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	<title>protection-des-sources &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
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	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "protection-des-sources"</description>
	<pubDate>Thu, 24 Dec 2009 09:04:16 +0000</pubDate>

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	<language>en</language>

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<title><![CDATA[Rencontre avec... Augustin Scalbert (l'intégrale)]]></title>
<link>http://offtherecords.wordpress.com/2008/07/10/rencontre-avec-augustin-scalbert-lintegrale/</link>
<pubDate>Thu, 10 Jul 2008 07:00:17 +0000</pubDate>
<dc:creator>Off The Records</dc:creator>
<guid>http://offtherecords.wordpress.com/2008/07/10/rencontre-avec-augustin-scalbert-lintegrale/</guid>
<description><![CDATA[Découvrez l&#8217;intégralité de notre entretien avec Augustin Scalbert le 10 juin 2008 dans les loc]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:center;"><a href="http://offtherecords.files.wordpress.com/2008/07/as2.jpg"><img class="size-full wp-image-300 aligncenter" src="http://offtherecords.wordpress.com/files/2008/07/as2.jpg" alt="" width="450" height="180" /></a></p>
<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><font size="2"><em>Découvrez l&#8217;intégralité de notre entretien avec Augustin Scalbert le 10 juin 2008 dans les locaux de Rue89.</em></font></span></p>
<div></div>
<p><!--more-->
<div></div>
<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><font size="2"><br />
<strong>Off The Records: Pourriez-vous nous dresser un panorama de la situation des médias en France ?</strong><br />
<em>Augustin Scalbert</em>: De mon point de vue, la situation des médias en France est claire: le paysage médiatique, qu’il s’agisse de presse écrite, de télévision ou de radio, est dominé par des groupes qui ne sont pas spécialisés dans les médias. Ce sont souvent des groupes industriels qui possèdent, en plus de leurs activités industrielles, des intérêts dans les médias. Il y a un groupe, celui de <strong>Bernard Arnault</strong>, <span style="text-decoration:underline;">LVHM</span>, qui est le premier mondial de l’industrie du luxe. Hormis celui-ci, tous ces groupes dominants ont des activités industrielles qui dépendent en partie des commandes de l’Etat ou de différents niveaux de décisions de politiques publiques, locales, régionales, &#8230; On peut citer <strong>Lagardère</strong>, toujours actionnaire de <span style="text-decoration:underline;">EADS</span>, qui a donc des intérêts dans l’armement et qui est le premier éditeur de presse magazine au monde et possède des médias aussi important en France que <span style="text-decoration:underline;">Europe 1</span>, <span style="text-decoration:underline;">Paris Match</span> ou <span style="text-decoration:underline;">le Journal du Dimanche</span>, pour ne citer qu’eux. <strong>Dassault</strong> possède <span style="text-decoration:underline;">Le Figaro</span>, évidemment <strong>Bouygues</strong> possède <span style="text-decoration:underline;">TF1</span>, <span style="text-decoration:underline;">LCI</span> et quelques autres chaînes. <strong>Bolloré</strong> fait une entrée plus récente dans le paysage médiatique. Il possède surtout des journaux gratuits comme <span style="text-decoration:underline;">Direct Soir</span> et <span style="text-decoration:underline;">Direct Matin</span>, et la télévision <span style="text-decoration:underline;">Direct 8</span>. Bolloré est également un acteur important de la publicité puisqu’il possède <span style="text-decoration:underline;">Havas</span>, et qu’il est le premier actionnaire d’<span style="text-decoration:underline;">Aegis</span>, présent en France notamment dans l’achat d’espaces pour les médias, c’est donc un métier stratégique. En dehors de cela, on constate en presse régionale que la concentration est aussi très importante. Des groupes comme <span style="text-decoration:underline;">l’Est Républicain</span>, qui vient d’être racheté par <span style="text-decoration:underline;">le Crédit Mutuel</span>, possèdent toute la façade est de la presse française. <span style="text-decoration:underline;">Ouest France</span> est un groupe important. <span style="text-decoration:underline;">Centre Presse</span> vient de racheter un des derniers journaux en coopérative ouvrière, <span style="text-decoration:underline;">l’Yonne Républicaine</span>, l’information est sortie aujourd’hui [ndrl: cet entretien a été réalisé le 10 juin 2008]. Si on observe la presse nationale, <span style="text-decoration:underline;">Libération</span> appartient aujourd’hui à <strong>Rotschild</strong> qui est lié par sa famille, par la banque dans laquelle il a des intérêts, avec beaucoup d’acteurs du capitalisme français. On constate aussi que Le Monde, qui est un journal emblématique dans notre pays, est en passe de perdre son indépendance au profit de Lagardère, qui serait ou pas allié avec le groupe de presse espagnol <span style="text-decoration:underline;">Prisa</span>. La première radio en France, <span style="text-decoration:underline;">RTL</span>, appartient à un groupe étranger, <span style="text-decoration:underline;">Bertelsmann</span>, qui lui en revanche est spécialisé dans les médias. Il possède aussi <span style="text-decoration:underline;">M6</span>, qui a parmi ses actionnaires minoritaires le groupe <span style="text-decoration:underline;">Suez</span>. Le président du Conseil d’Administration de la chaîne est le financier belge <strong>Albert Frère</strong>, ami de <strong>Nicolas Sarkozy</strong>. Tous ces patrons de groupes industriels sont eux aussi des proches du Président de la République actuel. Le paysage médiatique en France est très récemment bouleversé par des médias sur Internet comme <span style="text-decoration:underline;">Rue 89</span>, qui a été le premier, <span style="text-decoration:underline;">Mediapart</span>, <span style="text-decoration:underline;">Bakchich</span>, <span style="text-decoration:underline;">Le Post</span>. Une des grandes références du journaliste français, qui reste indépendant de toute influence, est <span style="text-decoration:underline;">le Canard Enchaîné</span>, heureusement.</font></span></p>
<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><font size="2"><br />
<strong>OtR:Et si l’on compare avec d’autres pays comme l’Italie ou l’Allemagne ?</strong><br />
<em>AS</em>:Cet intrication entre des intérêts industriels dépendant en grande partie des commandes de l’Etat et les médias est complètement unique en Europe. Hormis en Italie, où une partie de la presse appartient au patronat, notamment la presse économique, cette situation ne se retrouve nulle part ailleurs dans le monde occidental. En Allemagne en plus, le droit de la presse est ainsi fait que les journalistes ont plus d’indépendance car ce n’est pas le directeur de la publication, donc le financier comme en France, qui comparaît en cas de procès, mais c’est le directeur de la rédaction. C’est donc un journaliste qui assure lui-même la prise de risque éditoriale outre-rhin. En France, ce n’est pas le cas de tout.</font></span></p>
<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><font size="2"><br />
<strong>OtR: Vous qui travaillez à la fois sur Internet et à la radio, sur France Inter, quelle est la valeur ajoutée de sites comme Rue 89 par rapport aux médias traditionnels </strong><br />
<em>AS</em>: Rue 89 est un site participatif. Contrairement aux déclinaisons de médias traditionnels sur le web, les internautes ne se contentent pas de commenter les articles. Sur Rue 89, ils les notent : pour le travail du journaliste, c’est tout de même un paramètre qui est à prendre en compte. Quand vous écrivez un article et qu’il est mal noté, ça peut être parfois difficile à vivre si on a beaucoup travaillé dessus. En commentant, ils peuvent aussi apporter de nouvelles perspectives sur les sujets traités dans l’article, corriger des erreurs parfois. A ce moment-là, nous modifions notre article et nous disons qu’il a été modifié à telle date suite à un commentaire d’internaute. En fait, le concept de Rue 89, c’est l’information à 3 voix, journalistes, experts, internautes. Même si l’ensemble du contenu est édité par les journalistes de la rédaction, les fondateurs du site estiment que ces deux autres voix doivent apporter une meilleure qualité et remettre l’information dans une perspective plus juste, peut-être un peu plus objective et plus proche des préoccupations des lecteurs.</font></span></p>
<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><font size="2"><br />
<strong>OtR: Lors de notre entretien avec <strong>Guy Birenbaum</strong>, en décembre 2007, celui-ci nous avait déclaré que pour lui, « <em>Rue89, c&#8217;est Libération sur le net, ce n&#8217;est pas la révolution</em>», que répondez-vous à cela ?</strong><br />
<em>AS</em>:Guy Birenbaum pense ce qu’il veut. Il a tout à fait le droit de dire cela mais à ma connaissance, dans Libération, il n’y a pas toutes les possibilités que je viens d’évoquer. Les internautes « <em>de base</em> » n’ont pas la possibilité de voir un de leurs articles publié en colonne centrale du site <span style="text-decoration:underline;">Libération.fr</span> même s’ils ont créé, depuis l’apparition de Rue 89, un contre-journal dans leur nouvelle formule, où leurs lecteurs s’expriment. L’interaction entre la rédaction et le public est bien moins importante dans Libération que sur Rue 89. Maintenant il est vrai que Rue 89 a été fondé par 4 journalistes qui travaillaient à Libération. Il ne faut pas oublier qu’ils ont été rejoint par des journalistes de <span style="text-decoration:underline;">RFI</span>, du Figaro, de RTL, de <span style="text-decoration:underline;">France 3</span>, de <span style="text-decoration:underline;">La Croix</span>, en ce qui me concerne de l’Est Républicain. Tout cela étant un apport de point de vue, puisque c’est une rédaction où l’on s’exprime facilement, qui à mon avis donne une différence entre Libération et Rue 89. Très honnêtement, je ne vois pas précisément ce qui lui permet de dire cela, à part peut-être que l’image de Rue 89 est celle d’un site de gauche et Libération a encore aussi cet image de journal de gauche, c’est peut-être cela, je ne sais pas.</font></span></p>
<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><font size="2"><br />
<strong>OtR: Avec Rue 89, vous avez opté pour la gratuité et la publicité, pourquoi ce choix ?</strong><br />
<em>AS</em>: Il faut préciser que ce n’est pas seulement la publicité. A terme, notre souhait est que nos revenus dépendent à 60% de la publicité et à 40% de la création de sites internet participatifs pour des clients, comme nous l’avons fait avec <span style="text-decoration:underline;">Bibliobs</span>, site littéraire participatif, pour <span style="text-decoration:underline;">le Nouvel Observateur</span>. Ce choix est simple: nous estimons qu’aujourd’hui, avec les modes de « <em>consommation</em> » de l’information, terme que je n’aime pas, avec Internet et les nouvelles technologies mobiles, le public s’informe tout de même très rapidement et avec des systèmes de flux. C’est une source permanente et gratuite : la démarche de payer sur Internet est aujourd’hui en déclin total, comme on le voit pour certains titres de la presse américaine comme <span style="text-decoration:underline;">le New York Times</span>, qui ont abandonné leur modèle payant. Nous pensons, à Rue 89, que le modèle payant sur Internet n’est pas pérenne en raison de ces nouvelles habitudes de consommation de la presse. Maintenant, pas mal de gens dans ce métier considèrent qu’il n’est pas possible d’informer de manière totalement libre en dépendant de la publicité, à cause des pressions des annonceurs. Nous, à Rue 89, nous récusons totalement cette interprétation et on estime que la question de l’indépendance par rapport aux annonceurs tient d’une part à l’assise financière de la rédaction. Nous travaillons à être pérenne de ce côté-là, nous bouclons une augmentation de capital qui va nous permettre de voir un horizon assez lointain. D’autre part, nous estimons aussi que c’est une question de force de caractère des journalistes par rapport aux financiers du site. Je vais vous citer un exemple: au moment du rachat des <span style="text-decoration:underline;">Echos</span> par Bernard Arnault, propriétaire de LVMH, de <span style="text-decoration:underline;">Dior</span>, et d’autres marques de luxe, il avait déclaré au micro de <strong>Jean-Michel Apathie</strong> sur RTL que les journalistes de <span style="text-decoration:underline;">La Tribune</span>, qu’il avait possédé pendant 15 ans, n’avaient jamais eu aucun problème d’indépendance. J’ai fait une enquête pour prendre le contre-pied de ces déclarations, en montrant quelles avaient été les interventions de Bernard Arnault ou de ses équipes sur le contenu éditorial de La Tribune, quelles censures et auto-censures il y avait eu pendant ces 15 années. L’article a été publié et c’est seulement après que <strong>Pierre Haski</strong>, directeur de la publication de Rue 89, m’a dit qu’une pub Dior était prévue sur le site au mois de décembre, un mois et demi plus tard. Pierre Haski aurait très bien pu me dire cela au début de mon enquête, en me disant que je pouvais tout de même écrire ce que je voulais, mais je ne sais pas comment j’aurais réagi, je me serais peut-être auto-censuré. Or, cela n’a pas été le cas, puisqu’il ne me l’a dit que seulement après, une fois l’article en ligne. A Rue 89, nous n’avons donc pas de pressions des annonceurs, et si un jour nous en avons, je suis convaincu que les dirigeants du site sauront y résister.</font></span></p>
<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><font size="2"><br />
<strong>OtR: <span style="text-decoration:underline;">Arrêt sur Images</span> et <span style="text-decoration:underline;">Mediapart</span> ont choisi un modèle payant, <span style="text-decoration:underline;">Bakchich</span> a fait appel à ses lecteurs. Un modèle gratuit est-il vraiment viable ?</strong><br />
<em>AS</em>: Si on prend les 4 ou 5 sites internet qui sont des pure players, c&#8217;est-à-dire des sites indépendants sur le web, on peut considérer que nous sommes à contre-courant. Mais si on prend l&#8217;ensemble de l&#8217;information sur Internet, y compris les déclinaisons des médias traditionnels, on s&#8217;aperçoit que nous ne sommes pas à contre-courant. Je vous renvois à un article que j&#8217;ai écris sur les modèles payants et le net. Dans le modèle économique de Bakchich, la vente de leur version papier est extrêmement minoritaire et leur principal source de revenu est la publicité. Concernant Arrêt sur Images, il faut être conscient du fait que c&#8217;est une marque qui existe depuis plus de 15 ans, qui est très connue et qui bénéficiait à la télévision d&#8217;un public fidèle et important. Quand <strong>Daniel Schneidermann</strong> s&#8217;est fait renvoyer de <span style="text-decoration:underline;">France 5</span>, il a annoncé qu&#8217;il allait fonder ce site internet, qui bénéficie donc de cette marque et qui en plus est sur un créneau qui est assez ciblé: celui de la critique et du décryptage des médias. Mediapart, personnellement, je pense que faire un site d&#8217;information généraliste, dont l&#8217;abonnement est de 9 euros par mois, entre en contradiction avec l’annonce de la recherche &#8211; ce qui est louable et nécessaire aujourd&#8217;hui dans les médias &#8211; de scoops et de la réalisation d’enquêtes, un genre il est vrai délaissé par la plupart des médias. Pour moi, révéler des scoops tout en étant payant me paraît contradictoire puisque sur Internet, on est dans un modèle qui est viral et où l&#8217;information, le scoop en particulier est quelque chose qui circule de mails en mails, sur les portails d&#8217;information ou les agrégateurs de contenus comme <span style="text-decoration:underline;">Yahoo</span>, <span style="text-decoration:underline;">Netvibes</span> ou <span style="text-decoration:underline;">Google News</span>. Personnellement, je souhaite évidement longue vie à Mediapart, site de grande qualité qui conforte l&#8217;information sur Internet, mais je suis un peu sceptique quand à leur modèle économique.</font></span></p>
<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><font size="2"><br />
<strong>OtR: Une critique qui est régulièrement faîte à Internet est celle de l’instantanéité, propice à sa transformation en une boîte à rumeurs. Franck Louvrier, conseiller de Nicolas Sarkozy, s’en est ému dans Libération, en défendant les médias traditionnels. Comment réagissez-vous à ces critiques ?</strong><br />
<em>AS</em>: Franck Louvrier ne faisait que reprendre une critique partagée par beaucoup de gens, en particulier <strong>Jean-Pierre Elkabbach</strong>, qui avait il y a quelques mois annoncé la création d&#8217;un comité d&#8217;éthique pour lutter contre ce côté rumeur d&#8217;internet. On a vu ce qui est advenu après avec la mort de <strong>Pascal Sevran</strong>, annoncée sur <span style="text-decoration:underline;">Europe 1</span> à tort. La tribune de Franck Louvrier était complétement biaisée puisqu&#8217;il n&#8217;a pas précisé que ces dernières semaines, la plupart des gaffes journalistiques sont venues de médias traditionnels: Europe 1 annonce prématurément la mort de Pascal Sevran, le Nouvel Obs a lancé un confidentiel disant que Sarkozy avait traité je ne sais qui de connard alors que c&#8217;était faux, ensuite le Figaro a raconté que <strong>Ségolène Royal</strong> devant le Cercle des économistes s&#8217;était totalement ridiculisée et que les économistes en question l&#8217;avaient trouvée absolument nulle ce qui était totalement faux et ce que le président du Cercle des économistes a ensuite totalement démenti. Voilà, cela fait trois bavures d&#8217;un côté, de l&#8217;autre il y a le fameux SMS qui est sorti sur <span style="text-decoration:underline;">le Nouvelobs.com</span> et qui doit-on le rappeler a été publié par <strong>Airy Routier</strong>, rédacteur en chef du Nouvel Obs papier et de <span style="text-decoration:underline;">Challenges</span>. Je suis désolé, Franck Louvrier, en faisant cette distinction entre les supports traditionnels et leur déclinaisons sur internet, fait un peu verbillage et en tout cas n&#8217;est pas du tout pertinent.</font></span></p>
<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><font size="2"><br />
<strong>OtR: Vous participez à la campagne <span style="text-decoration:underline;">Liberté d’Informer</span>. Quels sont, plus généralement, les enjeux législatifs pour le journalisme actuellement ?</strong><br />
<em>AS</em>: En fait, c&#8217;est deux questions. Liberté d&#8217;informer est une campagne qui concerne tous les citoyens et qui vise à faciliter en France l&#8217;accès de n&#8217;importe quel citoyen aux archives et documents administratifs comme c&#8217;est le cas aux Etats-Unis avec le <span style="text-decoration:underline;">Freedom of Information Act</span> ou dans les pays scandinaves où l&#8217;on peut accéder au bulletin de salaire et à la note de frais d&#8217;un ministre dans les 24 heures. Cela apparaît à certains en France comme totalement démagogique mais on peut quand même se souvenir que les ministres sont issus d&#8217;une majorité élue et rémunérés par le contribuable donc cela peut paraître légitime. Ensuite les enjeux législatifs: il est certain que s&#8217;il y avait une réforme dans le sens d&#8217;une libéralisation de l&#8217;accès au document administratif, les journalistes auraient accès à plus de documents et pourraient éclairer des zones d&#8217;ombres de l&#8217;histoire de France comme par exemple le massacre de dizaines d&#8217;algériens à Paris le 17 octobre 1961. Beaucoup de journalistes qui enquêtent sur des affaires françaises trouvent des informations dans les archives américaines parce qu&#8217;il y a là bas des copies des archives françaises. Maintenant, le principal enjeu législatif concernant les journalistes, c&#8217;est le secret des sources. Une loi devait être débattue dernièrement au parlement et a été reportée face aux contestations puisque le législateur prévoyait des exceptions tellement floues au secret des sources qu&#8217;elles pouvaient ouvrir la porte à des dérives et au contraire à une plus grande opacité et à une plus grande répression des révélations grâce à des personnes qui témoignaient. Il ne faut pas oublier que la protection des sources c&#8217;est une protection de la source du journaliste et pas du journaliste en lui-même. On peut rappeler aussi que la cour de justice européenne condamne régulièrement la France pour sa législation trop répressive en la matière.</font></span></p>
<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><font size="2"><br />
<strong>OtR: L’éviction de Patrick Poivre d’Arvor du journal de 20 heures de TF1 a été confirmée par la chaîne privée. Vous avez parlé dans un article sur Rue 89 de «<em> mue de TF1 sous l’oeil bienveillant de l’Elysée </em>». Quelle est votre vision des rapports entre le Président de la République et les médias </strong>?<br />
<em> AS</em>: Comme je le disais, il y a énormément de proximité entre les principaux patrons de presse et propriétaire des médias et le président de la République. De plus, il a un rapport un petit peu compliqué, c&#8217;est un petit peu un rapport de séduction-sanction. On l&#8217;a vu à sa conférence de presse du 8 janvier où il a méchamment répliqué à Laurent Joffrin le directeur de Libération, ce qui a d&#8217;ailleurs fait sourire les journalistes qui été présent et c&#8217;est assez consternant. Je pense que Nicolas Sarkozy n&#8217;aime les journalistes que quand ils vont dans le sens de ses intérêts. Il ne me semble pas être un homme qui a une conception saine de l&#8217;information et de la nécessité d&#8217;une information juste et équilibrée pour le bon fonctionnement d&#8217;une démocratie. Apparement, il voit plus les journalistes comme des communicants à même de relayer le plus abondamment possible et de la manière la plus positive qui soit son action. Evidement, cette vision est facilitée par le fait qu&#8217;il ait des liens très privilégiés avec Bouygues, qui fut son témoin de mariage et qui est le parrain de son fils, Bernard Arnault, qui a également été son témoin de mariage, Vincent Bolloré, un peu moins avec Serge Dassault mais quand même aussi.</font></span></p>
<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><font size="2"><strong><br />
OtR: La commission Copé a remis son rapport, des Etats Généraux de la presse ont été annoncés pour septembre&#8230; peut-on parler d’une reprise en main des médias par le pouvoir politique ?</strong><br />
<em> AS</em>C&#8217;est une question qu&#8217;on peut se poser oui. Que la commission Copé soit installée, dans la mesure où il s&#8217;agit d&#8217;une réforme du service public, cela n&#8217;a rien de choquant et sur le papier, il est mieux que cela soit une commission parlementaire qu&#8217;une cellule à l&#8217;Elysée qui s&#8217;occupe de ça. Le fait que Nicolas Sarkozy annonce des Etats Généraux de la presse, cela peut paraître un peu plus choquant. Maintenant, il se glisse dans une brèche puisque les journalistes eux-mêmes ne sont pas capable de s&#8217;unir. Il y a un forum permanent des sociétés de journalistes mais globalement, les intérêts des journalistes et ceux de leur patrons ne sont pas les mêmes en termes de coûts et de surface de l&#8217;information. Donc journalistes et éditeurs ne sont pas capables de s&#8217;unir pour réfléchir aux problèmes des médias. Il y a également le problème des coûts importants de la production et de la distribution. J&#8217;aurais sans doute préféré que cela soit une proposition parlementaire, il se trouve que c&#8217;est Nicolas Sarkozy. Je ne peux pas penser que cela sera l&#8217;occasion d&#8217;amplifier sa main mise sur les médias de masse en France, je pense que ça ne passerait pas donc pr répondre clairement, non je ne pense pas qu&#8217;il y ait une reprise en main des médias par le pouvoir. En revance, je suis d&#8217;accord avec Dominique de Villepin quand il dit que les médias français dans leur globalité font preuve ou en tout cas ont fait preuve pendant la campagne présidentielle d&#8217;un esprit de cour. C&#8217;est sur qu&#8217;aujourd&#8217;hui, il existe un problème d&#8217;indépendance de la presse et des médias par rapport au pouvoir.</font></span></p>
<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><font size="2"><br />
<strong>OtR: On parle souvent de relations incestueuses entre journalistes et politiques. Depuis l’élection présidentielle, on a vu Catherine Pégard du Point rejoindre le cabinet de Nicolas Sarkozy, Myriam Lévy du Figaro s’est tournée vers Matignon, ou encore Muriel Gremillet, journaliste à Libération, collabore à présent avec Arnaud Montebourg. Quel regard portez-vous sur ce type de pratiques ?</strong><br />
<em> AS</em>:Ce n’est pas nouveau. Déjà sous <strong>Mitterrand</strong>, il y a eu des journalistes qui ont rejoint les cercles du pouvoir en tant que conseillers. Par contre le mouvement s&#8217;amplifie depuis l&#8217;élection de Nicolas Sarkozy. Je ne vais pas juger ces personnes là mais personnellement, si on me proposait de travailler dans le cabinet de Sarkozy à l&#8217;Elysée, je refuserai. Si j&#8217;ai décidé d&#8217;être journaliste, c&#8217;est parce que je crois à ce métier et il ne me paraît pas compatible avec un rôle de conseiller politique. Mais je ne vais pas juger des décisions individuelles qui n&#8217;ont lésé personne.</font></span></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Rencontre avec ... Augustin Scalbert]]></title>
<link>http://offtherecords.wordpress.com/2008/07/09/rencontre-avec-augustin-scalbert/</link>
<pubDate>Wed, 09 Jul 2008 07:00:41 +0000</pubDate>
<dc:creator>Off The Records</dc:creator>
<guid>http://offtherecords.wordpress.com/2008/07/09/rencontre-avec-augustin-scalbert/</guid>
<description><![CDATA[10 juin 2008. Nous avons rendez-vous au siège de Rue89 pour rencontrer Augustin Scalbert, spécialist]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:center;"><a href="http://offtherecords.files.wordpress.com/2008/07/as1.jpg"><img class="size-full wp-image-292 aligncenter" src="http://offtherecords.wordpress.com/files/2008/07/as1.jpg" alt="" width="450" height="180" /></a></p>
<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><font size="2"><em>10 juin 2008. Nous avons rendez-vous au siège de <span style="text-decoration:underline;"><a href="http://www.rue89.com">Rue89</a></span> pour rencontrer <strong>Augustin Scalbert</strong>, spécialiste médias du site et, en outre, chroniqueur pour J’ai mes sources, l’émission de <strong>Colombe Schneck</strong> sur <span style="text-decoration:underline;">France Inter</span>. Arrivés sur place, nous découvrons une salle de rédaction affairée &#8211; &#8220;<em>je prépare un papier sur la fabrication des blagues carambars</em>&#8221; annonce une journaliste &#8211; où les mugs Rue89 disputent aux ordinateurs portables la parcelle de bureau épargnée par les piles de livres qui s&#8217;élèvent ici et là. Quelques peu intimidés, nous patientons quelques minutes au beau milieu de la salle ce qui nous permet d&#8217;apprécier l&#8217;ambiance qui règne en ce lieu. Et visiblement, il fait bon travailler au sein de la petite équipe de journalistes qui, depuis le 6 mai 2007, effectue les premiers pas d&#8217;un journalisme différent, basé à la fois sur le concept de l&#8217;info à 3 voix (journalistes, experts, internautes) et sur la culture &#8220;internet&#8221; (blog, vidéos, images, flux continue). Pionnier français en la matière, Rue89 est aujourd&#8217;hui, du haut de son million de visiteurs uniques par mois, une référence dans le paysage journalistique français. Rencontre donc avec un journaliste moderne et innovant</em></font></span></p>
<div></div>
<p><!--more-->
<div></div>
<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><font size="2"><strong>L’exception médiatique française</strong><br />
Augustin Scalbert dresse un constat sans appel sur les médias français : <em>« le paysage est dominé par des groupes qui ne sont pas spécialisés dans les médias »</em>. Il nous cite ainsi pèle-mêle le cas de <strong>LVHM</strong>, <strong>Lagardère</strong>, <strong>Bouygues</strong>, <strong>Bolloré</strong>, <strong>Suez</strong>&#8230; « <em>Tous ces patrons de groupes industriels sont des proches du Président de la République actuel </em>», affirmant que cette intrication entre des intérêts industriels et intérêts politiques est unique en Europe, hormis en Italie. Seul <span style="text-decoration:underline;">le Canard Enchaîné</span> reste selon lui « indépendant de toute influence ». Le journaliste, abordant le cas allemand, insiste sur le fait qu’en cas de procès contre un journal outre-rhin, le directeur de la rédaction comparaît alors qu’en France, le directeur de la publication est mis en cause: dans notre pays, ce ne sont pas les journalistes qui assurent eux-même la « <em>prise de risque éditoriale</em> », ce qui peut réduire leur marge de manoeuvre.</font></span></p>
<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><font size="2">«<em> <strong>Rue 89, c’est l’information à 3 voix, journalistes, experts, internautes </strong></em>»<br />
Internet a très récemment bouleversé le paysage médiatique français selon Augustin Scalbert, faisant référence à <span style="text-decoration:underline;">Mediapart</span>, <span style="text-decoration:underline;">Bakchich</span>, <span style="text-decoration:underline;">Le Post</span> ou Rue 89, «<em> qui a été le premier </em>» nous signale t-il, mettant en avant le côté participatif du site.   « <em>Contrairement aux déclinaisons de médias traditionnels sur le web, les internautes ne se contentent pas de commenter les articles </em>», une avancée qui permet au journaliste de mieux prendre en compte les réactions des lecteurs, qui « <em>peuvent aussi apporter de nouvelles perspectives, corriger des erreurs parfois </em>». En réponse à la critique de <strong>Guy Birenbaum</strong>, qui affirmait dans <a href="http://offtherecords.wordpress.com/2008/03/11/rencontre-avec-guy-birenbaum-lintegrale/">l’entretien</a> qu’il nous avait accordé en décembre dernier que &#8220;<em>Rue 89, c’est Libération sur le Net, ce n’est pas la révolution</em>&#8220;, Augustin Scalbert estime que « <em>l’interaction entre la rédaction et le public est bien moins importante dans Libération que sur Rue 89</em> ». S’il est vrai que la fondation du site a été assurée par 4 anciens journalistes du quotidien de gauche et que l’image de Rue 89 « <em>est celle d’un site de gauche </em>», il rappelle que la rédaction est aujourd’hui composées de personnes venant d’horizons très divers: <span style="text-decoration:underline;">RFI</span>, <span style="text-decoration:underline;">Le Figaro</span>, <span style="text-decoration:underline;">France 3</span>, <span style="text-decoration:underline;">RTL</span>, <span style="text-decoration:underline;">La Croix</span>&#8230; ou comme lui, <span style="text-decoration:underline;">l’Est Républicain</span>.</font></span></p>
<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><font size="2"><strong>Gratuit ou payant ?</strong><br />
Interrogé sur le choix de la gratuité pour Rue 89, Augustin Scalbert tient à préciser qu’à terme, le site devrait vivre à 60% de revenus publicitaires et à 40% de la création de sites internet participatifs comme <span style="text-decoration:underline;">Bibliobs</span>. Le modèle payant a été écarté afin de s’adapter aux nouveaux modes de consommation de l’information sur Internet. Revenant sur les critiques de certains, qui estiment que l’indépendance ne peut être garantie s’il existe une dépendance envers les revenus publicitaires, le journaliste nous conte une anecdote. Au moment du rachat des <span style="text-decoration:underline;">Echos</span> par <strong>Bernard Arnault</strong>, propriétaire de LVHM dont <span style="text-decoration:underline;">Dior</span> est une filiale, il avait réalisé une enquête après que ce dernier ait déclaré au micro de <strong>Jean-Michel Apathie</strong> que les journalistes de la Tribune n’avait jamais subi de pressions. Il a ainsi relevé les censures et auto-censures auxquelles les journalistes du quotidien avaient dû faire face. Cet <a href="http://www.rue89.com/2007/11/09/medias-les-petits-coups-de-ciseaux-de-bernard-arnault">article</a> a été publié, alors qu’une publicité pour Dior était prévue, ce dont Augustin Scalbert n’a eu connaissance qu’après la mise en ligne, empêchant ainsi toute interférence avec son travail. Fort de cette expérience, il affirme ainsi qu’à Rue 89, il n’y a pas « <em>de pressions des annonceurs</em> », et s’avoue convaincu «<em> que les dirigeants du site sauront y résister </em>» si elles surviennent un jour. Lorsqu’on met en avant le modèle payant choisi par Arrêt sur Images et Mediapart, notre interlocuteur maintient sa position : « <em>Arrêt sur Images est une marque qui existe depuis plus de 15 ans </em>», basée sur un créneau précis qui lui offre donc un statut particulier. Concernant Mediapart, Augustin Scalbert considère paradoxal de vouloir faire de l’investigation et donc de sortir des scoops alors même que les scoops sont associés à une diffusion virale, ce qui entre en contradiction avec le payement d’un abonnement. Il reste donc sceptique face à ce modèle économique, même s’il se réjouit de ces initiatives qui confortent l’information sur le web.</font></span></p>
<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><font size="2"><strong>« <em>La plupart des gaffes sont venues de médias traditionnels </em>»</strong><br />
Interrogé sur la tribune de <strong>Franck Louvrier</strong>, conseiller en communication de Nicolas Sarkozy, dans Libération, où ce dernier dénonçait les dangers de l&#8217;information sur Internet, Augustin Scalbert fait feu de tout bois: « <em>Franck Louvrier ne faisait que reprendre une critique partagée par beaucoup de gens, en particulier <strong>Jean-Pierre El Kabbach</strong>, dont on a vu qu&#8217;il avait il y a quelques mois annoncé la création d&#8217;un comité d&#8217;éthique pour lutter contre ce côté rumeur d&#8217;Internet</em> ».  «  <em>On a vu ce qui est advenu après avec la mort de <strong>Pascal Sevran</strong> </em>» remarque-t-il d&#8217;un air amusé. Pour lui, l&#8217;argumentation de Franck Louvrier est complètement décrédibilisée par le fait que la majorité des gaffes et fausses informations de ces derniers temps ont été diffusées par les médias traditionnels (la mort de Pascal Sevran annoncée prématurément, le confidentiel du Nouvel Observateur affirmant que Sarkozy avait insulté les défenseurs des droits de l&#8217;homme et le Figaro qui avait relaté la soi-disante humiliation de Ségolène Royal devant le cercle des économistes). Certes, il y a la fameuse affaire du SMS publié sur le site du Nouvel Observateur. Mais sur ce point, Augustin Scalbert note que l&#8217;auteur de cette brève non vérifiée n&#8217;est autre qu&#8217;Airy Routier, rédacteur en chef &#8230; du Nouvel Observateur papier. Les accusations du conseiller de Nicolas Sarkozy ne sont donc pas du tout pertinentes: les sites d&#8217;information tenus par des journalistes professionnels se montrent &#8211; pour l&#8217;instant &#8211; plus sérieux que leurs confrères traditionnels.</font></span></p>
<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><font size="2"><strong>« <em>Le principal enjeu législatif concernant les journalistes, c&#8217;est le secret des sources</em> »</strong><br />
Sur ce sujet brulant – la loi qui, après avoir été adoptée par l&#8217;Assemblée Nationale le 15 mai dernier, a finalement été reportée à la rentrée suite aux nombreuses protestations de la profession – le journaliste de Rue89 rappelle quelques fondamentaux. Si cette loi est fortement critiquée dans la profession, c&#8217;est d&#8217;abord parce que, pour l&#8217;instant, elle n&#8217;accorde aucune protection à la source elle-même. Pire, la protection concernant les journalistes est clairement insuffisante puisque parallèlement, des exceptions sont prévues. Ces dernières étant floues, le risque de dérive dans l&#8217;application de cette loi est bien réel.</font></span></p>
<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><font size="2"><strong>« <em>Je pense que <strong>Nicolas Sarkozy</strong> n&#8217;aime les journalistes que quand ils vont dans le sens de ses intérêts.</em> »</strong><br />
Lorsqu&#8217;on l&#8217;interroge sur les rapports qu&#8217;entretient le nouveau locataire de l&#8217;Elysée avec la profession journalistique, Augustin Scalbert affirme que c&#8217;est un rapport compliqué, qui s&#8217;apparente à « <em>un rapport de séduction-sanction</em> ». Sanction lorsqu&#8217;il mouche « <em>méchamment</em> » Laurent Joffrin lors de sa conférence de presse du 8 janvier dernier, séduction lorsque le reste de l&#8217;assistance éclate – de manière consternante selon notre interlocuteur &#8211; de rire à cet instant. En outre, la vision de l&#8217;information journalistique développée par Nicolas Sarkozy n&#8217;est pas saine car ce dernier privilégie le côté canal de diffusion de la bonne parole présidentielle au détriment de la nécessité démocratique d&#8217;une information juste et équilibrée. Pour lui, les journalistes sont « <em>des communicants à même de relayer le plus abondamment possible et de la manière la plus positive qui soit son action</em> ». Tout cela est d&#8217;autant plus facile du fait « des liens très privilégiés » qu’il a tissé avec la plupart des grands patrons du monde médiatique: <strong>Martin Bouygues</strong>, Bernard Arnault, <strong>Arnaud Lagardère</strong> et, à un degré moindre, <strong>Serge Dassault</strong>.</font></span></p>
<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><font size="2"><strong>Une reprise en main des médias ?</strong><br />
Ceci étant, le journaliste n&#8217;est pas un partisan de la thèse de la reprise en main du pouvoir politique sur les médias français. Pour lui, ni la commission Copé &#8211; « <em>il est mieux que cela soit une commission parlementaire qu&#8217;une cellule de l&#8217;Elysée</em> » -, ni les futurs états généraux de la presse ne sont pour lui des moyens d&#8217;une telle reprise. Concernant les états généraux, une telle tentative ne pourrait avoir lieu: «<em> ça ne passerait pas</em> ». En outre, si une telle intrusion est possible, ce n&#8217;est pas de la faute du nouvel exécutif mais bel et bien celle des professionnels: «<em> journalistes et éditeurs ne sont pas capable de s&#8217;unir pour réfléchir aux problèmes des médias</em> ». De même, l&#8217;esprit de cours dont ils font preuve – sur ce point, il rejoint <strong>Dominique de Villepin</strong> – n&#8217;est pas le fait du président &#8230; Enfin, sur le sujet des relations entre journaliste et politique, symbolisées ces derniers temps par le passage de certains de ses confrères de l&#8217;autre côté (<strong>Catherine Pégard</strong>, du <span style="text-decoration:underline;">Point</span> à l&#8217;Elysée, <strong>Myriam Lévy</strong>, du Figaro à Matignon, et <strong>Murielle Gremillet</strong>, de Libération au cabinet d&#8217;<strong>Arnaud Montebourg</strong>), il remarque d&#8217;une part que ce n&#8217;est pas nouveau &#8211; cela se faisait déjà sous <strong>François Mitterrand</strong> &#8211; et que d&#8217;autre part, ce sont des « <em>décisions individuelles qui n&#8217;ont lésé personne</em>». Cependant, il ajoute à titre personnel que s&#8217;il a décidé d&#8217;être journaliste « <em>c&#8217;est parce que je crois à ce métier et il ne me paraît pas compatible avec un rôle de conseiller politique </em>».</font></span></p>
<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><font size="2"><em>Le verbatim de cet entretien est à découvrir demain, même heure, même lieu</em>.</font></span></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Protection du secret des sources: les progrès insuffisants du projet de loi adopté par les députés]]></title>
<link>http://offtherecords.wordpress.com/2008/05/17/protection-du-secret-des-sources-un-progres-insuffisant/</link>
<pubDate>Sat, 17 May 2008 07:30:35 +0000</pubDate>
<dc:creator>Thomas B.</dc:creator>
<guid>http://offtherecords.wordpress.com/2008/05/17/protection-du-secret-des-sources-un-progres-insuffisant/</guid>
<description><![CDATA[Echéance importante dans un contexte tendu entre le pouvoir et l&#8217;AFP, le projet de loi relatif]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:center;"><a href="http://offtherecords.files.wordpress.com/2008/05/assemblee-nationale.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-239 aligncenter" src="http://offtherecords.wordpress.com/files/2008/05/assemblee-nationale.jpg?w=300" alt="l\'hémicyle du Palais Bourbon" width="300" height="195" /></a></p>
<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><span style="font-size:x-small;">Echéance importante dans un contexte tendu entre le pouvoir et l&#8217;<span style="text-decoration:underline;">AFP</span>, le projet de loi relatif à la protection du secret des sources a été adopté le jeudi 15 mai à l&#8217;Assemblée Nationale. Régulièrement condamnée par la Cour européenne des droits de l&#8217;homme – dont l&#8217;arrêt Goodwin de 1996 stipule &#8220;l<em>e secret des sources est la pierre angulaire de la liberté de la presse</em>&#8220;- la France s&#8217;est finalement décidée, comme son président s&#8217;y était engagé le 8 janvier dernier, à modifier la loi de 1881 pour la liberté de la presse en y ajoutant la protection du secret des sources.</span></span></p>
<p><!--more--></p>
<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><span style="font-size:x-small;"><strong>Le projet de loi adopté</strong></span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><span style="font-size:x-small;">Composé de 4 articles, le <a href="http://www.assemblee-nationale.fr/13/ta/ta0145.asp">texte</a> déclare, à l&#8217;article 1, qu&#8217;il &#8220;<em>ne peut être porté atteinte directement ou indirectement à ce secret qu’à titre exceptionnel et lorsqu’un impératif prépondérant d’intérêt public le justifie</em>&#8221; avant d&#8217;exposer, dans les 3 suivants, les moyens d&#8217;action des magistrats – perquisitions, écoutes téléphoniques – en cas de levée de la protection. Il faut noter ici l&#8217;attitude louable des députés de la majorité et du rapporteur <strong>Etienne Blanc</strong> (<span style="text-decoration:underline;">UMP</span>), qui ont amélioré nettement le projet gouvernemental en précisant les modalités d&#8217;exceptions et d&#8217;actions.</span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><span style="font-size:x-small;"><strong>Des progrès ? Oui mais &#8230;</strong></span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><span style="font-size:x-small;">Oui mais voilà, malgré ces efforts, le compte n&#8217;y est pas: &#8220;<em>un texte bancal et bâtard le restera toujours</em>&#8221; avait averti <strong>Edwy Plene</strong>l la veille de la séance. Pourtant, tout semblait bien engagé: &#8220;<em>Il doit y avoir un équilibre entre la protection des sources et ce que la Cour européenne des droits de l&#8217;Homme appelle : &#8216;un impératif prépondérant d&#8217;intérêt public&#8217;.</em>&#8221; avait déclaré à raison <strong>Rachida Dati</strong> lors de la présentation du texte. Certes, mais tout est dans la définition dudit équilibre et sur ce point, force est de constater que l&#8217;imprécision du texte le rend &#8220;<em>particulièrement insuffisant</em>&#8221; dixit le <span style="text-decoration:underline;">SNJ</span>. En effet, nul définition, comme l&#8217;a fait remarquer <strong>Aurélie Filippetti</strong> (<span style="text-decoration:underline;">PS</span>) lors de l&#8217;explication de vote de l&#8217;opposition, de &#8220;<em> ce qu&#8217;est une source</em>&#8220;. Quant à la définition des exceptions, &#8220;<em>impératif prépondérant d&#8217;intérêt public</em>&#8220;, &#8220;<em>la nature et la particulière gravité du crime ou du délit</em>&#8221; ou encore &#8220;<em>les nécessités de l&#8217;investigation</em>&#8221; laissent la porte ouverte à l&#8217;interprétation du magistrat en charge de l&#8217;affaire. </span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><span style="font-size:x-small;"><strong>L&#8217;exemple belge</strong></span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><span style="font-size:x-small;">Sur <span style="text-decoration:underline;">Mediapart</span>, <strong>Edwy Plenel</strong> signale à ce propos l&#8217;intérêt de la <a href="http://www.ejustice.just.fgov.be/cgi/article_body.pl?numac=2005009280&#38;caller=list&#38;article_lang=F&#38;row_id=1&#38;numero=2&#38;pub_date=2005-04-27&#38;set3=set+character_variant+%27french.ftl%27&#38;language=fr&#38;fr=f&#38;choix1=ET&#38;choix2=ET&#38;fromtab=+moftxt&#38;trier=promulgation&#38;htit=sources+des+journalistes&#38;sql=htit+contains++%27sources%27%26+%27des%27%26+%27journalistes%27&#38;rech=2&#38;tri=dd+AS+RANK+&#38;set1=set+stopfile+%27MOF.stp%27">loi</a> en vigueur en Belgique. Outre-Quiévrain deux conditions sont à remplir pour lever le secret des sources à savoir &#8220;<em>les informations demandées revêtent une importance cruciale pour la prévention de la commission de ces infractions </em>&#8221; et &#8220;<em>les informations demandées ne peuvent être obtenues d&#8217;aucune autre manière</em>&#8220;. A noter que le principe de subsidiarité de la 2e condition était l&#8217;objet d&#8217;un amendement du groupe socialiste, amendement rejeté. Dans ces conditions, l&#8217;argument de Mme Dati &#8211; &#8220;<em>Imaginons qu&#8217;un enfant soit enlevé et qu&#8217;un journal reçoive une lettre du ravisseur, qui menace de tuer cet enfant dans les quarante-huit heures, a-t-elle exposé dans son intervention liminaire. Même si le délit n&#8217;est puni que de cinq ans d&#8217;emprisonnement, faut-il s&#8217;interdire de lever le secret ? Faut-il prendre le risque de laisser tuer cet enfant ?</em>&#8220;- résonne curieusement: la loi belge est parfaitement adaptée à la prise en compte de ce type de situation. Cela ne justifie donc en aucun cas l&#8217;imprécision du texte français.</span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><span style="font-size:x-small;"><strong>Le secret professionnel</strong></span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><span style="font-size:x-small;">Autre oubli, comme le fait remarqué <strong>Georges Fenech</strong>, magistrat et ancien député UMP, dans une tribune publiée sur <span style="text-decoration:underline;">LeFigaro.fr</span>, la protection des sources &#8230; contre les journalistes. En effet, les cas de trahisons – s&#8217;ils ne sont pas monnaie courante, le journaliste ayant intérêt à conserver ses sources – peuvent se produire et dans cette situation, la source devrait être à même de porter plainte contre celui qui lui a causé ce préjudice. Pour prendre en compte ce problème, Georges Fenech estime qu&#8217;il faudrait créer un secret professionnel du journaliste, à l&#8217;instar de ceux qui existent pour les médecins et les avocats.</span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;text-align:justify;"><span style="font-family:Rockwell,serif;"><span style="font-size:x-small;">Ce projet de loi, après l&#8217;affaire Dasquié à l&#8217;automne et diverses perquisitions dans les locaux de l&#8217;Equipe et du Canard Enchainé, suscitait beaucoup d&#8217;attente. Les progrès sont là bien que minimes. Force est de constaté qu&#8217;une occasion a été manquée, jusqu&#8217;à nouvel ordre (le texte doit encore passer devant le Sénat), de répondre efficacement et exhaustivement à la problématique du secret des sources.<br />
<strong>Ce texte, s&#8217;il devait rester en l&#8217;état, n&#8217;est pas à la hauteur du problème.</strong></span></span></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Protection des sources : les failles du système français]]></title>
<link>http://nesshel8.wordpress.com/2008/05/02/guillaume-dasquie-souligne-les-failles-de-la-legislation-francaise-sur-la-protection-des-journalistes/</link>
<pubDate>Fri, 02 May 2008 06:43:50 +0000</pubDate>
<dc:creator>nesshel8</dc:creator>
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<description><![CDATA[Guillaume Dasquié est un journaliste d&#8217;investigation, chroniqueur et auteur, spécialisé dans l]]></description>
<content:encoded><![CDATA[Guillaume Dasquié est un journaliste d&#8217;investigation, chroniqueur et auteur, spécialisé dans l]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Protection des sources: les amendements adoptés]]></title>
<link>http://offtherecords.wordpress.com/2008/04/03/protection-des-sources-les-amendements-adoptes/</link>
<pubDate>Thu, 03 Apr 2008 16:57:36 +0000</pubDate>
<dc:creator>Thomas B.</dc:creator>
<guid>http://offtherecords.wordpress.com/2008/04/03/protection-des-sources-les-amendements-adoptes/</guid>
<description><![CDATA[La commission des lois de l&#8217;Assemblée Nationale a adopté, après l&#8217;avoir amendé, le proje]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="margin-bottom:0;"><a href="http://offtherecords.wordpress.com/files/2008/04/assemblee-nationale.jpg" title="assemblee-nationale.jpg"></a></p>
<div style="text-align:center;"><a href="http://offtherecords.wordpress.com/files/2008/04/assemblee-nationale.jpg" title="assemblee-nationale.jpg"><img src="http://offtherecords.wordpress.com/files/2008/04/assemblee-nationale.jpg" alt="assemblee-nationale.jpg" /></a></div>
<div align="justify"><font face="Rockwell, serif"><font size="2">La commission des lois de </font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><b>l&#8217;Assemblée Nationale</b></font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"> a adopté, après l&#8217;avoir amendé, le projet de loi sur </font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><b>la protection des sources des journalistes</b></font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"> qui sera donc examiné en séance publique le 8 avril. Parmi les 17 amendements adoptés, un certain nombre modifie l&#8217;article 1er alinéa 5 dont l&#8217;intitulé finale est</font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><i> « Il ne peut être porté atteinte directement ou indirectement à ce secret qu&#8217;à titre exceptionnel et lorsqu&#8217;un impératif prépondérant d&#8217;intérêt public le justifie. Au cours d&#8217;une procédure pénale, il ne peut y être porté atteinte que si la nature et la particulière gravité du crime ou du délit sur lesquels elle porte ainsi que les nécessités des investigations rendent cette atteinte strictement nécessaire. </i></font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><i><b>Cette atteinte ne peut en aucun cas consister en une obligation pour le journaliste de révéler ses sources</b></i></font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><i>&#8220;. </i></font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><span style="font-style:normal;">Ces amendements apportent une garantie appréciable puisque, comme nous l&#8217;avions souligné dans <a href="http://offtherecords.wordpress.com/2008/03/30/protection-des-sources-un-progres-oui-mais/">un précédent article</a> , la principale faiblesse de ce texte résidait le fait qu&#8217;à titre exceptionnel la protection des sources pouvait être levée</span></font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><span style="font-style:normal;"><span>. </span></span></font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><span style="font-style:normal;">A noter également l&#8217;extension du champ d&#8217;application de la procédure spécifique de perquisition applicable aux véhicules professionnels des journalistes ainsi que la mention aux atteintes indirectes.</span></font></font></div>
<div align="justify"></div>
<p style="margin-bottom:0;font-style:normal;" align="justify"><font face="Rockwell, serif"><font size="2">Ce passage en commission s&#8217;est donc assortie de progrès substantiels.</font></font></p>
<p style="margin-bottom:0;font-style:normal;" align="justify">&#160;</p>
<p style="margin-bottom:0;"><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><b>[edit] </b></font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><span>Dans un communiqué, les syndicats</span></font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><b> SNJ, SNJ-CGT, USJ-</b></font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><span style="text-decoration:none;"><b>CFDT</b></span></font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><span style="font-style:normal;"><span style="text-decoration:none;"><b> et </b></span></span></font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><span style="text-decoration:none;"><b>CFTC</b></span></font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><span style="text-decoration:none;"><span> </span></span></font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><span>ont fait part de leur déception quant au texte adopté en commission. Ils déplorent </span></font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><u><span>l&#8217;imprécision des possibilités de dérogations</span></u></font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><span> et </span></font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><u><span>la limitation de la protection aux seuls journalistes</span></u></font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><span>. Ils demandent donc l&#8217;extension de cette protection aux sources elles-même ainsi qu&#8217;aux collaborateurs de la rédaction mais également à tous les lieux où peuvent être stockées des informations. Si les parlementaires ne les suivent pas, </span></font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><i><span>« ils laisseront passer une occasion historique de conforter la recherche d&#8217;une information de qualité, pierre angulaire d&#8217;un pays démocratique ».</span></i></font></font></p>
<p style="margin-bottom:0;font-style:normal;" align="justify">&#160;</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Protection des sources: un progrès ? oui, mais ...]]></title>
<link>http://offtherecords.wordpress.com/2008/03/30/protection-des-sources-un-progres-oui-mais/</link>
<pubDate>Sun, 30 Mar 2008 11:00:40 +0000</pubDate>
<dc:creator>Thomas B.</dc:creator>
<guid>http://offtherecords.wordpress.com/2008/03/30/protection-des-sources-un-progres-oui-mais/</guid>
<description><![CDATA[Comme nous l&#8217;avions évoqué dans une précédente brève, la Chancellerie a concocté un projet de ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="margin-bottom:0;"><a href="http://offtherecords.wordpress.com/files/2008/03/protection-des-sources.jpg" title="protection-des-sources.jpg"></a></p>
<div style="text-align:center;"><a href="http://offtherecords.wordpress.com/files/2008/03/protection-des-sources.jpg" title="protection-des-sources.jpg"><img src="http://offtherecords.wordpress.com/files/2008/03/protection-des-sources.jpg" alt="protection-des-sources.jpg" /></a></div>
<div align="justify"><font face="Rockwell, serif"><font size="2">Comme nous l&#8217;avions évoqué dans une précédente brève, la </font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><b>Chancellerie</b></font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><span> a concocté un projet de loi relatif </span></font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><u><span>à la protection des sources des journalistes</span></u></font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><span style="text-decoration:none;"><span>, projet de loi qui sera examiné par l&#8217;Assemblée au printemps. Il consiste à introduire une nouvelle disposition dans l&#8217;article 2 de la loi de 1881 sur </span></span></font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><span style="text-decoration:none;"><b>la liberté de la presse</b></span></font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><span style="text-decoration:none;"><span>: «  </span></span></font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><i><span style="text-decoration:none;"><span>tout journaliste entendu comme témoin sur des informations recueillies dans l&#8217;exercice de son activité est libre de ne pas en révéler l&#8217;origine »</span></span></i></font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><span style="text-decoration:none;"><span>. Concernant les perquisitions, la </span></span></font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><span style="text-decoration:none;"><b>garde des sceaux</b></span></font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><span style="text-decoration:none;"><span> entend en limiter l&#8217;initiative aux seuls magistrats, qui doivent cependant veiller à ne pas porter atteinte de </span></span></font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><i><span style="text-decoration:none;"><span>« manière disproportionnée »</span></span></i></font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><span style="font-style:normal;"><span style="text-decoration:none;"><span> à la protection des sources. Un juge des libertés serait chargé d&#8217;apprécier cette condition à l&#8217;intitulé flou.</span></span></span></font></font></div>
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<p style="margin-bottom:0;" align="justify"><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><span style="text-decoration:none;"><span>Cependant, ces avancées non négligeables s&#8217;accompagnent d&#8217;une exception susceptible d&#8217;écorner la portée du texte. En </span></span></font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><span style="font-style:normal;"><span style="text-decoration:none;"><span>effet</span></span></span></font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><i><span style="text-decoration:none;"><span>, « lorsqu&#8217;un intérêt impérieux l&#8217;impose</span></span></i></font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><span style="font-style:normal;"><span style="text-decoration:none;"><span> », la protection peut-être levée si</span></span></span></font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><i><span style="text-decoration:none;"><span> « la nature et la gravité du crime ou du délit </span></span></i></font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><span style="font-style:normal;"><span style="text-decoration:none;"><span>» le justifient. Crime ou délit, </span></span></span></font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><span style="font-style:normal;"><u><span>une formulation générale et vague</span></u></span></font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><span style="font-style:normal;"><span style="text-decoration:none;"><span>, un peu fourre-tout, qui ouvre la porte à de possibles excès.</span></span></span></font></font></p>
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<div align="justify"><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><span style="font-style:normal;"><span style="text-decoration:none;"><span>Si ce </span></span></span></font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><span style="font-style:normal;"><span style="text-decoration:none;"><b>texte</b></span></span></font></font><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><span style="font-style:normal;"><span style="text-decoration:none;"><span> est bienvenu, on peut néanmoins regretter qu&#8217;il n&#8217;aille pas plus loin en fermant la porte aux dérives constatées ces derniers mois.</span></span></span></font></font></div>
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<p style="margin-bottom:0;"><font face="Rockwell, serif"><font size="2"><b>[edit] </b><span>le projet de loi de </span><b>Rachida Dati</b><span> sera examiné le mardi 8 avril par </span><u><span>l&#8217;Assemblée Nationale.</span></u></font></font></p>
</div>
<p style="margin-bottom:0;"> <b></b></p>
</div>]]></content:encoded>
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