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	<title>tis-my-life &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
	<link>http://en.wordpress.com/tag/tis-my-life/</link>
	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "tis-my-life"</description>
	<pubDate>Sat, 02 Jan 2010 23:11:24 +0000</pubDate>

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	<language>en</language>

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<title><![CDATA[Inspection des finances et Senghor]]></title>
<link>http://baroqueetfatigue.wordpress.com/2009/11/17/macdo-inspection-des-finances-et-senghor/</link>
<pubDate>Tue, 17 Nov 2009 21:11:09 +0000</pubDate>
<dc:creator>fandenimier</dc:creator>
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<description><![CDATA[Subi un cours d&#8217;économie par un jeune inspecteur des finances. Savourez, je vous prie, ce bel ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:justify;">Subi un cours d&#8217;économie par un jeune inspecteur des finances. Savourez, je vous prie, ce bel exemple de langue de bois : &#8220;Les réflexions engagées sur les modèles de croissance à long terme accessibles aux économies européennes  ne font pas encore ressortir de modèle dominant&#8221;. Traduction : &#8220;On est dans la merde, et personne ne sait comment on en sortira&#8221;.</p>
<p style="text-align:center;">***</p>
<p style="text-align:justify;">Extrait de Serge Bilé, <em>Au secours le prof est noir !</em> :</p>
<p style="text-align:justify;">[Léopold Sedar Senghor, racontant ses années d'enseignement en collège]</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">J&#8217;ai employé la méthode active. Je faisais apprendre et réciter les textes latins et je faisais jouer de petites pièces. Quand j&#8217;arrivais à la porte de la classe, les élèves me saluaient en latin : &#8220;Salve, magister ! Salve, magister !&#8221; A quoi je répondais : &#8220;Salvete, pueri ! Silente nunc et in scolam intrate.&#8221; [...]</p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">[Un ancien élève raconte ses souvenirs de classe avec ledit Senghor comme professeur]</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">Je suis sorti à onze heures, comme les autres, mais j&#8217;ai couru mes trois kilomètres pour arriver plus vite et, du plus loin que j&#8217;ai pu, j&#8217;ai crié : &#8220;Maman, Maman, j&#8217;ai un roi nègre comme professeur de lettres &#8220;</p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">En lisant des témoignages comme ceux-là, je l&#8217;avoue, une étrange émotion m&#8217;étreint, et je ne suis pas loin de penser que non, le modèle d&#8217;assimilation républicain, ça n&#8217;était pas que n&#8217;importe quoi.</p>
<p style="text-align:justify;"><em><br />
</em></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[La société de défiance]]></title>
<link>http://baroqueetfatigue.wordpress.com/2009/11/13/la-societe-de-defiance/</link>
<pubDate>Fri, 13 Nov 2009 17:41:16 +0000</pubDate>
<dc:creator>fandenimier</dc:creator>
<guid>http://baroqueetfatigue.wordpress.com/2009/11/13/la-societe-de-defiance/</guid>
<description><![CDATA[Mes préoccupations actuelles m&#8217;amènent à dévorer des centaines de pages d&#8217;essais et de r]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:justify;">Mes préoccupations actuelles m&#8217;amènent à dévorer des centaines de pages d&#8217;essais et de rapports divers consacrés à la conjoncture économique et aux politiques publiques, pas toujours passionnants, c&#8217;est le moins qu&#8217;on puisse dire. Il y a néanmoins des exceptions ; entre autres, l&#8217;essai intitulé <em>La société de défiance &#8211; Comment le modèle social français s&#8217;autodétruit</em> de Yann Algan et Pierre Cahuc. Texte qui fait souffler, disons, comme un vent de fraîcheur, quand la plupart de vos enseignants (pourtant pas les derniers venus) passent leur temps à répéter que le libéralisme ravageur et la perte du sens de l&#8217;État sont actuellement la principale menace qui pèse sur notre beau pays. Libéralisme ravageur et perte du sens de l&#8217;État avec 55 % du PIB de dépense publique, l&#8217;exécutif le plus dirigiste d&#8217;Europe (à vue de nez) la réglementation du travail la plus tatillonne, un déficit budgétaire insoutenable à moyen terme, et la couverture sociale la plus coûteuse au monde ou presque ? Une France <a href="http://www.heritage.org/Index/Ranking.aspx">entre l&#8217;Ouganda et la Roumanie</a> au classement  de la fondation Heritage sur l&#8217;opportunité d&#8217;entreprendre ? Aidez-moi, je VEUX comprendre. Sans parler de la semaine de RER en grève que je viens de vivre &#8211; à partir de mercredi, presque plus rien dans les médias, mais je vous rassure, sur le terrain ça continuait ?). Pour le texte complet, c&#8217;est <a href="http://www.cepremap.ens.fr/depot/opus/OPUS09.pdf">là</a>, pour un extrait de l&#8217;introduction, c&#8217;est tout de suite :</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">Dans la seconde partie, nous soutenons que le déficit de confiance des Français est intimement lié au fonctionnement de leur État et de leur modèle social. Après la Seconde Guerre mondiale, le modèle social français s’est construit sur des bases corporatiste et étatiste. Le corporatisme, qui consiste à octroyer des droits sociaux associés au statut et à la profession de chacun, segmente la société et opacifie les relations sociales, ce qui favorise la recherche de rentes, entretient la suspicion mutuelle et mine les mécanismes de solidarité. L’étatisme, qui consiste à réglementer l’ensemble des domaines de la société civile dans leurs moindres détails, vide le dialogue social de son contenu, entrave la concurrence et favorise la corruption. Le mélange de corporatisme et d’étatisme est au coeur de la défiance actuelle et des dysfonctionnements du modèle social. La faiblesse du dialogue social et le manque de confiance envers le marché rendent nécessaire l’intervention de l’État. Mais selon une logique dirigiste et corporatiste bien établie, l’intervention de ce dernier consiste généralement à accorder des avantages particuliers aux groupes qui en font la demande, souvent au détriment du dialogue social, du respect des règles de la concurrence et de la transparence des mécanismes de solidarité. Ce type d’intervention ne peut qu’entretenir la défiance mutuelle et favoriser, en retour, l’expansion du corporatisme et de l’étatisme.</p>
</blockquote>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Divers (30 - X)]]></title>
<link>http://baroqueetfatigue.wordpress.com/2009/11/03/divers-30-x/</link>
<pubDate>Tue, 03 Nov 2009 19:25:42 +0000</pubDate>
<dc:creator>fandenimier</dc:creator>
<guid>http://baroqueetfatigue.wordpress.com/2009/11/03/divers-30-x/</guid>
<description><![CDATA[Symbole des contradictions de notre époque : la tablette de chocolat Lindt Petits Desserts tarte au ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:justify;">Symbole des contradictions de notre époque : la tablette de chocolat Lindt Petits Desserts tarte au citron meringuée exhibe fièrement un bandeau &#8220;nouvelle recette&#8221; ; dans le même temps, la tablette de chocolat Lindt Excellence à la fleur de sel se prévaut d&#8217;une &#8220;recette inchangée&#8221;. Tradition, Modernité, allez comprendre. Notez d&#8217;ailleurs que la nouvelle recette de tarte au citron meringuée est très réussie : la précédente était trop sucrée, alors que dans celle-ci, on sent surtout la présence du citron.</p>
<p style="text-align:center;">***</p>
<p style="text-align:justify;">Vu (enfin) <em>Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ</em>. Avec une actrice sortable pour jouer Cléopâtre (Mimi Coutelier, compagne de Jean Yanne, le réalisateur : l&#8217;amour rend aveugle), ce film serait convenable sans plus, au lieu d&#8217;être un honnête navet. En revanche, les scènes entre Jules César (Michel Serrault) et Ben Hur Marcel (Coluche) sont à encadrer :</p>
<p style="text-align:justify;">- Dites donc, c&#8217;est pas tout ça, mais&#8230; faudrait voir ce qu&#8217;on va faire&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">- Assieds-toi. Détends-toi. Il ne faut pas précipiter les choses ; nous avons tout notre temps.</p>
<p style="text-align:justify;">- Ben moi j&#8217;aimerais mieux qu&#8217;on fasse le plus vite possible, parce que&#8230; on choisit le meilleur moment, et hop !</p>
<p style="text-align:justify;">- Ah ben toi alors !</p>
<p style="text-align:justify;">- Ben oui, parce que le plus dur dans ces coups-là c&#8217;est de se décider mais une fois qu&#8217;on est décidé, faut le faire, faut arrêter d&#8217;en parler et puis faut le faire, faut tout bien mettre au point, hein, pas d&#8217;improvisation.</p>
<p style="text-align:justify;">- Ah ben un petit peu quand même, pour le&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">- Tu vois ça serait un client ordinaire, je te dirais : on peut bâcler, mais là c&#8217;est quand même César, il faut que le boulot soit bien fait !</p>
<p style="text-align:justify;">- Toi t&#8217;as tout compris.</p>
<p style="text-align:center;">***</p>
<p style="text-align:justify;">L&#8217;action se déroule chez Gibert, boulevard Saint-Michel. Personnages : la mère, la fille (collégienne), le témoin.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>La fille -</strong> Il me faut un roman de Victor Hugo.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>La mère &#8211; </strong>Hé ben on va chercher à V&#8230; voyons&#8230; Vialatte, Vian, Villiers, Vincenot&#8230; tiens, il y est pas !</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>La fille</strong> <em>(rougissant, à voix basse) </em>- Mais maman, c&#8217;est à H qu&#8217;il faut chercher.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>La mère</strong> <em>(plus fort) &#8211; </em> Enfin, Victor Hugo&#8230; non, c&#8217;est soit à V comme Victor, soit à U comme Ugo&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>La fille</strong> (<em>plus bas que terre, dans un murmure</em>) &#8211; Maman, je t&#8217;assure que c&#8217;est à H.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>La mère </strong>(<em>ton décidé</em>) &#8211; Attends, on va demander à un vendeur.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Divers (22 - X)]]></title>
<link>http://baroqueetfatigue.wordpress.com/2009/10/22/divers-22-x/</link>
<pubDate>Thu, 22 Oct 2009 15:27:58 +0000</pubDate>
<dc:creator>fandenimier</dc:creator>
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<description><![CDATA[Lu Les justes causes de Jean-Louis Curtis, acheté 20 centimes sur le Boul&#8217;Mich, une affaire. O]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:justify;">Lu <em>Les justes causes</em> de Jean-Louis Curtis, acheté 20 centimes sur le Boul&#8217;Mich, une affaire. Oh, bien sûr, ce n&#8217;est pas de la haute littérature, mais c&#8217;est très agréable à lire &#8211; à condition d&#8217;avoir quelques lumières sur l&#8217;après-Seconde Guerre mondiale historique et culturel. Curtis (outre qu&#8217;il partage son patronyme avec l&#8217;un des plus purs héros de la modernité) pastiche, comme à son habitude, et quand, entre autres, Nimier est pris pour cible (à travers le personnage de Thibault Fontanes), le résultat est amusant.</p>
<p style="text-align:center;">***</p>
<p style="text-align:justify;">Chez Gibert, entendu une sonnerie de portable : <em>Initials B. B</em>., de Gainsbourg. Faut oser.</p>
<p style="text-align:center;">***</p>
<p style="text-align:justify;">Il faut se rendre à l&#8217;évidence, <a href="http://www.emersonlakepalmer.com/">Emerson, Lake &#38; Palmer</a> est ce qu&#8217;il est arrivé de mieux à la musique depuis la mort de Jean-Sébastien Bach.</p>
<p style="text-align:center;">***</p>
<p style="text-align:justify;">La pédophilie, c&#8217;est comme le cannabis. Essayez avant de critiquer.</p>
<p style="text-align:center;">***</p>
<p style="text-align:justify;">Et passez lire <a href="http://pcbpf.wordpress.com/">PCPBF</a>, ça en vaut la peine.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Bribes]]></title>
<link>http://baroqueetfatigue.wordpress.com/2009/09/04/bribes/</link>
<pubDate>Fri, 04 Sep 2009 20:35:47 +0000</pubDate>
<dc:creator>fandenimier</dc:creator>
<guid>http://baroqueetfatigue.wordpress.com/2009/09/04/bribes/</guid>
<description><![CDATA[&#8230; de conversation avec un vieil ami. Un grand sentimental. (&#8230;) - Je viens de lire un liv]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:justify;">&#8230; de conversation avec un vieil ami. Un grand sentimental.</p>
<p style="text-align:justify;">(&#8230;)</p>
<p style="text-align:justify;">- Je viens de lire un livre extraordinaire&#8230; c&#8217;est d&#8217;un certain&#8230; Jean Raspail, ça s&#8217;appelle&#8230; <em>Le Camp des saints</em>. En 1973, quand j&#8217;avais votre âge, j&#8217;étais un jeune con, j&#8217;étais de gauche, pensez donc ! C&#8217;est mal écrit, mais c&#8217;est très bien vu. Vous connaissez ?</p>
<p style="text-align:justify;">(&#8230;)</p>
<p style="text-align:justify;">- Non, mais vous voyez, si la France est dans la merde aujourd&#8217;hui, ce n&#8217;est pas de la faute de ses hommes politiques&#8230; ils ont toujours fait de la merde&#8230; c&#8217;est de la faute de ses prêtres et de ses évêques ! Ils n&#8217;ont plus de couilles, voilà le problème !</p>
<p style="text-align:justify;">(&#8230;)</p>
<p style="text-align:justify;">- Sartre, vous comprenez, ils nous a eu. Ils nous ont tous eus, moi, ma femme, à l&#8217;époque. Sartre, Beauvoir, le MLF, toutes ces conneries.</p>
<p style="text-align:justify;">(&#8230;)</p>
<p style="text-align:justify;">- Vous et moi sommes deux catholiques, nous savons ce que c&#8217;est, et bien il faut avoir le courage d&#8217;ouvrir les yeux sur les monceaux de merde dont l&#8217;Église est responsable, sans pour autant insulter notre Mère ! Vous avez lu un bon livre d&#8217;un prêtre ou d&#8217;un évêque, récemment ?</p>
<p style="text-align:justify;">- Non.</p>
<p style="text-align:justify;">- Moi j&#8217;ai lu le dernier bouquin de&#8230; Dagrens&#8230; un truc comme ça.</p>
<p style="text-align:justify;">- Dagens, l&#8217;académicien ?</p>
<p style="text-align:justify;">- C&#8217;est ça. De la merde ! Rien que de la merde ! [NB : Il s'agit probablement de la <em>Méditation sur l'Église catholique en France</em>]</p>
<p style="text-align:justify;">(&#8230;)</p>
<p style="text-align:justify;">Il ressemble beaucoup à Léon Bloy : recours fréquent au vocabulaire scatologique, appétence marquée pour les théories du complot, bien qu&#8217;il s&#8217;en défende&#8230; Ce sont des gens comme ça qui vous rendent heureux d&#8217;exister. Bonne nuit.</p>
<p style="text-align:center;">***</p>
<p style="text-align:justify;">Je lui écris tranquillement, sans penser à mal, et au même instant, que choisit la fonction lecture aléatoire de Windows Media parmi mes 30 Go de musiques diverses ? <em>All you need is love</em>, des Beatles. Si Bill Gates s&#8217;y met, on ne va pas s&#8217;en sortir&#8230; Pardon d&#8217;avoir partagé ça avec toi, public adoré. Je vous ai déjà raconté que je n&#8217;avais jamais eu de chance avec les trucs aléatoires ? Une fois, à dix-sept ans, j&#8217;ai ouvert la Bible au hasard pour trouver quel sens donner à ma vie. Je ferme les yeux, j&#8217;ouvre le bouquin, j&#8217;avance le doigt. &#8220;Tu seras prêtre pour toujours, selon l&#8217;ordre de Melchisédech&#8221;. Remarquez, la seule conséquence que j&#8217;en ai tiré, c&#8217;est qu&#8217;il ne faut pas ouvrir la Bible au hasard quand on cherche quel sens donner à sa vie. Bonne nuit.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Ce pays est foutu]]></title>
<link>http://baroqueetfatigue.wordpress.com/2009/09/01/ce-pays-est-foutu/</link>
<pubDate>Tue, 01 Sep 2009 16:46:02 +0000</pubDate>
<dc:creator>fandenimier</dc:creator>
<guid>http://baroqueetfatigue.wordpress.com/2009/09/01/ce-pays-est-foutu/</guid>
<description><![CDATA[- 1. J&#8217;achète un nouveau téléphone portable (un Nokia vert et blanc, très gay friendly, mais d]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:justify;">- 1. J&#8217;achète un nouveau téléphone portable (un Nokia vert et blanc, très <em>gay friendly</em>, mais d&#8217;après le vendeur, ça part comme des petits pains) ; &#8220;ça nous fera dix-neuf euros et un centime, pour la taxe écologique&#8221; &#8211; &#8220;excusez-moi, vous disiez ?&#8221; &#8211; &#8220;la taxe écologique, c&#8217;est un centime&#8221; &#8211; &#8220;ah, oui, la taxe écologique, bien sûr&#8221;.</p>
<p style="text-align:justify;">- 2. &#8220;Pour votre santé, mangez cinq fruits et légumes par jour&#8221;, &#8220;Consultez le site mangerbouger.fr&#8221;, c&#8217;est déjà effrayant. Mais quand mon supermarché se porte vaillamment au secours du gouvernement en mettant en valeur ses &#8220;fruits et légumes à moins d&#8217;un euro, bon pour la santé, garanti par le gouvernement&#8221; (en substance), on se croirait dans un film d&#8217;épouvante. Et on n&#8217;attend plus que la visite des inspecteurs de la DDASS ; &#8220;Madame, nous vous retirons la garde de vos enfants, l&#8217;institutrice les a entendu avouer à leurs camarades qu&#8217;ils avaient mangé de l&#8217;espadon&#8221; (l&#8217;espadon est paraît-il une espèce pleine de plomb et en voie de disparition, mais c&#8217;est très bon et relativement peu onéreux, le steak d&#8217;espadon).</p>
<p style="text-align:justify;">- 3. Et maintenant, nous avons droit à des messages radiodiffusés : &#8220;Mettez votre main devant la bouche quand vous toussez, ou prenez un mouchoir en papier et jetez-le après&#8221;.</p>
<p style="text-align:justify;">Voyez-vous, chers lecteurs, je n&#8217;aurais rien contre toutes ces choses si nous vivions dans un État totalitaire et s&#8217;assumant comme tel. Je n&#8217;aurais rien contre toutes ces choses si nous étions tous irresponsables, privés de droits civiques pour arriération mentale, ou je ne sais quoi. Mais selon toute vraisemblance nous vivons dans un État démocratique, et même dans un État qui se revendique plus démocratique que jamais ; un État qui, pour comble, semble croire que toutes ces choses représentent l&#8217;apogée de la démocratie.</p>
<p style="text-align:justify;">Et personnellement, je vois mal comment concilier :</p>
<p style="text-align:justify;">- d&#8217;une part le fait qu&#8217;on nous demande régulièrement de choisir les individus qui nous gouvernent, ce qui semble laisser entendre que nous sommes des êtres responsables, suffisamment intelligents pour prendre seuls des décisions importantes.</p>
<p style="text-align:justify;">- d&#8217;autre part le fait qu&#8217;on nous impose de choisir certains biens matériels plutôt que d&#8217;autres (bonus-malus sur les voitures, ampoules basse consommation, etc.), qu&#8217;on nous assomme de messages pour cour de récréation de maternelle à longueur de temps, etc., ce qui semble laisser entendre que nous sommes de parfaits crétins.</p>
<p style="text-align:justify;">Mais grâce à Dieu, d&#8217;ici un an, je ne verrai plus aucune contradiction là-dedans, puisqu&#8217;au terme d&#8217;une année de bachotage, je serai un haut fonctionnaire promis à un brillant avenir. Ce qui, devoir de réserve oblige, me contraindra à ne plus vous emmerder avec mes citations et propos de comptoir de toute sorte.</p>
<p>Shopping culturel, la liste de la rentrée :</p>
<p>- Emilio Gentile, <em>Qu&#8217;est-ce que le fascisme ?</em><br />
- Pier Paolo Pasolini, <em>Poésies 1953-1964</em><br />
- W.B. Yeats, <em>Quarante-cinq poèmes</em><br />
- J.-M. Donegani et M. Sadoun, <em>Qu&#8217;est-ce que la politique ?</em> (j&#8217;en tremble d&#8217;effroi).</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Veni, vidi, pour vici ça reste à voir]]></title>
<link>http://baroqueetfatigue.wordpress.com/2009/07/03/veni-vidi-pour-vici-ca-reste-a-voir/</link>
<pubDate>Fri, 03 Jul 2009 17:24:25 +0000</pubDate>
<dc:creator>fandenimier</dc:creator>
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<description><![CDATA[Peuple de France, je viens de passer mon capes d&#8217;histoire-géographie, épreuve délocalisée à Ch]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:justify;">Peuple de France, je viens de passer mon capes d&#8217;histoire-géographie, épreuve délocalisée à Châlons-en-Champagne &#8211; ce qui est une bonne idée, Châlons étant une bien jolie ville. On y revient avec plaisir. Sa gastronomie, ses églises, sa rue &#8220;du camp d&#8217;Attila&#8221;  (so glam).</p>
<p style="text-align:justify;">Personne n&#8217;a été capable de m&#8217;expliquer pourquoi la moitié des apparitrices (les gentilles demoiselles qui vous conduisent de salle en salle) sont très largement au-dessus de la moyenne. Mention spéciale à l&#8217;inconnue qui m&#8217;a emmené en épreuve sur documents, même si son sourire radieux ne m&#8217;a pas empêché de faire piètre figure. M&#8217;enfin on verra bien. J&#8217;espère que le jury d&#8217;histoire a apprécié mes sous-parties empruntées à Jean-Jacques Goldman.</p>
<p style="text-align:justify;">L&#8217;appel ressemblait un peu au massacre des Tuileries : Mademoiselle de R* de T* ! Monsieur de B* ! Mademoiselle de F ! (etc.) L&#8217;envie m&#8217;a pris de crier : &#8220;Ouvrez à la noblesse française !&#8221; J&#8217;ai su me contenir. Sur ce, je repars en vacances. Que Dieu vous garde.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Jésus - Ban Ki Moon : 1-0]]></title>
<link>http://baroqueetfatigue.wordpress.com/2009/06/18/jesus-ban-ki-moon-1-0/</link>
<pubDate>Thu, 18 Jun 2009 09:37:40 +0000</pubDate>
<dc:creator>fandenimier</dc:creator>
<guid>http://baroqueetfatigue.wordpress.com/2009/06/18/jesus-ban-ki-moon-1-0/</guid>
<description><![CDATA[Malgré l&#8217;ONU, le monde entier n&#8217;est pas dans la paix Malgré l&#8217;OUA, les Africains s]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:justify;">Malgré l&#8217;ONU, le monde entier n&#8217;est pas dans la paix<br />
Malgré l&#8217;OUA, les Africains se divisent<br />
Malgré l&#8217;OMS, les maladies ne finissent pas<br />
Malgré l&#8217;FAO, la famine ravage le monde,<br />
Malgré l&#8217;OUA, les Africains se divisent</p>
<p style="text-align:justify;">Sans Jésus, tout ce que l&#8217;homme fait est vanité<br />
Rien de bon ne peut venir des hommes<br />
Les hommes, sans Jésus-Christ, ils ne peuvent rien<br />
Jésus est le seul qui a aimé tout le monde<br />
De toutes les nations, de toutes tribus, toutes langues<br />
En lui, nous avons la paix, l&#8217;amour et l&#8217;unité</p>
<p style="text-align:justify;">(Patrice Musoko, <em>Malgré</em>)</p>
<p style="text-align:justify;">Écoutons Patrice Musoko, c&#8217;est un sage, et accessoirement un chanteur religieux fameux dans la mégalopole franco-lingalaphone Brazzaville-Kinshasa.</p>
<p style="text-align:center;">***</p>
<p style="text-align:justify;">Retour en France. Première impression, à Roissy : je ne sais pas si c&#8217;était le Paris-Stockholm du matin, mais bon sang, les jeunes filles blanches et blondes, c&#8217;est tout de même quelque chose.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Fragment d'un cours de catéchisme]]></title>
<link>http://baroqueetfatigue.wordpress.com/2009/05/25/fragment-dun-cours-de-catechisme/</link>
<pubDate>Mon, 25 May 2009 09:04:36 +0000</pubDate>
<dc:creator>fandenimier</dc:creator>
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<description><![CDATA[« Pourquoi est-ce que Dieu nous a créés libres de faire le mal ? » Dieu vous aime, tous, chacun, per]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:justify;">« Pourquoi est-ce que Dieu nous a créés libres de faire le mal ? »</p>
<p style="text-align:justify;">Dieu vous aime, tous, chacun, personnellement. C&#8217;est un peu le principe de base. Il veut être aimé en retour <em>(Approbation muette. F*, élève de troisième qui doit aller sur ses dix-neuf printemps, me regarde avec des yeux brillants. Jeune et jolie, mais ça ne marchera jamais entre nous)</em>. Or pour aimer il faut être libre. On est d&#8217;accord là-dessus ? <em>(Approbation enthousiaste)</em>. La fille que vous prenez par les cheveux en lui flanquant des gifles jusqu&#8217;à ce qu&#8217;elle vous aime, non seulement elle ne vous aimera pas vraiment, mais en plus, vous l&#8217;aimez d&#8217;une drôle de manière. <em>(Rires. L&#8217;Africain est bon public)</em>. Des deux côtés, c&#8217;est zéro. Donc Dieu veut que vous soyez libres. On est d&#8217;accord sur le fait que faire le bien, ça revient plus ou moins à aimer Dieu, et que faire le mal, ça revient plus ou moins à ne pas aimer Dieu ? Vous devez pouvoir ne pas aimer Dieu, vous devez pouvoir faire le mal. Pour aller vite, si pas de mal, pas de liberté, si pas de liberté, pas d&#8217;amour, si pas d&#8217;amour, pas de Dieu, zéro, c&#8217;est la zone. C&#8217;est clair ? <em>(Approbation enthousiaste.)</em></p>
<p style="text-align:justify;">« Oui, mais il y a des filles qui aiment qu&#8217;on les frappe avant qu&#8217;on leur fasse l&#8217;amour. » <em>(Rires)</em>.</p>
<p style="text-align:justify;">Mais certainement, ça s&#8217;appelle du sado-masochisme, et ce n&#8217;est pas la question. <em>(Rires)</em>.</p>
<p style="text-align:center;">***</p>
<p style="text-align:justify;">Je me découvre un talent pour la prédication. Je tiens en haleine pendant deux heures une trentaine d&#8217;Africains âgés de seize et cinquante ans, en leur parlant de Dieu et de morale. Feu roulant de rires, de questions, d&#8217;applaudissements. Je devrais peut-être lancer une nouvelle secte, genre &#8220;Eglise de Jésus-Christ et du Blanc qui a vu la Vierge&#8221; . Revenus confortables, puissance, jeunes pucelles à volonté. J&#8217;y réfléchis.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Europe endless]]></title>
<link>http://baroqueetfatigue.wordpress.com/2009/05/14/europe-endless/</link>
<pubDate>Thu, 14 May 2009 10:26:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>fandenimier</dc:creator>
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<description><![CDATA[Je ne voterai pas lors des élections européennes. Je confesse un certain scepticisme s&#8217;agissan]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:justify;">Je ne voterai pas lors des élections européennes. Je confesse un certain scepticisme s&#8217;agissant de la social-démocratie&#8230; mais apporter un bulletin de plus à la bête-immonde-au-ventre-toujours-fécond aurait pu être divertissant. Le dernier discours de Tonton, lors de la Sainte-Jeanne-d&#8217;Arc, aurait ajouté un côté humanitaire à la chose. Mais les Français de l&#8217;étranger ne peuvent pas participer à ce scrutin, ce qui, finalement, m&#8217;arrange bien.</p>
<p style="text-align:justify;">C&#8217;est donc l&#8217;esprit détendu que je suis parti affronter <a href="http://www.euprofiler.eu/"><em>EU Profiler</em></a>, un test censé m&#8217;indiquer avec quel parti politique j&#8217;avais le plus d&#8217;affinités.  C&#8217;est assez bien fait. Une trentaine de questions, dont on peut pondérer l&#8217;importance dans le résultat final. Résultat final qui, vous vous en doutiez, est affligeant. Un an de séjour chez nos frères mélanodermes n&#8217;a pas suffi à extirper de moi les préjugés racistes et la haine de l&#8217;Autre.</p>
<p style="text-align:justify;">Mes racines campagnardes ont bruyamment ressurgi : Chasse, pêche, nature et traditions arrive en tête, suivi des différentes incarnations du Mal : Mouvement national républicain, Front national, et Mouvement pour la France en cinquième position. Le Parti ouvrier indépendant (POI de Gluckstein, poï poï poï &#8211; mais je suis sioniste) s&#8217;est infiltré en quatrième position, sans doute parce qu&#8217;il est très hostile à l&#8217;Union européenne.</p>
<p style="text-align:justify;">En dernière position, on trouve le Parti socialiste, ce qui ensoleille ma journée. L&#8217;UMP est avant-dernière. Je n&#8217;ai donc aucune parenté avec ces gens. Seigneur, que la vie est belle &#8211; d&#8217;ailleurs à ma fenêtre le ciel et bleu, les palmiers chantent et les oiseaux sont en fleurs. L&#8217;avenir s&#8217;annonce radieux &#8211; même si l&#8217;an prochain, pour franchir certaines portes, il faudra une fois de plus se montrer &#8220;intelligent&#8221;.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Heart of darkness]]></title>
<link>http://baroqueetfatigue.wordpress.com/2009/05/04/heart-of-darkness/</link>
<pubDate>Mon, 04 May 2009 10:26:38 +0000</pubDate>
<dc:creator>fandenimier</dc:creator>
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<description><![CDATA[- Le Rhône, que je contemplais avec humilité l&#8217;an dernier, et dont les rives enchanteresses ac]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:justify;">- Le Rhône, que je contemplais avec humilité l&#8217;an dernier, et dont les rives enchanteresses accueillaient avec bienveillance mon footing matutinal, ne suscitera plus chez moi qu&#8217;un sourire de commisération, assorti de réflexions discourtoises ; &#8220;ça, un fleuve ? allons donc !&#8221;. Ceci après avoir passé de longues journées à se frayer un chemin de rive en rive et d&#8217;île en île, dans un confort précaire, à une dizaine de centimètres de la surface de l&#8217;eau.</p>
<p style="text-align:justify;">- Séjour clandestin dans un pays étranger. C&#8217;est amusant. Interpellé par un policier congolais-démocratique, mais il voulait simplement me raconter son séjour en Europe. Moi : &#8220;Ah ouais, c&#8217;est bien comme ça, on vous laisse voyager chez nous, et vous nous laissez voyager chez vous, hein&#8221;. Intérieurement : &#8220;Putain, mais grouille-toi gros con, la pirogue m&#8217;attend pour repasser sur l&#8217;autre rive, j&#8217;ai pas de visa, et plus une thune pour acheter ta bienveillance&#8221;. Mais Toulouse est sa ville préférée. Nous nous quittons bons amis.</p>
<p style="text-align:justify;">- Passer deux jours dans un village côtier, accompagné en permanence de deux jeunes filles de quinze et seize ans très bien foutues qui manifestent ouvertement leur intention de partager votre lit (et que pour une raison ou pour une autre vous ne pouvez pas envoyer balader), est une expérience singulière. Recommandation au voyageur qui tient à se conformer à la législation en vigueur et à la morale chrétienne : traitement à base d&#8217;assistance à la messe et de douches froides. Les plans Matzneff, &#8220;quelle spontanéité dans le don de soi chez les Philippines de onze-douze ans&#8221; (authentique), c&#8217;est pas mon truc. Cela dit, il est certain qu&#8217;elles grandissent plus vite ici que chez nous ; c&#8217;est peut-être l&#8217;ensoleillement, je ne sais pas.</p>
<p style="text-align:justify;">- En quinze jours de voyage, trouvé le temps de lire trois cents pages de Proust. Je commence à aimer. Je suis très content de moi. Je me suis toujours dit qu&#8217;apprécier sincèrement Proust (sincèrement, notez-le) était un signe de raffinement et haute culture. Mais c&#8217;est sans doute un reste de naïveté scolaire.</p>
<p style="text-align:justify;">- J&#8217;étais dans un bled paumé à cinq cent kilomètres de la capitale, sur les rives du Congo, quand j&#8217;ai vu sur TV5 Monde les images du 1er mai en France. Les expatriés ont en général tendance à aimer un peu plus leur pays (voyez les Algériens à Paris&#8230;), parce que certaines choses leur manquent, etc. Devant ces manifestations, j&#8217;ai juste ressenti un profond dégoût, le sentiment que je n&#8217;aurais jamais rien à faire avec ces gens-là (ce qui n&#8217;est pas vraiment nouveau), mais aussi que sur le plan politique, économique, tout est foutu : que dire à ces gens qui défilent dans la rue en braillant et expliquent aux caméras que &#8220;euh, on trouve de l&#8217;argent pour les patrons mais pas pour nous, euh, et puis d&#8217;abord on veut du Tamiflu&#8221; ? On dit souvent, et on n&#8217;a peut-être pas tout à fait tort, que les Occidentaux seraient plutôt rationnels, tandis que les Africains feraient passer les sentiments ou les émotions avant la raison. Je veux bien. Mais dans le pays d&#8217;Afrique où je vis, les gens de tous milieux savent que s&#8217;ils sont dans la merde, c&#8217;est à cause de leurs dirigeants, qui sont pour la plupart d&#8217;une incompétence rare, et gaspillent au bas mot la moitié du budget national en achats somptuaires (villas, 4 x 4 de luxe, champagne, voyages, entretien d&#8217;une clientèle&#8230;). En France, excusez-moi si je me trompe, mais la moitié au moins des gens pensent être dans la merde à cause du <em>capitalisme</em>, et exigent que  l&#8217;Etat intervienne pour &#8220;reprendre les choses en main&#8221; ? Alors qu&#8217;ils voient tous les jours, chez eux et dans la rue, les manifestations diverses du contrôle presque total que, sous ses différentes formes, l&#8217;Etat exerce sur la vie sociale et économique, sur l&#8217;éducation, la culture ou ce qui en tient lieu, bref, à peu près tout ? Sur ce plan, au moins, les Africains sont les plus rationnels ; à moins que les Occidentaux soient tout simplement rationnels <strong><em>et </em></strong>cons, ce qui n&#8217;est pas à exclure.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Varia (5)]]></title>
<link>http://baroqueetfatigue.wordpress.com/2009/04/17/varia-5/</link>
<pubDate>Fri, 17 Apr 2009 09:32:01 +0000</pubDate>
<dc:creator>fandenimier</dc:creator>
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<description><![CDATA[- Si les Rolling Stones avaient été fascistes, auraient-ils chanté I see a red shirt and I want to p]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:justify;">- Si les Rolling Stones avaient été fascistes, auraient-ils chanté <em>I see a red shirt and I want to paint it black</em> ?</p>
<p style="text-align:justify;">- Je tente pour la troisième ou quatrième fois de me mettre à Proust, allons, courage, cette fois c&#8217;est la bonne. Et puis je dois faire demain sept ou huit heures de bus, au milieu des odeurs de manioc fermenté&#8230; ce sera parfait. De retour en France, à Château-Rouge (XVIIIe arrondissement), l&#8217;odeur douceâtre du manioc me servira de madeleine, et j&#8217;écrirai 3 000 pages sur la vie tumultueuse d&#8217;un réac entre Paris et l&#8217;Afrique noire.</p>
<p style="text-align:justify;">- Ici, toute fille qui donne clairement l&#8217;impression de s&#8217;intéresser à un garçon passe pour perdue. Les regards directs, les sourires sont à peu près exclus. Les boîtes de nuit africaines offrent un spectacle fascinant. Autant les corps se rapprochent beaucoup plus qu&#8217;ils ne le font en général au cours des deux premières heures d&#8217;une soirée rallye dans un pavillon de la banlieue Ouest, autant les gestes ou les mots tendres (je parle de gestes de tendresse, pas de mains au cul, pour ça il n&#8217;y a pas de problème) sont rares. Les filles passent par des gestes codés, comme le fait de servir à boire à une personne en particulier, etc., pour faire comprendre leur penchant. Elles savent que le Blanc attend autre chose, aussi a-t-il droit à quelques baisers et sourires, dont un sur dix au moins ne doit rien à la perspective d&#8217;un billet de dix mille ou à celle, plus lointaine, d&#8217;un visa pour la France. Il y a aussi le problème de la vénalité de la relation amoureuse, dans ce foutu pays. Toutes les filles, pute ou pas pute, attendent de celui avec qui elles sortent qu&#8217;il les entretienne. J&#8217;en ai une sous la main, charmante et sympathique, qui ne demanderait paraît-il pas mieux que de, mais j&#8217;ai préféré en faire une femme de ménage, histoire de lui filer quand même un coup de main, c&#8217;est vous dire ; ça jase un peu, mais rien à foutre. Bref. Je rentre dans deux mois pour une année parisienne, j&#8217;irais chasser la <a href="http://www.sombreval.com/L-archetype-de-la-tradinette-IV_a685.html">tradinette </a>du côté de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, ce sera probablement plus intéressant.</p>
<p style="text-align:justify;">- Ah, un dernier détail, si des gens vous glissent à l&#8217;oreille, avec des airs entendus d&#8217;experts de la Françafrique, que le remplacement de Ravalomanana par Rajoelina à Madagascar s&#8217;est décidé à Paris, vous pouvez leur rire au nez, c&#8217;est du pipeau. La France n&#8217;a ni la volonté ni les moyens d&#8217;entreprendre ce genre d&#8217;opérations foireuses &#8211; du moins pas à Madagascar. On ne maîtrisait rien, et remplacer le chef par un autre chef n&#8217;a jamais été le meilleur moyen de contrôler un pays. Nous savons être beaucoup plus subtils.</p>
<p style="text-align:justify;">- Encore quelque chose, si vous avez le temps, passez donc voir <a href="http://lounesdarboisbeaumont.hautetfort.com/">ça</a>, c&#8217;est pour le moins curieux. Je vous propose à nouveau l&#8217;immortel <a href="http://pochard.blog.club-corsica.com/">Bonaventure Pochard</a>, qui avait été suggéré dans les commentaires il y a quelques temps.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Colonisation et cirage de pompes]]></title>
<link>http://baroqueetfatigue.wordpress.com/2009/04/07/colonisation-et-cirage-de-pompes/</link>
<pubDate>Tue, 07 Apr 2009 15:45:15 +0000</pubDate>
<dc:creator>fandenimier</dc:creator>
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<description><![CDATA[Je parle toujours de colonisation, et jamais de colonialisme. Le terme &#8220;colonialisme&#8221; ne]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:justify;">Je parle toujours de colonisation, et jamais de colonialisme. Le terme &#8220;colonialisme&#8221; ne me semble pas pertinent. J&#8217;accepterais de parler de colonialisme s&#8217;il avait existé une idéologie, assez simple à définir, partagée par un grand nombre de personnes, et si cette idéologie, une fois mise en œuvre, avait engendré un système relativement semblable quels que soient le colonisateur et le colonisé. De toute évidence, ce n&#8217;est pas le cas. Aujourd&#8217;hui, l&#8217;emploi du terme colonialisme participe d&#8217;une tentative d&#8217;assimiler la colonisation à d&#8217;autres crimes de masse, ceux du nazisme, du stalinisme, etc. ; et cette tentative est ordonnée à des fins politiques (culpabiliser l&#8217;Occident, dont on exige des compensations, des réparations, des indemnités &#8211; directement ou indirectement -, et surtout, surtout, pour les gouvernements africains en particulier, se dédouaner de toute responsabilité quant au sort peu enviable des populations qu&#8217;ils administrent).</p>
<p style="text-align:center;">***</p>
<p style="text-align:justify;">Ce midi, tandis que je me faisais cirer les pompes pour 100 francs CFA, je méditais sur la colonisation. Une des erreurs les plus répandues consiste à croire que les Européens n&#8217;ont fait qu&#8217;imposer un système, une vision du monde aux Africains. En fait, les Européens se sont assez largement <em>adaptés</em> aux Africains. On reproche aux Blancs d&#8217;avoir chicoté les Noirs. Mais les  Noirs employaient la chicote (fouet fabriqué à partir de lanières de peau d&#8217;hippopotame) avant l&#8217;arrivée des colonisateurs. On reproche aux Blancs d&#8217;avoir gouverné de façon autoritaire, sans associer les Noirs à la prise de décision, etc. Mais les chefs Noirs gouvernaient de façon au moins aussi violente et autoritaire. Tout ce que les Blancs ont fait dans le domaine de l&#8217;éducation, de la construction d&#8217;infrastructures, puis la façon dont ils ont, en quelques années, laissé le pouvoir aux Noirs, tout cela était pour les Noirs une surprise, quelque chose d&#8217;inimaginable. On dit souvent que la colonisation a été un choc terrible pour les Africains. En quoi ? La violence, l&#8217;exploitation, ils la connaissaient avant l&#8217;arrivée des Européens. Le choc, ce qui a bouleversé les sociétés africaines, c&#8217;est plutôt le travail rémunéré, la possibilité d&#8217;échapper aux structures sociales traditionnelles, etc.</p>
<p style="text-align:justify;">Je me fais cirer les pompes. Je prends le taxi pour le moindre déplacement. Cela peut sembler indécent, vu la misère qui m&#8217;entoure. (Certains Blancs ici ne supportent pas de se faire cirer les pompes &#8211; c&#8217;est le complexe de l&#8217;ancien colonisateur). Mais si je le fais, ce n&#8217;est pas vraiment pour moi. J&#8217;aime beaucoup marcher. Les reflets de mes chaussures ne me préoccupent que très médiocrement. Si je fais tout cela, c&#8217;est pour tenir mon rang. Eux ne comprendraient pas. Ce qui les choquerait, c&#8217;est de voir un Blanc marcher dans la rue avec des chaussures sales ; à la limite, ils seraient prêts à me les cirer gratuitement, mes chaussures, pourvu que je veuille bien rester à ma place de Blanc, de Blanc qui doit circuler en voiture, de préférence tout-terrain, et qui doit être bien habillé (&#8220;ah, tu es Français&#8230; ah, la France, là-bas&#8230;&#8221; &#8220;là-bas quoi ?&#8221; &#8220;les gens sont bien habillés !&#8221; &#8220;ah !&#8221;).</p>
<p style="text-align:center;">***</p>
<p style="text-align:justify;">Enfin, le fou-rire du mois. Nous sommes partis voir de grosses bêtes dans la forêt. Je reste le seul Blanc, le soir au coin du feu, avec les chauffeurs, les gardes forestiers et les pisteurs pygmées. L** est venu de la capitale avec nous, il a la télévision, travaille dans un ministère, etc. Il nous parle de l&#8217;un de ses professeur de collège, qui l&#8217;impressionnait parce qu&#8217;il employait des mots français compliqués. &#8220;C&#8217;est comme cet homme politique français, là, qui parle très bien&#8230; je l&#8217;admire beaucoup&#8230; Jean-Marie Le Pen. La semaine dernière, le parlement européen a voulu lui interdire de prononcer un discours, alors qu&#8217;il devait le faire parce qu&#8217;il était le plus vieux [Murmures désapprobateurs. Les Blancs n'ont plus de respect pour leurs anciens]. Alors, Jean-Marie Le Pen, il a dit : &#8211; Bientôt, ils feront une loi pour interdire que la Terre tourne autour du Soleil.&#8221; Et tout le monde éclate de rire. Moi plus fort que les autres, mais je ne tiens pas à leur expliquer pourquoi.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Varia (4)]]></title>
<link>http://baroqueetfatigue.wordpress.com/2009/03/23/varia-4/</link>
<pubDate>Mon, 23 Mar 2009 10:52:03 +0000</pubDate>
<dc:creator>fandenimier</dc:creator>
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<description><![CDATA[- Je lis des romans sud-africains (Coetzee, Gordimer). C&#8217;est très bien. Il s&#8217;est sans do]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:justify;">- Je lis des romans sud-africains (Coetzee, Gordimer). C&#8217;est très bien. Il s&#8217;est sans doute écrit plus de bons romans chez eux que chez nous, ces dernières décennies. Discuté avec une expat&#8217; vivant en Afrique du Sud. Je lui lance une perche sur le thème &#8220;il paraît qu&#8217;y a pas mal de non-dits sur ce qui se passe depuis la fin de l&#8217;apartheid, qu&#8217;il y a une espèce d&#8217;autocensure sur tout ce qui pourrait laisser entendre que la situation a en fait empiré&#8221;. Réponse en substance : &#8220;Tout à fait. Sur le plan économique, la dégradation est incontestable. Le <em>Black Economic Empowerment</em> (programme de discrimination positive) est un échec, de l&#8217;aveu même de responsables politiques noirs. Et pour l&#8217;insécurité, n&#8217;en parlons pas. Les Noirs sont les premiers à en souffrir, et certains commencent à regretter l&#8217;apartheid&#8221;. Mince alors.</p>
<p style="text-align:justify;">- Je lis <em>La Grosse Galette</em>, de Dos Passos, en poche. C&#8217;est passionnant, mais la traduction est à chier. Je croyais naïvement qu&#8217;il n&#8217;y avait que dans <em>Buck Danny</em> qu&#8217;on ne traduisait pas <em>Gosh !</em> &#8211; pour la couleur locale (&#8220;Gosh ! On leur a mis une sacrée pile, à ces faces de citron !&#8221;). Inversement, j&#8217;étais persuadé que traduire <em>Thanksgiving Day</em> par <em>jour d&#8217;action de grâces</em> était très maladroit. Quant à traduire <em>he&#8217;s so charming</em> par <em>il est si charmant</em>, là, c&#8217;est le coup de grâce. Je connais une professeur d&#8217;anglais qui en aurait tué sur place pour moins que ça. Le coupable est le sans doute regretté Charles de Richter. Paix à son âme.</p>
<p style="text-align:justify;">- Je donne en ce moment des cours sur le mariage dans une paroisse locale. Bien entendu, il faut faire avec les réalités du terrain. Je n&#8217;ai aucun scrupule à recommander l&#8217;utilisation du préservatif à ceux qui ne parviennent pas à être abstinents ou fidèles. Surtout avec un taux de prévalence du sida aux alentours de 10 %, sans doute plus chez les jeunes. Les gens d&#8217;ici peuvent avoir plusieurs partenaires, aux yeux de la société (la notion occidentale d&#8217;adultère n&#8217;a aucun sens ici) et même aux yeux de la loi (la polygamie est autorisée, ce qui est curieux dans un pays très majoritairement chrétien). Ceux qui en ont les moyens ne s&#8217;en privent pas. D&#8217;autre part, le jeune homme qui souhaite se marier doit rassembler une dot équivalente à une année de salaire moyen&#8230; les relations sexuelles pré-conjugales sont donc difficile à interdire. Je persiste à penser que le pape a fait une boulette en se servant du mot &#8220;préservatif&#8221; avant son voyage au Cameroun. Jean-Paul II avait réussi à avoir un message parfaitement clair sur la question sans l&#8217;employer. Morale de l&#8217;histoire : Benoît XVI, et les papes en général, ne devraient jamais accorder d&#8217;interviews à bâtons rompus. Cela dit, les journalistes et commentateurs divers prennent ceux qui les écoutent pour des crétins, lorsqu&#8217;ils prétendent que les paroles du papes sont dangereuses au point de vue sanitaire. Qu&#8217;ils se rassurent, les Africains n&#8217;ont pas attendu le pape pour refuser d&#8217;utiliser le préservatif &#8211; ou mal l&#8217;utiliser (entre autres : la superposition de deux préservatifs, le nettoyage à l&#8217;alcool pour réutilisation, le bout coupé pour avoir &#8220;plus de sensations&#8221; &#8211; le bout du préservatif, hein&#8230;).</p>
<p style="text-align:justify;">- Merde alors ! 185 euros pour 4 500 signes de critique portant sur des bouquins que je n&#8217;ai pas lus, le tout écrit en 3 heures grand maximum, sans se presser, avec quelques informations piochées sur Internet&#8230; Si ça paye toujours aussi bien, je vais reconsidérer mon orientation professionnelle !</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Varia (3)]]></title>
<link>http://baroqueetfatigue.wordpress.com/2009/03/03/varia-3/</link>
<pubDate>Tue, 03 Mar 2009 15:17:43 +0000</pubDate>
<dc:creator>fandenimier</dc:creator>
<guid>http://baroqueetfatigue.wordpress.com/2009/03/03/varia-3/</guid>
<description><![CDATA[- Serré la pince à un ministre français pour la première fois. Il est paraît-il assez sulfureux, mai]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:justify;">- Serré la pince à un ministre français pour la première fois. Il est paraît-il assez sulfureux, mais avait l&#8217;air d&#8217;un brave type, dans le fond. Mangé quatre ou cinq fois à sa table. Ceux qui parviennent à conserver une taille svelte à ce niveau de responsabilités sont des héros.</p>
<p style="text-align:justify;">- L&#8217;université est en grève. Sans doute un effort louable des fonctionnaires locaux pour que je me sente <em>comme chez moi</em> ?</p>
<p style="text-align:justify;">- La <em>Vie d&#8217;Henry Brulard</em> (Stendhal), c&#8217;est bien. Les <em>Dames galantes</em> (Brantôme), c&#8217;est extraordinaire et de circonstance. Ces bars où il est impossible de s&#8217;asseoir sans qu&#8217;une jeune femme vous mette la main aux c&#8230;&#8230;s, ça commence à être pénible. (Sinon, oui, je fais le tour des références littéraires nimiériennes).</p>
<p style="text-align:justify;">- L&#8217;AK-47 vaut entre 100 et 150 euros sur le marché local. J&#8217;aimerais en ramener une, mais il est hélas impossible de les faire neutraliser sur place.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Varia]]></title>
<link>http://baroqueetfatigue.wordpress.com/2009/02/11/varia-2/</link>
<pubDate>Wed, 11 Feb 2009 09:51:07 +0000</pubDate>
<dc:creator>fandenimier</dc:creator>
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<description><![CDATA[- Je découvre Michel Déon (Le jeune homme vert et Un taxi mauve). Pas mal. C&#8217;est vivant, fluid]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:justify;">- Je découvre Michel Déon (<em>Le jeune homme vert</em> et <em>Un taxi mauve</em>). Pas mal. C&#8217;est vivant, fluide, pas égocentrique pour un sou. J&#8217;aime bien. Quelques petites touches hussardiennes achèvent de me convaincre (dans <em>Un taxi mauve</em>, le soir de Noël, en attendant de passer à table, le personnage principal feuillette la collection de <em>Signal </em>de son hôte &#8211; pour les non-initiés, <em>Signal </em>était une revue de propagande de l&#8217;Allemagne nazie , en plusieurs langues, à destination de différents pays d&#8217;Europe occupée). J&#8217;apprécie d&#8217;autant plus que j&#8217;ai lu récemment <em>La Place de l&#8217;Étoile</em> de Patrick Modiano, qui pour le coup est une parodie lourdingue de Nimier, une sorte de <em>Hussard bleu</em> juif ; les arsouilles qui lui ont refilé le prix Roger-Nimier sont à pendre (cela dit, il n&#8217;est pas impossible que Modiano ait mieux écrit, par la suite).</p>
<p style="text-align:justify;">- J&#8217;ai vraiment du mal avec la position de l&#8217;Église au sujet d&#8217;Eluana, l&#8217;Italienne qui vient de mourir à l&#8217;hôpital après qu&#8217;on a cessé de l&#8217;alimenter. L&#8217;Église dit s&#8217;opposer à l&#8217;acharnement thérapeutique. Je veux qu&#8217;on m&#8217;explique en quoi maintenir quelqu&#8217;un dans un coma végétatif irréversible pendant douze ans n&#8217;est pas de l&#8217;acharnement thérapeutique.</p>
<p style="text-align:justify;">- Non, je ne ferai pas de commentaire sur la Fraternité Saint-Pie-X, Williamson, etc. Ah si, tout de même. Quelque chose m&#8217;écoeure. La façon dont les traditionalistes jouent l&#8217;innocence outragée quand certaines publications (malveillantes, je ne le conteste pas) rappellent les références historiques et les préférences politiques qui sont très souvent celles de ce milieu. J&#8217;y ai grouillé vingt ans, je sais ce qu&#8217;on trouve dans les bibliothèques familiales, je sais ce qu&#8217;on chante dans les pèlerinages, je sais ce qu&#8217;on pense dans ce milieu, en général (car il y a, comme partout, de nombreuses exceptions). Faut assumer, les mecs. Je ne vous reproche pas vos idées ou ce qui vous en tient lieu, je ne vous reproche pas même de jouer avec le feu de temps à autres (être néo-fasciste, négationniste ou je ne sais quoi d&#8217;autre, à quinze ans, c&#8217;est quand même plus marrant que de fumer de l&#8217;herbe et de manifester contre Fillon). Mais assumez. Votre serviteur, qui a pourtant pris certaines distances avec la Tradition™, parvient toujours à <em>assumer </em>une opposition irréfragable à l&#8217;avortement, une franche sympathie pour l&#8217;Algérie française et une trouble fascination pour les régimes autoritaires de droite.</p>
<p style="text-align:justify;">- Ces derniers temps, en Afrique, on ne s&#8217;ennuie pas. Deux coups d&#8217;État réussis en 2008 (Guinée, Mauritanie), un pays devenu ingouvernable pour longtemps (Zimbabwe), une guérilla qui reprend du poil de la bête (Mali, Sahel en général d&#8217;ailleurs, sauf le Burkina qui tient à peu près le coup), un pays qui a été au bord du cataclysme (Tchad) deux anarchies déjà anciennes (Somalie, Soudan) et un pays qui s&#8217;achemine rapidement vers un gros bordel (Madagascar). Deux coups d&#8217;État par an, c&#8217;est à peu près la moyenne depuis les indépendances. Là où je suis&#8230; 1960, on en est à&#8230; 1, 2, 3, 4&#8230; ouais, quatre ou cinq ; <em>to be continued&#8230;</em></p>
<p style="text-align:justify;">- Dans la dernière livraison de <em>Commentaire</em>, Rémi Brague fait un bilan approfondi de l&#8217;affaire Gouguenheim, avec une grande justesse, me semble-t-il. [Rémi Brague est un type bien dont il faut lire les livres (<em>Europe, la voie romaine</em>, <em>Au moyen du Moyen Âge</em>, etc.)] Dans cet article, il met en évidence ce que j&#8217;ai tenté d&#8217;expliquer à pas mal de monde, avec plus ou moins de succès : Gouguenheim ne s&#8217;en prend pas particulièrement aux chercheurs, au monde universitaire. Il est bien conscient que des gens comme Alain de Libera ne tombent pas dans le panneau de l&#8217;Occident chrétien barbare, de Bagdad capitale du monde intellectuel ou de l&#8217;Andalousie tolérante et multiculturelle. Son propos était de combattre les clichés  présents dans les téléfilms, les romans à la mode, et parfois, hélas, dans l&#8217;enseignement secondaire et dans certains ouvrages de vulgarisation. En manière de lettre ouverte, je n&#8217;oublie pas de faire aimablement remarquer à Rémi Brague, quand il écrit &#8220;On peut regretter qu&#8217;il ne soit pas sur ces questions le meilleur spécialiste dont on puisse rêver. Mais pourquoi les spécialistes lui ont-ils laissé la tâche désagréable de rectifier le tir ?&#8221;, que lui-même est spécialiste, qu&#8217;un ouvrage de vulgarisation sur cette question se fait attendre, et que vue la polémique suscitée au printemps dernier, cet ouvrage trouvera certainement des lecteurs.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Négritude, l'Afrique et son histoire, etc.]]></title>
<link>http://baroqueetfatigue.wordpress.com/2009/01/08/negritude-lafrique-et-son-histoire-etc/</link>
<pubDate>Thu, 08 Jan 2009 16:31:22 +0000</pubDate>
<dc:creator>fandenimier</dc:creator>
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<description><![CDATA[De nombreuses considérations sur l&#8217;Afrique [noire] sont supposées être des clichés nauséabonds]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:justify;">De nombreuses considérations sur l&#8217;Afrique [noire] sont supposées être des clichés nauséabonds. Soit. Mais comment faire, quand la plupart des Européens vivant en Afrique, et la plupart des Africains eux-mêmes, tiennent absolument à les confirmer ? Que faire quand tout ce que vous pouvez observer autour de vous tend à confirmer qu&#8217;en général, l&#8217;Africain est franc-baiseur (quand il en a les moyens) paresseux et je-m&#8217;en-foutiste ; que l&#8217;Afrique n&#8217;a pas d&#8217;histoire et que c&#8217;est bien le problème (plusieurs sommités intellectuelles et hauts fonctionnaires du foutu pays où je réside ont tenu à me l&#8217;affirmer, sans que je ne leur tende la moindre perche), que la corruption en Afrique n&#8217;est pas le seul fait des hommes d&#8217;affaires, des politiciens et des militaires, mais un phénomène qui gangrène la société dans son ensemble, de l&#8217;agriculteur au président de la République en passant par le chauffeur de taxi, le petit commerçant et l&#8217;enseignant ? Que la magie est partout, que la plus grande partie de la population baigne dans les mêmes superstitions qu&#8217;avant la colonisation &#8211; je ne parle pas de sacrifier des poulets, je parle de tuer l&#8217;oncle du voisin au prétexte qu&#8217;il a causé la mort de votre enfant par sorcellerie ? Que l&#8217;enseignement est dans un état de déliquescence tel que le baccalauréat local équivaut tout juste à une bonne fin de troisième en France, que les étudiants, sauf exception (et j&#8217;en connais d&#8217;admirables), traînent en 3e année de licence à 25-30 ans avec un niveau de bon lycéen français dans leur discipline de spécialité &#8211; et qu&#8217;ils traînent sur les bancs de la fac ou d&#8217;écoles privées médiocres parce qu&#8217;ils n&#8217;appartiennent pas à la bonne ethnie, et que les postes auxquels ils pourraient prétendre sont occupés par des personnes encore plus incompétentes, désignées par un oncle ou un cousin ministre ? Qu&#8217;à peu de choses près, la totalité de l&#8217;activité commerciale ou industrielle est le fait d&#8217;étrangers (Proche-Orientaux, Maghrébins, Français, Chinois, Ouest-Africains pour le petit commerce&#8230;) ? J&#8217;aurais une foule d&#8217;anecdotes, de témoignages, de chiffres à l&#8217;appui de tout cela, mais je n&#8217;ai pas que ça à foutre.</p>
<p style="text-align:justify;">Néanmoins, pour votre instruction, lecteurs bien-aimés, lisez ces quelques lignes du journal de X*, cadre de l&#8217;administration coloniale, qui aimait l&#8217;Afrique et les Africains, et auquel le gouvernement local avait demandé de rester sur place comme préfet après les indépendances (ce qui tend à prouver que X* n&#8217;était pas un sale con raciste) :</p>
<p style="text-align:center;">***</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>La négritude, c’est cela aussi</strong></p>
<p>Mgr V* aime à répéter qu’ils (les Noirs) nous donnent des leçons lorsqu’ils restent insouciants devant les problèmes les plus graves.</p>
<p style="text-align:justify;">Évidemment, c’est une grande qualité que de savoir ne pas s’affoler, s’énerver, s’exciter. Malheureusement, les Noirs s’excitent eux aussi comme tout le monde et, en général, quand ça n’en vaut pas la peine – de notre point de vue. Exemple, les vociférations de notre cuisinier Dieudonné à l’adresse du père d’un enfant qui avait bousculé le sien.</p>
<p style="text-align:justify;">Nous parlions avec l’évêque de la rentrée de classes qui s’annonce encore plus catastrophique que celle de l’année dernière. J’ai écrit, télégraphié au ministère responsable ; point de réponse. Est-ce cette absence de réaction que Monseigneur trouve remarquable ?</p>
<p style="text-align:justify;">Ce sont des gens qui, pour la plupart, se foutent de tout, pour qui rien n’est important ; ils ont bien de la « chance » d’être ainsi faits. Oui, bien sûr, mais il faut voir où ce comportement les mène. J’admets qu’il puisse servir de fondement à une philosophie individuelle, mise en pratique par quelques isolés, détachés de ce monde ; mais un peuple est foutu s’il érige en principe la non-importance de toute chose. Il est foutu, du moins au sens européen du mot : peuple sans avenir, sans volonté d’expansion, sans rayonnement. Mais il est impossible qu’on pense autrement lorsque l’on est un nègre.</p>
<p style="text-align:justify;">D’aucuns disent que le départ des Blancs entraînerait le chaos ; pas forcément. Il y aura toujours un embryon d’administration qui donnera satisfaction aux habitants de ce pays.</p>
<p style="text-align:justify;">Ce ne sera pas un désorganisation complète, mais une « réorganisation » en fonction des possibilités et des besoins du pays. Les populations congolaises n’ont pas besoin d’une administration rigoureuse comme nous autres Européens. Cela marchera toujours au rythme du pays. Je vois très bien des communiqués officiels style latino-américain, dans le genre de celui-ci : <em>Le remblai de la route de…  ayant été emporté par les pluies, messieurs les usagers sont avisés que la circulation ne pourra reprendre qu’à la prochaine saison sèche. </em>Ou pas de communiqué du tout.</p>
<p style="text-align:justify;">Nous, nous serions malheureux dans des situations pareilles ; mais eux ne le seront pas.</p>
<p style="text-align:justify;">Les petits États d’Amérique centrale vivotent ; se font la guerre de temps en temps pour se désennuyer. Les gens en place n’ont pas à se plaindre. Quant aux autres, on ne leur demande pas leur avis. Et d’ailleurs, ils ne se plaignent pas, ou enfin pas sérieusement, ni suffisamment pour menacer les « messieurs ». Et c’est d’ailleurs cette forme de complicité entre deux couches sociales si inégales par la richesse qui déconcerte le plus un esprit occidental. On en est presque arrivé à ce stade là ici.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Céline sur le réchauffement climatique]]></title>
<link>http://baroqueetfatigue.wordpress.com/2008/12/12/celine-sur-le-rechauffement-climatique/</link>
<pubDate>Fri, 12 Dec 2008 09:00:04 +0000</pubDate>
<dc:creator>fandenimier</dc:creator>
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<description><![CDATA[&#8220;La Terre se réchauffe.&#8221; (Louis-Ferdinand Céline, Les beaux draps, édition numérisée par]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><blockquote><p>&#8220;La Terre se réchauffe.&#8221;</p></blockquote>
<p style="text-align:justify;">(Louis-Ferdinand Céline, <em>Les beaux draps</em>, édition numérisée par des fascistes en goguette, disponible quelque part sur Internet, années 2000, p. 65)</p>
<p style="text-align:justify;">Après que le Maître a parlé, le doute est-il encore permis, mécréants ? Autre chose : il se confirme que l&#8217;un des grands drames de l&#8217;existence est que nous attendons des autres ce qu&#8217;ils ne peuvent pas nous donner, et vice-versa. Dans cette conversation d&#8217;hier soir, par exemple, il est manifeste que l&#8217;un (votre serviteur) n&#8217;arrive pas à amorcer la conversation brillante dont il rêve, tandis que le désir de relations sexuelles rémunératrices de l&#8217;autre reste inassouvi.</p>
<p style="text-align:justify;">- C&#8217;est un peu comme chez Sartre, en fait. Tu connais Sartre ?</p>
<p style="text-align:justify;">- Non.</p>
<p style="text-align:justify;">- Ce n&#8217;est pas très grave. De toute façon, il n&#8217;a jamais fait que mal lire Heidegger. Tu connais Heidegger ?</p>
<p style="text-align:justify;">- Non.</p>
<p style="text-align:justify;">- &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">- &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">- &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">- Est-ce que tu baises ?</p>
<p style="text-align:justify;">- Non.</p>
<p style="text-align:justify;">Éloquent, n&#8217;est-ce pas ? C&#8217;est désespérant, mais je suis incapable de me comporter comme la plupart des personnes de mon entourage, qui ne se font aucun scrupule de sauter des gamines, de tromper leur femme, de piquer dans la caisse, etc. J&#8217;ignore pourquoi. La pression familiale ? En matière religieuse, morale, politique, etc., j&#8217;ai coupé le cordon depuis pas mal de temps déjà. Dieu ? J&#8217;ai de plus en plus de mal à y voir une bonne raison de s&#8217;interdire certaines choses. La morale naturelle ? Foutaises. J&#8217;ai peut-être trouvé une réponse intéressante chez Georges Darien (<em>Le Voleur</em>, c&#8217;est à lire). &#8220;Mais, en somme, si je me conduis bien, c&#8217;est que <em>ça me fait plaisir</em>.&#8221;</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Hesse Hesse si bon, si bon ?]]></title>
<link>http://baroqueetfatigue.wordpress.com/2008/12/03/hesse-hesse-si-bon-si-bon/</link>
<pubDate>Wed, 03 Dec 2008 16:37:24 +0000</pubDate>
<dc:creator>fandenimier</dc:creator>
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<description><![CDATA[« En général, je te soupçonne de prendre l&#8217;amour terriblement au sérieux. Fais-le si tu veux, ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:justify;">« En général, je te soupçonne de prendre l&#8217;amour terriblement au sérieux. Fais-le si tu veux, aime avec toute sorte de trucs idéals si ça te plaît, c&#8217;est ton affaire, ça ne me regarde pas. Ce qui me regarde, c&#8217;est de t&#8217;enseigner les jeux légers de la vie ; dans ce domaine, je suis ton professeur et je te l&#8217;apprendrai mieux, crois-moi, que ta bien-aimée idéale ! Ça te ferait du bien, Loup des steppes, de coucher de nouveau avec une jolie fille.<br />
– Hermine, m&#8217;écriai-je, torturé, regarde-moi donc, je suis un vieil homme !<br />
– Tu es un gosse. Et, de même que tu as été trop paresseux pour apprendre à danser, avant qu&#8217;il ne soit presque trop tard, tu as été trop paresseux pour apprendre à aimer. L&#8217;amour idéal et tragique, ô mon ami, tu le connais à merveille, je n&#8217;en doute pas, tous mes compliments ! Mais tu vas me faire le plaisir d&#8217;apprendre à aimer d&#8217;une façon plus humaine et plus ordinaire. »</p>
<p style="text-align:justify;">Hermann Hesse, <em>Le Loup des steppes</em></p>
<p style="text-align:justify;">Si je suis bien, ça veut dire qu&#8217;il faut que j&#8217;oublie définitivement K* (non, elle ne s&#8217;appelle pas Kevina), ça tombe bien, c&#8217;est en bonne voie, et que je me tape N*, qui a le bon goût de préférer la robe à la mini-jupe, est plutôt demi-mondaine que serveuse montante, me regardait avec de drôles d&#8217;yeux un de ces soirs, et n&#8217;a probablement fêté ses dix-huit ans que très récemment &#8211; ou pas du tout ? On en apprend, des choses, en lisant Hesse. Ah, s&#8217;il n&#8217;y avait pas ces presque vingt années d&#8217;éducation bourgeoise et catholique, ces vingt années qui font qu&#8217;une jeune fille blonde et rougissante, déguisée en publicité Cyrillus, à genoux à vos côtés sur un banc de communion, restera toujours votre horizon sentimental ultime, alors qu&#8217;un corps somptueux, mis en valeur avec art, et complaisamment offert, ne vous arrachera jamais, au mieux, qu&#8217;une érection fugace &#8211; et à contrecœur encore. Il y a probablement une solution intermédiaire, permettant de ne pas prendre l&#8217;amour trop au sérieux, sans aller jusqu&#8217;à sauter des putes. Je vous tiens au courant.</p>
<p style="text-align:justify;">Considérations pratiques mises à part, lisez <em>Le Loup des steppes</em>, je ne suis sans doute pas le premier à vous le dire, mais ça en vaut la peine. Pardon pour le très mauvais jeu de mots qui sert de titre à ce billet, et dont le sens n&#8217;est accessible qu&#8217;aux irréductibles amateurs de <em>Rock around the bunker</em>, s&#8217;il s&#8217;en trouve encore.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Rencontrer l'Autre]]></title>
<link>http://baroqueetfatigue.wordpress.com/2008/11/21/232/</link>
<pubDate>Fri, 21 Nov 2008 17:01:00 +0000</pubDate>
<dc:creator>fandenimier</dc:creator>
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<description><![CDATA[Le titre de cet article est un clin d&#8217;oeil amical au type qui assure la veille Internet pour l]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:justify;">Le titre de cet article est un clin d&#8217;oeil amical au type qui assure la veille Internet pour le compte de la HALDE. Je t&#8217;aime, Jean-Charles.</p>
<p style="text-align:justify;">Inspiré par <a href="http://www.stello-backstage.net/?p=367">Albertine et ses problèmes de race</a>, je repense à quelques rencontres étranges ces dernières années. En effet, j&#8217;ai spontanément tendance à aller vers &#8211; ou à attirer &#8211; mes semblables crasseux, bourrés, en loques, l&#8217;un n&#8217;excluant pas l&#8217;autre. Altruisme ? Hélas, je ne le crois pas. Disons plutôt curiosité.</p>
<p style="text-align:justify;">Il y a quelques années déjà, à Madrid. J&#8217;assiste à une conférence de presse du groupe EADS, ou quelque chose comme ça. Costumes, petits fours. Et au milieu de tout cela, un type de petite taille, vêtements dans un état indescriptible&#8230; à peu de choses près, sosie de Philippulus le Prophète dans <em>l&#8217;Étoile mystérieuse</em>. Accompagné d&#8217;une jeune femme muette, qui reste à quelque distance de lui, à la manière d&#8217;un garde du corps. Avec qui va-t-il chercher à communiquer ? Vous l&#8217;avez deviné. Il s&#8217;approche de moi, me prend par le bras, et me montre un morceau de papier, sur lequel il écrit plusieurs lignes serrées. Il est question d&#8217;une menace pour l&#8217;humanité. Il faut absolument que je prévienne tel ou tel directeur de société ou ministre. Comme je manifeste ma perplexité, il écrit à nouveau, en français cette fois. Français très honorable, d&#8217;ailleurs. Je lui fais comprendre que je n&#8217;ai pas l&#8217;intention de faire ce qu&#8217;il attend de moi. Il écrit plusieurs fois sur le papier : &#8220;Tu as peur ?&#8221;. Je m&#8217;échappe.</p>
<p style="text-align:justify;">En Afrique, c&#8217;est un peu, disons, hors-concours. Le fait d&#8217;être blanc attire à vous tous les concepteurs de projets farfelus, évadés d&#8217;asile, désespérés complètement torchés à huit heures du matin. J&#8217;ai semble-t-il des affinités particulières avec les réfugiés libériens. Au cours d&#8217;un séjour à Ouagadougou, je me souviens d&#8217;un en particulier, William, qui voulait à tout prix que je l&#8217;aide à financer son voyage de retour dans son pays natal, et que je rencontrais à toute heure du jour et de la nuit, dans les endroits les plus insolites. Et je suis convaincu qu&#8217;il ne me suivait pas à la trace. Ouagadougou est tout de même une ville d&#8217;un bon million d&#8217;habitants. Nous étions faits l&#8217;un pour l&#8217;autre. J&#8217;aurais dû garder son numéro. Il y avait sûrement matière à monter un putsch quelconque (les Libériens sont réputés pour leurs qualités de putschistes). Dans la grande ville d&#8217;Afrique centrale où j&#8217;ai actuellement posé mes valises, j&#8217;ai déjà pu faire la connaissance, outre une quantité non négligeable de réfugiés libériens, de Mireille, prostituée à perruque, Jerry, alcoolique bègue rencontré dans les rues à deux heures du matin, qui a vainement tenté de me vendre ses services comme professeur de lingala, puis de m&#8217;impliquer dans une combine consistant à acheter un cochon, le débiter et le vendre au détail sur les marchés (très <em>Traversée de Paris</em>), Sylvain, sous-officier en congé à durée indéterminé auquel je sers de conseiller matrimonial, et j&#8217;en passe.</p>
<p style="text-align:justify;">Nul besoin d&#8217;ailleurs de franchir les frontières. C&#8217;est ainsi que j&#8217;ai pu me retrouver pieds nus en train de lire un passage de l&#8217;Ancien Testament au cours d&#8217;une cérémonie copte, discuter avec de jeunes négationnistes sédévacantistes dans une auberge miteuse de la Croix-Rousse, etc. Rien de bien compliqué. Il suffit de prendre l&#8217;habitude d&#8217;aller vers les personnes les plus étranges, les plus intolérantes, les plus sales. Ou de les laisser venir vers vous. Vous ne serez jamais déçus. (Conservez tout de même quelques amis propres et raisonnables.). Elles <del datetime="00">vous enrichiront de leurs différences</del> vous fourniront matière à écrire des romans-fleuves, vous divertiront de votre quotidien monotone, et si vous êtes chrétien, il n&#8217;est pas exclu qu&#8217;elles vous aident, un beau jour, à franchir les portes du Paradis.</p>
<p style="text-align:justify;">Il ne faut pas confondre l&#8217;attitude suggérée ci-dessus avec le goût bourgeois-bohême pour le décalé, le glauque ou le luxurieux. Vous n&#8217;entendrez jamais un bourgeois-bohême mettre en valeur sa récente participation à une soirée néopaïenne en forêt de Rambouillet. Vous n&#8217;entendrez jamais un bourgeois-bohême évoquer le plaisir qu&#8217;il a pris à partir en randonnée avec cet ancien du Katanga. Par exemple.</p>
<p style="text-align:justify;">(Et pendant que j&#8217;écris, la secrétaire de mon supérieur me raconte l&#8217;épidémie de SIDA au ministère de la Coopération à la fin des années 1980. Et encore une <em>freak</em> au palmarès, une !).</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Harrison sur l'éducation, les dons, etc.]]></title>
<link>http://baroqueetfatigue.wordpress.com/2008/11/17/harrison-sur-leducation-les-dons-etc/</link>
<pubDate>Mon, 17 Nov 2008 11:15:25 +0000</pubDate>
<dc:creator>fandenimier</dc:creator>
<guid>http://baroqueetfatigue.wordpress.com/2008/11/17/harrison-sur-leducation-les-dons-etc/</guid>
<description><![CDATA[« Cela le rendait triste de constater qu&#8217;il n&#8217;avait jamais réussi à intéresser ses élève]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:justify;">« Cela le rendait triste de constater qu&#8217;il n&#8217;avait jamais réussi à intéresser ses élèves à Keats ni à Whitman, pas davantage qu&#8217;à la biologie ou aux mathématiques d&#8217;ailleurs. Mais lui-même avait commencé par apprendre tout par cœur et il ne s&#8217;était réellement intéressé à tout ça qu&#8217;à partir de vingt ans. Comme ses propres élèves, il s&#8217;était dit jusqu&#8217;alors que la connaissance était un pays très lointain, pas très passionnant, et qu&#8217;il lui fallait apprendre la géographie de ce pays comme un rite de passage, un intermède nécessaire bien que provisoire sur le chemin qui conduit de l&#8217;enfance à l&#8217;âge adulte, en passant par la puberté. Mais pour ceux qui avaient un don réel, la connaissance était une chose aussi concrète qu&#8217;une feuille d&#8217;arbre ou une flaque de boue. Dans les choses les plus  ordinaires, ils trouvaient une musique qui leur donnait envie de danser. Ils ne se contentaient pas de vagues idées sur l&#8217;océan. Ils n&#8217;enduraient pas la monotonie d&#8217;innombrables journées de chasse ou de pêche, ou simplement de lectures sur la chasse et la pêche, sur l&#8217;océan Indien, la mer des Caraïbes ou l&#8217;océan Arctique. Joseph pensait que Keats et Whitman, et le jeune Samuel, d&#8217;une certaine manière, vivaient dans les contrées illimitées de leur imagination. Il y avait là une beauté qui n&#8217;existait pas dans les préoccupations quotidiennes du commun des mortels. Vouloir absolument vivre sa vie, par exemple, alors que notre vie est si peu différente en fait de l&#8217;existence que mènent la plupart des animaux, de la manière la plus naturelle qui soit. »</p>
<p style="text-align:justify;">Jim Harrison, <em>Nord-Michigan</em></p>
<p style="text-align:justify;">Bien ça ; les enseignants devraient s&#8217;en souvenir plus souvent. Ils s&#8217;éviteraient ainsi bien des illusions.</p>
<p style="text-align:justify;">Je ne sais pas si cela tend à confirmer que je suis affligé d&#8217;une prétention monstrueuse, mais je m&#8217;identifie pas mal au &#8220;pour ceux qui avaient un don réel, la connaissance était une chose aussi concrète qu&#8217;une feuille d&#8217;arbre ou une flaque de boue&#8221;. Je dirais même &#8220;plus concrète&#8221; qu&#8217;une feuille d&#8217;arbre ou une flaque de boue. Aux yeux de la plupart de mes petits camarades, pour autant que je m&#8217;en souvienne, les personnages historiques n&#8217;existaient que le temps du cours d&#8217;histoire. Ce qui se passait dans les trois romans qu&#8217;il fallait lire chaque année en français avait pour but ultime les réponses que nous devions donner aux contrôles de lecture. Pour moi, Louis XIV avait vraiment existé. Connaître ce qu&#8217;il avait fait, il n&#8217;y avait rien de plus important, j&#8217;allais ainsi pouvoir le juger, lui assigner une place dans le fourre-tout qui me tenait lieu de système (où il retrouvait Faurisson, vous ai-je déjà dit que j&#8217;ai lu Faurisson à douze ans ?). Et comme dit Harrison, j&#8217;ai commencé à trouver autour de moi des personnes qui pratiquaient également ce genre de sport un peu avant vingt ans. Disons dix-sept.</p>
<p style="text-align:justify;">La biologie, je n&#8217;ai jamais beaucoup aimé ça. Sauf dans Jules Verne. Je me souviens, la seule note au-dessous de la moyenne que j&#8217;ai eue à l&#8217;école primaire, en CM2, c&#8217;était en biologie. Anthony avait su les notes avant nous, je ne sais pas comment. &#8220;Combien j&#8217;ai eu ?&#8221; que je lui dis. &#8220;Si je te le dis, tu vas pleurer&#8221;. Il ne disait pas ça pour se moquer, c&#8217;était mon meilleur ami, Anthony. Son père était camionneur. &#8220;Huit&#8221;. J&#8217;ai été un peu étonné, mais je n&#8217;ai pas pleuré. Il ne pouvait pas comprendre ça Anthony, que ce qui m&#8217;intéressait, c&#8217;était les rois, les reines, les subjonctifs, les volcans, mais que la note, je n&#8217;en avais jamais rien eu à foutre. D&#8217;autant qu&#8217;elle était presque toujours excellente, la note. La seule chose qui changeait, c&#8217;était qu&#8217;une fois ça parlait de reines, l&#8217;autre fois de volcans ou de droites parallèles.</p>
<p style="text-align:justify;">Les maths, c&#8217;était important. A neuf ans j&#8217;ai été qualifié pour la finale nationale des jeux mathématiques et logiques, nous devions être une vingtaine en France. J&#8217;avais fini avant tout le monde les six problèmes à la finale régionale, dans la moitié du temps qui nous était imparti. Mais je n&#8217;avais pas compris que le temps était pris en compte, et j&#8217;avais attendu la fin de l&#8217;épreuve pour rendre ma copie. Ce n&#8217;était pas grave, nous n&#8217;avions été que deux à trouver les six bonnes réponses. Le soir, à cet âge, pour m&#8217;endormir, je calculais les puissances de deux. Les bons jours, je dépassais 2^25 (quand j&#8217;essaie aujourd&#8217;hui, j&#8217;arrive péniblement à 2^20). Je voyais très nettement les chiffres se ranger les uns à côté des autres dans mon cerveau. Pendant ce temps, mes petits camarades révisaient leurs tables de multiplication. Puis les timbres, les avions, Dieu et la musique ont pris une part notable de mon temps. Et vers seize-dix-sept ans je suis devenu un <em>littéraire</em>.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Des idées ouvertes et toutes fraîches]]></title>
<link>http://baroqueetfatigue.wordpress.com/2008/11/07/des-idees-ouvertes-et-toutes-fraiches/</link>
<pubDate>Fri, 07 Nov 2008 08:43:42 +0000</pubDate>
<dc:creator>fandenimier</dc:creator>
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<description><![CDATA[Les élèves, quant à eux, sont en pleine période de révolte, ils ont des idées ouvertes et toutes fra]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><blockquote>
<p style="text-align:justify;">Les élèves, quant à eux, sont en pleine période de révolte, ils ont <strong>des idées ouvertes et toutes fraîches</strong>, et je n&#8217;ai pas besoin de les influencer pour que par exemple, dans une écrasante majorité, ils soient en faveur d&#8217;Obama pour l&#8217;élection US pendant mon cours, ou contre le gouvernement français en dehors. Bien sûr, en discutant avec eux, j&#8217;essaie de faire la part des choses, de leur montrer que tout n&#8217;est pas blanc ou noir. Mais ils ont pas mal d&#8217;idées visées dans leurs jeunes crânes. Tant mieux. Ces idées, elles changeront souvent à l&#8217;entrée dans le monde du travail (le monde &#8216;réel&#8217;, diront les cyniques), avec leur relation à l&#8217;argent, etc&#8230; Laissons-les y croire encore un peu.</p>
</blockquote>
<p><a href="http://www.lepost.fr/article/2008/10/30/1302157_les-profs-toujours-de-gauche-et-endoctrinant-les-eleves.html#xtor=AL-235">Source</a>.</p>
<p style="text-align:justify;">Hum. Il va vraiment falloir parler avec des gens comme ça, en salle des profs ? Je veux dire, des gens qui pensent qu&#8217;être en faveur d&#8217;Obama est une idée fraîche ? Des gens qui pensent que les jeunes sont idéalistes et de gauche, et deviennent de droite en vieillissant, parce qu&#8217;ils veulent gagner plus de thunes ? Les divergences idéologiques, je m&#8217;en accommode très bien. Discuter avec les syndicalistes étudiants est mon violon d&#8217;Ingres. La connerie pure et simple, j&#8217;ai plus de mal. Repasser le CAPES (histoire-géographie et lettres modernes, je ne sais même pas ce qu&#8217;il y a au programme en lettres modernes), finalement, je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée.</p>
<p style="text-align:justify;">Cette respectable enseignante s&#8217;étonne de ce que, pour pas mal de gens &#8220;les profs sont toujours de gauche&#8221;. La réponse est dans la question, d&#8217;une certaine manière. Je note aussi avec ravissement le <em>Y aurait-il fallu faire appel à la mobilisation internationale dans le cas Troy Davis, si l&#8217;intéressé avait été blanc? Réponse: probablement non</em>. Je suggère, chère probablement future collègue, que vous vous posiez une autre question : Y aurait-il eu une mobilisation internationale dans le cas Troy Davis, si l&#8217;intéressé avait été blanc ? Mais je ne sais pas si vous avez été programmée pour. J&#8217;en doute.</p>
<p style="text-align:justify;">Je doute qu&#8217;il y se soit trouvé un seul professeur en France pour soutenir, même discrètement, McCain. Ah si, peut être <a href="http://unvoyageauliban.bafweb.com/">Philippe Edmond</a>, et ce cher vieux Monsieur G. (Votre serviteur, professeur de français à ses heures perdues &#8211; parce que les stages non rémunérés des Affaires étrangères, c&#8217;est bien beau, mais faut aussi mettre du manioc dans la marmite &#8211; a exprimé un soutien sans réserves à la candidature d&#8217;Edgar Allan Poe. Na. Et ce, dans une classe à dix nationalités, oui Madame, parfaitement, dans le cul Bégaudeau).</p>
<p style="text-align:justify;">Quand on me dit &#8220;ouvertes et toutes fraîches&#8221;, je pense à des huîtres. Probablement parce que dans ce putain de bled, il n&#8217;y a pas le moindre espoir que j&#8217;en voie la queue d&#8217;une d&#8217;ici six ou sept mois. Noël sans huîtres. Aaaaargh.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Bonne nouvelle]]></title>
<link>http://baroqueetfatigue.wordpress.com/2008/11/04/bonne-nouvelle/</link>
<pubDate>Tue, 04 Nov 2008 08:54:55 +0000</pubDate>
<dc:creator>fandenimier</dc:creator>
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<description><![CDATA[En boîte, à N*. Une jolie jeune personne s&#8217;est discrètement infiltrée dans le groupe avec lequ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:justify;">En boîte, à N*. Une jolie jeune personne s&#8217;est discrètement infiltrée dans le groupe avec lequel je suis, et au sein duquel, à ma décharge, je ne connais que quelques personnes. Elle est un peu légèrement vêtue, mais il y a pire.<br />
- Salut !<br />
- Salut !<br />
- Comment tu t&#8217;appelles ?<br />
- X*. Est-ce que tu baises ?<br />
Et meeeerde. Encore une pute. Bon, la bonne nouvelle, c&#8217;est que j&#8217;ai éclaté de rire en l&#8217;entendant dire ça. Ce qui tend à prouver que je vais très bien.</p>
<p style="text-align:justify;">J&#8217;m'excuse hein, c&#8217;est un peu trash, mais sur le blog en accès restreint où je donne des nouvelles aux gens que j&#8217;aime (même si je vous aime aussi beaucoup, chers lecteurs), y&#8217;a ma grand-mère et mes p&#8217;tits frères qui passent de temps en temps, alors je vous mets ça ici.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Gastronomie romaine]]></title>
<link>http://baroqueetfatigue.wordpress.com/2008/10/14/gastronomie-romaine/</link>
<pubDate>Tue, 14 Oct 2008 15:58:08 +0000</pubDate>
<dc:creator>fandenimier</dc:creator>
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<description><![CDATA[[Inspiré par Woland et ses aventures romaines, j'ai fouillé dans mes archives, et ai retrouvé un mac]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:center;"><em>[Inspiré par Woland et ses <a href="http://amiralwoland.wordpress.com/2008/10/11/faccetta-nera-et-autres-aventures-romaines/">aventures romaines</a>, j'ai fouillé dans mes archives, et ai retrouvé un machin pédantissimement intitulé </em>Journal d'Italie<em>, deux ans d'âge. J'étais alors l'heureux possesseur d'un petit carnet noir, qui se remplissait à chacune de mes stations dans un restaurant de la Ville éternelle.]<br />
</em></p>
<p style="text-align:center;">***</p>
<p style="text-align:justify;">Dîner en tête-à-tête avec une Tsingtao, dans un restaurant proche du Panthéon. Je loge dans une pension glauque ; une chambre sale, huit lits, soit au jugé deux Japonaises, trois Roumaines, deux Néerlandais et moi-même. Dieu merci, pas d&#8217;autre Français. Je suis assez content de moi. Écrire sur un carnet à couverture de moleskine en achevant de déguster un <em>gelato fritto</em>, ça, c&#8217;est vivre. À côté, une bonne femme parle un espèce de pidgin franco-anglais. J&#8217;ai envie de l&#8217;étrangler. La peste soit des Français à l&#8217;étranger. La serveuse chinetoque ne comprend pas les mots <em>liquore </em>et <em>grappa</em>. Visiblement, les problèmes d&#8217;intégration ne sont pas une exclusivité française. Elle finit tout de même par m&#8217;apporter un verre de liqueur de bambou. Liqueur qui n&#8217;est pas si mauvaise, et d&#8217;un prix étonnamment modique – un euro – mais j&#8217;attendrai d&#8217;être plus loin de la vieille Europe si je dois un jour me saouler à mort. Quoique. Notons tout de même l&#8217;adresse, au cas où (<em>Buon Sapore</em>, 33, via della Palombella). Les gens me regardent bizarrement. Bientôt ils vont se lever, s&#8217;approcher de moi, et là deux scénarios sont envisageables : une loi récente interdit d&#8217;écrire sur un carnet de moleskine dans les lieux publics, auquel cas, <em>damned</em>, je suis fait comme un rat ; il est également possible qu&#8217;ayant reconnu en moi le nouveau Chatwin (recommandé dans la notice des carnets  Modo &#38; Modo, précisément), ils s&#8217;apprêtent à implorer des autographes. Rien ne se passe. Mes voisins trinquent dans les différentes langues qu&#8217;ils connaissent, chose qui m&#8217;a toujours exaspéré – encore des Français, que Dieu les prenne en sa miséricorde.</p>
<p style="text-align:center;"><em>[Si l'on ne tient pas à manger local, le <em>Buon Sapore</em> est à ma connaissance l'un des meilleurs rapports quantité-qualité/prix du centre de Rome]</em></p>
<p style="text-align:center;">***</p>
<p style="text-align:justify;">Déjeuner frugal du lendemain, sur un banc : tomates et chocolat suisse. Dans deux églises situées de part et d&#8217;autre de la fontaine de Trévi, hier matin, j&#8217;ai assisté successivement à la messe en rite orthodoxe bulgare et en rite catholique romain – un des charmes de Rome tient sans doute à la possibilité d&#8217;y trouver une messe à n&#8217;importe quelle heure dans n&#8217;importe quel rite, très <em>en raison du succès, le Saint Sacrifice reste à l&#8217;affiche jusqu&#8217;au&#8230;</em> J&#8217;arrive à déchiffrer le Credo qui nous est généreusement offert sur feuille polycopiée : le cours de russe suivi assez nonchalamment l&#8217;an passé n&#8217;aura donc pas été tout à fait inutile. Comment mettre en scène sans mettre à distance, comment rendre présent, rapprocher, sans abaisser : deux éternels problèmes de la liturgie. Le rite romain réformé résout assez bien le premier, moins bien le deuxième. Et inversement pour le rite orthodoxe bulgare.</p>
<p style="text-align:center;">***</p>
<p style="text-align:justify;">Autre restaurant, traditionnel italien cette fois-ci. Le serveur vient de manquer m&#8217;empoisonner avec une redoutable piquette. Quoiqu&#8217;il ait eu la main lourde avec le piment dans les spaghettis ; la recherche du bon accord, n&#8217;est-ce pas ? J&#8217;espère secrètement passer pour un critique gastronomique, en trimbalant ce petit carnet noir d&#8217;un restaurant à l&#8217;autre : l&#8217;échec est patent. Les choses s&#8217;arrangent quelque peu avec le foie pommes au four. Pour tout arranger, les habitués du restaurant sont entrés en conversation politique ; quelques rudiments d&#8217;italien me permettent de comprendre que si deux hommes peuvent faire ce qu&#8217;ils veulent dans le secret de leur chambre, faudrait voir à ne pas exagérer : pour le mariage et les enfants, qu&#8217;ils aillent se faire voir aux Pays-Bas. C&#8217;est beaucoup plus clair dans la langue de Dante, avec les gestes de la main appropriés. Après un demi-litre de vinaigre, je commence à sombrer dans une douce euphorie. Peut-être vais-je enfin trouver une réponse à mon interrogation philosophique du moment. Ortega y Gasset dit que la raison est ce qui nous fait vivre, et pas un processus abstrait <em>[Ici, il devient difficile de relire mes notes]</em> [...] relier au problème foi-raison, en sachant que ce sacré José était au moins aussi catholique que votre serviteur est socialiste ? Bref, n&#8217;hésitez pas à vous rendre à l&#8217;<em>Osteria da Salvatore</em>, 39, via Castelfidardo. Des mets discutables, mais la Sainte Vierge trône dans la salle principale et les pichets sont généreux.</p>
<p style="text-align:center;">***</p>
<p style="text-align:justify;">Terrasse du McDo de la place De La Salle. Réveillé ce matin par un Américain. Gros et laid comme ils le sont tous. Celui-là avait eu la regrettable idée de descendre de son lit avant sept heures. Ce qu&#8217;il ne pouvait évidemment faire sans réveiller votre serviteur, qui dormait du sommeil du juste dans le lit d&#8217;en-dessous. Bien entendu, je maugrée. Incapable de dissimuler quelque sentiment que ce soit, autant râler en bonne et due forme. L&#8217;autre se confond en excuses, je tente de me rendormir en grommelant des <em>Mais ta gueule&#8230;</em> Qu&#8217;il ne comprend manifestement pas, puisqu&#8217;il insiste. Lassé, je sors le nez des couvertures ; l&#8217;héritier des <em>Founding Fathers</em> me tend une paluche boudinée et assène :<br />
– <em>Mark ! I&#8217;m sorry. What&#8217;s your name ?</em><br />
– <em>Mark ? What « Mark » ?</em><br />
Il se désigne. Perspicace, j&#8217;en déduis que ses heureux parents l&#8217;ont baptisé ainsi. Je finis par comprendre – je peux lire Joyce dans le texte, mais suis incapable de suivre une conversation courante, putain de système éducatif français – qu&#8217;il veut que nous nous serrions la main et que je lui donne mon prénom. Comme cela semble être le seul moyen de m&#8217;en débarrasser, je m&#8217;exécute.<br />
– <em>My name is Marcel. Marcel Déat. Nice to meet you. Have a good day.</em><br />
Et lui de s&#8217;en aller, arborant un sourire vainqueur. Mesdames, Messieurs, l&#8217;Américain ! Celui qui s&#8217;imagine avoir signé un traité de paix indissoluble parce qu&#8217;il a échangé son prénom avec un étranger. C&#8217;est pour cela que la génération de Mark meurt en Irak. Si j&#8217;écris d&#8217;aussi monumentales conneries anti-américaines, c&#8217;est en grande partie parce que les frites des McDo italiens ne sont pas meilleures que celles de leurs homologues français – j&#8217;avais nourri quelques instants un naïf espoir.</p>
<p style="text-align:center;">***</p>
<p style="text-align:justify;">Pour la deuxième fois, cerné par des restaurants inaccessibles à ma bourse d&#8217;étudiant – plutôt verni, certes, mais étudiant tout de même – je suis contraint de demander l&#8217;asile en Chine populaire. Tsingtao, me revoilà. J&#8217;essaie de reprendre mes réflexions entamées la veille au sujet de la liturgie. J&#8217;ai justement lu dans le métro le chapitre « Musique et liturgie » dans <em>L&#8217;Esprit de la liturgie</em> du cardinal Ratzinger. Tout à fait d&#8217;accord avec sa critique de la musique sacrée XIXe. Pour l&#8217;orgue, en tout cas, c&#8217;est assez désastreux : 90 % de ce qui a été écrit est amusant à jouer, mais n&#8217;a rien à faire à la messe. Pour ce qui est de la restauration du grégorien, je m&#8217;avoue sceptique – et Dieu sait que j&#8217;aime le grégorien. En-dehors des grandes paroisses urbaines et des abbayes, a-t-on vraiment un jour bien chanté le grégorien ? Je n&#8217;en suis pas sûr. Et le grégorien mal chanté, c&#8217;est immonde. Autant <em>Peuple de frères</em> passe très bien chanté par des vieilles à la voix éraillée, et deux secondes de décalage entre l&#8217;autel et le fond de l&#8217;église, autant, je ne sais pas, le Gloria pour les fêtes de la Sainte Vierge&#8230; quand je vois comment il est massacré dans la paroisse <em>rit de Saint-Pie-V</em> que je fréquente à l&#8217;occasion – en-dehors de la grand-messe, où une remarquable chorale soutient l&#8217;assistance – &#8230; brrrr&#8230; Or les créations contemporaines – gouzinades ou autres – sont également inchantables pour une assemblée lambda ; le salut est peut-être du côté des ritournelles multilingues de Taizé et des mélodies faciles du Renouveau charismatique. Et puis, très franchement, je préfèrerais qu&#8217;on évite de renouer avec le kitsch antéconciliaire et les <em>Ave Maria </em>aux trente couplets. C&#8217;est supportable le temps d&#8217;un pèlerinage de Chartres, entre deux chants parachutistes, mais le reste de l&#8217;année, merci bien.</p>
<p style="text-align:center;">***</p>
<p style="text-align:justify;">Falafel et glace à la châtaigne. Satisfait de m&#8217;être sustenté pour quatre euros en violant à peu près toutes les recommandations nutritionnelles de l&#8217;actuel gouvernement, j&#8217;entre chez Mondadori et m&#8217;y offre <em>In Patagonia</em>, de Chatwin, ainsi que le premier tome des aventures de Don Camillo, de Guareschi. Me suis décidé à apprendre l&#8217;italien, cet auteur me semble adéquat – langue simple, nouvelles brèves. Écarté Buzzati, lu frénétiquement à seize-dix-sept ans et depuis tombé en disgrâce. Hésité pour d&#8217;Annunzio, sans doute difficile pour un débutant. Et j&#8217;ai déjà <em>L&#8217;Innocent</em> à lire, en français. Incroyable, toutes les librairies italiennes proposent en ce moment des romans d&#8217;Ayn Rand en tête de gondole, avec écriteau <em>La Rivolta di Atlante</em> (Atlas Shrugged) <em>: Le retour d&#8217;un grand classique</em>. <em>Atlas Shrugged</em> (livre à succès d&#8217;Ayn Rand – philosophe objectiviste très connue aux États-Unis – paru il y a quarante ou cinquante ans) n&#8217;a pas encore été traduit en français. Ce n&#8217;est pas vraiment un mal, l&#8217;objectivisme randien étant assez brumeux et reposant sur une assez profonde méconnaissance et surtout mécompréhension de ce qui a été pensé depuis que le monde est monde (<em>mutatis mutandis</em>, ça ne dépasse guère les élucubrations d&#8217;Onfray). Mais tout de même, s&#8217;il en était encore besoin, cela tendrait à confirmer qu&#8217;en matière de culture libérale (en admettant qu&#8217;on puisse parler de culture libérale, en admettant qu&#8217;on puisse rattacher à ladite culture l&#8217;objectivisme randien), la France est plongée dans une désespérante arriération.</p>
<p style="text-align:center;">***</p>
<p style="text-align:justify;">Un restaurant pour touristes. Un vrai. Comment ai-je pu m&#8217;y laisser prendre. Le menu était pourtant assez clair : « Pâtes à nouilles farcie de viande au sauce à la viande ». Le vin est à vomir. Je suis sûr que ce type embouteille des cubis de rebuts algériens, ça n&#8217;est pas possible autrement. Pourquoi <em>tous </em>les restaurants proposent-ils en dessert de la macédoine de fruits ? Putain de raviolis. Les Giovanni Rana de Carrefour sont meilleurs. Et tiramisu industriel mal décongelé. Évitez tous les restaurants qui entourent la gare Termini, surtout côté Ouest. Côté Est, ça se défend un peu mieux, l&#8217;un propose même un menu à cent cinquante euros.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Grâce]]></title>
<link>http://baroqueetfatigue.wordpress.com/2008/10/13/grace/</link>
<pubDate>Mon, 13 Oct 2008 11:23:29 +0000</pubDate>
<dc:creator>fandenimier</dc:creator>
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<description><![CDATA[Six heures du matin &#8211; Faisant mon footing sur la Corniche &#8211; fraîcheur et vue magnifique ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:justify;">Six heures du matin &#8211; Faisant mon footing sur la Corniche &#8211; fraîcheur et vue magnifique : la <em>skyline </em>de Kinshasa au loin, les jardins potagers sur les rives du Congo &#8211; je passe devant le grand quartier général des forces armées. Un soldat fait les cent pas en chantant &#8220;Ancien combattant&#8221;, de Zao &#8211; un classique :</p>
<p>&#8220;[...] Pourquoi la guerre, pourquoi la guerre, pourquoi la guerre<br />
La guerre mondiaux, ce n&#8217;est pas bon, ce n&#8217;est pas bon [...]&#8220;.</p>
<p>C&#8217;était très beau.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>

</channel>
</rss>
