonne partie du pays et particulièrement en Kabylie. Originaire de Béni-Mansour, les Aheddad se sont établis à Seddouk où le père de cheikh Aheddad, fils de forgeron, fondera une zaouïa. Le cheikh est déjà un vieillard déclinant lorsque le bachagaha El-Mokrani, d’abord allié des Français, déclenche un soulèvement dans les plaines de Medjana à la faveur de l’engagement des troupes françaises sur le front prusse. Quoique sceptique, le cheikh va plier sous l’insistance de son fils Azziz, impatient de chevaucher le vent de la révolte. &#8220;Rray d amcum walakin at nexdem !&#8221; (L’idée est des plus mauvaise mais nous y souscrivons !), aurait-il lâché avant de se résoudre à donner son onction. Et le 8 avril 1871, jour de marché hebdomadaire, il décrète le djihad contre l’occupant français. Théâtrale, la posture du cheikh juché sur un cheval et haranguant les foules est reprise dans Si Mohand, le film de Yazid Khodja. &#8220;Nous bouterons l’ennemi hors de nos terres !&#8221; s’exclame Aheddad qui accompagne son propos par le largage de sa canne au milieu des gens venus faire leurs courses au souk de Seddouk. 150 000 Kabyles répondent à l’appel du chef spirituel de la Rahmanya. Commandés par les cheikhs Azziz et M’hand, les tribus bataillent dans la vallée de la Soummam et aux portes de Bougie jusqu’à juin 1871. Des conflits de zaouïas et des querelles de leadership ne tardent néanmoins pas à apparaître et les Français vont reprendre la maîtrise de la situation. Le vieux cheikh est arrêté et jugé à Constantine. Ses fils Azziz et Mhand ainsi que Boumezreg, frère d’El-Mokrani, sont déportés en Nouvelle-Calédonie d’où le premier parviendra à revenir après plusieurs péripéties . Bien que lointain, le souvenir de Nfaq n 71 demeure encore dans l’imaginaire kabyle car la défaite donne lieu à de cruels lendemains. L’épisode continue de retentir encore de nos jours en des éclats qui résistent au temps. Passée dans le langage de tous les jours, l’expression, &#8220;markits a lxuja tecdeh !&#8221; (huissier, inscrit qu’elle a bien dansé !), daterait de séances d’humiliation durant lesquelles les épouses des insurgés étaient contraintes de danser en public sous les yeux goguenards de la soldatesque et des affidés. Les terres des insurgés seront séquestrées. Un séquestre qui structure aujourd’hui encore l’argumentaire des villageois des hauteurs d’Akbou qui contestent la restitution des terres aux descendants du bachagha Ben-Aly-Chérif</p>
<p>. M. Bessa</p>
<p>source: dépêche de kabylie</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Lalla Fadhma N’Soumeur et Boubaghla. Du béguin aux…interdits]]></title>
<link>http://algeriemonamour.wordpress.com/2009/06/30/lalla-fadhma-n%e2%80%99soumeur-et-boubaghla-du-beguin-aux%e2%80%a6interdits/</link>
<pubDate>Tue, 30 Jun 2009 22:28:21 +0000</pubDate>
<dc:creator>algeriemonamour</dc:creator>
<guid>http://algeriemonamour.wordpress.com/2009/06/30/lalla-fadhma-n%e2%80%99soumeur-et-boubaghla-du-beguin-aux%e2%80%a6interdits/</guid>
<description><![CDATA[Lalla Fadhma N’Soumeur et Boubaghla. Du béguin aux…interdits Une histoire d’amour que d’aucuns rappo]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><div id="entryMeta">
<h2>Lalla Fadhma N’Soumeur et Boubaghla. Du béguin aux…interdits</h2>
</div>
<div>
<p><strong>Une histoire d’amour que d’aucuns rapportent mais sans donner plus de détails dans une société, il est vrai, régie par des dogmes et autres référents qui s’éloignent totalement des sentiments, pourtant, humainement nobles.</strong></p>
<p>Au-delà de l’image guerrière que tout un chacun pourrait retenir à sa manière sur celle qui est convenu de surnommer «  <em>la Jeanne d’Arc du Djurdjura </em>»,  n’en déplaisent à certains esprits étroits qui crieraient haro au néocolonialisme d’un nouveau genre.</p>
<p>Après tout, ce surnom lui est donné au lendemain de sa capture (11 juillet 1857) par le général Randon qui l’a crié à la face de ses officiers en signe de reconnaissance à une femme combattante qui lui a infligée plusieurs défaites et humiliations tout au long des huit années de combats armés qui les a opposés (1850-1857). C’est dire qu’il y a lieu de s’enorgueillir de ce qualificatif même si comparaison n’est pas raison.</p>
<p>Combien même on pourrait déceler une quelconque similitude entre ces deux femmes, il n’en demeure pas moins que l’histoire de la puritaine Jeanne d’Arc la Française ne peut en aucun cas être assimilée à notre héroïne nationale, Lalla Fadhma N’Soumeur. Ce n’est pas le même contexte historique encore moins culturel et/ou social.</p>
<p>Cela dit, Lalla Fadhma à laquelle Soumeur lui est associé à la faveur de son « <em>exil </em>» volontaire dans ce village habité, jadis, par son frère Si Tahar, représente à la fois une lueur d’espoir et une énigme non élucidée. De l’espoir, elle en a donné à volonté pour toutes les femmes Algériennes qui veulent s’émanciper et s’affranchir de la tutelle des hommes. D’abord par ses positions fermement constantes vis-à-vis de nombreuses sollicitations en mariage qu’elle réfutera de toutes ses forces. Ensuite quand elle sera sommée par son frère Si Mohand Tayeb d’épouser in petto son cousin Si Yahia n’Ath Ikhoulaf, Lla Fadhma se rebellera au domicile conjugal dans le but de ne pas consommer cette union forcée. Ce qui lui a value d’être « <em>répudiée</em> » un mois plus tard. Enfin, mise sous quarantaine, elle sortira de son « <em>placard </em>» quelques jours plus tard, certes, déprimée mais ne tardera pas à retrouver ses esprits en allant habiter chez son frère Si Tahar où le calme et l’harmonie conjugale régnait en maître des lieux.</p>
<p>L’énigme réside dans cette histoire d’amour que d’aucuns rapportent mais sans donner plus de détails dans une société, il est vrai, régie par des dogmes et autres référents qui s’éloignent totalement des sentiments, pourtant, humainement nobles. Vous l’aurez compris, il s’agit de sa relation privilégiée – si on peut présenter ainsi la chose – avec le chérif Boubaghla, littéralement l’homme à la mule. Ce chérif donc – non pas le justicier du Far West comme on en voit dans les films western américains mais plutôt une sorte de moine combattant – a, dés qu’il l’eut rencontré à Azazga, eu le béguin pour elle et vice-versa. Bien entendu, ce fut à un moment de guerre menée contre l’envahisseur français. Ce qui a eu pour effet immédiat la jonction de leurs troupes respectives. Les volontaires mobilisés, en effet, par Boubaghla associés à la soixantaine de guerrières de Lla Fadhma ont eu raison de la soldatesque du capitaine Wolf au cours de la bataille menée de front un certain 7 avril de l’an 1854 dans l’oued Sébaou.</p>
<p><strong>Demande en mariage refusé</strong></p>
<p>Un premier succès salué tel qu’il se doit par les populations kabyles dont l’espoir renaît et se cristallisa sur ces deux tourtereaux, suis-je tenté de dire, mais les interdits sociaux – ou si vous préférez les non dits – étant si pesants dans la balance que ceux qui ont esquissé quelque récits sur l’époque mettent l’accent davantage sur la ténacité et la résistance héroïque de Lalla Fadhma. C’est à peine si on évoque que Boubaghla de son vrai nom Mohamed Lamjad ben Abdelmalek, originaire de l’Ouest du pays qui plus est, s’est maintes fois déplacé à Ouerja (Iferhounen), village natal de Lla Fadhma pour demander sa main. Il butera sur le refus stupidement rancunier, non pas de celui des membres de sa famille mais sur celui de son ex époux. Eh oui ! Selon la tradition en vigueur à l’époque, ne pouvait prétendre épouser une répudiée que celui dont sa dulcinée s’entendra obligatoirement prononcé la sentence « <em>Je te répudie </em>» et à trois reprises s’il vous plait !</p>
<p>De guerre lasse, autant poursuivre la lutte armée qui, au moins les rapproche et leur fait goûter le bonheur évanescent. Lorsque Boubaghla sera blessé au cours de la bataille de Tachekirt, Lla Fadhma lui porta secours et ils allèrent se réfugier aux Ath-Yanni d’où ils appelèrent à la poursuite des combats…Mais comme dans les contes de fée, leur histoire d’amour – à relativiser certainement par rapport à une tradition orale qui dit ce qu’elle veut bien dire – prendra fin le 16 décembre de l’an 1854 date à laquelle Boubaghla sera exécuté suite à une dénonciation. Bien entendu, Fadhma Sid Ahmed de son vrai nom, à la tête d’un imposant contingent de confédérations poursuivra la lutte armée et remportera de nombreuses batailles avant d’être capturée au cours d’une «<em>trêve</em>»  savamment  orchestrée par le général Randon.</p>
<p>Pendant que celui-ci envisageait, en effet, une soi-disant paix avec le frère de l’héroïne si Mohand Tayeb, vingt solides gaillards furent conduits, à la tombée de la nuit, par un rallié au refuge de Lalla Fadhma ainsi prise par lâcheté en compagnie de ses guerrières. Beni Slimane, prés de Tablat sera définitivement sa résidence surveillée par le bach-agha Tahar ben Mahieddine.</p>
<p>Durant six années, elle consacra le meilleur de son temps au culte avant d’être terrassée par une hémiplégie selon les uns tandis que d’autres avancent de fortes présomptions portant à penser à un véritable camp de la mort à l’hitlérienne sans pour autant détenir la preuve. En septembre 1863, l’héroïne du Djurdjura rendit l’âme. Elle avait 33 ans. Ainsi prend fin l’épopée héroïque d’une femme vraiment pas comme les autres. Elle était très belle, raffinée, et surtout très intelligente. Des qualités mêmes si elles ne lui profitèrent guère au sens restrictif du terme pour des raisons que j’ai précédemment évoquées, lui ouvrèrent, fort heureusement, d’autres portes plus obscures, celles là, en ce sens que « <em>Tamnafecqt</em> » (la révoltée) a su comment mobiliser des femmes et des hommes qui lui vouèrent respect profond et craintes superstitieuses. D’une voix chaude et prenante, elle a pu capter un auditoire sur lequel elle avait un ascendant certain. C’est le fruit d’un travail assidu sur elle-même en apprenant à psalmodier des versets coraniques d’abord – une pratique pourtant réservée aux seuls mâles – à aménager en salle de consultation (El-Kheloua) ensuite. Et son pressentiment avéré sur le débarquement prochain de l’ennemi a fini par lui conférer le statut de « voyante » aux yeux de la population qui buvait insatiablement ses paroles…</p>
<p><strong>Rabah DOUIK</strong></p>
<p>*<em>Ses restes seront réinhumés, le 3 juillet 1995, à El-Alia</em></p>
<p><a href="http://www.algerie-focus.com/wp-content/uploads/2009/06/Fadhma-nSoumeur.jpg"><img title="Fadhma n'Soumeur" src="http://www.algerie-focus.com/wp-content/uploads/2009/06/Fadhma-nSoumeur-211x300.jpg" alt="Fadhma n'Soumeur" width="211" height="300" /></a></div>
</div>]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[DEPECHE DE KABYLIE-Mouloud Zedek enflamme Tizi]]></title>
<link>http://algeriemonamour.wordpress.com/2009/06/17/depeche-de-kabylie-mouloud-zedek-enflamme-tizi/</link>
<pubDate>Wed, 17 Jun 2009 17:54:33 +0000</pubDate>
<dc:creator>algeriemonamour</dc:creator>
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<description><![CDATA[Il s’est produit, lundi, à la Maison de la culture Mouloud Zedek enflamme Tizi Un grand artiste s’es]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:center;"><span style="text-decoration:underline;"><span style="color:#ff0000;"><strong>Il s’est produit, lundi, à la Maison de la culture </strong></span></span></p>
<p style="text-align:center;"><span style="text-decoration:underline;"><span style="color:#ff0000;"><strong>Mouloud Zedek enflamme Tizi</strong></span></span></p>
<p style="text-align:center;">
<p>Un grand artiste s’est produit, lundi dernier, en face d’un public des grands jours constitué essentiellement de familles.  Mouloud  Zedek a incontestablement réussi son pari. Le retour de l’enfant des Ath Douala sur scène à Tizi Ouzou s’est avéré un grand moment de retrouvailles entre un artiste qui tenait à faire plaisir à ses fans et ces derniers qui n’attendaient que sa venue pour profiter pleinement de ses œuvres.  Malgré la chaleur torride qui a sévi en cette journée de lundi dans la ville des Genêts, la foule s’est déplacée en nombre à la salle des spectacles de la Maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, qui s’est avérée trop exiguë pour la contenir.  Il est 14h, la salle est pleine comme un œuf.  Une coupure d’électricité retardera l’entrée de l’artiste adulé. Le public s’impatiente mais l’animateur vedette de la chaîne II, Arezki Azzouz, s’occupe merveilleusement de lui avec son style original, avant que Mouloud Zedek n’apparaisse sous un tonnerre d’applaudissements et de youyous, des signes qui ne peuvent guère tromper. Le spectacle va être grandiose. Déjà avant le début du spectacle, l’artiste tenait bien à rendre à son fidèle public la monnaie de la pièce. Sa prestation magistrale, trois heures durant, a fait oublier aux présents les soucis du quotidien. Plusieurs fans de Mouloud Zedek plongeront à l’occasion dans le  passé à trevers des titres tels que Zer Ighthem Tayri. Le public est aux anges et complètement conquis.     “L’hommage à Lounès Matoub, un grand moment d’émotion !”     Mouloud Zedek entonnera ses meilleurs titres. Afadhma, Arwah Truh, Thakendourth feront vibrer la salle. L’ambiance s’alternait entre un silence provoquant les consciences et incitant à la méditation et un air de fête où les présents ne s’empêchaient pas de se défouler. Cependant, c’est l’hommage rendu à Matoub Lounès à quelques jours de l’anniversaire de son assassinat, qui a été le moment fort du spectacle. Mouloud Zedek a tenu, comme il nous l’a déclaré la veille, à rendre un vibrant hommage au rebelle qu’“on ne doit pas oublier” dira-t-il. Il chantera à l’occasion deux de ses chansons qui ont été reprises à chœur par le public. L’enfant des Ath Khelfoune présentera, sur insistance de ses fans, une de ses nouvelles chansons qui n’a, d’ailleurs, pas laissé insensibles les présents qui ont apprécié. Mouloud Zedek a vérifié ce lundi la grande estime et l’amour que lui voue le public tizi-ouzéen. Il confirme aussi qu’il se pose en vraie relève, et le public le considère comme le digne héritier des Slimane Azem, El Hasnaoui et les autres grands artistes. Le spectacle de ce lundi l’a amplement prouvé. Enfin.</p>
<p>Amar Zeghni</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[La Kabylie, Bengurion Taghine les juifs marocains et Israël - ou comment donner une mauvaise réputation aux théories de la conspiration]]></title>
<link>http://ibnkafkasobiterdicta.wordpress.com/2009/06/01/la-kabylie-bengurion-taghine-les-juifs-marocains-et-israel-ou-comment-donner-une-mauvaise-reputation-aux-theories-de-la-conspiration/</link>
<pubDate>Mon, 01 Jun 2009 22:22:54 +0000</pubDate>
<dc:creator>ibnkafka</dc:creator>
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<description><![CDATA[Il y aurait de quoi écrire sur la sympathie de certains militants amazighs radicaux &#8211; guère re]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>Il y aurait de quoi écrire sur la sympathie de certains militants amazighs radicaux &#8211; guère représentatifs &#8211; pour Israël, sur la base du principe &#8220;<em>l&#8217;ennemi de mon ennemi est mon ami</em>&#8221; &#8211; n&#8217;est-ce pas, Ahmed Adghirni (1)? Mais là, ça devient franchement ridicule: un complot &#8211; dévoilé par le torchon algérien <a href="http://www.ennaharonline.com/">Ennahar</a> &#8211; regroupant Ferhat Mehenni, fondateur du Mouvement pour l&#8217;autonomie de la Kabylie (<a href="http://mak.makabylie.info/">MAK</a>) &#8211; pour lequel je n&#8217;ai aucune sympathie, c&#8217;est une litote de le dire &#8211; la CIA, Israël, les juifs marocains et le judaïsme européen, sous l&#8217;ombre tutélaire de la France&#8230;</p>
<p>Comme <a href="http://maghrebinenglish.wordpress.com/2009/05/31/kabylia-bengurion-taghine-moroccan-jews-and-israel-or-how-to-give-conspiracy-theories-a-bad-name/">je l&#8217;ai écrit</a> chez <a href="http://maghrebinenglish.wordpress.com/">Maghreb Politics Review</a>, il ne manque que les chiites, Bob Ménard et Moulay Hicham&#8230;</p>
<p>Par ailleurs, toujours chez Maghreb Politics Review, <a href="http://maghrebinenglish.wordpress.com/2009/05/30/makhzenite-infighting-in-morocco/">le post le plus complet du web</a> sur le psychodrame des parlementaires nomades du <a href="http://www.pam.ma/">PAM</a> de <a href="http://www.aqoul.com/archives/2007/09/a_candidate_abo.php">moul traktor</a>, dû à alle.</p>
<p>(1) Cf <a href="http://www.telquel-online.com/304/semaine_maroc_304.shtml">Tel Quel n° 304 du 29/12/2007</a>:</p>
<blockquote><p>Adghirni. I love Israël</p>
<p>Le trublion amazigh a brisé le tabou de la normalisation avec Israël, en se rendant à Tel Aviv du 17 au 20 décembre. Ahmed Adghirni était invité par l’Organisation de la sécurité et de la coopération en Europe en tant que président du Parti démocratique amazigh marocain, une formation non reconnue par le ministère de l’Intérieur. Objet de l’invitation : un séminaire sur “La tolérance et l’antisémitisme”. Adghirni était d’ailleurs accompagné par un de ses camarades au sein de l’association d’amitié entre les juifs et les amazighs. “Nous avons assisté aux débats généraux et n’avons pas eu de contacts privés avec les Israéliens”, nous a déclaré le militant berbère.</p></blockquote>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[droit des Bérbère par Mr SID LAKHDAR BOUMEDIENE ]]></title>
<link>http://algeriemonamour.wordpress.com/2009/05/30/droit-des-berbere-par-mr-sid-lakhdar-boumediene/</link>
<pubDate>Sat, 30 May 2009 14:51:10 +0000</pubDate>
<dc:creator>algeriemonamour</dc:creator>
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<description><![CDATA[Je vous propose avec la bienveillance de l’administrateur ce texte de l’un de nos plus brillants int]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>Je vous propose avec la bienveillance de l’administrateur ce texte de l’un de nos plus brillants intellectuel mr SID LAKHDAR BOUMEDIENE professeur d’econmie de son etat  bonne lecture A mes compatriotes berbères  La Tribune &#8211; 19 mai 2001. A chaque réminiscence de la douleur de mes compatriotes berbères j’éprouve le souhait et le devoir de leur témoigner mon entière solidarité. Dans ces moments, j’ai envie de leur répéter inlassablement, si mon engagement militant ne le prouvait déjà, que leur douleur est la mienne. J’ai envie de leur dire, avec l’humilité et la pudeur que les évènements exigent, que je les aime avec la même intensité que toute partie de mon identité. Lorsque l’occasion m’en a été fournie dans ces nombreuses années de militantisme, j’ai toujours débuté mes paroles en rappelant que je suis algérien et donc également citoyen de Kabylie, de droit et de cœur. J’ai cette naturelle impression que je suis parmi les miens lorsque je m’adresse à eux. Ma position serait identique quels que soient le lieu et la communauté, de surcroît lorsque cette dernière a le sentiment de subir une humiliation.. Il est intolérable pour tout démocrate de voir cautionner le crime perpétré contre le droit à vivre son identité. Nul n’est né sur cette terre d’Algérie pour imposer aux autres son point de vue sur ce qu’est et doit être la culture et la langue dominantes. Nul ne peut annihiler le droit à quiconque de parler et de s’épanouir avec la langue transmise par ses parents, de perpétuer des pratiques, d’honorer des conventions et de tout simplement vivre sa vie comme on le ressent et comme on l’a héritée. La nation est une communauté de destins, pas un goulag où le plus fort imposerait au plus faible sa conception des choses. Car s’il fallait imposer des critères stupides comme celui de l’antériorité ou celui de l’histoire pour imposer une culture dominante, certains n’y trouveraient justement pas leur compte. Mais au moment où j’écris ces mots, comme à chaque fois que je l’ai fait dans le passé, j’ai en même temps conscience que les discours de fraternité ne suffisent plus à nos compatriotes bafoués dans ce qu’ils ressentent au plus profond d’eux-mêmes. Ils ont raison car le discours doit être suivi d’actes concrets et les évènements récurrents de Kabylie, de plus en plus sanglants, en démontrent l’urgence. La langue et la culture berbère doivent non seulement être reconnus dans les textes, ce qui est le pas le plus facile, mais aussi et surtout dans les cœurs, ce qui serait plus probant. Car, contrairement aux espoirs de certains, une simple inscription dans la constitution, sans autre rapprochement dans les esprits et les cœurs, ne serait que la transposition dans le texte d’un rapport de force qui s’exprime bien dangereusement dans la réalité quotidienne. Mais que faire lorsqu’on a la seule représentativité de soi-même ? Hurler son indignation devant la bêtise n’a pas suffit. Militer aux plus hautes responsabilités, quelles soient politiques ou associatives, n’a pas plus donné de résultats. Prendre sa plume pour témoigner de son soutien n’en aura probablement guère beaucoup plus comme à chaque fois, mais le devoir et la morale l’exigent. Dès le début, lorsqu’il s’est agit de prendre position pour la reconnaissance de l’identité pleine et entière de mes compatriotes, je n’ai pas hésité un seul instant. Mais combien de déceptions a-t-il fallu surmonter pour finalement n’avoir, seul dans son coin, que la force de l’indignation. Que faire et que dire lorsque des compatriotes berbères se précipitent dans les bras du pouvoir pour le soutenir et le légitimer ? La colère intérieure est grande lorsqu’en même temps il faut s’imposer la rigoureuse règle de ne jamais rappeler à une communauté qui souffre les errements de certains. La faute commise par ces derniers est une faute qui est subie par tous les algériens et ne peut être imputée à la Kabylie. Mais comme la tentation est grande pour les tenants d’une culture arabo-musulmane unifiée de rappeler cette triste vérité, je ne peux entièrement l’éloigner de ma pensée. Je constate aujourd’hui encore que cette minorité se présente comme un recours pour la défense des droits des berbérophones, oubliant bien rapidement qu’elle fut jusqu’aux derniers instants partie prenante du pouvoir. Et comme je crains que la manœuvre risque de réussir de nouveau, l’indignation est encore plus forte que la peine. Prions que la tentation de mettre de l’huile sur le feu et de prôner un extrémisme violant ne se manifestent jamais dans l’esprit tourmenté de ceux qui souhaiteraient faire oublier de coupables errements. Un cas de figure bien souvent rencontré dans l’histoire de l’humanité. Que faire et que dire encore lorsqu’on a vu ses anciens camarades, que des considérations internes (et non politiques) ont éloignés de vous, participer et patauger lamentablement dans des institutions qui n’avaient comme but que celui de légitimer un pouvoir. Les bras vous en tombent. Heureusement, la conviction est si sincère qu’elle permet de dépasser les bêtises qui se sont accumulées. Nos compatriotes berbères ont besoin que s’exprime envers eux un appel du cœur et des actes concrets. Je n’ai pour ma part à leur dire qu’une seule chose, « je vous aime ». Car, à l’instar d’une mère, une nation ne peut laisser souffrir l’un de ses enfants sans lui rappeler sa profonde affection. Et jusqu’à preuve du contraire, cette nation, c’est nous. par SID-LAKHDAR &#8211; publié dans : droit des berberes  Mardi 28 mars 2006 La souffrance de nos frères berbères a assez duré !  La Tribune, 22 janvier 2002 Des mois de souffrance, des vies sacrifiées et des millions de gens meurtris par le mépris qui leur est opposé, ce crime qui cause la douleur intarissable de nos frères berbères doit cesser ! Il est temps aujourd’hui d’affronter sérieusement et sans faillir la grande question de l’unité nationale. Nos frères berbères souffrent et les autres citoyens de ce pays ne peuvent continuer à détourner la tête en refusant d’entendre le cri du désespoir. L’atteinte au libre usage d’une culture est un crime car elle se confond toujours avec le bien le plus précieux de l’humanité, celui de l’intelligence, celle là même qui nous distingue des bêtes et des civilisations ancestrales et barbares. La révolte de nos frères de Kabylie est légitime car elle réplique à une situation intolérable de déni de droit et d’oppression. Nul arabophone, et certainement pas moi-même, ne saurait dicter à quiconque ce qui serait la culture dominante, la culture officielle ou encore la culture historique d’un pays. Chacun a non seulement le droit de vivre sa citoyenneté avec la richesse culturelle qui lui a été transmise mais aussi le devoir impérieux de contribuer à son épanouissement au bénéfice de la nation. Même le problème islamiste, bien que douloureux et violent, n’a jamais posé à ce point la question de la rupture nationale car il est un accident de l’histoire dont les dirigeants de ce pays ont largement contribué à alimenter. La question berbère est d’une toute autre envergure car elle dissimule les plaies les plus profondes et les rancœurs les plus dangereuses jusqu’à risquer de provoquer un jour ou l’autre l’irréparable. L’aveuglement des nationalistes, trop occupés à leurs incantations ridicules et à leur égocentrisme aveugle n’ont bien évidemment pas su consolider cette nation. Les seules fondations solides qu’ils ont pu ériger sont celles des patrimoines personnels et des pouvoirs inamovibles avec l’aide du ciment de la terreur et de la corruption. Depuis des mois des révoltes sanglantes éclatent sans perturber le moins du monde ce système monolithique d’une rare insensibilité. Comme il est impossible de leur parler de démocratie, d’humanisme, de culture et même de la beauté des petits oiseaux, essayons de nous introduire dans la logique psychologique et lexicale de leur monde de violence. Essayons par conséquent de nous mettre à leur place pour recenser les possibilités qui leur sont ouvertes pour résoudre la question berbère, eu égard à leur caractère. Jeter les berbérophones à la mer ! Impossible. Les supprimer par un génocide ! Dangereux par les temps qui courent car l’opinion internationale et le TPI font régner la politique d’ingérence. En corrompant certains ! C’est déjà fait et ça ne fonctionne plus. La lamentable histoire des ” dialoguistes ” le démontre aisément. L’intimidation par la terreur et l’assassinat politique ! Une rentabilité marginale qui mobilise des fonctionnaires de plus en plus difficiles à recruter. La plupart des grands professionnels dans ce domaine se bousculent aujourd’hui dans les médias étrangers pour le repentir d’un métier qu’ils qualifient d’assassin (métier qu’ils n’ont d’ailleurs quitté que récemment). Décidément, l’impasse est manifeste et nous ne sommes pas prêts de voir la fin d’un régime qui continue une politique dont il n’a plus tout à fait les moyens et pas du tout l’intention d’arrêter. Quant à nous-mêmes, l’impasse est aussi manifeste car nous serions aujourd’hui, comme en 1991, aussi mal à l’aise avec un fusil qu’ils ne le seraient avec un dictionnaire. La gravité des évènements nous interdit pourtant de continuer à reproduire les mêmes stratégies d’opposition qui sont vouées à l’échec et qui engloutissent à chaque fois davantage de vies humaines pour un résultat nul. Des décisions radicales doivent être prises et notamment celles qui tournent le dos définitivement à toute discussion avec un pouvoir dont nous n’avons rien à attendre. Aucune solution ne semble donc envisageable si trois conditions essentielles ne sont pas réunies : __ La réconciliation de tous les démocrates par la mise à l’écart des leaders des deux partis dont la responsabilité est très lourde même si la qualification des fautes ne peut être identique. Sans cette condition préalable je ne vois vraiment pas comment le mouvement des démocrates pourrait réussir à s’unifier et imposer sa puissance. Les militants du FFS doivent avoir le courage de mettre fin à une ” barzanisation ” d’un mouvement qui n’a plus l’adhésion des jeunes et ceux du RCD de définitivement s’éloigner de l’image de collaboration que prouve leur passé. En démocratie la révocation est la sanction normale de l’échec, il ne faut pas s’en offusquer. Autrement il s’agirait de sectes, pas de politique et encore moins de démocratie. __ Le retrait immédiat de tous les démocrates des institutions dans lesquelles ils se déshonorent. Continuer à percevoir des subsides des institutions de l’Etat est probablement la fautes la plus grave que l’on puisse leur reprocher. Cette participation est coupable et intolérable. __ La non-participation à toute élection et le rejet définitif du système, y compris dans ses tentatives de régler la question berbère. Mais encore plus important est que nos compatriotes berbères doivent impérativement recevoir un signe d’encouragement et de bonne volonté si l’on ne souhaite pas aller vers l’horrible impasse de la guerre civile. Il suffit de surfer dans les différents forums de l’Internet pour s’épouvanter de la querelle qui y fait rage entre de très jeunes citoyens. Les insultes et les invectives réciproques atteignent des niveaux horrifiants de racisme, d’intolérance et de bêtise. Quant à la pseudo réflexion, chacun y va de son Khalife ou de son Jugurtha pour lancer à la figure de l’autre son passé, qui antérieur, qui plus honorable que celui de l’autre. Cela est indigne et doit cesser.</p>
<p>par SID-LAKHDAR &#8211; publié dans : droit des berberes</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Le mensonge "démocratique", suivi de [Repères]: bases démocratiques effectives]]></title>
<link>http://anarchieevangelique.wordpress.com/2009/05/10/le-mensonge-democratique/</link>
<pubDate>Sun, 10 May 2009 16:38:51 +0000</pubDate>
<dc:creator>Laurent l&#39;un</dc:creator>
<guid>http://anarchieevangelique.wordpress.com/2009/05/10/le-mensonge-democratique/</guid>
<description><![CDATA[Quand un président est élu, quel qu&#8217;il soit, il devient de fait Le président de tous les Franç]]></description>
<content:encoded><![CDATA[Quand un président est élu, quel qu&#8217;il soit, il devient de fait Le président de tous les Franç]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[La Violence continue en Algerie]]></title>
<link>http://professeurb2.wordpress.com/2009/04/18/la-violence-continue-en-algerie/</link>
<pubDate>Sat, 18 Apr 2009 14:00:49 +0000</pubDate>
<dc:creator>professeurb2</dc:creator>
<guid>http://professeurb2.wordpress.com/2009/04/18/la-violence-continue-en-algerie/</guid>
<description><![CDATA[Les terroristes continuent leur mission meurtriere contre les forces de securite et le militaire alg]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>Les terroristes continuent leur mission meurtriere contre les forces de securite et le militaire algerien.  Ils ont tue 3 personnes (un cuisinier, son garde et un chauffeur quelques heures plus tard) pres d&#8217;une caserne dans la localité de Djebba en Kabylie.  Jusqu&#8217;a maintenant personne n&#8217;a revendique l&#8217;attaque, mais les groupes islamistes armés affiliés à Al-Qaida au Maghreb islamique frequentent cette localite.  La semaine derniere, quatre militaires ont ete blesses lors d&#8217;un attentat dans la meme region, et le jour du scrutin presidentiel une femme et son enfant age de 7 ans ont ete blesses par une bombe dans le département de Boumerdès (45km à l&#8217;est d&#8217;Alger).  Lire l&#8217;article: <a href="http://fr.news.yahoo.com/3/20090417/twl-algerie-violence-d407853.html">http://fr.news.yahoo.com/3/20090417/twl-algerie-violence-d407853.html</a></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[ALGERIE : Bouteflika avec une victoire sans appel]]></title>
<link>http://europeorient.wordpress.com/2009/04/09/algerie-bouteflika-avec-une-victoire-sans-appel/</link>
<pubDate>Thu, 09 Apr 2009 19:53:30 +0000</pubDate>
<dc:creator>europeorient</dc:creator>
<guid>http://europeorient.wordpress.com/2009/04/09/algerie-bouteflika-avec-une-victoire-sans-appel/</guid>
<description><![CDATA[Le chef de l&#8217;Etat sortant Abdelaziz Bouteflika, grandissime favori à l&#8217;élection présiden]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><h6 style="text-align:justify;">Le chef de l&#8217;Etat sortant Abdelaziz Bouteflika, grandissime favori à l&#8217;élection présidentielle en Algérie, a d&#8217;ores et déjà gagné son pari en obtenant  une participation conséquente et conforme à ses souhaits pour asseoir son 3e mandat, selon des chiffres officiels. Le taux de participation était de 63,45 % , a annoncé le ministre de l&#8217;Intérieur Yazid Zerhouni, un chiffre largement supérieur à celui enregistré à l&#8217;élection de 2004 (58,07%). Plus de 20 millions d&#8217;Algériens devaient choisir leur président parmi six candidats, dont M. Bouteflika, dans un scrutin dont la participation était le principal enjeu. Un service de sécurité &#8220;adapté&#8221; a été mis en place pour surveiller les 46.577 bureaux de vote mais des incidents ont éclaté à Bouira (120 km au sud-est d&#8217;Alger) et des islamistes armés ont tenté une opération à Naciria, près de Boumerdès (50 km à l&#8217;est d&#8217;Alger), a indiqué M. Zerhouni sans autre précision. Selon des habitants de la région, deux bombes ont explosé près d&#8217;un centre de vote, blessant deux policiers. Deux autres engins ont été désamorcés. A Béjaïa, en Kabylie, des jeunes ont aussi affronté les forces anti-émeutes. Abdelaziz Bouteflika, 72 ans, a voté en milieu de matinée dans le quartier chic d&#8217;El Biar, sur les hauteurs d&#8217;Alger. Tout au long de sa campagne menée tambour battant, il a appelé les Algériens à voter massivement, tout comme ses cinq concurrents hantés par l&#8217;abstention. M. Bouteflika, élu en 1999 et réélu en 2004, veut asseoir sa légitimité avec ce scrutin boycotté par l&#8217;opposition traditionnelle par un score au moins égal aux 84,99% des voix obtenu il y a cinq ans. Peu connus du grand public, à l&#8217;exception de Louisa Hanoune qui peut s&#8217;appuyer sur son Parti des travailleurs (PT, trotskiste), les autres candidats manquaient d&#8217;assise face à M. Bouteflika, souligne la presse privée algérienne, unanime. Moussa Touati, président du Front national algérien (FNA, nationaliste), Mohamed Saïd (Parti de la Justice et liberté, PJL, islamique modéré), Ali Fawzi Rebaïne (AHD-54, nationaliste, 0,63% en 2004) ou Djahid Younsi (El Islah, islamiste modéré), ont fait campagne sur la lutte contre la corruption, les injustices sociales ou la mauvaise répartition des richesses nationales. Le président sortant a bénéficié d&#8217;un soutien sans faille des partis, organisations ou associations favorables à son troisième mandat pour sa campagne axée sur le bilan de 10 ans de pouvoir. Promettant un nouveau plan de développement de 150 milliards de dollars sur cinq ans, la construction d&#8217;un million de logements et la création de trois millions d&#8217;emplois, il a aussi à réitéré la poursuite de sa politique de réconciliation nationale. Entamée dès 1999 après &#8220;une décennie noire&#8221; déclenchée par les islamistes et qui a fait plus de 150.000 morts dans des meurtres, attentats ou massacres collectifs, cette politique a permis avec deux référendums de mettre fin aux violences et d&#8217;obtenir la reddition de milliers d&#8217;islamistes. Visant ceux qui, éparpillés dans les maquis de certaines régions, poursuivent le combat au nom d&#8217;Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), M. Bouteflika a déclaré qu&#8217;un référendum trancherait sur une éventuelle amnistie pour ceux qui déposeraient définitivement les armes, tout en promettant une lutte acharnée contre les irréductibles. Mais les Algériens semblaient plus préoccupés par les problèmes sociaux, dont l&#8217;augmentation du coût de la vie que par les problèmes sécuritaires.</h6>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Bom bunuh diri di Aljazair]]></title>
<link>http://korangua.wordpress.com/2009/03/09/bom-bunuh-diri-di-aljazair/</link>
<pubDate>Mon, 09 Mar 2009 08:38:17 +0000</pubDate>
<dc:creator>kiranadimas</dc:creator>
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<description><![CDATA[Diberitakan bahwa telah terjadi bom bunuh diri dinegara Aljazair . Pelaku meledakkan diri tatkala ma]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>Diberitakan bahwa telah terjadi bom bunuh diri dinegara  Aljazair .</p>
<p>Pelaku meledakkan diri tatkala masuk ke markas besar milisi pemerintah di Desa Tadmait  kawasan Kabylie.</p>
<p>Insiden tersebut menewaskan pelaku dan 2orang lainnya.</p>
<p>Salah satu korban tewas dalah seorang perempuan.</p>
<p>Kabylie adalah kawasan bergunung-gunung. Di tempat tersebut kelompok pemberontak bertempat tinggal .</p>
<p>Sponsor :</p>
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<p>.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Au travail (5)]]></title>
<link>http://lucetg.wordpress.com/2009/01/31/au-travail-5/</link>
<pubDate>Sat, 31 Jan 2009 23:08:29 +0000</pubDate>
<dc:creator>lucetg</dc:creator>
<guid>http://lucetg.wordpress.com/2009/01/31/au-travail-5/</guid>
<description><![CDATA[Smail est un Berbère de Kabylie. Je lui ai demandé de décrire cette région où il a grandi. Comme tou]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>Smail est un Berbère de Kabylie.</p>
<p>Je lui ai demandé de décrire cette région où il a grandi. Comme toute réponse, il m&#8217;a suggéré de transcrire cet extrait d&#8217;article, figurant sur la couverture arrière d&#8217;un recueil de poèmes kabyles:  </p>
<p>« L&#8217;âme d&#8217;un peuple peut s&#8217;exprimer dans la musique et le chant, dans la pierre ou dans les mythes. Celle des Kabyles a choisi le verbe. La parole a valeur fondamentale. Le poème dit a valeur éminente. Telle est la vocation et la tradition de la civilisation kabile. »</p>
<p>- Tahar Ben Jelloun, Le Monde</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-882" title="smail" src="http://lucetg.wordpress.com/files/2009/01/smail.jpg" alt="smail" width="497" height="340" /></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Pr Addi Lahouari et la plate-forme d'el kseur]]></title>
<link>http://algeriemonamour.wordpress.com/2009/01/04/pr-addi-lahouari-et-la-plate-forme-del-kseur/</link>
<pubDate>Sun, 04 Jan 2009 14:48:39 +0000</pubDate>
<dc:creator>algeriemonamour</dc:creator>
<guid>http://algeriemonamour.wordpress.com/2009/01/04/pr-addi-lahouari-et-la-plate-forme-del-kseur/</guid>
<description><![CDATA[Lahouari Addi : “La plate-forme d’El Kseur est importante” Interview accordée à l’hebdomadaire “Le K]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><div class="entry">
<h2>Lahouari Addi : “La plate-forme d’El Kseur est importante”</h2>
<h4>Interview accordée à l’hebdomadaire “Le Kabyle de Paris”</h4>
<p class="spip">Lahouari Addi est l’un des rares intellectuels à dire que les régions arabophones ne comprennent pas le bien-fondé de la revendication de l’officialisation de la langue berbère dans les régions berbérophones. Il le redit dans cette interview accordée à Youcef Zirem.<br />
Lahouari Addi a été professeur de sociologie politique à l’Université d’Oran jusqu’à 1994. Par la suite il a exercé à l’Institut d’Etudes Politiques de Lyon (Université Lumière-Lyon II). Il a été plusieurs fois professeur invité dans les universités américaines. Depuis septembre 2002, il exerce à l’Univeristé de Princeton aux Etas Unis d’Amérique. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont <em>Etat et pouvoir. Approche méthodologique et sociologique</em> (OPU, Alger, 1990) ; <em>L’impasse du populisme</em> (ENAL, Alger, 1991) ; <em>L’Algérie et la démocratie</em> (La Découverte, Paris, 1994) ; <em>Les mutations de la société algérienne</em> (La Découverte, Paris, 1999)…<br />
Tout récemment, il a publié un ouvrage intitulé <em>Sociologie et Anthropologie chez Pierre Bourdieu. Le paradigme anthropologique kabyle et ses conséquences théoriques</em> (La Découverte, Paris, 2002).<br />
Lahouari Addi est l’auteur de plusieurs articles d’analyse sur la situation sociopolitique en Algérie parus notamment dans <em>Le Monde diplômatique</em>.<br />
Nous reproduisons ci-après l’integralité de son interview parue dans <em>Le Kabyle de Paris</em> n° 2 (du 16 au 23 avril 2003).</p>
<p class="spip"><strong>Le Kabyle de Paris :</strong> <em>L’Algérie est sous état d’urgence depuis février 1992. A la veille de la “présidentielle” de 2004, estimez-vous que ce rendez-vous avec les urnes pourrait donner lieu à une saine concurrence électorale ? </em></p>
<p class="spip"><strong>Lahouari Addi :</strong> Aucune élection se déroulant dans l’état actuel des choses ne serait libre. Le régime veut bien introduire quelques modifications mais il ne veut pas opérer la rupture inaugurant la démocratie. Je crois que la balle est dans le camp des officiers de l’armée. Ou bien ils prennent conscience et ils deviennent un facteur de changement comme cela s’est produit au Portugal, ou bien les choses demeurent en l’état et la hiérarchie militaire continue de bloquer le processus démocratique en leur nom.</p>
<p class="spip"><em>Il y a deux ans, vous avez écrit un article ( paru sur le site Algeria-watch ) relatant les luttes entre les généraux les plus influents en Algérie. Pensez-vous que ces luttes sont toujours en cours ?</em></p>
<p class="spip">Par la force des choses, l’armée est devenue un parti politique, et c’est même le seul parti en Algérie. Forcément apparaissent des divergences et des conflits parmi les généraux puisque c’est une formation politique. Lorsque ces conflits atteindront les commandants et les capitaines, il y aura risque d’éclatement de l’armée et de guerre civile généralisée. Il faut juste espérer cela n’arrivera pas.</p>
<p class="spip"><em>Estimez-vous que le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, a, d’une façon ou d’une autre, gêné les services et leur chef le général-major Mohamed Mediène ?</em></p>
<p class="spip">Bouteflika a été appuyé par une fraction de la SM, celle dirigée par Smaïn Lamari. En Avril 1999, Tewfik Médiène n’était ni pour ni contre, séduit par l’idée que Bouteflika puisse peut-être reproduire la période populiste de Boumédiène. Quelques mois après l’élection présidentielle, les généraux ont senti que Bouteflika cherchait à les sacrifier pour se donner une légitimité, en exploitant les accusations des ONG de droits de l’homme contre eux. Depuis, ils ne lui font plus confiance et ne veulent pas de lui en 2004. Smaïn est très malade et ne peut le défendre ; d’où les déboires du groupe Khelifa, création des généraux Smaïn et Belkheir. Les clans sont à la veille de la lutte dans la rue avec les chars des unités qui soutiennent les uns contre les autres. On en est malheureusement là. Ce régime est un danger pour la sécurité publique.</p>
<p class="spip"><em>Vous avez catalogué la plate-forme d’El Kseur comme étant un texte politique important dans la vie de l’Algérie indépendante. Pouvez-vous être plus explicite à ce sujet ? </em></p>
<p class="spip">La Plate-forme d’El-Kseur est importante parce que d’abord pour la première fois en Algérie une émeute se transforme un mouvement organisé et se donne une revendication écrite. Ensuite, elle est importante parce que c’est la première fois qu’une revendication clairement politique est formulée, à savoir le contrôle par la population de ceux qui exercent l’autorité publique. C’est l’objet du contenu des points 2 et 11. Nous restons dans le sous-développement politique qui conforte la privatisation de l’Etat tant que nous n’avons pas pris conscience que l’autorité est publique et que ses détenteurs doivent rendre compte de son usage. La Plate-forme d’El-Kseur contient explicitement cette prise de conscience.</p>
<p class="spip"><em>Vous avez estimé récemment que le reste de l’Algérie ne se joint pas à la contestation kabyle de peur de voir la langue arabe concurrencée par l’officialisation de la langue amazighe. Ne pensez-vous pas que le problème est beaucoup plus complexe ?</em></p>
<p class="spip">Quand les émeutes ont éclaté en Kabylie, j’avais souhaité, en tant que citoyen, qu’elles se propagent à Alger, Oran et Constantine, de telle manière à avoir une transition du type des pays de l’Europe de l’Est en 1989. Cela ne s’est pas produit et j’émets l’hypothèse que c’est parce que le reste du pays ne comprend pas le bien-fondé de la revendication de l’officialisation de la langue berbère dans les régions berbérophones. Il faut dire qu’il n’y a jamais eu de débat national franc et serein sur la question. Par ailleurs, les journaux n’ont pas publié la Plate-forme d’El-Kseur empêchant les Algériens d’avoir une opinion sur un texte dont tout le monde parlait et que personne n’avait lu. Même Le Matin qui soutient le mouvement citoyen n’a pas publié le texte de la Plate-forme.</p>
<p class="spip"><em>Comment voyez-vous l’évolution en Algérie en prenant en compte l’absence d’alternative politique au pouvoir en place ? </em></p>
<p class="spip">L’évolution future de l’Algérie dépendra de l’après-Irak. Si les Américains établissent un Protectorat sur l’Irak, lui imposent de reconnaître Israël et décident de son pétrole, le régime algérien est sauvé pour vingt ans. Mais si l’Irak se démocratise, tous les régimes arabes seront sous pression de leurs populations. Le régime algérien, comme les autres dictatures arabes, affaiblit le pays et met en danger sa souveraineté. Etant un pays instable depuis plus de dix ans et exportant l’insécurité vers l’Europe, les Occidentaux seront tentés de suivre l’exemple américain pour intervenir dans nos affaires sans qu’on puisse leur résister. Concernant l’autre volet de la question relatif à l’alternative, celle-ci existe à l’état latent. Il suffirait de dissoudre la Sécurité Militaire pour voir apparaître des forces qui s’organiseront pour diriger l’Etat dans le cadre de l’alternance électorale. Nous sommes arriérés, il est vrai, mais nous ne sommes pas des primitifs. Notre retard concernant la mise en place d’une démocratie procédurale pourrait être rattrapé en peu de temps si chacun met du sien.<br />
Propos recueillis par Youcef Zirem.<br />
Le Kabyle de Paris, 16 avril 2003.</p>
</div>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Rapport du professeur Issad sur les évenements de kabylie]]></title>
<link>http://algeriemonamour.wordpress.com/2009/01/04/rapport-du-professeur-issad-sur-les-evenements-de-kabylie/</link>
<pubDate>Sun, 04 Jan 2009 14:46:02 +0000</pubDate>
<dc:creator>algeriemonamour</dc:creator>
<guid>http://algeriemonamour.wordpress.com/2009/01/04/rapport-du-professeur-issad-sur-les-evenements-de-kabylie/</guid>
<description><![CDATA[Rapport préliminaire de la Commission, dirigée par le professeur Issad, mise en place par l’Etat alg]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><h4>Rapport préliminaire de la Commission, dirigée par le professeur Issad, mise en place par l’Etat algérien pour enquêter sur les “événements” de Kabylie du Printemps 2001.</h4>
<p class="spip">
<p>Rapport préliminaire de la Commission nationale d’enquête sur les événements de Kabylie. (Juillet 2001) Publié par Algeria Interface, 27 juillet 2001</p>
<p class="spip">I &#8211; Introduction II &#8211; Les dégâts humains III &#8211; Les événements déclenchants IV &#8211; L’utilisation des munitions de guerre V &#8211; Les mises en garde VI &#8211; Les témoignages VII &#8211; La presse Conclusion</p>
<p class="spip">I &#8211; Introduction</p>
<p class="spip">Le 18 avril 2001, un jeune lycéen de 19 ans, Guermah Massinissa, reçoit dans le corps, à l’intérieur des locaux de la Brigade de gendarmerie de Béni-Douala, et d’après le rapport d’autopsie, trois des six balles de kalachnikov tirées en rafale par le gendarme Mestari. L’une des balles tirées a blessé un autre gendarme qui se trouvait à proximité.</p>
<p class="spip">Le jeune Guermah fut admis à la polyclinique de Béni-Douala, puis à l’hôpital de Tizi-Ouzou pour les premiers soins. Devant la gravité de ses blessures, il fut transféré à l’hôpital Mustapha à Alger. Il devait y décéder le 20 avril 2001 à 8h15.</p>
<p class="spip">Le 22 avril 2001, à Oued Amizour, dans la wilaya de Béjaïa, trois membres d’un groupe de collégiens, se dirigeant vers le stade en compagnie de leur professeur de gymnastique, sont interpellés par les gendarmes, dans des conditions irrégulières.</p>
<p class="spip">L’inhumation du jeune Guermah Massinissa, le 23 avril, devait donner lieu à des émeutes en série. Entre-temps, la gendarmerie rend public un communiqué dans lequel elle déclare que le défunt avait été interpellé “suite à une agression suivie de vol”. Le ministre de l’Intérieur reprend la fausse information et déclare que la victime était un “délinquant de 26 ans” ; mais lors d’une conférence de presse le ministre reçoit un bulletin scolaire duquel il résulte que le jeune Guermah était en fait un lycéen.</p>
<p class="spip">Les deux bavures, aggravées par les fausses déclarations des autorités, que les populations considèrent comme diffamatoires pour la victime décédée, devaient donner lieu à une série d’émeutes dans les wilayas de Tizi-Ouzou et Béjaïa, et atteignent les wilayas limitrophes de Bouira, Sétif et Bordj Bou Arréridj.</p>
<p class="spip">Le mercredi 2 mai 2001, le professeur Mohand Issad était chargé par Monsieur le Président de la République d’entreprendre une enquête sur ces événements et lui donne toute latitude pour composer une commission ad hoc, mener les investigations comme il l’entendait, demander tout document et entendre toute personne qu’il jugera utile.</p>
<p class="spip">Le professeur Issad se mit en devoir de constituer la Commission d’enquête, pour une mission qui s’annonçait extrêmement difficile. Il entreprit des contacts. Il sollicita les uns, reçut l’offre spontanée d’autres. Il essuya quelques refus. Au bout d’une quinzaine de jours, une commission d’enquête était constituée, dont la liste est jointe en annexe, composée essentiellement d’avocats, d’enseignants de droit, de magistrats et de membres de la société civile, issus de toutes les régions du territoire national.</p>
<p class="spip">Une première réunion plénière fut tenue le 16 mai 2001 dans les locaux aménagés pour la Commission au siège de la cour suprême, à l’effet de dégager les axes d’investigations.</p>
<p class="spip">Immédiatement, se sont imposés les axes de recherche suivant :</p>
<ul class="spip">
<li class="spip">déplacement sur le terrain et audition de témoins,</li>
<li class="spip">exploitation de la presse,</li>
<li class="spip">exploitation de documents que le président devait solliciter des services concernés, soit le ministère de l’Intérieur, le ministère de la Justice, la Direction générale de la Sûreté nationale, la Gendarmerie nationale, le Département des renseignements et sécurité du ministère de la Défense nationale, des wilayas concernées et groupements de gendarmerie de Tizi Ouzou et Béjaïa.</li>
</ul>
<p class="spip">Deux groupes furent constitués à l’effet de se rendre, l’un dans la wilaya de Tizi-Ouzou, sous la direction du bâtonnier Mahi Ghouadni, l’autre dans la wilaya de Béjaïa, sous la direction du bâtonnier Abdelwahab Benabid. Un troisième groupe devait rester à Alger, sous la responsabilité du professeur Issad.</p>
<p class="spip">Les groupes de Tizi-Ouzou et de Béjaïa ont accompli leur mission et rédigé des rapports. Le groupe resté à Alger réceptionna les documents qu’il a reçus des ministères de la Justice et de l’Intérieur, des wilayas de Tizi-Ouzou, Béjaïa, Bouira, Bordj Bou Arréridj et Sétif, de la Direction générale de la Sûreté nationale etu du Commandement de la Gendarmerie nationale.</p>
<p class="spip">Au retour des groupes qui se sont déplacés à l’intérieur du pays, cinq groupes de travail devaient de nouveau être constitués pour une exploitation plus poussée des données et des documents recueillis. Ces groupes furent placés sous la responsabilité respective de MM. Zekri, Ghouadni, Meziane, Benabid et Issad.</p>
<p class="spip">II &#8211; Les dégâts humains</p>
<p class="spip">1) &#8211; Dans un état nominatif des citoyens décédés, dressé par le ministère de l’Intérieur pour la période du 22.04.2001 au 28.04.2001, il ressort les chiffres suivants : 13 décès pour la wilaya de Béjaïa, 26 pour la wilaya de Tizi-Ouzou, 1 pour la wilaya de Sétif et 1 pour Bouira.</p>
<p class="spip">Dans un autre état global, arrêté au 12 mai 2001, le ministère de l’Intérieur donne les chiffres suivants :</p>
<ul class="spip">
<li class="spip">wilaya de Tizi-Ouzou : 30 décès, 147 blessés par balles, 77 “autres blessés”</li>
<li class="spip">wilaya de Béjaïa : 13 décès, 29 blessés par balles, 220 “autres blessés”</li>
<li class="spip">wilaya de Sétif : 01 décès, 3 blessés par balles, 3 “autres blessés”</li>
<li class="spip">wilaya de Boumerdès : 05 blessés par balles, 01 “autre blessé”</li>
<li class="spip">wilaya de Bouira : 01 décès, 06 blessés par balle. Total : 45 décès, 190 blessés par balles, 301 “autres blessés”.</li>
</ul>
<p class="spip">Pour les fonctionnaires de police, le même état donne 56 “autres blessés” à Tizi-Ouzou, 224 à Béjaïa, un à Boumerdès et 6 à Bouira.</p>
<p class="spip">Pour la gendarmerie nationale :</p>
<ul class="spip">
<li class="spip">wilaya de Tizi-Ouzou : 78 “autres blessés”</li>
<li class="spip">wilaya de Béjaïa : 81 “autres blessés”</li>
<li class="spip">Wilaya de Sétif : 13 “autres blessés”</li>
<li class="spip">Wilaya de Bouira : 08 “autres blessés”. Aucun gendarme n’a été touché par balle ou autre munition.</li>
</ul>
<p class="spip">Soit un total de :</p>
<ul class="spip">
<li class="spip">45 décès et 491 blessés parmi la population.</li>
<li class="spip">287 blessés dans les rangs de la police et 180 blessés dans les rangs de la gendarmerie. Si l’on reprend l’état nominatif des citoyens décédés au 12 mai 2001, on constate :</li>
<li class="spip">Que le décès du jeune Guermah Massinissa le 20 avril 2001, non mentionné, porte le nombre des victimes dans la wilaya de Tizi-Ouzou à 31.</li>
<li class="spip">Qu’à Tizi-Ouzou, le plus grand nombre de victimes est enregistré seulement sur deux jours, les 27 avril (8) et 28 avril (17), et à Béjaïa sur trois jours, soit les 25 avril (3), 26 avril (6) et 28 avril (4).</li>
<li class="spip">Que ces décès ont eu lieu dans plusieurs localités différentes :</li>
<li class="spip">wilaya de Tizi-Ouzou : 14 localités</li>
<li class="spip">wilaya de Béjaïa : 8 localités</li>
<li class="spip">wilaya de Sétif : 1 localité</li>
<li class="spip">wilaya de Bouira : 1 localité Soit 24 localités différentes, réparties sur 4 wilayas de Kabylie, et plus précisément 22 localités réparties sur les deux wilayas de Tizi-Ouzou et Béjaïa.</li>
</ul>
<ul class="spip">
<li class="spip">D’après un autre état nominatif du même ministère de l’Intérieur, arrêté au 11 juin 2001, le dernier chiffre passait à 27 localités touchées (16 à Tizi-Ouzou et 11 à Béjaïa). Le nombre des décès passait à 34 à Tizi-Ouzou, 17 à Béjaïa, tandis qu’on enregistrait un 2e décès à Bouira et un décès à Alger. Mais il résulte de cet état, arrêté au 11 juin 2001, que le dernier décès est survenu le 29 mai à Tizi-Ouzou, le 27 mai à Béjaïa, le 26 mai à Bouira, tandis que le jeune Haniche Hamid, blessé le 31 mai lors des manifestations d’Alger, succombait à ses blessures le 6 juin 2001.</li>
</ul>
<p class="spip">Au 11 juin 2001, le nombre de décès s’élevait à 55 parmi la population et un parmi les gendarmes, mort accidentellement par électrocution.</p>
<p class="spip">En revanche, et du 11 mai au 11 juin 2001, le nombre de blessés par balles passait pour les cinq wilayas (Tizi-Ouzou, Sétif, Boumerdès et Bouira) de 190 à 305. Le nombre des “autres blessés”, qui était de 301 au 12 mai, n’est pas indiqué dans l’état établi au 11 juin.</p>
<ul class="spip">
<li class="spip">Pour les services de sécurité, le nombre de blessés, dont aucun par balle, passait de 467 (287 pour la police et 180 pour la gendarmerie) à 1579.</li>
</ul>
<p class="spip">On peut s’étonner de ce bond dans le nombre des blessés, et du nombre plus important dans les rangs de la police que dans ceux de la gendarmerie. L’explication pourrait se trouver, d’une part dans le fait que la police n’a pas tiré par balles là où elle a eu à intervenir, ce qui l’a rendue plus exposée, d’autre part dans le fait que la gendarmerie elle-même a moins tiré par balles à partir du 11 mai, date du premier état global, ce qui l’a rendue plus vulnérable.</p>
<p class="spip">2) Des blessés par balles et des morts, du 18 au 28 avril 2001, en Kabylie (document arrêté au 3 juillet 2001)</p>
<p class="spip">Les données traitées ont pour source exclusive des documents officiels, communiqués par les services des ministères de la Justice, de l’Intérieur, de la Santé. Le 18 avril 2001 Guermah Massinissa</p>
<ul class="spip">
<li class="spip">19 ans, est blessé en fin d’après-midi dans les locaux de la Gendarmerie de Béni-Douala.</li>
<li class="spip">Il est blessé aux deux membres inférieurs par une rafale tirée d’un kalachnikov.</li>
<li class="spip">Provoquées par une munition de guerre, les blessures sont gravissimes aux deux cuisses, avec lésions complexes du fémur droit et plaies vasculaires, notamment à la face postérieure du genou gauche.</li>
<li class="spip">Il sera finalement transféré et opéré à Alger, durant la nuit.</li>
<li class="spip">Le décès survient le 20 avril à 8h15.</li>
</ul>
<p class="spip">Il est évident que la mort de Guermah Massinissa est la conséquence des blessures par balles reçues aux deux membres inférieurs. Les blessures présentaient d’emblée un caractère “d’urgence extrême”, c’est-à-dire que le pronostic vital était immédiatement mis en jeu.</p>
<p class="spip">Le pronostic a été aggravé par les délais imposés au traitement. Les constatations nécropsiques ne font état d’aucune autre lésion, fermée ou ouverte, que celles provoquées par les balles et les traitements médico-chirurgicaux consécutifs. En particulier, la recherche d’ecchymose et de rupture traumatique d’organe interne est restée sans résultat.</p>
<p class="spip">1 &#8211; DGSN : état numérique par qualité des personnes décédées et blessées lors des manifestations du 22 au 28 avril 2001. Annexe La page comporte trois tableaux intéressant les wilayates d’Alger, Tizi-Ouzou, Béjaïa, Sétif, Boumerdès et Bouira. Nous ne travaillerons ici que sur le total des blessés par balles de l’ensemble des wilayas concernées.</p>
<p class="spip">1.1. premier tableau : Ce tableau montre que 50 + 217 = 267 citoyens ont été atteints par balles. La proportion des citoyens morts par balles serait donc : 50/267* 100 = 18,7 %, soit environ un mort pour cinq ou six blessés.</p>
<p class="spip">1.2. deuxième tableau : Il compte, sur la même page, pour la même période et les mêmes lieux, les pertes des fonctionnaires de police. S’il signale un total de 416 blessés, dont aucun ne l’est par balle, le nombre des décès est chiffré à zéro. Ce tableau indique donc que les fonctionnaires n’ont subi aucun tir par arme à feu.</p>
<p class="spip">1.3 &#8211; troisième tableau Il comporte les pertes des gendarmes. Il indique : Décédé : 001 (Béjaïa) Blessé par balle : 001 (Tizi-Ouzou) Autres blessés : 180 La mort du gendarme à Béjaïa n’est pas imputée à une blessure par balle. Le compte rendu de nécropsie rapporte la mort à une électrocution. Ce tableau indique donc qu’un seul fonctionnaire a été blessé par arme à feu. Le blessé par balle l’a été sur le territoire de la wilaya de Tizi-Ouzou, sans autre détail.</p>
<ul class="spip">
<li class="spip">Il apparaît donc que, sur l’ensemble des wilayas d’Alger, Tizi-Ouzou, Béjaïa, Sétif, Boumerdès et Bouira, deux cent soixante sept citoyens ont été blessés par balles.</li>
<li class="spip">parmi eux, cinquante sont morts.</li>
<li class="spip">Le taux global de mortalité serait donc de 18,7 % sur l’ensemble des wilayate d’Alger, Tizi-Ouzou, Béjaïa, Sétif, Boumerdès et Bouira.</li>
</ul>
<p class="spip">Rapporté à chacune des wilayas où il a été constaté des décès par balle (Tizi-Ouzou, Béjaïa, Sétif et Bouira), les chiffres deviennent : Tizi-Ouzou : total blessés par balles : 157, Béjaïa : 86, Sétif : 4, Bouira : 16 Total morts par balles : Tizi-Ouzou : 31, Béjaïa (16), Sétif (1), Bouira (2). Pourcentages Tizi-Ouzou (19,75, Béjaïa (18,6), Sétif (20), Bouira (12,5). Compte tenu de l’absence totale de pertes graves parmi les forces de l’ordre (un seul blessé par balle, dans des conditions non-précisées) en face de proportions de civils tués par balles qui apparaissent considérables, l’utilisation d’armes et de munitions de guerre pourrait apparaître largement excessive.</p>
<p class="spip">2- DGSN : état numérique global des personnes décédées et blessées lors des manifestations du 22 au 28 avril 2001. Annexe 2. Ce document comporte deux tableaux, reproduits ci-dessous : En ne prenant en compte que le total des blessés par balles de l’ensemble des wilayas concernées, Total décédés : 51 Total blessés par balles : 218 Total autres blessés : 900</p>
<p class="spip">Citoyens, total décédés : 50 Citoyens, total blessés par balles : 217 Policiers, total blessés : 416 Gendarmes, total blessés : 181 Citoyens, total autres blessés : 304 Gendarmes, total décédés : 001 (électrocution) Policiers, total décédés : 000</p>
<p class="spip">Ces deux tableaux confirment les impressions précédentes : L’étude plus fine, en cours, par wilaya et par nature des lésions accentuerait l’impression d’une utilisation excessive des armes à feu par les fonctionnaires chargés du maintien de l’ordre.</p>
<p class="spip">Il apparaîtrait que le nombre des civils blessés par balles présente une proportion de morts, variant selon les lieux et les jours, de un sur dix, à un sur trois.</p>
<p class="spip">Cette proportion, portant sur des blessés civils dépourvus d’armes à feu, paraît effrayante. Elle n’est comparable qu’avec les pertes militaires, lors des combats réputés les plus durs en temps de guerre. les forces de l’ordre, aux mêmes lieux et moments ne présentent aucun blessé par balles, à fortiori aucun mort par balle.</p>
<p class="spip">3. Evaluation de l’importance et de la localisation des blessures. . Elle ne porte donc que sur une partie de l’ensemble des décès répertoriés. Cependant, le nombre des dossiers exploitables (44) par rapport à l’ensemble des décès (51) permet une appréciation significative. Cette évaluation n’a été possible qu’à partir des comptes-rendus de nécropsies exploitables. Analyse des impacts : 44 dossiers exploitables</p>
<p class="spip">3.1 &#8211; siège</p>
<ul class="spip">
<li class="spip">Tête et cou 17 dont 2 impacts occipitaux</li>
<li class="spip">Thorax : 21 incluant 6 impacts dorsaux.</li>
<li class="spip">Abdomen : 5 dont un impact postéro-inférieur. Les cadavres montrent une prépondérance des impacts sur la tête, le cou et la moitié supérieure du thorax. Il y a beaucoup moins d’impacts abdominaux ou thoraco-abdominaux. La répartition de ces localisations paraît difficilement imputable au hasard statistique.</li>
</ul>
<p class="spip">3.2 &#8211; blessures</p>
<ul class="spip">
<li class="spip">Les orifices d’entrées sont petits, de l’ordre du centimètre.</li>
<li class="spip">Ils sont toujours dans les normes d’aspect et de dimensions des munitions de guerre, arrivant sur la cible avec toute leur stabilité.</li>
<li class="spip">Les descriptions dont nous disposons ne permettent pas d’évaluer avec précision la distance de tir, en particulier nous n’avons aucun élément suffisant qui permettrait d’affirmer un tir à “bout touchant”. Cette éventualité n’est jamais mentionnée dans les rapports de nécropsie mis à notre disposition.</li>
<li class="spip">Les orifices de sortie sont le plus souvent de l’ordre de plusieurs centimètres.</li>
<li class="spip">Ils correspondent à ce que l’on rencontre habituellement dans les blessures par munition de guerre.</li>
<li class="spip">Les trajets à l’intérieur des corps montrent, là encore, des lésions malheureusement banales dans ce type de blessures.</li>
</ul>
<p class="spip">3.3 &#8211; nature des projectiles. L’analyse des comptes-rendus de nécropsie, en excluant trois dossiers inexploitables, révèle que :</p>
<p class="spip">3.3.1 &#8211; Les plaies décrites portent toujours les stigmates des lésions causées par des projectiles à haute vélocité (supérieure à 800 m/s). Ces blessures, provoquant des dégâts considérables dans certaines configurations de direction d’impact et de nature de la cible (crâne, squelette etc.), ont pu faire évoquer par certains l’utilisation de balles “explosives”.</p>
<p class="spip">3.3.2 &#8211; N’ayant pu disposer d’aucun échantillon de projectile ou de fragments (exception faite du cas Guermah). Dans ce cas particulier, personne n’a évoqué l’éventualité de l’utilisation de projectiles non réglementaires. Il s’agissait de munitions de guerre, tirées par un AK 47, ni des radiographies des victimes avant l’extraction des agents vulnérants, aucun commentaire ne peut être exprimé à ce propos. Cependant, nous ne pouvons, à partir des éléments à notre disposition, dire si les blessures résultent de projectiles tirés par des fusils classiques ou d’armes de précision, ou de AK 47.</p>
<p class="spip">Cependant, les débris de projectiles qui ont pu être aperçus sur certaines chaînes de télévision, évoquent &#8211; malgré la brièveté des images &#8211; la probabilité de fragments de la chemise en laiton des projectiles ordinaires des armes de guerre en usage. D’autres ont soupçonné l’utilisation d’armes de grande précision (fusils à lunette). Ces armes font naturellement partie de l’arsenal des forces spéciales, destinées notamment à la neutralisation des preneurs d’otages. Elles ont pu être observées dans notre pays, en particulier sur les lieux de certains barrages de contrôle. Mais les soupçons exprimés par certains de l’utilisation de ces armes et de leurs munitions spéciales ne peuvent être, à ce jour, ni infirmées ni confirmées. Nous ne disposons en effet d’aucun témoignage précis, ni d’aucun élément de preuve matérielle.</p>
<p class="spip">3.4 &#8211; des munitions de guerre</p>
<ul class="spip">
<li class="spip">Nous ne disposons d’aucun document ou pièce ni rapport d’expertise balistique, exception faite du cas Guermah. Dans ce cas particulier, personne n’a évoqué l’éventualité de l’utilisation de projectiles non réglementaires. Il s’agissait de munitions de guerre, tirées par un AK 47.</li>
</ul>
<ul class="spip">
<li class="spip">Nous n’avons pas obtenu les dossiers radiologique ni des morts, ni des blessés par balles ayant survécu. Leur examen serait très important :</li>
<li class="spip">Les images des projectiles, examinées sur les radiographies faites au moment de la première consultation hospitalière, seraient peu suspectes de “montage”.</li>
</ul>
<ul class="spip">
<li class="spip">L’analyse de ces images permettrait l’éventuelle identification de différents types de projectiles, ou, au contraire, un modèle unique.</li>
</ul>
<ul class="spip">
<li class="spip">Cette analyse porterait autant sur les fragments de “chemise” que sur le contenu de cette enveloppe.</li>
</ul>
<ul class="spip">
<li class="spip">Nous avons cependant une expertise balistique (Guermah) qui dit que les orifices de sortie des balles AK47 peuvent faire plus de six centimètres de diamètre.</li>
</ul>
<ul class="spip">
<li class="spip">Les munitions de guerre réglementaires pour armes légères, type “OTAN” et type “russe” sont bien connues.</li>
</ul>
<ul class="spip">
<li class="spip">Elles ne sont pas discutées quant à leur conformité avec les traités internationaux.</li>
</ul>
<ul class="spip">
<li class="spip">Elles sont cependant construites pour effectuer les délabrements les plus importants possibles. Elles sont construites pour :</li>
</ul>
<ul class="spip">
<li class="spip">Effectuer leur trajectoire avec une vitesse “subsonique”, entre 850 et 950 m/s</li>
</ul>
<ul class="spip">
<li class="spip">Une stabilité (et donc précision) maximale jusqu’à atteindre une cible distante de 300 et même 400 mètres.</li>
</ul>
<ul class="spip">
<li class="spip">Pour se déstabiliser au maximum, dès le contact avec elle.</li>
</ul>
<ul class="spip">
<li class="spip">Du fait de cette déstabilisation, les mouvements du projectile, à l’intérieur du corps de la cible, provoquent des cavités d’un diamètre supérieur à 10 fois la longueur du projectile.</li>
</ul>
<ul class="spip">
<li class="spip">Cette cavité est soumise à une pression qui atteint N fois celle de la pression atmosphérique.</li>
</ul>
<ul class="spip">
<li class="spip">La rencontre de tissus denses (os) aggrave les dégâts . Au niveau du crâne, les lésions décrites sont considérables : liquéfaction du cerveau et “éclatement” de la boîte crânienne sont couramment observés.</li>
</ul>
<ul class="spip">
<li class="spip">Le fusil d’assaut AK47 est réputé avoir une bonne précision jusqu’à 100 mètres.</li>
<li class="spip">Le fusil “séminov” est réputé avoir une bonne précision jusqu’à 300 mètres, et plus dans de bonnes conditions de réglage et de tir. Ses projectiles peuvent provoquer des lésions mortelles jusqu’à près de mille mètres.</li>
<li class="spip">Les balles “modernes” ont été créées pour remplacer les balles “full metal jacket” de la fin du siècle dernier : ces projectiles en effet, restaient stables au cours de leur traversée de la cible. Et, sauf à provoquer une hémorragie foudroyante par déchirure de gros vaisseaux, elles n’entraînaient que “peu” de dégâts… Les blessés pouvaient rapidement redevenir des soldats opérationnels…</li>
</ul>
<ul class="spip">
<li class="spip">Certains auteurs vont jusqu’à dire que les munitions modernes, normalement agréées par les règles internationales, sont très proches, par leurs effets, de ce qui était attendu des balles fabriquées pour se fragmenter au maximum, et dites “explosives”.</li>
</ul>
<ul class="spip">
<li class="spip">Conclusion :</li>
</ul>
<ul class="spip">
<li class="spip">Toutes les blessures que nous avons eu à connaître sur documents nécropsiques sont compatibles avec les effets qui sont observés “normalement” lors des blessures occasionnées par des munitions de guerre.</li>
<li class="spip">Nous ne disposons d’aucun élément permettant de pousser plus loin nos conclusions.</li>
</ul>
<p class="spip">Conclusion générale</p>
<p class="spip">1 &#8211; Pendant la période considérée, les blessés par balles l’ont été par des munitions de guerre. 2 &#8211; Les blessures infligées correspondent à ce que l’on attend de ce type de munition. 3 &#8211; L’absence de tout document d’expertise (autre que celui de Guermah), d’indice matériel ou d’image radiologique, ne permet &#8211; eu aucun cas &#8211; de définir avec précision le type exact de l’agent vulnérant. 4 &#8211; Nous avons une expertise balistique (Guermah) qui affirme que les orifices de sortie des balles AK 47 peuvent avoir un diamètre de plus de six centimètres. 5 &#8211; Le nombre des morts paraît considérable, par rapport au nombre total des blessés par balles dans les mêmes conditions de lieu et de temps. 6 &#8211; Les morts ont été le plus souvent immédiates ou très rapides. 7 &#8211; La plupart des morts ont été touchés dans les parties vitales les plus fragiles, situées dans la partie haute du corps humain (au-dessus du sixième espace intercostal) et qui laissent peu de chances à une thérapeutique, fut-elle pratiquée d’extrême urgence. 8 &#8211; La grande proportion de ces localisations mortelles paraît difficilement imputable au hasard de la dispersion des projectiles. 9 &#8211; Moins grande est la proportion des blessés au ventre, la mort survenant alors malgré les efforts thérapeutiques. 10 &#8211; L’importance des morts civiles par armes à feu resterait considérable s’il s’était agi d’un combat opposant deux belligérants combattant à armes égales.</p>
<p class="spip">III &#8211; Les événements déclenchants</p>
<p class="spip">I &#8211; Affaire Guermah Massinissa :</p>
<p class="spip">1) Le 18 avril 2001 à 18h30 quatre jeunes gens se présentent à la brigade de gendarmerie de Béni-Douala pour y déposer plainte à l’encontre d’un groupe d’autres jeunes gens pour agression et vol à hauteur du lycée situé à 200 m de la Brigade.</p>
<ul class="spip">
<li class="spip">Selon un télégramme du 19 avril 2001, envoyé par la brigade de Béni-Douala au chef du groupement de gendarmerie de Tizi-Ouzou, quatre gendarmes se sont déplacés à bord du véhicule des plaignants, et à leur retour, en compagnie de Guermah Massinissa et Merakeb Koceila, sont entrés directement dans la salle d’attente en attendant d’informer le chef de brigade “qui était dans son bureau où il notifiait à la famille Matoub des convocations judiciaires”. Au retour des gendarmes, il devait être 19h, la “famille Matoub” habite à Tizi Hibel, à plusieurs kilomètres de la brigade. Dans la salle d’attente, le gendarme Mestari Merabet actionne, “par inadvertance” son arme, un kalachnikov, dont la sûreté était désactivée, et une rafale de 6 coups est sortie, dont trois devaient aller vers le sol et trois autres toucher un autre gendarme, Benferdi Mounir, et le jeune Guermah Massinissa.</li>
</ul>
<p class="spip">L’identité des plaignants ne sera pas relevée sur l’instant, ceux-ci ayant quitté la brigade immédiatement après l’incident.</p>
<ul class="spip">
<li class="spip">Dans une lettre du 21 avril 2001 (n° 140/2001) adressée à Monsieur le ministre de l’Intérieur, le commandant de la gendarmerie nationale reprend la version du tir “par imprudence” et d’une “rafale de 6 coups”. A cette lettre, étaient joints un tract du RCD et une “requête” d’un groupe de “citoyens de Béni-Douala” , à Monsieur le commandant du groupement de wilaya de gendarmerie de Tizi-Ouzou.</li>
</ul>
<p class="spip">Le tract du RCD demande “un rappel à l’ordre des darkis qui .. ; se défoulent sur nos jeunes et les exemples sont nombreux”, et “l’installation d’une sûreté de daïra, car Béni-Douala n’est plus un petit bourg des années 70, mais un lieu de vie pour 35.000 personnes qui méritent d’être encadrées civilement”.</p>
<p class="spip">L’appel du “groupe de citoyens” dénonce, notamment, “les actes irresponsables de certains darkis…”, “la légèreté avec laquelle ces mêmes éléments font usage de leurs armes”, “les bastonnades… dont nos jeunes font l’objet”, et demande, entre autres, “d’interdire les brutalités envers les citoyens de tous âges et de n’appliquer que la loi, toute la loi à tout contrevenant”, “de moraliser les actions de l’ensemble des éléments…”. Ils ajoutent que “un darki a exigé sous la menace de son arme du personnel médical de la polyclinique d’abandonner les soins prodigués au jeune , victime de la rafale et d’une hémorragie, pour s’occuper de son collègue, touché au talon et jouissant de toutes ses facultés”.</p>
<ul class="spip">
<li class="spip">Le lieutenant-colonel Hellal, auteur d’un rapport du 3 mai 2001, reprend la version de l’accident par imprudence et déclare que, dans l’attente du chef de brigade qui se trouvait dans son bureau, le darki Mestari Merabet “alors qu’il tenait de sa main droite son arme non sécurisée et armée balle au canon alors qu’il l’ignorait, a soudain pressé sur la détente et une rafale s’est déchargée et a atteint Guermah Massinissa, qui était assis, et le darki auxiliaire Benferdi Mounir.. ;”. Le gendarme Mestari Merabet persiste à déclarer “qu’il a appuyé sans (se) rendre compte sur la détente d’où une rafale de 6 balles…”.</li>
</ul>
<p class="spip">Devant le juge d’instruction militaire de Blida, le gendarme Mestari Merabet déclare s’être rendu, lui et ses collègues, à bord du véhicule des plaignants, au motif qu’il leur était interdit de se déplacer à bord du véhicule de la brigade en dehors des heures de service.</p>
<p class="spip">Interrogé , le commandant régional de Tizi-Ouzou répond par écrit qu’il n’y avait aucune instruction quant à l’interdiction d’utiliser le véhicule de la brigade en dehors de certaines heures, et que le chef de brigade a ordonné aux gendarmes de se déplacer à pied, compte tenu de la proximité des lieux.</p>
<ul class="spip">
<li class="spip">Les conditions de l’interpellation ne sont pas élucidées. Alors que le rapport du lieutenant colonel Hellal du 3 mai 2001 déclare qu’à la vue des gendarmes le groupe (des agresseurs) s’était “dispersé et fui vers la forêt”, et que les éléments de la brigade n’ont pu en arrêter qu’un seul, qui a été conduit vers la brigade à pied, tandis que les autres éléments ont appréhendé un second garçon qui a été conduit à la brigade à bord d’un véhicule.</li>
</ul>
<p class="spip">Le père de Guermah Massinissa, Guermah Khaled, déclare que son fils était à la maison en train de réviser ses cours lorsqu’il est descendu dans la rue après avoir entendu du vacarme, et qu’il a été arrêté par les gendarmes qui passaient. Le jeune Merakeb Koceïla déclare avoir été battu par le gendarme Benferdi Mounir, qui aurait réservé le même traitement à Guermah Massinissa.</p>
<p class="spip">Merakeb Koceïla est le seul à avoir parlé de 2 rafales, ce qui sera confirmé par l’expertise balistique. Toujours devant le juge d’instruction militaire, le gendarme Mestari Merabet déclare avoir appuyé sur la détente “sans se rendre compte”, et qu’il tenait de sa main droite son arme non sécurisée et armée, balle au canon, “alors qu’il l’ignorait”.</p>
<p class="spip">Toujours devant le juge d’instruction militaire, le gendarme Mourad Fouad déclare que “le pistolet-mitrailleur du gendarme Mestari Merabet a glissé de son épaule et au moment où il tentait de le récupérer, il a appuyé sur la détente, d’où la rafale…”.</p>
<p class="spip">Le gendarme Merzoug Youcef déclare n’avoir pas vu l’arme glisser de l’épaule du gendarme Mestari Merabet. Le gendarme Rouabah Rabah non plus n’a pas vu “le mouvement de chute de l’arme”. Mestari lui-même ne donne pas cette version. C’est seulement le 20 juin 2001 devant les experts en balistique que le gendarme Mestari fait sienne la version de la chute de l’arme :</p>
<p class="spip">“Mon arme était accrochée à mon épaule droite et la bouche du canon était pointée vers le sol. En conduisant la victime vers le banc qui se trouve en face de l’entrée de la salle, subitement l’arme s’était glissée (sic) de mon épaule. Lorsque j’ai voulu la réajuster une rafale de 6 cartouches s’était déclenchée dont 3 ont occasionné des blessures sur mon collègue qui se trouvait à la droite .. ; et les 3 autres sur la victime qui était à ma gauche”.</p>
<ul class="spip">
<li class="spip">Mais d’après les experts, il y a eu 2 rafales. On lit ainsi en page 3 du rapport, et au paragraphe : “C. reconstitution de la scène du crime” :</li>
</ul>
<p class="spip">“En résumé, il résulte de cette reconstitution que le prévenu et la victime faisaient face au comptoir. L’arme, accrochée à son épaule droite, s’était glissée (sic) au moment où il conduisait la victime vers le banc de la salle de permanence : une rafale de 3 cartouches avait été tirée, causant 3 impacts sur le sol et blessant ainsi le gendarme qui se trouvait à proximité du comptoir. Surpris par le recul de la culasse et voulant maîtriser son arme, le prévenu avait, par inadvertance, dévié l’arme de sa direction vers la gauche, ce qui avait déclenché une seconde rafale de 3 cartouches, causant les blessures à la victime au niveau des membres inférieurs”.</p>
<p class="spip">Pour vérifier l’état de fonctionnement de l’arme, les experts ont procédé à un tir d’essai de plusieurs cartouches. Ils déclarent (p.5 du rapport) : “aucun incident de tir n’a été enregistré”.</p>
<p class="spip">En “conclusion”, ils déclarent, entre autres (p.6) :</p>
<ul class="spip">
<li class="spip">Si on n’actionne pas la détente, l’arme incriminée ne provoque aucun tir lorsqu’elle tombe de l’épaule. 7. La chute de l’arme sur le sol ne peut déclencher la détente et engendrer les tirs”.</li>
</ul>
<ul class="spip">
<li class="spip">Il résulte ainsi de cette conclusion que la chute de l’arme n’est pas la cause des tirs, qu’il a fallu, par deux fois, actionner la détente pour faire partir d’abord 3 balles, puis 3 autres.</li>
</ul>
<p class="spip">Il faut un hasard singulier pour que, par deux fois et dans un mouvement de chute incontrôlé, le doigt du gendarme se pose sur la détente et appuie involontairement. On peut, semble-il, expliquer la seconde rafale par le doigt resté crispé sur la détente après la première rafale, mais les experts n’envisagent pas cette hypothèse qui est sans doute hors de leurs attributions.</p>
<ul class="spip">
<li class="spip">Indépendamment de ces supputations, des conditions de l’interpellation des deux jeunes gens qui restent non élucidées, de la question de savoir si le tir a été volontaire ou non, ce qui sera déterminé par la juridiction de jugement, il reste la gravité même du comportement du gendarme, qui garde à l’intérieur de la brigade, et face à plusieurs personnes, le cran de sûreté levé, et balle au canon. Se peut-il qu’un gendarme “ignora” que son arme était non sécurisée et armée ? On peut à tout le moins parler de ce que les juristes appellent en droit civil, la “faute lourde équipollente au dol” , qui assimile alors l’acte involontaire à l’acte volontaire.</li>
</ul>
<ul class="spip">
<li class="spip">Trois membres de la Commission ont assisté à la procédure judiciaire complémentaire de reconstitution des faits dans les locaux de la brigade de gendarmerie de Béni-Douala en date du 1er juillet 2001. Cette reconstitution n’a pas apporté d’élément nouveau significatif sinon que les déclarations du gendarme Mestari et celles de son collègue Benferdi Mounir se rejoignent sur l’idée de l’arme qui glisse de l’épaule de Mestari avant le déclenchement du tir de six balles en deux rafales de trois balles chacune. Ces déclarations faites le 1er juillet 2001 sont en contradiction avec certaines de leurs déclarations consignées antérieurement.</li>
</ul>
<p class="spip">Il reste que les explications apportées tant par le prévenu que par le témoin Benferdi et même les conclusions des services de la police scientifique s’agissant de la trajectoire des tirs, ne concordent pas et ne sont pas satisfaisantes. En prenant en considération le fait que l’arme n’a pas présenté de défection mécanique lors de son examen par les experts en balistique, et la conclusion de ces derniers, il est possible de déclarer que le tir n’a pas été provoqué par la chute de l’arme, mais par une pression sur la détente de Mestari, dans des conditions qui n’ont pas encore été élucidées de façon satisfaisante par l’information judiciaire en cours.</p>
<ul class="spip">
<li class="spip">Le témoignage de Merakeb Koceila eut été capital dans la mesure où ses déclarations font état de brutalités exercées sur sa personne et sur celle de Guermah Massinissa. Malheureusement les services de gendarmerie affirment avoir été dans l’impossibilité d’acheminer sa convocation à assister à la reconstitution.</li>
</ul>
<ul class="spip">
<li class="spip">Lors de celle-ci, les membres de la Commission ont eu à constater la présence, en nombre, de gendarmes confinés dans des locaux et dans des conditions d’hygiène déplorables, avec l’absence complète de contact avec l’environnement immédiat. Cette situation risque d’entraîner des conséquences néfastes sur le moral des éléments, et des comportements de nature à amener à une nouvelle confrontation avec les jeunes de la région.</li>
</ul>
<p class="spip">Le rapport d’autopsie et l’examen de ce rapport indiquent que les balles sont parties de haut en bas. Alors qu’une arme du type de celle que détenait le gendarme Mestari, qui échappe au contrôle de son détenteur, a plutôt tendance à bondir de bas en haut… Le rapport d’autopsie relève que les balles qui ont atteint la victime décrivent une trajectoire oblique de la droite vers la gauche et du haut vers le bas. C’est une trajectoire contraire au mouvement de l’arme : le FA Kalachnikov est une arme d’assaut dont l’angle d’incidence important l’entraîne naturellement du bas vers le haut. Le mouvement contraire observé par le médecin légiste n’est pas convaincant.</p>
<p class="spip">2 &#8211; le jeune Guermah Massinissa est décédé le 20 avril 2001 à l’hôpital Mustapha des suites de ses blessures.</p>
<p class="spip">Dans un rapport du lendemain 21 avril 2001 (n° 140/2001) adressé par le commandement de la gendarmerie nationale à Monsieur le ministre de l’Intérieur, il est signalé “un mouvement de mécontentement et d’indignation … au sein de la population de Béni-Douala, se traduisant par l’envoi d’une requête au commandant du groupement de la wilaya de Tizi-Ouzou…”. Le rapport croit devoir ajouter que les habitants du village de Béni-Douala sont de tendance FFS et ont de tout temps “manifesté une hostilité envers le Pouvoir et les services de sécurité, et particulièrement la gendarmerie nationale”.</p>
<p class="spip">Voilà donc l’explication : le décès du jeune Guermah est imputable à l’hostilité de Béni-Douala au Pouvoir et à ses sympathies FFS !</p>
<p class="spip">Mais on relève dans les “documents additifs” transmis par le ministère de l’Intérieur, une résolution de l’APW de Tizi-Ouzou du 30 avril 2001 et transmise directement au ministre de l’Intérieur. Cette résolution rappelle l’appel lancé le 22 avril 2001 par lequel l’APW attirait l’attention des autorités sur les dépassements des brigades de gendarmerie.</p>
<ul class="spip">
<li class="spip">Dans un “rapport additif” du 24 avril 2001 (n°145/2001), le même commandement de la gendarmerie porte à la connaissance du ministre de l’Intérieur “l’évolution de la situation à travers la circonscription de la commune de Béni-Douala”. Il signale que dès le 21 avril à 8h30 des manifestants ont contraint les directeurs des établissements scolaires et les commerçants à cesser toute activité. A 9 h, une foule “estimée à environ 300 personnes” s’est rassemblée devant le siège de la brigade locale, lançant des projectiles et scandant des slogans hostiles au pouvoir.</li>
</ul>
<p class="spip">Cette même foule, à laquelle se sont joints d’autres personnes, s’est scindée en deux groupes ; le premier s’est introduit à l’intérieur de la cour de la brigade où il a mis le feu à des pneus usagés apportés à cet effet, “pour ensuite incendier l’emblème national” et tenter d’investir les locaux administratifs après avoir détruit le mur d’enceinte de l’unité et arraché le portail de l’entrée secondaire. Les gendarmes ont fait usage de bombes lacrymogènes.</p>
<p class="spip">Le second groupe s’est dirigé vers le siège du détachement de la garde communale, mitoyen de la brigade, d’où il a été repoussé par des tirs de sommation. La foule fut dispersée par l’intervention des unités du GIR 12 de Tizi-Ouzou dépêchées sur les lieux.</p>
<ul class="spip">
<li class="spip">En prévision de l’enterrement du défunt Guermah Massinissa, prévu pour le 23 avril 2001, deux escadrons d’intervention du GIR de Tizi Ouzou ont été acheminés et positionnés à Béni-Douala, un escadron d’intervention renforcé d’une section du GIR de Réghaïa fut prépositionné à Tizi-Ouzou. Trois escadrons d’intervention relevant des GIR de Bouira, Chéraga et Zéralda ont été mis en état d’alerte.</li>
</ul>
<p class="spip">Le 22 avril 2001 à 19h45, la dépouille mortelle de Guermah Massinissa arrive au domicile mortuaire, sis à Tizi Hibel, commune de Aït Mahmoud, daïra de Béni-Douala.</p>
<p class="spip">Le 23 avril 2001 à 11h30, 300 personnes, toujours selon les chiffres du rapport additif, se sont rassemblées devant le siège de la brigade locale de Béni-Douala et ont lancé des pierres en direction l’édifice. Cet attroupement a été dispersé par les gendarmes.</p>
<p class="spip">A 13 h, le défunt est inhumé au cimetière de Tizi-Hibel et une foule estimée à 4000 personnes assiste aux obsèques. A l’issue des funérailles, le père de la victime “a invité l’assistance à observer le calme et à laisser la justice suivre normalement son cours”. Toutefois, selon le même rapport, 500 personnes environ se sont dirigées vers Béni-Douala, distante de 7 km, dans l’intention d’organiser une marche. Quatre cents manifestants se seraient livrés par intermittence à des jets de pierres en direction des membres des forces de l’ordre et tenté d’investir et de détruire la porte principale de la Recette des postes et télécommunications. Ils ont été refoulés.</p>
<p class="spip">Ces mêmes manifestants ont tenté de s’introduire à l’intérieur du siège du détachement local de la garde communale, laquelle aurait tiré des coups de feu en l’air. Les unités d’intervention sont intervenues pour rétablir l’ordre.</p>
<p class="spip">Le même jour, 23 avril 2001, aux environs de 16h, des manifestants se sont introduits à l’intérieur du siège de la recette des contributions diverses où après avoir fait sortir le mobilier et les documents, y ont mis le feu et se sont dispersés aux environs de 20 heures.</p>
<p class="spip">Le rapport précise que les suites judiciaires concernant le gendarme Mestari Merabet, de la brigade de Béni-Douala et auteur d’un homicide, que le rapport qualifie d’involontaire, sur la personne du nommé Guermah Massinissa, seront rendues publique par voie de presse.</p>
<p class="spip">Ainsi donc, et malgré ce qu’on a pu déclarer ici et là sur le “calme relatif” qui aurait régné après l’accident du 18 avril, les mouvements de foule ont commencé dès le 20 avril 2001, jour du décès du jeune Guermah et les autorités alertées.</p>
<p class="spip">3. &#8211; Affaire de Oued Amizour : Le dimanche 22 avril 2001, à 10h30 trois collégiens de Oued Amizour, faisant partie d’un groupe conduit par leur moniteur de sport, sont interpellés et conduits à la brigade de gendarmerie locale, motif pris d’outrage à l’encontre des gendarmes de la brigade.</p>
<p class="spip">Ceci devait entraîner, dès 14 h, des manifestations accompagnées de jets de pierres devant la brigade, la sûreté de daïra, le siège de l’APC et la daïra. Les manifestants mirent le feu au véhicule appartenant au sergent chef Sersoub, auteur de l’interpellation des 3 collégiens. Le même jour à 15 heures, le wali de Béjaïa, accompagné des membres de la Commission de sécurité de wilaya, s’est rendu sur les lieux, mais ne semble pas avoir calmé les esprits.</p>
<p class="spip">Dans un rapport du 23 avril 2001 (n°142/2001) adressé par le commandement de la gendarmerie nationale au ministre de l’Intérieur, on relève que vers 19h30, la foule a mis le feu à des bureaux du siège de la daïra ; qu’à 21h45 et, après avoir été dispersée, elle se réunit une 2e fois pour se rendre au siège de la daïra où elle a incendié un véhicule appartenant à cette administration, qui était à l’intérieur de la cour.</p>
<p class="spip">Toujours le même jour, à 23h45 et d’après le même rapport du 23.4.2001, un tract “à caractère tendancieux”, émanant du bureau local du FFS a été placardé sur les lieux. Le 23 avril 2001 une foule nombreuse effectue une marche au centre-ville, en direction de l’APC, lançant au passage des projectiles en direction des sièges de la brigade de gendarmerie et de la sûreté de daïra ;</p>
<p class="spip">On apprend d’après le même rapport, qu’indépendamment du dispositif déjà mis en place, des renforts constitués de deux escadrons d’intervention de Jijel et Bordj Bou-Arréridj ont pris position respectivement à Souk El Thenine et Sidi Aïch. Une commission d’enquête est annoncée par ce rapport.</p>
<p class="spip">Le tract du FFS, joint à ce rapport, décrit autrement les incidents. Il indique que les trois collégiens ont été enlevés en plein cours par la gendarmerie, que l’enseignant devant qui ces faits ont eu lieu, a subi une pluie d’injures et de menaces avec des klachs. Que les collégiens ont été séquestrés et passés à tabac dans l’enceinte de la brigade. Le tract, daté du 22 avril 2001 parle “d’une opération planifiée” pour faire basculer la région “dans une spirale de violence”. Il parle de l’impunité qui a “ouvert la voie aux atteintes systématiques aux droits de l’homme, aux libertés démocratiques et à la liberté d’expression”. La section locale du FFS prévient et dénonce “ce plan diabolique concocté dans les laboratoires”, et appelle la population ” à demeurer vigilante, à ne pas répondre à la provocation et à déjouer tous les complots d’où qu’ils viennent”.</p>
<p class="spip">Il est significatif de mesurer la distance qui sépare le rapport de la gendarmerie et le texte du FFS. Alors que dans le premier, le sergent Sersoub Mouloud n’a interpellé les trois collégiens qu’à l’effet “d’aviser leurs parents sur leur comportement pour ensuite les relâcher”. Dans le tract du FFS, d’une demi-page, il est fait successivement mention d’une “opération planifiée”, d’un “plan diabolique” et de “complots”.</p>
<p class="spip">Deux jours après le premier rapport, le commandement de la gendarmerie nationale adresse au ministre de l’Intérieur un second rapport, du 25 avril 2001 (n° 146/2001), dans lequel il mentionne dès le premier paragraphe que les incidents se sont étendus à Béjaïa, Aokas, Tichy, Akbou, Oued Ghir, Sidi Aïch, Akfadou, Chemini, Adekar, Berbacha, Sémaoune Feraoun, Sedouk, Béni Maouche, Tizi-Ne Barbar et Ouzelaguène … soit 16 localités.</p>
<p class="spip">Force est de déduire que, soit il y a eu effectivement un plan, soit que la provocation était tellement grave qu’elle a entraîné des perturbations dans 16 localités. Des marches et des saccages sont signalés ; le même rapport fait état des moyens engagés pour rétablir l’ordre : 6 escadrons venant d’autres localités, et un 7e de Annaba, “prépositionné pour une interventions éventuelle”.</p>
<p class="spip">L’enquête ordonnée plus haut est effectuée le 23 avril 2001 par le lieutenant colonel Taallah Omar. Il signale le comportement du sergent-chef Sersoub Mouloud, en ce que ce chef de patrouille “a répondu à la provocation en conduisant au siège de la brigade 3 adolescents qui ont proféré des propos outrageants…”, “qu’il a manqué de maîtrise et de sang froid”, que des sanctions disciplinaires suivies de la relève immédiate de ses fonctions ont été prises à son encontre.</p>
<p class="spip">Dans le premier rapport de gendarmerie, du 23 avril 2001 (n° 142/2001) et dans le rapport d’enquête du lieutenant colonel Taallah Omar, les trois collégiens auraient été relâchés par le sergent chef Sersoub. Dans une annexe à une lettre du 6 mai 2001 (n° 115/2001) du wali de Béjaïa adressée à Monsieur le ministre de l’Intérieur, intitulée “faits saillants ayant marqué le mois d’avril 2001, on lit : “22 avril 2001-10h30 ” “Interpellation par la brigade de gendarmerie nationale d’Amizour de trois élèves du CEM Emir Abdelkader au moment où le professeur les conduisait vers le stade pour u ne séance de sport”. “Libérés aussitôt par le commandant de compagnie de la gendarmerie nationale sur intervention de Messieurs le chef de daïra, le commandant de compagnie de la gendarmerie nationale et le président de l’APC d’Amizour”.</p>
<p class="spip">A la même page on lit : “A 15 heures : déplacement de Monsieur le wali et tenue d’une réunion au siège de la daïra d’Amizour en présence du chef de sûreté de wilaya adjoint, du commandement de groupement de gendarmerie nationale, du procureur général, du chef de daïra et du président d’APC, pour tenter de calmer les esprits…”. Les esprits ne se sont pas calmés … :</p>
<ul class="spip">
<li class="spip">le wali s’est rendu le jour même sur les lieux, accompagnés des autorités mentionnées ci-dessus :</li>
<li class="spip">le chef de brigade a été immédiatement relevé, six escadrons ont été engagés et un septième “prépositionné”</li>
<li class="spip">seize localités se sont embrasées dans les deux jours qui ont suivi l’incident. Tout cela n’est pas habituel, et il fallait que l’incident fut particulièrement grave, et ressenti comme une provocation ou l’expression d’un “complot”’. Ici, aussi les autorités ont été alertées.</li>
</ul>
<p class="spip">IV &#8211; L’utilisation des munitions de guerre</p>
<p class="spip">I &#8211; Les faits Dans un message du 25 avril 2001 (2001/363), émanant du chef de la division de la Sécurité publique/Commandement Gendarmerie nationale, et adressé aux commandants régionaux de la 1 et 5 « pour action », et aux commandants des groupements de wilaya de la sécurité de Tizi Ouzou et Béjaia « pour action » également, et signé du colonel Maameri Ahmine, on lit :</p>
<p class="spip">« Dans le cadre des opérations de rétablissement de l’ordre public qui se déroulent dans vos circonscriptions respectives, il est rappelé que les munitions de guerre doivent être retirées aux personnels agissant en opération de maintien de l’ordre. Ces mesures doivent être strictement observées ».</p>
<p class="spip">Ce message semble être un rappel d’instructions antérieures. Il est adressé selon toute vraisemblance à 21h 15. S’il avait été immédiatement exécuté compte tenu de son caractère impératif et de son urgence, cet ordre aurait permis d’éviter les sept morts survenues le lendemain 26 avril dans la wilaya de Béjaïa, très certainement les 8 morts constatées dans la wilaya de Tizi Ouzou le 27 avril 2001, et les 16 autres constatées le 28 avril toujours dans la wilaya de Tizi Ouzou.</p>
<p class="spip">Cette instruction est à rapprocher des déclarations faites par le commandant régional de la Gendarmerie de Tizi Ouzou lors d’une conférence de presse tenue le 2 juin 2001 à Tizi Ouzou, reprise par le quotidien El Moudjahid dans son édition du 3 juin 2001, page 9. Cet officier supérieur de l’Arme déclare qu’il avait lui-même retiré le 15 avril les cartouches aux gendarmes.</p>
<p class="spip">Ce quotidien rapporte que ce même officier jure à cette occasion que pour l’affaire Guermah, il s’agit d’un accident et que celui-ci revêt aucun caractère inavoué, pas plus qu’il ne constitue une manœuvre visant à soulever la région. Cette déclaration, lourde de sens, constitue une tentative de réponse à une interrogation qui traverse les esprits, s’agissant d’un événement faisant l’objet d’une information judiciaire en cours et ayant entraîné beaucoup d’autres.</p>
<p class="spip">Ainsi donc, le 15 avril, le commandant de l’Arme dans la wilaya de Tizi Ouzou retire les munitions, ce qui n’empêchera pas, trois jours plus tard, un de ses éléments, dans les locaux d’une brigade de Gendarmerie à Béni-Douala d’affirmer qu’une ou deux rafales, suivant les déclarations, seraient sorties accidentellement de son arme. Curieuse manière d’exécuter les ordres !</p>
<p class="spip">Un second message en date du 21 mai 2001 (01/304/M B.S.P.R.) émanant du commandant du groupement de la wilaya de Béjaïa et destiné, à titre de compte-rendu, au commandant du 5ème commandement régional de Constantine, au Chef de division sécurité publique/CGN, chef du centre opérationnel CGN, et chef du centre opérationnel de la 5e/CTRGN Constantine, et « pour exécution », à tous les commandants de compagnie, commandants de l’ESR et commandants des Escadrons 532 GIR Bordj Bou-Arréridj et 563 GIR Jijel, est ainsi conçu :</p>
<p class="spip">« Dès réception des instructions ci-après qui doivent être appliquées par tous les Chefs d’unité et responsables des opérations du maintien de l’ordre. « A &#8211; Il est rappelé qu’il est strictement interdit à tout militaire quel que soit son grade d’avoir sur lui des munitions de guerre. La responsabilité du chef est entièrement engagée en cas de défaillance ou non-exécution de cet ordre. « B &#8211; Chaque responsable à tout échelon doit veiller à l’application de ces instructions et procéder personnellement à la fouille à corps de tout militaire avant tout déplacement ou déploiement et ce, à l’unité. « C. L’usage de lacrymogènes se fera rationnellement et à bon escient ; j’insiste à ce que le premier tir soit effectué par l’officier directeur des opérations. « D…………… « E…………… « F. N’intervenir que pour rétablir l’ordre en collaboration avec les éléments de la Sûreté nationale et ce, quand le besoin s’en fait sentir. « G. Mettre un dispositif dissuasif pour assurer la protection des casernes et personnels en délimitant un périmètre de sécurité. « H……….. Le caractère contraignant de ces instructions suscite nombre d’interrogations quant aux modalités d’intervention des éléments de la Gendarmerie depuis le 15 avril 2001. Tout donne à penser que le commandement de la Gendarmerie avait pris des dispositions pour parer à l’éventualité de manifestations à l’occasion de la célébration du « Printemps berbère ». Or il n’a pas été obéi.</p>
<p class="spip">II &#8211; Le droit Aux termes de l’article 99 de la loi 90/09 du 7 avril 1990, « le wali peut, lorsque des circonstances exceptionnelles l’exigent, faire intervenir les formations de police et de Gendarmerie nationale implantées sur le territoire de la wilaya par voie de réquisition ». Les dispositions édictées par l’article sus-visé n’ont fait l’objet d’aucune modification dans leur exécution après la promulgation du décret présidentiel 92/44 du 9 février 1992 portant instauration de l’état d’urgence, en vigueur à ce jour.</p>
<p class="spip">La référence à ce texte réglementaire est nécessaire au vu du document en date du 22 mai 2001 émanant du commandement de la Gendarmerie de wilaya de Béjaïa qui informe ses supérieurs hiérarchiques du refus du wali de Béjaïa de délivrer des réquisitions écrites « en dépit de l’insistance » du commandant de Gendarmerie de la wilaya.</p>
<p class="spip">Interrogé verbalement, le wali de Tizi Ouzou, affirme n’avoir jamais délivré de réquisition, ni avoir jamais été sollicité pour ce faire, par quelque autorité du ressort de la wilaya.</p>
<p class="spip">Les observations qui précèdent amènent à s’interroger sur les motivations qui sous-tendent la protestation du commandant de Gendarmerie de la wilaya de Béjaïa, soudainement soucieux, le 22 mai 2001, soit plus de un mois après le déclenchement des troubles, de mettre le comportement de son Arme en conformité avec la réglementation en vigueur.</p>
<p class="spip">Pour mémoire, il y a lieu de rappeler que le décret 83/373 du 28 mai 1983 précisant les pouvoirs du wali en matière de sécurité et de maintien de l’ordre public fait obligation de recourir à des réquisitions écrites et motivées. Sur le plan juridique, les actions menées en dehors du cadre réglementaire sus-visé revêtent donc le caractère d’une voie de faits mettant en cause la responsabilité directe des structures en cause.</p>
<p class="spip">La commission d’enquête n’a pu accéder aux actes des commissions de sécurité des wilayas concernées tels que prévu par le décret 83/373 du 28 mai 1983 en son chapitre 4, et mises en application par l’instruction interministérielle (ministère de l’Intérieur et ministère de la Défense nationale) du 9 juillet 1983.</p>
<p class="spip">Ce qui précède ne constitue que l’un des aspects des dysfonctionnement de l’Arme, qui apparaissent, par exemple dans la façon souvent contradictoire, dont les faits sont rapportés à propos des affaires aussi sensibles que celles de Béni-Douala et Oued Amizour et dans l’inexécution des ordres, donnés par écrit et réitérés.</p>
<p class="spip">V &#8211; Les mises en garde</p>
<p class="spip">Dans un message du 27 avril 2001 (N°) 153/2001) le commandant de groupement de wilaya de Tizi Ouzou, s’adresse à sa hiérarchie d’Alger et de Blida, ainsi qu’à M. le wali de Tizi Ouzou, et rend compte de la gravité de la situation et de l’hostilité montante contre les gendarmes, et estime. « Impérieux d’impliquer et en urgence les autres services de sécurité et d’entreprendre d’autres actions destinées à dissuader les appels de ces manifestations hostiles par les partis politiques ».</p>
<p class="spip">A. à défaut, il prévient : « Dans le cas contraire les unités isolées ne peuvent répondre que par l’usage des armes… ». Il ne semble pas que cet appel et que cet avertissement aient été entendus, puisque le recours aux armes était devenu courant, se soldant par le nombre de décès et de blessés indiqué plus haut.</p>
<p class="spip">Cela est devenu tellement inquiétant que dans un message du 21 mai 2001, reproduit plus haut, le commandant de Gendarmerie de Béjaïa rappelle l’interdiction à tout militaire d’avoir sur lui des munitions de guerre, que la responsabilité du chef est entièrement engagée, et que : « B/ Chaque responsable à tout échelon doit veiller à l’application de ces « instructions et procéder personnellement à la fouille à corps de tout « militaire avant tout déplacement ou déploiement, et ce à l’unité. Stop ».</p>
<p class="spip">Cette fouille à corps doit être la suite de la désobéissance à une précédente prescription du commandement de Blida, et sans doute de tous les commandements régionaux, du 26.04.2001, répercutant apparemment un message du Commandement de la Gendarmerie nationale du 25.04.2001, n° 363, également reproduit plus haut, qui rappelle :</p>
<p class="spip">« Dans le cadre des opérations de rétablissement de l’ordre public qui se déroulent dans vos circonscriptions respectives, il est rappelé que les « munitions de guerre doivent être retirées au personnel agissant en opérations de maintien de l’ordre. Ces mesures doivent être strictement observées ». Ou bien que le commandement de la Gendarmerie est parasité et que d’autres forces -internes ou externes au corps- donnent des ordres contraires.</p>
<ul class="spip">
<li class="spip">La brigade de gendarmerie de Beni-Douala s’est particulièrement distinguée, elle a fait l’objet d’une pétition signée du 2.08.1999 adressée au commandant de Gendarmerie de Tizi Ouzou. Cette pétition fait état de la situation alarmante qui prévaut à Taguemount Azouz, dans la daira de Béni-Douala : vols, vente de drogue, vente illégale de vin, lieux de débauche, insultes de la part des gendarmes, intimidation à coup de rafales. Les signataires demandent « le changement radical de tout le corps de cette brigade qui, actuellement, n’honore pas nos services de sécurité… ».</li>
</ul>
<p class="spip">Une deuxième pétition, adressée aux autorités civiles et militaires, arrivée au cabinet du wali de Tizi Ouzou le 11 décembre 1999, réitère ces griefs, rappelle un crime non élucidé, en date du 5.03.1999 et dénonce « le comportement indécent de certains éléments de la brigade de Gendarmerie de Béni-Douala ».</p>
<p class="spip">Ces pétitions ne semblent avoir abouti qu’à la mutation et au remplacement du chef de brigade de Béni-Douala à compter du mois de janvier 2000 (lettre de M. le wali de Tizi Ouzou à la Commission nationale d’enquête du 16 juin 2001 &#8211; n° 19/CAB/2001).</p>
<p class="spip">Dans une lettre du 21 avril 2001 (n°531/2001) le président de l’APC de Beni-Douala lançait encore à M. le wali de Tizi Ouzou un appel dramatique. Il signale que « la situation prend des proportions inquiétantes », qu’il y a lieu de prendre les mesures nécessaires, « notamment avec les groupes de Gendarmerie nationale, de manière à interpeller les éléments de la Brigade de Béni-Douala, de surseoir aux tirs de sommation et l’utilisation de bombes lacrymogènes qui ne peuvent conduire qu’à des conséquences fâcheuses ».</p>
<p class="spip">Dans une lettre du 5 mai 2001 (n° 421/2001), adressée à M. le wali de Tizi Ouzou, le président de l’APC de Tadmaït rend compte du comportement de certains éléments de la Brigade de Gendarmerie de sa localité. Il écrit entre autres : « Nous ne comprenons pas ces agissements et nous nous posons des questions encore une fois quant aux objectifs de ces provocations ». « Nous constatons avec regret qu’au moment où des voix s’élèvent pour appeler au calme, ces gens continuent à attiser le feu en allant chercher des jeunes chez eux pour les massacrer ».</p>
<ul class="spip">
<li class="spip">Dans une note de synthèse du 15/05/2001, le centre des opérations du commandement de la Gendarmerie nationale fait état d’une plainte pour vol de son kiosque, émanant du nommé Yacoubi Akli, commerçant à Azzeffoun, mettant en cause « des éléments de renfort ».</li>
</ul>
<p class="spip">Les premiers éléments de l’enquête ouverte par la brigade de la Gendarmerie locale « ont permis la découverte d’objets signalés volés auprès de certains gendarmes (éléments de la Brigade locale et de GIR d’Oran) ».</p>
<ul class="spip">
<li class="spip">Dans une lettre du 26 avril 2001 (n° 2592) adressée au ministre de l’Intérieur, le directeur général de la Sûreté nationale rend compte de la situation et de l’évolution du mouvement, dans les wilayas de Tizi Ouzou et Béjaïa. Il signale la grogne qui règne, le rôle des partis politiques et associations, et prévient : « Aussi, il est clair que tous ces appels et les lectures partisanes qui sont faites de la situation, sont susceptibles d’influencer le cours des évènements et de provoquer un embrasement, pouvant prendre la forme d’une insurrection ».</li>
</ul>
<p class="spip">Dans une autre lettre, non datée mais portant le n°3131, le même haut fonctionnaire fait parvenir à son ministre, copie de quatre communiqués, émanant de syndicats locaux et écrit : « Aux termes de ces écrits, il est réitéré la plate-forme de certaines revendications, portant sur l’injustice, l’impunité, les revendications démocratiques et socio-économiques », et appellent à une « grève générale, marche et meetings », pour le samedi 19 mai 2001 à Béjaïa. La revendication identitaire n’était plus la préoccupation première.</p>
<ul class="spip">
<li class="spip">On relève d’autres messages de Chefs de daïra, notamment de Draa El Mizan et de Tizi Ouzou, Boghni, Ouzellaguen, Larbaâ Nath Iraten, Ouaguenoun et Beni Yenni. Le dernier fait état d’une situation alarmante. Les autorités étaient mises au courant et prévenues.</li>
</ul>
<p class="spip">VI &#8211; Les témoignages</p>
<p class="spip">Les membres de la Commission qui se sont déplacés à Tizi Ouzou et à Béjaïa ont entendu, malgré la réserve exprimée à l’encontre de toute commission d’enquête, des autorités, des élus, des universitaires et de simples citoyens dans chacune de ces deux villes et alentour.</p>
<p class="spip">Jughurta et Ali, de Béni-Douala, Slimane, étudiant, Nacéra étudiante, Hamid, commerçant, Rachid, Djazira et Hocine, Nourredine. Ils sont de Beni Douala, Aïn El Hammam, Tizi Rached, Mekla, Maâtkas.</p>
<p class="spip">Ali, de Beni Douala, déclare que le jeune Massinissa avait été « embarqué » par un gendarme et deux civils dans une voiture Laguna, et qu’il a été torturé. Les personnes qui étaient autour de lui confirment la version.</p>
<p class="spip">A Tizi Ouzou, le jeune Boughrara, sortie de chez lui pour rejoindre un groupe qui était en face des CNS, à une distance de 200 m environ, s’écroule, touché de 2 balles. La 3e est allée se loger dans le mur du bâtiment.</p>
<p class="spip">A Aïn El Hammam, dit Djazira, 33 ans, un gendarme tire délibérément sur une femme à son balcon. Elle en meurt.</p>
<p class="spip">Deux jeunes gens de Tizi Rached, et dans une longue déposition, rapportent ce qui se passe chez eux. S’agissant du corps de la gendarmerie dans sa globalité, il lui est reproché :</p>
<ul class="spip">
<li class="spip">sous le vocable de « hogra », de nombreuses exactions</li>
</ul>
<ul class="spip">
<li class="spip">de manière plus précise, la gendarmerie serait un corps corrompu avec la base un véritable système fondé sur une répartition des rôles. C’est ainsi que certains gendarmes se seraient spécialisés dans les cartes du service national, d’autres seraient les « parrains » du transport du sable, d’autres enfin « exploiteraient » les documents afférents aux véhicules automobiles.</li>
</ul>
<ul class="spip">
<li class="spip">le 3e grief a trait aux mauvaises mœurs et à la débauche puisqu’à Sidi Rached, localité rurale, existent 2 lieux de débauche, débit de boissons et cabaret, fréquentés par les gendarmes, qui par ailleurs, en garantiraient le maintien. Ceci est très mal accepté par la population.</li>
</ul>
<p class="spip">Ils reprochent à un gendarme en particulier un certain Nabil, d’avoir délibérément commis un véritable meurtre le samedi 28 avril vers 13h. Ce gendarme, connu sous le sobriquet de Van Damme, aurait profité de ces graves évènements pour opérer un règlement de compte en assassinant Ahmane Mourad, 38 ans, marié, 2 enfants. Les relations entre le gendarme et ce citoyen s’étaient particulièrement dégradées lorsque ledit gendarme, jeune et célibataire, s’était montré irrespectueux à l’égard des jeunes filles de la localité. Selon les 2 témoins, ce gendarme qui se trouvait sur la terrasse de l’édifice de la Gendarmerie le samedi 28 avril à 13h, a froidement mis en joue Ahmane, qui était debout à proximité de son lieu d’habitation, situé à plus de 100 m de l’édifice, et l’a abattu d’une balle de Séminov, tirée dans le crâne. Ce fait serait à l’origine d’une escalade de violence puisque les jeunes de Tizi Rached essayèrent à trois reprises de forcer le portail du siège de la Gendarmerie au moyen de 3 véhicules lourds, propriété de la commune.</p>
<p class="spip">Les griefs qui reviennent toujours et dans la bouche de tous, seront résumés par Noureddine, de Maâtkas : « La hogra, la corruption, les passe-droits sont la règle dans la wilaya de Tizi Ouzou ».</p>
<p class="spip">S’y ajoutent l’absence de sanction à l’encontre des responsables, l’absence de réaction des autorités politiques, et l’ordre de tirer, qui est bien venu de quelque part… dans des cas qui ne sont pas tous des cas de « légitime défense ».</p>
<p class="spip">Un haut responsable de l’Etat, exposant les faits qui se sont déroulés dans la wilaya de Tizi Ouzou, laisse percer son dépit : « On n’a pas le droit de faire subir à la région pareilles choses… « On n’a pas le droit de sacrifier la région… On n’a pas le droit d’exploiter pareillement la mort de Maâtoub Lounès… Aujourd’hui c’est… qui s’exprime, mais demain ce sera le simple citoyen qui s’exprimera… ».</p>
<p class="spip">Cinq universitaires, (deux sociologues, deux linguistes et un économiste) font un large exposé devant les membres de la commission.</p>
<p class="spip">Ils brossent un large panorama des problèmes de la région, qui vont de la sensibilité culturelle et identitaire au chômage et à la misère qui sévissent dans la région. Les corps de l’Etat sont accusés d’encourager la délinquance et la corruption. Le corps de la gendarmerie est soupçonné de complicité agissante et impunie avec des réseaux de trafic de sable, de proxénétisme et de circulation de la drogue jusque dans les établissements scolaires. Il semble, d’après ces témoins, que la situation de lutte contre le terrorisme ait donné des pouvoirs exorbitants à certains gendarmes, qui semblent échapper de fait au contrôle de leur hiérarchie et au contrôle social de la population puisqu’ils ne sont généralement pas originaires de la région (contrairement aux autres corps de police dont le recrutement serait plus local).</p>
<p class="spip">Les témoins se déclarent consternés par l’ampleur de la répression.</p>
<p class="spip">Trois membres de la commission se sont rendus le mardi 22 mai 2001, au siège de l’ONM, où ils ont rencontré le secrétaire général, son adjoint et le secrétaire général de l’ONEM.</p>
<p class="spip">Ils brossent un tableau général de la situation en Kabylie. Ils donnent des faits précis :</p>
<ul class="spip">
<li class="spip">Le chef de brigade de Mekla a ordonné à ses gendarmes de ne pas tirer sur les manifestants et qu’il abattrait quiconque enfreindrait ses ordres,</li>
<li class="spip">Par contre, un autre chef de brigade est surnommé Ringo</li>
<li class="spip">A Larba Nath Irathen, ils ont appris que la police a tiré sur la stèle de Abane Ramdane</li>
<li class="spip">A Oued Aissi, des meurtres relatifs aux affaires de sable n’ont pas été élucidés.</li>
</ul>
<p class="spip">Interrogés sur l’éventualité d’un complot, ils répondent par l’affirmative et ajoutent que « la cause amazigh est trahie ». Ils ne donnent pas plus de précisions. Les avocats de Tizi Ouzou, auxquels deux confrères membres de la Commission ont rendu visite, marquent leur réticence, mais parlent quand même. Les réticences sont expliquées par l’inefficacité des précédentes commissions, par le fait qu’elles ne sont destinées qu’à « anesthésier l’opinion et enterrer les problèmes ».</p>
<p class="spip">L’un d’eux résume et ironise : « le pouvoir tue et le pouvoir enquête ».</p>
<p class="spip">Ils attendent un signe fort des autorités politiques par exemple, et en premier des sanctions contre ceux qui ont donné l’ordre de tirer car, ajoute l’un d’eux « les gendarmes n’auraient jamais tiré sans l’ordre de leur hierarchie ». Ils donnent des informations, soit sur un ton affirmatif, soit au conditionnel. Ainsi, « les assassins de manifestants sont clairement identifiés par les citoyens et les comités de village ».</p>
<p class="spip">« Les rapports d’autopsie démontrent l’intention de tuer. Pour quelle raison utiliser des balles explosives ? Pourquoi tirer dans le dos ? Pourquoi l’absence de sanctions ? »</p>
<p class="spip">« La mort des 8 policiers de Tigzirt » ne serait pas le fait du GIA. « La population pense plutôt qu’il s’agit d’une vengence des gendarmes sur ces policiers, tous natifs de la région et qui avaient exprimé leur sympathie à cette même population ».</p>
<p class="spip">Il y aurait eu des échanges de tirs entre les gendarmes et les policiers. C’est ainsi qu’à Larba Nath Irathen, les manifestants ont saccagé le siège de la brigage sans toucher le commissariat de police mitoyen.</p>
<p class="spip">Un avocat ajoute : « Les gens s’interrogent sur la non-intervention de l’Armée, il s’agit donc d’une lutte de clans au sein du pouvoir ou chacun essaye de pousser l’autre à l’erreur, la population civile faisant les frais de toutes ces luttes intestines ».</p>
<p class="spip">Un autre avocat précise : « Nous ne sommes pas contre les gendarmes, mais contre le responsable qui a donné l’ordre de tirer sur les manifestants ».</p>
<p class="spip">« Le colonel de la gendarmerie, le commandant du secteur militaire sont toujours en place.</p>
<p class="spip">« Une victime transportée par Maître Fellahi, a été arrachée de ses mains par les gendarmes de la brigade de Mekla qui l’ont achevée ».</p>
<p class="spip">A Azazga, ajoute un autre, « un gendarme a tué quatre personnes par ailleurs, les criminels sont identifiés, les présidents des comités de village ont la liste de tous les auteurs de ces crimes, qui sont malheureusement toujours en liberté.</p>
<p class="spip">« Le résultat des travaux de la commission doit être publié dans la presse ».</p>
<p class="spip">Le groupe dit de Béjaïa, sous la responsabilité du bâtonnier Abdelwahab Benabid, se rendit dans cette ville le 21 mai 2001. Mais dès le 7 mai des contacts ont été entrepris avec les localités de Amizour, Sidi Aïch, Seddouk, Akbou, Ighzar Amokrane et Souk El Thenine pour recueillir des témoignages.</p>
<p class="spip">Le 21 mai 2001, le groupe rencontra M. le wali de Béjaïa. Celui-ci fit un tableau général de la situation. Il établit le bilan au 21 mai 2001 : 13 tués par balles et 82 blessés par balles. Le nombre total de blessés serait à cette date de 511 dont 87 gendarmes. Il signale la perte d’un œil de la petite fille d’un gendarme, ainsi que l’incendie des sièges des partis FFS et RCD à Amizour. Il attribue « ces évènements » aux éléments « trotskistes, du PST et notamment ceux activant au sein de l’éducation ».</p>
<p class="spip">Quant à l’incident d’Amizour, le wali reprend la version diffusée par les gendarmes. Il considère celui-ci comme pure coïncidence avec celui de Béni Douala, que les opérations de contrôle et de saisie des marchandises auprès des commerçants, qui avaient menacé de faire grève, entraient dans le cadre des attributions classiques du Darak. Mais le wali précise que les marchandises saisies ont été restituées, qu’il n’était pas au courant de cette initiative et qu’aucun ordre n’a été donné par lui. Qu’une réunion avait été organisée avec les services concernés et qu’il avait donné ordre « de ne plus entreprendre de telles démarches sans son accord préalable ».</p>
<p class="spip">Le wali donne les causes, économiques et sociales, qui ont influé sur les évènements. Il « n’a pas exclu une main cachée des gros commerçants concernés par l’import » ni une implication « de mains étrangères derrière tout cela ». Ce sont donc les « gros commerçants », et des « mains étrangères », qui auraient saisi, puis restitué, les marchandises, fait interpeller les trois collégiens d’Amizour et fait tirer sur Guermah Massinissa !</p>
<p class="spip">Les membres de la commission continuèrent leurs investigations. Les responsables de la santé leur parlèrent des morts et des blessés. Les enquêteurs essayèrent de récupérer les balles extraites des corps. En vain, les autorités invoquant tour à tour l’absence de telle ou telle personne, ou simplement l’erreur ou l’oubli.</p>
<p class="spip">A Tichy, Aokas, où le groupe est arrivé au milieu des échauffourées, les membres de la commission entendirent ce qu’ils avaient déjà entendu ailleurs : provocations, tirs à balles réelles, pillages et casse. Un président d’APC précise que « les dépassements sont programmés », et que les manifestations sont dues « aux provocations de darkis ». Les diverses autorités de Béjaia donnent, soit des versions déjà mises au point, soit des sanctions prises… tout ceci déjà entendu ailleurs.</p>
<p class="spip">VII &#8211; La presse</p>
<p class="spip">Les constats et les témoignages rapportés par la presse algérienne sont trop nombreux, trop précis et trop pleins de certitudes pour ne pas être relevés. Les témoignages de seconde main ne sont pas des preuves au sens juridique, mais la presse a occupé une place si grande et marqué si fortement l’opinion qu’elle ne peut pas laisser indifférent. Les sondages opérés dans la lecture des quelques quotidiens permettent de constater que sur plus de deux mois les dépassements continuent…</p>
<p class="spip">Le quotiden Le Matin du 23 mai 2001 rapporte (p.3) les témoignages déposés devant la délégation du Parlement européen, et plus précisément devant Mme Hélène Flautre, députée européenne, et son assistant Claude Taleb.</p>
<p class="spip">Le mari de Nadia Aït Abba, enseignante tuée à Aïn El Hammam, le 28 avril, déclare, tel que rapporté par le journal : les gendarmes ont violé les franchises scolaires. Ils ont saccagé de nuit l’école où enseignait la défunte avant d’écrire sur sa blouse : « Vive la gendarmerie nationale et à bas Tamazight ». Le journal rapporte que les gendarmes ont tiré sur des gens qui voulaient secourir des blessés. Ainsi, de M. Ouidir Salah, blessé au genou le 28 avril à Aïn El Hammam, qui dit avoir vu les gendarmes « empêcher les manifestants de secours les blessés ». Ce serait le cas de Aït Amar Omar « tué parce qu’il était venu secourir ».</p>
<p class="spip">Le père de Belhouane Azzedine, 25 ans, tué lors des émeutes qui ont éclaté à Larbaâ Nath Irahen, dira : « Le visage de mon fils a complètement sauté, preuve qu’il a été tué par des balles explosives. Il était méconnaissable ».</p>
<p class="spip">Les incendiaires continuent . La presse du jeudi 24 mai 2001 rapport à la une :</p>
<ul class="spip">
<li class="spip">Kabylie : c’est l’escalade (Le Matin)</li>
<li class="spip">Liberté : Kabylie : dangereuse escalade</li>
<li class="spip">El Watan : Poursuite des émeutes à Béjaïa</li>
<li class="spip">Le Quotidien d’Oran : La situation s’aggrave à Béjaïa. C’est l’embrasement dans la région du Sahel à l’est de Béjaïa.</li>
<li class="spip">Le Soir : Excédée, la Kabylie se rallume.</li>
</ul>
<p class="spip">Le même jour, les télévisions étrangères (TF1 et France 2) montrent la manifestation de 10.000 femmes à Tizi Ouzou.</p>
<p class="spip">Le quotidien Le Matin du 24 mai 2001 rapporte : « Hier vers 19h 30 des gendarmes ont fait usage de leurs kalachnikovs, en tirant sur les murs des maisons et des locaux commerciaux à Souk El Tenine. Ils ont même, selon des témoins oculaires, procédé à la destruction de pharmacies, de kiosques et de cabines téléphoniques au moyen de bulldozers et autres engins de travaux publics ». Le même journal rapporte qu’à El Kseur « les CRS ont violé plusieurs domiciles et quelquefois défoncé des portes ».</p>
<p class="spip">Le journal ajoute que « en réaction à la répression de plus en plus incontrôlée exercée par les forces de sécurité dans plusieurs localités de Béjaïa, les manifestants ont multiplié les destructions ces dernières vingt-quatre heures. Dans la seule ville de Kherrata, qui relève de la wilaya de Sétif, une station d’essence Naftal a été incendiée ainsi que la recette des Impôts ».</p>
<p class="spip">Le même journal rapporte (P.3) qu’à Tigzirt on continue à tirer à balles réelles.</p>
<p class="spip">La Nouvelle République, du même jour jeudi 24 mai 2001, rapporte (p.3) qu’à Maâtkas, un jeune manifestant « a été tabassé et déshabillé avant d’être jeté dehors. Cette même gendarmerie a, par ailleurs, proféré des obscénités et porté atteinte à l’honneur des habitants ». El Watan du même jour, rapporte (P.3) qu’à Tizi Ouzou des échauffourées nocturnes continuaient entre la population et les CNS. Il signale que « la résidence du commandant du groupement de Tizi Ouzou a failli être la proie des flammes. ».</p>
<p class="spip">Le même journal annonce (p. 23) un nouveau commandant de groupement à Tizi Ouzou. Plus d’un mois après le début des troubles qui ont éclaté dans la région !</p>
<p class="spip">Liberté du même jour, jeudi 24 mai 2001, signale l’attaque par des gendarmes d’un bar à Tizi Ouzou et les mauvais traitement infligés aux consommateurs que l’on a fait sortir.</p>
<p class="spip">Le même journal ajoute à la même page (3) l’attaque de la brigade de Tizi Ouzou à 22h 30 par une dizaine de jeunes gens qui, à l’aide de cocktails Molotov, ont incendié la brigade. Les gendarmes sortis, « ont décidé de s’en prendre aux premiers passants ». Et le journaliste déclare avoir vu de son bureau en direct « le passage à tabac de trois individus », l’un portant un cartable, les deux autres « d’un âge très avancé ».</p>
<p class="spip">Les CRS (sic) ne seraient arrivés qu’à 23h 15, mais à 00h55, les émeutiers « pas disposés à rentrer chez eux », auraient allumé un grand feu au niveau de la rue « menant vers l’hôpital Nedir ». Le journaliste ne donne pas la suite.</p>
<ul class="spip">
<li class="spip">La presse du 19 juin 2001 fait état de troubles qui perdurent depuis maintenant deux mois et ne semblent pas devoir s’arrêter.</li>
</ul>
<p class="spip">Un quotidien du 19 juin 2001 donne même le titre suivant à l’un de ses articles, à propos de Tizi Rached : « Des gendarmes pillent la ville ». L’article commence ainsi : « Après l’expédition punitive organisée récemment à Tizi Rached, les gendarmes viennent de franchir une étape dangereuse pour la survie-même de l’Etat en tant qu’Etat et Nation, en saccageant, pillant et brûlant pratiquement tout le chef-lieu de la commune de Tizi Rached »</p>
<p class="spip">Un quotidien du même jour affiche le titre suivant : « la tension demeure vive en Kabylie et s’étend à l’Est ». Il fait état de trois morts à Akbou, 40 blessés à Aïn M’lila et deux autres par balles à Draâ Ben Khedda et Ath Yenni. Annaba, Tebessa, Aïn M’lila, Batna, Khenchela, Guelma, El Tarf et Oum El Bouaghi sont touchées.</p>
<p class="spip">L’émeute semble être l’unique langage entre la société et le pouvoir.</p>
<p class="spip">Sous la plume de son reporter, Yahia Harkat, le quotidien Le Matin du mardi 26 juin revient sur les fusillades qui ont eu lieu à Draa El Mizan le jeudi d’avant (21 juin). Le journaliste se rend à l’hôpital Krim Belkacem de la localité et interroge les blessés.</p>
<p class="spip">Hakim raconte : « J’étais à 300 m de la brigade lorsque à partir de la bâtisse de la gendarmerie, un gendarme m’a tiré deux balles dans le dos ». (tir à balles et à grande distance).</p>
<p class="spip">A 10h 30 les premières rafales font les premières victimes : Didouche Ferhat (14 ans) décède au cours de son transfert vers un hôpital d’Alger, alors que Khalfouni Kamel (28 ans) rendra l’âme juste après son admission à l’hôpital. Ali (27 ans) a été touché par six balles dans les parties génitales. Il reconnaît avoir pris part à la « manif » de mardi où cinq jeunes gens ont été blessés par balles, mais ce jeudi, c’est au moment où il est sorti de la maison qu’il a été touché par les tirs d’un gendarme (tir à balles et à grande distance et sans motif de légitime défense).</p>
<p class="spip">Belabiod Hakim (29 ans) « était ce jeudi noir loin du siège de la brigade… mais il n’a pas échappé puisque Hakim a été touché par une balle dans le dos… : « jeudi, j’étais à 500 m de la brigade, à côté de la Casoral. Un jeune de Draâ El Mizan est blessé à l’œil par une bombe lacrymogène. J’accours pour le secourir, mais un gendarme qui a suivi mes mouvements, a tiré 4 balles dans ma direction dont une m’atteindra dans le dos. Son copain, Saïd Benzahi (21 ans), a été lui, touché à la cuisse : « c’est vers 14h qu’un gendarme m’a visé avec un séminov. Même les secouristes « n’ont pas été épargnés ».</p>
<p class="spip">M. Amrani Noureddine, n’est pas un émeutier. Père de famille, il travaille comme gardien à l’hôpital Krim Belkacem. Il témoigne : « Il devait être midi, ce jeudi, lorsque les gendarmes ont mis le feu à un champ de blé non loin de la brigade. Au moment où je suis intervenu en les interpellant sur le danger d’un tel acte, un des gendarmes n’a pas trouvé mieux que de me tirer dessus. La balle qui m’a atteint à la cuisse m’a transpercé le fémur. » Les gendarmes auraient même « tiré des balles et des bombes lacrymogènes en direction de l’hôpital », poursuit Noureddine.</p>
<p class="spip">Si Yahia Dahmane, commerçant, a eu les doigts tailladés lors des affrontements de jeudi. Pour lui « les gendarmes ont fait dans la provocation ». Mais, poursuit le journaliste, c’est jeudi que l’irréparable a failli se produire. 16 blessés par balles et des dizaines d’autres par des bombes lacrymogènes ont été enregistrés.</p>
<p class="spip">Améziane Mourad, 19 ans, a été touché par balles loin de la brigade à côté de l’hôpital. Pour lui, c’est la preuve que les gendarmes ont fait dans la provocation. Son collègue, Menas, 27 ans, tient, lui aussi, à témoigner : la balle qui l’a atteint lui a transpercé le bassin. C’était jeudi à 12h 30. Comme les autres blessés, il a été touché loin du siège de la brigade :</p>
<p class="spip">« J’étais un peu isolé de la foule quand j’ai vu un gendarme en position de tir dans ma direction. J’ai essayé d’esquiver mais la balle m’a atteint au bassin ». Aziz, 20 ans, a été l’un des premiers à être blessé, jeudi dernier à 10h. « Le gendarme m’a pourchassé d’une rafale de balles dont une m’a fracassé le péroné. Je suis donc tombé à terre, le gendarme a poursuivi sa course folle vers moi, sans doute pour m’achever. C’est grâce à des manifestants qui m’ont évacué à l’hôpital que j’ai eu la vie sauve ». Son état reste néanmoins critique.</p>
<p class="spip">Le journaliste signale que des manifestants avaient remis un chargeur de balles aux autorités locales, récupéré à Tizemrin, après qu’un gendarme eut tiré sur un mulet.</p>
<p class="spip">Conclusion</p>
<ul class="spip">
<li class="spip">La réaction violente des populations a été provoquée par l’action non moins violente des gendarmes, laquelle, pendant plus de deux mois, a nourri et entretenu l’événement : tirs à balles réelles, saccages, pillages, provocations de toutes sortes, propos obsènes et passage à tabac. La commission n’a pas relevé de démenti.</li>
</ul>
<ul class="spip">
<li class="spip">Au commencement ce ne sont pas les foules qui ont été l’agresseur. Elles ne sont pas à l’origine des deux événements déclenchants (Guermah et Amizour). Si quelqu’un a forcément donné l’ordre de tirer à balles réelles, en revanche personne n’a donné l’ordre de cesser le feu.</li>
</ul>
<ul class="spip">
<li class="spip">Les gendarmes sont intervenus sans réquisition des autorités civiles comme la loi le stipule. Les ordres de la gendarmerie de ne pas utiliser les armes n’ont pas été exécutés, ce qui donne à penser :</li>
</ul>
<ul class="spip">
<li class="spip">Où que le commandement de la gendarmerie a perdu le contrôle de ses troupes.</li>
</ul>
<ul class="spip">
<li class="spip">Où que la gendarmerie a été parasitée par des forces externes à son propre corps, avec forcément des complicités internes, qui donnent des ordres contraires, et assez puissantes pour mettre en mouvement la gendarmerie avec une telle rudesse pendant plus de deux mois et sur une étendue aussi vaste.</li>
</ul>
<ul class="spip">
<li class="spip">La Gendarmerie nationale a été isolée et impliquée seule. Son appel (du mois celui d’un groupement régional) à impliquer les autres services de sécurité, et ses mises en garde, n’ont pas reçu d’écho.</li>
</ul>
<ul class="spip">
<li class="spip">La violence enregistrée contre les civils est celle d’une guerre, avec usage de munitions de guerre.</li>
</ul>
<ul class="spip">
<li class="spip">La légitime défense, notion juridique, est corrigée par l’opportunité politique. Au demeurant c’est une autorité tierce, en droit pénal, les tribunaux, qui apprécie l’état de légitime défense, et non l’une des parties.</li>
</ul>
<ul class="spip">
<li class="spip">Comparativement la manifestation sans précédent, du 14 juin 2001 à Alger, a pu être contenue sans usage d’armes à feu, et 20 ans auparavant, en Kabylie, la répression n’a pas engendré de morts. Les troubles qui ont affecté certaines localités de l’Est du pays ont cessé aussi vite qu’ils sont apparus, ce qui peut signifier que derrière les troubles qui ont secoué les wilayas de Kabylie, puis les autres localités, il y a volonté de l’homme.</li>
</ul>
<ul class="spip">
<li class="spip">Aucune force du paysage politique algérien n’est capable de soulever une région, sur une telle étendue et en si peu de temps, ni étendre les troubles à plusieurs localités de l’Est du pays et y mettre fin en quelques jours.</li>
</ul>
<ul class="spip">
<li class="spip">La mort de Guermah et l’incident d’Amizour ne sont que les causes immédiates des troubles constatés. Les causes profondes résident ailleurs : sociales, économiques, politiques, identitaires et abus de toute sorte. Les responsabilités sont situées en amont.</li>
</ul>
<ul class="spip">
<li class="spip">Les autorités et les institutions ont été averties dans des délais raisonables et le directeur général de la Sûreté nationale a même laissé prévoir une insurrection. Cela n’a reçu aucun écho et donne la désagréable impression que personne ne s’était senti concerné.</li>
</ul>
<ul class="spip">
<li class="spip">La Commission nationale d’enquête s’est heurtée à des réticences et des refus déguisés dans ses demandes de renseignements, documents, balles extraites et radiographies. Des « sachants » se sont manifestés, par téléphone ou par intermédiaire, mais déclarent ne pouvoir témoigner dans la conjoncture actuelle.</li>
</ul>
<ul class="spip">
<li class="spip">On ne peut justifier le laxisme et les négligences, comme on ne peut expliquer les dépassements, par l’insuffisance de la formation et ainsi justifier l’impunité des responsables, qui restent à identifier.</li>
</ul>
<ul class="spip">
<li class="spip">Les meneurs, les « récupérateurs » et les télévisions étrangères sont intervenus en aval. Ils n’ont pas déclenché les événements, qui ont commencé à Béni Douala pour s’étendre à 16 localités, puis Amizour pour gagner finalement 11 autres localités.</li>
</ul>
<ul class="spip">
<li class="spip">Si une « main » quelconque peut, aussi rapidement et aussi facilement, soulever une région du pays, loin des côtes, des ports et des aéroports, cela signifierait que l’Algérie est dangereusement vulnérable et que la République n’est pas capable de prévoir, déceler et contenir.</li>
</ul>
<ul class="spip">
<li class="spip">Ce sont là les conclusions provisoires de la Commission Nationale d’Enquête. Elle continuera les investigations lorsque les langues seront déliées, la peur disparue et les éventuels témoins sécurisés.</li>
</ul>
<p class="spip">Alger le 7 juillet 2001</p>
<p class="spip">Liste des membres de la Commissionnationale d’enquête</p>
<p class="spip">Issaâd Mohand (professeur de droit, avocat, président de l’ex-CNRJ),Ablaoui Mohamed Arezki (avocat, bâtonnier d’Alger, membre de l’ex-CNRJ),Allouache Driss (avocat, juriste-enseignant, membre de l’ex-CNRJ), AmmedMostapha (ancien parlementaire), Bahloul Mohamed (économiste), BakelliAbdelouahab (ancien ministre, ancien parlementaire), Belabid Ali(architecte), Benabid Abdelouahab (avocat, bâtonnier de Sétif, membre del’ex-CNRJ), Benchaâbane Redouane (avocat, bâtonnier de Blida, membre de l’ex-CNRJ), Benhizia Mounir (juriste-enseignant, membre de l’ex-CNRJ), Benmesbah Djaffar (journaliste), Bennadji Cherif (professeur en droit), Boudiaf Ahmed Réda (avocat, bâtonnier national, membre de l’ex-CNRJ), Chenaïf Fatima Zohra (magistrat, membre de l’ex-CNRJ), Cherif Amor (avocat, ancien bâtonnier adjoint), Djeghloul Abdelkader (sociologue), Djilali Ghalib (professeur de médecine), Foudil-Bendjazia Chafika (avocat, membre de l’ex-CNRJ), Ghouadni Mahi (avocat, bâtonnier d’Oran, membre de l’ex-CNRJ), Ghouma Brahim (ancien parlementaire), Lakhdari Saïd (juriste), Louaïl Mohamed Lamine (magistrat, membre de l’ex-CNRJ), Meziane Ali (avocat), Remaoun Hassen (sociologue), Yanat Abdelmadjid (juriste-enseignant), Zekri Abdelaziz (industriel, ancien membre du CNT).</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Ansuf yeswen !!!]]></title>
<link>http://bejaiaonline.wordpress.com/2008/11/28/l3aslama-les-amies/</link>
<pubDate>Fri, 28 Nov 2008 23:57:43 +0000</pubDate>
<dc:creator>superalgerien</dc:creator>
<guid>http://bejaiaonline.wordpress.com/2008/11/28/l3aslama-les-amies/</guid>
<description><![CDATA[Enfin un site speciale bougiottes, j&#8217;espere que ça va vous plaire, surtout n&#8217;hésitez pas]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>Enfin un site speciale bougiottes, j&#8217;espere que ça va vous plaire, surtout n&#8217;hésitez pas à participer pour donner encore plus de vie au site!!!</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Double Attentat à Bouira]]></title>
<link>http://bledmiki.wordpress.com/2008/08/20/double-attentat-a-bouira/</link>
<pubDate>Wed, 20 Aug 2008 20:33:33 +0000</pubDate>
<dc:creator>Maska</dc:creator>
<guid>http://bledmiki.wordpress.com/2008/08/20/double-attentat-a-bouira/</guid>
<description><![CDATA[A peine 24 heures se sont écoulées depuis l&#8217;attentat sanglant qui avait couté la vie à plus de]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><img class="alignnone size-full wp-image-202" src="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/double_attentat_a_bouira.jpg" alt="" width="446" height="237" /></p>
<p>A peine 24 heures se sont écoulées depuis <a title="Attentat Sanglant à l'Est d'Alger" href="http://bledmiki.wordpress.com/2008/08/19/attentat-sanglant-a-lest-dalger/" target="_blank">l&#8217;attentat sanglant</a> qui avait couté la vie à plus de 44 personnes* aux Issers (Wilaya de Boumerdèse) avant que ce matin, l&#8217;Algérie ne se mettent encore à pleurer des larmes de sang en cette date historique pour elle qu&#8217;est le 20 Aout**.</p>
<p>Les morts de la veille n&#8217;étaient même pas enterrés, les débris toujours fumants et le peuple encore sous le choc lorsqu&#8217;à 6h du matin, à Bouira, un attentat kamikaze à la voiture piégée a été perpétré près d&#8217;une caserne visant le commandement militaire de cette zone du pays. Quelques dix minutes plus tard, une autre bombe explosait dans la même ville aux abords d&#8217;un hôtel au passage d&#8217;un autocar transportant des ouvriers travaillant sur le projet de distribution d’eau et de son usine de traitement de Koudiat Acerdoune pour le compte d&#8217;une entreprise Canadienne d&#8217;ingénierie et de construction dénommée SNC-Lavalin. Il semblerait que ce soit (à première vue) les travailleurs étrangers qui étaient visés par cette attaque***, mais aussi et surtout le peuple Algérien et son histoire par le choix symbolique de la date du 20 Aout qui est sensée être la journée de commémoration des martyres (les vrais) de la révolution Algérienne et à l&#8217;occasion de laquelle, des festivités avaient été organisées un peu partout sur le territoire national.<!--more--></p>
<p>Pour l&#8217;heure les autorités n&#8217;ont ni infirmés ni confirmés la mort de ressortissants Canadiens, ce qui est sûr par contre, c&#8217;est que la quasi totalité des victimes de ces deux attentats étaient à bord de ce car de travailleurs. Le bilan provisoire des attaques du 20 Aout dressé par le ministère de l&#8217;intérieur est de 12 morts et 44 blessés, aucun mort n&#8217;est à déplorer suite à l&#8217;attaque de la caserne mais uniquement des dégâts matériels et quelques blessés.</p>
<p>Ce qui est à la fois sûr et triste à dire, c&#8217;est que l&#8217;Algérie est belle et bien entrée de pleins pied dans un nouveau cycle de violences infernales. Entre les terroriste obéissants à leur émir Abdelmalek Droudkel (alias Abou Moussab Abd El-Ouadoud &#8211; un  ancien ingénieur de 36 ans) qui semble leur avoir donné pour ordre de &#8220;s&#8217;éclater&#8221; autant que possible durant cet été, voir encore plus ces dernière semaines pour fêter comme il se doit l&#8217;arrivée du Ramadan et face à eux, un pouvoir Algérien à court d&#8217;arguments pour continuer à légitimer son &#8220;projet&#8221; de réconciliation national et qui peine de plus en plus à convaincre sur plusieurs de ses décisions, le peuple, au milieu de tout ça, reste pris dans la tourmente et subi les vagues successives des malheurs et des politiques houleuses en essayant tant bien que mal de garder la tête hors de l&#8217;eau (métaphore estivale&#8230;). Si le but de tout cela avait été secrètement celui de tester la résilience du peuple algérien face à toute ces années de violences, alors oui, on peu dire que le relatif silence ambiant tendrait à prouver que les choses vont vraiment très mal, car il semblerait que les gens commencent à trouver cela normal ou à percevoir tous ces meurtres barbare presque comme faisant parti du paysage ou de la culture locale.</p>
<p>Je m&#8217;interroge sur le nombre de pays au monde qui, après un attentat ayant réduit en bouillie sanguinolente et calcinée près de 50 gamins devant une école par un matin d&#8217;été ne réagiraient presque pas, ne serait-ce que par une manifestation populaire dans les rues, une protestation quelconque, une pétition par exemple, ou pourquoi pas une journée de deuil national et qui se contenteraient au final d&#8217;un rapide et maigre état des lieux dressé par le ministre de l&#8217;intérieur accompagné d&#8217;un bon mot du président le tout emballé dans un sujet de 7 minutes agrémenté de quelques images bien choisies et présentées au journal de 20H avant de manger et d&#8217;aller dormir ?</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_bouira_algerie_caserne_bus_hotel_01.jpeg"><img class="size-full wp-image-217 aligncenter" src="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_bouira_algerie_caserne_bus_hotel_01.jpeg" alt="" width="350" height="262" /></a></p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_bouira_algerie_caserne_bus_hotel_02.jpeg"><img class="size-medium wp-image-218 aligncenter" src="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_bouira_algerie_caserne_bus_hotel_02.jpeg?w=300" alt="" width="350" height="262" /></a></p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_bouira_algerie_caserne_bus_hotel_03.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-220" src="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_bouira_algerie_caserne_bus_hotel_03.jpeg" alt="" width="350" height="262" /></a></p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_bouira_algerie_caserne_bus_hotel_04.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-221" src="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_bouira_algerie_caserne_bus_hotel_04.jpeg" alt="" width="350" height="262" /></a></p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_bouira_algerie_caserne_bus_hotel_05.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-222" src="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_bouira_algerie_caserne_bus_hotel_05.jpeg" alt="" width="350" height="233" /></a></p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_bouira_algerie_caserne_bus_hotel_06.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-223" src="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_bouira_algerie_caserne_bus_hotel_06.jpeg" alt="" width="350" height="246" /></a></p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_bouira_algerie_caserne_bus_hotel_07.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-224" src="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_bouira_algerie_caserne_bus_hotel_07.jpeg" alt="" width="350" height="254" /></a></p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_bouira_algerie_caserne_bus_hotel_08.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-225" src="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_bouira_algerie_caserne_bus_hotel_08.jpeg" alt="" width="350" height="244" /></a></p>
<p style="text-align:left;">____________________________________</p>
<p>(*)<span style="color:#339966;"><span style="color:#000000;"> Suite à un communiqué de presse, le bilan des victimes de l&#8217;attentat du 19 Aout aux Issers est passé de 44 à 48 morts.</span></span></p>
<p>(**) Parmi les deux dates les plus marquantes de l’histoire de l&#8217;Algérie durant la lutte pour son indépendance, le 20 Août 1955 et le 20 Août 1956 sont sans doute les plus symbolique. Deux hommes clés dont la dimension militaire et politique vont peser sur le devenir d’une Révolution en marche : Zighout Youcef et Abane Ramdane. Ce sera le point de non retour d’une révolution populaire qui va être l’expression d’une stratégie et d’une théorisation doctrinale devant affermir le processus de libération d’une Algérie combattante. (<a title="Les dates historiques du 20 Aout" href="http://www.elmoudjahid.com/em/histoire/13409.html" target="_self">lire la suite et en apprendre plus sur ces dates via ElMoudjahid.com</a>)</p>
<p>(***) Suite à un communiqué de presse du groupe SNC Lavalin et un entretien accordé à plusieurs journaux de la presse canadienne, le groupe confirme que ce sont bien ses collaborateurs sur le territoire Algérien qui étaient visés par cette attaque, 12 employés, tous de nationalité algérienne ont trouvés la mort dans cette attentat et 15 autres ont été blessés.</p>
<p>Extraits du communiqué officiel:</p>
<blockquote><p><em>&#8220;C&#8217;est avec une grande tristesse que SNC-Lavalin a été informée d&#8217;un attentat à la voiture piégée survenu mercredi qui a touché un autobus transportant des employés Algériens&#8230;&#8221; </em></p>
<p><em>&#8220;SNC-Lavalin tient à offrir ses plus sincères condoléances aux familles des victimes, ainsi qu’à ceux qui se font actuellement soigner dans un hôpital local&#8230;&#8221; </em></p></blockquote>
<p>Vous pouvez lire l&#8217;intégralité du communiqué sur le site officiel du groupe SNC Lavalin <a title="Communiqué de presse du groupe SNC Lavalin" href="http://www.snc-lavalin.com/news.php?lang=fr&#38;id=748&#38;action=latest_news_details" target="_blank">ici</a> ainsi qu&#8217;un article paru dans la presse canadienne où le groupe s&#8217;éxprime sur cet attentat et repond sur sa possible influence quant à l&#8217;avenir de ses projets en Algérie <a title="Interview de Gillian MacCormack, porte-parole de l'entreprise" href="http://canadianpress.google.com/article/ALeqM5jJFiruzaQn_wmLcTmODpNQSgj6RQ" target="_self">là </a></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Attentat Sanglant à l'Est d'Alger]]></title>
<link>http://bledmiki.wordpress.com/2008/08/19/attentat-sanglant-a-lest-dalger/</link>
<pubDate>Tue, 19 Aug 2008 13:50:32 +0000</pubDate>
<dc:creator>Maska</dc:creator>
<guid>http://bledmiki.wordpress.com/2008/08/19/attentat-sanglant-a-lest-dalger/</guid>
<description><![CDATA[En ce moment et en l&#8217;approche du mois du Ramadan, les attentats terroristes du GSPC (le Groupe]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><img class="alignnone size-full wp-image-134" src="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_alger_isser.jpg" alt="" width="446" height="237" /></p>
<p>En ce moment et en l&#8217;approche du mois du Ramadan, les attentats terroristes du GSPC (le Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat -reconvertie en Al Qaida Maghreb-) se multiplient et sont toujours aussi sanguinaires et meurtriers, les Algériens continuent de tomber par dizaines semaine après semaine et ce de puis presque deux décénies. Jeudi dernier, le colonel Abdelkader Yamani a été assassiné dans une embuscade tendue lors du passage de son convoi dans la zone montagneuse située au nord de la ville de Skikda. Il y a à peine deux jours un attentat, toujours à Skikda, faisait 12 morts (3 Militaires et 8 policiers de la brigade judiciaire), aujourd&#8217;hui encore, en ce <strong>mardi 19 Aout</strong>, un autre attentat à été perpétré par les &#8220;défenseurs du peuple et de l&#8217;islam face à la tyrannie du pouvoir&#8221; à <strong>7h33 du matin</strong> aux Issers<strong> (Wilaya de Boumerdèse) </strong>à environs<strong> 55Km à l&#8217;Est d&#8217;Alger</strong> faisant<strong> plus de 44 morts et 39 blessés</strong> (bilan communiqué par le ministère algérien de l&#8217;intérieur). L&#8217;essentiel des victimes sont des civils, seul <strong>1 Gendarme à trouvé la mort </strong>dans cette opération. C&#8217;est sans conteste l&#8217;un des attentats les plus sanglants de ces dernières années en Algérie, &#8220;un bain de sang&#8221; déclarera un des responsable des secours sur place.<!--more--></p>
<p style="text-align:center;"><object width="425" height="254"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/k6Z7tpE6H0BseNJII4"></param><param name="allowfullscreen" value="true"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/k6Z7tpE6H0BseNJII4" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="334" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p>Le terroriste à selon les premières constatations et témoignages foncé droit dans le portail d&#8217;une école de la Gendarmerie Nationale<strong> </strong>à bord d&#8217;un véhicule de marque Toyota (model Hilux, une sorte de fourgonnette) chargée de plusieurs Kilos d&#8217;explosifs. Il s&#8217;est fait sauter quelques seconde après avoir heurté à pleinne vitésse les portes de ladite école où étaient amassés plusieurs jeunes venus s&#8217;inscrire à l&#8217;éxamin d&#8217;entrée très tôt le matin, afin d&#8217;éviter de devoir attendre dans la chaleur de la journée en cette période d&#8217;été caniculaire. Plusieurs bâtiments alentour ont été endommagés par la force de l&#8217;explosion, les voitures projetées et leur occupants calcinés, les véhicules de transport public qui passaient malencontreusement par là ont eux aussi subis de très forts dommages, c&#8217;est ainsi qu&#8217;un bus qui faisait la route Oran-Tizi Ouzou a semble t-il été touché et plusieurs de ses passagers blessés.</p>
<p><strong>Les Premières Images:</strong></p>
<p><a href="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/wwwreuterscom.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-149" src="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/wwwreuterscom.jpeg" alt="" width="450" height="300" /></a></p>
<p><a href="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_isser_boumerdese_algerie_02.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-150" src="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_isser_boumerdese_algerie_02.jpeg" alt="" width="450" height="298" /></a></p>
<p><a href="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_isser_boumerdese_algerie_03.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-151" src="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_isser_boumerdese_algerie_03.jpeg" alt="" width="450" height="300" /></a></p>
<p><a href="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_isser_boumerdese_algerie_04.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-152" src="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_isser_boumerdese_algerie_04.jpeg" alt="" width="450" height="300" /></a></p>
<p><a href="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_isser_boumerdese_algerie_05.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-154" src="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_isser_boumerdese_algerie_05.jpeg" alt="" width="450" height="336" /></a></p>
<p><a href="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_isser_boumerdese_algerie_06.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-155" src="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_isser_boumerdese_algerie_06.jpeg" alt="" width="450" height="300" /></a></p>
<p><a href="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_isser_boumerdese_algerie_07.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-156" src="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_isser_boumerdese_algerie_07.jpeg" alt="" width="450" height="303" /></a></p>
<p><a href="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_isser_boumerdese_algerie_08.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-157" src="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_isser_boumerdese_algerie_08.jpeg" alt="" width="450" height="300" /></a></p>
<p><a href="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_isser_boumerdese_algerie_09.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-158" src="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_isser_boumerdese_algerie_09.jpeg" alt="" width="450" height="292" /></a></p>
<p><a href="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_isser_boumerdese_algerie_10.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-160" src="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_isser_boumerdese_algerie_10.jpeg" alt="" width="450" height="302" /></a></p>
<p><a href="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_isser_boumerdese_algerie_11.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-161" src="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_isser_boumerdese_algerie_11.jpeg" alt="" width="450" height="313" /></a></p>
<p><a href="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_isser_boumerdese_algerie_12.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-162" src="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_isser_boumerdese_algerie_12.jpeg" alt="" width="450" height="307" /></a></p>
<p><a href="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_isser_boumerdese_algerie_13.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-164" src="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_isser_boumerdese_algerie_13.jpeg" alt="" width="450" height="300" /></a></p>
<p><a href="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_isser_boumerdese_algerie_14.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-165" src="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_isser_boumerdese_algerie_14.jpeg" alt="" width="450" height="299" /></a></p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_isser_boumerdese_algerie_17.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-166" src="http://bledmiki.wordpress.com/files/2008/08/attentat_isser_boumerdese_algerie_17.jpeg" alt="" width="450" height="300" /></a></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Algeria bombing kills 43]]></title>
<link>http://free4now.wordpress.com/2008/08/19/algeria-bombing-kills-43/</link>
<pubDate>Tue, 19 Aug 2008 12:28:54 +0000</pubDate>
<dc:creator>greenfloyd</dc:creator>
<guid>http://free4now.wordpress.com/2008/08/19/algeria-bombing-kills-43/</guid>
<description><![CDATA[[9 MONTHS AGO] Rescue personnel carry the body of a bomb blast victim near the Constitutional Court ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[[9 MONTHS AGO] Rescue personnel carry the body of a bomb blast victim near the Constitutional Court ]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Algerie : Un attentat contre une école de gendarmerie]]></title>
<link>http://elgosto.wordpress.com/2008/08/19/algerie-un-attentat-contre-une-ecole-de-gendarmerie/</link>
<pubDate>Tue, 19 Aug 2008 09:39:00 +0000</pubDate>
<dc:creator>sawti</dc:creator>
<guid>http://elgosto.wordpress.com/2008/08/19/algerie-un-attentat-contre-une-ecole-de-gendarmerie/</guid>
<description><![CDATA[Un attentat suicide contre une école de gendarmerie aux Issers en Kabylie, aurait fait ce matin plus]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://elgosto.wordpress.com/files/2008/08/ruedustadeissers.jpg"><img src="http://elgosto.wordpress.com/files/2008/08/ruedustadeissers.jpg?w=254" alt="" border="0" /></a>Un attentat suicide contre une école de gendarmerie aux Issers en Kabylie, aurait fait ce matin plusieurs morts parmi des passants et des stagiaires gendarmes .</p>
<p>Je me demande déjà se que Zerhouni va nous sortir comme thèse, cette fois ci .</p>
<p>Edit : Sur le site d&#8217;<a href="http://www.aljazeera.net/NR/exeres/F06E0D8B-BE98-445A-9752-8E7EA9DAD30F.htm">Al Jazeera</a>, ils annoncent 43 morts</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>

</channel>
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