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	<title>lavenir-nous-guette &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
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	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "lavenir-nous-guette"</description>
	<pubDate>Sat, 26 Dec 2009 08:52:35 +0000</pubDate>

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<title><![CDATA[A Flint, les habitants morflent, mais la nature est de retour]]></title>
<link>http://alinetestuz.wordpress.com/2009/06/17/a-flint-les-habitants-morflent-mais-la-nature-est-de-retour/</link>
<pubDate>Wed, 17 Jun 2009 20:10:45 +0000</pubDate>
<dc:creator>alinetestuz</dc:creator>
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<description><![CDATA[Les écologistes en rêvent: arracher l’asphalte des parkings, supprimer les routes inutiles, meurtriè]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><strong><img class="alignright size-medium wp-image-375" title="Flint2764" src="http://alinetestuz.wordpress.com/files/2009/06/flint2764.jpg?w=300" alt="Flint2764" width="300" height="207" />Les écologistes en rêvent: arracher l’asphalte des parkings, supprimer les routes inutiles, meurtrières et polluantes, jeter bas les bâtiments de béton, raser les horribles zones industrielles et commerciales à l’orée des villes… Et rendre, enfin, ses droits à la nature, laisser pousser les arbres et respirer la terre. Et, ce faisant, faire enfin reculer l&#8217;étouffante laideur dans laquelle nous condamnent à vivre ceux qui ne jurent que par la </strong>«<strong>croissance</strong>»<strong>.<br />
</strong></p>
<p><strong>Le prix humain et social en est élevé, mais la crise de l’automobile aux Etats-Unis permet aux écologistes de réaliser leurs rêves les plus fous. </strong></p>
<p>Selon <em>The Telegraph </em>du 12 juin dernier, <a href="http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2764">repris par le site Contre Info</a>, Flint, la ville du Michigan (USA) berceau de <a href="http://www.gm.com/corporate/about/news/index.jsp?deep=press">General Motors</a>, la ville du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_et_moi"><em>Roger and Me</em> </a>de Michael Moore, a décidé de raser des quartiers entiers pour les rendre à la nature. Déjà aujourd’hui, des rues de la ville traversent des prés et des petits bois, sans plus aucune trace des maisons individuelles qui les bordaient.<!--more--></p>
<p>En effet, la General Motors, qui a employé un temps près de 80&#8242;000 habitants dans ses usines de Flint, n’en occupe aujourd’hui plus que 8000. Le taux de chômage dans la ville atteint 20% et sa population n’est plus que de 110&#8242;000 habitants, soit la moitié de ce qu’elle fut. Les gens ont été chassés de leurs maisons, qu’ils ne pouvaient plus payer. Les jeunes s’en sont allés. Des quartiers entiers ─ comme beaucoup de villes américaines, Flint était constituée d’innombrables villas «sam’suffit» disséminées sur une surface immense ─ sont abandonnés.</p>
<p>Selon le journaliste, les autorités locales estiment que pour éviter la faillite totale, la ville devrait réduire sa taille de plus de 40%, regrouper les habitants et les services publics. Une loi leur permettant d’acheter les immeubles vides à bas prix, elles en ont déjà fait démolir plus de 1000 et prévoient d’en abattre encore 3000. L’auteur de cette méthode, un certain M. Dan Kildee, trésorier du «comté» dont fait partie Flint, en a déjà causé à Barack Obama, qui a trouvé l&#8217;idée bonne. Aujourd’hui, l’Administration états-unienne étudie la possibilité d’appliquer cette méthode de «réduction urbaine» à d’autres villes industrielles touchées par la crise: Detroit, Philadelphie, Pittsburgh, Baltimore, Memphis…</p>
<p>La situation matérielle et morale de très nombreux habitants de Flint doit être terrible: sans logis, sans travail, ils sont en plus, grâce aux ravages introduits par le«démocrate» Clinton et de l’affreux Doubleyou, quasi  sans indemnités de chômage, sans aide sociale ou presque, sans assurance maladie.</p>
<p>Mais qui l’aurait cru il y a seulement quelques mois? Les autorités municipales semblent avoir compris l&#8217;importance des services publics. Pour redresser la ville, elles veulent maintenant se spécialiser dans des activités non délocalisables: l’éducation et la santé…</p>
<p>C&#8217;est bien, mais cela ne vient qu&#8217;après un épouvantable gâchis&#8230; Pourtant, si la crise profonde qui les atteint fait (re)découvrir aux Américains l’utilité des services publics, de la solidarité et de la nécessaire justice sociale… Et si, en plus, elle contribue à nous débarrasser d’une bonne dose de bagnoles… Qui s’en plaindra?</p>
<p>Illustration: photo reprise sans autorisation spéciale, mais sans intention commerciale et en avouant mon forfait, sur ContreInfo.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Un jour, les poules auront des dents]]></title>
<link>http://alinetestuz.wordpress.com/2009/05/25/un-jour-les-poules-auront-des-dents/</link>
<pubDate>Mon, 25 May 2009 09:35:36 +0000</pubDate>
<dc:creator>alinetestuz</dc:creator>
<guid>http://alinetestuz.wordpress.com/2009/05/25/un-jour-les-poules-auront-des-dents/</guid>
<description><![CDATA[L’espoir fou placé dans les pouvoirs des découvertes techniques pour créer un monde meilleur a la vi]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><strong><img class="alignright size-medium wp-image-349" title="Riponne Lausanne" src="http://alinetestuz.wordpress.com/files/2009/05/riponne-lausanne2.jpg?w=300" alt="Riponne Lausanne" width="300" height="225" />L’espoir fou placé dans les pouvoirs des découvertes techniques pour créer un monde meilleur a la vie dure! Grâce à la science, un jour, les poules auront des dents. Et les véhicules automobiles individuels seront comme des fleurs, ils rouleront sans émettre la moindre molécule empoisonnée.</strong></p>
<p>Ainsi, l’autre soir, le Conseil communal de Lausanne débattait de la prolongation, jusqu’en 2059, d’un droit de superficie au bénéfice de la société exploitante d’un parking souterrain au centre de la ville. Rapidement, le débat tourna autour de la question : «Qu’allons-nous laisser à nos enfants et petite enfants dans 50 ans?» Une place hideuse, et encore plus de pollution atmosphérique et urbanistique, si nous continuons à laisser la Riponne aux bagnoles, affirmaient les uns. Tandis que les autres soutenaient l&#8217;urgence de maintenir, voire de développer le commerce en ville, ce qui nécessite de laisser les voitures accéder au centre.</p>
<p>Pour combattre les utopistes écolos, qui envisageaient sans frémir la disparition de la voiture, une conseillère active au sein de l’Association des commerçants, poussa un cri, dont on entendit bien qu&#8217;il lui venait du cœur. En substance : ayons confiance! D’ici que nos petits enfants soient adultes, la science aura progressé et permettra de construire des voitures non polluantes! En résumé, expliquait-elle, grâce à la science, tout va changer… pour que rien ne change et que tout continue comme devant. En mieux.<!--more--></p>
<p>Par hasard,  le lendemain de cette séance, j&#8217;ai lu dans le dernier numéro de l’indispensable <a href="http://revuedeslivres.net/"><em>Revue internationale des Livres et des Idées</em></a>, la longue recension d’un ouvrage ─ pas encore traduit en français ─ sur l’histoire environnementale du XXe siècle*.</p>
<p>Au détour d’un paragraphe, je découvre une anecdote tout à  fait dans le sens de l’éclat de rire provoqué par la profession de foi de l&#8217;élue et commerçante. Elle rappelle la durable candeur des scientifiques, convaincus de l’innocuité des chlorofluorocarbures (CFC), et l’enthousiasme débridé qu&#8217;ils suscitèrent dans les années 1940.</p>
<p>Les CFC ont été inventés dans les années 1920 par un scientifique américain du nom de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_Midgley_Jr.">Thomas Midgley, ingénieur de recherche chez General Motors</a>. C’est également lui qui a eu l’idée «géniale» d’ajouter du plomb dans l’essence destinée aux moteurs à explosion pour éviter qu’ils ne «tapent». Dotés de toutes les vertus, les CFC furent utilisés massivement. Jusqu’à ce qu’on s’aperçoive qu’ils attaquaient la couche d’ozone. Et encore, si mes souvenirs sont bons, il a fallu batailler longtemps jusqu’à obtenir des gouvernements qu’ils interdisent la fabrication et la vente des aérosols. Quant à l’essence au plomb, il semble que ce soient des préoccupations plus mécaniques qu&#8217;écologiques qui ont présidé à l’interdiction générale du plomb, à partir de 2000, dans tous les pays européens.</p>
<p>L’auteur du livre en conclut qu’aucun autre être vivant dans le monde n’a jamais eu un impact aussi important sur l’atmosphère que ce Midgley.</p>
<p>La foi dans la technique étant irrépressible, il paraît que le malheureux Thomas Midgley, atteint de poliomyélite et grabataire, est mort étranglé par le système de harnais un peu trop ingénieux qu’il avait inventé pour sortir de son lit. A sa mort, en 1944, il était encore convaincu que les CFC étaient une des inventions les plus bénéfiques  à l’humanité.</p>
<p>Aujourd’hui, les défenseurs et producteurs des OGM, des nanotechnologies et autres inventions prometteuses en matière de profit, soutiennent, comme Midgley, que ces progrès scientifiques ne peuvent qu’être «bénéfiques à l’humanité». Mais ils sont probablement beaucoup plus cyniques que l&#8217;ingénieur américain.</p>
<p>Enfin, c&#8217;est comme disait l’autre: autant mourir dignement d’un cancer provoqué par nos conditions de vie, pollution automobile, empoisonnement des sols par les traitements infligés aux plantes, et toutes cette sorte de choses, plutôt que de mourir du choléra, de la tuberculose et de la lèpre, ces maladies de gueux…</p>
<p>* John McNeill, <em>Something New Under the Sun. An Environmental History of the Twentieth-Century World,</em> New York, W.W. Nathan &#38; Co, 2001, 416 p., 20$.</p>
<p>Image: Place de la Riponne. Fichier Wikimedia Commons</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Le char de l'entreprise navigue sur un volcan]]></title>
<link>http://alinetestuz.wordpress.com/2009/01/15/le-char-de-lentreprise-navigue-sur-un-volcan/</link>
<pubDate>Thu, 15 Jan 2009 09:58:26 +0000</pubDate>
<dc:creator>alinetestuz</dc:creator>
<guid>http://alinetestuz.wordpress.com/2009/01/15/le-char-de-lentreprise-navigue-sur-un-volcan/</guid>
<description><![CDATA[Ouille, ouille, ouille, ça craint! Tous aux abris! Et si la crise économique poussait les patrons à ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><strong><img class="alignnone size-full wp-image-258" title="lindingre-31" src="http://alinetestuz.wordpress.com/files/2009/01/lindingre-31.jpg" alt="lindingre-31" width="491" height="170" />Ouille, ouille, ouille, ça craint! Tous aux abris! Et si la crise économique poussait les patrons à se désintéresser du fonctionnement de l’entreprise au quotidien? Et que faut-il faire si une entreprise est menacée par la faillite, une fusion, une restructuration? Et si la fraude en entreprise augmentait? Les pires fraudeurs, c&#8217;est qui? Les cadres? Les patrons eux-mêmes? Les entreprises doivent-elles organiser un service officiel de délation par téléphone ou en ligne? A votre avis?</strong></p>
<p><strong>C’est en gros ce que veut savoir un sondage tombé dans ma boîte à courriels. A en juger par les questions, les commanditaires du sondage ont l’impression très nette que «le char de l’entreprise navigue sur un volcan», comme aurait dit <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Monsieur_Prudhomme">Monsieur Prudhomme</a>.</strong></p>
<p>Depuis quelques mois, je fais partie d’un panel de sondés en ligne pour l’<a href="http://www.link.ch/index.cfm?uuid=866734F561034383B1F391E5C48B6A3A&#38;o_lang_id=8">Institut Link</a>. D’habitude je dois répondre à des questions sur les shampoings que je connais, les cigarettes que je fume ou les spiritueux que je bois. Le dernier en date, menaces de crise aidant, le sondage porte sur «l’impact et les conséquences» que «l’environnement actuel des affaires» &#8211; délicieux euphémisme &#8211; pourraient avoir sur mon entreprise.<!--more--></p>
<p>Les questions laissent rêveur sur le degré de lucidité des «décideurs» à l’égard de la crise fondamentale et systémique qui frappe le capitalisme, crise non seulement économique, mais aussi écologique, morale, culturelle, etc. Apparemment, ils n’ont rien compris et cherchent seulement à poursuivre leur <em>business as usual</em>, en pourchassant efficacement les fraudeurs. N&#8217;ont pas encore vu que la fraude est consubstantielle à  l&#8217;injonction à la cupidité et au chacun pour soi prôné par la philosophie de l&#8217;ère libérale? Si, si, ils ont vu. Ils cherchent seulement à préserver les plus malins. Donc les plus cupides&#8230; Mais sans doute ai-je mauvais esprit!</p>
<p>Ainsi, ces braves gens demandent aux sondés, par exemple (je résume les questions, mais ne les déforme pas), s’ils pensent que le  <em>«ralentissement économique»</em> &#8211; toujours l&#8217;euphémisation &#8211; va faire que <em>«davantage d’entreprises feront face à des difficultés financières»</em>, s’il y aura <em>«une augmentation des acquisitions ou des fusions d’entreprises du fait que les plus faibles font faillite»</em>, s’il y aura <em>«une augmentation des licenciements du fait que les entreprises réduisent les coûts»</em>. Et lesquels sont les problèmes plus importants lorsque deux entreprises sont réunies : le manque de procédures et de politiques communes? Les licenciements? Que ça va nuire au moral? (???) Que les gens seront distraits de leur travail quotidien habituel? (???)</p>
<p>La partie la plus intéressante du sondage est celle qui cherche à savoir si les sondés pensent que la crise va augmenter la fraude en entreprise (les sondeurs en sont déjà totalement convaincus). Celle-ci est déjà fort répandue, en effet. Il vaut la peine, avant de passer aux questions de 2009, de relire une dépêche une <a href="http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=200001&#38;sid=8318700">dépêche parue en octobre 2007</a> sur le site de la TSR. Elle affirmait alors :</p>
<blockquote><p><em>«La criminalité économique est toujours aussi forte en Suisse. Selon une étude, 37% des entreprises ont souffert de fraudes entre 2005 et 2007, soit la même proportion qu&#8217;entre 03 et 05. Leurs auteurs sont surtout des cadres.» </em></p></blockquote>
<p>Plus bas, on peut lire :</p>
<blockquote><p><em>«En ce qui concerne le niveau hiérarchique des criminels en col blanc en Suisse, il s&#8217;agit dans 50% des cas de cadres supérieurs.»</em> Et parmi les mobiles, on trouve <em>«très souvent la cupidité, les motivations financières, le désir de mener grand train. Mais il arrive aussi que le passage à l&#8217;acte soit motivé par une faible résistance à la tentation, la frustration et la déception au travail».</em></p></blockquote>
<p>Et maintenant, en janvier 2009, je dois dire si je suis d’accord ou non avec un choix de propositions. Quelles sont les conditions susceptibles d’augmenter les occasions pour un individu de commettre un acte frauduleux : pendant une fusion ou une acquisition, ou pendant une restructuration d’entreprise, un programme de licenciement?  Ou même simplement «dans le climat économique actuel»?</p>
<p>Ah oui, dans ce climat, sûrement ! Avec UBS qui a dû faire la manche &#8211; avec succès &#8211; pour 68 milliards de dollars auprès du gouvernement helvétique, M. Madoff qui déshabille ses potes pour l’hiver. A ce propos, merveille, parmi ses potes, il y avait, paraît-il, aussi le CIO! Vous savez,  cette entreprise si honnête et si désintéressée, qui a son siège à Lausanne, «capitale olympique», et qui est soigneusement défiscalisée par le gouvernement suisse: eh bien, Madoff l&#8217;aurait plumée de 50 millions de dollars ! Ça me fait bien rire. On peut le dire, en effet:  le climat est peu propice au désintéressement et à la morale, suivez mon regard sur les titres des journaux. Sauf pour les petits salariés, chômeurs, assistés sociaux, vieux, etc., évidemment, sommés de fermer leur gueule et de ne pas trop demander.</p>
<p>Bref, c’est encore plus rigolo quand Link aborde les solutions que pourraient choisir les patrons pour sauver leur rafiot en train de couler (et dont on sait qu&#8217;ils le font): «proposer des paiements en espèces pour gagner ou fidéliser des clients ?» Leur proposer «des cadeaux, des divertissements» ou «faire délibérément une fausse déclaration des performances financières de l’entreprise…»? Ah bon, c&#8217;est comme ça qu&#8217;on fait?</p>
<p>Les commanditaires du sondage sont convaincus que la fraude augmentera ces prochaines années et ils cherchent des parades. La surveillance des employés, notamment. A la sortie du tunnel de questions, on subodore que les commanditaires veulent savoir si un «service d’assistance téléphonique ou en ligne» pour enregistrer les dénonciations «des fautes professionnelles telles qu’une fraude présumée» serait bien accueilli et si la surveillance des collègues fait déjà partie de la «culture d&#8217;entreprise» du sondé.</p>
<p>Le tout se termine par une liste de pays européens parmi lesquels en choisir trois où la fraude en entreprise serait particulièrement répandue. J’ai refusé de céder aux sirènes pousse-à-la-xénophobie et j&#8217;ai répondu quelque chose comme Monaco, Cité du Vatican et Liechtenstein. Pour eux, au moins, les preuves sont là depuis longtemps.</p>
<p><!--[if gte mso 9]&#62;  Normal 0 21       MicrosoftInternetExplorer4  &#60;![endif]--> <span lang="FR-CH">Dessin emprunté sans intention dolosive au mensuel <a href="http://www.cequilfautdetruire.org/">CQFD</a> &#8211; mais je suis abonnée!</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CH">Lindingre: Le monde horriiiible du travail<br />
</span></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[La démotivation, contre l'embouteillage]]></title>
<link>http://alinetestuz.wordpress.com/2009/01/02/la-demotivation-contre-lembouteillag/</link>
<pubDate>Fri, 02 Jan 2009 13:40:52 +0000</pubDate>
<dc:creator>alinetestuz</dc:creator>
<guid>http://alinetestuz.wordpress.com/2009/01/02/la-demotivation-contre-lembouteillag/</guid>
<description><![CDATA[Ce n’est pas seulement dû à la crise présente ─ elle  pourrait cependant accentuer le phénomène ─ il]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><strong><img class="alignright size-medium wp-image-168" title="saigon" src="http://alinetestuz.wordpress.com/files/2009/01/saigon.jpg?w=300" alt="saigon" width="300" height="225" />Ce n’est pas seulement dû à la crise présente ─ elle  pourrait cependant accentuer le phénomène ─ il y a pourtant quelque chose dans l’air : la «motivation», ce <em>must</em>, cette condition <em>sine qua non</em> à toute réussite, notamment professionnelle, <a href="http://www.decroissance.info/Autoreduction-du-temps-de-travail,705">traîne les pieds</a>. Les articles sur la souffrance au travail, sur les méfaits du nouveau management dans les entreprises, sur les suicides d’employés soumis à des stress trop importants se multiplient. Parmi les derniers exemples en date, le livre, recensé par <a href="http://www.24heures.ch/">24 heures </a>du 26 décembre dernier, <em>L’Open space m’a tuer</em>, rédigé par deux consultants trentenaires, qui savent de quoi ils parlent. Apparemment ─ je ne l’ai pas lu ─ c’est un livre sur la carbonisation des jeunes cadres «qui en veulent». Et qui ensuite en veulent grave à leur entreprise de leur avoir imposé «une véritable dictature de la positive attitude» et de les avoir soumis à ces nouvelles formes de violence que sont le «diktat de la bonne humeur et de la convivialité, la fausse liberté qu’offre la flexibilité, le supplice du <em>timesheet</em>, la folie de l’évaluation et de l’autoévaluation…» </strong><strong>Je ne l’ai pas lu, mais j’en cause. En effet, ce que dénonce <em>L’Open space m’a tuer</em> ressemble diablement à la démonstration de Guillaume Paoli dans son <em>Eloge de la démotivation</em>.</strong></p>
<p>Guillaume Paoli, c’est un des initiateurs des <a href="http://transversel.apinc.org/spip/article.php3?id_article=87">Chômeurs heureux</a>, apparus à Berlin en 1996. C’est aussi un des rédacteurs, avec Nicolas Arraitz, de <a href="http://www.cequilfautdetruire.org/">CQFD</a>,  du <em>Manifeste des chômeurs heureux</em>, publié aux <a href="http://www.editionslechienrouge.org/">Editions du chien rouge</a>. (Le <em>Manifeste </em>est actuellement épuisé, mais il en existe de bons extraits sur la toile.)</p>
<p>Le propos de son petit livre pourrait se résumer sommairement ainsi: la motivation des individus, travailleurs, consommateurs, téléspectateurs, lecteurs, sportifs et autres citoyens ordinaires sous nos latitudes, est une condition essentielle à la perpétuation de <em>World Trade Inc.</em> ─ c’est ainsi que Paoli désigne le capitalisme ─ par conséquent, pour ses adversaires et ses victimes, la démotivation s&#8217;impose.<!--more--></p>
<p><strong>Les ânes que nous sommes ont moins soif</strong></p>
<p><em>L’Eloge de la démotivation</em> propose non un changement de système, mais un renversement du point de vue. Cela commence par le démontage de la psychologie de la motivation, pas beaucoup plus subtile, au fond, que la bonne vieille théorie de l’âne, de la carotte et du bâton. Or, les ânes que nous sommes ont de moins en moins soif, et ils renâclent au moment de boire le brouet préparé par <em>World Trade Inc</em>. Guillaume Paoli en voit des signes, entre autres, dans la baisse de l’«investissement» des salariés dans leur emploi, la désaffection et la méfiance croissantes des clients de la grande distribution, la perte de crédibilité des médias sur fond d’uniformisation des informations. Bref, dit-il, le fossé entre la terre promise <em>vue à la télé </em>et l’existence concrète se creuse toujours plus et la motivation recule en conséquence.</p>
<p>C’est le moment de reprendre la main, soutient Guillaume Paoli. Non pas brutalement, mais selon les enseignements de de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Art_de_la_guerre">Sun Zi dans son <em>Art de la guerre</em></a>, qui recommande d’<em>«éviter à tout prix le choc frontal, privilégier l’esquive, le contournement, le stratagème, la passivité attentive»</em>. Dans cet esprit, s’entraîner à la démotivation nécessite de <em>«démonter méthodiquement les mécanismes qui font que, malgré tout, ça marche!»</em> L&#8217;auteur s’y emploie sur quelque 180 petites pages, dont je ne peux restituer que des bribes, pour donner envie de lire en entier <em>L’Eloge de la démotivation</em>.</p>
<p>D’abord, il y a<em> World Trade Inc.</em>, ce «truc» qui fait système, qui est mondial, dont l’activité centrale est le commerce, et qui est <em>incorporated</em>, c’est-à-dire incarné par des entreprises. Sa religion, c’est le marché, omniprésent. Voir le «marché du travail», par exemple, mais aussi la vogue des <em>coaches </em>et autres consultants d’entreprises, pourtant chers et souvent autoproclamés.  (On se demande d’ailleurs comment cette corporation a réussi à convaincre jusqu’au syndic de Lausanne, habituellement prudent et près de ses sous,  d&#8217;utiliser ces gens pour résoudre des problèmes de gestion du personnel dans son Administration.)</p>
<p>Le boulot du <em>coach</em>, c’est de prospecter les gisements de ressources authentiques enfouies dans les tréfonds de l’intimité des employés ─ dons, aptitudes, valeurs, goûts, désirs, ambitions ─ pour en faire une offre de «marchandise vivante». Celle-ci propose sur le marché charme, énergie, dynamisme et disponibilité. On retrouve là les jeunes cadres carbonisés de <em>L’Open space m’a tuer</em>.</p>
<p><strong>Et mes yoghourts?</strong></p>
<p>D&#8217;autre part, pour perdurer, le capitalisme doit croître sans cesse,  faire de l’argent avec de l’argent, sinon le capital cesse d’augmenter et donc diminue. Cela exige innovation perpétuelle et lancement permanent de nouveaux produits, sous forme d’objets et de services. Du coup, vous ne retrouvez plus les yoghourts que vous aimez ni ne pouvez faire réparer votre aspirateur (sauf à <a href="http://www.labonnecombine.ch/">La Bonne combine</a>).</p>
<p>Ajoutez la concurrence mondiale et la circulation instantanée des capitaux d’un bout de la terre à l’autre, et vous comprenez qu’il faut calculer le coût des produits au plus juste. Il ne suffit pas de comprimer les salaires, supprimer les postes «inutiles» à la production et les remplacer par des missions temporaires attribuées aux créatifs de la pub, de la promotion, du design et aux manœuvres d<em>u phone marketing</em>; il faut aussi économiser sur l&#8217;encadrement et convaincre les employés de s&#8217;autocontrôler.</p>
<p>Et ça fonctionne, les cerveaux sont bien lavés…  La motivation devient addiction au travail ─ «boulomanie» chez les Québécois, <em>Arbeitssucht </em>chez les Allemands et <em>workaholism</em> chez les Américains ─  et ne cesse de se propager.  Malheureusement et malgré leur multiplication, les cas de surmenage chronique, d’épuisement professionnel, de <em>burn out</em>, ne sont pas reconnus, en Suisse, comme maladie professionnelle ─ ce qui engagerait la responsabilité de l’employeur. Au même titre que l’alcoolisme, ils sont rangés dans la catégorie des «problèmes personnels»</p>
<p><strong>Créer des unités de partisans du moindre effort<br />
</strong></p>
<p>Si  la motivation des salariés est l’ingrédient essentiel qui permet de <em>«transformer de l’énergie potentielle ─ les gisements de qualités ─ en énergie cinétique au service de l’entreprise»</em>, elle vaut aussi pour les consommateurs. En effet, s&#8217;ils n’étaient pas constamment stimulés, ces paresseux achèteraient toujours les mêmes yoghourts, feraient réparer leur aspirateur, et porteraient leur manteau pendant trois hivers. Or l’indifférence à l’innovation, la consommation répétitive, c’est la paralysie de <em>World Trade Inc</em>. Voilà pourquoi le City Management veille, à Lausanne. Ses buts ne sont-ils pas d’animer la ville et de tout mettre en œuvre, à ce titre, <em>«pour la rendre, ainsi que ses commerces, plus attractifs»</em> (sic) et favoriser ainsi <em>«l’augmentation de la fréquentation des rues commerçantes de la ville»</em>?</p>
<p>En ces temps de crise, <em>World Trade Inc. </em> est bien mis à mal par son obstination<em> </em>à comprimer les salaires: en effet, pour soutenir leur consommation, les salariés se sont endettée et <em>World Trade Inc.</em> à fait de l&#8217;argent avec leurs crédits.  Avec les résultats que l&#8217;on voit.</p>
<p>Dans ce contexte, conclure avec Guillaume Paoli que <em>«pour les adversaires et les victimes de ce développement, la démotivation est une étape nécessaire»</em>, est du pur bon sens. Peut-être faudra-t-il envisager de constituer des <em>«unités de partisans du moindre effort»</em>, pratiquer l’abstention, la suspension d’activité, le non-engagement, se rendre insondable, afin de <em>«laisser la formidable machinerie de </em>World Trade Inc.<em> s’enliser inexorablement dans les sables de la démotivation»</em>. La lecture de<em> L’Eloge de la démotivation</em> est un bon guide pour parvenir à l&#8217;inertie. Qui est aussi une force, rappelle Guillaume Paoli.</p>
<p>Guillaume Paoli, <em>Eloge de la démotivation</em>, Paris, Nouvelles Editions Lignes, 2008, 189 p.</p>
<p>Alexandre des Isnards, Thomas Zuber, <em>L&#8217;Open space m&#8217;a tuer</em>, Paris, Editions Hachette Littératures, 2008</p>
<p>Légende photo : «Embouteillage dans les rues de Saïgon, pendant la frénésie consommatoire de Noël 2008»</p>
<p>Photo aimablement prêtée, à son insu, par un vieil ami, en séjour au Vietnam.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[Le monde enchanté des gâte-sauce du fast food]]></title>
<link>http://alinetestuz.wordpress.com/2008/04/17/le-monde-enchante-des-gate-sauce-du-fast-food/</link>
<pubDate>Thu, 17 Apr 2008 08:55:51 +0000</pubDate>
<dc:creator>alinetestuz</dc:creator>
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<description><![CDATA[Enfin quelqu’un l’a fait ! Des citoyens allemands curieux et méthodiques ont comparé, emballages, in]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><strong>Enfin quelqu’un l’a fait ! Des citoyens allemands curieux et méthodiques ont comparé, emballages, ingrédients et appareil photo en main, <strong>l’écart entre la pub pour les plats de cuisine industrielle et la réalité</strong>. Edifiant, mieux que tous les commentaires sur la malbouffe, les incitations à la diététique, les discours moraux sur les entreprises à l&#8217;origine de <a href="http://archive.filmdeculte.com/film/film.php?id=866">Super Size Me</a>, les démontages méthodiques du commerce à l&#8217;ère néolibérale.<br />
</strong><br />
Il faut avoir l’estomac solide ! Pas pour en manger, on n’oserait pas, mais rien que de regarder, on a l&#8217;estomac au bord des lèvres. Courez-y, si vous ne l&#8217;avez pas encore vu, c’est sur le site de <a href="http://www.pundo3000.com/werbunggegenrealitaet3000.htm">pundo 3000</a>, mais vous pouvez aussi l&#8217;atteindre en allant sur <a href="http://rezo.net/">rezo.net</a> &#8211; ce qui vous donnera, en plus, l&#8217;occasion de lire un tas d&#8217;autres articles intéressants.<!--more--></p>
<p>Ce démontage jouissif (sinon appétissant) est sur un site allemand, mais il n&#8217;est pas nécessaire de connaître cette langue pour comprendre l&#8217;immense escroquerie que représentent les plats pré-cuisinés pour travailleur solitaire, étudiant fauché (encore que c&#8217;est très cher, de se nourrir comme ça), veuf âgé n&#8217;ayant jamais appris à cuisiner et même mère de famille débordée.</p>
<p>Sans qu&#8217;ils ajoutent un mot, à regarder les photos de ces tambouilles infâmes, on se prend à penser à la crise alimentaire qui frappe des millions de personnes sur la terre, à cause notamment de l&#8217;aberration de l&#8217;agriculture industrielle organisée par l&#8217;OMC, de la spéculation sur les denrées alimentaires de base et sur le pétrole, de la monoculture vouée à l&#8217;exportation, des dindes élevées en batterie (il y a quelques plats de dinde précuisinés parmi les photos, mmmmh&#8230;). Bref, toute cette horreur qui nous est présentée comme la modernité incontournable et qu&#8217;il faudrait encore renforcer pour que tout aille mieux. Il suffirait de faire encore un petit peu plus de la même chose&#8230;</p>
<p>Mais heureusement, grâce à l&#8217;heureuse initiative sur le site pundo 3000, tous ceux qui douteraient encore vont se convaincre qu’<strong>il est urgent de se mettre au <a href="http://www.slowfood.com/about_us/fra/welcome_fra.lasso">slow food</a>, beaucoup plus sage de faire la cuisine chez soi, si possible avec des produits cultivés localement, payés le juste prix aux producteurs. </strong>Des produits qu’on peut trouver si on est adhérent aux <a href="http://www.lesjardinsduflon.ch/">Jardins du Flon,</a> par exemple. Ou à l&#8217;une des nombreuses coopératives et associations qui, en Suisse, en Allemagne, en France (les <a href="http://alliancepec.free.fr/Webamap/index1.php">AMAP</a>, associations pour le maintien d&#8217;une agriculture paysanne), et ailleurs, développent des <strong>projets d’agriculture contractuelle de proximité</strong>.</p>
<p>Bon appétit!</p>
<p><strong>P.S. ajouté à 15h</strong>:<br />
<a href="http://www.lecourrier.ch/"> Le Courrier </a>consacre aujourd&#8217;hui 17 avril deux pages aux luttes paysannes contre l&#8217;agriculture mondialisée, dénonçant le fait que <em>&#8220;les pays les plus touchés par la crise sont ceux qui ont dû sacrifier leur agriculture sur l&#8217;autel du libre échange&#8221;.</em> Le journal renvoie au site du syndicat <a href="http://www.uniterre.ch/Actualites/actu.html">uniterre</a>, et à son dossier sur l&#8217;agriculture contractuelle de proximité.</p>
<p>Et encore, si vous ne l&#8217;avez pas encore fait, signez la <a href="http://www.raslafraise.ch/">pétition Ras la fraise!</a> pour faire pression sur la grande distribution afin qu&#8217;elle cesse d&#8217;importer des fruits et des légumes hors de saison.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[De la moule verte à Omnicom Group Holding]]></title>
<link>http://alinetestuz.wordpress.com/2008/02/11/de-la-moule-verte-a-omnicom-group-holding/</link>
<pubDate>Mon, 11 Feb 2008 14:43:56 +0000</pubDate>
<dc:creator>alinetestuz</dc:creator>
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<description><![CDATA[C’est mon nouveau truc pour transformer en quelque chose de positif le harcèlement incessant des soc]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><strong>C’est mon nouveau truc pour transformer en quelque chose de positif le harcèlement incessant des sociétés de télé-marketing: je cherche qui m’appelle, pour de vrai. Et je trouve des trucs tout à fait croquignolets. C&#8217;est un peu long, mais le résultat en vaut la peine! Jugez plutôt.</strong></p>
<p>Avant, je faisais comme beaucoup de monde: je voyais les démarcheuses téléphoniques arriver avec leurs grands pieds pour me fourguer des alicaments ou des produits miracles contre les acariens, et je disais très vite que ça ne m’intéressait pas, avant de raccrocher. A la limite de la grossièreté. Ensuite, j’ai monté les enchères et fait dans la provocation, racontant que je fumais, buvais, mangeais du foie gras, haïssais la culture physique et adorais la vie malsaine (ce qui est vrai). Ajoutant que je ne tuais jamais une araignée (ce qui est vrai aussi). Désarçonnées &#8211; ou excédées - les dames raccrochaient parfois d’elles-mêmes.<!--more--></p>
<p>Plus tard, alors que le harcèlement devenait presque quotidien, j’ai lu le billet d&#8217;une blogueuse française racontant qu’elle avait fait ce job quand elle était chômeuse et complètement dans la mouise. Elle évoquait les salaires miteux, dont une partie est à la commission, le stress des écoutes de contrôle, les remontrances du chef quand on n’a pas bien servi le message pré-écrit, les injures des clients, les téléphones raccrochés brutalement. Elle demandait à ses lecteurs, en mémoire de sa galère, de parler poliment aux dames (car ce sont évidemment des femmes qui travaillent majoritairement dans ce secteur d’exploitation).</p>
<p><strong>Changer les rôles, poser des questions</strong></p>
<p>J’ai obéi, j’ai laissé les dames débiter leur tirade avant de leur dire que je ne répondais jamais à une sollicitation commerciale par téléphone. Polie. Mais c’est terriblement ennuyeux! C’est pourquoi, maintenant, j’écoute, mais je pose aussi des questions.</p>
<p>Par exemple, aujourd’hui, une dame charmante (et intelligente) appelant depuis le centre d’appel Sekoya à Neuchâtel m’a proposé <strong>une cure de six mois</strong> pour mes cartilages altérés par l’âge: un complément alimentaire <strong>sous forme de gélules à base de moule verte de Nouvelle-Zélande</strong>. Le tout pour 540 francs. Je pouvais aussi payer en six fois, mais alors je n’avais pas le gel de massage en cadeau. Les gélules sont commercialisées ─ et non produites, comme le disait la dame ─ par UB Interpharm à Carouge. Là, rien de bien intéressant: <em>business as usual,</em> vente de poudres de perlimpin à des prix conséquents, si ça ne fait pas de bien, au moins on peut supposer que ça ne fait pas de mal. (Mais j&#8217;irai y voir de plus près une fois ou l&#8217;autre.)</p>
<p>J’ai donc cherché qui est <a href="http://www.moneyhouse.ch/u/pub/sekoya_diffusion_sarl_CH-645.4.095.789-3.htm)">Sekoya</a>. Au détour d’une inscription, j’ai relevé une modification toute récente dans les resopnsables propriétaires de l&#8217;entreprise, puisqu’elle date du 7 janvier 2008: <em>«Omnicom SA, qui n&#8217;est plus associée, <strong>cède sa part de CHF 20&#8242;000 à Omnicom Group Holding AG,</strong> à Schwende, nouvelle associée sans signature.» </em>Schwende, c’est à Appenzell. C’est comment, les conditions fiscales à Appenzell?</p>
<p><strong>C&#8217;est de la «communication hors médias»</strong></p>
<p>Le site d’observation des entreprises, <a href="http://fr.transnationale.org/">Transnationales.org</a> s’occupe d’<a href="http://fr.transnationale.org/entreprises/omnicom.php">Omnicom</a>, le premier réseau de pub mondial. <a href="http://www.daytona.fr">Daytona</a>, une société d&#8217;Omnicom en France, le présente ainsi: <em>«Fondée en 1986, Omnicom Group est une holding stratégique regroupant des sociétés leaders intervenant dans les domaines de la publicité, du marketing services, de la communication spécialisée, des médias interactifs et de l&#8217;achat d&#8217;espace. Le Groupe Omnicom est composé d&#8217;environ 650 sociétés, est présent dans une centaine de pays, emploie environ 57 600</em> <em>personnes, et compte plus de 5000 clients. <strong>Omnicom est le numéro 1 mondial des médias avec un chiffre d&#8217;affaires en 2004 de 9.747 milliards de dollars et une progression de 13% de son activité versus 2003.</strong> Le Groupe segmente son offre en deux parties: la communication</em> <em>traditionnelle et la communication hors médias.»</em> En clair, Omnicom fait dans la <a href="http://www.easybourse.com/Website/article/2534-publicis-acquisition-en-chine-perte-de-budget-aux-usa.php">téléphonie mobile</a> ─ avec succès ─  dans la pub, dans l’Internet, dans la fabrication de propagande et dans le marketing de produits de toute sorte.</p>
<p>La dame du téléphone m&#8217;a dit que Sekoya lui versait un salaire fixe, qui pouvait être augmenté en fonction des résultats commerciaux qu&#8217;elle obtenait. Omnicom Group Holding, qui possède de très loin Sekoya, appartient à une dizaine de sociétés financières et autres d&#8217;un tonneau voisin, la plupart américaines, avec une britannique et une canadienne. Elle est connue pour s&#8217;être établie dans 13 paradis fiscaux et s&#8217;être rendue coupable de deux actes de délinquance financière (évasion financière, fraude fiscale, comptes secrets, etc.). Ses bénéfices cumulés depuis 1998 se montent à plus de 1 milliard de dollars. Son dirigeant <strong>gagne</strong> <strong>274 fois le salaire minimum aux Etats-Unis d&#8217;Amérique</strong>, qui est actuellement de <strong>6 dollars brut de l’heure</strong>.</p>
<p>Il n’y a pas de petit profit. Longue vie aux moules vertes de Nouvelle-Zélande!</p>
</div>]]></content:encoded>
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<title><![CDATA[La liberté du commerce rend fou]]></title>
<link>http://alinetestuz.wordpress.com/2008/02/01/la-liberte-du-commerce-rend-fou/</link>
<pubDate>Fri, 01 Feb 2008 21:16:02 +0000</pubDate>
<dc:creator>alinetestuz</dc:creator>
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<description><![CDATA[L&#8217;appartement que je loue est mis en vente. Mon propriétaire, une régie immobilière de Genève ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>L&#8217;appartement que je loue est mis en vente. Mon propriétaire, une régie immobilière de Genève qui a déjà défrayé la chronique pour des pratiques bizarres au bout du lac (du moins je suppose que c’est elle, la propriétaire) a acheté l&#8217;immeuble où j&#8217;habite depuis bientôt quinze ans. C&#8217;est une maison charmante construite au tout début du XXe siècle, un peu délabrée, mais pleine de prestance et de charme. Le but du propriétaire est évidemment d&#8217;en faire ce qu’on appelle élégamment «un immeuble de rapport» et d&#8217;en tirer le maximum de fric possible. C&#8217;est autorisé, c&#8217;est même encouragé par les valeurs dominantes, pourquoi se gêner?<!--more--></p>
<p>La régie a commencé, il y a environ deux ans, à vendre la maison à la découpe, par «lots», comme on dit (j&#8217;adore ce vocabulaire de tire-pipes et de loterie). Elle n’a évidemment pas entrepris la moindre réparation, amélioration, réhabilitation ni même donné le moindre coup de peinture dans l’immeuble. Pas la peine: les nouveaux propriétaires s’en occuperont, à leur goût.</p>
<p>Les prix étaient prohibitifs au départ (la régie les a baissés sensiblement depuis lors), et de toute façon je n’ai pas d’argent. Sans même parler du fait que <strong>je suis par principe opposée à la propriété du sol et au fait de tirer du profit, donc d’accumuler du capital, avec le logement, ce besoin fondamental des humains. A mon avis, le logement, ainsi que la santé, les crèches, les garderies, les transports publics devraient être gratuits. Comme l’école.</strong></p>
<p>Quatre appartements sur neuf sont vendus, refaits et habités. Nos nouveaux voisins propriétaires sont charmants. Evidemment, la pénurie d’appartements à louer dans la région interdit de nous virer, nous qui ne voulons ou ne pouvons pas acheter. Mais nous devons subir les visites répétées des propriétaires potentiels, après réception d’une lettre d’une élégance rare (l’élégance est une manie chez les adeptes de la concurrence libre et non faussée) nous sommant d’être présents au jour et à l’heure dits. A nous de nous arranger… Les visites se succèdent, l’étau se resserre, je viens d’apprendre que trois dossiers d’acheteurs potentiels sont ouverts pour mon appartement.</p>
<p>Les visiteurs d’aujourd’hui, un couple sexagénaire et leur fille d’une trentaine d’années, arpentaient mon appartement pour la deuxième fois. Le logis plaît à la demoiselle, impatiente d’habiter dans ses murs à elle. Et quelle chance, confirme la mère, armée d’un double mètre! C’est assez large pour mettre une table dans la chambrette minuscule derrière la salle de bains.</p>
<p>Je suis bien décidée à faire poireauter le nouveau ou la nouvelle propriétaire le plus longtemps possible. Je vais ameuter l’association de défense des locataires, le tribunal des baux, je vais multiplier les recours, je ne me laisserai pas déloger sans crier très fort. Mes cris de douleur, ils vont les entendre, c’est sûr!</p>
<p>A ma voisine, qui vit seule dans quatre pièces depuis le départ de ses grands enfants (oui, c’est du luxe…), une acheteuse potentielle s’est permis de dire que c’était honteux qu&#8217;une personne occupe autant d’espace et qu’elle pourrait <strike> avoir la décence de</strike> déménager en studio. La même a osé lui conseiller par téléphone d’«être raisonnable», puisque de toute façon, elle devrait partir.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, sur le palier au moment du départ, la mère de la jeune candidate acheteuse m’a dit la même chose : «Vous ne pouvez rien faire, même si ce n’est pas à nous, votre appartement sera vendu!»</p>
<p>La folie de la liberté du commerce rend les humains fous.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[Euro 2008: tous aux abris!]]></title>
<link>http://alinetestuz.wordpress.com/2008/01/19/euro-2008-tous-aux-abris/</link>
<pubDate>Sat, 19 Jan 2008 12:10:54 +0000</pubDate>
<dc:creator>alinetestuz</dc:creator>
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<description><![CDATA[Impossible d’échapper à la grande fête de la solidarité sportive de l’été 2008. Le voudrait-on, on n]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>Impossible d’échapper à la grande fête de la solidarité sportive de l’été 2008. Le voudrait-on, on ne pourrait pas. Même les enfants de nos écoles voient leur vie changée à cause des matches. Donc leurs enseignants et leurs parents aussi. Et, d’ailleurs, de tous les usagers des CFF. C’est une information parue sur la lettre de la Direction générale de l’enseignement obligatoire du Département de la formation et de la jeunesse du canton de Vaud (ouf) qui le dit.<a href="http://http://www3.dfj.vd.ch/dgeo2/lettre/29/29LettreDGEOdec07.pdf"></a></p>
<p><!--more-->La <a href="http://www3.dfj.vd.ch/dgeo2/lettre/29/29LettreDGEOdec07.pdf">consigne</a> est transmise en ces termes:<i></i></p>
<p><i>«La Direction des CFF nous informe qu’aux dates des matchs répertoriés ci-contre, et qui se dérouleront en Suisse durant la période scolaire, il faut s’attendre à une circulation intense sur les axes concernés. En particulier, il ne sera pas possible de faire des réservations sur ces parcours. En conséquence et par mesure de précaution, <b>les courses d’école ne seront pas autorisées</b> aux dates ci-contre: lundi 9 juin 2008, mercredi 11 juin 2008, vendredi 13 juin 2008, mardi 17 juin 2008, jeudi 19 juin 2008, mercredi 25 juin 2008.»</i></p>
<p><i></i>C&#8217;est moi qui souligne. Voilà, c&#8217;est comme ça, les trains seront bondés, il faut laisser la place pour les supporters. L’histoire ne dit pas si Madame la conseillère d’Etat et cheffe du département concerné Anne-Catherine Lyon a un avis sur la question, si elle aime le foot ou si elle plaint les enseignants. Ceux-ci seront bien forcés d&#8217;organiser les courses d&#8217;école entre le 26 juin et le 4 juillet. Car la DGEO est claire : dès l’école primaire, les courses d’école se font en juin. Les établissements s’organisent et fixent un jour unique afin d’éviter de remplacer les enseignants. Débrouillez-vous. Point. En partance pour les chutes du Rhin, le Signal de Bougy, le Zoo de la Garenne ou le lac Tannay, des hordes d&#8217;élèves glapissant de joie et d&#8217;impatience, armés de sacs à dos pleins de sandwiches, d&#8217;anoraks contre la pluie, de bonnets contre le soleil, de chips et de bonbons poisseux, indispensable monnaie d&#8217;échange avec les copains, vont s&#8217;abattre comme des étourneaux dans les halls des gares. On souhaite beaucoup de courage aux enseignants &#8230;</p>
<p>Ce petit contre-temps scolaire n&#8217;est rien, sans doute. Et pourtant, c&#8217;est un signe. Car je ne sais pas vous, mais moi, les préparatifs fébriles de ce méga-super événement sportif de l’été, source de tellement de profits pour d’aucuns, ça m’énerve «grave», comme disent ceux qui parlent mal. Pire : ça m’angoisse. Ce n’est pas que j&#8217;en aie contre les footballeurs : ils m’indiffèrent. Ils jouent au ballon ou aiment regarder ceux qui jouent. Tant mieux pour eux, je les laisse s’exclamer devant des passes merveilleuses tant qu’ils me laissent lire mes livres et cliquer à mon gré sur Internet. Mais là, je flaire, tout au fond de l’air, un petit vent de totalitarisme. Qui prétend non seulement me forcer à considérer cette compétition européenne comme un événement mondialement décisif (?), qui va me gaver matin, midi, soir et nuit, d’informations dérisoires, occultant opportunément les basses manoeuvres antisociales de MM. Merz et Couchepin, mais prétend m’interdire de dire que cet engouement planétaire est suspect. J’exagère ? Que ceux qui, une fois, ont essayé de manifester la moindre réserve ou le moindre désintérêt pour la « grande fête du sport » osent dire le contraire…</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>

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