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	<title>victor-de-laveyron &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
	<link>http://en.wordpress.com/tag/victor-de-laveyron/</link>
	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "victor-de-laveyron"</description>
	<pubDate>Fri, 25 Dec 2009 12:16:14 +0000</pubDate>

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<title><![CDATA[Victor, l’enfant cobaye de l’Aveyron ?]]></title>
<link>http://toutpetits.wordpress.com/2009/03/17/victor-l%e2%80%99enfant-cobaye-de-l%e2%80%99aveyron/</link>
<pubDate>Tue, 17 Mar 2009 08:15:39 +0000</pubDate>
<dc:creator>toutpetits</dc:creator>
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<description><![CDATA[Enfant « sauvage », enfant cobaye. : Enfant tentant, tentant la curiosité, suscitant l&#8217;intérêt]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><strong> Enfant « sauvage », enfant cobaye. <img src="http://toutpetits.files.wordpress.com/2009/03/031709-0815-victorlenfa1.jpg" alt="" align="left" /></strong>: Enfant tentant, tentant la curiosité, suscitant l&#8217;intérêt scientifique, pédagogique parce qu&#8217;enfant différent, enfant hors normes, enfant a-normal </p>
<p><img src="http://toutpetits.files.wordpress.com/2009/03/031709-0815-victorlenfa2.jpg" alt="" /></p>
<p><strong>Et pourtant, ce Victor-là, adolescent, « vers1800 »<br />
</strong><span><a href="http://www.neccessaire.com/exposition/panneau6big.htm">http://www.neccessaire.com/exposition/panneau6big.htm</a></span></p>
<p class="MsoNormal">est loin d’être antipathique, inhumain, « dément et idiot » selon Pinel qui l’avait examiné à la Salpêtrière peu après sa seconde capture. Notez que juste à côté de Victor sur la même image on voit le portrait du futur philosophe Schopenhauer alors âge de 16 ans et qui avait tenu à voir cet enfant sauvage du même âge que lui. Lisez aussi les textes, fort intéressants, en dessous du double portrait.<strong></strong></p>
<p class="MsoNormal"><strong>Mais enfant brusqué, violenté, malmené :<br />
</strong>Le film nous montre brièvement cette violence jouée par des acteurs, et en quelques secondes, on passe dans le registre du dessin. Mais cette violence figurée, représentée, qu’on pourrait croire plus supportable, on l’imagine, on la ressent mieux encore : qu’on en juge par cette misérable chose traînée comme un gibier blessé (cf. cette image empruntée au documentaire)<br />
<a href="http://toutpetits.files.wordpress.com/2009/03/victor.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-990" title="victor de l'Aveyron (documentaire France-Télévision)" src="http://toutpetits.wordpress.com/files/2009/03/victor.jpg?w=300" alt="victor" width="300" height="213" /></a></p>
<p class="MsoNormal">Violence aussi de ce diagnostic du grand Pinel de la Salpêtrière qui affirme <span> </span>« son absence de tout moyen de communication », qu’il n’exprime « aucune intention », qu’il est « dépourvu de mémoire, de jugement, incapable d’imitation », qu’il « passe de l’apathie au rire sans retenue ni raison », et qu’en conséquence « il doit être <strong><em>rangé</em></strong> parmi les idiots et les déments »<br />
<strong><em>Rangé</em></strong>, terme affreux, d’une violence parfois extrême (en français moderne « être mis au placard » précède de peu le licenciement pour cause d’état dépressif (en fait provoqué) &#8211; et on retrouve les enfants « sauvages » de notre époque qui sont des enfants séquestrés, enfermés, des « enfants au placard » ; <strong><em>rangé</em></strong> terme qui classe certes mais surtout qui exclue et condamne.<br />
Je suis sûr qu’au moment des doutes de Jean Itard prenant peur devant cet adolescent devenant adulte, je suis sûr qu’alors cette première étiquette psychiatrique a pesé lourd dans son renoncement à poursuivre ses efforts de socialisation, d’éducation (même si on peut penser qu’ils étaient surtout des efforts pour ramener un dans la norme un être jugé déviant. Car il est certain que ce jeune Jean Itard de 26 ans seulement, pas encore tout à fait médecin – il s’en fallait de deux ans – s’est littéralement pris de passion, mais sans doute pour son projet plus que pour le sujet Victor.</p>
<p class="MsoNormal">. Capturé, il va s’évader au bout d’une semaine et errer dans les montagnes. Il sera repris pour être entré dans une maison. À Rodez, M. Bonaterre, un botaniste proche des philosophes des lumières, va s’occuper plusieurs mois de Victor. Le ministre Lucien Bonaparte séduit par la théorie du « bon sauvage » de Roussseau,<span>  </span>et la Société de Observatoires de l’Homme demandent que Victor soit amené à Paris où il est confié à l’Institut des sourds-muets (rue Saint-Jacques, où, coïncidence, Françoise Dolto a toujours demeuré – c’est elle qui disait de ses voisins en connaissance de cause : « il n’y a pas plus bruyant que des sourds-muets »).<br />
La Société de Observatoires de l’Homme a été créée pour étudier l’origine de l’homme et les caractères qui le définissent. D’où leur intérêt pour Victor, ce « bon sauvage » de l’Aveyron susceptibles de fournir des révélations sur la nature humaine. D’où l’intérêt du Dr Pinel, spécialiste des maladies mentales à la Salpétrière. Linné, lui, classe les êtres vivants, et parmi eux, l’homme est d’abord rangé dans la catégorie des quadrupèdes, puis des primates. Et « l’homme sauvage » est dans une catégorie à part, juste avant (ou au-dessus ?) de l’homme monstrueux.<br />
Victor est examiné comme un animal par Pinel, on note une longue cicatrice à la gorge, mais qui semble avoir préservé les cordes vocales. On note toutes ses insuffisances, ses incapacités, son absence de tout moyen de communication, n’exprimant ni intention, dépourvu de mémoire, de jugement, incapable d’imitation, passant de l’apathie au rire sans retenue ni raison, il doit être rangé parmi les idiots et les déments. Rien d’étonnant venant d’une sommité de la Salpêtrière… Et bien sûr, Victor se conforme très vite à cette image qu’on a donnée de lui.<br />
<strong>Jean Itard, qui travaillait dans l’institut des sourds-muets, décide de « sauver » Victor</strong> et de relever le défi de sa réinsertion. « Il me semblait tout à fait possible de soigner et de guérir cet enfant » qui avait passé « au moins six ans dans une parfaite solitude » et même s’il avait reçu une éducation auparavant, il pense que « tout cela se sera effacé de sa mémoire par suite de son isolement. »</p>
<p class="MsoNormal"><strong><em>« Je demandai donc que le sauvage me soit confié »</em></strong>, ce qu’accepte l’Abbé Siccard, responsable de l’Institut des sourds-muets de la rue Saint-Jacques<strong><em><br />
</em></strong>C’est en 1800. Jean Itard n’a que 26 ans.<br />
Mais pourquoi aurait-on du respect pour cet être d’apparence si peu humaine ?<br />
Ainsi que le dit fort bien <em>Lucienne Strivay, anthropologue :</em></p>
<p class="MsoNormal">« De nombreux cas d’enfants sauvage, d’enfants adoptés par des loups notamment, à partit du 14<sup>ème</sup> siècle, enfant-loup, enfant-ours, enfant-porc, enfant-mouton… énormément de cas qui sont autant d’histoires singulières. »</p>
<p class="MsoNormal">« Au moment où on les retrouve, ils paraissent si peu humains, qu’on se demande si on a affaire à un humain au sens plein du terme »<br />
Et très vite, on passe à l’essentiel : sont-ils conformes, normaux au moins dans leur âme ?<br />
<strong>« On cherche à savoir s’ils ont une âme, s’ils ont la connaissance de Dieu, s’ils sont capables de faire le signe de croix, s’ils sont capables de se tenir debout. Et la bipédie est un grand enjeu représentatif de l’humanité, car dès Platon on considère que c’est le propre de l’homme que d’être bipède et d’avoir ainsi la vue haut placée et pouvoir tutoyer les idées et l’espace de l’esprit.</strong></p>
<p><span>On n’a pas plus d’égards pour l’éventuelle personne</span><span>, pour son esprit, ses pensées, ses sentiments, ce qu’il ressent, éprouve qu’on en aurait pour un être venu d’ailleurs, un mutant, un être irréel, improbable. On est en pleine vérification, contrôle ethnique. On contrôle, on mesure, on apprécie, on classe, sans ménagement aucun.<br />
Tout comme naguère on a testé la conformité aryenne et recherché les tares ethniques dans les traits physiques des suspects de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Identit%C3%A9_juive">judéité</a>.</span></p>
<p>L&#8217;animalité en nous, la part animale que recèle notre carcasse, faisait sans doute encore plus peur au temps de Victor. D&#8217;où ce souci de ramener ces étranges brebis égarées dans le bercail de l&#8217;humanité, où on ne bêle pas, on ne grogne pas, non !<br />
<strong><em>On parle, ou si on ne sait pas, si on ne sait plus, il va falloir au plus vite apprendre à parler.<br />
</em></strong></p>
<p><strong>Une parole froide, dévitalisée, déshumanisée.</strong><br />
On est loin de communication mère-enfant qui commence dès avant la naissance et où les vocalisations, les mots donnés, reçus, échangés sont un des vecteurs essentiels de socialisation, d&#8217;intégration dans le monde des humains.<br />
Le bébé, lui, a un potentiel, une gamme, un registre prodigieux de vocalisations, et s&#8217;il se met progressivement en harmonie avec la langue maternelle, c&#8217;est que peu à peu, il privilégie les sons qu&#8217;il sent bien plaire à l&#8217;entourage, et donc qu&#8217;il renonce à quantité de phonèmes de bien d&#8217;autres langues. Le tout petit est un polyglotte surdoué qui renonce peu à peu à ses talents polyphoniques.<br />
Parce que la langue maternelle, c&#8217;est celle du cœur, des sentiments, de la chaleur relationnelle.<br />
Adopté, un bébé qui ne parle pas encore, va parler en quelques mois la langue d&#8217;adoption, <em>à condition d&#8217;être suffisamment <strong>« mamaïsé », « papaïsé »</strong></em>, c&#8217;est-à-dire sécurisé par les contacts, la tendresse, et entre autres, le bain langagier où on le plonge affectueusement.<br />
Ainsi le malheureux Victor, qui aurait pu devenir, au moins par la parole Suédois, ou Espagnol, ou Persan (« comment peut-on être Persan ? »), ou même louveteau s&#8217;il avait eu la chance –relative- d&#8217;avoir été materné comme savent si bien le faire les louves et leurs cousines les chiennes. Mais non, rien, zéro tendresse : on ne l&#8217;a vu que « seul et apeuré », cherchant des glands pour s&#8217;en nourrir.<br />
Si, pourtant, Victor avant de sombrer, adolescent dans une régression massive après son abandon par Itard, qui a pris peur à la pensée de le voir devenir fort et pensait-il dangereux par ses pulsions sexuelles d&#8217;adolescent, avant ce drame qui était peut-être un second abandon, Victor aura tout de même eu le bonheur d&#8217;être beaucoup « mamisé » &#8211; j&#8217;ajoute ce néologisme à la famille -, par Mme Guérin, et  quelque peu « papaïsé » par Jean Itard, dont l&#8217;erreur a sans doute été d&#8217;avoir trop voulu être pédagogue et aussi de trop s&#8217;inspirer de Condillac et de son sensualisme.<br />
Comme le conseillait souvent aux mamans Françoise Dolto dans les cas d&#8217;enfant difficile : que le papa sorte avec lui, fasse quelque chose avec lui, joue, fabrique, bricole. Alors les échanges, les mots viennent tout naturellement, et le plaisir est en prime. Jean Itard a sans doute bien trop été obsédé par ce but qu&#8217;il jugeai prioritaire : apprendre à parler, à lire.<br />
L&#8217;échec de Victor a été l&#8217;échec douloureux de Jean Itard qui n&#8217;a pas pu faire face quand il a vu émerger chez Victor la force des pulsions sexuelles.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Victor, l'enfant sauvage de l'Aveyron]]></title>
<link>http://toutpetits.wordpress.com/2009/03/13/victor-lenfant-sauvage-de-laveyron/</link>
<pubDate>Fri, 13 Mar 2009 09:30:54 +0000</pubDate>
<dc:creator>toutpetits</dc:creator>
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<description><![CDATA[Voici ce que je notais avant hier dans l&#8217;onglet &#8220;Quoi de neuf?&#8221;: Mercredi 11 mars ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><strong>Voici ce que je notais avant hier dans l&#8217;onglet &#8220;</strong><em><span style="text-decoration:underline;"><strong>Quoi de neu</strong></span></em><em><strong>f?&#8221;:</strong></em></p>
<p style="padding-left:30px;"><em><strong>Mercredi 11 mars</strong> <strong>2009:</strong> Moi, l’onglet “<span style="text-decoration:underline;">Quoi de neuf</span>”, j’ai quelque chose de vraiment neuf à vous annoncer: Regardez bien la rangée d’onglets, il y a tout au bout <strong><em>un petit nouveau</em><span>. Bien pressé d’ailleurs, puisqu’il se nomme “</span><span style="text-decoration:underline;">Urgent</span><span>“. Rendez-lui une petite visite afin de voir ce qu’il a de si urgent à vous annoncer. <a href="http://toutpetits.wordpress.com/" target="_self">Retour aux articles du blog</a>,  puis clic sur “Urgent”.</span></strong> </em></p>
<p><strong>Et votre éventuel clic sur le nouvel onglet annoncé </strong><em><strong>&#8220;</strong><span style="text-decoration:underline;"><strong>Urgent</strong></span><strong>&#8220;</strong> </em>était une invitation à voir (ou revoir) un documentaire passionnant diffusé samedi dernier sur France 3:</p>
<p style="padding-left:30px;"><strong><em>&#8220;mercredi 11 mars 2009:<br />
</em></strong>Cette nouvelle page-onglet “Urgent” pour vous signaler des sites ou des événements importants, comme par exemple la possibilité de revoir gratuitement, pendant encore quelques jours des émissions ou des documentaires déjà diffusés.</p>
<p style="padding-left:30px;">Ainsi, <strong><em>ce mercredi 11 mars</em></strong>, je vous engage vivement à revoir <strong><em>sur le site de France3, à partir du blog “toutpetits”</em></strong> et du lien ci-dessous, le très beau documentaire consacré à <strong><span>Victor, l’enfant sauvage de l’Aveyron</span></strong>. Ce document d’une qualité exceptionnelle et d’une petite heure seulement, est l’occasion d’une réflexion profonde sur les thèmes de l’humanité, de l’animalité, de la socialisation, de l’accès au langage…<br />
Je reviendrai à plusieurs reprises sur ces sujets passionnants que l’on pourra regrouper dans un thème plus vaste, déjà abordé d’ailleurs dans le blog : <em>“les enfants sauvages”</em>.</p>
<p style="padding-left:30px;">Donc, pour ce soir, hâtez-vous de voir (ou revoir) ce très beau documentaire encore disponible pour quelques jours:<br />
<a href="http://sud.france3.fr/emissions/52059331-fr.php#para52283892">http://sud.france3.fr/emissions/52059331-fr.php &#8211; para52283892</a>&#8220;</p>
<p style="text-align:left;"><strong>Aujourd&#8217;hui vendredi 13 (jour de chance!), je vous renouvelle donc mon invitation pressante à cliquer sur ce lien:</strong></p>
<p style="text-align:left;"><a href="http://sud.france3.fr/emissions/52059331-fr.php#para52283892">http://sud.france3.fr/emissions/52059331-fr.php &#8211; para52283892</a></p>
<p style="text-align:left;">puis sur le lien de la page atteinte du site sud.france3.fr (avec un petit logo représentant une camera vidéo): <span style="color:#0000ee;text-decoration:underline;"><br />
</span></p>
<p style="text-align:left;">Le lien est toujours présent et actif, ce matin à 10h 10 (l&#8217;heure esthétique des horlogers : le temps nous est donné, offert, et les deux aiguilles ainsi arrêtées à 10h 10 semblent nous tendre les bras&#8230;) . Je ne sais pour combien de temps encore. Mais s&#8217;il s&#8217;éteint, la page du site contiendra sans aucun doute d&#8217;autres infos et liens sur ce thème des enfants sauvages.</p>
<p style="text-align:left;"><strong>J&#8217;ai le projet d&#8217;écrire plusieurs articles sur ce thème, déjà traité superbement par Lucien Malson dans son ouvrage &#8220;Les <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Enfant_sauvage" target="_self">enfants sauvages</a></strong><strong>&#8220;.<br />
<em>J&#8217;ai déjà abordé ce thème dans notre blog:<br />
<strong><a href="http://toutpetits.wordpress.com/2008/02/03/devoir-dadoption/">http://toutpetits.wordpress.com/2008/02/03/devoir-dadoption/</a></strong></em></strong></p>
<p style="text-align:left;"><strong><em><strong><a href="http://toutpetits.wordpress.com/2008/02/03/devoir-dadoption/"></a><a href="http://toutpetits.wordpress.com/2008/01/14/la-langue-maternelle/">http://toutpetits.wordpress.com/2008/01/14/la-langue-maternelle/</a> </strong></em></strong></p>
<p style="text-align:left;"><strong><em><strong><br />
</strong></em></strong></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Devoir d'adoption]]></title>
<link>http://toutpetits.wordpress.com/2008/02/03/devoir-dadoption/</link>
<pubDate>Sun, 03 Feb 2008 07:05:22 +0000</pubDate>
<dc:creator>toutpetits</dc:creator>
<guid>http://toutpetits.wordpress.com/2008/02/03/devoir-dadoption/</guid>
<description><![CDATA[Dix millénaires d&#8217;acquis en 20 ans&#8230; On s’enthousiasme pour cet ethnologue qui a adopté u]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><b>Dix millénaires d&#8217;acquis en 20 ans&#8230;</b><br />
On s’enthousiasme pour cet ethnologue qui a adopté une fillette d’environ un à deux ans abandonnée par sa tribu Guayaquil, d’une civilisation de l’âge de la pierre, et qui élevée à l’européenne, a pu devenir en une vingtaine d’années une brillante étudiante universitaire qui ne différait guère des autres que par l’originalité de ses traits. Ces vingt ans d’éducation, d’acculturation, d’imprégnation n’ont été efficaces que parce qu’ils ont commencé suffisamment tôt et avec assez de chaleur humaine de la part des parents adoptifs pour compenser le traumatisme de la séparation de sa vraie mère lors d’un épisode sans doute violent de fuite, alors que cette petite d’homme avait encore toute sa plasticité, cette malléabilité qui fait que dans toute pâte humaine pas encore trop « levée » on pourrait façonner un génie. Et sans aucun doute, ses premiers mois auprès de sa vraie mère Guayaquil si &#8220;primitive&#8221; était-elle, avaient été suffisamment structurants sur le plan affectif.<br />
Comme le dit si bien <i>Jean Rostand, « Les hommes du 20ème siècle sont identiques aux tailleurs de pierre du Pléistocène…Le petit d’homme devra refaire en quelque 20 ans le chemin qui demanda des millénaires… »<br />
</i>Il fallait beaucoup d&#8217;intelligence pour vivre et survivre dans une civilisation de l&#8217;âge de pierre. Et il fallait à ces hommes et femmes courageux avoir été heureux dans leur petite enfance pour vivre pleinement leur culture primitive.</p>
<p><b>Heureux enfants primitifs, malheureux enfants &#8220;sauvages&#8221;</b><br />
Mais on frémit à la seule pensée de ces louves en mal d’allaitement qui aux Indes et ailleurs ont volé des nouveaux-nés, des petits d&#8217;homme. Elles les nourrissent, les maternent et les élèvent de tout leur amour animal qui est immense mais qui ne peut façonner qu’une sorte de petit enfant-loup raté, bien éloigné du petit d’homme qu’il aurait pu devenir et pas vraiment « lupisé » non plus, comme les petites Amala et Kamala enlevées &#8211; à nouveau! &#8211; par des hommes à leurs &#8220;parents&#8221; loups et confiées au révérend Singh alors qu’elles avaient déjà environ deux et sept ans et qu’elles étaient bien imprégnées de la &#8220;culture&#8221; loup (Lucien Malson « Les enfants sauvages »).<br />
Ces petits Mowgli ne sont attendrissants que par la vertu de la fiction ou du dessin animé. On est fasciné et effrayé par le volet humain du destin d’un « Victor de l’Aveyron » et par le dévouement aux confins de l’acharnement du Dr Itard et de sa gouvernante Mme Guérin, par le malheur de tous ces petits d’hommes qui ont raté le train de l’humanisation,  que l’on a abandonnés, ou perdus, ou cachés, ou martyrisés, tous ces enfants au placard qu’on rejette ou qu’on punit ou qu’on doit faire taire.<br />
Tous ces petits prisonniers, tous ces otages du malheur ou du sadisme souffrent d’une terrible carence affective précoce, d’un manque parfois total de sollicitations sensorielles, affectives, intellectuelles. Et cette épouvantable frustration persistant tout au long de l’enfance ne peut que donner des tableaux cliniques alors difficilement réversibles. La durée du traumatisme est, dans ces cas, sans aucun doute plus nocive que son intensité. &#8211; Françoise Dolto rapporte, dans &#8220;Naître&#8230; et ensuite?&#8221; je crois, le cas d&#8217;un enfant clandestin qu’un couple de tailleurs juifs cachés, cachaient eux-mêmes sous une trappe et avaient habitué à ne jamais crier par peur d&#8217;être dénoncés. Les mères Indiennes aussi réprimaient par prudence les pleurs de leurs tout petits, mais le malheureux bébé juif, passager clandestin de la vie, né dans la cache de ses parents ne devait être ni entendu, ni vu des hôtes: on imagine cette pauvre vie étriquée, toute de peurs et de frustrations, pour l&#8217;enfant comme pour sa malheureuse mère. Le placard à la puissance 2&#8230;</p>
<p>Chaque Petit-Bout bébé est un polyglotte potentiel sorti tout droit de la tour de Babel. N’importe quelle ethnie pourrait l’adopter. Du moment qu’il baigne dans un climat d’affection et de sécurité, Bébé s’adapterait. Et Bébé de chez nous pourrait devenir culturellement Pygmée ou Masaï, Chinois ou Peau-Rouge, civilisé ou primitif,  moderne ou Cro-Magnon, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/La_vie_est_un_long_fleuve_tranquille">Groseille ou Le Quesnoy</a>, enfant-loup ou enfant-homme, et chaque fois le petit adopté &#8211; dès la naissance &#8211; parfaitement adapté à son bain culturel parlerait la &#8220;langue&#8221; de son milieu.</p>
<p><b>Devoir de solidarité</b><br />
Chaque petit adopté est enfant au moins autant du cœur que de la chair.<br />
Chaque nouveau-né est enfant de ses parents, de sa famille proche, mais aussi de la société toute entière. Il ne peut, il ne doit y avoir d&#8217;exclusivité, toujours sclérosante. Si par chance &#8211; toujours très provisoire &#8211; nous sommes des Le Quesnoy, nous ne pouvons rester indifférents aux petits Groseille. Même si on peut se demander parfois qui est le plus heureux… Mais ne nous faisons pas d’illusions, la pauvreté, la misère sont rarement épanouissantes.<br />
<i> « Il faut tout un village pour élever un enfant »</i> proclame la sagesse africaine.<br />
Mais notre village a bien grandi, est devenu planétaire.<br />
<i> Aussi, nous, citoyens du Monde, avons tous, individuellement et collectivement, un devoir d’adoption, de non indifférence, une responsabilité envers tous les tout petits.</i></p>
<p>Bien sûr, ce « devoir d’adoption » ne signifie en rien qu’il est nécessaire de se substituer à la cellule parentale pour mieux assurer le devenir d’un bébé. Ma pensée en faveur des tout petits est du même ordre que celle que nous devrions avoir à l’égard de l’ensemble des livres de toutes les bibliothèques du monde: ne pas prétendre certes les posséder ou les connaître tous, mais s’en sentir chacun et collectivement infiniment reconnaissants et responsables et vigilants. La disparition d’une bibliothèque est toujours une perte considérable pour un nombre insoupçonné de lecteurs possibles. Le « gâchis » par laisser aller, laisser faire, indifférence… de l’avenir d’un tout petit est à mes yeux aussi grave. Et Jean Rostand, encore lui, l‘avait bien mieux dit:<br />
<b> « La civilisation fourmi est inscrite dans les réflexes de l’instint. La civilisation de l’homme ne réside pas dans l’homme, elle est dans les bibliothèques, dans les musées et dans les codes. »</b></p>
<p><i>Un livre est toujours une promesse de savoir disponible qu&#8217;il faut conserver. Un nouveau-né est toujours une promesse de progrès, de création potentielle qu&#8217;il faut développer. Nous devons nous sentir propriétaire de l&#8217;un, parent de l&#8217;autre, responsables de l&#8217;un comme de l&#8217;autre.</i></p>
</div>]]></content:encoded>
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