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	<title>la-messe-est-dite &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
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	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "la-messe-est-dite"</description>
	<pubDate>Tue, 29 Dec 2009 22:13:36 +0000</pubDate>

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<title><![CDATA[La messe est dite]]></title>
<link>http://doywan.wordpress.com/2008/06/17/la-messe-est-dite/</link>
<pubDate>Tue, 17 Jun 2008 16:25:29 +0000</pubDate>
<dc:creator>Ori</dc:creator>
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<description><![CDATA[Le pentacle était formé. Les sigles cabalistiques biscornus tracés. Les cercles de protection antiqu]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p class="MsoNormal">Le pentacle était formé. Les sigles cabalistiques biscornus tracés. Les cercles de protection antiques gravés dans le sol rocheux. Dans leur cage, une chèvre noire et deux poules blanches s’agitaient, nerveuses. Bien sûr, on peut difficilement dire qu’elles savaient ce qui les attendait dans cet avenir proche, oppressant et qui fait se dire qu’on est finalement mieux dans son poulailler ou sa bergerie, mais l’instinct animal n’est pas à prendre à la légère. Et dans tous les cas, s’il y a bien des animaux craintifs par nature…<!--more--><br />
Cinq formes noires encapuchonnées prirent position silencieusement aux cinq angles impies. Une sixième prenait son temps, le nez fourré une dernière fois dans un gros tome poussiéreux et flétri par endroits, comme un étudiant à quelques minutes d’un examen important.<br />
« Karl ? », lâcha le sixième sans lever la tète.<br />
« Ouais ?<br />
- Tout est prêt ? »<br />
Le sixième était autoritaire. Ca n’était pas le cas de la troisième capuche. Plutôt pas tellement assurée.<br />
« Euuuh… Ouais. On a revérifié une sixième fois, comme tu l’as demandé.<br />
- Mmmmh… Bien ! Maria ?<br />
- Oui ?<br />
- Tu as corrigé ton défaut de prononciation à la quatrième strophe ? »<br />
Le sixième était dur et froid cette fois. La quatrième mal à l’aise mais volontaire.<br />
« Je crois…<br />
- Tu crois ou tu en es sûre ?<br />
- J’en suis sûre ! J’y ai passé la nuit, mais c’est bon maintenant ! C’est rentré ! »<br />
Le sixième ne releva pas. Il laissa de côté son codex et s’approcha de la cage. La chèvre recula. Il s’accroupi et lui lança un regard lourd et impliquant un paquet de détails peu ragoutants. Elle rumina. Une fois.<span> </span>Lentement.<br />
« Toi, ma cocotte, ça va faire six mois, six jours et six heures que tu me gonfles. Crois-moi quand je te dis que je vais te le faire payer. Et chère. »<br />
Elle jugea plus sage de ne rien rétorquer. Une poule leva un œil plein d’absence d’intelligence et lâcha un gloussement discret, pour la soutenir. Le sixième se releva, satisfait : même des animaux aussi stupides le respectaient, c’était un début de victoire. Le deuxième gallinacé hésita l’espace d’un instant à émettre une objection quand il repéra une graine oubliée.<br />
Le sixième jeta un dernier coup d’œil à sa montre. Un silence pesant régnait à présent. La fraicheur du lieu où ils tenaient leur réunion n’empêchait pas une goutte de sueur de perler lentement le long de la joue de la première capuche. Des secondes obèses se trainaient avec peine vers des minutes endormies. Heureusement, un cri presque emprunt d’une joie malsaine résonna entre les hautes voutes et mis fin au calvaire en réveillant tout ce beau monde.<br />
« C’est bon ! On y est ! »<br />
Un soupire silencieux collectif ne résonna pas, mais l’envie y était. Les capuches s’agitèrent silencieusement. Les animaux prièrent silencieusement ! Le sixième brandit fièrement une superbe dague sacrificielle en plaque or et regorgeant de verre coloré taillé qui provoqua l’admiration de ses sbires.<br />
« Ouah ! Elle est géniale !<br />
- Et ouais. Je l’ai achetée à prix d’or dans une petite boutique ésotérique tenue par un vieux grincheux. Beaucoup de négociations. »<br />
10$ sur EBay. Mais leurs visages admiratifs n’avaient pas de prix.</p>
<p class="MsoNormal">La première poule tenta vaguement de se débattre pendant que sa vie s’écoulait goulument dans un godet en plastique peint. Un sourire carnassier illuminait le visage de son tortionnaire alors qu’il se livrait enfin à son rêve. Des années qu’il attendait ça ! Il ne comptait plus le nombre de pages internet, de forums, de revues ou de témoignages qu’il avait consulté pour être parfait le moment venu. Il avait même répété sur des oreillers, au grand dam de sa mère. Mais, mis à part la volée de duvet, ça n’était pas pareil.<br />
Un deuxième tas de plumes se jeta assez vite auprès de son confrère pour refroidir avec lui. Il pouvait au moins avoir la satisfaction d’avoir montré plus de résistance. Ca lui vaudrait peut être une médaille au paradis des volailles.<br />
Le sixième examina d’un œil expert le liquide épais qui remplissait son godet frappé de la puissante rune cabalistique Tupperware. Il huma son arôme, apprécia la texture et commenta d’un « parfait » d’œnologue. Satisfait, il lança fièrement un « Procédez. » à ses ouailles.<br />
Ses acolytes psalmodièrent alors des incantations dans une langue qu’aucun d’entre eux ne comprenait. Le sixième versa précautionneusement la vie des volailles dans les rainures des cercles de protection mystiques gravés dans la roche. L’atmosphère sembla s’épaissir et se teindre, comme sous l’effet d’une lueur rougeâtre venue d’ailleurs. C’était bon signe.<br />
Il laissa de côté le bol sacrificiel au rabais et se présenta devant la chèvre. Il lui sourit. Elle rumina. Une fois. Lentement. Il bomba le torse pour se donner un style, ouvrit la cage et tira l’animal sur le pentacle. La pauvre bête n’opposa pas la moindre résistance, surement déjà résignée sur son sort.<br />
La dague se leva. Un « prends ça, saloperie » solennel retentit. La chèvre conclu son existence passée à ruminer par un faible bêlement sans conviction qui se mélangea avec de sinistres gargouillis.<br />
Le sixième lâcha une corne encore chaude qui alla mollement rejoindre un tas de soubresauts et se détourna du spectacle pourtant excitant. Malgré la capuche, sa jouissance se lisait sur son visage et se ressentait à travers tout son être. Il en tremblait presque. D’une voix tonitruante qui résonna entre les voutes gothiques de l’église désaffectée, il énonça ce qu’il avait répété en cachette depuis des semaines. Voire des mois.<br />
« Abrazel Nul Klichen ! Debz noran kunitz Voren ! Terenviel nul ottorenkan ! Murk’zen torazoner vun karakas ! Osterrach blen nul kofit tennon kulzich oron nolzin ! Vraich ! Lucifer ! Vraich ! Eti narz ! »<br />
Le silence retomba comme une pierre tombale. Personne n’osait parler. Personne n’aurait même osé respirer si ça avait été possible. Ils attendaient tous. Quelque chose allait se passer. Quelque chose devait se passer. Quelque chose avait intérêt à se passer, sinon ça allait barder ! Ils ne s’étaient quand même pas<strong> encore</strong> fait arnaquer !</p>
<p class="MsoNormal">Comme pour les rassurer, une fumée noire émanant abondamment de la chèvre interrompit le cours de leurs pensées. Elle monta rapidement en une colonne noirâtre pour s’écraser telle une cascade inversée contre le plafond. A l’intérieur, une ombre se dessinait lentement. Chacun retenait son souffle. Un mélange de surprise et d’excitation les paralysait.<br />
C’est ainsi qu’Il apparut, à la fois horrible et envoutant, repoussant et attirant, démon à l’apparence de mannequin parfaitement lisse, noir comme l’ébène et aux yeux de feu. Une certaine déception, due certainement <span> </span>à l’absence de dents démesurées, de griffes crochues, de cornes acérées, de queue fourchue, de flammes infernales, de sabots velus, d’odeur de stupre, de cris de damnés et de vierges étripées se fit ressentir du côté du publique, ce qui ne l’empêcha nullement d’accueillir l’apparition avec moult « ouah », « génial », et autres « trop cool, mec ». Il y répondit par un simple « Bonjour. Lequel d’entre vous m’a invoqué ? » tout bête. Même pas guttural. Sans écho. Et sans mimique grotesque, roulement des yeux ou vomissements barbares. Juste… normal. Peut être teinté d’amabilité. Les cinq premiers le regardèrent avec des yeux ronds et des bouches de truite.<br />
« Bin quoi ?<br />
- Vous… Vous n’êtes pas censé prendre une voix d’outre enfer, vous adresser à nous en nous traitant de mortels et nous menacer de nous éventrer et de nous manger les tripes dès que vous serez libre ? »<br />
C’était le deuxième qui avait parlé, mais les quatre autres acquiesçaient. Le sixième était aussi de cet avis, mais il préférait garder un air suffisant et fier, les bras croisés, la capuche basse et la robe cabalistique made in Harry Potter au vent – même si il était difficile de trouver ledit vent dans une église close -. Le démon afficha un sourire… penaud. Il avait vraiment un air sympathique, franc et gêné.<br />
« Non, désolé, rien de tout cela. Racontars de bonnes femmes, ça nous fait une sale réputation, vous savez. De temps en temps, on accepte de s’y livrer. Comprenez, pour le folklore. C’est inutile aujourd’hui, je ne suis… »<br />
- ASSEZ ! »<br />
C’était autoritaire. C’était péremptoire. C’était une voix puissante. C’était bien sûr le sixième. Il avait relevé sa capuche et toisait le démon d’un regard noir. L’autre semblait surpris.<br />
« Et la polit…<br />
- J’ai dit assez ! Si je t’ai invoqué, engeance infernale, et soumis aujourd’hui, ça n’est pas pour faire la causette ! J’ai de grands projets pour toi ! Pour nous ! »<br />
Un « ouah » admiratif s’échappa d’une des capuches. Le sixième bomba le torse et le démon éclata de rire.<br />
« Soumis vous dites ? Naaaaan. Vous n’êtes pas sérieux ? Ou alors, il doit y avoir une erreur… »<br />
Un regard haineux l’arrêta.<br />
« Plus sérieux que jamais…<br />
- Ha ?<br />
- Et aucune erreur n’a été commise !<br />
- Diantre…<br />
- Les cercles de protection ont été tracés et remplis comme il le faut !<br />
- Si vous le dites…<br />
- Les chants de liens ont été récités… » Le sixième marqua une pose et lança un regard mauvais a la quatrième. « …Correctement !<br />
- Mmmmh… Ha, oui ! Saperlipopette !<br />
- Tu as beau te moquer de moi, tu as été invoqué et lié, et tu ne pourras quitter ce pentacle que quand je le déciderai !<br />
- Oh…<br />
- C&#8217;est-à-dire quand tu auras récité ton vœu de soumission. »<br />
Le sixième bouillait intérieurement du fait des quolibets de son interlocuteur. Une grimace de rage et de victoire le défigura quand il ajouta un « je connais les règles ! » sans appel. Le sourire moqueur disparut du visage lisse et noir. Un soupir s’échappa d’une bouche parfaite. Le mannequin d’ébène prit un air blasé quand il posa un pied hors du pentacle. Horrifiés, les autres reculèrent. Ca, ça n’était pas prévu. Alors, d’une voix ennuyée, il énuméra en comptant sur ses doigts.<br />
« En vrac : la chèvre doit être blanche, l’église désacralisée selon les rites du moment. Les poules jeunes et à jeun depuis 24 heures. Le bol du sacrifice en terre cuite… »<br />
Les visages devenaient livides. Rouge dans le cas du sixième.<br />
« … les cercles de protection ne sont pas tout à fait concentriques, présentent des imperfections et ne sont pas à la bonne taille. Le pentacle n’est pas droit… »<br />
Le troisième toussa discrètement. Quelque chose- ou plutôt, quelqu’un &#8211; le mettait mal à l’aise.<br />
« … la dague n’est pas conventionnelle. La prononciation des troisième et quatrième strophes du chant de lien laisse à désirer… »<br />
La quatrième sentait sur elle l’attention d’une présence hostile. Un frisson lui parcourut l’échine.<br />
« … Osterrach ne se prononce pas Osteuratsh, il manquait de l’encens impie, et je ne suis pas Lucifer… ».<br />
Il baissa un œil vers le sixième qui lui renouvela son regard noir.<br />
« J’en ai oublié, mais… Vous ne pensiez tout de même pas invoquer Lucifer, non ? »<br />
La question était posée sur un ton plein de reproche. Elle n’eut pas réponse. Le démon afficha un grand sourire sincère quand il ajouta un « mais ne vous en faites pas, de toute façon ça n’aurait servit à rien. C’est juste un leurre à pigeons. » . Le sourire disparut quand il se redressa parfaitement et prit un air solennel et sévère.<br />
« Je suis un homoncule du Dzerj Arlom Meleggi Veredem. Le Dzerj a besoin de laquais humains pour ses plans, et vous semblez apte à remplir ce rôle. » La mine railleuse revint au galop. « Réjouissez-vous ! Vous serez peut être même récompensés ! ».</p>
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