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	<title>sa-moreira-regis-de &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
	<link>http://en.wordpress.com/tag/sa-moreira-regis-de/</link>
	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "sa-moreira-regis-de"</description>
	<pubDate>Fri, 25 Dec 2009 16:34:24 +0000</pubDate>

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<title><![CDATA[Le Libraire, de Régis de Sa Moreira]]></title>
<link>http://latetedanslesbouquins.wordpress.com/2008/01/07/le-libraire-de-regis-de-sa-moreira/</link>
<pubDate>Mon, 07 Jan 2008 16:00:48 +0000</pubDate>
<dc:creator>Lilie</dc:creator>
<guid>http://latetedanslesbouquins.wordpress.com/2008/01/07/le-libraire-de-regis-de-sa-moreira/</guid>
<description><![CDATA[Ce roman n’est pas une histoire, avec son intrigue et son dénouement. Ce roman est un conte. Non. Pl]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><img src="http://latetedanslesbouquins.wordpress.com/files/2008/01/libraire.gif" alt="libraire.gif" align="left" /><font color="#990066"><img src="http://idata.over-blog.com/0/52/66/19/__toile_note_4.gif" height="13" width="67" /></font></p>
<p><font color="#3d5c58">Ce roman n’est pas une histoire, avec son intrigue et son dénouement.<br />
Ce roman est un conte.<br />
Non. Plutôt, ce roman est poésie.</font></p>
<p><font color="#3d5c58">…<br />
Ce roman est inclassable.</font></p>
<blockquote>
<p align="justify"><font color="#3d5c58"><font color="#637c79"><i>«  Une fois par jour, le libraire était pris d’une tristesse immense.<br />
Cela n’avait rien à voir avec la troisième heure de l’après-midi qui n’était même pas triste et restait quoiqu’il arrive la troisième heure de l’après-midi.<br />
La tristesse immense arrivait à n’importe quelle heure, entrait dans la librairie, inondait tout, les étagères, les livres, gagnait le bureau du libraire et fatalement, assis derrière, le libraire.</i></font></font></p>
<div align="justify"></div>
<p align="justify"><font color="#3d5c58"><font color="#637c79"><i>Elle atteignit d’abord ses pieds.<br />
Le libraire n’y fit pas attention et les secoua un peu.<br />
Mais la tristesse monta et gagna ses genoux.<br />
Le libraire sut alors qu’elle était là et la sentant s’emparer de lui, il se réfugia dans la salle du  haut.<br />
Le libraire cesse de répondre aux poudoupoudoupoudoux qu’il entendait. Les clients pouvaient bien se servir eux-mêmes.<br />
Car la tristesse montait, remplissant à une vitesse croissante toute la librairie, gravissant l’escalier en colimaçon, entrant dans la salle aux livres dépareillés, les emportant sur son passage, cherchant le libraire, ne le trouvant pas, et s’infiltrant sous la porte de la cuisine que le libraire venait de fermer derrière lui.<br />
Le libraire sauta sur un tabouret puis sur la table de la cuisine. Mais il savait bien qu’elle finirait par gagner.<br />
Debout, les jambes tremblantes, sur la table de la cuisine, le libraire attendit alors la tristesse immense qui montait inexorablement jusqu’à lui.<br />
A nouveau, il sentit ses pieds devenir triste puis cela alla très vite, ses genoux, sa taille, ses épaules furent engloutis, la tristesse, comme si elle y prenait plaisir, ralentit, lui sembla-t-il, gravit lentement son cou, puis son visage… et le libraire, tout d’un coup, s’effondra.<br />
Se mit à pleurer toutes les larmes qu’il avait, comme chaque jour, quand la tristesse immense s’emparait de lui.<br />
En bas, les livres entendaient sa peine, se la murmuraient, et se serraient pour le soutenir.<br />
Dans la pièce d’à côté, les livres aux pages arrachées semblaient se rassembler contre la porte de la cuisine.<br />
Seul dans sa cuisine, le libraire pleurait.</i></font></font></p>
<div align="justify"></div>
<p align="justify"><font color="#3d5c58"><font color="#637c79"><i>Au bout d’un long moment, la tristesse immense commença à diminuer, à baisser, à se retirer et finit par disparaître comme elle était apparue.<br />
Le libraire se prépara une tisane à la rose, alla laver son visage, se regarda longtemps dans la glace, y vit successivement les visages de ses dix frères et sœurs et parvint à sourire.</i></font></font></p>
<div align="justify"></div>
<p align="justify"><font color="#3d5c58"><font color="#637c79"><i>Lorsqu’il redescendit dans sa librairie, le libraire remarqua d’un seul coup d’œil que quelques livres avaient été volés.<br />
« Enfin des gens qui ne volent pas de la merde », se dit-il rapidement.<br />
Puis il regagna son bureau, ouvrit un livre et oublia d’un coup son immense tristesse. »</i></font></font></p>
<p align="justify">&#160;</p>
</blockquote>
<p align="justify"><font color="#3d5c58">Avec bonheur, j’ai dévoré la vie de ce libraire, qui ne quitte jamais sa librairie. Il les aime, ses livres. Un drôle de bonhomme, qui a choisi de laisser ses portes ouvertes même la nuit, et dont la vie est rythmée par le son de la clochette d’entrée. Poudoupoudoupoudou…<br />
Ce livre est une succession d’anecdotes, d’instants de vie, et de personnages, car le narrateur décrit magnifiquement chacun de ceux qui passent la porte.. Parmi eux, des clients normaux, d‘autres un peu moins, des couples (qui insupportent le libraire), des personnes qui se sont trompées d’adresse et cherchent un tabac, des témoins de Jéhovah, le facteur, la fleuriste d‘en face, avec laquelle le libraire troque livres contre bouquets… et même un certain Dieu.</font></p>
<p align="justify"><font color="#3d5c58">C’est plein de poésie, une poésie teintée d’humour et de surréalisme.</font></p>
<div align="justify"></div>
<p align="justify"><font color="#3d5c58">Je recommande chaudement, si vous êtes tentés par un joli livre qui évoque de jolis livres.</font></p>
<p align="justify">&#160;</p>
<blockquote>
<p align="justify"><font color="#3d5c58"><font color="#637c79"><i>« Pouuuuudouuuupouuuuudouuuuupouuuuudouuuuuuu.<br />
Un homme entra au ralenti dans la librairie.<br />
Le libraire l’attendit longtemps derrière son bureau et l’homme finit par arriver.<br />
- Boooonjouuuuur, dit l’homme au ralenti.<br />
- Bonjour, répondit le libraire en vitesse normale.<br />
- Jeeeeee cheeeeerche deeeees liiiiiivres deeee Maaaaaaarceeeeel Proooooouuuuuuuust.<br />
- Oui, dit le libraire. Lequel?<br />
- Tooooouuuuuuuuuussssssss.<br />
- Très bien.<br />
Le libraire quitta son bureau et se dirigea vers une allée de sa librairie. L’homme marcha derrière lui au ralenti. Le libraire avança le plus lentement possible pour permettre à l’homme de le suivre, puis il sortit plusieurs livres d’une étagère et les tendit à l’homme qui approcha ses mains à une lenteur infinie et saisit, ou plutôt reçut les livres en disant: « Meeeeerrrciiiiiiiiiiii. »<br />
- Je vous en prie, dit le libraire.<br />
Il retourna à son bureau, toujours du plus lentement qu’il pouvait, en faisant attention cependant à ce que l’homme qui progressait derrière lui ne pense pas qu’il l’imitait ou se moquait de lui.<br />
L’homme salua ensuite le libraire, prit un moment pour lui faire un grand sourire, et quitta, toujours au ralenti, la librairie.<br />
Le libraire continua encore un peu de lui rendre son sourire avant de se remettre à lire. »</i></font></font></p>
<p align="justify">&#160;</p>
</blockquote>
<p><font color="#3d5c58"><font color="#808080">Le libraire, dispo en poche chez LGF, 5.50€.<br />
Publié en 2004, Editions Au diable Vauvert.</font></font></p>
<p><font color="#3d5c58"><font color="#808080">Lire aussi: <a href="http://biblioblog.fr/index.php/2007/04/03/492-le-libraire-regis-de-sa-moreira" target="_blank">La très belle critique de Google</a>, du Biblioblog.<br />
</font><br />
</font></p>
</div>]]></content:encoded>
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