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	<title>ou-comment-ma-fille-de-14-ans-me-rappelle-mon-adolescen &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
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	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "ou-comment-ma-fille-de-14-ans-me-rappelle-mon-adolescen"</description>
	<pubDate>Sat, 05 Dec 2009 06:49:22 +0000</pubDate>

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<title><![CDATA[L'Amour]]></title>
<link>http://maviedemaman.wordpress.com/2008/06/16/lamour/</link>
<pubDate>Mon, 16 Jun 2008 12:31:14 +0000</pubDate>
<dc:creator>Véro</dc:creator>
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<description><![CDATA[C&#8217;est un vaste sujet. Universel, intemporel&#8230;. Je parle pas mal de l&#8217;amour sur ce b]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:center;"><a href="http://maviedemaman.files.wordpress.com/2008/06/lepere-009.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-317" src="http://maviedemaman.wordpress.com/files/2008/06/lepere-009.jpg" alt="" width="400" height="267" /></a><a href="http://maviedemaman.files.wordpress.com/2008/06/sans-titre-24.jpg"></a></p>
<p style="text-align:left;">C&#8217;est un vaste sujet. Universel, intemporel&#8230;. Je parle pas mal de l&#8217;amour sur ce blog (enfin j&#8217;en ai l&#8217;impression, après c&#8217;est chacun qui ressent ou pas&#8230;!)&#8230;l&#8217;amour que j&#8217;éprouve pour mon mari, mes enfants, mes proches&#8230;. l&#8217;amour que l&#8217;on l&#8217;on sait évident, vicéral. Celui qui nous fait avancer. Chaque jour de notre vie..</p>
<p style="text-align:left;">Je n&#8217;ai pas beaucoup été amoureuse dans ma vie. Jenfi a monopolisé mon coeur toutes ces années&#8230; débarquant dans ma vie alors que j&#8217;étais sur les bancs du collège. J&#8217;étais bien sûr trop jeune (11 ans)  quand il est venu rejoindre ma classe&#8230;. je n&#8217;avais aucun vrai sentiment particulier envers quiconque à cette époque. Seules mes copines comptaient. Je n&#8217;avais vraiment pas le coeur qui s&#8217;emballait vite. Pour personne. J&#8217;avais l&#8217;insouciance de mon âge. Et la fragilité de mon enfance.</p>
<p style="text-align:left;">Je me souviens avoir eu longtemps une amitié avec un autre garçon de ma classe, dès ma première année de collège.  Un qui n&#8217;avait pas froid aux yeux et passait son temps à me faire rire. J&#8217;sais pas pourquoi les garçons que j&#8217;ai croisé ont toujours sorti la carte &#8220;humour&#8221; pour aller jusqu&#8217;à moi&#8230; je devais avoir l&#8217;air bien triste. Ou j&#8217;étais farouche. Probablement. Après les neuf années familiales mouvementées que j&#8217;avais eues, je m&#8217;étais un peu construite une carapace. Volontairement. je voulais avoir la paix. J&#8217;avais besoin de souffler, de m&#8217;ouvrir aux autres à mon rythme. J&#8217;ai toujours pris la fuite quand on m&#8217;a forcé la main.</p>
<p style="text-align:left;">Ce garçon était très gentil. Il a été plus clair que Jenfi dans ses sentiments envers moi. Dès la sixième, tout le monde savait qu&#8217;il m&#8217;aimait un peu plus que les autres filles du groupe dont je faisais partie. Pourquoi moi, j&#8217;en savais fichtre rien. Je me demandais même si c&#8217;était pas pour me faire briller des étoiles dans les yeux. Qu&#8217;il me disait cela. Chose qui avait tant manqué à mon regard. Il était vraiment sympa. Mais moi je n&#8217;ai jamais passé le cap au delà de la sympathie avec lui. Non. Enfin si, une fois, un jour de cinéclub (on avait cinéclub une fois par mois au collège, le mardi soir, on se retrouvait tous dans la cantine devant un écran géant&#8230; on ne regardait rien du film, c&#8217;était juste le prétexte pour être ensemble. Les garçons étaient très entreprenants les soirs de ciné-club. Très.)&#8230; un mardi soir, en troisième, le garçon en question a été plus enhardi. J&#8217;ai cédé mais je l&#8217;ai regretté. Jenfi n&#8217;était plus dans notre classe, il était parti vivre à Agen depuis l&#8217;été d&#8217;avant; il ne m&#8217;écrivait jamais. (quel ours mal léché!!!)&#8230; j&#8217;avais donc ouvert les portes du possible petit flirt qu&#8217;on a tous à quinze ans. Mais ça n&#8217;a rien donné. Dès le lendemain du cinéclub, je suis allée chercher le pain dans la matinée, je savais que je croiserais cet ami qui m&#8217;avait dit qu&#8217;il roderait dans le quartier pour me voir&#8230; là je lui ai dit que c&#8217;était pas la peine de continuer. Que je l&#8217;aimais bien en ami mais que franchement, c&#8217;était tout. Que je ne voulais pas faire semblant. le mener en bateau, Il a paru surpris. Il n&#8217;a jamais laissé tomber. Jusqu&#8217;au lycée&#8230;.mais en vain. J&#8217;avais été franche. Il devait aller voir ailleurs. Je ne pouvais rien lui apporter.</p>
<p style="text-align:left;">Ce qui me fait rire aujourd&#8217;hui, c&#8217;est de voir comment les autres interprétaient  ce lien entre ce copain et moi. L&#8217;autre jour, en fouinant dans mes placards,  je regardais le livret qu&#8217;on a tous ramené de notre classe de neige en quatrième. En avril 1983. Nous étions partis à deux classes en Savoie. Pour quinze jours. Nous devions tous faire une rédaction pour relater une journée au chalet. c&#8217;était le seul travail qu&#8217;on nous demandait, nous venions avant tout pour voir la neige, le Pic du midi. Tout a été imprimé au retour, relié et donné à chaque élève en souvenir. On était tous très heureux de ce séjour. Il nous avait rapprochés. Sur la couverture, on a tous voulu s&#8217;inscrire un petit mot entre copains et copines. Pour graver notre amitié. Un mot tout simple, une signature. Comme celles qui décoraient mon sac à dos US qui me servait de cartable&#8230; tatoué de plein de mots illisibles, imprimés au feutre à paillettes rose ou or&#8230; complètement customisé aux goûts de l&#8217;époque&#8230;. je relisais ces petits mots l&#8217;autre jour. Et partout, ça disait que j&#8217;étais l&#8217;amoureuse du fameux copain en question que j&#8217;ai préféré gardé comme ami. Au bout d&#8217;un soir de tendresse adolescente. Ca m&#8217;a fait sourire. Car personne n&#8217;avait vu que Jenfi et moi étions plus liés qu&#8217;il n&#8217;y paraissait. Personne. Quand on a fait une soirée &#8220;retrouvailles des élèves de la classe de neige&#8221; en 1998, même les profs qui se sont joints à nous pour l&#8217;occasion, nous ont vu arriver en couple avec un air surpris&#8230; mais attendri. Selon eux, c&#8217;est une belle histoire que la nôtre.</p>
<p style="text-align:left;">Faut dire qu&#8217;il ne les montrait pas vraiment ses sentiments, mon jenfi. Il n&#8217;était jamais loin de moi. Il faisait partie de mon groupe, mais il était assez brut de décoffrage. Ce qui n&#8217;allait pas du tout avec l&#8217;image d&#8217;effarouchée romantique que je renvoyais. Tout le monde savait qu&#8217;on s&#8217;entendait bien, mais personne ne me voyait sortir avec lui un jour. Il était là, à me vanner trente fois par jour, à me planquer mon sac à dos dans les couloirs du collège. A me l&#8217;accrocher à ma chaise quand il était assis dans mon dos en classe&#8230; que des trucs pour me donner envie de lui en coller une, tout en riant, car ce n&#8217;était jamais méchant. Il n&#8217;a  rien dit quand il a vu le fameux copain faire des plans sur moi le soir de la boum du séjour à la neige. Non. Il l&#8217;a laissé inscrire mon prénom sur son front, petite invitation que le copain a gardé durant toute la soirée dansante&#8230; pour rien. Jenfi a regardé si ça déclenchait quelque chose, en moi. Et il a vu que non. C&#8217;est sans doute là qu&#8217;il a pris son courage à deux mains et a osé être plus confiant. Il m&#8217;a accompagnée à la cabine téléphonique tout près du chalet, le lendemain de la boum, le soir après la classe. je devais appeler ma mère assez souvent pour la rassurer. Il le savait. Il n&#8217;a rien dit du tout pendant le trajet qui nous menait à cette cabine, il a juste pris ma main. On était comme ça, à marcher. Sans rien se dire. le fait que je n&#8217;enlève pas ma main a été un signe d&#8217;approbation. Il y avait de la neige sur les montagnes qui nous entouraient, il faisait froid. Mais on ne le sentait pas.</p>
<p style="text-align:left;">Dans le TGV qui nous ramenait au Havre, il était assis devant moi, constamment retourné pour me parler, il m&#8217;a dit qu&#8217;il suivait sa famille dans le Sud Ouest à la fin de l&#8217;année scolaire. Nous étions en avril. Cela voulait dire que dans deux mois, il partait à 800 kms de chez moi. J&#8217;ai senti que je n&#8217;avais pas la force de continuer à m&#8217;attacher à lui. Surtout à quatorze ans. Je me suis dit que j&#8217;avais toute la vie devant moi. Que ça avait été un ami fidèle. Un roc pour moi. Un protecteur. Mais que c&#8217;était fini. Ca a jeté un froid entre nous. J&#8217;ai été indifférente dès notre retour au collège en mai. Comme si il avait mis du temps à me prendre la main&#8230; qu&#8217;il m&#8217;avait laissé lui confier la mienne. Pour rien. Juste pour m&#8217;envoyer bouler dans un train qui foncait vers la Normandie.</p>
<p style="text-align:left;">Il m&#8217;a toujours dit qu&#8217;il voulait avoir le dernier mot. Notamment celui de la &#8220;rupture&#8221;. J&#8217;ai bien enregistré le message car je lui ai fait le même coup quelques années après. Toute rancunière que je suis. Et avec une puissance différente car je suis assez vache en ce qui concerne les sentiments. J&#8217;aime assez mettre à terre. Je le reconnais. Je suis assez forte pour mettre en mots de longues phrases assassines. Pour me protéger, toucher, faire souffrir. Je travaille beaucoup sur moi à ce sujet. C&#8217;est la seule violence que j&#8217;ai gardée, assimilée. Depuis mon père.</p>
<p style="text-align:left;">Un an après son départ du Havre, j&#8217;ai eu des nouvelles de lui par un garçon de ma classe de troisième. Un garçon qui avait habité le même immeuble que Jenfi et sa famille. Qui le connaissait bien. Et qui correspondait encore avec lui. Il m&#8217;a dit que Jenfi demandait régulièrement de mes nouvelles, dans les lettres qu&#8217;ils échangeaient. Je lui ai dit &#8220;Non? tu blagues?&#8221;&#8230; Non, il ne blaguait pas. Il a même insisté pour me donner l&#8217;adresse en douce avec un banal conseil &#8221;ça lui ferait drolement plaisir que tu lui écrives&#8221;&#8230;. Je me suis dit qu&#8217;il aurait pu le faire lui, mon jenfi. Que c&#8217;était un peu à lui de revenir. Mais je savais  qu&#8217;il ne se lancerait pas en premier. Trop peur de se ramasser; Alors j&#8217;ai écrit. Puis je lui ai envoyé une photo récente de moi. Ca m&#8217;a fait sourire qu&#8217;il m&#8217;en demande une. Ca faisait un peu &#8220;test&#8221; sur les bords. Du genre &#8220;attends, avant de renouer avec toi, je vérifie de quoi t&#8217;as l&#8217;air!!!!???&#8221;&#8230;. apparemment il n&#8217;a pas pris la fuite. Malgré les bagues dentaires que je n&#8217;osais dévoiler. Au contraire. Un mois après ma première lettre, il annonçait son arrivée au camping du Havre pour fin juin. juste après les épreuves de BEPC. J&#8217;étais scotchée; Je le trouvais bien sûr de lui et bien pressé de me voir. J&#8217;ai dit ok, on se fixera des rdv en ville. J&#8217;ai prévenu mes parents de la venue de cet ami parti vivre dans le sud-ouest. Ma mère a dit qu&#8217;il n&#8217;y avait aucun souci mais que le pauvre, au camping, il n&#8217;allait pas être trop bien, tout seul. Qu&#8217;elle allait l&#8217;inviter à manger à la maison. Malheur!!! j&#8217;en demandais pas tant!!!! Elle voulait le voir. je la connais. C&#8217;est ma mère.</p>
<p style="text-align:left;">Il est monté au Havre. Il avait <a href="http://maviedemaman.files.wordpress.com/2008/06/08021101.jpg">changé</a>. Il avait maigri. Car Jenfi était rondouillard quand il était ado. Là, il avait fondu. Bizarre. Je ne le reconnaissais plus. Il avait une drôle d&#8217;espèce d&#8217;assurance. Il était moins le petit rigolo de service. Il était devenu plus sérieux dans ses sentiments. Je me demandais bien pourquoi. Il n&#8217;avait jamais mis autant de rigueur entre nous. Il passait son temps à me tenir la main, à me parler de nos années collège et du fait qu&#8217;à Agen, il n&#8217;avait pas rencontré une autre fille comme moi (ah le menteur, quel beau parleur!!!)&#8230;. je suis tombée dans le panneau et c&#8217;est le 25 juin 1985 que nous avons passé le cap de la simple amitié&#8230; Comme je le disais dans le billet précédent, c&#8217;était l&#8217;été où sortait le tube &#8216;Purple Rain&#8221;&#8230; Jenfi avait un walkman et je l&#8217;écoutais avec lui dans sa tente de camping&#8230; Prince était sur toutes les ondes du moment&#8230; tout comme le &#8220;shake the disease&#8221; de DM que j&#8217;ai écouté les larmes aux yeux le soir du départ de Jenfi pour Agen, le 26&#8230;alors que la pluie normande balayait ce mois de juin si gris sur le Havre, mais si rose dans mon coeur de fille de 16 ans&#8230;.</p>
<p style="text-align:left;">Depuis ce mois de juin 1985, jenfi et moi avons toujours été ensemble. A 800 kms de distance. Mais ensemble. Jamais rien n&#8217;est venu faire voler en éclat notre amourette. pour de bon, Jamais. Comme je le disais, je lui ai juste renvoyé l&#8217;ascenseur peu de temps après l&#8217;obtention de notre Bac, en 1989&#8230; (et oui, nous avons redoublé tous les deux, moi ma première, lui sa terminale&#8230;.) Je suis descendue à Agen dès que j&#8217;ai eu le résultat du BAC, que j&#8217;ai obtenu du premier coup, comme lui. Miracle. valait mieux pour nos fesses. Nos parents avaient mis les choses au point. Ils savaient bien que nos redoublements respectifs avaient été dûs à notre attachement, à notre manque de travail scolaire. On avait filé droit.</p>
<p style="text-align:left;">Quand je suis arrivée à Agen, cet été du Bac, il trainait avec une bande de copains et copines assez loin de moi. Pas vraiment du genre avec lesquels je pouvais sympathiser. Il a préféré leur compagnie à la mienne. J&#8217;ai laissé faire pendant ce mois passé chez lui. Bien décidée à agir à ma façon. Je suis rentrée au Havre faire mon mois d&#8217;août de secrétariat dans la compagnie générale maritime qui m&#8217;employait un mois depuis mes seize ans. Et j&#8217;ai cogité. je suis sortie avec des filles plus agées que moi qui travaillaient dans cette compagnie, juste pour  l&#8217;été aussi. Elles m&#8217;ont dit de passer à autre chose; de penser à moi. Je l&#8217;ai fait. En septembre, j&#8217;ai commencé à dire à jenfi que ça n&#8217;allait pas trop. Il est monté me voir aux vacances d&#8217;octobre mais j&#8217;ai été distante. J&#8217;ai plus ou moins attendu le jour de son départ pour lui faire comprendre que chacun reprenait sa liberté.</p>
<p style="text-align:left;">Nous avons continué à nous écrire malgré tout. Mais c&#8217;était stupide. Moi j&#8217;allais bien. Mais pas Jenfi. Il était en fac à Bordeaux, il avait loué une chambre d&#8217;étudiant chez l&#8217;habitant, humide et déprimante. Seul. Il s&#8217;ennuyait beaucoup. Il était déjà fou d&#8217;informatique et s&#8217;était acheté un PC avec sa paye du mois d&#8217;aoùt Pour s&#8217;occuper (il travaillait à la Poste d&#8217;Agen tous les étés). On était en contact mais il voulait qu&#8217;on se revoit. Pas moi; Un jour, ses parents ont appelé chez moi, expliquant à ma mère que Jenfi n&#8217;allait pas bien du tout et qu&#8217;ils avaient dû l&#8217;amener chez le médecin. Il a fallu prendre une décision. Rompre tout contact ou savoir ce qu&#8217;on voulait vraiment envisager, lui et moi. Lui voulait qu&#8217;on continue. Moi je ne voulais pas que ça reprenne sur les bases anciennes. J&#8217;avais l&#8217;impression d&#8217;être plus accrochée que lui et de perdre mon temps. Je voulais être en confiance. Après tout, il ne disait jamais vraiment qu&#8217;il tenait à moi. J&#8217;avais besoin qu&#8217;on me le dise;</p>
<p style="text-align:left;">Tout est reparti sur des bases neuves. Je suis descendue à Agen au printemps et nous avons repris notre histoire là où nous l&#8217;avions laissée. Elle a alors connu un destin plus honnête et plus mature. Nous avons fait nos deux ans de fac et avons passé les concours de la fonction publique. Le reste, vous le connaissez. Mutation à Paris, mariage en Normandie, naissances de <a href="http://maviedemaman.files.wordpress.com/2008/06/photo_04.jpg">nos filles</a>&#8230; La vie quoi&#8230;. celle que nous avons aujourd&#8217;hui&#8230;.</p>
<p style="text-align:left;">Je n&#8217;ai même pas connu d&#8217;autres histoires pendant les quelques mois où je me suis éloignée de lui. Certains copains de lycée ont été plus proches, bizaremment. Le champ était libre. Mais moi, je voulais être tranquille. Ras le bol des histoires de coeur qui ne servent à rien. J&#8217;avais été transie, patiente, à faire mes petits trajets Le Havre-Agen pendant quatre ans&#8230; à écrire de longues lettres toutes les semaines à mon agenais préféré (nous les avons toutes gardeés)&#8230; à croire que ma vie était toute tracée, avec lui&#8230; j&#8217;avais un peu du mal à m&#8217;en remettre. J&#8217;avais envie de légèreté et de liberté. Tous les copains qui ont voulu tenter leur chance pendant cette coupure d&#8217;avec Jenfi, ont toujours insisté pour que ce soit tout sauf léger. J&#8217;sais pas pourquoi j&#8217;ai jamais eu le droit à autre chose que du futile. Aucune idée. Ca doit venir de moi. J&#8217;suis pas faite pour le superficiel finalement. Ils ont dû aller voir ailleurs.</p>
<p style="text-align:left;">J&#8217;ai jamais douté de mon engagement avec Jenfi; jamais. Aujourd&#8217;hui encore, quand je le regarde ouvrir la porte d&#8217;entrée, alors qu&#8217;il revient de déposer nos filles à l&#8217;école, je croise son regard et je me dis que j&#8217;ai vraiment l&#8217;homme le plus semblable à moi-même comme petit mari. Il sourit et me dit &#8220;pourquoi tu me regardes comme ça, Véro??&#8221;&#8230; alors je vais vers lui et je mets mes bras autour de son cou, l&#8217;embrasse et lui dit que c&#8217;est bien de le voir revenir à la maison, comme ce matin, où il ne commence qu&#8217;à midi. Il me chuchotte que c&#8217;est gentil d&#8217;être accueilli comme ça et que ce serait bien qu&#8217;il commence tard plus souvent. Avec un air coquin. Je lui dis alors qu&#8217;il ferait mieux d&#8217;aller me faire un café car on a passé l&#8217;âge de ce genre de choses à cette heure de la journée. On se sent alors bien vieux mais bien heureux d&#8217;en être là aujourd&#8217;hui; D&#8217;avoir toujours ce regard complice et cette envie d&#8217;aller dans la même direction. On se manque quand il franchit la porte de la maison, chaque matin de semaine. On s&#8217;appelle dans la journée juste pour qu&#8217;il me dise &#8220;ça va? J&#8217;arrive, je sors du bureau. Dans 20 mns je suis là&#8230;&#8221;&#8230;. On se sent mal quand une formation s&#8217;annonce pour lui, hors de notre département. Je déteste être sans lui. je me sens amputée. J&#8217;ai l&#8217;impression qu&#8217;il va m&#8217;arriver les pires choses. Ma stabilité s&#8217;effondre. Je suis comme en apnée. Je redeviens alors l&#8217;adolescente qui lui écrivait de longues lettres entre mes 16 et mes 19  ans. Je suis fébrile devant le téléphone. Le dernier appel est toujours celui pour me dire bonne nuit, tard le soir. A presque 40 ans. Ca rime à quoi, hein???</p>
<p style="text-align:left;">Ca rime à rien pour certains, mais pour nous si. Je souris intérieurement, parce que si <a href="http://maviedemaman.files.wordpress.com/2008/06/20080331-0561.jpg">ma belle-soeur </a>lit ceci (la femme de son frère), ou même si <a href="http://maviedemaman.files.wordpress.com/2008/06/20080331-020.jpg">son frère </a>tombe sur ce texte, ils vont bien se marrer. Ils disent toujours de nous qu&#8217;on est un couple modèle, amoureux, à s&#8217;embrasser, à se tenir la main. Une fois, on a fait un petit week-end à Londres avec eux; A quatre. Le soir, dans l&#8217;auberge de jeunesse où nous séjournions, serrés comme des sardines dans le même dortoir, ils avaient fait tout un cérémonial de bisous pour se dire &#8220;bonne nuit&#8221; rien que pour nous imiter. Jenfi et Moi. Car eux s&#8217;aiment mais ne fonctionnent pas du tout comme nous. Ca m&#8217;avait fait rire. Du coup j&#8217;avais dit à jenfi qu&#8217;il faudrait qu&#8217;on soit moins démonstratif. Il avait dit &#8216;hors de question&#8221;. Alors on n&#8217;a rien changé. On ne sait pas faire autrement.</p>
<p style="text-align:left;">Nos filles sont les premières à le constater&#8230; avant hier soir, Zoé faisait la pître dans mon lit, en regardant un DVD&#8230; je l&#8217;entendais dire  à Manon &#8220;regarde, j&#8217;embrasse l&#8217;oreiller de maman façon papa&#8230; oh ma maman chérie, je t&#8217;aimmmmmmmmme!!!!&#8221;&#8230; et elles rigolaient comme des baleines. On était plié de rire avec Jenfi. On s&#8217;est dit qu&#8217;avant tout nos filles étaient spectatrices de notre attachement De notre couple uni. Julie dit que c&#8217;est bien. Qu&#8217;elle ne veut pas qu&#8217;on change.</p>
<p style="text-align:left;">Elles disent qu&#8217;elles sont sûres qu&#8217;on ne divorcera jamais et que c&#8217;est tant mieux. Elles ont très peur de ça; je ne sais pas pourquoi. Trop d&#8217;exemples dans notre entourage amical, je suppose.</p>
<p style="text-align:left;">C&#8217;est clair, divorcer, ce n&#8217;est pas dans nos projets. Du tout. Non, celui qu&#8217;on a, c&#8217;est de vieillir ensemble. Et de toujours avoir ce regard complice quand l&#8217;un ou l&#8217;autre pénètrera dans une pièce&#8230; dans la pénombre du soir, les cheveux grisonnants, la marche claudiquante&#8230; juste pour aller s&#8217;asseoir sur le canapé auprès de l&#8217;autre et lui prendre la main&#8230; comme si c&#8217;était hier, nos seize ans, et ce jour de juin 1985, où il pleuvait sous la tente, et ou Prince nous innondait les oreilles de son très beau &#8220;purple rain&#8221;&#8230;.</p>
<p style="text-align:left;">La pluie était sans doute mauve ce jour-là, dans nos coeurs&#8230;. en tout cas, je m&#8217;en souviens comme si c&#8217;était hier&#8230; du bruit de la pluie&#8230; sur la toile de tente&#8230;</p>
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