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	<title>sexage &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
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	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "sexage"</description>
	<pubDate>Sun, 27 Dec 2009 11:14:41 +0000</pubDate>

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<title><![CDATA[Sur le féminisme de droite]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/2009/10/15/sur-le-feminisme-de-droite/</link>
<pubDate>Thu, 15 Oct 2009 10:17:08 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[La question ressurgit de temps en temps chez nos folliculaires. Les organismes féminins gauchisants ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">La question ressurgit de temps en temps chez nos folliculaires. Les organismes féminins gauchisants contemporains sont-ils des représentants légitimes de l’intégralité de la masse des femmes. Les femmes de droite répondent habituellement ouvertement par la négative à cette question épineuse. Elles sont bien en rogne qu’on prétende les représenter en mobilisant des portes-paroles qu’elles qualifient rageusement (et, en fait, pas très honnêtement) de «granolas lesbianisantes aux idées extrêmes». Sans vouloir jouer les esprits paradoxaux, j’ai quand même, spontanément, envie de poser la question suivante, un peu perfide: les femmes de droite, numériquement minoritaires, ouvertement élitaires, n’ont elles pas pourtant tout plein d’organismes (masculins ou mixtes) pour parler pour elles? Conseil du Patronat, Chambres de Commerces, comités et regroupements corporatifs de toutes farines, grands syndicats des médias, conseils ministériels, etc… Ma question ici postule, naturellement, que la femme de droite n’est pas trop distincte de l’homme de droite (ce postulat est respectueusement ouvert à discussion) et surtout, mon interrogation pose conséquemment la question toute simple et directe de savoir s’il y a <strong><em>un féminisme de droite</em></strong>…</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">D’abord, il n’y pas à se conter de menteries. Il y a des noirs de droite, des gais et des lesbiennes de droite, des aborigènes canadiens de droite (et même antisémites), des handicapés de droite et indubitablement des femmes de droite. <strong><em>Les groupes sociaux à bases biologique ou ethnologique ne sont pas des classes sociales</em></strong> et l’appartenance à ces derniers n’est en rien le garant d’une position de classe conséquente. Mazette, il y a même des ouvriers, des chômeurs et des assistés sociaux de droite, alors je vous demande un peu&#8230; Il faut aussi assumer que la réflexion, spontanée ou articulée, sur la condition féminine n’est certainement plus un monopole à gauche. On dégage alors inexorablement deux types de femmes de droite. Il y a d’abord les femmes de droite qui sont ignorantes du féminisme ou le combattent. Elles vivent dans l’ombre de leur homme, jugent que tout va bien dans l’ordre machique et phallocrate des choses et que les valeurs traditionnelles priment. Dire qu’il y a des femmes de droite qui sont non féministes, c’est un truisme. Ces figures d’arrière-garde existent bien toujours mais, par contre aussi, il est légitime de suggérer que leur impact social est voué, dans la dynamique contemporaine, à demeurer faiblard. Que voulez-vous, c’est inévitable. Faire compulsivement la promotion de la soumission ne rend ni insoumise, ni puissante, ni même particulièrement active socialement. Sorte de caricature du passé, la femme soumise rétrograde, dont la cause est indubitablement foutue, servira, en fait, de repoussoir extrême, fort utile au féminisme de droite. Il est en effet toujours utile d’être (ou de paraître) en avance sur une autre instance et de s’en glorifier.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Il y a ensuite les femmes de droite qui font une promotion active (et parfaitement légitime, dans la logique, réformiste mais non révolutionnaire, qui est celle de tous les segments de la droite «novatrice») de la femme, de l’efficacité des femmes, du pouvoir des femmes, de l’éthique professionnelle des femmes, de la légitimité des particularités de la culture intime des femmes, de l’esprit de corps des femmes. Les femmes de droite, actives dans l’entreprise, le commerce, les médias et la politique observent vite la persistance rampante, un peu poisseuse, d’une mentalité masculine vieillotte, surannée, ou, plus insidieusement, d’une propension semi-consciente des hommes bien installés à imposer leur culture intime comme si c’était un implicite absolu et incontestable. Les chicanes sans fin sur la climatisation des bureaux, l’intendance des chiottes, les activités sociales d’entreprise, l’éthique entrepreneuriale et la tenue des cuisinettes attenantes aux salles de réunion est un symptôme tout à fait parlant du phénomène beaucoup plus vaste du choc des sexages parachevant le positionnement entrepreneurial des femmes. Inutile d’ajouter que les questions sérieuses où les femmes d’affaire sont solidement actives et en position de pouvoir sont, en fait, sans sexe et neutres en sexage. Ces femmes les traitent, y agissent, y jouent leur rôle et tout est dit.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">On suggérera donc qu’<strong><em>un féminisme de droite considère simplement que la femme est l’égale de l’homme et mérite le même salaire, les mêmes tâches et la même considération MAIS, ce… dans un espace concurrentiel capitaliste que, d’autre part, le féminisme de droite promeut, postule et ne remet aucunement en cause</em></strong>. Ce féminisme, égalitaire mais non révolutionnaire, développe aussi un corporatisme féminin, c’est-à-dire une promotion ferme, solide, de toutes les particularités de la culture intime des femmes comme facette de la réalité sociale (capitaliste) postulée et axiomatisée. Il est d’ailleurs parfaitement usuel, pour l’esprit de corps féminin de droite, de nier purement et simplement être un féminisme. Le féminisme de droite en est pourtant bel et bien un. Le nier, c’est occulter son importante facette progressiste, bien sûr circonscrite, souvent bafouée (y compris en son sein même) mais bien réelle. Et le féminisme de droite est, de plus, extrêmement important pour la gauche parce qu’il contribue à démonter une des grandes illusions de ladite gauche, celle voulant (encore) que cause des femmes et lutte des classes soient intimement confondues et comme inextricablement fusionnées. Cette fausseté théorique est mise en relief par l’impact social croissant du féminisme de droite contemporain. Le féminisme de droite revendique une meilleure place pour les femmes d’affaire dans un monde des affaires qu’il n’a aucunement l’intention de questionner. Le féminisme de droite entend que les femmes de droite prennent leur place au côté des hommes de droite dans un système social toujours fondamentalement affairiste, <a href="http://ysengrimus.wordpress.com/2008/04/29/de-la-ploutocratie/">ploutocrate</a>, oppresseur et bourgeois. Progressiste en son espace strict, novateur dans le cadre restreint du dispositif qu’il postule, le féminisme de droite relègue inexorablement dans la fosse fétide de l’extrême droite ruinée <a href="http://ysengrimus.wordpress.com/2008/04/29/mon-petit-macho-androhysterique/">la cause androhystérique de la soumission de la femme à l’homme</a> et toute les facettes de l’anti-féminisme féminin (ou masculin) passéiste. Cette cause là est entendue autant pour le féminisme de droite que pour le féminisme de gauche. L’ensemble des femmes de droites se subdivise donc finalement en trois sous-ensemble: 1- les femmes effectivement non-féministes (ne les cherchez pas dans le milieu du travail. En bonne cohérence objective, elles sont devant leurs poêles); 2- les féministes de droites non assumées (elles refusent fermement de se dire féministes parce que cette notion pue la gauche à leurs narines. Ce sont souvent les «anti-féministes» les plus virulentes, du moins <em>subjectivement</em>, verbalement. Il faut observer leurs actions effectives, pas les illusions qu’elles entretiennent sur elles mêmes); 3- les féministes de droite assumées (les championnes explicites de l’esprit de corps féminin, implicitement affairiste et bourgeois).</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">L’existence du féminisme de droite (et le fait qu’il a de plus en plus pignon sur rue, notamment dans la politique et les médias) pose des problèmes très délicats à l’action militante. <strong><em>Le fait est qu’il faut combattre le féminisme de droite (surtout lorsqu’il est assumé, car alors il se légitimise sciemment comme progressiste) non pas parce qu’il est un féminisme mais bien parce qu’il est de droite</em></strong>. Il est donc indispensable de le dissoudre, méthodiquement et sans minimiser sa spécificité innovante, dans le reste de l’idéologie de droite qui, elle, est désormais de plus en plus sans sexe ni genre et sans doctrine spécifique du sexage. Et l’exemple cardinal ici, c’est nul autre que celui de notre bon gros <a href="http://www.ecouterlirepenser.com/textes/pl_ci_sopranos.htm">Tony Soprano</a>. Suivez-moi bien. Tony Soprano est un malfrat teigneux, un criminel notoire. Quand le FBI le serre de près, il pose un geste rhétorique tout particulier. Il se met à se lamenter parce qu’en s’en prenant à lui, on s’en prend(rait) à la communauté italo-américaine toute entière, qu’on empêche(rait) de s’épanouir. Certains aborigènes, ou pseudo-aborigènes (masqués), trafiquants de cigarettes, d’armes ou de cannabis, jouent la même carte. Quand la brigade des crimes économiques ou des stupéfiants les serre de trop près, ces criminels de droit commun, bien planqués dans le maquis de la légitimité de la cause aborigène, se mettent à dégoiser sur l’oppression de leur peuple par l’homme blanc&#8230; Il faut alors prudemment se dégluer de cette dangereuse chausse-trappe sociologique, en expliquant calmement à Tony Soprano que ce sont ses activités criminelles, et non son profil ethnique, qui lui méritent ses ennuis actuels. Vive la communauté italo-américaine. Vive les aborigènes. Haro sur la criminalité. Même message ici: <strong><em>vive l’augmentation du pouvoir des femmes tous azimuts et inconditionnel, haro sur le capitalisme et sur les femmes et les hommes qui en profitent</em></strong>. Car il est, lui aussi, rien de moins qu’un crime.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">J’y faisais allusion en ouverture, le féminisme de droite combat ouvertement et farouchement le féminisme de gauche, non pas parce qu’il est un féminisme, mais bien parce qu’il est de gauche. C’est la base de l’accord sur la cause collectivement endossée et légitime (la cause féministe, dont la validité est incontestable) qui sert de vivier pour la lutte la plus fondamentale, la plus implacable, la plus cruciale: la lutte des classes. Si le féminisme de gauche a tort de croire qu’il parle pour l’intégralité des femmes (le capitalisme ayant su se réformer un petit peu en faveur des femmes de droites), le féminisme de droite a bien plus profondément tort de s’imaginer que l’arène exclusive de la lutte des femmes (comme êtres humains, en solidarité avec tous les êtres humains) est exclusivement cette société capitaliste inique dont les <a href="http://ysengrimus.wordpress.com/2009/10/01/au-travail-la-femme-tyrannise-la-femme-alors-haro-sur-le-feminisme-non-haro-sur-le-capitalisme%E2%80%A6/">petites cheffes</a> et les soldates n’ont pas plus de décence sociale que ses petits chefs et ses soldats.</p>
<div id="attachment_835" class="wp-caption aligncenter" style="width: 276px"><img class="size-full wp-image-835" title="Not a feminist" src="http://ysengrimus.wordpress.com/files/2009/10/not-a-feminist1.jpg" alt="L'ambivalent slogan d'une frange significative du féminisme de droite..." width="266" height="434" /><p class="wp-caption-text">JE NE SUIS PAS UNE FÉMINISTE MAIS… L&#39;ambivalent slogan d&#39;une frange significative du féminisme de droite...</p></div>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Au travail, la femme tyrannise la femme. Alors, bon... haro sur le féminisme? Non: haro sur le capitalisme…]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/2009/10/01/au-travail-la-femme-tyrannise-la-femme-alors-haro-sur-le-feminisme-non-haro-sur-le-capitalisme%e2%80%a6/</link>
<pubDate>Thu, 01 Oct 2009 09:34:54 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[Une des correspondantes américaines d’Ysengrimus, Claudia [nom fictif], une femme affirmée, moderne,]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Une des correspondantes américaines d’Ysengrimus, Claudia [nom fictif], une femme affirmée, moderne, n’ayant pas froid aux yeux, professionnelle dans un organisme gouvernemental chez nos voisins du sud, m’écrit ceci, en une diatribe de colère contre sa petite cheffe. Connaissant ma vive sensibilité féministe, elle prend un minimum de précautions, mais bon, vous allez voir que c’est assez raide quand même (publié et traduit avec l’autorisation de l’auteure):</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><strong><em>Ysengrim, I know that you will consider this terrible, but I would so prefer to work for a man than a woman.  I so prefer to make a man look good than a woman, to work to enhance his image.  I enjoy being servile to men.  Women are petty imbeciles who deserve shit. They are tyrants always having to go over the fucking top to &#8220;prove&#8221; themselves.  There was a story in the </em>New York Times<em> about executive women wearing CATHETERS because they are determined to not let their elimination requirements get in the way of work. Women have only made the working environment worse, more oppressive.  They were better stuck in the home serving their men.  I would love to be a retro wife, working all day to make everything comfortable for my husband, greeting him at the door in an apron and heels and kneeling to receive his cock.  I am old fashioned that way&#8230;</em></strong></p>
<p><strong><em> </em></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><em>[Ysengrim, je sais que ce que je vais te dire va sonner affreux à ton oreille, mais j’aimerais tellement plus travailler pour un homme que pour une femme. J’aime tellement plus cela, faire bien paraître un homme, oeuvrer à améliorer son image. J’adore être servile envers les hommes. Les femmes sont des sottes mesquines qui méritent bien qu’on les emmerde. Elles sont des tyrans qui doivent toujours en rajouter et en rajouter, putain, pour «faire leurs preuves». Il y avait ce reportage dans le </em>New York Times<em> à propos de femmes cadres portant des CATHÉTHERS, déterminées qu’elles sont de ne pas laisser leurs besoins d’évacuation des eaux troubles interférer avec le travail. Les femmes n’ont fait que détériorer le milieu du travail, le rendant pire qu’il était, plus opprimant. Elles étaient bien mieux, piégées à la maison, au service de leurs hommes. J’adorerais être une épouse rétro, me consacrant toute la journée au confort domestique de mon mari, l’accueillant à la porte en tablier et talons aiguilles et m’agenouillant pour recevoir sa bite. Je suis vieux jeu, dans ce genre…] </em></p>
<p><em> </em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Pas question de remettre en question mon féminisme face à ce commentaire choc, légitime expression de colères et de frustrations diverses, venant d’une femme contemporaine n’ayant vraiment pas grand-chose de si vieux jeu que cela…. Analysons un peu les vues cruciales de Claudia, femme professionnelle critiquant vertement les femmes professionnelles. Bon, les femmes petites cheffes sont tyranniques, intrusives et condescendantes, surtout envers les autres femmes, sur lesquelles elles assouvissent leurs compulsions compétitives en toute impunité «professionnelle». Je ne vais pas nier cela. Des tas de travailleuses me le rapportent avec une ferme et tonitruante constance. Les hommes petits chefs sont baveux aussi, hein, ne nous y trompons pas. Ce ne sont tout simplement pas exactement les mêmes travers qui jaillissent, dans le feu quotidien de l’action. Le fait est que c’est, en fait, la position de petit(e) chef(fe) même qui est en cause. Véritable cancer social méconnu, le petit patron, le contremaître, le supérieur hiérarchique immédiat, le <em>micromanager</em>, le garde-chiourme ancillocrate, le chef de service, retors ou abstru, carotte ou bâton, mielleux ou fielleux, est souvent la cause de bien des démissions<strong><em>. On ne quitte pas une grande fonction, on quitte un petit patron,</em></strong> est un aphorisme qui a pris corps longtemps avant que les femmes ne se consolident dans le milieu de travail. Le drame est donc, tout simplement, que, désormais, la portion féminine de l’humanité occupe aussi cette position archie-honnie et purulente de soumission aussi cruelle que paradoxale du <em>cadre</em>. La femme assume en toute simplicité sa position de cadre, ne l’améliore pas, ne la transforme pas, ne la réforme pas, ne la bonifie pas et la poisse des ses propres défauts. Il y a certainement, pourquoi pas, un style condescendant, intrusif ou tyrannique typiquement femme et nul doute que la position de petite cheffe ne manque pas, les mois et les années aidant, de mettre ces caractéristiques en saillie, comme l’eau du ruisseau annonce les cailloux. Triste mais vrai. Quoi de plus efficace, en effet, que <a href="http://ysengrimus.wordpress.com/2008/07/23/la-culture-intime-des-femmes-nuit-elle-aux-femmes/">la culture intime des femmes</a> pour tyranniser des femmes?</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Donc, souffrir pour souffrir, sous le faix d’un petit chef ayant axiomatiquement (<strong><em>car c’est l’axiome de la hiérarchie du travail capitaliste qui ne bouge pas ici</em></strong>) ses défauts de petits chefs, Claudia (croit qu’elle) préfère un homme. Il semble bien que la douceur riche et onctueuse de ses fantasmes socialement régressants atténue(rait) l’inévitable douleur de se faire, de toute façon, traiter comme un chien sur le lieu de travail. Chez les autres femmes dudit lieu de travail, Claudia ne trouve que compétition forcenée, jalousie mesquine, et une amplification professionnelle des vieilles chicanes et arguties de prérogatives féminines. Leur arrivisme est accentué par l’exemple drolatique du port de cathéter au travail, dans un environnement où les pauses-pipi sont d’évidence encore conçues au rythme de vessies plus amples. Détermination, résistance physique, sens du devoir, débrouillardise, tous ces traits féminins de bonne futaie sont distordus et gauchis par l’entreprise qui se les approprie et les asservit, en fabriquant de toutes pièces la docilité des travailleuses et la tyrannie des petites cheffes et, surtout, en se perpétuant derechef en elles.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Ma sorcière bien aimée attendant son époux devant son fourneau devient alors (pour Claudia, qui ne cuisine pas et est célibataire) une sorte de vision abstraite de nostalgie idyllique. Le bon sauvage de Rousseau, en quelque sorte, attendu, naturellement, que Rousseau ne s’était pas trop promené pieds nus dans les bois au moment de la formulation d’un tel modèle social illusoirement régressant. Bon sauvage de Rousseau dont Marx disait qu’il était le bourgeois contemporain fallacieusement isolé de ses contraintes sociales immédiates et transposé dans une forêt immémoriale de toc. <em>Les femmes n’ont fait que détériorer le milieu du travail, le rendant pire qu’il était, plus opprimant.</em> Naturellement, les femmes sont férocement méthodiques, terriblement efficaces et, conséquemment, l’atelier tertiaire capitaliste ne va pas se transformer en communauté sociale civilisé et progressiste simplement parce qu’on en gave les structures de personnes méthodiques et efficaces&#8230; Si l’atelier tertiaire décline, tourne en rond, gaspille ses ressources et entretient des tâches absurdes pour protéger les parasites qui s’y nichent, remplacer l’homme qui fait tourner ce genre de rouage par une femme compétitive qui vaut aller jusqu’au bout pour «faire ses preuves», ne rendra l’atelier tertiaire que plus «performant»… justement, dans sa logique propre, qui est celle de son pensum délirant et de son fonctionnement socialement fautif.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">La preuve est faite. Claudia peut en témoigner. <strong><em>La présence de femmes dans la structure d’exploitation capitaliste ne change pas fondamentalement le caractère inique de ladite exploitation capitaliste</em></strong>. Pourquoi le ferait-elle? La femme n’est pas la démiurge de la société entière. La femme n’est pas plus libre que l’homme du mode de production dans lequel elle évolue. Elle est l’égale de l’homme ici aussi… Les divers féminismes, comme les divers environnementalismes, ne peuvent pas (ou plus) cultiver la croyance globalisante voulant que la solution historique à une discrimination circonscrite réformera la société. Le réformisme est une faillite. Il est fautif d’accuser des femmes (ou des hommes) de ne pas avoir révolutionné des structures que justement, elles endossent au point d’y devenir des intervenantes d’avant-garde. La nouvelle Ministre de la Santé iranienne, une femme, est fermement ayatolliste et islamiste… Ne vous y trompez pas. <strong><em>Elle réforme plus par ce qu’elle est que par ce qu’elle fait ou pense</em></strong>. Il est naturellement aussi fautif de rêver de renvoyer la femme dans sa cuisine. Le commentaire caustique de Claudia, du haut de son célibat, le montre bien: il est plus aisé de fantasmer le soi-disant paradis perdu quand une robinsonnade idyllique ne nous en fait voir que le côté faussement sexy. Régresser à la campagne pour fuir l’industrialisation, est une vieille lune illusoire, digne du Charlie Chaplin de <strong>Modern Times</strong>.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">La montée des femmes dans les structures hiérarchiques capitalistes ne démontre qu’une chose. Le problème n’est pas avec les femmes… les femmes, que voulez-vous, le temps historique venu, quand on ne les entrave plus, elles grimpent dans ces structures, y «réussissent» et y deviennent des louves pour la femme (et l’homme)) aussi efficacement que les hommes sont des loups pour l’homme (et la femme). Le problème est avec ces structures mêmes. Ni hommes, ni femmes, ni enfants, ni petits personnages verts de contes anciens ou de science-fiction moderne ne pourraient les réformer. Elles poursuivent leur développement aveugle qui est celui d’une mutation et d’une crise. La frustration régressante de Claudia impose une analyse progressiste: <strong><em>haro sur le féminisme? Non: sur le capitalisme</em></strong>… Le féminisme (même <a href="http://ysengrimus.wordpress.com/2009/10/15/sur-le-feminisme-de-droite/">le féminisme de droite</a>), et surtout, la montée en force du pouvoir des femmes, est un des nombreux révélateurs du fait que le capitalisme ne peut pas servir l’harmonie sociale et que des changement sociaux plus profonds sont encore à venir. Ce n’est donc pas que les femmes font pire… c’est que le capitalisme continue sur sa lancée de faire pire (selon sa tangente spécifique) <strong><em>malgré</em></strong> l’apport des femmes. La distinction homme/femme continue de s’estomper à mesure que les emmerdements des deux dignes représentants de l’humanité s’accentuent et convergent dans l’entreprise. La femme petite cheffe n’a en rien fermé le cycle des changements sociaux fondamentaux auxquels nous nous devons tous.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Et ces changements sociaux fondamentaux viendront bien plus vite que Claudia ne retournera dans sa cuisine (sa cuisine réelle, de femme soumise d’autrefois. Sa cuisine de fantasmes, celle là, elle fait ce qu’elle veut avec).</p>
<div id="attachment_891" class="wp-caption aligncenter" style="width: 386px"><img class="size-full wp-image-891" title="880" src="http://ysengrimus.wordpress.com/files/2009/10/femme-autoritaire1.jpg" alt="880" width="376" height="310" /><p class="wp-caption-text">La femme n’est pas plus libre que l’homme d&#39;un mode de production autoritaire. Elle est l’égale de l’homme ici aussi…</p></div>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[L’état proxénète ou rien (décriminalisation ou légalisation de la prostitution?)]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/2009/08/01/l%e2%80%99etat-proxenete-ou-rien-decriminalisation-ou-legalisation-de-la-prostitution/</link>
<pubDate>Sat, 01 Aug 2009 05:23:35 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[Tatiana (nom fictif), prostituée à Toronto, m’écrit ceci (je traduis): Je suis ce qu’on appelle ici ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>Tatiana (nom fictif), prostituée à Toronto, m’écrit ceci (je traduis):</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><em>Je suis ce qu’on appelle ici une &#8220;escorte&#8221;. Prostitution complète. Je suis maquée par une organisation. Les macs individuels sont bien trop violents et imprévisibles. Je &#8220;travaille à mon compte&#8221; (pour une des nombreuses pègres ethniques de Toronto, en fait). Mes protecteurs sont chers mais ils font bien leur boulot. Tant qu&#8217;on sera illégales, il faudra faire comme ça. Les flics nous laissent un peu plus tranquilles. Ils s&#8217;en prennent plutôt au trafic des gamines, des mineures, cette dégueulasserie affreuse. Ça… Ça les putes dans mon genre sont dégoûtées pas ça. Quand on en est rendu que le tapin choque même la morale des putes, c&#8217;est que ça va mal&#8230; Les filles comme moi, on sollicite sur la rue. L&#8217;hiver, on s&#8217;habille chaudement (un manteau qui s&#8217;entrouvre) et l&#8217;apparte de travail est bien chauffé et bien protégé. Le pire c&#8217;est vraiment les pieds… et les petits imbéciles qui ont dans la poche une arme à feu comme ils auraient un appareil photo ou un téléphone portable&#8230; Se faire pointer un flingue dans le visage, ça fiche vraiment les jetons, je t&#8217;assure&#8230; c&#8217;est pas aussi facile à encaisser qu&#8217;au cinéma&#8230; Ça arrive rarement, heureusement&#8230;</em></p>
<p><em> </em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><em>Le problème de fond, vois-tu, Ysengrimus, c&#8217;est pas la prostitution même. Ça, ça se gère finalement assez facilement. J’ai ma clientèle régulière d’hommes mûrs, et les occasionnels ne fanfaronnent pas. Le problème c&#8217;est le racket de protection&#8230; Le «mac», en quelques sortes. Et, comme je te dis, ce n&#8217;est pas un mac artisanal. Dans mon cas, c&#8217;est un «organisme» (une organisation, en fait) que je ne vais pas nommer ici mais dont les représentants sont tous d’un groupe ethnique spécifique, que je ne vais pas désigner non plus. Ce sont des pégreux très style, d’un quartier ethnique. Quand on travaille comme ça, il y a des conséquences. On est un peu prises, un peu coincée là-dedans, si tu vois ce que je veux dire. Comme je rapporte bien, ils ne seraient pas chauds chauds de me voir partir&#8230; Si je me résume, pour faire ce que je fais et ne pas finir les dents cassées au fond d&#8217;une ruelle, il faut se rattacher à une organisation. Mais une organisation, ça chiffre. Je suis donc avec ces messieurs de la rue Spadina, à Toronto. Ils sont impecs pour chasser les frelons qui te harcèlent. Mais ils facturent sec et ne couvrent pas les flics. Si on chiffre un peu l’affaire, calcule en moyenne $100 par jour, tous les jours du mois (on ne travaille pas tous les jours, c’est trop tuant. J’ai pas mal de temps libre, en fait. C’est une moyenne nivelante que je te fais ici, OK?). $40 va à mes messieurs, pour la protection (indispensable) et $10 en faux frais (flics a arroser, taxis, et occasionnellement hôtels. Mes tenues sont à mes frais aussi). $50/jour x 30 jours. $1500 par mois au noir, donc, pour se sentir sale, dégoûtée et vivre dans la peur constante de la violence et des vénériennes&#8230; Fais ton calcul&#8230;</em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Et quand j’aborde la question de la légalisation de la prostitution, la réponse de Tatiana est on ne peut plus lapidaire. <em>Il faut protéger les filles. Ça devient juste trop dangereux. C’est comme avec une bagnole. Conduire sans permis ou avec un permis, quelle différence, si tu chauffes comme un pied et te casses la figure et celle des autres? Me faire casser la gueule par un petit voleur à main armée en cherchant le «John» légalement, ben ça fait aussi mal qu’en le cherchant illégalement. Tu comprends? Tout ce flafla légaliste, si les filles ne sont pas protégées, ça n’ira nulle part</em>. Bon, bien, voilà… Ma correspondance avec Tatiana m’a convaincu. <strong><em>Je suis pour la légalisation de la prostitution et contre sa décriminalisation</em></strong>. J’appuie la légalisation de la prostitution féminine et masculine des personnes de plus de 21 ans. C’est là le seul moyen de tirer les travailleurs et les travailleuses du sexe des pattes de la pègre (ce qui est bien plus avilissant que tout). Il faut, par contre, un état proxénète solide, présent sanitairement, sécuritairement responsable, qui assure l’encadrement correctement, et qui consacre ensuite le tout des ressources répressives gaspillées aujourd’hui dans ce monde complexe, sur l’éradication de la prostitution enfantine, qui, elle, ne sera JAMAIS légalisable ou légitime…</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><strong><em>Décriminaliser sans plus, c’est se dédouaner sans vraiment agir</em></strong>. Il semble bien, en effet, que ce soit le fait de simplement autoriser les activités actuelles, sans plus, qui donne pignon sur rue aux maisons closes et aux «organismes» de tous les acabits, sans changement autre que la légitimation rampante de leurs extorsions et de leur violence sourde. On est parfaitement clair sur ce point crucial. Si la structure mise en place ainsi ne fonctionne pas comme la régie des liqueurs ou celle des jeux, ce n&#8217;est tout simplement pas intéressant d’introduire des changements juridiques, dans cet univers glauque. Légaliser, ce sera justement articuler et formuler solidement la loi sur l&#8217;<strong><em>état proxénète</em></strong>. Légaliser ne déresponsabilisera pas l&#8217;état mais, au contraire, le responsabilisera et requerra indubitablement l&#8217;implication de ses infrastructures. S&#8217;il s&#8217;agit simplement de se croiser les bras et de blanchir les activités pégreuses en cours, en espérant qu’elles accèderont graduellement à la respectabilité puis, bien éventuellement, à quelque forme de décence, alors là, non merci&#8230; C&#8217;est ici un axiome: <strong><em>pas de légalisation de la prostitution sans état proxénète.</em></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">La «tradition» (excusez l’ironie involontaire) de l’alcool et des jeux guide pourtant clairement la voie à emprunter sur la question des drogues récréatives et de la prostitution. Sur ces questions, pour l’état, <strong><em>légaliser c’est légiférer</em></strong> et légiférer ici, c’est prendre le service en charge dans le cadre d’une structure étatique chapeauté par une loi spécifique et explicite. Il faut bien comprendre qu’on ne parle pas de droits de la personne de nature privée ou intime comme ceux couverts par le Bill Omnibus ou, autrefois, les mariages interethniques ou, aujourd’hui, le port des signes religieux visibles, là. On parle d’un corps d’activités lucratives, ardues et difficiles, ouvertement encadrées et tenues illicitement et illégalement pas le crime organisé. Si ce dernier n’est pas fermement contraint de passer la main à l’état proxénète, alors là, ça déconne complètement et alors là, oui, tristement, notre génération n’est pas encore prête pour une refonte de cette situation et est peut être aussi bien de passer son tour…</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Décriminalisation ou légalisation de la prostitution? Réponse: légalisation. N’utilisons pas la situation sociale des prostituées comme instrument hypocrite de promotion de l‘entreprise privée. <strong><em>C’est depuis la nuit des temps que les prostituées travaillent pour l’entreprise privée</em></strong>. On ne va pas mobiliser la saine et salutaire dissolution de la morale hypocrite et archaïque de jadis pour maintenir les prostituées dans leur condition. Oh, je suis bien conscient que l’attaque la plus ouverte sur la moralité publique/putride contemporaine, ce n’est pas celle qui approuve la prostitution mais… celle qui rejette l’entreprise privée. Sauf que, ce qui est est. Remettons nos canons moraux en question, mes bons. Les temps changent… Non à toutes les pègres, illégales OU légales. Oui à une industrie du sexe saine et sécuritaire et à une prise en charge collective des détails fins de la responsabilité sociale qui vient avec.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<div id="attachment_841" class="wp-caption aligncenter" style="width: 500px"><img class="size-full wp-image-841" title="prostitution" src="http://ysengrimus.wordpress.com/files/2009/08/prostitution.jpg" alt="Il faut légaliser et légiférer" width="490" height="368" /><p class="wp-caption-text">Il faut légaliser et légiférer</p></div>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Pourquoi donc les femmes abandonnent-elles leurs études avant les hommes? ]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/2009/03/31/pourquoi-donc-les-femmes-abandonnent-elles-leurs-etudes-avant-les-hommes/</link>
<pubDate>Tue, 31 Mar 2009 18:08:07 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[On observe de plus en plus et ce, partout (y compris dans le tiers-monde) que les filles réussissent]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span lang="FR-CA">On observe de plus en plus et ce, partout (y compris dans le tiers-monde) que les filles réussissent brillamment leurs études mais ne persévèrent pas dans leur formation académique et dans le cheminement professionnel qui s’ensuit. Pourquoi? Bon sang de bon soir, pourquoi? Dans l’ambiance généralisée d’indigence intellectuelle de ce temps, il faut se taper les explications proposées par certains de nos folliculaires. Tout est en question. Les hormones? Les grossesses? Les carences agressives de l’estrogène rendant inapte à la fatalité de l’espace compétitif? Oh, oh, calmons-nous… L&#8217;explication de la contradiction lancinante entre les résultats scolaires des filles (par rapport à ceux des garçons) et la non-durabilité de leur temps d’études n&#8217;est pas biologique mais historique, en ce sens qu&#8217;elle indique la crête d&#8217;un moment (cent ou cent cinquante ans à l’échelle de l’Histoire c’est un <em>moment</em>) de fracture historique. Par pitié, méfiez-vous de toute tentative d’explication de ce genre de problème académique ou intellectuel sur des bases biologiques, car c&#8217;est là une sinistre déviation réactionnaire. <a href="http://ysengrimus.wordpress.com/2008/07/03/male-alpha-foutaise-omega-contre-le-social-darwinisme-de-ce-temps/">Mâle Alpha</a>, à la niche…</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span lang="FR-CA">Le flux des changements historiques se compare à un immense incendie dans une plaine. La paille sèche brûle et cela soulève d’épaisses volutes de fumée. Longtemps après l&#8217;extinction des flammes vives de l&#8217;incendie, la fumée perdure et c&#8217;est seulement l&#8217;intervention d&#8217;autres forces (vent, pluie) qui en viennent à finalement la dissiper, alors que c&#8217;est la fin de l&#8217;incendie, et rien d&#8217;autre, qui la condamne au départ. Dans la division sexuelle du travail qui caractérise les dizaines de millénaires agraires d&#8217;où nous venons tous, la femme, en sa qualité de version humaine de la génisse reproductrice, fut restreinte à la maison et au potager tandis que l&#8217;homme gardait les troupeaux, faisait la guerre et montait à la conquête des citadelles matérielles et intellectuelles. Depuis le début du siècle dernier, l&#8217;incendie patriarcal est bel et bien éteint mais la fumée est encore fort épaisse. Irréversiblement libérées de la division sexuelle effective du travail rural par l&#8217;industrialisation puis, en notre temps, par la tertiarisation de la civilisation, les femmes ont cependant encore les yeux embrouillés par une fumée patriarcale (souvent soufflée dans leur visage par un papa effectif) dont les fondements socio-économiques se sont pourtant bien éteints. Les idéologies retardent. Dirons-nous assez que les idéologies retardent et que cela fait desdites idéologies des représentations retardataires du monde? Les femmes se font donc éventuellement rattraper par des priorités et des représentations de nature domestiques qui gagnent d&#8217;ailleurs en importance dans la société civile mais qu&#8217;on pose encore, pour elles, en une criante dichotomie (artificiellement maintenu par les priorités de production du capitalisme) avec leurs activités de nature académique. Elles quittent donc la citadelle «des hommes» (qui n&#8217;en est pourtant plus une) pour retourner vers celle «des femmes» (qui n&#8217;en est plus une non plus). Les vieux réflexes intellectuels perdurent, dans un monde matériel nouveau. Il y a encore fumée sans feu. Et cette contradiction fondamentale déchire tragiquement la vie de la femme moderne. Mais, comme on le constate de plus en plus, leurs résultats scolaires augmentent. Tiens donc, tiens donc, ils augmentent, par rapport à ceux de leurs mères et de leurs grand-mères… Cette augmentation de leurs compétences académiques ne vient pas de nulle part non plus et n’est en rien le fruit du hasard. C&#8217;est de fait un indice cardinal de la capacité croissante des femmes à s&#8217;intégrer dans les nouveaux cadres sociaux qui, inexorablement en évolution à leur avantage, ne les discriminent plus. La qualité de leur travail vrille donc son chemin au sein de  l’instruction et de la production et le jour viendra où leurs décisions subjectives archaïques tomberont, au profit de choix plus conformes aux capacités objectives qu&#8217;elles manifestent désormais sans ambivalence. <strong><em>Il ne faut pas se demander pourquoi les femmes se retirent encore des facultés malgré de bons résultats académiques. </em><em>Il faut plutôt se demander pourquoi elles ont soudainement de très bons résultats académiques malgré le fait qu&#8217;elles se retirent encore des facultés. </em></strong> Et la réponse, au problème ainsi remis sur ses pieds, est alors que, chez les jeunes femmes de notre temps, la propension <strong><em>OBJECTIVE</em></strong> à ne plus se retirer des facultés se met fermement en place <strong><em>DE PAR</em></strong> ces susdits résultats, indices polymorphe moins de la conformité scolaire des petits filles, comme certains voudraient tellement le croire, que de leur intérêt croissant pour les choses du vaste monde. La force objective de leurs compétences fissurera bientôt les idées anciennes. Ce qu’elles peuvent et ce qu’elles veulent se rejoindra, non sans introduire une profondes révolution de nos représentations intellectuelles et émotives au passage. C’est une simple question de temps. La réponse à ma question en titre est que les vieilles valeurs perdent graduellement prise face à la puissance du fait encore tout nouveau et tout chaud, devant l’histoire, de l&#8217;émergence sociale et intellectuelle de la femme.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span lang="FR-CA">Maintenant attention. En détruisant le vieux mode de production agraire, le capitalisme a imposé l&#8217;égalité objective de l&#8217;homme et de la femme. En ce sens, il est une étape décisive vers quelque chose comme le socialisme. Mais, comme dans le cas des <a href="http://ysengrimus.wordpress.com/2008/05/01/la-fin-historique-du-racisme/">discriminations sur fondement ethnique ou racial,</a> le capitalisme a aussi intérêt à perpétuer toutes les pratiques archaïques susceptibles de légitimer le profit et l&#8217;extorsion de la plus-value. Le mythe sexiste de la faiblesse intellectuelle ou matérielle des femmes est une de ces pratiques archaïques fort intéressantes pour le capitalisme. Si la femme travaille mais est moins qualifiée parce qu&#8217;ayant renoncé tôt à ses études, voilà, par transposition intellectuelle du vieux mythe, au réceptacle encore vivace, de la faiblesse physique de la femme, un prolétariat frais, compétent mais complexé, moins coûteux et fragilisé par la fumée de l&#8217;ancien mode de production qui l&#8217;étouffe encore. Le capitalisme voit que tout ce fatras réactionnaire et traditionaliste sur la femme est bon à prendre et n&#8217;oeuvre pas trop vite à parachever, dans les consciences, l&#8217;égalité en sexage qu&#8217;il a lui même imposée dans les faits, car, pour le capitalisme, dans sa logique socialement nivelante, égalité en sexage cela signifie égalité <strong><em>SALARIALE</em></strong> et rien d&#8217;autre. Le plus tard possible alors, dans la logique de notre cher Capi… Combien de chefs d’entreprise vous diront, sans faire de farces plates, qu’ils aiment embaucher des femmes parce que c’est une catégorie de personnel à la fois moins coûteux et plus fidèle à l’entreprise. L’entreprise investit des efforts fantastiques à perpétuer facticement les faiblesses et les douceurs dont elle entend profiter. Mais tout n&#8217;est pas joué, il s&#8217;en faut de beaucoup. Notre nouveau millénaire, je vous le redis, sera le millénaire de la femme. Et l’ordre qui va s’instaurer de par la mise en place, historique et collective, des femmes et des priorités intellectuelles et matérielles des femmes ne sera pas nécessairement un ordre entrepreneurial…</span></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[Le mariage homosexuel au Canada: vers l’inévitable choc de la primauté des droits]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/2009/03/15/le-mariage-homosexuel-au-canada-vers-l%e2%80%99inevitable-choc-de-la-primaute-des-droits/</link>
<pubDate>Sun, 15 Mar 2009 12:44:52 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[Au Canada, les homosexuels se marient. Notre carte nationale est intégralement arc-en-ciel et ce, de]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Au Canada, les homosexuels se marient. Notre carte nationale est intégralement arc-en-ciel et ce, depuis le début du siècle. Nous sommes le quatrième pays au monde ayant pris ce tournant décisif (coiffé au fil d’arrivée uniquement par les Pays-Bas, par la Belgique et, de l’épaisseur d’un cheveu, par l’Espagne). Nous sommes le premier (et pour l’instant, le seul) pays des Amériques à respecter et à protéger juridiquement l’intégralité de l’amour. Même nos politiciens conservateurs, pense-petits, vétillards, démagogues et rétrogrades, n’osent plus soulever la question de la définition du mariage et les diverses tartufferies afférentes. S’ils osaient, ils se mettraient à dos et le Canada juridique, roide et sourcilleux, qui interprète notre ci-devant charte des droits, et le Canada libertaire, débridé et séditieux, qui prendrait sans hésiter la rue sur cette cause, surtout dans nos trois pétales de villes: Montréal, Toronto, Vancouver.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<div id="attachment_854" class="wp-caption aligncenter" style="width: 262px"><img class="size-full wp-image-854" title="gay-flag-Canada" src="http://ysengrimus.wordpress.com/files/2009/03/gay-flag-canada.gif" alt="L’affaire du mariage homosexuel est close au Canada… juridiquement, s’entend" width="252" height="294" /><p class="wp-caption-text">L’affaire du mariage homosexuel est close au Canada… juridiquement, s’entend.</p></div>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">L’affaire du mariage homosexuel est donc close au Canada… juridiquement, s’entend. Ethno-culturellement, c’est une toute autre histoire. Le multiculturalisme canadien paie, particulièrement sur cette question importante, le prix de sa non prise en compte de la tangible possibilité des dérives communautaristes. Certains de nos compatriotes planétaires viennent de régions du monde encore profondément patriarcales et où l’homophobie est purement et simplement une norme d’acier, implicite, évidente, sereinement dogmatique. Un enseignant de souche africaine d’une école secondaire du grand Toronto faisait récemment la promotion de la diversité des orientations sexuelles, en stricte conformité avec le programme académique de la province canadienne de l’Ontario. Un de ses élèves, de souche africaine aussi, lui annonça intempestivement que, s’il parlait comme ça de l’homosexualité en la valorisant, c’est qu’il n’était pas un vrai africain… Il y a aussi le cas de ce jeune homme, libanais de seconde génération, musulman, que sa mère a surpris au lit avec un autre homme… et qui, depuis le sermon unilatéral, rigide, sectaire et parfaitement illégal (couperosé notamment de menaces de mort) qu’elle lui a servi, craint que ses droits canadiens ne le mènent directement en «enfer»… Notons, et c’est absolument capital, que la dérive communautariste ne se restreint aucunement aux néo-canadiens. Nos bons compatriotes du cru, alors là, comprenons-nous bien, ne sont pas en reste. On peut ainsi mentionner ce jeune catholique de souche que son école catholique de souche a voulu empêcher d’aller au Bal de Graduation avec son amoureux, tout aussi catholique de souche. Ces deux là, certainement moins impressionnables que ne l’auraient été certains de nos compatriotes immigrants, sont allés dare-dare devant les tribunaux et ont eu gain de cause… juste à temps pour le bal. La charte canadienne des droits et libertés prime, en terre canadienne, sur les diktats des cultes et des sectes que notre multiculturalisme, tout aussi canadien et, il faut bien le dire, passablement élastique, autorise pourtant, malgré tout… et fort paradoxalement.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Il est clair, il est criant, il est patent qu’un jour ou l’autre, le choc de la primauté des droits va vraiment claquer sec sur cette question incontournable. Nos réactionnaires canadiens de souche, catholiques irlandais, italiens, canadien-français, et protestants anglais, écossais, loyalistes (dont les deux cultes sont, trois fois hélas, protégés par la vieille constitution canadienne de 1867) vont, à un moment ou à un autre, établir leur jonction «solidaire» (de la solidarité calculatrice des causes circonscrites) avec nos réactionnaires néo-canadiens patriarcaux, issus de tous les coins du monde, musulmans, hindous, juifs, sikhs, pour chercher de nouveau à coller l’homosexualité masculine et féminine (ainsi, corollairement, que l’égalité essentielle des hommes et des femmes) au mur. En visite, il y a quelques années, dans un grand pays dont je tairai ici le nom (il ne s’agit pas de cibler un groupe ethnique ou un autre mais bien de cerner un problème de principe), le premier ministre du Canada de l’époque de la mise en place du mariage homosexuel s’est fait niaiser et ridiculiser par des officiels bien couillus et bien railleurs qui se payaient sa poire en se tenant les côtes parce qu’il venait d’un pays où les gens de même sexe se marient. Notre premier ministre, modeste et discret comme tout premier ministre canadien terne et blême qui se respecte, n’était pas chez lui. Il a donc écrasé le coup sans faire de vague… fournissant ainsi, en fait, sans malice, l’exemple à suivre, en ces temps de transition de la grande plaque tectonique des mentalités. Simple. À Rome, il a fait comme les Romains…</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Il va, un jour, falloir promouvoir cet exemple sous notre beau drapeau unifolié nunuche et mollasson, et choisir son camp. On va un jour, c’est triste mais c’est comme ça, devoir dire à certaines personnes: à Rome, eh bien… vous faites comme les Romains.<strong><em> Si vous aspirez à vire en ce pays, à bénéficier de son mode de vie et de ses libertés si durement acquises, il va falloir respecter… son mode de vie et ses libertés si durement acquises</em></strong>. Il va falloir, un jour ou l’autre, le dire. C’est d’autant plus douloureux, emmerdant, contrariant, que <a href="http://ysengrimus.wordpress.com/2008/06/16/le-chene-et-le-roseau-pourquoi-l%E2%80%99epanouissement-identitaire-serait-il-un-communautariste-pourquoi-le-repli-identitaire-serait-il-un-multiculturalisme/">le multiculturalisme est aussi une valeur canadienne</a> et que de devoir l’écorner ainsi ne se fera pas sans arguties, jonglages et dilemmes divers. Mais bon, la liberté d’expression pleine et entière aussi est une valeur canadienne, et cela n’en rend pas la propagande haineuse, le racisme, l’antisémitisme plus légitimes ou légaux. Il faut ajuster, accommoder et surtout, trancher sans faillir ce nœud gordien du paradoxe du choc des droits… Racisme: non. Sexisme: non. Homophobie: non. Fin du drame. J’avale alors la pilule et me console comme suit. Si nos compatriotes néo-canadiens passionnels provenaient de quelque république communiste rouge vif, ils se feraient dire, vite fait bien fait, d’écraser le coup avec leur doctrine prolétarienne libertaire et de respecter le bon capitalisme canadien ronron, en la ravalant, en vitesse, leur petite conception trublionne de la lutte des classes&#8230; Le souci multiculturel de nos sophistes juridiques unifoliés prendrait le bord de la sortie sans complexe, face à des cocos utopiques aux idées sociales élargies. Et, alors, alors seulement, le choc de la primauté des droits ne soulèverait pas le dixième des arguties que nous imposent notre complaisance, aussi excessive que suspecte, devant le tataouinage abscons des cultes, le byzantinisme veule des sectes, la tyrannie rigide des croyances irrationnelles et le flafla bringuebalent des temples portatifs. Conclueurs, concluez.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Voici donc ma prise de parti. Limpide. L’égalité essentielle des hommes et des femmes et l’intégralité des droits, matrimoniaux, parentaux et comportementaux, des personnes de toute orientation sexuelle prime, au Canada, sur toute autre croyance ou diktat. L’égalité des hommes et des femmes et la diversité des orientations sexuelles sont des droits fondamentaux, axiomatiques, inaltérables, inaliénables. Ce sont des droits de la personne, au sens le plus crucial du terme. Quiconque veut vivre au Canada doit respecter ces droits en toutes circonstances, comme nous nous devons tous de respecter l’égalité des races, l’égalité des chances et le droit à la libre expression. Il n’est pas possible de s’adapter convenablement en terre canadienne sans intérioriser la complète symétrie des droits hétérosexuels et homosexuels et l’intégrale égalité des hommes et des femmes. Ces droits priment sur toutes autres croyances, convictions ou valeurs.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Et… le monde entier, un jour, comprendra cela. Je demeure, l’un dans l’autre, optimiste.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Ce que Michelle Obama symbolise]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/2009/03/01/ce-que-michelle-obama-symbolise/</link>
<pubDate>Sun, 01 Mar 2009 12:46:28 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[Dans la mise en place de la symbolique présidentielle en cours aux USA, Madame Michelle Obama joue u]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Dans la mise en place de la symbolique présidentielle en cours aux USA, Madame Michelle Obama joue un jeu fin, subtil, délicat, audacieux, et elle le joue sciemment. Elle travaille à la démonstration du fait qu’il est possible d’être à la fois “maman” et socialement affirmée et qu’une pleine appropriation non-sexiste des rôles traditionnels de la femme est viable. Il y a, de fait, des femmes qui s’identifieront profondément à cette dynamique dualiste et ce n’est pas, il faut l’admettre en toute impartialité, plus aventureux que ce que font certaines de nos dirigeantes d’entreprise… Il faudra voir ce qui en découlera et si une perspective progressiste effective sera mise sur rail par une telle option. C’est bel et bien là une autre des gageures “improbables” de l’aventure ultra-centriste des Obama… Fondamentalement il ne s’agit pas ici d’une question privée ou personnelle mais bel et bien d’un problème d’image publique. La posture de <strong><em>Première Dame</em></strong> case sa dépositaire dans une coche ET publique ET traditionnelle, donc, inévitablement, fondamentalement paradoxale, pour toute femme de sensibilité moderne et moderniste. C’est un problème, c’est même potentiellement assez ennuyeux. Il faut surveiller attentivement ce que Madame Obama fera de cette stature ambivalente et ce qui en adviendra à l’usure du temps. Mais le moins qu’on puisse en dire pour l’instant sur son compte est que sa compréhension de la situation est maximale et que le tout de la joute symbolique se joue, de fait, autour du fameux enjeu de la conciliation travail/famille, si sensible en notre temps.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">On peut dors et déjà observer que Madame Sarah Palin, en 2008, tenta aussi, dans le corps de sa stratégie de communication électorale, de miser à fond sur ladite question de la conciliation travail/famille, mais, dans son cas, ce fut une déception intégrale, pour des raisons bien plus systémiques qu’on ne le pense. Madame Palin se posait en figure politique au sens classique du terme, pas en Première Dame. Or, le fait est que les femmes seront beaucoup plus douées comme leaders socialistes. Les politiciennes de droite, comme Sarah Palin, vivent une contradiction insoluble entre les valeurs progressistes que les femmes font émerger de par leur impact de masse dans la société civile et les intérêts réactionnaires qu’elles servent «littéralement» comme politiciennes de droite. <a href="http://ysengrimus.wordpress.com/2008/07/23/la-culture-intime-des-femmes-nuit-elle-aux-femmes/">La culture intime des femmes n’est pas très compatible avec le capitalisme, l’arrivisme et l’égoïsme</a>. La femme politique, encore rare aujourd’hui, procède en fait de la politique de demain… et demain viendra, pour sûr. Sauf que, pour le moment, Sarah Palin, en super-maman avec bébé dans un bras et ordinateur portable dans l’autre, véhiculait les valeurs d’un chapitre déjà écrit par les femmes de ce temps. La position latérale de Michelle Obama, dans notre espace symbolique de représentation du pouvoir visible, fait qu’elle contourne l’écueil que Sarah Palin frappa de plein fouet, celui des fameux deux quarts de travail de la femme, professionnelle et mère de famille…</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Le précédent siècle a produit, surtout dans le Tiers-monde d’ailleurs, son lot de figures politiques féminines majeures, Margaret Thatcher, Golda Meir, Indira Ghandi, <a href="http://ysengrimus.wordpress.com/2008/04/29/la-bhuttocratie-aux-oubliettes/">Benazir Bhutto</a>, Corazon Aquino, Isabel Perón … Il ne s’agit pas ici de dire qu’il n’y a pas eu de femmes politiques au siècle dernier. Sauf que ces pionnières ont en fait établi leur position pour avoir su endosser les valeurs des hommes mieux que les hommes. Leur talent est une émanation directe de la discrimination qui bloqua leurs semblables. C’est comme pour Barack Obama lui-même. Le premier président noir sera un génie politique, qui se sera rendu au sommet <strong><em>malgré</em></strong> l’épais filtre discriminatoire qu’il aura justement su crever de par son talent… Ceci dit, on ne fait pas une féminisation des représentations politiques globales de toute une civilisation avec les <em>success story</em> ad hoc de Mesdames Thatcher, Meir, Ghandi et alii. La <strong><em>Femme Politique</em></strong> au sens fort de ce terme, avec un impact ethnologique effectif du fait féminin et une montée réelle de ce dernier dans les sphères de pouvoir, ça, ce sera pour ce siècle-ci. Car la femme politique de demain reflétera l’impact de masse croissant des femmes dans la joute politique. Sarah Palin tâtonna dans cette direction, mais son action procédait plus de la manipulation démagogique du pouvoir de masse féminin, par des combattants d’arrière garde, que de la mise en place effective des valeurs sociopolitiques des femmes. Hillary Clinton, pour sa part, défaite d’investiture oblige, prend simplement la place ordinaire qui lui revient dans les sphères supérieures, comme Mesdames Albright et Rice avant elle, sans moins, sans plus. Une femme politique majeure, dotée d’un impact symbolique profond, ce sera donc pour la prochaine fois, mais cela s’en vient… Et, pour l’instant, on peut, en fait, se demander si Michelle Obama ne marque pas, dans cette direction, une avancée plus fondamentale que les politiciennes effectives du siècle dernier ou même de ce siècle-ci… Car, indubitablement, Michelle Obama les positionne, elle, ces valeurs féminines de fond, à l’épicentre de l’espace symbolique du pouvoir politique…</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Pour commencer à voir un peu comment ça se passe, un autre petit fait intangible doit être signalé, dans la dynamique symbolique se mettant en place ici. La fille de JFK, Caroline Kennedy, a ouvertement renoncé à devenir sénatrice de l’état de New York, l’ancienne position de Madame Clinton. Le symbole du renoncement d’une figure de l’ampleur de Caroline Kennedy est à la fois fort et subtil. Désormais, ce ne sont pas vos liens de famille (comme dans le cas des Bush) si prestigieux fussent-ils qui vous positionnent politiquement, mais vos compétences effectives. Il est fini, du moins pour l’instant, le temps glauque de la figure politique fantoche en pilotage automatique par ses sbires et conseillers. La remythologisation du politique (qui en a bien besoin) est à ce coût… Et, encore une fois, dans cet espace de représentation, Michelle Obama joue son instrument en solo et le joue juste. Elle <strong><em>n’est que</em></strong> Première Dame, l’assume et est là pour voir au maintient de la cohésion familiale et matrimoniale sous le poids écrasant des tâches. L’implication de Madame Marian Robinson, sa mère, dans l’aventure, donne un écho stéréophonique indubitable à la doctrine et aucune ambivalence n’est possible. Ces deux femmes tiendront leur place ancienne avec une solidité de femmes modernes. Il n’y aura pas de passe-droit politicien sur la base d’un quelconque copinage familial pour Michelle Obama.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Ainsi, quand on interroge Michelle Obama sur les positions politiques de son mari, elle répond, sans tergiverser: <em>je ne suis pas sa conseillère politique</em>. Une trajectoire en dérapage calculé, sur deux tableaux, à la Hillary Clinton, est donc fermement et sereinement exclue. Mais, par contre, quand Barack Obama déclara, pendant la campagne présidentielle de 2008, qu’il ne ferait pas de petite politique au rabais avec les ennuis familiaux de Sarah Palin, parce que les enfants et tout ce qui les concerne sont extérieurs à ce qui se joue dans l’arène politique, Michelle Obama eut ouvertement ce mot:<em> C’est ce genre de position qui fait que je suis fière de mon mari, que je l’aime et que je sens que quelque chose de nouveau sera introduit par lui dans notre vie publique</em>. On retrouve donc une femme qui endosse un homme pour l’harmonie profonde qu’elle ressent pour l’intelligence de son action et pour la stature et la cohérence de sa vision des questions sociales et familiales. Femme de ce temps, s’il en est… Il faut absolument aussi mentionner le rapport à la mode vestimentaire. Michelle Obama contourne encore une fois, toujours aussi adroitement, un autre écueil, un redoutable, celui-là. Elle ne deviendra pas la carte de mode abstraite, mondaine, élitaire et distante que fut Jacqueline Kennedy. Madame Obama alterne tenues modestes et sens original et frondeur du décorum. On la qualifie déjà de <em>non-icône de mode</em> et on investit haut et fort cette désignation nouvelle comme non péjorative. De la tenue, aux interventions publique et jusqu’à la sémiologie visuelle du geste et de la posture, Michelle Obama sait exactement ce qu’elle fait. Elle marche en avant, ses enfants bien groupés sous ses ailes. Et vingt pieds plus loin, Barack Obama marche seul, contemplant, devant lui, le petit groupe de ses amours sublimes tout en cogitant les affaires de l’état. L’image est saisissante d’originalité, de force, de relief novateur et incongru.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Toute une tradition solide, à la fois tutélaire et discrète, de maternité afro-américaine définit symboliquement Michelle Obama. Le président Obama lui-même, d’ailleurs, procède discrètement de cette dynamique. C’est, de ce point de vue, un homme très moderne, profondément et sereinement marqué par les figures maternelles. Sa mère (monoparentale) d’abord, puis sa grand-mère, puis la mère de Michelle Obama, puis Michelle Obama elle-même, comme mère, de surcroît, de deux jeunes filles. Le service symbolique, si je puis dire, est de fait mutuel. Michelle Obama incarne, majestueusement et solidement, la volonté politique ferme et inconditionnelle de son mari de recentrer l’Amérique sur ses affaires domestiques, santé, éducation, travail, famille. Tous ces éléments combinés font que la stature de Michelle Obama est unique et solidement connectée à l’âme populaire américaine, dans ce qu’elle a de progressiste autant que dans ce qu’elle a de traditionnel. Toutes les femmes américaines s’identifient déjà profondément à cette figure, se tenant tout juste à la bonne distance de son homme, qui, lui, comprend et admire son importance et sa force. Michelle Obama, c’est une Évita Perón (plutôt qu’une Isabel Perón, pour ceux qui saisiront la nuance), à la puissance mille, et à la mode sociale de ce temps. Et la synthèse symbolique du message est nette. <strong><em>Je m’occupe de nos enfants. Je sers de modèle de bonne tenue et de conscience sociale à nos filles. Je vois à ce qu’elles fassent leur lit, même à la Maison Blanche. Et, croyez-moi, j’en ai plein les bras. Cela ne me diminue en rien. On a affaire ici à un travail d’équipe et encadrer la vie civile des enfants, dans l’existence sociale contemporaine, est une tâche cardinale, cruciale et hautement méritoire. Je ne tourne pas le dos à la vie professionnelle. Je ne suis pas une femme rétrograde mais je ne suis pas une femme complexée non plus, et ma définition du professionnel et du familial n’est pas restrictive. Si je tourne le dos à quelque chose, en fait, c’est à la définition traditionnelle (et masculine) de l’étanchéité rigide entre enjeux professionnels et enjeux familiaux</em></strong>. C’est un jeu vraiment très délicat qui se joue ainsi et Michelle Obama le joue sciemment, ouvertement, frontalement. Elle a l’intelligence, le charisme et la subtilité intellectuelle de comprendre parfaitement ce qu’elle fait et d’assurer, solidement et sans déviation décadente ou autres, l’intendance de ce qu’elle représente. La réflexion enclenchée par ce que Michelle Obama symbolise pourrait imposer à nos conceptions, y compris à nos conceptions féministes, les plus importantes, les plus cruciales de toutes sur cette question, un redéploiement intellectuellement riche, mentalement stimulant et socialement utile. Les autres Premières Dames américaines introduisaient passivement un corps de valeurs implicites. Michelle Obama ouvre activement un espace explicite de débat. Son impact symbolique est hautement inusité et, de ce point de vue, indubitablement sans égal.</p>
<div id="attachment_826" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><img class="size-full wp-image-826" title="Michelle Obama" src="http://ysengrimus.wordpress.com/files/2009/03/michelleobamaetenfants.jpg" alt="Je m’occupe de nos enfants. Je sers de modèle de bonne tenue et de conscience sociale à nos filles. Et, croyez-moi, j’en ai plein les bras." width="600" height="543" /><p class="wp-caption-text">Je m’occupe de nos enfants. Je sers de modèle de bonne tenue et de conscience sociale à nos filles. Et, croyez-moi, j’en ai plein les bras...</p></div>
</div>]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[De la distinction entre pornographie et érotisme]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/2008/10/15/de-la-distinction-entre-pornographie-et-erotisme/</link>
<pubDate>Wed, 15 Oct 2008 17:16:35 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[Mon dernier recueil de contes (paru en décembre 2008 aux Éditions Jets d’Encre) comprend quatre cont]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span lang="FR-CA">Mon dernier recueil de contes (paru en décembre 2008 aux <a href="http://www.jetsdencre.fr/lng_FR_srub_9_iprod_74-Contes-factuels--erotiques--sardoniques.html">Éditions Jets d’Encre</a>) comprend quatre contes érotiques. C’est donc certainement le moment ou jamais de clarifier <strong><em>la distinction que j’établis entre pornographie et érotisme</em></strong>. Cette distinction n’est ni morale, ni axiologique, ni manichéenne. Il serait parfaitement inepte et non opératoire de dire, par exemple, que l’érotisme, c’est la pornographie qu’on approuve moralement et que la pornographie, c’est l’érotisme qu’on réprouve moralement. Il se passe quand même quelque chose d’autre que cela, il faut le dégager, et ce genre de tautologie moraliste ne nous sert de rien. Le fait est que pornographie et érotisme sont tous les deux inévitablement dérangeants et éprouvants, chacun à leurs manières, tant pour les acteurs, les auteurs que pour l’auditoire. Je préfère l’érotisme à la pornographie, surtout en matière d’écriture (ainsi que de sculpture, de cinéma et de peinture) mais c’est une préférence strictement personnelle et le jugement fermement négatif que je porte sur la pornographie procède plus d’une réprobation du cynisme arriviste et de la cruauté insensible de l’industrie pornographique envers ceux et celles qu’elle exploite que quoi que ce soit d’autre. Je n’ai pas de problème particulier avec la pornographie numérique naissante, par exemple, dont il sera certain qu’elle ne détruira pas de vies humaines vu que les animatrons numériques ne se dégradent pas vraiment sexuellement (comme les personnages des jeux vidéo de mes fils ne s’entretuent pas effectivement – ce que mes fils savent parfaitement).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span lang="FR-CA">La distinction que j’établis entre pornographie et érotisme opère, si vous m’excusez la formulation, au niveau philosophique. C’est une distinction que je considère fondamentale, générale et principielle. Elle caractérise moins deux réalités que deux tendances au sein d’une réalité unique: la représentation de l’activité sexuelle et/ou intime humaine, dans une culture donnée. Même si cela n’est pas formulé aussi explicitement qu’ici chez eux, j’ai la froide certitude que le marquis de Sade, Pauline Réage, Kundera et Nabokov faisaient opérer, dans leurs productions artistiques, les catégories descriptives que je vais exposer ici. Partons d’abord de ce qu&#8217;érotisme et pornographie ont en commun: ils impliquent un tiers qui observe. C’est un spectacle, une mise en scène des activités sexuelles ou intimes et de leurs multiples variations, au bénéfice d’un observateur. Dans notre activité sexuelle effective, il n’y a plus ni érotisme ni pornographie… sauf si le jeu amène un des partenaires, ou les deux, ou un tiers à se constituer en observateur. Quand on parle d’érotisme et de pornographie, on parle nécessairement d’une œuvre artistique ou médiatique (réussie ou ratée, exaltante ou dégradante, géniale ou niaiseuse, là n’est pas la question). Érotisme et pornographie sont les deux ballottements tendanciels zébrant, traversant, chamarrant la représentation de l’activité sexuelle et/ou intime humaine. Un film, une sculpture, une peinture, un roman seront érotiques ou pornographiques. Un traité de sexologie, non. Il sera simplement descriptif. Une relation sexuelle, non. Elle sera simplement effective. Qui dit érotisme, pornographie dit <em>show</em>…</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span lang="FR-CA">La distinction maintenant. Elle est absolument cruciale et oppositive (une opposition dialectique en fait) et s’établit ainsi. <strong><em>La pornographie réifie les êtres humains. L’érotisme fétichise les objets (tout en restant centrée sur une intimité humaine)</em></strong>. L’opposition fondamentale qui opère ici est celle des deux grandes pratiques intellectuelles et mentales du capitalisme (dégagées et articulées par Karl Marx). <strong><em>Réification</em></strong> (chosification de ce qui est humain) et <strong><em>Fétichisme</em></strong> (humanisation de ce qui est chose). Réifier, c’est donc prêter certaines caractéristiques non humaines à une réalité humaine. Ainsi quand vous vous «vendez» lors d’une recherche d’emploi par exemple, et dissertez fermement (et légitimement) sur le salaire que vous «valez», vous vous réifiez, vous vous traitez en chose, en marchandise, en machine–outil susceptible de produire et de réussir certaines opérations circonscrites. Inversement, fétichiser, c’est prêter certaines caractéristiques humaines à une réalité non humaine. Un fétiche au départ, c’est une petite statue façonnée dans le bois ou la pierre et… après l’avoir confectionnée nous même, on lui parle et lui impute un ascendant familial ou tribal comme si une dimension humaine lui était désormais accolée de par l’essence de son être.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span lang="FR-CA"><em>Réification du travailleur</em> (il devient une marchandise dans une mise en circulation de valeurs qui nivelle ses spécificités humaines, n’y voyant que la machine – la machine à baiser, à performer, à affecter la jouissance dans le cas spécifique de l’industrie pornographique). <em>Fétichisme de la marchandise</em> (qui soudain, en temps de panique boursicoteuse, investit l’Or, la Terre ou le Pétrole de vertus quasi divines, hyper-humaines en fait – dans le cas de l’érotisme on peut penser aux bottes, couvertures, foulards et autres attributs vestimentaires, adorés comme s’ils vivaient – le fétichisme sexuel, au sens classique du terme).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span lang="FR-CA">La pornographie réifie (chosifie). L’érotisme fétichise (humanise). Notez que, même chez ceux et celles qui le formulent de façon embryonnaire, le jugement moral porté sur la pornographie procède de cette distinction fondamentale. Dans l’érotisme, l’humain reste humain (ce sont même ses objets qui s’humanisent – mais ceci peut demeurer strictement un corollaire) et la communion des corps révèle et donne chair à la communion des être. Dans la pornographie, l’humain devient chose comme ses choses (et ceci, dans ce cas-ci, n&#8217;est <em>jamais</em> un corollaire). Se faire traiter comme une chose est perçu comme globalement dégradant, d’où la répulsion généralisée pour la porno, répulsion que je partage privément d’ailleurs, mais sans juger le phénomène sur la base de dogmes moraux abstraits.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span lang="FR-CA">Bon, exploitons quelques exemples. Un des traits saillants de la pornographie est cet isolement de zones corporelles. On vous montre un cul, une poitrine, une bite qui s’agite. On sépare ces objets de la personne qui est au bout. Les volumes, les quantités, les formes sont de la plus haute importance. N’épiloguons pas. Chosification suprême: les acteurs et les actrices pornos sont admirés et valorisées en fonction de capacités qui seraient celles de machines inertes. Telle actrice est admirable pour son «talent» à prendre deux bites dans le cul et deux bites dans le con simultanément sans lâcher prise (c’est-à-dire, ici, fondre en larme ou hurler de souffrance). D’autres durent longtemps. D’autres récupèrent vite. Bon&#8230; euh&#8230; etc&#8230; On commente ces aptitudes comme on commenterait celles d’une rotative, d’une <em>mule-jenny</em>, ou d’une génisse de concours agricole. Fondamentalement bourgeoise, commerçante, quantitative, comp</span><span lang="FR-CA">é</span><span lang="FR-CA">titive, la pornographie assure l’intendance d’un cheptel de choses-machines.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span lang="FR-CA">Pour les exemples concernant l’érotisme, arrêtons nous simplement à certains titres d’œuvres érotiques majeures. <strong><em>L’insoutenable légèreté de l’être</em></strong> (pas <em>la tripotable légèreté du nichon</em>). <strong><em>La philosophie dans le boudoir</em></strong> (pas <em>la fellation ostentatoire dans le boudoir</em>). C’est autre chose qui se passe ici. Des catégories mentales profondes (être, philosophie) accompagnent des particularités physiques et des espaces (la légèreté, le boudoir), les humanisant de ce fait. Qui n’a pas frissonné en entrant dans un boudoir à cause de ce beau titre obs</span><span lang="FR-CA">édant </span><span lang="FR-CA">du marquis de Sade? Il a <em>fétichisé</em> le boudoir pour la culture française, ce gogo l</span><span lang="FR-CA">à</span><span lang="FR-CA">, ce qui n’est pas peu dire. Le titre d’œuvres érotiques, comme le reste de leur déploiement, engage un mystère humain et humanisant qui nous tourmente d’une tourmente non pas physique mais mentale<strong><em>. Histoire d’O</em></strong>… <em><strong>O</strong></em> pour orgasme? <em><strong>O</strong></em> pour orifice? <em><strong>O</strong></em> pour orgie? <em><strong>O</strong></em> pour obéissance? <em><strong>O</strong></em> pour ostentation? <em><strong>O</strong></em> pour obsession? <em><strong>O</strong></em> pour Odile (ou tout autre nom de femme commençant par cette lettre)? Mystère ondoyant. Possibles insondables. Frisson exaltant. L’implicite érotique laisse deviner et force l’activité humaine (mentale, au premier chef) que l’explicite pornographique retire des corps et des organes-choses d’acteurs et d’actrices sans noms qui s&#8217;agitent sans interagir.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span lang="FR-CA">La porno porte sur la chose. L’érotisme porte sur l’être. Bonne lecture…</span></p>
<div id="attachment_776" class="wp-caption aligncenter" style="width: 410px"><img src="http://ysengrimus.wordpress.com/files/2008/10/toulouse-lautreclebaiser1892.jpg" alt="Le Baiser (Henri de Toulouse-Lautrec, 1892)" title="Toulouse LautrecLeBaiser1892" width="400" height="298" class="size-full wp-image-776" /><p class="wp-caption-text">Le Baiser (Henri de Toulouse-Lautrec, 1892)</p></div>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Le thaumaturge et le comédien]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/2008/09/12/le-thaumaturge-et-le-comedien/</link>
<pubDate>Fri, 12 Sep 2008 11:50:49 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[Dans LE THAUMATURGE ET LE COMÉDIEN (roman de 362 pages, paru en 2008 chez les Écrits francs), je sou]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span lang="FR-CA">Dans <em><strong><a href="http://www.lesecritsfrancs.com/catalogue.php">LE THAUMATURGE ET LE COMÉDIEN</a></strong></em> (roman de 362 pages, paru en 2008 chez <a href="http://www.lesecritsfrancs.com/accueil.php">les Écrits francs</a>), je soulève la question des répercussions émotionnelles de la mémoire historique. Le roman est en deux tableaux. Le premier tableau s’intitule <strong><em>le thaumaturge</em></strong>, le second tableau s’intitule <strong><em>le comédien</em></strong>. Dans le premier tableau l’histoire est racontée par une femme nonagénaire s’adressant à son arrière petite fille de sept ou huit ans, qui deviendra la narratrice de trente-six ans du second tableau. Les deux narratrices portent le même nom: <em><strong>Rosèle Paléologue</strong></em>. On a donc Rosèle l’ancienne et Rosèle la nouvelle. Le premier tableau est exalté et tragique. Il gravite autour de l’irruption, dans les sphères d’un pouvoir autocratique décadent, d’un thaumaturge, un homme médecine, un guérisseur esbrouffeur qui frime à fond son entourage. Le second tableau est ordinaire et insolite. Il gravite autour du comédien chargé de jouer le rôle du thaumaturge du premier tableau, dans un film historique. Les événements évoqués dans le premier tableau voient la montée du pays fictif où se déroule l’action, le <strong><em>Domaine</em></strong>, vers la conflagration révolutionnaire que le transformera en la <strong><em>République Domaniale</em></strong>. Les passions sont à vif, les tensions sociales, à leur paroxysme. Dans le second tableau, plus stable socialement, une troupe d’acteurs cin<span lang="FR-CA">é</span><span lang="FR-CA">matographiques cherche à mettre dans la boite un film de reconstitution historique aspirant à encapsuler les émotions et les passions décrites dans le récit du premier tableau.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:left;"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:left;"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span lang="FR-CA">Rosèle l’ancienne et Rosèle la nouvelle ne se racontent pas sur le même ton. Rosèle la nouvelle relate les mésaventures de la troupe travaillant sur le film qu’elle dirige sur le mode et le ton du journal quotidien. On partage ses angoisses, ses hésitations, ses coups de déprime, ses triches et ses bons coups. Rosèle la nouvelle est mariée à une femme qui est pour elle un facteur de stabilité intellectuelle, de chaleur humaine et d’amour pur. Quand Rosèle la nouvelle hésite, on hésite avec elle. Rosèle l’ancienne se relate plutôt sur le ton du témoignage testamentaire, du bilan de vie. Sa passion amoureuse, pour une femme aussi (interdite dans ce cas-ci, vu que c’est l’Ancien Régime), est une certitude d’acier, un absolu ultime. Il y a en elle la paix ferme et droite des personnalités modestes ayant réalisé tout naturellement de grandes choses, dans une phase historique favorable. Il y a aussi, en Rosèle l’ancienne, une gouaille rocailleuse, une férocité de ton, une intimité tranquille avec toutes ces personnes d’un ordre disparu, qui vivent encore en elle. Quand Rosèle l’ancienne voit son monde révolu se déployer devant elle, on le voit avec elle. Rosèle la nouvelle pourra-t-elle mettre cette vision en images? Elle écrit:</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span lang="FR-CA"><em>Ce long-métrage compte beaucoup pour moi. Je cherche à y capter en images un récit ancien qui me fut relaté dans mon enfance. Outre l&#8217;incroyable charge affective que représente en mon coeur le tournage d&#8217;un film sur mon arrière-grand-mère, dont le souvenir tendre et diffus m&#8217;obsède depuis des années, j&#8217;ai un autre problème qui, pour ce film spécifique, culmine, et atteint le niveau d&#8217;une crise aiguë. Ma belle Sylvane l&#8217;a bien cerné avant-hier soir en parlant d&#8217;un oscillement entre l&#8217;acteur et le comédien. Je tiens mordicus à la beauté visuelle du tableau, à l&#8217;harmonie bien dessinée des espaces, des volumes, des corps, et des visages des acteurs. L&#8217;image compte pour moi immensément. Elle est la vertu cardinale du cinéma. Mais je mise beaucoup, et de plus en plus, sur la force émotionnelle des comédiens, sur leur investissement entier dans le récit à construire, sur leur aptitude à intérioriser les ressentis à rendre. Aussi, pour les faire vivre ce qu&#8217;ils jouent, je n&#8217;hésite pas à imposer à mes acteurs de se placer en situation effective, quitte à attendre qu&#8217;ils sentent bien ce qu&#8217;ils ont à faire avant que la caméra ne se mette à tourner.</em></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span lang="FR-CA"><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">Torrentielle passion saphique de portée historique…<span style="color:black;"> <a href="http://www.lesecritsfrancs.com/catalogue_4.php">La compréhension et la perpétuation du mystère de l’amour peuvent-ils survivre aux changements d’époques?</a> Il n’y a pourtant pas d’histoire des émotions. Il n’y a que l’histoire des actions et des faits qui les engendrent. Pour que la Révolution ne soit pas perdue pour l’Histoire, faudra-t-il la refaite? Ros</span></span></em><span lang="FR-CA">è</span><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA"><span style="color:black;">le l’ancienne –qui l’a faite, elle, en toute simplicit</span></span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA"><span style="color:black;">é</span></span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA"><span style="color:black;">- n’est pourtant pas une jovialiste de la phase post-révolutionnaire. Elle dit à sa petite fille:</span></span></em></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span lang="FR-CA"><em>Crois-tu que nos historiens marchands m&#8217;auraient demandé mon compte rendu sur ce moment fatidique, crête ultime de la Magistrature Domaniale avant qu&#8217;elle ne plonge vers sa ruine finale? Penses-tu. On se contente de me faire animer des comités citoyens de raccommodeuses d&#8217;uniformes. Eh bien, ce compte rendu, le voici Rosèle, mon petit amour, juste pour toi.</em></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span lang="FR-CA">Avant de prétendre reconstituer l’Histoire, taisons-nous modestement un moment, et dépêchons-nous d’écouter attentivement le récit des témoins avant qu’ils ne disparaissent…</span></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Un narcissisme masochiste, ou plutôt un… un hédonisme contraint]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/2008/08/31/un-narcissisme-masochiste-ou-plutot-un%e2%80%a6-un-hedonisme-contraint/</link>
<pubDate>Sun, 31 Aug 2008 11:37:39 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
<guid>http://ysengrimus.wordpress.com/2008/08/31/un-narcissisme-masochiste-ou-plutot-un%e2%80%a6-un-hedonisme-contraint/</guid>
<description><![CDATA[Nous vivons des temps narcissiques. Les femmes ont beaucoup à y voir et les hommes emboîtent ouverte]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Nous vivons des temps <strong><em>narcissiques</em></strong>. Les femmes ont beaucoup à y voir et les hommes emboîtent ouvertement le pas. Jadis elle se faisait belle pour lui. Maintenant elle construit le tonus, le costume, le décors de beauté qui lui plait à elle, et lui, eh bien, il en fait partie du mieux qu’il peut… ou pas. Nous sommes entré à l’époque où la femme s’occupe d’elle-même et il n’y aura pas de retour en arrière. <a href="http://ysengrimus.wordpress.com/2008/04/29/mon-petit-macho-androhysterique/">Les nostalgiques de la femme soumise</a> resteront inexorablement sur le bord de la route vers l’Urb. Cela se joue désormais entre la femme et son miroir. Même si elle croit encore qu’elle se façonne ainsi pour le bénéfice et la joie de l’homme comme autrefois, elle se leurre. Il faut la décrire sans partager l’illusion qu’elle entretient sur elle-même. La corde phallocrate est cassée. La frustration des instances masculines à l’ancienne est de plus en plus tangible, face à cette nouvelle culture ordinaire en émergence. La meilleure preuve imaginable du fait que l’homme ne dicte plus le ton des choix des femmes, c’est justement qu’il emboîte le pas, un peu à la traîne. L’homme commence à s’installer devant le miroir aussi, hanté par cette batterie de nouvelles priorités. Les angoisses de l’apparence commencent à sérieusement le gagner aussi. La culture intime des femmes remporte un certain nombre de joutes. L’une d’entre elles est celle de la généralisation et du partage de ses angoisses. Et pourquoi pas? Pourquoi les femmes seraient-elles les seules à se polluer l’existence avec ces questions d’apparence? Il faut partager le fardeau, en quelque sorte, le répartir également (en attendant de le jeter par terre). C’est de bonne tenue. Qui plus est, la morale archaïque qui jugeait négativement le narcissisme est totalement hors jeu. Ce type vieillot de culpabilisation, personne n’en veut plus et à raison. Pensons-y froidement: qu’y a-t-il de mal à s’aimer soi-même. Qu’y a-t-il d’inadéquat à voir l’estime de soi comme un fondement de l’estime des autres? Notre temps répond: rien, et il a en partie raison, devant la logique ancienne. L’estime de soi n’a pas toujours été une valeur fondamentale. C’en est une maintenant. L’estime de soit fut longtemps subordonné à la soumission à la famille, à l’employeur, au pays. Ce n’est plus le cas. Le narcissisme pourrait être la grande pulsion libératrice de ce temps… s’il se contentait de jubiler et de jouir.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Or le narcissisme contemporain est hautement <strong><em>masochiste</em></strong>. Que voit la femme obnubilée dans son miroir? Une autre femme, qui n’est pas là parce qu’elle se pavane, faussement nonchalante mais en fait hautement manufacturée, sur les couvertures de revues et dans le déroulement des bandes d’actualité. Une autre femme que notre contrite au miroir juge, unilatéralement et sans vérification bien précise, mieux faite, mieux construite, mieux proportionnée, plus apte à faire émaner la beauté, à transmettre la jouissance. Les hommes suivent toujours. Ils suivent de plus en plus <a href="http://ysengrimus.wordpress.com/2008/07/23/la-culture-intime-des-femmes-nuit-elle-aux-femmes/">cette culture intime exacerbée et cruelle de la compétition</a> et de la terreur de la perte de l’image propre, adéquate, conforme. Ils ne la dominent plus mais la confirment toujours, y compris de par leurs sottes éructations. Narcisse avait au moins la décence d’aimer inconditionnellement le personnage qu’il voyait se refléter dans le lagon, qu’il prenait pour une femme d’ailleurs. Ici Narcisse se hait. Il ou elle se trouve trop ceci ou trop cela. On ne se contemple pas pour jouir de soi, on se contemple pour se subir, pour souffrir, pour chercher à se modifier. Où est-il passé le temps où Fonzi, le petit macho sans complexe de <em>Happy Days</em>, se plantait devant son miroir peigne en main pour se coiffer et… renonçait ostensiblement à le faire, jugeant sa crête de coq inaltérablement parfaite. C’était lui le narcissisme jubilant, apanage masculin suranné. Il accompagnait le phallocratisme dans sa période dorée. C’est terminé. Aujourd’hui, c’est la compétition exacerbée des corps, des normes, des mesures, des modèles. Les femmes se déchirent entre elles. Elles dénoncent ledit modèle comme on attaque le plus virulent des adversaires et, en même temps, elles aspirent à rencontrer des normes axiomatisées, abstraites, tyranniques, émanant du même adversaire. Elles se dénigrent entre elles, se démentent, se dénoncent, se contredisent, se tirent dans les pattes. Elles veulent et ne veulent pas se modiffier pour rencontrer l&#8217;axiome. Le double message se hurle dans la douleur des chairs.  Si je ne me reconfigure pas (chirurgicalement ou autrement), on ne va pas m&#8217;aimer. Si je me reconfigure (chirurgicalement ou autrement), ce ne sera plus vraiment moi qu&#8217;on aimera. Paradoxe insoluble pour une sortie abrupte de ja joie de vivre, sinon de la vie. Mais lancinant paradoxe d&#8217;une époque aussi. Maximale haine de soi répercutée en l&#8217;autre. Combien de nos Narcisses contemporains se sont retrouvé(e)s à hurler de frustration devant leur miroir, allant jusqu’à griffer ou à frapper à coups de poings rageurs la partie corporelle qui ne leur plait pas. L’individualisme contemporain aurait pu créer un vivier favorable et plaisant pour l’amour de soi. La compétition commerciale et l’obsession des modes et des conformités convertissent le tout en la plus cuisante des souffrances normatives. L&#8217;enfer de l&#8217;égocentrisme, c&#8217;est bel et bien toujours les autres&#8230;</p>
<p><img src="http://ysengrimus.wordpress.com/files/2008/08/femmeaumiroir.jpg" alt="femmeaumiroir" title="femmeaumiroir" width="439" height="327" class="aligncenter size-full wp-image-817" /></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">D’ailleurs parler de masochisme est partiellement fautif. Le masochisme a au moins la décence –si je puis dire- de tirer du plaisir de contacts physiques cuisants. C’est, l’un dans l’autre, une forme de sensualité, abrupte, brutale et surprenante, pas à la portée de tous les épidermes certes. Mais il reste que le masochisme est joyeux et assouvissant chez ceux et celles qui l’assument ouvertement. Ce que je décris ici est triste, rageur, frustré, dépité, morbide, malheureux comme les pierres. Je crois finalement qu’on a affaire à un <strong><em>hédonisme contraint</em></strong>. C’est la jouissance truquée par excellence de notre modernité de toc. Désormais, il faut faire dans le sexy, dans le (pseudo) sensuel, dans le séduisant, dans le pulpeux et l&#8217;onduleux, dans l&#8217;enviable, dans le prostitutionnel, quitte à se faire gonffleter les lèvres, les pectoraux ou la poitrine pour y parvenir. Les hommes absorbent toute sortes de substances suspectes pour se faire monter une soufflette d’Adonis manqué (ces pratiques, désormais, ne sont pas restreintes aux gyms et salles de musculation, il s’en faut de beaucoup). Les femmes, on n’en parle pas… la cruauté chirurgicale envers leur corps culmine, en nos temps comme jamais. Hédonisme de poseurs et de poseuses, sensualité de théâtre de carton pâte. Faux plaisir, jouissance absente. Frustrer et faire des jaloux et des jalouses est plus important que de ressentir un plaisir effectif. Ce n’est pas une orgie, c’est un défilé de mode, contrit et souffreteux. N’avez-vous donc jamais constaté que, dans un défilé de mode, absolument personne ne s’amuse?</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><strong><em>Narcissisme</em></strong> sans amour de soi. <strong><em>Masochisme</em></strong> qui souffre non pas pour jouir mais pour paraître et se refaire à l’image imagée de l’image imaginaire impossible. <strong><em>Hédonisme contraint</em></strong> (ce qui est une rude contradiction dans les termes). La libération sexuelle est une faillite. Elle nous a libéré de notre soumission de bouvillons et de génisses face au hobereau cultivateur et obtus de jadis, pour nous livrer, nu(e)s et désemparé(e)s, à la compétition urbaine, cynique, envieuse, insensible et exacerbée du capitalisme commercial et au vedettariat truqué de l’égocentrisme néo-inquiet… Pour le coup, la jouissance, le plaisir, <a href="http://ysengrimus.wordpress.com/2008/08/06/sur-la-beaute-feminine-mes-vues-sont-celles-du-crapaud-de-voltaire/">la beauté toute simple</a>, la vraie séduction du coeur, ce sera pour un autre jour…</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Homosexualité masculine et capitalisme]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/2008/08/13/homosexualite-masculine-et-capitalisme/</link>
<pubDate>Wed, 13 Aug 2008 12:30:14 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[Par rapport à la féodalité, le capitalisme est libérateur. Il fait éclater les vieux rapports de vas]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Par rapport à la féodalité, le capitalisme est libérateur. Il fait éclater les vieux rapports de vassalité, de métayage, de servage et leur substitue un engagement commerçant. L’esclavage disparaît avec l’ancien mode de production agricole (il laisse une trace idéologique que le capitalisme recycle: <a href="http://ysengrimus.wordpress.com/2008/05/01/la-fin-historique-du-racisme/">le racisme</a>), la division sexuelle du travail s’effiloche graduellement (elle laisse une trace idéologique que le capitalisme recycle: le sexisme) et, avec elle, les vieux schémas phallocratiques et paternalistes basculent dans l’archaïsme. Les anciens esclaves, les femmes (dans certaines portions du monde même les enfants) sont désormais salariés. L&#8217;égalité s&#8217;instaure graduellement, inexorablement. Par rapport à l&#8217;ancien ordre, tout est nivelé parce que monnayable. Une omniprésente inégalité, unique et constitutive, se maintient, en éliminant toutes les autres: celle de la quantité d&#8217;argent détenue et obtenue.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Les représentations idéologiques de nature féodale ne sont pas intégralement évacuées. De fait, comme la fumée après un grand incendie, l’idéologie traîne longtemps dans l’espace après l’extinction des conditions objectives de son engendrement. On peut même dire que la culture intime d’un groupe reste marquée par la phase historique de sa grandeur et que son idéologie en reste inévitablement durablement teintée. La période dorée laisse de la poussière d’or qui colle à la surface des idées nouvelles. L’hétérosexualité masculine connut son âge d’or sous la féodalité. L’homme homosexuel en ce temps était marginalisé, tyrannisé, éradiqué, rejeté, nié. L’homme hétérosexuel fleurissait dans la soumission de sa femme, de ses serfs et du clocher du village à sa loi et à son ordre. Encore aujourd’hui, l’homme hétérosexuel cardinal est celui qui se comporte en <strong><em>gentleman</em></strong>, ce qui implique un gestus, un ensemble de pratiques ordinaires, un ton, un style (singé ou surfait, naturel ou exagéré) directement hérités des temps féodaux et jouant toujours un rôle non négligeable dans la dynamique de séduction hétérosexuelle. L’amour courtois et ses photocopies contemporaines sont un culminement hétéro…</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Dans le torrent de tout ce qu’il libère, le capitalisme libère aussi l’homosexualité masculine. Tous les verrous de l’armure de masculinité du hobereau féodal sautent les uns après les autres et l’admiration, ouverte ou secrète, qu’il ressentait pour son propre groupe se modifie insensiblement. La proximité virile qu’il entretenait au sein de sa propre culture intime peut graduellement sortir de l’enclos circonscrit de la camaraderie strictement codée des cercles masculins et se débrider. Sur les quelques siècles qui nous voient passer du capitalisme industriel au capitalisme tertiarisé, commerçant, transnational, mondialiste et technologique de notre temps, l’homosexualité passe de la culture de résistance d’un Oscar Wilde et d’un John Keynes à la culture de masse des parades de la fierté gay et du <a href="http://ysengrimus.wordpress.com/2009/03/15/le-mariage-homosexuel-au-canada-vers-l%E2%80%99inevitable-choc-de-la-primaute-des-droits/">mariage homosexuel</a>.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<div id="attachment_852" class="wp-caption aligncenter" style="width: 470px"><img class="size-full wp-image-852" title="Gay-Pride" src="http://ysengrimus.wordpress.com/files/2008/08/gay-pride.jpg" alt="L’homosexualité devient un phénomène de masse sous le capitalisme." width="460" height="304" /><p class="wp-caption-text">L’homosexualité devient un phénomène de masse sous le capitalisme.</p></div>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">L’hétérosexualité fut un phénomène de masse sous la féodalité. L’homosexualité devient un phénomène de masse sous le capitalisme. Cette médaille a évidemment son revers. La culture homosexuelle masculine sera donc, face à l’Histoire, une culture profondément et intrinsèquement marchande. Elle sera marquée aux coins de l’individualisme, du <a href="http://ysengrimus.wordpress.com/2008/08/31/un-narcissisme-masochiste-ou-plutot-un%E2%80%A6-un-hedonisme-contraint/">narcissisme</a>, de la publicité, de la promotion de soi, de la compétition à outrance, de la mise en marché, de la surconsommation, du gaspillage, du cynisme insensible. Elle sera les USA du sexage, en quelques sortes. L’homme hétérosexuel s’engageait avec une femme et la trahissait crucialement en la trompant, car tout dans ses rapports de sexage procédait du lien, voulu éternel, s’établissant entre l’homme d’armes constant et la stabilité de la terre et du sain lignage du troupeau. L’homme homosexuel qui change de partenaires, temporairement ou non, ne transgresse aucun ordre. Il fait tout simplement rouler la marchandise. Il sélectionne un nouvel objet de plaisir, en évalue l’âge, le poids, l’attitude, la posture, le volume de la bite, les aptitudes de performance puis le consomme et jette après usage…</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Notons, et c’est très important, que, même après la chute de la féodalité, le sexage hétérosexuel continue de fleurir et entre même dans une vaste dynamique de désaliénation qui le mène vers le droit au divorce, le caractère facultatif du mariage, les pratiques anticonceptionnelles, une plus forte égalité dans le couple, un déclin de la soumission servile des enfants etc. (toutes ces caractéristiques sont des manifestations de la déféodalisation de la culture hétérosexuelle). L’hétérosexualité contemporaine vit sa phase post-impériale, post-hégémonique. Elle prend graduellement sa vraie place, plus modeste, non dominante, non exclusive, non normative, un peu comme la France après le Grand Siècle ou l’Angleterre après Victoria. C’est l’homosexualité maintenant qui vit les grandeurs et les affres de sa phase hégémonique. Aussi, il faut voir clairement ce qui se passe et le dire. Une bonne partie de la crise promiscuitaire, des jalousies compétitives et du cynisme insensible de l’homme homosexuel ne sont en rien des traits inhérents de l’homosexualité (comme cherchent à le faire croire maints réactionnaires mal avisés). Ce sont plutôt là <strong><em>des traits conjoncturels du capitalisme</em></strong>, contexte social d’émergence de l’homosexualité masculine comme culture de masse.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Que vive et fleurisse l’homosexualité masculine. Et surtout, vivement qu’elle se libère du mode de production marchand qui la distord, restreint sa portée, rapetisse son universalité, enfreint son épanouissement légitime et l’expose aux jugements discriminatoires et aux descriptions superficielles de ses détracteurs d’arrière-garde.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Sur la beauté féminine, mes vues sont celles du crapaud de Voltaire]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/2008/08/06/sur-la-beaute-feminine-mes-vues-sont-celles-du-crapaud-de-voltaire/</link>
<pubDate>Wed, 06 Aug 2008 12:51:57 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[Notre époque vit une véritable hystérie à la beauté physique et ce nouveau mal du siècle frappe de p]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Notre époque vit une véritable hystérie à la beauté physique et ce nouveau mal du siècle frappe de plein fouet les femmes. Je n’entre pas dans les détails chirurgicaux et autres. Le ton est donné par la folie de ce temps. <a href="http://ysengrimus.wordpress.com/2008/04/29/mon-petit-macho-androhysterique/"><strong>Nos petits machos androhystériques</strong></a> semblent pousser des appels d’orignaux en dictant leurs critères unilatéralement et abruptement. La<a href="http://ysengrimus.wordpress.com/2008/07/23/la-culture-intime-des-femmes-nuit-elle-aux-femmes/"> <strong>culture intime des femmes</strong></a> semble relayer cette nouvelle oppression docilement (j&#8217;ai mes doutes là dessus, mais bon&#8230;) et, pour une raison d&#8217;époque ou pour une autre,  tout le monde (féminin) s’exalte sur le fantasme de façonner son corps à volonté, de se sculpter une beauté dans la chair, de se métamorphoser pour mieux plaire.</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Dans cette ambiance particulièrement réactionnaire, cruelle et (im)pitoyable, une vieille crise philosophique semble refaire surface, comme un abcès intellectuel de fixation. La question du caractère subjectif ou objectif des cadres esthétiques. En effet, sous cette pluie compacte de diktats dans le retour en force des canons de beauté, cette dernière semble soudain se chosifier, s’objectiver et s’imposer à nous comme un fait matériel stable, immuable, solide, comme une force, une nature. Les agences de recrutement de mannequins, particulièrement odieuses en la matière, vous décriront sans sourciller le beau visage éternel, grands yeux, frontal élevé, mâchoire ceci, tempes autre chose, racine des cheveux cela. Il y aura même des courbes et des angles, comme au compas. Inutile de mentionner aussi les sacro-saintes mesures corporelles, vieilles lunes esthétiques faussement universelles, enracinées comme le plus pugnace des préjugés. Ajouter, pour compléter ce tableau objectiviste, l’invocation de critères abstraits tenant bien mal la route critique: symétrie corporelle, harmonie des proportions, équilibre du mouvement, élégance de la courbe et votre affaire est dans le sac. Aux yeux des gogos et des effarouché(e)s de tous barils, l’esthétique du corps féminin apparaît soudain comme une doctrine aussi rigoureuse que la géométrie ou la mécanique.</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Oublions la femme une seconde, si vous le voulez bien, et concentrons notre attention sur la beauté artistique. Le mythe de l’harmonie des proportions ne tient pas devant les extraordinaires portraits d’un Picasso et l’équilibre du mouvement ne pèse pas bien lourds dans les incroyables distorsions mélodiques apportées aux rengaines de Tin Pan Alley et de Broadway par un Art Tatum. On pourrait multiplier les exemples de ce type à l’infini et, si vous n’aimez pas Picasso et Tatum qu’à cela ne tienne puisque justement <strong><em>des goûts et des couleurs on ne discute pas</em></strong>. Peut-être aimez-vous la Cinquième Symphonie de Beethoven alors (<strong><em>Po-Po-Po-Pom…</em></strong>). Elle a aussi un rôle à jouer dans notre argumentation vue que, quand elle fut jouée pour la première fois à Vienne en 1802, elle représentait un tel bouleversement esthétique que les gens sortirent de la salle en pestant et en criant à la cacophonie innommable. Le sublissime <strong><em>Po-Po-Po-Pom,</em></strong> &#8220;harmonie des proportions&#8221; rythmiques et &#8220;équilibre du mouvement&#8221; musical par excellence pour nous, choqua profondément ses contemporains, en marquant tapageusement le passage de la musique classique à la musique romantique. En fouillant de plus en plus la question, on se rend compte <strong><em>que la beauté artistique varie très profondément avec les époques historiques</em></strong> et qu’aucun critère objectif ne perdure durablement la concernant et ce, dans tous les Arts. Prenons l’affaire par un autre bout. Si on vous demande froidement: quel est le plus bel instrument de musique de tous les temps? Moi, je répond sans hésiter: la contrebasse (surtout jouée pizzicato par Blanton, Brown ou Mingus) et quelqu’un d’autre répond: le piano (de Brahms, de Liszt, de Chopin). Qui a raison? Mais tout le monde et personne, naturellement, vu que <strong><em>cela dépend des goûts de chacun</em></strong>.</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Alors revenons à la beauté de la femme. Nos petits <a href="http://ysengrimus.wordpress.com/2008/07/03/male-alpha-foutaise-omega-contre-le-social-darwinisme-de-ce-temps/"><strong>males Alphas social-darwinistes</strong> </a>nous diront alors: <em>oh, oh, oh, le cas de &#8220;nos&#8221; femmes est différent de celui de la beauté artistiques qui, elle, relève complètement de la subjectivité de la <strong>culture</strong>. Ici l’objectivité de la <strong>nature</strong> entre en ligne de compte. Nous sommes une espèce de primates qui sera attirée par telles caractéristiques corporelles et repoussée par telle autre. Le Beau physiologique se fonde dans les exigences de performance dans l&#8217;action pour la survie et la reproduction torride chez la fleur, chez la chatte, chez la femme.</em> Mensonge aussi odieux qu’inepte. Une analyse historique détaillée de l’esthétique du corps humain nous montre qu’il n’échappe pas aux vicissitudes de l’Histoire. Il y a cent ans, une civilisation de crèves-faims lascifs et natalistes valorisait une femme enveloppée avec de petits seins et de bonnes hanches. Aujourd’hui, une civilisation d’obèses narcissiques et hédonistes valorise une maigrasse filandreuse à gros nichons physiologiquement impossibles (et requérrant, comme par hasard, des interventions de chirurgies esthétiques inexistantes ou inabordables il y a cent ans…). Un simple visionnement mémorialiste et <strong><em>NON SÉLECTIF</em></strong> (très important, pour ne pas projeter indûment nos fantasmes contemporains dans un passé alors automatiquement biaisé!) de vieux films et de bandes d’actualités du siècle dernier nous montrera que les critères dictant la beauté des femmes ont fluctué aussi amplement que les critères de beauté artistique et que, finalement, on ne se sort pas du caractère subjectif  et culturel des options esthétiques. Nature, nature, la barbe avec la nature. <strong><em>Tous les goûts sont dans la nature!</em></strong> Quiconque essaie de vous faire croire que la femme-piano est objectivement plus belle que la femme-contrebasse est en train de vous en passer une petite vite en cherchant à vous imposer en douce son canon de beauté féminine, comme par hasard celui qui fera vendre la camelote qu’il fourgue (ici, pas de doute: il est en train de vous vendre un piano!). Les femmes ne sont pas des instruments de musique. Les femmes ne sont pas des objets. <a href="http://ysengrimus.wordpress.com/2009/12/01/charte-quebecoise-pour-une-image-corporelle-saine-et-diversifiee/">Leur beauté, hautement diversifiée</a>, qui est humaine bien avant d’être matérielle, ne peut pas vraiment être fixée ou dictée&#8230;</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Historiquement les philosophes réactionnaires croient au caractère objectif de la beauté (exemple: Kant) et les philosophes progressistes croient qu’elle est dans l’oeil de l’observateur (exemple: Spinoza). Conclueurs, concluez. Et ici, c’est encore le vieux Voltaire qui mérite la palme de la justesse de ton. Dans l’article <strong><em>BEAUTÉ</em></strong> de son <strong><em>Dictionnaire philosophique</em></strong>, Voltaire, toujours bouffon et comique selon sa manière, nous explique que si on demande à un crapaud ce qu’il y a de plus beau au monde, il répondra sans hésiter une seule seconde: <strong><em>Il n’y a rien de plus beau au monde que ma femelle</em></strong>. Or, sur la beauté féminine, mes vues sont justement celles du crapaud de Voltaire…</p>
<div id="attachment_807" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><img class="size-full wp-image-807" title="crapaud de Voltaire" src="http://ysengrimus.wordpress.com/files/2008/08/crapaud-de-voltaire.jpg" alt="Méditons sa sagesse..." width="600" height="401" /><p class="wp-caption-text">Méditons sa sagesse...</p></div>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Mesdames, cessez de vous tourmenter et de vous torturer: vous êtes belles exactement comme vous êtes. Le crapaud de Voltaire a parlé, en assumant avec sa sérénité (faussement) animale la pure et simple subjectivité de ses vues esthétiques. Méditons sereinement sa sagesse…</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[La culture intime des femmes nuit-elle aux femmes?]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/2008/07/23/la-culture-intime-des-femmes-nuit-elle-aux-femmes/</link>
<pubDate>Wed, 23 Jul 2008 11:51:34 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
<guid>http://ysengrimus.wordpress.com/2008/07/23/la-culture-intime-des-femmes-nuit-elle-aux-femmes/</guid>
<description><![CDATA[Commençons avec un chiffre qui, sans procéder directement des questions de sexage, dit tout: dans no]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Commençons avec un chiffre qui, sans procéder directement des questions de sexage, dit tout: dans nos civilisations, 70% de la totalité des investissements qui sont placés, casés, transig<strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">é</span></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">s, boursicotés ou circulent sont en fait… les dépenses de consommation ordinaire. Le capitalisme mise encore massivement sur la pure et simple consommation de tous les jours et, si vous vous demandez pourquoi les démarcheurs sont toujours sur votre dos comme des frelons pour vous faire les poches, repensez simplement à ce chiffre crucial. Le capitalisme ne vit pas de la Bourse. Il vit de vous et moi. Ceci, pour dire simplement que la pression </span></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">à</span></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA"> la consommation, ce n&#8217;est pas une petite affaire. C&#8217;est un poids immense, constant, tangible sur nous tous.<br />
</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">Ensuite, pensons à l’intelligence de la petite fille. Plus avancée plus tôt que le petit garçon (ils se rejoignent éventuellement plus tard), la petite fille fascine par son pif précoce pour le jeu social et son aptitude fulgurante à décoder les règles explicites ou implicites émanant d’un modèle comportemental, individuel ou collectif. Ajoutons à cela un sens du devoir qui s’articule très tôt, une ouverture naturelle aux questions sociales, aux enfants, aux animaux, </span></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">à</span></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA"> l&#8217;habitat, aux opprimés du monde, pour conclure qu’on a affaire, avec la petite fille et la jeune femme, à une personne configurée mentalement avec un sens aiguë du </span></strong><strong><em>devoir-faire</em></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA"> et du </span></strong><strong><em>devoir-être</em></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">.</span></strong></p>
<div id="attachment_862" class="wp-caption aligncenter" style="width: 453px"><img class="size-full wp-image-862" title="femmesjouantechecs" src="http://ysengrimus.wordpress.com/files/2008/07/femmesjouantechecs.jpg" alt="Pif précoce pour le jeu social et aptitude fulgurante à décoder les règles explicites ou implicites émanant d’un modèle comportemental..." width="443" height="322" /><p class="wp-caption-text">Pif précoce pour le jeu social et aptitude fulgurante à décoder les règles explicites ou implicites émanant d’un modèle comportemental...</p></div>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">Posons ensuite l’axiome féministe sur lequel repose tout le raisonnement proposé ici. </span></strong><strong><em>Toute régression vers des valeurs patriarcales qui replaceraient la femme en position de subordination socio-économique et ethnologique devant l&#8217;homme, comme celles longtemps imposées dans la société rurale ancienne, est non recevable</em></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">. La libération et la valorisation de la culture intime des femmes sont là pour rester et leur caractère irréversible s’impose dans les faits effectifs autant que dans la totalité de nos représentations éthiques. Le problème n’est pas que la femme soit libre (devant un ordre r</span></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">é</span></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">volu). Le probl</span></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">è</span></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">me est qu’elle est &#8220;libre&#8221; dans une civilisation contemporaine qui, elle, ne l’est pas…</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Car il faut constater froidement un fait catastrophique que le féminisme classique n’avait pas prévu. La rencontre d’un vif sens féminin du devoir-être et du capitalisme consumériste effréné de notre temps produit un mutant mental et comportemental, un monstre socio-culturel particulièrement pugnace: <strong><em>l’auto-dénigrement morbide face à un modèle de féminité irr</em></strong><strong><em>é</em></strong><strong><em>aliste car conçu exclusivement pour amplifier des réflexes de consommation</em></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA"> </span></strong><em><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA"><strong>qui, pour perdurer, se doivent de ne jamais se voir assouvis</strong></span></em><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">. La moindre pube de teinture pour cheveux contient le tout du drame en un micro-théâtre regrettablement tragi-comique. Femme Lambda dit à Femme Epsilon : </span></strong><strong><em>«Tu te crois bien coiffée, Cocotte? Grave erreur! Regarde plus attentivement la racine de tes cheveux dans ce miroir. Oh horreur, tu n’es plus conforme au canon, tu débordes poisseusement du moule comportemental, tu trahis la morale élémentaire du Souverain Beau, tu es moche et méprisable&#8230; Pourquoi? Tout simplement parce que regarde: la couleur naturelle de tes cheveux revient te hanter à leurs racines. Imite–moi, moi femme éclatante, abstraite, th</em></strong><strong><em>éorique, i</em></strong><strong><em>llusoire, dont tu revendiques le prestige. Jalouse moi d’abord. Imite moi ensuite. Consomme r</em></strong><strong><em>é</em></strong><strong><em>guli</em></strong><strong><em>è</em></strong><strong><em>rement la teinture Zinzin. Tes cheveux seront alors un modèle pour celui des autres femmes qui te surveillent et te jugent…»</em></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA"> Libre de tous ses choix, la femme est aussi libre… de vendre de la saloperie à d’autres femmes en les terrorisant, selon la configuration (et les tics, et les perversions) d’une intelligence qu’elle connaît parfaitement puisqu’elle en procède librement. Libérée du patriarcat antique, la femme n’en est pas pour autant libérée du capitalisme. Et, sous le capitalisme, la femme est une louve pour la femme… égale de plus en plus effective de l’homme (qui est un loup pour l’homme, sous le même régime social).</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA"> </span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">La configuration de leur intelligence étant ce qu’elle est, les femmes feront des leaders socialistes extraordinaires. Quand la société civile se concentrera sur les devoir qu’elle doit assumer envers elle-même, sur ses enfants, sur la paix et la nutrition dans le monde, sur un environnement et un habitat sains, sur le respect mutuel et la résorption du grossier, du brutal, du violent, la configuration mentale des femmes les amènera à mettre en forme une culture intime, puis une culture de la cité, qui nous poussera tous vers plus de sens des responsabilités, plus de justice, plus de d</span></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">é</span></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">cence, plus de grandeur. On y arrive. Un jour viendra… Mais sous le capitalisme consumériste, le sens du devoir des femmes se gauchit, se d</span></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">é</span></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">forme, se transmute en une fixation morbide sur les modèles hypertrophiés (martel</span></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">é</span></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">s pour vendre) et sur un stéréotypage conformiste des rôles, dont l’effet est particulièrement cruel, insensible, normatif et toxique. La déontologie féminine est fondamentalement incompatible avec le cynisme marchand (et menteur) du capitalisme. La première est l’avenir et l’espoir du monde contemporain. Le second est le carcan rétrograde qui empoisonne l’existence contemporaine de la totalité de la société civile.</span></strong></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Mâle Alpha. Foutaise Omega. Contre le social-darwinisme de ce temps]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/2008/07/03/male-alpha-foutaise-omega-contre-le-social-darwinisme-de-ce-temps/</link>
<pubDate>Thu, 03 Jul 2008 21:33:20 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[Le cirque débute avec une sorte de zoologiste farfelu du nom de Desmond Morris. Ses ouvrages, popula]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Le cirque débute avec une sorte de zoologiste farfelu du nom de Desmond Morris. Ses ouvrages, populaires et vendus massivement dans les supermarchés des années 1970 (<em>le Singe nu</em>, <em>le Zoo humain</em>), nous racontaient avec un simplisme désarmant –par exemple- que les seins et les lèvres de la femme humaine sont une transposition des fesses et de la vulve de la guenon, transposition apparue lors du passage de notre ancêtre à la station verticale pour perpétuer les attraits primaires de la séduction simienne originelle. Dans cette continuité, un certain journalisme de folliculaires nous raconte que si les femmes trouvent plus facilement que les hommes les fruits et les légumes dans un supermarché, ce n’est pas le résultat d’un conditionnement social, non, non, non, c’est parce que chez notre ancêtre arboricole, la femelle, vouée à détecter les fruits pour ses petits, captait et sélectionnait plus facilement les couleurs vives que le mâle. Explication similaire pour la préférence des petites filles pour le rose et les jouets passif, la préférence des petits garçons pour le noir et les jouets agressifs (si tant est que cela se vérifie!). Cela est censé relever de la division des rôles de cueillette et de combat dans la horde lointaine et atavique des contemporains de <em><strong>Lucy</strong></em>… La chose se sophistique parfois en doctrine sociale de toc. On nous annonce alors que les hommes riches sélectionnent de jolies femmes sur les bases du principe darwinien de la survivance du plus apte et que le tout est un cas de figure inexorable de la sélection naturelle la plus ancienne et la plus fatale qui soit. Pour tout dire, il est de vogue en ce moment de tout expliquer de nos comportements sociaux sur la bases d&#8217;analyses semi-élucubrantes renvoyant à certaines caractéristiques biologiques (habituellement sélectionnées de façon superficielle et éclectique) censées provenir de notre fond primate archaïque. Dans la même dynamique, au lieu de parler, comme autrefois, d’un <em><strong>homme séduisant</strong></em>, on parle désormais d’un <em><strong>Mâle Alpha</strong></em>, en référence, un peu snobinarde, à la hiérarchie que certains primatologues font des communautés de gorilles.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Le <strong><em>social-darwinisme</em></strong> (ou <em>&#8220;darwinisme social&#8221;</em>) est une théorie sociale réactionnaire (Spencer, Malthus, etc) qui se donne comme procédure de s’approprier intempestivement les catégories descriptives de la biologie darwinienne et de les appliquer mécaniquement à la description de la vie sociale humaine. Le social-darwinisme saute donc par-dessus l’<em><strong>Histoire </strong></em>(et par-dessus un certain Karl Marx) pour plonger directement ses explications totalisantes et totalitaires dans la toute inévitable biologie. Le fait que l’être humain se soit historicisé et, ce faisant, qu’il ait altéré sinon inversé nombre de ses déterminismes biologiques ne compte pas pour le social-darwinisme. Le social-darwinisme ne reconnaît pas les classes sociales, la lutte des classes, les révolutions, les modes de production et le développement historique. Tout pour lui procède des castes biologiques de la zoologie la plus simplette et est donc fondamentalement immuable. Les hommes riches sont voués à s’acheter des jolies femmes (qui restent pour toujours à vendre) de toute éternité. Ces dernières, pour employer la formulation explicite de certaines pages féminines à la mode, sont &#8220;biologiquement compétitives&#8221;, puisque les détails les plus compulsifs, les plus perfides et les plus mesquins de la société bourgeoise contemporaine sont tous, sans exception, censés procéder de la lointaine fatalité du gorille et de la guenon… Le social-darwinisme est une déviation naturaliste qui légitime et perpétue l’ordre social en cours par un pur baratin de pseudo-science. Il est assez difficile de s’y objecter au premier degré d&#8217;ailleurs car, ce faisant, on semble rejeter le darwinisme (donc la science!), ce qui classe d’emblée, aux yeux des myopes, les objecteurs du social-darwinisme au nombre des créationnistes obtus et autres théogoneux ineptes qui ne veulent pas entendre parler de l’homme qui descend du singe…</p>
<p class="MsoNormal"><strong> </strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Alors attention. La théorie de Darwin s’applique sans problème au fait que de mille glands tombés de cinquante chênes, il ne poussera que dix-huit arbres, les dix-huit plus forts, et le reste passera en humus. Gaspillage spermatosoïdesque dans la nature, survivance du plus résistant par pure inertie biologique. Si des petits écureuils se mettent à enterrer certains glands un peu partout, altérant la croissance initiale des chênes et l’augmentant, c’est encore un effet naturel qui verra les meilleures forêts de chênes se peupler d’écureuils qui, encore une fois, gaspillent en se donnant vingt caches de glands et en n’en retrouvant que cinq, le reste devenant des arbres. Mais si d’un coup sec, toute la forêt est rasée avec de la machinerie lourde, appartenant à une multinationale à visées lucratives, pour bâtir des habitations au Canada ou des navires en Norvège, là, l’<strong><em>évolution naturelle</em></strong> vient de se faire radicalemnt bousculer par le <strong><em>développement historique</em></strong>. C’est que <strong><em>l’animal dénaturé</em></strong> (l&#8217;humain, selon le mot de Vercors) vient d’intervenir et les explications darwiniennes ne tiennent plus. C&#8217;est ici que Darwin débarque et que Marx embarque…</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Je ne suis pas un primate tout court&#8230; <strong><em>Je suis un primate radicalement altéré par le développement historique</em></strong>. Il m’est donc possible de changer radicalement ma nature grâce à mes acquis historiques. Je peux voler en avion, je peux nager sous la mer en scaphandre, je peux cesser de traiter ma femelle en inférieure, elle peut ne pas se laisser engrosser par moi si elle me trouve trop sot, et je peux changer le tout de ma vie et elle aussi. Il n’y a donc rien de «fatal», rien de «naturel» rien de «biologique», rien de «génétique» dans mes pratiques sociales, et le social-darwinisme, la théorie implicite des hommes riches qui achètent des jolies femmes compétitives et souhaitent ardemment qu’il en soit toujours ainsi en misant compulsivement sur le patriarcat musculeux des gorilles, est une pure et simple fausseté.</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Comme l’esclavage, la monarchie, l&#8217;apartheid et le polythéisme, bien des comportements que nos petits fatalistes auto-promotionnels contemporains croient éternels seront rejetés par le développement historique, et ce, dans pas si longtemps que cela d&#8217;ailleurs. Le social-darwinisme et ses divers implicites machos et élitistes sont certainement de ceux-là.  Je n&#8217;aurai donc qu&#8217;un mot: <strong>Mâle Alpha. Foutaise Omega.</strong></p>
<div id="attachment_812" class="wp-caption aligncenter" style="width: 460px"><img class="size-full wp-image-812" title="gorille" src="http://ysengrimus.wordpress.com/files/2008/07/gorille.jpg" alt="La notion de &#34;Mâle Alpha&#34;, c'est strictement pour lui. La notion de &#34;Foutaise Omega&#34;, NOUS en detenons le monopole..." width="450" height="600" /><p class="wp-caption-text">La notion de &#34;Mâle Alpha&#34;, c&#39;est strictement pour lui. La notion de &#34;Foutaise Omega&#34;, NOUS en détenons le monopole...</p></div>
</div>]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[Le chêne et le roseau. Pourquoi l’épanouissement identitaire serait-il un communautarisme? Pourquoi le repli identitaire serait il un multiculturalisme?]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/2008/06/16/le-chene-et-le-roseau-pourquoi-l%e2%80%99epanouissement-identitaire-serait-il-un-communautariste-pourquoi-le-repli-identitaire-serait-il-un-multiculturalisme/</link>
<pubDate>Mon, 16 Jun 2008 23:25:45 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[L’un dans l’autre, la question de l’intégration multiculturelle ou pluriculturelle ou interculturell]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">L’un dans l’autre, la question de l’intégration multiculturelle ou pluriculturelle ou interculturelle rencontre deux traitements, celui du chêne et celui du roseau.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><strong><em>Le chêne</em></strong>: la France. La République se réclame d’un certains nombre de valeurs de base qui fonctionnent comme des principes axiomatiques. Tous les citoyens étant égaux devant la loi française (dont l’extraterritorialité est fondée et légitimée dans la ci-devant universalité -voulue ou réelle- des fameux <strong><em>droits humains</em></strong> – valeurs de 1789, que les ricains implémentèrent… en 1776, mais bon) et il faut se conformer. On ne touche pas plus à la laïcité qu&#8217;on ne touche aux congés payés. L’immigrant et ses descendants sont une sorte d’accident de parcours, un apport toléré s’il s’intègre, un candidat,  serein ou rebelle, à l’assimilation. <strong><em>Politique identitaire</em></strong> est un terme péjoratif en France. Le concept central pour eux, c’est le <strong><em>communautarisme</em></strong>, synonyme de replis identitaire, de résistance indue face aux exigences élémentaire de la vie publique, de crispation passéiste.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><strong><em>Le roseau</em></strong>: le Canada. Terre d’immigration dotée de deux peuples fondateurs égaux en droits et en valeurs… sinon dans les faits. Décontraction très Nouveau Monde, ouverture (non exempte cependant d’un type tout particulier de condescendance onctueuse et bienveillante parfois presque fétide, oh que oui&#8230;). Toutes les religions, tous les restos, tous les langages. Port des couvre-chefs religieux autorisé partout, sans problème particulier. <strong><em>Tolérance</em></strong> est le maître mot, le calcul étant qu’une intégration saine et effective ne se fait pas sous la contrainte des lois mais par le serein exemple. Le Canada se réclame de la notion cardinale de <strong><em>multiculturalisme</em></strong> et l’épanouissement identitaire est une valeur endossée et promue. Huit personnes sur dix rencontrées sur la rue ignorent purement et simplement la signification glauque du mot <strong><em>communautarisme</em></strong>.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><strong><em>Attention important! Notez qu’il ne s’agit pas ici de reprendre le jugement de valeur porté par la fable de Lafontaine. Notre bon fabuliste n&#8217;est pas n</em></strong><strong><em>é</em></strong><strong><em>c</em></strong><strong><em>e</em></strong><strong><em>ssairment un auteur r</em></strong><strong><em>é</em></strong><strong><em>aliste! Si le chêne de la fable se déracine tandis que le roseau plie et reste indemne, la moindre promenade auprès d’un de nos beaux lacs canadiens vous montrera des roseaux ayant cassé net d’avoir été trop flexibles et des chênes ayant parfaitement résisté à l’orage…</em></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Ceci dit, ces deux modèles gagneraient chacun à s’inspirer un peu de l’autre. <strong><em>L’exemple historique du Québec est ici particulièrement parlant</em></strong>. Au moment de la conquête anglaise de 1760, une population française de 60 000 âmes, implantée depuis plus de 150 ans, se retrouve subitement encadrée par un occupant n’alignant pas 20 000 gogos. Le cas est savoureux, piquant et fort utile à la réflexion car ici, c’est l’immigrant minoritaire qui tient le pouvoir économique et politique… Spontanément communautaristes, du communautarisme du charbonnier en quelque sorte, les canadiens français du temps voyaient à leurs affaires, leur religion de chapelle, leur cadastre rural, le mariage de leurs fils et de leur filles, leurs corvées villageoises, leur pot-au-feu, selon leurs lois, us, pratiques et coutumes traditionnels. Le conquérant, un peu ébahi par la cohérence bourrue de cette autonomie vernaculaire, a vite vu qu’il ne pouvait pas réformer et angliciser tout ça. Il a donc justement fait la part du feu. Les crimes, impliquant notamment mort d’homme, les arnaques majeures, les insurrections, seraient traités selon les lois de l’occupant. Pour le bazar de litiges, de cadastre, de récoltes, de constructions de chapelles et de mariages, arrangez-vous entre vous avec vos lois françaises. Le Québec a, encore aujourd’hui, un code civil français et un code criminel de <em>common law</em> britannique. Il tient aux deux, comme il tient fermement à son parlement de type britannique, où il traite ses affaires en français&#8230; En 1774, deux ans avant la révolution américaine, craignant que les français de la vallée du Saint Laurent ne veuillent s’associer à la république américaine naissante, les occupants britanniques du Dominion du Canada, toujours numériquement minoritaires, produisent la première loi multiculturelle ou interculturelle en terre nord-américaine, <strong><em>L’Acte de Québec</em></strong>. En un mot: <em>OK les copains, vous pouvez rester catholiques, vous pouvez conserver la langue française, vous ne devez plus prêter explicitement serment au roi d’Angleterre</em>. Les autres ont répondu <strong><em>Vive le Roi George!</em></strong> (en français) et les bataillons canadiens français eurent un rôle important à jouer pour empêcher la révolution américaine de s’exporter dans nos arpents de neige… Notons au passage qu&#8217;il y a donc, ici aussi, une république jouant un rôle de dynamo&#8230; extérieure, mais quand même&#8230;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Peut-on donner tort aux Québécois d’avoir continué de faire cuire leur couscous et de porter leurs voiles, si vous me passez l&#8217;analogie? Peut-on les accuser de <em><strong>replis identitaire</strong></em> pour avoir perpétué ainsi leur existence nationale, produisant une des cultures francophones les plus originale au monde hors de France, et imposant de facto à toute l’entité canadienne la notion profonde et définitoire de multiculturalisme, dont celle-ci, sans le dire trop fort, se serait bien passé autrement?  Conseil d&#8217;ami: n&#8217;allez pas dire aux Québécois qu&#8217;ils auraient aussi bien pu s&#8217;assimiler, cela les crisperait fort. La notion d&#8217;<em><strong>assimilation</strong></em> est hautement péjorative pour eux. C&#8217;est purement et simplement la suprême exécration. La culture arabe de France ne pourrait-elle pas, modulo les ajustements requis, produire un résultat lumineux similaire? Par la force des faits, les britanniques paniqués des premières décennies de la Conquête de la Nouvelle France nous donnent <strong><em>la leçon du roseau</em></strong>.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Mais 250 ans plus tard, cette société québécoise, aujourd&#8217;hui laïque et moderniste, se rend compte soudain que cette souplesse anglo-saxonne qui fonda son existence commence à sérieusement gripper. Les québécois et les québécoises sont profondément féministes, le droit de la femme est pour eux un enjeu cardinal. Peuvent-ils reprocher à nos jacobins de Français, dans leur raideur et leur grandeur, de vouloir dire <strong><em>ça suffit!</em></strong> quand des pratiques juridiques inégalitaires grugent et compromettent de partout leur égalité républicaine qui est aussi un peu la nôtre? Sur le droit des femmes, si durement acquis, si fragile encore, si incomplet, la fermeté française en matière de replis identitaire (de ghetto ethnoculturel, de combines maritales louches, de magouilles d’immigration, d’oppression occulte de l’immigrante par l’immigrant &#8211; et, oui, comme la version française nous le suggère fortement, appellons un chat un chat) nous donne indubitablement <strong><em>la leçon du chêne</em></strong>.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Pourquoi l’épanouissement identitaire serait-il un communautarisme? Pensez au Québec, de plus en plus ouvert sur le monde et épanoui. Ce n&#8217;est pas un communautarisme. Pourquoi le repli identitaire serait il un multiculturalisme? Pensez aux femmes immigrantes ne bénéficiant pas effectivement des lois nationales et vivant incarcérées dans leur propre communauté, coupées du monde. Il n&#8217;y a pas grand chose de multiculturel là-dedans. Complexe.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Pensez, pensez&#8230; Pensez syncrétisme du chêne et du roseau&#8230;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Il faut doser ces deux apports, au cas par cas. Voile, bouffe, mariage, musique, héritage, patrimoine, tout doit y passer. Il faut patiemment tamiser. Chêne ici, roseau, là, Chêne pour ceci, roseau, pour cela, Il y en a pour une bonne génération. D&#8217;autres syncrétismes de grande valeur, ethnoculturels ceux-là, en émergeront, si c’est fait proprement… Je suis optimiste.</p>
<div id="attachment_819" class="wp-caption aligncenter" style="width: 410px"><img class="size-full wp-image-819" title="HidjabFrance" src="http://ysengrimus.wordpress.com/files/2008/06/hidjabfrance.jpg" alt="D’autres syncrétismes de grande valeur émergeront..." width="400" height="266" /><p class="wp-caption-text">D’autres syncrétismes de grande valeur émergeront...</p></div>
<p>.</p>
<p>.</p>
<p><a href="http://www.centpapiers.com/le-chene-et-le-roseau-pourquoi-l%E2%80%99epanouissement-identitaire-serait-il-un-communautariste-pourquoi-le-repli-identitaire-serait-il-un-multiculturalisme/10091/">Paru aussi dans CentPapiers</a></p>
<p>.</p>
<p>.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Hypersexualisation, hyper-information, hyper-oubli]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/2008/06/09/hyper-sexualisation-hyper-information-hyper-oubli/</link>
<pubDate>Mon, 09 Jun 2008 23:19:30 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[Dans la chanson Sweet Little Sixteen, écrite il y a un demi-siècle, Chuck Berry parle des robes étro]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Dans la chanson <em><strong>Sweet Little Sixteen</strong></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">, écrite il y a un demi-siècle, Chuck Berry parle des robes étroites, du rouge à lèvre vif et des talons aiguilles portés par la jeune adolescente de 1958, quand elle sort danser le rock’n roll tard le soir (alors qu’elle se refringuera en écolière le matin suivant. Elle a tout juste seize ans et&#8230; se tr</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">é</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">mousse ainsi dans toutes les salles de danse de l&#8217;Am</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">érique</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">). Marjolène Morin rendit hommage, dans les années 1970, à cette composition, dans son interprétation tonitruante de la pièce </span></em><em><strong>Suite 16</strong></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA"> du groupe québécois <strong>Corbeau</strong>. On se souviendra de l’évocation que nous servit alors Marjo (née en 1953, elle avait 5 ans quand Chuck Berry </span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">écrivit sa ballade</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA"> rock): </span></em><em><strong>J’me suis mis à r’garder les magazines. Tout c’que j’voyais c’était des sweet sixteen déchaînées…</strong></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Déjà des magazines… Déjà des tenues provocantes… Déjà de toutes jeunes femmes… Ce sont là de simples exemples pour dire qu’on pourrait faire une histoire détaillée de l’hypersexualisation des très jeunes femmes qui remonterait facilement tout le vingtième siècle à rebours. Il suffirait d’y appliquer l’attention et la prudence habituelle des mémorialistes: revoir les vieilles bandes d&#8217;actualit<em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">é</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">s, compulser les films et les photos de famille, r</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">é-examiner attentivement les mini-jupes de la prime jeunesse des ann</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">ées 1960 et les tenues modernistes</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA"> de la prime jeunesse des ann</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">ées 1920</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">&#8230; ou simplement en discuter doucement avec nos mamans et nos grand-mamans. Oh, mais en matières sexuelles, on aime tellement oublier et réinventer! On aime tant croire que tout débute en notre temps. La sexualisation est pourtant avec nous depuis un bon moment. Il s’agit ni de minimiser ni d’hypertrophier le phénomène. Surtout il s’agit de bien passer le tamis entre le sain et le malsain.</span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">C’est que le pépin qu’on semble rencontrer ici n’est pas un problème de <em><strong>sexe</strong></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA"> mais un problème de </span></em><em><strong>sexage</strong></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA"> (c&#8217;est-à-dire de </span></em><em><strong>rapport</strong></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA"> entre les sexes). Il semble que, du temps des </span></em><em><strong>sweet sixteen</strong></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA"> de Berry et de Marjo, sexualisation allait de pair avec libération. Marjo: <strong><em>À douze ans déjà j&#8217;commencais à bouger, J’me doutais ben qu’un jour, toute allait exploser</em></strong>. La libération sexuelle, pour le personnage féminin de sa ballade rock, va directement de pair avec quitter le voyou bagarreur et obtus qui se prend pour son amoureux et affirmer son indépendance de femme (<strong><em>Roméo, va falloir que j&#8217;men aille</em></strong>), tout comme les gamines de la chanson de Berry affirmaient leur indépendance de jeunes adultes face aux valeurs parentales traditionnelles… Sauf que… de nos jours, rien ne va exploser&#8230; On dirait plutôt que </span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">ça</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA"> va imploser… tant et tant que même le terme </span></em><em><strong>libération sexuelle</strong></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA"> cloche passablement à l’oreille contemporaine. Sexualisation aujourd’hui va de pair avec soumission oppressante à l’ordre de la version contemporaine du petit voyou obtus de la chanson de Marjo. </span></em><em><strong>Oppression sexuelle</strong></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA"> serait le mot de ce jour, on dirait. Ça, ça ne va pas. En ce sens que ce n’est pas le sexe ou la s</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">éduction </span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">qui faussent l&#8217;</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">é</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">quation ici, c’est ce qu’on en fait au coeur d&#8217;un rapport humain plus global.</span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Aussi, prudence. Si les particularités contemporaines de la sexualisation ne trouvent comme réplique adulte que le repli bigot et le resserrement moraliste face au sexe et aux relations intimes des jeunes, on fonce tête baissée vers un mur. C’est que l’hypersexualisation de notre temps, c’est aussi une hyper-information. Nos gamines en savent un bout et <a href="http://ysengrimus.wordpress.com/2008/06/17/controler-l%E2%80%99acces-a-l%E2%80%99internet-de-nos-enfants%E2%80%A6-ecoper-la-mer%E2%80%A6/">tenter de verrouiller leurs ordinateurs</a> est l’option parfaite pour faire rire de soi sans effet tangible. Essayons minimalement de dire nos lignes adultes avec le peu de panache dont on dispose. On disposait du sexe et des relations intimes à leur âge… pas de l’ordinateur…</p>
<p class="MsoNormal"><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA"> </span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Il ne faut pas réprimer. Il faut démontrer. Fondamentalement, il faut démontrer que séduire n’est pas obéir et que le nouvel hédonisme féminin, sous toutes ses formes et manifestations, est parfaitement légitime tant qu’il reste une affirmation de soi et non une négation de soi face à l’homme&#8230; et face aux autres femmes si celles-ci servent outrageusement l&#8217;homme. La ligne <em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">à</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA"> tirer est l</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">à, pas ailleurs</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">. C&#8217;est une ligne f</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">éministe, pas moraliste. </span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">Vaste programme… raison de plus pour laisser l’alarmisme au vestiaire et pour puiser dans notre propre h</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">é</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">ritage, personnel et historique, de sexualisation adolescente pour voir plus clair dans cette crise actuelle du sexage, ultime chant du cygne d’un phallocratisme qui n’en finit plus d’agoniser en se vautrant tapageusement dans les médias et partout ailleurs. Et notre pire handicap sur cette question face </span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">à nos filles</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA"> n’est pas leur hypersexualisation ou leur hyper-information. </span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">Notre pire handicap, c</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">’est notre propre </span></em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA"><strong>hyper-oubli</strong></span><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">. Hyper-oubli de Berry, de Marjo, de tant de (jeunes) femmes du pr</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">é</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">c</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">é</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">dent </span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">siècle, </span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">mais surtout hyper-oubli de notre propre adolescence et de nos propres motivations passionnelles d’origine. Souvenons-nous. Simplement. Au lieu de refouler, souvenons-nous&#8230; Ce sera déjà une solide base de dialogue dans la difficile mais cruciale démonstration féministe qui est bel et bien à faire </span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">à</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA"> la jeune femme curieuse et attentive de notre temps…</span></em></p>
<div id="attachment_824" class="wp-caption aligncenter" style="width: 356px"><img class="size-full wp-image-824" title="jeunefille1920" src="http://ysengrimus.wordpress.com/files/2008/06/jeunefille1920.jpg" alt="Les tenues modernistes de la prime jeunesse des années 1920..." width="346" height="604" /><p class="wp-caption-text">Ré-examiner attentivement les tenues modernistes de la prime jeunesse des années 1920...</p></div>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Athée, rationaliste et… solidaire de ma compatriote au hidjab]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/2008/05/24/athee-rationaliste-et%e2%80%a6-solidaire-de-ma-compatriote-au-hidjab/</link>
<pubDate>Sat, 24 May 2008 08:17:35 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[La lancinante question du hidjab (et de tous les autres types de voiles, incluant le ci-devant ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><img class="aligncenter size-full wp-image-950" title="types de voiles" src="http://ysengrimus.wordpress.com/files/2008/05/types-de-voiles.gif" alt="types de voiles" width="640" height="480" /></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">La lancinante question du hidjab (et de tous les autres types de voiles, incluant le ci-devant &#8220;burkini&#8221;) est une question simple, traitée, par nos cultures, en jésuite inepte, dans la mauvaise foi ethnocentriste la plus alarmante. Il me semble qu’il y a une différence profonde entre déshériter une femme des biens de son patrimoine parce qu’un code religieux l’exigerait (profondément inacceptable) et susurrer (non sans une certaine condescendance) à des jeunes filles en quête de repères: <em>libère toi, tombe le hidjab…</em> (beaucoup plus délicat). Dans le premier cas il ne faut pas hésiter à répondre avec toute la fermeté requise: haro sur les codes de la famille moyenâgeux. L’égalité des femmes prime. Embrassez nos valeurs ou faites face aux conséquences de la loi. Exemple: un homme veut répudier la femme qu’il vient d’épouser en prétendant qu’elle n’était pas vierge au moment du mariage et que la virginité est, <em>de jure</em>, une exigence matrimoniale «essentielle». Si la virginité est ainsi essentialisée, au mépris de nos juridictions et de notre jurisprudence, le droit de cette femme est ouvertement brimé. Ce n&#8217;est pas acceptable. Si ce monsieur n&#8217;est pas content, qu&#8217;il divorce comme tout le monde et en assume le fardeau de la démonstration sans invoquer des principes n&#8217;ayant pas court en république&#8230; ou en les invoquant, mais à ses risques juridiques et périls argumentatifs. Ici je considère qu&#8217;une femme est directement privée de son patrimoine et de ses droits. Donc, c&#8217;est non.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Mais, dans le cas du hidjab, tout à fait distinct, je dis et redis prudence… il faut savoir laisser la chimie du contact interculturel jouer plus doucement… et savoir miser sur <a href="http://ysengrimus.wordpress.com/2008/04/30/la-dereliction-ce-nest-pas-un-changement-de-religion/">la déréliction</a>, comme prise de conscience graduelle, naturelle, non imposée… et savoir éviter de fabriquer inutilement des martyrs à petit tarif. <a href="http://ysengrimus.wordpress.com/2008/10/29/l%E2%80%99atheisme-doit-il-militer/">La rationalité ne se dicte pas depuis la chaire</a>. Elle émerge suite à une vie d’expériences critiques ordinaires. Si, sur la rue où se retrouvent tous les temples en quelque grande cité multiculturelle, je dois signaler mon respect pour le fétiche divin en retirant mon chapeau dans une église mais en le gardant sur la tête dans une synagogue, et si on me laisse vivre ces expériences, à la fois distinctes et semblables, à ma guise et sans encombre, dans une église, puis dans une synagogue, puis, un peu plus bas sur la même rue, cette fois-ci avec mes godasses, dans une mosquée etc… il en résultera inévitablement une relativisation des pratiques coutumières (vestimentaires et autres) entourant le rapport au fétiche divin, et, en dernière instance, la relativisation cruciale de ce dernier de surcroît. Il faut savoir <em>patienter</em> face à ce genre de question. La <strong><em>patience méthodique</em></strong>, une valeur bien peu en rythme avec la trépidation culturelle contemporaine, s’impose pourtant ici… Le fait fondamental demeure en effet que dicter aux gens comment ils doivent s’habiller n’a jamais été une option très compatible avec un plein respect des droits de la personne. Je n’ai pas besoin de me vautrer bien longtemps dans les chemises brunes et les cols maos pour vendre cette idée criante… Or cela ne se transige tout simplement pas, et cela s’applique clairement à ceux qui imposent le port du hidjab <strong><em>mais aussi</em> </strong>à ceux qui prétendent le retirer d’autorité. Combattre le feu par le feu, c’est bon dans la tactique de la terre brûlée, mais autrement… Les objets vestimentaires, c’est de l’ethnologie profonde, complexe, séculaire, délicate à manœuvrer. Que celui ou celle dont les talons aiguilles et les cravates rigides ne lui donnent pas des maux de dos ou de cou trop criants jette la première pierre… Il s’agit ici d’un choix privé, procédant de la culture intime, et réduire cela à une simple question de laïcité publique, de signes religieux ostensibles, ou, encore pire, de soumission tremblante et mystérieuse à quelque père crypto-tyrannique, ma foi (boutade), cela procède d’un jacobinisme grossier et inique. Tranchons le nœud et cessons de toujours s’en prendre aux mêmes boucs émissaires. Cette jeune femme, ma compatriote au hidjab, l’enlèvera elle-même de son plein grée, ou ne l’enlèvera pas, sinon ce sera sa fille, sinon sa petite-fille, sinon, eh bien, mes vieux yeux finiront simplement par s’habituer à cette nouvelle impression visuelle monde…</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Cette question toute simple devient compliquée uniquement quand on commence à essayer de déguiser nos préjugés ethnocentristes en droits fondamentaux. Comme on l’a souvent signalé aussi: commençons donc par donner aux femmes occidentales une équité salariale réelle et une représentativité politique et professionnelle effective (notre iniquité profonde – tout aussi inacceptable, mais plus banalisée dans notre culture ordinaire, que les codes familiaux arriérés venus d’ailleurs) et fichons une bonne fois la paix aux gens sur comment ils s’habillent, se chaussent, ou se coiffent. Sinon, de fil en aiguille, en jouant ainsi les antipapes de la fripe, on finirait purement et simplement, dans notre bonne foi hautaine et outrecuidante, comme une converse occidentale de l’Iran (cf les observations savoureuses de Marjane Satrapi dans <a href="http://www.ecouterlirepenser.com/textes/pl_lc_satrapi.htm"><strong><em>PERSEPOLIS</em></strong></a> sur le harcèlement vestimentaire quotidien par les constables de Téhéran) ou, <em>plus proche de nous</em>, comme le régime des colonels grecs de 1974, quand les soldats arrêtaient les garçons dans le vent sur la voie publique et leurs coupaient les cheveux de force…</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">En rajustant un salaire ou un code d’héritage injuste, en bons démocrates, on protège directement le droit de quelqu’un. En dictant aux gens comment se coiffer, en mauvais démagogues, on instille nos préjugés dans l’affaire et on ne protège le droit de personne. Ce sont là <a href="http://ysengrimus.wordpress.com/2008/06/16/le-chene-et-le-roseau-pourquoi-l%E2%80%99epanouissement-identitaire-serait-il-un-communautariste-pourquoi-le-repli-identitaire-serait-il-un-multiculturalisme/">des problèmes parfaitement distincts</a> et, encore une fois, finalement assez simple&#8230; quand on les dépouille de la compulsion xéno inavouée qui les émulsionne et les brouille à l&#8217;excès.<br />
,</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Les retouches photographiques sont en train de devenir un enjeu sur lequel on nous juge]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/2008/05/11/les-retouches-photographiques-sont-en-train-de-devenir-un-enjeu-sur-lequel-on-nous-juge/</link>
<pubDate>Sun, 11 May 2008 22:21:06 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[Les retouches photos faites à l’ordi, qui s’en souciait au tournant du siècle? Une photo de moi sur ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Les retouches photos faites à l’ordi, qui s’en souciait au tournant du siècle? Une photo de moi sur une vaste pelouse verte vif, tendrement penché sur mon épagneul Médor, me semblait ratée parce qu’Oncle Firmin apparaissait, titubant au loin, entre mon épagneul et moi, et comme grotesquement perché sur le bout de la truffe de ce dernier. Basta, en quelques clics et mouvements de souris, je pulvérisais le vieil oncle en fond et rapprochais légèrement Médor de moi, le tout, évidemment, sans altérer le vert serein de la pelouse. Deux amis fraternels et sans enquiquineur aucun étaient alors voués à s’aimer d’un amour sans mélange… visuel. Tout était alors dit, et nul n’y trouvait à redire. Puis, pourquoi pas, de fil en aiguille, je me suis mis à me noircir les cheveux, à me pâlir le teint, à me ciseler le nez, à me lisser les rides, à … me mincir le bide.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Le phénomène des retouche photos s’est répandu entre 2000 et 2010 comme une explosion de fond, au point de prendre l’ampleur et la proportion d’un vaste événement culturel collectif. Vers 2008 la majorité des photos de personnes ordinaires figurant sur le site de relations sociales <em>Facebook</em> étaient des retouchées. Le gratin ne fut naturellement pas en reste. Des acteurs et des actrices virent leur apparence altérée au point de devenir méconnaissables. Les peaux sont devenues comme plastifiées ou métallisées, les cheveux ont pris un lustré sci-fi irréel, les silhouettes sont devenues d’une cambrure impossible, la photo s’est transformée en une sorte de dessin animatronique figé dans ledit irréel et ledit impossible. Puis nos yeux –sinon ceux des persos de ces images- se sont graduellement descillés. On a commencé à pester devant les caisses du supermarché. Révolte de l&#8217;entendement. Une actrice a poursuivi un canard qui lui avait vissé la tête sur le corps d’une autre, un de ces corps de guêpe inepte qu’elle n&#8217;approuvait pas. Une compagnie de savonnette a basé une de ses pubes sur une dénonciation du caractère irréel et illusoire d’une images de jeune fille ordinaire engloutie sous une suites quasi ininterrpompue de retouches animatroniques aussi factices que déshumanisantes. Ce fut le choc empirique. La même enterprise s’est ensuite fait tancer pour avoir elle-même retouché des photos de modèles qui devaient pourtant avoir subversivement transgressé les normes ineptes de ce temps, en se démarquant comme natures et non soumises aux canons. Ce fut alors le choc moral…</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Nous entrons maintenant nettement dans l’ère de <strong><em>la retouche photo comme d</em><em>iscré</em><em>dit</em></strong><strong><em> sur lequel on nous juge</em></strong>. Je vous assure que, sous peu, apparaitront des labels comme <strong><em>CETTE ILLUSTRATION EST GARANTIE SANS RETOUCHE</em></strong> qui seront, eux aussi, vrais ou mensongers, ce sera selon. De fait, certaines feuilles à potins garantissent déjà le caractère non retouché de photos qu&#8217;elles utilisent&#8230; pour dénigrer l&#8217;apparence physique, ou la santé, ou le tonus d&#8217;une personnalité qu&#8217;elles mettent au ban des normes (car il y a aussi le monde sournois et perfide des <em><strong>anti-retouches</strong></em>). Et on débattera. Et <a href="http://blog.plafonddeverre.fr/post/%E2%80%9CPhotographie-retouch%C3%A9e-afin-de-modifier-l%E2%80%99apparence-corporelle-d%E2%80%99une-personne%E2%80%9D">les juristes s’en mêleront</a>. La difficultueuse courbe d’évolution de la technologie des retouches photos est clairement en train de perdre tout de sa froide inertie technique de jadis et de devenir un autres épisode de la sourde résistance contemporaine des femmes à la tyrannie des normes d’apparence. Et quand un film attendu fera un bide à cause du fait que la tête d’affiche aura été retouchée sur ladite affiche, les vendeurs de beauté factice en prendront de la graine et, de nouveau, le technologique devra s’incurver devant les pressions du social. On entrera alors dans l’ère de la <em><strong>rectitude photographique</strong></em>. Oncle Firmin ne sera probablement pas restitué au bout de la truffe de Médor sur ma vieille photo de jeunesse… mais toute une imagerie privée et publique des corps et des visages entrera alors abruptement dans le souvenir papier-glacé 2000-2010… l’âge d’or de la retouche photo sauvage (dont nous ne voulons d&#8217;ailleurs plus et qui ne nous manque vraiment pas)…</p>
<div id="attachment_876" class="wp-caption aligncenter" style="width: 389px"><img class="size-full wp-image-876" title="Yezhov" src="http://ysengrimus.wordpress.com/files/2008/05/yezhov.jpg" alt="Les retouches photographiques: un enjeu sur lequel on nous juge" width="379" height="400" /><p class="wp-caption-text">Les retouches photographiques: un enjeu sur lequel on nous juge</p></div>
</div>]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[Les poupées mannequins, ce n'est PAS du marketing...]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/2008/05/01/les-poupees-mannequins-ce-nest-pas-du-marketing/</link>
<pubDate>Thu, 01 May 2008 22:50:16 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[Il me semble qu&#8217;on en donne vraiment beaucoup trop de nos jours au «marketing». Sans trop savo]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Il me semble qu&#8217;on en donne vraiment beaucoup trop de nos jours au <strong><em>«marketing».</em></strong> Sans trop savoir ce qu&#8217;il est exactement, on <em><strong>«le»</strong></em> prend pour le démiurge de la manipulation subconsciente des masses, une sorte de «Big Brother» tentaculaire qui nous ferait faire tout ce qu&#8217;il veut. C&#8217;est falsificateur au possible. Je suis suffisamment consommateur ordinaire de ma poersonne pour pouvoir observer la règle d&#8217;acier suivante: si vous avez un produit de merde, votre campagne marketing n&#8217;y fera pas grand chose. Pour bien comprendre mon argument, pensons, par exemple, au film <strong><em>DICK TRACY</em></strong> avec Warren Beatty et Madonna. Costumes aux couleurs criardes, grosses têtes d&#8217;affiches racoleuses, campagnes marketing tapageuses, mondovision tonitruante, film de merde, résultat médiocre au guichet, divorce inexorable entre Warren et Madonna. Point-barre&#8230; Plus personne ne se souvient de ce navet. Vous en souvenez-vous, vous? Des exemples similaires de l&#8217;incompétence chronique du marketing absolu et sans substance existent par milliers, dans tous les secteurs de production. Le marketing rate bien plus souvent son coup qu&#8217;il ne fait mouche. Et surtout: le marketing se fait bien plus souvent prendre par surprise par le produit que le contraire&#8230; Maintenant méditons ceci: <em><strong>les poupées-mannequins miniatures existent depuis 1959 </strong><strong>et il se vend dans le monde une de ces effigies toutes les deux secondes</strong></em>, le tout avec un marketing compétent et solide, certes, mais sans extravagance particulière&#8230; Il n&#8217;y pas une campagne marketing qui puisse produire des résultats aussi durables et d&#8217;une telle puissance! Jamais. Cela n&#8217;existe pas. Le fait est que ce sont les poupées-mannequins qui font vivre leurs agents de marketing, pas le contraire. Tout simplement parce qu’il s’agit là d’un objet bien plus ancien que tous les marketings de la terre. Une petite poupée ado ou adulte, une effigie, un fétiche, un totem&#8230; Les extorqueurs qui s&#8217;engraissent aux dépens de celles qui aiment et adulent les poupées-mannequins comprennent cela bien mieux que vous et moi et ce, sans cette doctrine candide et non avenue de «marketing». Tout cela remonte à tellement plus loin, au plan de l&#8217;Histoire et au plan d&#8217;une vie de femme, de jeune fille, de toute petite fille. Aucun marketing au monde ne peut amplifier ou restreindre le rapport séculaire que nous établissons à l&#8217;effigie&#8230;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Il importe d’ajouter -corrolaire crucial ici- que le temps de la femme-objet pour l&#8217;homme, c&#8217;est fini. Et même le temps de la femme qui cherche à s&#8217;affirmer en singeant l&#8217;homme touche à son terme. Nous en arrivons à la femme qui reste elle-même, se maquille, se pomponne, s&#8217;amuse avec ses copines, jouit de ses amants et gouverne sa vie. Les nouvelles poupées-mannequins de ce temps sont naturellement centrales dans cette symbolique ludique, parce qu’elles ont la pêche, la dégaine, elles pratiquent absolument tous les sports et embrassent toutes les professions, mais leur maquillage ne se défait jamais, leur talons aiguilles ne s&#8217;enfoncent pas dans la boue de la jungle, et la grande tempête historique n&#8217;altère en rien leurs tignasses polychromes et indécoiffables. Elles sont donc un rêve. Car c&#8217;est un grand rêve de femme ça: tout accomplir sans transiger sur sa jouissance corporelle et ses fantaisies coquettes. <em><strong>Or, le fait est que les poupées-mannequins sont des jouets de petites filles. Ce sont donc les gamines qui décident de leur sort commercial de masse en dernière instance</strong></em>, pas leur père ou quelque vague «Big Brother Marketing» impalpable. Il va donc falloir cesser de crier <strong><em>«marketing»</em></strong> et <strong><em>«femme objet»</em></strong> à chaque fois qu&#8217;il s&#8217;agit de poupées-mannequins et commencer à comprendre les vrais fantasmes de celles qu&#8217;elles amusent depuis des lustres. Nous allons alors faire face à une ou deux surprises, mais nous allons bien finir par arriver à nous débarrasser de nos stéréotypes condescendants et faussement salvateurs sur les femmes et les petites filles&#8230; C&#8217;est un ajustement indispensable si nous, hommes notamment, voulons approcher adéquatement le monde superbe et terrible de la poupées-mannequin indocile de ces temps passionnels et de sa symbolique effective&#8230;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<div id="attachment_792" class="wp-caption aligncenter" style="width: 390px"><img class="size-full wp-image-792" title="Poupee-effigie" src="http://ysengrimus.wordpress.com/files/2008/05/poupee-effigie1.jpg" alt="Aucun marketing au monde ne peut amplifier ou restreindre le rapport séculaire que nous établissons à l'effigie..." width="380" height="480" /><p class="wp-caption-text">Aucun marketing au monde ne peut amplifier ou restreindre le rapport séculaire que nous établissons à l&#39;effigie...</p></div>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Bill Clinton, cancre du sexage]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/2008/04/29/bill-clinton-cancre-du-sexage/</link>
<pubDate>Tue, 29 Apr 2008 20:03:09 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[Bill Clinton aura été nocif et nuisible aux vues de millions de femmes, y compris la sienne. Ethnolo]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Bill Clinton aura été nocif et nuisible aux vues de millions de femmes, y compris la sienne. Ethnologiquement parlant, Bill Clinton aura été le président du grand rendez-vous raté des américains avec le respect de la vie privée de leurs dirigeants. Sur Monica Lewinsky, ils passèrent en effet à deux doigts de quitter le ton de la potinade collective mijaurée et de dire <em><strong>«C’est pas de nos affaire. Ils font ce qu’ils veulent»</strong></em>. Mais il a fallu que Bill Clinton bascule dans l’intimidation, le tordage de bras, les envois de gardes du corps en visite intempestive à son «adversaire». Derrière Monsieur Sourire se profila alors soudain Monsieur Fier-à-Bras et ce que les américains apprécient habituellement tellement en politique (étrangère notamment) se mit à clocher sur ce terrain là. Les femmes américaines surtout ne supportèrent pas ce genre de duplicité sur fond crypto-brutal. Elles furent profondément déçues et amères, surtout que la femme s’identifie toujours à la femme (Hillary, Chelsea, Monica, Paula…). Et le message collectif finalement fut: <em><strong>«Tord des bras et pète des gueules tant que ce sont des affaires d’état. Mais pour tes affaires de coeur, mon gars, ne manoeuvre pas comme ça, parce que ce sont les replis ordinaires de la nation que tu bafoues alors»</strong></em>. L’erreur de mélanger le politique avec le privé, fondamentalement, c’est Clinton lui-même qui l’a commise. Le peuple américain ne fit que suivre, prisonnier de la logique malotrue que Bill Clinton avait instauré envers ces passades qu’il respecta si peu. Puis, pour parfaire le foutoir et lui donner toute l&#8217;amplitude des destins tragiques, il a fallu qu&#8217;il soit le mari de la première candidate de calibre à la présidence  américaine de tous les temps. Le couple Clinton ne se sortira jamais de ce marasme qui les livra à la postérité subconscience de l&#8217;Amérique. Une bien triste leçon de l’histoire contemporaine des rapports de sexage.</p>
<div id="attachment_971" class="wp-caption aligncenter" style="width: 308px"><img class="size-full wp-image-971" title="bill-clinton-hillary-clinton" src="http://ysengrimus.wordpress.com/files/2008/04/bill-clinton-hillary-clinton1.jpg" alt="" width="298" height="345" /><p class="wp-caption-text">Bill Clinton et Hillary Clinton devant un bizarre jugement de l&#39;Histoire qu&#39;ils n&#39;attendaient pas...</p></div>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Obama n'est pas un prêcheur mais un orateur... et un compagnon de vie]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/2008/04/29/obama-nest-pas-un-precheur-mais-un-orateur/</link>
<pubDate>Tue, 29 Apr 2008 18:41:15 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[Joie aigre-douce. Le puissant phénomène Obama c’est dans le fond comme le phénomène Powell ou Rice. ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://ysengrimus.wordpress.com/files/2008/04/obama-speaks.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-981" title="obama-speaks" src="http://ysengrimus.wordpress.com/files/2008/04/obama-speaks.jpg" alt="" width="450" height="338" /></a></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Joie aigre-douce. Le puissant phénomène Obama c’est dans le fond comme le phénomène Powell ou Rice. Des figures majeures de la politique américaine sont désormais afro-américaines et prennent en toute simplicité une place à droite (souvent, à ce jour) ou au centre gauche (enfin, pour une fois) dans l’arène politique qui est celle de leur nation-empire. La couleur de la peau ou le profil ethnique n’est plus un critère. On prend enfin ces gens pour ce qu’ils sont, sans plus. Comme pour Oprah Winfrey (gentille, géniale, adulée), comme pour Barry Bond (vilain, tricheur, suicidaire), on juge l’arbre à ses fruits sociologiques, à son action politique, à sa pensée, à ses options, heureuses ou malheureuses, en toute neutralité ethno-raciale. C’est le degré zéro de la peau, enfin, enfin, enfin et plus que tout: <em><strong>ENFIN!</strong></em> Ceci dit et bien dit, la joie est quand même un peu aigre-douce parce que, bon, en quittant leur statut historique de martyrs des droits civiques, les afro-américains perdent aussi implacablement leur stature virginale et héroïque au sein de la mythologie politique américaine. Ils entrent de plain pied en pourriture politicienne banalisée pas plus et pas moins que tous les autres. Joie aigre-douce de les voir passer du mythique au normal… mais, somme toute, joie tout de même, car le coût historique de ce passage en parcours de calvaire a été suffisamment dur à payer pour qu’il soit plus que temps de passer à autres choses, sur un autre ton, dans un autre registre. Le moment historique est extraordinaire et fondamentalement jubilatoire. Obama est une figure qui gagne fortement en se faisant connaître. Sa capacité à <em><strong>CONVAINCRE </strong></em>l’électorat blanc de changer ses idées (ou ses préjugés) est le phénomène qui fera la différence dans cette campagne présidentielle. Du temps de John Kerry, c’était une guerre de tranchées, fixe (souvenons nous des bleus et des rouges sur la carte). Ici, ce sera une guerre de positions, mobile.  Comme pour Oprah Winfrey, comme pour Barry Bond, le vieux facteur racial est en train de complètement se dissoudre. Il comptera moins que jamais.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Chantons donc avec Obama: <em><strong>« Moi, moi, Roy D’Argot, je le sais déjà. Je suis monté sur un drôle de bateau, bien plus pourri que la Cours de Miracles… »</strong></em> (Fugain, <em><strong>LE ROY D’ARGOT</strong></em>). et regardons le aller comme un météore. Le rapprochement du talent oratoire d&#8217;Obama avec celui de Kennedy me semble en fait bien plus valide qu’avec celui de Martin Luther King (à une importante différence près: Obama fonctionne par canevas de discours dont il improvise la finalisation sur place, alors que Kennedy écrivait et mémorisait l&#8217;intégralité de ses interventions publiques. Autres temps&#8230;). Il faut comprendre une chose d’une grande profondeur dans la culture rhétorique afro-américaine pré-Obama. Des gens comme Martin Luther King ou Jesse Jackson sont avant tout des pasteurs. Leur premier public se réunissait dans une petite chapelle communautaire. Leur éducation oratoire en est une d’ecclésiastiques: mysticisme implicite, amplitude de la résistance collective, espoir émanant du désespoir, communion avec l’audience, pathos, <em><strong>«Glory halleluia!»</strong></em>, etc. Or, écoutez attentivement Obama. Il n’y a en fait rien de cela dans ses discours devant grand public. C’est un orateur fondamentalement laïc. Sa présentation est toujours dépouillée, rationnelle, explicative et synthétique en même temps. Sa simplicité de formulation est celle du communicateur efficace dont chaque mot résonne dans chaque cerveau. Le contenu n’y est pas sacrifié, mais <em>packagé</em>. C’est une sorte de <em>power point</em> verbal. Ce n’est jamais du simplisme de prêcheur. Ce n’est pas un sermon du tout (qui miserait sur l’espoir paradisiaque, la mystique grégaire, la colère rentrée, le pathos, le préchiprécha émotionnel, l’autovalorisation suavement dogmatique, la mélasse des martyrs). C’est, au contraire et sans concession, le plus délicat des discours politiques imaginable: celui engageant, entre autres, l’autocritique fondée rationnellement de toute une communauté. Son exposé s’adresse à l’opinion et au jugement d’abord, aux émotions ensuite. Même les inévitables effets de manches électoralistes les plus tonitruants peuvent toujours se résumer après coup en un fort élément de contenu. Son discours n’est pas démagogique. L&#8217;attaque <em>ad hominem</em> notamment en est rigoureusement absente. Obama ne cesse jamais de faire réfléchir son auditoire. Pour la simplicité, la clarté et le constant souci cognitif de l’exposé, il me rappelle en fait plus Lénine que Luther King… Admirons sans rougir, mais en demeurant conscient que ce ne sont pour l&#8217;instant que des paroles&#8230;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Sur le facteur femme maintenant. Face à cet autre immense événement historique, celui de faire face à une candidate à l&#8217;investiture, Obama ne put avancer que la formule traditionnelle: regardez ma <em>First Lady</em>. Il la joue à fond. <a href="http://ysengrimus.wordpress.com/2009/03/01/ce-que-michelle-obama-symbolise/">Son épouse, Michelle Obama</a>, est une avocate d’affaire articulée et intelligente qui se donne comme ayant été initiée à la conscience sociale par Obama lui-même. Son admiration pour son époux n’a rien de béat et se communique très bien dans les rassemblements. Mais c’est aussi une bourgeoise en tenue stricte, un peu crispée, pas très à l’aise dans les bains de foules, et qui dit des choses comme: <em><strong>«Nos deux petites filles vivent la vie de gras durs dont nous voudrions voir le reste des enfants américains bénéficier»</strong></em>. Cette touche un peu poissante de condescendance de classe ne vend pas nécessairement très bien au centre gauche en général et en particulier auprès des femmes américaines, auxquelles on ne dit pas comme ça que ma famille est mieux tenue que la tienne. Or la femme surveille la femme. Toujours. Michelle Obama, sera-t-elle un talon d’Achille auprès du vote des femmes? Aucunement. Car il s&#8217;avérera en fait que  Michelle Obama, subtile, ajustable, louvoyant bien entre la force tranquille de l&#8217;épouse et la stature assumée de l&#8217;angle traditionnel de son &#8220;poste&#8221;, saura exactement ce qu&#8217;elle fait dans cette lune de miel politique, inédite et splendide.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Ceci dit, les femmes (et les hommes) ayant voté pour Madame Clinton contre Obama dans cette longue et difficile campagne pour l&#8217;investiture démocrate n’ont pas nécessairement fait jouer uniquement le corporatisme femme. Les femmes sont d’ailleurs souvent les premières à se méfier de ce dernier. Elles aspirent à viser plus loin que l’esprit de corps sans nuance, dans les affaires de la cité. Au delà des clivages de sexage donc, on peut voir je crois, en cette longue et épuisante durabilité de Madame Clinton dans la lutte, un simple et net soubresaut d’inquiétude idéologique des démocrates américains. Un peu pas trop vers la gauche quand même sembla pour un temps se dire la conscience collective démocrate. Puis le débat pour l&#8217;investiture s&#8217;est graduellement éteint dans les fantasmes homicides du couac conclusif de Madame Clinton qui permirent à Obama de se mettre de nouveau en relief, avec la stature d&#8217;un seigneur débonnaire. C&#8217;est qu&#8217;Obama laisse toujours toutes les portes ouvertes. Sa courtoisie rhétorique est une redoutable méthode. Sur tous les fronts, il combat déjà l’image de la solution américaine par le conflit. Il se veut rassembleur et pacificateur. L’attaquer, c’est la première étape menant à devoir implacablement se joindre à lui… Imaginer l’application de ce genre de doctrine en politique étrangère laisse rêveur… Débat historique de la conscience collective américaine face à elle-même. Conflit avec le conflit&#8230; Et il demeure que l&#8217;Amérique est conquise par Obama. Il danse chez Ellen Degeneres, joue au basket et aspire à changer Washington. Force est d’admettre qu’un consensus tacite transcendant les partis se sera tissé autour de cette formidable figure du spectacle politique et de ce qu’il représente.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Avec Obama et de par Obama, l&#8217;Amérique est en fait en train de remythologiser sa vie politique. Sachant confusément qu&#8217;ils ne peuvent se débarasser de leur culpabilité effective, nos incroyables voisins du sud oeuvrent en ce moment à secouer le joug de la culpabilisation émotionnelle qui les accable si profondément face au monde. Activant à fond les formidables rouages recyclants de la toujours très efficace machine à mirages qu&#8217;est l&#8217;ensemble de leurs institutions, les américains sont en train de faire émerger une figure politique de haut niveau qui parle comme eux et qui dit <em>&#8220;<strong>C&#8217;est assez!&#8221;</strong></em> à toute une classe de dirigeants oligarches. L&#8217;expérience intellectuelle et sentimentale est sans précédent depuis Kennedy. Profondément plus conformistes en république que les français, les américains ont crucialement besoin d&#8217;un président qu&#8217;ils aiment comme un frère, un partenaire ou un ami. Un compagnon de vie. Il faut voir maintenant jusqu&#8217;ou ils pourront vraiment aller dans cette quête peu simple mais déjà, l&#8217;expérience est absolument unique.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Merci Mesdames d'empêcher en permanence la troisième guerre mondiale d'éclater]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/2008/04/29/merci-mesdames-dempecher-en-permanence-la-troisieme-guerre-mondiale-declater/</link>
<pubDate>Tue, 29 Apr 2008 15:29:57 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[Mesdames, je vais peut-être vous surprendre, mais c’est grâce à ce rejet constant et stable de la mo]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><img class="aligncenter size-full wp-image-960" title="Femmes contre la guerre" src="http://ysengrimus.wordpress.com/files/2008/04/femmes-contre-la-guerre.gif" alt="Femmes contre la guerre" width="337" height="293" /></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Mesdames, je vais peut-être vous surprendre, mais c’est grâce à ce rejet constant et stable de la mort de nos petits gars au combat dans des conflits de théâtre absurdes (que vous exprimez si sincèrement, et qui est vécu et articulé par des millions d’autres femmes comme vous, en toute simplicité) que nous n’avons pas eu de troisième guerre mondiale. Je m’explique. Quand Eisenhower se fit rapporter, au tout premier jour du débarquement de Normandie de 1944, que 10,000 hommes avaient été tués sur le coup, il répondit, sans cynisme, et avec un soulagement réel: <strong><em>«So far so good, I was expecting 20,000»</em></strong> <em><strong>[Pas mal du tout, Je m'attendais </strong><strong>à</strong></em><em><strong> 20,000]</strong></em>. Ce type d’insensibilité implacable (et, disons–le, si masculine…) des états-majors n’est plus possible aujourd’hui, simplement parce que les mères, les soeurs, les copines des soldats et leurs amies et nos amies veillent et influent de leur massive sensibilité pacifiste tout le rapport de la société civile à la guerre. Comparons le contraste entre la couverture par un journaliste homme et la couverture par une journaliste femme du même drame d&#8217;un de nos ti-klins soldoques mort à Kandahar. Sous la plume du journaliste homme, d’accord ou pas, on garde la tête bien froide et les yeux sur la rondelle. Il va falloir s’habituer à revoler dans le bande pis y en aura pas de faciles. D’ailleurs (comme l’expriment aussi assez oiseusement encore trop de nos compatriotes) les petits gars sont là-bas pour <em><strong>sauver les FEMMES afghanes</strong></em>. <em>«Alors écrasez vous les filles, Rambo s’en vient. Comme on disait dans mon enfance: <strong>Les filles, les guénilles, les gars les soldats</strong>. Calmez vos nerfs. Ce n’est que la politique par d’autres moyens…»</em> Sauf que la journaliste femme et ses semblables, elles, ont pleuré de tristesse et de rage devant leur ordi et l’on exprimé sans honte au monde dans les canards et sur Internet. Leurs arrières-grand-mères de la guerre ’14, avaient d’ailleurs pleuré et protesté comme ça, elles aussi, mais au fond d’une cuisine silencieuse. Leurs grand-mères de la guerre ’39 ont pleuré et protesté comme ça, elles, dans le tapage d’une tannerie ou d’une usine de bombes. On ne les a pas trop entendu non plus, dans le temps. Maintenant la vision vague et femme de Madame la Journaliste apparaît dans un medium qui vaut pour 50/50 face à la vision précise et eisenhowerienne de Monsieur le Journaliste. Compareurs, comparez. Choisisseurs, choisissez. Moi, je ne m’habituerai <em><strong>JAMAIS</strong></em> au meurtre de mes fils et des fils du soi-disant ennemi au nom de l’impérialisme pétrolier et opiacé de l’Occident.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">La montée du pouvoir de masse et de l’impact social des femmes vont donc de pair avec l’impossibilité de disposer aujourd’hui sans obstacle de l’attitude d’Eisenhower envers les petits gars qui sont aux bouttes des fusils. Un mort québécois en Afghanistan et le Premier Ministre du Canada est obligé de patiner comme un perdu dans la propagande humanitaire. C&#8217;est à la portion <em><strong>FEMME</strong></em> (que les hommes ressentent aussi de plus en plus profondément de nos jours) de la société civile qu’il s’adresse dans ses salades pour québécois(e)s velléitaires. Subitement, l&#8217;inepte unifolié jambette et bafouille dans ses sourates et ses redites <a href="http://ysengrimus.wordpress.com/2009/02/15/intoxidentale-intox-occidentale/">intoxidentales</a>: il est en croisade exclusivement&#8230; pour <em><strong>sauver les FEMMES afghanes</strong></em>! Personne n&#8217;est dupe, allons, et la résistance polie mais ferme joue, sentie, dense, pesante&#8230; Et évidemment, cet exploit majeur des femmes de ce temps (nous éviter de nous jeter dans un troisième conflit mondial, ce n’est pas rien) étant un exploit silencieux, en creux, en vide, in absentia (vu que cette guerre n’est pas arrivée), on ne le remarque pas, ne l’analyse pas, ne le comptabilise pas dans l’Histoire, mais il est avec nous en permanence. Ces femmes qui ont dit : <em><strong>j</strong><strong>e ne fais pas de politique, je ne me prononce pas sur la légitimité de la guerre ou quoi, mais bondance les gars là, il me semble que voir les ti-pits revenir dans des boîte, ça marche pas</strong><strong>…</strong></em> eh bien elles ont fait toute la fichue différence avec leur larmes froides, leur colère sourde, leur résistance ouverte. Alors, du fond du coeur, merci Mesdames. Mes fils et moi même vous devons la vie.</p>
<div id="attachment_926" class="wp-caption aligncenter" style="width: 330px"><img class="size-full wp-image-926" title="Christiane Mouron" src="http://ysengrimus.wordpress.com/files/2008/04/christiane-mouron.jpg" alt="Christiane Mouron" width="320" height="290" /><p class="wp-caption-text">Christiane Mouron et le Big Bazar, vers 1975. Tous les aspects de la si riche existence ordinaire des femmes expriment leur profonde aptitude à la paix</p></div>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[La porno au féminin]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/2008/04/29/la-porno-au-feminin/</link>
<pubDate>Tue, 29 Apr 2008 05:26:12 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[Je maintiens contre vents et marées que la porno au féminin reste pour les hommes un mystère ondoyan]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Je maintiens contre vents et marées que <a href="http://ysengrimus.wordpress.com/2008/10/15/de-la-distinction-entre-pornographie-et-erotisme/">la porno</a> au féminin reste pour les hommes un mystère ondoyant et qu’on (au masculin) a encore énormément à apprendre sur la question. Si le seul fait de juger que j’en ai encore à apprendre est une faiblesse, ma foi, c’est une faiblesse méritoire et je la maintiens avec toute la fierté et toute la modestie requise. Sans me démonter ni faillir, je revendique froidement le droit de l’homme à s’autocritiquer. Si pour d’autres mecs c’est s’autoflageller, pas pour moi et je n’ai absolument aucun esprit de corps envers ma meute de taverne sur les questions de sexage. L’aveugle solidarité des pitons, très peu pour moi.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Regardons donc brièvement la question de la porno pour femme directement, dans le cadre de notre logique de gars: tripper sur une jolie houri ne portant rien d’autre que de longues cuissardes moulantes de cuir rouge à talons aiguilles, sur un site porno conventionnel, un soir de solitude glauque signifie-t-il automatiquement qu’on fait du lobby auprès de notre blonde pour qu’elle se procure les même dites cuissardes? Restons sérieux. Restons surtout décents. Il s’agit ici de pornographie, de fantasmes extrêmes, du monde de la fantaisie et du rêve fou. Or, dans ce même cadre <em>out of this world</em>, on nous montre quoi dans certaines subtiles publications de pornographie pour femmes? <strong><em>UN HOMME ÉLÉGANT, BIEN TENU, SOURIANT, AVENANT ET MODERNE QUI MANIFESTE UN SOUCI SINCÈRE ET SANS ARTIFICE POUR L’INTÉRIEUR COMMUN</em></strong>. Exquise rareté. Explosion des ardeurs compensatrices. Cri pulsionnel du manque. Appel des chairs. Le monde du fantasme irréel, impossible et débridé et les gars qui entrevoient cela paniquent. Allons, allons restons calme. Cela n’arrivera pas demain, mes gars. C’est de la porno. Elles ne s’illusionnent en rien&#8230;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Mais cette fantasmatique pour femme me fait vachement réfléchir et débalance un bon nombre de mes croyances en matière pornographique. Mes certitudes érotiques en sont sens dessus dessous et cela me dépayse. Ce que je ne comprends pas par contre, c’est pourquoi, en tant qu’homme, cela devrait me faire me sentir agressé, typé, fiché ou dénigré. Un gars gentil et bien vêtu dans un intérieur agréable, l’un dans l’autre, c’est un trip comme un autre, déroutant pour ma fibre mâle mais pas du tout questionnable, dans son principe. Un mystère parfaitement fascinant et étonnant s’ouvre subitement à moi. Que je développe un peu brièvement sur la déroute qu’il me suscite tant, ce type bien tenu, doux et humain. Nous (au masculin), on associe quasi automatiquement porno et nudité. Je le fais aussi, constamment. Le syndrome de <em>Playgirl</em>, en quelque sorte. Notre fantasmatique de gars inversée et transposée tant bien que mal nous fait caler notre moteur lubrique sur la bonne vieille nudité, et les postures, et le bazar&#8230; Or j‘ai l’impression tangible que cette association porno/nudité n’est pas aussi automatique pour nos partenaires de vie de la planète Vénus… Le gars doit vraiment (pas toujours je suppose, mais disons, assez souvent) être habillé&#8230; et même préférablement frais et moderne, élégant sans excès, décontracte, force tranquille, et surtout, tout absorbé à quelque petite tâche domestique, pas de pensées interlopes en arrière fond (qui impliqueraient alors une utilisation de la tendresse comme hameçon éventuel. Elles ont visiblement horreur que le tout de la chose soit joué dans le goût contrainte-de-jeu-vidéo que l’on contourne ou «bat» pour niquer le prix sexy juste après), d’où la nudité ou les références sexuelles explicites à éviter parce que cela fait alors truc, truqué, trucage, arrière-pensée rigide, idée fixe… enfin, je présume…</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Pour tout dire et synthétiser, elles me font finalement l’impression d’être plus érotisées par la sincérité et la spontanéité du mouvement qu’elles aspirent à me voir réaliser dans la maison de poupée de leurs langueurs que par les rondeurs de mon corps illustre. C’est intégralement un autre monde. L&#8217;Atlantide des ambiances. Un monde à découvrir&#8230; au logis comme en plein air&#8230;</p>
<div id="attachment_809" class="wp-caption aligncenter" style="width: 350px"><img class="size-full wp-image-809" title="homme et babi" src="http://ysengrimus.wordpress.com/files/2008/04/homme-et-babi.jpg" alt="Un univers à découvrir..." width="340" height="340" /><p class="wp-caption-text">Un univers à découvrir...</p></div>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[La jolie blonde qui dit des sottises]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/2008/04/29/la-jolie-blonde-qui-dit-des-sottises/</link>
<pubDate>Tue, 29 Apr 2008 04:00:17 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[La jolie blonde qui ne retrouve pas son pays sur une mappemonde ou qui prend Gandhi pour un dieu hin]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span lang="FR-CA">La jolie blonde qui ne retrouve pas son pays sur une mappemonde ou qui prend Gandhi pour un dieu hindou. Jolie et sotte, on la citera partout sur la toile ad nauseam, fragments vidéo à l&#8217;appui. Gnagnagna, ha, ha, ha, que c’est donc comique. Très bien. Voici donc le premier coin du carré. La jolie femme qui balbutie des fadaises. Maintenant, par soucis d’impartialité et de toute simple symétrie logique, admettez avec moi qu’il faudrait nous trouver un beau gars qui balbutie des conneries (ce triste monde, j’en suis certain, fourmille de volontaires), ensuite un beau gars qui dit des choses intelligentes, pour conclure avec une jolie femme qui dit des choses intelligentes. Ensuite, on pourrait construire le même carré avec des moches (moche à conneries, moche à choses intelligentes, sur les deux sexes)… Je dis ça parce que ça me fatigue vraiment royalement que la chaloupe penche toujours sur le même bord dans ce genre de grosse bouffonnerie crampante: la jolie blonde qui dit des sottises (alors que des beaux gars à sport, char, philosophie matrimoniale édifiante, doctrine sociale cruciale, vulgarités éructées, rire gras inepte il en pleut aussi sur <em>YouTube</em> et ailleurs). On pourrait faire varier la couleur de cheveux aussi, tiens pour le coup, sur les beaux/belles et sur les moches, ça reposerait du sempiternel blond…</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span lang="FR-CA">En fait, pour exprimer le fond de ma pensée et vraiment me vider le coeur ici, je dois dire que je suis pas mal fatigué de la femme-objet qui peut raconter n’importe quelle sornettes et crever l’écran. Las, épuisé, tanné, écoeuré. J’attends avec ardeur le retour de la femme intelligente et articulée avec du charme et qui vous séduit par ses propos et sa pensée. Parce que la phase hédoniste, <em>photoshop</em>, couverture de revue, rien dans le plomb, franchement, je suis intégralement dosé. Vivement que cette mode se démode…</span></p>
<div id="attachment_769" class="wp-caption aligncenter" style="width: 543px"><img src="http://ysengrimus.wordpress.com/files/2008/04/blondepensive.jpg" alt="Vivement le retour de la femme de tête" title="Blondepensive" width="333" height="450" class="size-full wp-image-769" /><p class="wp-caption-text">Vivement le retour de la femme de tête</p></div>
</div>]]></content:encoded>
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<title><![CDATA[Mon petit macho androhystérique]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/2008/04/29/mon-petit-macho-androhysterique/</link>
<pubDate>Tue, 29 Apr 2008 03:40:03 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[Mon petit macho androhystérique se lève subitement, tape du pied nerveusement, et montre les bon(ne)]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Mon petit macho androhystérique se lève subitement, tape du pied nerveusement, et montre les bon(ne)s et les méchant(e)s en matière de sexage. Il est encouragé lourdement par tous ses copains toniques et sportifs, qui l&#8217;accompagnent souvent d&#8217;ailleurs car, seul dans le giron de l&#8217;agora, il tend à avoir la tremblote, ce tout petit. Il juge qu&#8217;un homme doit penser et agir comme un homme, d&#8217;un bloc, sans nuance aucune, que ce sont les féministes qui le discriminent, lui, et lui font violence à lui (surtout pas le contraire) et que quand il jappe goguenardement contre la &#8220;rectitude politique&#8221; de l&#8217;option des autres, tout est dit. À lire mon petit macho androhystérique, depuis 20 000 ans, la femme domine l’homme et lui fait subir le poids de ses stéréotypes, de son oppression ouverte, de ses préjugés sexistes et de sa violence brutale. On croirait lire un certain segment de la population anglophone canadienne qui lutte héroïquement contre l’assimilation de l’Amérique du Nord à la tyrannie inexorable… de la langue française. Inutile d’ajouter qu’aux yeux du même petit macho androhystérique, <strong><em>féminisme</em></strong> (oui, encore lui, encore ce mot, encore cette chose) est synonyme de crime immonde…</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Mais, gars, on ne te dit pas que les femmes sont des angelotes. On te dit que <a href="http://ysengrimus.wordpress.com/2008/07/23/la-culture-intime-des-femmes-nuit-elle-aux-femmes/">leur culture intime gagne en importance -problèmes inclus-</a> et que les combats réactionnaires d&#8217;arrières gardes ne sont pas de mise pour faire face aux faits. Pour affronter l&#8217;insécurité et la frustration des femmes, <strong><em>nous, hommes, allons devoir accroître notre capacité à penser comme des femmes</em></strong>. Si leurs insécurités et leurs frustrations deviennent les nôtres, alors, nous pourrons faire notre part. Il faut féminiser nos espaces mentaux. Pas de quartier. On le fait déjà bien plus que nos grands-pères de toute façon. Et les couilles ne vont pas nous en tomber par terre pour autant… Entre dans la vraie vie, mon gars. Le féminisme n&#8217;est pas un crime immonde. C’est tout juste le contraire. Le crime immonde c’est celui décrit par tant de faits divers terribles d&#8217;agressions de femmes et le seul être vivant disposant de la configuration d’esprit héritée historiquement pour le commettre s’appelle <em>un homme</em>. Pire qu’un homme, un homme aux abois, qui se cache, se planque, parce que la société civile est désormais consciente que son patriarcat appliqué est de fait illégitime, foutu, secret, mafieux, ruiné et susceptible de n’engendrer que des adeptes de mauvaise foi dans le genre de certains de nos andro-ergoteurs locaux. Oh, mes gars, réveillez-vous. Vous vivez dans une civilisation tertiarisée. Et un gars assis dans un cubicule devant un ordi ressemble plus que jamais à sa sœur assise dans le cubicule à côté devant le même ordi (donnons-lui donc le même salaire, au fait…). Les sexes se rapprochent, c’est un fait inéluctable et les atermoiements n’y feront rien. Un bûcheron jadis, c’était un gros gars balèze avec une hache. Aujourd’hui c’est une personne –homme ou femme- dont le physique importe peu, au volant d’un tracteur-tronçonneur. Votre force brute ne sert plus à rien socialement, mes gars. Il y a de la machinerie désormais, pour tout ça. Alors une bonne fois, assumez ce que vous êtes: des hommes nouveaux, bon an mal an… Car bon, comme d&#8217;habitude, les idéologies retardent.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">C&#8217;est ainsi que si mon petit macho androhystérique de tous les jours s’imagine que je vais endosser l’ordre brutal foutu que mon sexe est censé incarner simplement parce qu’un ti-clin queutard inverse malhonnêtement la notion de sexisme, il rêve debout. Mon sexe n’incarne plus cet ordre, j’en suis la preuve vivante et je ne suis pas le seul. Les allemands ont le droit de continuer d’être allemands malgré le fardeau du passé nazi, séquelle historique qu’ils porteront pourtant encore longtemps. Il y a des séparations internes, des lézardes de fond, des crises historiques qui sont inexorables. Je suis un homme de plain pied, séquelles inclues, et, <em>read my lips</em>, je n’ai absolument aucune solidarité phallolâtre. Quiconque entend me casser les pieds parce que je ne marche pas avec la troupe machique de ma taverne d&#8217;origine fera face à la férocité du loup Ysengrimus. On verra bien alors qui finira flagellé, bastonné, brassé, planté, niqué. L&#8217;heure est venue de tempérer ton androhystérie, Stanley Kowalski&#8230;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<div id="attachment_757" class="wp-caption aligncenter" style="width: 349px"><img class="size-medium wp-image-757" title="Kowalski-dubois" src="http://ysengrimus.wordpress.com/files/2008/04/kowalski-dubois.jpg?w=229" alt="Le totem de l'androhystérie, Stanley Kowalski (joué par Marlon brando), fort affairé ici à nier les droits de propriété de sa belle-soeur Blanche Dubois (jouée par Vivian Leigh), dans A STREETCAR NAME DESIRE (1951)" width="339" height="400" /><p class="wp-caption-text">Le totem de l&#39;androhystérie, Stanley Kowalski (joué par Marlon brando), fort affairé ici à nier les droits de propriété de sa belle-soeur Blanche Dubois (jouée par Vivian Leigh). A STREETCAR NAME DESIRE (1951)</p></div>
</div>]]></content:encoded>
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